L’étrange incident : Walter Van Tilburg Clark

Titre : L’étrange incident

Auteur : Walter Van Tilburg Clark
Édition : Actes Sud L’Ouest, le vrai (02/06/2016)
Édition Originale : The Ox-Bow Incident (1940)
Traducteur : Camille Guéneux

Résumé :
Lorsque, un jour de printemps, la nouvelle d’un vol de bétail et de l’assassinat du jeune et populaire cow-boy Kinkaid se répand, les hommes de Bridger’s Wells forment une milice pour venger ce crime.

Mais est-ce vraiment dans l’intention de rendre justice à l’un des leurs et de reprendre le bétail volé ? En moins de 24 heures, cette affaire en apparence simple dévoilera la psychologie complexe d’une communauté isolée et livrée à elle-même.

Huis-clos au grand air, ce western, déjà traduit par Gallimard en 1947, que nous publions dans une version révisée, rend palpable la vie des cow-boys au milieu du XIXe siècle dans une vaste région d’élevage au sud-ouest des États-Unis.

À travers le récit d’un témoin direct des agissements de ce groupe violent, Walter Van Tilburg Clark dresse le portrait d’hommes égarés et dénonce justice expéditive et tyrannie de la majorité.

Critique :
L’effet de la meute… Tout le monde en a au moins fait une fois les frais dans sa vie ou pire, a hurlé avec la meute et ne se souvient plus trop bien du pourquoi du comment.

Maintenant, avec les réseaux sociaux, il est facile et rapide de rameuter la meute et de la faire hurler sur n’importe qui à propos de n’importe quoi, généralement une chose que cette personne à dite ou à faite et qui nous met en rage, alors qu’on devrait laisser couler.

Ici, un jeune garçon arrive tout affolé parce qu’on a tué un cow-boy du rancher Dew : Kinkaid. De plus, ces derniers temps, bon nombre de vaches ont été volées.

La goutte d’eau qui fait déborder le vase et monter la pression est le fait qu’on ait tué ce cow-boy et volé une soixantaine de bêtes. 28 cavaliers vont se mettre sur la piste des voleurs et assassins, le tout sans aucune accréditation aucune du shérif, au mépris de toutes les règles et avec l’intention de les pendre haut et court.

Les suiveurs, tel un troupeau de vaches mené par celle qui est dominante, suivront les meneurs. La raison du plus fort est toujours la meilleure et la majorité l’emportera toujours sur la minorité…

— […] Nous ne sommes pas des Indiens qui se contentent d’une misérable et lâche vengeance. Nous voulons la justice, et la justice ne s’obtient ni par la hâte ni par la colère.

Sherlock Holmes se méfiait des émotions et il avait raison : les émotions telles que la haine, la rage, la colère, vont aveugler ses hommes et les mener à une expédition que bon nombre n’auraient jamais accompli si ont leur avait donné le temps de réfléchir et s’ils n’avaient pas eu peur de passer pour des lâches, pour des mauviettes, devant les autres.

La plupart des hommes ont peur par-dessus tout d’être pris pour des lâches, et la lâcheté physique est pire à leurs yeux que la lâcheté morale. On peut cacher la lâcheté morale sous un tas d’arguments bruyants, mais même un animal sent quand un homme a peur. Si la rareté fait le prix d’une chose, le courage moral est alors d’une qualité cent fois supérieure à celle du courage physique.

Ne pas y aller aurait été perçu comme un acte de lâcheté, alors, tout le monde y est allé sans écouter une seule fois la voix de la raison. Un meurtre avait été commis, du bétail volé, il fallait des coupables, des boucs-émissaires pour passer sa rage dessus…

Ce western sombre met du temps à se mettre en place, la première moitié du roman servant à mettre en place les deux protagonistes principaux, Art Croft et son ami Gil  Carter, ainsi qu’une partie de ceux qui composeront cette bande de joyeux lyncheurs, occupés à attendre au carrefour que le posse comitatus (*) soit au complet.

[…] il suffisait de se mettre assez en colère pour ne pas avoir peur d’être dans son tort. Et c’était bien ce qu’ils étaient tous en train de faire. Chaque fois qu’un nouveau cavalier arrivait, ils le dévisageaient, comme s’ils le haïssaient, comme s’ils trouvaient qu’il commençait à y avoir trop de monde. Et il continuait d’en arriver ! Chaque minute qui passait rendait l’intervention de Davies plus ardue.

La seconde partie fait monter la pression, on sait qui sont les meneurs, on sait qui sont les hommes pas très chaud pour cette justice expéditive et une fois les hommes trouvés, là, on atteint des sommets niveau battements du cœur.

L’effet de meute joue en plein et l’auteur fustige cela en poussant loin la psychologie des personnages, leurs idées, leurs pensées, leurs dialogues, leurs actions. Muet, on assistera à l’horreur de l’acte au petit matin blême, dans un froid piquant, ne sachant pas trop quelle position adopter tant l’ambiance est malsaine et oppressante.

— Vous vous moquez pas mal de la justice, lui lança Martin. Ça vous est bien égal de pendre des innocents ou des coupables ! Vous n’en faites qu’à votre tête. Quelqu’un s’est fait voler quelque chose et il faut qu’un autre en subisse les conséquences. Vous ne voyez pas plus loin que ça.

Un lecture que j’ai terminée sur les genoux, dégoutée de l’Humain, le souffle court une fois la pression retombée, avant que l’auteur ne me repique avec une discussion entre Croft et Davies, le plus modéré de l’histoire expliquant que tout le monde avait déjà trouvé qui rendre responsable de tout ceci, oubliant déjà que personne ne les avait obligé à aller rendre justice eux-même et qu’ils y étaient parti avec cette volonté de pendre des hommes…

On peut se sentir terriblement coupable sans avoir rien fait, quand les gens qui se trouvent avec vous ne vous font pas confiance.

Il démontra que c’était tout aussi vrai quand ce mépris de la loi vient d’un chef ou d’un peuple. Il se propage alors comme une maladie, dit-il, et devient infiniment plus meurtrier, quand la loi est dédaignée par des hommes qui prétendent agir au nom de la justice, que quand elle est simplement inefficace, ou même quand ceux qui sont élus pour l’administrer sont des hommes malhonnêtes.

Un western noir rempli d’émotions à l’état brut, une piqûre envers la société américaine qui n’interdit le lynchage qu’en 1946 et un livre qui malgré son âge (édité en 1940), a toujours des relents de réalisme tant cet effet de meute est toujours présent, les lynchages se faisant médiatiquement, maintenant, avec toutes les conséquences graves qui peuvent en découler.

