Bilan du Mois du Polar chez Sharon : Février 2019

Et merde, Le Mois du Polar est terminé jusqu’en février 2020…  Comme le chantait l’autre ♫ Et maintenant, que vais-je faire, de tous ces polars, maintenant que le mois est fini ♪

Pas de problème, le challenge « Thrillers et polars » continue chez Sharon et depuis le début de l’édition 2018/2019, elle me fait la nique en ayant plus de billets que moi, ce qui ne peut pas durer, j’ai une réputation à tenir, moi ! 

Donc, on a beau avoir terminé le Mois du Polar, je vais continuer à ensevelir cette pauvre Sharon sous les billets car j’aurais pu faire plus que les 31 billets du Mois du Polar, mais pour cela, j’aurais dû poster deux chroniques à la fois et je n’ai pas voulu.

Ayant dépassé mon score des 27 billets de l’édition 2018, je m’estime heureuse d’avoir pu lire 17 bédés et 15 romans (mais un n’entrera pas dans le Mois, donc ce sera 14) et d’avoir colorié un peu plus ma carte Livrradict avec des auteurs Hindou, Israélien, Turc, Roumain et un Estonien (qui sera posté plus tard).

6 romans sélectionnés n’ont pas été lu pour cause de manque de temps et de lectures qui se sont ajoutées à celles prévues : deux LC, un Masse-Critique et un NetGalley.

J’espère arriver à en lire certain oubliés au mois de mars, si je n’ai pas trop de nouveautés à lire…

Bilan Mois du Polar : 31 billets !

  1. Dans la neige : Danya Kukafka
  2. Les mal-aimés : Jean-Christophe Tixier
  3. Liquidations à la grecque [Trilogie de la crise 1] : Pétros Márkaris
  4. Témoin de la nuit : Kishwar Desai
  5. La Nuit divisée : Wessel Ebersohn [Yudel Gordon – 2]
  6. Sherlock Lupin & moi – Tome 6 – Les ombres de la Seine : Irene Adler
  7. Le chant des revenants : Jesmyn Ward
  8. Les trois mousquetaires : Alexandre Dumas [LC avec Bianca]
  9. L’assassinat d’Hicabi Bey [Alper Kamu 01] : Alper Canigüz
  10. La vie commence vendredi : Ioana Pârvulescu
  11. Une disparition inquiétante [Commandant Avraham 01] : Dror Mishani [LC avec Rachel]
  12. Crepple Creek [John Turner 02] : James Sallis
  13. Le voleur de goûter [Commissaire Montalbano 03] : Andrea Camilleri
  14. Les lieux sombres : Gillian Flynn [LC avec Bianca]
  15. Southern Bastards – Tome 1 – Ici repose un homme : Aaron & Latour
  16. Southern Bastards – Tome 2 – Sang et sueur : Aaron & Latour
  17. Southern Bastards – Tome 3 – Retour au bercail : Aaron & Latour
  18. Tif et Tondu – Tome 26 – Le gouffre interdit : Maurice Tillieux & Will
  19. L’homme de l’année – Tome 10 – 1666, l’homme à l’origine du grand incendie de Londres : Fred Duval & Studio Sept Epées
  20. Moriarty – Tome 3 : Ryosuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi [Manga]
  21. De Capes et de Crocs – Intégrale 06 – Actes XI – XII : Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou
  22. Bruno Brazil – Tome 1 – Le Requin qui mourut deux fois : Greg & William Vance
  23. Bernard Prince – Tome 01 – Le général Satan : Hermann & Greg
  24. Gil Jourdan – Tome 09 – Le gant à trois doigts : Maurice Tillieux
  25. Mycroft Inquisitor – Tome 1 – Une fragrance de cadavre : Arleston, Latil & Manini
  26. Mycroft Inquisitor – Tome 2 – La Bête d’écume : Arleston, Latil & Manini
  27. Mycroft Inquisitor – Tome 03 – Neiges Sanglantes : Arleston, Latil & Manini
  28. Sept – Tome 19 – Sept Cannibales : Sylvain Runberg & Tirso Cons
  29. Trolls de Troy – Tome 09 – Les prisonniers du Darshan : Christophe Arleston & Jean-Louis Mourier
  30. Trolls de Troy – Tome 10 – Les enragés du Darshan : Christophe Arleston & Jean-Louis Mourier
  31. Notre Mère la Guerre – Tome 01 – Première complainte : Maël & Kris

Le voleur de temps – Enquêtes de Leaphorn et Chee 02 – Tony Hillerman (États-Unis) bien que terminé le 28/02, ne comptera pas pour le Mois du Polar car j’allais dépasser le délai imparti. Ça me fera un moins grand score à devoir dépasser en février 2020.

Non lus :

  1. Terre des rêves – Trilogie du Minnesota 1 – Vidar Sundstøl (Norvège)
  2. Une terre si froide – Sean Duffy 1 – Adrian McKinty (Irlande)
  3. Rage Noire – Jim Thompson (États-Unis)
  4. J’ai épousé une ombre – William Irish (États-Unis)
  5. La chasse sauvage – Barthélemy et Ysabellis 4 – Laeticia Bourgeois (France)
  6. Une cible parfaite – La première enquête de Drongo, ex-agent du KGB – Tchinguiz Abdoullaiev (Azerbaïdjan)

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Les Lieux sombres : Gillian Flynn [LC avec Bianca]

Titre : Les Lieux sombres

Auteur : Gillian Flynn
Édition : Livre de Poche Thriller (2011/2018)
Édition Originale : Dark places (2008)
Traducteur : Héloïse Esquié

Résumé :
Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans leur ferme familiale. Rescapée par miracle, la petite fille désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de 15 ans.

