Sherlock Holmes en toutes lettres – Tome 2 : Collectif

Titre : Sherlock Holmes en toutes lettres – Tome 2

Auteur : Collectif (Anthony Burgess, Davis Grubb, Michael Moorcock, Rick Boyer)
Édition :
Édition Originale : Payot et Rivages (13/09/2017)
Traducteurs : Frédéric Brument et Jean-Paul Gratias

Résumé :
Saviez-vous que la pantoufle persane dans laquelle Sherlock Holmes rangeait son tabac fut l’objet de la convoitise d’une fétichiste unijambiste ?

Et que Sherlock Holmes et Watson avaient dû quitter un temps leur mythique logement de Baker Street à la demande de Mme Hudson ?

Autre fait inconnu à ce jour et révélé par notre expert : Holmes a fait du trapèze dans un cirque pour combattre le « Houdou ».

Vous saviez en revanche que le célèbre détective pratiquait le violon, mais n’imaginiez pas que la musique pouvait tuer.

Davis Grubb, Michael Moorcock, Rick Boyer et Anthony Burgess, quatre grandes plumes rivalisent d’imagination pour rendre hommage à l’un des personnages les plus mythiques de la littérature mondiale.

Critique :
« Les avatars de Sherlock Holmes » m’avaient un peu laissé sur ma faim et je n’avais pas pris autant de plaisir que je le pensais à leur lecture.

Si le tome 1 était fort éloigné du canon habituel, le deuxième mériterait la pastille “A.O.C” car les nouvelles semblent toutes droites sortie des originales.

Hormis la première qui ne concerne pas vraiment le détective de Baker Street, mais des membres d’une société holmésienne (“Le Reclus brun” de Davis Grubb, celui de “La nuit du chasseur”), les trois suivantes sont des plus jouissives, surtout celle de “Zolnay le trapéziste” (de Rick Boyer, l’auteur du “Rat géant de Sumatra”,  un apocryphe exceptionnel) et de “Dorset Street” (de Michael Moorcock).

“Meurtre en musique” d’Anthony Burgess (“L’Orange mécanique”) est très bien aussi, mais les deux précitées avaient un petit côté plus fouillé, plus profondes, elles étaient plus longues, aussi.

Autant le premier tome se lisait vite, autant celui-ci met plus de temps avant l’arrivée à la page finale, celle qui vous fait regretter d’arriver déjà au bout. Mais comme dit mon mari “Toutes les bonnes choses ont une fin”.

Comme je le disais plus haut (suivez, que diable), le personnage se Sherlock Holmes est en tout point conforme à l’original, nous ne sommes pas dans des textes de SF, ou de loufoqueries, mais dans des nouvelles policières pures et dures, avec des tas de déductions du Maître, ce qui me rend toujours guillerette.

Si j’avais compris en partie la solution de  “Zolnay le trapéziste”, je n’ai pourtant aucun mérite, ayant des connaissances que mon détective préféré n’a pas, puisque je suis née bien après lui. Celui ne retire pas du mérite.

Quant à la première, celle du “Reclus brun”, j’avais entrevu la fin aussi, mais je me suis laissée porter par la plume du talentueux Davis Grubb qui nous offre ici un récit moins sombre que sa nuit du chasseur, et, bien que Holmes ne soit pas présent dans sa nouvelle, on sentira néanmoins son ombre planer sur les pages.

Un excellent recueil, plus dans l’esprit du canon que son prédécesseur qui lui, était plus dans la parodie.

Du Sherlock Holmes pur jus, certifié Origine Contrôlée et Conforme.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembuleet Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

 

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Une étude en rouge – Dossier complet de la première enquête de Sherlock Holmes rassemblé par le dr Watson et transmis à Conan Doyle

Titre : Une étude en rouge – Dossier complet de la première enquête de Sherlock Holmes rassemblé par le dr Watson et transmis à Conan Doyle

Auteur : Simon Goodenough
Édition : Ramsay (1983)

Résumé :
Il s’agit d’un dossier composé de 4 objets et de 61 documents (notes de Watson, photos, cartes, télégrammes, etc) qui retrace l’aventure complète : Une étude en rouge (A Study in Scarlet).

Voir sommaire pour la liste complète des éléments.

Critique :
Imaginez que vous teniez entre vos mains le dossier avec toutes les notes dactylographié du docteur Watson, avec les différents télégrammes envoyés, les photos de l’enquête (indices, cadavre,…), la fameuse bague retrouvée…

Le pied, non ?

Évidemment, ce genre d’ouvrage ne s’adresse qu’aux zinzins dans mon genre qui collectionnent TOUS les trucs sur Sherlock Holmes !

Faites pas semblant, je sais qu’il y a des aussi zinzins que moi qui me lisent.

Anybref…

Se situant entre le manuscrit originel de Watson et l’objet de collection, cet ouvrage se lit comme le roman éponyme, puisque Watson, à l’aide de sa machine à écrire, nous raconte son retour de la guerre, sa rencontre avec Stamford, celle avec Holmes, leur enquête, ainsi que des tas de feuillets relatifs à un véritable dossier tel que le docteur l’aurait monté avant de le transmettre à son agent littéraire, Conan Doyle.

La liste est exhaustive, je vous transmet d’ailleurs, en bas de mon article, tout ce qui se trouve dans ce dossier et que je ne me lasse pas de découvrir encore et encore !

Il y a de quoi passer du temps dans la découverte de ce dossier et de se donner l’impression qu’on l’a dérobé en douce dans un des tiroirs du Dr Watson !

