L’étoile du désert – Tome 3 : Marini, Desberg & Hugues Labiano

Titre : L’étoile du désert – Tome 3

Scénaristes : Marini, Desberg
Dessinateur : Hugues Labiano

Édition : Dargaud (23/09/2016)

Résumé :
À la tombée de la nuit, une bande attaque un convoi de pionniers. Plusieurs années après, Maria, seule survivante du massacre, et son père reviennent s’installer non loin du lieu du drame, à la frontière du territoire des indiens.

Ils se trouvent donc tout proche de la tribu de Souffle du Matin et d’Étoile du Désert, deux jeunes qui se tournent autour.

Leur confrontation avec des cow-boys chassant les bisons va déclencher une série de rencontres et de péripéties qui mènera éventuellement aux évènements des premiers tomes.

Critique :
J’avais découvert le diptyque de l’étoile du désert assez tard, en 2017, pour être précise, c’est-à-dire 20 ans après sa sortie. Oui, je suis à la page, je trouve aussi.

Mais la bonne nouvelle dans l’histoire, c’est que je n’ai pas du poireauter 20 ans pour avoir le plaisir de lire le tome 3, na !

Par contre, moi qui pensais continuer de suivre les aventures de ce diable de sean Connery, enfin, de son sosie, Matthew Montgomery, je suis tombée de haut.

Cet album est en fait le préquel à l’histoire qui se déroulera après, avec notre beau Matthew et cette fameuse étoile du désert.

Exit donc le bellâtre à collier de barbe sexy, et place aux aventures de deux jeunes indiens : Souffle du matin et notre fameuse Étoile du désert.

Adios les cow-boys et bienvenue dans le territoire des indiens Lakolas, qui attendent impatiemment l’arrivée des bisons, mais si ces grosses bébêtes arrivent, les colons sont de la partie aussi, l’Homme Blanc voulant sans cesse agrandir ses possessions territoriales.

Fallait oser, 20 ans après, écrire sur un personnage important des deux premiers tomes, alors que le lecteur sait bien ce qu’il va advenir d’elle.

Oui, mais ce que nous ne savions pas, c’est comment, pourquoi, qu’est-ce qu’il s’était bien passé pour qu’Étoile du Désert en arrive là. Une partie des réponses nous sont données.

Ce qui m’a ennuyé le plus, c’est le changement de dessinateur, alors que Marini dessine les chevaux comme personne, j’ai moins aimé le style de Labiano, même si j’ai adoré l’utilisation des tons sépias, le dessin, ça ne passe pas.

Les auteurs nous offrent là un western qui ne demande qu’à poursuivre sa route, à s’étoffer un peu plus, même si les personnages, avec peu de détails, nous donnent l’impression d’avoir de la profondeur.

Une page importante de l’Histoire des États-Unis se joue sous nos yeux de lecteurs, c’est le conflit entre les cow-boys sans foi ni loi et qui veulent être libres, les colons guidés par Dieu et les Indiens qui aimeraient qu’on leur foutasse la paix sur leur territoires sacrés.

Mais je sens que ça va mal se terminer pour eux…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

 

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Lucky Luke – Tome 11 – Ma Dalton : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 11 – Ma Dalton

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1971)

Résumé :
Ma Dalton est une vieille femme qui de plus est la mère des Dalton, les 4 frères les plus redoutables de l’Ouest. Lorsque Luke arrive à Cactus Juncton, il fait la connaissance de Ma Dalton. Cette femme est prise en pitié par les habitants des environs. En effet, les marchands la laissent attaquer leur commerce.

Mais tout se corse lorsque Ma Dalton écrit à ses enfants, qui sont en prison, qu’elle a rencontré Lucky Luke. Furieux, Joe accompagné de ses frères s’évade pour retrouver Lucky Luke dans l’espoir de le descendre….

La petite ville de Cactus Juncton ne sera plus aussi calme désormais !

Critique :
Ma Dalton a tout de la caricature de la mère castratrice envers l’ainé de ses rejetons (Jo) ou de mère poule pour le cadet (Averell) à qui elle passe toutes les fautes, toutes les erreurs, lui qui est son bébé.

Évidemment, ça ne plait pas aux trois autres frangins, surtout au plus petit taille qui est tout de même l’aîné de la fratrie : Jo Dalton.

Si au départ Ma Dalton a tout de la petite mamy sympathique qui, pour ne pas perdre sa fierté devant les commerçants qui lui font la charité, les braque avec une vieille pétoire déchargée, sous leurs regards goguenards.

— Alors, Ma Dalton, qu’est-ce que ce sera pour aujourd’hui ?
— Un bon steak, et n’oublie pas du mou pour mon chat, ou je te refroidis comme ta viande !

Comme elle veut faire honneur à son nom et qu’elle ne veut pas avoir l’impression de vivre de la charité publique, elle fait semblant d’attaquer les commerçants…

Mais méfions-nous de l’eau qui dort, car si la mère des Dalton a tout de la petite vieille douce et charmante, elle a tout de même l’expérience des chaines limées avec feu son mari et elle ne condamne pas les exploits de ses rejetons, tant que ceux-ci se lavent les mains avant de passer à table et évitent de dire des gros mots.

[Ma Dalton à Joe Dalton] —  Tu aurais dû me demander la permission avant d’attaquer les banques !

[Ma Dalton à Joe Dalton] — Je n’aime pas savoir mes enfants séparés. Tes frères en prison, sans toi, sont livrés à toutes les influences, et je crains qu’ils ne finissent mal…

Ma Dalton est un album plaisant à relire, un petit bijou de situations cocasses, drôles, émouvantes, entre une mère et ses quatre enfants célèbres, sans oublier un cow-boy qui tire plus vite que son ombre, un Jolly Jumper qui pêche et un Rantanplan qui nous offrira quelques belles scènes d’anthologie.

— Ça mord ?
[Jolly Jumper] — Dès que quelqu’un voit un cheval pêcher, il faut qu’il pose des questions idiotes !

[Lucky Luke trouvant Jolly Jumper en train de pêcher] — Que tu enlèves ta selle, passe encore. Mais avec quoi enfiles tu l’asticot sur l’hameçon ?
[Jolly Jumper] — Comme tout le monde : avec dégout…

En fait, on pourrait même dire que les vedettes, dans cet album, sont les frères Dalton car Lucky Luke s’effacera un peu devant cette famille haute en couleur.

