Notre mère la guerre – Tome 03 – Troisième complainte : Kriss & Maël

Titre : Notre mère la guerre – Tome 03 – Troisième complainte

Scénariste : Kriss
Dessinateur : Maël

Édition : Futuropolis (2011)

Résumé :
À la fin du deuxième volume, les « gosses » de la section Peyrac sont suspectés par Vialatte et surtout le capitaine Janvier d’être les assassins des quatre jeunes femmes.

Mais Raton, Surin, Jolicoeur, Jojo, Planchard et Le Goan succombent à une attaque des Allemands.

Le caporal Peyrac, lui aussi, est porté disparu. Quand débute le troisième tome, nous sommes en mai 1917, vingt-sept mois plus tard. Le lieutenant Vialatte est versé dans les chars, en première ligne.

Gravement blessé, il sera soigné à l’hôpital militaire du camp de Marly-le-Roi. À sa surprise, le désormais commandant Janvier vient lui rendre visite.

« Vous vouliez rendre justice à ces malheureuses femmes et à ces gamins perdus ? Je vous en redonne le pouvoir », lui dit-il en substance.

Vialatte, tout juste remis de ses blessures, reprend donc son enquête à zéro…

Critique :
C’est avec plaisir que j’ai repris la série Notre Mère La Guerre après une longue interruption due au fait que je n’arrivais pas à mettre la main sur le tome 3.

Maintenant que je l’ai enfin trouvé, je me suis jetée dessus.

1917. La guerre est loin d’être finie, les chars ayant fait leur apparition, ce qui change la face de la guerre, sauf en ce qui concerne les morts qui tombent toujours comme des feuilles en automne.

Blessé, le lieutenant Vialatte a dû quitter sa compagnie de chars et reprendre l’enquête des jeunes filles retrouvées assassinées, enquête que nous avions suivie dans les tomes 1 & 2.

Les soupçons pesaient lourdement sur la section Peyrac, qui fut décimée durant un assaut et tous les membres déclarés assassins, sans distinction, sans réelles preuves. Ils sont tombés pour la France mais on leur a refusé le droit d’inscrire ça sur leurs tombes. Mais étaient-ils bien coupables ?

Cette saloperie de doute qui ronge et vous grignote le cerveau plus surement que les vers d’un cadavre.

Si les dessins sont toujours un peu bizarres et pas du tout ma tasse de thé (une histoire de goût), le scénario vaut la peine que l’on découvre cette saga.

Les deux premiers tomes étaient plus consacrés à l’enquête à proprement parler, sur le front et sa violence permanente. Nous étions au cœur de la guerre et les balles sifflaient à nos tempes, nous pataugions dans la boue et grelottions sous la neige.

Le troisième album est consacré à la reprise de l’enquête, mais loin du front, de la boue et fait la part belle aux pensées des soldats, à leurs ressentis, leurs ras-le bol, leur envie que la guerre s’arrête. L’euphorie des premiers jours est terminée depuis longtemps et on a compris qu’on ne botterait pas les boches dehors si facilement.

Alors que les galonnés et les planqués jurent toujours que la guerre a du bon, qu’elle fortifie et renouvelle une nation par le sacrifice du sang et dans l’honneur. Ben voyons. Mourir en soldat, quelque soit le côté de la tranchée, c’est toujours mourir.

Les auteurs nous offrent l’ambiance dans les villes, les contrôles, la haine entre les soldats et les gendarmes, la mentalité des civils français, leurs rapports avec les soldats et le front.

Une ambiance plus sombre, même si les couleurs sont dans des sépias lumineux, des personnages tourmentés, la rage au ventre, qui en ont marre de voir les copains mourir sous leurs yeux et la populace s’en foutre, comme s’ils vivaient sur une autre planète.

Les réflexions et les dialogues sont profonds, explorant l’âme des gens, traduisant leurs pensées, nous donnant à entendre leurs réflexions, qu’elles soient dénuées de bon sens (puisque l’Homme est ainsi) ou d’une logique implacable.

Le scénariste a ratissé large et nous a offert un beau panel de réflexions à méditer.

Un excellent album, comme les précédents. Une série qui mérite qu’on la découvre.

— Vous verrez une chose quand la guerre sera finie, mon lieutenant : on essaiera de leur raconter, et c’est nous qui aurons tort !
Quand ils nous féliciteront pour nos charges héroïques et qu’on leur avouera avoir juste crevé de trouille dans nos trous pendant des années, ils n’en voudront pas de notre petite vérité ! 

— Alors on a dit non, pas moyen. S’il veut alimenter sa boucherie, Nivelle a qu’à y porter sa viande tout seul ! 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°163 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°08].

