Dans la forêt : Jean England [WRC – Chronique d’une autopsie littéraire annoncée]

Par THE WOMEN’S READING CLUB (WRC)

Conception et idée originale : Stelphique, Mon féérique blog littéraire !!!

Direction logistique : Belette, The Cannibal Lecteur 

Direction artistique : Nathalie, Sous les pavés la page

Chronique autopsie annoncée

Je soussigné, docteur Jack The Reader, Chef du Service de Médecine Légale; certifie avoir procédé à ce jour, en vertu de la réquisition du Cannibal Lecteur, à l’examen médico-légal du roman « Dans la forêt » de Jean England

Dossier n°04

Madame Ia Belette Cannibal Lecteur, Suite à votre réquisitoire du 22 janvier 2017, en cause j’ai l’honneur de vous faire savoir que j’accepte la mission que vous m’avez confiée.

Je jure de remplir ma mission en honneur et conscience avec exactitude et probité.

Nous avons accompli notre mission et consignons dans le présent rapport, les résultats de nos examens, observations et investigations.

Nous reprenons les éléments importants relevés au cours des examens externe et interne du roman.

Nous les commentons et tentons d’en tirer des hypothèses et/ou conclusions logiques.

Silence on autopsie un livre

Description du sujet autopsié : Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt.

Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Date du crime d’édition : Janvier 2017, tout récent.

Arme du crime : Un black-out total dont nous ne saurons rien de plus

Traumatismes : Oui, parce que ça pourrait aussi nous arriver, mais cadavre moins traumatisant que d’autres (Black-Out, Extinction, The End of the world, Résilience).

Suspects : L’auteur qui, de son cerveau fécond, nous a écrit ces pages, il y a 20 ans. Et puis, sans aucun doute l’Homme es ses excès, l’Homme qui, de par son comportement, court à sa perte.

Arme du crime probable : Inconnue. Toutes les pistes sont bonnes à prendre, aucune indication sur le cadavre autopsié.

Modus operandi du crime : Un pays (États-Unis) qui a perdu l’électricité. Deux jeunes filles et leur père livrés à la survie dans leur maison, perdue près des bois. Le père décède et ensuite, nos deux jeunes filles vont devoir se démerder seules avec ce qu’elles possèdent et changer radicalement de vie.

Belette légiste

Verdict du médecin légiste Jack ?
Encore une roman post-apocalyptique ? Ça commence à bien faire, non ? C’est mon je-ne-sais-quantième roman du genre qui passe sur ma table d’autopsie !

Rassurez-vous, vous ne devrez pas parcourir La Route pour aller de Pétouachnoc à une grande ville. Vous ne devrez pas non plus défendre, armes à la main, votre dernier Carambar, votre dernier Oréo ou votre dernière bouteille d’eau face à une meute de voisins enragés et devenus agressifs à cause de la peur de leur Extinction prochaine.

Certes, c’est un véritable Black-Out auquel nous serons confrontés, mais il a commencé doucement, et tout le monde pensait que tout allait se rétablir… Erreur, grave erreur.

Vu que nous nous trouvons dans une maison isolée près d’une grande forêt, ce roman a tout de la survie à la Robinson plutôt que de celle d’un The end of the world puisqu’ici, pas de fuite : le roman se déroulera quasi en huis-clos avec un père et ses deux filles – Nell et Eva – et puis, juste leur deux.

Nell est la narratrice et elle nous conte un récit fort réaliste sur une civilisation qui a perdu l’électricité sans que l’on sache jamais comment ou à cause de quoi celle-ci a disparu, le récit se concentrant exclusivement sur la survie des deux sœurs dans la maison parentale.

Un huis-clos oppressant, surtout lors de leurs disputes ou pendant qu’elles se cherchent des occupations durant leurs journées. Nous ne les quitterons jamais, sauf à suivre les récits d’avant le black-out raconté par Nell ou des récits de leur enfance, avec papa et maman, au temps de l’insouciance.

Nous ne saurons pas vraiment ce qu’il s’est passé dans la ville voisine de 50km, mais l’auteur, avec peu de mots et de descriptions nous fera comprendre l’horreur que cela a dû être pour les habitants face à une telle situation.

On s’attache aux filles, on les suit dans leur survie, dans leurs espoirs, dans leurs souffrances, dans leurs peurs, le tout sans tomber dans un pathos larmoyant.

Un roman qui nous conte la chute d’une société, un effondrement total, en nous laissant entendre que, comme d’habitude, une autre se relèvera sur les cendres de la précédant puisque, c’est vrai, cela fait seulement depuis 130 ans que l’Homme utilise l’électricité et à vécu plus longtemps SANS elle que AVEC elle.

Un superbe récit de survie qui se dévore avec avidité et qui ne ressemble en rien aux autres romans post-apocalypse déjà lu et autopsié.

Verdict du détective Cannibal ?
Pour une fois, le médecin et le détective sont d’accord !

Je  jure avoir rempli ma mission en honneur et conscience, avec exactitude et probité.

Jack The Reader, médecin légiste pour cette autopsie littéraire et Belette Cannibal Lecteur, consultant detective.

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Veuillez trouver ci-joint le rapport de mes autres collègues :

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C’est avec une grande joie, que notre reporter elfique, Stelphique nous expose du haut de son grand sequoia, ses points lumineux sur cette forêt mystérieuse… Ses ailes sont aises de vibrer au grand air américain, et dans un parfait Nature Writing, on sent comme une vraie reconnexion avec l’essence même de la vie….

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La fratrie… ou comment deux sœurs s’apprivoisent…

Il est parfois difficile de se différencier de sa sœur, surtout quand elles sont si proches en âge, qu’on pourrait presque les prendre pour des jumelles… Vaste question que cette forme de fratrie, entre amour et déchirement pour la quête du soi. Nell et Eva ont cette relation de répulsion/attraction qui ne se fait pas, sans quelques fractures de ce lien, unique et fort, du sang…

En se noyant dans leurs passions et leurs ambitions dévorantes, elles se construisent une identité, à force de renoncement à l’autre, et pourtant l’amour qui les unit parait indéfectible.