[Jack Dalton lisant une lettre de Ma Dalton à ses frères] — Et c’est en voyant ce Monsieur Lucky Luke que j’ai eu l’idée de vous écrire, soyez sages, couvrez-vous si vous vous évadez et je vous … c’est quoi cette lettre ?
[William]  — C’est un « g »
[Jack]  —  Et je vous engrasse gien fort, et Averell mon gégé…

Pas grave, leurs déboires compensent tout le reste et c’est toujours un régal de voir Joe s’énerver, de réaliser que la situation leur échappe, de rire devant ce grand dadais d’Averell, chouchou de môman, déclenchant l’ire de ses frères.

Peut-être pas le meilleur des Lucky Luke, mais dans la collection éditée chez Dargaud, ils ne sont pas nombreux, les albums qui sortent du lot, au contraire de ceux publiés chez Dupuis.

Anybref, un album d’une excellente facture, qui fait plaisir à relire et croyez-moi, ces derniers temps, j’en ai découvert quelques uns publiés chez Dargaud et je n’ai pas toujours été aussi bien servie qu’avec Ma Dalton (que je connaissais car lu il y a… un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître !).

Ma Dalton, c’est assurément une bonne pioche et Goscinny, sans se déchaîner, se laisse aller à son talent.

 Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

[FILMS] Les Gardiens de la Galaxie II – Guardians of the Galaxy Vol. 2 : James Gunn (2017)

Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 (Guardians of the Galaxy Vol. 2) est un film de super-héros américain réalisé par James Gunn, sorti en 2017.

Ce film, adapté de la série de comic books du même nom, est le quinzième de l’univers cinématographique Marvel et le troisième de la phase III. Il fait suite au film Les Gardiens de la Galaxie sorti en 2014.

Synopsis : 
Les Gardiens de la Galaxie poursuivent leurs aventures en traversant les confins du cosmos. Ils doivent se battre pour que leur nouvelle famille reste ensemble tandis qu’ils cherchent à percer le mystère de la véritable filiation de Star-Lord.

Fiche technique :

  • Titre original : Guardians of the Galaxy Vol. 2
  • Titre français : Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2
  • Réalisation : James Gunn
  • Scénario : James Gunn, d’après la série de comics Gardiens de la Galaxie

Distribution :

  • Chris Pratt : Peter Jason Quill / Star-Lord
  • Zoe Saldana : Gamora
  • David Bautista : Drax le Destructeur
  • Vin Diesel : Groot (voix)
  • Bradley Cooper : Rocket (voix)
  • Kurt Russell : Ego
  • Michael Rooker : Yondu Udonta
  • Karen Gillan : Nébula

Ce que j’en ai pensé :
Bon, d’accord, on n’est pas dans du cinéma d’auteur, mais dans un film d’action, et à ce niveau-là, on est servi dès la première scène !

Ça castagne, ça se bat, ça tire dans tous les sens et on se marre en voyant Baby Groot qui danse sur la musique de « Mr. Blue Sky » de  Electric Light Orchestra.

Intelligent de mettre la scène de castagne en arrière-plan et de se concentrer sur notre brindille qui danse de manière candide sur une chanson qui nous donne envie d’aller nous trémousser avec lui.

On retrouvera cet humour décalé dans le piège tendu par le raton-laveur Rocket, où la scène des explosions a tout du bon vieux cartoonesque, dans les recherches infructueuses de Baby Groot, ainsi que lorsque Yondu nous montrera un superbe aperçu de ce que sa flèche rouge lumineuse est capable d’accomplir.

Les personnages qui composent de cette drôle de bande de mercenaires sont toujours aussi chouettes, avec leurs défauts, leur sales caractères, leur égo, leurs envies, leurs blessures secrètes et Groot qui dans le premier volet avait un caractère de merde, en version « baby », il est touchant et on aurait envie de l’avoir chez soi, même si ses conversations ne sont pas compréhensibles pour tout le monde…

Par contre, je l’ai trouvé sous-exploité, notre Groot ! Il est touchant, amitieux, en recherche de câlins, mais niveau scènes importantes, il n’en a pas des masses… Ce que je trouve dommage alors qu’ils ont donné à certains personnages une plus grande dimension.

Comme par exemple avec les méchants, qui ont vraiment des sales gueules de méchants, mais les scénaristes n’ont pas oubliés de montrer que tous les méchants ne sont pas toujours des salauds et que les gentils ne sont pas toujours ce qu’ils montrent au départ.

Autrement dit, le second volet se concentrant plus sur les personnages, nous donne des belles évolutions pour certains et même s’ils ont un côté badass, ils n’en restent pas moins touchants, même s’ils ne veulent pas montrer leur sentiments ou leur sensibilité. C’est ce qui les rend encore plus touchant, je trouve.

Mais, a contrario, si on développe certains personnages, d’autres restent un peu creux, comme notre Baby Groot, entre autre; Gamora tout pareil, et une des méchante du film, la dorée Ayesha, aurait pu être un peu plus exploitée.

Nous avons un film de 2h10, ce qui fait qu’ils auraient eu largement le temps de les étoffer un peu plus au lieu de faire de l’humour toutes les 30 secondes, avec toujours les mêmes choses qui reviennent sans cesse (ça va, on a compris), rendant cet humour lourd à la fin.

Sans compter que la scène de baston finale est assez vite expédiée.

Niveau scénario, peu de temps mort, pas le temps de s’endormir sur son mojito car on apprendra enfin QUI est le père de Peter Quill et, malheureusement, là, on arrive dans du connu depuis la nuit des temps, mis en scène par tous les grands dramaturges, même que Freud nous en a parlé en long et en large dans une de ses théories (je ne parle pas du stade anal et du stade phallique)…

Je ne vous dirai rien de plus, mais si certains veulent en savoir plus, via MP, je leur dirai tout !

Un peu bête parce que malheureusement, on voit venir le truc d’assez loin… Pas besoin de sortir de l’ENA ou d’avoir ingénieur… Qui n’a pas vu « Star Wars », déjà ?? Même Lucas n’avait rien inventé…

Par contre, au niveau la bande-son, je ne vous dirai qu’une chose : super !

