[FILMS] Love Actually de Richard Curtis (2003) – Le film qui te dit que l’amour est partout, partout(ze) !

Love Actually, ou Réellement l’amour au Québec, est une comédie romantique britannique écrite et réalisée par Richard Curtis et sortie en salles en 2003.

Le film se penche sur les différents aspects de l’amour montré à travers dix histoires distinctes impliquant un large éventail de personnages, dont beaucoup sont reliés entre eux, et leur évolution.

Située principalement à Londres, l’action de Love Actually commence cinq semaines avant les fêtes de Noël, et se joue comme un compte à rebours jusqu’à la fête, suivie d’un épilogue un mois après les événements.

Film choral dont la distribution réunit notamment Hugh Grant, Liam Neeson, Emma Thompson, Colin Firth, Bill Nighy, Laura Linney, Alan Rickman, Keira Knightley, Rowan Atkinson et Andrew Lincoln, Love Actually est présenté au Festival de Toronto en septembre 2003 avant de connaître une sortie en salles en novembre 2003 au Royaume-Uni et aux États-Unis, suivi de la France le mois suivant.

Lors de sa sortie, il rencontre un accueil critique favorable et a rapporté près de 247 millions de dollars de recettes mondiales, alors qu’il a coûté 40 millions, ce qui en fait un succès commercial.

Fiche technique : 

  • Titre original : Love Actually
  • Titre québécois : Réellement l’amour
  • Réalisation : Richard Curtis
  • Scénario : Richard Curtis
  • Musique : Craig Armstrong

Distribution : 

  • Hugh Grant  : David, le Premier ministre
  • Liam Neeson : Daniel
  • Emma Thompson : Karen
  • Laura Linney : Sarah
  • Alan Rickman : Harry
  • Martine McCutcheon : Natalie
  • Bill Nighy : Billy Mack
  • Colin Firth : Jamie Bennett
  • Andrew Lincoln : Mark
  • Keira Knightley : Juliet
  • Chiwetel Ejiofor : Peter
  • Rowan Atkinson : Rufus, le vendeur
  • Kris Marshall : Colin Frissell
  • Heike Makatsch : Mia
  • Thomas Sangster : Sam
  • Martin Freeman  : Jack

Ce que j’en ai pensé :
Il est des films comme ça dont on croit encore tout se souvenir, mais en fait, non, il ne reste que des bribes, des petits morceaux épars, des scènes cultes, mais tout le reste a été effacé de la mémoire.

Et durant tout le début du film, on se surprend à se dire « ah mais oui, c’est vrai, il jouait le dedans, lui ! ».

On se surprend à rire aussi de la présence conjointe du docteur Watson version Granada (Edward Hardwicke) et de celle du John Watson de la BBC (Martin Freeman), sans oublier le vilain professeur Rogue de Harry Potter ou Jojen Reed  de GOT !

Il est un fait qu’en 2003, on ne pouvait pas savoir que Martin Freeman (qui a un rôle tout à fait excellent dans ce film) ferait un parfait docteur Watson et un petit Hobbit. Et vu son rôle dans le film, j’ai bien envie de refaire un mauvais jeu de mot avec Hobbit, trou et ce qui rime avec Hobbit !

On a beau être en juin et le film se dérouler durant la période post Noël, il n’en reste pas moins que cela reste un feel-good movie et que le regarder vous met de suite de bonne humeur et vous envoie au lit avec un sourire béat de satisfaction.

Toutes ces petites scènes qui se déroulent durant le film, avec des personnages qui ont tous un rapport entre eux, sont tout simplement du baume au cœur, de l’humour très fin et des histoires très belles, très émouvantes, très attendrissantes ou pas très classe, dans le cas de celui qui a le démon de midi qui lui chatouille les… ce qui rime avec ce mot !

Hugh Grant en premier ministre est sexy en diable, Liaam Neeson est attendrissant en beau-père qui se retrouve avec le fils de sa femme amoureux d’une jeune fille, Laura Linney (Sarah) est elle aussi, finalement, très touchante de renoncer à celui qu’elle aime pour rester avec son frère autiste qui lui bouffe toute sa vie privée en lui téléphonant non stop, à tel point que même conclure est difficile.

Pourtant, Sarah n’est pas non plus à côté de la plaque, l’amour, ce n’est pas que physique et peut être aussi l’amour fraternel d’une soeur pour son frère placé en HP (pas Harry Potter !). Dommage parce que le Karl, qui jouait aussi Jésus dans Ben-Hur et Xerxès dans 300, donne envie de se rouler sur la carpette, à poil.

Niveau bande-son, on n’a pas à se plaindre, les chansons sont toutes des connues qui donnent envie de pousser la chansonnette ou de se trémousser, tel le premier ministre…

Oui, Love Actually, c’est LA comédie romantique par excellence, celle qui vous fait rire, sourire, vous dire que tout n’est pas foutu dans ce Monde pourri, que des enfants peuvent encore vous émouvoir (le petit Sam est d’une sériosité qu’il en est émouvant !), que des politiciens peuvent encore être sexy et honnête (ok, seul Hugh Grant l’est !) et que Noël, même en devenant une fête commerciale, peut encore être synonyme de rapprochement entre les gens, même si ça finira en rapprochement horizontal…

J’oublie sans doute de vous parler de choses importantes, dans ce film, mais ce n’est pas grave, si vous l’avez vu, vous aurez ajouté de vous-même, et si vous ne l’avez pas encore vu, il est temps de mettre ça en ordre et de le visionner confortablement installé dans votre canapé.

Le film qui, un jour de déprime ou de moral à zéro, peut vous requinquer plus vite qu’une boite de médoc (et moins cher aussi).

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

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Quel jour sommes-nous Watson ? : Jean-Pierre Crauser

Titre : Quel jour sommes-nous Watson ?