Shelton & Felter – Tome 2 – Le spectre de l’Adriatic : Jacques Lamontagne

Titre : Shelton & Felter – Tome 2 – Le spectre de l’Adriatic

Scénariste : Jacques Lamontagne
Dessinateur : Jacques Lamontagne

Édition : Kennes (2018)

Résumé :
Pauvre Felter ! Il doit se rendre aux obsèques de sa sœur en Angleterre, de l’autre côté de l’Atlantique. Pour cela, pas le choix, il doit prendre le bateau. Lui qui souffre tellement du mal de mer…

Heureusement, Shelton se propose de l’accompagner ! Mais le voyage sera loin d’être calme, avec une nouvelle enquête qui se profile à l’horizon pour notre duo de choc… En effet, dans la cabine B215, un passager vient de mettre fin à ses jours.

Enfin, c’est ce que tout le monde croit avant que Felter, entre deux nausées, n’arrive et ne remarque certains détails troublants…

Critique :
♫ Love Boat soon will be making another run ♪ The Love Boat promises something for everyone ♫ Set a course for adventure ♪ Your mind on a new romance ♫

STOOOOP ! On rembobine. Impossible de passer la musique de Love Boat (La croisière s’amuse) alors qu’il y a eu un crime en chambre close dans le bateau !

Mais que sont venus faire dans cette galère Felter, notre libraire hypocondriaque amateur de chats et Shelton, l’ancien boxeur jovial reconverti en journaliste ??

Felter déteste les navires, il souffre du mal de mer, mais puisque sa sœur est décédée, il se sent obligé de monter à bord de l’Adriatic qui traverse l’océan en direction de l’Angleterre, pour aller voir sa frangine une dernière fois avant sa mise en terre.

Entre deux vomissements, notre sagace libraire va pouvoir mettre au travail ses petites cellules grises et ses talents de déduction car la traversée ne sera pas de tout repos.

Si l’histoire des vols est assez simple, même simpliste (il n’y a que Shelton qui n’a rien vu venir), celle du crime en cabine close est plus complexe, même si ensuite elle m’a fait penser à une résolution de la grande Agatha Christie, mais transposée sur la mer que l’on voit danser le long des golfes clairs.

Je fais ma maline, mais sur le moment, je séchais ferme et n’arrivais pas à trouver la solution de ce meurtre. Bon sang, mais c’est bien sûr ! C’est après la résolution que j’ai fait le rapprochement avec un Agatha Christie que j’avais revu dans la série « Les petits meurtres ».

Nos personnages sont toujours aussi sympathiques, drôles, leur duo se complétant autant qu’il diffère. Les dessins sont agréables, détaillés, lumineux et l’album est humoristique.

Une chouette série qui met en scène deux personnages aux antipodes l’un de l’autre, une sorte de Holmes/Watson en version comique et hypocondriaque. Un régal pour ceux qui aiment la bédé et les enquêtes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°162 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°007].

Camp de gitans : Vladimir Lortchenkov

Titre : Camp de gitans

Auteur : Vladimir Lortchenkov
Édition : Mirobole Horizons Pourpres (03/09/2015)
Édition Originale : Tabor uhodit (2010)
Traducteur :

Résumé :
Loufoque, grinçant, acide, voici le tableau d’un pays en plein chaos dans un monde à la dérive. A l’Assemblée générale des Nations Unies, un terroriste moldave prend en otages tous les grands de ce monde, d’Obama à Poutine, en passant par Merkel, Berlusconi et Sarkozy. Ses revendications stupéfient la planète.

Pendant ce temps en Moldavie, entre incurie, corruption et culte aveugle de l’Union européenne, le pays a sombré dans l’anarchie, la capitale Chisinau est envahie par des hordes d’enfants abandonnés et une étrange religion se répand : les Moldaves seraient le Peuple élu, le nouvel Israël, qui réclame une Terre promise au bord de la Méditerranée… L’ONU va devoir agir, sans quoi, adieu les otages !

Découvrez dans ce roman à l’écriture étourdissante comment les Moldaves marchandent avec Dieux, ou pourquoi le major Plechka, maton filou, oblige ses prisonniers à écouter en boucle les trésors de la poésie nationale…

Critique :
Mon voyage en Moldavie s’est mal déroulée et je n’ai jamais réussi à rentrer dans ce livre qui avait pourtant tout pour me plaire puisqu’il était loufoque.

Nous commencions pourtant bien… Nous sommes aux Nations Unies où les plus grands chefs d’Etat du monde (Obama, Berlusconi, Merkel, Sarko,…) sont pris en otage par un « terroriste » moldave.

Pas de bol, j’ai eu un décrochage assez vite avec les espèces d’élucubrations biblique d’un espèce de prophète moldave qui disait que son peuple était en fait le peuple élu. Déjà là, je zappais des pages.