Bon, au final, ce n’est pas du grand film, ils auraient pu faire mieux pour le second volet et approfondir un peu tout le monde, donner plus d’envergues à certains méchants, éviter les redondance dans l’humour et certaines scènes marrantes, éviter le drame freudien connu de tout le monde et nous donner une scène de baston finale un peu plus badass.

Sinon, dans les toutes dernières scènes, on a un grand moment d’émotion, même si c’est du déjà-vu et déjà-vécu car tout le monde a cherché ailleurs ce qu’il avait sous les yeux…

Malgré tout, ça se regarde avec plaisir, ça vous change les idées, ça vous fait passer un bon moment devant votre écran car les effets spéciaux sont de grandes envergues et le temps du film, vous oublierez les soucis ou les emmerdes de la vie quotidienne !

[FILMS] Moi, Moche et Méchant 3 – Despicable Me 3 : Pierre Coffin & Kyle Balda (2017)

Moi, moche et méchant 3, ou Détestable moi 3 au Québec, (Despicable Me 3) est un film d’animation américain réalisé par Kyle Balda et Pierre Coffin, sorti en 2017. C’est la suite de Moi, moche et méchant 2 sorti en 2013 et de Moi, moche et méchant sorti en 2010.

Synopsis :
Dans les années 1980, Balthazar Bratt est le jeune héros de la série à grand succès Evil Bratt. Après qu’il a été victime d’une poussée de puberté, la série s’arrête brutalement. Jurant de se venger, il devient dans les années 2010 un criminel extrêmement dangereux.

Alors qu’il est parvenu à s’emparer du plus gros diamant du monde, Gru et Lucy parviennent à lui reprendre la pierre précieuse mais Bratt s’enfuit. En conséquence, le couple est renvoyé par la nouvelle directrice de l’agence VL.

Désormais au chômage, Gru fait face à la défection des Minions, galvanisés par Mel et qui pensaient que son licenciement leur permettrait de redevenir méchants.

Tandis que tout va au plus mal, il apprend la mort récente de son père (sa mère lui avait pourtant dit qu’il était décédé à sa naissance) et qu’il a un frère jumeau, prénommé Dru.

Accompagné de Lucy, Margo, Edith et Agnès, Gru part à la rencontre de son frère.

Fiche technique :

  • Titre original : Despicable Me 3
  • Titre français : Moi, moche et méchant 3
  • Titre québécois : Détestable moi 31
  • Réalisation : Kyle Balda et Pierre Coffin
  • Scénario : Ken Daurio et Cinco Paul

Ce que j’en ai pensé :
Vous le savez, dès que j’ai un coup de blues, je me regarde un « Despicable Me » car les Minions me font pisser de rire, et Gru aussi.

Autant j’avais ri avec le premier et le second opus, je reste un peu sur ma faim avec le troisième volet.

J’avoue que commencer le visionnage quand on a une migraine qui vous matraque le cerveau n’était pas une bonne idée, mais je pensais distraire la cervelle et lui faire penser à autre chose que la douleur.

Impossible, alors j’ai repris l’aventure un peu plus tard, quand le mal s’en était allé.

Si le scénario ne manque pas d’originalité avec la découverte pour Gru d’un frère jumeau (comment ça, c’est pas original la découverte d’un autre soi ?? – MDR), ce qui est réellement neuf dans cet opus c’est la révolte des Minions.

Pas une révolte, mais une révolution, sire ! Voilà nos petits jaunes qui s’en vont ailleurs puisque Gru n’est plus un Méchant d’envergure mais s’est amendé depuis sa rencontre avec Lucy et son entrée chez les James Bond de Vigilance Lynx, d’où il vient de se faire mettre dehors par la remplaçante de Silas De La Molfesse qui lui reproche de n’avoir pas su arrêter le nouveau Méchant, Evil Bratt.

Ok, rien de neuf sous le soleil, c’est du déjà-vu, je l’avoue, mais la mise en scène est bien fichue, avec, d’un côté notre Gru et sa petite famille qui s’en va découvrir son frère, qui n’a rien d’un méchant mais voudrait le devenir, et d’un autre côté, les pitreries des Minions qui sont parti de chez Gru et qui vont vivre des tas de péripéties.

De toute façon, lorsque l’on analyse tout, il n’y a jamais rien de neuf sous le soleil, même dans la saga Despicable me puisque dans le premier volet, Gru découvrait les joie de la paternité, dans le deuxième, les joies de l’amûr. Ne restait plus qu’à découvrir les joies de la fraternité, ou plutôt de la famille, lui qui a eu une mère qui ne l’écoutait pas fort.

Si je me suis bien amusée, il m’a semblé rire moins souvent qu’à l’ordinaire. C’était plaisant, sans temps mort, avec de l’action et des choses prévisibles accomplies par Dru, le frère néophyte en méchanceté de Gru, qui ne demande qu’à apprendre.

La bonne surprise viendra du grand méchant du film, Evill Bratt, ancien enfant star d’une série aux allures kitch, et qui est encore plus kitch une fois devenu adulte car môssieur veut se venger de la société qui l’a mis sur le côté lors de sa puberté, arrêtant du même coups sa série animée.

Il se bat à coups de chewing-gum rose, de rubik’s cube, de guitare électrique, de mini-lui, ce qui est kitchisisme à mourir, mais cela donne une autre dimension au film car son kitch a une certaine classe.

Oui, c’est un has been, oui il a tout du mégalo, mais purée, sa folie galopante nous donnera quelques belles scènes d’action.

Autre bonne surprise, le personnage de Lucy qui passe de folle déjantée à femme un peu plus posée cherchant sa place dans la maisonnée, essayant de jouer le dur rôle de mère auprès des filles, qui elles, seront un peu en retrait, sauf Agnès qui est toujours à la recherche de sa licorne.

Mais heu, je rêve ou quoi ? On dirait que la voix française d’Edith n’est plus la même !! Wiki me répondra que je n’ai pas rêvé, ils ont changé la voix d’Edith et elle ne lui va pas du tout.

Anybref, j’ai passé un bon moment, le troisième volet aurait pu être casse-gueule ou le film de trop, il ne le sera pas, même si je le trouve moins drôle, mais je pense que là, il faut arrêter avant de foutre en l’air la franchise et de passer dans le rouge niveau entrées ou critiques.

