Holmes (1854/+1891?) – Tome 5 – Le frère aîné : Luc Brunschwig & Cécil

Titre : Holmes (1854/+1891?) – Tome 5 – Le frère aîné

Scénariste : Luc Brunschwig
Dessinateur : Cécil

Édition : Futuropolis (09/10/2019)

Résumé :
4 mai 1891. Sherlock Holmes disparaît aux chutes de Reichenbach, entraînant avec lui dans la mort son plus grand ennemi, le professeur Moriarty.

Effondré, le docteur Watson ignore alors qu’il va se lancer dans une incroyable enquête, qui va tout lui révéler de son ami le détective et de sa famille.

Critique :
Décidément, cette saga reste toujours dans les hauteurs niveau scénario et dessin !

Niveau délai d’attente entre deux albums aussi puisque le tome 4 datait d’octobre 2015, pour une série entamée en 2006.

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

OUI car comme je vous le disais, les dessins sont exécutés de main de maître, les couleurs changent selon que nous sommes dans le présent ou le passé (gris/sépia) et le scénario est des plus relevé.

Là, on est arrivé à un tournant majeur dans l’Histoire de Sherlock Holmes, on sent que l’on va entamer bientôt le final et la théorie proposée par les auteurs est plausible, crédible, bien amenée et les personnages font des choix tels qu’ils auraient pu les faire dans la réalité littéraire.

Pas de truc folklorique, pas de choses folles ou capillotractées. Non, ici, tout est maîtrisé, pensé, pesé et les auteurs s’appuient toujours sur des faits plausibles sans jamais sombrer dans le futile.

Le scénariste sait comment jouer avec le présent et le passé, il alterne les phases avec brio afin de tenir le lecteur en haleine et ne pas faire retomber le suspense. Le choix des personnages est bien pensé et leurs comportements sont en adéquations avec ce que l’on sait d’eux, sauf pour les parents de Holmes, mais là, ils ont le champ libre tout en restant dans la cohérence de gens issus de la petite bourgeoisie.

Les dessins sont eux-aussi maîtrisés, les couleurs donnant en alternance des tons chauds (sépia) ou froid. On ne s’en lasse pas de les regarder, même après la lecture de l’album.

Anybref, tout est millimétré dans cet album et dans cette saga, c’est riche au niveau scénaristique comme au niveau des dessins et des coloriages.

Une saga qui met en scène ce qui se passe après la mort de Holmes dans les chutes, le 4 mai 1891 (et pas le 4 mars comme vu dans des résumés), qui explore son enfance, les secrets de famille, le tout sans jamais sombrer dans le grand n’importe quoi.

Un must qui n’a qu’un défaut… Non deux… L’attente entre deux albums et la hauteur de ces albums qui vous obligent à les ranger dans des étagères à part puisqu’ils sont plus hauts que ceux des éditions Soleil.

Mais tout ça est plus que pardonnable au vu de la qualité de cette série.

Holmes (1854/+1891?) – Tome 1
Holmes (1854/+1891?) – Tome 2
Holmes (1854/+1891?) – Tome 3 (à rapatrier sur le blog)
Holmes (1854/+1891?) – Tome 4

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°117 et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

 

Les Quatre de Baker Street – Tome 8 – Les Maîtres de Limehouse : Jean-Blaise Djian, David Etien & Olivier Legrand

Titre : Les Quatre de Baker Street – Tome 8 – Les Maîtres de Limehouse

Scénaristes : Jean-Blaise Djian & Olivier Legrand
Dessinateur : David Etien

Édition : Vents d’Ouest (16/10/2019)

Résumé :
Enquête au cœur du quartier chinois ! 1895. La tension monte sur les docks londoniens…

D’un côté, la loi du silence d’Oncle Wang et de ses sbires, qui règnent d’une main de fer sur le quartier chinois.

De l’autre, la violence aveugle des Mad Dogs, truands cockneys bien décidés à venger leur chef mystérieusement assassiné.

Chargés par Sherlock Holmes de surveiller cette situation explosive, Billy, Charlie et Black Tom, accompagnés du fidèle matou Watson, vont se retrouver pris entre le marteau et l’enclume…

Qui se lèvera pour tenir tête aux Maîtres de Limehouse ? Qui se cache derrière le signe du Scorpion Ecarlate ? Et qui sera la prochaine victime ?

Située au coeur de Limehouse, le Chinatown de Londres, cette nouvelle enquête des Quatre de Baker Street nous plonge dans un univers inédit où le crime se fait plus exotique mais non moins redoutable.

Une nouvelle aventure pleine d’action, de mystère et d’émotion !

Critique :
Que de chemin parcouru pour notre 3 jeunes enquêteurs et le chat Watson… On les a connu très jeunes, on les avait laissé à la fin du tome 7 qui sonnait la fin d’une époque et nous les retrouvons plus âgés, presque ados.

C’est Charlie qui a le plus évolué. Notre garçon manqué ne va plus savoir se faire passer pour un garçon car sa silhouette se féminise et les formes commencent à apparaître.

Une fois de plus, nos jeunes amis vont se frotter à plus fort qu’eux, à des types dangereux.