Le roman tourne autour de ce cercle familial, entre souvenirs passés et avenir à reconsidérer, et cette micro-cellule de liens humains est une onde de choc et d’émotions qui nous est donné de lire dans ce journal intime, dernier vestige laissé au monde comme la preuve de leurs passages sur Terre…

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Le post-apocalyptique… ou comment la solitude envahit le quotidien…

Un recul désiré, puis forcé dans cette maison… La fin du monde poursuit sa course folle de manque et de cécité, pendant que cette famille vit au gré des saisons, proche de la Nature…

En fait, le post-apocalyptique se ressent dans ces privations, dans ces coupures, dans ces absences… C’est plus, la solitude, et l’étiolement des liens sociaux qui frappe dans ce livre, que les réelles raisons de ce nouveau monde…

Petit à petit, les commodités et les ressources s’amenuisent, seule la survie compte, mais la vie se charge toujours d’infliger mille dangers et heurts, qui reconditionnent la vision de cette fratrie.

S’il n’est pas forcé d’entendre de la musique pour danser, ou de concentration pour apprendre, il faut que ses jeunes filles trouvent assez de force en elles pour affronter cette nouvelle vie sans but, et c’est dans ce néant qu’elles devront apprendre à vivre…

C’est là, que le post-apocalyptique prend tout son sens et que la force de ce roman vous atteint en plein coeur…

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La forêt… ou comment cet environnement devient lieu de vie…

De tout temps, la forêt a généré peur et fascination. On a juste oublié qu’autrefois, elle a été lieu de vie pour les peuples, avant qu’on ne s’en éloigne pour lui préférer les villes… La forêt est source de légendes, génératrice de vie, domaine des plus étranges créatures…

Elle est à la fois bienfaitrice et cruelle, car il se cache dans ses arbres, des formes de dangers soudains, autant que de mauvaises rencontres, mais aussi mille merveilles…

Eva et Nell l’apprendront, souvent à leur dépend, que la nature donne autant qu’elle reprend, distribue autant qu’elle inflige… La beauté de cette lecture tient à cette rencontre avec ce lieu majestueux, la connexion avec l’essentiel, l’abondance du don…

En conclusion, cette lecture parle de dépouillement, de violence, et de lâcher prise… Elle se veut intime et c’est presque dans un murmure qu’elle nous souffle que Dans la forêt, se trouve sans doute, notre salut…

Plaidoirie de la partie civile


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Madame le Juge,

Lors du réquisitoire de la partie adverse, j’ai imaginé de multiples scénarios quant à la conclusion de ce procès…
J’ai vu la perpétuité pour ce roman car le consumérisme outrancier était cause de sa lente agonie. Il pourrissait au fond d’une cellule sombre et humide, ses pages se gondolant et jaunissant au rythme des saisons. Il attendait la fin, son encre déliquescente condamnée à ne plus être frôlée par un seul regard humain. Sa couverture se désagrégeait et bientôt il ne restait plus de lui que quelques feuilles trop fines pour résister au passage du temps. Il était oublié de tous, étouffé par tant de romans parlant de l’apocalypse et se putréfiait autant que cette humanité qui gangrenait le monde…

J’ai vu une condamnation indulgente et une liberté conditionnelle après 20 ans de silence pour cette histoire contée avec tant de douceur et de poésie. Le huis clos oppressant était pardonné et ce livre purgeait une peine de principe dans une forêt oubliée où le retour à des valeurs plus saines et plus proches de la nature le guidait vers de nouveaux courants de pensée. La punition divine était évoquée mais seul lui importait la rédemption et la reconnaissance de ses pairs. Seul lui importait d’être à nouveau touché par des doigts avides de tourner ses pages.

Enfin… j’ai vu l’acquittement. Sous la redondance du sujet et l’ennui de la première partie, les jurés s’apercevaient du fond si important de ce roman. Celui qui parle de deuil et de survie, celui qui évoque la perte si cruelle de ses parents, celui qui pousse à la résilience et qui confronte le lecteur à la mort : Celle de ses proches ou bien la sienne. Le roman sortait triomphalement de ce tribunal, l’espoir chevillé aux pages de prouver au monde entier qu’il existait. Il s’exhibait fièrement sur les rayons des librairies, sa couverture bombée bravant les chalands. Il se sentait unique, et au final : il l’était je vous l’affirme.

Je plaide aujourd’hui pour ce dernier scénario afin que le petit monde que nous représentons découvre les véritables atours de ce roman ainsi que les messages si emplis d’humanité qu’il transporte dans son for intérieur. L’acquittement est de mise, Madame le Juge. Laissez, je vous prie, le monde découvrir cette histoire.

La Chronique de Stelphique

La Chronique de Nath

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Sang maudit : Dashiell Hammett

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Titre : Sang maudit

Auteur : Dashiell Hammett
Édition : Folio Policier – Gallimard (2011)
Édition Originale : The Dain Curse (1929)

Résumé :
San Francisco, fin des années 20. Le détective de la Continental Op, le héros sans nom d’Hammett, vient enquêter sur un vol de diamant pour le compte des assurances et va interroger les victimes du vol, la famille Legget.

Il remarque quelques faits insolites comme le comportement erratique de la fille, Gabrielle, dont il découvre rapidement la dépendance à la morphine.

Notre détective met alors le pied dans une histoire dont il ne sortira pas indemne…

hammett-the-dain-curse-consulCritique :
Je me faisais une joie de retrouver le détective sans nom de l’agence Continental Op, celui qui avait si bien su tirer son épingle du jeu dans « Moisson Rouge » lorsqu’il devait s’attaquer à une ville gangrenée par la corruption et les bandits, celui qui avait regardé les cadavres s’empiler sous ses yeux…

Si ce fut une joie de suivre une de ses nouvelles enquêtes, je dois dire qu’après la première partie, l’intrigue est devenue tellement touffue que sa solution en est devenue alambiquée au possible.