Et si je désire me payer une bonne tranche de rire avec ce méchant de Gru qui est devenu gentil, je me referai le premier volet, celui dans lequel il n’avait aucun scrupules à être mauvais et vilain !

[FILMS] Les Goonies (The Goonies) : Richard Donner, Chris Columbus & Steven Spielberg (1985)

Les Goonies (The Goonies) est un film d’aventure américain réalisé et produit par Richard Donner sur le scénario de Chris Columbus d’après une histoire de Steven Spielberg.

Le film met en scène une bande d’adolescents des Goon Docks, surnom du quartier d’Astoria dans l’Oregon.

Distribué par Warner Bros. Pictures, ce film est sorti le 7 juin 1985 aux États-Unis et au Canada.

En France, il est sorti le 4 décembre 1985 sous la distribution de Splendor Films.

Synopsis :
Astoria, automne 1985. Alors que les terribles Fratelli s’évadent de prison, Bagou, Choco, Data et Mickey, une bande de gamins, trouvent dans le grenier de ce dernier une vieille carte au trésor menant au pirate Willy le Borgne.

Alors que leur quartier va bientôt être rasé par le promoteur Elgin Perkins pour être remplacé par un terrain de golf, les garçons décident de se mettre à la recherche du butin pour éviter la destruction des maisons.

Bientôt rattrapés par Brand, le frère de Mickey, et deux amies, Steph et Andy, les « Goonies » suivant leur carte, arrivent et pénètrent dans un vieux restaurant en bordure de mer ; sans savoir que l’endroit est déjà occupé par les Fratelli en cavale, s’en suivra de la poursuite de leur aventure souterraine jusqu’au bateau pirate de Willy le Borgne et de son fameux trésor…

Fiche technique :

  • Titre : Les Goonies
  • Titre original : The Goonies
  • Réalisation : Richard Donner
  • Scénario : Chris Columbus, d’après une histoire de Steven Spielberg

Les Goonies :

  • Sean Astin  : Mickael « Mickey » Walsh
  • Corey Feldman  : Clark « Bagou » Devereaux
  • Josh Brolin  : Brandon « Brand » Walsh
  • Jonathan Ke Quan  : Richard « Data » Wang
  • Jeff Cohen  : Lawrence « Choco » Cohen
  • Kerri Green  : Andrea « Andy » Carmichael
  • Martha Plimpton  : Stephanie « Stef » Steinbrenner

Autres :

  • Robert Davi : Jake Fratelli
  • Anne Ramsey : Mama Fratelli
  • Joe Pantoliano : Francis Fratelli
  • John Matuszak : Lotney « Sinok » Fratelli

Ce que j’en ai pensé :
Un film adoré lorsqu’on était gosse et ado peut-il encore nous transporter une fois adulte ? C’est ce que j’ai eu envie de tester avec les Goonies, un film que j’avais déjà vu au moins 5 ou 6 fois.

Verdict ?

Oui, il a bien passé l’examen, malgré le fait que tout est un peu exagéré dans ce film, que tout est téléphoné et que tout fini bien pour le meilleur des monde.

Alors oui, j’ai ri de certaines incohérences, de certaines coquilles qui furent gardées au montage alors que les scènes auxquelles elles se référaient avaient été coupées.

Je me demandais depuis des lustres pourquoi Data nous parlait d’une pieuvre géante, alors que je n’avais pas vu l’ombre d’une tentacule dans le film, mais grâce à mon ami Wiki, je sais maintenant que toutes ces erreurs et coquilles  sont dues à des intrigues secondaires qui ont été filmées, mais supprimées au montage.

La scène de la pieuvre ainsi que d’autres scènes supprimées ont été incluse dans les bonus du DVD, parait-il. Mais dommage, je ne possède pas le DVD, mais je vais régler ce problème assez vite, le marché des DVD d’occase est bien achalandé !

Les Goonies, c’est un mélange d’une bande de copains qui sont tristes que leur quartier soit rasé et que chacun doivent aller vivre ailleurs, c’est un mélange de Peter Pan pour le côté magique de l’enfance, sans oublier un dose d’Indiana Jones pour la chasse au trésor et tous les pièges qui l’émaille.

Les Goonies, ce sont des méchants un peu cons, comme souvent dans les comédies américaines, ce sont des frères qui se tapent dessus, une mère qui a tout d’une Ma Dalton et un autre frère caché car horrible.

Les Goonies, c’est donc un groupe de 4 copains, flanqué du frère ainé de l’un d’eux, les Goonies, c’est une équipe de choc, une bande de garnements friands d’aventures, des rêveurs, des bricoleurs genre MacGyver, le genre aussi à se laisser embarquer dans d’incroyables épopées, chacun apportant se touche personnelle, que ce soit avec un bagou, avec des inventions bizarres, de la bouffe ou de la timidité d’un doux rêveur.

Les Goonies, ça vous replonge direct en enfance, quand vous aussi vous aviez une bande de copains, que vous aussi vous rêviez de faire une cabane et de vivre des tas d’aventures un peu folles, comme celles que vous lisiez dans les livres.

Alors oui, tout est téléphoné, on est face à la famille américaine dans toute sa splendeur, avec maman qui fait les courses avec la bonne, papa qui ne sait plus payer les traites, malgré le fait qu’il travaille, avec la jolie fille sans épaisseur qui tombe amoureux du frangin musclé de ce brave Sam Gamegie… heu, de Mickey Walsh !

Mais merde, retomber en enfance, de temps en temps, ça ne fait de tort à personne et j’ai mis de côté les décors en carton pâte, les incohérences, les pièges qui fonctionnent toujours après 300 ans (si pas plus), et les méchants qui perdent tandis que les bons gagnent.

Ça m’a fait rajeunir de le revoir !

Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Lucky Luke – Tome 6 – Hors-la-loi : Morris

Titre : Lucky Luke – Tome 6 – Hors-la-loi

Scénariste : Morris
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (1954)

Résumé :
Les frères Dalton : Grat, Bob, Bill et Emmett Dalton !!! Des hors-la-loi redoutables qui font régner la terreur dans l’Ouest. Aucun train, aucune banque ne leur résistent. Personne n’ose les arrêter.

