La Compassion du Diable : Fabio M. Mitchelli [Critique – Défi CannibElphique]

Titre : La Compassion du Diable

Auteur : Fabio M. Mitchelli
Édition : Fleur Suvage (2014) / Milady (18/03/2016)

Résumé :
1963 – Une nuit dans l’Ohio… impulsive. Suivront des corps, dans des barils en plastique.

1981 – Deux enquêteurs, hantés par leur passé.
Le cannibale de Cleveland… et vous. Votre compassion… celle pour le diable.

Critique :
Pour lire et apprécier ce genre de roman, il vaut mieux avoir les tripes bien accrochées. Il est donc conseillé aux âmes trop sensibles de s’abstenir.

Pour le cas où des petits curieux à l’âme sensible voudraient tout de même lire ce roman, je préciserai qu’il s’inspire de la vie de Jeffrey Dahmer, serial-killer surnommé « Le cannibale de Milwaukee » et d’Anthony Sowell, qui n’a rien d’un enfant de cœur non plus.

Ici, on suivra les horreurs perpétrées par « Le boucher de Cleveland » (fiction) et je vous déconseille de faire vos courses chez lui, vous pourriez vous retrouver à déguster de la cuisse humaine, du pénis ou des testicules, bref, le genre de chose qui ferait ruer votre estomac et votre esprit aussi.

C’est un roman que j’ai lu en très peu de temps, faisant même le forcing pour le terminer avant d’aller dormir, me foutant pas mal des conséquences pour le lendemain car il a un côté addictif, surtout après la première moitié, lorsque le final monte en puissance et en suspense.

Les chapitres sont courts, rythmés, alternant entre ceux de 1981 qui concernent nos deux flics, Freddy Lawrence et Victoria Fletcher, et ceux des années 60, avec Blake Memoria pour titre et les premiers crimes de ce tueur fou et sans pitié qui se nomme Blake.

L’enquête commence fort avec la découverte d’un charnier par hasard et puis bingo, encore un autre en démolissant une maison ! Jour de chance pour les flics, les voici ayant décroché la timbale et avec du pain sur la planche.

Pour ma part, j’aurais aimé un peu plus de pages dans ce roman afin de pouvoir développer un peu plus les deux personnages que sont les flics Freddy Lawrence et Victoria Fletcher, et même celui d’Henrique, le flic hidalgo qui s’immisce dans l’enquête avec des révélations percutantes comme un poids lourd reçu en pleine tronche.

Et c’est là que le bât a blessé, car si j’adore être surprise dans un thriller ou un policier, il faut tout de même que cela reste cohérent et là, à un moment donné, j’ai quand même eu vachement du mal à y croire car cela ne correspondait pas à la réalité, dans mon esprit. Trop, c’est trop.

Malgré cela, j’ai été happée par la suite, me demandant comment ça allait se terminer pour notre flic qui remontait le fil de l’enquête et pour le journaliste, auteur d’un livre, avec le mystère que venait de lui transmettre un petit vieux dans un home, avant de passer l’arme à gauche.

Et ce fut durant une scène extrêmement violente, véritable confrontation au sommet, que j’ai perdu le fil de l’histoire, l’auteur me donnant l’impression qu’à force de vouloir brouiller les cartes pour nous mystifier et nous surprendre, en faisait trop pour nous faire perdre le fil de qui était qui, au point qu’à la fin, j’avais l’esprit tout chamboulé de découvrir que ce n’était pas ce que je venais de lire qu’il s’était passé.

Vous suivez toujours ?

Si l’épilogue n’était pas nécessaire, je dirais même plus, il n’avait pas de raison d’être, pour le reste, j’ai passé un sacré moment de lecture addictive, voulant absolument savoir qui était le cannibale et comment les flics allaient l’arrêter, ou découvrir son identité.

Mon seul bémol sera pour le côté un peu trop irréel dans la résolution de l’affaire et sur l’identité du tueur.

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) , Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :

J’avais gagné ce livre grâce à un concours sur l’excellent blog Collectif Polar ! Et tout de suite, l’idée de la LC nous est venue avec ma binomette fidèle, Cannibal Lecteur, car on adore les histoires de tueurs en série !!!!

Synopsis :

Deux flics, un tueur. Des corps horriblement torturés. Deux enquêteurs le cannibale de Cleveland, une traque sans relâche…et vous. Vous et le diable. Plongez dans les secrets d’une âme criminelle dès le ventre de la mère. Dans la matrice du mal, tout au fond de l’enfer.

Inspiré du parcours sanglant du sérial killer américain Jeffrey Dahmer, la Compassion du diable est un thriller à la mécanique implacable. On le surnomme le « livre bleu ».

Ce que j’ai ressenti :… Mitonner un bon petit plat…

Au menu aujourd’hui: le petit thriller de Fabio M.Mitchelli cuisiné aux petits oignons, et c’est une invitation en grande pompe, puisque le diable s’invite à la table…

Une fée qui rencontre un diable, une Cannibal qui en rencontre un autre quelque peu célèbre, ça commence à devenir une attablée plus que surprenante: mais, plus on est de fous, plus on rit, non ?!!

Pour faire un bon repas, il faut de bons ingrédients…

Nous avons donc :

  •  Un tueur en série. Et pas des plus inconnus, puisque c’est le fameux « Boucher de Cleveland ». Nous avons même son traçage et pedigree depuis le ventre de sa mère jusqu’à son ultime battement de cœur, toutes ses pensées les plus intimes, jusqu’à ses plus atroces actes de barbarie, et plus si affinités… Une belle pièce « Blake » du boucher qui sera mis en valeur par ses petits accompagnements…
  • Deux flics investis. Une enquête c’est avant tout une équipe avec ses petits piments de séduction/ répulsion. Une interaction de sucré/salé qui relève tous les goûts entre charme et sens aux aguets, nuits blanches ou remplies de cauchemars, et bien sûr, passé douloureux intimes qui laissent un petit arrière goût en bouche…
  • Un écrivain avide d’une bonne histoire maléfique. C’est la touche secrète de cette recette imaginée par Fabio Mitchelli pour faire de ce moment, une vengeance qui se mange bien froide…

Si la marmite est bonne, pleine de chapitres haletants, rythme soutenu et scènes cauchemardesques, je vais juste un peu chipoter :

Fabio Mitchelli nous offre un bon thriller, mais en voulant à tout prix maintenir son suspense, il prend des « raccourcis » dans ces mises en place de personnages et leurs passé, et du coup, nous y perdons un peu en émotions…

Même pour l’ombre du diable, j’aurai aimé plus de folklore, plus de légende, qu’il prenne une plus grande place dans ses pages…

C’était difficile de ressentir de la compassion pour le diable, ou la compassion du diable, car on reste beaucoup spectateur d’une folie sanglante…

En fait, j’en aurai aimé plus de ses pages pour me lier davantage, mais je note quand même cet auteur dans mes agendas de lectrice compulsive car on sent un très grand  potentiel même si ce livre n’a pas été à la hauteur de mes attentes…

« On ne fait pas tomber le diable,Mac Callaugh. On l’évite ou on le subit , Mais on ne le fait pas tomber. Il est Bien Trop perfide et intelligent pour être démasqué , livré à la justice, jugé et condamné … »

Malgré ce chipotage d’elfe accro aux émotions, l’auteur a su me prendre aux tripes avec des scènes vraiment préparées avec soin, toutes plus noires et sanglantes les unes que les autres et disséquées en tranchant chapitres efficaces ! Page-turner et violence implacable se marie bien sur cette assiette de bleu…

Bon appétit surtout !

