Mais c’est à toi que je pense : Gary A. Braunbeck [E-Book et papier]

Titre : Mais c’est à toi que je pense                                big_5

Auteur : Gary A. Braunbeck
Édition : Bragelonne (2010)

Résumé :
Pour Thomas, Arnold, Rebecca et Christopher, c’est la fin du supplice. Ils viennent d’échapper à leur tortionnaire, un tueur en série pédophile qui les séquestrait depuis des années.

Mais une nouvelle épreuve les attend : et si on les avait oubliés ? Et si on ne les aimait plus ?

Horriblement défigurés et mutilés, ils ont besoin d’un adulte pour les ramener à leurs parents, que certains n’ont pas vus depuis dix ans… et ils ont choisi Mark.

Critique : 
« Donnybrook » de Franck Bill était sombre et pas pour les enfants… Ce roman mériterait lui aussi un bandeau-titre « À ne pas mettre dans toutes les mains – Âmes sensibles, cassez-vous ! »

Pourtant, au départ, on ne dirait pas que l’on va plonger dans l’horreur.

Déjà, le titre, est à chier (merci les traducteurs « Prodigal blues » méritait mieux que ce titre). Quant à la couverture, elle deviendra magnifique lorsqu’elle prendra tout son sens un peu plus tard dans le récit…

Mark Sieber, agent d’entretien dans un lycée, casse la gueule d’un ado à cause d’une blague d’un mauvais goût.

Un pédophile se promène dans les bois, la nuit, avec un gosse de six ans. Le gamin regarde autour de lui et chuchote: « Il fait vraiment noir ici. J’ai peur. » Le type le dévisage et répond : « Plains-toi ! Ce n’est pas toi qui vas devoir rentrer tout seul ! »

Ok, elle était d’un goût douteux, mais de là à lui massacrer sa gueule ! Sa femme ne le reconnait plus depuis qu’il est revenu du Kansas, il y a quelques jours. Qu’est-ce qui s’est passé, là-bas durant ces quelques jours ??

Alors quoi ? Mark va alors lui raconter toute l’histoire qu’il a vécu…

Tout à commencé quand il revenait de chez sa mère, décédée.

Sur l’autoroute, la voiture prêtée par son beauf tombe en panne, il se fait dépanner, sourit de voir passer plusieurs fois un Minibus Volkswagen argenté tirant une Airstream argentée elle aussi. S’il avait su…

Mark n’a rien d’un héros, pourtant, il a été choisi par 4 enfants pour mener à bien une mission… Les ramener chez leurs parents, eux qui ont disparu depuis des années, séquestrés qu’ils étaient par un pédophile. Une mission importante dont Mark ressortira ébranlé, cassé, laminé, lessivé et en larmes. Le lecteur aussi.

Voilà un roman noir qui vous prendra aux tripes – si vous en avez au départ – et qui vous laissera les tripes vidées ou nouées à la fin.

Sans jamais sombrer dans le pathos ou dans les descriptions horribles et gratuites, l’auteur nous racontera, au travers de ces quatre enfants, les supplices et le calvaire qu’ils ont vécu durant leur captivité chez Grendel, leur tortionnaire pédophile.

L’odeur me frappa de plein fouet, pas uniquement les exhalaisons habituelles d’un être humain, bien que l’odeur de pisse et de merde se suffise à elle-même. La puanteur des corps était insoutenable – des effluves de viandes avariée, moite, une présence invisible, presque physique, du genre qui pénètre chaque couche de l’épiderme, refuse de partir au lavage pendant au moins un mois et s’incruste à jamais dans les narines.

Pour la première scène vidéo, je me doutais que j’allais lire des choses horribles – tout comme Mark se doutait qu’il allait les voir – et j’ai pu blinder mon esprit.

Mais ensuite, je ne me suis pas méfiée et j’ai morflé grave. « Respire, me suis-je dit, ne pense plus à rien, faisons le vide dans mon esprit et »… Non, pas moyen de faire sortir les images de ma tête.

Les enfants ne demandent pas la pitié de Mark, mais juste son aide… La pitié ne servirait à rien : admirons plutôt leur courage et pleurons avec eux les imbécilités de la vie et sur la pâte à modeler (ceux qui l’ont lu comprendront).

La pâte à modeler qui sera la cause d’un grand malheur, mais d’une délivrance aussi. À quoi la vie tient, tout de même.

Un roman sombre, mais prenant, une écriture mêlant adroitement les moments les plus horribles, les plus intenses, avec une note d’humour, qui, croyez-moi, est souvent la bienvenue !

« Grand Dieu. Je me tenais au bord de la route, à quatre heures et demie du matin, débattant tranquillement de la meilleure technique pour contenir la puanteur de corps en décomposition à l’intérieur d’une caravane. Tout marchait comme sur des roulettes ».

« Il donna un brusque coup de volant à gauche afin d’éviter le raton-laveur le plus gras et le plus lent que la terre ait porté (et qui venait apparemment de décider que le milieu de la route était l’endroit parfait pour une petite pause consacrée au léchage de ses parties), mais nous roulions beaucoup trop vite ».

Des personnages tellement attachants qu’on voudrait ne jamais quitter le Minibus Volkswagen. Des enfants déjà si adultes, mais toujours des enfants tout de même, se taquinant, se chamaillant, veillant l’un sur l’autre.

Un méchant – Grendel – qui est présent psychologiquement, son ombre maléfique planant sur le Minibus. Un homme que l’on ne voudrait pas croiser la route. Si semblable à tant d’autres pédophiles sur terre qui sèment le malheur chez les enfants. Bien que lui sois d’un niveau assez élevé point de vue tortures et sadisme.

Ah, qu’il serait agréable de mettre les pédophiles, les prédateurs sexuels, les grands sadiques ou les serial-killer dans la catégorie « Monstres »…

Pourtant, ce sont des humains comme nous. Et c’est là que le bât blesse dans notre conscience : l’idée qu’ils fassent partie de la même espèce que nous ne nous enchante guère. Mais faire d’eux des « monstres » leur donnerait des excuses et nous rassurerait un peu trop sur le genre humain.

— Tu penses réellement que je m’apprête à prendre la vie d’un autre humain ? Ces gras-là ne sont pas humains. Ils ne l’ont jamais été !
— Bien sûr que si ! L’idée de faire partie de la même espèce ne nous enchante peut-être pas, mais ce sont des hommes !

Alors, n’oublions jamais que se sont des êtres humains comme nous et qu’ils sont capables de commettre les pires atrocités. Et ça, ça donne vraiment des sueurs froides.

Je ne sais pas si vous avez déjà eu l’occasion d’observer des photographies de tueurs en série ou de violeurs, mais tous semblent avoir le même regard éteint, froid et détaché, figé sur un ailleurs qui n’appartient qu’à eux, comme s’ils avaient renoncé à vous faire comprendre la logique de leurs actes et se satisfaisaient de contempler une ambition dont vous resterez à jamais indigne.

Si vous avez des tripes, ouvrez ce roman et lisez-le…

Une fois dedans, on ne le lâche plus, on frémit avec eux, on hurle avec eux, on pleure et en n’en ressort pas le même car, même si ceci est une fiction, ces abominations se passent dans le monde réel et ça fait mal.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015),  « Challenge US » chez Noctembule et « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore.

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Donnybrook : Frank Bill

Titre : Donnybrook                                             big_5

Auteur : Frank Bill
Édition : Gallimard (2014)

Résumé :
Bienvenue dans l’Amérique profonde d’aujourd’hui, où les jobs syndiqués et les fermes familiales qui alimentaient les revendications sociales des Blancs ont cédé la place aux labos de meth, au trafic d’armes et aux combats de boxe à mains nues.

Les protagonistes de Frank Bill sont des hommes et des femmes acculés au point de rupture – et bien au-delà. Pour un résultat toujours stupéfiant.

Si le sud de l’Indiana dépeint par Frank Bill est hanté par un profond sentiment d’appartenance à une région qui rappelle le meilleur de la littérature du Sud, ses nouvelles vibrent aussi de toute l’énergie urbaine d’un Chuck Palahniuk, et révèlent un sens de l’intrigue décapant, inspiré de l’écriture noire à la Jim Thompson.

Une prose nerveuse, à vif, impitoyable et haletante, qui fait l’effet à la fois d’une douche glacée et d’un coup de poing à l’estomac.

Critique : 
« Chiennes de vie » n’était déjà pas pour les petits n’enfants, ni pour les âmes sensibles… Je vous rassure de suite, « Donnybrook » ne sera pas pour eux non plus !