Mais un jour, leur route croise celle d’un cow-boy solitaire et de son cheval. Un nommé Lucky Luke et son fidèle Jolly Jumper. L’affrontement fera rage.

Critique :
Voilà un album qui met en scène de véritables Méchants, avec un grand M car des bandits de ce genre là, on n’en croise pas dans toutes les cases de bédé !

Voilà pourquoi ensuite Morris s’en est voulu de les avoir fait disparaître, respectant pourtant la réalité, se faisant lui même taper sur les doigts d’avoir laissé passer une réelle chance d’avoir des Méchants d’envergure dans ses futurs albums.

Car les Dalton qui se promènent en enchainant méfaits sur méfaits, ce sont les véritables Dalton : Bob, Grat, Bill et Emmett Dalton n’ont rien à voir avec leurs cousins, les autres Dalton (Joe, Jack, William et Averell), ceux qui sont plus bêtes que méchants.

Pourtant, il y a déjà un air de famille avec leurs cousins, ceux qui prendront ensuite une place importante dans les aventures de Lucky Luke : Bob est une teigne colérique comme son cousin Jo et lorsqu’on Emmet rappelle de ne pas oublier de « casser la graine » quand Bob veut s’arrêter pour partager le magot, on croirait entendre Averell !

Les démonstrations de force entre les Dalton et Lucky Luke sont bien mises en page, dans le saloon, où chacun joue à celui qui pisse le plus loin, mais avec ses muscles ou avec son six-coups.

Niveau dialogues, les Dalton utilisent assez bien de mots argotiques lorsqu’ils parlent de leurs révolvers (foreuse, son rigolo,…), de l’argent (touchez pas au carbure), mais les autres personnages ne sont pas en reste, utilisant des mots comme « fric » ou « pétoire ». Ça fait du bien de voir que la censure n’est pas passée par ici !

Enfin, si, elle est passé, je l’ai lu dans le magazine hors-série consacré à Lucky Luke… À l’origine, une balle traversait de part en part la tête de Bob Dalton, on voyait des gouttes de sang couler et former une flaque de sang sous le bandit.

Dans la version corrigée après censure, Morris fit tomber Bob dans un tonneau, Lucky Luke le retourne et s’assied dessus.

La case suivante montrant les tombes des Dalton et laissant penser qu’ils ont fini six pieds sous terre après un procès et une pendaison en bonne et due forme.

Les dessins sont toujours ceux des premiers albums, autrement dit, pas terribles, même s’ils se sont améliorés, par contre, Lucky Luke a toujours un visage très allongé et un gros menton rond, quand à Jolly Jumper, il n’a pas encore de pensées, ni de répliques, ni même de rire.

Quand aux Dalton, ils ont beau avoir existé, ils n’avaient bien entendu pas ces têtes là !

Un album mythique, un album où le scénariste Goscinny n’est pas encore présent, mais on ne peut pas dire que Morris était un manche avec ses scénarios car celui-ci est mené de main de maître, possède quelques gags et, de formidables méchants qui ne feront qu’un seul tour de piste.

À noter que cet album possède deux histoires, et que la suivante met en scène des personnages rencontrés précédemment et notre Lucky Luke mettra lui-même en scène le retour des terribles frères Dalton.

Une cotation entre :

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Yaak Valley, Montana : Smith Henderson

Titre : Yaak Valley, Montana

Auteur : Smith Henderson
Édition : Belfond (18/08/2016)

Résumé :
Dans le Montana, en 1980.
Autour de Pete, assistant social dévoué, gravite tout un monde d’écorchés vifs et d’âmes déséquilibrées. Il y a Beth, son ex infidèle et alcoolique, Rachel, leur fille de treize ans, en fugue dans les bas-fonds de Tacoma, Luke, son frère, recherché par la police.

Et puis il y a Cecil l’adolescent violent et sa mère droguée et hystérique, et ce jeune Benjamin, qui vit dans les bois environnants, avec son père, Jeremiah Pearl, un illuminé persuadé que l’apocalypse est proche, que la civilisation n’est que perversion et que le salut réside dans la survie et l’anarchie.

Pearl qui s’est exclu de la société, peut-être par paranoïa, peut-être aussi pour cacher qu’il aurait tué son épouse et leurs cinq enfants.

Au milieu de cette cour des miracles, Pete pourrait être l’ange rédempteur, s’il n’était pas lui-même complètement perdu…

Petit Plus : LA révélation de cette rentrée littéraire, dans la lignée de Cormac McCarthy et de Richard Ford. Soulevant les contradictions les plus violentes et dérangeantes d’une Amérique qui préfère ignorer ses marginaux, Smith Henderson livre une peinture au vitriol du Montana des années 1980.

Critique :
Qu’est-ce qu’il y a de chouette à découvrir dans le Montana des années 1980 ? Non, laisse tomber ton ami Google, en ce temps là, il n’était pas encore dans le cerveau de ses concepteurs…

Tu veux un conseil d’ami ? Visite le territoire avec Peter Snow (non apparenté à Jon Snow ou Ramsey Snow, je précise), un assistant social dévoué pour le bien des enfants, qui fait ce qu’il peut, comme il peut, qui s’inquiète pour les enfants qui sont sous sa charge, même si, de son côté, il a tout foiré avec sa fille.

Peter a tout d’un looser, il a des tendances alcoolo, une grande gueule qu’il ne sait pas fermer, l’envie d’aider tout le monde, sauf lui, qui réussi dans son job là où il a échoué avec sa femme et sa gamine.

C’est un personnage tout en contradiction que tu aimeras, même si parfois quelques envies de le baffer viendront te chatouiller les mains. Pourtant, il est touchant dans sa volonté de réparer ses erreurs et de sauver des enfants, même si l’Enfer est souvent pavé de bonnes intentions…

Dans ce roman, tout prend des dimensions gigantesques, que ce soit l’abîme dans lequel certains végètent (alcool, drogues, famille d’accueil ou famille de fous), ou dans les proportions du territoire du Montana, surtout avec son immense forêt dans la Yaak Valley où on pourrait y planquer des dinosaures tant elle est immense.

Et notre assistant social a fort à faire pour couvrir cette immensité de territoire et face à l’ampleur de certains de ses dossiers qui comportent en leur sein quelques cas sociaux comme on en croise peu dans sa vie. Enfin, qu’on n’aimerait pas croiser dans la réalité !

