Vinland Saga – Tome 15 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 15

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa Sheinen (12/11/2015)

Résumé :
Thorfinn et Einar, enfin libres, retournent avec Leif Eriksson en Islande, terre natale de Thorfinn, dans l’espoir d’y trouver le financement nécessaire à leur établissement d’une colonie au Vinland.

Seul Hafdan, l’homme le plus riche de la région, aurait les moyens de financer leur expédition. Si l’homme semble intéressé par l’exploitation du Vinland, il ne voit pas d’un bon œil l’absence de garanties de Thorfinn.

Pourtant, pour fêter les noces de son fils avec le belle-sœur de Leif qui préférerait quant à elle partir à la découverte du Monde, Hafdan fait un étrange cadeau à Thorfinn.

Critique :
Pour aller au Vinland, faut des pépettes pour acheter un bateau et monter une expéditions et à cette époque là, les sites de crowdfunding n’existaient pas et donc, Thorfinn et Einar vont devoir aller en demander à un riche propriétaire en Islande parce que quand on a tout fini, le financement participatif, on n’a quand même rien inventé de mieux !

Halfdan est un salopard et sa technique est toujours usitée de nos jours : il suffit de prêter de l’argent à un fermier déjà en difficulté et d’attendre qu’il ne sache pas payer sa dette pour saisir ses bâtiments et ses terres.

Évidemment, du temps des fiers vikings, les exploitation étaient moins imposantes que celle de notre siècle, mais la technique, elle, elle n’a pas changé. Elle est simple et peut rapporter gros.

Notre Thorfinn, apaisé, rasé de près et les cheveux plus court que ceux qu’il portait avant et avec lesquels il se serait fondu dans le paysage à Woodstock, recherche un financement pour son voyage au Vinland tandis que le sombre Halfdan pense plutôt aux possibilités de business que le mariage de son fils, Sigurd, va lui rapporter en épousant une soeur de Leif car ce dernier possède une ferme au Groenland.

On quitte le monde des combats pour entrer dans un monde qui a tout de celui d’un banquier véreux qui calcule aussi bien qu’il manie la chaîne. Si vous vous souvenez du chevalier Shun, le Chevalier de Bronze d’Andromède (Saint Seiya) et bien, Halfdan manie la chaîne comme lui !

De nouveau, on est face à un tome transitoire qui va lancer un nouvel arc narratif, mais pas vers le Vinland, comme on pourrait le penser, mais vers un autre pays afin de récolter des sous et de pouvoir monter une expédition pour le pays de Trump !

On se doute aussi que les manigances de Halfdan porteront à conséquences, même si nos amis ne le savent pas encore et que seule Gudrid, la nouvelle épouse de Sigurd, est au courant des projets du sordide Halfdan.

Arrivera-t-elle à les prévenir et à partir avec eux, elle qui ne rêve que de naviguer et qui, à cause de son statut de femme, est condamnée à se marier, faire des gosses et tenir la maison ? Mais que fait le MLF ??

Une fois de plus, le suspense et le mystère sont au rendez-vous !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°17.

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Sherlock Holmes – Tome 2/2 – Les origines : Scott Beatty & Daniel Indro

Titre : Sherlock Holmes – Tome 2/2 – Les origines

Scénariste : Scott Beatty
Dessinateur :Daniel Indro

Édition :Soleil (21/03/2012)

Résumé :
Le légendaire détective d’Arthur Conan Doyle revient dans une nouvelle aventure explorant ses origines jamais révélées ! Joignez-vous au docteur John Watson lors de sa rencontre avec le jeune Sherlock Holmes. Une rencontre qui définira à jamais le destin des deux hommes.

En proie à des meurtres sanglants, Londres a peur. Le Dr. Watson réalise que le seul homme capable de faire cesser les assassinats n’est autre que le jeune Sherlock Holmes, un apprenti détective aussi mystérieux que les crimes sur lesquels il enquête.

Critique :
Second et dernier album des origines de Sherlock Holmes. le premier m’avait déjà bien plu, avec ses crimes sordides évoquant la mort de chacun des Césars (il y en eu douze).

Cet album clôt le cycle de la rencontre entre Holmes et Watson, les auteurs les ayant fait se rencontrer avant « Une étude en Rouge », impliquant aussi, bien avant l’heure, des personnages canonique dans cette histoire. Cela ne gênera pas les non connaisseurs et les connaisseurs auront un petit plus, puisque qu’ils ont lu le canon.

L’aventure, tout en continuant sur les meurtres sordides, englobera aussi celle du « Gloria Scott (bien connue des holmésiens), sans oublier le personnage de Victor Trévor, seul ami de Holmes au collège.

L’album, est un comics et non une bande dessinée habituelle. Les couleurs sont sombres, il y a beaucoup de traits sur les visages, les rendant moins esthétique, de ce fait.

Par contre, je salue une mise en scène des auteurs, nous faisant passer du présent à des événements se déroulant dans le passé d’une manière très subtile.

Je m’explique : nous voyons la tête du pendu, couché au sol après sa dé-pendaison, ensuite, la case suivante, juste en dessous, nous retrouvons la même tête, mais dans un décor différent, l’homme étant endormi.