Une douce sensation d’euphorie s’insinue en vous et dans mon cas, je ne me sens plus…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

4 éléments dans des petits sachets collés au rabat de la couverture intérieure :
– Une alliance dorée
– Une étiquette de tissu (J. Underwood & Sons – Hatmakers)
– Une carte de visite de Sherlock Holmes
– Un petit comprimé blanc
61 documents papier :
– Feuillet de séparation / introduction (Documents et réminiscences… John H. Watson)
– Lettre de Simon Goodenough aux Editions Ramsay (5 janvier 1893)
– Lettre de John Watson à Conan Doyle (10 janvier 1886)
– États de service de John H. Watson
– Article du Times (29 juillet 1880)
– Carte « The Helmund to Kandahar »
– Article sur les maladies courantes de l’Inde
– Notes du samedi 1er mai au 19 décembre 1880 (8 pages)
– Lettre du gérant du Strand Hotel au Dr. Watson
– Notes de John Watson du lundi 10 janvier 1881 (8 pages)
– Notes de John Watson « Lorsque nous arrivâmes… » (8 pages)
– Notes du mardi 11 au vendredi 14 janvier 1881
– Carte de Londres pliée en deux
– Lettre de John Watson à Stamford (30 janvier 1881)
– Notes de John Watson du samedi 5 février 1881 (8 pages)
– Notes de John Watson du dimanche 6 février (Sherlock Holmes – ses limites)
– Notes de John Watson du mardi 8 février au vendredi 4 mars 1881 (4 pages)
– Extrait de « Le livre de la vie » (pages 87-88)
– Notes de John Watson du vendredi 4 mars 1881 (8 pages)
– Lettre de Tobias Gregson à Sherlock Holmes (4 mars 1881) [dans une enveloppe bleue à l’adresse de SH]
– Notes de John Watson du vendredi 4 mars (suite) (8 pages) « Le billet de Gregson… »
– 2 photos d’empreintes de pas sur 4 pages
– 1 Photo du corps d’Enoch Drebber
– Lettre de la Guion Line à E.J. Drebber (28 février 1881)
– Compte rendu de police par l’agent Rance du 4 mars 1881 (8 pages)
– 1 photo de l’inscription « RACHE »
– Télégramme de Gregson à la police de Cleveland, Ohio (4 mars)
– Extrait de la monographie sur les empreintes de pas, par Sherlock Holmes : Impressions pedestres, 1879 (4 pages)
– Extrait de la monographie sur les cendres de tabac, par Sherlock Holmes : Cendres aux cendres, 1880 (4 pages)
– Notes de John Watson du vendredi 4 mars (suite) (8 pages) « Nous quittâmes Lauriston… »
– Notes de John Watson (suite) (8 pages) « vers la rue… »
– Circonstances des faits n°250 (page pliée, plus longue que les autres pages)
– Extrait du Manuel d’instruction de la Police Métropolitaine, 1871 (4pages)
– Notes de John Watson du vendredi 4 mars (suite) (8 pages) « Nos efforts du matin… »
– Petite annonce de l’Evening Standard « Trouvé … une alliance en or… » (4 mars 1881)
– Article de l’Evening Standard « Mystérieux assassinat à Brixton » (4 mars 1881)
– Notes de John Watson du vendredi 4 mars (suite) (8 pages) « L’effet de surprise… »
– Article du Daily Telegraph « Le Mystère de Brixton, un grave danger pour la société » (5 mars 1881)
– Article du Standard « Mystère de Brixton, la loi bafouée » (5 mars 1881)
– Article du Daily News « Le Mystère de Brixton, réglement de comptes politique » (5 mars 1881)
– Notes de John Watson du samedi 5 mars 1881 (8 pages) [dont interrogatoire de Mme Charpentier]
– Reçu de John Underwood & Sons, Hatmakers pour Mr Enoch Drebber
– 1 photo des bagages de Drebber et Strangerson
– Rapport de la Police Métropolitaine des 4 mars (Gregson) et 5 mars (Lestrade) 1881 (8 pages)
– Rapport de la Police Métropolitaine du 5 mars 1881 suite (1 page)
– Télégramme de Lestrade à la police de Liverpool
– 1 photo du cadavre de Strangerson
– Télégramme de Cleveland à Drebber
– Notes de John Watson du samedi 5 mars (suite) (8 pages) « Quand Lestrade eut fini… »
– 1 photo de Jefferson Hope
– 1 page de couleur blanche annocant la retranscription du journal de Jefferson Hope
– Journal de jefferson Hope (8 pages)
– 1 photo de John Ferrier
– 1 notice de la mort de John Ferrier le 4 août 1860
– Notes de John Watson du samedi 5 mars (suite) (1 page) « Quand nous fûmes remis de la lutte… »
– Transcription de la déclaration de Hope (8 pages)
– Notes de John Watson du samedi 5 mars au mardi 8 mars 1881 (4 pages)
– Notes de John Watson du lundi 7 mars 1881 (8 pages) « Discuté de l’affaire avec Holmes… »
– Télégramme de Sherlock Holmes à la police de Cleveland, Ohio (4 mars 1881)
– Télégramme de la police de Cleveland à Sherlock Holmes (4 mars 1881)
– Article de l’Echo « Mystère du double assassinat, Vengeance romantique » (7 mars 1881)

 

Les Aventures de Mary Russell et Sherlock Holmes – Tome 2 – Le Cercle des héritières : Laurie R. King

Titre : Les Aventures de Mary Russell et Sherlock Holmes – Tome 2 – Le Cercle des héritières

Auteur : Laurie R. King
Édition : Michel Lafon (2004)

Résumé :
Décembre 1920. Mary Russell atteint sa majorité, entre en possession de son héritage, et décide de goûter enfin les plaisirs de la liberté.

Sa première escapade s’impose d’elle-même : Londres et ses rues tentaculaires qu’elle aime sillonner, en pleine nuit, de préférence grimée en homme et affublée de vieilles nippes dépareillées.

Une camarade d’Oxford réussit pourtant à l’entraîner aux réunions d’une secte féministe dont les recrues sont toutes élégantes, riches, et bien nées.

D’emblée, Mary est intriguée par cette église subversive et sa curiosité s’accroît encore lorsque plusieurs adeptes sont assassinées.

Ravalant sa fierté, elle appelle à la rescousse son ami, mentor, partenaire de prises de bec et compagnon d’armes : Sherlock Holmes.