Déjà que la résolution de l’énigme du vol des diamants n’était pas simple tant il y avait des contre-vérités ou des non-dits, mais bon, on s’en sortait sans tube d’aspirines.

On pense que tout est terminé, que notre détective va passer à une autre enquête, et bien non, on revient sur la première car il y a des faits nouveaux qui se produisent sous nos yeux ébahis.

Bon, notre brillant détective résout la seconde enquête et la migraine me guette parce que les éléments nouveaux intercèdent avec les anciens, ceux de la solution de la première enquête.

Troisième partie… et là je dis « non, faut arrêter de tout compliquer de la sorte et de remettre sans cesse en compte les résolutions des énigmes précédentes » !

— Pas maintenant, plaida-t-il. Plus tard, quand tu auras achevé ton récit, tu pourras l’agrémenter de tes « si » et de tes « mais », le déformer et le remodeler, le rendre aussi opaque, confus et incohérent que tu le voudras. Mais de grâce, achève-le d’abord pour que je me le représente au moins une fois dans son état d’origine avant que tu entreprennes de lui apporter des améliorations.

Dommage, parce que les personnages étaient bien travaillés, la Gabrielle était une jeune femme tourmentée, en proie à un passé sombre, trouble, et son caractère versatile en faisait un personnage qu’on aurait aimé baffer de temps en temps, surtout lorsqu’elle se croit victime de la malédiction du sang de sa famille.

« Tu es la fille de ma sœur lui jeta-t-elle, et tu portes la malédiction de cette âme noire et de ce sang corrompu dont elle, moi, et tous les Dain avons hérité ; tu es maudite par le sang de ta mère que tu as répandu sur tes mains alors que tu étais enfant ; et par cet esprit pervers et cette soif de drogues dont je t’ai fait cadeau ; ta vie sera aussi noire que l’ont été celle de ta mère et la mienne ; les vies de tous ceux que tu approcheras seront aussi noires que celle de Maurice l’a été (…). »

Il y avait tout pour faire un excellent roman noir, des énigmes, un vol mystérieux, le passé qui ressurgit, des mensonges, des non-dits, des demi-vérités, des personnages haut en couleur, mon détective sans nom, du sang, une secte, des spectres, mais au final, cela donne un truc trop lourd, trop gros, où les réponses sont sans cesse remise en question et où au final, on n’y comprend plus grand-chose.

Un bon départ, une bonne première partie et puis j’ai commencé à décrocher doucement avant de dévisser complètement dans la troisième partie et d’ouvrir grand mes yeux à LA révélation finale. Heu ???

Étoile 2,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (326 pages).

Sherlock – Tome 1 – Une étude en rose : Mark Gatiss, Steven Moffat & Jay [MANGA]

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Titre : Sherlock – Tome 1 – Une étude en rose

Scénaristes : Mark Gatiss & Steven Moffat
Dessinateur : Jay

Édition : Kurokawa (09/02/2017)

Résumé :
Rapatrié d’Afghanistan à cause d’une blessure et de troubles psychologiques, le Dr. Watson retrouve un vieil ami de l’époque de la faculté de médecine qui lui présente son futur colocataire.

D’un seul coup d’oeil, cette personne devine qu’il s’agit d’un médecin militaire de retour du Moyen-Orient, qu’un de ses proches est victime d’alcoolisme ou encore qu’il est suivi par un thérapeute.

Le nom de ce colocataire ? Sherlock Holmes.

sh-9782368524381_pgCritique :
Sherlock Holmes en manga ? Si je veux ? Demande-t-on à un chien s’il veut un os ? Jamais…

Et ici, j’ai eu un bien bel os à ronger durant quelques temps. Pensez-vous, les épisodes du Sherlock de la BBC adapté en manga !

Le genre de chose qui me fait sauter au plafond de bonheur.

L’objet est déjà graphiquement très esthétique : plus grand que le format des mangas habituels, de l’argenté sur la couverture et le sexy Benedict Cumberbatch qui darde ses beaux yeux sur moi.

Et l’intérieur, il est aussi chouette que l’extérieur ?

Oui ! J’ai aimé le trait du mangaka qui a su restituer l’acteur correctement et l’épisode aussi car rien ne diffère de ce que nous avons vu sur le petit écran.

Pourquoi l’acheter et le lire alors ? Tout simplement pour se refaire l’épisode avec un rythme plus lent, en saisir tous les détails à son aise, sans que les images avancent plus vite que nos yeux et notre cerveau.

Mon seul bémol sera pour les dessins des personnages secondaires qui ne sont pas aussi ressemblants que les deux protagonistes principaux. Il manque quelque chose à Mycroft, Lestrade est assez semblable graphiquement à Watson et le visage du chauffeur de taxi n’est pas aussi ressemblant à l’acteur Phil Davis.

Autre petite chose, si les dialogues sont les mêmes que ceux de la série, quelques fois, ils diffèrent et je trouve cela embêtant car, en parfaite petite addict que je suis, certains étaient mémorisés et devenus cultes.

Hormis ces petits bémols, replonger dans la série au travers d’un manga fut un véritable délice.

Le format plus grand permet de mieux mettre en place les personnages et les décors, nous offrant une plus belle vue, même si, du coup, cela rend le prix du manga plus cher.

À moins que je ne meure ou que la série s’arrête avant la publication de tous les épisodes de la série, je compte bien les acheter et les lire tous !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),  le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (208 pages).

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Deux sœurs : Barbara Garlaschelli

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Titre : Deux sœurs

Auteur : Barbara Garlaschelli
Édition :Payot et Rivages (2007)

Résumé :
Deux sœurs à l’approche de la quarantaine. Célibataires encore séduisantes. Elles vivent ensemble depuis toujours dans la maison léguée par leurs grands-parents.