— Pas si directement que ça, me répondit-il, pas si ouvertement. Nous le faisons, parce que nous sommes dans la meute, parce que nous avons peur de ne pas être acceptés dans la meute. Nous n’osons pas montrer notre faiblesse à la meute. Nous n’osons pas résister à la meute.

L’Homme sera toujours un prédateur pour l’Homme, ne s’attaquant pas au plus faible, mais à celui qu’il jalouse, qui lui fait de l’ombre… Tout en se donnant moult justifications pour expliquer son geste.

— Il y a une différence : nous avons des raisons.
— C’est la même chose, dit-il durement. Cela nous rend-il meilleurs ? Pires, dirais-je. Les coyotes, du moins, ne se donnent pas d’excuses. Nous nous imaginons vivre d’une façon supérieure, mais comme eux nous continuons à chasser en bandes comme les loups, à nous terrer tels des lapins. Tous leurs plus vilains traits.
— Il y a une différence, dis-je. C’est nous qui soumettons les loups et les lapins.
— Vous parlez de pouvoir, dit-il amèrement.
— Sur vos loups, et sur les ours aussi.
— Oh ! Nous sommes intelligents, fit-il du même ton. Nous ne les soumettons que pour exercer notre pouvoir. Oui, nous avons su leur inspirer la crainte à tous, excepté à ces pauvres choses domestiquées que l’on a privées d’âme. Nous sommes les coqs des tas de fumier, les brutes de ce monde.
— Nous n’allons pas chasser le lapin ce soir, lui rappelai-je.
— Non, mais notre propre espèce. Un loup ne le ferait pas, pas même un coyote galeux. C’est ça que nous faisons maintenant, chasser notre propre espèce. Le gibier a cessé de nous exciter.

[…] Ce que chacun de nous désire le plus passionnément est la puissance. Si on osait, on laisserait tomber la meute. Mais on n’ose pas, alors on s’en sert, on la manipule pour qu’elle nous aide à perpétrer nos petits massacres. Nous nous sommes rendus maîtres des chevaux et du bétail. Maintenant il nous faut dominer notre prochain, faire de l’homme un animal domestique. Le tuer pour nous en nourrir. Et plus la meute est petite, plus la part de chacun est grande.

[…] Je vous dis qu’elles sont pires que des loups. Elles ne se débarrassent pas des impotentes, elles se débarrassent des meilleures. Elles s’associent pour faire tomber celles qui ne veulent pas se mêler à leurs sales ragots, celles qui ont plus de beauté, de charme, d’indépendance, de tout ce qu’elles n’ont pas. 

(*) Le posse comitatus est le droit donné à un shérif ou à un autre officier de police d’enrôler des hommes pour l’assister dans le maintien de la paix ou dans la poursuite et l’arrestation de hors-la-loi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

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Blueberry – Tome 15 – Ballade pour un cercueil : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 15 – Ballade pour un cercueil

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1974) – Le Lombard (1974-1977)

Résumé :
Ballade pour un cercueil est le quinzième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin). Publié en 1974, c’est le dernier album du cycle du trésor des Confédérés (trois tomes).

Presque tous les acteurs de l’album précédent convergent vers un « pueblo abandonné », Tacoma, à la recherche du trésor des Confédérés.

Après avoir affronté les jayhawkers et Lopez à plusieurs reprises, la troupe de Blueberry ramène le trésor à la frontière des États-Unis, où elle aura à faire face au commandante Vigo, aux jayhawkers à nouveau et à un chasseur de primes.

Critique :
Voilà un album comme nous n’en verrons sans doute plus de nos jours car il est composé de 72 pages d’aventures pures et dures.

Maintenant, business oblige, on couperait l’album en deux.

Franchement, ici, on en a pour ses sous, niveau lecture, car le début de l’album est composé de longs textes expliquant l’origine de Blueberry, cet homme bourru, têtu, bagarreur, buveur, coureur de jupons, de pistes, au nez cassé et qui poste un nom de gonzesse (Myrtille).

Avant même l’émergence de la saga « La jeunesse de Blueberry », nous en savions enfin plus sur ses origines et je peux vous dire que malgré le fait que je connaisse les origines de mon lieutenant de cavalerie préféré, cela m’a fait plaisir de les relire.

Dans ce lourd album dense, notre lieutenant court toujours après le fameux trésor des confédérés, il n’est pas le seul et sa piste sera jonché de cadavres car dans cette course à l’or, tous les coups bas sont bien entendus permis.

Zéro temps mort, même pas pour laisser souffler les bêtes, des balles qui sifflent, des tombes que l’on creuse, un cercueil qui va faire un long voyage, des trahisons, des coups bas, des aides improbables, du whisky, de fausses pistes, de jeu de cache-cache, de chausses-trappes et j’en passe.

Du rythme sans perdre son souffle, un suspense maintenu tout au long de l’album et des surprises en veux-tu en voilà !

Je ne sais pas ce qu’il en est des nouvelles éditions, mais dans l’ancienne, on a beaucoup de couleurs monochromes et des cases coloriées tout dans le même ton, ocre ou bleu gris. Si on a l’habitude, ça ne fait pas de mal aux yeux, mais si on ne l’a pas, on pourrait être surpris.

Cet album met aussi en avant la fièvre de l’or et ce que l’Homme est capable de faire pour en obtenir, devenant fou devant ce métal jaune, prêt à trahir ou à mourir pour lui.

Les auteurs étant impitoyables pour leurs personnages, ça va saigner et on ne comptera plus les morts à la fin de l’odyssée du trésor des Confédérés. C’est sombre, violent et tous les travers de l’Homme sont réunis dans ces pages.

Personne n’en sortira indemne, personne n’en sortira grandi et certains partiront les pieds devants…

Un tournant dans la saga Blueberry, une trilogie qui marque, un peu à l’image du diptyque « L’or de la sierra » dont je vous parlais l’année dernière (Ici et ).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Sept – Tome 13 – Sept Détectives : Herik Hanna & Eric Canete

Titre : Sept – Tome 13 – Sept Détectives

Scénariste : Herik Hanna
Dessinateur : Eric Canete

Édition : Delcourt (23/05/2012)

Résumé :
Londres, 1920. Une série de meurtres atroces frappe la ville.

À chaque nouvelle victime, non loin des corps, Scotland Yard retrouve une liste de sept noms : ceux des sept plus grands détectives connus de par le monde, invités à participer à l’enquête… par le tueur lui-même.

Sept détectives dans le salon de l’un d’entre eux, Ernest Patisson, détective Suisse installé là depuis peu.