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

L’homme qui mit fin à l’histoire : Ken Liu

Titre : L’homme qui mit fin à l’histoire

Auteur : Ken Liu
Édition :  Le Bélial’ (25/08/2016)

Résumé :
FUTUR PROCHE.
Deux scientifiques mettent au point un procédé révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée, pour une seule et unique personne, et sans aucune possibilité pour l’observateur d’interférer avec l’objet de son observation.

Une révolution qui promet la vérité sur les périodes les plus obscures de l’histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d’État.

Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le général Shiro Ishii, l’Unité 731 se livra à l’expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d’un demi-million de personnes…

L’Unité 731, à peine reconnue par le gouvernement japonais en 2002, passée sous silence par les forces d’occupation américaines pendant des années, est la première cible de cette invention révolutionnaire. La vérité à tout prix. Quitte à mettre fin à l’Histoire.

Critique : 
La preuve que rien n’est écrit et que rien n’est jamais gagné… Voilà un court roman (une longue nouvelle ?) qui est encensé de partout et moi, je viens de passer royalement à côté.

Pourtant, le postulat de départ avait tout pour me plaire : Evan, un historien, et Akemi, une physicienne (en couple), inventent un scanner quantique qui permet à un témoin de revivre un moment du passé du monde comme s’il y était lui-même. Limite : un moment revécu devient inaccessible à toute observation ultérieure (problème de la mesure en physique quantique).

Attention, je ne suis pas passée à côté de tout non plus !

Je me suis instruite sur l’Auschwitz asiatique (ne me demandez pas s’il est pire ou moins pire que celui des Allemands,  à ce niveau là, on ne compare pas), cette Unité 731 dont je ne connaissais même pas l’existence, vu qu’on ne m’en avait jamais parlé et que, malgré mes nombreux livres lus sur la Seconde Guerre Mondiale, je n’en avais pas connaissance du tout.

Oui, je suis tombée de haut, j’ai eu froid dans le dos, pourtant, l’auteur nous livre un compte-rendu de certaines des horreurs qui s’y sont passé avec un ton froid, clinique et j’ai trouvé ça dommage, j’aurais aimé ressentir plus d’émotions.

Le problème des dilemmes qui se présentent face à cette possibilité de retourner voir l’Histoire, seul, et puis qu’après plus personne ne puisse y avoir accès est bien traité, on sent les tiraillements, les discussions, les problèmes de consciences des uns et des autres, la question de quelle personne envoyer, les silences du Japon qui ne veut pas que l’on fouille dans ses placards obscurs et peu reluisants, tout cela est bien traité.

Et moi, je suis passée à côté. Ce petit roman de SF ne devait pas être fait pour moi.

À vous de le tester pour voir si vous serez dans la majorité qui l’a apprécié ou si comme moi, l’écriture sous forme de documentaire vous déroutera, ainsi que la froideur de l’écriture.

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) , Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

L’ordre des choses : Frank Wheeler Jr.

Titre : L’ordre des choses

Auteur : Frank Wheeler Jr.
Édition : Série Noire Gallimard (14/11/2016)

Résumé :
Earl Haack Junior a été élevé pour devenir un Machiavel armé d’un flingue et portant une étoile… Son père, shérif dans une petite ville du Nebraska située sur l’autoroute de la drogue arrivant du Mexique – la fameuse Interstate 80 -, lui a très tôt enseigné sa façon particulièrement radicale et expéditive de maintenir l’ordre des choses.

Lorsqu’après un passage par les Stups de Denver (où il perd définitivement ses illusions) il revient prendre la succession de son père, il sait déjà qu’on ne vainc pas le chaos. Tout au plus, on peut tenter de faire jeu égal – un jeu sans règles ni limites.

Puisque la drogue et son commerce sont une donnée indépassable (surtout dans une société capitaliste marquée par la loi de l’offre et de la demande), la priorité principale de Haack sera donc de mettre sur pied un réseau de distribution composé de personnes qui lui sont redevables…

Son père avait raison : l’ordre passe avant tout, et il exige son tribut de sang.

Critique :
♫ Black is black ♪ comme le chantait si bien Los Bravos… et ces paroles sont parfaites pour illustrer l’atmosphère de ce roman noir qui ne se décline pas en 50 nuances de « grey » (gris) mais en 50 nuances de black (noir).

Ces 50 nuances de black allant du noir serré au noir sombre, en passant par le noir profond comme le trou d’une tombe creusée en pleine nuit dans un coin perdu du Nebraska, afin d’y enterrer une personne qui dérange l’ordre.

Conseil d’ami, ce roman noir n’est pas fait pour les personnes sensibles ou possédant un sens de la justice aigu, car ici, les gens nuisibles qui menacent l’ordre sont appelés des animaux et doivent être ou enfermé en cage ou muselé… Pour toujours ! Si vous voyez ce que je veux dire…

— On est au milieu du trou du cul de la cambrousse, frangin. Qu’est-ce qu’on fout ici ?

Certes, bien qu’étant pour une justice équitable, je ferme volontiers les yeux (dans un roman) quand on élimine les trafiquants de drogues et toute la racaille qui tourne autour comme des mouches autour d’une merde bien fraiche…

MAIS… (ben oui, il y a tout de même un « mais) le problème est que le shérif Earl Haack Jr qui élimine cette racaille de trafiquants et tout ce petit monde, est une raclure lui aussi. D’accord, il les élimine pour faire régner l’ordre dans sa ville, comme son père shérif avant lui, mais c’est aussi surtout pour mettre la main sur une partie de leur trafic.

— Devenir un caïd dans ce business, c’est comme se dessiner une cible dans le dos.

Sa philosophie est que puisqu’on ne peut lutter contre les narcos-trafiquants, autant aller dans le même sens qu’eux et se remplir les poches par la même occasion, tout en maintenant l’ordre dans la ville. D’une pierre deux coups.

Si on est intelligent et observateur, en bossant à la Brigade des stupéfiants, au niveau fédéral ou local, on apprend une chose très vite… Rien ne pourra jamais arrêter le trafic. Ceux qui acceptent cette évidence font un choix. Ils peuvent se résigner à pointer et à compter les heures avant la retraite, ou bien ils peuvent en profiter.

L’écriture est âpre, sans concession, les personnages sont plus dans les nuances de gris sombre ou de noir que d’une autre couleur, ne cherchez pas de rédemption, il n’y en aura pas, ou très peu. Même pas un personnage à sauver du lot !

Ce que les gens ne disent pas, en général, c’est qu’il est très difficile de commettre un homicide, quelles que soient les circonstances. Même en cas de légitime défense, il y a une résistance naturelle à l’acte de tuer.

Et pourquoi on a besoin de fusils de chasse ? Il n’en avait pas la moindre idée. La balistique. Il est impossible de faire des études balistiques avec des cartouches de fusil de chasse. Ça ne laisse quasiment aucun indice.

Autant j’avais ressenti de l’empathie pour le shérif Corey dans « Pottsville, 1280 habitants » de Jim Thompson, autant je n’ai ressenti aucun atomes crochus avec le shérif Earl Haack Jr, ni avec sa femme, ni avec sa troupe d’éliminateurs de premier ordre.

L’ordre dans la ville et non le chaos… Le shérif Earl applique l’adage de son père, et on peut dire qu’il l’applique avec zèle, créant pour finir du chaos en voulant mettre le l’ordre.

