Les Chevaliers d’Héliopolis – Tome 4 – Citrinitas, l’oeuvre au jaune : Alejandro Jodorowsky et Jérémy

Titre : Les Chevaliers d’Héliopolis – Tome 4 – Citrinitas, l’oeuvre au jaune

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : Jérémy

Édition : Glénat (15/01/2020)

Résumé :
Il ne deviendra jamais le roi de France. L’Alchimie lui réserve un plus grand destin. 1888.

Au refuge des Chevaliers d’Héliopolis, Asiamar, âgé de cent-dix ans, se prépare à accomplir le dernier rituel de son initiation : Citrinitas, l’œuvre au jaune, qui lui permettra de retrouver sa jeunesse et de vivre mille ans.

Il est désormais temps pour lui de connaître également le secret des Chevaliers gardé par leur maître.

Car celui-ci a besoin de la puissance de tous ses disciples pour sauver l’humanité.

Mais avant cela, il charge Asiamar d’une mission : affronter la dernière grande menace de leur ordre. Un mutant tueur de femmes qui sévit dans les nuits embrumées de Londres, la capitale du monde moderne : Jack l’Éventreur !

Critique :
Soyons sympa, les dessins de Jérémy sont toujours aussi beaux à regarder, les couleurs sont chatoyantes et j’ai passé un bon moment de lecture sans me prendre la tête.

Les débuts étaient prometteurs : Londres, 1888…

Si en voyant ça, j’ai imité le cri du loup de Tex Avery, ensuite, j’ai eu l’impression que tout partait en capilotade, pour ne pas dire en couilles (je resterai polie, hein).

Autant je ne connais pas bien l’Histoire de vos p’tits Louis numérotés (je ne vois donc pas toutes les libertés prises par l’auteur), autant sur Jack The Ripper je suis plus cultivée (vous m’excuserez) et donc, voir les prostituées assassinées dans des coins reculés de parcs, ça m’a fait crier à l’hérésie.

De son côté, Asiamar notre chevalier hermaphrodite passe au dernier niveau, celui du jaune et Fuxi, le maître des chevaliers lui explique l’origine de leur groupe. Petit mot à ceux qui ont lu le tome 4 : vous ne trouvez pas qu’il a des petits airs du personnage Petit-Coeur dans Dragon Ball, le Fuxi ??

Petite crise mais Asiamar gère assez vite sa déception et est ensuite envoyé affronter l’assassin qui terrorise tout Londres… La rencontre à lieu et boum… Mais qui a enclenché le turbo dans cet album ??

Le soucis c’est que tout va trop vite, bien trop vite ! On tombe amoureux des deux côtés rien qu’en un regard et viens-y que je te donne mon âme, mon sang, mon coeur, mon cul (ok, là je ne dirai rien sur la vitesse) et que tout se fasse dans un déchirement qui ferait passer Roméo et Juliette pour des couillons au niveau des promesses.

Comme si ça ne suffisait pas, comme le scénariste déjanté qu’est Jodorowsky doit tout caser en un seul album, on accélère là où on aurait dû prendre son temps et on atermoie durant des cases et des cases sur Asiamar qui aimheu la femme qu’il a croisé car c’est son âmheu, son coeur, sa vie… Bref, fû d’amûr il est.

Et vas-y que ça galope encore plus vite pour terminer avant le mot fin… On aime aussi vite qu’on pardonne et qu’on arrête d’haïr. Le trop lent côtoie le trop rapide, le trop expliqué, trop détaillé côtoie l’expéditif.

Alors oui, à la fin, on sait que tout est résolu, on a fait le tour de la question, le lecteur ne restera pas sur sa faim à la fin, mais ce fut expédié à la vitesse d’une météorite poussée par des réacteurs super-puissant.

Nous avons une morale à la fin, elle nous fait honneur, mais bon, je la trouve un peu surfaite, limite bancale. Heureusement, les personnages sont super intelligents et le principal concerné, Fuxi, a compris. La lumière fut dans son cerveau super prodigieux alors que n’importe qui aurait pu lui expliquer facilement…

Ce quatrième tome aurait dû être exécuté en deux, cela aurait permis à l’auteur d’aller plus doucement, de ne pas résoudre tous les problèmes rapidement, facilement, de faire aller son scénario à la vitesse de l’éclair et de donner l’impression qu’on termine vite avant de passer à autre chose.

Un partage en deux tomes ne m’aurait pas donné l’impression que les auteurs faisaient un tome supplémentaire afin de se faire du fric sur le dos des lecteurs (comme certains le firent sans honte).

Une saga en dents de scie, avec des hauts et des bas et une conclusion un peu trop rapide à mon goût. Maintenant, si on fait abstraction de tout ça, on passe en moment de lecture détente sans se prendre la tête…

À vous de voir ce que vous désirez lorsque vous ouvrez une bédé au moment X. Là, je voulais autre chose….

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°111].

La jeunesse de Blueberry – Tome 21 – Le convoi des bannis : Corteggiani et Blanc-Dumont

Titre : La jeunesse de Blueberry – Tome 21 – Le convoi des bannis

Scénariste : François Corteggiani
Dessinateur : Michel Blanc-Dumont

Édition : Dargaud (2015)

Résumé :
21e album de La Jeunesse de Blueberry : une nouvelle aventure qui se déroule durant la guerre de Sécession.

Alors que Blueberry est transféré dans un pénitencier sudiste, le train qui le transporte est pris dans une embuscade.

Notre héros parvient à s’échapper et trouve refuge dans un village hors du temps et de la guerre.

Malheureusement, le feu et les larmes ne sont jamais bien loin, et la guerre de Sécession va bientôt rattraper ce hameau tranquille.

Critique :
Depuis que Giraud et Charlier ne sont plus aux commandes du spin off consacré à la jeunesse de Blueberry, soit ça part en carabistouilles (restons polie) soit ça reste dans de l’ultra classique.

