La vallée de la peur : Arthur Conan Doyle

Titre : La vallée de la peur

Auteur : Arthur Conan Doyle
Édition: Le Livre de Poche (1964)

Résumé :
Sherlock Holmes vient à peine de déchiffrer un message codé le prévenant qu’un certain Douglas de Birlstone Manor House, est en grave danger, qu’il apprend par l’inspecteur MacDonald de Scotland Yard que Douglas vient d’être affreusement assassiné.

Par le signataire du message, Sherlock Holmes sait que derrière cette affaire se trouve son ennemi juré : le professeur Moriarty, criminel génial et machiavélique. Accompagné de son fidèle Watson, Holmes se précipite à Birlstone…

Rempli d’intrigues et d’action, La Vallée de la peur, où l’on voit Sherlock Holmes se mesurer avec Moriatry adversaire en tous points à sa taille, est sans doute le meilleur roman de Conan Doyle.

Critique :
« La vallée de la peur » ou comment justifier, presque vingt ans après, l’existence du Tout Grand Méchant qu’on avait sorti un jour de son chapeau !

Là, tout de suite, je vais plus vous parler des coulisses de ce livre que d’autre chose, les autres critiques étant là pour vous aider à vous faire votre propre avis (sinon, lisez-le et faites-vous vraiment votre propre avis).

Petit retour en arrière : lorsque Conan Doyle en eu plus que marre de ce détective qui lui pourrissait la vie (lui qui ne rêvait que d’écrire des romans historiques), il décida de le tuer.

Oui, mais, problème : il fallait un Méchant à la hauteur du détective, pas un minable voyou des rues. Il fallait un final digne du héros qui lui avait fait gagner assez d’argent que pour se déplacer en fiacre s’il le voulait. Un écrivain qui vivait de sa plume, c’était assez rare à l’époque.

Que fit-il ? Un truc d’auteur : il inventa Le Grand Méchant Napoléon Du Crime Organisé De Londres. Un mec qui régnait en maître sur la pègre de la City, mais le faisait tout en se cachant derrière son métier de professeur de mathématiques. Un type tellement bien camouflé que personne n’avait entendu parler de lui, sauf Holmes.

La preuve ? Watson ne savait même pas qu’il existait ! Noir sur blanc dans « Le dernier problème ».

Bref, Conan Doyle met tout ça en place et se débarrasse de l’encombrant détective en le faisant tomber lors d’un combat au corps à corps dans les chutes de Reichenbach. Fin de l’histoire.

« The Adventure of the Final Problem » fut publié en décembre 1893 dans « The Strand Magazine »… Mauvais Noël que pour ses nombreux fans puisque certains portèrent même un brassard noir (et dans les hautes sphères).

Cédant juste un peu à la pression, de août 1901 à mai 1902, Conan Doyle fit publier « The Hound of the Baskervilles », toujours dans « The Strand Magazine ».

Conan Doyle s’en tira avec une pirouette en faisant dire à Watson qu’il publiait une enquête jamais encore publiée (sans faire revenir Holmes à la vie puisque publiée du vivant du détective, mais avec un temps de retard). Rusé, l’homme !

Il pensa même ne pas faire intervenir son diable de détective, mais lui donna tout de même un petit rôle… Voilà pourquoi Holmes est si peu présent dans ce roman là.

En septembre 1903, dans le « Collier’s Weekly » paraît le retour tant espéré de Holmes : « The Adventure of the Empty House ». Et c’est reparti pour un tour pour le plaisir de tous.

Et puis, un jour, Conan Doyle, voulant sans doute donner un peu plus de légitimité à Moriarty, le Grand Méchant dont personne n’avait entendu parler, décide de le faire intervenir dans une enquête de Sherlock, censée se passer bien avant le Grand Hiatus (hiatus = période entre sa fausse mort, le 4 mai 1891 et son retour en 1894).

Voici donc « The Valley of Fear » (La vallée de la peur) publié entre  septembre 1914 et mai 1915 dans « The Strand Magazine ». 21 ans après la publication où Holmes parlait de Moriarty !

Tout s’éclaire-t-il donc ? Le Grand Méchant est légitimé ? Que nenni ! Ça ne résout rien, que du contraire, cela soulève encore plus de questions.

Dont une importante : dans « Le dernier problème » (qui est censé se passer APRÈS « La vallée de la peur » – même si publié avant), Watson ne connaît pas du tout Moriarty !

Extrait « Le dernier problème » :

– Vous n’avez probablement jamais entendu parler du Pr Moriarty ?
– Jamais ! dis-je.
– C’est bien là ce qu’il y a de merveilleux et de génial chez cet homme ! s’écria-t-il. Il règne sur Londres et personne n’a entendu parler de lui. C’est ce qui fait de lui le criminel des criminels. Je n’hésite pas à vous déclarer, Watson, en toute sincérité, que, si je pouvais réduire ce Moriarty à l’impuissance et délivrer de lui la société, je considérerais que ma carrière a atteint son apogée et que je serais tout prêt à adopter un genre de vie plus calme. […]

Hors, dans « La vallée de la peur », publiée APRÈS « Le dernier problème » mais se passant AVANT, Watson connaît Moriarty !

Extrait « La vallée de la peur » :

– Vous m’avez entendu parler du professeur Moriarty ?
– Le célèbre criminel scientifique, qui est aussi connu des chevaliers d’industrie…
– Vous allez me faire rougir, Watson ! murmura Holmes d’un ton désapprobateur.
– J’allais dire : « Qu’il est inconnu du grand public. »

Imaginez mon trouble, mon désarroi, lorsque étant gosse (j’avais 14 ans) je découvris le canon holmésien et que je tombai sur une erreur de logique pareille : un coup il le connait, un coup il ne le connaît pas du tout !

Ce serait correct si « la vallée de la peur » avait été publiée avant « le dernier problème » (puisque Moriarty meurt) et que dans la « Vallée » Watson ne sache pas de qui on parle et que la seconde fois que Holmes cite Moriarty, il sache de qui on cause. Pas le contraire !

Et comme Moriarty était mort dans les chutes et que « la vallée de la peur » se passait AVANT leur face-à-face mortel, j’y ai perdu mon latin.

Watson avait-il des troubles de mémoire ou bien l’auteur avait-il fumé un truc pas net ? Voilà ce qui donne des cheveux blancs aux holmésiens… Conan Doyle avait sans doute envie que l’on s’arrache les cheveux sur cette erreur de logique, 100 ans après sa mort.

Et le livre, qu’est-ce que j’en ai pensé ? Ben, c’est pas mon préféré…

Bon, on cause de Moriarty mais il n’apparaît pas ! Remboursez ! Sherlock Holmes enquête sur le meurtre d’un nommé Douglas, et c’est un homme qu’il suppose faire partie de la bande de Moriarty qui l’a renseigné, mais de Moriarty, même pas l’ombre d’un poil de ses gambettes !

