L’assassin de la rue Voltaire ‭–‬ Gabriel Joly 03 ‭:‬ Henri Loevenbruck [LC avec Bianca]

Titre : L’assassin de la rue Voltaire ‭–‬ Gabriel Joly 03

Auteur : Henri Loevenbruck
Édition : XO (21/10/2021)

Résumé :
Août 1789. La Révolution continue d’embraser le pays. Alors qu’à Versailles, les députés rédigent la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le jeune journaliste Gabriel Joly, endeuillé, peine à retrouver le goût de vivre. Mais une étrange affaire de meurtres va peu à peu le tirer de sa torpeur…

Dans le cercle très secret de la Comédie-Française, une série d’assassinats ébranle la troupe. Les uns après les autres, des comédiens et des employés sont tués en plein théâtre.

Alors que Danton lui-même est soupçonné, Gabriel, aidé du pirate Récif, son fidèle ami, mène une véritable enquête policière dans les coulisses de la célèbre institution.

Vrais et faux témoignages, poursuites… Dans un huis clos infernal, réussira-t-il, cette fois, à démasquer l’auteur de ces crimes odieux ?

Après le succès du Loup des Cordeliers et du Mystère de la Main rouge, une nouvelle enquête haletante de Gabriel Joly en pleine Révolution.

Critique :
Quel plaisir de retrouver Gabriel Joly et de suivre un petit cours d’Histoire appliquée en sa compagnie, sans que jamais cela ne devienne rébarbatif !

Nous sommes en août 1789, les privilèges de la noblesse et du clergé ont été abolis… Le roi ne le sait pas encore, mais un jour, sa tête tombera. Et il ne pourra pas y mettre son véto.

Après avoir assisté à des pendaisons d’aristocrates à la lanterne, participé à la prise de la Bastille, fait la révolution française, je me demandais ce que l’auteur me réservait comme promenade de santé (euphémisme).

Une enquête  à huis clos sur des meurtres crapuleux ! Génial, me voici confinée avec Gabriel Joly et le commissaire Guyot à la Comédie Française. Je ne pouvais rêver mieux car l’enquête sera ardue pour nos enquêteurs.

L’auteur n’a pas fait dans la facilité ou le simplisme. Il s’est creusé les méninges et, tout en nous faisant suivre cette enquête, il en profitera pour instruire nos petits cerveaux sur l’Histoire de cette époque, la mélangeant habillement avec son histoire, l’intégrant facilement grâce à ses personnages fictifs ou réels.

Quelle joie ce fut de retrouver ce cher Gabriel Joly, bien en peine, notre joli rouquin. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé et j’avoue qu’un personnage m’a manqué aussi dans ce troisième tome. Son excuse est d’avoir rencontré la mort et je ne le pardonnerai jamais à son père littéraire.

Récif, le pirate s’est fait désirer aussi, le revoir à un moment donné m’a transporté de joie tant ce personnage est réussi et que son duo fonctionne très bien avec Gabriel, apportant de l’humour dans les dialogues, là où le commissaire Guyot est plus réservé.

Ce roman n’a qu’un seul défaut : il se lit trop vite ! J’ai eu beau tenter de ralentir le rythme afin de faire durer le plaisir plus longtemps, c’était impossible, il a été dévoré voracement. Pas ma faute, il est trop addictif, ce roman, sans pour autant que l’auteur ait collé des péripéties toutes les 10 pages.

Cela tient sans doute à son atmosphère, à ses personnages truculents (fictifs ou réels), à la plume de l’auteur qui sait chatouiller le lecteur et le renvoyer, dans ses écrits, à des situations bien de notre époque. Caustique, j’aime ça.

Sinon, j’ai ri avec son pastichage du « Paris Libéré » de MonGénéral et avec le fait qu’il ait utilisé les noms de certains auteurs pour ses personnages (Saussey et Minier).

L’enquête m’a donné du fil à retordre. J’ai eu beau faire tourner mes cellules grises, il n’en est rien sorti de conséquent : impossible de trouver le nom du coupable de ces crimes sordides !

Ayant lu tous les Hercule Poirot, je suis blindée, j’ai tout vu en ce qui concerne les coupables (Agatha Christie a bien fait tout le tour), ce qui m’a fait suspecter les trépanés, le commissaire, le narrateur omniscient, le Loup… Oui, tout le monde y est passé, sans que j’aie le moindre mobile.

Lorsque Gabriel Joly dévoile l’affaire, tel Hercule Poirot réunissant tout le monde dans le grand salon, l’auteur, sadique, ménagera encore le suspense, prenant son temps, nous laissant mariner dans notre jus, avant de porter le coup fatal, telle une botte qui clouera le lecteur à son fauteuil. Excellentissime ! Malgré mon dos douloureux, je m’incline !

Un polar historique qui privilégie autant le fond que la forme, qui nous donne un petit cours d’Histoire bienvenu, sans jamais devenir lourd et qui nous offre des meurtres en huis-clos digne de la reine du crime.

Ce troisième tome est à la hauteur des deux premiers, il clôt magistralement la trilogie du Loup des Cordeliers et, cerise sur le gâteau, il est noté « à suivre » à la fin, ce qui me remplit de joie à l’idée de retrouver Gabriel Joly et les autres !

Bianca, qui, tout comme moi, a séché sur l’identité du coupable, est du même avis que le mien pour le LC plus que réussie ! Pour lire son avis, cliquez sur le lien incorporé dans son nom.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°111].

Scarpetta – Kay Scarpetta 16 : Patricia Cornwell [Par Dame Ida visitant le grenier aux nanars]

Titre : Scarpetta – Kay Scarpetta 16

Auteur : Patricia Cornwell
Éditions : Livre de Poche Thriller (2011/2013)
Édition Originale : Scarpetta
Traduction :Andrea H. Japp

Résumé BABELIO :
Oscar Bane a exigé son admission dans le service psychiatrique de l’hôpital de Bellevue. Il redoute pour sa vie et prétend que ses blessures lui ont été infligées au cours d’un meurtre ; meurtre qu’il nie avoir commis.

Il ne se laissera examiner que par Kay Scarpetta, médecin légiste expert, l’unique personne en qui il ait confiance. À la demande du procureur, Jaimie Berger, Kay se rend à New York City et entreprend cette enquête avec son époux Benton et sa nièce, Lucy. Elle n’est sûre que d’une chose : une femme a été torturée et tuée, et d’autres morts violentes sont à craindre.

Kay se lance et très vite une vérité s’impose : le tueur anticipe avec précision où se trouve sa proie, ce qu’elle fait, et pire encore, les avancées des enquêteurs. Kay Scarpetta devra faire face à l’incarnation du mal…

L’avis de dame Ida :
Tiens… Il y avait un vieux Cornwell qui traînait dans ma PAL depuis quelques dizaines d’’années…

Une copine m’en a refilé tout un lot de vieux « poche » qui moisissait dans un coin (le rangement du nouvel an conduit à redécouvrir ses vieilles possessions oubliées)…

Ce roman est le seizième volume de l’intarissable série des enquêtes du Docteur Kay Scarpetta, médecin légiste créé par Patricia Cornwell et au travers de laquelle l’auteur projette beaucoup d’elle-même à travers ses personnages féminins.

