Le rat géant de Sumatra : Rick Boyer

Titre : Le rat géant de Sumatra

Auteur : Rick Boyer
Édition : Mycroft’s Brother (2003)

Résumé :
Selon les holmésiens du monde entier, il s’agit de l’un des meilleurs pastiches de Sherlock Holmes publié, depuis les histoires que sir Arthur Conan Doyle nous a livrées. On y retrouve le détective et son fidèle Watson opposés au rat géant de Sumatra, débarqué en Angleterre par un mystérieux personnage qui se révèle être une vieille connaissance de Sherlock Holmes.

Publié aux Etats-Unis en 1976, ce livre a été réédité aux Etats-Unis en 1998 dans un recueil de quatre aventures intitulé A Sherlockian Quartet.

La traduction, par un spécialiste holmésien, restitue parfaitement le style du docteur Watson, biographe officiel de Holmes. Une qualité rare en la matière.

Critique :
Tout ceux et celles qui ont lu « Le vampire du Sussex » connaissent cette phrase célèbre de Sherlock Holmes au sujet d’une certaine Matilda Briggs…

« Matilda Briggs n’est pas le nom d’une jeune fille, Watson, dit Holmes d’une voix lointaine. C’est le nom d’un navire dont le destin est associé à celui du Rat géant de Sumatra. Une histoire à laquelle le monde n’est pas encore préparé ».

Et on la trouve où, cette fameuse histoire du rat géant ? me demandez-vous.

Nulle part dans le canon holmésien car elle n’existe pas, elle fait partie de ce que les holmésiens ont nommé les Untold Stories, c’est à dire les histoires citées par Watson dans le canon holmésien, mais jamais écrites par Conan Doyle.

Lorsque j’avais acquis ce petit roman (175 pages, texte sur deux colonnes), j’avais eu une petite appréhension que les louanges faites à ce pastiche n’étaient pas parvenues à éteindre, échaudée que j’étais après avoir lu du grand n’importe quoi réalisé par d’autres auteurs qui avaient eu aussi brodé sur ce fameux rat géant.

Ma lecture initiale m’avait presque faite pleurer de plaisir tant le roman était fin, tant il n’avait pas sombré dans un gouffre abyssal de conneries ou de rats ayant la taille d’un poney.

Cette relecture fut tout aussi plaisante que la première fois, preuve qu’il était bon, ce petit pastiche, même s’il était cher (>20€).

L’auteur respecte tous les codes du canon holmésien et une fois de plus, cette untold stories pourrait très bien être intégrée aux véritables récits du Watson de Conan Doyle tant on s’en approche.

Richard Boyer, l’auteur, joue avec les codes, les utilise à bon escient, fait des références à des autres affaires, nous offrant un Sherlock Holmes et un Dr Watson proche des véritables, tout en ajoutant son style à lui.

Cherchez pas la petite bête, tout y est ! Et pour les lecteurs des aventures de Sherlock Holmes, il ne leur sera pas difficile d’éventer une ruse du détective puisqu’il l’avait déjà faite dans une certains histoire de malédiction canine (et rien à voir avoir avec un dentiste maudit).

Et bien justement, Le Rat Géant, c’est un peu comme avec Le Chien des Baskerville qui contentait une partie fantastique avec malédiction et chien géant sorti des Enfers, et qui se terminait par une explication rationnelle et logique.

L’auteur a bien manié son récit, mêlant habillement le caractère fantastique et mystérieux de l’enquête, tout en lui donnant un final réaliste et sans rien emprunter au fantastique, ce qui aurait été un peu trop facile.

Et si au départ on se demande où est l’histoire avec le rat, Holmes ayant une histoire d’enlèvement à résoudre, pas de panique, il arrivera bientôt, le mélange des deux enquêtes étant harmonieux et bien réalisé.

Du suspense, des rebondissements et un méchant bien travaillé et qui, comme tous les méchants de la terre, ne peut résister à l’envie de se vanter et d’exposer tous ses griefs à l’encontre de Holmes. Comme tous les méchants, en fait… Faudrait faire une étude psychologique sur cette propension qu’ont les Méchants à un peu trop causer.

Anybref, notre détective de Baker Street n’est pas tombé de la dernière pluie, il est loin d’être un imbécile et à plus du rusé renard que d’un lapereau de deux semaines.

L’auteur a aussi brillamment mit en avant la formidable amitié qui lie Holmes et Watson (et rien de plus, on se calme les filles !) et, tel dans l’aventure des « Trois Garrideb », nous avons un Holmes un peu ému à l’idée d’avoir fait prendre de grands risques à son ami. Un grand moment.

Le récit est digne d’un grand cru, vieilli en fût de chêne, il est A.H.O.C (Appelation Holmésienne d’Origine Contrôlée) et ne contient pas de sulfites.

A consommer sans modération parce qu’un pastiche écrit avec un tel savoir, se déguste avec sagesse.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Sherlock Holmes et la suffragette amoureuse : Bernard Oudin

Titre : Sherlock Holmes et la suffragette amoureuse

Auteur : Bernard Oudin
Édition : Mycroft’s Brothers (2005)

Résumé :
Sherlock Holmes est de retour ! Nous a-t-il d’ailleurs jamais quitté ? Le personnage est si fascinant que ses admirateurs s’acharnent à exhumer tel exploit oublié, tel écrit caché de son biographe le Dr Watson.

Sept épisodes inédits de ses aventures voient ici le jour. Ils nous promènent dans le Londres victorien, des ruelles de l’East End aux artères illuminées du quartier des théâtres, et, à l’occasion, loin de la capitale, des landes du Yorkshire aux rives du Nil.

On y voit Sherlock Holmes jouer tour à tour de ses extraordinaires dons intellectuels et de ses capacités d’homme d’action pour élucider le meurtre de la belle actrice Margaret Brent, suffragette militante et pourtant victime de ses sentiments ; déjouer les plans de sinistres personnages ; traquer les anarchistes et résoudre l’énigme do cobra d’or ; braver les malédictions des pharaons ; et, pour finir, s’attaquer à l’un des défis les plus étranges de sa carrière.

Mais chut !… Le moment est venu de surprendre le détective et son inséparable compagnon dans leur appartement de Baker Street, toujours prêts à quitter la quiétude du coin du feu pour affronter les dangers de la grande ville…

Critique :
Les romans qui appartiennent à la maison d’édition Mycroft’s Brothers possèdent des avantages et des sacrés inconvénients…

Au rayon des inconvénients, je relèverai leur prix élevé et le fait que, n’étant guère épais (144 pages), ça fait cher la page !

Niveaux avantages, leur maigreur fait qu’on peut amortir le prix en le relisant une fois tous les 5 ans !

Ce que je fis et, vu tout ce que j’ai lu entretemps, ma mémoire, engorgée, avait tout effacé de cette lecture de 2012.

Verdict ? Le plaisir était toujours au rendez-vous et ce petit recueil de 7 nouvelles holmésiennes écrites par un des spécialistes français de l’holmésologie n’ont pas pris une ride.

Oui, en les relisant, j’avais toujours l’impression que c’était du Conan Doyle ! Ça en avait la couleur, la saveur, même si ce n’en était pas et toute référence à une certaine boisson gazeuse qui aurait la couleur de l’alcool sans en être serait purement fortuite…

Sherlock Holmes est fidèle à lui même, il nous parle de l’inconstance des femmes, il est assez mordant avec Watson lorsque celui-ci commettra une erreur (L’usurier sentimental), même si Holmes avouera dans la première histoire qu’il a déjà perdu des clients parce qu’il avait sous-estimé l’affaire (La suffragette amoureuse).

Comme pour ma première lecture, j’avais deviné la résolution de l’affaire assez vite, mais malgré ça, le plaisir était toujours au rendez-vous (La clinique du docteur Sanderson).