La solution du meurtre, elle est révélée à la fin de la première partie… pourquoi donc s’esquinter à lire la suite qui n’a pas vraiment d’intérêt ?

C’est comme dans « Une étude en rouge » et « Le signe des quatre », il y a une histoire dans l’histoire, mais si les deux autres étaient intéressantes, là, bof, mitigée.

La seconde partie aux États-Unis, dans une vallée minière style trou du cul du monde, où les forces de l’ordre jouent à règlements de compte à O.K Corral avec une bande de malfrats, version société secrète « imitation maçonnique » mais eux, ils sont gore.

Ça nous éclaire sur le passé du quidam, mais c’est assez lourd. Alors que je n’ai jamais ressenti cet ennui dans « Une étude en rouge » ou « Le signe des quatre ». Là, l’auteur aurait pu trancher un peu et limiter la seconde partie.

Holmes est peu présent dans le roman. On le voit, lui et Watson uniquement dans la première partie et dans l’épilogue…

Mention minimale de Moriarty dans l’épilogue : on le soupçonne d’être l’expert du crime qui joue les nettoyeurs pour l’organisation américaine, mais rien n’est prouvé…

Bref, ce roman aurait pu se contenter d’avoir la taille d’un nouvelle avec deux fois plus de page qu’une autre, mais un format « roman », il y a trop de temps mort que le plus petit retournement de situation vous fait sursauter.

Et puis, quel affrontement avec Moriarty ?? Bref, un coup d’épée dans l’eau et à trop vouloir bien faire 20 ans après, on fait des boulettes.

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Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 6 – Métro Baker Street : Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 6 : Métro Baker Street (The Case of the Gypsy Goodbye)

Auteur : Nancy Springer
Édition : Nathan (2011 – 2013)

Résumé :
1889, Londres. Alors qu’Enola est lancée dans une nouvelle enquête sur la disparition de Lady Blanche fleur del Campo, elle découvre que son frère Sherlock la recherche désespérément.

Il vient en effet de recevoir un énigmatique paquet en provenance de leur mère,adressé tout spécifiquement à Enola, et qu’elle seule saurait décrypter.

Sherlock, accompagné de son frère Mycroft, se voit donc contraint de suivre les traces d’Enola dans ses pérégrinations au coeur des sombres tunnels de Londres.

Ensemble,les trois Holmes devront répondre à une triple question : Qu’est-il arrivé à leur mère ? Où est donc Lady Blanche fleur ? Et que décidera l’aîné Mycroft de l’avenir d’Enola lorsque ses frères l’auront rattrapés ?

Critique :
Dernier roman avec Enola Holmes et je sens déjà que mon p’tit coeur se brise. Oui, cela a beau être de la littérature jeunesse, les romans ont beau avoir quelques petits défauts, je me plais bien à suivre les pérégrinations de la petite soeur de Sherlock et Mycroft.

Grâce à elle, j’ai appris plus sur les mœurs des habitants de Londres qu’un 56 nouvelles et 4 romans que comporte le canon holmésien. Contrairement aux récits de Conan Doyle, Nancy Sringer nous a éclairé sur la condition féminine du 19ème siècle, qui n’était guère brillante, dénonçant les violences des bas quartiers londoniens et les conditions de travail qui donneraient des sueurs froides au plus grand m’en-foutiste des syndicalistes.

Une série instructive et distrayante. Quoi  d’autre ? What’else ?

Ce dernier tome ne m’a pas déçu : c’est palpitant et émouvant.

Les frères Holmes auront la part belle et Mycroft va enfin comprendre que leur petite sœur est indépendante, réaliser qu’elle a toujours su tirer son plan (« se débrouiller » : belgicisme) et que le chemin qu’elle a parcouru en un an est énorme.

Oui, la disparition de sa mère a entraîné son émancipation précoce et elle n’est plus une adolescente, mais presque une femme, point de vue mental.

Enola exerce le métier qu’elle aime, a trouvé un sens à sa vie et affirmé ses choix en faisant preuve d’intelligence face à ses deux frangins.

Je dois dire que j’ai passé un bon moment de lecture avec une jeune héroïne ô combien sympathique, forte mais pas infaillible non plus. Bien que le juste équilibre ne soit pas tout à fait atteint, Enola ayant quand même bénéficié des coups de pouce de l’auteur.

Dans ce dernier tome, le secret de la mère d’Enola est enfin dévoilé – je ne dirai rien !

Au menu, une enquête sur la disparition de l’épouse du duc espagnol, de la douceur et de la sensibilité.

Malheureusement, c’est un point final très convaincant. Fidèle à ce que nous avons pu lire et à ce que j’avais pu penser.

Une série bien agréable pour des lectures sans se prendre la tête, des intrigues bien faites, même si pas transcendantales.

L’important, dans une lecture, étant aussi de passer du bon temps et il n’y a pas huit millions de façons de le faire.

Lu dans le cadre des Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor,  « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « I Love London » de Maggie et Titine, « Le mois anglais » chez Titine. et le challenge « Victorien » chez Arieste.

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Les Exploits de Sherlock Holmes : Adrian Conan Doyle & John Dickson Carr

Exploits de Sherlock Holmes - Adrian Conan Doyle & Dickson Carr

Titre : Les Exploits de Sherlock Holmes

Auteurs : Adrian Conan Doyle & John Dickson Carr
Édition : Le Livre de Poche (1975)

Résumé :
Relatés par le fidèle Watson, douze exploits de Sherlock Holmes, douze  » affaires  » captivantes, inextricables, que le célèbre détective réussit à dénouer grâce à ses dons d’observation aigus, sa logique implacable, ses méthodes subtiles et hardies.

Contenu :
– L’aventure des sept horloges
– L’aventure du chasseur d’or
– L’aventure des joueurs en cire
– L’aventure du miracle de Highgate
– L’aventure du sombre baronnet
– L’aventure de la chambre hermétiquement close
– L’aventure de Foulkes Rath
– L’aventure du rubis d’Abbas
– L’aventure des anges noirs
– L’aventure des deux femmes
– L’aventure de l’horreur de Deptford
– L’aventure de la veuve

SH - exploitsCritique :
Ceci est ce que j’appelle de la lecture Canada Dry© : m’attendant à déguster un pur malt écossais lorsque je tombais sur ce recueil de nouvelles (en 1990 !), je me suis rendue compte que la lettre « A » inscrite devant le « Conan Doyle » de la couverture voulait dire « Adrian » et pas « Arthur ».