Un roman noir âpre, des personnages qu’on n’aimerait pas croiser ou boire un verre avec eux, une écriture au cordeau, une analyse d’une société qui tranche dans le lard, des morts à la pelle, des balles qui sifflent, tout le monde qui surveille tout le monde, une guerre larvée pour prendre le pouvoir et le contrôle du marché, bref, une OPA qui n’est pas publique et qui aura tout du RIP inscrit sur votre tombe anonyme.

Un roman noir sombre, qui possède un rythme propre à lui, assez agité sur le final, et très giclant de sang avant, un roman noir rural, sauvage, des personnages énigmatiques, dangereux comme des crotales enragés.

Un roman noir intense et violent.

— Tu sais ce qui se passera quand il tombera, n’est-ce pas ?
— La nature a horreur du vide.
— Hein ?
— Un truc que j’ai appris à l’université. Je veux dire, une fois que le chef n’est plus là, les autres vont se battre pour prendre sa place. Une putain de foutue guerre entre les parties concernées.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018),  Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

 

Dusk : Sébastien Bouchery

Titre : Dusk

Auteur : Sébastien Bouchery
Édition : Fleur sauvage éditions (25/08/2016)

Résumé :
Nebraska, 19ème siècle. De redoutables limiers partent affronter l’hiver glacial pour neutraliser l’assassin d’une fillette.

Mais ils devront, tour à tour, affronter leurs passés tumultueux, ainsi qu’un second prédateur… Un tueur en série qui laisse, dans son sillage, un nombre inquiétant de cadavres…

Jouant avec les codes des thrillers actuels, Sebastien Bouchery revisite l’univers du western avec des personnages hauts en couleur et une intrigue aussi riche que palpitante.

Critique :
Autant j’adore les romans policiers et les romans noirs, autant j’ai aussi un gros faible pour les bons westerns !

Attention, je parle ici de bons westerns, de la crème des westerns. Le tout dans une ambiance noire comme un café serré.

La crème du western qui se mélange harmonieusement avec un roman noir et sombre comme la raie d’un mineur occupé à creuser une galerie au fond d’une mine à minuit par une nuit sans lune…

Mettez le pied à l’étrier et munissez-vous d’une chaude peau de mouton parce que, une fois de plus, on va chevaucher dans le froid et la neige. À la poursuite, non pas du diamant vert ou d’Octobre Rouge, mais d’un assassin d’enfants. Un pédophile surnommé Le Sprinkler… Je ne verrai plus ces dispositifs de la même manière, moi.

— Ça caille, hein, Bow’ ?
— J’ai les roustons qui ont rétréci. Ils collent à mon calbar comme les mouches collent aux aisselles de la mère Dagonard, ma voisine.

— Le Sprinkler  ? répéta Ron en plissant les yeux.
— Oui, c’est le nom que lui ont donné les élégants bien-pensants de Lincoln. En rapport avec les us et coutumes pédérastes de notre homme.
— J’ignorais qu’il fallait donner un nom à tout, même aux sauvageries les plus perverses, commenta Brittle.
— Il faut toujours donner un nom aux choses, monsieur Brittle. Chez nous, on gratte énormément de papier. Et pour déterminer chaque élément d’un puzzle, il faut automatiquement lui apposer un nom.

L’auteur a beau être français, à mon avis, on a dû le biberonner aux westerns lorsqu’il était bébé car il nous offre une ambiance qui a tout d’un western mis en scène par un américain.

Les 7 mercenaires…. Pardon, je voulais dire, les 7 cavaliers à la poursuite du pédophile sont tous aussi différents que l’on peut l’être car entre deux anciennes légendes de l’Ouest et de la Guerre de Sécession (des vieux ronchons), un shérif et ses deux adjoints (un qui bégaye et un adepte de la zenitude), une femme qui n’a pas froid aux yeux (mais possède une forte poitrine) et un journaliste trouillard, on aurait pu se casser la gueule.

Tous ont une densité, une présence incroyable, on s’y attache, chacun ayant ses secrets, ses non-dits, ses envies, ses rêves et Sébastien Bouchery nous offre donc des personnages avec des nuances de gris.

Et quelques nuances de jaune ou de brun car les sous-vêtements ne devaient pas être blanc de chez blanc après un tel périple.

— Oui messieurs, je fais partie de l’expédition.
— Comment ça ? Mais… mais nous allons chevaucher des journées entières, dormir sous la pluie, chier et pisser dans la nature…

Durant cette chevauchée dure, impitoyable, sanglante, notre scénariste a su éviter tous les pièges, tous les écueils, tous les clichés éculés et véhiculé par le genre. En fait, on a des clichés, mais mis en scène de manière à ne pas ressembler à des gros clichés bien gras enrichis à l’huile de palme.

Sa seule entorse sera pour Miss Hobblehorn, la femme qui n’a pas froid aux yeux ni aux miches, qui est une jolie brune à forte poitrine. Mais malgré sa « bravitude », elle nous prouvera aussi qu’elle peut avoir le trouillomètre à -10 !

Quand aux autres, ils n’ont rien de super héros et ont mal aux fesses après une longue chevauchée, comme tout le monde.

Kenny Bowens mesurait un mètre soixante-dix tout au plus, grinçait de toutes les articulations lorsque le temps virait à l’humide, et flattait souvent une bedaine bien avancée sous laquelle il peinait à attacher son ceinturon les matins.

— Bow’, comment tu vas, vieux coyote décati ?
— Mieux que toi si j’en juge par ta poigne de fillette anémiée.

— Allez Stab’, je te rejoins. Si t’as besoin d’une échelle pour grimper sur ton bourricot, y en a une contre la grange.

— J’ai l’impression qu’on m’a bourré du bois sec dans le cul toute la nuit tellement ça craque.

Pas d’embêtements, des secrets, des mystères, deux tueurs fous à arrêter et, cerise sur le gâteau, un politicien véreux comme pas possible ! Oubliez les magouilles de nos politiciens, celui-ci les surclassent tout et mériterait 8 pages dans le Canard Enchaîné tant il est pourri de chez pourri.

Tout en galopant dans la neige et en se caillant les miches, l’auteur en profite aussi pour nous donner quelques anecdotes amusantes sur le Jack Daniel, les nouvelles techniques d’investigations et pour nous faire réviser notre historie des États-Unis en passant en revue ce qu’elle a de plus sombre. Hé, c’est pas l’île aux enfants, ici ! Et le Rêve Américain, il est aux abonnés absents.

Il avait fui le rêve américain comme on tente d’échapper à la peste. L’Eldorado, la terre promise que convoitaient les immigrants n’avaient jamais existé. Pour lutter contre les politiques d’austérité, nombre d’immigrants avaient formé des communautés aussi incontrôlables que venimeuses. Les gangs avaient commencé à gangrener la ville et les ouvriers devaient composer avec patrons, politiques nouvelles et misère sociale.

— D’après ce que je sais, le shérif a mis à contribution ses adjoints et ceux de la ville voisine pour garder au frais la scène de crime.
— Ah oui, c’est vrai. Les nouvelles techniques d’investigation. On touche à rien et on déplace surtout pas le corps.
— Il commence même à se créer de nouveaux métiers autour de l’étude des cadavres. Tu y crois, toi ?

C’est sombre, sur fond blanc puisqu’il neige, on a quelques notes d’humour, des flingues qui crachent des balles, des morts, des blessés, de l’amûr (un peu), des dialogues qui ont de la pèche et des personnages qui se dévoileront au fil de la chevauché fantastique.

— Si ma vue continue de baisser à cette cadence, l’année prochaine je serai obligé d’aller pisser avec une loupe.
— Tu le faisais pas déjà ?
Stabler lui accorda la victoire d’une mise en boîte bien placée, et rit.

