Gil Jourdan – Tome 5 – L’enfer de Xique-Xique : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 5 – L’enfer de Xique-Xique

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1962)

Résumé :
René Cambon se présente à l’agence Gil Jourdan, persuadé que son frère Jean, chercheur dans l’armement aurait été enlevé par la république sud-américaine de Massacara pour le forcer à mettre au point une arme nouvelle.

Sachant que son frère refusera de collaborer, René craint qu’il ne soit en grand danger. Gil accepte de l’aider.

Ils se rendent dans ce pays, mais espionnés depuis Paris, leur arrivée est attendue et un piège leur est tendu pour les condamner au bagne pour espionnage.

Mais Gil Jourdan est déterminé à s’évader, d’autant plus qu’au bagne, il retrouve le fameux Jean Cambon.

Critique :
Si je ne devais garder qu’un seul album de la collection, c’est celui-ci qui aurait tous les honneurs tant il est excellentissime au niveau des dialogues, des jeux de mots, des situations absurdes.

De plus, niveau dépaysement, on est servi puisque Jourdan et Libellule vont aller enquêter dans une petite république bananière d’Amérique du Sud, qui a tout de la dictature.

Évidemment, puisque nous sommes dans de la bédé et que la censure censurait, la dictature est présentée de manière drôle, à la limite de la bouffonnerie, mais si on gratte un peu sous le vernis des éclats de rire et des imbécilités de l’armée, on retrouve ce qui fait la signature d’une dictature.

Fausses preuves, prison au milieu du désert dont on ne s’évade jamais, prisonniers qui sont plus politiques que criminels, gardiens de prison bêtes et méchants, bouffe infâme, travail à la chaine dans des conditions de travail indigne et inhumaine.

Mais pas de panique, les petits enfants peuvent la lire, puisqu’ils la verront au premier degré, eux.

Moi, je ne me suis toujours pas remise du dialogue entre son excellence et son sous-fifre :

— Puisqu’ils savent que nous savons qu’ils savent que nous savons, nous pourrions…
— Ouvrir une savonnerie.
— Une savonnerie, excellence ?
— Avec tous vos savons, ça doit être facile.
— Ahaha, c’est la meilleure de la république !

À chaque relecture, je savoure une fois de plus les bons mots, je les fais rouler sur ma langue, je les déguste lentement et je me marre, une fois de plus !

Bon, les puristes diront que ce que fera Jourdan est impossible, qu’il a eu trop de veine, que tout ça était un peu trop bien goupillé pour être réaliste, mais on s’en fout ! Nous sommes dans de la bédé et les héros ne meurent pas.

Tillieux au sommet de son art niveau dialogues, mais pas de panique, il en gardera sous le coude pour les prochaines, dont « Le gant à trois doigts » et « Le Chinois à deux roues ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Belge chez Mina et Anna (Avril 2018).

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La colline aux esclaves : Kathleen Grissom [LC avec Bianca]

Titre : La colline aux esclaves

Auteur : Kathleen Grissom
Édition : Pocket (2016) / France loisirs (2014)
Édition Originale : The Kitchen House (2010)
Traducteur : Marie-Axelle de la Rochefoucauld

Résumé :
À 6 ans, Lavinia, orpheline irlandaise, se retrouve esclave dans une plantation de Virginie : un destin bouleversant à travers une époque semée de violences et de passions…

En 1791, Lavinia perd ses parents au cours de la traversée les emmenant en Amérique. Devenue la propriété du capitaine du navire, elle est envoyée sur sa plantation et placée sous la responsabilité d’une jeune métisse, Belle.

Mais c’est Marna Mae, une femme généreuse et courageuse, qui prendra la fillette sous son aile. Car Belle a bien d’autres soucis : cachant le secret de ses origines, elle vit sans cesse sous la menace de la maîtresse du domaine.

Écartelée entre deux mondes, témoin des crimes incessants commis envers les esclaves, Lavinia parviendra-t-elle à trouver sa place ? Car si la fillette fait de la communauté noire sa famille, sa couleur de peau lui réserve une autre destinée.

Critique :
Moins bien traité que des bêtes, moins de droits que des animaux, une existence qui n’existe pas, aux yeux de leurs propriétaires. Ils sont là pour les servir jusqu’à leur mort, à trimer, suer, mourir à la tâche ou sous les coups de fouet.

Taillable et corvéable à merci. Tel le serf ployant sous le joug du seigneur au Moyen-Âge.

Voilà les conditions de vie des Noirs durant la période d’esclavage.

Il est un fait que me doutais bien cette lecture n’aurait rien à voir avec « La petite maison dans la prairie »…

Malgré tout, à certains moments, j’ai eu le cœur serré et les tripes nouées en découvrant une infime partie de ce que les esclaves Noirs ont endurés durant cette période.

Et je ne vous parlerai même pas des Droits de la Femme Blanche qui n’existaient pas non plus, même si, en ces temps-là, valait mieux être une riche femme Blanche qu’une pauvre femme Noire.

Je vous le dis de suite, ce fut une découverte magnifique et ce livre entre direct dans mes coups de cœur de l’année tant il est prenant, tant ses personnages sont réalistes, tant son scénario est bien agencé, mêlant à la fois l’Histoire et les émotions à l’état brut.

Le récit est narré par deux personnages : Lavinia, la petite fille Blanche de 6 ans qui a perdu ses parents et qui a été achetée par le capitaine du navire qui les transportait, et par Belle, une des esclaves qui travaille aux dépendances.

Notre petite Lavinia va grandir, sans jamais arriver à comprendre la différence entre le statut des maîtres Blancs et des esclaves Noirs puisqu’elle a été élevée par les esclaves et qu’elle se sent Noire, alors qu’elle est Blanche. Son statut, de par cette simple petite différence, est bien plus haut que celui de ceux qu’elle considère comme sa famille.