À ma gauche, le gang des Mad Dogs, des cockneys violents et à ma droite, ceux de la Triade d’Oncle Wang qui, comme les mafias, se fait payer pour assurer la protection des commerçants chinois et de tous les habitants du quartier où ils opèrent.

On a beau être dans de la littérature jeunesse, nous ne sommes pas dans l’île aux enfants où c’est tous les jours le printemps. Pas de pays joyeux, ni d’enfants heureux, mais les quartiers miséreux où chaque gosse se débrouille comme ils peut.

La réalité n’est pas toujours belle à voir, même si les dessins de David Etien sont un plaisir pour les yeux et si ses décors sont soignés, tous comme les différents personnages.

Le scénario est toujours excellent, travaillé, bourré de suspense, de péripéties, d’action et quand bien même notre Billy n’a rien vu venir du coupable, j’ai trouvé que la solution était amenée de manière subtile et pleine d’émotions.

Nos enquêteurs grandissent, mais j’espère que nous aurons encore quelques albums avant la fin de la série car jusqu’à présent, ils ont toujours été d’une grande qualité scénaristique, ne se contentant pas de présenter et de mettre en scène des enquêtes, mais s’attachant aussi à la profondeur des personnages et au réalisme du Londres de l’époque victorienne où les droits des enfants et des femmes étaient de la SF.

Vivement le tome 9 !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°114, et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 6 – Enquêtes internationales : Ced & Boutanox

Titre : Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 6 – Enquêtes internationales

Auteurs : Ced & Boutanox
Édition : Makaka (26/04/2019)

Résumé :
La réputation du célèbre détective Sherlock Holmes a dépassé les frontières. Ses talents sont requis pour résoudre trois enquêtes internationales.

En compagnie de son frère, homme brillant et membre du gouvernement britannique, il voyagera des Indes au Sud de la France.

Sherlock et Mycroft parviendront-ils à faire la lumière sur ces étranges affaires ?

Entrez dans la peau de Sherlock ou Mycroft Holmes, relevez minutieusement les indices, interrogez scrupuleusement les suspects, utilisez votre sens de la déduction pour trouver les coupables…

De vos choix, dépend la résolution de ces enquêtes, car le héros, c’est vous !

Critique :
Une fois de plus je me suis prise au jeu d’enquêter au côtés de Sherlock Holmes et de… Mycroft Holmes puisque ce tome 6 nous donnes cette possibilité.

Moi qui d’habitude joue en premier lieu avec Watson car son personnage a droit à plus d’avantages (Holmes étant le plus intelligent, il est pénalisé) lors des enquêtes, j’ai décidé cette fois-ci de prendre Sherlock.

On quitte Londres et on voyage dans les colonies à la recherche d’indices pour trouver les coupables.

Une fois de plus, le livre est bien fait, on le tourne dans tous les sens pour quérir des indices, compter les portraits de la reine Victoria et rassembler des objets dans notre valise, objets qui pourront être montrés à nos différents suspects.

Ce que j’aime dans ces enquêtes, c’est qu’il y a peu de suspects, bien souvent 4 par enquête mais purée, c’est toujours autant la prise de tête lorsqu’il faut écrire sur sa feuille d’enquête QUI on suspecte d’être l’auteur de l’assassinat/vol…

On penserait éliminer le groom du navire, mais qui sait s’il n’a pas tué ? La voisine de cabine du défenestré ? Elle aurait pu aussi le balancer, idem pour l’autre de la cabine d’en face… Et puis, et si le mort s’était suicidé ? Ou si plusieurs s’étaient associés pour le tuer ???

Première enquête choisie par votre serviteur et déjà une grosse prise de tête, des hésitations, alors je repasse tous mes indices en revue, je fais fumer mon cerveau, je le triture et je me dis que sur ce coup-là, mes capacités de déduction n’équivalent pas celles du Maître et que c’était plus simple de comprendre la solution de « La police des fleurs, des arbres et des forêts »…

Pour les trois enquêtes, je me suis creusée les méninges, rassemblant mes indices tel un Petit Poucet, scrutant chaque image pour voir si je n’avais pas loupé un numéro (et j’en ai loupé) qui m’amènerait vers un indice important et je ne peux que vous conseiller d’être plus qu’attentif car certains sont écrits en tout petit. Sadisme !

À force de m’arracher les cheveux, j’ai tout de même trouvé les 3 bons coupables (pas toujours les bons mobiles ou modus operandi) mais j’ai risqué de finir chauve à la fin de ces 3 enquêtes, sans compter que le tome 7 est annoncé avec un Watson accusé d’un meurtre…

Mon dieu, encore de belles heures de jeu en perspective !! Parce que oui, ce genre de livre ne se termine pas en 20 minutes, ni même en une heure. Je l’ai étalé sur 3 jours, me concentrant sur une enquête par jour. Quand je vous dis que l’on en a pour ses sous car ça dure longtemps.

Sans oublier que je peux recommencer les enquêtes de mes anciens livres quand je le souhaite et incarner un autre personnage.

Un problèmes à trois pipes, ces enquêtes où je suis le héros !