Amateurs du ♫ pays joyeux des z’enfants heureux, des monstres gentils ♪ , des Bisounours ou de Mon Petit Poney, je ne vous dirai qu’une chose : Fuyez, pauvres fous !

Par contre, pour moi, voilà encore un livre qui va aller poser ses petites fesses au Panthéon de mes romans noirs préférés.

Au départ, je m’attendais à 240 pages consacrées uniquement au Donnybrook – ce tournoi de combats à poing nus qui se déroule dans le sud de l’Indiana et dont le vainqueur remporte cent mille dollars – imaginant un récit à la façon d’un mauvais film de Van Damme, genre « Bloodsport » ou « Kickboxer », le scénario béton en plus, bien entendu !

Vous savez, un genre de roman qui, à l’instar de ses films, mettrait en scène des combattants qui s’affronteraient dans combats « phases finales à élimination directe » afin d’en arriver aux deux derniers vainqueur du tournoi… qui s’affronteraient enfin dans l’arène ! Une sorte de coupe du monde en version « boxe » au lieu du ballon rond…

Il n’en fut rien ! Ce livre, c’est plus que ça ! C’est mieux que ça ! Bien mieux qu’une description de tous les combats éliminatoires qui auraient saoulé le lecteur, à la fin.

Nos différents protagonistes, avant d’arriver au Donnybrook – de leur plein gré ou pas – vivront quelques aventures assez mouvementées. Et une fois sur place, faudra pas croire qu’ils pourront s’affaler pour manger un hamburger à la viande d’écureuil garantie sans équidé !

« Les spectateurs avaient sorti leurs chaises pliantes, leurs glacières. […] Les feux de camp au-dessus desquels grillaient les poulets, les quartiers de chevreuil, les chèvres, les écureuils, lapins et autres ratons laveurs empestaient l’atmosphère. Il en serait ainsi pendant trois jours. Ils vendraient leur nourriture, accompagneraient les cachetons et la came de grandes rasades de bourbon ou d’alcools de contrebande. Ils regarderaient un vingtaine d’hommes pénétrer sur le ring de cent mètres carrés délimité par du fil barbelé, puis combattre jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un. Ensuite, on appellerait les vingts suivants. Dimanche, les vainqueurs de chaque groupe s’affronteraient. Seul le gagnant demeurerait debout. La gueule en sang, édenté, il attendrait de récupérer son dû en espèces ».

L’écriture est sèche comme un muscle de combattant, nerveuse comme un chien de combat qui sent le sang sans cesse, piquante comme si vous embrassiez un hérisson (et pas sur le ventre !), le tout sur un fond de crise économique agrémenté de quelques métaphores choc ou de philosophie très particulière.

« Il se répandit au sol comme le liquide amniotique d’entre les jambes d’une femme enceinte ».

— Pas le temps de philosopher sur ta conception tordue des rapports humains. Certains ont la bite de traviole, d’autres l’ont bien droite, mais tout le monde l’utilise pour baiser.

Le tout nous donnera une couleur aussi joyeuse que le costume d’un croque-mort dans Lucky Luke.

« Le rêve américain avait vécu, puis il s’était perdu. A présent, travailler aux États-Unis signifiait juste que vous étiez un numéro qui essayait de gagner un peu plus de fric pour ceux d’en haut. Et si vous en étiez incapable, il existait d’autres numéros pour prendre votre place ».

Nous sommes face à un roman noir, sans complaisance aucune…

— Mettez-lui une balle dans la tête, ordonna McGill. On la donnera à bouffer aux cochons. De toute façon, elle est foutue.

Niveau personnages, on pourrait faire un grand trou et les mettre tous dedans pour les recouvrir ensuite, vivants, de terre ! Même le shérif m’a donné envie de vomir, alors que je le trouvais sympa. Le personnage de Gravier m’a fortement touché, par contre…

Quant à Johnny « Marine » Earl, il est un des personnages un peu moins « sordide » que les autres.

Du moins, dans la masse des autres, il y a encore un peu d’espoir pour ce père de famille qui aime ses gosses et sa femme et veut leur offrir une vie meilleure. À n’importe quel prix : la fin justifiant l’utilisation de moyens pas réglos du tout !

Ce que les personnages vivront ressemblera plus à une descente en enfer qu’à un voyage de plaisance. Nous sommes à mille lieues de l’excursion d’Antoine Maréchal (Bourvil) qui emmenait, de Naples à Bordeaux, la Cadillac remplie d’héroïne de Saroyan (de Funès).

À propos d’héroïne, vous aurez tous les ingrédients qui entrent dans la fabrication de la meth. Admirez l’enchainement… Vous aurez même une héroïne bad girl qui a un réchaud Butagaz entre le jambes et que ne sent bien qu’avec une merguez là où je pense (et où vous pensez aussi).

« Le pharmacien l’avait ramenée dans sa maison style ranch […] Liz l’avait baisé à fond. Eldon [le pharmacien] avait été obligé de s’asseoir pour pisser pendant une semaine. Il avait peur de se réveiller avec la gaule depuis que Liz lui avait mis le dard à vif ».

« Tout ce qu’elle voulait dans la vie, c’était avoir assez de meth, de cigarettes et de Bud pour passer la journée. Et puis une bite bien raide pour satisfaire sa soif de contact humain ».

Quand je vous disais que ce n’était pas pour les gosses ou les âmes sensibles !

Ici, ça bastonne, ça flingue, ça trucide, ça torture, ça plante le frangin, ça baise à tout va, ça arnaque ou plus, si affinités, le tout sans foi, ni loi, ni morale : manger ou être mangé ! Tuer ou être tué…

Un auteur que je vais suivre à la trace, guettant sa prochaine publication…

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), Le « Challenge US » chez Noctembule, le « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore, « La coupe du monde des livres » chez Plume de Cajou (un de mes gardiens de but) et « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence »..

BIBLIO - Pedigree PAL

Un intérêt particulier pour les morts : Ann Granger

Titre : Un intérêt particulier pour les morts                          big_3-5

Auteur : Ann Granger
Édition : 10-18 (2013)

Résumé :
Nous sommes en 1864 et Lizzie Martin accepte un poste de dame de compagnie à Londres auprès d’une riche veuve qui est aussi une propriétaire de taudis. Lizzie est intriguée d’apprendre que la précédente dame de compagnie a disparu, apparemment après s’être enfuie avec un inconnu.

Mais quand le corps de la jeune fille est retrouvée dans les décombres de l’un des bidonvilles démolis récemment autour de la nouvelle gare de St Pancras, Lizzie commence à se demander ce qui s’est passé.

Elle renoue avec un ami d’enfance, devenu l’inspecteur Benjamin Ross, et commence à enquêter avec son aide, au péril de sa vie, pour découvrir la vérité sur la mort de la jeune fille dont le sort semble étroitement lié au sien.

Critique : 
En l’an de grâce 1864,  Elizabeth Martin (Lizzie), 29 ans quitte son Derbyshire pour monter à la capitale afin de jouer à la dame de compagnie auprès d’une riche veuve.

Pourquoi ? Parce que son père, médecin fort apprécié dans la région, est décédé il y a peu de temps, la laissant sans un rond… À force d’aider son prochain, il en a oublié de laisser à sa fille de quoi subvenir à ses besoins. C’était un homme bien qui se dit « Charité bien ordonnée devait commencer par les autres ».

— C’est un petit garçon qui est mort, dis-je. Un tout petit garçon, n’est-ce pas papa ?
Mon père se tourna vers moi et je crois que c’est seulement à cet instant qu’il s’aperçut de ma présence.
  — Oh, Lizzie…
Puis, secouant la tête :
  — Oui, un tout petit enfant. Plus jeune que toi, je pense.
  — Que faisait-il à la mine ? demandais-je. Il n’était tout de même pas assez grand pour extraire le charbon ! (…)
  — N’oublie jamais ce que tu as vu aujourd’hui. Souviens-toi que cela représente le vrai prix du charbon.

Dans cette Angleterre rigide des années 1860, la femme n’a pas la place qu’elle mérite. Elle doit juste fermer sa bouche et tenir sa maisonnée, tout en pondant quelques marmots (les riches en faisant moins que les très pauvres).

Lizzie a 29 ans, pas mariée, c’est donc une vieille fille, pour l’époque. De plus, elle a du mal à tenir sa langue et n’est pas ce que l’on peut dire « jolie ». Bref, elle risque de voir pousser les toiles d’araignée entre ses jambes, la pauvre. De plus, à cette époque, s’envoyer en l’air en dehors des liens du mariage est trèèèès mal vu !