On savait le grand détective misogyne. Cette fois, il est servi.

Critique : 
Tiens, voilà un roman que j’avais lu et dont je n’ai même pas pris la peine de rédiger une chronique en son temps…

Pourtant, je revois encore le bandeau-titre rouge proclamant « Vive la King. Laurie R. King gagne du terrain sur sa rivale Patricia Cornwell ».

Rien qu’avec ma première expérience de lecture du duo improbable qu’était Holmes et Mary Russell, ajouté avec la référence à Patricia Cornwell, j’aurais dû sentir la couille dans le pâté et passer mon chemin, mais que voulez-vous, quand on collectionne les apocryphes holmésiens…

Bon, avant de dire des méchancetés, parlons des bonnes choses qu’il y a quand même à dire sur ce roman : l’ambiance qu’ils règne en Angleterre après la Première Guerre (hommes cassés, drogués, traumatisés, mutilés,…) ainsi que la description de la condition des femmes en 1920.

Une partie du boulot est fait, mais il reste encore tellement à faire pour que nous ayons un peu plus de droits.

Pour les porteurs de service trois-pièces de l’époque (et pas qu’au temps de Victoria), nous sommes faibles intellectuellement, nous devons être soumises à nos maris, sous leur protection…

Encore un peu, on verrai déjà s’agiter le spectre des K.K.K – non pas le Ku-Klux-Klan  cher à Trumpette, mais le tout aussi terrible « Kinder, Küche und Kirche » (enfants, cuisine et église) cher à certains claqueurs de talons et au bras raide tendu devant eux.

En ce temps-là, les femmes foutues à la porte par leur cher et tendre époux sont à la rue, sans revenus, sans droits, sans rien que leurs yeux pour pleurer, mais d’autres femmes sont là pour veiller et aider leurs consœurs à sortir de la misère.

Veronica Beaconsfield fait découvrir ce petit monde à Mary Russel, qui à l’aube de sa majorité, attend toujours de toucher son héritage et s’est, en plus, disputée avec Sherlock Holmes.

Comment ces deux-là vont-ils se retrouver ? Grâce aux crimes ignobles qu’il va y avoir dans ce temple féministe. Qui a dit que le crime ne payait pas ??

Si le premier opus était « passable », le deuxième est plus lourd et moins bon.

On nous présente Mary Russel comme une jeune fille intelligente, débrouillarde, une sorte de Sherlock Holmes en version femme et il y a des moments où je l’ai trouvée peu inspirée, maladroite, lente d’esprit et elle m’a couru sur le haricot à force de nous répéter tout son amour pour le détective, qui, en 1920, à plus de 60 ans, alors qu’elle n’en a que 21 (même pas).

Holmes lui, a perdu de sa superbe et à plus les traits d’une nounou devant s’occuper de sa jeune élève que du détective brillant de Baker Street. À se demander qui va devoir changer les couches de qui…

Il a dû paumer son ton caustique, son ironie grinçante, son excentricité, bref, tout ce qui fait LUI. Je n’ai rien contre un Holmes amoureux, mais pas en version fleur bleue non plus, et là, nous n’en sommes pas loin.

Dois-je vous parler de ce pauvre Watson qui n’a qu’un petit rôle, et c’est tant mieux, parce que le pauvre vieux en a pris un coup niveau intelligence, puisqu’il est décrit comme un crétin… Un peu comme le Watson dans les vieux films avec Basil Rathbone. Honteux et pas canonique un Watson imbécile.

Mais bon, trêve de méchanceté, faut encore nous résoudre cette enquête qui traine un peu en longueur, où il y a trop de blablas insignifiants qui ne font avancer aucune cause, ni celle de la femme ni celle de l’enquête, sans oublier qu’on nous balance des faits sans nous préparer, comme ça, hop, ni vu ni connu j’t’embrouille et je te balance dans les dents que Holmes a eu un fils (avec qui ? Quand ?) et qu’il est mort.

Point à la ligne, merci, on passe à autre chose.

Puisque c’est ainsi, revenons-en à notre société de femmes prêtes à changer la société : ben, une fois la parlotte terminée, ça cause chiffon, ça parle pour ne rien dire, donnant presque raison à ces mâles qui les voient comme des créatures intellectuellement déficiente, sans compter que ces femmes ont plus des airs d’agnelles que de Rambo prête à rejouer une journée en enfer.

Et puis, j’ai parfois eu l’impression que l’auteur traitait ce sujet par-dessus la jambe, comme si, après avoir bien commencé à nous parler de ces sujets brûlants, elle passait à autre chose de moins important.

Quant à Holmes, il ne trouve rien de mieux que de demander la main de celle qu’il considérait un peu comme sa fille, pas parce qu’il l’aime (qu’il dit) mais pour ne pas que ça jase, une jeune fille qui bosse avec un homme d’âge plus que mûr. Et si je crois celle-là, tu m’en racontes une autre ??

Un 4ème de couverture qui m’avait mis l’eau à la bouche en son temps et qui, comme un politicien en campagne électorale, n’a pas tenu ses promesses et a fait un gros PCHIITTT en se diluant dans tous les sens.

Allais-je être assez dingue pour acheter et lire le 3ème tome ?? Le suspense ne sera pas à couper au couteau puisque j’ai été assez dingue que pour relui ce deuxième tome (en diagonale, n’appelez pas l’asile, merci).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver)et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

L’affaire des vierges de glace : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : L’affaire des vierges de glace

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : Oeil du Sphinx (2007)

Résumé :
Alors que l’ombre de Jack l’Éventreur s’estompe des mémoires et que tous se persuadent de sa disparition, de nouveaux cadavres de femmes apparaissent dans le quartier de Whitechapel.

Contrairement aux cinq visites connues de l’Éventreur, elles semblent ne pas appartenir à l’engeance des prostituées.

Pourtant, les blessures observées sur leur corps sont identiques à celles infligées par Jack. Serait-il de retour ? L’inspecteur Lestrade, en charge de l’enquête, ne sait que penser …

Ses supérieurs ont imposé à l’opinion publique une vérité concernant l’Eventreur loin d’être acceptable.