Amelia, la brune, est institutrice et gère le quotidien. La blonde Virginia, elle, rêve à travers les feuilletons télévisés qu’elle regarde à longueur de temps. le rythme paisible des journées cache les failles et les douleurs de leur vie, hantée par de lourds secrets.

Quand arrive dans ce huis clos le trop séduisant Dario, représentant de commerce et joueur impénitent, l’équilibre précaire des deux sœurs s’effondre pour basculer dans l’horreur.

Construit en courtes séquences, ce thriller psychologique incisif tient en haleine jusqu’au dénouement. Par ses personnages tourmentés et sa noirceur, il évoque le Stephen King de Misery.

Deux sœurs a reçu le prix Scerbanenco en Italie.

sorelle-780978887684gra_1_250x380_exactCritique :
Crevons de suite cet abcès qui me fait mal au sujet de ce roman dont on me dit, en 4ème de couverture, qu’il évoque le « Misery » de Stephen King… Non, non et non !

Certes, nous avons un homme retenu prisonnier par deux quadragénaires dont l’une – Amélia – est une véritable tyran envers sa sœur mais hormis cette détention, nous sommes très loin du calvaire enduré par l’écrivain Paul Sheldon et loin d’Annie Wilkes, l’infirmière sadique et azimutée.

Rendons à Stephen King ce qui est à Stephen King : nous sommes loin de  son Misery…

Attention, cela ne veut pas dire que ce roman-ci n’est pas bon ou qu’il est chiant, loin de là !  Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

De la tension, on en aura ! Du huis-clos est inscrit au programme. Du suspense aussi, grâce à la construction du roman qui n’est pas linéaire dans le temps, ce mélange entre passé et futur rendant la tension encore plus vive.

Les personnages sont bien décrits, travaillés, et autant le portrait que l’on nous brosse d’Amélia, la sœur aîné, fait froid dans le dos, autant celui de sa sœur Virginia donne envie d’être son amie, elle qui a un monde imaginaire où elle aime se réfugier, elle qui n’est jamais allée plus loin que le pont, elle qui reste à la maison, vivant sa vie par procuration, devant son poste de télévision (merci J-J.G).

Ces deux sœurs ont eu une enfance un peu bizarre, entre un père partit courir une autre femme que la sienne, une mère aux abonnés absents, étant uniquement présente de corps mais pas d’esprit, nos deux gamines ont donc été élevées par leurs grands-parents et elles ne se sont jamais mariées, restant dans la maison familiale, vivant l’une pour l’autre.

Là où l’auteure excelle, c’est dans la mise en place des événements, plongeant un (renard) séducteur – Dario – qui aime jouer avec les femmes dans une maison (poulailler ?) où deux sœurs vivent seules en étant tout l’une pour l’autre, avec une douce rêveuse et une qui aime avoir la main mise sur cette sœur, justement.

Le renard aurait mieux fait d’aller voir après d’autres poules… Ou de ne pas se frotter à l’une et puis à l’autre.

Le huis-clos est oppressant – à cause d’Amélia – le jeu de séduction est subtil, tout en douceur, tout en coups de poignards dans le dos, et on n’en sortira que pour faire des incursions dans le passé et en savoir plus sur nos deux sœurs et sur l’événement traumatisant qui s’est passé dans leur enfance.

Ce roman, une fois entamé, difficile de ne pas vouloir aller jusqu’au bout ! Il n’est pas épais, se lit très vite et est délectable au niveau de ses personnages.

Bien que l’intrigue soit du déjà-lu, elle est traitée d’une manière qui vous fera froid dans le dos dans les dernières lignes.

Amélia n’est pas Annie Wilkes, loin de là, mais elle a une part d’ombre qu’il vaut mieux ne pas trop explorer.

PS : Il vaut bien un 3,75 Sherlock !!

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),  Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (198 pages).

Le détective détraqué ou les mésaventures de Sherlock Holmes : Collectif

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Titre : Le détective détraqué ou les mésaventures de Sherlock Holmes

Auteur : Collectif
Édition : Baker Street (06/01/2017)

Résumé :
Dans ce petit volume de pastiches, sketchs, et autres textes humoristiques autour de la figure du grand détective, nous avons demandé des textes à quelques holmésiens de nos jours, et ajouté des écrits de leurs prédécesseurs.

Esprit d’éloge, de complicité et de fun, autant d’hommages aux deux grands maîtres que furent Sir Arthur Conan Doyle et Sherlock Holmes.

Même si par moments on peut apercevoir un brin de moquerie, les plumes de nos auteurs sont toujours pleines d’admiration et d’affection.

Le recueil comportera des textes français et des textes traduits de l’anglais, certains contemporains et d’autres un peu plus anciens.

SH - Keep-Calm-Sherlock Power déductionCritique :
Autant je n’ai pas apprécié plus que ça « Les avatars de Sherlock Holmes », autant j’ai aimé celui-ci !

Hormis une des histoires qui se trouvait déjà dans l’autre recueil, je n’en connaissais aucune autre et  j’ai pris énormément de plaisir à voir Sherlock Holmes (ou un autre nom y ressemblant) évoluer sous la plume d’autres auteurs que son géniteur.

Certaines sont des enquêtes pures et simples et j’ai notamment adoré celle de l’aventure de la bonne du Claridge qui se serait faite violer par un certain Wagner-Cohen alors que lui soutien qu’elle lui a fait des avances.

Une conclusion aux antipodes de ce que l’on aurait pu imaginer et un air fortuit de ressemblance avec les événements de 2011.

Beaucoup de tendresse ressentie pour la nouvelle intitulée « Arthur Conan Doyle », écrite par Jack London où il nous comte ses tentatives éperdues pour enfin rencontrer Doyle, de l’humour avec « Un cheveu » où Watson couche avec la femme de Holmes, une véritable enquête trépidante avec Shirley Holmes, la fille de Sherlock et son amie, Joan Watson, la fille de John.