Késako ? En fait, ce recueil que je pensais être canonique n’était qu’apocryphe puisque écrit par le fils (Adriaaan – Rocky, fait silence) et non par le père. Hors, seuls les écrits de ARTHUR Conan Doyle sont considérés comme canoniques.

Hé non, ce n’était pas du pur malt écossais, mais du Canada Dry©… Ça  avait la couleur de l’alcool, mais ce n’était pas de l’alc… Attendez un peu. Mais, mais… ça a le goût du pur malt écossais !

Ouiii ! Le fils du père, aidé de Dickson Carr est arrivé à nous écrire un pastiche qui a le goût des écrits de son père ! Mince alors, un Canada Dry© qu’il faut consommer avec modération sous peine de ressentir l’ivresse canonique !

Cette petite escroquerie pour celui qui, comme moi, croyait tomber sur un livre canonique écrit par le père, cette vessie que l’on nous vendit pour une lanterne, est, au final, EXCELLENT !

Le fils vaut bien le père et il n’y a que le saint-esprit – en la personne de Dickson Carr qui co-écrit les nouvelles avec le fiston Doyle – pour lui donner un coup de maître.

Malgré tout, j’estimerais toujours qu’il y a tromperie sur la marchandise puisque vous ne trouverez aucune information au ce sujet de cette supercherie, le livre ne possédant aucune préface d’édition qui pourrait vous éviter la confusion.

Sauf que maintenant, après avoir lu ma critique, vous ne vous laisserez plus prendre en vous demandant comment cet opus – qui ne se trouvait pas dans la liste des œuvres de Arthur Conan Doyle – a fait pour vous échapper.

Cela vous évitera peut-être de vous faire regarder de travers parce que vous avez crié « YEEESSSS » dans le magasin le jour où vous avez trouvé ce livre, pensant, à tort, avoir affaire au Père Conan Doyle et déniché un autre livre canonique sur votre détective préféré.

En tout cas, ma naïveté était plus que pardonnable puisque, à l’heure actuelle, la plupart des sites de vente de livres en ligne attribuent gaillardement ce recueil à Arthur Conan Doyle et le recueil se trouve aussi dans une de mes compilations sur Holmes, chez Robert Laffont. Ce qui est pire. Je ne suis pas la seule à m’être fait berner.

Attention, ne vous faites pas de soucis, les histoires du fils sont bonnes, bien écrites et on ne peut pas remettre en cause le talent d’écriture de J. Dickson Carr et de son respect du style doylien (il a co-écrit les 6 premiers récits). C’est toujours un plaisir de le relire encore et encore…

Certaines nouvelles possèdent un soupçon de fantastique, tout en restant très terre à terre, sauf celle des canaris et des taches de suie, qui elle, est un peu tirée par les cheveux. Comme papa, le fiston a inséré des animaux « tueurs » et après le toutou, le serpent, on a une autre bêbête.

Ce livre vaut la peine d’être acheté et lu. De plus, l’ouvrage nous permet d’entendre (enfin, de lire) Holmes dire pour la première fois « élémentaire mon cher Watson », rien que pour ça il faut le lire. Et oui, cette phrase que tout le monde connaît n’est en aucun cas canonique !!

Les enquêtes sont vraiment bien écrites, à tel point que si vous ne voyez pas le prénom d’Adrian marqué dans les pages internes, vous pourriez penser avoir vraiment affaire à l’œuvre originale.

Pour moi, il fait partie des meilleurs pastiches holmésiens, en tête devant les autres. De plus, le format « nouvelles » convient mieux au détective que le format « roman », même si j’apprécie plus que tout lire des pastiches holmésiens en roman…

A lire après avoir lu l’intégrale du canon holmésien !

Mes préférées :
– L’aventure des sept horloges : on se demande pourquoi cet homme en veut aux horloges.
– L’aventure des joueurs en cire : je l’adore ! Nous sommes chez madame Tussaud, Baker Street.
– L’aventure du sombre baronnet
– L’aventure de la chambre hermétiquement close : un must
– L’aventure de l’horreur de Deptford

Re-Lu dans le cadre des Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor,  « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « I Love London » de Maggie et Titine, « Le mois anglais » chez Titine et le challenge « Victorien » chez Arieste.

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Black Butler – Tome 12 : Yana Toboso

Black Butler - Tome 12

Titre : Black Butler – Tome 12

Auteur : Yana Toboso
Édition : Kana

Résumé :
Des cadavres ressuscités mais dépourvus d’âme se mettent à attaquer les passagers du luxueux paquebot Campania!

Tandis qu’un homme mystérieux mène l’enquête à bord, un menaçant iceberg se profile à l’horizon…

BLACK BUTLER -Tome-12Critique :
Que demander de mieux pour ma 666ème critique sur Babelio que la suite des aventures de Sebastian, mon diable de majordome préféré ? Le voilà embarqué, en compagnie de son maître, le  jeune Comte Ciel de Phantomhive, sur un bateau qui fait route vers New-York… Navire qui est rempli de cadavres en putréfaction qui reviennent à la vie… C’est ti pas beau, tout ça ?

Franchement, pouvait pas faire mieux pour un chiffre aussi mythique que le 666 ! C’est diabolique, même, d’avoir ce dernier tome sous la main juste au bon moment…

Alors, je vous préviens, si vous pensiez avoir affaire à un remake de « La croisière s’amuse », on en est loin, très loin. Nous sommes dans un shōnen quand même et le jeune comte Ciel est le chien de garde de la reine Victoria. Bref, ce n’est pas un gamin pleurnichard adepte des Bisounours.

Dans le tome précédent, nous avions appris que la société secrète Aurora proclamait à tout vents avoir rendu possible la résurrection de morts.

Voilà pourquoi le majordome de Ciel, Sebastian, s’était invité dans une réunion se tenant à bord d’un paquebot de luxe, le Campania. Ils ont un bon prétexte puisqu’ils font la traversée avec la famille de la copine de Ciel (qui ne sont pas au courant de la mission du jeune comte).

Si dans le tome 11 j’avais pouffé de rire avec le groupe hétéroclite dont les membres se reconnaissent au cri de ralliement : « Phénix » et à leur posture plus que débile, ici, fini de rire ! Les cadavres se baladent librement et ont une furieuse envie de vous dévorer tout cru.

S’ils criaient « On en a une énooorme envie », je penserais à Groquik, mais on est loin de ça… Ils veulent vraiment vous bouffer !

Des cercueils contenant des morts vivants, il y en avait à la poupe du bateau (le cul), mais Ciel et Sebastian étaient loin de se douter qu’il y en avait dix fois plus à la proue du navire (l’avant).

