Loveday & Ryder – Tome 1 – Le corbeau d’Oxford : Faith Martin

Titre : Loveday & Ryder – Tome 1 – Le corbeau d’Oxford

Auteur : Faith Martin
Édition : HarperCollins Noir (13/11/2019)
Édition Originale : Ryder and Loveday, book 1: A Fatal Obsession (2018)
Traduction : Alexandra Herscovici-Schiller

Résumé :
Oxford, 1960. Lorsque Sir Marcus Deering, un riche industriel de la région, reçoit plusieurs lettres de menace anonymes, il prend le parti de ne pas s’en inquiéter.

Mais bientôt, un meurtre est commis, et les meilleurs éléments de la police d’Oxford sont mobilisés.

La toute jeune policière Trudy Loveday rêverait de participer à une affaire aussi importante, mais ses supérieurs coupent rapidement court à ses ambitions.

Écartée de l’enquête et chargée d’assister le brillant mais peu amène Dr Clement Ryder, coroner, sur une affaire classée, elle se retrouve pourtant très vite au cœur d’une énigme qui pourrait bien la mener sur la piste du mystérieux corbeau d’Oxford…

Critique :
Réussir un duo d’enquêteurs, ce n’est pas facile. Surtout un duo homme/femme.

Il faut un subtil équilibre entre les deux personnages et que l’on s’attache au moins à l’un des deux, sinon, c’est loupé, comme dans « Jacks – Pour qui sonne le glas à Londres ? » où je ne me suis attachée à personne.

Ouf, dans ce polar, l’auteur a réussi à équilibrer ses deux enquêteurs, à les faire atypique, opposé l’un l’autre tout en se complétant car la fraîcheur et le dynamisme de la jeunesse n’est jamais entré en concurrence avec les cheveux argentés de celui qui possède l’expérience et un esprit subtil.

En 1960, être policière n’est pas une sinécure. Les femmes ne sont pas encore nombreuses dans la police et le chef de Trudy Loveday (19 ans) ne lui donne que des petites affaires, comme s’il voulait la protéger, comme si elle était en sucre.

Gardons en mémoire qu’il y a 60 ans (ce qui n’est pas si vieux), la femme était encore dans le schéma enfant/cuisine/mari.

D’ailleurs, la mère de Trudy ne se prive pas de lui rappeler qu’il devrait se trouver un gentil mari et vite pondre des enfants, comme si c’était le rôle d’une femme, comme un animal doit se reproduire pour la survie de la race.

Heureusement que le coroner (et non le médecin légiste comme noté dans les résumés) Dr Clement Ryder a deux yeux pour voir et un cerveau dont il sait se servir.

Cet ancien chirurgien, reconverti en coroner, a du flair et remarque vite que tout compte fait, Trudy était le bon choix, car elle est intelligente, vive d’esprit et un brin rebelle.

Pourtant, il n’est pas facile à vivre : il est inflexible, brillant, peu avenant, cherche les détails, n’hésite pas à dire aux policiers qu’ils se trompent et cache à tout le monde sa maladie de Parkinson. Pour les flics, c’est un casse-pied et on le surnomme le vautour.

Il  y a beaucoup de dynamisme dans leur couple d’enquêteur, de la bonne humeur, de la fraîcheur et le duo se complète bien, même si au départ, le binôme a dû se chercher avant d’arriver au point d’équilibre.

L’écriture est vive, plaisante à lire, ça se dévore très vite car l’enquête est addictive et bourré de mystères, de fausses-pistes et si j’avais compris une chose (le corbeau), j’étais loin d’avoir perçu tout ce que cela impliquait, le mobile et surtout, quel mystère se cachait derrière la mort accidentelle de Gisela Fleet-Wright.

Sans révolutionner la littérature policière, ce roman se laisse lire les doigts de pied en éventail, sans se prendre la tête. Le duo d’enquêteurs marche très bien, on aimerait les retrouver dans les enquêtes suivantes afin de voir quelles affaires ils vont résoudre ensuite.

Les autres personnages ne sont pas bâclés, ils ont tous leur place dans ce récit qui fleure bon les années 60 mais où n’avions pas encore beaucoup de droits, nous les femmes.

Délicieusement rétro, frais, rythmé et agréable à lire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°283 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Troie – Tome 2 – Le Bouclier du Tonnerre : David Gemmell

Titre : Troie – Tome 2 – Le Bouclier du Tonnerre

Auteur : David Gemmell
Édition : Bragelonne (2008) / Milady (2016)
Édition Originale : Troy, book 2: Shield of Thunder (2006)
Traduction : Rosalie Guillaume

Résumé :
La guerre menace.

Tous les rois de la Grande Verte se rassemblent, chacun dissimulant de sinistres plans de conquête et de pillage.

Dans ce maelström de traîtrise, trois voyageurs vont faire osciller la balance: Piria, une prêtresse fugitive cachant un terrible secret; Calliadès, un guerrier aux idéaux élevés et à l’épée redoutable; et son meilleur ami, Banoclès, qui se taillera une légende dans les combats à venir.

Ensemble, ils voyagent jusqu’à la fabuleuse cité de Troie, où les ténèbres viendront bientôt éclipser pour des siècles les triomphes et les tragédie des mortels ordinaires.

Car l’époque glorieuse de l’âge du bronze n’est pas taillée pour les hommes, mais pour les héros !

Critique :
Cela faisait des lustres que je n’avais plus lu un Gemmel et que le tome deux de Troie attendait sagement dans ma biblio (10 ans, au bas mot).

N’allais-je pas me noyer dans la Grande Verte en reprenant le récit après un aussi long hiatus ?

Et bien non, je suis rentrée dans le récit facilement, même si j’avais oublié que le tome 1 finissait en apothéose.

Tiens, doit-on appeler cette saga de la fantasy, alors qu’elle n’en est pas ?

Nous sommes clairement dans du roman Historique qui revisite la Guerre de Troie… Mais puisque la guerre de Troie est une légende, alors, c’est de la fantasy ?