Crois-moi, l’ami, tu ne pourras que t’incliner devant cette belle brochette de marginaux de tous poils, ces laissés pour compte, ces drogués qui ne pensent qu’à leur shoot et jamais à leurs gosses, face à des espèces de néos-nazis, ou face à des illuminés qui pensent que l’Armageddon ou l’apocalypse est proche, que le complot judéo maçonnique est bien réel, qu’on nous ment sur tout, même si l’origine de la terre et qu’en fait, les dinosaures n’ont jamais existé.

Si, si, demande à Jeremiah Pearl de te parler de tout ces complots et ces réécritures de l’Histoire…

Jeremiah, c’est un sacré illuminé, un coureur des bois totalement parano  qui a entrainé son gamin Benjamin dans sa folie religieuse, et face auquel notre pauvre Peter est démuni, lui qui voudrait aider son gamin et qui a bien du mal, déjà qu’il a des difficultés avec sa gamine…

Sa rédemption serait-elle d’arriver à sortir Benjamin du bois et à le réinsérer dans la société, lui qui pense que la télé c’est le Mal car sa mère le lui a matraqué dans sa tête de gosse ?

Ici, la seule chose qui ne soit pas une merde ou un échec total, c’est le récit ! Pour être emporté, tu le seras, l’ami, et je te jure que tu vas voir du paysages, mais tu ne pourras jamais le relater dans un bon vieux Guide du Routard, sauf si tu veux faire un spin-off « Le Guide du coureur des bois paranoïaque à mort ».

Dans ce roman, il y a de la richesse dans les personnages principaux, dans l’histoire que va vivre Peter et tout les autres qui gravitent autour, dans leurs blessures, dans leurs passés, dans leurs fêlures, leurs dialogues, même si certains auraient mérité plus de travail, relégué au rang de faire-valoir qu’ils furent.

L’écriture est sèche, sans trop de fioritures, brut de décoffrage, on ne tourne pas autour du pot, on va droit au but.

Mon seul bémol sera pour les chapitres consacrés aux confessions de Rachel, la fille de Peter Snow, celle qui a fugué, à un moment donné, ce récit greffé dans le récit devient envahissant, redondant. Ils auraient pu être zappé et à leur place, donner plus d’étoffe à certains, comme le juge, Luke le frère de Pete ou Mary, une de ses copine.

Une lecture qui ne vous laissera pas de marbre, ni indemne, un récit énorme, des personnages hauts en couleurs. Un roman déprimant car on sombre vraiment dans ce que le Montana a de moins reluisant en terme d’habitants.

Peut-être pas un chef-d’œuvre au niveau des émotions intenses (d’autres romans m’en ont donné plus), mais qui méritait d’être lu car la peinture au vitriol de cette société était des plus instructives et des plus violentes.

Ne manquait pas grand-chose pour exploser mon petit coeur.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

La Compassion du Diable : Fabio M. Mitchelli [Critique – Défi CannibElphique]

Titre : La Compassion du Diable

Auteur : Fabio M. Mitchelli
Édition : Fleur Suvage (2014) / Milady (18/03/2016)

Résumé :
1963 – Une nuit dans l’Ohio… impulsive. Suivront des corps, dans des barils en plastique.

1981 – Deux enquêteurs, hantés par leur passé.
Le cannibale de Cleveland… et vous. Votre compassion… celle pour le diable.

Critique :
Pour lire et apprécier ce genre de roman, il vaut mieux avoir les tripes bien accrochées. Il est donc conseillé aux âmes trop sensibles de s’abstenir.

Pour le cas où des petits curieux à l’âme sensible voudraient tout de même lire ce roman, je préciserai qu’il s’inspire de la vie de Jeffrey Dahmer, serial-killer surnommé « Le cannibale de Milwaukee » et d’Anthony Sowell, qui n’a rien d’un enfant de cœur non plus.

Ici, on suivra les horreurs perpétrées par « Le boucher de Cleveland » (fiction) et je vous déconseille de faire vos courses chez lui, vous pourriez vous retrouver à déguster de la cuisse humaine, du pénis ou des testicules, bref, le genre de chose qui ferait ruer votre estomac et votre esprit aussi.

C’est un roman que j’ai lu en très peu de temps, faisant même le forcing pour le terminer avant d’aller dormir, me foutant pas mal des conséquences pour le lendemain car il a un côté addictif, surtout après la première moitié, lorsque le final monte en puissance et en suspense.

Les chapitres sont courts, rythmés, alternant entre ceux de 1981 qui concernent nos deux flics, Freddy Lawrence et Victoria Fletcher, et ceux des années 60, avec Blake Memoria pour titre et les premiers crimes de ce tueur fou et sans pitié qui se nomme Blake.

L’enquête commence fort avec la découverte d’un charnier par hasard et puis bingo, encore un autre en démolissant une maison ! Jour de chance pour les flics, les voici ayant décroché la timbale et avec du pain sur la planche.

Pour ma part, j’aurais aimé un peu plus de pages dans ce roman afin de pouvoir développer un peu plus les deux personnages que sont les flics Freddy Lawrence et Victoria Fletcher, et même celui d’Henrique, le flic hidalgo qui s’immisce dans l’enquête avec des révélations percutantes comme un poids lourd reçu en pleine tronche.

Et c’est là que le bât a blessé, car si j’adore être surprise dans un thriller ou un policier, il faut tout de même que cela reste cohérent et là, à un moment donné, j’ai quand même eu vachement du mal à y croire car cela ne correspondait pas à la réalité, dans mon esprit. Trop, c’est trop.

Malgré cela, j’ai été happée par la suite, me demandant comment ça allait se terminer pour notre flic qui remontait le fil de l’enquête et pour le journaliste, auteur d’un livre, avec le mystère que venait de lui transmettre un petit vieux dans un home, avant de passer l’arme à gauche.

Et ce fut durant une scène extrêmement violente, véritable confrontation au sommet, que j’ai perdu le fil de l’histoire, l’auteur me donnant l’impression qu’à force de vouloir brouiller les cartes pour nous mystifier et nous surprendre, en faisait trop pour nous faire perdre le fil de qui était qui, au point qu’à la fin, j’avais l’esprit tout chamboulé de découvrir que ce n’était pas ce que je venais de lire qu’il s’était passé.