1864… C’est aussi à cette époque que l’on rasa des taudis afin de bâtir la future gare de Saint-Pancras. Et les gens qui y survivaient ? Mais enfin, tout le monde s’en moque ! Vous pensez bien, des pauvres… Le capitalisme n’est pas une invention de notre siècle et on nous le démontrera dans le roman.

L’arrivée de Lizzie dans la ville de Sherlock Holmes (en 1864, il était tout gamin et vivait à la campagne) n’est pas de tout repos ! Voilà que le fiacre qui l’emmène chez la vieille peau croise la route d’un tombereau avec le cadavre d’une jeune femme dessus !

Coïncidence malheureuse, le cadavre est celui de la précédente dame de compagnie qui avait disparu, apparemment en s’enfuyant avec un inconnu.  Rhôôô, très mal vu à l’époque ! Petite dévergondée, va ! Elle brûlera dans les flammes de l’Enfer, selon le Dr Tibbet, gardien de la moralité devant l’Éternel (passez-moi mon AK47, s’il vous plaît, merci).

Lizzie, en digne émule de Sherlock Holmes et du couple Charlotte et Thomas Pitt auquel elle ressemble un peu, va enquêter sur cette affaire où se mêlent d’étranges coïncidences…

Coup de bol, l’inspecteur principal est une lointaine connaissance du Derbyshire et il voue à Lizzie une admiration sans borne. Non, pas de scènes de sexe torride dans le roman, désolée.

Certes, l’intrigue n’est pas recherchée comme celles d’Agatha Christie, certes, l’inspecteur Ben Ross n’est pas Holmes, mais ce fut un véritable plaisir de découvrir cette nouvelle venue dans le polar historique victorien !

Personnages agréables – certains étant détestables, mais c’est ce qui fait le sel de l’histoire – un majordome un peu louche avec sa manie de surgir partout, sa femme qui a tout du dragon, des personnages suspects, des rigides, des collets montés ou bon à jeter dans la Tamise, la panel est varié et bien représenté.

L’époque est bien restituée, il ne manquait plus que le bruit des roues des fiacres, la sensation du brouillard et l’odeur putride des taudis !

« Le brouillard se refermait sur moi, m’enveloppait aussi sûrement qu’un nouveau-né. Et comme un nouveau-né, je regardais le monde avec étonnement, incapable de différencier le nord du sud et l’est de l’ouest, et tout juste le haut du bas. Étais-je en train de monter une légère pente ? Descendais-je une ruelle ? J’avais cru me trouver dans une rue parallèle à Oxford Street ; peut-être étais-je en train de m’éloigner. Je n’entendais aucun bruit de circulation, le brouillard émoussait tous les sons ».

Bon point, je n’avais pas vu venir le (la) coupable à la fin !

Le seul bémol sera à attribuer à l’imprimeur qui, une fois arrivé à la page 216 passe à la 145 ! Abus d’alcool ou manque de café, tout rentre dans l’ordre à la 241 mais il me manque l’histoire qui s’est passée durant ces 25 pages manquantes !

Sans transcender le genre, ce polar ce lit avec grand plaisir et je me demande bien ce que les autres tomes nous réservent. En tout cas, ce sera avec moi !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, Challenge « Victorien » chez Arieste, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore.

Ashworth Hall : Anne Perry

Titre : Ashworth Hall                                       big_3

Auteur : Ashworth Hall  
Édition :  10/18

Résumé :
En cette fin de XIXe siècle, les dissensions politiques et religieuses en Irlande n’en finissent pas d’empoisonner le gouvernement britannique ; la guerre civile menace.

Une rencontre secrète est alors organisée entre protestants et catholiques irlandais dans le superbe manoir d’Ashworth Hall, et le commissaire Pitt se voit contraint d’assurer, en toute discrétion, la sécurité du lieu.

Aidé de l’inspecteur Tellman et de sa femme Charlotte, Pitt surveille le déroulement de cet événement à hauts risques tandis que la tension monte entre les invités.

Lorsque l’un des convives est assassiné, l’atmosphère du château pourrait bien tourner à l’explosion de violence et mettre en péril la paix de tout le royaume.

Critique : 
Qui a commencé entre les O’Timmins et les O’Hara ? Nous ne le saurons jamais avec certitude, mais entre les Irlandais catholiques et les Irlandais Protestants, l’entente n’est pas au beau fixe…

Un peu comme dans « Les rivaux de Painful Gulch » de Morris… L’humour en moins, bien entendu. Quant à leur entente avec les Anglais… Là, c’est tout aussi pire ! Toutes ces querelles sont comme des pelotes de laine dont on ne sait plus trop où se trouve le bout.

— Oublions le passé, Gracie. Nous ne devrions pas non plus être là où nous sommes. Ici se sont succédé les Normands, les Vikings, les Danois, les Romains. Les Écossais, au départ, venaient d’Irlande.
— Non, Madame, les Écossais viennent d’Écosse, la contredit Gracie.
Charlotte secoua la tête.
— En Écosse, il y avait les Pictes. Les Écossais venus d’Irlande les ont chassés de leurs terres. […]
— Bon alors, si les Écossais venaient d’Irlande et ont envahi l’Écosse, d’où y viennent, les Irlandais ? Pourquoi ils peuvent pas s’entendre, comme tout le monde ?
— Parce que certains Écossais protestants ont été chassés par les Anglais et sont retournés en Irlande, où la majorité de la population, entre-temps, était devenue catholique.

Au XIXème, déjà, les dissensions politiques et religieuses entre catho et protestants en Irlande n’en finissaient pas d’empoisonner le gouvernement britannique car la guerre civile menaçait de se déclarer entre les deux factions.

Que faire ? Tenter d’apaiser les tensions à l’aide d’une secrète réunion  entre protestants et catholiques irlandais, sans omettre dans le lot des modérés et un médiateur. Le médiateur ayant déjà reçu des menaces de morts, il faut le protéger discrètement…

Par qui ? Par le commissaire Pitt, pardi ! Où ? Dans le superbe manoir d’Ashworth Hall, demeure d’Emily, la sœur de sa femme Charlotte. Comment ? En toute discrétion, je vous prie ! Les déguisements « robes de soirées » et « smoking » seront de rigueur.

Voilà Pitt déguisé en bodyguard… Kevin Costner était bien plus efficace dans le rôle car le médiateur Greville s’est noyé dans sa baignoire, le tout à l’insu de son plein gré ! Un meurtre, oui, c’est bien cela. Ah c’est bête, comment on va faire, maintenant, pour la réunion, hein ?

Pour une fois, nous n’arpenterons pas les ruelles de Londres, nous ne prendrons pas le thé chez les ladys car nous sommes dans un huis-clos !

Le meurtre a eu lieu et la directive est « Que personne ne sorte ». Pitt, aidé de son second, Tellman (au départ, déguisé en valet peu coopératif), doit résoudre ce meurtre dans les plus brefs délais avant que l’ambiance ne tourne à l’explosion (dans tous les sens du terme).

Ici, pas de ladys dans le sens premier du terme – vous savez, celles qui boivent du thé – mais des irlandaises catho ou protestantes qui se regardent en chiens de faïence. Pas évident, dès lors, de trouver un sujet de conversation qui ne soit pas sujet à controverses ou à disputes. Hormis parler de la pluie et du beau temps, ou chiffons, il ne reste pas grand-chose comme sujets de discussion à l’hôtesse et à sa sœur Charlotte.

Entre leurs maris ou leurs frères, l’ambiance n’est pas mieux, je dirais même qu’elle est plus tendue que le « matériel » d’un acteur porno sur le point d’entrer dans… heu, en action !

Chacun se renvoie la faute, certains se vautrent dans le statut de victimes, d’autres dans les lits qui ne sont pas les leur et on se demande s’ils ont vraiment le désir d’arranger leurs différents où s’ils ne préfèrent pas mieux que tout continue, afin d’avoir encore une cause pour laquelle mourir ou des légendes fausses à raconter.

— Vous n’êtes qu’une Anglaise arrogante, qui se moque bien de savoir que les Irlandais meurent de faim par votre faute ! Vous me rendez malade. Pas étonnant que l’on vous déteste !
— J’ai jamais dit qu’on avait raison, dit Gracie d’un ton las. Je dis seulement qu’Alexander Chinnery a pas tué Neassa Doyle et que vous mentez depuis trente ans, parce que ce mensonge sert votre cause. Vous arriverez jamais à faire la paix, parce que ça vous plaît d’être des victimes. Moi, j’ai pas envie de dire que tous mes malheurs, c’est de la faute des autres. Ça voudrait dire que je suis une marionnette qu’on manipule comme on veut.