Dans une autre case un peu plus loin, on frappe à la porte de la chambre dans laquelle Holmes et Watson se trouvent, en la case suivante, à l’autre page, nous sommes ailleurs, avec un policier qui frappe à la porte de son supérieur.

Belle manière de mettre du suspense ou de passer à un récit dans le passé.

Juste un petit bémol, dès la première case, on voit Holmes se coiffer d’un deerstalker, la fameuse casquette à double visière, juste bonne pour les balades à la campagne.

Dans cet album, nous découvrirons la tête du Grand Méchant, totalement givré, une invention diabolique qui servit assez bien dans les temps passé et que l’on nommait « le feu du diable ».

Le méchant expliquera pourquoi il a fait tout ça (les méchants parlent toujours trop), ses origines lointaines et nous donnera l’explication de son nom de famille.

Pourquoi pas ? On a déjà entendu pire.

Je m’en voudrais d’oublier de vous signaler que notre jeune Sherlock Holmes m’a rempli de joie avec une scène qui sera LA scène de l’album (pour moi).

Je ne vous dit rien de plus.

Au final, nous avons Holmes et Watson qui emménagent au 221b et qui se retrouvent, ensuite, avec un Lestrade, sur une scène de crime, où le policier leur parie un mois de son salaire qu’une femme nommée Rachel est impliquée dans le meurtre.

Erreur, Lestrade !! le grand « RACHE » inscrit en lettres de sang sur le mur signifie « Vengeance » en allemand…

J’ai passé un bon moment avec les deux albums et je vais relire le premier pour me remettre tout en mémoire et ne pas oublier de me fendre d’une petite critique positive.

Surface : Olivier Norek

Titre : Surface

Auteur : Olivier Norek
Édition :

Résumé :
Noémie Chastain, capitaine en PJ parisienne, blessée en service d’un coup de feu en pleine tête, se voit parachutée dans le commissariat d’un village perdu, Avalone, afin d’en envisager l’éventuelle fermeture.

Noémie n’est pas dupe : sa hiérarchie l’éloigne, son visage meurtri dérange, il rappelle trop les risques du métier… Comment se reconstruire dans de telles conditions ?

Mais voilà que soudain, le squelette d’un enfant disparu vingt-cinq ans plus tôt, enfermé dans un fût, remonte à la surface du lac d’Avalone, au fond duquel dort une ville engloutie que tout le monde semble avoir voulu oublier…

Critique :
Étrange, ce dernier roman de Norek.

Contrairement à son avant-dernier roman, pas de faits de société avec des migrants ou autres et pas non plus d’enquête sur fond de magouilles politiques ou autres.

Un whodunit dans sa plus simple expression : QUI a enlevé et tué trois enfants il y 25 ans ? Un whodunit cold case ? Envoyez la musique, comme dans la série.

Oui mais attends, là, il y a un problème, non ? C’est Olivier Norek qui est à la barre, pas Tartempion ou tout autre auteur spécialisé dans le whodunit ! Donc, il y a anguille sous roche…

Mon cher Olivier, je n’irai pas par quatre chemins : tu as osé défigurer une femme ! Nous avions déjà un contentieux chat, un contentieux enfant de migrant dans un canot et maintenant, tu rajoutes une étable avec des animaux en feu, en plus de la femme défigurée ! Là, ta facture va être plus que salée. T’as des couilles, mec !

Oui, il a des couilles, cet auteur, parce que, une fois de plus, il prend un virage à 180° et reprend une autre direction, remettant tout sur la table pour autopsie, ne se contentant pas de continuer dans la même veine, celle qui lui réussissait si bien. Faut oser, faut y arriver aussi…

On parle du beau Norek alors oui, pour sûr, ce sagouin y est arrivé ! Il est arrivé tout de même à glisser quelques problèmes sociétaux et pas rien que le côté esprit de clocher des petits villages, le tout en nous proposant un dépaysement total et des personnages forts, travaillés, humains, des flics avec qui on aurait envie de bosser.

Sans parler de l’humour, toujours présent et de sa manie d’enterrer des collègues auteurs, ou de tuer un certain Lebel… mdr

De plus, avec Norek, jusqu’au bout on peut avoir des surprises, comme avec le fameux bonbon Kiss Cool et son terrible double effet, celui qui te coupe la chique et qui te donne une fois de plus l’envie folle de le poursuivre pour taper dessus.

Une réussite, une fois de plus, un roman différent des autres, aux antipodes de tout ce que je pouvais penser. Un roman difficile à lâcher, un roman avec des émotions, avec de la reconstruction, de la confiance perdue que l’on doit retrouver, une équipe qu’il faut coacher alors qu’on est face à des flics qui n’ont pas l’habitude de ce genre d’affaire.

Ce roman devrait porter un bandeau-titre rouge où l’on noterait « Attention, hautement addictif, n’oubliez pas de manger, bouger, vous hydrater pendant la lecture » afin de mettre en garde les futurs lecteurs car on a du mal à le lâcher.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Canyons : Samuel Western

Titre : Canyons

Auteur : Samuel Western
Édition : Gallmeister Americana (06/06/2019)
Édition Originale : Canyons (2015)
Traducteur : Juliane Nivelt

Résumé :
Idaho, 1970. Ward, sa petite amie Gwen, et Eric, le frère jumeau de cette dernière, partent chasser sous un ciel d’azur.