Seul, Sherlock Holmes – que les autorités avaient sciemment écarté de cette grande affaire victorienne – pourrait l’aider à éclaircir l’affaire en lui évitant de saborder sa carrière.

Critique :
Une histoire inédite de Sherlock Holmes non racontée par son fidèle Watson ? Comment cela se fesse-t-il ?

Pas grave, le fils du docteur Watson va dicter cette Untold Stories (non racontée dans le canon holmésien) à sa petite-fille puisque c’est lui qui hérita de la fameuse malle en fer blanc qu’on ne ressort à toutes les sauces.

Comme ils le disent tous en avant-propos, le récit que l’on va lire n’est pas une fumisterie, contrairement à tous les autres. Sherlock Holmes a bel et bien existé et le docteur Watson était son Boswell.

Le pitch ? Des meurtres qui ressemblent à ceux de l’éventreur mais ce n’est pas lui… Holmes enquête avec son fidèle Watson sur ces meurtres qui surviennent 1 an après les méfaits du Jack.

Pour une fois, nous ne partons sur une théorie de l’identité de Jack The Ripper, mais avec un copy cat, ce qui fait que l’auteur peut mêler la fiction à la réalité, les détails historiques, sa connaissance des meurtres de 1888, et nous inventer la théorie qu’elle veut pour ce copier-coller des meurtres qui frappèrent le quartier de Whitechapel.

Rassurez-vous aussi, elle ne nous ressuscite pas Jack The Ripper qui aurait eu envie de refaire un tour sur la piste sanglante des prostituées éventrées.

Je rassure aussi les esprits un peu délicats, dans cet ouvrage, pas de descriptions sanguinolentes, gore ou dans le genre à vous faire rendre votre quatre heures ! On reste dans la sobriété.

Le livre se lit de manière très agréable, les personnages sont fidèles au canon holmésien, Watson est fort présent et on se plaît à suivre leur enquête d’autant plus qu’elle ne s’étirera pas en longueur puisque nous avons 108 pages (écrites en petits caractères).

Par contre, je ne sais pas si c’était moi qui brillais plus que d’ordinaire, mais lors de ma première lecture, j’avais assez vite compris qui était le coupable dans tout cela.

Je suis d’ailleurs toujours étonnée que Watson n’ait pas tilté lui aussi et que Holmes ne parle pas de cette contradiction en nous exposant la résolution de l’affaire.

Malgré tout, je n’ai pas boudé mon plaisir et j’ai refermé le livre en quittant deux bons amis, avec un peu de regret.

Comme lors de ma première lecture, plus de pages ne m’aurais pas déplu et une résolution de l’affaire moins précipitée aussi car j’ai trouvé les aveux du suspect un peu trop spontanés, trop faciles à extorquer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Sherlock, Lupin et moi – Tome 3 – L’énigme de la rose écarlate : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin et moi – Tome 3 – L’énigme de la rose écarlate

Auteur : Irene Adler (Iacopo Bruno)
Édition : Albin Michel (30/08/2017)

Résumé :
Veille de Noël 1870. Sherlock Holmes, Arsène Lupin, et Irene Adler se prennent de passion pour une énigme publiée dans le Times. Sherlock ne tarde pas à découvrir que des coordonnées géographiques y sont dissimulées !

Lorsqu’un riche marchand est retrouvé mort dans le premier des lieux en question, nos trois amis comprennent vite que les coupables communiquent par l’intermédiaire du Times.

Ils se rendent aussitôt à Scotland Yard pour prévenir la police mais on les congédie sans les écouter… Il ne leur reste plus qu’une chose à faire : mener l’enquête eux-mêmes ! Mais, après tout, n’est-ce pas ce qu’ils font de mieux ?

Critique :
Après une lecture qui m’avait secouée émotionnellement, il me fallait passer à du plus calme, du plus doux et quoi de mieux qu’une lecture jeunesse avec Holmes, Lupin et Adler adolescents ?

Direction le Londres de 1870, à quelques jours des fêtes de Noël, et on s’installe bien confortablement devant un chocolat chaud au Schackleton Coffee House en compagnie de nos trois jeunes amis.

Bon, si vous cherchez une enquête policière digne de ce nom, je vous conseille un roman de la reine du crime, Agatha Christie, mais si vous voulez passer un bon moment de lecture, sans vous cassez la tête, ce roman jeunesse est fait pour vous.

Nos trois personnages sont toujours aussi sympathiques. Les caractères de Holmes et Lupin se dessinent afin de nous montrer ce qu’ils pourraient être plus tard, même si, pour le moment, tout cela est encore latent.

Quant à la jolie Irene, elle ne sait plus quoi penser entre un qui l’embrasse sur les lèvres à la dérobée et un autre qui l’enlace en la raccompagnant chez elle, sans oublier le petit présent qu’elle retrouvera au fond de sa poche sans savoir de qui il provient.

J’espère juste que nous n’irons pas vers le triangle amoureux dans les prochains tomes, même si ce genre d’événements pourraient expliquer pourquoi ces trois amis se retrouveront séparés diamétralement plus tard, au point même qu’ils s’affrontent (Irene vs Holmes dans « Un scandale en Bohême » et Lupin vs Holmes dans « Lupin contre Herlock Sholmes »).

Anybref, sans casser trois pattes à un canard et sans manger de pain, c’est un roman jeunesse qui se lit d’une traite dans son canapé en savourant une bonne tasse de thé.

On sourit des facéties de nos jeunes gamins, on imagine ce que cela pourrait donner si Irene en choisissait un et pas l’autre, on frémit devant les dangers qu’ils prennent, tout en se doutant que l’un ou l’autre ne va pas mourir puisque ce n’est pas GOT !

Un bon point pour moi qui avait deviné avant le Maître le pourquoi du comment des crimes étranges qui avaient lieu après la petite énigme d’échec parue dans le Times… Bon sang, mais c’était bien sûr ! Belette 1 – Sherlock Holmes 0 (un temps de retard face à mon esprit brillantissime).