C’est de la « Fantasy historique », nous répondrons les experts, même si l’histoire de Troie est une grosse mythe. Oui, je féminise le mot parce qu’ainsi, on peut jouer avec sa phonétique (et repenser à une sale blague bien drôle).

À l’analyse, c’est un peu ça : l’histoire de celui qui a la plus grosse… galère. Des enfants me lisent peut-être, restons sobre.

Ce sont des jeux de roi, qui jouent à la guerre des trônes à grands coups de « Je t’humilie, tu grognes, je te pousse à bout, je joue avec toi, je recommence une humiliation devant les autres rois et boum, tu tombes dans mon piège ». Ou alors, c’est toi, Priam, qui est tombé dans le jeu d’Ulysse, le roi laid.

Au jeu des trônes, on gagne ou on perd mais personne ne sait s’il n’est pas tombé sur plus fourbe que lui-même.

En lisant du Gemmel, on est sûre de ne pas s’ennuyer mais hélas, Gemmel a toujours cuisiné les mêmes ingrédients et ses récits ont souvent la même construction. Je râle souvent sur ce point et pourtant, j’adore cet auteur et ses romans.

Si le récit commence en douceur (façon de parler, hein) avec Ulysse voguant sur sa Penelope (rien de grivois, il a donné le nom de son épouse à sa galère. Un signe ? Pour certains, l’affaire Penelope fut une galère), transportant des cochons livrés par une certaine Circée et nous racontant des histoires le soir, au coin du feu.

♫ Tiens bon la vague et tiens bon le vent… Hissez haut ! Santiano ! ♪

Des nouveaux personnages se mettent en place, on retrouve d’autres, déjà connus de par la légende et on vogue à grands coups de rames sur la Méditerranée, sentant déjà que ça finira en bain de sang, avec des combats, des batailles, des guerres de rois.

Sans vouloir être méchante, Gemmel est facile à lire et en deux jours, j’ai dévoré ce pavé de plus de 600 pages (version Milady) sans vraiment en relever la tête tant j’étais captivée par les récits, les bagarres, les tractations politico-militaires dans le fond, les fourberies (pas celles de Scapin) des uns pour éliminer les autres.

L’auteur a usé les mêmes ficelles pour bon nombre de ses romans dont celle de faire passer un personnage pour mort alors qu’il lutte contre la mort et puis, pouf, il revient à nous. Bon, sans son affaiblissement, il n’aurait sans doute pas pu semer une graine dans un ventre…

Les personnages peuvent nous faire rire (Banoclès), vomir (Pelée le pédophile incestueux), rêver (Achille, Herctor, Helycon) mais ils ne nous laissent jamais indifférent.

Si peu d’entre eux évolueront dans le récit, Ulysse, lui, passera de type sympa à abject en entrant dans le jeu des rois et en pillant les villes pour le compte d’Agamemnon. Les rois sont des monstres et transforment tous les autres en monstres aussi, tout ça pour le pouvoir.

Ne vous attendez pas à relire la légende de Troie car Gemmel et tous ses personnages s’amusent à lui tordre le cou, la rendant moins fantastique, plus terre-à-terre, sans intervention des Dieux, demis-Dieux, quart-Dieux. Les Hommes croient en eux, mais ils ne pointent jamais le bout de leur nez.

L’équilibre du récit est atteint car l’auteur alterne les moments détendus, plus tendus, l’humour, les choses graves, les batailles, le repos avant la reprise, fait monter la tension avant de nous montrer autre chose, nous frustrant au passage.

C’est de la fantasy historique dynamique, épique (et colégram), rythmée sans temps mort qui revisite la Guerre de Troie avec brio car on a souvent l’impression d’y être et d’entendre les rames plonger dans la Grande Verte pendant que le vent fait jouer nos cheveux. Non Céline Dion, tu ne chantera pas !

Mais pourquoi ai-je attendu aussi longtemps pour le le tome 2, moi ? Maintenant, faudrait pas que je laisse le tome 3 prendre encore la poussière durant 10 ans…

David Gemmel, ça faisait longtemps que je ne t’avais plus lu, mais j’ai eu l’impression de retrouver des vieux potes et un conteur qui m’a fait vivre des tas d’aventures de fantasy. Ce fut un plaisir de revenir vers toi. Dommage que tu nous ai quitté (2006).

PS : le fait d’avoir vu le film « Troie » m’a aidé à mettre des visages sur certains personnages. Ainsi, lorsque Achille et Hector se battent à mains nues dans un combat de lutte, j’avais sous mes yeux le sexy musclé Brad Pitt et le beau Eric Bana. Miam !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°279, Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9) et le Challenge Pavévasion – Saison 1 (17 mars – 15 avril ?) chez Mez Brizées [Lecture N°04 – 674 pages en version Milady Poche].

Son Espionne royale – Tome 1 – Son Espionne royale mène l’enquête : Rhys Bowen

Titre : Son Espionne royale – Tome 1 – Son Espionne royale mène l’enquête

Auteur : Rhys Bowen
Édition : Robert Laffont La bête noire (06/06/2019)
Édition Originale : Her Royal Spyness (2008)
Traduction : Blandine Longre

Résumé :
Sa première mission royale : espionner le prince de Galles.

Londres, 1932.

Lady Victoria Georgiana Charlotte Eugenie, fille du duc de Glen Garry et Rannoch, trente-quatrième héritière du trône britannique, est complètement fauchée depuis que son demi-frère lui a coupé les vivres. Et voilà qu’en plus ce dernier veut la marier à un prince roumain !

Georgie, qui refuse qu’on lui dicte sa vie, s’enfuit à Londres pour échapper à cette funeste promesse de mariage : elle va devoir apprendre à se débrouiller par elle-même.