Attention, je suis loin d’arriver au petit orteil du Maître, puisque dans une autre nouvelle (Le Cobra d’or), je n’avais rien trouvé et le coupable aurait pu s’en tirer facilement si cela avait été moi sur l’enquête.

Bref, rien à jeter dans ces nouvelles qui semblerait presque faire partie du canon holmésien tant elles sont dans l’esprit de Conan Doyle.

D’ailleurs, dans une des nouvelles, il y aura un petit clin d’œil à Conan Doyle qui sera cité en tant qu’agent littéraire de Watson et présenté comme un fervent adepte du spiritisme.

Un super moment de lecture, des enquêtes holmésiennes bien écrites, dans l’esprit des vraies, des références au canon, des déductions mais vu qu’il n’y a que 144 pages, cela a toujours un goût de trop peu…

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Nouveau mémorial Sherlock Holmes : Jacques Baudou & Paul Gayot

Titre : Nouveau mémorial Sherlock Holmes – Tome II

Auteurs : Jacques Baudou & Paul Gayot
Édition : Clancier-Guenaud (1983) / Terre de brume (2004)

Résumé :
L’édition de 2004 chez TERRE DE BRUME (coll. Terres mystérieuses n°6 – 2004) est additionné de deux nouvelles par rapport à sa version parue chez Clancier-Guenaud (coll. Facettes du roman policier et du roman noir n° 9 – 1983)

Sherlock Holmes, le roi des détectives, l’amateur boulimique de mystères, acquit du vivant de son créateur, Sir Arthur Conan Doyle, la stature d’un véritable mythe.

De son « vivant », mais surtout depuis sa dernière apparition publique officielle dans « Son dernier coup d’archet », on ne compte plus les textes d’auteurs innombrables qui l’ont mis en scène ou pastiché.

C’est dans la masse de ces écrits holmesolâtres ou holmesoplastes, que nous avons puisé la substance de celle deuxième anthologie tout entière vouée à la célébration de l’hôte du 221 B Baker Street.

Ce recueil de nouvelles et d’articles érudits (dont l’un lente de répondre à l’un des grands mystères sherlockiens ; qui était vraiment Mycroft Holmes ?) complète le premier Mémorial Sherlock Holmes paru dans la même collection en 2003.

Sommaire :
1 – Jean-Paul MOREL, Avant-propos, pages 5 à 6, Introduction
2 – Michel EHRWEIN, Celui que Jupiter veut perdre, pages 9 à 24
3 – Harry MANDERS, Le Problème du Pont du Sort, entre autres (The Problem of the Sore Bridge – Among Others)
4 – Barry PEROWNE, Raffles – L’énigme du bicorne de l’amiral (Raffles : The Enigma of the Admiral’s Hat)
5 – Stuart PALMER, L’Aventure du ver extraordinaire (The Adventure of the Remarkable Worm)
6 – Ellery QUEEN, La Disparition de Mr James Phillimore (The disappearance of Mr James Phillimore)
7 – Arthur PORGES, Un problème insoluble (Another Adventure of Stately Homes)
8 – Arkadi BOUKHOV, La Fin de Sherlock Holmes
9 – Rex STOUT, Watson était une femme (Watson Was a Woman)
10 – Lionel W. BAILEY, L’Énigme de l’énigme jamais mentionnée (The Case of the Un-mentioned Case : A Sherlock Holmes Speculation)
11 – P. G. WODEHOUSE, Le Plus grand triomphe d’Adrian Mulliner (From a Detective’s Notebook), pages 165 à 171, trad. Geneviève LEBAUT
12 – William S. DORN, Mycroft Holmes. Un mystère élucidé (Mycroft Holmes : An Enigma No More)
13 – ANONYME,
Bibliographie, pages 187 à 190

Critique :
Après avoir enfin découvert les nouvelles se trouvant dans « Mémorial Sherlock Holmes », il était élémentaire que je me fasse la « suite » et donc, le nouveau mémorial !

Les premières nouvelles tournent autour d’Untold Stories (aventures citées par Watson mais jamais écrites) dans « L’énigme du pont de Thor » dont la fameuse « […] celle d’Isadora Persano, le journaliste et duelliste bien connu, qui un matin fut trouvé fou devant une boîte d’allumettes contenant un ver mystérieux que la science ignorait ».

Elle a enflammé toutes les imaginations des holmésiens, surtout qu’elle faisait partie, avec deux autres, des échecs de Holmes dont notre brave docteur n’a pas publié !

Je dois dire que les nouvelles portant sur l’explication de ce journaliste retrouvé fou a de quoi faire triquer Fox Mulder car bien entendu, la vérité est ailleurs !

Ça passera ou ça cassera, mais elle m’a fait rire car nous sommes plus dans des nouvelles parodiques que des histoires sérieuses.

Autres Untold Stories qui firent couleur beaucoup d’encre, sont la disparition inexpliquée de Mr James Phillimore qui, rentrant chez lui pour prendre son parapluie, ne reparut plus jamais et le cutter Alicia qui, par une matinée de printemps s’enfonça dans un petit banc de brume d’où il ne ressortit point…

Satané Watson qui nous met l’eau à la bouche avec des titres mystérieux et qui ne les publia jamais !

Anybref, une fois de plus, l’auteur s’engouffrera dans une résolution qui donnerait la gaule à ce bon vieux Fox Mulder !

Mes préférées iront pour « La Fin de Sherlock Holmes » où l’auteur s’amuse avec un détective ne pouvant plus gagner sa vie si tous les criminels se dénoncent et « Watson était une femme » où l’auteur relève quelques phrases du canon, les comprend comme il veut les comprendre et, à l’aide de chiffre, nous donne l’identité réelle de John Watson.

Pour les puristes, je conseillerai la nouvelle version, celle de 2004 éditée chez Terre De Brume car elle contient deux nouvelles en plus.

Pour les autres, les non mordus de Holmes, ou ceux qui sont mordus mais qui apprécie plus les nouvelles policières au sens strict du terme et qui n’aiment pas quand la vérité est ailleurs, je leur dirait de passer leur chemin car ces 9 nouvelles ont beau être très courtes, il n’en reste pas moins qu’elles ont tout de la parodie, sans compter qu’elles transposent nos amis (ou leurs copies non conformes) dans des univers décalés qui tirent plus vers la SF que vers le policier pur et dur.

Moi, j’ai bien aimé. Mieux que le premier tome.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

19. Sherlock Holmes : L’école du Prieuré – The Priory School

SAISON 2 – Le retour de Sherlock Holmes – ÉPISODE 6

  • Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
  • Réalisateur : John Madden
  • Scénariste : T. R. Bowen
  • Décorateur : Margaret Coombes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 19ème épisode tourné
  • 1ère diffusion : Angleterre : 16 juillet 1986 – ITV Network (19ème épisode diffusé); États-Unis : 12 mars 1987 – WGHB; France : 30 avril 1989 – FR3 (19ème épisode diffusé)
  • Durée : 52 min 10 sec

  • Distribution :
    Jeremy Brett … Sherlock Holmes
    Edward Hardwicke … Dr. John Watson
    Christopher Benjamin … Dr. Huxtable
    Alan Howard … Duke of Holdernesse
    Nicholas Gecks … James Wilder
    Michael Bertenshaw … Mr. Aveling
    Jack Carr … Reuben Hayes
    Brenda Elder … Mrs. Hayes
    Nissar Modi … Lord Arthur Saltire
    William Abney … Rivers

Le pitch ?
Docteur en philosophie et directeur de la prestigieuse école du Prieuré, à Mackleton dans le Nord de l’Angleterre, le Dr Huxtable s’évanouit en pénétrant dans le salon de Sherlock Holmes.

Dans tous ses états, il explique ensuite que le jeune Arthur Saltire, fils unique du duc de Holdernesse, grand et éminent aristocrate, qui était confié à sa garde, a disparu en même temps que son professeur d’allemand.