Dans les commentaires, lors de mes échanges avec Dame Belette, notre inénarrable hôtesse de ces lieux, j’égratigne régulièrement Patricia Cornwell, à l’instar d’un Desproges à chaque fois qu’il parlait de Marguerite Duras.

La différence entre Duras et Cornwell, c’est que l’originalité de l’écriture de Duras était constitutive du talents que certains lui trouvaient, bien qu’il ne fît pas l’unanimité, justement de par son caractère parfois déroutant.

Pour Cornwell, ce qu’aiment certainement ses fans, c’est qu’elle n’a pas réellement de style, ce qui rend ses griffonnages facilement accessibles pour qui supporte les longueurs qui permettent à l’auteur de vendre ses ouvrages au poids à ses éditeurs et aux personnes souffrant d’Alzheimer, de pouvoir suivre (quoi que…).

Bordel à cul ! Arrivée au quart du roman j’étais sur le point d’abandonner car il ne s’était encore rien passé de décisif, Benton et la Procureur Berger étant encooore en train de blablater de l’affaire en tournant en rond, disant et redisant les mêmes choses, lâchant parfois une info importante noyée dans les répétitions, obligeant le lecteur un la lectrice à tout se fader s’il/elle veut comprendre la suite.

Je ne vous parle même pas de la séance peu crédible de Benton chez sa propre psy dont les remarques incisives flirtent avec l’analyse sauvage, sans parler du fait que Benton au point où il en est de sa carrière serait supposé ne plus avoir besoin de tels services… Mais bon, je dis ça et je dis rien…

Et pendant ce temps, Scarpetta n’avait toujours pas fini l’examen du témoin/suspect qui avait réclamé d’être examiné par elle.

Ben oui, c’est comme ça aux States ! Un témoin/suspect qui ne s’est encore vu reprocher aucune charge, mais a choisi de se faire interner, peut exiger de faire déplacer un médecin légiste d’un autre État (qui paiera le billet d’avion ? Scarpetta ? Le suspect ? Le contribuable?) pour une consultation avec la bénédiction des autorités locales et la complicité du mari de la dite experte…

Mari qui, lui-même, a examiné le témoin/suspect sur le plan psychologique, puisque Benton, profiler du FBI donne aussi dans les expertises psychologiques. Je passe sur le problème déontologique ou légal de l’affaire : deux spécialistes apparentés ne peuvent pas en principe expertiser une même personne…

Certes les lois états-uniennes peuvent être fluctuantes d’un état à l’autre mais les principes généraux de l’éthique sont les mêmes partout… D’ailleurs, le fait d’avoir transigé avec les règles va les mettre un peu dans l’embarras. Ce n’est pas pour rien que les règles déontologiques existent. Et on comprend mal qu’une institution judiciaire, qui peut voir la moindre décision cassée pour un vice de forme, puisse s’arranger des règles ainsi.

Déjà dès le départ ce n’est pas crédible deux secondes ! La starification d’un légiste et le fait qu’un témoin/suspect impose ses exigences à un procureur qui y cède ! N’importe quoi ! D’autant qu’il n’y a que dans le roman et dans quelques séries états-uniennes à la mode que les légistes interviennent de manière aussi active dans le travail d’enquête en allant sur le terrain ou en interrogeant les témoins ou suspects !

Dans la vraie vie les légistes restent dans leur morgue à découper du cadavre et à disséquer des organes ! Et vu le nombre de corps qui arrivent sur leurs tables où la montagne de paperasses que doivent traiter les chefs de services de médecine légale, il est plus qu’improbable qu’un légiste, chef de service, ait le loisir de s’aventurer sur le terrain.

Pas certaine qu’on lui en laisse le droit sauf pour les premières constatations après la découverte d’un corps, et encore, il faudrait que la covid ait décimé son équipe car un chef de service ne se déplace pas sur le terrain en temps normal !

Et par ailleurs, excusez moi… Mais il s’avère que je connais bien les expertises psychologiques et les tests soi-disant utilisés par Benton (les ayant utilisés moi-même en bilans à l’époque où j’en faisais), et franchement, les comptes-rendus qu’en fait Benton ne sont que des approximations pathétiques. Un/e étudiant/e en deuxième année ferait mieux !

Et si les rapports d’autopsies pondus par Scarpetta et sur lesquels sont fondées les enquêtes sont d’une qualité équivalente aux yeux d’un vrai légiste, on s’étonnera de la renommée cosmoplanétaire de Scarpetta que les administrations et universités états-uniennes s’arrachent ! Sans compter les erreurs judiciaires potentielles que des approximations peuvent entraîner !

Ah oui… On nage en pleine mégalomanie rampante. L’auteur a fait de son héroïne LA star intergalactique de la découpe médico-légale, et elle et son mari, au terme d’un mercato fédéral délirant, se sont vus proposer un pont d’or alliant enseignement universitaire et mise à disposition de leurs hautes compétences au profit d’une administration conquise d’avance. Rien que ça ! On les veut partout ces cadors ! On se les arrache! Elle passe même régulièrement sur CNN !!!

Mais qui y croit ??? Ben pas moi. Et c’est ça mon problème. Quand je lis un polar « à prétentions » (ben oui, on est dans une revendication de crédibilité en rapport avec les pratiques expertales, un champ scientifique pointu et les systèmes judiciaires et policiers américains), j’attends au moins ne pas devoir avaler des couleuvres, et que l’auteur respecte ses lecteurs en maîtrisant son sujet. Les super-experts qui blablatent et assènent des conneries sur un ton sentencieux ça ne passe pas. Surtout quand en plus ils ont choppé le melon.

Corwnell, l’auteure des aventures de Scarpetta est une ancienne chroniqueuse judiciaire… Elle s’est peut-être beaucoup renseignée ou documentée sur tout le charabia professionnel des légistes, des autopsies et autres expertises psychologiques… Mais visiblement elle est loin de maîtriser son sujet et ses coupables approximations ne résistent pas à un œil un minimum informé.

Je reconnais que je suis exigeante sur ces questions et à la limite très mauvais public. J’aime être rassurée sur le fait qu’un romancier en sache réellement plus que moi et se soit vraiment renseigné de manière pointue sur les thèmes dont il parle. Or j’avoue que ça me pose souvent problème quand je lis. Quand un auteur fait des bourdes sur des sujets que je connais assez bien… ben le mécanisme de « suspension d’incrédulité », nécessaire à ce que je puisse adhérer à ce que je lis, ne fonctionne plus et je passe le reste du livre à grincer des dents, voire à chercher la prochaine bourde quand j’en ai déjà repéré plusieurs. Je n’aime pas qu’un auteur puisse parier sur ce que j’ignore pour me vendre un bouquin.