La vie semble sourire à ces trois jeunes gens insouciants à peine sortis de l’adolescence. Mais par un coup cruel du destin Ward tue accidentellement Gwen et anéantit ainsi à tout jamais leur avenir.

Vingt-cinq ans plus tard, Ward, abîmé par l’alcool et hanté par le passé, recroise la route d’Eric. Sa rage intérieure a consumé son talent de musicien et fait le vide autour de lui.

Le moment est désormais venu pour chacun d’affronter ses démons, et Ward invite Eric à une partie de chasse dans son ranch au pied des Bighorn Mountains.

Les deux hommes se préparent alors à une nouvelle expédition : Ward espère y trouver sa rédemption, Eric sa vengeance.

Critique :
Toute personne ayant déjà manipulé un fusil le sait, il faut toujours « casser » l’arme lorsque l’on se déplace ou que l’on ne doit plus s’en servir.

Voire la décharger en sus… On n’est jamais trop prudent lorsque l’on manie des armes à feu, un accident est trop vite arrivé bêtement.

Si Ward Fall avait suivi ces consignes de sécurités élémentaires, le coup ne serait pas parti tout seul et n’aurait pas atterri dans la tête de Gwen, sa copine, sous les yeux horrifiés de son frangin, Eric.

C’est le genre de décharge dont on ne se remet jamais et qui vous envoie direct au terminus. Gwen est décédée, son frère Eric a été dévasté et Ward aussi.

Trois vies fracassées si pas plus, puisqu’il faut ajouter les parent de la jeune fille. Mais le roman ne s’attardera que brièvement sur le destin des parents de Gwen et Eric, s’attachant plus à suivre les destinées de Ward et de Eric qui a brûlé la chandelle par les deux bouts.

Roman dédié à la vengeance que l’on rumine durant 25 ans et qui vous plombe votre vie, roman sur une rédemption, un pardon que l’on sait ne pas mériter, roman sur l’abandon de soi, sur l’enfoncement dans l’alcool, la cigarette, le m’en foutisme.

Eric n’a jamais pardonné à Ward et ce dernier n’a jamais su trouver les mots après l’accident, qui est plus un « crime » car tout chasseur est responsable de son arme. Leurs vies ont été erratiques, même si Ward donne l’impression de s’en être mieux sorti niveau mariage et vie de famille.

Alternant les moments en compagnie d’Eric, musicien de talent qui a gaspillé les moments précieux et ceux avec Ward, rancher éleveur de vaches en proie à moult tourments, ce roman se lit d’une traite tant le portrait brossés des différents personnages est une œuvre d’art.

Pas besoin d’en faire plus, d’en dire plus, on les a cerné, on les a compris, on a de l’empathie pour eux et on aimerait que l’un trouve le chemin du pardon et l’autre celui de la rédemption.

L’un doit pardonne à l’autre et l’autre doit se pardonner à lui-même. Et entre nous, inviter Eric à une partie de chasse ressemble plus à une chronique d’un assassinat programmé qu’à celui d’une réconciliation. L’ambiance va être oppressante, à tailler à la hache. Mains moites garanties.

Ce pardon qui ne vient pas, cette haine qui pulse, ce dégoût de sois-même, toutes ces émotions ne sont pas toujours faciles à transcrire sur papier mais l’auteur a su trouver les mots qu’il fallait pour mettre tout cela en scène sans jamais tomber dans le pathos, l’écriture soporifique ou forcée.

C’est sombre, c’est beau, c’est violent, c’est doux aussi… C’est court, c’est intense, c’est profond. Putain, ça t’arracherait même la larme à l’œil.

Ici, même les silences entre les deux hommes, et bien c’est quand même du dialogue tant leurs pensées sont prégnantes, tant leurs gestes sont pesés, réfléchis.

Un beau roman, une belle histoire (♫) que celle de ceux deux hommes qui étaient potes lorsqu’ils étaient à l’unif et qu’une maladresse tragique a séparé, dévastant leur vie comme un ouragan qu’on ne peut plus arrêter (si vous avez envie de chanter, c’est normal, c’est subliminal).

Un roman qui prend aux tripes nous faisant voyager de la moiteur cacophonique de Los Angeles aux rudes plaines froides du Wyoming.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Les dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les Monstruosités du Miskatonic : James Lovegrove

Titre : Les dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les Monstruosités du Miskatonic

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne Steampunk (20/02/2019)
Édition Originale : The Cthulhu Casebooks, book 2 : Sherlock Holmes and the Miskatonic Monstrosities
Traducteur : Arnaud Demaegd

Résumé :
Printemps 1895. Malgré quinze années de combat contre des entités surnaturelles, quinze années qui ont coûté sa santé à Sherlock Holmes mais aussi la vie à Mary, épouse du Dr. Watson, les deux amis accourent sans hésiter lorsqu’on les appelle à Bedlam, asile psychiatrique de triste renommée. Ils y rencontrent un étrange patient qui parle r’lyehen, la langue des Grands Anciens.

L’homme, amnésique, est horriblement mutilé.

Les détectives découvrent qu’il s’agit d’un scientifique ayant étudié à l’Université Miskatonic, et l’un des deux survivants d’une expédition maudite visant à capturer un Shoggoth, une créature quasi-mythique.

Mais comment cet homme a-t-il atterri à Londres, et pourquoi a-t-il perdu l’esprit ?