L’auteur donnant de la voix à plusieurs personnage, nous avons été aussi dans un camp de détention où l’arbitraire règne en maître puis nous irons dans la capitale qui se trouve en pleine déliquescence et dans une anarchie sanglante.

Je ne sais pas si j’ai déjà lu aussi loufoque que ce roman ! On est dans la farce, dans l’énormité, dans le plus c’est gros, ben plus c’est gros… En fait, ce roman est une bouffonnerie et j’ai beau aimer ça, ici, j’ai plus que coincé.

La Moldavie est un pays pauvre, le cul entre deux chaises entre les nostalgiques de l’ex-URSS et ceux qui sont europhiles, de plus, le pays connait un exode massif. Tout le monde fout le camp.

L’auteur a donc imaginé que son pays se vide totalement, comme dans une parodie osée de certains situations bibliques. Pffff, c’était long, répétitif et j’ai sauté, sauté, sauté des pages en soupirant et l’histoire m’est totalement passée au-dessus de la tête.

Non, pas possible, nous n’étions sans doute pas fait pour nous rencontrer, le roman et moi. Ce n’est pas l’envie qui me manquait, mais le style de l’auteur est rébarbatif (pour moi) et le côté sans queue ni tête m’a tué.

Puisque, selon eux, « La Moldavie, tu l’aimes ou tu la quittes », je pense que je vais quitter ce roman qui ne m’a pas apporté l’ivresse littéraire que je voulais.

Dommage car j’aurais préféré prendre mon pied dans le récit, avoir des fous rires et en apprendre un peu plus sur la Moldavie. En apprendre autrement.

Malgré tout, sous ce style foutraque et bouffon, on sent tout de même que l’auteur hurle son amour déchirant à son pays, en voie de perdition.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°161 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°06].

Inspecteur Ishmael – Tome 1 – Là où meurent les rêves : Mukoma Wa Ngugi

Titre : Inspecteur Ishmael – Tome 1 – Là où meurent les rêves

Auteur : Mukoma Wa Ngugi
Édition : De l’aube Noire (19/04/2018)
Édition Originale : Nairobi Heat (2011)
Traducteur : Benoîte Dauvergne

Résumé :
« Qu’est-ce que ça te fait à toi, l’homme noir d’Amérique, d’être au Kenya ? »

Voilà une question qui taraude l’inspecteur Ishmael. À Madison, Wisconsin, États-Unis, c’est un problème lorsqu’un militant africain, célèbre pour son attitude héroïque lors du génocide rwandais, accepte un poste à l’université.

Alors quand une jolie blonde est retrouvée assassinée devant sa porte, on frôle l’embrasement de la ville. Ishmael, rare Afro-Américain dans le coin, est chargé de l’enquête.

Un appel va tout bouleverser : « Si vous voulez la vérité, vous devez aller à sa source. Venez au Kenya ».

C’est le début d’un voyage qui le mènera à un endroit encore meurtri par le génocide, où les flics locaux tirent d’abord et interrogent ensuite. Bien que ce soit la terre de ses ancêtres, la quête lui semblera terrifiante, car dans les bidonvilles de Nairobi, chercher la vérité peut tuer…

Critique : 
Je n’en ai pas marre des polars scandinaves, mais j’avais envie d’aller faire un tour au Kenya, histoire de varier mon panorama et d’ajouter un cachet sur mon passeport littéraire.

Si le récit commence et se termine aux États-Unis, le milieu se déroule au Kenya, même si je trouve que le chef d’Ishmael lui accorde un peu facilement le fait d’aller enquêter à Nairobi, juste sur un coup de fil anonyme.

Mais bon, le meurtre d’une jeune femme Blanche sur le perron d’un homme Noir, ça donne envie de se bouger le cul, parce que pour le contraire, tout le monde irait faire dodo.

Et puisque Ishmael et son chef sont Noirs, ils doivent encore plus prouver aux autres qu’ils sont les meilleurs tout en étant considérés comme des traîtres par leur propre communauté.

Le reproche que je ferai au roman, c’est le côté un peu bordélique sur le final, avec des révélations en veux-tu en voilà qu’à la fin, on a du mal à distinguer la bonne de la fausse. La dernière page tournée, il faut se poser un peu pour remettre le tout dans le bon ordre et séparer le bon grain de l’ivraie.

Le style d’écriture n’est pas toujours égal, on passe de belles phrases à de celles un peu moins relevées, mais dans l’ensemble, j’ai passé l’éponge car j’ai apprécié le flic, Ishmael, son voyage au Kenya et le fait de parler du génocide rwandais, car oui, il entre en jeu dans l’enquête.