Véritable épopée qui ira jusqu’en 1810, le récit est un de ceux qui, une fois commencé, est difficile à lâcher tant on veut savoir ce qu’il va arriver à nos personnages pour lesquels on ressent direct une véritable sympathie.

Je vous avoue qu’à certains moments, j’aurais aimé moins de violences, moins de larmes, moins de serrement de cœur… Mais si l’auteur avait pris cette voie, son roman aurait perdu de son réalisme car, avec un sujet aussi fort que l’esclavage, il est difficile de faire du sirupeux et un récit Bisounours aurait fait perdre toute crédulité au récit.

« La colline aux esclaves » est un roman fort, profond, bourré d’émotions en tout genre, de personnages grandioses, d’humanité, de méchants sadiques qui profitent de leur pouvoir, de parents Blancs qui ne s’occupent guère de leurs enfants, qui les confie à des précepteurs et ensuite, ça tourne mal…

Un roman bouleversant, captivant, émouvant, des personnages qui, après chaque épreuve, puisent dans leur courage pour se relever, parce qu’ils n’ont pas le choix, mais aussi afin de pouvoir aider les autres, leur famille et continuer d’avancer tous ensemble.

Une page de l’Histoire qu’il ne faut jamais oublier, un roman qu’il faut lire parce que ses personnages font partie de ceux qui resteront en nous.

Une très belle LC en compagnie de Bianca, qui, pour ce titre, est totalement au diapason avec moi. 

[SÉRIES] Columbo – Saison 4 / Épisode 4 – Eaux troubles

Dans mon article précédent sur le lieutenant Columbo, j’avais oublié de citer un épisode que j’adore aussi « Eaux troubles » (Troubled Waters) et qui me fait penser à « Mort sur le Nil » d’Agatha Christie car nous avons un blessé à l’infirmerie, et donc, incapable de commettre un crime. L’alibi parfait, non ?

Le plaisir de cet épisode est que madame Columbo a gagné une croisière sur un somptueux bateau, pardon, un navire, et donc, nous allons nous transformer en arpenteur de coursives, cherchant soit « sa femme », ou menant l’enquête, les cheveux au vent.

Dans cet épisode, on peut reconnaître John Steed, celui de la série Chapeau melon et bottes de cuir (The Avengers), enfin, je veux dire Patrick Macnee, ainsi que Robert Vaughn (Les Sept Mercenaires) et Bernard Fox qui jouait le rôle du Détective en chef William Durk lorsque notre lieutenant à l’imper froissé était à Scotland Yard, ainsi que le Dr Watson aux côtés de Stewart Granger dans un « Hound of the Baskervilles », téléfilm de 1972.

Columbo sur un navire, ça vaut son pesant de canots de sauvetage ! Columbo face à un corps mort (pour des cormorans), ça donne un visage pâle et une envie de vomir, car notre policier ingénieux n’aime jamais voir des corps.

Du côté des officiers officiant sur le navire, on le regarde bizarrement car pour eux, pas de doute, c’est Lloyd Harrington, le pianiste qui a tué Rosanna Wales, la chanteuse de leur groupe puisqu’elle ne voulait plus de lui. Tout le désigne !

Mais Columbo, lui, il a une autre piste, celle de la plume d’un coussin trouvée à l’infirmerie et de suite, il discute avec le malade, Hyden Dansigger (Robert Vaughn).

Encore un bon moment passé parce que cela faisait longtemps que je ne l’avais plus vu et que je ne me souvenais plus du tout comment notre lieutenant au cigare allait faire pour démasquer le coupable.

Pourtant, cet épisode là, en plus de l’avoir vu de nombreuses fois, je l’avais lu, aussi, parce qu’il faisait partie des épisodes mis en roman.

Undertaker – Tome 4 – L’ombre d’Hippocrate : Xavier Dorison & Ralph Meyer

Titre : Undertaker – Tome 4 – L’ombre d’Hippocrate

Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Ralph Meyer

Édition : Dargaud (24/11/2017)

Résumé :
Gravement blessée, Rose a accepté de suivre L’Ogre de Sutter Camp, alias Jeronimus Quint, dans l’espoir qu’il la soigne.

À leurs trousses, Jonas Crow et Lin, bien décidés à sauver leur amie et à régler une fois pour toutes son compte au monstrueux chirurgien.

Mais comment arrêter un homme dont le génie maléfique lui permet de transformer chaque patient innocent en un complice mortel contre l’Undertaker ?

Critique :
Mon croque-mort préféré est de retour ! Afin de mieux faire durer le plaisir, je l’ai laissé bien en vue sur la table de mon bureau et j’ai tenu bon avant de me jeter dessus.

Il faut dire que le troisième tome nous avait laissé sur un suspense terrible et j’avais cette peur un peu bête que la conclusion de ce diptyque ne soit pas à la hauteur.

Je mérite l’excommunication pour manque de foi !

Dorison, le sadique, a soigné son album en nous servant un scénario aux petits oignons, travaillé en profondeur et toujours avec une dose d’humour.

— On veut jouer au docteur ? Prescription de l’Undertaker : calibre 12 et 45… Quatre le matin… Plus personne le soir.

Son médecin, moitié fou, moitié génie, moitié mégalo (j’ai pas eu tout mes points en calcul, je sais) est un personnage ambigu qui joue sur deux tableaux et je serais bien en peine de dire s’il aurait fallu le tuer de suite ou le laisser continuer à exercer son art de la médecine de cette manière un peu… barbare ? Inhumaine ?

— Ah Rose… Je pourrais vous dire que j’ai vu des dizaines de milliers de morts pour rien et qu’au moins les miens serviront à quelque chose. Que la science sera à mes pieds quand je réussirai ma première greffe. Mais la vérité est que quand les gens vous prennent pour un monstre, il ne vous reste qu’une seule chose à faire… Dépasser leurs attentes !