Les pères de Blueberry étaient dans le classique aussi, avec des retours aux sources, mais au moins, leurs scénarios étaient plus relevés, moins conventionnels que ce que je viens de lire.

Conventionnel ne veut pas dire merdique mais j’espérais tout de même avoir autre chose que du réchauffé.

Comme je prends la fin de la série bien après tout le monde, je n’ai pas dû attendre 3 ans entre l’album consacré à la bataille de Gettysburg et sa suite.

Dans l’album précédent, notre lieutenant après s’être réfugié dans une maison pour échapper aux tirs sudistes se faisait cueillir ensuite, avec son sergent, par les Reb et les voici dans un train en tant que prisonniers.

Première question : qui est le fameux convoi des bannis ? Le wagon avec une dizaine de prisonniers nordistes ? J’ai des doutes… Alors serait-ce le convoi des pillards déguisés en Sudistes qui seraient visé par le terme de « bannis » ? Bof… Jamais l’auteur ne nous apprendra de quoi ou de où ces hommes ont été bannis ! Mais bon…

Ces derniers albums, il me semble que Blueberry tombe souvent dans des communautés ultra religieuses… Cet album n’y déroge pas et on se retrouve une fois de plus chez des culs bénis qui refusent la violence mais n’hésitent pas à vous fouetter pour expier le Mal qui est en vous. Les grands croyants sont souvent bourrés de contradictions.

En soi, cet album n’est pas mauvais, mais il est conventionnel et réchauffé : une communauté qui vit à l’écart de tout, des pillards qui arrivent, qui flinguent à tout va, le tout, sur fond de vengeance, pour ne pas changer.

Certains visages des personnages avaient tout droit l’air de sortir de « La planète des singes », l’ancien film vu leur dents qui ressortaient ou leurs airs simiesques. Hormis ces détails, les dessins de Blanc-Dumont sont bien exécutés et les coloris sont agréables pour les yeux, surtout après avoir lu « Wanted »…

Mais c’est trop du déjà-vu et Blueberry m’a habitué à autre chose que des aventures qui semblent là juste pour ajouter des albums avant de terminer enfin ce spin-off commencé par Charlier et Giraud en 1975 et qui devait faire la jonction avec le premier album de Blueberry « Fort Navajo » qui commence après la fin de la guerre de Sécession.

Où les auteurs changent leur fusil d’épaule en nous proposant du plus relevé ou alors, on arrête là et on ne continue plus le massacre.

Ma cote est sévère car j’ai eu l’habitude d’avoir de l’excellence et là, je suis très déçue…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°86] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

La mort du petit cœur : Daniel Woodrell

Titre : La mort du petit cœur

Auteur : Daniel Woodrell
Édition : Rivages Noir (2002/2018)
Édition Originale : The Death of Sweet Mister (2001)
Traduction : Frank Reichert

Résumé :
Shuggie Atkins est un adolescent solitaire et obèse. Sa mère l’appelle son « petit cœur ». Son père le traite de « gros lard » et le force à s’introduire au domicile de grands malades pour y voler les « drogues » qui leur sont prescrites.

Shuggie accepte, pour l’amour de cette mère qui ne cesse de le provoquer sexuellement sans avoir l’air de s’en rendre compte.

Tout cela est supportable jusqu’au jour où Jimmy Vin Pearce, un grand et bel homme, surgit dans le paysage au volant d’une magnifique T-Bird…

Critique :
On pourrait renommer ce roman en « Chronique d’un anéantissement programmé d’un ado ».

Effectivement, ce roman noir est poisseux, il colle aux doigts, il est toxique, il est glauque, tout en restant assez pudique, sans sombrer dans le pathos et sans jamais porter de jugement.

La famille Atkins, ce serait du pain béni pour les services sociaux et tout ceux qui étudient les cassos car là, on est tombé chez des champions du monde !

Entre Red, le père qui traite son fils (si c’est bien son fils) Shuggi de gros lard et qui l’envoie cambrioler des maisons pour y voler des médocs et Glenda, sa mère, chargée de l’entretien du cimetière et qui ferait bander les morts tant elle joue de ses charmes avec tout le monde, même envers son fils… Quand je vous dis que c’est glauque !

Une fois de plus, les ingrédients étaient réunis pour me faire passer un bon moment avec ce roman noir bien serré, plus serré que le string de Glenda quand Red y fourre sa main.

L’Amérique profonde, l’univers particulier des Orzaks et un récit vu au travers des yeux d’un ado de 13 ans, un peu à la manière de « Un bikini de diamant » sauf que Shuggie n’est pas un innocent et qu’il a un regard cynique et sans illusions aucune sur le monde qui l’entoure.

Bardaf, encore une lecture où je suis passée à côté de tout ! Malgré le caractère ironique du récit, malgré le côté oppressant, malgré le comique de certaines situations (même elles ne prêtent pas à rire, dans le fond), je n’ai pas réussi à m’accrocher aux personnages et j’ai survolé la fin du roman, n’arrivant plus à me concentrer sur le récit.

Dommage parce que Woodrell est un auteur que je connais, dont j’apprécie les ambiances, la mise en scène des pauvres Blancs et qui m’avait fait vibrer avec ses autres romans (Un feu d’origine inconnue / Un hiver de glaceChevauchée avec le diable).

Il en fallait bien un qui au lieu de me coller aux doigts me tombe des mains.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°68] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Wanted – Tome 2 – Le canyon de La Muerte : Thierry Girod et Simon Rocca

Titre : Wanted – Tome 2 – Le canyon de La Muerte

Scénariste : Simon Rocca
Dessinateur : Thierry Girod

Édition : Soleil Productions (1996/2001)

Résumé :
Des plus moches métiers de l’ouest américain, « bounty-hunter » (chasseur de primes) est sans doute le pire. Faut-il être impitoyable pour l’exercer…

À cet exercice, l’homme solitaire au visage ravagé par une cicatrice en forme de “W”, que tous connaissent sous le sobriquet de Wanted, est sans nul doute le plus redoutable.