PS : je suppose que c’est fait exprès, mais le défenestré Balthazar Barks avait des airs de Balthazar Picsou (inventé par le dessinateur Carl Barks !!), notamment quand on voit une photo de lui jeune, tenant une pépite d’or et la soulevant vers le ciel, comme lorsque que Oncle Picsou était chercheur au Klondike. Plus je les regarde et plus je me dis que ceci n’est pas un hasard !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°109.

Moriarty – Tome 6 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 6

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana Dark (08/11/2019)

Résumé :
Quel meilleur moment pour un rendez-vous secret qu’un somptueux bal masqué ?…

Pour mener les négociations, Albert donne rendez-vous à Irène Adler au bal masqué du palais de Buckingham.

Mais que cherche-t-elle, en réalité ? Que gagnerait-elle à rendre public le contenu de la lettre secrète ?

L’étrange triangle formé par un prince du crime, un détective de génie et une beauté sublimement vénéneuse pourrait déclencher un scandale qui causerait la chute irrémédiable de l’Empire britannique !

Critique :
Maintenant que j’ai commencé la saga, je me vois mal l’arrêter, même si elle part dans une direction qui ne me plait que moyennement.

Elle proposait du bon, cette nouvelle saga, avec un Moriaty qui voulait changer la vie, la révolutionner, aider l’Angleterre d’en bas à s’affranchir de la main-mise de la noblesse sur tout.

Il est toujours râlant de voir un incapable nous ravir une place qui nous revient juste parce qu’il est issu de la noblesse (ou pistonné, de nos jours).

Alors même si j’avais grincé des dents devant un jeune Moriarty qui ressemblait physiquement à Ciel Phantomhive, si je m’étais étranglé devant le sort que les trois fils réservaient à leurs parents nobles, j’avais malgré tout continué ma route avec eux afin de ne rien manquer de l’entrée en scène de Sherlock Holmes.

Je pensais avoir touché le fond avec les méthodes un peu hard de nos Moriarty’s Boys pour s’affranchir de la noblesse et punir les nobles de leurs exactions ou autres saloperies, mais avec le personnage de Holmes, j’ai bu la calice jusqu’à la lie.

C’est un rustre mal élevé, un sale gamin qui mérite une fessée ! Il s’exprime comme un barakî avec moult « bah », parfois même plusieurs « merde », un « arrête tes conneries, quoi », j’ai aussi un « fait chier, merde »…

Holmes tutoie Watson (ils s’appellent par leurs prénoms et nous sommes à l’ère victorienne !!), est plus qu’imbu de lui même, se balade en calbute et parle de « profiling ».

Nous ne sommes pas au XXIème siècle et ce qui passe dans la série de la BBC ne passe pas dans un contexte victorien.

Pire, Irene Adler rabroue Watson à un moment donné et le traite comme s’il était un gamin de 15 ans…

Que l’on s’affranchisse du canon holmésien, je veux bien, à condition de lui faire de beaux scénarios, de belles adaptations, de nous surprendre dans le bon sens du terme, mais là… On piétine certains personnages.

Autant où les scénarios peuvent avoir du bon, autant ils peuvent être exaspérant avec toutes les références à l’univers de James Bond et les dialogues sont limites lourds à tout vouloir expliquer comme si nous étions les lapereaux de l’année (Nathalie, si tu me lis, je cite ton expression).

Dommage parce que tout n’est pas à jeter dans les scénarios de cette saga, mais la manière de les cuisiner a fait brûler une partie des ingrédients au fond de la marmite et a gâché le goût de la mixture.

Et puis nom de Zeus, le final à fini par me faire avaler la soupe de travers. Là, on pousse le bouchon un peu trop loin dans tous les sens.

Je me demande ce qu’ils vont nous servir dans le tome suivant où Jack The Ripper va faire son apparition. Ne me demandez pas pourquoi, mais je m’attends au pire et je serai au rendez-vous car j’ai envie de savoir comment tout cela va finir un jour.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°103 et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

Sherlock, Lupin & moi – Tome 7 – L’énigme du cobra royal : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – Tome 7 – L’énigme du cobra royal

Auteur : Irene Adler (Iacopo Bruno)
Édition : Albin Michel (04/09/2019)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & io, tome 7 : L’enigma del Cobra Reale (2016)
Traducteur : Béatrice Didiot

Résumé :
Irène rentre à Londres avec son père, où elle retrouve avec joie Sherlock et Arsène. Mais un évènement vient aussitôt perturber les retrouvailles : Horatio, le majordome de la famille Adler, a disparu !

Plus étrange encore, il a laissé une note avec quelques mots griffonnés. Convaincue que quelque chose se trame et que la note peut être un indice, Irène en appelle à l’aide de ses amis pour enquêter.

Au fil de leurs recherches, ils parviennent aux Docks de Londres, où un mystérieux crime a été commis. Les trois acolytes se trouvent alors confrontés à une véritable énigme, qui les plongera dans l’histoire des colonies britanniques en Inde.

Critique :
Voilà une saga qui après 7 tomes parus me plait toujours autant et où chaque nouveau tome est dévoré peu de temps après son achat (ça ne croupit jamais dans ma PAL).

Le seul défaut de ces romans est qu’ils se lisent trop vite.

On commence à le lire, on s’émerveille de retrouver nos trois compagnons de route, on passe du bon temps avec eux, on les suit dans leurs aventures, leurs enquêtes, on frissonne avec eux et il est déjà temps de se dire « au revoir et à la prochaine ».