Le scénariste, dans son côté pervers, nous montre un homme qui a, certes, basculé du côté obscur de la Médecine, mais qui, de par son talent, la fait avancer aussi… Mais de quelle manière ! Il n’hésite pas à casser beaucoup d’œufs pour faire ses omelettes.

— La mère a le pouvoir de donner la vie. Le soldat de donner la mort. Le médecin est le seul a pouvoir donner les deux.
— Pas selon Hippocrate.
— J’emmerde Hippocrate.

Imaginez un type qui a le talent de déduction d’un Sherlock Holmes, ou plutôt, de son modèle, le docteur Bell, qui a le talent de médecin d’un docteur House, le cynisme compris, et à tout cela, vous ajoutez le côté inhumain, horrible, affreux, d’un docteur Mengele…

— Je sais que tout cela vous dépasse un peu… Mais voyez-vous, j’avance dans mes recherches. Ce que je trouve aujourd’hui vous sauvera demain. Bien sûr, les cris d’une femme, c’est toujours difficile à supporter. Eh bien… Dites-vous que c’est une Sudiste !

Un Méchant de l’envergure du docteur Jeronimus Quint ne court pas les rues dans la bédé (et la littérature) et j’avoue que, autant où je l’ai trouvé réussi dans son portrait de type qui fait froid dans le dos, autant j’apprécierais ne plus avoir à me poser les mêmes questions que les autres : faut-il le laisser vivre ou pas ?

Ne répondez pas à la question sans avoir lu le diptyque… même en l’ayant lu, je doute toujours un peu et mon cher Jonas Crow, mon croque-mort d’amour, a lui même hésité, parce que la solution n’est pas aussi simple qu’elle n’y paraît.

— Si vous me tuez, elle meurt. Et avec elle, tous vos petits camarades qui ne bénéficieront plus de mes talents. Avouez que ce serait dommage… Et puis, sans moi, au mieux vous perdez votre jambe. Au pire…

Une nouvelle fois, nous sommes face à un album des plus réussis, aussi bien niveau dessins (je les adore), qu’au niveau de la profondeur des personnages, qui évoluent tous, ou de la justesse des dialogues et du côté sadique machiavélique pour le Méchant.

Une série western qui n’a rien de western de gare écrit au kilomètre, mais qui est réfléchie, poussée, profonde, bien pensée et bien pesée.

— Vrai risque quand tu chasses le monstre… C’est de devenir comme lui.

Mais que nous réservent-ils pour le tome 5 ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule., Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

Entre deux mondes : Olivier Norek

Titre : Entre deux mondes
Auteur : Olivier Norek
Édition : Michel Lafon (05/10/2017)

Résumé :
Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.

Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.

Un assassin va profiter de cette situation.

Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

Critique :
Olivier… Oui je me permets de t’appeler par ton prénom car tu m’as donné tellement d’émotions aux travers tes romans, que tu me donnes l’impression d’être une amourette de jeunesse, une de celle qui nous a fait souvent pleurer.

Et vu le nombre de fois où tu m’as ému, fait pleurer (et rire, aussi), où j’ai eu envie de rompre avec toi, où je me suis dit « Non, non, je vais arrêter avec lui, ça me fait trop mal au bide de le lire »… Je me permets d’interpeller via ton prénom.

Anybref, cher Olivier Norek, beau dieu grec, comme avec Lebel, je te garde depuis un certain roman un chat de ma chienne ! Et même sans l’affaire du chat, ce sera pour toutes les fois où vous m’avez poignardé en plein cœur, bande de vilains auteurs que vous êtes.

Mais revenons à toi, Olivier… Tes trois précédents romans poussaient déjà le réalisme au-delà du possible et les émotions ressenties durant la lecture avaient tout des coups de poings dans le plexus. Dans ton dernier roman, tu as réussi à faire exploser mon cœur dès le premier chapitre… Qui était très court mais super intense.

Le problème, avec tes romans, c’est qu’ils contiennent une large part de vérité, celle que l’on ne veut pas voir, entendre, celle que l’on ne suspecte pas toujours, celle que les médias ne nous racontent pas, celles sur lesquelles on aimerait tirer un voile pudique, ne plus en entendre parler, faire l’autruche – ce que nous faisons si bien, d’ailleurs.

— Remarque, ça fait presque deux ans qu’on ferme les yeux, c’est pas pour les ouvrir aujourd’hui.

— À la fin, il faudra regarder tout ce qu’on a accepté de faire, murmura-t-il. Et ce jour-là, j’ai peur de me dégoûter.

Certes, ton histoire avec les migrants est romancée, mais on sent bien qu’elle n’est pas si éloignée que ça de la réalité et qu’en plus, tu as dû l’écrire avec tes tripes et ton cœur pour arriver à nous donner autant d’émotions avec ces quelques personnages aux destinées si différentes.

Un vibrant appel du pied pour que nous ne fermions plus les yeux sur que l’on a appelé « la crise des migrants », pour que l’on s’intéresse à leurs histoires, à leurs vies, à leurs demandes et que l’on se comporte enfin comme des pays civilisés, ce que nous ne sommes pas, au regard de nos exactions ou de nos comportements.

— Vous croyez aux fantômes, Passaro ?
— Je ne me suis jamais posé la question. Vous parlez des esprits qui hantent les maisons ?
— Exact. Coincées entre la vie terrestre et la vie céleste. Comme bloqués entre deux mondes. Ils me font penser à eux, oui. Des âmes, entre deux mondes.

Oui, Olivier, je t’en veux de m’avoir tant ému (pourtant, c’est une sensation que je recherche dans mes lectures), je t’en veux aussi d’avoir mis autant d’humanisme et de profondeur dans ton scénario, dans ces nouveaux personnages qui évitent l’écueil du manichéisme et dans ces policiers qui ont tout des pauvres types désabusés et qui ne prennent pas plaisir à faire la chasse aux migrants.

