Une colonne de feu : Ken Follett [LC Bianca]

Titre : Une colonne de feu

Auteur : Ken Follett
Édition : Robert Laffont (14/09/2017)

Résumé :
En 1558, les pierres patinées de la cathédrale de Kingsbridge dominent une ville déchirée par la haine religieuse. En Angleterre, Elisabeth Tudor devient reine et le pouvoir passe de manière précaire des mains des catholiques à celles des protestants.

Toute l’Europe se dresse contre elle. La jeune souveraine, habile et déterminée, crée les premiers services secrets du pays, afin d’être avertie à temps des complots qui se trament contre sa vie, des projets de rébellion et des plans d’invasion.

À Paris, Marie reine d’Écosse, proclamée souveraine légitime de l’Angleterre, attend son heure. Jeune femme séduisante et obstinée appartenant à une famille française d’une ambition sans scrupule, elle possède de nombreux partisans qui intriguent pour se débarrasser d’Elisabeth.

Ned Willard n’a qu’un désir : épouser Margery Fitzgerald. Mais lorsque les amoureux se retrouvent de part et d’autre de la fracture religieuse qui divise le pays, Ned se place au service de la princesse Elisabeth. En ce demi-siècle tourmenté où l’extrémisme attise la violence d’Edimbourg à Genève en passant par Paris, l’amour entre Ned et Margery paraît condamné.

Ned traque l’énigmatique et insaisissable Jean Langlais, espion français à la solde des catholiques, ignorant que sous ce faux nom, se dissimule un ancien camarade de classe qui ne le connaît que trop bien.

Elisabeth s’accroche désespérément à son trône et à ses principes, protégée par son petit cercle dévoué d’espions ingénieux et d’agents secrets courageux.

Critique :
« Les piliers de la terre » m’avaient tellement enchanté que je n’avais jamais osé lire la suite (Un monde sans fin), car elle ne se déroulait plus avec les mêmes personnages.

Sans la proposition de Bianca pour une LC, j’aurais zappé cette 3ème partie aussi, ce qui aurait été dommageable tant elle était aussi bonne que le premier tome.

Attention, c’est un sacré pavé ! Ne le laissez pas tomber sur votre pied, vous le casseriez.

Une fois de plus, Ken Follet nous emmène dans sa ville fictive de Kingsbridge en 1558, deux siècles après le premier tome et, aux travers de ses 928 pages, il nous conduira jusqu’à la conspiration des poudres en 1605, pour terminer son récit en 1620.

Durant tout ce périple, nous suivrons des personnages sympathiques, des enfoirés de salopards de première, des monarques, des hommes de pouvoirs, des religieux, des peureux, des courageux, des veules, des magouilleurs, des flagorneurs, des menteurs, des assoiffés de pouvoir,…

Une sacré palette, je vous l’avoue, mais impossible de confondre deux personnages ensemble tant ils sont différents physiquement et mentalement.

Dans leurs pensées, leurs paroles, leurs actes, j’ai trouvé que tout ce petit monde était bien en adéquation avec cette époque, entre les timorés qui craignent de pécher et d’irriter Dieu, ceux qui sont heureux que le curé de la paroisse ou l’Église les ait absous de leurs crimes passés et futurs, tout le monde était d’une justesse qui ferait sourire à notre époque, si nous croisions de telles personnes avec de telles pensées.

Oups, j’oubliais, on en a toujours dans nos sociétés… Tout aussi fous et fanatiques, hélas. Dieu, comme les religions, sont toujours de bons prétextes : quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage.

Avec l’idéalisme des très jeunes, elle affirma préférer mourir plutôt que trahir son Dieu.

Les puritains pouvaient désormais accuser allègrement les catholiques de compromettre la sécurité nationale. L’intolérance s’était trouvé un prétexte.

— Je pourrais être pendu pour cela.
— Vous n’entreriez que plus promptement au paradis.

Impossible de s’embêter, et même pour celui qui n’aime pas trop l’Histoire car Follet a un talent fou pour nous immerger dedans sans nous dégoutter, sans que l’on voit le temps passer, avalant les guerres de religions entre catholiques et protestants,  se passionnant pour les guerres de trônes (même sans les Stark, les Lanister ou les Targaryen), suivant avec passion la diffusion dangereuse des bibles en langue anglaise (seul le latin était admis), tremblant pour les personnages les plus emblématiques, les plus empathiques, croisant les doigts que les salopards s’étouffent en mangeant.

Aux yeux de l’Église, la Bible était le plus dangereux de tous les livres interdits – surtout traduite en français ou en anglais, avec des notes marginales expliquant comment certains passages prouvaient la justesse de la doctrine protestante. Le clergé catholique prétendait que le commun des mortels était incapable d’interpréter correctement la parole de Dieu et avait besoin d’être guidé. Pour les protestants, la Bible ouvrait les yeux des fidèles sur les erreurs du clergé catholique. Les deux camps considéraient la lecture de la Bible comme la question centrale du conflit religieux qui avait déchiré l’Europe.

Les guerres de religions ne datent pas de maintenant, chacun aimant souligner que son culte est meilleur que celui de l’autre, qu’il vénère Dieu mieux que l’autre, qu’il respecte mieux les règles que son voisin,…

— Pourquoi ne peuvent-ils pas se contenter de se passer d’idoles dans leurs propres lieux de culte ? Qu’ils laissent donc Dieu juger ceux qui ne sont pas de leur avis.

Les textes religieux ont de belles choses en eux, des plus dures aussi, les religions devraient nous élever et à la place, elles ne sont jamais que le prétexte pour certains d’obtenir plus de pouvoir, plus d’argent, plus de place au paradis, oubliant qu’il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’accéder au royaume des cieux.

La plupart des Français ne demandaient qu’à vivre en paix avec leurs voisins, quelle que fût leur confession, mais toutes les tentatives de réconciliation étaient sabotées par des hommes comme les frères de Guise, pour qui la religion n’était qu’un moyen d’accéder au pouvoir et à la fortune.

L’auteur ne prend jamais position pour l’une ou l’autre faction, les catholiques ont leurs défauts, les protestants aussi, chacun reprochant à l’autre ses propres péchés, ses propres exactions, reproduisant les crimes des autres, le tout débouchant sur un bain de sang lors de la Saint-Barthelemy.

La ville abreuvée de haine avait été au bord de l’explosion, attendant que quelqu’un allume la mèche. Pierre était celui qui avait frotté l’allumette. Avant l’aube du dimanche, jour de la Saint-Barthélemy, les rues de Paris étaient jonchées des corps de centaines de huguenots morts ou mourants.

Trois mille personnes avaient été tuées dans Paris et plusieurs milliers d’autres avaient trouvé la mort dans des massacres perpétrés dans d’autres villes.

Ken Follet reste neutre, même si aux travers de ses personnages, il nous livrera quelques petites réflexions très juste.

Sylvie cita un passage de l’Évangile selon saint Jean : « Les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière car leurs œuvres étaient mauvaises. »

Si tous ceux qui rencontraient des prêtres pusillanimes rejetaient Dieu, il n’y aurait plus beaucoup de chrétiens.

— Ah ! Je comprends. Ce n’est pas ma foi protestante qui te tracasse, c’est ma modération. Tu ne veux pas que tes fils sachent qu’on peut parler de religion posément et avoir des avis différents sans chercher à s’entretuer.