Un roman jeunesse qui se lit avec plaisir, des personnages que l’on se plait à revoir et en le refermant, on songe déjà à ce que leur prochaine aventures va nous réserver !

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Mycroft Holmes et le guide de l’Apocalypse : Kareem Abdul-Jabbar, Raymond Obstfeld & Joshua Cassara

Titre : Mycroft Holmes et le guide de l’Apocalypse

Scénaristes : Kareem Abdul-Jabbar & Raymond Obstfeld
Dessinateur : Joshua Cassara

Édition : Hachette (06/09/2017)

Résumé :
Londres 1874. Un attentat épouvantable est commis à l’aide d’une technologie inconnue. Il occasionne plus de 200 morts au British Muséum. Le très fringant Mycroft Holmes s’évertue à ridiculiser son professeur et à s’attirer les foudres de ses condisciples de l’Université de Cambridge.

La toute première aventure du brillant et mystérieux Mycroft Holmes.

Sur les ordres de la reine Victoria, Mycroft doit mettre hors d’état de nuire un psychopathe qui menace les fondements de la civilisation britannique…

Critique :
Vous connaissiez Sherlock, le cadet et brillant détective, mais vous connaissiez un peu moins son frère, encore plus brillant que lui.

Vous aviez de Mycroft, l’ainé des Holmes, soit la vision d’un homme débonnaire comme dans la série Granada, ou celle d’un homme froid, appuyé sur son parapluie, dans la série de la BBC.

Ici, vous allez être dépaysé car vous serez face à un perpétuel étudiant de l’Université de Cambridge qui s’amuse à se foutre de la gueule de son prof de philosophie, qui gribouille en classe et qui saute la femme de son prof, en sus !

Peu canonique, le Mycroft de ce comics, de même que son jeune frère, Sherlock, qui est présent mais bien moins que son illustre aîné : normal quand une série se nomme Mycroft Holmes, me direz-vous. Vous êtes brillants…

Leur Mycroft est à baffer tant il est insolent et imbu de lui même et de son talent de déduction, au point de tout calculer lorsqu’il convoque son petit frère, notamment le fait qu’il le surprendra au lit avec la femme de son prof.

Imbu, fat, arrogant, à baffer, je vous dis, mais j’étais tellement plongée dans cette histoire que je me suis rendue compte que j’arrivais à ma gare de destination et que je n’avais rien vu (ok, le changement d’heure avait rendu mon paysage tout noir, mais pas que lui).

Niveau lecture, on en a pour ses sous, on y passe du temps, on découvre les dessins, qui plairont, ou pas, moi, ma seule critique sera pour les parties des joues un peu trop soulignées et pour une reine Victoria un peu trop jeune (alors qu’elle devrait avoir 55 ans) et sexy.

Attention, cette bédé ou ce comics ne révolutionnera pas le genre, mais fera passer un excellent moment à son lecteur/lectrice pour peu que celui-ci aime le fantastique mâtiné de quelques gouttes de steampunk avec quelques morceaux des Mystères de l’Ouest.

Ici, rien n’est sérieux, tout est fait pour s’amuser, rien n’est comme on pourrait le croire et les surprises sont au rendez-vous.

C’est barré, c’est couillu, ça ressemble à un James Bond version western puisque nous poursuivrons la suite de l’enquête sur les terres de l’Oncle Sam et que nous croiserons des terribles desperados (pas les cousins Dalton) et que l’aventure sera au rendez-vous avec un grand A.

Du rythme, de l’action, des gadgets tueurs, des grands méchants vraiment méchants chevronnés, des pays prêts à tout pour posséder l’arme ultime, et un Mycroft dans le style roi fainéant pour résoudre tout ça.

Pas de regret de lecture, un bon moment de passé, une gare que j’ai failli rater et une plongée vertigineuse dans des aventures sentant bon le Bond aux services secrets de sa Majesté la Queen Victoria, le tout avec plus de brio et d’humour que le film avec le non regretté George Lazenby.

3,9/5

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Sherlock – Tome 3 – Le grand jeu : Mark Gatiss, Steven Moffat & Jay

Titre : Sherlock – Tome 3 – Le grand jeu

Scénaristes : Mark Gatiss & Steven Moffat
Dessinateur : Jay

Édition : Kurokawa (12/10/2017)

Résumé :
En manque d’enquêtes intéressantes, Sherlock s’ennuie. C’est alors qu’une étrange explosion a lieu à proximité du 221B. Suite à ses investigations, la police trouve une lettre à l’attention de Sherlock avec un téléphone portable rose à l’intérieur.

Là encore, et à l’instar de nombreuses affaires récentes, Moriarty se trouve derrière cette tentative d’intimidation.

Par la suite, prenant diverses personnes en otage à qui il fait mettre des ceintures d’explosifs, le malfaiteur fait passer des épreuves à Sherlock.

Critique :
Le grand jeu ? The full monty ? Heu, pas tout à fait car nous n’aurons pas droit à un strip-tease intégral de Sherlock et John…

Donc, on se calme mesdemoiselles et mesdames les ménagères de moins de 50 ans : vous ne verrez pas les plumeaux de ces messieurs.

J’ai beau avoir visionné plusieurs fois les épisodes de cette série, j’oublie toujours des tas de petits détails et le manga m’en a remis quelques uns en tête.

Comme je le dis depuis le début (mais vu qu’au fond de la classe, on ne suit pas, je le répète) : l’avantage de relire les épisodes télés en manga, c’est que l’on peut faire des arrêts sur image, sur dialogues, lire à son aise et ainsi, s’en imprégner d’une autre manière.

Et vu que l’épisode 3 de la saison 1 avait un rythme endiablé, passer à un slow ne fait de tort à personne, surtout pas à mon cerveau surmené.

Le scénario du manga colle toujours à celui de la série, au plus juste, mais on a quelques petits soucis dans les dessins des personnages et des expressions, une fois de plus.