Mais le lendemain de son arrivée dans la capitale, la reine la convoque à Buckingham pour la charger d’une mission pour le moins insolite : espionner son fils, le prince de Galles, qui fricote avec une certaine Américaine…

Critique :
Londres, 1932… Lady Victoria Georgiana Charlotte Eugenie, fille du duc de Glen Garry et Rannoch a non seulement un nom à rallonge, mais en plus, elle est 36ème dans l’ordre de succession au trône d’Angleterre !

Ah pardon, elle me précise qu’en fait, elle a le dossard N°34.

Ça fait une sacrée longue queue devant elle pour aller sur le trône (je ne ferai pas de jeu de mots scatologique mais je n’en pense pas moins).

À moins d’une hécatombe d’accident de chasse et de suicide à coup de couteau dans le dos, Gorgie n’ira jamais poser son fessier royal sur le trône. Et ça l’arrange farpaitement. Parfaitement.

L’inconvénient des nom à rallonge et d’être l’arrière-petite-fille de la reine Victoria, c’est que vous êtes limitée en liberté et que l’on veut vous caser avec tous les potentiels héritiers à couronne (dentaire) du monde.

Georgiana ne le voit pas comme ça, elle aimerait travailler, avoir son indépendance financière et épouser un homme qui l’aimerait, qu’elle choisirait et pas un héritier du trône de Roumanie ou du Boukistan. Lorsqu’elle va monter à Londres, les ennuis vont commencer…

Nous ne sommes pas dans de la grande littérature mais plutôt dans celle qui fait du bien, celle qui vous détend mieux qu’un bain chaud, qui vous fait sourire, qui vous fait pester sur l’héroïne parce qu’elle n’a pas encore compris ce que vous, vous soupçonnez.

C’est une intrigue gentille, même si on a un cadavre et des tentatives d’assassinats, une intrigue rythmée, amusante, qui fait souvent sourire. Georgiana est une personne attachante, qui ne manque pas d’air et de cojones dans ce monde de mâles aristos qui pensent que le Monde tourne autour de leur nombril.

D’ailleurs, les aristos qui gravitent dans ces pages le sont jusqu’au bout des doigts de pieds ! Ils se prennent pour le centre du Monde et ne voient jamais le petit personnel qui trime pour que Ses Seigneuries restent les pieds au chaud dans leur belle demeure.

Malgré le côté fictionnel de ce roman, des personnages ayant réellement existé sont inclus dans l’histoire, comme une certaine Wallis Simpson… Nous savons comment tout cela finira…

Mon seul bémol sera pour le fait que la période des années 30 ne soit pas vraiment mise en avant, à tel point que je me suis souvent surprise à me demander pourquoi elle ne consultait pas Google… Oups !

Alors que dans un Paul Doherty je me sens vraiment en 1377, ici, je ne me suis pas toujours vraiment sentie en 1932. L’auteur aurait peut-être du mettre plus l’accent sur les ambiances années 30. Mon bémol est minime, ça ne m’a pas empêché de prendre plaisir à lire cette folle aventure.

Un roman policier cosy mystery amusant, espiègle, drôle, envolé, léger. Si l’intrigue n’est pas complexe, elle est néanmoins bien présentée et nous donnera notre dose de suspense pour la journée, sans pour autant nous donner une montée d’adrénaline.

Le genre de roman à lire juste pour le plaisir de la détente, les doigts de pieds en éventail, une tasse de thé non loin et quelques crumpets ou autres scones à portée de main.

Ceci n’est pas de la grande littérature policière mais si son but est de détendre le lecteur, de lui apporter une touche d’humour sans prétention aucune et des personnages amusants, alors il est atteint (Tarte Tatin ?).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°273 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Les détectives du Yorkshire – Tome 2 – Rendez-vous avec le mal : Julie Chapman

Titre : Les détectives du Yorkshire – Tome 2 – Rendez-vous avec le mal

Auteur : Julie Chapman
Édition : Robert Laffont La bête noire (14/06/2018)
Édition Originale : The Dales Detective Series, book 2: Date with Malice
Traduction : Dominique Haas et Stéphanie Leigniel

Résumé :
Quand Mme Shepherd se rend à l’Agence de recherche des Vallons, convaincue que quelqu’un cherche à la tuer, Samson O’Brien, détective privé, met cela sur le compte des divagations d’une vieille dame un peu sénile.

Pourtant, après une série de curieux incidents à la maison de retraite de Fellside Court, il en vient à se demander si, finalement, il n’aurait pas dû la prendre plus au sérieux…

Alors que les fêtes de Noël approchent, Samson se lance dans une enquête complexe, qui lui demandera de renouer avec les habitants de Bruntcliffe – les mêmes qu’il a fuis une dizaine d’années auparavant.

Et qui mieux que la tempétueuse Delilah Metcalfe, propriétaire de l’Agence de rencontre des Vallons, peut l’aider à regagner leur confiance ?

Ensemble, Samson et Delilah vont devoir coopérer pour déjouer les menaces qui planent sur les personnes âgées de la région. Avant qu’il ne soit trop tard…

Critique :
Y aurait-il un tueur dans le Yorkshire ? Des voleurs de bélier bien pourvu par la nature ? (le bélier, pas les voleurs)

Y aurait-il des personnes mal intentionnées qui voudraient tuer une paisible petite vieille ? Bref, y a-t-il quelque chose de pourri au royaume de Bruntcliffe ?

Samson en doute mais moi, je sais depuis que j’ai lu Agatha Christie, que lorsqu’une dame âgée vient de plaindre de choses étranges survenue à la maison de repos, de vols, de retour des choses, de mystères, qu’il y a anguille sous roche !

J’ai découvert cette nouvelle série de cosy mystery en juin 2019 et j’avais la ferme intention de poursuivre ma découverte car si la série possède de l’humour, on est loin des errances amoureuses et de la fainéantise d’une Agatha Raisin. Désolée pour ses fans mais on vole plus haut ici.