Lorsque le mystérieux patient disparaît, enlevé par des forces occultes, il devient évident que l’affaire ne se limite pas à son cas.

C’est seulement en apprenant ce qui s’est réellement passé lors de cette désastreuse expédition en Nouvelle-Angleterre que Holmes et Watson pourront mettre au jour la vérité, et qui se cache derrière la monstruosité du Miskatonic…

Critique :
Que ceux qui n’aiment pas le steampunk lèvent la main ! Ah oui, quand même…

Bon, pas de panique, ce roman a beau être publié dans la collection Steampunk de chez Bragelonne, il n’y a rien pour en faire un roman steampunk (pas de machines à vapeur, d’automates et autres trucs) mais il y a tout pour en faire un roman fantastique et surnaturel.

Le premier volet ne m’avait pas convaincu, je n’avais pas aimé le Grand Méchant qui expliquait tout à Holmes, ça ne faisait pas vrai.

Il était donc clair que j’allais laisser tomber la saga mais ma copinaute et pigiste occasionnelle, Dame Ida, m’a convaincu du contraire. Et non, elle ne touche pas d’argent de la maison d’édition. Mdr

Je l’ai déjà dit, Holmes et le fantastique, c’est souvent casse-gueule. Pourtant, les auteurs s’y engouffrent comme des assoiffés devant la fontaine à eau. Ça passe parfois, ça casse souvent.

Les Éditions Soleil, dans leur collection 1800, ont mis Holmes à la sauce vampires, voyages dans le temps et Nécronomicon. Avec pour résultat qu’on ait un peu de tout niveau qualité scénaristique.

Là, j’ai eu une fois de plus un coup au cœur en lisant que tout ce que raconte Watson dans le Canon holmésien est faux ! Sherlock Holmes est un détective de l’étrange, traquant sans cesse des créatures qui auraient tout à fait leur place dans l’univers de Harry Potter, en lieu et place de maîtres-chanteurs, voleurs, assassins ou criminels du dimanche.

— Ah oui ? Mon Dieu, je ne nierai pas que l’ennui s’est installé en moi, Watson. Je suis fatigué de cette lutte constante. Je m’aperçois que j’envie la vie que je mène dans vos histoires, où je glisse avec aisance d’une affaire à l’autre en n’affrontant rien de pire que des maîtres chanteurs, des meurtriers, des voleurs de bijoux et la fripouille occasionnelle qui a des vues sur quelque faible femme rougissante. Je parviens à résoudre tous les problèmes avec grâce et sans jamais risquer ni ma santé mentale, ni mon âme. Personne ne pourrait me reprocher de vouloir en finir.

L’univers de Lovecraft m’est parfaitement hermétique, je ne le connais pas. Celui de Holmes, je le maîtrise un peu et son personnage m’a semblé peu conventionnel, peu Holmésien, très différent des récits canoniques, comme si l’auteur avait voulu le mettre à sa sauce, en plus de le plonger dans le bouillon des créatures surnaturelles.

Pourtant, à certains moments, on se demande si on a affaire à un pastiche holmésien ou un pastiche lovecraftien… L’auteur a beau dire le contraire, pour moi, il pastiche deux auteurs.

Si ce livre est mon œuvre, alors je n’ai pas pastiché un auteur, mais deux. Or il faudrait être particulièrement courageux, voire téméraire, pour s’essayer à pareil exercice. Quiconque me connaît vous dira que je ne suis ni l’un ni l’autre.

C’est du grand-écart, ça pourrait faire mal quelque part mais apparemment, l’auteur a de la souplesse et ce que je reprochais au premier volet ne s’est pas renouvelé dans le deuxième. L’écriture est plus subtile, plus posée et de ce fait, le scénario est mieux mis en valeur, ça passe beaucoup mieux.

Construit à la manière des romans « Une étude en rouge » ou du « Signe des quatre », nous avons un récit dans le récit et après les péripéties de Holmes et Watson, un autre personnage racontera ce qu’il s’est réellement passé sur le fleuve Miskatonic lors d’une expédition qui a tourné au fiasco avec seulement deux survivants dont un dans un état pas possible.

Autant où la première partie était une enquête conventionnelle, même si nous sommes dans du fantastique, la seconde, tout en restant dans le genre, fait plus dans le registre aventurier avec l’expédition sur le Miskatonic où des bestioles pas catholiques frayent. Le port de l’armure est conseillé pour se baigner dans ses eaux troubles.

Anybref, si j’avais des réticences pour le premier, je n’en ai plus pour le deuxième, même si je ne m’habituerai jamais à voir Holmes dialoguer avec un espèce de dieu d’un Monde ancien ou du moins, d’un Monde qui n’est pas le nôtre.

Si le ramage et le plumage du troisième volet ressemble à celui du deuxième, alors je serai comblée. Gaffe de ne pas tomber dans les travers de la fin de saga et de la bâcler, comme d’autres ont fait avant lui (et feront après lui).