Ce fait divers émeut tout le pays, et la jeune Libby devient un symbole de l’innocence bafouée.

Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby, qui ne s’est jamais remise du drame, souffre de dépression chronique. Encouragée par une association d’un type très particulier, elle accepte pour la première fois de revisiter les lieux sombres de son passé.

C’est là, dans un Middle West désolé, dévasté par la crise économique et sociale, qu’une vérité inimaginable commence à émerger.

Et Libby n’aura pas d’autre choix pour se reconstruire, et peut-être enfin recommencer à vivre, que de faire toute la lumière sur l’affaire, quelles qu’en soient les conséquences.

Critique :
En 35 lectures communes avec ma copinaute Bianca, nous avons une majorité d’avis communs avec de belles découvertes ou de romans qui nous ont plu à toutes les deux.

Malgré tout, vu le nombre de LC, nous avons parfois eu des avis divergents, l’une adorant le roman et l’autre s’y enlisant…

Puis, de temps en temps, nous avons été raccord dans le fait que nous n’avons pris aucun plaisir à la lecture car trop de longueurs (Oliver Twist) ou alors, nous avons abandonné en route, sans même aller lire la fin (Le coma des mortels et Une autre vie).

Le thriller de Gillian Flynn va aller rejoindre ces lectures abandonnées pour cause d’enlisement profond dans le récit, de non copinage avec le personnage principal, de sentiment d’ennui profond durant la lecture et si ça continue ainsi, on va surélever nos meubles à force de les caler avec des romans non aimés.

Alors que je le lisais dans le train, j’ai préféré regarder le paysage, que je connais, pourtant, mon esprit s’est égaré ailleurs et c’est sans plaisir aucun que je retournais à la lecture du chapitre tant Libby Day, la victime et seule survivante du massacre, me pompait l’air.

Renseignements pris, ma copinaute en était au même point que moi : zéro plaisir dans la lecture et Bianca commençait même à donner des signes inquiétants de lecture en diagonale, ce que j’ai fait aussi, et malgré tout, je me faisais toujours chier dans ma lecture, n’arrivant pas à ressentir les émotions qu’aurait dû me donner ce thriller encensé par Stephen King himself.

Allant directement au final, afin de savoir le fin mot de l’histoire et de ce mystère, j’ai trouvé sa résolution plus que capillotractée et limite bidon. Oui, j’ai bien dit que c’était bidon !

Autant « Les apparences » était un thriller addictif et bien tourné, autant celui-ci est juste bon à finir dans une boite à livre. Qui sait, il plaira peut-être à un(e) autre lecteur(trice) plus indulgente que moi.

Dommage, parce que les critiques de ce thriller étaient bonnes et j’avais grand hâte de le découvrir, même si ça faisait des années qu’il prenait les poussière dans une de mes biblios. Ma foi, il aurait mieux fait d’y rester.

Ma copinaute de cette LC loupée, Bianca, ne prendra même pas la peine d’en faire une chronique puisqu’elle n’a rien de plus à dire sur cette lecture plus qu’en demi-teinte et abandonnée.

Au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Le voleur de goûter [Commissaire Montalbano 03] : Andrea Camilleri

Titre : Le voleur de goûter – Commissaire Montalbano 03

Auteur : Andrea Camilleri
Édition :
Édition Originale : Il ladro di merendine (1996)
Traducteur : Serge Quadruppani avec l’aide de Maruzza Loria

Résumé :
Un retraité poignardé dans un ascenseur, un pêcheur tunisien mitraillé au large de Vigàta, une flamboyante prostituée, un colonel nain, une vieille institutrice en chaise roulante… et un enfant abandonné.

C’est en ronchonnant, comme à son habitude, que le commissaire Montalbano va tenter de trouver le lien qui relie tous ces personnages, d’autant que, pour la première fois, il doit se frotter aux Services secrets, incarnation d’une Italie occulte et malfaisante.

Mais pour sauver un enfant de la meurtrière raison d’État, notre commissaire est prêt à faire des choix. Même les plus difficiles..

Critique :
Un voleur de goûter ?? Qui a osé voler les chocos BN ou ceux du Petit Écolier ???

Heureusement que le commissaire Montalbano veille et qu’il va déployer ses policiers dévoués pour mettre la main sur le voleur de goûter !

Oui, dit ainsi, ça parait risible, un voleur de goûter, arrêté par des policiers, on devrait en rire si la situation n’était pas aussi grave.

— Mais qui on doit prendre ? intervint Fazio.
— Un voleur de goûter.
Dans la pièce, on n’entendait plus personne respirer. Sur le front d’Augello parut un voile de sueur.
« Ça fait un an que je lui dis de voir quelqu’un », pensa-t-il.

— Que se passe-t-il au commissariat de Vigàta ? demanda l’éditorialiste, question adressée à lui-même et à la création sur un ton à faire passer celui qu’utilisait Torquemada dans ses meilleurs moments pour le ton d’un type qui raconte une blague.