Je n’aime pas trop parler de ma vie professionnelle sur le net mais je résumerai pudiquement en disant que je connais trèèèès bien le cadre médico-psychologique et en particulier dans certaines de ses connexions avec le secteur judiciaire ainsi que les questions d’expertises.

Forcément, j’avoue être facilement exigeante pour ne pas dire intransigeante quand je vois certains polars surfer médiocrement sur la vague médico-psy-légal, parce que ce registre peut en effet fasciner pas mal d’amateurs.

Pourquoi ne pas contribuer à informer les lecteurs correctement sur la vérité ? On peut écrire des histoires très correctes en restant dans les clous de la réalité ! On n’est pas obligé de transformer ça en roman de « science fiction » !

C’est que je trouve important pour ne pas dire capital d’informer correctement les gens sur ces sujets et de ne pas entretenir les lecteurs dans une visions faussée des choses que les auteurs finissent en plus par s’emprunter les uns aux autres.

Certaines séries de polars sont très carrées et respectueuses des champs professionnels mis en avant… Les bouquins de Tallis, d’Allen Carr, ou dans un univers plus contemporain les enquêtes de Frieda Klein sont parfaitement contextualisés et cela ne nuit pas au suspens et à l’intérêt que l’on peut avoir à lire.

Bref, là je vous raconte trop ma vie (mes enfants adoooorent ça… car après ils peuvent se moquer de leur Mamie qui radote !), mais c’est parce que je me sens obligée de vous expliquer pourquoi je si crispée avec les auteurs qui bâclent un peu leur travail de documentation quoi qu’ils en disent. Et comme ça m’arrive très souvent, voire de plus en plus souvent quand je propose une fiche, je pense que je vous devais quelques explications.

Pour paraphraser une vieille pub Orangina© : « Pourquoi est-elle si méchante ? » « Parce que ! »

Anybref, il y avait bien longtemps que je n’avait pas lu un « Scarpetta », mais des décennies plus tard, au bout de quelques pages je retrouve cette sensation d’écœurement semblable à ce que nous éprouvons au terme d’un repas de Noël ou de réveillon de Saint Sylvestre, après avoir repris trois fois du foie gras et du blanc moelleux, avant la dinde farcie aux marrons et une bûche trop pleine de crème au beurre et de sucre.

Trop c’est trop ! Et quand le repas est trop riche et trop long (n’oublions pas la rétribution à la page ou au poids que les longueurs font suspecter), il est fréquent qu’on ne puisse pas arriver au bout, à moins de faire comme les romains de l’antiquité et d’aller se faire vomir entre deux pages.

Ne reculant pas devant les efforts pour sa copinaute Dame Belette, Dame Ida a persévéré consciencieusement face à ce menu trop gras et trop chichiteux pour arriver au bout de sa critique ! (Dame Belette, mettant en page l’article, l’en remercie).

Malgré mon accablement découragé face à la page 110, je me suis accrochée. Ben oui, l’enquête allait bien finir par trouver un rythme correct à un moment donné… Mais il a fallu attendre d’arriver au milieux du roman pour que ça commence à ressembler à quelque chose.

Mais ne nous réjouissons pas trop vite : chaque personnage impliqué refaisant l’enquête dans son coin à un rythme de sénateur, et ayant besoin d’en parler aux autres et de répéter ce qu’il a déjà découvert devant nos yeux ébahis, là encore ça mâche et ça remâche les mêmes éléments en permanence et de temps à autre une nouvelle étape de raisonnement émerge… Doucement… Lentement…

Et je passe sur les rivalités et coups de pute que les « gentils » se font parfois entre eux pour tirer la couverture à eux-mêmes. Ça ralentit le rythme, certes, mais au moins c’est un détail un peu réaliste quand même ça ! Pfff…

Quant aux tergiversations relatives aux ambivalences incessantes des personnages principaux les uns pour les autres, leurs failles psychologiques, là aussi vous n’y couperez pas.

Cela étant, comme Benton et Scarpetta sont maintenant mariés après avoir été amants alors que Benton était encore marié avec une autre, on échappe aux insupportables passages introspectifs interminables où Scarpetta était déchirée entre son désir et son éducation de petite bourgeoise, et où elle reprochait aux autres ses propres travers avec une sévérité telle que j’avais envie de lui mettre des claques.

Mais que les amatrices de drames Harlequinesques se réjouissent : Les grands névrosés que sont Benton et Scarpetta ne peuvent vivre l’harmonie conjugale pour autant… Ce serait trop simple. Et en plus sa nièce déjantée Lucy va encore pécho !

Encore réveillées les copinautes ? Vous ne dormez pas encore ? Courage ! J’ai presque fini ! Ben oui je ne vais pas vous raconter la fin de cette intrigue plutôt retorse et sympathique.

En effet, c’est pour ça qu’elle arrive encore à plaire Patricia Cornwell, malgré toutes les faiblesses irritantes que je trouve à cette série : c’est qu’elle a une imagination assez redoutable pour élucubrer des personnages de méchant bien zinzins aux mobiles bien tordus et aux modes opératoires tout aussi déments et suffisamment fins pour faire durer l’enquête et mobiliser autant de serviteurs de la Vérité et de la Justice pendant plusieurs centaines de pages.

Hélas c’est tout ce qui rend ma critique déséquilibrée : j’ai pu passer beaucoup de temps à vous dire ce qui m’est devenu insupportable avec le temps avec cette série de romans (oui je vous entends de loin « Mais pourquoi qu’elle lit ça si elle aime pas !!! »), mais je ne peux pas vous dire précisément ce que j’ai bien aimé quand même, car le faire en étayant mon propos supposerait que je vous en dise trop sur une intrigue que je ne veux surtout pas déflorer.

Car oui, Scarpetta c’est mon plaisir littéraire coupable ! Je déteste plein de choses dans cette série (son manque terrible de réalisme, l’ego surdimensionné de l’auteur qui filtre à travers son personnage principal hyper idéalisé et quasi tout puissant… les longueurs introspectives interminables qui nuisent au rythme) mais on ne pourra pas lui enlever ça : Cornwell a un réel sens et un réel talent de l’intrigue.

 

Petit Piment : Alain Mabanckou

Titre : Petit Piment

Auteur : Alain Mabanckou
Édition : Points (2017)

Résumé :
Jeune orphelin de Pointe-Noire, Petit Piment effectue sa scolarité dans une institution placée sous l’autorité abusive et corrompue de Dieudonné Ngoulmoumako. Arrive bientôt la révolution socialiste, les cartes sont redistribuées.

L’aventure commence. Elle le conduira notamment chez Maman Fiat 500 et ses dix filles, et la vie semble enfin lui sourire dans la gaité quotidienne de cette maison pas si close que ça, où il rend toutes sortes de services.

Jusqu’à ce que ce bonheur s’écroule. Petit Piment finit par perdre la tête, mais pas le nord : il sait qu’il a une vengeance à prendre contre celui qui a brisé son destin.

Critique :
« Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko » peut se vanter d’avoir le nom le plus long de toute la création !

Afin de vous coucher moins bête ce soir, cela signifie « Rendons grâce à Dieu, le Moïse noir est né sur la terre des ancêtres ».