Un tome d’entre-deux prometteur, un scénario réussi, des dialogues agréables, amusants, même, parfois, des personnages holmésiens différents de ceux du Canon, du suspense, du mystère, une enquête et de l’aventure avec un grand A.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Absolution : Anthony Shaffer

Titre : Absolution

Auteur : Anthony Shaffer
Édition : Rivages Noir (2017)
Édition Originale : Absolution (1979)
Traducteur : Jean Esch

Résumé :
Le père Goddard a placé de grands espoirs dans son élève préféré, garçon charmeur et brillant, véritable prodigue du pensionnat. Jusqu’au jour où celui-ci, afin de défier son autorité, détruisit les fondations sur lesquelles le prêtre avait bâti sa confiance, .

Commence alors une lente et tortueuse descente aux enfers pour le père Goddard, lié par le secret de la confession. Le terrifiant combat du Bien contre le Mal ne peut s’achever que par la destruction d’un des adversaires.

Car de tous les poisons qui infestent l’âme humaine, un seul ne peut recevoir l’absolution.

Critique :
Il est un fait que certains lisent du polar comme d’autres vont aux putes : un coup vite fait et aussi vite oublié.

Avec un peu de chance, ils ramèneront des morbacs ou pire, la chtouille.

C’est un peu comme ceux qui lisent des romans et qui l’oublient aussitôt terminé, l’abandonnant pour le suivant, ou juste parce que ça ne les intéressent pas de le garder.

C’était la littérature de gare. De celle qu’on oublie, comme la passe vite fait dans une ruelle.

Et puis, il y a les grands romans policiers, ceux que l’on garde précieusement, que l’on relit, dont on se souvient. C’est le but louable de la maison d’édition Rivages Noir : nous dénicher des pépites méconnues, les traduire et nous les servir. C’est eux qui le disent dans la préface.

Nous n’avons pas d’autre ambition, mais elle est grande, que de vous présenter, dans le domaine du roman policier, ce que nous considérons comme des joyaux que vous ne connaissez pas encore.

Il existe de par le monde des tas de super romans dont nous n’aurons jamais connaissance, ou alors, ils arriveront dans 100 ans, bénéficiant, tels les oeuvres des peintres et de certains compositeurs, d’un grand succès une fois leurs créateurs ayant rejoint le leur (de créateur).

Oui, ce roman noir est une pépite mais elle est glauque, malsaine, elle est dérangeante, on se demande jusqu’où est capable d’aller le jeune Benjamin, petit protégé du père Goddard (dit « Dieu »), dans sa descente aux enfers, dans sa folie, dans cette envie qu’aurait un fils aimé de voir jusqu’où il peut aller avant que son Père le bannisse, testant tout jusqu’à le faire craquer, tout en le tenant d’un autre côté grâce au secret de la confession.

Sur ce, Goddard quitta la chapelle, désorienté et épuisé.
Benjamin resta assis, un sourire froid et méprisant sur le visage. Les consonnes sifflantes et murmurées coulaient du coin de sa bouche.
— Maudit soit-il ! Maudit soit-il ! J’espère que sa chair puante et immonde brûlera en enfer pour l’éternité.

Il faisait lourd et chaud, ce mercredi 26 juin 2019 (37°) mais ce n’était pas à cause de la chaleur que mes mains étaient moites, que mon front coulait de sueur. J’aurais eu la même réaction durant l’hiver tant le récit m’a mis mal à l’aise, tant les personnages étaient criants de réalisme.

— La culpabilité est un moyen de paiement, comme l’argent. Comme l’or. Avec la culpabilité, tu peux acheter ou vendre des gens. L’homme est né libre, et partout il est enchaîné.

Dans ce collège où enseignent des pères jésuites, la place de la religion catholique est importante, elle rythme la vie des collégiens, mais la paix n’est pas dans leurs cœurs et la pitié non plus.

Entre la mise à l’écart d’un élève portant une prothèse, entre le rejet d’un jeune gitan, entre l’acharnement du père Goddard sur cet élève handicapé et son amour pour Benjamin (platonique), on a beau dire des bénédicités et des rosaires, se foutre à genoux pour prier, c’est à se demander s’ils pensent vraiment qu’il y a quelqu’un en haut qui les écoute car avec eux, c’est faire ce que je dis, pas ce que je fais.

— Vous venez de me dire que le catholicisme est universel, et rien de ce qui est humain ne saurait lui être étranger. À moins, bien évidemment, que vous refusiez de considérer ce gitan comme un être humain.
— Pour les besoins de la discipline, je suis tout à fait disposé à le considérer comme une créature inhumaine, mais je trouve que le mot gitan est un terme bien romantique pour désigner un vulgaire chapardeur.

La tension monte de plus en plus, Benjamin, comme possédé par le Mal, va aller de plus en plus loin dans ses farces, dans son mépris du père Goddard, dans sa manière qu’il a de jouer avec Arthur, l’élève à la prothèse, qui est chiant mais qui ne demande que de l’amitié, que l’atmosphère du roman devient oppressante, lourde et qu’on se demande bien jusqu’où ça va aller, tout en sachant que ça va mal se terminer.

Horrible… J’en suis restée muette, le cri qui montait dans ma gorge s’est arrêté.

Ça c’est du roman ! Glauque,dérangeant, horrible, sadique, cruel. Un véritable esprit dérangé, un véritable maître en matière de manipulations.