Du plaisir avec la rencontre entre Arsène Lupin et Herlock Sholmès, du rire avec « Épinglé au mur » qui nous donne une toute autre version de la mort de Holmes suite à son combat aux chutes, le tout tourné en dérision, en restant cohérent et en se prêtant à des extrapolations totales du canon holmésien et de ses erreurs ou de ses vides.

Dommage que ça se lise si vite parce que j’en aurais bien repris quelques tranches, moi, d’un gâteau aussi plaisant que celui-là, même si certains auteurs ont rhabillé Holmes pour l’hiver, la moquerie est toujours gentille, amicale et drôle.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (286 pages).

Baker Street – Tome 2 – Sherlock Holmes et le club des sports dangereux : Pierre Veys & Nicolas Barral

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Titre : Baker Street – Tome 2 – Sherlock Holmes et le club des sports dangereux

Scénariste : Pierre Veys
Dessinateur : Nicolas Barral

Édition : Delcourt (2004)

Résumé :
Londres, l’été, les doks de Limehouse. Des choses horribles et autres disparitions mystérieuses ont lieu. Holmes et Watson, entraînés dans un entrepôt par l’inspecteur Lestrade, à la recherche de renseignements sur « le profanateur » (appelé ainsi parce qu’il dessine des moustaches sur les portraits officiels de la reine…), échappent de justesse à un attentat à la bière.

L’enquête qui les attend n’est pas des plus aisée : un type décédé chez lui de mort naturelle dans son lit, portes fermées… et quelqu’un est persuadé que c’est un meurtre…

Ils se rendent donc au club des sports dangereux, dont faisaient partie la victime.

bakerstreet02p_8214Critique :
Allez hop, on reste dans la parodie mais cette fois-ci, au lieu de plusieurs enquêtes séparées (même si elles ont un fil rouge), on passe à 3 enquêtes faisant partie d’un tout.

Vous suivez ou vous avez abusé de la morue au whisky de madame Hudson ?

Bon, on récapitule pour ceux du fond qui ne suivent pas : Lestrade, l’empêcheur de glander en paix, demande l’aide de Holmes parce qu’il a rendez-vous avec son indic sur les quais de Limehouse.

Son indic aurait des infos sur Jack le Moustacheur, un dangereux hors-la-loi qui dessine des moustaches sur les portraits de la reine.

Nous aurons aussi la mort naturelle en chambre close d’un des membres du Club des Sports dangereux qui, selon ses dirigeants, n’est pas naturelle sinon ce serait shoking qu’un membre meure paisiblement dans son lit.

Oh, j’ai failli oublier la gerbille d’un rouquin qui se met à sauter dans tous les sens à heure fixe, des disparitions inquiétantes sur les quais de Limehouse.

Ben tiens, ça en fait 4 ça ! Même moi je ne suis plus…

Nous sommes toujours dans la dérision, dans la parodie, dans l’absurde, dans le burlesque et j’aime ça !

Holmes est un vrai mauvais perdant, toujours imbu de lui-même et persuadé qu’il est le meilleur, il utilise les cellules grises de Watson pour se faire valoir et pique des crises de nerfs quand ce dernier lui casse ses coups.

[Homes] — Haha ! Décidement, vous êtes un gros nul ! Échec et mat ! J’ai gagné !!!
[Watson] — Mais Holmes… Nous jouons aux dames…
[Holmes] — C’est bien de vous, ça ! Toujours à contester… Vous êtes un mauvais perdant !!!

Les dessins sont toujours remplis de détails, les expressions des visages suffisent à tout nous dire, les dialogues passant ensuite. Sinon, niveau répliques, ça vole bas et ça casse à tour de bras.

À noter que des personnages existants sont croqués dans ses pages… et qu’aucun membre de la Société Sherlock Holmes de France n’a été blessé durant le tournage.

Ma foi, cette série est une véritable petite pépite que je regrette de ne pas avoir acheté plus tôt…

— Il n’y a que mon collègue Pinkerton qui connaisse le nom de mon indic… Non ? Vous croyez que… ? Bon, d’accord, j’ai eu une aventure avec sa femme… Et puis, à cause d’une erreur dans un de mes rapports, il a été dégradé, mais bon… Il a perdu son argent, aussi… Je lui avais conseillé un placement… J’ai fait arrêter sa fille pour racolage, une fois, c’était pour faire une farce… Seulement elle s’est pendue ! Il y a des gens qui manquent d’humour… Et puis j’ai mis son fils en prison pour escroquerie, mais là, c’était vrai. Vous pensez que Pinkerton m’en voudrait ? Non ?

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (48 pages).

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Baker Street – Tome 1 – Sherlock Holmes n’a peur de rien : Pierre Veys & Nicolas Barral

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Titre : Baker Street – Tome 1 – Sherlock Holmes n’a peur de rien

Scénariste : Pierre Veys
Dessinateur : Nicolas Barral

Édition : Delcourt (2004)

Résumé :
Saviez-vous que Watson doit une grande partie de sa popularité à une méduse ? Que Holmes pratique parfois le cambriolage ? Et seriez-vous capable de trouver un rapport entre un diable en boîte, un haltère, un réveil-matin, un cactus et une masse d’armes ? Non ?

Eh bien plongez-vous dans les carnets secrets du Dr Watson, miraculeusement exhumés par deux « froggies »…

bakerstreet01pCritique :
Je n’ai rien contre les parodies, tant qu’elles sont bien fichues… Sherlock Holmes avait déjà été excellemment parodié dans le film « Without a clues » (Élémentaire mon Cher Lock Holmes) et ici, il en est de même : excellent !

Oubliez ce que vous savez du plus célèbre détective de Baker Street, celui est plus burlesque et moins… grand détective qui résout tout.