Parfois je me dis qu’un peu plus de pages ne nuiraient pas aux romans car on a beau être dans de la littérature jeunesse, où les lecteurs ne sont pas des imbéciles, un peu plus de détails et de développements ne seraient pas du luxe pour expliquer certaines choses aux plus jeunes ou pour donner plus d’épaisseur à certains personnages secondaires et au « Méchant ».

Ici, c’est faiblement esquissé, on ne parle un peu, mais si peu… Alors qu’on aurait pu étoffer le récit en donnant plus d’importance à l’ennemi du jour, à ses motivations, à son mobile, à sa méthode, sans parler d’une petite leçon d’Histoire, l’air de rien, en l’intégrant au récit de manière à ce que ça devienne pas un cours éducatif, mais plutôt des renseignements généraux.

Nous avions pourtant de là matière à faire un roman noir (jeunesse) avec les docks londoniens, les conditions de travail qui y règnent et avec l’Inde sous domination anglaise. L’esclavage,  la spoliation, l’avilissement, ça fait de la matière, pour une histoire, même pour la jeunesse.

Mais bon, l’auteur fait ce qu’il veut, c’est son histoire et Conan Doyle faisait pareil…

Pour le reste, on a une bonne enquête, des mystères, du suspense, un Sherlock qui se trompe mais qui comprendra ensuite son erreur et la corrigera, ce qui fait de lui un excellent détective qui n’a pas peur d’avouer ses erreurs.

Irene, de son côté, tente de se reconstruire après le drame qui l’a frappée dans le tome précédent, son père erre comme une âme en peine et il faudra une injustice à réparer pour la faire repartir en avant, à l’aide de ses deux compères.

Une fois de plus j’ai passé un bon moment à suivre leurs enquêtes, à voir les personnages évoluer vers ce qu’ils seront plus tard, à sentir les tensions au sein de leur groupe (deux garçons et une fille, pas bon !) et à tenter de trouver la solution avant eux.

Sans révolutionner le genre, cette série jeunesse a tout pour me plaire, même si j’aurais aimé un peu plus de mâche, de ©gourmand-croquant’ (pour parodier Cyril Lignac) afin de combler mon appétit pour la société victorienne et tout ces petits travers.

Vivement le suivant car je suis accro (et je sens que je vais être à la ramasse lorsque le dernier tome paraîtra).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°82.

Les avatars de Sherlock Holmes – Tome 4 – Élémentaire mon cher Conan Doyle : Collectif

Titre : Avatars de Sherlock Holmes – Tome 4 – Élémentaire mon cher Conan Doyle

Auteur : Collectif
Édition : Rivages Noir (25/09/2019)
Édition Originale : The Big Book of Sherlock Holmes Stories
Traducteurs : Frederic Brument & Gerard De Cherge

Résumé :
« Refermant un livre de Conan Doyle, quel lecteur des aventures de Sherlock Holmes n’a jamais essayé les méthodes du détective sur ses parents, ses amis ou, mieux encore, sur des inconnus croisés dans la rue ? Enfin, soyons honnête, l’expérience se conclut souvent par un échec et le moindre succès doit beaucoup à la chance (…). Il n’y a qu’un Sherlock Holmes. Et qui mieux que Watson, sous la plume de Conan Doyle, pour pasticher l’épisode de déduction élémentaire qui reste la marque de fabrique du maître des détectives ? » (extrait de la préface)

Outre cet « auto-pastiche » de sir Arthur lui-même, le lecteur se délectera des tentatives d’holmésiens érudits comme Leslie S. Klinger, Barry Day et Donald Thomas. Des copies dignes des originaux. À la manière du maître.

Ce volume est précédé d’une préface de Thierry Saint Joanis, président de la Société Sherlock Holmes de France et grand érudit en science holmésienne.

Critique :
Écrire des apocryphes holmésiens à la manière du Maître (Conan Doyle) n’est jamais un exercice aisé. Beaucoup s’y sont essayés mais peu ont réussi brillamment à le faire.

Pour une fois, je n’ai rien à redire à ce recueil d’enquêtes de Sherlock Holmes car les trois pasticheurs ont réussi à le faire au plus proche de la manière de Conan Doyle.

Ce dernier s’était même prêté au jeu du pastiche de son personnage dans une nouvelle intitulée « Comment Watson comprit le truc » qui figurait dans un tout petit livre destiné à une maison de poupée, haute d’un mètre, et destinée en cadeau à la reine Mary, l’épouse de George V.

Anybref, ce recueil de 4 nouvelles est savoureux, se déguste avec une bonne tasse de thé par temps pluvieux, avec un sourire béat de satisfaction affiché sur les lèvres.

Certes, il est toujours difficile de penser et d’écrire comme un auteur, mais certains y sont arrivés et la preuve est dans ce 4ème tome des Avatars de Sherlock Holmes.

On a des références canoniques, des déductions du détective, la nouvelle de Conan Doyle est drôle et fait penser à l’épisode de la Granada « Le patient à demeure » et la fameuse scène d’ouverture chez le barbier où Watson se lançait dans le jeu de la déduction avec Holmes, se plantant royalement.