Goddard n’était pas d’humeur à écouter des divagations au sujet de la liturgie entre deux gorgées de lapsang souchong. (citation rien que pour Dame Ida)

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Des garçons bien élevés – Max Wolfe 01 : Tony Parsons

Titre : Des garçons bien élevés – Max Wolfe Tome 01

Auteur : Tony Parsons
Édition : de La martinière (22/10/2015) / Points Policier (2016)
Édition Originale : The murder bag (2014)
Traducteur : Pierre Brévignon

Résumé :
Je vous présente l’enquêteur Max Wolfe. Insomniaque. Amoureux des chiens. Drogué au café noir. Boxeur. Orphelin. Mari dévoué d’une femme disparue brutalement. Père célibataire. Défenseur des opprimés, des assassinés, et le pire cauchemar de tous les meurtriers.

Un serial killer est en cavale. Il aime trancher les gorges. Et il est très bon à ce petit jeu.

Vingt ans plus tôt, sept étudiants privilégiés d’une riche école privée, Potter’s Field, fondée par Henri VIII cinq cents ans plus tôt, deviennent amis. Aujourd’hui, ils meurent les uns après les autres, de la façon la plus violente qu’on puisse imaginer.

Max Wolfe va suivre la piste sanglante, depuis les bas-fonds de la ville de Londres jusqu’aux lumières les plus brillantes des hautes sphères du pouvoir. Il n’en sortira pas indemne. Le secret terrifiant qu’il découvre, enterré depuis maintenant deux décennies, va bientôt exploser.

Critique :
Il y avait déjà Bob l’éponge, Bob Le Bricoleur, il y avait aussi Bob Le Marrant (Friends) et voici le nouveau, Bob Le Boucher, qui ne découpe pas les côtes d’agneau plus vite que l’éclair, mais il fait le Buzz (mdr) sur les réseaux sociaux car c’est un serial killer.

Non mais sérieusement, Bob Le Boucher, ça ne fait pas sérieux du tout !

Jack The Ripper, ça claque, ça en impose, ça fout les chocottes. Même traduit en Jack l’Éventreur, ça claque toujours sa race.

L’Éventreur du Yorkshire, ça faisait canin, je vous l’accorde, mais on sentait de suite qu’on avait affaire à un gars qui laisserait sa trace dans l’Histoire, de même pour le Cannibale du Milwaukee ou L’Étrangleur de Boston.

Mais nom de dieu, Bob Le Boucher, fallait avoir envie de faire rire les gens. Pourtant, ceux qui ont croisé sa route ont arrêté de rire, Bob leur ayant fait un sourire énorme dans leur gorge. Enfin si c’est bien lui…

Première enquête aux côtés de Max Wolfe et sans vouloir crier au loup, ce type boit trop de triple expresso ! Et c’est une consommatrice de café qui vous le dit. Il en consomme plus en quelques jours que moi durant tout le Mois Anglais (et j’en avale des litres).

Dommage que, une fois de plus, on se retrouve avec un inspecteur à la vie fracassée, veuf selon mes premières déductions, avec une gamine de 5 ans et un chien, insomniaque (l’inspecteur, pas le chien), un peu borderline parfois, véritable bombe à retardement à lui tout seul, le genre de flic qui fait que c’est pour cela qu’on ne les arme pas, en Angleterre.

— Vous savez pourquoi nous ne portons pas de pistolet, inspecteur ?
Je connaissais la réponse par cœur.
– Parce que ce n’est pas nécessaire, madame. Parce que nous avons des agents spéciaux formés au maniement des armes. Parce que nos citoyens ne veulent pas d’une police armée. Et parce que, si chaque agent avait un pistolet, nos excellentes statistiques de maintien de l’ordre dégringoleraient.
– Non. La véritable raison, ce sont les salauds dans votre genre. Vous êtes une bombe à retardement, Wolfe.

Ne vous attendez pas à une enquête menée à une allure de malade, ça prend son temps mais ça se lit vite. Pas trop de surprise non plus pour le mobile car l’introduction nous laisse comprendre qu’il y aura de la vengeance là-dessous.

En tout cas, on a du mystère et cette envie d’aller de l’avant pour savoir le fin mot de tous ces assassinats et aussi savoir qui les commets. Tout en s’occupant de sa gamine, du chien, de ses leçons de boxe, notre DC Wolfe nous baladera d’un témoin à l’autre pendant qu’autour de lui, un tueur joue à « Dix petits nègres ».

– La force de tes coups n’a pas d’importance, répondit Fred. Ce qui compte, c’est la force des coups que tu es capable d’encaisser tout en continuant à te battre.

Sans trop développer, l’auteur nous présente une vieille institution, un collège de 500 ans, un collège qui forme la future élite, mais on devine qu’il y a un prix à payer et qu’il ne parle pas que des frais d’entrée.

— Ils vous cassent et, après, ils vous reconstruisent. Voilà ce qu’ils font, dans ces vieilles écoles anglaises si réputées. C’est ça que vos parents paient si cher. Ils vous démolissent morceau par morceau puis ils vous refaçonnent à leur image . Ils prennent des petits garçons craintifs et ils en font des capitaines d’industrie, des décideurs, des Premiers ministres…

Tel un danseur, l’auteur arpente son ring, sans baisser sa garde, mais en nous portant quelques petits coups, juste pour tester nos réactions avant de nous décerner l’uppercut dans le dernier round, nous laissant reprendre notre souffle après le coup sous la ceinture.