— On tire tellement de grenades lacrymo qu’elles arrivent toutes les semaines par palettes. Il y en a plus à Calais qu’à la réserve nationale du RAID. 

— Y a des indices dans la vie, lieutenant. Quand dans votre ville il y a une BAC en hélico, c’est qu’il y a un truc pourri au royaume. 

Je t’en veux aussi, Olivier, d’avoir réussi, en peu de pages (413), à foutre le bordel dans ma vie peinarde de lectrice qui savait déjà que le monde n’était pas rose, que l’on nous ment tout le temps, qu’on nous manipule… Et maintenant que j’en sais plus, je me sens encore plus déprimée, au point d’avoir envie de lire un Tchoupi ou un Oui-Oui…

— Ce n’est pas le premier. La violence est partout puisque la pauvreté est immense. Tu ne peux pas mettre ensemble dix mille hommes, quasiment enfermés, tributaires de la générosité des Calaisiens et des humanitaires, sans autre espoir qu’une traversée illégale, et croire que tout va bien se passer. 

Là où je t’en veux à mort, c’est que ton final, en plus de m’avoir ému au possible, me met dans cette situation horrible des lecteurs/lectrices qui savent tout de ce qu’il s’est vraiment passé dans ton scénario, alors que de tes personnages, eux, n’en savent rien et moi, je vais devoir vivre avec ÇA, avec cette injustice, avec cette erreur, avec cette boulette, avec cette séparation horrible…

Et ça, je ne vais pas te le pardonne, mon cher Olivier ! De plus, tu me dois un paquet de kleenex…

Je ne sais pas de quoi sera fait ton prochain roman, mais si son ramage et son plumage sont équivalent à celui-ci, tu seras le phénix des hôtes de ce blog car tes phrases font mouches, tapent là où ça fait mal – sans pour autant nous faire une leçon de morale – et en plus, last but not least, tu manies bien les petites phrases humoristiques.

Nous devenons tous des monstres quand l’Histoire nous le propose.

On a 208 fois plus de chance de gagner au loto que de naître en bonne santé, dans un pays démocratique et en paix, avec un toit sur la tête.

L’Angleterre s’est refermée, contractée même, comme tous les pays riches, qui n’ont qu’une seule trouille, c’est de voir l’autre partie du monde venir se décrotter les pompes sur leur paillasson.

— Si la France n’accueille plus les réfugiés de guerre, alors je crois qu’on peut abandonner tout espoir.

— Que craignez-vous, Paris ? Que le président s’en vante dans un livre ?

Le caissier fit biper les articles et s’étonna de cette collection de vêtements sombres.
— Il suit des cours de ninja votre gamin ?
— Non, on prépare un braquage en famille, répondit-elle.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°46 – La disparition de Lady Frances Carfax).

Glaise : Franck Bouysse

Titre : Glaise

Auteur : Franck Bouysse
Édition : Manufacture du Livre (07/09/2017)

Résumé :
Au pied du Puy-Violent dans le cantal, dans la chaleur d’août 1914, les hommes se résignent à partir pour la guerre. Les dernières consignes sont données aux femmes et aux enfants: même si on pense revenir avant l’automne, les travaux des champs ne patienteront pas.

Chez les Landry, le père est mobilisé, ne reste que Joseph tout juste quinze ans, en tête à tête avec sa mère et qui ne peut compter que sur Léonard, le vieux voisin.

Dans une ferme voisine, c’est Eugène, le fils qui est parti laissant son père, Valette, à ses rancoeurs et à sa rage: une main atrophiée lors d’un accident l’empêche d’accomplir son devoir et d’accompagner les autres hommes.

Même son frère, celui de la ville, a pris la route de la guerre. Il a envoyé Hélène et sa fille Anna se réfugier dans la ferme des Valette.

L’arrivée des deux femmes va bouleverser l’ordre immuable de la vie dans ces montagnes.

Critique :
♪ Quoi ma glaise ? Qu’est-ce qu’elle a ma glaise ? Quelque chose qui ne va pas ? Elle ne te revient pas ? ♫

Lorsqu’on ouvre le nouveau roman d’un auteur qu’apprécie fortement, d’un auteur qui nous a donné des coups de coeur, on a toujours cette peur au ventre, cette appréhension : est-ce que cette fois-ci je vais ressentir autant d’émotions que dans l’autre ?

« Grossir le ciel » avait été magistral niveau émotions ressenties, « Vagabond » m’avait laissée de marbre, alors vous comprenez que lorsque j’ouvris « Glaise », j’avais un peu la chocottes.

La première ligne a dissipé ce doute, les premières phrases m’ont confortées dans le fait que je tenais en main un grand roman et une fois le premier chapitre terminé, je me doutais que des émotions, j’en aurais à foison.

Maintenant, le plus dur reste à faire : comment vous en parler ? Par quel bout commencer pour en parler comme je voudrais vous en parler, pour tenter de vous faire ressentir toutes les émotions qui m’ont submergé durant ma lecture ? Difficile.

Alors, venez avec moi dans un petit coin perdu du Cantal, sorte de trou du cul de la région qui se retrouve uniquement peuplée, non pas d’irréductibles gaulois, mais de femmes, d’enfants et de vieillards, puisque tous les hommes valides sont partis, la fleur au fusil, bouter le teuton de France, le tout en moins de quinze jours, cela va de soi.

Avec le recul, on sait que certains se sont avancé avec un peu trop d’enthousiasme dans le fait que ce serait une guerre éclair. Elle fut longue et dure, et ce n’est pas là que je préfère les longueurs et la dureté.