À l’orphelinat de Loango (République du Congo) où il a été placé depuis sa naissance, on le nomme Moïse. C’est plus facile. Ensuite, on le connaîtra sous le surnom de Petit Piment.

Tout allait plus au moins bien à l’orphelinat, Moïse était satisfait, il adorait Papa Moupelo qui leur donnait catéchisme toutes les semaines et qui était très gentil avec les orphelins, qui les respectaient. Hélas, vint la Révolution socialiste et tout changea du jour au lendemain, passant de « pas trop mal » à « horrible ».

Dieudonné Ngoulmoumako est le directeur de l’orphelinat, est corrompu jusqu’au trognon, c’est un lécheur de bottes, il est cruel, autoritaire, despotique, raciste envers les autres ethnies et comme tout bon magouilleur qui se respecte, il a placé à ses côtés les membres de sa famille. Son socialisme est fait de caviar.

Moïse, lui, est un garçon auquel on s’attache assez vite. Il est notre narrateur et se fera un plaisir de vous raconter ce qu’il sait de son pays, de l’orphelinat, de la société congolaise, avec ses ethnies, son racisme (qui n’est pas l’apanage des Blancs), ses codes, ses superstitions, ses croyances… Il en sait peu, n’ayant jamais mis les pieds dehors, mais son témoignage est éclairant et l’on en saura plus sur la société congolaise des années 60/70.

Le changement interviendra lorsqu’il sortira de l’orphelinat, passant d’un monde semi-protégé à celui de la délinquance juvénile, dans les bas-fonds de Pointe-Noire où le roman prendra un tour plus sombre, plus noir, plus social, avec ses prostituées, la politique du maire, les différentes bandes de gamins des rues, voleurs, chapardeurs et autres.

Jusqu’à son incorporation dans la maison close de Maman Fiat 500, le récit me plaisait, le plume d’Alain Mabanckou m’enchantait (je la découvrais) et c’était un réel plaisir de parfaire mes connaissances sur l’Afrique.

L’auteur ne se voile jamais la face, il dit les choses telles qu’elles sont, sans tourner autour du pot. Le récit de Moïse/Petit Piment est empreint d’un mélange de naïveté et de grande lucidité. Les deux étant équilibrés.

Petit Piment (qui ne se prénomme plus Moïse) évoluait dans le bon sens, son parcours de vie était toujours instructif à suivre et l’auteur avait glissé habillement la politique dans le récit de notre gamin devenu adulte. Aucun ennui ne pointait son nez à l’horizon de cette lecture, même si le rythme est assez lent dans certains parties.

Là où le bât a blessé, c’est après l’opération « Pointe-Noire sans putes zaïroises » où notre narrateur va péter un câble voyant qu’il a perdu ses derniers repères, son dernier giron et à partir de ce moment-là, le récit ne m’a plus emballé du tout, je m’y suis ennuyée, ne me retrouvant plus dans les élucubrations de Petit Piment.

La sensation d’un récit d’embourbant, tournant en rond, ne m’a plus quitté. Cela devenait lourd et j’ai terminé le récit en sautant quelques passages, notamment dans le cabinet du psy.

Dommage, plus des trois-quarts du roman m’avait emballé et la panne s’essence à surgit dans les derniers kilomètres. Bien que je comprenne la folie qui prend Petit Piment, bien que je comprenne qu’il ne veuille pas en sortir, cette partie-là ne m’a pas enchanté.

Malgré ce bémol de fin de voyage, je garderai les bons côtés du roman, notamment l’apprentissage de la vie de Moïse, ses errances, ses erreurs et tout ce que j’ai appris sur la société africaine, en particulier celle de la République du Congo, avec ses règles, ses magouilles, ses problèmes entre ethnies.

Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (République Congo).

Ladies with guns – Tome 1 : Olivier Bocquet et Anlor

Titre : Ladies with guns – Tome 1

Scénariste : Olivier Bocquet
Dessinateur : Anlor

Édition : Dargaud (14/01/2022)

Résumé :
L’Ouest sauvage n’est pas tendre avec les femmes… Une esclave en fuite, une indienne isolée de sa tribu massacrée, une veuve bourgeoise, une fille de joie et une irlandaise d’une soixantaine d’années réunies par la force des choses. Des hommes qui veulent les maintenir en cage.

Des femmes qui décident d’en découdre, et ça va faire mal. Ladies with guns est l’histoire de la rencontre improbable entre des femmes hors du commun refusant d’être des victimes. Un western iconoclaste et jubilatoire où rien ne vous sera épargné.

Critique :
Le western a toujours été mon dada, surtout en bédé, alors, j’ai sauté sur l’occasion de découvrir cette bédé en avant première via #NetGalley.

Dès les premières cases, on est happé par les mystères qui entourent cette jeune fille dans une cage et ensuite, difficile de lâcher l’album avant la fin.

La chronologie de l’histoire ne suit pas une ligne du temps rigide, les auteurs ayant pris soin de nous raconter le passé de certaines femmes à rebours.

Cette bédé est bourrée d’action, c’est le moins que l’on puisse dire. Difficile de s’embêter avec toutes les péripéties qui arrivent à ces femmes.

Entre nous, ne la laissez pas sous les yeux des petits enfants, la violence est bien présente et les auteurs abordent certains sujets délicats comme l’esclavage et la pédophilie, même si jamais le scénario ne sombre dans l’exagéré (ou le voyeurisme) et que tout cela est montré assez rapidement.

Mais bon, un enfant pourrait se demander pourquoi un adulte, qui ne porte pas de pantalon, veut abuser d’une jeune esclave plus que mineure d’âge.

Il est souvent reproché au western d’être un monde super machiste, peuplé de mecs qui jouent avec des révolvers (jouer avec sa bite est mal vu en société), boivent comme des trous, exercent des violences sur les femmes, ont tous les droits, flinguent à tout vent, pincent les fesses et prennent ce que les femmes ne veulent pas leur donner…

Bref, la phallocratie dans toute sa splendeur ! Dans cette bédé, lorsque les mecs voudront en remonter aux femmes, ils trouveront à qui parler car nos gonzesses ne sont pas de celles qui se laissent faire.

Tout le sel du récit se trouve concentré dans ces 5 femmes que tout sépare. Seules, elles auraient un peu de mal à y arriver (hormis l’amérindienne), mais réunies, auront une force de frappe bien plus grande. L’union fait la force, c’est bien connu.

Voilà donc une bédé western qui, tout en respectant les codes du genre, s’en affranchi pour donner la part belle aux femmes.

L’action est omniprésente, la violence aussi puisque nous ne sommes pas dans un Lucky Luke, mais dans une bédé plus réaliste et qu’en ces temps-là, c’était la jungle, l’Ouest !