— Je commence à devenir miro, j’ai mal partout chaque fois que je me gratte le dos, et j’ai de plus en plus de mal à dresser la tente, si tu vois ce que je veux dire…

Quand au final, il est grandiose, l’auteur étant à l’aise aussi bien avec les scènes de fusillades comme avec celles plus tendres, celles remplies d’humour ou plus cyniques, comme avec celles plus « coup de poing dans ta gueule » avant de te coller le coup de pied dans le plexus.

— C’est juste que nous connaissons tous le pedigree des politiciens. Ils sont prêts à décimer tous les serpents à sonnette du désert sur de simples promesses. Mais une fois qu’ils sont élus, c’est tout juste s’ils ont le temps de dire bonjour à leurs administrés.

Sans oublier les deux mondes qui se croisent et se télescopent : l’Amérique profonde des cavaliers, des fermiers et celle des politiciens orgueilleux. Celle qui manie encore le colt et celle des gratte-papiers… L’avantage étant que nous ayons des bas de plafond des deux côtés.

— Ici, on gratte pas le papier. On fait respecter la loi, les mains dans la boue et les pieds dans la merde.

Que demander de plus ??

Ok, ce serait encore plus super avec des images sur grand écran pour encore mieux en profiter et une musique d’Ennio Morricone !

— Je préférerais un Jack Daniel’s.
— Un Jack quoi ? Qu’est-ce que c’est que ce truc ?
— Un bourbon américain.
— Le bourbon américain, ça n’existe pas, voyons ! Je veux dire, le vrai. D’où sort donc votre piquette ?
— D’une distillerie de Lynchburg, dans le Tennessee.
— Ah, et depuis quand elle existe, cette distillerie ?
— Elle a été fondée cette année, par monsieur Jack Daniel.
Hagan partit dans un rire hilare. Il passa une main dans sa chevelure épaisse et leva le bras pour commander une tournée.
— Monsieur Stillman, je vous pensais plus fin connaisseur. Un homme de votre qualité, allons ! Le tord-boyau dont vous faites l’apologie ne connaitra jamais le succès. Je ne donne pas un an avant que votre distillerie ne ferme ses portes.
— Si vous le dites.
— C’est du bon sens monsieur Stillman, juste du bon sens, dit Hagan en se tapotant le crâne du bout des doigts.

PS : j’ai relevé quelques grosses fautes d’orthographe, dans cette version… Les cavaliers « descellent » leur chevaux et bien entendu, ils les « scellent ». Heu, « sceller » avec un « c » parle d’apposer un sceau, le cavalier, lui, il se contente de « seller » son canasson.

— Vous n’avez plus qu’à les desceller et récupérer vos affaires pour la nuit…

Il s’était ensuite rendu jusqu’à l’écurie et avait scellé son cheval.

Idem avec « dote » écrit de cette manière à la place de « dot ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018),  Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Ciel rouge : Luke Short

Titre : Ciel rouge

Auteur : Luke Short
Édition : Actes Sud – Collection L’Ouest, le vrai (2016)
Édition originale : Blood On The Moon (1943)

Résumé :
La cupidité oppose deux hommes, et la fille de l’un d’eux aime celui qui s’apprête à escroquer son père.

Sur fond d’élevage de bétail et de répression d’Indiens croupissant dans des réserves dépourvues de bonnes terres, Luke Short compose un western efficace et exemplaire qui a été adapté par Robert Wise sous le même titre.

Robert Mitchum et Barbara Bel Geddes tiennent les rôles principaux dans ce film, considéré comme l’un des meilleurs westerns noirs.

Critique :
Prenez un shaker et mettez-y une bonne dose de western avec un zeste de policier et deux doigts de roman noir et secouez bien.

Servez-le sans glace, sec, et dégustez sans modération.

Voilà comment je pourrais résumer ce western policier noir ou ce policier western noir.

D’ailleurs, en lisant ce western, vous aurez un bon plan pour gagner du fric facilement avec une magouille bien ficelée.

Certes, il vous faudra un troupeau de vaches, une réserve indienne, un représentant local du Bureau des affaires indiennes véreux, un exploiteur, un gros éleveur de vaches, des cow-boys et des colons qui ne veulent pas de vaches pâturant sur les terres qu’ils ont squatté à l’éleveur puisque celui-ci n’a pas mis de barbelés sur la prairie.

Un vieux thème récurent dans le western car reflet de l’Histoire des États-Unis que ces guerres entre ranchers et squatters, entre les éleveurs et les colons et entre ceux qui veulent introduire des moutons et ceux qui ne voyait que par les vaches.

Si vous êtes sensible à la poésie d’une description de paysage ou de climat bienveillant, il va falloir vous munir d’une épaisse peau de mouton, d’un long manteau étanche car l’auteur va vous balancer dans ses pages un climat aride par le froid, la pluie, la neige, le tout au service d’une atmosphère des plus oppressante, d’une nature hostile et d’un sol guère accuillant.

Ce fut dans un triste endroit, un pitoyable endroit, parmi les trembles épars et détrempés, que Jim Garry établit son campement à la tombée de la nuit. Mais il n’avait pas d’autre choix, ses deux chevaux et lui étaient trop épuisés pour descendre jusqu’à la forêt. […] Il retira ses bottes, les enfila la semelle vers le haut sur des piquets plantés près du feu, puis réchauffa ses pieds à demi gelés. […] Les branches des trembles s’entrechoquaient dans le vent. Des filets de pluie froide ruisselaient dans son dos sous sa peau de mouton mais il restait assis, hébété de fatigue.

Dès le départ, vous êtes dans le bain et déjà votre campement est piétiné par un troupeau de bovins en fuite. Puis on sera menacé d’une arme, questionné subtilement et enfin on pourra reprendre sa route vers son destin.

Ne cherchez pas le personnage central, le héros, celui que l’on voit surgir dès le départ car ici, c’est assez obscur, on ne sait même pas si Jim Garry, le cavalier solitaire, est dans le camp des gentils ou des méchants car dans ce roman, point de dichotomie, tout le monde ayant un bon côté et un sombre, même si certains possèdent en eux plus de sombritude que les autres.

Comme dans tous les bons romans westerns qui volent plus haut que ceux de la sous-gare de Trifouillis-Les-Oies, en plus d’un scénario béton, les personnages sont travaillés avec peu de mots, ni tout blanc, ni tout à fait noir et la rédemption se taille une belle part dans les pages de ce western noir.

Si les femmes sont assez fortes et n’ont pas froid aux yeux, les hommes auront tous l’occasion de se racheter, libre à eux de changer de cap et de faire en sorte de se faire pardonner leur péchés (pour certains), ou leurs erreurs pour d’autres.

Rien n’est figé et c’est ce qui ajoute une touche de réalisme à ce western noir et serré comme un café et aussi sec qu’un whisky sans glace.

Un western qui nous parle de la possession du sol, de la propriété des terres dans ce pays où certains voulaient le libre accès au territoire dans son ensemble et sans la moindre restriction, de l’importance de l’eau, de l’obligation de protéger son bien contre les intempéries, les exactions des hors-la-loi.

Un western que la Série Noire n’aurait pas renié car il était sombre comme elle aimait, un western qui vole plus haut que ceux écrits pour un public de masse, un western sur fond de magouille, de mépris pour les indiens parqués dans des réserves, de rédemption, de traitrise et d’amour, sans que cela vire à l’eau de rose.