Pour le reste, il nous donne les faits, à vous de prendre position si vous le désirez, ou pas, parce qu’entre nous, les torts sont partagés et je n’ai pas croisé un dirigeant pour en relever un autre. Même si certaines dirigeantes furent plus tolérantes que d’autres.

— Quel est l’intérêt d’une loi que l’on n’applique pas ?
— De satisfaire tout le monde. Les protestants sont contents parce que la messe est illégale. Les catholiques le sont parce qu’ils peuvent tout de même aller à la messe. Et la reine est contente parce que ses sujets peuvent vaquer à leurs affaires sans s’entretuer pour des motifs religieux. Je te conseille vivement de ne pas aller te plaindre auprès d’elle.

— Ce ne sont pas des saintes. Il faut que tu comprennes une chose, Roger. Il n’y a pas de saints en politique. Mais des êtres imparfaits peuvent tout de même changer le monde et le rendre meilleur.

Un style d’écriture qui passe tout seul, pas ostentatoire, pas pédant, simple mais pas simpliste, une fresque magistrale, un voyage dans le temps exceptionnel, des personnages attachants (ou à tuer), travaillés, qui vous donneront une autre vision de l’histoire, qu’elle soit avec un H majuscule ou pas.

Parce que le passé éclaire souvent le présent, qu’il pourrait éviter de reproduire les mêmes erreurs d’antan, et que le fait de lire ce roman fera que vous vous coucherez moins bête (mais vous vous coucherez quand même).

Et puis, pourquoi se priver du plaisir de lire une grande fresque Historique aussi bien contée ? D’ailleurs, je vais me faire le tome deux, maintenant que je suis rassurée sur le fait que Ken Follet peut encore me faire vibrer avec d’autres personnages.

Mais pas tout de suite, ceux-ci sont encore trop présent dans mon cœur.

Allez, juste pour le plaisir, voici l’ancêtre du mojito que j’ai croisé dans les pages…

Elle versa un pouce de rhum dans chaque verre, mélangea une cuillerée de sucre, puis ajouta le jus de citron vert jusqu’à ras bord. Barney prit une gorgée. Jamais il n’avait goûté de boisson aussi délicieuse.
« Ma foi, convint-il. Vous avez raison. C’est la meilleure façon de le boire ».

Et, pour les coquin(e)s, une autre citation, qui, comme le disait si bien Magritte « Ceci n’est pas une pipe ».

S’agenouillant près de lui, elle défit le devant de son haut-de-chausses pour libérer son membre pâle et légèrement incurvé, se dressant dans une toison de boucles acajou. Elle le caressa amoureusement et se pencha pour l’embrasser, arrachant à Ned un soupir de plaisir. Une petite goutte de sperme apparut au bout de son gland, et elle ne put résister à l’envie de la recueillir du bout de la langue.

Lien vers la chronique de Bianca, ma collègue de lecture pour ce pavé monumental.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N° 36 – Historique).

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Les rumeurs du Mississippi : Louise Caron


Titre : Les rumeurs du Mississippi

Auteur : Louise Caron
Édition : Aux forges de Vulcain (18/05/2017)

Résumé :
Sara Kaplan, journaliste au New-York Times, reçoit la confession d’un ancien soldat, Barnes, vétéran de la guerre d’Irak. Barnes revendique le meurtre d’une tzigane de 17 ans.

Meurtre pour lequel un Indien a été condamné cinq ans auparavant à la peine capitale. Sara Kaplan publie la lettre. L’affaire occupe d’un coup le paysage médiatique et divise l’Amérique.

Sara est hantée depuis l’enfance par le suicide de son père, vétéran du Vietnam. En s’acharnant à vouloir montrer la responsabilité de l’armée dans la folie de Barnes, elle cherche à surmonter la tragédie qui a détruit sa famille.

Dans sa quête, Sara nous entraîne de New-York à Hué en passant par le Sud désenchanté des Etats-Unis en crise.

Elle dresse, au travers de ses personnages, un portrait de l’Amérique d’aujourd’hui, s’interrogeant sur le rôle de la presse, le racisme, la violence des conflits, et sur la malédiction qui condamne les gens sans mémoire à revivre sans fin leur passé.

Critique :
Voilà un roman qui, du haut de ses 294 pages, pèse pourtant très lourd, le poids des mots (sans le choc des photos) imprimés à l’intérieur lui donnant cette densité énorme.

Ce roman est l’un de ceux que l’on dévore en prenant son temps car l’encre est gluante de toutes ces vérités que l’on connait et qui ne sont pas toujours bonnes à dire, qui ne sont pas souvent dite…

Lors de la lecture, mon esprit a pris son temps afin de ne rien rater par une lecture trop précipitée qui aurait gâché ce morceau de choix.

Que les amateurs de rythme effréné comprennent bien qu’ici l’enquête de la journaliste Sarah Kaplan prend son temps et que nous ne sommes pas dans un thriller où toutes les fins de pages sont en clifhanger mais je peux vous garantir qu’il n’y a pas besoin de courses poursuites pour être happé par ce récit.

Dans cette histoire, l’auteur, au travers de son personnage de Sarah Kaplan, journaliste au très célèbre New-Yokk Times, va vous entrainer dans ce que l’on pourrait nommer l’Amérique profonde, celle qui est raciste par habitude, parce qu’on les a éduqué ainsi et parce qu’à leur âge, on ne les changera plus.

L’auteur va aussi nous plonger dans les affres post-guerre d’Irak et du Vietnam, au travers des parcours de deux vétérans,  l’un étant son père (mort) et l’autre étant Niko Barnes qui a écrit au journal pour s’accuser d’un meurtre.

Comme je le disais, l’enquête menée par Kaplan afin de démêler le vrai du faux se déroule sur un rythme lent, mais petit à petit, on empile les faits et les infos comme des briques, les personnages jouant le rôle du ciment.

Et dans un brouillard qui se lève, le bâtiment commence à prendre forme sous nos yeux qui n’en peuvent plus de lire ce que nous suspections déjà (du moins ceux qui ont un cerveau et qui l’utilise pour réfléchir) sur l’Armée, les guerres, la Justice et sur l’Amérique elle-même.

Quand tout est terminé, on reste groggy de tout ce qu’on a lu, de tout ce qui nous a fait mal au bide et que l’auteur nous a dévoilé avec le talent de ceux qui peuvent nous apprendre des choses que nous soupçonnions déjà depuis longtemps.

À la fin du roman, il nous manquera quelques pièces que nous devrons sculpter nous-même car dans la réalité, on ne sait pas tout et il est des mystères dont nous saurons jamais le fin mot.

Un superbe roman coup de poing, une plume qui était belle, trempée ainsi dans l’encrier où flottait quelques gouttes de venin qui donnera des sueurs froides à certains qui pensent que ne pas réfléchir est la bonne solution, et même à ceux qui réfléchissent déjà…

— Je connais les chiffres, dans quelques années se sera nous, les Blancs, qui seront en minorité. Et une minorité, je ne vous apprend rien, à vous journaliste, se replie toujours sur son identité. Ses valeurs.