L’écriture de l’auteur est belle, poétique, lyrique, magnifique, elle vous emporte ailleurs pour vous déposer directement dans ce petit coin perdu de France, à une époque que vous et moi ne pouvons pas connaître.

Ses personnages ont de la prestance, de la présence, on les sent vivant, réellement. Joseph est comme tous les jeunes, un peu taiseux, un peu fougueux, passionné. Il est l’homme de la maison depuis que son père est à la guerre.

Valette, le salaud de service est plus un méchant pathétique qu’impressionnant. On a envie de le baffer, certes, mais aussi de le plaindre parce qu’avec un caractère pareil, la vie ne doit pas être gaie tous les jours : alcoolo, violent, bas de plafond, estropié d’une main qui fait qu’il n’ira pas à la guerre, et ça lui plombe son moral.

Les femmes, quant à elles, elles sont effacées, derrière les hommes et cette guerre va leur permettre aussi de montrer leur vrai valeur car ce sont elles qui font tourner la France et si le labourage et pâturage ne sont pas toujours les deux mamelles de la France, elles font ce qu’elles peuvent pour que les exploitations agricoles continuent de les nourrir.

Si la campagne, ça vous gagne, moi, la campagne, ça me connait un peu, même si ce n’est pas celle des années 1914. On sent que l’auteur a potassé son sujet, soit en lisant, soit en écoutant les vieilles histoires au coin du feu, car ce que j’ai lu était le reflet de ce que je connaissais, sauf avec l’histoire du petit veau parce que Valette est hors-norme comme enfoiré de première.

Ce roman, j’avais envie de le dévorer, mais je me suis contenue, lisant doucement, m’imprégnant bien de ses mots, des ses phrases, de ses personnages, de cette prose qui est la signature de l’auteur et qui sait si bien me donner moult émotions différentes, dont une envie de lire le prochain s’il est de la même trempe…

Comme disait la pub « La campagne, ça vous gagne » (je sais que c’était la montagne) et moi j’ajouterai qu’avec Franck Bouysse, rien n’est lisse ! Il vous parle de la campagne comme les vieux de chez nous, ceux qui ont toujours une anecdote ou une histoire à vous raconter, belle ou tragique, mais réaliste.

Un beau et grand roman, noir, sombre, lumineux, rempli d’émotions en tout genre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°8 – Livre se déroulant à la Campagne).

Le rat géant de Sumatra : Rick Boyer

Titre : Le rat géant de Sumatra

Auteur : Rick Boyer
Édition : Mycroft’s Brother (2003)

Résumé :
Selon les holmésiens du monde entier, il s’agit de l’un des meilleurs pastiches de Sherlock Holmes publié, depuis les histoires que sir Arthur Conan Doyle nous a livrées. On y retrouve le détective et son fidèle Watson opposés au rat géant de Sumatra, débarqué en Angleterre par un mystérieux personnage qui se révèle être une vieille connaissance de Sherlock Holmes.

Publié aux Etats-Unis en 1976, ce livre a été réédité aux Etats-Unis en 1998 dans un recueil de quatre aventures intitulé A Sherlockian Quartet.

La traduction, par un spécialiste holmésien, restitue parfaitement le style du docteur Watson, biographe officiel de Holmes. Une qualité rare en la matière.

Critique :
Tout ceux et celles qui ont lu « Le vampire du Sussex » connaissent cette phrase célèbre de Sherlock Holmes au sujet d’une certaine Matilda Briggs…

« Matilda Briggs n’est pas le nom d’une jeune fille, Watson, dit Holmes d’une voix lointaine. C’est le nom d’un navire dont le destin est associé à celui du Rat géant de Sumatra. Une histoire à laquelle le monde n’est pas encore préparé ».

Et on la trouve où, cette fameuse histoire du rat géant ? me demandez-vous.

Nulle part dans le canon holmésien car elle n’existe pas, elle fait partie de ce que les holmésiens ont nommé les Untold Stories, c’est à dire les histoires citées par Watson dans le canon holmésien, mais jamais écrites par Conan Doyle.

Lorsque j’avais acquis ce petit roman (175 pages, texte sur deux colonnes), j’avais eu une petite appréhension que les louanges faites à ce pastiche n’étaient pas parvenues à éteindre, échaudée que j’étais après avoir lu du grand n’importe quoi réalisé par d’autres auteurs qui avaient eu aussi brodé sur ce fameux rat géant.

Ma lecture initiale m’avait presque faite pleurer de plaisir tant le roman était fin, tant il n’avait pas sombré dans un gouffre abyssal de conneries ou de rats ayant la taille d’un poney.

Cette relecture fut tout aussi plaisante que la première fois, preuve qu’il était bon, ce petit pastiche, même s’il était cher (>20€).

L’auteur respecte tous les codes du canon holmésien et une fois de plus, cette untold stories pourrait très bien être intégrée aux véritables récits du Watson de Conan Doyle tant on s’en approche.

Richard Boyer, l’auteur, joue avec les codes, les utilise à bon escient, fait des références à des autres affaires, nous offrant un Sherlock Holmes et un Dr Watson proche des véritables, tout en ajoutant son style à lui.

Cherchez pas la petite bête, tout y est ! Et pour les lecteurs des aventures de Sherlock Holmes, il ne leur sera pas difficile d’éventer une ruse du détective puisqu’il l’avait déjà faite dans une certains histoire de malédiction canine (et rien à voir avoir avec un dentiste maudit).

Et bien justement, Le Rat Géant, c’est un peu comme avec Le Chien des Baskerville qui contentait une partie fantastique avec malédiction et chien géant sorti des Enfers, et qui se terminait par une explication rationnelle et logique.

L’auteur a bien manié son récit, mêlant habillement le caractère fantastique et mystérieux de l’enquête, tout en lui donnant un final réaliste et sans rien emprunter au fantastique, ce qui aurait été un peu trop facile.