Un vrai café noir additionné d’un bon whisky. Des comme lui, j’en redemande jusqu’à l’ivresse.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) , Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Le rat géant de Sumatra : Rick Boyer

Titre : Le rat géant de Sumatra

Auteur : Rick Boyer
Édition : Mycroft’s Brother (2003)

Résumé :
Selon les holmésiens du monde entier, il s’agit de l’un des meilleurs pastiches de Sherlock Holmes publié, depuis les histoires que sir Arthur Conan Doyle nous a livrées. On y retrouve le détective et son fidèle Watson opposés au rat géant de Sumatra, débarqué en Angleterre par un mystérieux personnage qui se révèle être une vieille connaissance de Sherlock Holmes.

Publié aux Etats-Unis en 1976, ce livre a été réédité aux Etats-Unis en 1998 dans un recueil de quatre aventures intitulé A Sherlockian Quartet.

La traduction, par un spécialiste holmésien, restitue parfaitement le style du docteur Watson, biographe officiel de Holmes. Une qualité rare en la matière.

Critique :
Tout ceux et celles qui ont lu « Le vampire du Sussex » connaissent cette phrase célèbre de Sherlock Holmes au sujet d’une certaine Matilda Briggs…

« Matilda Briggs n’est pas le nom d’une jeune fille, Watson, dit Holmes d’une voix lointaine. C’est le nom d’un navire dont le destin est associé à celui du Rat géant de Sumatra. Une histoire à laquelle le monde n’est pas encore préparé ».

Et on la trouve où, cette fameuse histoire du rat géant ? me demandez-vous.

Nulle part dans le canon holmésien car elle n’existe pas, elle fait partie de ce que les holmésiens ont nommé les Untold Stories, c’est à dire les histoires citées par Watson dans le canon holmésien, mais jamais écrites par Conan Doyle.

Lorsque j’avais acquis ce petit roman (175 pages, texte sur deux colonnes), j’avais eu une petite appréhension que les louanges faites à ce pastiche n’étaient pas parvenues à éteindre, échaudée que j’étais après avoir lu du grand n’importe quoi réalisé par d’autres auteurs qui avaient eu aussi brodé sur ce fameux rat géant.

Ma lecture initiale m’avait presque faite pleurer de plaisir tant le roman était fin, tant il n’avait pas sombré dans un gouffre abyssal de conneries ou de rats ayant la taille d’un poney.

Cette relecture fut tout aussi plaisante que la première fois, preuve qu’il était bon, ce petit pastiche, même s’il était cher (>20€).

L’auteur respecte tous les codes du canon holmésien et une fois de plus, cette untold stories pourrait très bien être intégrée aux véritables récits du Watson de Conan Doyle tant on s’en approche.

Richard Boyer, l’auteur, joue avec les codes, les utilise à bon escient, fait des références à des autres affaires, nous offrant un Sherlock Holmes et un Dr Watson proche des véritables, tout en ajoutant son style à lui.

Cherchez pas la petite bête, tout y est ! Et pour les lecteurs des aventures de Sherlock Holmes, il ne leur sera pas difficile d’éventer une ruse du détective puisqu’il l’avait déjà faite dans une certains histoire de malédiction canine (et rien à voir avoir avec un dentiste maudit).

Et bien justement, Le Rat Géant, c’est un peu comme avec Le Chien des Baskerville qui contentait une partie fantastique avec malédiction et chien géant sorti des Enfers, et qui se terminait par une explication rationnelle et logique.

L’auteur a bien manié son récit, mêlant habillement le caractère fantastique et mystérieux de l’enquête, tout en lui donnant un final réaliste et sans rien emprunter au fantastique, ce qui aurait été un peu trop facile.

Et si au départ on se demande où est l’histoire avec le rat, Holmes ayant une histoire d’enlèvement à résoudre, pas de panique, il arrivera bientôt, le mélange des deux enquêtes étant harmonieux et bien réalisé.

Du suspense, des rebondissements et un méchant bien travaillé et qui, comme tous les méchants de la terre, ne peut résister à l’envie de se vanter et d’exposer tous ses griefs à l’encontre de Holmes. Comme tous les méchants, en fait… Faudrait faire une étude psychologique sur cette propension qu’ont les Méchants à un peu trop causer.

Anybref, notre détective de Baker Street n’est pas tombé de la dernière pluie, il est loin d’être un imbécile et à plus du rusé renard que d’un lapereau de deux semaines.

L’auteur a aussi brillamment mit en avant la formidable amitié qui lie Holmes et Watson (et rien de plus, on se calme les filles !) et, tel dans l’aventure des « Trois Garrideb », nous avons un Holmes un peu ému à l’idée d’avoir fait prendre de grands risques à son ami. Un grand moment.

Le récit est digne d’un grand cru, vieilli en fût de chêne, il est A.H.O.C (Appelation Holmésienne d’Origine Contrôlée) et ne contient pas de sulfites.

A consommer sans modération parce qu’un pastiche écrit avec un tel savoir, se déguste avec sagesse.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

[FILMS] The Dark Knight – Le Chevalier noir : Christopher Nolan (2008)

The Dark Knight : Le Chevalier noir est un film de super-héros américano-britannique, réalisé par Christopher Nolan (anglais) et sorti en 2008.

Basé sur le personnage de fiction DC Comics, Batman, c’est la suite de Batman Begins sorti en 2005.

Cet opus décrit la confrontation entre Batman, interprété pour la seconde fois par Christian Bale, et son ennemi juré le Joker, joué par Heath Ledger (mort le 22 janvier 2008, avant la sortie du film).

Dans la continuité de ce reboot, il s’agit de leur première rencontre, quoique légèrement annoncée à la fin de « Batman Begins ».

La trilogie se conclut avec « The Dark Knight Rises », sorti en 2012.

Synopsis : 
Batman aborde une phase décisive de sa guerre au crime. Avec l’aide du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur Harvey Dent, il entreprend de démanteler les dernières organisations criminelles qui infestent les rues de sa ville.

L’association s’avère efficace, mais le trio se heurte bientôt à un nouveau génie du crime qui répand la terreur et le chaos dans Gotham : nommé le Joker.

On ne sait pas d’où il vient, ni qui il est. Ce criminel possède une intelligence redoutable doublé d’un humour sordide et n’hésite pas à s’attaquer à la pègre locale dans le seul but de semer le chaos.

Distribution :
Christian Bale : Bruce Wayne / Batman
Michael Caine :  Alfred Pennyworth
Heath Ledger : Le Joker
Gary Oldman : Jim Gordon
Aaron Eckhart : Harvey Dent / Double face
Maggie Gyllenhaal : Rachel Dawes
Morgan Freeman : Lucius Fox

Ce que  j’en ai pensé :
Disons-le de suite, je n’ai jamais une mordue des Comics de super-héros. Pourquoi ? C’est mon père qui m’a fait découvrir les bédés, tirées bien souvent de l’hebdo Spirou et donc de l’écurie Dupuis.

Les comics n’étaient donc pas présent dans la biblio familiale et je n’avais aucune référence.

J’ai commencé à les découvrir vraiment lorsque tous les films de super-héros sont sortis, dans les années 2000, avec des effets spéciaux dignes de ce nom.

Et je dois dire que si j’ai adoré les premiers X-Men ou les premiers Spiderman, je suis tombée sur le cul avec le film de Chistopher Nolan.