Auteur : Jean-Pierre Crauser
Édition : Mycroft’s brother (30/11/2005)

Résumé :
« Mon propos consiste à dater très scrupuleusement toutes les enquêtes de Sherlock Holmes. Un jeu complexe, exaltant, parfois décourageant et totalement inutile.

Rédiger une chronologie holmésienne s’apparente à une traversée du Far West en diligence. Au début, on espère faire un bon voyage puis, rapidement, tout ce que l’on souhaite, c’est de pouvoir arriver au bout. Ceux qui apprécient la simple lecture des chroniques du docteur peuvent se demander, tout uniment, s’il est bien nécessaire d’aller aussi loin dans l’exégèse.

Ma réponse tient en deux mots : bien sûr. Recommencer sans cesse la lecture, c’est risquer de découvrir du nouveau.  » Vous connaissez mes méthodes, appliquez-les  » (Le Signe des quatre). Tel est le défi que nous lance Sherlock Holmes.

Établir une chronologie des aventures du détective, à partir des chroniques du docteur John H. Watson, n’est pas un exercice élémentaire. »

Critique :
Partant de la réalité que Watson a fait des fautes de dates en relatant les aventures de Holmes, l’auteur a tenté de nous proposer les dates les plus plausibles pour toutes les aventures canoniques du détective de Baker Street.

Oui, Watson a fait des fautes, et si j’en avais repérées certaines (sa blessure qui change), d’autres pas du tout !

Quand Watson disait que le 7 avril 1889 était un mardi, je le croyais de bonne foi, moi. Hors, il n’en était rien ! Le coquin.

Le travail de l’auteur fut celui d’une fourmi, car je dois dire, à la lecture de cet essai, qu’il a du mérite !

D’entrée de jeu, il nous signale sur quoi il s’est basé avant toutes choses pour dater les histoires. : des règles qu’il suit dans l’ordre, d’après une échelle de valeur, en se gardant le droit de parfois y déroger.

J’ai encore appris des choses lors de ma lecture, notamment qu’un début d’aventure ne se trouvait pas à la bonne place…

Initialement prévue pour « La boîte en carton », une intro fort connue des holmésiens, se retrouvait à commencer l’aventure du « Patient à demeure », ce qui changeait tout puisque Watson parlait de chaleur torride, de vacances parlementaires et qu’il disait que l’histoire de déroulait au mois… d’octobre !!

C’était une journée d’octobre ; il régnait une chaleur torride. Baker Street ressemblait à une fournaise ; la réverbération du soleil sur les briques jaunes de la maison d’en face était pénible pour l’œil ; on avait de la peine à croire que c’était les mêmes murs qui surgissaient si lugubrement des brouillards de l’hiver. Nos stores étaient à demi tirés. Holmes était roulé en boule sur le canapé : il lisait et relisait une lettre que lui avait apportée le courrier du matin. Quant à moi, mon temps de service aux Indes m’avait entraîné à mieux supporter la chaleur que le froid, et une température de 33° ne m’éprouvait nullement.

Une fois l’intro remise dans son contexte, on comprend mieux, vu que « La boîte en carton » se passe en août.

Dans mon canon des éditions Laffont, le même passage se retrouve dans les deux aventures et je m’étais posée bien des questions. Tout cela parce que « La boîte en carton » parlant d’adultère, elle ne fut pas publiée en recueil avant des années. Maudite censure !

Mais revenons à la datation des aventures canoniques : lorsque j’avais lu le canon pour la première fois, à l’âge de 13 ans, je m’étais amusée à noter au crayon l’âge probable de Holmes au moment de l’affaire.

Puisqu’il était dit que, en 1914, il avait soixante ans (mais pas écrite de manière aussi précise), j’avais déduit l’année 1854 comme celle de sa naissance.

Hors, toutes les dates ne sont pas mises dans le canon… et pour certaines aventures, c’était l’arrachage de cheveux garantit ! Notamment dans « Le signe des quatre » où l’auteur a eu bien du mal à nous trouver une date plausible.

Conan Doyle, sacré brouilleur de pistes ! Avec toutes ses erreurs, il a donné du travail et des nuits d’insomnies aux holmésiens qui voudraient remettre tout cela en bon ordre. Pire qu’une enquête de Holmes, pire que le plus insondable des mystères !

Ce petit livre hautement instructif se lit comme un recueil d’histoire, vous permettant de les sauter, d’y revenir, de les approfondir… Vous êtes libres.

Sans oublier un tableau à la fin avec tous les titres, les dates données par l’auteur, ainsi qu’un autre tableau avec ce que d’autres holmésiens ont fait, il y a bien longtemps.

Pour certaines, ils sont tous d’accord, pour d’autres, cela donne des écarts énormes. Et on reprend un tube d’aspirines !

Livre réservé pour les véritables mordus ou pour ceux qui veulent approfondir l’œuvre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

[FILMS] Bridget Jones’s Diary – Le film qui te donnera envie de porter des culottes couvrantes : Sharon Maguire (2001)

Le Journal de Bridget Jones (Bridget Jones’s Diary) est une comédie romantique anglo-franco-américaine réalisée par Sharon Maguire, sortie en 2001.

Il s’agit d’une adaptation cinématographique du roman éponyme d’Helen Fielding, publié en 1996.

Distribution : 

  • Renée Zellweger : Bridget Jones
  • Colin Firth : Mark Darcy
  • Hugh Grant : Daniel Cleaver
  • Gemma Jones : Pamela Jones, la mère de Bridget
  • Jim Broadbent : Colin Jones, le père de Bridget

Ce que j’en ai pensé :
Non, je ne suis pas comme Rajesh « Raj » Koothrappali (The Big Bang Theory) qui pleure à chaque visionnage de ce film !

La première fois que je l’ai vu, je ne savais pas comment ça allait se terminer et jusqu’au dernier moment j’ai douté alors que je venais de penser que c’était gagné… C’est vache !