Cela m’a changé de mes habituels « Charlotte Pitt » de rester à l’intérieur d’un manoir et de voir les gens prêts à se sauter à la gorge au nom d’une cause.

Le côté politique m’a bien plu et j’ai appris des choses durant ma lecture en suivant les flèches décochées par chaque camp. Entre nous, vu leur comportement, ils donnaient envie de pleurer, vu leur incommensurable bêtise.

— Et si Mr. Doyle et Mr. O’Day connaissaient la vérité, ils changeraient peut-être d’attitude, non ? demanda gracie avec une pointe d’espoir dans la voix.
— Non, répondit Charlotte sans hésiter. Cela signifierait que leur famille leur a menti. Ce n’est jamais bon à apprendre.
— Même si c’est la vérité ?
— Surtout si c’est la vérité.

Conseil, si vous le lisez, faites comme moi : prenez des notes lors de la présentation des personnages afin de vous y retrouver dans les noms des Irlandais catho ou protestants ! Sans cela, vous risquez d’être perdu et de ne pas profiter aussi bien du récit.

Bien que j’ai deviné de suite qui était plus louche que les autres, bien que je ne me sois pas trompée dans les noms des coupables, non seulement ça n’a pas gâché mon plaisir, mais je dois confesser que j’avais tout de même fait une petite erreur de jugement…

Un roman court, différent des autres, mais qui se lit tout seul, le tout dans une ambiance assez houleuse additionnée d’un huis-clos explosif !

♫ J’ai voulu planter un oranger
Là où la chanson n’en verra jamais ♪
Là où les arbres n’ont jamais donné ♫
♪ Que des grenades dégoupillées ♫

Lu dans le cadre du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), du Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), du Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, de l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur, du Challenge « Victorien » chez Arieste, du Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Ma PAL fond au soleil » chez Métaphore et, last but not least, d’une LC chez Bianca.

CHALLENGE - Ma PAL Fond au soleil

Le « Mois Anglais 2014 » : Bilan de mes publications

Oui, Titine, Cryssilda & Lou avaient de nouveau osé m’inviter au célèbre « Mois Anglais » qui se déroule chaque année en juin…

C’est surtout Titine qui est la plus folle ou celle qui aime vivre le plus dangereusement, parce qu’elle avait déjà eu un aperçu de ce dont j’étais capable quand on me poussait un peu… Le « Mois anglais » 2013

Là, à cause de moi, elles doivent être en burn-out quelque part…

En 2013, j’avais déjà cartonné avec 36 fiches, mais cette année, j’ai pulvérisé les compteurs avec 62 fiches !

Sans oublier que la plupart de ces billets entrent aussi dans les challenges « I Love London », dans le « Victorien », dans le « XIXème siècle », le « Polar historique », le  « Thrillers & polars » et le « Sherlock Holmes ».

  • 11 mangas (Black Butler – City Hall)
  • 1 bédé (Sherlock Holmes : Crimes Alley 2)
  • 10 romans
  • 2 séries télé (Whitechapel – Ripper Street)
  • 1 téléfilm en deux parties (Jack The Ripper)
  • 2 films sur Jack The Ripper (From Hell – Murder by decree)
  • 16 articles sur Jack The Ripper (de mon cru)
  • 13 articles sur Sherlock Holmes (de mes petites mains)
  • 6 articles sur la série Granada (Sherlock Holmes) : 1 pour l’intor et 5 sur les épisodes.

Bilan du Mois Anglais 2014 – Tous les billets par ordre de parution :

  1. City Hall – Tome 1 : Lapeyre (relecture jamais fait de fiches)
  2. Le vrai journal de Jack l’Éventreur : Bob Garcia
  3. Sherlock Holmes Crime Alleys – Tome 2 – Vocations forcées : Cordurié
  4. City Hall – Tome 2 : Lapeyre (relecture jamais fait de fiches)
  5. City Hall – Tome 4 : Lapeyre
  6. Elephant Man – La véritable histoire de Joseph Merrick  : Howell & Ford
  7. Black Butler – Tome 1 : Yana Toboso (relecture jamais fait de fiches)
  8. Ripper Street – Saison 2 : Série
  9. Les mois d’avril sont meurtriers : Robin Cook
  10. Jack The Ripper – Intro
  11. Black Butler – Tome 2 : Yana Toboso (relecture)
  12. Jack The Ripper – 1. Petite histoire de l’East End
  13. Jack The Ripper – 2. Première victime : Mary Anne Nichols
  14. Jack The Ripper – 3. Mais que fait la police ?
  15. Black Butler – Tome 3 : Yana Toboso (relecture)
  16. Black Butler – Tome 4 : Yana Toboso (relecture)
  17. Jack The Ripper –  4. Deuxième victime : Annie Chapman
  18. From Hell : Film d’Albert et Allen Hughes (2001)
  19. J’étais Dora Suarez : Robin Cook
  20. Élémentaire mes chers parents : Pardheilla
  21. Jack The Ripper – 5. Les Lettres : « Dear Boss » – « From Hell » & « Saucy Jack »
  22. Jack The Ripper –  6. Troisième victime : Elizabeth Stride
  23. Black Butler – Tome 5 : Yana Toboso (relecture)
  24. Black Butler – Tome 6 : Yana Toboso (relecture)
  25. Meurtre par décret – Murder by decree : Film Bob Clark (1979)
  26. Jack The Ripper – 7. Quatrième victime : Catherine Eddowes
  27. Black Butler – Tome 7 : Yana Toboso (relecture)
  28. Black Butler – Tome 8 : Yana Toboso (relecture)
  29. Jack The Ripper – 8. ♫ Presse qui roule, nous casse les couilles ♪
  30. Jack The Ripper –  9. Mais que fout la police ??? [PART I]
  31. Jack The Ripper –  9. Mais que fout la police ??? [PART II]
  32. Jack The Ripper –  9. Mais que fout la police ??? [PART III & fin]
  33. Jack The Ripper – 10. Cinquième victime : Mary Jane Kelly
  34. Jack The Ripper – 11. Une légende était née : surnom
  35. Adieu demain : Michael Mention
  36. Jack The Ripper – 12. Mode opératoire, théories, suspects… [FIN]
  37. Sherlock Holmes – The Consulting Detective : Intro
  38. Sherlock Holmes – 1. Sherlock Holmes en long et en large
  39. Sherlock Holmes – 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.1. AMOUR
  40. Retour à Whitechapel : Michael Moatti
  41. Sherlock Holmes – 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.2 SEXE
  42. Sherlock Holmes – 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.3 DROGUES
  43. Sherlock Holmes – 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.3.1 Mister Sherlock et docteur Holmes
  44. Jack The Ripper – 13. Reportages Télé
  45. Sherlock Holmes – 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.4 ♫ ROCK’N ROLL♪
  46. Sherlock Holmes – 3. Holmes travestit
  47. Sherlock Holmes – 4. Gédéon Theusmanie ?
  48. Whitechapel : Série (2009)
  49. Sherlock Holmes – 5. Sherlock Holmes – Qui a dit « Sale caractère » ? [Part 1]
  50. Sherlock Holmes – 6. Sherlock Holmes – Qui a dit « Sale caractère » ? [Part 2]
  51. Sherlock Holmes – 7. Sherlock Holmes – Pour conclure (dans le foin ?)
  52. Sherlock Holmes – 8. Sherlock Holmes en bref…
  53. Le livre rouge de Jack l’Éventreur : Stéphane Bourgoin
  54. Sherlock Holmes : Série Granada [Intro]
  55. 1. Sherlock Holmes : Un scandale en Bohème – A scandal in Bohemia
  56. Jack The Ripper : Téléfilm en deux parties (1988)
  57. Comment vivent les morts : Robin Cook
  58. 2. Sherlock Holmes : Le ruban moucheté – The Speckled Band (Granada)
  59. 3. Sherlock Holmes : Les Hommes Dansants – The Dancing Men
  60. 4. Sherlock Holmes : La Ligue des Rouquins – The Red-Headed League
  61. 5. Sherlock Holmes : L’Escarboucle Bleue – The Blue Carbuncle
  62. Jack l’Éventreur démasqué – L’enquête définitive : Sophie Herfort

Bilan Mois Anglais par « genre » :