L’autre côté du roman qui m’a plu aussi, c’est le côté raciste qui est bien mis en avant, mis en scène de manière réaliste dans une Amérique où le KKK refait surface avec les suprémacistes. Une femme Blanche assassinée et directement, tous les regards se tournent vers l’homme Noir qui l’a découverte devant chez lui.

Là où l’auteur a ajouté une difficulté, c’est que l’homme sur lesquels les soupçons se portent, est un survivant du génocide Rwandais et un héros car il a sauvé des vies. Tout le monde marche sur des oeufs, sauf les racistes, comme de bien entendu.

Si l’on pourrait penser que Ishmael va se sentir plus à l’aise dans son pays d’origine, c’est oublier que partout on détecte très vite celui qui n’appartient plus au pays, à la ville, au bled.

L’ironie serait amusante si elle n’était pas aussi consternante : considéré comme un Noir aux States, au Kenya, on l’appelle l’homme Blanc… Hé les gars, faudra savoir et vous mettre d’accord. Le cul entre deux chaises, c’est assez déroutant pour une personne.

Le final est assez rocambolesque, avec des morts en pagailles et une course-poursuite digne d’un film de James Bond, quand 007 dézingue tous les salopards qui en veulent à sa vie. Puisque ça passe avec l’agent de sa Majesté, pourquoi ça ne passerait pas avec un flic des Zétats-Unis ?

Pas le polar de l’année, dû au côté brouillon dans l’explication finale où trop de protagonistes entrent en ligne de compte et où chacun remet tout en question, de sorte que l’on a une soupe d’informations et qu’il faut prendre le temps de tout remettre dans le bon sens.

Ce polar vaut par contre le déplacement pour les descriptions des bidonvilles de Nairobi et la mentalité qui y règne ainsi que pour la partie consacrée au génocide rwandais car il y une part de vérité et elle est cynique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°160 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°05].

Cauchemar : Paul Cleave

Titre : Cauchemar

Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine (07/11/2019)
Édition Originale : Whatever it Takes (2019)
Traducteur : Fabrice Pointeau

Résumé :
Un cauchemar qui va vous tenir éveillé toute la nuit.

Acacia Pine, États-Unis. Une petite fille, Alyssa Stone a mystérieusement disparu. Noah, un des flics du village fait irruption chez le principal suspect.

Envahi par la colère, il le séquestre et le torture jusqu’à ce que l’homme lui révèle le lieu où Alyssa est captive. Noah file alors vers une vieille maison abandonnée, la ferme des Kelly, où il la retrouve enchaînée dans la cave, encore en vie.

Fin de l’histoire ? Non, début de l’histoire. Dévoiler davantage la suite des événements serait criminel.

Sachez seulement que ceux-ci se passent douze ans plus tard. Le jour où Alyssa est à nouveau portée disparue. Et que le cauchemar recommence.

Critique :
♫ Saga Acacia ♪ Faut faire gaffe à Noah ♪ Saga Acacia ♪ Faut pas chercher Noah ♪

Noah Harper est de retour à Acacia Pines, l’endroit le plus chiant du monde… Son ancienne ville qu’il avait quittée, il y a 12 ans, sur ordre du shérif de l’époque.

Alyssa Stone, la gamine qu’il avait retrouvée il y a 12 ans, a de nouveau disparu et malgré l’interdiction qu’il a de mettre les pieds dans la ville, il est revenu !

Contrairement à ce qui est promis dans le résumé, ce « cauchemar » ne m’a pas tenu éveillé toute la nuit !

J’ai même fait des pauses durant ma lecture, j’ai su m’arrêter dans le récit et je n’ai pas oublié de descendre à ma station de métro.

Ça ne veut pas dire que le p’tit dernier de l’auteur aux beaux yeux est merdique, loin de là, mais bon, j’en étais au premier tiers et le récit n’avait rien d’exceptionnel non plus.

Pourquoi ? Parce qu’Alyssa Stone qui avait été enlevée et retrouvée par Noah, flic à l’époque, a disparu de nouveau mais Drew, le nouveau shérif l’a eue au téléphone et même Noah lui a parlé au téléphone ! Elle est juste fichue le camp du bled, point final. On replie tout et on part à la pêche ??

À partir de ce moment-là, j’ai commencé à douter de  l’auteur, à me demander s’il avait encore sa santé mentale.

J’en étais quand même au premier tiers du roman et la seule chose qui me tenait éveillée en le lisant au matin, c’était mon café noir et les personnages du roman qui me plaisaient, surtout Noah et son côté cash, brutal, un peu borderline et chien fou qui mord quand on le cherche.

Le grand huit attendu n’était pas au rendez-vous. Niveau sensation, j’avais plus l’impression d’être assise dans la petite voiture, sur le manège qui tourne en rond, celui pour les gosses… Franchement, à ce moment là, je n’avais pas envie d’attraper la floche pour gagner un tour de plus.