Ah c’est vache, ça ! Mais c’est comme ça qu’on l’aime, notre match de boxe : pas trafiqué, pas truqué et la possibilité d’un changement de leader jusqu’au dernier coup de gong, même si un est au sol, quasi K.O.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

L’échange : Rebecca Fleet [LC avec Bianca]

Titre : L’échange

Auteur : Rebecca Fleet
Édition : Robert Laffont La bête noire (07/06/2018) / Pocket Thriller (09/05/2019)
Édition Originale : Cécile Ardilly
Traducteur : The house swap (2018)

Résumé :
“PERSONNE NE VIT AINSI…À MOINS D’AVOIR QUELQUE CHOSE À CACHER“.

Quand Caroline et Francis reçoivent une offre pour échanger leur appartement de Leeds contre une maison en banlieue londonienne, ils sautent sur l’occasion de passer une semaine loin de chez eux, déterminés à recoller les morceaux de leur mariage.

Mais une fois sur place, la maison leur paraît étonnamment vide et sinistre. Difficile d’imaginer que quelqu’un puisse y habiter.

Peu à peu, Caroline remarque des signes de vie, ou plutôt des signes de sa vie. Les fleurs dans la salle de bains, la musique dans le lecteur CD, tout cela peut paraître innocent aux yeux de son mari, mais pas aux siens.

Manifestement, la personne chez qui ils logent connaît bien Caroline, ainsi que les secrets qu’elle aurait préféré garder enfouis. Et à présent, cette personne se trouve chez elle…

Critique :
Je vous propose un échange moi aussi : je vous échange ce roman contre n’importe quel mauvais baril de poudre à lessiver !

À défaut de l’utiliser pour caler un meuble, autant essayer d’obtenir n’importe quoi d’autre à la place.

Pas besoin de sortir de l’ENA pour comprendre que je n’ai pas aimé ce roman.

Les personnages sont inintéressants, pathétiques, en totale contradiction avec eux-mêmes et le scénario n’a rien d’emballant.

J’aurais dû le lire cette nuit, alors que je soufrais d’insomnies, il m’aurait renvoyé directement au pays des rêves tant il ne se passe pas grand-chose.

Comme je le disais plus haut, les personnages ne sont pas creusés, approfondis, ils n’ont pas de présence dans ces pages.

Le mari est addict aux médocs, mais je n’ai pas lu le pourquoi du comment. Son épouse, Caroline, est exaspérante, confie leur gosse de deux ans à ce mari complètement stone, lui reproche son absence mais elle-même n’est pas brillante dans son cas.

Il y a des contradictions dans leurs portraits, des incohérences dans leurs actions et leurs dialogues sont d’une platitude qui m’a donné envie de piquer du nez, mais j’ai préféré sauter des pages, puisque j’étais en LC.

Le truc final ne m’a pas fait sursauter ou m’exclamer « Mon dieu mais quel retournement » ou « Super, une idée de génie » car je soupirais tout en bâillant d’ennui, malgré l’alternance présent/passé qui nous éclaire sur le couple que forme Caroline avec son mari, ancien drogué des médocs.

L’intrigue n’est pas très réaliste, exagérée, peu crédible, les personnages sont fades et sans saveur, très clichés et on se demande ce que ce couple fait encore ensemble tant ils semblent avoir des difficultés à discuter entre eux. Entre nous, vu la platitude de leurs discussions…

Le côté thriller est absent alors qu’on aurait pu avoir un récit qui faisait monter la tension au fur et à mesure, musique angoissante à l’appui, on se retrouve avec un suspense inexistant et le tout fait pchiiit, une fois de plus.

Thrillers psychologique ? Tu parles, Charles ! Que dalle. Le Prix Bête Noire des libraires (sélection 2018) ? Si Bianca, ma copinaute de LC et moi avions été dans le jury, il aurait été saqué direct.

D’ailleurs, après 100 pages à se faire chier comme un rat mort, Bianca a abandonné et je lui ai raconté la fin qui ne l’a pas fait tressaillir non plus.

Allez, au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Le magicien de Whitechapel – Tome 1 – Jerrold Piccobello : André Benn

Titre : Le magicien de Whitechapel – Tome 1 – Jerrold Piccobello

Scénariste : André Benn
Dessinateur : André Benn

Édition : Dargaud (27/02/2015)

Résumé :
Londres, 1887. Jerrold Piccobello, magicien parmi les plus prestigieux du royaume britannique, se fait une nouvelle fois remballer d’une audition comme un malpropre.

Désespéré, l’homme revient sur les lieux de son enfance, là où tout a commencé et où il fera une rencontre pour le moins inattendue…

Critique :
La magie, ce n’est pas que l’affaire d’Harry Potter et consorts (ou qu’on ne sort pas).

Ici, même les Moldus peuvent être magicien. De très grands magiciens.

Hélas, d’aussi qu’on soit monté, on n’est jamais assis que sur son cul, mais la chute n’en est pas pour autant aussi douloureuse que si on avait chu de l’Empire State Bulding.

Pourtant, Jerrold Piccobello a commencé dans la bas du panier, avec une père décédée et un père qui jouait au Grec, c’est-à-dire qu’il trichait avec les dés (entre autre).