Pourtant, on sent que les auteurs ont potassé leur canon et qu’ils n’ont pas fait cela à la légère puisque dans ce premier tome, ils remercient les Quincaillers de la Franco-Midland !

Ce premier tome regroupe 4 enquêtes de notre plus célèbre détective d’Angleterre et de son ami, le bon docteur Watson.

Watson dépeint comme un gros gourmand, un amateur de boisson alcoolisée, meilleurs en découverte de solution que Holmes et bourré d’humour dans ses petites pensées.

Sans oublier leur logeuse, madame Hudson, toujours bourrée et l’inspecteur Lestrade, l’emmerdeur de service.

— LESTRADE !
— Le casse-pieds !
— Planquons-nous, Watson !

Nous sommes dans une parodie, c’est drôle, amusant, on nous présente un Holmes aux antipodes du canonique puisqu’il n’est pas le roi de la déduction, est colérique, s’engueule avec Watson, est mauvais joueur, imbu de sa personne, il déteste la reine Victoria, est parfois perdu dans son enquête et pique une crise digne de Joe Dalton lorsque l’on dit « Moriarty ».

— Vous ne prenez pas de notes, Watson ? Je sens que je vais être brillant !

Les dessins sont drôles, sans être des oeuvres d’art, mais faut chercher les petits détails et les expressions faciales valent leur pesant de tabac, le scénario comporte de véritables enquêtes, leur solution, mais elle n’est pas toujours celle trouvée par Holmes…

À déguster avec une tasse de thé et  le sourire aux lèvres !

Une bédé drôle, une parodie réussi, ou : comment retrouver des personnages cultes dans des situations abracadabrantesques…

— Mais moi, j’arrête qui, alors ?
— Alors le lourdaud de service, il se tait où il rentre à pied aussi !!!
— Mais Holmes, c’est mon fiacre…
— Tac ! Ça y est ! C’est gagné ! Il est puni. Cocher, arrêtez.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (48 pages).

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[SÉRIE] Sherlock – Saison 4 – Épisode 3 – The Final Problem

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The Final Problem est le troisième épisode de la quatrième saison de la série télévisée Sherlock diffusé pour la première fois sur BBC One et BBC One HD le 15 janvier 2017.

sherlock-saison-4-episode-3-the-final-problem-maxresdefault 1. Synopsis :
Sherlock Holmes et John Watson ont découvert le plus grand secret de Mycroft : il a caché l’existence d’Eurus [SPOLIER] psychopathe à l’intelligence redoutable.

Traumatisé par [SPOLIER]  dans son enfance, la mémoire de [SPOLIER] a fait un blocage complet sur son existence.

Sherlock décide de se confronter à Eurus dans sa prison, mais Eurus l’attend.

sherlock-saison-4-episode-3-the-final-problem-violinsherlock-saison-4-episode-3-the-final-problem-fid17207Ce que j’en ai pensé (chronique garantie sans paraben, sans huile de palme, sans spoliers !!) :
Vu comment les scénaristes vicelards nous avaient laissé à la fin de l’épisode 2, j’avais hâte de voir l’épisode 3 !

Là, j’ai failli avoir la trouille de ma vie, effrayée que j’étais devant cette intro digne d’un excellent film d’horreur, qui n’aurait rien à envier à un certain livre du King.

Oh putain, Mycroft est humain !! Non mais sérieusement, quoi, je commençait à en douter…

Avant d’oublier, mention spéciale pour Mrs Hudson qui passe son aspirateur en écoutant Iron Maiden… Excellent !

Après, l’épisode va nous souffler le chaud et le froid, me donner des sueurs froides, me faire froncer les sourcils, me faire dire « chiqué » ou « pas possible avec si peu de séquelles » et au final, me donner envie de me gratter la tête de dépit tant un truc n’est tout simplement pas logique, pas normal, ou trop exagéré !

J’m’explique sans dévoiler les bijoux de la Castafiore… Sherlock, au moment des faits,  ce n’était pas un gamin de 3 ans qui aurait pu « oublier » l’affaire.

À cet âge là, c’est un peu tard pour se faire  un autre film dans sa tête que ce qui s’est passé en réalité. J’aimerais vous en dire plus, mais pour cela, il faudrait que vous ayez vu l’épisode aussi, sinon, je risque de vous divulgâcher l’affaire.

Pourtant, l’épisode avait du potentiel, notamment dans le fait de pousser les gens dans leurs retranchements, de les faire d’interroger sur ce qui est juste ou pas, sur ce qui est moral ou pas, sur ce qui serait le moins dommageable pour eux, pour les autres.

La personne qui jouera avec les nerfs de Mycroft, Sherlock et John est un esprit torturé, sadique, sans morale, amorale, sans empathie, sans règles, hormis les siennes. Qui a dit « Donald Trump » ?? Oui ça y ressemble, mais ce n’était pas lui, c’était bien pire… mais ce n’était pas président !

Plusieurs fois les scénaristes vont jouer aussi avec nos yeux, se jouant de nous, nous étonnant, jouant avec des événements du passé, qui, présentés ainsi, ont de furieux airs de ressemblance avec le présent, ce qui me fera jurer copieusement avant que je ne me rende compte qu’on jouait avec mes couilles que je n’ai pas.

On nous montre un Mycroft au bord de la crise de nerf, ayant perdu tous ses repères, tous ses gadgets, sa puissance, sa morgue, suant et roulant des yeux devant l’indicible qui se déroule devant lui.

On aura un John Watson raide, redevenant un soldat, mais gardant toujours un part de moralité, tandis que Sherlock, manipulé, devra réfléchir vite, sous tension, en communication avec une petite fille en danger, résoudre des énigmes, le tout dans le stress et comble du comble, sous émotions. Trois personnages torturés et mis dans des situations peu habituelles pour eux.