— Ces Blancs-là, se sentent mal aimés, mal défendus. Ils ont une revanche à prendre, et à la prochaine élection, il y a tout à parier qu’ils soutiendront un type qui leur parlera de la supériorité des Américains blancs, qui leur fera miroiter le retour de la prospérité. Le fameux rêve américain. Plus les gens sont en bas de l’échelle plus ils ont besoin d’entendre qu’on prendra en compte leurs intérêts spécifiques. Ils veulent relever la tête, êtres fiers d’appartenir à la classe populaire. Ils choisissent un homme providentiel qui se dira plus vertueux que les élites actuelles, qui démolira la presse, les étrangers, et leur promettra de travailler pour eux d’abord, avec honnêteté. Amercia First. Il les attrapera avec des slogans sur la grandeur de l’Amérique comme on attire des guêpes avec du miel. Ils céderont aux sirènes de patriotisme. Ce sera un vote identitaire, que vous le vouliez ou non.

Un roman boueux comme le Mississippi qui déborde, emportant tout sur son passage, et aussi tortueux que tous ses méandres.

Pour le coup, je remercie les éditions Aux Forges de Vulcain pour la publication d’un tel roman, son auteure pour avoir pris le temps de nous mitonner un tel roman aux petits oignons et à Babelio d’avoir fait suivre.

J’essayais de passer en revue les massacres qui ornaient la cabane, l’aigle, un renard, un tête de cerf, un dix-corps, un castor, une belette…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)  et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

[SÉRIE] Westworld : La série qui a lifté le western de papa !

Westworld est une série télévisée américaine de science-fiction créée par Jonathan Nolan et Lisa Joy, et notamment produite par J. J. Abrams et Bryan Burk, et diffusée depuis le 2 octobre 2016 sur HBO.

C’est l’adaptation télévisée du film Mondwest (Westworld) écrit et réalisé par Michael Crichton en 1973.

La série est diffusée en version originale sous-titrée en français depuis le 3 octobre 2016 en France sur OCS City, en Belgique sur Be 1 et en Suisse sur RTS Un. Elle est diffusée en version française depuis le 9 janvier 2017 en Belgique sur Be Séries.

Synopsis :
Westworld est un parc d’attractions futuriste recréant l’univers de l’Ouest américain (Far West) du XIXe siècle. Il est peuplé d’androïdes, appelés « hôtes » (hosts), réinitialisés à la fin de chaque boucle narrative.

Les visiteurs, appelés « invités » (newcomers), peuvent y faire ce qu’ils veulent sans aucune conséquence.

Mais à la suite d’une mise à jour du programme des androïdes, les dirigeants du parc devront faire face à plusieurs bugs dans leur comportement.

Musique :
Ramin Djawadi compose la bande originale de la série. Il a déjà travaillé avec la chaîne HBO sur Game of Thrones et avec Jonathan Nolan sur la série Person of Interest.

En plus des compositions originales, Ramin Djawadi réarrange des chansons modernes dans des versions pour piano de saloon ou orchestre symphonique. Il explique vouloir souligner avec ce choix l’anachronisme de la série mettant en scène des robots au Far West.

Dans la première saison, il réarrange par exemple des chansons de Radiohead (No Surprises, Fake Plastic Trees), des Rolling Stones (Paint It, Black), de Soundgarden (Black Hole Sun), de The Cure (A Forest), de Nine Inch Nails (Something I Can Never Have), de The Animals (The House of the Rising Sun) ou d’Amy Winehouse (Back to Black).

Ce que j’en ai pensé : 
Je ne sais pas comment te dire, chez ami(e) lecteur(trice), ce que je ne sais pas écrire… faudrait que j’invente des mots qu’existent pas dans le dico…

(toute ressemblance avec une chanson n’est absolument pas fortuite)

Westworld, c’est une série qui mélange le western avec la SF et de cet accouplement étrange est né un beau bébé, un bébé compliqué, faut bien suivre ses premiers pas et ne rien rater de son retheutheu mais je vous jure que ça vaut le coup de poser ses fesses sur une chaise, un fauteuil, un canapé (biffez la mention inutile ou inconfortable) et de se délecter de cette série qui, en 10 épisodes, te chambouleront tout.

Imaginez un monde où vous pouvez faire ce que vous voulez : braquer la banque, violer le banquier, vous taper la tenancière du bordel du coin et flinguer le pianiste si celui-ci a fait une fausse note…

Rien ne vous sera reproché ! Emprisonnerait-on un gosse qui a hurlé de joie dans une attraction de Disney ? Non.

Et ici, nous sommes aussi dans un parc, une sorte de Disney Land version cow-boys et indiens et on a le droit de flinguer tout les habitants de ce petit monde ! On s’en fout, se sont des robots !

Des robots qui ressemblent follement à des humains, mieux que le Canada Dry ©, et qui n’ont absolument pas conscience d’être des robots.

« Et le huitième jour, l’Homme créa des robots humains, ou des humains robots »…

Lorsque l’Homme joue à Dieu, ça donne quelque chose de joli, de novateur, mais c’est bien entendu imparfait, tout comme nous. Un androïde, ça bugue, ça foire, et ça pourrait aussi ne pas s’en tenir au scénario chargé dans sa carte mère, son processeur, son A.I…

Et c’est, à chaque fois, par la souffrance et la douleur des souvenirs régurgitant dans le subconscient des hôtes que passe leur humanisation et l’évolution de leur conscience, car la douleur est une des sensations rendant certains souvenirs plus facile à se remémorer que d’autres.

Niveau acteurs, rien à redire, Ed Harris est flippant en homme en noir à la recherche d’un autre truc dans le parc, lui qui le hante depuis des lustres, Anthony Hopkins est charismatique en concepteur de parc, sorte de Dieu créateur. Mais je ne me fierais pas à lui…

Les autres, je les connais moins bien, mais chacun est à sa place dans son rôle et leur jeu d’acteurs donne une série réaliste à tel point qu’on a l’impression que tout est vrai et que nous assistons à tout, en tant que témoin impuissant.

Et puis, les bandits ont des gueules à l’emploi, mais certain ont un côté sexy et ne sont pas toujours les salopards cruels que l’on pourrait croire.

Sexy l’ami. Tu m’enlèves ??

Le scénario est riche, dense, fouillé, faut bien tout suivre consciencieusement, d’ailleurs, cette série, vaut mieux se la taper toute d’un coup ou en peu de jours, c’est plus facile pour tout remettre en place ensuite.

Oui, cette série fait travailler tes neurones, car elle est remplie de flashbacks, de sauts entre le monde faux et le monde réel des concepteurs de ce Parc, c’est rempli d’allusions à d’autres personnages dont on ne sait rien, mais qui entretiennent le mystère et le suspense.

Entre les flashbacks de Dolores, ses multiples vies, son aventure avec Logan et William, les nouveaux scénarios du parc qui sont ajoutés au fur et à mesure, la possibilité qu’il y ait autre chose derrière le jeu, l’homme en noir, les conflits en interne, les androïdes qui commencent à réfléchir, à sortir des scénarios préconçus ou encore la mention de ce fameux Arnold qui hante la conscience de nombreux hôtes au sein du parc, il y a de quoi remplir sa petite tête.

Il arrive il descend… l’homme en noir… Men in black

Alors on a déjà un scénario béton, des personnages fouillés, qui évoluent, qui cachent des choses, qu’ils soient robots ou humains, on a des visiteurs qui révèlent leur vraie nature, du rythme, de l’action, des flashbacks et, et…

Une bande-son à se damner, mes aïeux ! Ramin Djawadi n’est plus à présenter, il a déjà conçu entre autre la bande-son de « Game of Thrones » qui est somptueuse et celle de « Person of Interest, » que je ne connais pas.