Samson est un détective beau et sexy. Si uniquement vêtu de son boxer, il est plus sensuel que Sherlock Holmes en robe de chambre, pour ce qui est de la science de la déduction, il ne ferait même pas de l’ombre au petit orteil de Holmes…

Notre enquêteur qui fut flic dans une vie antérieure va mettre un temps fou à percuter sur l’enquête pour le vol d’un bouc reproducteur pourvu de grosses… (enfin, disons que la Nature a été généreuse avec ce bouc) et comprendre aussi qu’a la maison de repos, il y un truc pas net !

Évidemment, si Samson s’était trouvé à la place du lecteur, il aurait eu accès à des indices plus rapidement. S’il m’avait écouté, aussi…

Dans un roman policier, il n’y a pas que l’enquête qui soit importante. Si les personnages sont fades, le scénario peut être en béton, ça marchera moins bien. Idem pour les ambiances, les atmosphères… Si l’auteur les loupe, les approfondit trop ou pas assez, l’équilibre parfait est rompu et de nouveau, on se casse la gueule.

Pas de ça ici. Nos deux personnages principaux, Samson et Delilah, sont réussis, possèdent des défauts, équilibrés avec leurs rares qualités. Mais les personnages secondaires ne sont pas négligés, ils font partie des décors et la bande de petits vieux du home sont réussis, à tel point qu’ils sont super attachants.

Qui dit petit village, dit esprit de clocher, de gens qui se connaissent, qui vous ont vu grandir, se souviennent de vos bêtises, qui ont votre arbre généalogique dans un recoin de leur tête. En un seul mot : l’enfer ! (c’est les autres). Vous avez pété de travers au petit-déjeuner ? Avant le dîner (midi), tout le monde le saura.

Et au fait, si vous êtes d’ailleurs (ça peut être de Londres, du bled paumé plus loin ou pire, de l’étranger), avant d’être accepté, il vous faudra des siècles. Ce côté anglais très attachés à leur village/ville est une touche en plus dans ce roman, lui donnant un caractère A.O.C, très réaliste.

Plusieurs enquêtes, de rythme, des tas de petites histoires qui arrivent à nos deux personnages principaux, mais aussi aux secondaires. Sans jamais étouffer le récit, leur vie privée, sentimentale et familiale sont mises en pages, ce qui donne du peps au roman et plus de profondeur aux différents personnages.

Hélas, on ne sait pas vraiment plus sur la venue de Samson dans son village d’origine. L’auteure en garde sous le pieds pour les prochains romans. Zut alors, j’aurais aimé savoir, moi ! Et ce promoteur immobilier véreux, il est louche, on aura quelques petits événements en plus le concernant, mais nous resterons dans le flou à la fin de ce deuxième tome.

Un cosy mystery rythmé, chaleureux comme une tasse de thé, copieux comme un pudding anglais, avec de morceaux de véritable humour anglais, des crimes, des meurtres, des enquêtes à la bonne franquette et des personnages attachants, profonds, sans oublier un bouc qui ne sent pas bon et un chien, Calimero, qui fait beaucoup de bêtises.

J’adore !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°272, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°18] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

 

Blake et Mortimer – Tome 21 – Le Serment des Cinq Lords : Yves Sente & André Juillard

Titre : Blake et Mortimer – Tome 21 – Le Serment des Cinq Lords

Scénariste : Yves Sente
Dessinateur : André Juillard

Édition : Blake et Mortimer (01/11/2012)

Résumé :
Cette nouvelle aventure de Blake et Mortimer conduit nos deux héros à Oxford.

L’Ashmolean Museum et sa célèbre collection archéologique est le théâtre de vols inexpliqués auxquels sont liés une série de meurtres tout aussi mystérieux.

Tels les héros d’Agatha Christie, Blake et Mortimer mènent l’enquête.

Yves Sente et André Juillard nous offrent une aventure dans la plus pure tradition des romans policiers britanniques.

Critique :
Se glisser dans les pantoufles d’un autre n’est jamais aisé car on a beau copier son trait, reprendre ses personnages, les connaître sur le bout des doigts, on n’est jamais dans la tête du père (ou mère) littéraire.

Pourtant, même si j’ai déjà vu mieux dans les dessinateurs qui ont repris la mise en image de nos deux compères, au moins, le scénario n’est pas bâclé et l’enquête est tout ce qu’il y a de plus terre à terre, sans élément fantastique, de SF ni d’Olrik (enfin des vacances).

Une enquête que n’aurait pas renié la Reine du Crime tant les atmosphères présentes dans ces pages sentent celles de ses romans.

Blake et Mortimer n’utiliseront jamais de smartphones et leur environnement restera à jamais figé dans les années 50, avec un petit air vieillot qui leur va comme un gant car c’est leur identité propre.

L’enquête est remplie de mystère car le lecteur a du mal à voir le rapport entre le vol de la valise d’un certain Thomas Edward Lawrence (en 1919) et les vols, 35 ans plus tard, à l’Ashmolean Museum, de pièces qui ne sont pas les plus rares, ni les plus chères.

Ajoutons une touche de mystère avec des silhouettes toutes vêtues de blanc, leur donnant des airs des fantômes, des lords qui meurent d’accidents qui n’en sont pas, un secret qu’ils sont les seuls à connaître et un Mortimer qui joue aux naïfs tandis qu’un Blake lui demande de se taire alors qu’il commençait à lui donnait un info importante.

Le scénariste nous sème des indices un peu partout, à nous de les prendre en compte ou pas, de les considérer comme importants ou comme étant de faux indices placés là pour faire accuser un autre…

J’avais capté assez vite qui était responsable des vols et il fallait être un anglais un peu trop confiant pour ne pas se rendre compte que cette personne jouait double jeu. Malgré tout, je n’avais pas tout trouvé et une partie des faits étaient inconnus de moi et sans l’intervention de Blake, je n’aurais jamais trouvé le pourquoi du comment.