On est toutes un peu Bridget Jones… On a toutes en nous quelque chose de Bridget Jones… ♫

Peut-être plus à 30 ans, mais à 20 ans, si on se retrouvait LA seule célibataire dans une soirée ou si un membre de la famille voulait à tout pris vous marier, on avait tout d’une Bridget en chasse car elle veut à tout prix se caser. À n’importe quel prix.

Je n’ai pas le souvenir de m’être mise dans des situations impossible comme elle, mais bon, ma mémoire a peut-être effacé certains moments de grande solitude.

Ce film est une bouffé d’oxygène pour moi, un film que l’on a envie de regarder plus en hiver, sous un plaid, une tasse de chocolat chaud à portée de main.

En pyjama doudoune, si possible… Ou en nuisette pour être un peu plus sexy que notre Bridget qui, comme nous, a des kilos en trop et ne fait pas de sport.

En juin, ça n’a pas la même saveur, surtout avec la scène de Noël et ses pulls horriblement kitch. Non mais enfin, comment peut-on porter ce genre d’horreur ???

Bridget n’a pas de chance : non seulement elle ne trouve pas l’amour, non seulement sa mère veut la marier au plus vite, mais elle est amoureuse de Daniel Cleaver (Hugh Grant), son boss !

Je ne vous raconterai pas toutes les péripéties de ce film, soit vous les connaissez, soit vous ne l’avez pas encore vu et je ne voudrais pas vous gâcher ça en vous disant ce qui se passe à la fin ou tous les retournements de situations du film.

Sachez que ma scène préférée est Hugh Grant tombant dans le lac et ressortant tout mouillé. À cette époque, j’aurais bien été l’essuyer partout partout… Maintenant, je le laisserais couler !

Anybref, tout ça pour vous dire que ce film est une bouffé d’air frais dans une journée chargée ou merdique, que ce film a bien vieilli, que je n’ai jamais eu envie de me faire les suites, ce premier épisode ayant comblé toutes mes attentes.

Tout ça pour vous dire que les anglais, même s’il ne sont pas les rois de la cuisine, sont les rois des films qui brillent par leurs profondeur, leur humour particulier, leurs personnages hors-norme ou si proches de nous et que ce n’est pas la première fois qu’ils me font monter au 7ème ciel avec un film mitonné aux petits oignons, là où leurs cousins d’outre océan auraient foiré le bazar en mettant des gros sabots.

Pour aller au lit moins bête :

  • Le film est assez librement adapté du roman homonyme car il emprunte aussi certaines situations au deuxième volume, L’Âge de Raison.
  • Malgré tout, on parvient toujours à reconnaître l’œuvre littéraire qui a inspiré le roman à l’origine, à savoir Orgueil et Préjugés de Jane Austen, dont Bridget Jones est une adaptation moderne. C’est pourquoi le prince charmant s’appelle Mr. Darcy dans les deux œuvres.
  • À noter que la scène du lac, durant laquelle Daniel Cleaver tombe à l’eau et en ressort chemise blanche mouillée, est un clin d’œil à la scène de la plongée dans le lac présente dans l’adaptation de Orgueil et Préjugés dans laquelle Colin Firth jouait.
  • Les noms de Colin Firth, le mémorable Darcy de Orgueil et Préjugés, la série britannique de 1995 et d’Hugh Grant, qui joue Edward Ferrars dans le film d’Ang Lee, Raison et Sentiments, sorti la même année, sont tous deux évoqués dans le livre.
  • La culotte couvrante portée par Renée Zellweger, signée par Hugh Grant, a été vendu aux enchères 2 000 livres sterling. Elle a d’ailleurs été l’origine d’un véritable raz-de-marée dans le monde de la lingerie féminine, les ventes pour ce type de produit augmentant de 17 % tandis que les ventes de string baissaient de 7%.

  • Les bagarres de nos deux héros, que ce soit devant un restaurant grec au son de « It’s raining men » ou dans une fontaine au son de « I believe in a thing « called love, sont aussi mythiques qu’improvisées. Désireux de ne surtout pas les chorégraphier, Colin Firth et Hugh Grant ont cherché à garder la fraicheur d’une scène de lutte pathétique et hilarante car ni spectaculaire, ni violente, ni même habile.

[FILMS] Quatre mariages et un enterrement de Mike Newell (1994)

Quatre mariages et un enterrement (titre original : Four Weddings and a Funeral) (4 weddings and a funeral) est un film britannique de Mike Newell, sorti en 1994.

Cette comédie dramatique au ton très novateur a connu un succès mondial retentissant. Elle marque le retour en force du cinéma britannique et hisse Hugh Grant au rang de star.

Synopsis : Charles est célibataire. Seul compte son petit cercle d’amis, composé de Fiona, Gareth, Tom, Matthew et Scarlett, sa colocataire.

L’amour ne le tente pas et quand il fait la connaissance de Carrie lors d’un mariage où il officie en tant que témoin, il n’imagine en rien la passion qui va l’envahir. Car Charles tombe amoureux de Carrie.

Et ses retrouvailles quelques mois plus tard avec la demoiselle, sur le point de se marier avec un riche Écossais, ne vont que confirmer les sentiments qu’il éprouve pour elle…

Fiche technique :

  • Titre original : Four Weddings and a Funeral
  • Titre français : Quatre mariages et un enterrement
  • Réalisation : Mike Newell
  • Scénario : Richard Curtis

Distribution :

  • Hugh Grant : Charles
  • Andie MacDowell : Caroline alias « Carrie »
  • James Fleet : Thomas alias « Tom »
  • Simon Callow : Gareth
  • John Hannah : Matthew
  • Kristin Scott Thomas : Fiona
  • David Bower : David
  • Charlotte Coleman : Scarlett
  • Timothy Walker : Angus

Ce que j’en ai pensé : 
Encore un de mes films anglais préféré ! Non seulement on a une ambiance so british, mais en plus, le film alterne les moments « comiques » et ceux plus tragiques, avec des vraies émotions.