C’est ce que j’ai aimé dans cette enquête de Montalbano : le côté risible de la chose qui cache en fait la partie immergée de l’iceberg et cette émotion qui en ressort par tout les pores de la peau, même si notre commissaire amateur de bonne cuisine ne le remarquera pas tout de suite.

Puis arrivèrent les huit morceaux de merlan, portion clairement destinée à huit personnes. Ils criaient, les morceaux de merlan, leur joie d’avoir été cuisinés comme Dieu le veut. Au nez, le plat faisait sentir sa perfection, obtenue par la juste quantité de chapelure, avec le délicat équilibre entre l’anchois et l’œuf battu.

Montalbano mit une bonne demi-heure à se manger les rougets, parce qu’il voulait les déguster comme ils le méritaient…

Pour ma deuxième incursion en Sicile, sur les terres de Chouchou, je dois dire que j’ai été gâtée par l’auteur qui m’a mis en scène une enquête qui n’est pas simple, doublée d’une autre qui n’a, à priori, aucun rapport avec la première, mais qui, par un subtil jeu du scénario, va se retrouver greffée avec le mort dans l’ascenseur qu’on a retrouvé planté d’un couteau.

Oui, après le planté du bâton, on a aussi le planté du couteau… Et on apprendra qu’il peut y avoir un rapport entre un sexa-génaire mort dans l’ascenseur de son immeuble, un couteau planté dans son corps et la mort en mer d’un marin tunisien, embarqué sur un bateau sicilien et abattu par une vedette de l’armée tunisienne.

Salvo Montalbano, c’est une institution à lui tout seul, cynique, un peu fou, utilisateurs de traits d’esprits, un véritable estomac sur pattes, un commissaire qui se plait tellement bien là où il est dans la ville portuaire de Vigatà qu’il serait prêt à tout pour y rester.

— Tu veux me dire comment, bordel, on a tué le Tunisien du bateau de pêche ?
— Arme à feu.
— Tiens, c’est drôle ! Je croyais qu’on l’avait étouffé avec un coussin.
— Tes traits d’esprit me font vomir.

En toute sincérité, Fazio aurait voulu répondre qu’à son avis, le commissaire était fou de naissance, mais il ne dit rien et fixa la fenêtre.

L’auteur profite aussi de son personnage pour nous présenter un portrait au vitriol de la Sicile et de l’Italie, en général, que cela concerne la politique, les policiers, l’administration, l’armée, la corruption, les immigrés, le racisme bête et crasse…

Sans vouloir laver plus blanc que blanc, l’auteur nous brosse juste le portrait de la société telle qu’elle est, sans vouloir la réformer ou donner des leçons, mais ça marche et l’immersion dans le milieu est complète, car, en plus de nous décrire la vie telle qu’elle est en Sicile, la traduction joue aussi beaucoup et le fait d’avoir des mots siciliens ou italiens dans le texte ajoute du piment dans le récit.

— Allô, Mimi ? Montalbano, je suis.
— Oh mon Dieu, qu’est-ce qui fut ? Qu’est-ce qui se passa ?
— Tu l’as encore le roman de le Carré qui s’appelle « L’appel du mort » ? Je suis sûr de te l’avoir prêté.
— Mais bordel ?! Il est quatre heures du matin.
— Eh bê ? Je veux que tu me le rendes.
— Salvo, écoute quelqu’un qui t’aime comme un frère, pourquoi tu te fais pas hospitaliser ?
— Je le veux tout de suite.
— Mais je dormais ! Calme-toi, demain matin je te l’apporte au bureau. Maintenant, je devrais me mettre le caleçon, commencer à le chercher, me rhabiller…
— Je m’en fous complètement. Tu le cherches, tu le trouves, tu te prends la voiture, en caleçon si tu veux et tu me l’apportes.

— E cu minchia è ? Et qui c’est, bordel ? demanda Montalbano, médusé.

L’enquête, sans être trépidante, est prenante, on prend plaisir à suivre notre commissaire dans son enquête, ne manquant jamais de s’arrêter pour manger ou pour bougonner sur certains de ses adjoints, soit parce qu’ils sont trop cons, soit parce que ce sont des jolis coeur et que sa copine l’apprécie un peu trop.

Mélangeant habillement les enquêtes et la découverte de la vie en Sicile, l’auteur développe aussi ses différents personnages, nous faisant entrer dans leur vie privée, à tel point qu’on en arriverait presque à se ficher de l’enquête tant la vie de Montalbano est riche en événements.

Un roman policier épicurien, qu’on déguste comme un goûter lorsqu’on est affamé. Je ne sais pas quand j’aurai le temps de revenir à mon commissaire sicilien, mais je sais que lorsque je lirai le suivant, ce sera avec le sourire d’une qui sait qu’elle va passer un bon moment en compagnie de vieux amis tout autour d’une table chargée de mets qui mettent l’eau à la bouche.

Les spaghettis arrivèrent quand, par chance, Montalbano eut fini son merlan, parce que Mimì couvrit abondamment son assiette de parmesan. Seigneur ! Même une hyène, une vraie hyène qui se nourrit de charogne aurait vomi à l’idée d’un plat de pâtes aux palourdes avec du parmesan dessus.