Et si au départ on se demande où est l’histoire avec le rat, Holmes ayant une histoire d’enlèvement à résoudre, pas de panique, il arrivera bientôt, le mélange des deux enquêtes étant harmonieux et bien réalisé.

Du suspense, des rebondissements et un méchant bien travaillé et qui, comme tous les méchants de la terre, ne peut résister à l’envie de se vanter et d’exposer tous ses griefs à l’encontre de Holmes. Comme tous les méchants, en fait… Faudrait faire une étude psychologique sur cette propension qu’ont les Méchants à un peu trop causer.

Anybref, notre détective de Baker Street n’est pas tombé de la dernière pluie, il est loin d’être un imbécile et à plus du rusé renard que d’un lapereau de deux semaines.

L’auteur a aussi brillamment mit en avant la formidable amitié qui lie Holmes et Watson (et rien de plus, on se calme les filles !) et, tel dans l’aventure des « Trois Garrideb », nous avons un Holmes un peu ému à l’idée d’avoir fait prendre de grands risques à son ami. Un grand moment.

Le récit est digne d’un grand cru, vieilli en fût de chêne, il est A.H.O.C (Appelation Holmésienne d’Origine Contrôlée) et ne contient pas de sulfites.

A consommer sans modération parce qu’un pastiche écrit avec un tel savoir, se déguste avec sagesse.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

[FILMS] The Dark Knight – Le Chevalier noir : Christopher Nolan (2008)

The Dark Knight : Le Chevalier noir est un film de super-héros américano-britannique, réalisé par Christopher Nolan (anglais) et sorti en 2008.

Basé sur le personnage de fiction DC Comics, Batman, c’est la suite de Batman Begins sorti en 2005.

Cet opus décrit la confrontation entre Batman, interprété pour la seconde fois par Christian Bale, et son ennemi juré le Joker, joué par Heath Ledger (mort le 22 janvier 2008, avant la sortie du film).

Dans la continuité de ce reboot, il s’agit de leur première rencontre, quoique légèrement annoncée à la fin de « Batman Begins ».

La trilogie se conclut avec « The Dark Knight Rises », sorti en 2012.

Synopsis : 
Batman aborde une phase décisive de sa guerre au crime. Avec l’aide du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur Harvey Dent, il entreprend de démanteler les dernières organisations criminelles qui infestent les rues de sa ville.

L’association s’avère efficace, mais le trio se heurte bientôt à un nouveau génie du crime qui répand la terreur et le chaos dans Gotham : nommé le Joker.

On ne sait pas d’où il vient, ni qui il est. Ce criminel possède une intelligence redoutable doublé d’un humour sordide et n’hésite pas à s’attaquer à la pègre locale dans le seul but de semer le chaos.

Distribution :
Christian Bale : Bruce Wayne / Batman
Michael Caine :  Alfred Pennyworth
Heath Ledger : Le Joker
Gary Oldman : Jim Gordon
Aaron Eckhart : Harvey Dent / Double face
Maggie Gyllenhaal : Rachel Dawes
Morgan Freeman : Lucius Fox

Ce que  j’en ai pensé :
Disons-le de suite, je n’ai jamais une mordue des Comics de super-héros. Pourquoi ? C’est mon père qui m’a fait découvrir les bédés, tirées bien souvent de l’hebdo Spirou et donc de l’écurie Dupuis.

Les comics n’étaient donc pas présent dans la biblio familiale et je n’avais aucune référence.

J’ai commencé à les découvrir vraiment lorsque tous les films de super-héros sont sortis, dans les années 2000, avec des effets spéciaux dignes de ce nom.

Et je dois dire que si j’ai adoré les premiers X-Men ou les premiers Spiderman, je suis tombée sur le cul avec le film de Chistopher Nolan.