Malgré tout, l’humour n’est pas oublié dans les dialogues et les expressions des visages sont très bien rendues. Un vrai plus, dans une bédé, lorsque les visages ne sont pas figés, mais expressifs. Les couleurs sont très belles aussi…

Les bases de l’histoire sont posées, l’album est de la dynamite qui pète dans tous les sens. De mon côté, je serai au rendez-vous pour la suivant. J’espère juste que le scénario du second saura prendre un autre chemin que le côté bang-bang du premier, afin de donner un peu plus de profondeur à l’histoire, de la faire évoluer après le final hautement violent.

Parce que l’action c’est bien durant un moment, mais ça ne saurait pas « rester continuer durer » pendant plusieurs albums. Et puis, le croque-mort risquerait encore de se retrouver sans planches pour faire les cercueils…

Une belle découverte ! J’ai eu raison de me fier à mon instinct, ainsi qu’à la couverture et au titre qui disait tout. Yes ! Merci #NetGalley.

#Laideswithguns #NetGalleyFrance

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°XX], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages).

 

À dos de crocodile : Greg Egan

Titre : À dos de crocodile

Auteur : Greg Egan
Édition : Le Bélial’ – Une Heure Lumière (20/05/2021)
Édition Originale : Riding the Crocodile (2005)
Traduction : Francis Lustman

Résumé :
Des milliers de races extraterrestres et posthumaines cohabitent harmonieusement dans la méta-civilisation de l’Amalgame.

Seul le noyau central, occupé par les Indifférents, des êtres qui refusent tout contact, est un milieu hostile.

Avant de mourir, Leila et Jasim, mariés depuis dix mille trois cent neuf ans, souhaitent en savoir davantage sur les mystérieux Indifférents.

Critique :
De temps en temps, je sors de ma zone de confort de lecture et je m’en vais faire des incursions dans d’autres genres.

Cette fois-ci, j’avais envie de SF et de space-opera. Les novellas publiées par Le Bélial’ sont parfaites pour ce genre : pas trop longues.

Les voyages dans l’espace sont permis, l’immortalité est pour tout le monde et après 10.000 de vie commune (putain, quel bail !), le couple formé par Leila et Jasim décide qu’il est temps de s’arrêter, dit au revoir à tout le monde et s’en va tenter d’entrer en communication avec bulbe central.

Le bulbe est peuplé d’êtres ayant refusé jusqu’à la moindre communication avec ceux qui les entouraient. Voilà de quoi finir sa vie de façon grandiose et audacieuse.

Si au départ j’ai fusionné avec cette lecture, à un moment donné, je me suis retrouvée engluée dans la panade avec l’auteur qui introduisait dans son récit trop de données scientifique, trop de concepts et cela m’a fait décrocher du voyage intergalactique. Plus soulant qu’une bouteille de vin, ces explications.

Le ton froid de l’auteur, en plus de ces concepts scientifiques trop lourds, ne m’a plus donné envie de suivre les pérégrinations de ce couple, qui, après plus de 10.000 de vie commune, se sépare pour des broutilles…

Je ne vais pas m’épancher plus, tout ce que je sais, c’est que l’astrophysique n’est pas mon truc du tout et que je préfère imaginer sans avoir à me farcir cette science à laquelle je ne comprend rien et qui m’a plombé cette lecture qui était pourtant bien partie.

Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Australie) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°105].


Donbass : Benoît Vitkine

Titre : Donbass

Auteur : Benoît Vitkine
Édition : Les Arènes (05/02/2020) / LP (24/03/2021)

Résumé :
Hiver 2018. Sur la ligne de front du Donbass, la guerre s’est installée depuis quatre ans. Plus grand monde ne se rappelle comment tout a commencé. L’héroïsme et les beaux principes ont depuis longtemps cédé la place à une certaine routine.

Et quand les enfants d’Avdiïvka sont assassinés sauvagement, même le colonel Henrik Kavadze, l’impassible chef de la police locale, perd son flegme. Il se lance à coeur perdu dans une enquête qui va vite réveiller les démons du passé…

Benoît Vitkine, lauréat du prix Albert-Londres 2019, aborde un angle mort de la géopolitique mondiale : le déchirement d’une région entre la Russie et l’Ukraine, volontairement ignoré et toujours d’actualité.

Critique :
Le Donbass n’est pas l’endroit idéal pour aller passer ses vacances, du moins, lorsqu’il y a la guerre.

Passez votre chemin pour vos prochaines vacances, mais restez et ouvrez ce roman si vous voulez en apprendre plus sur le conflit Russo- Ukrainien.

Ce polar prend son temps, si vous êtes à la recherche d’adrénaline, faudra prendre votre mal en patience car si nous avons un meurtre horrible d’un enfant, il faudra attendre les trois quart du roman pour en avoir un deuxième.

Non pas que je souhaitais que des enfants tombent comme des mouches sous les coups d’un assassin sadique, loin de là, mais je râle un peu sur le 4ème de couverture qui nous annonce « Et quand les enfants d’Avdiïvka sont assassinés sauvagement… ».

Ok, deux enfants, c’est du pluriel, cela correspond au « les enfants », mais dans ma tête, on montait à plus que deux. Fin de la parenthèse que je n’ai pas signalé que j’ouvrais.

Bref, revenons à nos moutons : la guerre qui sévit, depuis 2014, et dont personne ne nous parle. C’est loin de chez nous, donc, pas intéressant (ceci n’est pas ma pensée, bien entendu) pour les médias.

Pas besoin d’être calé en géopolitique ou sur la guerre dans le Donbass pour comprendre le fond du roman. Mieux, en lisant ce polar, vous irez vous coucher moins bête.

Au fond, ces crimes ne servent qu’à nous parler, au travers des personnages de ce roman policier, de la situation inhumaine qui se passe là-bas, loin de nos contrées, loin de nos jardins.

Dans les conflits, quels qu’ils soient, les gens changent, pour le meilleur ou pour le pire et celui-ci ne fait pas exception à la règle : soit on devient un loup, soit on reste une proie. Pas de juste milieu, pas de nuances.

Les portraits des différents personnages qui parsèment ce roman sont très bien réalisés et en peu de mots, l’auteur arrive très bien à nous offrir une situation très claire de leur psychologie. Les méchants n’étant pas toujours les pires (ou le contraire) et les plus gentils n’étant pas toujours les moins pires.

Tout est camouflé, tout le monde joue un rôle, se donne une nouvelle personnalité, afin de survivre dans ce chaos ambiant ou d’échapper à des traumatismes d’anciens conflits (Afghanistan) ou du nouveau.

Nous ne sommes pas au pays des Bisounours et le colonel Henrik Kavadze, chef de la police locale nous l’expliquera avec beaucoup de cynisme. Lors d’une guerre, les magouilles et la corruption sont reines. Certains s’enrichissent, d’autres s’appauvrissent pour arriver à manger.

Finalement, ce polar n’en est pas vraiment un : l’enquête est un peu décousue, vu que le colonel Henrik Kavadze n’a que peu de pistes et qu’il y va lentement sans trop savoir où tout cela va le mener.

Cela donne un récit qui manque un peu de fluidité, qui pourrait gêner la lecture de certains. Dans mon cas, cela ne m’a gêné en rien, j’ai dévoré ce roman car j’avais soif d’apprendre. La géopolitique ne me dérange pas et le fait que cela se déroule à l’Ouest était un plus pour moi qui aime ces contrées (sans les guerres, bien entendu).