L’intervention du détective est inévitable devant la complexité et la gravité de l’affaire.

L’épisode concernant une disparition mystérieuse d’un enfant de 9 ans, il est sombre et grave et ils ont tout fait pour que cette gravité apparaisse à l’écran.

Déjà dans le générique on nous montrait subtilement la place vide sur le banc de l’école, les chaussures solitaires, les livres abandonnés… On sentait de suite que nous allions pénétrer dans un climat inquiétant, mais aussi intimiste.

Intro : On voit Watson entrouvrir la porte du 221b pour accepter une carte tendue par madame Hudson, mais il lui dit que pour le moment, Holmes n’est pas disponible. On voit ensuite Watson glisser la carte du visiteur dans la petite poche du gilet de Holmes et celui-ci s’en saisi, pour la ranger dans une autre.

Holmes faisait une sieste… Et Watson protégeait le repos de son ami.

Soudain, du bruit, le visiteur pousse la porte, il a les yeux hagards, la sueur sur le front et tout d’un coup, il s’écroule devant la cheminée de Holmes, sur son tapis (dans la nouvelle, c’est sur la peau d’ours).

Une fois son visiteur revenu à lui, Sherlock Holmes fait ses petites déductions sur cet homme qui est directeur d’un prestigieux établissement pour jeunes garçons de très bonne famille, mais notre détective lui annonce aussi qu’il est débordé de travail, qu’il ne pourra pas suivre  le Dr Huxtable, sauf si c’est vraiment une affaire importante…

Et elle l’est puisque le seul et unique héritier du duc de Holdernesse – Arthur Saltire – a disparu quelques nuits auparavant, et le professeur d’allemand aussi !

De plus, son père, alerté de la disparition de son fils unique, ne demande pas à la police de retourner tout, mais d’enquêter avec discrétion, la plus grande discrétion, car môssieur le duc n’aime pas les ragots ou que les gens parlent sur lui. Fatalement, en enquêtant ainsi, on n’arrive à rien !

Je vous vous parler aujourd’hui d’un épisode sombre, mais très bien réussi, possédant aussi des moments d’humour, qui deviendront de plus en plus rares ensuite, Jeremy Brett commençant sans doute à souffrir de maniaco-depression et le Watson de l’époque – Edward Hardwicke – avait entendu une remarque d’un technicien qui disait « Jeremy n’est pas lui-même aujourd’hui ».

Malgré tout, notre détective est toujours joué tout en finesse, ses petits sourires, ses mimiques discrètes, ses yeux pétillants, son énergie à parcourir la lande à la recherche d’indices…

Anybref, le premier moment d’humour est lorsque Holmes, ayant fait sa valise et étant habillé pour partir, croise dans le couloir une Mrs. Hudson chargée d’un pique-nique qu’elle a pensé à préparer :

— Comment avez-vous su ?
— L’expérience !

Aaaah, es grandes écoles privées réservées à l’élite aristocratique où ne fraye que le haut du tiroir, où l’on forme les élus de demain, les dirigeants, les Grands Hommes…

Les scènes tournées dans ce qui constitue l’école de l’élite est très bien rendue aussi, des tours, des vieilles pierres, des enfants en uniforme, qui se mettent au garde-à-vous lorsque vous entrer dans leur chambrée…

Un clivage entre classes sociales fortement marqué, d’ailleurs, l’arrivée du duc de Holdernesse provoque l’effervescence au Prieuré et le Dr Huxtable se hâte d’aller à sa rencontre pour ne pas le faire attendre.

À partir de ce moment, on va bien nous faire sentir que Holmes se fiche comme d’une guigne des puissants, des nobles, des monseigneur et des Monsignors (Il est l’or). Et il trouve que le duc aime un peu trop ne pas faire de bruit et qu’il ait demandé à la police de rester discrète.

Notre détective ne se comporte pas en carpette devant lui, il soutient ses regards, affiche des petits sourires ironique et lui lance quelques piques que le duc, pourtant issu d’une grand école, ne capte pas… Sa grâce est fâchée, même !

Holmes va lui en péter une belle dans les dents (de tirade, pas de poing) :

— Votre seul enfant a disparu, votre avenir, vos espoirs et même votre noble famille sont menacés d’être détruits. Qu’est-ce que la modestie face à cela ? Face à la vie d’un enfant ?

Non, Holmes n’aime pas les puissants, il ne les craint pas, n’a pas peur d’eux et on sent dans cette tirade tout le mépris qu’il a pour ce père qui ne cherche pas avec plus de fébrilité son seul et unique héritier !

En plus, il doit savoir, tout comme moi, que la fortune de ces puissants ne s’est pas faite parce que leur ancêtre a inventé et déposé le brevet du trombone ou de la fermeture éclair, mais en volant les autres, en pillant, en tuant, en magouillant…

C’est le cas ici puisque les ancêtre du duc de Holdernesse étaient des voleurs de vaches ! Il ferraient aussi les chevaux avec des fers reproduisant les sabots de la vache, masquant ainsi leurs traces dans la lande.

Pour ceux et celles qui ont lu la nouvelle, un détail ne sera pas passé inaperçu : on a modifié le personnage du duc de Holdernesse, le rendant intelligent et sensible !

Et tant mieux parce que le duc de ACD était décrit comme un vieil homme à l’esprit étroit, au physique ridicule avec sa barbe rousse descendant jusqu’à la poitrine et son immense nez.

Sans cette modification importante, nous n’aurions pas eu droit aux dialogues assez mouvementé entre Holmes et sa seigneurie qui ne devait pas avoir l’habitude de se trouver face à des gens qui n’étaient pas intimidé par lui et qui se foutaient pas mal de son rang social.

L’orgueilleux duc s’est senti froissé par l’impertinente ironie de Holmes et se faire tancer par un homme qui, socialement parlant, se trouve plus bas, a dû être horripilant !

Et pourtant… Si le duc est raide coincé au départ, fâché de la présence du détective sur l’enlèvement de son unique héritier, le duc et se montre peu coopératif, allant même jusqu’à s’adresser à lui par l’intermédiaire de son secrétaire, sa grâce ne tardera pas à comprendre que Holmes est un homme courtois, bien élevé, à la diction irréprochable et qu’il a dû fréquenter une très bonne école lui aussi.

De plus, sans même devenir copains comme cochon, le duc va apprécier la discrétion et le sentiment élevé de ses devoirs professionnels qui animent notre détective préféré.

Passons maintenant à l’enquête proprement dite, sur la lande déserte… Que Holmes et Watson vont sillonner à pied, à cheval et à vélo parce que contrairement à ce que pense le Dr Huxtable, Holmes bosse sur l’affaire et est bien décidé à la résoudre !

Et s’il s’est attardé sur les origines sombres de la famille du duc et amassé les ragots sur eux, c’est parce qu’il sait que tout est important. D’ailleurs, il va même expliquer au Dr Huxtable ce qu’il s’est passé la nuit et le mystère de la bicyclette unique disparue.

Le rythme de l’épisode est soutenu jusqu’à la fin, avec un suspense grandissant pour celui qui ne connaîtrait pas la fin…

Même pour celui qui sait tout, c’est toujours un plaisir de revoir cet épisode qui fait partie des très très bons (on mangera notre pain noir après).

L’amitié qu’il y avait entre Jeremy Brett et Edward Hardwicke et entre Holmes et Watson est très bien décrite dans une scène qui n’existe pas dans la nouvelle canonique mais qui se retrouve ici à l’initiative de Jeremy : Holmes et Watson après avoir suivi les traces de la bicyclette du prof d’allemand à travers la lande, se reposent un instant sur un promontoire rocheux.

Watson, ne comprenant pas pourquoi les traces de pneus disparaissent et reviennent se fait balancer un : « Watson, vous êtes brillant pour déceler l’évident »… et se tient coït.