  • La scène d’intro est jouissive et culte ! (le braquage mené par la bande du Joker)
  • Christian Bale fait un excellent Batman, sombre, torturé, sexy en diable…
  • Son majordome est un ancien Sherlock Holmes (Michaël Caine – Élémentaire mon cher…. Lock Holmes)
  • Le Joker… La Némésis de Batman. Que dire de lui ?? Un maquillage de clown qui déborde de partout, des cheveux sales et gras, un type ultra-violent, un véritable psychopathe, anarchiste et très intelligent quand il s’agit de faire répandre le chaos dans Gotham…
  • Putain, le truc de fou !! Heath Ledger qui m’avait z’ému dans son rôle de cow-boy gay (Le Secret de Broke back Mountain) m’a, ce coup-ci, foutu un grande claque en interprétant le Joker. Son interprétation est tout simplement à couper le souffle. Un véritable psychopathe. Nicholson était déjà bon, mais ici, Heat surclasse tout le monde et il n’est pas encore né celui qui nous le fera mieux que lui.
  • Joker est l’égal de Batman mais en version noire, sombre, le MAL absolu, et Nolan s’est focalisé sur ce côté « mal » pour la psychologie du personnage.
  • D’ailleurs, je me demande si le Joker ne vole pas la vedette à Batman car dès qu’il apparaît, il prend tout l’écran avec sa présence.
  • Les personnages sont profonds, changeant, ni tout blanc, ni tout noir, tout en nuance de gris, à la limite de la rupture, du basculement vers le côté obscur. Ils sont réalistes, tout simplement.
  • Le scénario est riche et le triangle amoureux ne vire pas au gnangnan guimauve. Il possède aussi une multitude de petites intrigues qui s’enchaînent pour être au final toute liées et en former une seule.
  • Nolan ne se contente pas de nous pondre un film à gros budget (180.000.000 $) avec un super héros de chez DC Comics. Que nenni, le réalisateur aborde dans son film des grands thèmes tels que la dérive sécuritaire de l’après 11 septembre, l’individualisme de la société, la passivité des habitants face à un terroriste, nous offre quelques discours politiques bien sentis et, bien sûr, la lutte entre le bien et le mal, traduite sur grand écran comme jamais.
  • Il aborde aussi les thèmes de la criminalité et de la pègre de manières très réalistes et nous offre aussi une réflexion sur la justice.
  • Chose rare, le film ne tombe à aucun moment dans un manichéisme primaire.
  • Les dialogues sont parfaitement ciselés, aux petits oignons, soignés, magistraux.
  • Le film nous surprend souvent, joue avec nous et un seul visionnage ne nous permet pas de tout capter, de tout appréhender.
  • Double Face, personnage joué par Aaron Eckhart est appronfondit, travaillé, super bien interprété et certains disent qu’il est largement supérieur à celui interprété par Tommy Lee Jones.
  • The Dark Knight est un film noir, très noir, sombre, sans édulcorant, une sorte de thriller policier possédant, en plus d’un super-héros,  ses gangsters, son argent sale et ses braquages de banques. Oh, on dirait une pub pour vanter une ville !
  • Autre scène culte et fascinante de par ses dialogues : quand Batman dirige l’interrogatoire contre le Joker et que ce dernier pousse notre héros à ses limites de violences. Batman bascule du côté obscur de la Force en cédant aux provocations et se déchaîne brutalement sur le Joker…  Le tout est terrifiant car la scène est amplifiée par l’incroyable musique d’Hans Zimmer et de James Newton Howard.
  • La musique de Hans Zimmer…. J’adore ce compositeur, tout comme Enio Morricone, et une partie de ses musiques se trouvent dans ma playlist du smartphone et j’ai un faible pour le « Why so serious ? ». Vers les 2:30, ça commence à me faire dresser les poils sur les bras. Surtout en repensant à la scène où le Joker raconte à Rachel comment ses cicatrices sont arrivées sur lui.
  • Quoi ? T’es encore à me lire alors que tu dois aller voir ce film de suite si tu ne l’as pas encore vu ???

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda et  Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

The Full Monty : Peter Cattaneo [1997]

The Full Monty, ou Le Grand Jeu au Québec et au Nouveau-Brunswick (initialement intitulé Full Monty – Le Grand Jeu en France), est un film britannique réalisé par Peter Cattaneo et sorti en 1997.

Synopsis : 

Dans le nord de l’Angleterre, la ville de Sheffield a subi de plein fouet la crise de la métallurgie des années 1980.

Gaz est l’une des victimes de la morosité économique. Son horizon se limite aux usines désaffectées et aux friches industrielles. Séparé de sa femme, chômeur, Gaz se débrouille comme il peut pour conserver l’affection de son fils.

Dans ce quotidien plutôt terne, la venue des Chippendales, un groupe de stripteaseurs, crée l’événement.

Le succès phénoménal de ces messieurs inspire à Gaz une idée des plus saugrenues : monter son propre spectacle de déshabillage progressif.

Aidé de son corpulent ami Dave, Gaz organise une audition pour recruter les membres de la fine équipe et organiser les premières répétitions dans un hangar.

Ce que j’en ai pensé :
À l’époque, on avait beaucoup parlé de ce film et ma sœur et moi avions été le louer au vidéo-club du coin (oui, nous étions encore à l’époque des K7 vidéo !).

Les souvenirs de l’époque ? Du rire et des larmes, et surtout un sourire en forme de banane lors du visionnage du film et la bougeotte dans les jambes en entendant la bande-son.

Verdict en 2017, 20 ans après ? J’ai mal partout, j’ai vieilli, je me trémousse moins et si je le fais, ça craque de partout…

Oh pardon, je dois causer du film et pas de moi !

J’ai toujours autant adoré revoir le film qui a bien vieilli, je dois dire et la bande-son me fait toujours autant plaisir.

Le cinéma anglais a un truc que l’américain n’a pas et on le remarque dans ce film qui a tout de même une certaine finesse car jamais il ne tombe dans le racoleur ou le graveleux, même en parlant de striptease.

La brochette d’acteurs dévoile un jeu aux petits oignons, avec justesse, nous donnant des moments drôles (dans la file au Pôle-Emploi local) ou plus émouvants (quand on ne s’en sort pas parce qu’on a plus de boulot).

Il est vrai que voir ces bras cassés avec du bide, aucune tablettes de chocolat, de l’embonpoint, ne sachant pas danser monter un spectacle où l’on danse lascivement et où on montre une partie de la marchandise… ça fait peur et ça fait rire.

Un excellent film qui mélange les moments drôles avec les très touchant, un film dont le message est toujours d’actualité aujourd’hui (la crise), un film qui évite les lourdeurs, qui nous parle d’un sujet grave sans tomber dans le patos, qui nous montre comment ces gars vont tenter de s’en sortir, sans sombrer dans le grotesque.

Une comédie profonde, parce que sous le couvert de l’humour, on parle quand même de la crise en Angleterre.

Une comédie drôle et intelligente dont on ne se lasse pas.

Le coup de coeur est toujours là !

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Basil, détective privé – The Great Mouse Detective : Disney [1986]

Basil, détective privé (The Great Mouse Detective), ou Basil, le grand détective des souris au Québec, est le 33ème long-métrage d’animation et le 26ème « Classique d’animation » des studios Disney, sorti en 1986.

Il est inspiré de la série de romans Basil of Baker Street de Eve Titus et Paul Galdone parus entre 1958 et 1982, eux-mêmes basés sur le personnage de Sherlock Holmes créé par Sir Arthur Conan Doyle en 1887.

Synopsis :

Une nuit de l’année 1897, alors que l’inventeur Mr Flaversham célèbre l’anniversaire de sa fille Olivia, une horrible créature proche de la chauve-souris interrompt la fête et kidnappe l’inventeur.