Vous suivez toujours ?

Si l’épilogue n’était pas nécessaire, je dirais même plus, il n’avait pas de raison d’être, pour le reste, j’ai passé un sacré moment de lecture addictive, voulant absolument savoir qui était le cannibale et comment les flics allaient l’arrêter, ou découvrir son identité.

Mon seul bémol sera pour le côté un peu trop irréel dans la résolution de l’affaire et sur l’identité du tueur.

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) , Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :

J’avais gagné ce livre grâce à un concours sur l’excellent blog Collectif Polar ! Et tout de suite, l’idée de la LC nous est venue avec ma binomette fidèle, Cannibal Lecteur, car on adore les histoires de tueurs en série !!!!

Synopsis :

Deux flics, un tueur. Des corps horriblement torturés. Deux enquêteurs le cannibale de Cleveland, une traque sans relâche…et vous. Vous et le diable. Plongez dans les secrets d’une âme criminelle dès le ventre de la mère. Dans la matrice du mal, tout au fond de l’enfer.

Inspiré du parcours sanglant du sérial killer américain Jeffrey Dahmer, la Compassion du diable est un thriller à la mécanique implacable. On le surnomme le « livre bleu ».

Ce que j’ai ressenti :… Mitonner un bon petit plat…

Au menu aujourd’hui: le petit thriller de Fabio M.Mitchelli cuisiné aux petits oignons, et c’est une invitation en grande pompe, puisque le diable s’invite à la table…

Une fée qui rencontre un diable, une Cannibal qui en rencontre un autre quelque peu célèbre, ça commence à devenir une attablée plus que surprenante: mais, plus on est de fous, plus on rit, non ?!!

Pour faire un bon repas, il faut de bons ingrédients…

Nous avons donc :

  •  Un tueur en série. Et pas des plus inconnus, puisque c’est le fameux « Boucher de Cleveland ». Nous avons même son traçage et pedigree depuis le ventre de sa mère jusqu’à son ultime battement de cœur, toutes ses pensées les plus intimes, jusqu’à ses plus atroces actes de barbarie, et plus si affinités… Une belle pièce « Blake » du boucher qui sera mis en valeur par ses petits accompagnements…
  • Deux flics investis. Une enquête c’est avant tout une équipe avec ses petits piments de séduction/ répulsion. Une interaction de sucré/salé qui relève tous les goûts entre charme et sens aux aguets, nuits blanches ou remplies de cauchemars, et bien sûr, passé douloureux intimes qui laissent un petit arrière goût en bouche…
  • Un écrivain avide d’une bonne histoire maléfique. C’est la touche secrète de cette recette imaginée par Fabio Mitchelli pour faire de ce moment, une vengeance qui se mange bien froide…

Si la marmite est bonne, pleine de chapitres haletants, rythme soutenu et scènes cauchemardesques, je vais juste un peu chipoter :

Fabio Mitchelli nous offre un bon thriller, mais en voulant à tout prix maintenir son suspense, il prend des « raccourcis » dans ces mises en place de personnages et leurs passé, et du coup, nous y perdons un peu en émotions…

Même pour l’ombre du diable, j’aurai aimé plus de folklore, plus de légende, qu’il prenne une plus grande place dans ses pages…

C’était difficile de ressentir de la compassion pour le diable, ou la compassion du diable, car on reste beaucoup spectateur d’une folie sanglante…

En fait, j’en aurai aimé plus de ses pages pour me lier davantage, mais je note quand même cet auteur dans mes agendas de lectrice compulsive car on sent un très grand  potentiel même si ce livre n’a pas été à la hauteur de mes attentes…

« On ne fait pas tomber le diable,Mac Callaugh. On l’évite ou on le subit , Mais on ne le fait pas tomber. Il est Bien Trop perfide et intelligent pour être démasqué , livré à la justice, jugé et condamné … »

Malgré ce chipotage d’elfe accro aux émotions, l’auteur a su me prendre aux tripes avec des scènes vraiment préparées avec soin, toutes plus noires et sanglantes les unes que les autres et disséquées en tranchant chapitres efficaces ! Page-turner et violence implacable se marie bien sur cette assiette de bleu…

Bon appétit surtout !

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Un pont sur la brume : Kij Johnson

Titre : Un pont sur la brume

Auteur : Kij Johnson
Édition : Le Bélial’ (25/08/2016)

Résumé :
Kit Meinem d’Atyar est peut-être le plus doué des architectes de l’Empire. Peut-être… et tant mieux. Car il lui faudra convoquer toutes ses compétences, l’ensemble de son savoir pour mener à bien la plus fabuleuse réalisation qui soit, l’oeuvre d’une vie : un pont sur le fleuve de brume qui de tout temps a coupé l’Empire en deux.

Un ouvrage d’art de quatre cents mètres au-dessus de l’incommensurable, cette brume mortelle, insondable, corrosive et peuplée par les Géants, des créatures indicibles dont on ne sait qu’une chose : leur extrême dangerosité…

Par-delà le pont… l’abîme, et pour Kit une aventure humaine exceptionnelle.

Critique
♫ Faire un pont ♪ Pour de bon ♪ Lui donner ♫ Ton prénom ♪ Le traverser ♪ Pour t’embrasser ♫ Faire un pont ♪

Si Dick Rivers ne vous tente pas, vous pouvez toujours siffler la musique du film « Le pont de la rivière Kwaï », seul film (ou livre) que je connaissais et qui parlait de la construction d’un pont entre deux rives.

Maintenant, sur mon CV, je pourrai ajouter que je sais comment construire un pont sur une rivière de brume, rivière qui est remplie de trucs pas nets, genre des gros poissons ou des géants que l’on n’a jamais vu, mais qui ont déjà fait chavirer bien des barges.

On ne sait pas d’où vient cette brume épaisse, ni où elle va, ni même s’il y a de l’eau sous la brume, tout ce que l’on sait, c’est que certains il ne fait pas bon naviguer dessus et que cette foutue brume coupe l’Empire en deux !

En peu de pages, l’auteur arrive à nous faire ressentir de l’empathie pour ses personnages, dont les deux principaux, Kit Meinem d’Atyar, l’architecte du pont et Rasali Bac, celle qui aide les gens à traverser ce fleuve de brume qui fait 400 mètres de large.