Avant de le revoir, je me souvenais de Rowan Atkinson, en curé maladroit et du comédien John Hannah, dans ses premiers pas au cinéma, acteur que j’ai toujours apprécié, même dans son rôle de Dominium dans « Spartacus – Blood and sand).

Pour moi, ce film, c’est LA comédie romantique par excellence avec ces deux personnages, Charles (Hugh Grant) et Carrie (Andie MacDowell) qui vont se croiser au cours de 4 mariages et un enterrement. Dois-je vous rappeler que Charles est obnubilé par Carrie (qui est l’amie des dentistes… C’était plus fort que moi).

La première fois que je l’avais vu, j’étais tombée de haut car ce film enlevait à l’acte nuptial son caractère « sacré », le tout dans une série de quatre tableaux, tous plus jubilatoires les uns que les autres.

Ce que j’aime dans ce film, c’est qu’il est construit comme un film à sketches puisque nous aurons 4 tableaux, dont un sera fort émouvant, comparé aux autres qui étaient hilarants, mais traité tout en sobriété. Ok, j’ai encore eu les larmes aux yeux !

Non mais sérieux ? Est-on obligé de se marier ? On peut s’aimer et faire sa vie sans pour autant officialiser l’affaire avec flonflons, officier d’état civil, curé, famille, bouffe, dépenses somptuaires, non ?

Ok, le mariage donne plus de droit que la cohabitation… Mes dirigeants devaient nous en donner plus, notamment pour les pensions des conjoints survivants, mais il ne l’a pas fait. Donc, l’a bien fallu passer devant l’officier d’état civil !

Anybref, je kiffe ce film et ses sonneries de réveil, ses retards, ses « putain », ses vieilles bagnoles pouraves, ses cérémonies de mariage où tous les hommes portent le queue-de-pie et chapeaux haut-de-forme, ses diners avec ses discours balbutiants, cette bande d’ami un peu doux dingue,…

Un film que je regarde avec grand plaisir, même si je n’ai plus aucune surprise puisque je sais ce qu’il va se passer.

Ça n’enlève rien au plaisir de finir le film avec un sourire de débile affiché sur mes lèvres en regardant les portraits finaux.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

[SÉRIES] Broadchurch – Saison 3 – La série qui te scotche à l’écran

La troisième et ultime saison de Broadchurch, la série policière britannique, revient au très haut niveau de la toute première.

Synopsis

Trois ans ont passé depuis la mort de Danny Latimer et le procès de XXXXXX, qui l’a vu ressortir libre. Alec Hardy et Ellie Miller ont une nouvelle affaire : Patricia Winterman a été violée lors d’une soirée et les premiers éléments indiquent qu’un prédateur sexuel est dans les environs de Broadchurch.

Distribution :

  • David Tennant : le capitaine Alec Hardy
  • Olivia Colman : le lieutenant Ellie Miller
  • Jodie Whittaker : Beth Latimer
  • Andrew Buchan : Mark Latimer
  • Adam Wilson : Tom Miller
  • Charlotte Beaumont : Chloe Latimer
  • Arthur Darvill : le révérend Paul Coates
  • Joe Sims : Nigel Carter
  • Carolyn Pickles : Maggie Radcliffe
  • Julie Hesmondhalgh : Patricia « Trish » Winterman
  • Georgina Campbel : inspecteur Katie Harford

Ce que j’en ai pensé :
Exit le meurtre d’un enfant, exit le procès du coupable (no spolier)…

Mais qu’allaient-ils donc pouvoir nous proposer, les scénaristes de l’excellente série pour cette troisième saison ??

Pas un crime banal… Pas de crime du tout, même. Je ne sais si c’est pire ou mieux, mais ce sera le viol d’une cinquantenaire, Patricia « Trish » Winterman.

Enfin, la dame affirme avoir été frappée, ligotée et violée. Mais il y a des zones d’ombre dans ce qu’elle leur raconte, d’ailleurs, il y a des tas de zones d’ombres dans beaucoup des récits des participants à la fête des 50 ans de son amie et collègue, Cath Atwood, là où Trish dit avoir été agressée.

D’entrée de jeu, on est scotché devant l’actrice qui joue le rôle (Julie Hesmondhalgh) tant elle semble le vivre. Sa détresse est palpable, ses hésitations aussi, l’actrice est criante de vérité et notre seul souhait serait de la voir surmonter cette épreuve tant on est dedans à fond.

Si en plus d’avoir le poids des dialogues et le choc des images s’explique par le fait que le créateur de la série, Chris Chibnall, a travaillé avec des associations d’aide aux victimes de violences sexuelles pour nourrir son intrigue. Il a sans doute dû bien diriger l’actrice, mais rien n’aurait été possible si Julie Hesmondhalgh/Patricia « Trish » Winterman avait été une actrice de piètre qualité.

L’actrice n’a pas un sex-appeal prégnant, ce n’est pas une bombasse, mais elle dégage quelque chose de fort, de profond et on aimerait être sa copine, l’avoir parmi nos connaissances.

Non, jamais on ne pourra reprocher à la série d’avoir engagé des acteurs de seconde zone car tous sont tout à fait à leur place dans leur rôle, que ce soit la victime, son entourage, notre duo de policiers ou les parents Latimer, ceux qui ont perdu leur gamin dans la saison et qui tentent de se reconstruire.

Le duo des détectives DS Ellie Miller/DI Alec Hardy (Olivia Colman et David Tennant) gagne en épaisseur, ils se complètent, les piques du début sont moins présentes, ils se connaissent, se font confiance.

Pour le capitaine (DI) Alec Hardy, on a même un grand changement puisqu’il a sa fille chez lui, ce qui nous donnera aussi des petites scènes d’un père qui ne comprend pas ce qui arrive à sa fille, mais qui aura un face-à-face des plus virulents en paroles avec certains.

D’un autre côté, en marge de leur enquête sur l’existence d’un violeur en série dans leur petite ville balnéaire, nous retrouvons le couple formé de Beth Latimer et de Mark Latimer, les parents du petit Danny.