Pourtant, nom de Zeus, des copinautes à moi en avaient dit le plus grand bien de ce nouveau roman et je fais confiance à ma Fée Stelphique et à l’Yvan d’Émotions. Seraient-ils devenus fous d’avoir apprécié ce nouveau roman de Paul Cleave ? Qu’est-ce qu’il y avait de si super dans ce roman où j’avais l’impression de tourner en rond et de ne pas avancer ??

Et puis, sans que je m’en rende compte, le manège a commencé à s’incliner et ma petite voiture ne tournait plus du tout en rond. La vitesse avait augmenté aussi et c’est avec stupeur que je me suis réveillée sur les planches du grand huit, avec double salto arrière, si pas triple salto. Accrochez vos ceintures, c’est parti mon kiki !

Purée, sans faire attention, j’avais été entraînée vers une histoire qui se mettait enfin en branle et là, j’en ai eu pour mes sous, pour ma tension, pour mon rythme cardiaque et sur le final, en effet, je n’avais pas envie d’aller faire dodo et j’aurais pu louper ma station de métro si j’avais été dedans.

Pour planter son décor, ses personnages, développer l’intrigue, il fallait que l’auteur tourne un peu en rond et nous donne cette fausse impression que rien n’avançait et qu’on pouvait aller boire un verre.

En fait, rien n’était plus faux… Mais comme Saint-Thomas, fallait que j’y mette mon doigt pour être sûr et c’est pourquoi mon début de lecture fut aussi laborieux.

Cauchemar, ça commence comme sur un manège pour enfant et ça se termine en attraction pour adulte, non cardiaques car sinon, il vous faudra un nouveau coeur. Et là, y’en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°159 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°04].

Spirou et Fantasio – Tome 11 – Le gorille a bonne mine : Franquin

Titre : Spirou et Fantasio – Tome 11 – Le gorille a bonne mine

Scénariste : Franquin
Dessinateur : Franquin

Édition : Dupuis (1959)

Résumé :
Nos deux aventuriers partent faire un reportage sur les gorilles du Mont Kilimaki. Des malfrats craignent qu’ils ne découvrent leurs activités.

Critique :
Oui, le gorille a bonne mine… En fait, il y a une autre référence dans le titre, mais tant qu’on n’a pas lu la bédé, on ne peut pas le comprendre.

Nos deux amis, accompagnés de Spip et du Marsupilami, vont en Afrique, dans un pays imaginaire, afin de faire un reportage sur les gorilles.

Dès le départ, le mystère est présent car Fantasio a une caisse dont personne sauf lui ne connait le contenu…

Spirou en sera pour deux belles frayeurs à cause de lui !

Aventure et mystère, malédictions aussi, superstitions… Et enquête car il faudrait tout de même élucider si ce sont vraiment les gorilles qui font disparaître les gens aux alentours du Mont Kilimaki.

Humour aussi, parce que Spip n’est pas en reste avec ses pensées et le Marsupilami sera au centre de l’aventure, volant la vedette à Spirou et Fantasio. Normal, notre animal est dans son élément naturel.

Les dessins de Franquin sont détaillés, nets, précis et donnent le ton à cet album aux saveurs africaines. Les décors nous donnent la sensation d’y être. Franquin avait le soucis du détail et de la perfection.

C’est une aventure que j’apprécie car elle emmène nos deux héros ailleurs, dans la savane, comme avec « La corne du rhinocéros » et que cette histoire est bourrée de mystère, de suspense, de choses étranges, comme si l’élément fantastique s’était glissé dans le récit.

La seconde aventure, plus classique, possède de l’humour mais pas le souffle épique de celle sur le continent Africain. Franquin aurait peut-être pu développer un peu plus l’histoire avec les gorilles et nous donner ainsi un album complet, sans devoir rajouter une petite histoire pour arriver au quota de pages.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°158  et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°03].

Shelton & Felter – Tome 1 – La mort noire : Jacques Lamontagne

Titre : Shelton & Felter – Tome 1 – La mort noire

Scénariste : Jacques Lamontagne
Dessinateur : Jacques Lamontagne

Édition : Kennes (2017)

Résumé :
Boston, 1924. S’il ne s’était un jour méchamment déboîté l’épaule pendant un combat de boxe, Isaac Shelton exercerait probablement aujourd’hui encore son métier de débardeur sur les quais.

Mais contraint à se reconvertir, c’est en qualité de journaliste à la pige qu’il fait la connaissance de Felter, petit libraire passionné de littérature policière.