Les dessins de Lestrade peuvent être confondus avec certains de John Watson, le nez de Sherlock Holmes n’est pas tout à fait conforme à la réalité et le pire sera pour James Moriarty qui, dessiné, perd toute son aura, toute sa morgue, toutes ses mimiques du visage qui font de lui un méchant bien plus angoissant que tous les anciens Moriarty réunis.

Ce sera mon seul bémol pour cet opus : la perte de l’intensité dramatique de la scène de la piscine municipale où Sherlock découvre QUI est Moriarty.

Dans la série, on monte en puissance, on découvrait, subjuguée, l’acteur qui jouait le rôle d’un Moriarty joueur, drôlement sarcastique, s’amusant de la situation, lançant des bons mots et nous montrant sa palette d’expressions du visage.

En manga, on perd tout ça…

Mais pour le reste, si vous voulez revivre cet épisode à un rythme plus lent, vous attarder plus longuement sur les dialogues, les situations, les pensées de Sherlock qui vont à la vitesse de la lumière, et bien, laissez-vous tenter, que diable !

Rien ne vous empêchera, ensuite, de revivre la scène intense de la piscine sur grand écran.

Vivement le suivant avec Irene nue devant un Sherlock sans voix et sans pensées.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Enquête sur Sherlock Holmes : Bernard Oudin

Titre : Enquête sur Sherlock Holmes

Auteur : Bernard Oudin
Édition : Gallimard (1997)

Résumé :
Sherlock Holmes, création du romancier britannique Arthur Conan Doyle, est à coup sûr un des personnages les plus célèbres de toute l’histoire.

Mais, au-delà de son succès proprement littéraire, il existe un « phénomène » Holmes, vieux maintenant d’un siècle et qui ne donne aucun signe de déclin.

Il a été le héros le plus souvent porté à l’écran et des dizaines d’écrivains ont voulu donner une suite à ses aventures.

Mieux encore, dès la parution des premières œuvres, des milliers de gens ont cru à l’existence réelle du détective.

Aujourd’hui encore, du courrier arrive à son domicile supposé de Baker Street. Plusieurs centaines de clubs holmésiens dans le monde, jusqu’en Amérique et au Japon, perpétuent son culte.

Bernard Oudin, spécialiste de Sherlock Holmes, démêle les fils de cet étonnant sortilège qui a amené un personnage de fiction aux frontières de la réalité et du fantasme.

Critique :
Prenons la DeLorean de Doc et remontons dans le temps, voulez-vous ?

Fermez les yeux… Imaginez…

Je suis jeune (si, si, faites un effort, nom de dieu !), l’Internet n’est pas démocratisé comme maintenant et d’ailleurs, je n’avais pas encore de PC en ce temps-là !

Alors vous pensez bien que lorsque mon bouquiniste déposa devant mes yeux ce petit guide sur Sherlock Holmes, ce fut la fête, Noël avant l’heure !

Imaginez, j’allais enfin avoir une liste des apocryphes holmésiens, des films, des acteurs ayant joué Son rôle, sur Sa naissance littéraire,…. Et j’en passe et des meilleures !

Madeleine de Proust ce petit guide et véritable mine d’informations intéressantes pour cette époque où le Net était obscur et ou certains le traitaient de labyrinthe de l’information, limite si on ne le mettait pas sur le bûcher.

Anybref, en ce temps-là, ce petit guide a fait ma joie, stabilotant des tas de titres d’apocryphes qui, au fur et à mesure, sont venus grossir mes étagères ou fluorant des titres de films, qui, avec l’avènement du P2P et puis du Torrent, sont venus, eux aussi , grossir mon disque dur ou mon rayonnage de films holmésiens (parce que j’aime aussi les posséder en vrai).

C’est rempli de petites anecdotes ou de grandes révélations (pour l’époque !), le tout étant illustré par des dessins d’époque de Frederic Dorr Steele (pour le Collier’s Weekly), de Sidney Paget (pour le Strand Magazine), d’affiches, de photos d’acteurs de théâtre, de cinéma, de personnalités importantes et connues.

Vous pensiez que les anglais étaient les seuls à pouvoir se prétendre détenteur de Sherlock Holmes ? Pourtant, ce furent les Américains qui publièrent les aventures de Sherlock Holmes sous forme de magazine, les british n’en voulant pas…

Sans l’éditeur américain Stoddart, nous n’aurions jamais eu d’autres aventures de Sherlock Holmes que « Une étude en rouge » !! C’est lui, le directeur du Lippincott new-yorkais, qui demanda à Conan Doyle de lui écrire un roman AVEC Sherlock Holmes, obligatoirement !

Ce jour là, Oscar Wilde était invité aussi, mais lui, il eut carte blanche (et cela donna « Le portrait de Dorian Gray »).

Vous apprendrez aussi que Holmes n’a JAMAIS dit « Élémentaire, mon cher Watson » dans les livres, et que l’horrible deerstalker et le macfarlane ne figurent pas dans les écrits canoniques, mais que c’est l’illustrateur, Sidney Paget, qui le dessina ainsi dans deux aventures « Le mystère du Val Boscombe » et « Flamme d’argent ».

Dans le canon, pour la nouvelle « Flamme d’argent », Conan Doyle fait juste allusion à une casquette de voyage (travel cap).

Idem pour la pipe recourbée qui est un anachronisme, mais parait qu’elle permettait à William Gillette, acteur de cinéma pas rasoir, de parler plus distinctement.

Vous apprendrez notamment que Scotland Yard n’a pas tenu rigueur au fait que, dans les écrits de Conan Doyle, ses policiers n’aient jamais été mis en valeur et qu’ils furent même traité avec mépris, puisqu’ils ont baptiser leur ordinateur de recherche « Home Office Large Major Enquiry System »… HOLMES !