« L’Affaire de la caisse en bois » aurait pu être tirée du canon holmésien tant elle semble familière, comme si nous l’avions lue un jour dans un recueil des aventures officielles du grand détective londonien.

« L’Affaire du curieux canari » fera connaître à Holmes un échec, comme il en eut quelques uns dans sa carrière, notamment lorsqu’il avait sous-estimé le danger qui menaçait la personne visée.

Quant à « L’Énigme de la main invisible », elle entraînera nos deux compères à Paris, pendant l’affaire Dreyfus (pour le commencement) et nous croiserons Mme Marguerite Steinheil, la maîtresse de celui qui « se voulait César, mais ne fut que Pompée » (Félix Faure), celle qui fut surnommée ensuite « La pompe funèbre ».

Oui, ELLE ! Cette histoire coquine qui donna lieu à ce joli jeu de mot, inventé après, sans aucun doute, que l’on mis dans la bouche (oups) du prêtre appelé à l’Élysée en catastrophe pour administrer les derniers sacrements : « Le président a-t-il encore sa connaissance ? — Non, monsieur l’abbé, elle est sortie par l’escalier de service ».

Dans leur nudité, les deux corps enchevêtrés évoquaient de façon saisissante un détail de quelque tableau figurant un massacre. Félix Faure était un homme bien bâti, séduisant dans le genre robuste. À l’approche des soixante ans, il avait une tête large, des yeux bleu pâle et une longue moustache. Il gisait sur le ventre, nu comme un ver, son corps massif, inerte, affalé d’une manière qui ne pouvait signifier à mes yeux qu’une seule chose. Sous lui, emprisonnée par son poids, sans le moindre vêtement sur le dos, se trouvait Marguerite Steinheil. Son visage et ses épaules étaient mouchetés de gouttes de sang provenant du nez ou de la bouche du mourant.

Anybref, cette enquête, différente des autres, se déroulera sur 10 années, même si, entre temps, Holmes laissa tomber cette histoire pour y revenir le moment opportun.

Assurément, pour ce petit recueil de nouvelles apocryphes, on est dans le haut de gamme. Dommage que ce soit si court, mais quand c’est bon, on peut se contenter d’avoir un goût de trop peu vu qu’on a tutoyé les anges.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°80.

Sherlock Holmes – Tome 2/2 – Les origines : Scott Beatty & Daniel Indro

Titre : Sherlock Holmes – Tome 2/2 – Les origines

Scénariste : Scott Beatty
Dessinateur :Daniel Indro

Édition :Soleil (21/03/2012)

Résumé :
Le légendaire détective d’Arthur Conan Doyle revient dans une nouvelle aventure explorant ses origines jamais révélées ! Joignez-vous au docteur John Watson lors de sa rencontre avec le jeune Sherlock Holmes. Une rencontre qui définira à jamais le destin des deux hommes.

En proie à des meurtres sanglants, Londres a peur. Le Dr. Watson réalise que le seul homme capable de faire cesser les assassinats n’est autre que le jeune Sherlock Holmes, un apprenti détective aussi mystérieux que les crimes sur lesquels il enquête.

Critique :
Second et dernier album des origines de Sherlock Holmes. le premier m’avait déjà bien plu, avec ses crimes sordides évoquant la mort de chacun des Césars (il y en eu douze).

Cet album clôt le cycle de la rencontre entre Holmes et Watson, les auteurs les ayant fait se rencontrer avant « Une étude en Rouge », impliquant aussi, bien avant l’heure, des personnages canonique dans cette histoire. Cela ne gênera pas les non connaisseurs et les connaisseurs auront un petit plus, puisque qu’ils ont lu le canon.

L’aventure, tout en continuant sur les meurtres sordides, englobera aussi celle du « Gloria Scott (bien connue des holmésiens), sans oublier le personnage de Victor Trévor, seul ami de Holmes au collège.

L’album, est un comics et non une bande dessinée habituelle. Les couleurs sont sombres, il y a beaucoup de traits sur les visages, les rendant moins esthétique, de ce fait.

Par contre, je salue une mise en scène des auteurs, nous faisant passer du présent à des événements se déroulant dans le passé d’une manière très subtile.

Je m’explique : nous voyons la tête du pendu, couché au sol après sa dé-pendaison, ensuite, la case suivante, juste en dessous, nous retrouvons la même tête, mais dans un décor différent, l’homme étant endormi.

Dans une autre case un peu plus loin, on frappe à la porte de la chambre dans laquelle Holmes et Watson se trouvent, en la case suivante, à l’autre page, nous sommes ailleurs, avec un policier qui frappe à la porte de son supérieur.

Belle manière de mettre du suspense ou de passer à un récit dans le passé.

Juste un petit bémol, dès la première case, on voit Holmes se coiffer d’un deerstalker, la fameuse casquette à double visière, juste bonne pour les balades à la campagne.

Dans cet album, nous découvrirons la tête du Grand Méchant, totalement givré, une invention diabolique qui servit assez bien dans les temps passé et que l’on nommait « le feu du diable ».

Le méchant expliquera pourquoi il a fait tout ça (les méchants parlent toujours trop), ses origines lointaines et nous donnera l’explication de son nom de famille.

Pourquoi pas ? On a déjà entendu pire.