Les scénaristes ont bien fait de les inclure dans la saison 3 car avoir de leur nouvelles était nécessaire, afin de voir comment ils survivaient à la perte de leur gamin. Si Beth a trouvé une manière d’oublier en aidant les victimes, son mari, Mark, est hanté par des désirs de vengeance.

Dans ces petits apartés, on a aussi gagné en intensité et niveau émotions, on s’en prendra plein la gueule.

Là, je dis bravo aux scénaristes d’avoir su développer des petites histoires dans l’enquête, orchestrant cela avec brio (avec qui ?), car tous ces destins que l’on retrouve en filigranes forment un grand récit de la vie de cette station balnéaire dont on aimerait fouler le sable.

Anybref, une putain de super série, avec des scénarios bétons, des acteurs qui savent devenir leur personnage, avec de la profondeur, des émotions, de la logique, du suspense et une étude du comportement humain tel qu’il est réellement.

Je vous le dis, on ne se croirait pas dans une série, mais dans une émission de télé-réalité qui se pencherait sur les victimes du viol et filmerait, à leur insu, leur entourage, une fois qu’ils sont au courant.

Si au départ on plaint la victime, on ne tarde jamais à murmurer que tout compte fait, elle l’avait bien cherché à force de flirter ou de boire…

Le comportement humain sans fards…

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

Le Hobbit : J.R.R. Tolkien

Titre : Le Hobbit

Auteur : J.R.R. Tolkien
Édition : Le Livre de Poche (29/04/2015)
Édition Originale : The hobbit (1937)
Traducteur : Daniel Lauzon

Résumé :
Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible qui n’aime pas être dérangé quand il est à table.

Mais un jour, sa tranquillité est troublée par la venue d’un magicien nommé Gandalf, et de treize nains barbus qui n’ont qu’une idée en tête : récupérer le trésor de leurs ancêtres, volé par Smaug le dragon sur la Montagne Solitaire.

Suite à un malentendu, Bilbo se retrouve malgré lui entraîné dans cette périlleuse expédition.

Critique :
« Dans un trou vivait une bite »…. STOP ! Des enfants nous lisent peut-être ! Reprenons correctement, si vous le voulez bien… « Dans un trou vivait un Hobbit ». Merci !

Si le Lotto avait pour slogan « 6 croix qui peuvent changer une vie », on peut appliquer ce genre d’accroche publicitaire au récit de Tolkien : « 6 mots qui peuvent changer une vie ».

Six mots qui donneront naissance à une formidable aventure de fantasy, souvent copiée mais jamais égalée (tiens, on dirait une autre pub).

Ça vous dit de partir à à l’aventure et de chevaucher un poney en compagnie de 13 nains ? De sortir de votre trou de Hobbit si confortable ? De quitter vos fauteuils et votre petite vie pèpère qui n’a rien de trépidant ?

Oui ? Alors faites comme ce pauvre Bilbo qui s’est retrouvé embarqué dans cette grande aventure épique sans vraiment le vouloir et qui, surprenant tout le monde (et lui même), a réussi à gagner la confiance des nains en faisant preuve de courage, de ténacité, de ruse et de chance.

Des années que je voulais découvrir le Hobbit, des années aussi que les films croupissaient dans mon DD ! Honteux, je sais.

2018 devait être LEUR année puisque dans la foulée du visionnage des trois films, j’ai aussi plongé sur la nouvelle traduction des aventures de Bilbon Sacquet ou plutôt devrais-je dire « Bilbo Bessac ». Elle était grosse cette différence là !

L’avantage d’avoir vu les films et que je n’ai pas dû faire le travail d’imaginer les personnages ou les lieux, le tout ayant pris les visages des acteurs et des décors du film.

L’inconvénient est qu’il y a des différences notables entre les deux, comme des ajouts dans les films afin d’étoffer certaines histoires. Le plus gros changement aura lieu lorsque les nains se retrouvent prisonniers des Elfes et où le bô Legolas est absent du livre.

Rien à redire du talent de conteur de Tolkien, pas besoin de lui faire de la pub, la majorité d’entre nous savent qu’il a l’art et la manière de raconter ses histoires fantastiques et, durant ma lecture, je me suis imaginée petite enfant écoutant cette historie merveilleuse.

Le Hobbit est moins sombre que le Seigneur des Anneaux, il va sans dire, sans pour autant être un récit enfantin ou gaga. Il y a de l’action, de l’humour, de l’amitié, de la méfiance et de la confiance qui se gagne à la sueur du poignet ou à l’aide d’anneaux.

Mon seul bémol sera pour le fait qu’il y avait plus de profondeur et de développement dans certains personnages du film (Thorin, Kíli, Bard, le bourgmestre d’Esgaroth, Alfrid son éminence grise, le roi des Elfes Sylvains, Tauriel, notamment et Radagast est absent) alors que dans le livre, ils sont plus lisses, leurs failles sont moins poussées, leurs histoires moins développées ou ils n’existent pas car inventés pour les besoins des films, ce qui enlève quelque peu le plaisir.

Dans le film, on sent bien que Thorin est en train de succomber au côté obscur de la Force et qu’il est sous l’emprise du pouvoir de l’or. Dans le livre, il y succombe aussi, mais c’est moins détaillé que dans le livre. Son retour à la raison est plus détaillé dans le film que dans le livre où il semble survenir par l’opération du Saint-Esprit.

Que vous dire de plus qui n’ait jamais été dit sur ce roman ? Rien de plus, si ce n’est qu’il est plaisant de savoir qu’enfin les œuvres de Tolkien sont retraduites en collant le plus aux textes puisque maintenant son œuvre est intégralement terminée.

« Traduire étant trahir », une nouvelle plume qui colle le plus aux textes originaux n’était pas du luxe et dans un temps prochain, je souhaiterais relire le Seigneur dans sa nouvelle version (avec ma binômette de LC Stelphique).