Le fait que Benoît Vitkine soit correspondant au journal « Le Monde », il est le spécialiste des pays de l’Est et de l’ex -URSS, ce qui fait qu’il connaît son sujet. C’est un sérieux plus.

Ce polar ne devient jamais lourd, l’auteur restant très pédagogue, mélangeant habillement la géopolitique avec son récit et ses personnages. Ce qui fait que ce polar devient un témoignage sur ce qu’il se passe là-bas car le côté polar passe en second lieu.

Une belle découverte en tout cas.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°110] et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres » chez Bidb (France).

GrandMèreDixNeuf et le secret du Soviétique ‭: ‬Ondjaki [LC avec Rachel]

Titre : GrandMèreDixNeuf et le secret du Soviétique

Auteur : Ondjaki
Édition : Métailié Biblio portugaise (21/01/2021)
Édition Originale : AvóDezanove e o segredo do Soviético
Traduction : Danielle Schramm

Résumé :
Dans une banlieue de Luanda près d’une petite plage, GrandMèreDixNeuf (on l’a amputée d’un orteil) s’occupe de toute une bande de gamins, curieux et débrouillards, amateurs de baignades et de fruits chapardés.

Des coopérants soviétiques construisent un Mausolée gigantesque pour la momie de Agostinho Neto, le père de la Révolution. La guerre civile est terminée, ils vont moderniser le quartier si bien situé au bord de la mer.

L’un des officiers est ami de la GrandMère, sa maison a toujours de l’électricité grâce à la dérivation qu’il lui a installée. Il souffre de cette chaleur, de ce soleil impitoyable, il rêve des hivers russes.

Les enfants ne veulent pas qu’on touche à leur quartier, ils prennent les choses en main pour pouvoir continuer à plonger dans la mer pour pousser des “cris bleu”.

Critique :
Comment qualifier ce roman… Amusant ? Affirmatif. Déroutant ? Affirmatif. Onirique ? Aussi. Drôle ? Oui, un peu. Noir ? Oui, aussi.

En fait, il est difficile de le faire rentrer dans des cases, tant il est étrange, ce roman.

Angola, années 80. Après les colons Portugais, les angolais on eu, en 1975, leur premier président de leur histoire (Agostinho Neto). Ce dernier a instauré une dictature d’inspiration marxiste-léniniste.

Voilà nos angolais communistes qui se donnent du camarade à tout bout de champ, même les gosses.

Leur président est mort en 1979 et les soviétiques présent dans le pays sont en train de lui ériger un mausolée immense, dans lequel pourra reposer le corps empaillé du président… Heu, le corps momifié ? Non, pardon, le corps embaumé (beurk).

Le problème est que le quartier pauvre de PraiaDoBispo, situé en bordure d’une plage de la banlieue de Luanda, va disparaître pour faire place à cette horreur mégalomane.

GrandMèreDixNeuf, qui au départ ne se prénomme pas encore ainsi puisqu’elle a encore ses 10 doigts à la main et aux pieds) est une sorte de grand-mère débonnaire qui s’occupe des enfants du quartier, sans que l’on sache vraiment si les enfants sont bien de sa descendance ou pas.

Ce sont deux garnements qui vont entrer en résistance et tenter de sauver leur quartier de la destruction programmée. Le récit est d’ailleurs raconté par l’un deux, sur un ton enfantin, léger, tout en ne manquant jamais de profondeur.

C’est casse-gueule d’utiliser un enfant comme narrateur, mais ce ne fut pas le cas ici. Sans jamais connaître le prénom (ou surnom) de notre jeune narrateur en herbe, on s’attache à lui de suite (et aux autres aussi).

Les surnoms des gens sont le reflet de ce qu’ils sont et les plus notables, en plus de GrandMèreDixNeuf (GrandMèreAgnette de son vrai nom), sont EcumeDeMer, le fou du quartier, TroisQuatorze, le copain du garnement, surnommé ainsi car son prénom est Pinduta (π = 3,14) VendeurD’Essence (qui n’a pas d’essence à vendre), VieuxPêcheur, GrandMèreCatarina (qui reste un mystère)…

D’un côté, cette lecture est amusante avec les réflexions des enfants, leur vision du monde des adultes, leurs questionnements, leurs moqueries envers les soviétiques, engoncés dans leurs chemises manches longues, sous le soleil, se moquant aussi de l’accent de celui qu’il ont surnommé le camarade Botard (ou CamaradeBotardov qui sent mauvais des aissellofs)…

Et de l’autre, cette lecture est plus sérieuse qu’on ne pourrait le croire car le lecteur, adulte, comprend plus de choses que les enfants. Sous le ton léger de la narration, on sent bien le drame caché des habitants qui subissent le communisme, les files devant la boulangerie, le manque de nourriture, les coupures de courant, la pauvreté des habitants de ce quartier.

Le ton de l’écriture est ironique, sarcastique, tout en étant aussi bourré de tendresse, de drôlerie, de naïveté, de touches d’humour, d’amitié, de joies simples et de vérités qui sortent de la bouche des enfants. C’est un mélange qui aurait pu foirer, s’il avait été mal dosé, mais ici, il est fait intelligemment et c’est un plaisir à lire.

J’ai même pris plaisir à lire l’espagnol cubain du docteur Camarade RafaëlTocToc, comprenant la majorité de ce qu’il disait. Pas de panique, la traduction de ses dires espagnoles sont traduits sous ses dialogues. Le fait de les lire en espagnol dans le texte nous fait comprendre les différences de langues entre lui et les habitants qui parlent le portugais, ainsi que les erreurs de compréhension de certains mots (expliqués en fin d’ouvrage).

Il règne une atmosphère de bonne humeur, d’innocence, de joie de vivre, dans ce quartier pauvre de PraiaDoBispo. On sent venir le drame, mais jamais l’auteur ne sombre dans le pathos, restant dans le registre de légèreté qui camoufle le sérieux de ce récit.

Un roman à la fois drôle et sérieux, amusant tout en étant intelligent, une bonne dose de bonne humeur pour bien commencer l’année, sans pour autant que ça manque de profondeur. Il faudra attendre la fin du récit pour connaître le secret du soviétique.

Il est dit, à la fin du roman, que l’auteur a puisé dans ses souvenirs d’enfance pour écrire ce roman.

Une excellente découverte et pour cela, je remercie ma copinaute Rachel qui me l’a proposé en LC. Une fois de plus, elle m’a fait sortir de ma zone de confort, m’a fait découvrir un auteur inconnu, l’univers décalé de ce roman inclassable et m’a fait cocher une case de plus sur ma carte des nationalités d’auteurs. Nous sommes raccord pour nos impressions de lecture.

Challenge Le tour du monde en 80 livres chez Bidb (Angola).