Barrez-vous, les cadavres sont lâchés et on ne peut en venir à bout qu’en leur brisant le crâne. Sebastian en a sali ses beaux gants blancs. Oh, c’est dégoutant, je viens de marcher dans une espèce de bouillie qui, un jour, a dû être un cerveau…

A bord du Campania, qui fait toujours route vers New-York, c’est déjà le carnage total à cause des zombies et puisqu’un malheur ne vient jamais seul, qu’est-ce que la vigie voit se profiler devant ses yeux ? Un énorme truc en provenance du Nord – du Nord, une fois de plus – et qui se nomme Iceberg…

Heu ? Attendez… Un navire énorme, trois cheminées, des différences de classes, un voyage à New-York, un iceberg non signalé ?? Tiens, ça me fait penser à un film… heu, un fait réel !

Oui, mais, le bateau gigantesque qui a coulé à cause d’un iceberg et d’une chanson de Céline Dion, emportant dans les flots glacés Léo Di Carpacchio, c’était en avril 1912 et là, nous sommes en plein règne de Victoria, peu de temps après Jack l’Eventreur… En 1889, pour être exact.

Alerte au Canada Dry© ! Ça ressemble au Titanic, mais c’est le Campania ! En tout cas, pas de favoritisme, ici, les zombies, malgré leurs yeux bandés et leur horrible puanteur, dévorent aussi bien les gens de la Première Classe que ceux de la Troisième.

Ne comptez pas sur ce tome pour mettre fin au suspense de « La croisière se fait trucider », non, non, faudra attendre le suivant.

De l’action à gogo, les deux Shingami plus dingue l’un que l’autre (dieux psychopompes, personnifications de la mort, sorte de Faucheuse) et qui veulent s’attaquer à Sebastian, tout en résolvant leur enquête du « comment des gens sans âme peuvent-ils revenir à la vie alors qu’on leur a pris leurs âmes » tout en étant obligé de les tuer une seconde fois… Mais que font les syndicats face à ces heures supp’ de travail non payé ?

Tiens, mais que font nos Shingami ? Non ? Si ! Ils se sont mis à la proue du navire et devinez à quoi ils jouent ? A la scène du « je suis le maître du monde » de Rose et Jack Dawson-Di Carpaccio. Céline ne chantait pas, ouf.

Bref, ça bouge dans tous les sens à tel point que parfois, on ne suit plus très bien en raison de toutes les onomatopées qui constellent le dessin. Avantage : l’auteur, quand il passe d’un protagoniste à un autre, signale où ils se trouvent.

Mention très bien à la famille d’Elizabeth, qui, étant chevaliers de la reine, sont prêt à sortir les sabres pour trucider les morts pas très vivants qui puent très fort. Anglais jusqu’au bout des ongles !

Mention spéciale à la séquence hot avec le beau Sebastian trempé… le pantalon aurait pu coller un peu plus pour nous dévoiler l’indévoilable. Au fait, les diables ont-ils un sexe ?

Une nouvelle fois enchantée de cette série ! Dire que je dois attendre octobre pour lire la suite !

Lu dans le cadre des Challenges « Thrillers et polars » de Liliba, « I Love London » de Maggie et Titine, « Le mois anglais » chez Titine. et le challenge « Victorien » chez Arieste.

Wiggins et Sherlock contre Napoléon : Béatrice Nicodème [Saga Wiggins 4]

Titre : Wiggins et Sherlock contre Napoléon

Auteur : Béatrice Nicodème
Édition : Syros (2007)

Résumé :
Wiggins est un peu déçu par la nouvelle mission que lui a confiée Sherlock Holmes : il aurait préféré enquêter sur le redoutable « Napoléon du crime » avec le détective plutôt que de filer Robert Petticoat, un jeune noble soupçonné d’appartenir à un réseau anarchiste.

D’autant que Petticoat sillonne Londres en tous sens du matin au soir ! Un après-midi, Wiggins le suit dans les allées de la National Gallery, où tous deux restent jusqu’à la fermeture.

Le lendemain, on apprend qu’un très célèbre tableau du musée a disparu…

Critique : 
♪ My, my, at Waterloo Napoleon did surrender; ♫ Oh yeah, and I have met my destiny in quite a similar way; ♪ The history book on the shelf; ♪ Is always repeating itself ♫

Oh, les Suédois ! On arrête de chanter, là, c’est pas le concours Eurovision, ici. Déjà que Points fait sa pub avec « ceci n’est pas un polar suédois »… Faut la mettre en veilleuse, les Vikings…

Pour tout holmésien qui se respecte, « Napoléon » ne signifie pas l’empereur qui a gagné des tas de batailles mais dont on ne retient que sa défaite à Waterloo, mais plutôt l’empereur du crime organisé à Londres, le Napoléon du crime : Moriarty ! (qui aura son Waterloo aux chutes de Reichenbach).

Le titre nous laissait donc présager la présence de la Némésis de Holmes, celle qui failli le tuer (et son créateur tua bel et bien Holmes dans le chutes avant de lui faire faire le coup de Jésus : « coucou me revoilou » pour notre plus grand bonheur).

Et notre apprenti détective, là dedans ? Wiggins est un peu déçu (euphémisme) par la nouvelle mission que lui a confiée Sherlock Holmes : filer Robert Petticoat, jeune noble soupçonné d’appartenir à un réseau anarchiste. Notre détective en herbe aurait préféré enquêter sur le redoutable « Napoléon du crime » avec le détective.

Il est frustré – bien que la filature lui donnera l’occasion d’user de certains de ses talents – parce que Petticoat sillonne Londres en long et en large, du matin au soir ! Fatiguant et il a l’impression de faire tout cela pour rien, alors qu’il aurait été cent fois mieux d’aider Holmes avec son Napoléon, là.

Bon, sa filature lui fera gagner un ami, tout n’est pas perdu.

Un après-midi, alors que Wiggins suit son bonhomme à la National Gallery, ils y restent tellement de temps qu’ils sont les derniers à quitter les lieux et le lendemain, un tableau à été volé dans cette galerie !

Mais alors ? Serait-ce ? La suite se trouve dans le livre…

Ce roman se lit d’un coup, sans même prendre une pause. Le style d’écriture est fait pour les plus jeunes (12 ans) sans pour autant être niais. Il y a de l’aventure, des retournements de situation et Wiggins aura fort à faire parce que Holmes n’est pas toujours là pour l’aider.

Ici, le célèbre détective fait même une faute sur un personnage qui, tout compte fait, n’est pas si terrible que ça ! Wiggins tiendra sa revanche sur l’homme du 221b ! Pour une fois qu’il sait quelque chose que le détective ne sait pas…

Mais pour le gros œuvre, c’est Sherlock qui reste le meilleur ! Il résout toute l’affaire, même s’il commet deux erreurs. La preuve qu’il n’est ps infaillible et qu’il est humain. De plus, il n’a pas peur de reconnaître ses erreurs, surtout dans le canon (écrits originaux de Conan Doyle).