Pourtant, son cœur de pierre ne s’émeut-il pas en sauvant la vie du jeune métis Yaqui-Jed que d’odieux chasseurs de scalps “les frères Bull” ont laissé pour mort après avoir massacré et scalpé tous les siens ?

À travers l’ouest en proie à la guerre de sécession, au massacre des Indiens Navajos par les milices de Kit Carson, à la guerre Apache… il va aider Jed à se venger et à retrouver le trésor accumulé par les pillages des Bull…

Critique :
Wanted est une série 100% western, qui utilise tous les codes du western de manière ultra-classique, sans nouveautés et avec des dessins pas géniaux.

On ne parlera même pas des couleurs, ça risquerait de plomber l’ambiance… Elles sont à chier.

J’avais relu la saga en 2015 mais je n’avais chroniqué que « Les frères Bull », tome 1 de cette série qui en comptera 6.

La série Durango jouait elle aussi dans le western classique à 100% mais la mise en scène donnait un souffle nouveau, ici, ce n’est pas la cas.

J’avais plus d’indulgence avec la série lorsque je l’ai commencée, vers 1995. Maintenant, j’en vois tous les défauts et le tome 2 ne remonte pas dans mon estime.

Une histoire de vengeance, c’est classique mais ça marche toujours. Vengeance contre qui ? Contre des salopards qui scalpent de paisibles Hopis (femmes et enfants compris) pour toucher la prime « Navajos » parce qu’ils n’ont pas les couilles d’aller chercher les scalps sur la tête de ces terribles Navajos… Et non content de tuer des innocents, ces salopards violent. Yaqui Jed veut leur peau après la mort de sa femme et ses gosses.

Tout ceci se trouvait dans le premier tome. Dans cette suite, nous avons toujours Yaqui Jed, notre métis Indien qui ressemble à Rahan en quête de vengeance, aidé par le chasseur de primes surnommé Wanted, qui y va les pieds de plombs mais qui y va quand même.

Ce que je reproche à ce deuxième tome, c’est d’être bordélique et d’aller dans tous les sens, quitte à perdre le lecteur au passage.

Comme dans « Le bon, la brute et le truand », nous avons notre chasseur de primes et le métis qui se retrouvent au milieu de la guerre de Sécession, coincés dans l’affrontement entre deux beaux-frères (véridique !) : le confédéré Henry Hopkins Sibley contre son beauf, l’unioniste Edward Canby qui est accompagné par les troupes du célèbre Kit Carson.

Ajoutons à cela les guerres Indiennes et nous avons un brol pas possible de conflits en tous genre qui semblent n’être là que pour faire durer l’histoire de vengeance un peu plus longtemps.

Je reprocherai aussi un manque de profondeur des personnages. Tout cela ressemble à de la caricature, à des images d’Épinal, à du bon gros western spaghetti où la sauce est si lourde qu’on a du mal à avaler et encore plus à digérer.

Sans le Mois Américain, je n’aurais pas relu cette saga, mais comme je n’avais chroniqué que le premier tome, j’ai eu envie de poursuivre et bien mal m’en pris… J’aurais dû relire ma propre chronique avant de commencer la relecture du tome 1.

La lie du vin étant tirée, je vais terminer le cycle de la vengeance et je passerai à du bien meilleur, comme du Blueberry, ou même du Lucky Luke et du Jerry Spring.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°58] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

Badlands – Tome 1 – L’enfant-Hibou : Eric Corbeyran et Piotr Kowalski

Titre : Badlands – Tome 1 – L’enfant-Hibou

Scénariste : Eric Corbeyran
Dessinateur : Piotr Kowalski

Édition : Soleil (2014)

Résumé :
À la fin du XIXème siècle, Perla Ruiz-Tenguillo sillonne le sud de l’Amérique du Nord à la tête d’un petit groupe d’aventuriers. Son objectif : marcher sur les pas de son ancêtre, l’alchimiste Hernan Ruiz-Tenguillo.

Car le monde invisible vénéré par les Indiens et décrit par son aïeul deux siècles plus tôt n’a pas disparu ! Il a été dissimulé aux yeux des blancs pour éviter que ceux-ci ne s’emparent des pouvoirs qui lui sont associés.

Perla espère bien redécouvrir cet univers situé derrière l’ultime frontière, celle de la réalité…

Critique :
Un western avec une touche de fantastique, ça passe ou ça casse, comme je suis bon public et que j’étais prévenue à l’avance, je ne demandais qu’à voir.

Les dessins étaient très agréables, les couleurs chaudes, les visages bien faits, les décors grandeur nature.

Une femme badass, un Indien et un Noir, un trio pour le moins équilibré puisque toutes les minorités sans droits sont représentées…

On ajoute la touche d’ésotérisme avec un cube que Perla Ruiz-Tenguillo, notre cow-girl badass de service n’arrive pas à ouvrir, même avec l’aide d’un associé/employé qui a tout tenté.

La question que je me pose c’est pourquoi avoir fait Perla en version Tom Raider qui tire avant de discuter et qui menace tout le monde de son gun ?? Pourquoi avoir fait les trois personnages aussi stéréotypés ? Ils sont sympathiques, les deux hommes, mais sans profondeur, sans âme.

La touche fantastique avait été bien amenée avec une légende, celle de l’enfant-hibou, le cube mystérieux, la relation avec le passé au temps des Conquistadors, bref, hormis l’impression que notre héroïne qui fume des cigares en faisait trop en dégainant à tout bout de champ, tout allait bien.