Mauvaise réputation – Tome 1 – La véritable histoire d’Emmett Dalton : Antoine Ozanam et Emmanuel Bazin

Titre : Mauvaise réputation – Tome 1 – La véritable histoire d’Emmett Dalton

Scénariste : Antoine Ozanam
Dessinateur : Emmanuel Bazin

Édition : Glénat (02/06/2021)

Résumé :
« Qui nous sommes vraiment, nous les Dalton « . 1908. Oklahoma. Emmett Dalton n’est plus un criminel depuis longtemps. Il a payé sa dette à la société, il se contente d’une existence discrète et tente même parfois de visiter l’église pour prier – sans trop de succès pour cette dernière activité.

Aussi lorsqu’un producteur de cinéma lui propose de participer à l’écriture d’un film consacré aux méfaits de sa légendaire fratrie, il se méfie, refuse, puis réalise finalement qu’une chance lui est offerte : évacuer le mythe, rétablir un semblant de vérité et sauver la réputation de sa famille.

Les quatre frères Dalton ne sont pas nés hors-la-loi. Au contraire ! Ils ont tous endossé le rôle de Marshal à l’aube de leurs carrières, et c’est n’est pas de plein gré qu’ils ont plus tard embrassé des vies de fugitifs…

Qui d’autre qu’Emmett, seul survivant, pour déterrer ces douloureux souvenirs et conter sans hypocrisie la véritable histoire des Dalton.

Critique :
Tout le monde connaît les Dalton, ils sont bêtes et méchants. On connaissait moins les aventures de leurs illustres cousins, juste que c’était Lucky Luke qui les avait mis hors d’état de nuire.

Faites table rase de ce que vous savez sur ces bandits, l’Histoire n’est peut-être pas celle que l’on nous a racontée… Même si elle était bourrée d’humour.

Les planches sont faites d’aquarelles et si au début j’ai eu un peu de mal avec elles, au fur et à mesure de ma lecture, je m’y suis adaptée, trouvant les dessins des visages très bien exécutés. Les couleurs sont assez claires, sobres.

Ce premier album nous raconte la véritable vie du gang Dalton, par l’entremise d’Emmett Dalton, le dernier survivant. Il va raconter leur vie à un producteur de cinéma et, bien que la fiction se même sans doute à la réalité, les frères Dalton sont des gars bien sympathiques dans cet album. N’ayant pas été lire la vérité vraie, je ne puis me prononcer.

N’ayant pas le crime dans le sang, nos frangins étaient même des marshal, au service de la loi. Hélas, représentant de la loi, ça ne paie pas bien son homme et les Dalton quitte leur boulot pour devenir cow-boy.

Quelques combines pas très légales, le vol bête de l’argent du poker suite à des tricheries de la part des autres joueurs et voilà nos frères engagés sur le mauvais côté de la route, sans pour autant que cela soit irrémédiable ou catastrophique. C’est léger comme conneries, pas de quoi en faire des bandits.

Là où tout fout le camp, c’est lorsqu’on les accuse de l’attaque du train de la Wells Fargo et qu’eux ne se laissent pas faire. Normal, lorsqu’on se trouve à l’autre bout du pays et que personne ne veut écouter votre alibi, il y a de quoi être vénère.

C’est plus du western mélancolique, crépusculaire, que du western bang bang. Les flash-back sont bien intégrés dans le fil de l’histoire, les cases de souvenirs s’insérant dans celles du récit de manière harmonieuse.

Un belle bédé western qui se fait témoignage prenant, nostalgique et qui donne un autre éclairage sur les frères Dalton, loin de l’interprétation amusante de Morris dans Lucky Luke, remettant la banque au milieu du village et nous montrant que parfois, des gens biens, peuvent devenir hors-la-loi plus vite que leur ombre, suite à des injustices ou pour tout simplement pour manger à leur fin.

Vivement la suite de ce témoignage d’Emmett Dalton !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°XXX], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 78 pages).

 

Deadpool Assassin : Cullen Bunn et Mark Bagley

Titre : Deadpool Assassin

Scénariste : Cullen Bunn
Dessinateur : Mark Bagley

Édition : Panini Comics – 100% Marvel (07/04/2021)

Résumé :
Les aventures de Wade Wilson le conduisent à la Nouvelle-Orléans, où il se fait de nouveaux amis mais surtout de nouveaux, et puissants, ennemis ! La Guilde des Assassins en a après Deadpool, et ses pouvoirs de guérison vont être mis à rude épreuve !

Les albums consacrés à Deadpool rencontrent toujours un franc succès, a fortiori lorsqu’ils proposent des histoires complètes.

Et si on ajoute que cette nouvelle aventure est imaginée par Cullen Bunn, auteur de la Massacrologie, et Mark Bagley, le dessinateur d’Ultimate Spider-Man, on obtient un hit en puissance !

Critique :
Ce comics est excellent pour se vider l’esprit, pour passer une petite soirée tranquille, sans se prendre la tête.

Il est sans doute à réserver aux fans du mercenaire disert qui souhaiteraient lire un Deadpool plus canonique.

Rien à redire sur les dessins, ils sont bien exécutés, dynamiques, très agréables pour les yeux, bref, un régal.

Le dessinateur Mark Bagley a bien fait le job, nous offrant des dessins lisibles, avec moult détails, notamment dans les expressions faciales sous le masque de Deadpool.

Comme d’habitude, les blablas de Deadpool sont dans des phylactères de couleurs jaunes, ce qui permet de mieux les repérer et comme notre mercenaire est une vraie pipelette, le jaune est plus présent que les autres.

Dans ces deux épisodes, Wade Wilson, affrontera les assassin de la guilde du même nom, ce qui donnera de l’action, de la baston et des gros méchants pas beaux, des super vilains qui veulent tous faire la peau de notre ami.

Pourquoi ? Parce que notre mercenaire voudrait prendre sa retraite sur une île paradisiaque et pour se faire, il lui faut du fric. Avec son ami La Fouine, qui lui trouve des contrats, le voici en train de protéger un type que la guilde veut dézinguer.

On reste dans le classique : baston, humour, parlotte, action, sang, morts, membres découpés… Ça gicle un peu dans tous les sens, sans vous tacher les mains, mais je suppose qu’il faudra tenir l’album en dehors des yeux des enfants très jeunes.

Deadpool, on le sait, a des règles, une certaine éthique : il tue, d’accord, mais des salopards !

Sans révolutionner le genre, cet album est plaisant à lire, fait du bien au moral et offre un Deadpool comme je les aime : blagueur et bagarreur. Oui, il y a de la violence, c’est gore à certains moments, mais l’humour de Deadpool compense.

Nous sommes sur de l’histoire assez classique, mais le scénariste s’est réservé le droit de surprendre ses lecteurs (sauf si vous voyez venir les entourloupes) et j’ai apprécié cette surprise que moi, je n’avais pas vu venir.

Apparemment, ce sera une saga en 6 volumes, mais ce premier tome se suffit à lui-même et ne se termine pas sur un cliffhanger. L’avenir me dira si j’emprunte les albums suivants ou pas (j’ai tellement à lire encore).