Autour de lui, Adélaïde Crumble, institutrice retraitée ; Frédérick Abstraight, ex-inspecteur du Yard, qui a traqué en vain « l’égorgeur de Greenhill » ; Martin Bec, de la PJ française ; Richard Monroe, détective privé de Los Angeles ; le docteur Eaton « aide de camp » du plus grand détective du monde, Nathan Else, qui est bien évidemment présent à cette réunion hors du commun.

Aucun des ces fins limiers ne se doute de la raison de leur convocation chez Patisson, qui l’ignore lui-même…

Malgré le scepticisme général face aux menaces du criminel, ces derniers acceptent de relever le macabre défi.

Critique :
« 7 détectives », ou comment se prendre un bon coup de poing dans le plexus ! Je viens de finir de le lire et je suis encore sous le choc.

Pourtant, en ouvrant par curiosité cette bédé dans un magasin, j’avais passé mon tour, les dessins ne m’aguichant pas. C’est une connaissance qui l’avait lue qui me l’a vivement conseillé. J’ai écouté et j’ai bien fait.

Une seconde lecture ne serait pas pour me déplaire, afin de repérer ce que j’aurais pu manquer… Même si je ne suis pas séduite par les dessins, je le fus par le scénario bien fichu.

L’histoire se passe en juillet 1920. Depuis quelques semaines, une série de meurtres ont frappé la ville de Londres.

Trois meurtres ont eu lieu pour le moment, sans lien apparent, hormis une lettre, laissée à chaque fois, un simple chiffre 7 inscrit sur celle-ci et une liste, comme un appel, comme un défi, celui des 7 plus grands détectives connus à travers le monde…

Ces 7 détectives sont finalement réunis, dans la demeure d’un d’entre eux, afin d’en découdre avec celui qui a mis à défaut la police locale durant ces dernières semaines et qui a osé les défier sur leur propre terrain de jeu : le crime…

Première question que je me suis posée : qui est ce mystérieux narrateur qui nous signale que ces pages ne sont pas destinées à être lues ? On se doute que c’est l’un des témoins de cette enquête, il le dit lui-même plus bas. Mais la question sera, jusqu’à la fin : QUI ? (il nous sera dévoilé).

Bon sang, d’entrée de jeu je suis déjà en train de faire tourner les rouages poussifs de mes méninges en découvrant cette première page de la bédé couverte d’une écriture manuscrite.

Ensuite, nous passons aux dessins et par une présentation de nos sept protagonistes.

Tour à tour, chaque enquêteur se présente au capitaine MacGill, qui les a réunis, à ses confrères et à nous aussi également.

A la différence d’autres bédé, la présentation des personnages se fait sur des grandes planches, une page étant consacrée à chacun d’entre eux.

Les sept premières pages sont donc consacrées à nos détectives.

Dialogues croustillants, plongée dans l’ambiance, découverte du caractère de chacun et on imagine bien que l’affaire ne va pas être une partie de plaisir, sauf pour nous, le lecteur.

Sept personnages : trois Britanniques, une presque Écossaise, un Américain, un Suisse et un Français.

Sept personnages face à un meurtrier… du 7 contre 1.

A savoir que certains sont la copie de personnages de romans policiers : le docteur John Watson (nommé ici John Eaton) et Sherlock Holmes (nommé ici Nathan Else).

Le cadre est posé, les personnages se sont présentés et les crimes nous sont expliqués. Et les questions se multiplient.

Qui a commis ces crimes ? Pourquoi ? Pour quelle raison réunir ces 7 experts du crimes ? Pourquoi 7 ? Qui est ce fichu narrateur ?

Voilà un petit aperçu de toutes les réflexions qui m’ont submergées au fil des pages.

Je nageais dans le brouillard, comme les personnages eux-mêmes.

Au fil de ma lecture, les morts s’empilant comme des paquets aux pieds d’une femme un jour de soldes, j’entrevis une hypothèse qui se révéla payante.

Sans vouloir jeter le discrédit sur tous les auteurs de romans policiers, on peut dire que TOUS les scénarios possibles et inimaginables ont été écrits en ce qui concerne les coupables (surtout si on a lu Agatha Christie) : du majordome à la bonne, en passant par le jardinier, sans compter celui qui avait un alibi en béton armé, le narrateur, le détective lui-même, le flic, le mort qui se faisait passer pour mort, la victime qui s’est tuée sans le faire exprès, celui qui s’est suicidé faisant accuser un autre, celui qui n’avait aucun mobile,…

Bref, là-dessus, on ne pouvait pas vraiment me surprendre. Mais c’est grâce à Agatha Christie et ses coupables « que je n’ai jamais vu venir » que j’ai compris où se trouvait celui de l’album…

« Victoire ! me suis-je écriée. Eurêka ! Sabrons le champagne. Ah, tiens, il reste quelques pages à la fin »…

Remisons le champagne, le scénariste avait plus d’un tour dans son sac et c’est le final qui m’a collé ce formidable coup de poing dans le plexus.

Même si, a contrario et à tête reposée, cela fait du criminel un homme encore plus intelligent que le véritable Holmes ou que son clone, dans le livre.

Un coupable encore plus retors que… heu…que le plus grand des retors.

Je dirais même plus : diaboliquement retors, méphistophélique.

Pire : méphistophélèstique (cherchez pas dans le dico, je dois encore proposer ce néologisme à Larousse).

En quelques mots : « le scénariste m’a scier » (faute d’orthographe intentionnelle à « scier », pour ne pas dire qu’il m’a « tuer », même s’il ne s’appelait pas Omar… seuls les cancres du fond n’auront pas compris).

Je viens donc de lire une formidable enquête, un véritable jeu proposé par le meurtrier, dans lequel les 7 détectives se plongent à coeur joie dans l’enquête, tentant de résoudre cette série de crime tout en picolant, tout en chassant le dragon (fumer de l’opium) ou discutant avec la fée verte (absinthe). Oui, ils ont leurs petits travers !

En tout cas, le défi méritait d’être relevé et il est fait de manière brillante…Aussi bien par les détectives que par le scénariste, aussi retors que son criminel.

L’intrigue est prenante et bien ficelée, nous poussant à jouer avec nos détectives.

Tenter de repérer des indices qui pourraient trainer sur chaque page, sur chaque case, lancer des hypothèses, validées ou non par la suite de l’aventure, sans compter qu’il y a toujours une dose de surprise et d’imprévu.

Pour l’amatrice d’enquêtes policières que je suis, c’est jouissif. le pied intégral.