Dans la neige froide et glacée, nos deux amis vont tenter de résoudre cette énigme et de trouver le ou les coupable(s) des crimes immondes, des vols bizarres et d’enfin savoir quel est ce foutu serment des 5 lords !

Sans révolutionner le polar, cette aventure se laisse lire avec plaisir, en prenant son temps pour regarder toutes les cases car malgré le fait que je sois moins fan de ce dessinateur (j’aimais mieux ceux de Ted Benoît), les décors foisonnent de détails et les paysages anglais, que ce soient ceux de la ville ou de la campagne, sont toujours un plaisir pour les yeux.

On ne révolutionne rien, mais dans les explications de Blake, à la fin, on se prend tout de même une douche froide avec un événement survenue durant sa jeunesse. La boucle est bouclée.

Un bon album qui est plus à réserver au nostalgiques de l’univers de Blake et Mortimer qui aiment lorsque l’action va à son aise, même si je soupçonne une injection d’EPO dans le dernier quart de l’aventure afin de clore cet album en 64 pages et non en 80…

Je ne l’avais jamais lu mais ce Mois Anglais était l’occasion idéale pour ressortir quelques albums de cette série et par la même occasion, d’en découvrir un jamais lu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°269 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Jack l’Éventreur, le secret de Clifford Harrington : Patrice Dumas

Titre : Jack l’Éventreur, le secret de Clifford Harrington

Auteur : Patrice Dumas
Édition : Autoédité (07/08/2019)

Résumé :
En 1888, Clifford Harrington, sergent de la police londonienne, enquêta secrètement sur les meurtres de Whitechapel. La révélation de son journal, caché pendant plus d’un siècle, balaye toutes les théories.

Jack l’Éventreur, le secret de Clifford Harrington, n’est pas un énième livre consacré à l’affaire sordide qui enflamma Londres à la fin du XIXe siècle…

Il est le seul à avoir été écrit au moment des faits.

Suivez l’enquête de Clifford Harrington, jeune sergent dont les conclusions, en 1888, firent vaciller Scotland Yard.

Critique :
Encore un Xème roman fiction sur Jack The Ripper, pourrait-on dire.

Effectivement, il en existe une pléthore, de toutes les qualités littéraires que l’on peut imaginer.

Sans être dans le haut du panier, ce polar fiction sort pourtant du lot et au regard de tout ce que j’ai lu comme romans fictions sur Jack, celui-ci est dans le peloton de tête.

Une écriture qui n’essaie pas de faire de l’humour, pas d’utilisations de phrases neuneu, mais un texte fluide, simple, sans chichis, juste comme il faut.

Une intrigue qui commence en 1934, à une vente aux enchères et le jeune journaliste Ewan McNamara y acquiert une bibliothèque fin XIXème et dans la partie basse se trouvent des livres, dont un manuscrit datant de 1888, écrit par le sergent Sergent Clifford Harrington de la fameuse Division H de Whitechapel…

Une bibliothèque fin XIXe, en bon état. En haut, un rayonnage avec quatre tablettes ; en dessous, un rangement fermé par deux portes ornées de motifs floraux en bois de rose, citronnier, et ébène. Les livres figurant dans la partie basse sont cédés avec le lot. Estimation : de 20 à 30 guinées.

Le récit du sergent est tellement intéressant que j’en ai oublié totalement que c’était le jeune Ewan qui lisait ce manuscrit au coin du feu. Lorsqu’on est revenue en 1934, mon jet lag fut violent.

L’auteur réussi la gageure de « transplaner » son lecteur en 1888, dans les bas-fonds de Whitechapel, au cœur des crimes sordides. Une flopée de personnages historiques se pressent dans ces pages mais c’est le sergent Harrington qui sera le plus important.

Le récit de son enquête sur les crimes est prenant. À un moment donné, j’ai pensé que l’auteur voulait faire de l’augmentation de pages en consacrant une partie du récit à l’enquête du sergent Harrington sur le meurtre du prêteur sur gages, Samuel Boyd.

Aucun rapport dans l’affaire de Jack mais l’enquête était intéressante, bien faite. Puis, en avançant dans ma lecture, je me suis rendue compte que (shame on me) cette enquête n’était pas là « juste » pour augmenter les pages du roman. Au temps pour moi.

Par contre, désolée monsieur l’auteur, mais mon esprit est pervers et c’était trop facile, trop visible de deviner l’identité de Jack…

Si je n’ai pas deviné l’identité du coupable pour le meurtre de Samuel Boyd, en ce qui concerne l’identité de Jack, j’avais hésité entre deux personnes, puis une phrase m’a mise sur la voie et j’ai de suite trouvé qui c’était. Mince, ça gâche le plaisir.

Un bémol, j’ai trouvé le mobile que le coupable sert au sergent un peu léger (je préfère l’hypothèse de crimes « juste pour tuer » pour Jack), la théorie avancée par l’auteur n’est pas sans fondement, est logique et ma foi, pourquoi pas ?

Avant, j’aurais sans doute refusé cette théorie (Scotland Yard en rit, lui) mais au fur et à mesure de ce que je lis sur les meurtres de Whitechapel, elle devient une hypothèse sensée (mais pas qu’elle). En revanche, carton rouge sur le brouillard ajouté car j’ai toujours lu qu’il n’y en avait jamais eu, les nuits des crimes de Jack.

— J’étais passé une demi-heure avant, à l’endroit où j’ai découvert le cadavre, sans croiser personne. Il n’y avait pas âme qui vive dans le secteur. Il faut dire qu’avec le brouillard, on n’y voyait goutte.

On ne révolutionnera pas la fiction sur Jack The Ripper (la réalité la dépassera toujours) mais au moins, l’auteur a respecté les faits, les lieux, les personnages réels tout en créant d’autres qui étaient attachants.

Son hypothèse sur l’assassin n’est pas dénuée de sens et elle permet d’expliquer le pourquoi du comment on ne l’a jamais attrapé malgré que tout Whitechapel était à sa recherche.