Le premier est athlétique et plutôt beau garçon (si ce n’est un vilain nez cassé, autre souvenir de combat) ; le second est doté d’un puissant sens de l’observation et d’un esprit d’analyse hors du commun (qualités contrebalancées par un tempérament hypocondriaque et une multitude de tocs).

Animés pour l’un par le besoin de décrocher un scoop rémunérateur et pour l’autre par l’envie de ressembler à ses héros littéraires, les deux compères vont s’associer afin de tenter de faire la lumière sur une série de meurtres insolites.

Critique :
Sherlock Holmes et le docteur Watson transposés à Boston, États-Unis… Ce n’est pas une nouveauté…

Deux chois s’offraient à l’auteur : copier ou s’inspirer des deux personnages et c’est cette dernière option qu’ail a choisi.

Un excellent choix car pour le détective, le roi de la déduction, nous avons Thomas Felter, un libraire, très petit, hypocondriaque, maniaque, célibataire et possédant… Quatre, non, cinq, six chats ? Sept ? Purée, ils bougent tout le temps, je n’arrive pas à les compter !

Dans le rôle du faire-valoir aux muscles, nous avons Isaac Shelton, un ancien boxeur, Irlandais, sans le sous et journaliste free-lance.

Un duo improbable qui marche du tonnerre ! Deux personnages qui n’auraient pas dû devenir copains mais que le hasard et un cadavre ont fait se rencontrer.

Les dessins sont sympas, lumineux, clairs et les dialogues bien pensés, bien pesés et le duo de personnages est mis en scène comme il le fallait. Ils sont attachants, sympathiques et aussi opposés l’un et l’autre qu’un Holmes et un Watson.

Dans cette bédé, rien n’est en trop, le scénario de l’enquête est soigné et l’auteur évite l’écueil du dénouement de l’enquête trop tarabiscoté ou de celui trop simpliste. Le bon dosage n’est jamais facile à atteindre, mais il n’a pas cédé à la facilité.

Suivre nos deux enquêteurs est un vrai plaisir, on a des situations cocasses, un Boston des années 20 bien reconstitués, les cases sont propres, sans surcharges, les dialogues sont fins et l’humour est toujours présent, en touche délicate, tout comme l’élément fantastique qui n’est là que pour nous troubler.

Moi je trouve que cette bédé à un petit goût à la Green Manor et on en redemande. Ça tombe bien, j’ai le tome suivant sous la main !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°157 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°02].

Et toujours les Forêts : Sandrine Collette

Titre : Et toujours les Forêts

Auteur : Sandrine Collette
Édition : JC Lattès (02/01/2020)

Résumé :
Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance.

Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence.

À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin.

Quelque chose se prépare. La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien.

Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts.

Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.

Critique :
Ça commence comme dans un rural noir…

Une fille, enceinte, ne veut pas du gosse, nommé Corentin.

Elle le confie à gauche, à droite, le gamin est ballotté, pas aimé par sa mère et puis, comme mue par une décision soudaine de se débarrasser du mioche encombrant, elle le balance chez l’arrière-grand-mère du pauvre moutard et basta, elle se casse.

Le gamin grandit au bled, auprès d’une vieille femme.

Oui, ça commençait comme un bon vieux rural noir et puis boum, la Chose a eu lieu. La Chose ? L’apocalypse, rien de moins.

De ce qui a généré l’apocalypse, nous n’en saurons rien, mais les conséquences nous serons divulguées : Paris s’éveille sans personne de vivant, ou si peu. À la Vilette, on ne on tranchera plus le lard et les boulangers ne feront plus des bâtards…

Tous les gens sont morts, à Paris et ailleurs aussi. Ceux de la France d’en bas, de celle d’en haut, du milieu, le président, les politiciens, les touristes ne regagneront pas leurs cars… Les animaux sont morts, les arbres aussi, les plantes… Mais Corentin est vivant !

L’auteure s’est concentrée sur son personnage, sur sa longue marche pour retourner au bled, aux Forêts, près d’Augustine. À quoi bon perdre son temps à accuser l’un ou l’autre de la catastrophe, de toute façon, il n’y a plus personne ou presque à traîner en justice, alors…

Les signes étaient là, tout le monde les a entendu, vu, constaté, mais quand c’est trop tard, c’est trop tard. Comme Corentin, j’aurais pillé les magasins pour choper des conserves, de l’eau, des bottines de marche et j’aurais tracé la route.

Mais moi, j’aurais été faire un tour dans une armurerie pour prendre des armes… Oui, j’y ai pensé de suite en découvrant avec Corentin l’ampleur du désastre. Et oui, je m’en serais servie afin d’assurer ma survie. J’aurais sans doute descendu des innocents, donc, en cas d’apocalypse, évitez de croiser ma route…

Percutant, c’est le mot. J’ai commencé l’année en force, moi. Jusqu’à présent, l’auteure ne m’a jamais déçue et s’est toujours renouvelée, changeant ses romans tout en gardant ce qui fait leur âme : les personnages attachants et réalistes. Des récits forts, glaçants, prenants aux tripes.