Sa reprise de « Paint It Black » des Rolling Stones (une de mes chansons préférées), reprises au piano bastringue et illustrant la scène où les bandits viennent flinguer tout le monde dans la ville, donne des frissons de plaisir sur les bras. Une telle chanson ça collait bien à la scène et son changement de tempo, de musique, était surprenant, frais, et j’adore.

Tout est bien travaillé dans cette série qui sors des sentiers battus, que ce soit la musique, ou tout ce dont je viens de vous parler, mais aussi les costumes, les décors, les acteurs, tout est réaliste, magnifique et on sent que les concepteurs n’y ont pas été avec le dos de la cuillère pour nous offrir un tout grand spectacle.

Bon, ce n’est pas pour les t’its n’enfants non plus, car on a de la violence omniprésente durant tous les épisodes, et des nus, aussi… Fatalement, on stocke les androïdes dans leur plus simple appareil, alors, les nibards, les chattes et les bistouquettes, ça défile !

Autre chose, la preuve qu’il faut être attentif : il y a une timeline à partir d’un moment et on retourne en arrière, dans le passé. Comment le sait-on ? Les logos de la société Westworld changent !

Timeline

Bon, je sais aussi que certains crieront à la caricature avec William qui, gentil petit monsieur, choisira un chapeau blanc alors que Logan, son pote et beau-frère, prendra un chapeau noir car il n’a pas l’intention de rester sagement assis sur une chaise, lui !

Et si certains dialogues étaient bluffants, originaux, pas piqué des vers, il y a de temps en temps une réplique un peu basique, téléphonée, ou ne volant pas très haut, mais bon, dans l’ensemble, c’est une goutte d’eau !

Anybref, si tu n’as pas encore découvert cette série, il est plus que temps de le faire parce que c’était une véritable révolution, un peu comme le fut LOST en son temps, mais je croise les doigts que les concepteur ne nous sortent pas une fin comme ils le furent pour l’autre série…

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Blueberry – Tome 12 – Le spectre aux balles d’or : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 12 – Le spectre aux balles d’or

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1972)

Résumé :
En 1868, malgré la menace de bandes apaches, Blueberry et MacClure parcourent un désert de l’Ouest américain pour arrêter « Prosit » Luckner, un meurtrier à la recherche d’une fabuleuse mine d’or.

Leur prisonnier Wally Blount, un tueur sans scrupule, forge lui aussi des plans pour mettre la main sur la mine. Tous les quatre s’enfoncent dans la mesa du Cheval mort, ignorant qu’un « spectre aux balles d’or » la protège.

Critique :
La quête de l’or n’est pas terminée, et même si on s’en rapproche tout doucement, on n’est pas sûr d’y arriver en entier !

Dans le tome précédent, on avait tiré l’outre à alcool qu’est Jimmy McClure d’un mauvais pas, dézingué un gros connard d’enfoiré de sa mère et blessé l’autre.

Voilà maintenant Blueberry, Jim McClure et Wally (un des enculé de chasseurs de primes) à la poursuite de Prosit Lückner qui compte bien mettre la main sur l’or et se le garder pour lui tout seul.

Véritable course-poursuite à cheval, le gibier devenant parfois le chasseur ou le chasseur devenant gibier, le tout sous les attaques violentes de Apaches menés par Petite Lune, nos amis progressent dans ce désert toujours aussi impitoyable à la vitesse de rats morts, assoiffés qu’ils sont, épuisés aussi.

— Brrr ! ces mines sont sinistres ! Je suis sûr que c’est plein de fantômes.
— Bah ! ton haleine parfumée au whisky les fera fuir.

Et quand tout ce petit monde retrouve ce salopard de magouilleur de Prosit Lückner (ça rime), faudra toujours garder un oeil sur lui car maintenant, nos deux amis voyagent avec deux serpents à sonnettes (rattlesnake) !

Pour celui ou celle qui aime avoir du texte dans sa bédé, il va être servi car il y a tellement à lire que ces 54 pages donnent l’impression d’en faire 62, tant on met du temps à arriver au bout.

Non pas que c’est compliqué à lire, juste que les auteurs ne se sont pas contentés de dessiner des p’tits Mickeys, mais ils ont ajouté des placards de textes et vous en aurez pour vos sous, croyez-moi !

Bon, parfois, ils auraient pu s’abstenir de mettre du texte à des situations qu’on était tout à fait capable de comprendre de par nous même, sauf si nous ne possédons pas de cerveau, mais bon, je suis une habituée de Blueberry et j’ai toujours ma dose de lecture une fois que j’en termine un.

Du tout bon, du tout grand, de l’excellence faite bédé, tout simplement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Blueberry – Tome 11 – La mine de l’Allemand perdu : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 11 – La mine de l’Allemand perdu

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1972)

Résumé :
En 1868, en Arizona, le lieutenant Blueberry, qui assure à titre provisoire les fonctions de marshall d’une petite ville frontière, traque dans le désert un escroc et un meurtrier, « Prosit » Luckner, qui recherche une mine d’or légendaire, située au cœur des monts de la Superstition, la montagne sacrée des Apaches.

Il doit tout à la fois venir à la rescousse de son vieux complice, Jimmy MacClure, qui s’est laissé prendre aux rêves de richesse que lui a fait miroiter l’escroc, barrer la route à deux tueurs sans scrupule attirés eux-aussi par la mine d’or et échapper aux pièges du désert comme aux attaques des guerriers apaches.

Petit Plus : La Mine de l’Allemand perdu est le onzième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin).

Publié la première fois en 1972, c’est le premier du cycle de l’or de la Sierra (deux tomes).

Cet album et le suivant, « Le Spectre aux balles d’or », ont également été publiés dans le diptyque « Les Monts de la Superstition ».

Il serait inspiré par le western « L’Or de MacKenna » sorti en 1969, ainsi que par la légende américaine de la mine d’or du Hollandais perdu et du roman de James Oliver Curwood « Les Chasseurs d’or. »

Critique :
Cela faisait longtemps que je n’avais plus vidé une bouteille de gnôle avec ce rascal d’outre à alcool qu’est Jimmy MacClure ! J’avais le gosier sec, il était temps que je m’abreuve à une série western plus réaliste que Lucky Luke.

Mike Blueberry a été nommé shérif intérimaire de la petite ville de Palomito et voilà qu’il a un drôle de gugusse qui atterrit dans sa prison : le baron Werner Amadeus von Luckner, digne descendant de l’une des plus illustres familles de la maison de Prusse !

Cet énergumène que l’on surnomme « Prosit » se dit être un ex-élève officier aux cadets de la Garde Impériale, docteur en médecine et en théologie, présentement ingénieur géologue.

Nous comprendrons qu’il est aussi un véritable escroc, une pitoyable enflure, un menteur patenté et pathétique, un roublard, un salaud de première classe et un embobineur de classe mondiale.

Dans ce diptyque qui se poursuivra avec « Le spectre aux balles d’or », les auteurs nous plongent dans une petite ville remplie de sable, de caillasses avant de nous balader dans un désert impitoyable, avec peu d’eau et des serpents à sonnettes humains.

Leur tout de force ? Avoir réussi à créer un personnage de la trempe de Prosit, le genre de type qu’on a envie de frapper, un mec qui se pavane avec une carabine en main, mais qui geint comme une gonzesse lorsque les rôles changent et qu’il se tient du mauvais côté du revolver (ou de Winchester).

Nous y ajouterons deux vautours, des rattlesnake digne de ce nom, des Apaches et une mine d’or qui, si elle existe, se trouverait sur la Mesa du Cheval Mort, dans les Monts de la Superstition, lieu sacré pour les indiens.