Je suis sûre que les amateurs d’enquêtes apprécieront celle-ci. Il n’y a pas à dire, le scénariste a dû se lever de bonne heure pour nous pondre un scénario d’une telle densité.

Tout est pensé, rien n’est laissé au hasard, tout se tient, bref, un régal !

Ici, le chiffre 7 n’est pas être un simple accessoire, une contrainte créée par le concept de cette série (14 albums de la série « 7 »).

Le 7 a toute son importance et vous remarquerez (ou un détective vous le fera remarquer) toutes les possibilités infinies du chiffre 7 dans cette bédé. Moi-même j’en avais loupé assez bien.

Le 7, c’est une véritable raison d’être dans le scénario, une sacré contrainte aussi pour le meurtrier (et le scénariste !) et une autre encore plus difficile à mettre en oeuvre pour la fin.

C’est une des raisons qui me font dire, à tête reposée, que le criminel aurait eu du mal à tout mettre en oeuvre. Mais vu que j’ai dit qu’il était plus que retors, diabolique, même… Oui, on peut lui laisser le bénéfice du fait qu’il était tout à fait capable de mettre tout en oeuvre.

Dans les nombreuses qualités de cet album, je mettrai en avant sa précision, avec le fait, notamment, que tout soit expliqué et tout est justifié sans qu’il y ait la moindre incohérence. du grand art, sans aucun doute. Diabolique, je vous le disais.

Autre détail qui a son importance pour ce genre de récit : la qualité de l’écriture, l’ambiance so british, les nombreuses surprises, la densité du récit, le fait que tout ait un lien, que tout se tienne,…

Chaque personnage est traité avec une minutie chirurgicale, les dialogues sont de grande qualité et mention spéciale à ces quelques pages de texte pur, sans la moindre case illustrée, où le narrateur expose les réflexions du groupe, l’avancée de l’enquête, comme si nous nous trouvions nous-même en possession de son carnet secret.

L’album fait 64 pages, et non, il n’est pas lourd. La lecture mettra plus de temps qu’un album classique, mais vu la qualité du récit, le clore au bout de 46 pages aurait été une hérésie, un crime.

Un grand moment de lecture, une sacrée claque, un véritable coup de pied dans mon postérieur, et une mâchoire qui est descendue de trois étages dans les « deux fois sept » dernières pages…

A l’avenir, avant de grimacer et de médire devant les dessins d’une bédé, je tournerai sept fois ma langue dans ma bouche…

 

Malefico [Saga Marcus et Sandra 2] : Donato Carrisi [LC avec Bianca]

Titre : Malefico [Saga Marcus et Sandra 2]

Auteur : Donato Carrisi
Édition : Le Livre de Poche Thriller (31/08/2016) – Calmann-Lévy (16/09/2015)
Édition Originale : Il cacciatore del buio (2015)
Traducteur : Anaïs Bouteille-Bokobza

Résumé :
Marcus est un pénitencier. Un prêtre capable de déceler le mal enfoui en nous. Mais il ne peut pas toujours lui faire barrage.

Sandra est enquêtrice pour la police. Elle photographie les scènes de crime. Et ferme parfois les yeux.

Face à la psychose qui s’empare de Rome, ils vont unir leurs talents pour traquer un monstre. Ses victimes : des couples. Une balle dans la nuque pour lui. Une longue séance de torture pour elle.

Quel est l’être maléfique qui ne tue que des jeunes amoureux ?

Critique :
Malefico et Diabolo sont dans un bois où deux amoureux se bécotent sur les sièges de le voiture avant de passer à la vitesse supérieure.

Diabolo s’en va, qui reste-t-il ? Melefico ! Et dites adieu au gentil couple d’amoureux qui voulait s’envoyer en l’air dans un petit coin tranquille. Z’avaient qu’a aller dans un hôtel, na !

Un polar avec des relents ésotériques, cela faisait longtemps…

Avant d’aller plus loin, on va mettre de côté le Da Vinci Code et son auteur car ici, nous allons voler (prier ?) bien plus haut que ça, avoir plus de profondeur et de réalisme dans les personnages et éviter de coller une filiation à Pierre, Paul, Jacques, Jésus… Ésotérique certes, mais du haut de gamme.

Tout en respectant les codes du thriller  afin de rendre ses lecteurs addict, l’auteur arrive tout de même à proposer autre chose que l’habituelle soupe, nous servant des personnages marquants, une intrigue qui tient la route, qui sent le souffre tout en restant dans notre monde à nous et en nous balançant quelques changements de plats qui ont ravi mes papilles littéraires.

Attention, c’est sombre ! Violent, aussi… Et on se pose des tas de questions sur la finalité de ces meurtres, sur leur mobile, sur l’assassin, sur son modus operandi (il est horrible), sur les complicités, et ce ne sera que petit à petit que l’auteur dévoilera son jeu, tout en se réservant quelques gros atouts dans sa manche.

Le final m’a fait poser le livre sur la table afin de mieux le digérer, afin de pouvoir y réfléchir, pour l’assimiler, l’avaler…. Parce que oui, c’est fort de café tout en restant dans une réalité banale mais horrible.

Comme quoi, on peut encore écrire des thriller sur le Mal, le Bien, le Vatican, l’Église et les tueurs en série tout en se renouvelant, tout en proposant une intrigue convaincante, basée sur certains faits réels, des lieux existants dans la Ville Éternelle, avec des meurtres un peu gore mais sans voyeurisme, avec des complicité mais sans complot international et proposer un récit addictif sans pour autant sortir les effets spéciaux et la pyrotechnie.

Allumer le feu (oui), pour faire danser les diables et les dieux (en effet), mais en restant dans le réel et sans entrer dans la science-fiction de bas étage comme il aurait été facile de faire.

Mais Carrisi n’a pas fait dans la facilité et, une fois de plus, il me subjugue, me conquiert, me séduit et prend place dans mon panthéon des auteurs que j’apprécie.

Quoique, vu ses écrits, il devrait entrer dans mon pandémonium !

Et ce n’est pas Bianca qui va me contredire !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Midnight : Dean R. Koontz

Titre : Midnight

Auteur : Dean R. Koontz
Édition : J’ai Lu Épouvante (14/05/1997)
Édition Originale : Midnight (1989)
Traducteur : William Olivier Desmond

Résumé :
Une petite ville de Californie, Moonlight Cove. Des morts étranges que la police s’empresse de dissimuler. Une entreprise de microtechnologie, près de la ville, au coeur de tous les soupçons.

Des regards de plus en plus hallucinés, des gens comme possédés.