Et puis ce fut l’embardée ! Quand on fait surgir un monstre des profondeurs qui a des airs de Cthulhu (les ailes de chauve-souris en moins), qu’on lui donne des dialogues à sa hauteur, qu’on relève le débat au lieu de l’abaisser à celui qui aura le dernier mot.

De plus, si c’est un esprit, est-ce qu’on peut le découper en morceau façon poulpe à la provençale ?

C’est bien joli tout ça, mais une fois de plus, on précipite le final et on expédie la créature dans une boite Tupperware© en moins de temps qu’il ne m’en faut à Zorro pour couper les bretelles du sergent Garcia et lui faire un grand Z sur le caleçon, le tout sur des dialogues manquant d’épices puisque pas très relevés.

Étalée sur deux albums, cette histoire fantastique aurait pu prendre le temps de développer et cela aurait évité d’avoir une fin précipitée avec un affrontement qui semble si facile à notre héroïne.

Je veux bien qu’il ne faut pas faire durer le suspense juste pour faire des cases, mais tout de même, trop rapide, ce n’est pas crédible.

On verra ce que nous réserve le tome 2. Soit le poulpe esprit revient et lui fout une fessée, soit on partira sur un tout autre sujet. Vous saurez tout à la prochaine autopsie. Si autopsie il y a parce que là, je ne suis pas franchement emballée…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°46] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Le régiment noir : Henry Bauchau

Titre : Le régiment noir

Auteur : Henry Bauchau
Édition : Babel (2000)

Résumé :
Révolté par l’opposition de ses parents à sa vocation d’officier, Pierre s’embarque pour l’Amérique et s’engage dans l’armée nordiste au début de la guerre de Sécession.

II rencontre Johnson, jeune esclave noir en fuite, avec lequel il va fonder le régiment noir, qui jouera un rôle important dans la guerre.

Au-delà des somptueux panoramiques de batailles dignes des plus prestigieux romans d’aventures, ce grand « western de l’inconscient » frappe surtout par sa dimension initiatique, et par la mise en place d’une épopée intérieure.

Le Régiment noir, publié par Gallimard en 1972, avait fait l’objet en 2000, chez Actes Sud, d’une nouvelle édition revue et corrigée par l’auteur.
C’est cette dernière version qui est ici proposée.

Critique :
Ce roman se trouvait dans ma biblio depuis 2015 et là, il était plus que temps que je le découvre enfin, surtout que les critiques sur Babelio étaient élogieuses.

Le récit commence avec notre personnage principal, Pierre, qui nous parle de son enfance auprès de son grand-père, ancien officier de l’Empire et possédant une forge.

Déjà, j’ai eu quelques soucis avec la plume de l’auteur, composée de phrases courtes et qui me donnait l’impression de partir dans tous les sens.

Pierre grandit et part aux États-Unis pour s’engager dans la guerre de Sécession, chez les Nordistes.

De mon côté, je me demandais pourquoi certains auteurs décidaient de balancer leurs dialogues en paquet, sans faire un « à la ligne ». Pour économiser quelques pages en bout de roman ? En tout cas, ça ne favorise pas la lisibilité, même en ajoutant les tirets cadratins.

Le récit aurait été plus addictif à lire si l’auteur avait fait des phrases un peu plus longues, sans se disperser un peu partout et sans incorporer des dialogues au milieu du texte…

Ce qui aurait dû être une super lecture s’est révélée être un calvaire et j’ai usé de mon droit de sauter des pages, ne lisant que les paragraphes les plus intéressants et les moins chargés (les plus lisibles, donc).

Dommage pour moi, j’attendais beaucoup de cette lecture mais les seules émotions ressenties furent de la frustration. Nous n’étions pas fait pour cette rencontre, il va retourner sagement dans la biblio et moi je vais aller voir ailleurs.

Le Mois Américain – Septembre 2020 – Chez Titine et sur Fesse Bouc.

Chroniques des Vampires – 03 – La reine des Damnés : Anne Rice [Par Dame Ida, Boudin Blanc Certifié sans adjonction de sang animal]

Titre : Chroniques des Vampires – 03 – La reine des Damnés

Auteur : Anne Rice
Éditions : Pocket (1991/1999/2001/2012) / Fleuve Noir (2004) / Plon (2010)
Édition Originale : The Queen of the Damned (1988)
Traduction : Anne de Vogüe & Evelyne Briffault

Intro BABELIO :
Quand Lestat, vampire impie, libertin et suicidaire, s’improvise chanteur de rock pour hurler à la face de l’humanité sa condition de mort vivant, les mortels lui font un triomphe, sans imaginer une seconde qu’il ne leur dit que la vérité.

Mais, avec sa « musique à réveiller les morts », Lestat ne s’est pas seulement fait des ennemis parmi ses frères qui le considèrent comme un traître et se sont décidés à le détruire, il a aussi arraché à son sommeil millénaire Akasha, la Mère de tous les vampires, la reine des damnés. Akasha qui ne rêve

Résumé :
Si comme moi vous avez lu les deux premiers tomes de la saga d’Anne Rice (Entretien avec un Vampire et Lestat le Vampire) vous avez donc déjà fait connaissance avec quelques figures phares de la société vampirique imaginée par l’auteur.

Dans le premier volume, Louis, jeune aristocrate de la Nouvelle Orléans transformé en suceur de sang par Lestat déballait tout ce qui aurait dû rester secret à un journaliste, évoquant depuis sa transformation, sa quête éperdue d’explications sur le pourquoi du comment de ce qu’il est devenu et sa recherche de semblables capables de lui en toucher deux mots, vu qu’il s’était un peu brouillé avec Lestat en essayant de le détruire avec la complicité de la petite Claudia, petite vampirette qui serait restée âgée éternellement de six ans, si les vampires de Paris ne l’avait pas rôtie à la lumière du jour.