Le passage avec Molly était des plus poignants, des plus sadiques, des plus durs…

Oui, une fois de plus, les scénaristes nous livrent un Méchant Grandiose, un esprit machiavélique, un esprit retors, fou, sans limites aucune et la voix de Moriarty ne nous aidera pas à avoir un rythme cardiaque stable.

Mon cardiologue pourrait leur intenter un procès pour mise en danger de mon palpitant, si j’en avais un (de cardiologue).

Vous pourriez croire que j’ai adoré l’épisode, mais je vous détrompe de suite : j’ai aimé certaines choses, il avait du potentiel, mais malheureusement, certaines incohérences ou faits trop gros m’ont fait trouver la chose ratée, trop cuite, trop salée, et au final, indigeste.

Une incohérence me reste en travers de la gorge, telle une arrête de poisson et ça me gratte. Je pense qu’un autre « visionnage » à tête reposée de toute la saison 4 me fera du bien, afin de mieux l’appréhender, la regarder en étant plus concentrée (tel le lait de chez Nestlé), afin de voir si je n’aurais pas loupé des choses.

Mais l’incohérence me restera toujours en travers de la gorge, sauf avec une bonne explication… Et encore, j’ai des doutes…

« A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et Le Mois du polar 2017 chez Sharon.

 

Carrie : Stephen King

Titre : Carrie

Auteur : Stephen King
Édition : J’ai Lu (2000)
Édition Originale : Carrie (1974)

Résumé :
Une mère puritaine, obsédée par le diable et le péché ; des camarades de classe dont elle est le souffre-douleur : Carrie est profondément malheureuse, laide, toujours perdante.

Mais à seize ans resurgit en elle le souvenir d’un « don » étrange qui avait marqué fugitivement son enfance : de par sa seule volonté elle pouvait faire se déplacer des objets à distance. Et ce pouvoir réapparaît aujourd’hui, plus impérieux, plus impatient…

Une surprise bouleverse soudain la vie de Carrie : lorsqu’elle est invitée au bal de l’école par Tommy Ross, le boy-friend d’une de ses ennemies, n’est-ce pas un piège plus cruel encore que les autres ?

carrie86Critique :
♫ Oh, Carrie, tous ils savaient, Tout le mal qu’ils te faisaient. ♪ Oh, Carrie, si ta mère voulait, De ses bras nus, te consoler, ♪ Évanouie, ton innocence. Ce bal était pour toi la dernière chance. ♫ Peu à peu, la ville disparait
Malgré les efforts des pompiers ♪

Carrie, le premier roman du King d’après Wiki.

Un roman fort qui, sous le couvert du fantastique et de l’horreur, parle d’un phénomène toujours d’actualité : les brimades à l’école.

Nous le savons bien, nos chères têtes blondes sont des petits sadiques en culottes courtes et l’adolescence ne les calme pas, que du contraire.

Si vous n’étiez pas l’élève le ou la plus populaire de votre bahut et que vous avez subi des brimades de vos camarades transformés soudainement en une meute de loups agressifs, croyez-moi, ce n’est rien comparé à ce que Carrie White doit subir tous les jours !

La pauvre, déjà qu’elle n’est pas bien née, son père étant mort avant sa naissance et sa mère est une bigote extrémiste et fanatique. Je déteste le fanatisme, quel qu’il soit (religion ou autre, même en sport) et ici, avec Margaret White, on a décroché la timbale !

Pour elle, tout est péché, de la fornication aux mensurations, en passant par les « salbosses » qui sont en fait les seins qui, selon elle, ne poussent que si on a été une méchante fille (j’ai été trèèèès méchante, moi, alors).

Si elle était logique avec elle-même, elle comprendrait que sans la fornication, pas de reproduction et donc, plus d’humains sur terre. Sans doute n’avait-elle pas lu les passages biblique disant « Allez et multipliez-vous » ou le fameux « Aimez-vous les uns sur les autres ».

Anybref, Margaret White est à enfermer ! Ce ne sera pas la dernière fois que le King du Maine (à ne pas confondre avec son homonyme le King de Memphis) nous parlera des fanatiques religieux et des dangers du fanatisme.

Pas toujours facile de lire ce roman, en cause les brimades violentes (et gratuites) subies par Carrie, 16 ans et faites par l’ensemble de sa classe et de la ville aussi, puisque les gens les considèrent, elle et sa mère, comme des marginales à ne pas fréquenter.

Et puis, la pauvre Carrie ne peut même pas dire qu’en rentrant chez elle cela va aller mieux parce que sa mère est complètement chtarbée et voir ce qu’elle fait subir à sa fille est un supplice aussi. Comment est-ce possible ? Ben si, c’est possible, hélas.

N’allez pas croire qu’on est dans la zone chez des bouseux ou chez des rednek, non !

Dans ce roman, on découvre des jeunes gens assez aisés, un collège bien sous tout rapport, une petite ville proprette dans le Maine et des professeurs ou directeurs pas vraiment concernés par les humiliations subies par la pauvre Carrie. Ce comportement sera lourd de conséquences.

Pas vraiment de suspense car le récit nous donne souvent des indications de ce qu’il va se passer après et, chose un peu déconcertante au départ, il est aussi entrecoupé d’articles fictifs de journaux, d´extraits de livres spécialisés traitant du phénomène de télékinésie dont est pourvue Carrie White, ainsi que de nombreux flashbacks où Carrie se souvient de son enfance pas tendre.

Ceci étoffe un peu le roman qui n’est guère épais en pages, mais épais en tension et en intensité car il est difficile de rester insensible lorsque l’on voit les évènements futurs avec une clarté digne d’un médium qui aurait déjà lu le roman.

Tous sont coupables à des degrés divers, personne n’ayant jamais pensé que Carrie souffrait de ces brimades, de cette mise à l’écart (ou s’en moquait bien) et encore moins qu’elle possédait des pouvoirs et que tout cela se finirait dans la tragédie apocalyptique ou pyrotechnique.