Pour Chrissie Foster, terrifiée par la métamorphose de ses parents, pour Tessa Lockland, venue enquêter sur le suicide de sa soeur, pour Sam Booker, envoyé secret du FBI, tout va basculer en quelques heures dans l’horreur et la démence.

Et pourtant, rien n’est plus cohérent, plus froidement calculé que l’opération Faucon Lune.

Critique :
Ça, c’est du lourd dans ma bibliothèque ! Du vrai livre de chevet !

Lu en 1994 (j’avais noté la date dans le livre), voilà un roman que j’ai dévoré, bouffé, engloutit, bref, c’était du cannibalisme, ma lecture (cela laissait déjà augurer mon futur pseudo).

Pourtant, je n’étais pas fan des loups-garous ou croquemitaines… Mais là !

Si vous le lisez, vous aller retrouver un roman où l’horreur à « l’ancienne », comme nous en avions « dans le temps », avant l’arrivée des « autres genres ».

Par cette expression de roman d’horreur à l’ancienne, je veux parler d’un retour aux sources comme dans les livres tels que : « Frankenstein », « L’île du Dr. Moreau », sans oublierr « Dracula »(dans une moindre mesure cependant).

Koontz a misé sur la sensation du lecteur (les poils qui se hérissent), provoquée par une écriture sombre, obscure, qui a pour but de faire peur.

Oui, lecteurs de ma pauvre critique, j’ai eu peur, oui, j’ai regardé sous mon lit ! Nous étions en 1994, dois-je vous rappeler que j’étais très jeune ?

On est loin des romances (dans l’horreur) qui sont maintenant très présentes sur le marché de l’édition. Même si la fin est belle, on est à cent lieues des niaiseries proposées (je ne citerai pas de titres).

Alors, en ces jours où la « mauvaise Bit lit » règne en maître et où les vampires glamour, sentant bons la fleur de rose ont inondé les librairies, relire ce roman de Dean Koontz écrit en 1989 sera un véritable plaisir pour celui ou celle qui veut frissonner et lire quelque chose de sérieux.

J’ai pris mon pied en le lisant et je garde un souvenir magnifique de ce roman.

Oui, lecteurs, j’ai beaucoup aimé l’atmosphère terrifiante créée par l’auteur et son style d’écriture qui se prêtait parfaitement à ce genre en particulier.

Il pourrait y avoir quelques longueurs dans le récit mais rien pour rebuter le lecteur. Juré, craché !

Finalement, si vous êtes un amateur de l’horreur « pure » et des romans de loups-garous, de zombies et de vampires, je me permets de vous conseiller cette lecture. Laissez tomber les vampires végétariens et les loups-garous minables, lisez les vrais, les seuls romans dignes de ce nom !

Par contre, on doit aussi aimer Dean Koontz au préalable (parce que la science et le fantastique sont encore une fois réunis), ce qui n’est pas le lot de tous.

Ce livre était une grande découverte pour moi, le meilleur de Koontz, n’ayant pas trop aimé les autres.

 

Quelques minutes après minuit : Patrick Ness

Titre : Quelques minutes après minuit

Auteur : Patrick Ness
Édition : Folio Junior (21/11/2016)
Édition Originale : A Monster Calls (2011)
Traducteur : Bruno Krebs

Résumé :
Depuis que sa mère a commencé son traitement, Conor, treize ans, redoute la nuit et ses cauchemars. À minuit sept, un monstre vient le voir, qui a l’apparence d’un if gigantesque, quelque chose de très ancien et de sauvage.

Mais pour Conor, le vrai cauchemar recommence chaque jour : sa mère lutte en vain contre un cancer, son père est devenu un étranger, et il est harcelé à l’école.

Au fil des visites du monstre, l’adolescent comprend que son vrai démon est la vérité, une vérité qui se cache au plus profond de lui, terrifiante.

Critique :
Après la lecture d’un pavé pourvu de moult longueurs, il me fallait un truc court, quelque chose de 200 pages et pas plus.

Et, une fois de plus, le truc court s’est révélé plus percutant, plus orgasmique que le long bazar…

Messieurs, tirez les conclusions que vous voulez, mais on peut avoir un petit tout mince dans la main et passer de meilleurs moments qu’avec un grand épais.

Ce ne sont pas les lectrices qui vont me contredire… Même si, il arrive aussi qu’on tombe sur un petit roman décevant et une pavé envolé.

Oui, durant toute l’intro de ma chronique je n’ai fait que de parler de taille de romans  et de rien d’autre ! What did you expect ?

Si j’ai déconné autant d’entrée de jeu, c’est parce que je ne savais pas trop par quel bout commencer pour vous dire combien de roman m’a ému, bouleversé, happé, intrigué, émotionné, et j’en passe.

La maladie, le crabe, rien de joyeux là-dedans, surtout lorsque cela touche une mère qui élève seule son enfant (Conor), le mari s’étant envolé avec une autre femme et reconstruisant une nouvelle famille en Amérique.

Quelle poésie, quelle délicatesse l’auteur use pour nous parler de ce sujet grave et, au lieu de faire pleurer bêtement dans les chaumières, il sublime son récit avec une touche de fantastique qui m’a soufflé par tant de justesse.

Certes, c’est un if géant qui raconte trois histoires à Conor, histoires où l’on désigne, au premier abord, des coupables faciles.

Mais méfions-nous et évitons de trop vite juger car tout n’est pas toujours tout blanc ou tout noir dans la vie et Conor va aller de surprises en surprises, d’apprentissage en apprentissage avant d’arriver à cracher ce qui le hante.

Nom de dieu, quel roman mes ami(e)s !

En deux heures de lecture (oui, c’est court), j’ai été retournée dans tous les sens, surtout mon coeur, j’ai eu mal, j’ai pris des coups, j’ai appris des leçons, j’ai eu des vapeurs d’oignons dans les yeux (ben oui, ils pleuraient, ces cons !) et une fois le livre posé, je n’en ai pas repris un autre parce que je voulais digérer celui-là d’abord.

Oui, c’est du brutal, comme disait l’autre en buvant un alcool à base de betterave, mais ça ne vous rendra pas aveugle car la violence contenue dans ces pages est tout à fait maîtrisée et parfaitement à sa place.

Un coup de cœur pour cette belle philosophie contenue dans ces pages et qui n’a rien de gnangnan ou guimauvienne.

PS : Ce qui me désole dans cette affaire, c’est que je n’ai même pas de mojito à offrir à mon lectorat le plus fidèle… je répète… Pas de mojito pour le moment !!

Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : Mark Haddon [LC avec Bianca]

Titre : Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit

Auteur : Mark Haddon
Édition : Pocket (2005)
Édition Originale : The Curious Incident of the Dog in the Night-time (2003)
Traducteur : Odile Demange

Résumé :
Il a 15 ans et s’appelle Christopher Boone. Il excelle en mathématiques et adore Sherlock Holmes. Il aime les diagrammes, les listes, la vérité. Il ne supporte pas qu’on le touche.

Pour lui, 4 voitures rouges à la file sont synonymes de Bonne Journée; 3 voitures rouges : d’une Assez Bonne Journée ; 5 voitures rouges : d’une Super Bonne Journée.

Il est autiste et porte en lui une part de génie.

Quand un jour, Christophe apprend que Wellington, le caniche de sa voisine, a été assassiné, il décide de mener l’enquête qui va lui permettre d’arracher au passé l’énigme de sa propre histoire. Et de nous la raconter…

Critique :
Déjà rien que le titre m’avait fait lever les yeux et froncer les sourcils car je reconnaissais là une célèbre citation de Sherlock Holmes dans « Silver Blaze » (Flamme d’argent) :

– Y a-t-il quelque autre point sur lequel vous désireriez attirer mon attention ?
– Sur l’incident curieux du chien pendant cette nuit-là.
– Le chien n’a rien fait cette nuit-là !
– C’est justement là ce qu’il y a de curieux.

Je n’oserais même pas vous dire depuis combien de temps ce roman traînait dans ma PAL et sans Bianca et ses propositions de LC, il y serait encore, ce qui serait bien dommage parce que ce fut un véritable coup de coeur !

Pourtant, au départ, ce n’était pas gagné vu la manière dont le narrateur, un enfant autiste de 15 ans, nous contait son histoire, utilisant des « je lui ai dit que » et des « Père répondit que ».

Au bout de quelques pages, le malaise était passé et j’étais à fond dans son histoire, touchée en plein cœur par ce jeune garçon, génie des mathématiques et des sciences, fan de Sherlock Holmes, mais qui ne supporte pas qu’on le touche, de se retrouver dans des endroits clos avec des étrangers (toute personne qu’il ne connait pas), qu’on change les meubles de place, le jeune et le brun.

L’auteur a poussé le réalisme jusqu’au boutisme avec Christopher, étudiant sans doute le comportement des autistes afin de lui donner vie, il n’a pas hésité à lui coller des défauts, à le rendre exaspérant (on plaint son père) et lorsqu’on lit le récit de Christopher, on ne remet pas en doute un instant l’autisme de ce jeune garçon.

Il y a de la cohérence dans ses paroles, ses pensées, ses actions et dans ce qu’il nous raconte, dans sa numérotation de chapitres en nombres premiers, l’histoire digressant souvent avec des petits exercices de logique ou autre. On se couche moins bête au soir, mais ne me faite jamais passer mes A Levels, je foirerais tout royalement !

Alors, qui de Christopher ou de Holmes est le meilleur détective ?

Holmes, indubitablement, car Christopher ne découvrira pas vraiment de lui-même qui a tué Wellington, le grand caniche de la voisine, la solution, il l’obtiendra pas confession. Jamais je n’aurais trouvé, je vous le dis de suite, même si j’avais senti anguille sous roche avec un autre événement qui se déroule dans le livre.

Un roman bourré d’émotions, d’amitié entre un enfant autiste et un rat, une enquête qui ne prendra pas la direction que l’on pense, mais fera naître une nouvelle énigme et un voyage digne de celui du Hobbit tant il sera semé d’embûches pour un enfant qui a du mal à vivre avec les autres, avec les bruits et bien d’autres choses.

Une bien belle lecture, un coup de cœur, même !

Une LC réussie, une fois de plus et ce n’est pas Bianca qui va me dire le contraire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

[FILMS] Love Actually de Richard Curtis (2003) – Le film qui te dit que l’amour est partout, partout(ze) !

Love Actually, ou Réellement l’amour au Québec, est une comédie romantique britannique écrite et réalisée par Richard Curtis et sortie en salles en 2003.

Le film se penche sur les différents aspects de l’amour montré à travers dix histoires distinctes impliquant un large éventail de personnages, dont beaucoup sont reliés entre eux, et leur évolution.

Située principalement à Londres, l’action de Love Actually commence cinq semaines avant les fêtes de Noël, et se joue comme un compte à rebours jusqu’à la fête, suivie d’un épilogue un mois après les événements.

Film choral dont la distribution réunit notamment Hugh Grant, Liam Neeson, Emma Thompson, Colin Firth, Bill Nighy, Laura Linney, Alan Rickman, Keira Knightley, Rowan Atkinson et Andrew Lincoln, Love Actually est présenté au Festival de Toronto en septembre 2003 avant de connaître une sortie en salles en novembre 2003 au Royaume-Uni et aux États-Unis, suivi de la France le mois suivant.

Lors de sa sortie, il rencontre un accueil critique favorable et a rapporté près de 247 millions de dollars de recettes mondiales, alors qu’il a coûté 40 millions, ce qui en fait un succès commercial.

Fiche technique : 

  • Titre original : Love Actually
  • Titre québécois : Réellement l’amour
  • Réalisation : Richard Curtis
  • Scénario : Richard Curtis
  • Musique : Craig Armstrong

Distribution : 

  • Hugh Grant  : David, le Premier ministre
  • Liam Neeson : Daniel
  • Emma Thompson : Karen
  • Laura Linney : Sarah
  • Alan Rickman : Harry
  • Martine McCutcheon : Natalie
  • Bill Nighy : Billy Mack
  • Colin Firth : Jamie Bennett
  • Andrew Lincoln : Mark
  • Keira Knightley : Juliet
  • Chiwetel Ejiofor : Peter
  • Rowan Atkinson : Rufus, le vendeur
  • Kris Marshall : Colin Frissell
  • Heike Makatsch : Mia
  • Thomas Sangster : Sam
  • Martin Freeman  : Jack

Ce que j’en ai pensé :
Il est des films comme ça dont on croit encore tout se souvenir, mais en fait, non, il ne reste que des bribes, des petits morceaux épars, des scènes cultes, mais tout le reste a été effacé de la mémoire.

Et durant tout le début du film, on se surprend à se dire « ah mais oui, c’est vrai, il jouait le dedans, lui ! ».

On se surprend à rire aussi de la présence conjointe du docteur Watson version Granada (Edward Hardwicke) et de celle du John Watson de la BBC (Martin Freeman), sans oublier le vilain professeur Rogue de Harry Potter ou Jojen Reed  de GOT !