De son côté, notre détective est plongé dans une intense réflexion, il est dans son monde et de ce fait, totalement hermétique à ce qui l’entoure. Notre brave docteur Watson tente vainement de lui faire comprendre qu’il meurt de faim et souhaite se rendre à l’auberge qu’il a repérée sur sa carte.

Las, pas de réponse, rien ne bouge du côté de la figure figée du détective. Notre docteur, n’écoutant que l’appel de son estomac, est même prêt à partir seul.

Miracle, Holmes sort soudainement de son mutisme contemplatif et lui dit :

— Mon cher ami, vous devez mourir de faim. Observez cette carte, vous verrez qu’il y a une auberge à 3 miles dans cette direction.

Mais putain, je viens de te le dire ! Non, Watson est trop bien élevé pour dire pareille chose. Alors que fait-il ? Presque soupirant, il opine de la tête d’un air las et suit son ami qui est déjà parti devant comme une flèche.

Cette idée de Jeremy a été reprise et travaillée par les scénaristes et donne au final un splendide moment d’interprétation, teinté d’humour et de sous entendus lourds de sens.

Tous ces moments d’intimité et de clins d’œil comiques donnent vie aux personnages et les rendent très attachants.

A l’auberge tant convoitée par Watson, Holmes fume une cigarette, tandis que son ami découvre avec dégoût, le plat que lui a servi l’aubergiste. D’un air ironique Holmes imperturbable lui demande si c’est bon… C’est dégueulasse !

Mais grâce à l’estomac de Watson, ils vont louer ensuite les deux chevaux de l’auberge et se rendre chez le duc, et c’est là, en partie, que la lumière va se faire dans le cerveau de Holmes. On dit quoi ? On dit « Merci Watson » !

Si le scénario a fait l’objet de modifications assez nombreuses par rapport à l’œuvre originale de Conan Doyle, le tout reste parfaitement cohérent et nous donne un final spectaculaire où la tension dramatique atteint son paroxysme dû à la mort du coupable qui était simplement renvoyé dans la nouvelle.

Pour moi, il méritait la pendaison, mourir de la sorte l’a soustrait à une comparution devant des juges, mais ça évite aussi un gros scandale !

Quant à notre duc qui ne voulait pas voir Holmes, qui ne voulait pas entendre ce que le détective avait à lui dire, il finira par lui témoigner toute sa confiance en lui signant un chèque de £12.000 alors que la récompense n’était que de 6.000. Preuve s’il en est que ce chèque est un témoignage de sa reconnaissance et non la simple rétribution de ses services.

Holmes ne se privera pas de l’empocher. Leurs regards se croiseront alors d’un air complice et cordial.

Encore un super épisode sans temps mort, où les personnages sont bien dans leurs rôles, où Jérémy n’a pas encore pris de poids à cause de ses médocs et où il jouait merveilleusement bien Holmes.

Je ne m’en lasse jamais de ces épisodes là !

Pour se coucher moins bête : 

      • Jeremy qui chanta comme soliste dans le chœur d’Eton où il fit ses études et qui était passionné de musique, apprécia beaucoup la bande son de Patrick Gowers et la participation du chœur de Winchester Abbey.
      • Cet épisode serait, selon Michael Cox, producteur puis producteur exécutif de la série, la seule adaptation filmée de la nouvelle de Doyle en soixante ans. Celle-ci a cependant fait l’objet d’adaptations radiophoniques.
      • Les tournages en extérieurs eurent lieu dans le Derbyshire qui offre de magnifiques paysages.
      • La propriété qui servit de cadre à l’école est Haddon Hall près de Bakewell et le fastueux château qui devint Holdernesse Hall est celui de Chatsworth, propriété du duc et de la duchesse de Devonshire.
      • Cet épisode est le préféré d’Edward Harwicke : « C’est le meilleur film que nous ayons fait. John Madden était un très bon réalisateur. La mise en scène d’un film doit être organique – le texte, l’action et l’image ne doivent former qu’un élément. Tom Sheppard a conçu le scénario comme une unité à part entière. »

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Moi, Sherlock Holmes : William S. Baring-Gould

Titre : Moi, Sherlock Holmes

Auteur : William S. Baring-Gould
Édition : Encrage Éditions / Buchet-Chastel

Résumé :
Des milliers de lecteurs connaissent Sherlock Holmes par les ouvrages du Docteru Watson, mais ce n’est qu’aujourd’hui, Holmes étant mort, que sa biographie peut être révélée.

Ce volume livre pour la première fois, tous les faits, tous les actes qui peuvent être authentifiés, de la vie d’un des hommes les plus extraordinaires de ce siècle.

Il révèle beaucoup plus que ce que l’on savait jusqu’ici.

Après 20 ans de recherches, l’auteur a écrit un livre définitif, où l’on trouve aussi bien l’histoire de sa lutte dont l’infâme professeur Moriarty, ses dangereux contacts avec Jack L’Étrangleur, son amour pour Irene Adler, le mystère de son fils, l’histoire de sa retraite et les circonstances de sa mort.

Critique :
Voici le genre d’étude consacrée à la vie et  à la carrière de Sherlock Holmes réservée exclusivement aux malades, aux fans, aux dingues, aux mordus du détective de Baker Street.

En effet, cette biographie de Sherlock Holmes est à réserver pour les fins connaisseurs du canon holmésien et exclusivement pour eux !

N’allez pas croire que je sois devenue une égoïste pur jus, mais, premièrement, nous sommes face à une édition qui est devenue très rare dû au fait qu’une partie du stock de l’éditeur Buchet-Chastel ait brûlé, et vous savez que ce qui est rare est cher…

La même version éditée chez Encrage ne se trouve pas partout, faut fouiner dans les bouquineries dévouées au genre policier…

Ça, ce n’était que la raison la moins grave pour laquelle je déconseille aux gens de l’acheter ! La seconde raison est, à mon sens, la plus importante et la plus grave…

Là où c’est le pire, c’est que sur cette étude, il faudrait ajouter un bandeau-titre sur la couverture, avec, noté dessus en gras et en rouge « ATTENTION – Ceci n’est en aucun cas une biographie de référence sur Sherlock Holmes » comme pourrait vous le laisser croire le 4ème de couverture ».

Baring-Gould connait son canon holmésien, il a, sans aucun doute, d’excellentes références sur Sherlock Holmes, il l’a étudié en long et en large (et en travers)…

Mais dans cette « biographie » de mes couilles (et je ne m’excuserai pas sur le fait que je ne possède pas de couilles) l’auteur mélange tout, sans distinction : les faits attestés (canoniques), les hypothèses plus ou moins plausibles, sans parler des trucs les plus farfelus péchés ailleurs que dans les écrits de Conan Doyle (généralement dans la multitude de pastiche consacrés à Holmes).

Et quand il y a des blancs, des trous, des non-dits, c’est pas grave, l’auteur bouche les trous, invente des faits, des noms, des écoles fréquentées par Holmes, jouant avec le canon et les hypothèses non avérées qu’il balance comme véridiques et canoniques.

Alors, s’il faut déjà bien tout à l’holmésien du dimanche pour démêler le vrai du faux, un néophyte qui lirait cet ouvrage, se retrouverait avec des connaissances faussées dès le départ.

La faute aussi au 4ème de couverture qui ne nous prévient pas de ce mélange entre la réalité canonique et la fiction, et vous, pauvre lecteur, sans vous douter de la moindre vilénie, vous serez tout content d’apprendre les noms des parents de Sherlock, le nom de son autre frère, l’endroit où il fit ses études…

Bref, TOUT ce qui chez les holmésiens est sujet à suppositions, supputations, déductions (jamais certaines) ou discussions sans fin, se retrouvent, ici, écrit comme si c’était parole d’évangile…

Le lecteur non-averti qui, durant sa lecture, n’aurait pas les récits canoniques sous la main pour vérifier les dires, penserait avoir devant lui la carrière officielle de Sherlock Holmes à partir des écrits de Conan Doyle alors qu’on y mêle, à foison, des éléments non-canoniques, sans vous prévenir que telle ou telle chose provient en fait d’hypothèses hypothétiques, de déductions, mais dont on ne saura jamais le fin fond.