— Ça te convainc pas ?
— On dirait la reconstitution de l’assassinat du président Kennedy par le sénateur Warren.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

 

Cripple Creek [John Turner 02] : James Sallis

Titre : Cripple Creek – John Turner 02

Auteur : James Sallis
Édition : Folio Policier (2010)
Édition Originale : Cripple Creek (2007)
Traducteurs : Stéphanie Estournet & Sean Seago

Résumé :
John Turner est un ancien taulard, ancien flic, un temps thérapeute, au passé fait de meurtres et de violence et qui s’est finalement réfugié près d’un lac où il n’aspire qu’à l’oubli. L’endroit semble idéal.

À peine installé pourtant, il devient l’adjoint du shérif local et arrête un chauffard qui traversait la ville ivre mort avec 200000 dollars dans son coffre.

Au petit matin, alors que personne n’a été prévenu, le prisonnier est « extrait » de sa cellule par un commando qui blesse grièvement deux policiers.

John Turner, bien loin de se douter qu’il va libérer les chiens de son passé, part sur la route à la poursuite de cet inconnu désormais en cavale…

Critique :
Pour une fois, je vais la faire courte : je voulais lire ce roman policier depuis longtemps et le plaisir n’a pas été au rendez-vous…

Bizarre, parce que l’adjoint au shérif qu’est John Turner avait tout pour me plaire : un ancien flic, ancien taulard aussi et thérapeute dans une vie antérieure ou entre celle de flic et de taulard…

Bref, j’avais entre mes mains un polar noir de noir, limite du hard-boiled, pas un truc pour les minettes en tutus qui lisent Hello Kitty.

Juste fait pour moi, donc…

Ajoutons au menu le Sud un peu profond, un bled paumé, des gens du cru bien typés, et un chauffard arrêté pour excès de vitesse, extrait de sa taule et les témoins de la scène au sol, blessés.

Violent… Tout ça pour un excès de vitesse ?? Ok, il y avait du fric dans le coffre et tout ça puait le gang à plein nez.

Où le bât a-t-il blessé ?

Dans les digressions de John Turner, sans aucun doute, dans le fait aussi que l’enquête est brouillonne, se résolvant en règlements de compte d’un côté en dans des tentatives de vengeance de l’autre, ce qui laissera un pile de cadavres pour le cimetière ou des éclopés pour les hôpitaux.

La sauce aurait dû prendre, mais sans doute le barbecue était-il trop chaud et j’ai eu l’impression que ma viande avait un goût de brûlé, que la sauce avait tourné et si je suis arrivée au bout de mon plat, c’est en sautant des passages et en m’endormant entre deux airs de folk.

Par contre, j’ai adoré Miss Emily, l’opossum qui squattait la maison de Turner… Comme quoi, on ressort du positif  dans toute lecture.

Sans mentir, je n’ai pas fait qu’apprécier Miss Emily, j’ai aussi trouvé que le personnage de John Turner était bien campé, tourmenté, mais ce fut aussi le cas pour une partie des personnages qui gravitaient autour de Turner.

Mais malgré ça, pour le reste, je me suis un peu ennuyée et je ne pense pas réitérer la chose avec les autres romans consacrés à John Turner…

Un roman policier pur, dur, sombre comme un café fort et je n’ai pas réussi à tremper mon biscuit dedans. Ce qui est râlant, vu les bonnes critiques qu’il avait sur Babelio.

Au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

 

Une disparition inquiétante [Commandant Avraham Avraham 01] : Dror Mishani

Titre : Une disparition inquiétante [Commandant Avraham Avraham 01]

Auteur : Dror Mishani
Édition : Seuil (2014) / Points Policier (2015/2018)
Édition Originale : Tik N’Edar (2011)
Traducteur : Laurence Sendrowicz

Résumé :
Un adolescent ne disparaît pas comme ça. Il fugue quelques heures, un jour, deux tout au plus, puis réapparaît. Avraham Avraham, commandant de police de la banlieue de Tel-Aviv, le sait.

Les crimes spectaculaires, c’est bon pour la série New York Police District.

Pourtant Ofer Sharabi, seize ans, ne rentre pas. Ni le lendemain, ni le jour d’après. Et si Avraham s’était trompé depuis le début ?

Critique :
La littérature me fait voyager beaucoup, mais je n’avais encore jamais mis les pieds en Israël, hormis en lisant la Bible, c’est vous dire si ça fait un sacré bail !

Le dépaysement n’a pas été trop difficile, la seule chose qui me fasse sans cesse repenser que j’étais en Israël était le fait qu’ils soient en congé le samedi et que la semaine commence le dimanche, sinon, on ne peut pas dire que j’ai vraiment découvert le pays.

Pire, Avi Avraham est venu à Bruxelles durant son enquête, alors là, pour le dépaysement, on repassera, je me suis tapée la Grand-Place, la rue du Midi, le bar joyeux de l’Homo Erectus et autres endroits connus.

Malgré tout, c’était une sacré découverte que ce commandant de police un peu lymphatique qui pense que les crimes spectaculaires, c’est bon pour la littérature, que la plupart des résolutions des polars sont fausses et qu’en plus, en Israël, on n’a même pas de littérature policière tant les crimes sont simples à résoudre.