1. Romans (10 billets) : 4 sur l’Éventreur – 1 Sherlock Holmes

  1. Le vrai journal de Jack l’Éventreur : Bob Garcia
  2. Elephant Man – La véritable histoire de Joseph Merrick  : Howell & Ford
  3. Les mois d’avril sont meurtriers : Robin Cook
  4. J’étais Dora Suarez : Robin Cook
  5. Élémentaire mes chers parents : Pardheilla
  6. Adieu demain : Michael Mention
  7. Retour à Whitechapel : Michael Moatti
  8. Le livre rouge de Jack l’Éventreur : Stéphane Bourgoin
  9. Comment vivent les morts : Robin Cook
  10. Jack l’Éventreur démasqué – L’enquête définitive : Sophie Herfort

2. Films et téléfilms (3 billets) : Jack l’Éventreur

  1. From Hell : Film d’Albert et Allen Hughes (2001)
  2. Meurtre par décret – Murder by decree : Film Bob Clark (1979)
  3. Jack The Ripper : Téléfilm en deux parties (1988)

3. Séries (7 billets) : 2 sur « Jack » et 5 sur « Sherlock Holmes »

  1. Ripper Street – Saison 2 : Série
  2. Whitechapel : Série (2009)
  3. Sherlock Holmes : Un scandale en Bohème – A scandal in Bohemia
  4. Sherlock Holmes : Le ruban moucheté – The Speckled Band (Granada)
  5. Sherlock Holmes : Les Hommes Dansants – The Dancing Men
  6. Sherlock Holmes : La Ligue des Rouquins – The Red-Headed League
  7. Sherlock Holmes : L’Escarboucle Bleue – The Blue Carbuncle

4. Mangas (11 billets)

  1. City Hall – Tome 1 : Lapeyre (relecture jamais fait de fiches)
  2. City Hall – Tome 2 : Lapeyre (relecture jamais fait de fiches)
  3. City Hall – Tome 4 : Lapeyre
  4. Black Butler – Tome 1 : Yana Toboso (relecture jamais fait de fiches)
  5. Black Butler – Tome 2 : Yana Toboso (idem)
  6. Black Butler – Tome 3 : Yana Toboso
  7. Black Butler – Tome 4 : Yana Toboso
  8. Black Butler – Tome 5 : Yana Toboso
  9. Black Butler – Tome 6 : Yana Toboso
  10. Black Butler – Tome 7 : Yana Toboso
  11. Black Butler – Tome 8 : Yana Toboso

5. Sherlock Holmes canonique (13 billets)

  1. Sherlock Holmes – The Consulting Detective : Intro
  2. 1. Sherlock Holmes en long et en large
  3. 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.1. AMOUR
  4. 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.2 SEXE
  5. 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.3 DROGUES
  6. 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.3.1 Mister Sherlock et docteur Holmes
  7. 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.4 ♫ ROCK’N ROLL♪
  8. 3. Holmes travestit
  9. 4. Gédéon Theusmanie ?
  10. 5. Qui a dit « Sale caractère » ? [Part 1]
  11. 6. Qui a dit « Sale caractère » ? [Part 2]
  12. 7. Pour conclure (dans le foin ?)
  13. 8. Sherlock Holmes en bref…

6. Sherlock Holmes : série Granada (6 billets) : 5 épisodes + 1 intro

  1. Sherlock Holmes : Série Granada [Intro]
  2. Un scandale en Bohème – A scandal in Bohemia
  3. Le ruban moucheté – The Speckled Band (Granada)
  4. Les Hommes Dansants – The Dancing Men
  5. La Ligue des Rouquins – The Red-Headed League
  6. L’Escarboucle Bleue – The Blue Carbuncle

7. Jack The Ripper (16 billets)

  1. Jack The Ripper – Intro
  2. 1. Petite histoire de l’East End
  3. 2. Première victime : Mary Anne Nichols
  4. 3. Mais que fait la police ?
  5. 4. Deuxième victime : Annie Chapman
  6. 5. Les Lettres : « Dear Boss » – « From Hell » & « Saucy Jack »
  7. 6. Troisième victime : Elizabeth Stride
  8. 7. Quatrième victime : Catherine Eddowes
  9. 8. ♫ Presse qui roule, nous casse les couilles ♪
  10. 9. Mais que fout la police ??? [PART I]
  11. 9. Mais que fout la police ??? [PART II]
  12. 9. Mais que fout la police ??? [PART III & fin]
  13. 10. Cinquième victime : Mary Jane Kelly
  14. 11. Une légende était née : surnom
  15. 12. Mode opératoire, théories, suspects… [FIN]
  16. 13. Reportages Télé

La Voix : Arnaldur Indridason

Titre : La Voix                                                              big_4

Auteur : Arnaldur Indridason
Édition : Points (2008)

Résumé :
Mauvaise publicité pour l’hôtel de luxe envahi par les touristes ! Le pantalon sur les chevilles, le Père Noël est retrouvé assassiné dans un sordide cagibi juste avant le traditionnel goûter d’enfants.

La direction impose la discrétion, mais le commissaire Erlendur ne l’entend pas de cette oreille.

Déprimé, assailli par des souvenirs d’enfance douloureux, il s’installe dans l’hôtel et en fouille obstinément les moindres recoins…

 

Critique :
♫ Petit Papa Noël ♪ Toi qui as descendu ton pantalon ♫ Pour te faire câliner ton joujou ♫ Tu n’as pas oublié ton p’tit caoutchouc ♫ Mais avant de jouir, ton torse s’est fait occire ♫ Planté par un couteau… ♫ Ça a fait r’tomber ton poireau ♫ Ton p’tit imper anglais… ♪ S’est mis à flotter sur ta hampe ♫

Un sacré gros coup d’mou qu’il a eu le Père Nowel ! Dans tous les sens du terme… Alors qu’il était occupé  à se faire tutoyer la clarinette, il s’est fait trucider d’un coup de surin.

C’est avec le pantalon sur les chevilles, les couleurs en berne et la capote pendouillant sur son membre tout aussi raplapla qu’il fut trouvé par une des nettoyeuses de l’hôtel.

Son pantalon était baissé. Un préservatif pendouillait sur son membre.
— Quand tu descendras du ciel, avec tes… chantonna Sigurdur Oli en regardant le cadavre.

Lorsque le commissaire Erlendur Sveinsson et son équipe arrive, c’est dans cette attitude un peu grotesque qu’il découvre Gudlaugur, l’homme à tout faire d’un hôtel de luxe de Reikjavik, et qui jouait aussi au Père Nowel pour les enfants.

Un homme qui vivait seul, logeait dans un cagibi de l’hôtel et avait peu d’amis, pour ne pas dire « aucun » et apparemment pas de famille. Alors, pourquoi s’est-il fait tuer ? Et par qui ?? Par la dame qui officiait à genoux ? Monica Lewinsky serait-elle suspecte ?

L’enquête est assez lente, comme dans tous les romans de l’auteur et on s’attache ici beaucoup plus au commissaire Erlendur qu’aux autres membres de l’équipe – Elinborg et Sigurdur Oli – qui eux, ne pensent qu’aux fêtes de Noël.

[Note pour moi-même : éviter de lire des romans « période de Noël » lorsqu’on est en vacances sous le soleil, ça l’fait moins, niveau climat !]

On en apprendra plus aussi sur la disparition du petit frère du commissaire ainsi que sur sa fille Eva Lind, sur leurs difficultés relationnelles et les questions que sa fille se pose sur ce père trop taiseux.

« La femme en vert » avait des chapitres alternés, nous faisant découvrir la vie d’une famille, pareil pour « La cité des jarres » qui nous parlait de la guerre froide… Ne voyant rien venir ici, j’avais pensé que ce roman n’aurait pas cette profondeur qui m’avait plu dans les autres.

Et bien, je me trompais, il y avait de la profondeur et beaucoup de tristesse dans le personnage de Gudlaugur, dans son enfance et sa vie. Je regrette de n’avoir connu ce personnage qu’au travers de sa mort.

— Non, plus personne ne se rappelle qui était Gudlaugur, regretta Erlendur.

Claustrophobe, attention, ce roman est un huis-clos entre les murs de l’hôtel… Erlendur, n’en ayant rien à faire des fêtes de Noël, va se louer un chambre dans cet hôtel qui se veut luxueux mais dont le chauffage est défectueux et où le personnel n’est pas toujours aussi clean que ses chambres.

Roman glauque aussi de par ses sujets abordés : meurtres, prostitution, pédophilie, drogues, jalousies, et coups bas chez les têtes blondes.

Les fausses pistes sont au menu aussi, et j’ai adoré me faire mener en bateau.

Ce roman m’a aussi surpris par son coupable, habituée que j’étais à ressentir de l’empathie pour les meurtriers des romans d’Indridasson.