Ça va dépoter grave, accrochez-vous au pommeau de votre selle, perdez pas votre eau et gardez votre flingue dressé…

Blueberry est de la veine des westerns réalistes, où le héros souffre, en voit de toutes les couleurs et où tout tourne mal souvent pour lui, à la différence d’un Lucky Luke, mais bon, les deux hommes qui tirent très vite n’évoluent pas dans le même milieu.

Blueberry, c’est sombre, violent, les couleurs oscillent dans des tons jaunes ou très sombre et en lisant un album, croyez-moi, vous en aurez pour votre argent car ça ne se lit en deux coups de cuillère à pot !

C’est 48 pages de concentré du meilleur de ce qui se fait de mieux, ça se déguste, ça se lit en douceur, faut bien mâcher pour ne pas avaler de travers et prendre ensuite le temps de digérer cette grosse pièce car on est face à un scénario travaillé, en béton armé, du lourd, du tout bon.

Et ça se poursuivra dans la suite où là, on monte encore d’un cran dans la densité de ce qui se déroule dans ses pages, à tel point que vous vous croirez dans un 62 pages !

Au fait… s’il vous plaît, oubliez le film de Jan Kounen avec Vincent Cassel dans le rôle de Blueberry, ce film bien que s’inspirant de ce diptyque, ne vaut pas un pet de chien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

L’histoire en Bandes Dessinées – T1 – L’épopée sanglante du Far West * Face aux Peaux-Rouge et aux hors-la-loi : Joly

Titre : L’histoire en Bandes Dessinées – T1 – L’épopée sanglante du Far West * Face aux Peaux-Rouge et aux hors-la-loi

Scénariste : Octave Joly
Dessinateurs : Cicuendez & Hardy

Édition : Dupuis (1974)

Résumé :
Sous-titré « Face aux peaux-rouges et aux hors-la-loi », cet album est le premier d’une magnifique série consacrée aux petites et grandes histoires de l’Histoire.

Ce premier opus est consacré au Far-West en huit histoires :

« Maha contre le cheval de feu ». Les guerres indiennes contre le chemin de fer qui traversent leurs territoires…

« L’indienne mystérieuse ». L’expédition de Lewis, qui traversera les Etats-Unis, de la côte Atlantique à celle du Pacifique en 1804.

« Sous la menace du colt ». La vie de Samuel Colt, l’inventeur du révolver qui allait révolutionner les armes de poing.

« La momie au chameau ». Des chameaux au Texas. Les indiens en parlent encore…

« Le shérif intrépide ». La vie de Wyatt Earp, shérif de Dodge City.

« Duel à O.K. corral ». Ce titre veut tout dire…

« La diligence de la mort ». Tombée dans un précipice, oubliée, une vieille diligence, retrouvée par Buffalo Bill, sera le clou de son spectacle en Europe.

« Astor fonde Astoria ». La vie de John Astor qui, parti de rien, réalisera une immense fortune et une célèbre dynastie.

Critique :
Ceux qui me suivent depuis un certain temps savent que j’ai été biberonné aux bandes dessinées et que j’ai tété les mamelles de l’hebdomadaire Spirou que possédait mon père.

Chez nous, l’Oncle Paul, c’est un sacré personnage et c’était toujours un plaisir de lire ces belles histoires, ces petites histoires qui éclairaient la grande.

On s’instruisait en se divertissant, on apprenait des choses, on engraissait sa culture générale et on découvrait des tas de choses dont on ne soupçonnait même pas l’existence !

Servi par des dessins réalistes et réalisés par les plus grands auteurs de cette génération (Jijé, Piroton, Malik, Sirius, Hubinon) des années 60-70, les plus belles histoires de l’Oncle Paul ont régalé toute une génération de lecteurs de Spirou, dont moi, qui découvrait les vieux magazines conservés précieusement par mon paternel.

Cet album est donc une compilation, une anthologie de ces célèbres « Histoires de l’Oncle Paul » qui paraissaient dans l’hebdomadaire Spirou.

Ici, pas de chose gentillettes, même si nous étions dans un hebdo jeunesse, on n’est pas non plus dans le monde des Bisounours, et bien qu’on ne voit pas de sang dégouliner, on voit tout de même des morts, de l’esclavage, des gens riches donner des ordres à des plus pauvres ou des Blancs s’enfonçant de plus en plus dans les territoires des Indiens.

Ici, la version du duel à O.K Corral est moins tendre que celle parue dans un Lucky Luke, l’histoire des dromadaires est moins drôle que dans Les Tuniques Bleues et la construction du chemin de fer se fit dans le sang et non l’humour comme dans Lucky Luke.

Nous sommes dans de la bédé réaliste, avec des dessins loin des gros nez, et des scénarios qui doivent coller à l’Histoire, même si on la romance et que l’on ne sait jamais tout.

Ce fut un véritable plaisir de remettre la main dessus et de le relire. En plus, les pages sont plus épaisses que dans une bédé traditionnelle, ce qui donne la sensation d’avoir plus que 44 pages.

Mais hélas, on arrive au bout de l’aventure et il nous faut refermer le livre, avec un soupir de tristesse, mais avec la sensation que l’on vient de vire une folle épopée !

Du tout bon. Rien à jeter.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

De cauchemar et de feu : Nicolas Lebel [Critique – Défi CannibElfique]

Titre : De cauchemar et de feu

Auteur : Nicolas Lebel
Édition : Marabout (03/05/2017)

Résumé :
Paris, jeudi 24 mars 2016 : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.

À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules : IRA. Le capitaine Mehrlicht fait la grimace.

Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.

Critique :
Qui a dit que la lecture n’élevait pas l’esprit ? Et bien, j’invite tous ceux-là à ouvrir un roman de Nicolas Lebel afin de comprendre qu’il existe des lectures qui volent plus haut que certaines !

Mais pas sûr que ces gens-là comprendront… Ou alors, ça leur donnera mal à leurs petites pensées étriquées…

Lire un roman de Nicolas Lebel leur collera une migraine de puissance 10 sur l’échelle de Richter. Moi, j’adore et il ne me donne pas mal au crâne avec ses réflexions.

Son commissaire Mehrlicht n’est pas ce que l’on peut appeler un dieu grec (private joke) niveau physique. Il en est même l’opposé, lui qui ressemble à une grenouille qui se serait faite écrasée pas un camion, puis dessécher au soleil et enfin, mâchouillée ensuite par un renard…

Pourtant, c’est toujours un plaisir de retrouver ma petite grenouille fumeuse de Gitane et adepte de bons mots, ainsi que ses deux lieutenants, Latour, la jolie rousse et Dossantos, le bodybuildé adepte de séries et qui connait, pas cœur, le code pénal.

En découvrant un assassiné dans les chiottes d’un pub tenu par un irlandais à Paris, avec deux balles dans chacun des genoux, notre capitaine à la gueule chiffonnée ne pensait pas mettre les pieds dans un bordel pareil et suivre un tueur fou à la trace, suivant les cadavres, ses curieux dessins et ses inscriptions, écrites dans un sabir inconnu de notre flic de choc.

Non, « Na dean maggadh fum » n’est pas une future inscription sur les paquets de clopes. C’est du gaélique et si le conflit irlandais était loin dans votre mémoire, après lecture de ces pages hautement addictives, vous pourrez aller devant Julien Lepers et répondre à ses questions pour un champion tout en fredonnant « Ah ça IRA, ça IRA ».

