Kérozène : Adeline Dieudonné

Titre : Kérozène

Auteur : Adeline Dieudonné
Édition : L’Iconoclaste (01/04/2021)

Résumé :
Une station-service, une nuit d’été, dans les Ardennes.

Sous la lumière crue des néons, ils sont douze à se trouver là, en compagnie d’un cheval et d’un macchabée. Juliette, la caissière, et son collègue Sébastien, marié à Mauricio. Alika, la nounou philippine, Chelly, prof de pole dance, Joseph, représentant en acariens… Il est 23h12. Dans une minute tout va basculer.

Chacun d’eux va devenir le héros d’une histoire, entre elles vont se tisser parfois des liens. Un livre protéiforme pour rire et pleurer ou pleurer de rire sur nos vies contemporaines.

Comme dans son premier roman, La Vraie Vie, l’autrice campe des destins délirants, avec humour et férocité.

Les situations surréalistes s’inventent avec naturel, comme ce couple ayant pour animal de compagnie une énorme truie rose, ce fils qui dialogue l’air de rien avec la tombe de sa mère, ou encore ce déjeuner qui vire à l’examen gynécologique parce qu’il faut s’assurer de la fécondité de la future belle-fille.

Elle ne nous épargne rien, Adeline Dieudonné : meurtres, scènes de sexe, larmes et rires. Cependant, derrière le rire et l’inventivité débordante, sa lucidité noire fait toujours mouche. Kérozène interroge le sens de l’existence et fustige ce que notre époque a d’absurde.

Critique :
Ces derniers temps, avec certaines de mes lectures, c’est la Bérézina totale !

Surtout avec les nouveaux romans d’autrices dont j’avais eu des coups de coeur pour leurs précédents romans.

Je m’étais déjà payée une dégelée totale avec « Seule en sa demeure » de Cécile Coulon, alors que j’avais adoré « Une bête au paradis » et voilà qu’avec Kérozène, je remets ça, même si la faillite est moins totale.

Le précédent roman de l’autrice, « La vraie vie », avait été un coup de cœur phénoménal. Pour son petit dernier, je suis le cul entre deux chaises… Et l’écart est tel que j’ai du mal à rester assise. Je m’explique.

Si certaines nouvelles composant ce roman m’ont plu (notamment celle avec le cheval, on ne se refait pas), d’autres m’ont mises très mal à l’aise, comme celle avec le test gynécologique.

Le problème ne vient pas de l’examen en lui-même, mais de la passivité de la femme qui le subit ! Mais putain, pourquoi elle accepte une telle chose lors d’un dîner ? Moi, j’aurais éparpillé les deux zozos façon puzzle…

L’autre chose qui m’a dérangé, c’est que bien que toutes ces petites nouvelles aient des choses intéressantes à dire, qu’elles soient grinçantes, qu’elles fustigent une certaine société, qu’elles soient d’un noir d’encre, il manque tout de même un lien entre elles !

Ok, tout ce petit monde se retrouve ensuite à la pompe d’essence, mais bon, c’est un peu court, un peu trop léger. Déjà rien qu’au niveau des proportionnelles : un tel rassemblement est quasi impossible avec si peu de gens, sauf au cinéma ou en littérature…

Mais bon, autant je sais être bon public et passer sur des incohérences, autant il me faut du carburant pour me faire marcher et ici, nous avions beau être dans une station d’essence, il a manqué du carburant pour faire tourner le moteur et l’étincelle pour rendre le tout explosif. Ou un anneau pour les lier tous…

Le but de ma chronique n’est pas de dire que le roman est mauvais, loin de là, il y a du bon dans ces portraits qui pourraient se lire tous indépendamment les uns des autres.

C’est une critique acide de notre société qui se retrouvent dans ces portraits. C’est dans le vitriol que l’autrice a trempé sa plume pour écrire ces mots. La férocité de sa plume est toujours là, c’est déjà ça…

Manquait juste le liant pour que la transition entre toutes les histoires soit parfaite. Un bouquet final autre que celui qui arrive et qui fait plus pchiiittt que « point de bascule » véritable. Comme si après avoir tout donné pour dresser des portraits farfelus, décalés, grinçants, l’autrice n’avait plus eu assez de kérozène pour finir en beauté ce périple cynique.

Le coup de la panne d’essence, ça n’a jamais marché avec moi…

Va falloir appeler la dépanneuse pour remorquer ce final échoué sur la bande des pneus crevés…

J’aurais aimé qu’il termine dans mes coups de coeur de l’année, hélas, il n’ira pas… Et croyez-moi que ça me désole fortement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°68].