Le danger étant, qu’à la fin, sur le long terme, on considère ce qui est dans cette fausse biographie comme véritable et non pas comme des inventions de l’esprit d’un auteur qui a voulu faire passer toutes les études holmésiennes comme faisant partie de la réalité canonique.

Ce problème est devenu réalité puisque certaines de ces inventions de l’esprit ont fini par être considérées comme appartenant réellement au canon et on les retrouve, noires sur blanc, dans de nombreux pastiches ou études holmésiennes, avec, en prime, leur source notée dans la biographie (Moi, Sherlock Holmes de Baring-Gould). Bravo ! (ironie)

Anybref, vu le prix de l’ouvrage qui est rare, vu que l’on est face à une fausse biographie, vu que le néophyte ne saura pas trier le bon grain de l’ivraie, et vu qu’on remplit des pages et des pages avec des véritables extraits canoniques, je n’ai qu’un mot à vous dire…

PASSEZ VOTRE CHEMIN !!!

Sauf si, comme moi, vous être collectionneuse dans l’âme et à l’affut du moindre ouvrage consacré à votre détective préféré ou si, comme moi aussi, vous voulez juste informer les pauvres lecteurs/lectrices innocents qui seraient prêt à tomber dans les filets racoleurs de cet ouvrage.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Agatha, es-tu là ? : Nicolas Perge & François Rivière

Titre : Agatha, es-tu là ?

Auteur : Nicolas Perge & François Rivière
Édition : Le Masque (28/12/2016)

Résumé :
Le 3 décembre 1926, Agatha Christie disparaît mystérieusement.

« Ni vivante… ni morte…  » Ces quelques mots d’un ami médium résonnent fortement dans l’esprit d’un Conan Doyle fatigué.

Le vieil auteur de Sherlock Holmes s’est juré de tout mettre en œuvre pour retrouver sa jeune consœur, volatilisée alors que la gloire commençait à poindre avec son dernier roman, « Le Meurtre de Roger Ackroyd ». Enlèvement ? Assassinat ? Fugue ?

Conan Doyle veut comprendre, savoir pourquoi … Mais y a-t-il un pourquoi ?

Réfugiée dans l’hôtel d’une ville thermale du Yorkshire sous une fausse identité, Agatha Christie cherche un peu de paix. Elle ignore que les chiens se sont déjà lancés sur ses pas…

Critique :
Agatha, où es-tu ? Agatha, que fais-tu ? Agatha, pourquoi le camp es-tu foutue ?

C’est cette disparition inquiétante et mystérieuse que Arthur Conan Doyle va essayer de résoudre : voilà donc le père de Sherlock Holmes sur les traces de la mère d’Hercule Poirot !

Ma foi, il aurait mieux fait d’envoyer sur la piste leurs deux rejetons, ils auraient eu vite fait de résoudre l’énigme, un en triturant ses petites cellules grises, l’autre en se couchant par terre pour relever des traces.

Il avait appris grâce à Sherlock Holmes que rien n’égale l’observation et la détection d’après les preuves.

— Seuls comptent les preuves et les indices, un peu comme pour votre grrrrand détective ! Les faits et pas les fées, sir Arthur !

— Toujours on regarde et on déduit à partir de ce qu’il y a… Mais il est plus intéressant d’analyser ce qu’il n’y a pas. Ce qui est manquant !

— C’est grâce à vous, monsieur Doyle !
— Comment cela ?
— Je suis, comme on dit, tombé dans ce genre de littérature grâce à Sherlock Holmes.

Que voilà un roman policier plaisant et où l’on côtoie du beau linge car nous croiserons la route de quelques auteurs anglais bien connu, dont le père de Peter Pan et on cite Dorothy L. Sayers.

Arthur s’empourpra en entendant que la romancière Dorothy L. Sayers, la « mère » de l’insupportable Lord Peter, était dans les parages. Il ne portait pas dans son cœur cette enragée féministe et ne sut que répondre.

Inspiré d’un fait réel qui est la disparition à un moment donné de la romancière Agatha Christie (et pas Raisin), les deux auteurs développent une enquête qui aurait pu avoir lieu puisque toutes les zones d’ombres de cette époque laisse la place à l’imagination la plus totale.

Le roman met, de plus, l’accent sur les pensées et les moeurs des gens à cette époque (1926) où l’homme a encore de grands pouvoirs, dont celui de tromper sa femme sans que cela pose problème à la société.

D’ailleurs, si son épouse n’est pas contente, elle n’a qu’à s’en accommoder !  Et ce n’était pas un homme qui disait cela….

— On en revient à ce qu’on disait. Si ton mari te trompe, tu acceptes la chose sans broncher. Après tout, tu l’as bien choisi.

Une lecture plaisante, donc, qui se lit assez vite, sans se prendre la tête sauf si on veut tenter de résoudre le pourquoi Agatha Christie a décidé de disparaître dans la nature, ce que Doyle ne sait pas encore…

L’écriture est agréable, poétique, avec de jolies phrases qui roulent dans votre bouche et dans votre tête.

Tel le chancre du syphilitique, le froid saisissant le rongeait, tiraillant sa peau meurtrie.

Les personnages sont bien campés, et quand bien même nous n’avons pas les certificats de conformité et l’appellation C.O.C (Caractère d’Origine Contrôlée), j’ai trouvé que toutes ces personnes avaient des airs de fidélité avec ce qu’ils auraient pu être dans la réalité.

Un mystère trouble, des fausses-pistes, des personnages attachants, un Conan Doyle qui imite son fils littéraire, un agréable moment de lecture et puis… heu, il manquerait pas un chapitre à la fin ??

Moi je veux bien, mais comment elle s’en est sortie, la mère Agatha, de son traquenard ?? L’autre homme lui a-t-il donné un coup de main ? Les flics sont arrivés ? Comment s’est-elle débarrassée des autres malfrats ?

Apparemment, ces moments sont laissés à l’imagination personnelle du lecteur…

Un peu expéditif à mon goût dans le final, mais dans l’ensemble, ce roman fait passer un agréable moment de lecture, sans pour autant être transcendantal et vous laisser un souvenir impérissable.

PS : j’adore la couverture avec la voiture abandonnée près de l’étang et, en reflet, la silhouette d’une dame accoudée à la voiture.

La Weaver joue à la détective ! Une Sherlock Holmes en culotte de satin.

En signe de mépris pour l’avis littéraire de James, Arthur haussa les épaules. Il s’assit dans le sofa tout proche et jeta le livre d’Agatha Christie à côté de lui.
— Ça ! Aficionado ? De la camelote pour les gares tout au plus.
— Moquez-vous ! Cette femme vous reléguera aux oubliettes, mon cher !
James se mit à rire tel un enfant. Il battit des mains comme pour amplifier la perfidie de ses déclarations.
— Au tréfonds du siècle passé ! Vous, les Collins, Gaboriau et les autres… Vous allez être les dinosaures du roman policier et cette Mme Christie ouvre la voie d’une nouvelle ère. Ah !

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Sherlock Holmes – Tome 4 – Le Défi d’Irene Adler : Ced [La BD dont vous êtes le héros]

Titre : Sherlock Holmes – Tome 4 – Le Défi d’Irene Adler

Auteur : Ced
Édition : Makaka (02/12/2016)

Résumé :
Irène Adler ouvrant sa propre agence de détective, à Londres… Sherlock Holmes demeure flegmatique en apprenant la nouvelle, mais ne devrait-il pas prendre cette concurrence au sérieux ? Il le saura bientôt, car un meurtre et un enlèvement viennent de se produire.