Nicolas Lebel a cette fois-ci choisi de nous entraîner dans le passé, dans les années 60-70, dans une Irlande séparée, dans une Irlande déchirée, dans une Irlande du Nord en proie à l’envahisseur protestant qui n’est pas un tendre et qui a tout d’un criminel en puissance. La résistance s’organise et elle ne fera pas dans la dentelle non plus.

Alternant les sauts dans le passé et dans le temps, passant de l’Irlande d’hier au Paris d’aujourd’hui, l’auteur, avec sa verve habituelle, nous en donne pour nos sous niveau tension et les réflexions profondes de ses personnages sont aussi douces à l’esprit qu’un cappuccino crémeux l’est pour la gorge en souffrance.

Ça glisse tout seul dans ton cerveau non formaté par les médias et tu te dis qu’il y a encore des personnes qui ont un cerveau et qui savent mettre en page leurs pensées, leurs vérités, la réalité.

Du capitaine Mehrlicht pur jus, sans filtre, sans additifs, sans édulcorant et autres saloperies. Et du capitaine Mehrlicht, tu peux en fumer tant que tu veux, c’est bon pour la santé mentale ! Sauf si t’as pas de cerveau…

Maintenant, je me demande ce que le prochain opus nous réserve parce que notre « rebel » Lebel vient encore de placer la barre très haute avec une enquête qui était très bien menée, travaillée, addictive, intrigante, intéressante et qui, contrairement à ce que je pensais, n’était pas aussi simpliste que je le pensais  !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Pourquoi je l’ai choisi (Par Stelphique) :

Nous étions impatientes de nous retrouver ma binomette et moi, pour une nouvelle LC spécial Lebel ! Vous le savez, on s’est lancé dans cette saga à deux depuis le tout premier Merlicht, alors on ne change pas une habitude comme ça… Le number 4 sort, on se jette dessus en duo!!!!

Synopsis :

Paris, jeudi 24 mars 2016 : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.  À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules : IRA.

Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.

Dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage, et revient aujourd’hui rallumer les feux de la discorde à travers la capitale.

Ce que j’ai ressenti :… Un feu de légende, dans un cauchemar réel…

Depuis, que j’ai découvert Monsieur Lebel, je ne peux plus me passer de ses répliques bien senties et de son personnage atypique le capitaine Merlicht !

Toujours le plaisir de me plonger dans ses enquêtes qui fleurent bon les références littéraires et le goût du savoir-vivre! Je suis fan de cet auteur mais…

Dans cet opus, j’ai moins retrouvé toutes les belles envolées de bons mots, j’ai cherché toute la magie qui fait que j’adore lire ses enquêtes, il m’a manqué la petite pétillance qui fait toute la différence…

— Laisse tomber, ce sont des tièdes. Je vomis les tièdes. Juste un trio de quiches ! Des quiches tièdes.

Pour autant, l’auteur nous donne une enquête flamboyante, avec un travail de recherche précis et une mise en lumière d’un conflit brûlant ! C’était très instructif !

En plus, j’ai trouvé cela super intéressant de voir que le terrorisme peut avoir d’autres parallèles, influences et noms,  mais reste toujours  que le fanatisme religieux fait des ravages explosifs dans les esprits, et surtout, qui fait tomber bien des vies…

« Le bon combat est celui qui est engagé au nom de nos rêves. »

Nicolas Lebel nous donne un ressenti de l’intérieur d’une cellule terroriste, il nous dévoile un jeune homme simple qui bascule…

J’ai trouvé cela, très intéressant, puisque ce n’est pas un concept nébuleux d’une simple tuerie, mais tout un engrenage qui conduit à la catastrophe…

Une approche donc plus intime, et un personnage qu’on voit lentement se perdre dans un éclair blanc…

J’ai adoré aussi que la réalité se mélange au folklore, qu’on est, non seulement une approche politique et sociale de l’Irlande mais aussi, une légende imprégnée et furieuse, propre à ses terres…

Le Far Darrig est une créature de cauchemar et de feu.

L’équipe devra jouer avec les timing et les contrecoups pour garder un minimum de cohésion.

En tout cas, je suis impatiente de lire la prochaine enquête, car il semblerait que l’osmose de groupe en est pris un coup, donc cette fin laisse présager quelques évolutions de personnages qui seront sans doute intéressant à découvrir…

Pour autant, avec ma binomette, on reste plus unies que jamais, et le prochain Lebel sera sans doute lu en LC, parce que l’amitié, il n’y a que cela de vrai ! (Je plussoie ! © Cannibal)

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Lien vers la chronique de Stelphique

Fleur de tonnerre : Jean Teulé

Titre : Fleur de tonnerre

Auteur : Jean Teulé
Édition : Julliard (2013) / Presse Pocket

Résumé :
Ce fut une enfant adorable, une jeune fille charmante, une femme compatissante et dévouée. Elle a traversé la Bretagne de part en part, tuant avec détermination tous ceux qui croisèrent son chemin: les hommes, les femmes, les vieillards, les enfants et même les nourrissons.

Elle s’appelait Hélène Jégado, et le bourreau qui lui trancha la tête le 26 février 1852 sur la place du Champs-de-Mars de Rennes ne sut jamais qu’il venait d’exécuter la plus terrifiante meurtrière de tous les temps.

Critique (par Ida) :
Le 26 février 1852, le couperet de la guillotine se chargeait de débarrasser le beau pays de France de sa première sérial killeuse historiquement identifiée.

Stéphane Bourgouin et ses sociopathes made in USA peuvent aller se rhabiller ! À côté d’elle c’est de la gnognotte !!!

Jean Teulé, romancier piqué d’histoire vient en effet nous présenter dans ce petit roman au verbe enlevé et piquant, le parcours de la trop discrète Hélène Jévago, qui passa totalement inaperçu en des temps politiquement troublés et où le choléra faisait tellement de victimes que ses méfaits purent rester longtemps perdus dans l’ombre de l’épidémie.

Née le 17 juin 1803 dans un village paumé du fin fond de la Bretagne, où l’on ne parlait point encore le français, et où les mythes locaux comme celui de l’Ankou, sorte d’ange de la mort squelettique qui venait chercher les âmes avec son chariot qui couine et dont les grincements annonçaient les prochains trépas…

Élevée par ses tantes dont une mourra curieusement, grandissant dans un milieu frustre, privée très jeune de sa mère, elle apprendra la cuisine et partira gagner sa vie comme domestique dans les maisons bourgeoises…

Jouant de malchance, les membres des familles qu’elle sert et qui apprécient ses fameuses soupes aux herbes et ses terribles gâteaux à l’angélique disparaissaient les uns après les autres dans d’horribles souffrances digestives tandis que la belle Hélène les assistaient dans leurs derniers moments avec un rare dévouement faisant l’admiration de tous.

L’ennui c’est qu’une fois que toute la maisonnée est partie poursuivre tranquillement son éternité au cimetière…

Hélène qui aime aussi pas mal le vin et faucher de petits objets à ses victimes, se retrouve sans emploi et doit changer de maison…

Et là voici partie à travers la Bretagne, décimant des familles entières sur son passage avant de se faire coincer par un qui pro quo absurde après des années de longs et loyaux sévices (la faute est volontaire) !

Sur 97 tentatives de meurtres qui lui seront reprochées, elle n’en aurait réussies « qu’une » soixantaine, et seulement cinq de ses assassinats pourront lui être reprochés devant les tribunaux, les autres étant trop anciens et donc prescrits.