Il est un fait qu’en 2003, on ne pouvait pas savoir que Martin Freeman (qui a un rôle tout à fait excellent dans ce film) ferait un parfait docteur Watson et un petit Hobbit. Et vu son rôle dans le film, j’ai bien envie de refaire un mauvais jeu de mot avec Hobbit, trou et ce qui rime avec Hobbit !

On a beau être en juin et le film se dérouler durant la période post Noël, il n’en reste pas moins que cela reste un feel-good movie et que le regarder vous met de suite de bonne humeur et vous envoie au lit avec un sourire béat de satisfaction.

Toutes ces petites scènes qui se déroulent durant le film, avec des personnages qui ont tous un rapport entre eux, sont tout simplement du baume au cœur, de l’humour très fin et des histoires très belles, très émouvantes, très attendrissantes ou pas très classe, dans le cas de celui qui a le démon de midi qui lui chatouille les… ce qui rime avec ce mot !

Hugh Grant en premier ministre est sexy en diable, Liaam Neeson est attendrissant en beau-père qui se retrouve avec le fils de sa femme amoureux d’une jeune fille, Laura Linney (Sarah) est elle aussi, finalement, très touchante de renoncer à celui qu’elle aime pour rester avec son frère autiste qui lui bouffe toute sa vie privée en lui téléphonant non stop, à tel point que même conclure est difficile.

Pourtant, Sarah n’est pas non plus à côté de la plaque, l’amour, ce n’est pas que physique et peut être aussi l’amour fraternel d’une soeur pour son frère placé en HP (pas Harry Potter !). Dommage parce que le Karl, qui jouait aussi Jésus dans Ben-Hur et Xerxès dans 300, donne envie de se rouler sur la carpette, à poil.

Niveau bande-son, on n’a pas à se plaindre, les chansons sont toutes des connues qui donnent envie de pousser la chansonnette ou de se trémousser, tel le premier ministre…

Oui, Love Actually, c’est LA comédie romantique par excellence, celle qui vous fait rire, sourire, vous dire que tout n’est pas foutu dans ce Monde pourri, que des enfants peuvent encore vous émouvoir (le petit Sam est d’une sériosité qu’il en est émouvant !), que des politiciens peuvent encore être sexy et honnête (ok, seul Hugh Grant l’est !) et que Noël, même en devenant une fête commerciale, peut encore être synonyme de rapprochement entre les gens, même si ça finira en rapprochement horizontal…

J’oublie sans doute de vous parler de choses importantes, dans ce film, mais ce n’est pas grave, si vous l’avez vu, vous aurez ajouté de vous-même, et si vous ne l’avez pas encore vu, il est temps de mettre ça en ordre et de le visionner confortablement installé dans votre canapé.

Le film qui, un jour de déprime ou de moral à zéro, peut vous requinquer plus vite qu’une boite de médoc (et moins cher aussi).

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Quel jour sommes-nous Watson ? : Jean-Pierre Crauser

Titre : Quel jour sommes-nous Watson ?

Auteur : Jean-Pierre Crauser
Édition : Mycroft’s brother (30/11/2005)

Résumé :
« Mon propos consiste à dater très scrupuleusement toutes les enquêtes de Sherlock Holmes. Un jeu complexe, exaltant, parfois décourageant et totalement inutile.

Rédiger une chronologie holmésienne s’apparente à une traversée du Far West en diligence. Au début, on espère faire un bon voyage puis, rapidement, tout ce que l’on souhaite, c’est de pouvoir arriver au bout. Ceux qui apprécient la simple lecture des chroniques du docteur peuvent se demander, tout uniment, s’il est bien nécessaire d’aller aussi loin dans l’exégèse.

Ma réponse tient en deux mots : bien sûr. Recommencer sans cesse la lecture, c’est risquer de découvrir du nouveau.  » Vous connaissez mes méthodes, appliquez-les  » (Le Signe des quatre). Tel est le défi que nous lance Sherlock Holmes.

Établir une chronologie des aventures du détective, à partir des chroniques du docteur John H. Watson, n’est pas un exercice élémentaire. »

Critique :
Partant de la réalité que Watson a fait des fautes de dates en relatant les aventures de Holmes, l’auteur a tenté de nous proposer les dates les plus plausibles pour toutes les aventures canoniques du détective de Baker Street.

Oui, Watson a fait des fautes, et si j’en avais repérées certaines (sa blessure qui change), d’autres pas du tout !

Quand Watson disait que le 7 avril 1889 était un mardi, je le croyais de bonne foi, moi. Hors, il n’en était rien ! Le coquin.

Le travail de l’auteur fut celui d’une fourmi, car je dois dire, à la lecture de cet essai, qu’il a du mérite !

D’entrée de jeu, il nous signale sur quoi il s’est basé avant toutes choses pour dater les histoires. : des règles qu’il suit dans l’ordre, d’après une échelle de valeur, en se gardant le droit de parfois y déroger.

J’ai encore appris des choses lors de ma lecture, notamment qu’un début d’aventure ne se trouvait pas à la bonne place…

Initialement prévue pour « La boîte en carton », une intro fort connue des holmésiens, se retrouvait à commencer l’aventure du « Patient à demeure », ce qui changeait tout puisque Watson parlait de chaleur torride, de vacances parlementaires et qu’il disait que l’histoire de déroulait au mois… d’octobre !!

C’était une journée d’octobre ; il régnait une chaleur torride. Baker Street ressemblait à une fournaise ; la réverbération du soleil sur les briques jaunes de la maison d’en face était pénible pour l’œil ; on avait de la peine à croire que c’était les mêmes murs qui surgissaient si lugubrement des brouillards de l’hiver. Nos stores étaient à demi tirés. Holmes était roulé en boule sur le canapé : il lisait et relisait une lettre que lui avait apportée le courrier du matin. Quant à moi, mon temps de service aux Indes m’avait entraîné à mieux supporter la chaleur que le froid, et une température de 33° ne m’éprouvait nullement.

Une fois l’intro remise dans son contexte, on comprend mieux, vu que « La boîte en carton » se passe en août.

Dans mon canon des éditions Laffont, le même passage se retrouve dans les deux aventures et je m’étais posée bien des questions. Tout cela parce que « La boîte en carton » parlant d’adultère, elle ne fut pas publiée en recueil avant des années. Maudite censure !

Mais revenons à la datation des aventures canoniques : lorsque j’avais lu le canon pour la première fois, à l’âge de 13 ans, je m’étais amusée à noter au crayon l’âge probable de Holmes au moment de l’affaire.