Les phrases sont courtes, les dialogues parfois noyé dans le récit, sur la fin, lorsqu’on est redevenu un homme des bois, un survivant.

Ce n’est même pas dérangeant car ce style va comme un gant au récit, comme si on le vivait, comme si on nous le racontait avec l’urgence, au coin du feu, avant de reprendre la route.

Le récit est sombre, sans édulcorant, sans une larmiche de crème pour adoucir l’affaire. Impossible de lâcher le récit car si les romans post-apocalypses sont légions, celui est différent des autres. Je pense même qu’il n’y en aura jamais deux pareils, même si le fond est semblable : résilience, survie et retour à l’ère de nos ancêtres qui n’avaient pas l’électricité. Retour à l’âge des Bêtes Humaines.

Un huis-clos angoissant, un retour aux âges sombres, comme après l’extinction des Dinosaures (pour ceux qui s’en souviennent), un ciel si bas qu’un canal s’est pendu, une Nature si carbonisée qu’on ne pourrait plus se pendre à une branche, un paysage qui donne envie de se flinguer (si on a fait un tour à l’armurerie), mais toujours cette envie de vivre, de survivre, parce que c’est plus fort que nous.

Bon, on ne pourra pas dire après qu’on n’a pas été prévenu…

Prochain roman de l’auteure pour surprendre ses lecteurs ? Un Oui-Oui ? Un Martine ? La vie sexuelle d’un président normal ? Moi, je suis impatiente de voir parce qu’après ça… Oufti, ça déchire sa race !

♫ La tour Eiffel a fondu sur pied
L’Arc de Triomphe est liquéfié ♪
♪ Et l’Obélisque est liquidée ♪
Pas différence entre la nuit et la journée
Il est cinq heures
Paris s’éveille
Paris s’éveille ♪ (1)

(1) Mes excuses à Jacques Dutronc, la Vielle Canaille, pour l’emprunt et le traficotage de sa chanson.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°155.

Le Mois du Polar chez Sharon : Février 2020 – Programme de Lecture

Oui, le Mois du Polar est de retour, en Février, comme la chandeleur (rien à voir avec Chandler de Friends) mais cette année, on a un jour de plus !

Comme d’habitude, je ne vais pas me contenter de faire de la configuration mais de bosser dur pour garder mon avance du Challenge Thrillers & Polars (chez Sharon aussi) et parce que j’aime ça, le stakhanovisme… 

Pour ne pas changer, je vais aller sortir de ma PAL des auteurs moins connus, aux nationalités qui sortent de l’ordinaire, donc, en essayant d’éviter les auteurs français, anglais ou américains, qui sont les plus représentés dans mes lectures.

Tant qu’à faire, autant ajouter des pays à mon planisphère de Livradict !

52 nationalités lues pour le moment, je vais essayer d’augmenter un peu les visas sur le passeport, sans bouger de mon canapé. Et aller refaire un tour en Grèce et en Italie pour prendre un peu de soleil dans cette grisaille et rester en Europe.

Ce programme, je l’avais déjà fait l’année dernière, autant recommencer, on ne change pas une équipe qui gagne.

J’ajouterai aussi des bédés, mais je ne me suis pas encore décidée… 

Une partie de ma liste se trouve ici : LIVRADDICT

Programme de lecture romans :

  • Les assassins de la route du Nord : Anila Wilms (Albanie)
  • Le Désert ou la mer : Ahmed Tiab (Algérie)
  • Une cible parfaite : Tchinguiz Abdoullaïev (Azerbaïdjan)
  • Là où meurent les rêves : Mukoma Wa Ngugi (Kenya)
  • Bagdad, la grande évasion : Saad Z. Hossain (Bangladesh)
  • Bratislava 68, été brûlant : Viliam Klimacek (Slovaquie)
  • Le totem du loup : Jiang Rong (Chine)
  • Hong Kong noir : Chan Ho-kei (Chine)
  • Si vulnérable : Simo Hiltunen (Finlande)
  • Frontière blanche : Matti Rönkä (Finlande)
  • Les Patriotes : Sana Krasikov (Ukraine)
  • Hex : Thomas Olde Heuvelt (Pays-Bas)
  • Get Up ! Stand Up ! : Perry Henzell (Jamaïque)
  • À l’ombre du baron : Fabienne Josaphat (Haïti)
  • Camp de gitans : Vladimir Lortchenkov (Moldavie)
  • La guerre des bulles : Kao Yi-Feng (Taïwan)
  • La Nuit sous le pont de pierre : Léo Perutz (Autriche)
  • Avenue nationale : Jaroslav Rudiš (Republique Tchèque)
  • La guerre des bulles : Kao Yi-Feng (Tawaïn)
  • Kostas Charitos – Tome 02 – Le justicier d’Athènes : Petros Markaris (Grèce)
  • Montalbano – Tome 04 – La voix du violon : Andrea Camilleri (Italie)
  • Inspecteur Mortka – T01 – Pyromane : Wojciech Chmielarz (Pologne)
  • Sherlock Holmes et le complot de Mayerling : Nicole Boeglin [LC Bianca]