Je m’en voudrais d’oublier de vous signaler que notre jeune Sherlock Holmes m’a rempli de joie avec une scène qui sera LA scène de l’album (pour moi).

Je ne vous dit rien de plus.

Au final, nous avons Holmes et Watson qui emménagent au 221b et qui se retrouvent, ensuite, avec un Lestrade, sur une scène de crime, où le policier leur parie un mois de son salaire qu’une femme nommée Rachel est impliquée dans le meurtre.

Erreur, Lestrade !! le grand « RACHE » inscrit en lettres de sang sur le mur signifie « Vengeance » en allemand…

J’ai passé un bon moment avec les deux albums et je vais relire le premier pour me remettre tout en mémoire et ne pas oublier de me fendre d’une petite critique positive.

Les dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les Monstruosités du Miskatonic : James Lovegrove

Titre : Les dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les Monstruosités du Miskatonic

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne Steampunk (20/02/2019)
Édition Originale : The Cthulhu Casebooks, book 2 : Sherlock Holmes and the Miskatonic Monstrosities
Traducteur : Arnaud Demaegd

Résumé :
Printemps 1895. Malgré quinze années de combat contre des entités surnaturelles, quinze années qui ont coûté sa santé à Sherlock Holmes mais aussi la vie à Mary, épouse du Dr. Watson, les deux amis accourent sans hésiter lorsqu’on les appelle à Bedlam, asile psychiatrique de triste renommée. Ils y rencontrent un étrange patient qui parle r’lyehen, la langue des Grands Anciens.

L’homme, amnésique, est horriblement mutilé.

Les détectives découvrent qu’il s’agit d’un scientifique ayant étudié à l’Université Miskatonic, et l’un des deux survivants d’une expédition maudite visant à capturer un Shoggoth, une créature quasi-mythique.

Mais comment cet homme a-t-il atterri à Londres, et pourquoi a-t-il perdu l’esprit ?

Lorsque le mystérieux patient disparaît, enlevé par des forces occultes, il devient évident que l’affaire ne se limite pas à son cas.

C’est seulement en apprenant ce qui s’est réellement passé lors de cette désastreuse expédition en Nouvelle-Angleterre que Holmes et Watson pourront mettre au jour la vérité, et qui se cache derrière la monstruosité du Miskatonic…

Critique :
Que ceux qui n’aiment pas le steampunk lèvent la main ! Ah oui, quand même…

Bon, pas de panique, ce roman a beau être publié dans la collection Steampunk de chez Bragelonne, il n’y a rien pour en faire un roman steampunk (pas de machines à vapeur, d’automates et autres trucs) mais il y a tout pour en faire un roman fantastique et surnaturel.

Le premier volet ne m’avait pas convaincu, je n’avais pas aimé le Grand Méchant qui expliquait tout à Holmes, ça ne faisait pas vrai.

Il était donc clair que j’allais laisser tomber la saga mais ma copinaute et pigiste occasionnelle, Dame Ida, m’a convaincu du contraire. Et non, elle ne touche pas d’argent de la maison d’édition. Mdr

Je l’ai déjà dit, Holmes et le fantastique, c’est souvent casse-gueule. Pourtant, les auteurs s’y engouffrent comme des assoiffés devant la fontaine à eau. Ça passe parfois, ça casse souvent.

Les Éditions Soleil, dans leur collection 1800, ont mis Holmes à la sauce vampires, voyages dans le temps et Nécronomicon. Avec pour résultat qu’on ait un peu de tout niveau qualité scénaristique.

Là, j’ai eu une fois de plus un coup au cœur en lisant que tout ce que raconte Watson dans le Canon holmésien est faux ! Sherlock Holmes est un détective de l’étrange, traquant sans cesse des créatures qui auraient tout à fait leur place dans l’univers de Harry Potter, en lieu et place de maîtres-chanteurs, voleurs, assassins ou criminels du dimanche.

— Ah oui ? Mon Dieu, je ne nierai pas que l’ennui s’est installé en moi, Watson. Je suis fatigué de cette lutte constante. Je m’aperçois que j’envie la vie que je mène dans vos histoires, où je glisse avec aisance d’une affaire à l’autre en n’affrontant rien de pire que des maîtres chanteurs, des meurtriers, des voleurs de bijoux et la fripouille occasionnelle qui a des vues sur quelque faible femme rougissante. Je parviens à résoudre tous les problèmes avec grâce et sans jamais risquer ni ma santé mentale, ni mon âme. Personne ne pourrait me reprocher de vouloir en finir.

L’univers de Lovecraft m’est parfaitement hermétique, je ne le connais pas. Celui de Holmes, je le maîtrise un peu et son personnage m’a semblé peu conventionnel, peu Holmésien, très différent des récits canoniques, comme si l’auteur avait voulu le mettre à sa sauce, en plus de le plonger dans le bouillon des créatures surnaturelles.

Pourtant, à certains moments, on se demande si on a affaire à un pastiche holmésien ou un pastiche lovecraftien… L’auteur a beau dire le contraire, pour moi, il pastiche deux auteurs.