Entrez dans la peau de Holmes ou d’Adler et résolvez ces enquêtes.

Jouez seul ou lancez un défi à un autre lecteur et tentez d’être le meilleur détective !

Critique :
Déjà le 4ème tome pour cette collection où vous résolvez des enquêtes comme le célèbre détective de Baker Street !

Dans les tomes 1 et 2, vous pouviez être soit Holmes, soit Watson ; dans le 3ème, vous aviez aussi la possibilité d’incarner Moriarty en plus des autres et maintenant, j’avais le choix entre Irene ou Holmes.

J’ai choisi Irene.

Véritable jeu d’observation, cette bédé ne vous demande qu’une feuille de papier et un crayon afin de noter les indices récoltés ou, dans ce cas-ci, les cartes de visite d’Irene Adler qui font monter vos points en fin de volume.

Que le match commence !

Le livre débute avec une touche d’humour lorsqu’Irene annonce à Holmes, au 221b, qu’elle va devenir Détective Consultante comme lui… Un crime vient d’arriver, Lestrade a besoin de Holmes qui se rend sur les lieux avec la belle Irene.

Suivez les chiffres indiqués, il est impossible de vous perdre dans le récit, notez et observez bien chaque détails, car le diable se dissimule dedans, c’est bien connu !

Ayez l’oeil, et le bon, car il y a parfois des petits chiffres dissimulés dans des cases et qui vous fournirons des indices importants.

Avec vos petites cellules grises, vous résoudrez quelques messages codés, en plus, qui vous mèneront à des cases bonus, vous permettant d’engranger des points et de battre votre adversaire, puisque vous pouvez jouer à deux, l’un entrant dans la peau de Holmes et l’autre dans celle d’Irene.

Les dessins sont drôles, je les apprécie toujours autant et le mélange des cases ne vous permet pas de découvrir la solution avant, ou alors, si vous y arrivez, ce sera à l’insu de votre plein gré !

Mais je déconseille tout de même de le faire, c’est tellement plus gai de trouver sois-même la solution de l’enquête, quitte à faire des erreurs.

Si dans les premiers tomes, je faisais des fautes et que je ne résolvais pas les trois points de l’enquête, ici, j’ai fait un sans faute avec les noms des coupables, le mobile et l’arme du crime, bien que j’ai séché sur l’endroit où était détenu Watson, dans la seconde enquête, car c’était vache (mais bien trouvé).

Alors, envie de vous frotter au grand détective ?

Mais non, pas sexuellement, bande de sauvages ! Je parlais de vous mesurer à son intelligence et à sa science de la déduction…

Vous pouvez même être LUI durant quelques heures, ou mieux, être ELLE, THE WOMAN… Ou l’un et puis l’autre et ainsi découvrir les pensées du grand homme à l’idée d’avoir Irene pour concurrente.

— Je constate d’ailleurs que votre carte de visite mentionne votre nom de jeune fille.
— Ce n’est que mon nom professionnel, je suis toujours mariée. Ne vous faites pas d’illusions !
— Je ne m’en faisais aucune !
— Mmm… Tiens, vous avez toujours mon portrait ?
— Simple souvenir, au même titre que toutes les autres vieilleries de cette pièce.

— Holmes, vous voilà enfin !
— Lestrade.
— Mais qui ? (en voyant Irene Adler descendre du fiacre derrière Holmes)
— Irene Adler, détective concultante.
— … Parce que vous êtes deux, maintenant ? Je rêve où votre Docteur Watson a bien changé ?
— Le topo, Lestrade.

Je viens encore de passer des bons moments en découvrant ces deux enquêtes et vu que je perds la mémoire, je peux aisément reprendre les premiers tomes et m’amuser de nouveau avec eux, en changeant de personnages à l’envi.

Les plaisirs sont infinis, avec cette collection !

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Basil, détective privé – The Great Mouse Detective : Disney [1986]

Basil, détective privé (The Great Mouse Detective), ou Basil, le grand détective des souris au Québec, est le 33ème long-métrage d’animation et le 26ème « Classique d’animation » des studios Disney, sorti en 1986.

Il est inspiré de la série de romans Basil of Baker Street de Eve Titus et Paul Galdone parus entre 1958 et 1982, eux-mêmes basés sur le personnage de Sherlock Holmes créé par Sir Arthur Conan Doyle en 1887.

Synopsis :

Une nuit de l’année 1897, alors que l’inventeur Mr Flaversham célèbre l’anniversaire de sa fille Olivia, une horrible créature proche de la chauve-souris interrompt la fête et kidnappe l’inventeur.

Terrorisée, Olivia part chercher de l’aide auprès du célèbre détective Basil. Elle rencontre sur le chemin de Baker Street le Docteur David Q. Dawson, médecin militaire de retour d’Afghanistan.

Après avoir entendu son récit, Basil ne semble pas très intéressé jusqu’au moment où il comprend que l’auteur de l’enlèvement ne peut être que Fidget, la chauve-souris, stupide mais fidèle serviteur, du professeur Ratigan.

Ce dernier est un rat cruel et démoniaque, régnant sur les bas quartiers de Londres et qui n’a pour but que de renverser la Reine des Souris au Palais de Buckingham. Basil décide alors de mener l’enquête contre son ennemi de toujours pour sauver Mr Flaversham.

Ce que j’en ai pensé :
Honte à moi, nous étions en 2010 et je n’avais jamais vu ce classique de Disney alors que je suis une fan de Sherlock Holmes !

C’était Norah, avec qui je discutais via MP qui m’avait fait remarquer que c’était pas croyable que je ne l’ai jamais vu, alors qu’elle, bien plus jeune que moi, l’avais déjà vu 36 fois au moins.

À l’époque, j’avais mis ma culture holmésienne à jour et visionné le dessin animé et comme elle, je ne m’en lasse pas de le revoir.

Le Mois Anglais est une bonne excuse pour le revoir et en faire une chronique.

Je n’ai jamais compris comment j’avais pu louper ce dessin animé de Disney alors que ma grand-mère m’avait emmené voir le sombre « Taram et le chaudron magique »… Qui fut un bide chez Disney !

Je ne comprends pas comment ce classique qu’est Basil détective privé, est moins connu que certains navets genre Arielle…

Anybref, revenons à notre détective qui est une souris et qui a son trou au 221b Baker Street, chez un certain Sherlock Holmes, doublé par Basil Rathbone !

Comment est-ce possible, me direz-vous, sachant que l’acteur est décédé en 1967 !

Si l’acteur interprète, ici une fois de plus, le personnage qui l’a rendu célèbre – Sherlock Holmes – c’est grâce à d’un extrait sonore d’un de ses films. C’est aussi en son honneur que le héros du dessin animé se prénomme « Basil ».

On trouve également dans ce film de nombreuses références aux livres de Conan Doyle : le chien Toby (Le Signe des Quatre), le violon, le buste de Holmes sur une étagère (La Maison Vide), les nombreux déguisements de Basil…

Basil, c’est LE dessin animé où Disney renoua avec les souris et l’anthropomorphisme, puisque l’on savait bien, chez eux, que les souris, ça marchaient pluto bien (jeu de mot foireux avec le nom du chien de Mickey)…

Voilà un dessin animé qui mériterait qu’on parle plus de lui car il est bourré de rebondissements et possède un niveau graphique en avance sur son temps car la scène de l’horloge dans la Tour de Londres est la première à combiner de façon aussi importante des images de synthèse et une animation traditionnelle dans un long-métrage d’animation,  les 54 pièces et rouages de Big Ben ayant été générées par ordinateur.

Si les rouages de l’horloge de Big Ben ont été créés par ordinateur, les personnages, eux, ont été fait à la main et ensuite intégrés dans le décor. Ce qui donne lieu à une scène à couper le souffle.