Son assistant est parfois trop impulsif, lui, il ne réfléchit pas, alors qu’avec un peu de modération, il aurait compris certaines ruses du détective.

Napoléon, dans tout cela ? Oui, il est présent et aura même le privilège de se faire faucher des objets par un jeune pickpocket !

Une enquête agréable à suivre, sans se prendre la tête, des personnages attachants, un apprenti détective qui apprend, qui fait des erreurs et qui essaye de se corriger pour arriver au niveau du Maître.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

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Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 5 – L’énigme du message perdu : Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 5 : L’énigme du message perdu (The Case of the Cryptic Crinoline)

Auteur : Nancy Springer
Édition : Nathan (2010 – 2012)

Résumé :
Depuis près d’un an, je parviens à me soustraire à la vigilance de mes frères aînés, Mycroft et Sherlock Holmes qui s’entêtent à vouloir m’expédier en pension pour faire de moi une lady.

Grâce à mon cabinet de « Spécialiste » en recherches – Toutes disparitions », et sous une fausse identité, je concurrence désormais mon détective de frère sur son propre terrain – parfois même avec plus de succès que lui !

Mais voilà qu’en ce jour de juin 1889, regagnant mon logis, je découvre un spectacle effroyable : tiroirs arrachés, étagères vidées, débris de vaisselle sur le plancher.

Et surtout, surtout, aucune trace de Mrs Tupper ma chère petite logeuse sourde comme un pot ! Aussitôt, je me lance à sa recherche, avec pour seuls indices quelques jupons épars et un énigmatique message…

Critique :
Je dépose plainte : le roman est plus court que les précédents, seulement 200 pages ! L’intrigue policière est intéressante, toujours agréable à lire et on s’attache à Enola. Je sens que je vais avoir du mal à la quitter.

Le style d’écriture est toujours agréable, bien écrit, il y a des situations cocasses, les explications sur la société victorienne ainsi que les descriptions de Londres sont réalistes, sans oublier que nous avons le combat « beaux quartiers vs bas-fonds », les péripéties d’Enola et le chassé-croisé avec son frère Sherlock ne sont pas dénués d’humour.

Quel chassé-croisé ? Mais enfin, vous suivez ou vous venez de prendre le train en marche ? Pour les p’tits derniers, Enola Holmes est la sœur cadette de Sherlock et Mycroft Holmes, leur mère a disparu et la petite de 15 ans a filé à l’anglaise, elle vit seule à Londres et fait tout ce qu’il faut pour ne pas tomber dans les mains de ses frères, qui souhaitent l’enfermer dans un pensionnat pour jeunes filles de bonne famille.

J’ai regretté de ne pas avoir de nouvelles de maman Holmes. Rien, nada, que dalle. Maman ne répond pas aux petites annonces codées de sa fille et aucune indiscrétions ne transpire de chez les vieilles rombières : silence radio total.

Perturbant car je pensais (et je ne dois pas être la seule à l’avoir pensé) que Nancy Springer allait, au fur et à mesure des tomes, nous ramener vers l’élément déclencheur de la série, à savoir : maman partie, provoquant l’arrivée des frangins Holmes, entrainant la fuite d’Enola, son émancipation et le début de sa carrière d’apprentie détective.

Peut-être est-ce voulu… Une vision fugace de la fin m’étant venue à l’esprit, me faisant pencher pour… Non, je ne dirai rien ! Seul le tome 6 me dira si j’ai bien deviné.

Point de vue intrigue, c’est un peu différent : la logeuse d’Enola, la vieille Mrs Tupper (ware ?) a reçu d’étranges menaces via un billet anonyme.

La vioque est kidnappée et sa maison retournée de fond en comble.

Non mais, ça va pas, non ? On s’attaque aux p’tits vieux qui n’ont même pas une épargne pension digne de ce nom ?

Le sang d’Enola Holmes ne fait qu’un tour. Pourquoi s’en prendre à une veuve sans le sou, dont la seule richesse semble être une robe de crinoline en soie bleu de Prusse. Si encore elle avait eu des actions dans les pétrochimiques…

Quoi ? Qu’est-ce que je viens de dire, là ? Elle possède une robe de crinoline en soie bleu de Prusse ? Hé, fashion victim, la Tupper (ware) ? Comment possède-t-elle cette super robe, elle ? Volée au Zara du coin ?

Comme nous sommes en 1889, pas question de Googeliser le nom de la logeuse, donc, on travaille à l’ancienne et on fouille le passé de la dame.

Enola va croiser, durant son enquête, l’ombre d’une grande dame, recroiser par la même occasion Sherlock qui passait dans le coin, avant de faire feu des deux fuseaux pour ne pas qu’il lui mette la main au collet.

A peine plus de 200 pages, le livre ! Pas à dire, ça frétille dans tous les sens, même si l’intrigue, bien qu’agréable et distrayante à lire, ne fera jamais repousser les jambes d’un cul-de-jatte ou casser les trois pattes d’un canard.

Oh, tiens, une lueur chez Sherlock ! Non, il ne vient pas de souscrire à la fée électricité chez Electrabel ou GDF-Suez, mais il est en train de comprendre que le bonheur de sa petite soeur n’a pas de prix, qu’il ne se bride pas comme un cheval et qu’il ne se met pas en pensionnat…

Vivement la suite ! Oh, ce sera déjà le dernier de la série… Snif.

Lu dans le cadre des Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor,  « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « I Love London » de Maggie et Titine, « Le mois anglais » chez Titine. et le challenge « Victorien » chez Arieste.

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Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 4 – Le secret de l’éventail : Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 4 : Le secret de l’éventail (The Case of the Peculiar Pink Fan)

Auteur : Nancy Springer
Édition : Nathan (2009 2010 )

Résumé :
Voilà déjà plus de huit mois que j’ai échappé à la vigilance de mes aînés, Mycroft et Sherlock Holmes, qui s’étaient mis en tête de m’expédier en pension pour faire de moi une lady.

Je m’emploie depuis, par l’intermédiaire de mon cabinet de « Spécialiste en recherches ? Toutes disparitions », à résoudre des enquêtes ? parfois même plus efficacement que mon détective de frère ! Or voici qu’en ce jour de mai 1889 mon chemin croise une ancienne connaissance, lady Cecily Alistair.

Il est clair qu’elle est en plein désarroi ! Juste avant de disparaître, encadrée de deux sévères chaperonnes, elle me glisse furtivement un éventail rose, qui recèle un mystérieux message.