C’est après avoir été refusé pour son numéro et s’être senti devenu has been que Jerrold revient sur les terres qui l’ont vu grandir. Se remémorant sa jeunesse et tous les mauvais coups du sort, il repense aussi avec nostalgie à son mentor, Virgil Webb, Ze best magicien. Celui qui lui a tout appris.

Les dessins ne m’ont pas trop emballés, de plus, à certains moments, on a du mal à différencier Jerrold de Virgil, si on n’est pas trop attentifs.

Dommage que je n’ai pas accroché aux dessins parce que le scénario, de son côté, appelle à la curiosité, à l’envie de découvrir la jeunesse de Jerrold, les coups durs, son insouciance de jeunesse…

Son apprentissage auprès du Gérad Majax de l’époque, du Harry Houdini qui ne s’évade pas, du David Copperfield qui séduit toute les dames après leur avoir montré sa baguette magique, était bien mis en scène et je n’ai pas vu le temps passer durant ma lecture.

Malgré tout, il me manquait un truc pour me faire revenir pour le deuxième acte, pour aller chercher la suite de cette bédé dans les étagères de la biblio et ce truc qui manquait, il est arrivé en final de ce tome et là, je me suis dit que j’allais suivre cette série – au diable les dessins que je n’aime pas – afin de savoir ce qui allait se passer maintenant que notre Jerrold avait passé un contrat inhabituel.

Faudrait peut-être lui signaler qu’il devra utiliser une longue cuillère, car lorsqu’on dîne à la table de ce personnage, vaut mieux en avoir un longue (de cuillère !).

Cul entre deux chaises pour cette chronique. La curiosité est plus forte, je ne résisterai pas, faudra que je lise la suite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Jour J – Tome 18 – Opération Charlemagne : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau & Maza

Titre : Jour J – Tome 18 – Opération Charlemagne

Scénariste : Fred Duval & Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Maza

Édition : Delcourt Neopolis (19/11/2014)

Résumé :
1943, la France et l’Angleterre sont désormais en guerre.

Une petite légion de volontaires français a choisi de rejoindre Londres pour combattre le régime fasciste de Laval. Ils ne savent pas encore qu’une menace mortelle plane sur la ville…

Le gouvernement français travaille au lancement de fusées. Les réseaux résistants français pourront-ils arrêter l’opération Charlemagne à temps ?

Critique :
Une p’tite uchronie (*), ça vous dit ? Il y en a un peu plus, je vous l’met, ma bonne dame (mon bon monsieur) ?

Pas de bol pour moi, cette bédé est la suite de « Jour J – Tome 14 – Oméga » et si j’avais su, j’aurais lu ce tome 14 car là, j’ai eu l’impression de tomber comme un cheveu dans la soupe.

Afin d’y comprendre quelque chose – nous sommes dans une dystopie, donc, les faits réels sont changés – j’ai farfouillé un peu pour avoir le topo de ce fameux tome 14 où la France a basculé du côté des fascistes.

Imaginons qu’en février 34, un coup d’État avait porté au pouvoir en France un gouvernement fasciste, aidé d’une milice violente : Oméga. Un tel gouvernement aurait sans doute tué dans l’œuf les velléités de réarmement d’Hitler en 1936 et aurait fini par s’opposer à la démocratie britannique. Une nouvelle guerre mondiale commence en 1942 et la France est cette fois dans le mauvais camp !

Bande dessinée d’espionnage, elle nous montre des exilés français qui sont foutus le camp en Angleterre, refusant le nouveau gouvernement de Laval qui a tout d’un Mussolini, avec moins de prestance, selon une espionne.

Une bédé d’espionnage uchronique, fallait y penser et arriver à ce que l’histoire racontée se tienne car tout le soucis des uchronies est là : changer un fait du passé mais rester cohérent dans le récit que l’on développera à partir de ce changement.

Le pari est réussi dans ce cas-ci et je dois dire que j’ai eu tout de même un peu de mal au départ en lisant le récit puisqu’il allait à l’encontre de ce que je sais et qu’il opposait deux pays qui, s’ils ne se sont jamais aimé, étaient alliée en 39-45.

Voir une France fasciste a de quoi donner des sueurs froides, voir cette France en conflit avec la Perfide Albion durant la Seconde Guerre Mondiale avec un De Gaulle dans un autre rôle que celui qui est connu était plus que perturbant aussi.

Mais malgré ces perturbations, j’ai apprécié ma lecture. Justement, ces perturbations qui donnaient des sueurs froides ont ajouté du piment à cette lecture tant je n’arrêtais pas de penser « Et si putain ça arrivait, un gouvernement fasciste dans un pays voisin du mien ? ».

J’vous dit que j’ai pas bien dormi ? En plus, voir Big Ben brûler… Ça m’a fait un drôle d’effet !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

(*) L’uchronie pour les Nuls : Dans la fiction, l’uchronie est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé. « Uchronie » est un néologisme du XIXe siècle fondé sur le modèle d’utopie, avec un « u » pour préfixe de négation et « chronos » (temps) : étymologiquement, le mot désigne donc un « non-temps », un temps qui n’existe pas.

On utilise également l’anglicisme « histoire alternative » (alternate history). L’histoire contrefactuelle et l’uchronie se distinguent par la prééminence donnée soit à l’événement déclencheur (histoire contrefactuelle), soit à ses suites fictives (uchronie).