Pour ma part, j’en ai une autre que j’apprécie beaucoup et qui pourrait expliquer aussi certaines choses.

Un roman qui se lit d’une seule traite, avec une tasse de thé ou un whisky…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°268 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Une histoire illustrée de Sherlock Holmes – T04 – La vallée de la peur : Ian Edginton et Ian Culbard

Titre : Une histoire illustrée de Sherlock Holmes – T4 – La vallée de la peur

Scénariste : Ian Edginton
Dessinateur : Ian Culbard

Édition : Akileos (30/05/2011)

Résumé :
Sherlock Holmes est intrigué et troublé par la réception d’un message inquiétant : M. Douglas de Birlstone House est en danger.

Avant qu’il ne puisse agir, une nouvelle choquante arrive. Douglas a été trouvé mort, le visage effacé par un fusil de chasse. Scotland Yard est perplexe.

S’agit-il d’un cas de suicide ou d’un assassinat ?

Pour Holmes la réponse ne fait aucun doute quand il reconnaît la carte de visite de son ennemi juré: le professeur James Moriarty…

Critique :
On a beau me dire que « The valley of fear » est un roman noir, entre lui et moi, ce ne sera jamais le grand amour.

La preuve en est que c’est le roman canonique que j’ai le moins relu !

Lu une première fois lorsque je l’avais acheté (j’avais 12/13 ans) et relu pour les besoins du Mois Anglais de Juin 2013 (j’avais la trentaine).

Et entre les deux ? Le néant !

Pourquoi ce désamour du roman ?

Pour plusieurs choses dont l’une est cette absence de logique totale chez Conan Doyle.

Souvenez-vous, dans « The Final Problem », Holmes parlait à Watson du Napoléon du crime : Moriarty. Watson le découvrait en même temps que nous car il n’avait jamais eu vent de l’existence de Moriarty, le génie du mal.

Puis, Holmes se battit avec Moriarty aux chutes de Reichenbach et ils y moururent tous les deux, avant que l’on apprenne que Holmes n’avait pas chu dans les chutes.

Chronologiquement parlant, « The Final Problem » se déroule APRÈS « The valley of fear » (même si l’ordre de parution est inversé).

Là où le bât blesse, c’est que ici, dans « The valley of fear », Watson connait Moriarty, alors que dans « The Final Problem » qui se déroule après, c’est pour lui un inconnu. Donc, avant tu le connais et ensuite, tu l’connais plus ?? Alzheimer mon cher Watson ?

Conan Doyle, en voulant légitimer son Grand Méchant Moriarty que nous avions si peu vu dans « The Final Problem », s’est pris les pieds dans le tapis en nous donnant l’impression que Watson souffrait d’amnésie lorsque Holmes lui en parla dans « The Final Problem » puisque notre brave docteur ne le connaissait point, alors qu’il était sensé en avoir entendu parler dans « The valley of fear » !!!

Vous suivez toujours ?

Pire, dans « The valley of fear », Holmes nous parle qu’il y a la patte de Moriarty dans le meurtre qu’il est chargé de résoudre mais ensuite, on ne verra même pas l’ombre de l’ombre de la main du chien de Moriarty ! On en parlera un peu à la fin du roman, à la va-vite, Holmes reconnaissant la méthode du Napoléon du crime pour se débarrasser d’une personne.

Hé oh ? On ne se foutrait pas un peu du monde, là ?? Le 4ème t’annonce monts et merveilles et ensuite, ça fait pchitttttt…. On te parle de Moriarty et tu ne le vois pas ? On te balance son nom à la fin, comme si dans le feu de l’écriture, Conan Doyle avait oublié de le mettre en scène et, remarquant cela en posant le mot « FIN », avait vite gribouillé pour qu’on parle un peu de lui.

Donc oui, lors de ma première lecture, j’avais été déçue de ne pas avoir eu plus de Moriarty et je m’étais collée une migraine carabinée en tentant de comprendre le pourquoi de l’erreur.

En ce temps-là, pas d’Internet ou de SSHF pour nous parler des erreurs de Conan Doyle… Maintenant, on rigole, on les traque, ça donne un goût d’authenticité aux récits de Watson, comme s’il avait voulu nous cacher des choses…

Malgré ces bémols, la résolution du crime par Holmes est magistrale, excellente et brillante ! Mais ensuite, une fois de plus, nous avons un personnage qui nous parle de son passé, en Amérique et qui est responsable de la suite d’événements qui viennent d’avoir lieu.

Je ne suis toujours pas fan des dessins de Ian Culbard (ben oui, faut bien parler de la bédé car c’est elle que j’ai découverte) mais ça va mieux que pour le premier tome, même si Watson a toujours un air tristounet et le policier un air ahuri.

La preuve avec un extrait de « The Final Problem » :

— Vous n’avez probablement jamais entendu parler du Pr Moriarty ?
— Jamais ! dis-je.
— C’est bien là ce qu’il y a de merveilleux et de génial chez cet homme ! s’écria-t-il. Il règne sur Londres et personne n’a entendu parler de lui. C’est ce qui fait de lui le criminel des criminels. Je n’hésite pas à vous déclarer, Watson, en toute sincérité, que, si je pouvais réduire ce Moriarty à l’impuissance et délivrer de lui la société, je considérerais que ma carrière a atteint son apogée et que je serais tout prêt à adopter un genre de vie plus calme. […]

Hors, dans « La vallée de la peur », publiée APRÈS « Le dernier problème » mais se passant AVANT, Watson connaît Moriarty !

La preuve avec un extrait de « The valley of fear » :

— Vous m’avez entendu parler du professeur Moriarty ?
— Le célèbre criminel scientifique, qui est aussi connu des chevaliers d’industrie…
—Vous allez me faire rougir, Watson ! murmura Holmes d’un ton désapprobateur.
— J’allais dire : « Qu’il est inconnu du grand public. »

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°265 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

London noir : André-François Ruaud

Titre : London noir

Auteur : André-François Ruaud
Édition : Les Moutons Electriques (11/10/2019)

Résumé :
Londres ! Plus grande cité d’Europe, ancienne capitale de l’Empire britannique, Londres immense et vivace, théâtre urbain de Sherlock Holmes, de Jack l’Éventreur, d’Hercule Poirot ou de James Bond.