Décidée à porter secours à ma jeune amie en détresse, je m’efforce d’en percer le secret. Je ne le sais pas encore, mais, dans cette entreprise, je vais me retrouver bientôt face à un autre détective, investi de la même mission… mon frère Sherlock.

Critique :

Tiens donc, v’là ti pas une ancienne connaissance que nous avions croisé dans le tome 2 « L’affaire Lady Alistair » : la jeune Cécily qui avait été enlevée et droguée (y’a plus d’jeunesse) ! Le monde est petit, non ?

L’auteur, pour nous mettre directement dans le bain, a décidé de nous entraîner dans un lieu d’aisance… et elle fait bien puisqu’elle a l’ambition de nous faire découvrir le Londres tel qu’il était, avec ses bons et ses mauvais côtés. Là, je vous rassure de suite, l’auteur ne sombrera pas dans la scatologie. Quoi ? Ah, vous auriez aimé des détails… Pas de chance.

Aux latrines, la demoiselle Cecily (et pas Cécilia) n’a pas l’air dans son assiette… Non pas qu’elle souffre de diarrhée aiguë, mais juste parce qu’elle est escortée par deux vieilles biques mal baisées, aux manières fort rêches (normal, jamais baisées, donc, elles sont fort sèches).

De plus, la jeune fille est engoncée dans une toilette qui entrave le moindre de ses mouvements. A si elle avait connu les jean’s ! Plus simple d’aller au petit coin en jean’s que lorsque qu’on est empêtrée dans des jupons, des sous-jupons, des corsets, des machins et des trucs qui rendent l’opération de vidange aussi complexe que si on devait extirper une idée lumineuse du cerveau de Nabilla et Bush Jr.

C’est son jour de chance puisqu’Enola est elle aussi dans les toilettes (les miracles de la narration) et notre pauvre coincée lui communiquera un message de détresse original…

Un peu à la manière de Louis De Funès dans « La folie des grandeurs », quand il était déguisé en vieille rombière et qu’il agitait son éventail devant Blaise (Yves Montand) qui ne l’avait pas reconnu ou celle  d’Alice Sapritch (même film, scène du stip), l’allusion sexuelle en moins, évidemment !

Le cerveau un peu embrumé, Enola mettra quelques heures avant de comprendre le message caché de la pauvre fille qui ne pouvait même pas aller faire pipi toute seule.

Dans quel guêpier Cécily Alistair s’est-elle donc encore fourrée, bien malgré elle ? Aurait-elle enfilé une guêpière devant ses gardiennes eunuques ?

Pourquoi sa mère, lady Theodora, ne répond-t-elle à aucun message et ne reçoit-elle aucune visite ? Chez les gens de la Haute, c’est « shocking ».

Que cache cette famille (un ogre, une sorcière ?) qui, pour bien se faire voir de la bonne société, n’hésiterait pas à compromettre la naïveté de Cecily, qui est jeune fille abîmée moralement car elle souffre de troubles de la personnalité ?

Vous le saurez en lisant le tome 4 des aventures d’Enola Holmes !

Dans cette série, c’est place aux femmes (contrairement aux histoires de Conan Doyle). La petite soeur fictive de Sherlock en profitera pour nous décrire l’injuste condition de notre sexe « faible ».

Enola est une jeune fille rebelle (héritage de sa suffragiste de maman) : elle s’est enfuie pour éviter de se retrouver enfermée dans une école pour « jeunes filles de bonne famille » par son frère Mycroft parce qu’elle n’en a rien à foutre d’apprendre « les arts domestiques dans l’attente de son prochain mariage ». Et puis quoi encore ?

Loin d’être une pique-assiette, elle a monté son cabinet spécialisé en recherches, se camoufle sous des déguisements et se joue même de ses propres frères, passant sous leur nez sans qu’ils ne la reconnaissent ! Humour garantit.

Enola se trouvera aussi face à Sherlock et on sent bien qu’elle a envie de se rapprocher de lui, de tisser des liens affectifs avec le frangin, mais la confiance est une denrée rare chez les Holmes ! Pourtant Sherlock est amusé par le tour de force de sa petite sœur et de la colère qu’elle suscite chez l’aîné, Mycroft.

Ce quatrième tome se lit d’une traite ! Chapeau bas aussi, parce qu’au fil des tomes, le style d’écriture ne se délétère pas et ne sombre pas vers le pis en pis (Gruz, je viens de la placer). Mieux, je bois du petit-lait en lisant Enola.

J’ai déjà fait l’éloge de ses nombreuses qualités et je le répète, cette série est une lecture agréable, sans prise de tête et conseillée pour ceux qui voudraient découvrir Sherlock Holmes autrement que par les récits de son père littéraire.

Convient aussi pour les amateurs de gentilles intrigues policières – qui ne casseront pas trois roues au chariot d’un cul-de-jatte – avec un fond de vérité Historique ou pour ceux qui, après avoir lu des tas de romans noirs, voudraient se refaire une santé.

Convient aussi pour les holmésiens de tous poils qui voudraient changer de lecture et trouver un peu de fraîcheur.

Lu dans le cadre des Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor,  « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « I Love London » de Maggie et Titine, « Le mois anglais » chez Titine. et le challenge « Victorien » chez Arieste.

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Un rival pour Sherlock Holmes : Béatrice Nicodème [Saga Wiggins 3]

Titre : Un rival pour Sherlock Holmes

Auteur : Béatrice Nicodème
Édition : Hachette Jeunesse (1997)

Résumé :
Deux enquêtes à la fois : un vrai casse-tête ! Le jeune Wiggins ne sait plus comment s’y prendre. Retrouver l’insaisissable Mr Charleston, c’est déjà un défi ! Mais la mission confiée par Sherlock Holmes se révèle encore plus périlleuse.

Pour le petit vendeur de journaux, Londres devient un véritable coupe-gorge. D’autant que le célèbre détective ne fait rien pour l’aider.

Critique : 

– DEMANDEZ L’ÉDITION DE CE MATIN ! ÉDITION SPÉCIALE ! LA CRITIQUE DE LA NOUVELLE AVENTURE DE WIGGINS L’APPRENTI DÉTECTIVE EST ARRIVÉE.

SERA-T-IL UN RIVAL SHERLOCK HOLMES ? VOUS LE SAUREZ EN LISANT LA CRITIQUE.

Wiggins, orphelin de père, vit à Whitechapel, seul, sa mère étant logée chez les maîtres qu’elle sert. Il vend des journaux à la criée (d’où mon intro en gueulant) et là, ce matin, stupeur ! On a retrouvé un survivant du naufrage du bateau le « Francis Drake », après 8 ans. Wiggins espère que ce soit son père, marin du Drake et disparu en mer avec le navire.