Jean Teulé accompagnera Hélène par son récit jusqu’aux assises et sur l’échafaud, nous racontant la petite histoire imbriquée dans la grande.

Son style dynamique, et plein d’humour restitue avec habileté le profil psychologique que l’on peut imaginer à ce personnage particulier de tueuse probablement psychotique, et qu’il parvient même à nous rendre attachante.

Une adaptation cinématographique de ce petit roman qui se lit d’une traite, est sortie au cours de l’année 2017… Et je me dois de la voir.

En attendant… Une chose est certaine, ce livre ravira les habitués du Cannibale Lecteur: une recette qui sent l’arsenique et rassemble tous les ingrédients que l’on aime : écriture qui dépote, sérial killeuse…

Et surtout… Histoire vraie ! Un bijou incontournable.

Le donjon du bourreau – Frère Athelstan – Tome 2 : Paul Doherty

Titre : Le donjon du bourreau [Deuxième des riches et navrantes aventures de frère Athelstan]

Auteur : Paul Doherty (Paul Harding)
Édition : 10-18 (2000) / 10-18 (2013) – Nouvelle couverture

Résumé :
Décembre 1377. Le dominicain Frère Athelstan a des problèmes avec ses ouailles. Le Mal rôde dans le cimetière dont il a la charge et plusieurs corps ont été mystérieusement déterrés.

Mais Sir John Cranston, le coroner de Londres, dont il est l’assistant, le réquisitionne pour élucider une autre affaire aussi étrange.

Le gouverneur de la Tour de Londres, Sir Ralph Whitton, vient d’être assassiné. Il avait reçu un étrange message quatre jours auparavant et craignait pour sa vie.

Les suspects sont nombreux et les deux limiers devront chercher dans le passé de la victime pour comprendre ce meurtre étrange commis dans une pièce fermée de l’intérieur et gardée par des soldats dévoués.

Critique :
Après avoir arpenté le Londres de Jack ou de Sherlock Holmes, j’ai eu envie de changer d’époque.

Ni une, ni deux, j’ai encodé une nouvelle date dans ma DeLorean : direction Londres en décembre 1377 ! Putain, ça caille !

Mince, je me suis trompée de date ou la machine a bugué parce que j’ai atterri près de Chypre, en juin 1362, sur un bateau immobilisé sous la canicule…

Bon, vaut mieux ne pas s’attarder, des galères barbaresques viennent d’assaillir le petit navire et ce fut « pas de quartier ».

Après ce petit détour, me voici bien arrivée  à Londres, en pleine période de l’Avent (décembre). C’est la bonne date, la Tamise est gelée, il y a de la neige, tout le monde se gèle les miches et l’intro sous le soleil était courte mais horriblement intense.

Pataugeant dans la neige, mon fidèle destrier me conduit à Southewark, chez le frère Athlestan est bien et malgré qu’il soit un homme d’église, notre rencontre se déroule on ne peut mieux. C’était ma première fois avec lui…

Dans la littérature policière, les duos atypiques sont légions car non seulement les opposés s’attirent, mais en plus, un tandem disparate emmènera mieux l’attelage qu’une paire de même caractère, le fougueux entraînant le calme qui lui même tempérera les ardeurs du plus nerveux.

Un duo composé d’un homme d’église et d’une homme de loi n’est pas une nouveauté non plus, puisque notre bon vieux frère Cadfael enquêtait aux côtés de Hugh Beringar dans une Angleterre médiévale elle aussi.

On aurait pu dire, en poussant un lourd soupir « Rien de neuf sous le soleil », mais je vous rassure de suite, il n’y a rien de commune entre les deux !

Si Cadfael a connu le monde et est devenu moine ensuite dans une congrégation, le Frère Athelstan est un frère prêcheur (un prêtre), a sa propre paroisse, en sort quand il veut et son ami le coroner qu’il assiste, Sir John Cranston, a tout d’un Gérard Depardieu éructant, jurant comme un charretier, malmenant tout le monde, rotant, pétant sans vergogne, buvant comme un soiffard (ou un trou) et bouffant comme quatre.

— Si vous rudoyez un peu les suspects, avait-il un jour proclamé, ils ont moins de temps pour concocter leurs mensonges. Car, comme vous le savez, mon frère, la plupart des criminels sont des menteurs.

Oui, comme je le disais plus haut, le duo est atypique, mais pas besoin de fouetter cette belle paire – dont l’un est empâté – car si Sir John s’arrête à toutes les chapelles que sont les auberges, frère Athelstan tente de modérer sa consommation de boissons alcoolisées.

Une chose m’a frappée (aie) : l’auteur connait l’Histoire d’Angleterre sur le bout des doigts et met ses connaissances à profit pour nous décrire une ville de Londres comme si nous y étions (ou comme si lui l’avait arpentée avec les voyages Thomas Cook).

Ses descriptions sont criantes de vérités, sans pour autant devenir longues à lire et les moeurs de cette époque troublée sont racontées aux travers des actions ou réflexions de nos personnages, le tout sans devenir lourd ou ennuyant.

Avec des mots savamment recherchés, utilisant un langage riche (définitions de certains mots en bas de page, sinon, ouvrez le dico), il nous dépeint des lieux, des situations, le fonctionnement de la Tour de Londres, la vie à cette époque, la dichotomie dans la population (les riches d’un côté, les très pauvres de l’autre) et ça te donne une putain d’atmosphère.

— Malheur à cette ville ! Malheur à ses officiers corrompus ! Malheur à ceux qu’ils servent, à ceux qui, vêtus de soie, se vautrent sur leurs couches luxurieuses, à ceux qui se gorgent de bonne chère et de vins capiteux. Ils n’échapperont pas à la tempête qui se lève ! Comment peuvent-ils commettre le péché de gloutonnerie quand leurs frères humains meurent de faim ? Telle est la question à laquelle ils devront répondre !

N’ayons pas peur des mots, j’en ai bavé de plaisir.

La Tour se dressa devant eux. Remparts abrupts, tourelles, bastions, merlons et créneaux, tout était recouvert de neige. Masse de pierre taillée, l’imposante forteresse semblait avoir été bâtie non pour défendre Londres, mais pour la réduire à l’obéissance.
— Quel endroit sinistre ! marmonna Cranston. Le Donjon du Bourreau.
Il jeta un coup d’œil perplexe à Athelstan.
— Nos vieilles connaissances, la Mort et le Crime, y rôdent.

De plus, la manière de parler des personnages, certaines tournures de phrases, des réflexions, ou les jurons sont d’époque et vieillis en fût de chêne ! Le tout sans devenir pompeux ou lourd à lire.

Si j’ai une aversion pour les gens du clergé (et si des gens du clergé me lisent, tant pis), j’ai pourtant un gros faible pour le frère Athelstan qui est un prêtre qui se soucie de ses ouailles, qui s’énerve de temps en temps, qui jure, même, aussi, et qui a des sentiments pour la veuve Benedicta, même si le tout reste platonique, l’auteur ne nous faisant pas entrer dans l’intimité des nuits du frère Athelstan…

Quant à son ami, le coroner Sir John Cranston, cette grande gueule qui se fait tout petit devant sa femme, ce grand engoufreur de nourriture devant l’Éternel (qui est le berger de frère Athlestan), ma foi, son côté impétueux me plaît bien.