Un très beau récit d’heroic fantasy à découvrir, si ce n’est déjà fait, ou à redécouvrir. Une quête bourrée de rythme, d’aventure, de magicien, de nains bougons, le tout sans Blanche-Neige, avec un Hobbit peureux et casanier qui va, presque sans le faire exprès, devenir un héros courageux.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Le manuscrit inachevé : Franck Thilliez

Titre : Le manuscrit inachevé

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Fleuve Editions (03/05/2018)

Résumé :
Un manuscrit sans fin, une enquête sans corps, une défunte sans visage pour un thriller virtuose !

Aux alentours de Grenoble, un jeune a fini sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans son coffre, le corps d’une femme, les orbites vides, les mains coupées et rassemblées dans un sac.

Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète.

Car sa vie, c’est un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L’inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale où est resté son mari depuis la disparition de leur fille.

Mais un appel lui annonçant son hospitalisation à la suite d’une agression va faire resurgir le pire des quatre dernières années écoulées. Il a perdu la mémoire. Elle est seule.

Dans le vent, le sable et le brouillard, une question se posera : faut-il faire de cette vie-là un manuscrit inachevé, et en commencer un autre ?

Critique :
Franck Thilliez, si je le croise, je m’en vais te le séquestrer façon « Misery », moi !

Annie Wilkes, comparée à la Belette, ce sera un enfant de cœur.

Le Thilliez, je vais le travailler en férocité, moi, le faire marcher à coup de lattes ! À ma pogne, je veux le voir ! Et je vous promets qu’il demandera pardon, et au garde-à-vous !

Au quatre coins de Paris qu’on va le retrouver, le Thilliez. Éparpillé par petits bouts, façon « Puzzle », puisqu’il les aime tant. « Atom[ka]isé », sûr qu’il va faire le « Grand Voyage » grâce à la Belette. Un aller simple pour le terminus des auteurs audacieux que je m’en vais lui composter, moi.

Sa dernière pensée fut pour sa mère quand la Faucheuse lui composta son billet, trois virages plus loin. Il n’avait pas mis sa ceinture de sécurité.

Ce ne sera que justice puisqu’il a failli me faire passer une nuit blanche car je voulais savoir, puisqu’il m’a scotché avec son dernier roman, puisque j’ai sué sang et eau en tentant de découvrir LA solution, puisque j’ai « Rêver » que je l’avais trouvée…

Toute fière que j’étais de croire que le voile s’était déchiré et prête, tel Archimède dans sa baignoire, à me dresser en criant « EUREKA » avant de me rendre compte que des tas de trucs ne collaient pas et que MA solution, j’allais en faire mon « Deuil de Miel ». Bon, je m’en étais tout de même fort approchée. Ça me console un peu.

Oui, Thilliez m’a fait tourner la tête d’entrée de jeu, donné des « Vertiges » avec son roman dans le roman dans le roman… Déjà que je suis perdue lorsque l’on voit un type lisant un magasine avec, sur la couverture, le même type lisant le même magasine qui, sur sa couverture a l’image du même type….

Malgré tout, j’ai vite passé au-dessus du côté matriochka du roman, l’oubliant même, m’immergeant totalement dans l’histoire, tant l’auteur a su la rendre réelle. J’étais spectatrice de cette histoire, comme si j’en avais fait partie intégrante, planant sur l’ensemble.

Petit plus dans une partie des lieux où se déroule le roman, notamment à la côte d’Opale, je les connais bien et jamais plus je ne verrai le fort d’Ambleteuse de la même manière.

Niveau personnages, beaucoup de réalisme aussi, de plus, l’auteur a eu la bonne idée de donner la parole à tous et toutes, reprenant même des passages lu avec un autre narrateur, nous permettant de découvrir alors l’autre côté, ce qui rendait l’histoire encore plus prenante et addictive.

Thilliez, dans ce roman, il est dingue, fou, étonnant, taré, illuminé, inspiré, déjanté !

Lire son roman, c’est comme marcher dans un marigot, avançant lentement pour ne pas rater une bouée, sans oser rester à la traine pour autant car le suspense est trop grand, tout en faisant aussi attention aux crocodiles qui pourraient surgir de sous l’eau brunâtre et nous surprendre.

Quand on est persuadé de quelque chose, toutes les coïncidences auxquelles on ne prêterait même pas attention d’ordinaire se transforment en indices. En éléments qui ressemblent à des messages qui nous sont adressés. Alors que ça ne reste que des coïncidences.

Léane savait que, à force de chercher des liens, on finissait toujours par en trouver, même les plus absurdes. N’en avait-elle pas la preuve avec cette histoire de plagiat dont lui avait parlé Pam ?

Thilliez, une fois de plus, a joué avec mes pieds, avec mon rythme cardiaque, avec mon cerveau qu’il a mis sens dessus-dessous, se permettant en plus de faire des références à des romans du King (Misery et La Part Des Ténèbres) ainsi qu’aux personnages de Conan Doyle. Petit coquin ! Il sait me causer, le Thilliez…

Le courrier était signé « Irène A. ».
— Irène A. pour Irène Adler. L’un des personnages de Conan Doyle. Vic tendit à son collègue le paquet.

— Pourquoi ceux-là ? C’était une vraie énigme, en soi, digne d’un Conan Doyle.

— On a déjà eu Docteur Watson, je parierais pour Professeur Moriarty, lança Vic. Le grand méchant des romans de Conan Doyle.
— De vrais petits comiques…

C’est en rougissant sous la honte que je signalerai que la grande amatrice de Sherlock Holmes que je suis n’a pas détecté toutes les énigmes, ni LA solution finale, et qu’elle est allée bêtement demander des infos à Yvan (Blog ÉmOtionS) qui, gentiment, m’a mis sur la bonne voie, ce qui m’a permis ensuite de crier ce fameux EUREKA et de sortir de cet « Anneau de Moebius » dans lequel le final m’avait plongé.