Terrorisée, Olivia part chercher de l’aide auprès du célèbre détective Basil. Elle rencontre sur le chemin de Baker Street le Docteur David Q. Dawson, médecin militaire de retour d’Afghanistan.

Après avoir entendu son récit, Basil ne semble pas très intéressé jusqu’au moment où il comprend que l’auteur de l’enlèvement ne peut être que Fidget, la chauve-souris, stupide mais fidèle serviteur, du professeur Ratigan.

Ce dernier est un rat cruel et démoniaque, régnant sur les bas quartiers de Londres et qui n’a pour but que de renverser la Reine des Souris au Palais de Buckingham. Basil décide alors de mener l’enquête contre son ennemi de toujours pour sauver Mr Flaversham.

Ce que j’en ai pensé :
Honte à moi, nous étions en 2010 et je n’avais jamais vu ce classique de Disney alors que je suis une fan de Sherlock Holmes !

C’était Norah, avec qui je discutais via MP qui m’avait fait remarquer que c’était pas croyable que je ne l’ai jamais vu, alors qu’elle, bien plus jeune que moi, l’avais déjà vu 36 fois au moins.

À l’époque, j’avais mis ma culture holmésienne à jour et visionné le dessin animé et comme elle, je ne m’en lasse pas de le revoir.

Le Mois Anglais est une bonne excuse pour le revoir et en faire une chronique.

Je n’ai jamais compris comment j’avais pu louper ce dessin animé de Disney alors que ma grand-mère m’avait emmené voir le sombre « Taram et le chaudron magique »… Qui fut un bide chez Disney !

Je ne comprends pas comment ce classique qu’est Basil détective privé, est moins connu que certains navets genre Arielle…

Anybref, revenons à notre détective qui est une souris et qui a son trou au 221b Baker Street, chez un certain Sherlock Holmes, doublé par Basil Rathbone !

Comment est-ce possible, me direz-vous, sachant que l’acteur est décédé en 1967 !

Si l’acteur interprète, ici une fois de plus, le personnage qui l’a rendu célèbre – Sherlock Holmes – c’est grâce à d’un extrait sonore d’un de ses films. C’est aussi en son honneur que le héros du dessin animé se prénomme « Basil ».

On trouve également dans ce film de nombreuses références aux livres de Conan Doyle : le chien Toby (Le Signe des Quatre), le violon, le buste de Holmes sur une étagère (La Maison Vide), les nombreux déguisements de Basil…

Basil, c’est LE dessin animé où Disney renoua avec les souris et l’anthropomorphisme, puisque l’on savait bien, chez eux, que les souris, ça marchaient pluto bien (jeu de mot foireux avec le nom du chien de Mickey)…

Voilà un dessin animé qui mériterait qu’on parle plus de lui car il est bourré de rebondissements et possède un niveau graphique en avance sur son temps car la scène de l’horloge dans la Tour de Londres est la première à combiner de façon aussi importante des images de synthèse et une animation traditionnelle dans un long-métrage d’animation,  les 54 pièces et rouages de Big Ben ayant été générées par ordinateur.

Si les rouages de l’horloge de Big Ben ont été créés par ordinateur, les personnages, eux, ont été fait à la main et ensuite intégrés dans le décor. Ce qui donne lieu à une scène à couper le souffle.

De même, les animateurs sont parvenus à effectuer un « mouvement de caméra » qui suit le professeur Ratigan tout en tournant autour de lui.

Ce mouvement de caméra était fréquent dans les films avec des acteurs humains, mais n’avait jamais pu être utilisé dans l’animation jusqu’alors.

Ainsi, les studios Disney ont mêlé technologies et techniques traditionnelles pour donner un résultat dynamique, plein de vie et d’une esthétique sans pareille.

Sans oublier que l’on est face à une enquête bien réalisée, bien écrite, une excellente intrigue, du suspense, et une histoire assez complexe tout de même pour des bambins.

D’un côté, le Méchant Ratigan est un rat criminel qui veut qu’on le traite comme une souris (cette information est plus claire en version anglaise qu’en version française) et de l’autre, on a Basil, ce détective marginal excentrique qui ne supporte pas l’échec.

Quant à Dawson, c’est un médecin altruiste qui cherche toujours à bien faire le bien et à aider…

Pas d’ennui devant ce dessin animé, ça virevolte de partout, ça enquête, ça complote à tout va, le Grand Méchant Ratigan est une réussite à lui tout seul et vous savez tout comme moi que lorsque le méchant est réussi, le reste l’est aussi !

Au cas où vous ne le sauriez pas, le personnage de Ratigan est inspiré par l’acteur Vincent Price qui lui donne aussi sa voix en version originale.

Cet usage d’un acteur pour concevoir un personnage avait été fortement critiqué à la sortie du film Le Livre de la jungle (1967). Comme quoi, tout change avec le temps !

En tout cas, j’adore ce dessin animé et si vous ne l’avez jamais vu, c’est le moment où jamais de remettre votre culture à jour !

Et ne prenez pas l’excuse que c’est un Disney !

Cet animé n’a rien de gnangnan, que du contraire, et peut avoir deux lectures : celles pour vos bambins innocents et celle pour les adultes car dans ce Disney, on a tendance à être politiquement incorrect car il y a des coups de feu, de l’alcool, des cigarettes et des pipes, sans oublier que dans la VO-STFR, Ratigan qui dit à Olivia de « fermer sa grande gueule » (ce passage offensant a été redoublé pour le DVD/K7 français, et désormais il lui ordonne juste de se taire)…

Sans parler du passage avec la chanteuse de cabaret sexy…

Un enfant, ne comprendra pas tout ce qui se cache derrière cette simple phrase : « Laissez-moi vous gâter »…

Oui, j’adore ce Disney !

Le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.