Si ce livre est mon œuvre, alors je n’ai pas pastiché un auteur, mais deux. Or il faudrait être particulièrement courageux, voire téméraire, pour s’essayer à pareil exercice. Quiconque me connaît vous dira que je ne suis ni l’un ni l’autre.

C’est du grand-écart, ça pourrait faire mal quelque part mais apparemment, l’auteur a de la souplesse et ce que je reprochais au premier volet ne s’est pas renouvelé dans le deuxième. L’écriture est plus subtile, plus posée et de ce fait, le scénario est mieux mis en valeur, ça passe beaucoup mieux.

Construit à la manière des romans « Une étude en rouge » ou du « Signe des quatre », nous avons un récit dans le récit et après les péripéties de Holmes et Watson, un autre personnage racontera ce qu’il s’est réellement passé sur le fleuve Miskatonic lors d’une expédition qui a tourné au fiasco avec seulement deux survivants dont un dans un état pas possible.

Autant où la première partie était une enquête conventionnelle, même si nous sommes dans du fantastique, la seconde, tout en restant dans le genre, fait plus dans le registre aventurier avec l’expédition sur le Miskatonic où des bestioles pas catholiques frayent. Le port de l’armure est conseillé pour se baigner dans ses eaux troubles.

Anybref, si j’avais des réticences pour le premier, je n’en ai plus pour le deuxième, même si je ne m’habituerai jamais à voir Holmes dialoguer avec un espèce de dieu d’un Monde ancien ou du moins, d’un Monde qui n’est pas le nôtre.

Si le ramage et le plumage du troisième volet ressemble à celui du deuxième, alors je serai comblée. Gaffe de ne pas tomber dans les travers de la fin de saga et de la bâcler, comme d’autres ont fait avant lui (et feront après lui).

Un tome d’entre-deux prometteur, un scénario réussi, des dialogues agréables, amusants, même, parfois, des personnages holmésiens différents de ceux du Canon, du suspense, du mystère, une enquête et de l’aventure avec un grand A.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Sherlock Holmes – Tome 2 (manga) : Shotaro Ishinomori, Morihiko Ishikawa & Arthur Conan Doyle

Titre : Sherlock Holmes – Tome 2 (manga)

Scénaristes : Shotaro Ishinomori & Arthur Conan Doyle
Dessinateur : Morihiko Ishikawa

Édition : ISAN MANGA (22/09/2016)

Résumé :
Sherlock Holmes est de retour ! Retrouvez dans ce deuxième recueil l’adaptation de quatre nouvelles du plus célèbre des détectives.

Toujours supervisée par Shotaro ISHINOMORI et dessinée par Morihiko ISHIKAWA, ce livre contient les histoires suivantes :
— Un scandale en Bohême,
— L’Homme à la lèvre tordue,
— La Ligue des rouquins
— La Deuxième Tache

Critique :
La Granada voulait nous proposer tout le Canon en série télé avec Jeremy Brett dans le rôle titre et l’ambition de Shotaro Ishinomori est de nous fournir tout le canon en manga.

Collant au plus près aux récits canoniques de Conan Doyle, le mangaka prend tout de même quelques libertés dans certains cas, ce qui est stupide car cela ne rend pas justice à Holmes.

Dans « L’Homme à la lèvre tordue », Sherlock Holmes trouvait la solution en se lavant le visage au petit matin, dans le manga, les auteurs laissent sembler que c’est en lisant les albums avec les coupures de presse que Neville Saint-Clair écrivait à l’époque où il était journaliste qu’il découvre le pot aux roses.

Là où Holmes découvrait la solution par le fait de se laver le visage, ici, ça semble trop facile et enlève du mérite au détective jusqu’à ce que nous les retrouvions dans le fiacre en route pour la ville et qu’il dise à Watson que s’est en se lavant le visage que la solution lui est apparue. Ben désolé mais on ne nous l’a pas montré ainsi !

Dans « Un scandale en Bohême », tout est conforme, mais Irene Adler manquait de prestance, de présence, de sensualité, de beauté, de sexualité. En plus de ne pas avoir dessiner des attelages conformes, il me sabote les femmes, le dessinateur. Grrrr.

Quant à Holmes, sous ses déguisements, on ne distinguait rien, le mangaka a peut-être poussé le trait un peu loin, sans compter que Watson le reconnait lorsqu’il est déguisé en prêtre, hors, ce n’est pas en prêtre qu’il se déguisait, mais en déguisé en pasteur non conformiste !

Un pasteur n’est pas un prêtre et nous ne sommes pas chez les catho mais chez les Protestants.

Pour « La ligue des rouquins », l’auteur en divulgue trop en parlant du dépôt de 30.000 Napoléons là où Conan Doyle ne disait rien avant le dénouement final, laissant au lecteur un suspense intact, non dévirginisé. L’auteur fait prendre le métro à Holmes, hors, dans les aventures canonique, je ne me souviens pas l’avoir vu prendre…

Pour l’histoire de « La seconde tache », tout me semblait conforme à mes souvenirs mais il est dommage qu’ils n’aient pas inscrit le petit passage où Holmes parle des manières bizarres de nous les femmes :

— Et cependant les mobiles qui font agir les femmes sont impénétrables ! Vous souvenez-vous de cette femme de Margate que j’avais soupçonnée pour la même raison ? Elle n’avait pas de poudre sur le nez, voilà pourquoi elle s’était assise à contre-jour. Comment bâtir quelque chose sur ce sable mouvant ? Leurs actions les plus banales peuvent se rapporter à quelque chose de très grave, mais leur comportement extraordinaire dépend parfois d’une épingle à cheveux ou d’un fer à friser. Au revoir, Watson !