Hélas pour lui, ce n’est pas son père, mais un autre marin, Mr Black, qui dit avoir bien connu son père et qui le charge d’une mission : retrouver un certain Charleston, non pas pour le faire danser, mais pour tenter de récupérer l’argent gagné au jeu par Black et papa Wiggins que Charleston avait volé (il n’était pas sur le navire, lui).

Wiggins, apprenti détective, à encore beaucoup à apprendre… Moi, j’ai vu venir la combine de loin, surtout quand l’homme lui a expliqué qu’il avait perdu son oreille à cause d’un crocodile… Un détail me frappa soudain (déjà que j’étais plus que méfiante).

Hé, on me l’a fait pas à moi ! J’ai vu « Crocodile Dundee » au moins 10 fois, dont la première au ciné. Faut pas me prendre pour une débile, les crocos, ça me connait ! D’ailleurs, ils fabriquent des sacs et des souliers magnifiques.

Hélas, Wiggins n’avait pas vu le film et ne possédait pas non plus la chaîne du National Geographic comme moi… Année 1889 oblige. Il ne voit pas venir l’autre avec ses gros sabots et se lance sur la piste de Charleston, tout en continuant de vendre les journaux.

Et oui, à cette époque là, les gamins du East End bossaient – ou volaient – pour ne pas crever de faim (et ça revient à l’ordre du jour depuis la crise, le travail des gosses, je veux dire), Wiggins n’y échappe pas et la viande n’est pas au rendez-vous chaque soir dans son assiette.

Heureusement que pour arrondir ses fins de mois, il a la chance d’être souvent engagé par Sherlock Holmes. Wiggins veut devenir détective, comme lui.

Ce 3e roman mettant en scène le jeune Wiggins est plus épais que ces précédents, et donc, plus étoffé.

Notre détective en herbe se retrouve avec deux enquêtes sur les bras :  retrouver Mr Charleston ainsi que le propriétaire de la bourse en cuir de Russie perdue lors d’un vol au ministère, c’est un vrai casse-tête !

La mission confiée par Sherlock Holmes se révèle encore plus périlleuse, pour notre plus grand bonheur. Wiggins va devoir faire preuve de ruse, de courage et avoir des yeux dans le dos. Heureusement qu’il a des bons copains parce que Holmes n’a pas l’air de vouloir l’aider.

En est-il si sûr ??

Quelques surprises au menu, des filatures, des pièges, des déguisement à la pelle, un peu d’humour dans les réflexions du garçon. Et les deux histoires, seraient-elles si séparées que cela ?

Le style d’écriture est simple et conviendra aux enfants à partir de 10 ans (je précise pour Jeranjou) qui voudraient découvrir Sherlock Holmes.

La personnalité du détective est bien respectée, il est présent mais n’étouffe pas Wiggins, qui a encore fort à faire avant de faire de l’ombre à Holmes.  Un rival ? Pas encore pour tout de suite, mais il y travaille.

Quant à l’intrigue, elle est fournie (187 pages) mais reste simple dans ses ramifications. C’est même Wiggins qui s’y perd à la fin !

Une lecture sans se prendre la tête, rapide et agréable. Une pause bienvenue si vous vous enfilez des romans noirs l’un à la suite de l’autre.

Titre participant aux Challenges « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict,  « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor, « I Love London » de Maggie et Titine « Le mois anglais » chez Titine et Lou et le challenge « Victorien » de chez Arieste.

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Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 3 – Le mystère des pavots blancs : Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 3 : Le mystère des pavots blancs (The Case of the Bizarre Bouquets)

Auteur : Nancy Springer
Édition : Nathan (2008 – 2011)

Résumé :
Se choisir un nom n’est pas chose facile.

D’autant que mon prénom, Enola, qui à l’envers se lit : alone – en anglais : seule – me va comme un gant.

Je me vois pourtant condamnée aux pseudonymes, seul moyen d’échapper à mes frères aînés, Mycroft et Sherlock Holmes, qui se sont mis en tête de m’expédier en pension pour faire de moi une lady. Peine perdue ! J’ai maintes fois réussi à tromper leur vigilance, allant même jusqu’à résoudre des enquêtes qui laissait perplexe mon détective de frère.

Or, en ce frais matin de mars 1889, dans l’East End de Londres, alors que je m’inventais encore une nouvelle identité, mon attention fut captée par un titre du Daily Telegraph : Mystérieuse disparition de l’associé de Mr Sherlock Holmes – le Dr Watson introuvable !

Deux personnes déjà cherchaient à savoir où se trouvait le Dr Watson : sa femme, il va de soi; et son meilleur ami, mon frère Sherlock.

On pouvait désormais eu ajouter une troisième : moi.

Critique : 

Oui, je m’enfile l’intégrale des Enola Holmes ! Pas ma faute, mais celle du « Mois anglais » chez Titine et Lou. Je vis à l’heure anglaise durant tour le mois de juin, affalée sur une chaise longue, au soleil et buvant de la bièr.., heu, du thé, à profusion.

C’est avec plaisir que je retrouve la petite sœur de Sherlock Holmes, qui a réussi à échapper in extremis à la surveillance de son détective de frère.

Notre héroïne vit dans une petite chambre et elle se fait la plus discrète possible, son cabinet de « spécialiste en recherches et toutes disparitions » étant momentanément fermé. Trop dangereux !

Il lui faut s’inventer une nouvelle identité mais elle a un soucis : Enola est une grande dégingandée, sans atouts « majeurs » bien placés, tout en menton, bref, comme le célèbre Jean-Claude Duss, elle ne peut pas tout miser sur son physique..

Oui, si la demoiselle a hérité d’un patrimoine génétique généreux au niveau de l’intellect, si elle a la ruse du renard et la fougue d’une jeune pouliche non débourrée, elle a une fâcheuse tendance à se déprécier physiquement.

Mais puisqu’il lui faut une nouvelle identité, pourquoi ne pas devenir une Lady raffinée et pleine de charme ? Poupoupidou…

Viola Everseau entre en donc en scène et c’est réussi. La top classe.

Mais pourquoi se déguiser, au fait ? Parce que notre petite amie a une nouvelle enquête et pas des moindres.

Il s’agit en fait de savoir ce qu’il est advenu du docteur Watson qui a disparu. Pour commencer, il faut aller chez son épouse, donc, se déguiser. Vous suivez ?

Nouvelle identité, nouvelle enquête et une nouvelle fois déjouer les manoeuvres de Sherlock qui la cherche, jouer au chat et à la souris, tout en recherchant Watson et sa mère ! Quinze ans et déjà un boulot de malade.

Un véritable chassé-croisé de messages codés, de filatures, de cache-cache entre notre Enola, son grand frère Mycroft, son autre frère Sherlock et la mère d’Enola. Sont fous, ces Holmes !