Puisqu’il était dit que, en 1914, il avait soixante ans (mais pas écrite de manière aussi précise), j’avais déduit l’année 1854 comme celle de sa naissance.

Hors, toutes les dates ne sont pas mises dans le canon… et pour certaines aventures, c’était l’arrachage de cheveux garantit ! Notamment dans « Le signe des quatre » où l’auteur a eu bien du mal à nous trouver une date plausible.

Conan Doyle, sacré brouilleur de pistes ! Avec toutes ses erreurs, il a donné du travail et des nuits d’insomnies aux holmésiens qui voudraient remettre tout cela en bon ordre. Pire qu’une enquête de Holmes, pire que le plus insondable des mystères !

Ce petit livre hautement instructif se lit comme un recueil d’histoire, vous permettant de les sauter, d’y revenir, de les approfondir… Vous êtes libres.

Sans oublier un tableau à la fin avec tous les titres, les dates données par l’auteur, ainsi qu’un autre tableau avec ce que d’autres holmésiens ont fait, il y a bien longtemps.

Pour certaines, ils sont tous d’accord, pour d’autres, cela donne des écarts énormes. Et on reprend un tube d’aspirines !

Livre réservé pour les véritables mordus ou pour ceux qui veulent approfondir l’œuvre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

[FILMS] Bridget Jones’s Diary – Le film qui te donnera envie de porter des culottes couvrantes : Sharon Maguire (2001)

Le Journal de Bridget Jones (Bridget Jones’s Diary) est une comédie romantique anglo-franco-américaine réalisée par Sharon Maguire, sortie en 2001.

Il s’agit d’une adaptation cinématographique du roman éponyme d’Helen Fielding, publié en 1996.

Distribution : 

  • Renée Zellweger : Bridget Jones
  • Colin Firth : Mark Darcy
  • Hugh Grant : Daniel Cleaver
  • Gemma Jones : Pamela Jones, la mère de Bridget
  • Jim Broadbent : Colin Jones, le père de Bridget

Ce que j’en ai pensé :
Non, je ne suis pas comme Rajesh « Raj » Koothrappali (The Big Bang Theory) qui pleure à chaque visionnage de ce film !

La première fois que je l’ai vu, je ne savais pas comment ça allait se terminer et jusqu’au dernier moment j’ai douté alors que je venais de penser que c’était gagné… C’est vache !

On est toutes un peu Bridget Jones… On a toutes en nous quelque chose de Bridget Jones… ♫

Peut-être plus à 30 ans, mais à 20 ans, si on se retrouvait LA seule célibataire dans une soirée ou si un membre de la famille voulait à tout pris vous marier, on avait tout d’une Bridget en chasse car elle veut à tout prix se caser. À n’importe quel prix.

Je n’ai pas le souvenir de m’être mise dans des situations impossible comme elle, mais bon, ma mémoire a peut-être effacé certains moments de grande solitude.

Ce film est une bouffé d’oxygène pour moi, un film que l’on a envie de regarder plus en hiver, sous un plaid, une tasse de chocolat chaud à portée de main.

En pyjama doudoune, si possible… Ou en nuisette pour être un peu plus sexy que notre Bridget qui, comme nous, a des kilos en trop et ne fait pas de sport.

En juin, ça n’a pas la même saveur, surtout avec la scène de Noël et ses pulls horriblement kitch. Non mais enfin, comment peut-on porter ce genre d’horreur ???

Bridget n’a pas de chance : non seulement elle ne trouve pas l’amour, non seulement sa mère veut la marier au plus vite, mais elle est amoureuse de Daniel Cleaver (Hugh Grant), son boss !

Je ne vous raconterai pas toutes les péripéties de ce film, soit vous les connaissez, soit vous ne l’avez pas encore vu et je ne voudrais pas vous gâcher ça en vous disant ce qui se passe à la fin ou tous les retournements de situations du film.

Sachez que ma scène préférée est Hugh Grant tombant dans le lac et ressortant tout mouillé. À cette époque, j’aurais bien été l’essuyer partout partout… Maintenant, je le laisserais couler !

Anybref, tout ça pour vous dire que ce film est une bouffé d’air frais dans une journée chargée ou merdique, que ce film a bien vieilli, que je n’ai jamais eu envie de me faire les suites, ce premier épisode ayant comblé toutes mes attentes.

Tout ça pour vous dire que les anglais, même s’il ne sont pas les rois de la cuisine, sont les rois des films qui brillent par leurs profondeur, leur humour particulier, leurs personnages hors-norme ou si proches de nous et que ce n’est pas la première fois qu’ils me font monter au 7ème ciel avec un film mitonné aux petits oignons, là où leurs cousins d’outre océan auraient foiré le bazar en mettant des gros sabots.

Pour aller au lit moins bête :

  • Le film est assez librement adapté du roman homonyme car il emprunte aussi certaines situations au deuxième volume, L’Âge de Raison.
  • Malgré tout, on parvient toujours à reconnaître l’œuvre littéraire qui a inspiré le roman à l’origine, à savoir Orgueil et Préjugés de Jane Austen, dont Bridget Jones est une adaptation moderne. C’est pourquoi le prince charmant s’appelle Mr. Darcy dans les deux œuvres.
  • À noter que la scène du lac, durant laquelle Daniel Cleaver tombe à l’eau et en ressort chemise blanche mouillée, est un clin d’œil à la scène de la plongée dans le lac présente dans l’adaptation de Orgueil et Préjugés dans laquelle Colin Firth jouait.
  • Les noms de Colin Firth, le mémorable Darcy de Orgueil et Préjugés, la série britannique de 1995 et d’Hugh Grant, qui joue Edward Ferrars dans le film d’Ang Lee, Raison et Sentiments, sorti la même année, sont tous deux évoqués dans le livre.
  • La culotte couvrante portée par Renée Zellweger, signée par Hugh Grant, a été vendu aux enchères 2 000 livres sterling. Elle a d’ailleurs été l’origine d’un véritable raz-de-marée dans le monde de la lingerie féminine, les ventes pour ce type de produit augmentant de 17 % tandis que les ventes de string baissaient de 7%.

  • Les bagarres de nos deux héros, que ce soit devant un restaurant grec au son de « It’s raining men » ou dans une fontaine au son de « I believe in a thing « called love, sont aussi mythiques qu’improvisées. Désireux de ne surtout pas les chorégraphier, Colin Firth et Hugh Grant ont cherché à garder la fraicheur d’une scène de lutte pathétique et hilarante car ni spectaculaire, ni violente, ni même habile.