Dans l’autobiographie de Lestat (écrite par Anne Rice officiellement… mais on ne sait jamais… on sait bien que Conan Doyle ne fut jamais que l’agent littéraire du Dr Watson !) qui suivit, vous aviez eu un peu plus d’explications (quoi que…)…

Et avec le Tome 3, l’heure des révélations a enfin sonné. On y retrouvera quelques uns des personnages croisés lors des précédents volumes ainsi que quelques autres.

Or donc Lestat le vampire provocateur rompt la première règle des vampires en révélant l’existence de ce petit monde, d’une part en publiant son autobiographie, puis ensuite en devenant une star du rock qui prétend être un vampire (ce qui lui est très facile vu qu’il en est un), ce qui lui vaut un grand succès.

Et dans le petit monde des hématophages ça fait beaucoup de bruit car dans ses chansons, le voilà qu’il se met à révéler tout un tas de secrets, évoquant même l’existence du Roi et de la Reine des Vampires endormis quelque part depuis des millénaires en attendant leur heure, glissant au passage quelques provocations assez irrévérencieuses à leur endroit.

De fait, une partie de la communauté des vampires veut le tailler en pièce… et prévoit de lui tomber sur le dos pour son prochain grand concert d’Halloween…

Sauf qu’en attendant la Reine se réveille et quitte le sanctuaire où elle se reposait, vidant son mari de tous ses globules telle une sangsue au passage, et se met à la recherche de Lestat en tuant tous les vampires qu’elle croise sur son chemin, détruisant une à une les assemblées des anémiés anonymes qui dorment le jour…

Et puis c’est quoi tous ces gens, vampires ou mortels, qui font le même rêve de deux sorcières rousses identiques sur le point de bouffer les organes d’un cadavre fraîchement rôti ???

Bref ça craint pour le monde des vampires, et même pour le monde des humains ! Si vous voulez savoir à quel point on n’est pas passés loin de l’apocalypse et bien il vous faudra lire le livre.

Je ne voudrais pas qu’on me vide de mon sang, me décapite, me démembre et qu’on me brûle (dans l’ordre que vous voudrez) pour avoir spoilé tout de même !

Mon avis :
Or donc, jadis, il y a très longtemps, si longtemps que même un vampire de quelques millénaires peut admettre que ça ne date pas d’hier, j’ai été adolescente.

Cela remonte bien au siècle, que dis-je, au millénaire précédent.

J’ai lu alors les deux premiers tomes des Chroniques des Vampires qu’une amie m’avait prêtés.

Elle n’avait pas le troisième à sa disposition. Était-il déjà sorti ? Rien n’est moins sur puisqu’il date de 1990…

Mais peu importe ! Je m’étais dit qu’un jour je le lirai, bien que ma découverte d’autres romans de l’auteur (sur ses sorcières Mayfair et ses histoires de loups-garous) m’aient particulièrement déçue…

Une autre amie m’ayant prêté le dit volume, je l’ai donc parcouru pendant mes vacances n’ayant pas grand-chose de mieux à faire (c’est dire si mes vacances ont été un peu chiantes).

Ce livre fut une nouvelle déception. Et si lorsque j’avais découvert la saga elle ne comptait alors que trois tomes, j’ai eu la stupéfaction de constater récemment que celle-ci s’est allongée de 10 volumes supplémentaires (13 au total donc) depuis, faisant des cross-over avec sa saga des sorcières Mayfair par dessus-le marché.

Grâce à Wikipedia j’ai pu jeter un œil rapide sur les résumés de ces nouveaux opus dont le dernier date de 2018, et si j’ai été déçue avec la Reine des Damnés j’ai eu le souffle coupé en constatant que la suite s’aventurait sur des terres où la médiocrité flirte avec le foutage de gueule, Anne Rice me semblant juste exploiter une « rente de situation », pressant son filon jusqu’à l’épuisement de fans qu’elle prend pour de grands enfants un peu stupides, coincés à jamais dans l’adolescence et privés pour toujours du moindre sens critique.

Car en effet, comme je dis toujours, pour que le genre fantastique soit efficace auprès d’un lectorat cortiqué et exigeant, il faut encore qu’il reste suffisamment ancré dans un fond de réalité et ne s’en éloigne que progressivement (cf les romans du Maître King).

Avec Anne Rice on fonce tête baissée dans le délire, et plus on progresse dans la saga, plus ses personnages se trouvent dotés de capacités et dons exorbitants confinant à la toute-puissance au point que Dieu, s’il existe, n’a qu’à bien se tenir car il se trouve maintenant face à de sérieux concurrents.

Bref, j’en resterai là pour la suite de sa saga que je n’ai en réalité pas lue, les résumés m’ayant fait fuir définitivement… Et j’en reviens à la Reine des Damnés…

Evidemment… vous imaginez bien que la magie n’a pas fonctionné sur moi qui suis pourtant bon public avec les histoires fantastiques si elles sont bien traitées.

Ce livre est un des rares livres dont j’ai pu trouver que l’adaptation cinématographique est meilleure que le bouquin. Le film a fait l’impasse sur tout un tas d’histoires annexes et de développements métaphysiques pseudo philosophiques ou historiques afin de le réduire sa substance à son essence et c’est bien suffisant.

Ce faisant, l’histoire a aussi été quelque peu transformée ainsi que la fin, vu que certains personnages importants dans le roman en ont été carrément zappés. Et ce n’est pas plus mal.

Ce bouquin est d’une longueur atroce… Les vampires ont peut-être l’éternité devant eux, mais pas moi ! Mes vacances ont une fin ! Bref ça n’en finissait pas ! Et pourtant il ne fait que 500 et quelques pages ce satané bouquin. Quand le roman est bon ça passe vite 500 pages… Et pas là. Pourquoi ?

Et bien si elle a une imagination fertile et se révèle capable de concocter des intrigues qui pourraient être franchement passionnantes, Anne Rice a de sérieux problèmes en matière de construction et d’écriture.