— Savez-vous pourquoi il n’y a pas de littérature policière écrite en Israël ? lui demanda-t-il soudain.
— Pardon ?
— Oui, pourquoi ? Pourquoi, chez nous, on n’écrit pas de romans comme ceux d’Agatha Christie ou comme La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette ?
— Je ne m’y connais pas tellement en livres.
— Eh bien, je vais vous dire pourquoi. Parce que chez nous on ne commet pas de tels crimes. Chez nous, il n’y a pas de tueurs en série, pas d’enlèvements et quasiment pas de violeurs qui agressent les femmes dans la rue. Chez nous, si quelqu’un est assassiné, c’est en général le fait du voisin, de l’oncle ou du grand-père, pas besoin d’une enquête compliquée pour découvrir le coupable et dissiper le mystère. Oui, chez nous, il n’y a pas de vraies énigmes et la solution est toujours très simple. Bref, tout ça pour vous expliquer que la probabilité qu’il soit arrivé quelque chose de grave à votre fils est infime, et je ne le dis pas pour vous rassurer, c’est une question de statistiques.

Raté mon pote ! Partant d’un mauvais pied, notre commandant ne va pas donner de l’importance à cette disparition et tout le reste de l’enquête, il sera à côté de la plaque, se disant qu’il a raté quelque chose, mais quoi ?

Avi Avraham n’est pas vraiment un personnage de littérature que l’on appréciera du premier coup, on est loin du commissaire Kostas Charitos qui éveille moult sympathies et durant tout le roman, aucun personnage ne viendra me titiller l’empathie ou la sympathie.

Pourtant, ce roman a de la puissance dans ses pages, dans la manière dont l’enquête progresse (du sur place !), dans la manière dont les différents interagissent entre eux et si je ne devais n’en retenir qu’un seul, ce serait le prof d’anglais, Zeev Avni, un être tourmenté, qui se cherche, qui a un passé trouble, d’après les petites infos qui filtrent ou du moins, il semble donner cette idée de par son comportement.

Voilà un personnage secondaire (Zeev) qui devient quasi plus important que le principal, notre commandant dont le prénom est le même que son nom de famille, comme si ses parents avaient bu en le déclarant ou n’avait pas fait preuve d’intelligence sur ce coup là. Avraham Avraham, j’vous d’mande un peu !

Mais revenons à nos moutons, ou à notre ado disparu, sans argent, sans papiers, sans vêtements de rechange et une mère qui est désemparée mais un peu à l’ouest elle aussi…

Des tas de résolutions tournaient dans ma tête, dont une me plaisait bien, une dont j’étais sûre que c’était la bonne… RATÉ ! Loupé royalement et j’ai terminé sur mon cul, avec le dégoût au bord des lèvres, l’envie de vomir…

L’auteur a réussi à me tenir en haleine avec un rythme qui n’a rien de trépidant, juste avec ses personnages hors norme, énigmatiques, qui ne se comportent pas comme on a l’habitude de la voir et avec une résolution d’enquête qui a tout du génie niveau piège tendu.

Un final inattendu, et qui, comme le célèbre Kiss Cool, possède un double effet, un double uppercut, parce que un, ce n’était pas suffisant, ce qui fait que je me suis retrouvée à la fin de mon roman avec la bouche ouverte en cul de poule et ne sachant pas trop à quel saint me vouer pour obtenir le fin mot de l’histoire, bien que je suspecte fort que ma compatriote venue de Bruxelles en vacances nous a donné le fin mot de  l’histoire.

Un roman policier que j’ai pris plaisir à découvrir car il était différent de ceux que j’ai lu, mais pas garanti que je reviendrai au commandant Avraham Avraham car j’en ai encore bien d’autres à découvrir.

PS : un roman que ma copinaute de Lc, Rachel, n’a pas apprécié et qu’elle ne chroniquera pas. Je ne sais pas ce qu’il se passe avec nos quelques LC, mais nous ne sommes jamais raccord ! mdr 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Southern Bastards – Tome 3 – Retour au bercail : Jason Aaron & Jason Latour

Titre : Southern Bastards – Tome 3 – Retour au bercail

Scénariste : Jason Aaron
Dessinateur : Jason Latour

Édition : Urban Comics Indies (28/10/2016)

Résumé :
Pourtant, les habitants s’apprêtent à accueillir sa traditionnelle fête des anciens élèves, et avec elle, la vingtième rencontre des Runnin’ Rebs contre l’équipe de Wetumpka.

Un match dont le coach se voit déjà vainqueur. Mais comment fera-t-il sans son mentor et bras droit, le coordinateur de la défense, Ol’ Big ?

Critique :
Si j’avais trouvé des circonstance atténuantes au coach Euless Boss dans le tome 2, là, on voit encore plus son côté sombre et on commence à avoir la sueur froide qui coule entre les omoplates.

Coach Big aussi… Souvenez-vous, l’aveugle Noir du tome 2 qui aidait le jeune Boss à acquérir les tactiques et le talent pour être un bon linebacker afin d’intégrer l’équipe des Runnin’ Rebs.

Pour le coach Boss, le foot est tout ce qui compte et tous les moyens sont bons pour arriver au but, quitte à déclarer un suicide comme un meurtre et à accuser un joueur de Wetumpka, l’équipe adverse.

Vous imaginez les conséquences d’une telle accusation lorsqu’elle arrive dans les cerveaux embrumés de nos rednecks amateur de l’équipe des Runnin’ Rebs ? Wetumpka, c’est un peu les frères ennemis et on a pris plaisir ces dernières années à les écraser au ballon ovale.

Les auteurs étant Sudistes eux-mêmes, ils savent de quoi ils parlent, ils connaissent les habitants du Sud profond et s’ils les égratignent, les bousculent et ne les mettent pas sous leurs meilleurs jours, ce n’est pas pour être insultant, juste pour décrire une situation réelle et l’analyser.