  • La scène d’intro est jouissive et culte ! (le braquage mené par la bande du Joker)
  • Christian Bale fait un excellent Batman, sombre, torturé, sexy en diable…
  • Son majordome est un ancien Sherlock Holmes (Michaël Caine – Élémentaire mon cher…. Lock Holmes)
  • Le Joker… La Némésis de Batman. Que dire de lui ?? Un maquillage de clown qui déborde de partout, des cheveux sales et gras, un type ultra-violent, un véritable psychopathe, anarchiste et très intelligent quand il s’agit de faire répandre le chaos dans Gotham…
  • Putain, le truc de fou !! Heath Ledger qui m’avait z’ému dans son rôle de cow-boy gay (Le Secret de Broke back Mountain) m’a, ce coup-ci, foutu un grande claque en interprétant le Joker. Son interprétation est tout simplement à couper le souffle. Un véritable psychopathe. Nicholson était déjà bon, mais ici, Heat surclasse tout le monde et il n’est pas encore né celui qui nous le fera mieux que lui.
  • Joker est l’égal de Batman mais en version noire, sombre, le MAL absolu, et Nolan s’est focalisé sur ce côté « mal » pour la psychologie du personnage.
  • D’ailleurs, je me demande si le Joker ne vole pas la vedette à Batman car dès qu’il apparaît, il prend tout l’écran avec sa présence.
  • Les personnages sont profonds, changeant, ni tout blanc, ni tout noir, tout en nuance de gris, à la limite de la rupture, du basculement vers le côté obscur. Ils sont réalistes, tout simplement.
  • Le scénario est riche et le triangle amoureux ne vire pas au gnangnan guimauve. Il possède aussi une multitude de petites intrigues qui s’enchaînent pour être au final toute liées et en former une seule.
  • Nolan ne se contente pas de nous pondre un film à gros budget (180.000.000 $) avec un super héros de chez DC Comics. Que nenni, le réalisateur aborde dans son film des grands thèmes tels que la dérive sécuritaire de l’après 11 septembre, l’individualisme de la société, la passivité des habitants face à un terroriste, nous offre quelques discours politiques bien sentis et, bien sûr, la lutte entre le bien et le mal, traduite sur grand écran comme jamais.
  • Il aborde aussi les thèmes de la criminalité et de la pègre de manières très réalistes et nous offre aussi une réflexion sur la justice.
  • Chose rare, le film ne tombe à aucun moment dans un manichéisme primaire.
  • Les dialogues sont parfaitement ciselés, aux petits oignons, soignés, magistraux.
  • Le film nous surprend souvent, joue avec nous et un seul visionnage ne nous permet pas de tout capter, de tout appréhender.
  • Double Face, personnage joué par Aaron Eckhart est appronfondit, travaillé, super bien interprété et certains disent qu’il est largement supérieur à celui interprété par Tommy Lee Jones.
  • The Dark Knight est un film noir, très noir, sombre, sans édulcorant, une sorte de thriller policier possédant, en plus d’un super-héros,  ses gangsters, son argent sale et ses braquages de banques. Oh, on dirait une pub pour vanter une ville !
  • Autre scène culte et fascinante de par ses dialogues : quand Batman dirige l’interrogatoire contre le Joker et que ce dernier pousse notre héros à ses limites de violences. Batman bascule du côté obscur de la Force en cédant aux provocations et se déchaîne brutalement sur le Joker…  Le tout est terrifiant car la scène est amplifiée par l’incroyable musique d’Hans Zimmer et de James Newton Howard.
  • La musique de Hans Zimmer…. J’adore ce compositeur, tout comme Enio Morricone, et une partie de ses musiques se trouvent dans ma playlist du smartphone et j’ai un faible pour le « Why so serious ? ». Vers les 2:30, ça commence à me faire dresser les poils sur les bras. Surtout en repensant à la scène où le Joker raconte à Rachel comment ses cicatrices sont arrivées sur lui.
  • Quoi ? T’es encore à me lire alors que tu dois aller voir ce film de suite si tu ne l’as pas encore vu ???

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda et  Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Moi, Sherlock Holmes : William S. Baring-Gould

Titre : Moi, Sherlock Holmes

Auteur : William S. Baring-Gould
Édition : Encrage Éditions / Buchet-Chastel

Résumé :
Des milliers de lecteurs connaissent Sherlock Holmes par les ouvrages du Docteru Watson, mais ce n’est qu’aujourd’hui, Holmes étant mort, que sa biographie peut être révélée.

Ce volume livre pour la première fois, tous les faits, tous les actes qui peuvent être authentifiés, de la vie d’un des hommes les plus extraordinaires de ce siècle.

Il révèle beaucoup plus que ce que l’on savait jusqu’ici.

Après 20 ans de recherches, l’auteur a écrit un livre définitif, où l’on trouve aussi bien l’histoire de sa lutte dont l’infâme professeur Moriarty, ses dangereux contacts avec Jack L’Étrangleur, son amour pour Irene Adler, le mystère de son fils, l’histoire de sa retraite et les circonstances de sa mort.

Critique :
Voici le genre d’étude consacrée à la vie et  à la carrière de Sherlock Holmes réservée exclusivement aux malades, aux fans, aux dingues, aux mordus du détective de Baker Street.

En effet, cette biographie de Sherlock Holmes est à réserver pour les fins connaisseurs du canon holmésien et exclusivement pour eux !

N’allez pas croire que je sois devenue une égoïste pur jus, mais, premièrement, nous sommes face à une édition qui est devenue très rare dû au fait qu’une partie du stock de l’éditeur Buchet-Chastel ait brûlé, et vous savez que ce qui est rare est cher…

La même version éditée chez Encrage ne se trouve pas partout, faut fouiner dans les bouquineries dévouées au genre policier…

Ça, ce n’était que la raison la moins grave pour laquelle je déconseille aux gens de l’acheter ! La seconde raison est, à mon sens, la plus importante et la plus grave…

Là où c’est le pire, c’est que sur cette étude, il faudrait ajouter un bandeau-titre sur la couverture, avec, noté dessus en gras et en rouge « ATTENTION – Ceci n’est en aucun cas une biographie de référence sur Sherlock Holmes » comme pourrait vous le laisser croire le 4ème de couverture ».

Baring-Gould connait son canon holmésien, il a, sans aucun doute, d’excellentes références sur Sherlock Holmes, il l’a étudié en long et en large (et en travers)…

Mais dans cette « biographie » de mes couilles (et je ne m’excuserai pas sur le fait que je ne possède pas de couilles) l’auteur mélange tout, sans distinction : les faits attestés (canoniques), les hypothèses plus ou moins plausibles, sans parler des trucs les plus farfelus péchés ailleurs que dans les écrits de Conan Doyle (généralement dans la multitude de pastiche consacrés à Holmes).

Et quand il y a des blancs, des trous, des non-dits, c’est pas grave, l’auteur bouche les trous, invente des faits, des noms, des écoles fréquentées par Holmes, jouant avec le canon et les hypothèses non avérées qu’il balance comme véridiques et canoniques.

Alors, s’il faut déjà bien tout à l’holmésien du dimanche pour démêler le vrai du faux, un néophyte qui lirait cet ouvrage, se retrouverait avec des connaissances faussées dès le départ.

La faute aussi au 4ème de couverture qui ne nous prévient pas de ce mélange entre la réalité canonique et la fiction, et vous, pauvre lecteur, sans vous douter de la moindre vilénie, vous serez tout content d’apprendre les noms des parents de Sherlock, le nom de son autre frère, l’endroit où il fit ses études…

Bref, TOUT ce qui chez les holmésiens est sujet à suppositions, supputations, déductions (jamais certaines) ou discussions sans fin, se retrouvent, ici, écrit comme si c’était parole d’évangile…

Le lecteur non-averti qui, durant sa lecture, n’aurait pas les récits canoniques sous la main pour vérifier les dires, penserait avoir devant lui la carrière officielle de Sherlock Holmes à partir des écrits de Conan Doyle alors qu’on y mêle, à foison, des éléments non-canoniques, sans vous prévenir que telle ou telle chose provient en fait d’hypothèses hypothétiques, de déductions, mais dont on ne saura jamais le fin fond.