Et puis, événement international, il y a quelques touches d’humour qui m’ont bien fait sourire…

— Pour l’amour de Dieu, supplia le directeur en serrant son mouchoir et en adressant à Erlendur un regard implorant. Il s’agit seulement du portier.
Erlendur se fit la réflexion que dans cet hôtel-là, Marie et Joseph n’auraient jamais obtenue de chambre.

— Je n’ai pas les idées aussi mal placées que toi, répondit Sigurdur Oli en jetant un regard à Erlendur.
— Les idées mal placées ! Est-ce que le Père Noël avec le pantalon baissé et une capote sur la quéquette serait sorti de mon imagination ?

Erlendur faisait de son mieux pour faire abstraction de sa poitrine mais avait bien du mal à s’empêcher de la regarder. Il n’avait jamais vu des seins aussi gros sur un corps aussi fin et fluet.

Erlendur ne put pas s’empêcher de poser la question :
— Vous avez vraiment besoin de toute cette poitrine ?
— Vous ne trouvez pas qu’ils sont beaux ? répondit-elle en les remontant pour les exposer avec toutefois une grimace. Ces coutures me font souffrir le martyre, soupira-t-elle.
— Si, et en plus ils sont… gros, la consola Erlendur.
— Et flambants neufs ! renchérit Stina toute fière.

Ainsi que de nombreux moments qui m’ont plus touchés.

Pas aussi merveilleux que « La femme en vert », mais ce roman possède des qualités qui font de lui un très grand roman fort sombre.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Grand Prix de la Littérature Policière 2007), Challenge « Nordique » chez Mes chroniques Littéraires et « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Metaphore.

Jack l’éventreur démasqué – L’enquête définitive : Sophie Herfort

Titre : Jack l’éventreur démasqué : L’enquête définitive             big_4

Auteur : Sophie Herfort
Édition : Points (2008)

Résumé :
Ceci est une histoire vraie. En 1888, la police retrouve le corps lacéré d’une prostituée en pleine rue. Après Polly, quatre autres seront assassinées. Alors que Scotland Yard investigue, les journaux s’enflamment, les suspects se multiplient, la police n’avance pas…

Cent vingt ans après, l’enquête menée par Sophie Herfort est sans appel : Jack l’Éventreur a désormais un nom.

Critique : 
Sophie Herfort aurait-elle bel et bien répondu à cette vieille énigme qui a plus de 100 ans ? 126 ans, même.

C’est en tout cas ce qu’elle va tenter de nous démontrer… et je demandais à voir ! Voilà qui est fait.

Doit-on classer cette affaire pour autant ? Est-elle vraiment définitive ? Peut-on retourner à nos petites affaires maintenant que le voile est levé sur l’identité du tueur de Whitechapel, prénommé « Jack The Ripper » ??

Nous allons tenter de répondre à tout cela ! En tout cas, moi, j’étais curieuse de savoir ce que l’auteure allait nous proposer comme coupable et comme théorie, mobile, preuves…

Petits bémols en ce qui me concerne : j’avais regardé dernièrement deux documentaires sur l’Éventreur (merci le Net !) et l’auteure, en tant qu’invitée, avait parlé de « son » coupable, des ses motivations et parlé de quelques preuves, faits troublants… Oups, j’aurais dû lire le livre plus vite, moi.

De plus, après avoir « travaillé » en juin sur le tueur de Whitechapel dans le but de réaliser des petits articles sur les meurtres, après avoir lu des tas d’articles, regardé des documentaires, fouillé le Net et lu « Le livre rouge de Jack l’Éventreur » de Bourgoin, j’avais un peu l’overdose des faits de 1888 dont l’auteur nous sert en début de son livre !

Je vous rassure de suite, les conditions de vie de l’East End, les récits des meurtres et de l’enquête se déroule sur 85 pages très bien écrites (du mieux que l’on peut avec des faits historiques), ne laissant pas place à l’ennui, sauf si vous connaissez tout cela et que tout est encore frais dans votre mémoire. Mais même, j’ai relu avec plaisir.

Alors, son enquête ? Elle commence à la page 91, elle est clinique, précise, fouillée, travaillée. Je suis sciée.

Si Patricia Cornwell donnait l’impression dans son livre « Jack l’éventreur : Affaire classée » d’avoir réuni tous les indices qui pouvaient incriminer le peintre Sickert afin qu’ils collent à sa théorie, ici, ce n’est pas le cas.

Walter Sickert n’est pas Jack l’Éventreur ! La démonstration de Patricia Cornwell présente une faille majeure : l’enquête repose essentiellement sur une analyse de l’ADN mitochondrial recueilli sur les lettres écrites par Sickert et sur d’autres présumées de la main de l’Éventreur. Les deux concorderaient. Or, selon les experts, la probabilité qu’un élément de n’importe quel échantillon d’ADN mitochondrial puisse coïncider avec un autre échantillon serait élevé et concernerait jusqu’à dix pour cent de la population. Cornwell avait jusqu’à dix pour cent de chances que l’ADN de Sickert et de Jack soient identique, sans pour autant que les deux hommes ne fassent qu’une seule et même personne. Considérant le nombre d’individus ayant manipulé les lettres de l’Éventreur, on imagine à quel point les résultats sont contestables et faussés.

L’étude de Herfort semble plus sérieuse et bien moins onéreuse ! Son enquête semble avoir tout d’un « vraie » car elle a compulsé des tas d’ouvrages, sans oublier toutes les lettres anonymes reçues par Scotland Yard en 1888 et 1889. Du moins, toutes celles qui n’ont pas brûlées durant le Blitz de la Seconde Guerre Mondiale.

Les coïncidences entre le tueur de Whitechapel et son coupable sont étranges, troublantes, nombreuses…

Melville Macnaghten (je ne spolie rien, son nom se trouve dans la table des matières en première page du roman) est un personnage trouble et les preuves à charge sont nombreuses, les questions aussi.

Les coïncidences sont même trop nombreuses pour qu’il n’y ait pas anguille sous roche !

Malgré tout, je ne prendrai pas ce roman pour parole d’évangile car un bon enquêteur-écrivain pourrait faire de Sherlock Holmes le tueur de Whitechapel… Il suffit d’un peu de talent et de faire parler les preuves ou les faits troublants dans le sens que l’on veut.

J’avoue que l’auteure a ouvert une porte et que le tout est cohérent, bien que pour certaines choses, il puisse y avoir d’autres explications…

Je sais, je chicane, mais je n’ai pas du tout envie que l’on me prouve par A+B l’identité du tueur. Laissons planer un peu de mystère, c’est tellement plus exquis.

Au final ? On est face à une recherche précise, à un travail d’enquêtrice énorme, bien fourni, facile à lire, pas embêtant du tout, intéressant, comportant un index est bien chargé en fin de volume.

Celui qui était ignorant ne le sera plus. Celui qui en savait déjà beaucoup en apprendra un peu plus… Le prologue est déjà éclairant :

L’image d’Épinal de l’Éventreur, souvent dépeint en cape noire, chapeau haut de forme, portant cane et sac Gladstone verni, semble désormais relever du folklore. Il est vrai qu’à côté du mythe « Jack », la plupart des tueurs en série sont d’une « banalité » affligeante. Jeffrey Dahmer – le « cannibal du Milwaukee » – avait l’air d’un jeune premier, Ed Kemper – « l’ogre de Santa Cruz » – ressemblait à un bûcheron et Landru à un clerc de notaire.

Quant au préfet Sir Charles Warren, il va en prendre plein son grade ! Oui, il était incompétent…

À son arrivée à Scotland Yard, Warren [le préfet] avait entrepris de transférer les agents de l’est dans les quartiers de l’ouest et vice versa. Il ne s’y serait pas mieux pris s’il avait voulu, comme dit le Times, « que ses officiers ignorent tout de leur terrain ». L’exemple illustre parfaitement cette attitude bornée, consistant à vouloir calquer l’organisation de la police sur celle de l’armée. Warren en supporte pas l’insubordination de ses officiers. Il veut tout contrôler. Le problème est bien là. Depuis le Bloody Sunday, l’ancien militaire compte bien rester maître de la situation pour éviter que l’anarchie ne gagne.

À vous de voir si vous voulez cet homme comme coupable ou si vous préférer faire comme si ce n’était pas lui afin d’entretenir le mystère qui est bien plus attractif.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et « Ma PAL fond au soleil 2014 » chez Metaphore.