L’un des deux expliquera même, en introduction de l’album, pourquoi la couverture d’un des épisodes avait un chien déchirant le drapeau confédéré.

Beaucoup de mystères dans cet album qui fait la part belle à la violence, qu’elle soit verbale, en action ou par omission (comme on dit) car laisser les crimes impunis est aussi grave que de les commettre et par leur silence, les habitants de Craw County et son shérif sont aussi coupable que Coach Boss.

Les auteurs développent un peu plus certains personnages secondaires et en introduisent de nouveau, si bien qu’on ne sait pas toujours quel fil rouge leur récit va suivre : le crime d’Earl Tubb commit dans le premier tome ou les magouilles de Boss ainsi que le portrait des différents habitants de cette petite ville d’Alabama.

Malgré les portraits sombres de quelques uns de ses représentants, les auteurs n’hésitent jamais à leur donner un soupçon de circonstances atténuantes ou de montrer leur fragilité, compensée par le roulement des mécaniques, les humiliations qu’ils font subir à d’autres et de l’utilisation de la violence à tour de bras.

Boss est devenu tel qu’il est suite à son enfance, de la violence de son père et à cause du système qui faisait qu’un jeune garçon tel que lui n’aurait jamais accès à rien, quoiqu’il fasse, même en travaillant dur pour acquérir sa place dans l’équipe.

On est dans un système basé sur la force, pas sur l’intelligence et les faibles n’ont pas leur place ici, les soumis non plus, leur seule position acceptable étant la posture de soumission et le shérif l’illustre bien, cette posture du chien soumis.

Coach Boss avait la force, il est le maître de la ville, mais le cerveau, c’était Coach Big, le Noir aveugle et il n’est plus là pour le conseiller. Boss a toujours la force, mais sans l’intelligence tactique de l’autre, il risque de tout perdre.

L’introduction d’un nouveau personnage, celui de la couverture, laisse augurer que nous allons nous diriger vers des portraits de différents habitants de Craw County et du Sud profond, celui qui regarde toujours les gens de couleurs de travers et comme notre nouvelle arrivante est Black…

On n’a pas fini d’explorer la face sombre de l’Humain sudiste, avec cette série. C’est sombre, glauque, dérangeant, les dessins sont toujours survoltés, les traits grossier pour certains, mais la toile d’araignée est tellement ramifiée qu’il y a encore possibilité de passer de belles heures avec cette saga.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Trolls de Troy – Tome 10 – Les enragés du Darshan : Christophe Arleston & Jean-Louis Mourier

Titre : Trolls de Troy – Tome 10 – Les enragés du Darshan

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Jean-Louis Mourier

Édition : Soleil (25/07/2007)

Résumé :
Teträm, Waha, Tyneth et Gnondpom sont au Darshan, en bien fâcheuse posture ! Il faut sauver les trollillons prisonniers de Dame Meshanta, mais pour cela il faut avant tout se sortir d’affaire…

Bon, ce sont tous des trolls, donc on a quand même un peu confiance !

Second volume d’une aventure en deux tomes, les Enragés du Darshan continue dans le mélange d’aventure et d’humour loufoque qui a fait le succès de la série.

C’est cette fois, à travers tout un périple urbain, le cinéma de Hong-Kong qui se retrouve au centre des parodies.

Critique :
Nous avions laissé nos amis trolls en fâcheuse posture, mais l’introduction lors de la première planche laisse présager l’arrivée d’un nouveau personnage, mais je ne vous dirai pas si ce sera une aide ou pas.

Pour rappel des faits, la méchante, dame Meshanta, veut se faire un manteau en peau de trollilons afin de que le dieu Nymhétny – fusilli et tortellini – se réveille et devienne chair.

Contrairement à Glenn Close ou l’infâme Cruella dans les 101 dalmatiens, elle doit en avoir beaucoup moins, mais il lui faut impérativement un roux, d’où l’enlèvement des deux petits trolls de Teträm.

Toujours dans un univers japonais, les auteurs déroulent le tapis rouge à l’humour et à l’action, aux situations absurdes de la torture, qui fait rire Waha, sauf quand une goutte d’eau la touche et aux méchants un peu caricaturaux, méchants jusqu’au bout des ongles, que dame Meshanta a long.

Une fois de plus je me suis amusée à déchiffrer les paroles des habitants du Darshan, retrouvant des choses connues, mais le tout avec une police d’écriture orientale, ce qui ajoute de l’exotisme et du temps de lecture.

Les trolls ont beau être violents et manger des humains, ils restent les vrais héros et les gentils de cette série où le lecteur s’amuse de voir des pauvres gens servi à table, leurs yeux en amuse-bouche délicats.

Un combat final dantesque, ou divinement bon, au choix, terminera cette aventure en beauté qui remontait le niveau après quelques albums en deçà des tous premiers (qui eux restent à un niveau inégalé).

L’avantage des trolls, c’est qu’au moindre coup de blues, ils sont là pour vous dérider et vous emmener dans leur monde où il ne fait pas bon se faire attraper par eux, même si ces bougres de gros poilus sauront mettre votre corps et tout l’intérieur à son meilleur avantage.

Par contre, ils feraient de très bons policiers enquêteurs car ils savent suivre des pistes, déduire des choses de l’odeur et n’ont pas leur pareil pour faire parler les plus résistants.