Quand à Watson, il y est, chez les fous !

Nancy Springer, l’auteur, nous offre une nouvelle plongée dans le Londres victorien bien restitué; nous parle des vêtements (on en apprend un peu plus à chaque tome); les frères Holmes sont assez fidèles aux personnages canoniques, tout en ayant été adaptés.

Enola évolue au fil des tomes, grandit, s’émancipe; l’enquête ne cassera pas la baraque mais elle est plaisante à lire et le charme des ouvrages réside dans la somme de petits détails que nous apprenons sur l’époque, dont ceux sur les droits des femmes.

Quels droits des femmes ? Heu, ben y’en a pas beaucoup, mais nous avons autant de droits qu’un gosse de 10 ans. Ah, 3 féministes qui me lisaient sont tombées dans les pommes et une est allée chercher ses calicots pour monter au front. Hé, on se calme, nous sommes en 1889.

L’auteur, au travers de son personnage, dénonce les absurdités de l’époque, tel que le fait que vous ne pouviez pas laisser entrevoir un soupçon de votre cheville, mesdames ! Par contre, vos robes du soir étaient tellement décolletées qu’elles vous faisaient risquer une pneumonie. A croire que les hommes préféraient admirer la naissance de vos roploplos plutôt que vos chevilles.

Un lecture idéale pour les plus jeunes lecteurs qui voudraient découvrir Sherlock Holmes autrement que par les écrits de Conan Doyle (le détective n’est pas trop dénaturé et son esprit de fin limier, redoutable renard, est bien présent) ou pour des lecteurs plus âgés qui voudraient en apprendre un peu plus sur l’époque, ou lire un roman sans se prendre la tête tout en passant un bon moment de lecture.

Un très bon moment de divertissement littéraire que je viens d’avoir !

Petit bémol : Watson a l’air de ne pas avoir trop de séquelles de son séjour chez les dingos. Pourtant, un léger traumatisme passager aurait ajouté un peu plus de réalisme à cet épisode…

Lu dans le cadre des Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor,  « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « I Love London » de Maggie et Titine, « Le mois anglais » chez Titine. et le challenge « Victorien » chez Arieste.

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Jack l’Éventreur – Tome 2 – Le Protocole Hypnos : Debois & Poupard

Titre : Jack l’éventreur, Tome 2 : Le Protocole Hypnos

Scénariste : François Debois
Dessinateur : Poupard
Édition : Soleil (2013)

DSC_0875Résumé :
Printemps 1889. Plusieurs mois ont passé depuis les événements qui ont ensanglanté Whitechapel et la vie a repris son cours pour tous les miséreux qui y résident.

L’inspecteur Frederick Abberline fait la chasse aux souteneurs, qui ont fait mettre les bouchées doubles à leurs filles pour combler le manque-à-gagner imposé par Jack. Mais son obsession de justice le pousse à des méthodes peu conventionnelles pour Scotland Yard, et son fidèle compagnon George Godley le met en garde. Il est peut-être temps qu’il prenne le large.

Une série de meurtres similaires dans leur mode opératoire à ceux de Jack a été commise à Paris. Tandis qu’Abberline traverse la manche pour débusquer le tueur, Godley est sollicité pour une nouvelle affaire : un docteur retrouvé éventré dans une pièce fermée de l’intérieur. Seul indice : un manuscrit en arcado-cypriote qui contient des révélations troublantes.

Deux enquêtes, deux tueurs. Tout est lié, le protocole Hypnos est la clé et Abberline va devoir affronter l’insoutenable vérité…

Critique :

♫Le soleil vient de se coucher, Encore une belle nuitée, ♫ Il va bientôt arriver… l’ami des prostituées, ♪ Il vient toujours au bon moment, ♪Avec son scalpel qu’il te fou dedans, ♫ L’ami des prostituées, L’ami qui les a éventrées ♪ Il choisit toujours la bonne heure, celle où il n’y a pas de lueur, l’ami du sang qui va gicler, l’ami qui les a tuées ♪

Si en lisant ces lignes vous aviez la chanson de « L’ami Ricoré », et bien, c’est pas faux parce que je me suis basée la-dessus pour mon intro. Me demandez pas d’où ça vient, c’est mon esprit un peu barge qui me souffle des idées.

Bref, nous avions commencé le tome précédent avec l’inspecteur Abberline cloîtré dans le trou du cul du monde, en train de rédiger son journal, nous expliquant son enquête sur l’Éventreur, ses tourments personnels (Abberline) et je me demandais de quel horrible secret il était le dépositaire pour écrire aussi fébrilement.

Là, les révélations allaient arriver et j’avoue que je ne m’attendais pas à ça du tout. A bas les vieilles théories remâchées par tous et place à la nouveauté.

Un truc de dingue, une enquête de fou, des meurtres au Nevada (oui, aux États-Unis) et à Paris qui ressemblent à s’y méprendre à ceux de Jack (qui pourtant a terminé son job à Whitechapel – sa petite entreprise s’exporterait bien et ne connaitrait pas la crise, on dirait) et la population du quartier de Whitechapel qui gronde parce non, rien ne va chez elle.

Les souteneurs ont demandé à leur paripépati… à leurs putes de mettre les bouchés doubles (si je puis me permettre l’expression) pour récupérer le fric perdu durant le règne de Jack… Mais bon, c’est comme en commerce, on ne peut pas doubler le nombre de clients du jour au lendemain !

L’inspecteur Abberline n’est pas au bout de ses surprises, le lecteur non plus, sauf s’il a eu le malheur de lire le 4ème de couverture un peu trop volubile à mon goût puisqu’il déflore une partie du mystère.

Qui a tué ? On murmure que le commissaire Derrick ne serait pas étranger à l’affaire… Hé, vous ne pensez pas que j’allais vous le dire, non ?

Les dessins rendent bien l’atmosphère lourde du quartier de Whitechapel, ils vous montreront l’avenue des Champs-Élysées sans voitures, mais avec des cab et des fiacres et la tour Eiffel en construction en prévision de l’exposition universelle de Paris où on exposait même des indigènes en provenance directe des colonies françaises.

Un bon scénario, inattendu, coup de pied au cul, même. Deux tomes et l’affaire est réglée, sans trainer en longueur.

Le final ? C’est retors, c’est salaud, c’est bien amené, du suspense, des questions, des sueurs froides, les auteurs nous ont mené par le bout du nez et on les a suivi avec plaisir jusqu’à ce dénouement final où on a envie de crier « hé, j’en veux encore un autre, moi ».

Lu dans le cadre des Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor,  « I Love London » de Maggie et Titine, « Le mois anglais » chez Titine. et le challenge « Victorien » chez Arieste.