CHALLENGE - Ma PAL Fond au soleil

Comment vivent les morts : Robin Cook

Titre : Comment vivent les morts                     big_3

Auteur : Robin Cook
Édition : Gallimard (2003)

Résumé :
Où donc est-elle allée, la belle Marianne qui réjouissait par ses chansons la bonne société de ce patelin de la campagne anglaise ?

Et pourquoi reste-t-il invisible, ce chef de la police locale ? Et quel jeu joue-t-il, ce chef d’entreprise des pompes funèbres ? Serait-ce que, dans les petites villes, les malfrats valent largement ceux des grandes métropoles ?

Une étrange et romantique histoire d’amour fou.

Critique : 
Pour moi, dans mes souvenirs, les années 80 étaient géniales, mais j’étais gosse…  Dans ce roman de Robin Cook, l’Angleterre des années 80 n’est pas très folichonne.

Notre flic sergent sans nom de  l’A14, le service « Décès non élucidés », est toujours aussi cynique et il a embarqué son impertinence pour Thornhill, une petite ville à 140 km de Londres.

Pourquoi ? Parce que « La voix » le lui a demandé : on est sans nouvelles d’une habitante depuis 6 mois ! Ce n’est même pas son mari qui a signalé sa disparition, ni même les flics de la ville. Non, juste les commérages qui sont arrivés aux oreilles du Chief Constable et c’est lui qui a prévenu la Criminelle, passant l’eau du bain au service de notre ours mal luné de sergent enquêteur.

Mais les gens ne sont pas disposés à causer… Personne n’a rien vu, ou si peu, personne ne s’est posé de questions, rien, que dalle. Il faudra toute la ténacité et la brutalité du sergent pour dénouer ce sac de nœud.

— J’ai votre rapport et je l’ai lu. Et c’est un petit document tout riquiqui ; c’est une jupe qui ne couvrirait même pas les cuisses d’un moucheron.

— Non, pourquoi voulez-vous que je le sache ? demanda-t-il. [Inspecteur Kedward de Thornhill]
— Vraiment, vous me renversez. Vous êtes censé vous occuper de cette cambrousse. [Le sergent de l’A14]
— Ça ne signifie pas fourrer mon nez dans les affaires des autres.
— C’est pour ça que le public paie votre traitement, dis-je, c’est ce qu’on me répète à longueur de temps. Bon, passons à autre chose. C’est quel genre d’homme, ce Mardy ?

— Foutaises, dis-je. Vous dites que vous êtes flic. HLM, tours, manoirs, la police peut aller où elle veut quand ça lui chante, comme vous le savez parfaitement.
— La famille Mardy est à Thornhill depuis trois siècles.
— Quand bien même seraient-ils arrivés avec Jules César que je m’en ficherais.

La tournure de l’enquête m’a surprise car j’étais loin de me douter de tout ce que cette disparition pouvait cacher !

Mélange d’histoire d’amour intense, de magouilles et de chantages, ce roman comporte aussi quelques gens « d’en bas », tombés à cause de gens plus véreux qu’eux.  Nous sommes dans la fange de la société, celle des laissés pour compte, celle des derniers parmi les tout derniers.

Ici, les plus véreux ne sont pas toujours ceux que l’on croit et la criminalité tient plus du col blanc que du Marcel taché par des traces graisseuses dont l’origine n’est pas garantie mais douteuse.

Tout est pourri dans ce petit royaume où se retrouve concentré tous les maux d’une société à deux vitesses, ainsi qu’une forte dose de corruption. Chacun la ferme parce qu’il a tout à perdre si il l’ouvre.

Portait noir d’une société pourrissante. Le ton du début est grinçant, le sergent est à prendre avec des pincettes, cherchant la bagarre avec tout le monde provoquant le conflit non stop. Cassant même la figure de certaines personnes.

J’empoignai Sanders et le retournai. Je regrettai à présent d’avoir fait ça et de l’avoir frappé avec le râteau. Je sentis que tous, sans exception, nous commettons un tas d’erreurs, que nous le savons, et que pourtant nous devons vivre malgré tout. Il serait préférable d’être stupide, ou peut-être fou.
C’est la faculté de savoir qui cause le vrai martyre de l’existence : nous serions tous plus honnêtes sans la connaissance, et certaines personnes le sont encore. Oui, à présent, je regrettais vraiment beaucoup ce que j’avais fait à Sanders, et je savais que le coup que je lui avais porté était l’expression de mon propre désespoir.
Cependant, j’étais comme dans une galerie de miroirs : j’avais un travail à faire, et à faire vite dans le temps qui m’était imparti, et j’étais perturbé par les Mardy, aussi perturbé que je pouvais l’être, vu que je suis moi-même éternellement perturbé.
Je m’aperçus que j’avais sur moi trois Kleenex et je m’en servis pour essuyer le sang que j’avais fait couler sur le visage de Sanders.
Je trouvai de l’eau dans un seau pour nettoyer l’énorme ecchymose que je lui avais faite au visage.

La seule chose qu’il a à perdre, c’est son job, tout le reste il l’a déjà perdu… Mais niveau enquêteur, il est le meilleur et il le sait.

Un seul point noir dans le roman : un peu trop de bla-bla inutile, parfois. Malgré tout, cela reste un bon roman noir, mais en-deçà d’un « J’étais Dora Suarez ».

Hormis ce petit point noir vite percé, c’est toujours un plaisir de suivre les enquêtes du sergent sans nom de l’A14.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, à Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Trophée 813 du meilleur roman en 1986) , au « Mois anglais III » chez Titine et Lou et au « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Metaphore.

Le livre rouge de Jack L’éventreur : Stéphane Bourgoin

Titre : Le livre rouge de Jack L’éventreur                  big_4-5

Auteur : Stéphane Bourgoin
Édition : Grasset (1998)

Résumé :
« Le Livre rouge de Jack l’Éventreur » est un livre de fond sur la vie de cet ancêtre de nos « serial killers », sur lequel tant de légendes et de mythes erronés se sont greffés.

Stéphane Bourgoin reprend l’enquête à zéro. Il reconstitue l’atmosphère misérable et sombre de l’East End londonien de 1888. Il nous fait revivre chacun de ces meurtres effroyables, comme celui de Annie Chapman et de Mary Jane Kelly…

Il examine les différentes théories, plus ou moins classiques, qui font successivement de Jack l’Éventreur un étrangleur, un magicien, un étranger, un membre de la famille royale : déjà un mythe ! Stéphane Bourgoin nous livre les archives secrètes de Scotland Yard.

Il a eu également accès aux dossiers de la FBI National Academy. Ce texte est donc un panorama complet, scientifique et fascinant, du destin de l’Éventreur.

Le récit est suivi d’un certain nombre de documents décisifs autour du personnage : des nouvelles anglaises inédites, une bibliographie et une filmographie exhaustives.

Critique : 
Ça, c’est ce qui s’appelle une sacrée étude sur Ze First Serial Killer : l’Éventreur de Whitechapel qui se fera appeller « Jack » suite à une lettre intitulée « Dear Boss » et envoyé à la Central News Agency par une personne dont on ne certifiera pas qu’elle était bien le tueur…

Pour mémoire, la lettre était écrite à l’encre rouge et signée « Yours truly Jack the Ripper ».

Ceci est une étude clinique des meurtres de 1888, aussi précise qu’un coup de scalpel car l’auteur s’en tient aux faits et rien qu’aux faits (Sherlock Holmes aurait aimé, lui aussi aime les faits) !

Pas d’extrapolation sur X ou Y qui aurait pu être le tueur puisque, malgré toute la débauche de faits, de témoignages, d’indices et tutti quanti, on ne peut pas en tirer une théorie.

Et l’auteur se gardera bien de vous fournir une piste. Il vous expliquera juste pourquoi telle ou telle théorie est fumeuse, surtout celle du complot royal sortie du chapeau malade de Stephen Knight.

La légende nourrie par la fiction a maintenant totalement occulté les faits, colportant un grand nombre de mythes qu’il est indispensable d’évacuer si nous souhaitons, un jour, connaître la vérité :
1. Il n’y a jamais eu de brouillard lors d’aucun des meurtres.
2. Les lettres signées « Jack l’Éventreur » n’ont très probablement pas été écrites par le meurtrier, mais sont l’œuvre d’un jeune journaliste.
3. Le duc de Clarence n’est pas Jack l’Éventreur (ni aucun membre de la famille royale).
4. Mary Kelly n’était pas enceinte lors de son assassinat.
5. Les dossiers de Scotland Yard n’ont pas été classés pour de mystérieuses raison jusqu’en 1992 : il est habituel d’agir ainsi dans le cas d’affaires criminelles graves en Angleterre. De fait, on peut déjà les consulter depuis de nombreuses années !