Londres, la ville polar par excellence : depuis Holmes jusqu’à Bond, en passant par Fu Manchu, Jeeves, Lord Peter ou Miss Marple, de l’ère victorienne aux swinging sixties, une histoire de Londres sur un siècle, tout le roman noir d’une métropole.

Avec trois promenades guidées, de Rimbaud à Lénine, dans les pas de Sherlock Holmes et le long de la Tamise de Richmond à Chiswick.

« Esquisser un guide de Londres et de son histoire, à travers ses grandes figures de la littérature policière : telle fut notre ambition. Retracer sur un siècle le roman noir d’une métropole. »

Critique :
Londres, esquissée au travers de son Histoire et de sa littérature policière, tout un programme.

Programme ambitieux que de réunir l’Histoire d’une ville, son urbanisme, ses squares, ses quartiers, ses frontières entre le West et l’East End et de les mélanger avec les grandes figures de la littérature policière.

Et ça marche plutôt bien (pour ne pas dire que ça marche super bien) car en ouvrant ce livre, non seulement on découvre Londres d’une autre manière, mais en plus, on s’instruit (ok, faudra retenir tout ça ensuite).

Vous l’aurez deviné, ma partie préférée fut celle consacrée à la Londres victorienne où en plus d’avoir enrichi mon savoir, j’ai exploré le tout en compagnie de Holmes.

Petit carton rouge à l’auteur qui aurait dû, à mon sens, se contenter des références canoniques pour Sherlock Holmes et ne pas introduire, sans le préciser, des théories holmésiennes que l’on retrouve dans son autre recueil « Sherlock Holmes, une vie ».

C’est une supputation d’holmésiens que la mère de Sherlock se nomme Violet ! Les études qu’il a faite sont aussi l’objet de théories mais personne ne peut dire s’il a fait Oxford ou Cambridge (ou aucune des deux) et encore moins que c’est sa maman qui lui a payé son premier logement à Montague Street.

L’auteur aborde autant les beaux quartiers du West End que les taudis de l’East End, parlant de la frontière entre les deux, de cette société rigide qui pensait que la pauvreté était une mauvaise chose et qu’elle était surtout de la faute des gens qui la subissaient.

On est allé sur les docks où des pauvres hères embauchaient à la journée, se ruant l’un sur l’autre pour obtenir un boulot mal payé, éreintant et qui ne leur remplirait pas le ventre.

Quand je vous disais que c’était un véritable roman noir qui explore toutes les facettes de la ville de Londres.

Anybref, ce livre est instructif, un mélange habile des grandes figures du roman policier et de cette ville de Londres qu’ils ont tous et toutes arpentées, en long et en large, de l’époque victorienne, édouardienne, sous le blitz de 1914, sous celui de 1940 et qui ont vu Londres s’agrandir, certains quartiers devenir encore plus pauvre ou qui ont vécu dans le Londres des guerres mondiales.

À déguster avec ou sans modération mais je conseillerais une lecture étalée sur le temps, grignoter ce recueil au soir, avec une bonne tasse de thé et tout autre mignardises que vous voulez.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°265 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Agatha Christie de A à Z : Anne Martinetti et Guillaume Lebeau

Titre : Agatha Christie de A à Z

Auteurs : Anne Martinetti et Guillaume Lebeau
Édition :

Résumé :
« La vie ne vaut pas la peine d’être vécue si on n’ose pas sauter sur une occasion quand elle se présente. »

Agatha Christie sur une planche de surf, en avion, à Bagdad, dans l’Orient Express ?

Un code littéraire secret, garant du succès de la romancière ? Une disparition mise en scène ? La clotted cream du Devonshire, péché mortel ?

Agatha Christie de A à Z répond à toutes ces questions ainsi qu’à des centaines d’autres sur la vie et l’œuvre de la reine du crime…

Plus de 1000 entrées : tous les romans et les nouvelles, les personnages et l’univers de l’écrivain le plus lu au monde !

Critique :
Avec ce genre d’ouvrage, vous pouvez devenir incollable sur l’oeuvre d’Agatha Christie, que ce soit sur ses romans ou sur les adaptations télés et cinéma de ses ouvrages.

Comme ce gros pavé de 500 pages se présente comme un dictionnaire, il est déconseillé de le lire d’un coup, sauf si vous voulez frôler la saturation de l’esprit…

Il est bien entendu à réserver aux fans absolus de la reine du crime, le genre d’ouvrage à garder à portée de main pour se rafraîchir la mémoire sur l’un où l’autre personnage, ou sur telle adaptation.

Attention aussi, ce livre contient des informations qui pourraient vous divulgâcher vos lectures futures. Savoir qui est le coupable dans certains romans gâche tout le plaisir, sauf si c’est une relecture.

Le style de l’auteur n’est pas plat, il possède de l’humour et j’ai été stupéfiée d’apprendre que dame Christie avait fait du surf ! Oui, il n’est pas que consacré aux romans ou aux adaptations, mais il est aussi truffé de petites anecdotes amusantes.

C’est un ouvrage qu’il est plaisant de lire en flânant au fil des pages, les tournant au gré du hasard, s’arrêtant sur telle ou telle entrée, en se demandant « mais dans quel roman se trouvait ce personnage ? » ou alors, en allant directement là où l’on désire aller, comme à l’entrée « Surf », par exemple, pour les petites curieuses.

Of course, la part belle est pour ses détectives, dont Hercule Poirot et miss Marple. Les autres ne sont pas oubliés, rassurez-vous…

Puis, vous aurez droit aussi (parce que vous êtes sages) à la partie « Portraits d’une vie » et « Sur les pas d’Agatha Christie » qui sont essentiellement composées de photos et qui agrémentent joliment cet ouvrage qui était déjà bien fichu.