La preuve, sans le vouloir, en fonçant dans le tas, ils ont déjoués les plans machiavéliques de dame Meshanta et ♪ libéré, délivré ♫ les trolls blancs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Trolls de Troy – Tome 09 – Les prisonniers du Darshan : Christophe Arleston & Jean-Louis Mourier

Titre : Trolls de Troy – Tome 09 – Les prisonniers du Darshan

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Jean-Louis Mourier

Édition : Soleil (2006)

Résumé :
Dans un temple du Darshan, l’oracle du dieu Nymethny exige que lui soient sacrifiés de petits trolls blancs et roux.

Peu de temps après, les enfants de Teträm sont enlevés. Pour tenter de les sauver d’un sort atroce, il va devoir, accompagné de Waha et Pröfy, traverser l’océan jusqu’au lointain continent, et comprendre pourquoi ses congénères blancs restent si passifs face aux agissements des bonzes de Nymethny.

Critique :
Pourquoi est-ce que je commence à chroniquer la série « Trolls de Troy » par le tome 09 et pas par le premier, comme la logique le voudrait ? C’est parce que je viens de ressortir la saga du Darshan de la biblio…

Pourquoi ces tomes-là, précisément ? Parce qu’on en parlait dans « la Bibliothèque Ultime » du dernier Lanfeust Mag, que je l’ai vu comme un hommage que je rendrais à ce mensuel qui a fait mes beaux jours et qu’un gag prend tout son sens maintenant…

Il faut savoir qu’à un moment donné, dans une insulte, un personnage criait « Carlos Ghosn » et sur le moment, je n’avais pas vu le truc rigolo, vu que je ne connaissais pas l’animal.

J’avais ri aux cris donnant « Yamaha », « Nissan », Daewoo », « Uderzo », ou encore « Keramidas » parce que ce se sont des noms connus et j’ai une fois de plus scruté les lettres pour déchiffrer les mots ou les noms cachés, en découvrant de nouveau et riant cette fois-ci à gorge déployé en tombant sur  un « Carlos Goshn » hurlé par un garde pour faire tomber fermer les grilles.

En 2006 et les années suivantes, j’avais moins ri avec ce nom, le patron du groupe Renault-Nissan étant moins connu que maintenant qu’il est au régime bol de riz au pays du soleil levant.

C’était une riche idée que j’ai eue de ressortir cet album, j’avais envie de rire un bon coup, vu le temps merdique qu’il fait dehors (pluie et vent), je me suis dit qu’un enlèvement de petits trolls et les péripéties de leur père, de leur soeur Waha et du pauvre Profÿ venaient à point dans ces jours gris.

Le pitch ? Afin de faire revenir un Dieu darshanide, la femme du gouverneur, dame Meshenta doit faire un manteau en fourrure composé de petits trolls blancs mais le col doit absolument être en poils roux et au Darshan, tous les trolls sont blancs, c’est connu.

Mais au village Troll de Phalompe (admirez le contrepet), de l’autre côté de l’eau, c’est bourré de petits trolls roux et pas de bol, les séides de la dame, 3 samouraïs et 4 mercenaires, ont enlevé les bébés trolls de Teträm, qui avec une partie de sa fratrie, se met en chasse pour récupérer ses mouflets.

De l’action, de l’humour, une petite enquête et des bien des mystères autour de cette religion dont le fait de croire à un dieu le crée… On dirait bien que des trolls enchantés servent le dieu Nymethny – louanges et gratouillis – en lieu et place du terrible dieu Swoog.

Waha joué serré pour récupérer son père Teträm et son fiancé Profÿ drogués et aux mains des sacrificateurs, délivrer ses frères et sœurs et récupérer le fille du chef de son village qui fait son apprentissage chez une sorte de maître Jedi.

Un tome relevé, après quelques fades qui le précédaient. Là, c’est clairement le souffle de la grande aventure.

Qu’est-ce qu’on dit ? On dit merci au Lanfeust Mag de m’avoir fait découvrir cette série, en plus d’autres ! Non seulement je possède les albums des Trolls et des aventures de Lanfeust, mais en plus, j’ai passé le virus à mon père, qui les a dans sa biblio aussi.

Pour une fois que c’était moi qui lui faisais découvrir de nouvelles bédés…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Sept – Tome 19 – Sept Cannibales : Sylvain Runberg & Tirso Cons

Titre : Sept – Tome 19 – Sept Cannibales

Scénariste : Sylvain Runberg
Dessinateur : Tirso Cons

Édition : Delcourt Conquistador (2016)

Résumé :
Ils sont sept. Riches. Influents. L’élite. Des mâles dominants avides de sensations fortes. Ils se jouent des valeurs hypocrites d’une société qui les adule. Ne vivent-ils pas dans un monde où la loi du plus fort s’impose ouvertement ?

Sept prédateurs, qui assouvissent leurs pulsions lors de gigantesques fêtes privées.

Comme chaque année, Alessandro, Markus, Martin, Doron, Paul, Sebastiaan et Denis s’offrent un week-end de rêves. Les sept amis en profitent pour décompresser, loin de leurs vies remplies, stressantes et bien propres.

Après la Toscane, l’an prochain, ce sera la Provence qui leur servira de cadre, Denis a déjà tout planifié pour qu’ils puissent laisser libre cours à leurs envies et leurs vices.