Certes, les événements décrits dans ce roman appartiennent au fantastique, mais il est tout de même prémonitoires ou du moins, tirés d’un constat sévère : à force de faire enrager une personne bien déterminée, à force de se conduire en bourreau, à force de la brimer, un jour, cette personne pourrait se retourner sur vous, entrainant dans sa folie vengeresse bien des innocents (ou de ceux qui ont vu et laissé faire).

L’actualité en a souvent rejoint la fiction, dans ces collèges américains où certains, lourdement armé, avaient pété un câble et tiré sur tout le monde.

Pourtant, Carrie ne demandait pas grand-chose : des amies, une vie normale, une scolarité exempte de sales coups vaches, qu’on la laisse tranquille…

Un premier roman du King où l’on devine déjà sa patte bien personnelle. Ce n’est pas son meilleur, mais j’ai ressenti énormément d’émotion et d’attachement pour Carrie qu’il accède aux hauteurs Kingesque.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (243 pages).

L’exorciste : William Peter Blatty

Titre : L’exorciste

Auteur : William Peter Blatty
Édition : J’ai Lu (28/11/2007)
Édition originale : The Exorcist – Harper & Row Edition (1971)

Résumé :
Pour Chris MacNeil et sa fille Reagan, une adolescente de quatorze ans, la vie s’écoule heureuse et aisée dans un quartier bourgeois de Washington.

Et puis, un jour, des bruits étranges résonnent dans la calme demeure, des objets disparaissent, des meubles sont déplacés.

Quant à Reagan, d’étranges métamorphoses la défigurent, des mots obscènes jaillissent de sa bouche.

Tandis que peu à peu la personnalité de l’enfant se dédouble et se disloque, face aux médecins impuissants, des profanations souillent une église voisine, un crime mystérieux a lieu sous les fenêtres des MacNeil.

l-exorciste-william-blatty-225x300Critique :
Disons-le directement : non, ce livre ne fait pas peur ! Certes, évitez tout de même de le lire à vos moutards de 5 ans dans le but de les endormir le soir… Certaines scènes pourraient les traumatiser et leur faire penser que les crucifix sont des engins sexuels.

Ce genre d’idées pourrait être dommageable si vous possédez des crucifix de grande taille qui pourraient provoquer des dilatations assez importante à un endroit que rigoureusement ma mère m’a défendu d’nommer ici.

Par contre, le début du roman est un peu endormant, ça commence doucement, ça ressemble même à un tableau idyllique et si le titre avait été caché, je vous jure que j’aurais posé ce roman et basta, terminé la lecture.

Oui, mais voilà ! C’était l’exorciste que je tenais en main ! (N’allez pas imaginer des choses cochonnes, hein, je vous surveille !).

Ça puait le souffre et les souvenirs de certaines scènes cultes du film que j’avais vues – les yeux à moitié fermés, les oreilles bouchées, sans jamais oser aller plus loin de peur de faire des cauchemars jusque mes 20 ans – revenaient dans ma tête à toute allure. Horrible ces scènes…

La seule chose que j’aimais de ce film, c’était la musique « Tubular Bells »…

Si jamais de ma vie je n’ai osé voir ce film, je me disais que je pourrais au moins tenter le coup avec le livre. Exorciser cette peur. J’ai eu raison car même pas peur !

Une fois l’intro terminée et Regan, l’adorable gamine de 11 ans contaminée par une entité diabolique, il est difficile de lâcher le livre.

Difficile aussi, durant sa lecture, de faire abstraction des horribles images du film qui, malgré mes yeux à moitié fermés et mes oreilles bouchées de l’époque, me revenaient dans la face ! Surtout que je revoyais la copine qui me rejouait les phrases les plus crues du film.

— Ta mère suce des queues en enfer, Karras !

— N’approchez pas ! La truie est à moi ! Baise-moi ! Baise-moi !

— Fais-toi baiser par Jésus! Que Jésus te baise!

Malgré le fait que le roman ne fait pas peur, il vaut tout de même la peine d’être lu, ne fut-ce que pour exorciser la peur de ce film, afin de comprendre que les exorcistes, contrairement aux Démons, ne sont pas Légion, et qu’il faut réunir des tas de preuves avant que l’Église ne consente à réaliser un exorcisme.

Pourtant, nom de dieu, je ne sais pas ce qu’il leur aurait fallu de plus que cette enfant qui prend des voix différentes, qui parle à l’envers, qui a souplesse d’un bonhomme en caoutchouc, qui vomit de la bile ou fait s’écouler des diarrhées qu’on se demanderait bien comment un corps aussi petit pourrait contenir tout ça, sans parler de la force prodigieuse.

Ah ces jésuites, hommes de peu de foi, va !

Mais bon, je ne vais pas juger le père Damien Karras, déjà que  le démon lui a dit que sa mère suçait des bites en enfer, si en plus je lui jette la pierre, il risquerait de la trouver mauvaise, parce qu’en fin de compte, sans le père Karras, on serait toujours dans la mélasse (elle était facile, je l’avoue).

Autant Karras s’interroge sur sa Foi, autant le père Lankaster Merrin est un croyant pur et dur, un vrai de vrai, un homme bon, un homme de bien, un prêtre que j’ai grandement apprécié, même s’il est moins présent que Karras.

C’est lorsqu’on apprend que ce roman est tiré d’un fait réel qu’il fait froid dans le dos, mais niveau trouille, j’ai eu des Stephen King qui m’ont fait réellement trembler et des romans post-apocalypse (ou de black-out) qui m’ont fait me cacher sous la couette.

Mais même sans les frissons de peur à la clé, le roman reste tout de même agréable à lire et quelques scènes sont assez… gore ou à éviter de lire après un bon repas. Heureusement, l’odorama n’existe pas encore dans les romans !

Si je veux frissonner vraiment, je n’ai plus qu’à me faire  le film…

Heu… j’ai encore peur du film !!

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (400 pages).