Ses phrases construites au grès de ses associations d’idées dans certains passages vous perdent dans les pronoms au point qu’on ne sait régulièrement plus qui parle de qui…

Ces associations d’idées multiplient par ailleurs les circonvolutions dans le développement d’une idée en ouvrant de multiples parenthèses, voire des parenthèses au sein des parenthèses, au point qu’on est presque surpris quand elle en revient à l’idée qu’elle voulait traiter au départ.

Proust se révèle bien plus clair et plus construit et écrit d’une manière plus légère et poétique.

A cela s’ajoute le fait que la plus grande partie du bouquin semble être écrit sous forme de récits qui se superposent les uns aux autres, les dialogues interactifs étant rares pour ne pas dire inexistants (certains auteurs ne savent pas écrire de dialogues… c’est ennuyeux), ce qui tend à donner le sentiment d’une action figée. « Alors il m’expliqua ceci et me souvenant qu’untel m’avait alors dit cela, je lui répondit ceci »… Franchement sur 500 pages, ça use.

En outre l’écriture se veut très introspective, chaque personnage se voulant extrêmement précis sur ce qu’il ressent au moment de telle action ou de tel dialogue, en le justifiant, en l’argumentant et le déclinant ad nauseam.

Ce travers systématique et répétitif donne une vision très nombriliste de ses personnages et s’avère d’autant plus pénible à lire qu’il étire le développement de l’action indéfiniment.

À cela, ajoutez que le Lestat qu’elle décrit dans les deux premiers volumes comme totalement amoral devient subitement empathique pour une espèce humaine (bénissez-moi, Belette, car j’ai spoilé – Je vous absous répondit la Belette) qu’il considérait jusque là avec un respect comparable à celui avec lequel les supermarchés considèrent les poulets de batteries…

Je ne sais d’où lui vient cette subite illumination, mais Rice, qui passe des pages à nous décrire comment ses petits vampires se regardent le nombril, ne prend même pas la peine de nous expliquer le chemin de Damas miraculeux qui a conduit son vampire le plus narcissique et cynique à se poser en champion de la cause humaine !

Bref, on se trouve là confronté à une incohérence majeure dans l’évolution psychologique d’un des personnages principaux qui laisse sans voix et vient asséner le coup de grâce fatal à cet édifice branlant qu’était déjà ce roman !

Et le pire, cerise sur le gâteau, certains personnages deviennent le prolongement omniscient de l’auteure dans l’intrigue, se lançant dans des passages ressemblant à des cours magistraux où Anne Rice nous assène avec académisme ses conceptions et philosophie personnelles sur l’avenir de l’humanité, sur Dieu, sur l’occultisme, sur le vampirisme, et même sur le féminisme et la lutte entre les sexes (et ouais ! Même ça !!!), ainsi qu’une réécriture chronologiquement déviante de l’histoire de l’Egypte Antique, voire du monde antique tout court.

Anne Rice ayant quitté l’Église Catholique en soutien à son fils ouvertement gay, du fait des positions vaticanaises à l’égard de l’homosexualité, nous présente rien que trois couples homosexués dans son histoire et… ça ajouté au reste, on en vient à se demander si ce livre (voire la saga) n’est pas non plus une forme de prétexte pour mettre en avant ses idées personnelles sur bien des sujets différents dont celui-ci.

En effet, la façon dont elle développe certaines idées et le temps et le soin qu’elle prend à le faire alors que ça n’apporte strictement rien à l’intrigue, m’ont profondément mise mal à l’aise.

C’est un peu comme si prise en otage par l’intrigue dont je voulais connaître le dénouement, je me retrouvais obligée de me fader tout un tas de cours magistraux sur les points de vues personnels de l’auteure, dont je n’avais fichtrement rien à carrer.

Un peu comme si on devait se taper 30mn de publicités disséminées toutes les dix minutes dans un film de 90mn…

Je pense d’ailleurs que ce désir de vouloir nous imposer autant d’idées personnelles qu’elle vient inclure très artificiellement dans l’intrigue vient participer de cette impression de gros problème de construction dans l’écriture d’un livre où l’intrigue ne se développe que péniblement et poussivement.

Et j’allais oublier le petit détail qui tue : chaque chapitre commence par un joooooooooli poème écrit par… son mari. Avait-il besoin de cette publicité gratuite offerte par sa femme pour passer à la postérité ? Franchement trop c’est trop !

La qualité de traitement étant inversement proportionnelle à l’attrait qu’aurait pu avoir l’intrigue, ma notation sera très sévère.

 

Sherlock vs Chtulhu – 01 – Les dimensions mortelles : Loïs H. Gresh

Titre : Sherlock vs Chtulhu – 01 – Les dimensions mortelles

Auteur : Loïs H. Gresh
Édition : Ynnis (08/01/2020)
Édition Originale : Sherlock Holmes vs. Cthulhu : The Adventure of the Deadly Dimensions (2017)
Traduction : Thomas Bauduret

Résumé :
Face à l’horreur indicible, l’esprit de déduction le plus brillant de tous les temps atteint ses limites.

Une série de meurtres macabres et terrifiants secoue Londres. Sur les lieux du crime, il ne reste rien d’autre qu’un tas d’ossements ainsi qu’une étrange sphère en os, sur laquelle des symboles arcaniques semblent avoir été gravés.

Le fils de la dernière victime demande l’aide de Sherlock Holmes et du docteur John Watson. Tous deux tentent alors de découvrir le fil conducteur qui pourrait unir les assassinats et confondre leurs responsables.

Mais à mesure qu’ils progressent dans leur enquête, la logique si chère au célèbre détective de Baker Street semble s’évaporer un peu plus au profit de l’inconcevable, à l’image de cette terrible machine tueuse que d’aucuns prétendent « vivante », ou des membres de cet « Ordre de Dagon », dont les cultes et rituels rivalisent de ferveur et d’horreur…

Et pour cause : que reste-t-il une fois qu’on a tout éliminé, y compris l’improbable ?