Vous ne savez pas ouvrir vos yeux ni regarder en profondeur, derrière la complexité apparente de simples équations. Les réponses sont étalées sous votre nez depuis le début. Vous aviez juste à tendre la main et vous servir.

Astucieux, l’homme ! J’adore le concept de ouvert/fermé.

« Angor » une fois je le dis : Thilliez est le roi des énigmes, le roi du trifouillage mental, l’empereur du polar qui t’élève au-dessus, bien au-dessus des polars classiques.

Il ne faut pas toujours chercher derrière les écrivains de thrillers des êtres tourmentés ou des psychopathes.

Thilliez, c’est un magicien, le roi de l’embrouille, le roi de l’illusion, tu n’y vois que du feu et même une fois qu’il t’a expliqué son tour, t’as toujours les yeux brillants de plaisir car t’as rien vu venir. Excellent !

Un roman est un jeu d’illusions, tout est aussi vrai que faux, et l’histoire ne commence à exister qu’au moment où vous la lisez.

La mémoire est extrêmement complexe, elle peut parfois nous jouer des tours et créer de faux souvenirs. Elle a horreur des vides et les comble d’elle-même lorsque c’est nécessaire.

PS : ceux qui ont lu Thilliez auront remarqué que je cite quelques uns de ses romans dans ma chronique, je les ai entouré de guillemets pour les non-initiés, pour qu’ils n’aillent pas penser que j’ai fait des fôtes ou que j’ai adrabé un rhube.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Mon désir le plus ardent : Pete Fromm

Titre : Mon désir le plus ardent

Auteur : Pete Fromm
Édition : Gallmeister (05/04/2018)
Édition Originale : If Not for This (2014)
Traducteur : Juliane Nivelt

Résumé :
Maddy s’était juré de ne jamais sortir avec un garçon du même âge qu’elle, encore moins avec un guide de rivière. Mais voilà Dalt, et il est parfait.

À vingt ans, Maddy et Dalt s’embarquent dans une histoire d’amour qui durera toute leur vie. Mariés sur les berges de la Buffalo Fork, dans le Wyoming, devenus tous deux guides de pêche, ils vivent leur passion à cent à l’heure et fondent leur entreprise de rafting dans l’Oregon.

Mais lorsque Maddy, frappée de vertiges, apprend qu’elle est enceinte et se voit en même temps diagnostiquer une sclérose en plaques, le couple se rend compte que l’aventure ne fait que commencer.

Mon désir le plus ardent est le portrait d’un couple ancré dans le temps présent qui affronte avec courage et humour les épreuves de la vie.

Avec sa voix pleine d’énergie, tout à la fois drôle et romantique, Pete Fromm nous offre une histoire d’amour inoubliable.

Critique :
Pourquoi dire, lors de la cérémonie du mariage « Je le veux » alors que « C’est mon désir le plus ardent » est foutrement plus beau ?

Pourquoi se marier de manière conventionnelle alors qu’on peut le faire sur les berges de la Buffalo Fork (non, pas les berges du ravin !) et ensuite se faire une lune de miel sur la rivière ?

Lorsque j’ai commencé à lire ce roman, je n’avais pas lu le résumé et je me suis demandé qui était cette femme avachie sur une chaise roulante qui avait l’air d’avoir 110 ans, surtout que le chapitre suivant, je me retrouvais avec des jeunes qui venaient de s’envoyer en l’air…

Le rapport (pas le sexuel), je l’ai vite compris, mais je me suis laissée porter par les flots à la fois tumultueux et doux de cette histoire d’amour comme on en voit peu en littérature (« Nos âmes la nuit » de Kent Haruf m’avait fait le même effet).

Maddy et Dalton sont un jeune couple non conventionnel, épris de la nature sauvage et surtout des rivières que l’on descend. Maddy et Dalton, c’est le couple improbable, celui que l’on pense trop jeune pour arriver à s’en sortir, ceux que l’on dit qu’ils vont casser rapidement.

Pourtant, si Dalt a l’air un peu fantasque, un peu doux rêveur, qu’il ne veut pas toujours voir ce que Maddy essaie de lui faire comprendre, on peut dire que ce jeune homme a non seulement des couilles, mais aussi du cœur parce que peu de maris auraient fait ce que lui a fait : rester avec son épouse malade.

Pour certains, un SP, c’est génial car c’est un livre gratuit envoyé par un quelconque Service Presse d’une quelconque maison d’édition. Mais pour Maddy, SP veut dire Sclérose en Plaques, et là, on ne rigole plus.

Sans jamais sombrer dans le pathos ou le récit neuneu à la guimauve, Pete Fromm nous entraîne dans le quotidien pas facile de ce jeune couple qui tire le diable par la queue, alors que Maddy et Dalton auraient plus envie de jouer à la bêbête à deux dos…

Maddy est une battante, elle ne se laisse jamais aller, préférant s’enfermer toute seule dans sa maladie plutôt que de se lamenter devant les autres, préférant même que son mari ne prenne pas de disposition pour faire face à la dégénérescence qui ne manquera pas de se produire au fil du temps.

Un livre beau, profond, lumineux, malgré la maladie, malgré leurs soucis, sans jamais sombrer dans voyeurisme, Maddy va nous raconter son quotidien avec la SP et ses soucis avec l’assurance santé qu’elle ne possède pas…

Même dans le final bouleversant, l’auteur ne choisit jamais la solution de la facilité qui consisterait à sombrer dans le voyeurisme de bas étage juste pour faire pleurer les lecteurs.

C’est beau, c’est poignant, c’est bien écrit, c’est bourré d’espoir, d’amour, de vie pas facile et de courage.

J’ai terminé cette lecture avec le coeur en larmes et les yeux en vrac… Ou le contraire.

Gil Jourdan – Tome 10 – Le Chinois à 2 roues : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 10 – Le Chinois à 2 roues

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1967)

Résumé :
Se reposant de trépidantes aventures, Gil Jourdan est approché par un commerçant chinois.