Anybref, vous saurez tout sur les apocryphes et les pastiches holmésiens (d’avant 1997, bien entendu), vous saurez tout sur les clubs holmésiens, sur Rex Stout qui démontra un jour que Watson était une gonzesse, les lieux de pèlerinage holmésiens, ainsi que le musée Sherlock Holmes.

Je ne m’en lasse pas et régulièrement, je remonte le temps en l’ouvrant et en tournant les pages, revoyant les titres que je désirais et puis, me retournant, toute fière, pour les découvrir dans ma bibliothèque.

Comme le chantait si bien Pierre Peret, ♫ Tout, tout, tout, vous saurez tout sur Sherlock Holmes ♪

Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Les damnées de Whitechapel : Peter Watson

Titre : Les damnées de Whitechapel

Auteur : Peter Watson
Édition: Paulo Raman (2011)

Résumé :
Londres, début de l’automne 1888. Depuis l’heureux dénouement de l’affaire du Signe des Quatre, le docteur Watson vit sur un nuage. Mary Morstan lui ayant promis sa main, il a décidé de réendosser sa blouse blanche et de ressortir sa vieille trousse médicale afin que son couple puisse vivre de ses honoraires.

Aussi envisage-t-il de quitter Baker Street pour aller s’installer dans un quartier agréable de la grande ville et y fonder une famille.

Sherlock Holmes est quant à lui en proie avec son plus terrible ennemi : le désœuvrement. Depuis quelques temps déjà, il se morfond nuit et jour, tristement allongé sur son canapé.

Les meurtres simultanés de deux prostituées à Whitechapel ainsi qu’un vol commis à Pondicherry Lodge vont subitement le tirer de sa retraite et remettre en branle les rouages de la formidable machine à penser qu’il est.

A la suite de toute une série de rebondissements inattendus, les deux hommes vont devoir quitter la grande métropole afin de s’employer à ce que la Lumière triomphe des Ténèbres.

Critique :
Lorsque je pris connaissance du livre, je m’attendais à une enquête classique de Holmes face à l’Éventreur, les cinq meurtres, l’attente entre le quatrième et le cinquième… Bref, le coup classique, quoi.

Et bien là, j’en fus pour mes frais parce que ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais. Je fus surprise et agréablement surprise, même, par la tournure de l’histoire.

L’auteur, dans le but de ne pas mélanger l’histoire et la fiction, a changé quelque peu les noms des victimes ainsi que celle d’un apparenté royal. Cela lui a permis de prendre plus de liberté avec la véracité des faits de 1888 et de ne pas décevoir les « ripperologues » en attente d’un nom.

Bref, l’enquête ne s’occupera « pas vraiment » des crimes commis dans les ruelles sordides de Whitechapel, mais partira dans un autre sens, Holmes voulant laisser les policiers résoudre eux-mêmes les crimes sordides (vous comprendrez tout en lisant).

Malgré tout, l’ombre de l’assassin ne sera jamais loin, les pistes se recoupant souvent. On a beau partir d’un côté, au final, on retombe sur les traces de l’assassin.

Entre nous, le final m’a fait accélérer la cadence de lecture, voulant à tout prix connaître la fin. L’auteur m’a donné quelques sueurs froides et… Non, je ne dis rien de plus, cela dévoilerait ce que je ne peux dévoiler.

Le style d’écriture est agréable, ressemblant aux écrits victorien, sans langage moderne. Repéré une seule coquille dans l’absence d’un tiret cadratin. Rien de bien terrible.

Le seul point négatif du livre est un paragraphe un peu longuet où l’ajout d’un point final n’aurait pas été du luxe et m’aurait permis de reprendre mon souffle.

Un autre passage qui pourrait rebuter certain est la description du cérémonial d’ouverture d’une tenue de Loge maçonnique.

Moi, cela ne me dérange pas, mais je pense que cela pourrait en faire soupirer d’autres, les fils de la veuve étant assez cérémonieux, comme vous devez le savoir.

C’est ce que j’appellerai l’exercice périlleux du juste milieu, étant donné que si l’auteur abrège, on considéra qu’il ne maîtrisait pas son sujet (maçonnique) et s’il en fait trop… ben, on le taxera d’en faire trop.

Le Holmes du livre n’est pas caricatural, du moins, pas plus que l’original dont Watson nous contait les nombreux travers dans « Le rituel de Musgrave ».

Je l’ai trouvé fidèle à lui-même, tout en sachant que, bien entendu, les auteurs mettent un peu du leur dans le personnage.

Watson n’est pas un gros balourd, c’est un homme amoureux de Mary et qui va bientôt convoler en juste noce.

La relation entre les deux amis est à cent lieues du « gay-friendly » à la mode ces dernières années, Holmes sait être taquin ou caustique envers Watson et même assez sec avec Lestrade.

Un clin d’œil à la nouvelle « Les hommes dansants » avec un message codé et de nombreuses allusions au canon disséminées par-ci par là.

Petite anecdote : Elveden Hall dont on parle dans le livre existe bel et bien et fut réellement, dans le passé, la résidence du Maharaja Duleep Singh (le nom change dans le récit).

Pour la petite histoire, la chambre n° 12 que l’auteur fait occuper à Watson, à l’hôtel La Cloche, a réellement la réputation d’être hantée (aujourd’hui encore) par le fantôme d’un… curé !

Le livre m’a fait passer un très bon week-end avec Holmes et je remercie l’auteur pour cela. Son histoire était originale, à cent lieues des autres déjà lues, fidèle à la réalité tout en gardant ses distances avec elle. le plus dur fut de fermer le livre quand je l’ai eu terminé et de quitter mon détective préféré.

Je vous le disais, je l’ai dévoré, le livre.

Son unique point merdique est qu’il est difficilement trouvable, hormis sur un grand site de vente de livres en ligne (mais pas que des livres), il me semble…

Les aventures alsaciennes de Sherlock Holmes : Christine Müller

Titre : Les aventures alsaciennes de Sherlock Holmes

Auteur : Christine Müller
Édition : Le Verger (01/09/2011)

Résumé :
A la fin de l’hiver de l’année 1898, l’Alsace a accueilli 2 touristes très particuliers, en la personne de Sherlock Holmes et de son fidèle ami et biographe, le docteur Watson.