Mais le rituel va être perturbé. Car cette fois-ci, leur nouvelle proie n’entend pas se laisser mener à l’abattoir…

Critique :
Ils sont 7… et ont plus des sept mercenaires que des sept nains de Disney.

Nos 7 hommes sont des mâles Alpha, ils occupent tous des postes importants, viennent de pays différents, mais ont été dans la même université et sont donc amis depuis longtemps.

Nos sept hommes sont des prédateurs, rien ne leur résiste, ils sont toujours à la recherche de nouvelles sensations pour pimenter leurs vies qu’ils pensent trop classiques.

Et puis, lorsque personne ne se rend compte que vous avez tué des gens, vous ressentez l’ivresse de l’impunité et puisque vous pensez que tout est permis, il n’y a plus de limites à votre folie.

Si je n’ai pas été fan des dessins, je l’ai été du récit car sa construction nous fait remonter dans le temps, mélangeant agréablement les derniers faits de nos prédateurs, leurs anciens (un chaque année), ainsi que leur tout premier, celui qui les fit entrer dans un autre monde : celui des meurtriers et des chasseurs de gibiers bien différent de ceux qui chassent le sanglier infesté à la peste porcine (ou pas).

Cela ménage du suspense, ces retours en arrière et augmente le rythme cardiaque lors de la traque de l’élue de l’année, une informaticienne qui n’a pas trop envie de se faire bouffer par ces Hannibal Lecter en herbe qui avant vont la chasser dans un parc fermé.

Durant le récit, voit bien la montée de la violence, leur recherche, sans cesse, des sensations fortes au mépris de toutes les règles, des vies humaines prises et où les femmes ne sont que des objets sexuels, à chasser dans le sens premier du terme ou à faire passer à la casserole, au propre comme au figuré (le figuré avant le propre, sinon, ils allaient baiser un cuissot de viande).

Un thriller haletant, violent, où les hommes sont des bêtes sauvages, des mâles Alpha se croyant tout permis et pour qui la vie des autres ne compte pas.

Se croyant les plus forts, pensant qu’ils sont les meilleurs, ils n’avaient jamais pensé qu’une proie ne voudrait pas danser sur leur musique à eux et qu’ils allaient chasser une jolie biche qui avait tout d’une panthère.

Violent, horrible, sanglant, mais addictif.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Mycroft Inquisitor – Tome 3 – Neiges Sanglantes : Christophe Arleston, Dominique Latil et Jack Manini

Titre : Mycroft Inquisitor – Tome 3 – Neiges Sanglantes

Scénaristes : Christophe Arleston & Dominique Latil
Dessinateur : Jack Manini

Édition : Soleil Productions (1998)

Résumé :
Lorsqu’il rejoint la mission archéologique qui parcourt les étendues glacées d’Ottyle 3, Mycroft pense en terminer avec une enquête commencée à l’autre bout de la galaxie.

Mais son arrivée contrarie de nombreux intérêts.

Victime d’un attentat, son principal suspect assassiné, l’inquisiteur doit enquêter au milieu des ruines d’une civilisation oubliée, sous la surveillance d’une fantomatique créature.

Plus que jamais épaulé par Morgane, Mycroft se plonge dans un mystère qui dépasse de loin les enjeux premiers. La fédération elle-même pourrait être impliquée dans la recherche d’un ancien secret qui bouleverserait la galaxie…

Critique :
— C’qui compte, c’est l’planté de bâton !

Hé oui, puisque notre Inquisiteur Mycroft et son assistante sexy se trouvent sur une planète remplie de neige, dans des températures négatives, à l’autre bout de la galaxie, le plus important, c’est le planté du bâton !

Arrivé sur place pour arrêter le professuer Igniel, un détourneur de fonds, Mycroft va se retrouver au milieu d’une enquête imprévue, sans compter une immobilisation contre son gré.

Ajoutons à cela un meurtre en huis-clos, puisque seuls sont présent sur cette étendue de glace, l’équipe archéologique qui fouille pour trouver les traces d’une ancienne civilisation.

À moins que le coupable soit le Migou, sorte de Yéti à la Tintin, mais en version plus grande et nommé Sqeshsquash, sorte de légende dont tout le monde parle mais que personne n’a jamais vraiment vu, sauf Morgane qui a aperçu une ombre.

Un guide qui sacre comme Céline Dion, un professeur archéologue qui a piqué dans la caisse, une journaliste qui n’aime pas voir du sang, un responsable de la sécurité, un docteur Eyspre qui a l’air de bien connaître Mycroft et des fouilles archéologiques qui vont mettre à jour des choses étranges, voilà ce qui a au menu de ce troisième et dernier album de Mycroft Inquisitor.

Beaucoup de mystères, de suspense, de retournements de situations et tant que notre détective inquisiteur n’aura pas tout expliqué, après avoir rassemblé tout le monde, le lecteur ne verra pas la solution de l’affaire.

Une série que j’ai pris plaisir à découvrir, il y a quelques années et que j’ai pris plaisir à relire puisque je venais – enfin – de mettre la main sur le tome 3.

Même s’il y a moins d’humour que dans les autres séries scénarisées par Arleston, on a toujours quelques belles répliques cyniques de Mycroft et les enquêtes proposées sont recherchées, fouillées et ne sont jamais simplistes car présentées de manière à éveiller la curiosité du lecteur et à distiller le suspense goutte à goutte.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).