De même, les animateurs sont parvenus à effectuer un « mouvement de caméra » qui suit le professeur Ratigan tout en tournant autour de lui.

Ce mouvement de caméra était fréquent dans les films avec des acteurs humains, mais n’avait jamais pu être utilisé dans l’animation jusqu’alors.

Ainsi, les studios Disney ont mêlé technologies et techniques traditionnelles pour donner un résultat dynamique, plein de vie et d’une esthétique sans pareille.

Sans oublier que l’on est face à une enquête bien réalisée, bien écrite, une excellente intrigue, du suspense, et une histoire assez complexe tout de même pour des bambins.

D’un côté, le Méchant Ratigan est un rat criminel qui veut qu’on le traite comme une souris (cette information est plus claire en version anglaise qu’en version française) et de l’autre, on a Basil, ce détective marginal excentrique qui ne supporte pas l’échec.

Quant à Dawson, c’est un médecin altruiste qui cherche toujours à bien faire le bien et à aider…

Pas d’ennui devant ce dessin animé, ça virevolte de partout, ça enquête, ça complote à tout va, le Grand Méchant Ratigan est une réussite à lui tout seul et vous savez tout comme moi que lorsque le méchant est réussi, le reste l’est aussi !

Au cas où vous ne le sauriez pas, le personnage de Ratigan est inspiré par l’acteur Vincent Price qui lui donne aussi sa voix en version originale.

Cet usage d’un acteur pour concevoir un personnage avait été fortement critiqué à la sortie du film Le Livre de la jungle (1967). Comme quoi, tout change avec le temps !

En tout cas, j’adore ce dessin animé et si vous ne l’avez jamais vu, c’est le moment où jamais de remettre votre culture à jour !

Et ne prenez pas l’excuse que c’est un Disney !

Cet animé n’a rien de gnangnan, que du contraire, et peut avoir deux lectures : celles pour vos bambins innocents et celle pour les adultes car dans ce Disney, on a tendance à être politiquement incorrect car il y a des coups de feu, de l’alcool, des cigarettes et des pipes, sans oublier que dans la VO-STFR, Ratigan qui dit à Olivia de « fermer sa grande gueule » (ce passage offensant a été redoublé pour le DVD/K7 français, et désormais il lui ordonne juste de se taire)…

Sans parler du passage avec la chanteuse de cabaret sexy…

Un enfant, ne comprendra pas tout ce qui se cache derrière cette simple phrase : « Laissez-moi vous gâter »…

Oui, j’adore ce Disney !

Le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

16. Sherlock Holmes : Le Rituel des Musgrave – The Musgrave Ritual

SAISON 2 [Le Retour de Sherlock Holmes] – ÉPISODE 3

  • Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
  • Réalisateur : David Carson
  • Scénariste : Jeremy Paul
  • Décorateur : Michael Grimes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 15 ème épisode tourné
  • 1ère diffusion : Angleterre : 30 juil. 1986 – ITV Network (16ème épisode diffusé); Etats-Unis : 19 fev. 1987 – WGHB; France : 2 avril 1989 – FR3 (15ème épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 35 sec

  • Distribution :
    Jeremy Brett … Sherlock Holmes
    Edward Hardwicke … Dr. John Watson
    James Hazeldine … Richard Brunton
    Michael Culver … Sir Reginald Musgrave
    Johanna Kirby … Rachel Howells
    Teresa Banham … Janet Tregallis
    Ian Marter … Inspector Fereday
    Patrick Blackwell … Tregallis

Le pitch ? Alors qu’il envisageait un weekend ennuyeux au château de Hurlestone dans le Sussex, chez son ancien camarade de collège, Sir Reginald Musgrave, Sherlock Holmes est confronté à une énigme mystérieuse.

Héritier d’une vieille famille, Musgrave a surpris en pleine nuit son maître d’hôtel Brunton qui examinait le « rituel des Musgrave », un vieux texte familial de questions et réponses, qui permet de déterminer un endroit du domaine.

Selon Holmes, Brunton, est un personnage singulier, instruit, très érudit, finalement plus intelligent que son maître, qui s’était étrangement satisfait de ce poste subalterne.

Or il a disparu et la femme de chambre, Rachel Howells, son ancienne fiancée, a un comportement hystérique, puis disparaît à son tour.

Les recherches restent vaines, on ne repêche qu’un sac rempli de morceaux de ferraille rouillés dans le lac.

Intro : Un homme, fébrile. Au loin, ♫ un cavalier qui surgit hors de la nuit, cours vers le grand chêne au galop… ♫ Oh, z’ai cru voir un mousquetaire ? Oui, j’ai bien vu… Sherlock Holmes contre d’Artagnan ??

Non, non, non, un homme revient parmi nous, ce n’était qu’une extrapolation de son esprit.

Ce qui ne l’est pas, par contre, c’est l’arrivée d’une jeune femme au regard lubrique, concupiscent. Elle se poste, debout, devant cet homme assis dans le foin (celui qui avait des visions).

Là, c’est moi qui en ait car la demoiselle soulève sa robe afin de montrer la fente de sa tirelire au monsieur qui, là-dessus, n’a qu’une seule envie : lui fourrer sa pièce dedans !

Niveau quête, ça a bien quetté, on a vu des brindilles de foin tomber entre les planches disjointes, nous et une femme au regard sombre, on les a vu l’un sur l’autre, mais on ne verra rien de plus…

Un coupé tiré par deux chevaux… Dedans, Holmes et Watson. Notre docteur a l’air enchanté et Holmes, enrhumé et de mauvaise humeur. Seul Watson à l’air content d’aller passer quelques jours chez Sir Reginald Musgrave, un ancien camarade de collège de Holmes.

Sherlock est ronchon, il peste sur Watson qui lui demande de ranger ses brols et lui apprend qu’il a pris sa malle au vieux dossiers, ceux d’avant l’arrivée de biographe.

Watson aimerait les voir, mais Holmes, résolument de mauvais poils, pose ses deux pieds sur la malle aux secrets !

Premier à nous montrer notre détective préféré en proie à ses humeurs sombres mais tout à fait canoniques puisque Sir Arthur Conan Doyle avait décrit son héros d’un naturel maniaco-dépressif, passant de périodes d’abattement à celles d’excitation dès qu’une énigme pointait le bout de son nez.

Un dialogue m’a fait rire. Entré dans la cour du château de Musgrave, Holmes, toujours sa couverture sur le dos, demande à son ancien camarade :

— Comment se porte votre épouse ?
— Mais, Holmes, je ne suis pas marié !
— Quelle sagesse !

Ah tiens, le majordome si intelligent qui accueille Holmes et pour qui se dernier a de la sympathie, c’est Brunton, celui qui jouait à la bêbête à deux dos avec la demoiselle…

Jeremy Brett nous met en scène un Holmes en proie à l’ennui, d’ailleurs, dans une scène, Watson, bien habillé pour le repas du soir, passe devant la chambre de Holmes où la porte est grande ouverte.

Ce dernier étant occupé dans la salle de bain (ou ce qui y ressemble) et notre docteur, voyant la malle aux anciennes affaires posée à même le sol, se rue dessus à pas de loup, un sourire de gosse affiché sur le visage.

Mais au moment de l’ouvrir, il aperçoit, sur la table basse, tout le nécessaire à Holmes pour s’injecter la solution à 7% de cocaïne. Ça lui refroidit ses ardeurs direct.

Durant tout le repas, Holmes sera hilare pour un rien. Un bien mauvais convive.

Cet épisode prend quelques largesses avec le canon holmésien car dans ce dernier, Le Rituel de Musgrave était une histoire que Holmes racontait à Watson, une ancienne affaire qu’il avait résolu quand il était jeune.