Monsieur deux roues est en effet un homme fort préoccupé. Il a le monopole de vente de scooters en Chine et ô malheur, doit faire face à des importateurs parallèles faisant passer en fraude des scooters par le Wijang, soit le bout de la Chine, proche de l’Inde.

Gil Jourdan accompagné de ses deux fidèles compères part donc enquêter. Parce que Monsieur deux roues en dépit de toute son influence, est incapable de faire arrêter ce trafic qui vient contrarier son ô combien confortable monopole.

La Chine, c’est grand, y compris pour les douaniers. Voici donc le détective privé français en train de combattre des contrebandiers dans les montagnes de Chine.

Critique :
Ils sont arrivés à pied de la Chine… Et cassez-vous les méninges avec cette contrepèterie offerte.

Bon, nos amis auraient mieux fait de prévoir des parapluies, des K-Way et ne pas partir en costumes cravates pour leur enquête en Chine qui aura tout d’un « Salaire de la peur » ou de « La course de la mort » dans certaines portions de route.

Et oui, nos amis vont en baver, et surtout en être tout trempé à cause des conditions météo : de la pluie, de la pluie, de la flotte, de la drache que même chez nous, en Belgique, il ne tombe pas autant de cordes et de hallebardes !

De nouveau un festival de bons mots en tout genre, de dialogues croustillants, de personnages drôles, même dans les méchants (surtout dans les méchants), de situations critiques dont on se demande s’ils vont arriver à s’en sortir.

Je ne sais pas si Tillieux s’était renseigné sur le paysage des contrées un peu perdues de la Chine, mais ses dessins font honneur aux décors et l’ambiance est polardeuse à souhait avec cette enquête sur le trafic de scooter.

Pas de temps mort, pas le temps de se reposer, dès la première case, Tillieux nous présente un camion jaune qui brinqueballe dans la boue, sous la pluie et les cases suivantes, nous retrouvons notre trio sous le soleil, à la terrasse d’un café.

On est accroché, on se demande comment on a fait pour passer de la terrasse du café sous le soleil à la côte boueuse qui précédait ces cases.

Une enquête bourrée de rebondissements, d’action, de flotte, de bons mots jubilatoires, de situations cocasses, de courses-poursuites, de pièges en tout genre, de baffes et de trafiquants de tout poil.

Moi, j’adore.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Belge chez Mina et Anna (Avril 2018).

Les étoiles s’éteignent à l’aube : Richard Wagamese

Titre : Les étoiles s’éteignent à l’aube

Auteur : Richard Wagamese
Édition : Zoe – Écrits d’Ailleurs (2016)
Édition Originale : Medicine Walk (2014)
Traducteur : Christine Raguet

Résumé :
Lorsque Franklin Starlight, âgé de seize ans, est appelé au chevet de son père Eldon, il découvre un homme détruit par des années d’alcoolisme.

Eldon sent sa fin proche et demande à son fils de l’accompagner jusqu’à la montagne pour y être enterré comme un guerrier.

S’ensuit un rude voyage à travers l’arrière-pays magnifique et sauvage de la Colombie britannique, mais aussi un saisissant périple à la rencontre du passé et des origines indiennes des deux hommes.

Eldon raconte à Frank les moments sombres de sa vie aussi bien que les périodes de joie et d’espoir, et lui parle des sacrifices qu’il a concédés au nom de l’amour.

Il fait ainsi découvrir à son fils un monde que le garçon n’avait jamais vu, une histoire qu’il n’avait jamais entendue.

Critique :
Mais quel beau voyage je viens de faire, les amis ! Un beau mais un dur voyage. Un voyage éprouvant, émouvant, un voyage qui se veut une sorte de rédemption.

Franklin Starlight a 16 ans, il travaille dur à la ferme du vieil homme.

Cet homme n’est pas son père et niveau paternel, Franck est le fils d’une éponge imbibée d’alcool, incapable de rester sobre plus de quelques heures, incapable de parler à son fils, incapable de lui apprendre des choses, comme le vieil homme l’a fait.

Pourtant, Eldon Starlight, ce père qui a tout d’un père indigne, appelle son fils car il se sent mourir. Il lui demande de l’emmener dans un endroit pour y mourir comme un guerrier, lui qui est un indien sang-mêlé.

Durant ce voyage éprouvant, on va faire la connaissance d’un homme que l’on a pas envie d’apprécier, un homme dont on aimerait lui botter le cul. Non, rien de rien, Eldon n’a rien pour le sauver.

Et pourtant… Pourtant (♫) on va commencer à apprécier le personnage au fil des histoires qu’il va raconter à Franck, durant leur périple dans la forêt profonde où il y a des grosses bêtes sauvages et pas de téléphone.

Eldon va raconter une partie de sa vie à son fils, Franck va se souvenir de tous les rendez-vous manqué avec son père, quant à nous, et bien, on va les écouter avec attention car ici, la terre est rude et ses habitants aussi.

Le travail ne court pas les rues, on est mal payé, on doit suer toute la journée, alors les hommes boivent et reboivent encore, ils boivent à la santé de la Colombie britannique (Canada, on est loin d’Amsterdam, je sais).

L’histoire d’Eldon est touchante, âpre, il lui faudra du courage pour la raconter à ce fils qu’il n’a pas voulu, à ce fils à qui il a promis des tas de choses, mais qu’une bouteille a fait tout oublier.

J’ai vu venir le pourquoi du comment, et j’avais bien trouvé, mais cela n’a pas empêché l’émotion de monter, même si le récit est tout en pudeur, porté par une écriture tout en sobriété (le contraire d’Eldon), tout en finesse, tout en poésie et en récit de survie dans ses montagnes hostiles.

Un très beau roman dont j’aimerais vous en dire plus mais que je ne peux pas, et que je ne saurai pas, car tout est à l’intérieur de mon cœur.