Mais, dans ce périple tout voué à la détente et à la visite de cette belle région aux charmes pittoresques autant que gastronomiques, la seule présence du plus grand détective du monde a suffi à faire surgir les affaires les plus étranges…

Ce petit volume raconte, en 8 nouvelles qui se suivent, l’intégralité de ce voyage d’agrément… au pays du crime !

Critique :
L’avantage du livre est d’être composé de huit nouvelles – ce qui est plus en adéquation avec l’original – et de nous présenter le détective sous un autre jour.

Un Holmes plus brettien que canonique car en lisant, je voyais Jeremy Brett (accompagné de David Burke).

Le Sherlock Holmes de Christine Muller est un portrait de l’acteur, même dans sa gestuelle. Surtout là !

Très « beauté fatale » devant qui, hommes, femmes et enfants s’étalent d’admiration. C’est très plaisant à lire pour nous, les femmes. Même si Watson insiste un peu trop lourdement sur la beauté de Holmes.

Le quatrième de couverture parlait de « fidélité au Canon » holmésien, ce à quoi je répondrai « non » pour la simple raison que Holmes amoureux, c’est anti-canonique, même si j’adore le voir amoureux. C’est juste que c’est une sacrée entorse au Canon.

Ma seule critique est que lorsqu’il essuie un refus poli de la dame, il redevient très vite la froideur incarnée, comme si de rien n’était. Un peu trop rapide, à mon sens.

Attention, cela n’enlève rien au plaisir que j’ai eu de lire cette nouvelle (ni les autres non plus) et à suivre nos deux hommes dans toutes leurs aventures, plus policières qu’amoureuses…

Les enquêtes, tiens, parlons-en. Elles se suivent mais ne se ressemblent pas, agréables à lire, surtout celle du « concombre masqué ».

Par contre, certaines auraient pu être un peu plus développées dans leur final car elles me laissèrent sur ma faim.

Watson est très gourmand, trouve les femmes jolies, s’extasie sur son amitié avec Holmes et l’écoute religieusement parler de son enfance. Parfois il est un peu benêt et ne voit pas Holmes venir, malgré ses gros sabots.

Peut-être parce que la chanson dit « En passant par la Lorraine, avec mes sabots » et que la Lorraine, ce n’est pas l’Alsace. Je ne suis pas Columbo, mais certaines choses, je les ai vues venir de très loin, riant de l’aveuglement du brave docteur.

De plus, malgré des histoires diversifiées, j’ai tout de même trouvé certains coupables, et ce, dès le départ (trois de trouvé et un quatrième un peu plus loin dans la nouvelle)… Chouette, je fus plus rapide que le Maître !

Les quelques détails historiques sur l’Alsace n’empiètent pas sur les aventures et la narration. Cela ne m’a pas donné l’impression de lire un guide touristique et pour moi, ils étaient utiles, preuve que l’auteur a potassé son sujet et à voulu nous faire partager quelques détails de l’Histoire.

Ne pas en parler aurait retiré de la saveur au livre vu la région dans laquelle nous nous trouvions.

Un des reproches que je ferai toujours à SACD c’est de ne pas avoir donné assez de détails « historiques et sociaux » dans ses écrits sur Holmes.

Le Canon fut bien étudié et les huit nouvelles en sont saupoudrées.

Mes critiques iront plutôt aux trop nombreuses allusions à cette fameuse boîte de maroquin vert (de cuir, dans mon Canon) et sa seringue chargée de cocaïne.

En huit nouvelles, l’auteur en parle plus que sur l’intégralité du Canon. Même quand Holmes ne l’utilise pas, Watson en parle, signalant son abstinence.

À un moment, je m’étais dit que si l’auteur n’en parlait pas dans une nouvelle, je sabrerais le champagne et bien, ce ne fut pas le cas.

Je veux bien que dans « Le signe des quatre », Watson signale qu’il est témoin du spectacle de Holmes se piquant, que cela dure depuis plusieurs mois et ce, trois fois par jour, mais bon, pas besoin d’en parler à toutes les pages, je trouve. À la fin, cela devient lourd.

Autre point qui m’a irrité un peu et qui passera avec un peu de pommade, c’est la manie qu’à Holmes de nommer Watson « mon tout bon » ou « ami Watson ».

C’est assez énervant car répétitif. Pas énervant au point d’envoyer valser le livre dans la pièce, tout de même. Je suis passée au-dessus.

Ma foi, l’auteur aurait pu se contenter d’un « cher ami » ou « mon cher ». Quant à Holmes qui se choque en apprenant qu’une simple d’esprit est née, tout comme lui, un six janvier… Passons, voulez-vous ?

Le tout ne m’a pas empêché de savourer le livre et les nombreuses images bien drôles que l’auteur utilise dans ses comparaisons (Holmes qui mange moins qu’un moineau qui fait Carême), l’allusion au détective nommé Persil, non, Poireau, heu, Hercule Poirot, et tout le reste font de ce pastiche un livre très agréable à lire.

Last but not least, si je n’avais pas « lu » Holmes tomber amoureux et Watson lorgner sur de nombreux jupons, j’aurais eu des doutes en lisant certains de leurs faits et gestes (cette manière qu’à Holmes d’entrer dans la chambre de Watson ; de lire que Watson, coincé dans un renfoncement d’un mur, « sentait la densité rassurante du corps de Holmes » ; entendre Holmes dire à voix basse « votre amitié me suffit » après avoir frotté l’épaule de Watson affectueusement).

J’ai failli penser qu’ils avaient une relation ambiguë, ces deux là. On frôlait le texte « double langage » ou alors, c’est moi qui ait l’esprit trop mal tourné…

Anybref, plus une lecture à réserver aux holmésiens de tout poils (ou plumes), ou à d’autres, qui, ayant lu les écrits canoniques, voudraient se faire plaisir avec des écrits apocryphes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).