Bon, je ne vais pas tourner autour de la pantoufle persane, malgré ces quelques petits détails soulignés, ce tome comprenant trois aventures canoniques est agréable à lire, les dessins de Holmes et Watson sont corrects, même si Holmes a un visage assez rond alors qu’il est plutôt émacié, tout comme son corps, long et mince.

Au moins, il n’est pas dessiné en vieux bonhomme ou affuble de la macfarlane et du deerstalker, bien que je l’ai vu affublé de ces horreurs à la fin de « La ligue des rouquins » alors qu’il était à Londres.

Un tome correct, des dessins bien esquissés où les auteurs n’ont pas utilisé ces codes du manga qui consiste à dessiner les gens tout petits ou mal fichus lorsqu’ils s’énervent se trouvent dans des situations de gêne ou drôle.

Par contre, vu le prix du manga, il est plutôt à réserver aux collectionneurs ou aux fans absolus de manga.

Entre nous, s’ils veulent transcrire en manga les 60 aventures du canon holmésiens, au rythme de 3 enquêtes par tome, va falloir agrandir les biblios, braquer des banques et la collection sera terminée lorsque nous entrerons au home (EPHAD chez vous)…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 5 – L’ombre de Jack l’éventreur : CED

Titre : Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 5 – L’ombre de Jack l’éventreur

Scénariste : CED
Dessinateur : CED

Édition : Makaka (23/11/2018)

Résumé :
De nouveaux meurtres sont perpétrés dans le quartier de Whitechapel, à Londres. L’inspecteur Lestrade reçoit de mystérieuses lettres revendiquant les crimes, qui sont signées… Jack l’éventreur !

Dix ans après sa disparition, le tueur en série serait-il de retour ? Incarnez Holmes ou Watson, repérez-vous grâce à la carte du quartier et découvrez le fin mot de cette énigme, car le héros, c’est vous !

Critique :
Entre cette collection et moi, c’est une histoire d’amour qui dure depuis le tome 1 (chroniques des tomes 2 / 3 / 4) et depuis le départ, l’auteur, CED, n’a eu de cesse de se renouveler.

Le but du jeu est toujours le même, certes, faut trouver QUI a tué, on voyage toujours autant dans le livre, suivant les numéros, mais la teneur des enquêtes changent.

Le tome 2 possédait 4 enquêtes, dans le tome 3, on pouvait incarner Moriarty lui-même et dans le 4, la belle Irene, en sus de pouvoir enquêter dans la peau de Holmes ou de Watson.

Ici, 10 ans plus tard, une femme s’est faite poignarder dans une ruelle sordide de Whitechapel et l’ombre de Jack The Ripper semble planer une nouvelle fois. Le changement par rapport à 1888, c’est que la victime n’est pas une prostituée, mais ça, on ne le dit pas dans l’album.

Oh purée qu’est-ce que j’ai sué une fois de plus pour ne rien louper, pour enquêter de la manière la plus concentrée qui soit et au bout d’une heure, je n’avais toujours pas trouvé qui était le coupable, même si j’avais une vague idée.

Dans ce genre de bédé, on en a pour ses sous car on met du temps à arriver au bout de l’enquête, tant les indices, les suspects, les interrogatoires, les fausses pistes, sont légions.

Pour une fois, j’ai quasi réussi à trouver toutes les petits énigmes dans l’énigme et à accéder à des détails importants qui m’ont aidé à affiner ma résolution, même si je n’en étais pas sûre à 100% car CED sait brouiller les pistes et nous donner des infos qui ne serviront qu’à jeter le fog dans notre esprit, moins brillant que celui de Holmes.

Il faut en tout cas être bien attentif durant son enquête, je jamais hésiter à suivre un chiffre afin de rien rater, comme les inscriptions sur les murs.

À un moment donné, je me suis même retrouvée bloquée dans l’avancée de l’histoire parce que je n’avais pas observé avec attention une scène et de ce fait, loupé un chiffre qui m’envoyait vers deux autres suspects et me faisait gagner des points finaux.

La bonne idée était de nous fournir un plan de Whitechapel « vierge » que nous devons compléter au fur et à mesure que nous trouvions des adresses durant nos pérégrinations, ce qui laisse la possibilité de revenir sur ses pas quand on pense qu’on a loupé un détail important.

Mon seul bémol sera pour le fait que j’ai eu l’impression que Holmes et Watson étaient plus en retrait que dans les autres éditions… Qu’on les voyait moins, qu’ils intervenaient moins… Comme si j’étais seule alors que j’incarnais Watson.

L’avantage de ces enquêtes, c’est que nous pouvons les refaire à l’envi, en choisissant un autre personnage à incarner la prochaine fois et ainsi, on reprend tout à zéro (ou on a bien noté les indices dans le carnet et on a les réponses) avec un autre personnage, ajoutant de la difficulté avec Holmes ou préférant la facilité avec Watson.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.