Fort complet sans jamais être barbant, pédant, lourd, ennuyeux, cet ouvrage, qui sera le graal pour les fans, vous dira tout, tout, tout, sur… ses livres (descriptions et biographies), les différents films tirés des romans (avec acteurs), les séries, ainsi que les documentaires inspirés des livres et de dame Christie.

Vachement plus agréable à lire que le « A comme Arsenic »… Mais, une fois de plus, ce n’est pas à lire d’un coup et en entier. Il faut piocher au gré de ses envies, de ses fantaisies.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°261 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Blackwing – Tome 2 – Le Cri du corbeau : Ed McDonald

Titre : Blackwing – Tome 2 – Le Cri du corbeau

Auteur : Ed McDonald
Édition : Bragelonne Fantasy (2019)
Édition Originale : Ravencry (2018)
Traduction : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Quatre années se sont écoulées depuis que la Machine de Nall a repoussé les Rois des profondeurs à l’autre bout de la Désolation, mais alors qu’ils font pleuvoir le feu du ciel, des forces plus sombres encore conspirent contre la république.

C’est dans ce contexte troublé qu’un nouveau pouvoir émerge : un fantôme dans la lumière, qu’on surnomme la Dame lumineuse, et qui se manifeste sous forme de visions. Le culte qui la vénère prend de plus en plus d’ampleur.

Lorsque le caveau ésotérique de Corbac est profané, un objet d’une puissance terrible y est dérobé, et Galharrow et ses Ailes noires sont chargés de découvrir lequel des ennemis de Valengrad s’en est emparé.

Pour sauver la cité, Galharrow, Nenn et Tnota devront s’aventurer dans le lieu le plus retors et le plus dangereux qu’ils ont jamais visité : le cœur même de la Désolation.

Critique :
La dark fantasy et le western font-ils bon ménage ? Oui, assurément, sauf si l’auteur aurait la mauvaise idée de faire foirer l’attelage.

Pas de panique, ici, le mélange est réussi et c’est un vrai plaisir de refaire une incursion dans la fantasy après autant d’année sans y mettre les pieds.

D’ailleurs, c’était avec le premier tome de Blackwing que j’avais remis le pied dans l’étrier fantasy et l’univers développé m’avait tellement plu que je n’avais pas eu envie de tout foutre en l’air avec un autre titre de fantasy.

Le seconde tome est souvent un exercice difficile car tout le monde vous attend au tournant, cherchant la faute, l’erreur, le manque de profondeur scénaristique ou l’excès de confiance qui fait parfois trébucher les auteurs.

Le plus grand péril est de nous refaire un remake du tome 1. L’autre écueil à franchir est celui de la surprise qui n’est plus au rendez-vous puisque nous avons découvert l’univers fantasy western. Faut être équilibriste de talent pour continuer de passionner ses lecteurs et l’auteur a parfaitement réalisé son marché sur la corde raide, sans chuter ou finir pendu.

Nous sommes 4 ans après les faits et Ryhalt Galharrow est toujours le chef des Ailes Noires. Ses amis Nenn et Tnota sont toujours là, ils sont toujours bourrus et bourrins, dur à cuire et attachants.

Même Ryhalt et ses vagues à l’âme, son entêtement, son blues, est un devenu un ami avec lequel on aimerait aller boire une pinte de mauvais alcool. Avec de bons personnages travaillés, la moitié du job est déjà fait. Le méchant est réussi aussi. What’else ?

Dans le tome 1, Ryhalt faisait le boulot parce qu’il n’avait pas le choix, maintenant, on sent qu’il a envie de défendre la cité de Valengrad, que le sacrifice d’Ezabeth ne doit pas rester vain et là, on a des tas de choses qui grouillent, qui rampent, qui attendent leur heure, bref, on s’est reposé durant 4 ans et on a baissé la garde…

Le scénario est copieux entre des zombies, des capuchons jaune qui vénèrent la Dame de Lumière (secte religieuse ?), un Blitz comme Londres en subit un durant les deux guerres, des magouilles, des taxes abusées sa mère, le pouvoir en place qui n’écoute pas ses sujets qui grognent, la révolte qui arrive, les trahisons, le vol d’une relique appartenant aux Rois des profondeurs et un l’envie pour certains d’être calife à la place de tous les califes. Je n’ai rien oublié ?

L’univers développé par l’auteur est un mélange habile entre du western et de la dark fantasy, ce qui change des romans traditionnels à tendance médiévale et lui donne un nouveau souffle : oui, c’est possible de créer un univers à partir d’une Désolation, sorte de désert rempli de saloperies qui vous boufferont, le tout né après une apocalypse dantesque afin de mettre au dodo les Rois des Profondeurs.

Oui, c’est sombre… Oui, c’est violent et même gore. La dark fantasy, ce n’est pas chevaucher des licornes roses bonbons.

Vaut peut-être mieux éviter de lire ce genre de littérature si vous êtes dépressifs car ici, tout n’est que tristesse, désolation, morts violentes, tragique, drame… Ajoutez tous les adjectifs que vous voulez du moment qu’ils sont synonymes de drame. Même Ryhalt se refuse au bonheur car il estime qu’il ne le mérite pas (parfois, on a envie de lui coller des baffes).

Une lecture dépaysante, chahutée parce que dans ce monde, rien n’est tranquille, c’est sombre, rythmé, couillu, alcoolisé et épique.

Ed McDonald n’est pas tombé dans les pièges de la facilité ou du remake de son premier tome, il a su poursuivre son univers et pousser ses personnages encore plus loin, il a continué à développer son monde post-apo western dark fantasy sans se vautrer dans la facilité. Son scénario est élaboré et si tout semble être disparate au départ, tout finira pas se lier, telle une sauce épaisse et goûteuse qui décape le palais.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°260, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°16] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).