Le danger étant, qu’à la fin, sur le long terme, on considère ce qui est dans cette fausse biographie comme véritable et non pas comme des inventions de l’esprit d’un auteur qui a voulu faire passer toutes les études holmésiennes comme faisant partie de la réalité canonique.

Ce problème est devenu réalité puisque certaines de ces inventions de l’esprit ont fini par être considérées comme appartenant réellement au canon et on les retrouve, noires sur blanc, dans de nombreux pastiches ou études holmésiennes, avec, en prime, leur source notée dans la biographie (Moi, Sherlock Holmes de Baring-Gould). Bravo ! (ironie)

Anybref, vu le prix de l’ouvrage qui est rare, vu que l’on est face à une fausse biographie, vu que le néophyte ne saura pas trier le bon grain de l’ivraie, et vu qu’on remplit des pages et des pages avec des véritables extraits canoniques, je n’ai qu’un mot à vous dire…

PASSEZ VOTRE CHEMIN !!!

Sauf si, comme moi, vous être collectionneuse dans l’âme et à l’affut du moindre ouvrage consacré à votre détective préféré ou si, comme moi aussi, vous voulez juste informer les pauvres lecteurs/lectrices innocents qui seraient prêt à tomber dans les filets racoleurs de cet ouvrage.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Watchmen – Intégrale : Alan Moore & Dave Gibbons

Titre : Watchmen – Intégrale

Scénariste : Alan Moore (Anglais)
Dessinateur : Dave Gibbons (Anglais)
Traduction : Jean-Patrick Manchette

Édition : Delcourt (1998) / Panini Comics (2009) / Urban Comics (collection DC Essentiels – 2012) avec traduction originale du romancier Jean-Patrick Manchette

Résumé :
1985. Deux inspecteurs de police tentent de comprendre ce qui a amené un sexagénaire bodybuildé à traverser la baie vitrée de son appartement et à s’écraser une dizaine d’étages plus bas. Ayant conclu à l’assassinat d’un homme ayant certaines relations haut placées, les policiers quittent la scène de crime.

Un personnage masqué arrive alors sur les lieux : Rorschach. Celui-ci, appelant la victime « Le Comédien », suppose qu’il a été assassiné non pour ce qu’il avait fait ou faisait, mais parce qu’il était un super-héros.

Rorschach fait alors le tour de ses anciens collègues afin de les tenir au courant de ses conclusions et de les mettre en garde.

Critique :
La satyre de Juvénal « Quis custodiet ipsos custodes ? » (Qui garde les gardiens eux-mêmes ?) est devenue « Who watches the watchmen ? » et symbolise bien la remise en cause de la légitimité des Super-Héros à faire régner l’ordre.

Comment vous parler de ce comics en restant simple ? Et sans rien oublier ? Impossible…

Déjà que je devrai sans doute la relire plusieurs fois avant d’arriver à appréhender tous les détails qui se cachent dans les dessins, avant de saisir la profondeur des propos et de comprendre la richesse de l’histoire, et l’histoire dans l’histoire.

Watchmen met en scène des super-héros sans pouvoirs, des super-héros comme on n’a pas l’habitude de voir.

Oui, on a affaire à des hommes ou femmes qui se déguisent comme au bal costumé, qui tentent de faire régner l’ordre mais où aucun ne s’est fait mordre par une araignée irradiée et où personne ne vient de la planète Krypton.

Le seul qui a les pouvoirs d’un dieu, c’est le Dr Manhattan (Jonathan Osterman) car cet homme a  été désintégré, mais s’est reconstitué petit à petit avant de réapparaître dans le monde réel. Il est omnipotent, omniscient, et immortel, et aux services des États-Unis.

En plus de nous proposer un univers de super-héros revisités, Alan Moore nous offre un uchronie où les États-Unis ont gagné la guerre du Vietnam et où Nixon vient d’être réélu pour la 4ème fois d’affilée (le scandale du Watergate a été évité et on a changé le XXIIème amendement de la Constitution des États-Unis).

Ironiquement, il n’y a plus de comic de super-héros, le genre préféré des lecteurs étant devenu les bandes dessinées de pirates, dont nous aurons un aperçu dans l’histoire, mais je vous en reparlerai plus bas.

Pour le reste, c’est comme dans la réalité avec la guerre froide entre les américains et les russes et des menaces de Troisième Guerre Mondiale. Bienvenue en 1985…

Si au départ les dessins ne m’ont pas vraiment attirés, j’ai vite réalisé que je devais être super attentive à tout ce qui se passait dans la case, aussi bien dans les dessins que dans les textes car ils sont tous, au niveau des détails, d’une richesse époustouflante et je sais que je pourrai reprendre la bédé d’ici quelques temps et encore y découvrir des choses.

La richesse ne se trouve pas que là car les personnages des Super-Héros sont eux aussi riches en détails qui les rendent réalistes, humains, car ils sont porteurs de tous nos défauts.

Leurs complexités fait que personne n’est ni tout blanc, ni tout noir, et que ceux qui ont l’air sympa peuvent être des brutes épaisses mais animées d’un désir de vérité, et que ceux qui ont du sang de la multitude sur les mains ne sont peut-être pas à blâmer…

Là, vous serez le seul juge, car dans ce comics, on ne définit pas qui sont les méchants et qui sont les gentils et tout dépend du point de vue duquel on se place (celui de Rorschach ou ceux de Ozymandias et du Dr Manhattan).

Divisé en douze épisodes comme autant de chiffres sur le cadran d’une montre, chaque chapitre se rapproche un peu plus de minuit et le sang descend de plus en plus sur l’horloge.

Tache de sang que l’on retrouvera en forme de symbole d’aiguille d’horloge sur le smiley tombé dans le caniveau après la chute du 10ème étage faite par Le Comédien, défenestré violemment.

Le diable se cache dans les détails et dans ce comics, c’est vérifié à chaque page, à chaque dessin, dans chaque retour vers le passé pour tenter de nous expliquer le tout et de nous faire voir l’intégralité de la trame qui est loin d’être simple.

Là où l’on atteint le summum du summum, c’est dans le chapitre 5 (Terrible symétrie) où le lecteur attentif remarquera que ce chapitre est construit comme un palindrome, la première page faisant écho à la dernière, que ce soit sur le thème, la mise en page ou les personnages mis en image. Fortiche le scénariste !

Palindrome dont la page centrale est une scène d’action qui reproduit les motifs symétriques et toujours changeants du masque de Rorschach (son nom vient du test du même nom). J’avoue que si je n’avais pas fait des recherches sur le comics, je ne l’aurais pas remarqué…

Plus haut, je vous parlais de pirates… Et c’est là que l’on applaudit aussi le soucis du détail du scénario et sa recherche car par l’entremise d’un lecteur assidu, on se retrouve même à lire deux comics en même temps, Alan Moore ayant réussi à glisser au cœur de sa narration, et parallèlement à celle-ci, une histoire de pirates !

Et les bandeaux-titres dévolus au récit de pirates s’accordent très bien avec l’autre récit consacré à nos Super-Héros et leurs interrogations car ce récit de pirates nous explique, de par les péripéties de son personnage principal, que la compréhension de la réalité dépend de la personne qui la regarde.