Critique :
Depuis longtemps, Sherlock Holmes est mis à toutes les sauces et affronte toutes sortes de créatures fantastique, comme si les meurtriers ordinaires ne lui suffisait pas.

Pourtant, ne disait-il pas que « Les crimes sont communs, la logique est rare. C’est donc sur la logique plutôt que sur les crimes que vous devez appuyer » ? (Les hêtres pourpres)

Le voici donc une nouvelle fois aux prises avec la sale bête de Lovecraft comme dans la trilogie de trilogie de James Lovegrove.

Dans le premier tome de la trilogie de James Lovegrove, j’avais ronchonné sur le fait que l’auteur n’amenait pas la rencontre entre Holmes et le côté éthéré de la meilleure manière, que ça manquait de réalisme, que c’était arrivé bien trop vite et de manière totalement inattendue.

Ici, c’est tout le contraire puisque c’est trop long ! Oui, jamais contente… Mais sur un récit de 480 pages, amener les créatures de la mer vers la page 400, ça donne des préliminaires vachement trop longs !

Les 200 premières pages se lisent vite, il y a du rythme, du mystère, Holmes cherche une explication logique sans vraiment la trouver et le lecteur ricane car lui, il sait de quoi il va retourner puisque le titre est assez explicite et qu’en plus, il a déjà croisé la route de la sale engeance qui dort dans la cité sous-marine de R’lyeh.

Malgré un bon rythme dans la première moitié du roman, mes plaintes seront pour les personnages de Holmes et Watson que je n’ai pas vraiment appréciés car je ne les reconnaissais pas.

Watson est geignard et nous rappelle sans cesse combien il aime amoureusement son épouse Mary, combien il aime Samuel, son gamin, né prématurément et les difficultés qu’ils ont eu pour le concevoir. Au bout de la 36 fois, on commence à saturer de la redondance.

Quant à Holmes, c’est un homme froid, je sais, qui ne montre pas ses émotions, ou alors, fugacement, mais ici, il a l’air de se foutre du sort du bébé de Watson comme de sa première paire de chaussettes. Plusieurs fois il y aura danger pour la femme et l’enfant de Watson et Holmes ne prendra même pas la peine de rassurer son ami, blessé, sur le sort des deux personnes les plus importantes pour lui. Cela ne lui rassemble pas.

Holmes fait prendre à son ami des risques énormes en toute connaissance de cause, hors dans le canon, il a toujours répugné à mettre son ami en danger et ne le faisait que parce que pas d’autre choix. La preuve avec cet extrait du « Ruban Moucheté’ et des « Trois Garrideb ».

— Savez-vous bien, Watson, dit Holmes, tandis que nous étions assis tous deux dans l’obscurité qui commençait, que j’éprouve quelques scrupules à vous emmener ce soir. Il y a nettement un élément de danger.
— Puis-je vous être utile ?
— Votre présence peut être inappréciable.
— Alors, c’est réglé, je viendrai…
— C’est très gentil de votre part.

— Vous n’êtes pas blessé, Watson ? Pour l’amour de Dieu, dites-moi que vous n’êtes pas touché !
Cela valait bien une blessure, beaucoup de blessures, de mesurer enfin la profondeur de la loyauté et de l’affection qui se cachaient derrière ce masque impassible ! Pendant un moment je vis s’embuer les yeux durs, et frémir les lèvres fermes. Pour la première fois de ma vie, je sentis battre le grand cœur digne du grand cerveau. Cette révélation me paya de toutes mes années de service humble et désintéressé. […]
— …Cela vaut mieux pour vous. Si vous aviez tué Watson, vous ne seriez pas sorti vivant de cette pièce. A présent, mon-sieur, qu’avez-vous à nous dire pour votre défense ?

Il est normal qu’un auteur qui reprend des personnages d’un autre en change un peu l’essence, qu’il les façonne à sa manière à lui, mais il ne faut pas changer la nature profonde de ces personnages et les rendre insensibles alors qu’ils peuvent l’être brièvement ou les rendre casse-pieds alors qu’ils ne le sont pas en vérité.

L’inconvénient de ce livre, c’est la seconde moitié. Elle est trop longue, il y a d’autre intervenants dans le récit de Watson et j’ai ai sauté plusieurs tellement ça me pompait l’air. Trop is te veel ! Trop de digressions tuent le récit, le font sombrer, s’enliser et à force d’être trop verbeux, on perd l’attention du lecteur.

De plus, Holmes a beau avoir des preuves sous ses yeux qu’une entité fantastique d’un autre-monde est intervenue, il refuse de voir alors que lui même disait que « Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité ».

La trilogie de Lovegrove était montée en puissance au fil des tomes, peut-être que le tome 2 de cette nouvelle trilogie me plaira plus que ce premier tome qui n’est pas parvenu à me convaincre.

Dommage parce que les 200 premières pages s’étaient bien déroulées, hormis mes rouspétances sur les personnages de Holmes/Watson qui n’étaient pas comme je les aime d’habitude.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX].

Parmi les tombes : Tim Powers

Parmi les tombesTitre : Parmi les tombes

Auteur : Tim Powers
Édition : Bragelonne (2013)
Édition Originale : Hide Me Among the Graves (2012)
Traduction : Maxime Le Dain

Résumé :
Londres, 1862.
Une ancienne prostituée nommée Adelaïde frappe à la porte de John Crawford, dont elle a croisé la route autrefois. La fillette née de leur brève union aurait survécu mais son âme est prisonnière d’un spectre vampirique.

Ce monstre assoiffé de sang n’est autre que John Polidori, jadis médecin de Lord Byron, le scandaleux poète. Le passé de Crawford et d’Adelaïde est lié au monde des ombres, faisant de leur enfant un trophée convoité par l’esprit maléfique.