Une belle histoire d’amour, tout en retenue, tout en douceur, une belle histoire humaine de construction d’un pont qui prend des années, une histoire de défis humains, de stress, de paperasses (et oui, chez eux aussi).

Une belle histoire qui nous montre aussi que la vie dans les deux villages séparés par le fleuve de brume est en train de changer aussi, avec l’arrivée des travailleurs et du fait qu’il ne faudra plus prendre les bacs pour passer d’un côté à l’autre.

Un court roman de SF qui se lit paisiblement, un mojito à la main et où, en plus de voir un pont prendre forme, on voit une société et des personnages se transformer.

Très plaisant. Une petite bouffée d’air frais que j’ai pris grand plaisir à respirer.

 Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

La mort a ses raisons : Sophie Hannah [Hercule Poitot]

Titre : La mort a ses raisons

Auteur : Sophie Hannah
Édition : Le Masque (07/09/2016)

Résumé :
100 ans après la création de l’enquêteur culte Hercule Poirot par Agatha Christie, Le Masque publie une nouvelle aventure inédite de ce héros mondialement connu.

Hercule Poirot et l’inspecteur Catchpool n’ont jamais rencontré lady Athelinda Playford.

C’est donc empreints de curiosité qu’ils se rendent dans le comté de Cork pour prendre part à une réception organisée par cette dernière en son domaine de Clonakilty. Aucun d’eux ne sait pourquoi il a été invité.

Mais lors du dîner et à la surprise générale, lady Playford annonce avoir modifié les clauses de son testament : elle a décidé de déshériter ses deux enfants en faveur de son secrétaire qui n’a plus que quelques semaines à vivre.

Critique :
— Non, Hercule Poirot n’est pas mort ! Vous avez vu son hommage chez Jean-Pierre Foucault ? Non ! Alors Hercule Poirot n’est pas mort ! Hercule, si tu nous regarde… Les lecteurs sont formidables (avec la voix d’Alain Chabat imitant Jacques Martin).

Damned, un Hercule Poirot que je n’avais pas lu ! Comment diantre cela se faisait-il ? Impossible pourtant !

Ouf, mon honneur est sauf, c’est un Hercule Poirot pastiche ! Heu, il m’avait semblé que la mère Agatha l’avait tué pour ne pas qu’il lui survive ?

Oui, mais ses héritiers ont donné la permission à Sophie Hannah de le faire revivre. Moi je dis « Génial », même si c’est le détective du 221b Baker Street mon préféré, j’ai toujours adoré lire un Poirot.

Dès le départ, on est plongé dans les affres de la famille de lady Athelinda Playford et le repas familial pris en son domaine de Clonakilty n’a rien d’un souper tranquille où tout le monde papote gentiment. Dès le départ, les piques fusent, les méchancetés volent et elles volent bas.

Comme chez la mère Agatha, nous avons des personnes réunies dans un lieu « clos » qui, ici, en l’occurrence, est la propriété assez grande de lady Athelinda (auteure de livre policier pour enfants) et une dizaine d’invités, qu’ils fassent partie de la famille ou pas, et, comme en dessert, un meurtre !

Dans la troupe des invités, nous avons quelques personnages bien trempés, dont la fille de lady Athelinda, Claudia, qui a un horrible sale caractère et qui en veut à la terre entière; son fiancé qui est assez cynique et totalement in love d’elle; Dorro, la belle-fille qui est à baffer avec ses interventions à l’emporte-pièce et son mari, Harry, son mari et vicomte de Playford qui est mollasson.

Plus les autres que je ne citerai pas mais qui sont tous bien campés en peu de mots et dont certains ont une présence plus que d’autres tant leur personnalité est exécrable. J’adore.

L’enquête est telle qu’aurait pu nous écrire la mère Agatha, la résolution n’est pas simple et la solution est plus recherchée qu’on ne pourrait le penser de prime abord. Comme dans le canon Herculéen, on réunira tout le monde, personnel compris, pour tout expliquer et arrêter celui ou celle, ou ceux qui ont tué.

Donc, faut l’acheter et le lire ? me direz-vous, la bave aux coins des lèvres… Essuyez déjà la bave, merci.

Si vous êtes à la recherche d’un bon whodunit où la solution finale est complexe et les personnages bien trempés, alors, lisez-le. Mais si vous voulez lire du Poirot dans le texte, refaites-vous le canon, c’est-à-dire les écrits de madame Christie !

Pourquoi ? Parce que j’ai trouvé mon Hercule Poirot différent de l’original. Soit l’auteure n’a pas voulu copier l’original et c’est tout à son honneur, mais moi, j’aurait aimé avoir du vrai Poirot et pas un truc qui en a la couleur mais pas le goût.

Hercule Poirot donne l’impression d’être en retrait dans cette enquête, il doute, ce qui n’est pas dans ses habitudes, les explications viennent plus souvent des suspects que trouvé par notre génial petit détective belge, il ne passe pas ses journées à se lisser la moustache, à nous bassiner avec ses tenues, est moins orgueilleux que d’habitude, ne nous parle pas de ses petites cellules grises…

Bref, j’ai eu l’horrible impression d’être en train de déguster une canette de la célèbre boisson gazeuse qui avait la couleur de l’alcool mais qui n’en était pas. J’avais le flacon, mais pas l’ivresse attendue.

Un excellent roman policier whodunit pour ceux ou celles qui aiment ça, des personnages qui ne sont pas en retrait mais qui volerait presque la vedette de notre détective aux big moustache, un détective belge qui n’est pas « copie conforme » et qui manque d’épaisseur, au sens propre comme au figuré car sur la couverture, on dirait qu’il a perdu son ventre…

Faudra que je lise le premier pour découvrir si là aussi notre bon vieux Hercule Poirot est en retrait ou pas, et s’il est plus copie conforme ou toujours en version Canada Dry©.

PS : Autre chose qui m’a exaspéré, mais ça ne comptera que pour mon esprit tordu… La servante se nomme Phyllis et, pas une seule fois dans tout le roman, un des personnages ne colle LA conjonction qu’il faut pour nous donner un beau « Si Phyllis…. ».

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.