Dans ce roman, on reprend l’enquête à zéro, on entre dans les ruelles sombres et tortueuses, on se balade dans la rue la plus dangereuse de Londres : Flower and Dean Street, on se penche sur les conditions de vies déplorables des habitants de l’East End et on suit les meurtres…

Désolé pour les plus sensibles, mais l’auteur nous fait revivre chacun de ces meurtres effroyables de Mary Ann Nichols, d’Annie Chapman, d’Elizabeth Stride, de Catherine Eddowes et de Mary Jane Kelly…

Pour nous offrir un menu aussi copieux et sérieux, Stéphane Bourgoin a eu accès aux archives secrètes de Scotland Yard. Il a eu également accès aux dossiers de la FBI National Academy.

Cette lecture m’a permis aussi de confirmer que Michel Moatti dans « Retour à Whitechapel » était très professionnel aussi dans les faits, même s’il les a romancé et de soupirer devant un téléfilm sur Jack, à cause de toutes les incohérences !

Le récit est suivi d’un certain nombre de documents sur le tueur  : des nouvelles anglaises inédites, une bibliographie et une filmographie exhaustives pour celui ou celle qui voudrait compléter sa collection.

Ce texte est vraiment un panorama complet et scientifique sur l’Éventreur. Médical, quasi, mais tellement intéressant !

À ne pas lire si vous n’êtes pas intéressé par ce vieux mystère de 1888…

Ce « Livre rouge de Jack l’Éventreur » est le premier de tous les ouvrages jamais écrits sur le personnage (et il y en eu plusieurs centaines) à vous proposer un panorama complet, tant d’un point de vue documentaire que sous ses aspects les plus fictifs, qu’il s’agisse de romans, de nouvelles, pièces de théâtre, cinéma, télévision.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

CHALLENGE - Ma PAL Fond au soleil

Retour à Whitechapel : Michel Moatti

Titre : Retour à Whitechapel                                      big_4

Auteur : Michel Moatti
Édition : Pocket (2014)

Résumé :
Automne 1941, Amelia Pritlowe est infirmière au London Hospital et tente de survivre aux bombardements de l’armée allemande. Lorsqu’elle reçoit la lettre posthume de son père, elle n’imagine pas qu’elle va devoir affronter un cataclysme personnel tout aussi dévastateur. Sa mère n’est pas morte d’une maladie pulmonaire comme elle l’a toujours cru.

Sa mère, Mary Jane Kelly, a été la dernière victime de Jack l’Éventreur. Elle avait deux ans. Mue par une incommensurable soif de vengeance, l’infirmière va se lancer dans une traque acharnée.

Elle intègre anonymement la société savante d’experts « ripperologues », la Filebox Society, et va reprendre l’enquête depuis le début, reconstituer les dernières semaines de la vie de sa mère, suivre toutes les pistes et accepter tous les sacrifices pour retrouver celui qui reste encore aujourd’hui une énigme.

En décryptant les documents d’époque, Michel Moatti recompose l’atmosphère nocturne et angoissante de l’East End du XIXe siècle.

En redonnant vie aux victimes, en recomposant leurs personnalités sociales et affectives, il propose une solution à l’énigme posée en 1888 : qui était Jack the Ripper ?

Critique : 
Là, je m’incline devant le roman de monsieur Moatti car il a réussi à mélanger la fiction avec le réel, donnant vie au quartier de Whitechapel et à quelques unes de ses prostituées les plus célèbres !

Nous sommes en 1941 et tout l’Europe est écrasée par les bottes des Boches… Toute ? Non, une île résiste encore et toujours à l’envahisseur, mais est écrasée par les multiples bombes que le cousin Germain lui envoie. C’est le Blitz à Londres et il vaut mieux louvoyer entre les bombes.

Secouant la manche de ma grosse veste remplie de poussière due à l’effondrement d’un bâtiment, je pénétrai au London Hospital afin de faire la connaissance avec Amelia Pritlowe, une infirmière qui, comme moi, tente de survivre aux bombardements du sinistre moustachu.

C’est penchée sur son épaule que j’ai lu, avec elle, la lettre posthume qu’elle venait de recevoir de son père.

Moi, j’avais lu le résumé, donc je savais déjà que cette lettre allait être son petit Hiroshima à elle. Oui, je n’exagère pas… Cette lettre, ce sera son cataclysme personnel, tout aussi dévastateur qu’une bombe de grande puissance qui vous pèterait dans les mains.

Sa mère n’est pas morte d’une maladie pulmonaire comme elle l’a toujours cru. Que nenni !! Sa maman se prénommait Mary Jane Kelly… Ça vous remet ?? Yes, Mary Jane, la dernière victime de Jack l’Éventreur, celle sur laquelle il  s’était lâché…

Souvenirs ? Néant car elle n’avait que deux ans. Alors, Amelia va retrousser ses manches et mener l’enquête, 53 ans après.

Alors, non seulement l’auteur propose une nouvelle vision de l’identité du meurtrier qui me plaît bien, mais en plus, il a parfaitement mis en scène le tout.

On alterne les chapitres avec l’enquête d’Amélia, prête à toute, même à entrer dans un club de « ripperologues », et les chapitres qui se déroulent en 1888, dans les ruelles sombres de Whitechapel.

« Il y a alors quelque chose de pourri dans l’Empire britannique, et le tueur en série est le nettoyeur fou de sa capitale, comme s’il s’était assigné à lui-même une mission, s’attaquant à des filles de rien pour les précipiter dans le néant ».

L’incendie des docks, le 31 août, nuit de la mort de Mary Ann Nichols s’y trouve, la manifestation des ouvrières de l’usine d’allumettes « Bryan & May » qui ont eu le visage ravagé et dévoré par le phosphore, les femmes qui devaient vendre leur corps pour gagner de quoi boire un coup et dormir dans un asile qui avait tout du taudis… Tout se trouve dedans !

« Douze visages d’horreur firent face aux hommes de la police et aux mandataires des fabriques. Douze visages mangés par l’acide, décomposés par le cancer, ravagés par la maladie du phosphore. Les mâchoires de certaines apparaissaient à travers la chair nécrosée des joues, révélant l’émail jauni de dents putréfiées. D’autres n’avaient plus de lèvres, et des gencives gonflées, boursouflées, rouges comme des sections fraîches de betterave, pointaient vers l’avant, à la manière de monstrueuses figures de proue. L’une d’entre elles, qui tenait le centre du rang, avait un œil exsangue, déplacé vers le milieu du visage, empiétant sur un nez absent et sur l’orbite voisine ».

Celui qui voudrait en savoir un peu plus sur  l’atmosphère nocturne et angoissante de l’East End de 1888, et bien, il est servi !

Un magnifique travail de reconstitution, comme si on y était, le tout sans ennuyer le lecteur une seule seconde. Les pages ont défilé sur deux jours. Je l’aurais même lu plus vite si je n’avais pas eu d’autres choses sur le feu.

À cause ou grâce au tueur de Whitechapel, les 5 victimes sont passé de l’ombre à la lumière, passant du néant à la postérité pour l’éternité, devenant les prostituées les plus célèbres de l’univers…

« La sauvagerie de ses crimes, le caractère fulgurant de sa « carrière » – il n’a officiellement sévi que quelques mois, d’août à novembre 1888, laissant derrière lui cinq victimes -, l’énigme intacte de son identité font de cet être réel un mythe ».

Grâce à l’auteur, les victimes viennent de revivre une nouvelle fois : leurs personnalités, leurs vies de misère, leurs joies,leurs emmerdes, leurs personnalités sociales et affectives…

Tout est recomposé, sans pathos, sans exagération, le tout formant un roman où le voyeurisme n’est pas invité et où l’enquête que mène Amélia a quelque chose de touchant.

On a même droit à des fac-similés des documents d’enquêtes de l’auteur. Un vrai travail qu’il a accompli là.

Je ne sais pas si sa théorie est bonne, mais la proposition de solution à l’énigme posée de 1888 pourrait être plausible…

Une lecture qui m’a enchanté !

Je vous laisse, je vais me réfugier dans le métro, il pleut des bombes dans ma ville de Londres ! Voici pour vous le mot de la fin…

« L’indifférence est la caractéristique saillante de tous les tueurs en série, qu’ils agissent en solitaire ou en bande, comme lors des génocides. C’est cette indifférence à l’autre qui doit dois retenir de les admirer ».

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste, au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et« Ma PAL fond au soleil » chez metaphore.