Déterminé à sauver sa fille, le couple maudit s’allie à la poétesse Christina Rossetti et à son frère, le peintre Dante Gabriel Rossetti, eux aussi tourmentés par Polidori depuis l’enfance.

Chacun devra choisir entre la banalité d’une existence humaine et l’immortalité sacrilège ?

Critique :
Le mythe des vampires est aussi vieux que le Monde… Powers le reprend à sa sauce mais j’ai eu du mal à avaler sa cuisine.

Non, Rachel, pas frapper ! Je sais combien Tim Powers compte à tes yeux, mais là, c’était tellement lent, tellement bourré de détails en tout genre, de récit qui partait dans tous les sens que mon assiette est repartie remplie en cuisine.

Autant où « Les voies d’Anubis » étaient punchy et restait cohérent et génial à lire, ici, j’ai eu tendance à piquer du nez souvent et à zapper des pages entières.

L’époque victorienne aurait pu être intéressante mais je suis passée à côté, me demandant souvent où l’auteur voulait en venir dans son récit.

Les personnages étaient sympathiques mais ils n’ont jamais été assez forts pour tirer le récit vers le haut afin de le rendre intéressant et dynamique.

Je ne le saurai sans doute jamais et tant pis pour moi. Faisant un bon dans le temps, j’ai sauté une énorme partie du récit pour aller directement aux dernières pages car je n’en pouvais plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°295 (ma dernière chronique pour ce challenge avant de passer au nouveau).

La chair du limier : Stéphane Belmont

Titre : La chair du limier

Auteur : Stéphane Belmont
Édition : Les Nouveaux auteurs Polar Historique (2012)

Résumé :
Paris. Juillet 1888. Un monstre sans visage éventre et mutile deux « fleurs de trottoir »dans le quartier Mouffetard, sans provoquer la moindre réaction des autorités.

Seul à pressentir, dans ce carnage, les prémisses d’une macabre série, l’inspecteur Jean Roche, adepte de nouvelles méthodes d’investigation criminelle, décide de mener son enquête, au nez et à la barbe de sa hiérarchie.

Une traque impitoyable s’engage alors entre le policier et le sanguinaire, du ventre de Paris jusqu’aux bas-fonds de Londres.

Critique :
Parfois, il est bon de persévérer… Je parle de moi et de la lecture de ce roman, pas de Jack L’Éventreur qui aurait fait ses armes à Paris (et ailleurs) avant d’aller à Londres.

Le postulat de départ est intéressant et ce roman n’a pas eu le prix Histoire par hasard car il est bien documenté, même si la scène du départ aurait pu se dérouler de nos jours (l’inspecteur qui fait de la course à pied).

Si le contexte historique est bien fourni sans pour autant déborder sur le récit en lui-même, j’ai ramé dans le début du roman, tant les situations et les dialogues me semblaient plats, sans saveur, sans profondeur.

Ajoutons à cela des personnages un peu fades ou caricaturaux, dont le pire fut l’inspecteur Roche, personnage principal, que j’ai détesté et qui n’est jamais remonté dans mon estime.

Roche est un gros égoïste ! Il le remarquera lui-même… Se disputant avec ses quelques rares amis (qui reviennent ensuite, les cons), il est toujours borderline, têtu, bougon, se morfondant sur son passé et ses erreurs, mais les reproduisant encore et toujours.

Non, franchement pas sympathique pour deux sous et malgré le fait qu’il aime être à la pointe des progrès de la science criminelle, pour le reste, c’est un bourrin à la limite de la caricature du flic torturé alcoolo qu’on croise un peu trop souvent en littérature et qui s’affranchi de toutes les règles. Harry Hole a plus d’épaisseur et de sympathie.

L’inspecteur Roche, lorsqu’il ira enquêter aux côtés de l’inspecteurs Abberline de Scotland Yard se paiera même le luxe de causer anglais sans accent… Heu ? Il a eu une nurse anglaise ou quoi ? Qu’il ait appris l’anglais lorsqu’il se battait aux côtés des Anglais en Chine, je le concède volontiers, mais sans accent ? Non.

Initialement sélectionné pour le Mois Anglais, j’ai dû le mettre de côté car il faut avoir dépasser la moitié du récit pour enfin mettre les pieds à Londres. Si l’enquête a pris son temps à Paris, on va aller un peu plus vite à Londres, Roche continuant de n’en faire qu’à sa tête, tabassant même un médecin ou assommant un flic pour pouvoir faire ce qu’il lui plait dans son enquête. T’es lourd, Roche !

Ce que je retiendrai de bon pour ce roman sera son contexte historique qui était très bien fait sans jamais devenir long et ennuyeux. On nous parle de médecine légale, d’anthropologie physique, de cadavres exposés à la morgue, du Bertillonnage, des empreintes digitales auxquelles peu de gens croient, de photographie… Instructif sans jamais être rébarbatif.

Le choix du langage aussi était une bonne chose car nos policiers parlent un mélange de français et d’argot, sans non plus en inonder le texte comme dans « Touchez pas au grisbi ». Pas besoin de chercher les mots dans le dico « Français-Argot », vous comprendrez tout.

Heureusement que les mauvaises impressions de platitude des dialogues du départ se sont estompées ensuite.

Les décors étaient grandeur nature car l’auteur a réussi, grâce à ses description bien ciblées, à nous donner la sensation que nous arpentions Paris ou Londres.

Hélas, les personnages ne m’ont pas vraiment emballé, surtout l’inspecteur Roche qui m’a profondément énervée et j’ai failli reposer le roman au tout début car j’avais trouvé les dialogues fort creux, sans saveur, sans émotions, sans épices…

Ma persévérance a payée, même si cette lecture restera avec l’étiquette « déception » affichée dessus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°294.