— Et bien, il vous ressemblera comme deux gouttes d’eau : pas un cheveu sur le crâne, rougeaud, buvant tout son saoul, pétant et rotant sans cesse, braillant continuellement et faisant de grands discours sans queue ni tête !

L’enquête sur des morts atroces survenues dans la Tour de Londres est remplie de mystères puisque nous avons le principe de la chambre close, et quand bien même j’avais deviné la méthode pour assassiner le gros porc qui y dormait, et de ce fait, avait le coupable, je n’ai pas boudé mon plaisir car le tout est entraînant et un véritable bonheur de fin gourmet à lire.

Certes, pour savourer ce genre de roman, faut aimer :

  • Les whodunit L’époque
  • Une enquête qui va piano
  • Les descriptions détaillées des ruelles traversées ou des lieux

Arpenter ces venelles de Londres, juchée sur la croupe du cheval de frère Athelstan fut une belle aventure que je compte bien réitérer, après avoir acheté les autres romans de la collection, puisque, pas de bol, celui que j’avais acheté pour le tester – en seconde main – était le tome 2 et que je ne possédais que celui-là.

Anybref, avec ce polar historique, j’ai eu ma dose car c’était de la bonne came littéraire !

PS : Entre nous, si j’adore les romans se passant sous l’époque victorienne, je n’aurais pas eu envie, par contre, d’y vivre, mais là, j’ai encore moins envie de vivre sous cette époque moyenâgeuse !! Z’ont pas la wifi, connaissent pas les mojitos et pour trouver une café digne de ce nom, faut même pas essayer !!

— Le seul et vrai spectre, c’est la peur. Elle brise l’harmonie de l’intelligence et trouble l’âme. Elle crée une atmosphère de danger et de sourde menace. Notre assassin se révèle à la fois extrêmement habile et subtil : il parvient exactement à ses fins.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

[SÉRIES] Rillington Place : La série qui te place dans La Place !

La chaine britannique nous propose une mini-série, « Rillington Place » qui se penche sur l’histoire du tueur en série John Christie qui a sévi durant les années 1940 et le début des années 1950.

Ce tueur est déjà bien installé dans la culture populaire, avec le film « L’Étrangleur de la place Rillington » sorti en 1970. Il est aussi le personnage principal du roman (et de son adaptation) « Thirteen Steps Down ». Sans oublier qu’une reconstitution concernant Christie est visible dans la Chambre des Horreurs au musée de Madame Tussaud à Londres.

Cette histoire vraie est donc maintenant au cœur de Rillington Place, minisérie en trois épisodes scénarisée par Ed Whitmore et Tracey Malone. Chaque épisode nous relate les faits selon une perspective différente.

Synopsis : Le titre fait référence à l’adresse où a vécu au début des années 40 jusqu’en 1953 John Reginald Christie (Tim Roth), le tristement célèbre tueur en série qui a au moins sept meurtres de femmes à son actif.

Chaque épisode nous offre un point de vue différent : le premier étant celui de son épouse Ethel (Samantha Morton), le second celui de Timothy Evans (Nico Mirallegro), une victime collatérale de Christie, lequel occupe le devant de la scène au troisième épisode.

Ce que j’en ai pensé : Pensez à vous munir d’un chandail épais pour visionner cette série car elle donne froid partout !

John Reginal Christie a tout d’un looser, d’un homme « on l’voit, on l’voit plus »… Il est insignifiant et vous ne vous en méfierez pas.

Vous auriez tort et se sera sans doute la dernière chose que vous ferez de votre vie car le Christie en question n’est pas une salle de vente, ni une auteure à succès de romans policiers, mais un serial killer.

Tim Roth est parfaitement crédible dans le rôle, méconnaissable, son regard est froid, ses manières doucereuses, il marche doucement, les mains derrière le dos, la bouche un peu entrouverte, avec les jambes écartées, comme s’il avait fait un gros paquet dans son slip ou comme s’il possédait une grosse paire de couilles…

Sa femme, la pauvre, est effacée, sous sa coupe, la parfaite femme qui s’occupe de son mari et qui baisse les yeux devant lui. Pourtant, elle l’aime ! Et elle ne se pose pas trop de questions.

Nous sommes fin des années 30, début des années 40 et on continuera après la Seconde Guerre Mondiale à suivre cet homme qui fait froid dans le dos.

L’atmosphère est aussi responsable du froid qui m’a envahi les os : leur rez-de-chaussée est miteux, sombre, avec un papier peint qui cloque, des portes qui grincent, des clinches qui couinent, le jardin en friche, peu de lumières, des meubles dont la déchetterie n’en voudrait pas.

Et notre Christie qui se déplace dans son rez-de-chaussée avec lenteur, comme s’il avait du mal à bouger… Il est effacé ! On le voit, on le voit plus, on ne le remarque pas, ou si peu, on l’oublie vite, ou alors, on lui fait confiance.

Parlons un peu d’Ethel, voulez-vous… Madame Christie. Je ne saurais dire si elle est coupable à 100% car la pauvre avait le cul entre deux chaises : elle croyait son mari et le jour où elle s’est opposée à lui, il a tenté de l’étrangler.

Ok, après être partie, elle est revenue chez lui, la queue entre les jambes. Mais gardons en tête le contexte et l’époque : à ce moment là, l’épouse ne la remmenait pas, elle croyait son mari et quand elle a voulu parler de son mari qui avait un comportement étrange, on lui a suggéré de mieux s’occuper de lui !

Oui, il y avait des indices ou du moins, des trucs vachement mouches, mais Ethel passe à côté, elle n’additionne pas, ou si elle le fait, elle se garde bien d’afficher la réponse de peur de comprendre.

Si la 1ère partie était glaçante à être aussi proche du tueur, la deuxième le sera encore plus car là, on descend encore plus bas dans l’abject et j’ai mis mes mains devant ma bouche pour ne pas hurler lorsqu’on a découvert la petite Geraldine et que l’on a pendu Tim, innocent des crimes dont on l’accuse.

Un innocent pendu… L’horreur absolue !

Par contre, lorsque passera la corde autour du cou de Christie, là, je me suis dis que la mort était trop douce et qu’il aurait fallu le pendre, l’écarteler, le guillotiner, le sodomiser, l’éventrer, le fusiller, l’électrocuter et plus, si affinités.

Lorsque le mot fin apparaît en bas de l’écran, on est sur les genoux. Pas à cause du rythme trépidant, mais à cause des atmosphères rendues dans cette série de 3 épisodes qui prennent aux tripes.

Sans nous la jouer avec des effets dignes des films d’horreur, le réalisateur nous offre quelques heures d’angoisses absolues et une fois terminé, on a envie de regarder « Le monde de Dory » ou tout autre animé joyeux !

Le pire est que c’est tiré d’une histoire vraie… Et que personne n’a rien vu !

Rillington Place est une série dérangeante, hypnotisante à cause de sa putain de mise en scène anxiogène et des trois points de vue proposés. C’est foutrement efficace !

Je ne peux pas lui mettre 5 Sherlock et un coup de cœur car ceci n’était pas une fiction… Ce serait limite morbide. Pourtant, je ne peux que vous la recommander… 

Si vous vous sentez prêts à pénétrer dans une atmosphère glauque et sombre…

Question : Et vous, que préférez-vous ? Un coupable en liberté  ou un innocent au bout d’une corde ? Parce que de mon côté, c’est toujours pour cette raison que je suis contre la peine de mort : on a déjà pendu/électrocuté/… des innocents.