Deadpool Assassin n’est pas un album indispensable, en effet, pourtant, il est très agréable à lire, mettant en scène un Deadpool plus canonique et est parfaitement accessible aux néophytes qui n’auraient que peu de connaissance sur le mercenaire en rouge et noir (♫ j’exilerai ma peur, J’irai plus haut que ces montagnes de douleur ♪).

Un comics que je suis contente d’avoir découvert.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°109] et Le Challenge Le tour du monde en 80 livres chez Bidb (Pays : États-Unis).

[SÉRIES] Chapelwaite (2021) de Jason et Peter Filardi

Série 2021 de 10x60mn de Jason et Peter FILARDI avec Adrian Brody, Emily Hampshire, Sirena Gumlamgaus.

Présentation Allociné :
Adaptation de la nouvelle “Celui qui garde le ver” au sein du recueil “Danse macabre” (1978) de Stephen King.

Le capitaine Charles Boone emménage avec ses trois enfants dans un manoir dont il a hérité dans une petite ville du Maine, après le décès de sa femme.

Bientôt, des bruits mystérieux apparaissent. Charles va devoir affronter des secrets de famille terribles afin de mettre un terme à une malédiction qui touche les Boone depuis des générations

L’avis de Dame Ida :
Cette série étant basée sur une nouvelle de Stephen King (oui ! le Grand King Himself!) et qu’en plus le Maître de l’Horreur du XXe et XXIe siècle va puiser son inspiration chez Lovecraft (oui ! Rien que ça!) pour alimenter le nœud de son intrigue, on se dit qu’on va sérieusement kiffer grave la race de sa mémère !

Tout les ingrédients du glauque gothique sont là ! On est en pleine époque victorienne ! Ça commence par un deuil affreux ! L’éclairage est toujours crépusculaire (et encore c’est quand il y a de la lumière) ! Tout se passe autour d’un vieux manoir décrépit !

Et puis il y a une affreuse histoire de malédiction familiale dont un pauvre gars innocent et éprouvé par la vie hérite sans avoir rien demandé… Ce dernier point c’est du Lovecraft tout craché et ce n’est pas le seul que nous lui devrons. Je ne vais pas non plus spoiler, mais…

La bibliothèque du Maître es Frissons de Providence ne comportait pas que le Necronomicon et Cthulhu n’est pas non plus sa seule créature ! Bref tout est là pour un visionnage halloweenesque un peu tardif pendant lequel la folie rampante purement lovecraftienne menace de nous emporter avec elle.

Et puis au-delà de l’horreur latente, on retrouvera l’un des thèmes récurrent de King… La difficulté d’être père… Le deuil… La difficulté de faire son trou en terrain hostile… L’hypocrisie et les commérages insupportables de ces belles communautés américaines sans cesse à la recherche d’un bouc émissaire pour asseoir leur unité… La bigoterie…

Anybref, un cocktail qui sur le papier est idéal mais qui au bout d’un moment a cessé de fonctionner sur moi.

Je ne me prononcerai pas sur la fidélité de cette adaptation par rapport au texte de King. Je ne l’ai pas lu, donc ce serait difficile.

Par ailleurs je n’ai pas trop compris la juxtaposition de certains éléments constituant la dimension fantastique de la série et que je ne peux vous expliquer sans en dévoiler trop.

Disons qu’il y a déjà un certain nombre de thématiques lovecraftiennes dans cette histoire et son raccordement à une autre thématique un peu plus fréquente dans les films d’horreur, mais moins familière à Lovecraft (mais davantage à King) s’y articule d’une façon que j’ai trouvé un peu artificielle.

Pardonnez moi de rester floue sur ce point, mais peut-être le percevrez vous en voyant la série. Cela étant, ce n’est pas ce que j’aurais trouvé le plus gênant.

En effet… Pour moi le bât blesse ailleurs : Que de longueurs !!! La série fait 10 épisodes de 60 minutes ce qui fait beaucoup pour une nouvelle de quelques dizaines de pages.

Sa substantifique moelle a obligatoirement été délayée à outrance pour produire dix heures de spectacle. Je suis certaine qu’un petit élagage resserrant l’ensemble sur six voire huit épisodes aurait été bien suffisant pour donner un peu plus de rythme à l’affaire et éviter un peu d’ennui.

Les séries d’horreur avec du suspens et un scénario complexe ça mérite certes de prendre son temps. Il faut qu’on parte doucement d’une histoire bien ancrée dans la réalité, puis faire monter le suspens et introduire les éléments fantastiques doucement pour produire son effet crescendo sur le spectateur. C’est ce qui sera fait parfaitement jusqu’au cinquième épisode.

Mais voilà… après tout le nœud de l’intrigue est dévoilé, les mystères mis au jour et le reste de la série ne servira qu’a nous conduire peu à peu vers le dénouement.

Certes, ce ne sera pas sans suspens et rebondissements mais tout est déjà posé. On sait qui sont les gentils, qui sont les méchants…

Ne reste plus qu’à suivre dans quel sens les uns courent après les autres et savoir qui va gagner ou comment… Et cinq longs épisodes d’une heure pour ça et pendant lesquels le personnage principal devenu totalement mélancolique se décourage c’est looooong. Dans un film de deux heures ça ne dure qu’une demi-heure, donc deux fois moins longtemps proportionnellement parlant.

C’est plutôt bien joué dans l’ensemble. Les acteurs sont impliqués… Certains personnages secondaires sont de bonnes caricatures archétypales du genre de celles qu’on trouve souvent dans les romans de King et auxquelles il semble très attaché…

Mais j’ai eu quelques problèmes avec le personnage principal. Déjà c’est pas mon genre de mec physiquement… Mais il semble traverser sa vie en la subissant et moi, les victimes professionnelles frappées du syndrome de Caliméro ça me saoule.

Bon en même temps ce n’est pas la faute de l’acteur ! Ni du metteur en scène ! King a juste respecté à la lettre l’inspiration qu’il est allé puiser chez Lovecraft chez qui les personnages sont maudits d’entrée de jeu par les fautes et la folie de leurs ancêtres.

Donc qu’une certaine désespérance finisse par s’installer n’est franchement pas une grosse surprise. Mais c’est assez plombant, surtout quand vous savez que vous allez encore devoir subir ça pendant trois ou quatre épisodes pour savoir comment ça se termine.

Rester coincée dans un crépuscule qui n’en finit pas à attendre un dénouement qui prend son temps à se profiler avec un grand dépressif j’ai vraiment trouvé ça long. Trop long.

Avec Lovecraft, ça ne se termine jamais bien pour le héros. On le sait… Alors ? King va-t-il sauver son personnage principal, sa descendance, et pourquoi pas le Monde en passant ?

Vous ne croyez pas que je vais vous le dire en plus ! Allez regarder que diable !

Bref en résumé : King s’aventure chez Lovecraft et fait ça plutôt bien… Mais les scénaristes ont trop délayé le texte sur trop d’épisodes à mon goût alors c’était trop long, au point de rendre plus pénible que tragique le thème des malédictions familiales chères à Lovecraft.