Dans le canon, Watson avait demandé que Holmes range ses affaires et ce dernier, afin d’y échapper, avait exhumé sa malle aux anciennes affaires, celles de ses premiers enquêtes…

Curieux et avide d’en apprendre plus sur les débuts de son détective de colocataire, Watson avait laissé tomber la corvée de rangement car impossible pour résister  à écouter son ami lui raconter l’histoire du rituel des Musgrave…

Pour les besoins de la série, il fallait inclure Watson dedans et il était difficile de rajeunir Jeremy Brett.

Donc, le scénariste, Jeremy Paul, a pris quelques libertés avec le texte original, et il l’a bien fait, corrigeant par là même une incohérence dans la nouvelle de ACD qui basait un point essentiel de déduction sur la hauteur d’un chêne, sans tenir compte de l’évolution de sa taille au cours des siècles.

Dans la série télé, la chose a été résolue de manière intelligente et subtile ! Je ne vous dira pas comment. Na !

On retrouve dans cet épisode que j’aime beaucoup des ingrédients chers à Conan Doyle : un rituel secret, un trésor, une découverte historique, une enquête sur fond d’Histoire, presque un roman d’aventure qui aurait bien été au Club Des Cinq.

Il y a du mystère, une disparition du majordome, inexplicable, majordome qui était talentueux et qui aurait pu exercer un autre métier plus prestigieux que celui-là.

Tout ces ingrédients réunis et habillement cuisinés nous donnent un épisode qui a du peps, de l’intrigue, du mystère, du suspense, et notre Holmes va se remuer le cul après être resté apathique sous sa couverture tout en ricanant nerveusement pour un oui ou pour un non.

L’acteur, en tout cas, joue bien le rôle du maniaco-dépresif et le tout est traduit par des jeux de physionomie, des mimiques, des yeux éteins, des regards lointains et par son habillement car comme le disait Sherlock de la BBC « Je suis malade, j’ai une couverture »

Connaissant maintenant les problèmes de santé de Jeremy Brett (bipolaire), je me dis qu’il n’a pas dû trop chercher pour nous jouer de manière convaincante un Holmes abattu et en proies à ses démons.

C’était ses propres démons qui étaient là, et pas vraiment ceux de Holmes.

Mais comme je vous le disais, Holmes pouvait passer de l’abattement le plus total à de l’énergie pure, pire que s’il avait bu 36 Raide Boule ! Une fois que le majordome a disparu, notre détective se transforme en général et mène ses troupes à la baguette et au pas de charge !

La logique est sienne et Holmes va se livrer à ce brillant exercice et son intelligence va niquer le rituel des Musgrave en le résolvant Il interrogera même, tel un maître d’école sévère, Musgrave et Watson sur les résultats de leurs calculs trigonométriques.

Remonté à balles de guerre, c’est au pas de charge qu’il va arpenter le parc du château, boussole en main, suivant les indications du rituel, dictées par Watson, qui peine à la suivre, tant il marche vite, brandissant sa cane pour inciter ses deux bras cassés à le suivre.

Si l’enquête est excellente, le tout reste tout de même sordide car on ne saura jamais si le bois est tombé tout seul où s’il a reçu un coup de main humain… Accident ou crime délibéré (vengeance), on le laisse à votre appréciation.

On a aussi l’appât du gain, la traitrise, le foutage de gueule de Brunton envers cette pauvre Rachel qu’il a utilisé juste pour arriver à ses fins et qui ne se gênait pas pour aller quetter avec une autre ensuite.

Mais malgré ces aspects sordides de l’histoire – l’Homme n’est pas un modèle de vertu – l’épisode est aussi rempli de situations burlesques et la chasse au trésor aurait pu avoir la musique de Benny Hill en arrière-fond.

On aura même une scène où Holmes va appliquer sa méthode, se mettant à la place du majordome et, sachant que ce dernier est aussi intelligent que lui, va imaginer comment il aurait lui-même procédé. Holmes, presque en transe, va visualiser clairement la scène du drame dans un flash back.

Bref, une fois de plus, un excellent épisode où Holmes nous donne toute la mesure de son talent, mais aussi celle de son mal-être, lui qui ne vivait que pour résoudre des énigmes et dont l’esprit se rebellait à la stagnation.

Jeremy Brett faisait très bien passer cela dans son personnage et le voir abattu en début d’épisode, en proie à ses démons, fait mal au coeur, mais tout le plaisir est de le voir revivre une fois que l’enquête pointera le bout de son nez.

Pour se coucher moins bête ce soir :

  • Le script remporta l’Award Edgar Allan Poe du meilleur épisode TV pour « Mystery! » à New York en 1988.
  • Le texte du rituel diffère entre la version anglaise et la version américaine de la nouvelle.
  • Jeremy Paul, le scénariste, a utilisé la version américaine, plus courte et où il n’y a pas de référence de date.
  • La demeure de Sir Reginald Musgrave est Baddesley Clinton, un manoir médiéval du Warwickshire.

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Élémentaire, mon cher Holmes : Albert Davidson

Titre : Élémentaire, mon cher Holmes

Auteur : Albert Davidson (Pseudo de René Réouven)
Édition : Denoël (10/09/1982)

Résumé :
Trois assassins se muent en détective et mènent une enquête sur chacun de leurs deux « confrères ». Ils sont célèbres, rusés, bavards.

Mais que vient faire Sherlock Holmes dans leur histoire ? C’est ce que vous découvrirez dans ce brillant suspense qui ressuscite l’époque victorienne avec une minutie réjouissante.

Un certain Arthur Conan Doyle y joue un rôle occulte, et sa véritable personnalité y est révélée par son secrétaire, Alfred Wood, qui inspira à Doyle le personnage de Watson.

Au sommaire :
– Prologue (1885)
– Première partie : L’enquête de monsieur Symeson (1892)
– Deuxième partie : L’enquête du docteur Cream (1891)
– Troisième partie : L’enquête de Séverin Klosowski (1888)
– Epilogue : L’enquête d’Alfred Wood (1911)

Critique :
Ces derniers temps, lorsque je passe à côté d’un roman, je ne fais pas les choses à moitié !

Vous noterez un abandon de plus dû au fait que mes yeux lisaient les mots sans que mon cerveau les décrypte car il avait tout déconnecté, le sagouin.

Râlant, car au vu du 4ème de couverture, ce roman qui oscille entre le pastiche et la parodie avait tout pour me plaire, même si je me doutais que Holmes y jouait un rôle secondaire, voire même aucun puisque l’auteur nous parle plus des personnes réelles dont s’inspira Conan Doyle pour créer Holmes (Dr Joseph Bell) & Watson (Alfred Wood, le secrétaire de ACD).

Dès le départ, ça n’a pas collé entre le roman et moi… Encore une fois, c’est bête parce que le prologue concernait un certain Robert qui, après un cauchemar horrible, écrivait un roman maléfique. Vous l’aurez compris, c’était Robert Louis Stevenson.

Bon, je me suis dit que la suite serait plus alléchante car j’allais me trouver avec 3 tueurs en série : Séverin Klosowski (il a empoisonné les trois femmes avec qui il avait vécu comme mari); le docteur Thomas Neill Cream (empoisonneur) et monsieur Symeson.

Raté ! Je me suis faite ch*** durant ma lecture, sautant des pages, passant des paragraphes entiers, passant à l’autre nouvelle, le tout sans jamais trouver mon plaisir ou prendre mon pied durant la lecture.

Je m’étais dit qu’Albert Davidson n’était pas un bon écrivain, qu’il n’avait pas réussi à me captiver, à cuisiner son récit de manière à ce que je le dévore en peu de temps.

Pas de bol, Albert Davidson est un des nombreux pseudo de René Réouven, auteur que j’apprécie !

Allez, et un pastiche de plus qui ne m’a pas emballé ! Qui dit mieux ?? D’autres prétendants ?

Ce roman a de la chance qu’il fasse partie de ma collection « Sherlock Holmes », sinon, il aurait terminé sa vie comme cale de meuble ou dans un vide-grenier !

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.