Programme lecture Bédés :

  • Shelton & Felter – Tome 1 – La mort noire : Jacques Lamontagne
  • Shelton & Felter – Tome 2 – Le spectre de l’Adriatic : Jacques Lamontagne
  • Jusqu’au dernier : Jérôme Félix & Paul Gastine
  • Southern Bastards – Tome 4 – Du fond des tripes : Jason Aaron
  • Arsène Lupin, L’aventurier – Tome 3 – L’aiguille creuse : Takashi Morita
  • La main de Dieu – Tome 2 – Promotion gangsters : Marc Védrines
  • ASPIC, Détectives de l’étrange – Tome 1 – La naine aux ectoplasmes :  Gloris & Lamontagne
  • Notre mère la guerre– Tome 3 – Requiem : Kriss & Maël
  • Notre mère la guerre– Tome 4 – Troisième complainte : Kriss & Maël
  • Bernard Prince – Tome 10 – Le souffle de Moloch : Hermann & Greg
  • Bernard Prince – Tome 08 – La flamme verte du conquistador : Hermann & Greg

Spirou et Fantasio – Tome 14 – Le Prisonnier du Bouddha : Franquin, Jidéhem & Greg


Titre : Spirou et Fantasio – Tome 14 – Le Prisonnier du Bouddha

Scénaristes : Franquin & Greg
Dessinateur : Franquin / Jidéhem (décors)

Édition : Dupuis (1961)

Résumé :
L’inventeur d’une machine capable de supprimer la gravité, de modifier le climat et de faire pousser une végétation luxuriante, est enlevé. Spirou et Fantasio partent à sa recherche.

Critique :
La course aux armements… Voilà ce dont il est question dans cette aventure qui sera menée tambour battant et sans reprendre son souffle.

Un inventeur dont le nom a une consonance russe a quitté son pays (aucun pays n’est cité)…

Des espions de son pays sont sur ses traces car ils pensent – à tort – que c’est pour vendre ce redoutable appareil aux vilains occidentaux, alors que l’inventeur veut juste éviter que l’on utilise son invention à des fins guerrières.

De l’autre côté, des Chinois détiennent l’autre concepteur de l’appareil, l’anglais Longplaying, car ils pensent que les autres sont à deux doigts de finaliser cet appareil redoutable et de s’en servir contre eux…

Anybref, tout le monde a peur que son voisin n’utilise l’arme contre lui et donc, tout le monde le veut. À n’importe quel prix.

Nous sommes dans l’univers de Spirou et Fantasio, donc, même si nous avons un côté politique derrière cette aventure qui consistera à aller libérer Longplaying de sa statue de Bouddha creuse, en Chine, tout le reste est bon enfant.

Ne nous y trompons pas, on a de l’action, des risques, mais le tout est contrebalancé par de l’humour, des gaffes du Marsupilami, des commentaires de Spip, des facéties du scientifique Inovskyev et du discours du maire de Champignac.

Lui qui, debout à la proue du splendide troupeau de la race bovine du pays, tient, d’un œil lucide et vigileant… le gouvernail , dont les voiles, sous l’impulsion du magnifique cheval de trait indigène, sur la route toute droite de la prospérité, le champignacien qui ne craint pas ses méandres, car il sait qu’en serrant les coudes il gardera les deux pieds sur terre, afin de s’élever à la sueur de son front musclé, vers des sommets toujours plus hauts !

Dès le départ avec la foire aux bestiaux de Champignac jusqu’à l’a grande aventure en Chine pour délivrer un savant anglais, l’humour est bien présent, les animaux sont bien utilisés et sans eux, l’album perdrait de sa saveur.

C’est vraiment le souffle de la Grande Aventure, cet album et il fait partie de mes préférés de l’ère Franquin. On a de la politique, une enquête, une aventure, des poursuites dans le désert, de la stratégie et les miches qui vont chauffer !

J’adore !

— Je me demandais si on trouver des gens courageux pour venir et me libérer…
— On n’en a pas trouvés, alors nous sommes venus avec la pétoche..

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°154.