Ma main à couper que j’ai oublié de vous parler de tas de choses hyper importantes, que j’ai loupé des tas de choses vachement importantes aussi dans les dessins ou dans les pages de documents écrits insérés à la fin de chaque chapitre, écrits issus de l’univers des Watchmen, dans les articles de journaux, dans les longs passages du journal intime de l’un des personnages,…

Watchmen est plus qu’un comics : c’est une histoire dense, un récit complexe, profond, rempli de détails, de choses pertinentes, d’analyses cyniques de notre société et des gens qui la composent, une analyse sans concession de la société contemporaine, des personnages principaux riches et réalistes, des personnages secondaires qui auront leur importance aussi…

C’est une œuvre de philosophie, porteuse de messages, bourrée d’astuces scénaristiques qui montre, une fois de plus, le génie d’Allan Moore.

Anybref, ce n’est pas qu’une simple histoire de Super-Héros qui mettent leurs slips sur leurs collants !!

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

[FILMS] The Crucifer of Blood – Sherlock Holmes et la croix de sang : Fraser Clarke Heston (1991)

Sherlock Holmes et la croix de sang est un téléfilm américain réalisé par Fraser Clarke Heston (son fils), sorti en 1991.

L’œuvre est une adaptation de la pièce de théâtre The Crucifer of Blood de Paul Giovanni, elle-même adaptée du roman Le signe des quatre d’Arthur Conan Doyle, avec une fin alternative.

1. Synopsis :
En 1887, par une nuit brumeuse à Londres, la belle Irene St Claire sollicite Sherlock Holmes et son collègue le Dr Watson.

Elle demande de l’aide pour retrouver son père, qui aurait décidé de disparaître à la suite d’une mystérieuse révélation qui lui avait fait craindre pour sa vie…

2. Fiche technique :

  • Titre : Sherlock Holmes et la croix de sang
  • Titre original : The Crucifer of Blood
  • Réalisation : Fraser Clarke Heston
  • Scénario : Paul Giovanni

3. Distribution :

  • Charlton Heston : Sherlock Holmes
  • Richard Johnson : Docteur Watson
  • Edward Fox : Alistair Ross
  • Susannah Harker : Irene St Claire
  • John Castle : Neville St. Claire
  • Simon Callow : l’Inspecteur Lestrade
  • Clive Wood : Jonathan Small
  • James Coyle : Birdy Johnson

Ce que j’en ai pensé :
Comme je suis encore loin d’avoir vu tous les films ou téléfilms consacrés à mon détective préféré, j’ai choisi de récupérer une partie de mon retard dans cette catégorie.

Disons-le de suite, ce film est une adaptation « libre » du roman de ACD : The Sign Of Four – Le signe des quatre.

Libre ? Vachement libre, oui ! Déjà, ls noms des personnages secondaires sont changés, le déroulement et le final aussi.

En gros, on change des tas de trucs mais on garde le fabuleux trésor d’Agra !

Juste dommage que d’entrée de jeu, on nous explique une partie du mystère entourant l’affaire puisque nous commençons directement au fort d’Agra, pendant la révolte de cipayes, soldats entrant dans le fort au grand galop et puis on a droit à une partie de l’histoire avec le trésor qui arrive par porteur discret…

Hors, dans le roman, tout le sel se trouve dans le mystère entourant cette affaire et on apprend le fin mot (ou le point de départ) qu’à la fin du récit…

Bon, ils ne déflorent pas tout, mais la mariée est tout de même plus qu’à poil !

Une chose m’a énervé durant le visionnage : le major Alistair Ross est doublé par une voix qui ressemble fort à celle de Looping de l’Agence Tout Risques. Si la voix me hérisse déjà un peu pour Looping, imaginez ici où le personnage n’a rien de fantasque !

Hop, on quitte le fort d’Agra et direction Baker Street !

On dira que je fais toujours la même réflexion, mais, une fois de plus, nous avons affaire à un Holmes et un Watson limite croulants ! Sachant que le film est de 1991 et que Charlton Heston est né en 1923 et Richard Johnson en 1927… Faites le calcul.

Nous avons droit à l’intro avec Holmes qui sort sa seringue et un flacon où il est noté – pour le cas où on le confondrait avec autre chose : « Cocaïne 7% – et un docteur Watson qui lui parle des dangers de ce produit. Là, on reste dans le roman, comme avec les déductions sur la montre de Watson.

Entre une jeune fille qui tremble et là, quand Watson lui demande si elle a froid, elle lui répond qu’elle ne tremble pas de froid mais de peur… Heu, c’est le dialogue du « Ruban moucheté », ça !

Quand  je disais qu’ils ont changé les noms des protagonistes, au lieu d’avoir Mary Morstan qui vient demander de l’aide, on a une certaine Irene St Claire… qui ne me fait pas un bon effet tant elle a des réflexions bizarres comme lorsqu’elle dit à Watson qu’il a des yeux gentils, alors qu’elle a déjà vu des yeux méchants…

Oui, les dialogues sont parfois un peu gnangnan et là, sur le canapé, on est à deux doigt d’avoir des chabadabada entre Watson et la demoiselle. On ne passe pas loin d’un rapprochement de lèvres… On tombe vite amoureux, ici !

Bref, on sent que Watson est entièrement sous le charme de Irene, qui n’est pas Adler, mais St Claire, comme je viens de vous le dire… Watson était un amateur de sein… Saint !

Charlton Heston ne fait pas un mauvais Holmes, il a la taille, de la prestance, il poste un costume et un haut-de-forme et je me croyais sauvée jusqu’à ce que je vois la cape et la casquette ridicule portée lors de son enquête dans les bas-fonds de Londres…

Lestrade, par contre, est un imbécile fini de chez imbécile fini !! Putain, le con qu’on a fait de lui ! Certes, c’était pas la lumière, mais tout de même, là, on frôle le néant, niveau capacité intellectuelle. Sûr, il n’avait pas sa gamelle lors de la distribution de cervelle !

Que dire du reste du film si ce n’est qu’il se regarde, sans plus ? Ben voilà, vous savez tout.

Watson devient évidemment raide (oups) dingue de la belle Irene, qui lui tendra ses lèvres (celles du haut) pour un baiser passionné et passionnant…

Par contre, une grosse irrégularité : pendant que Watson tient la main de sa belle qui a eu une perte de conscience dû à un breuvage assaisonné d’opium, Holmes se lance, avec Lestrade, à la poursuite du fuyard, lui criant qu’il faut le poursuivre avec un canot vapeur du Yard…

Watson, lui, de son côté, il roucoule toujours… et ensuite, on le retrouve dans le canot vapeur du Yard, avec Holmes, Lestrade, Gregson… et sa belle Irene est allée se reposer au 221b !

Là, faudra qu’on m’explique comment ils ont fait. Watson devait avoir la vitesse d’un Bip-Bip poursuivit par le Vyl Coyote !!

Le final a changé ? Oui, et je l’ai vu arriver parce que j’avais éliminé l’impossible et ce qu’il me restait, même improbable, était la vérité…

Sérieusement, Qui eut cru si fier ? (mdr)

Mais nom de dieu, Watson, quel pathétique tu fais ! Là, j’ai eu envie de lui coller des baffes et des baffes ! Et des coups de pieds au cul.

Un film holmésien qui se laisse voir, sans plus, il ne révolutionne pas le genre, n’apporte rien à l’affaire du signe des quatre, les dialogues sont parfois gnangnan, les doublages fait par des voix moches qui ne vont pas aux personnages, de la romance limite eau de rose (alors que dans le roman, elle passait bien) et un final risible vu comment il est présenté, alors qu’il aurait pu être diabolique car ils avaient tout en main.

Le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.