L’inconnu de la forêt : Harlan Coben

Titre : L’inconnu de la forêt

Auteur : Harlan Coben
Édition : Belfond (15/10/2020)
Édition Originale : The Boy from the Woods
Traduction : Roxane Azimi

Résumé :
WILDE. SON NOM EST UNE ÉNIGME, TOUT COMME SON PASSÉ.

Il a grandi dans les bois. Seul. Aujourd’hui, c’est un enquêteur aux méthodes très spéciales.

VOUS IGNOREZ TOUT DE LUI.

Il est pourtant le seul à pouvoir retrouver votre fille et cet autre lycéen disparu. Le seul à pouvoir les délivrer d’un chantage cruel. D’un piège aux ramifications inimaginables. Mais ne le perdez pas de vue.

CAR, DANS LA FORÊT, NOMBREUX SONT LES DANGERS ET RARES SONT LES CHEMINS QUI RAMÈNENT À LA MAISON.

Critique :
Corben Dallas, oui, Harlan Coben, non… Je pense qu’entre lui et moi, ce sera comme Capri : fini !

C’est le genre de thriller que j’aurais adoré lire lorsque j’avais 20 ans, mais maintenant que j’ai quelques années de plus, ce genre de récite passe difficilement car je l’ai trouvé vide.

Comme un squelette sans ses organes, sans sa peau… Les personnages m’ont donné l’impression d’être sans relief, sans épaisseur, fadasses, juste là pour l’histoire, comme des figurants de seconde zone.

Le personnage principal, Wilde, le Mowgli qui a vécu dans la forêt manque de crédibilité, de profondeur, alors qu’il le pilier central du roman. Sorte d’écolo intello qui aurait les capacités de déplacement en forêt aussi silencieux que ceux de Black Panther…

Mieux, tout gamin, il a appris à lire tout seul en regardant des émissions de télés faites pour les élèves. Les enseignants peuvent donc aller pointer dès à présent à Popol Emploi, la téloche fera leur job ! Désolé, ça n’est pas passé chez moi… Un peu gros ! Trop de qualités tuent le personnage.

Quant au méchant politicien, sorte de clone de Trumpinette (mais en édulcoré), il n’a que peu de présence et semble être lui aussi sans consistance.

Pourtant, les thèmes abordés dans ce thriller étaient intéressants et universels : le harcèlement scolaire, un politicien qui semble être une menace s’il vient à être élu, le patriotisme, la fin qui justifie les moyens, le sacrifice de l’un pour en sauver des millions, l’extrémisme, le système judiciaire contre lequel on ne peut aller contre car c’est le système,…

Oui, bien vu, dommage qu’aucun de ces thèmes ne soient vraiment approfondis ! Ils sont survolés… Quelques lignes de-ci, de -là… C’est expédié vite fait, mal fait.

Pire, l’auteur parle du harcèlement scolaire subi par la jeune Naomi, mais il a oublié d’y ajouter les émotions dans son texte. C’est froid, tellement froid que je n’ai pas frémi (alors que je bondis toujours sur le sujet). Dans un romans de Stephen King (pour ne pas le citer), une scène de harcèlement me hante encore des années après ! Jamais je l’oublierai la boîte à lunch Scooby-Doo.

Ce manque d’émotions ressentie à la lecture de ces horreurs faites à cette ado m’a aidé à comprendre pourquoi personne du corps professoral ne réagissait dans l’entourage de Noami : la faute de l’auteur ! Les personnages sont restés de marbre tant le sujet du harcèlement était mal traité.

Malheureusement, pour un thriller, le récit est un peu poussif, surtout au départ. Ensuite, ça bouge un peu plus, mais jamais au point de m’avoir scotché au récit. Les dialogues sont plats, sans reliefs aucun, plus pour meubler des silences ou noircir des pages.

Un bon point pour le final qui évite le happy end et qui tacle le système judiciaire américain et les extrémistes de tous poils qui malgré les preuves mises sous leur nez, hurlent toujours au fake news ou à la vidéo truquée, tant ils n’ont pas envie de remettre en question leur idole, son discours et ses idées.

Pour eux, il est plus simple de rester accroché à leurs convictions pures et dures que de les voir valser, se briser et d’ensuite devoir réfléchir et changer. Quant on est à fond avec une équipe, quoiqu’elle fasse, on reste fidèle et on ne va pas changer de club.

Bon, comme vous l’avez sans doute compris, cette lecture ne restera pas dans les annales littéraires et finira au tableau des déceptions de 2021.

Cela faisait longtemps que je n’avais plus lu de Coben, c’était l’occasion pour moi d’y revenir et de passer un bon moment de lecture (j’avais la foi). Hélas, elle ne fut pas palpitante comme ce fut le cas avec d’autres romans.

Déception totale. Lui et moi, je pense que ce sera terminé. Au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°55].

Hercule Potiron – Tome 2 – Hollywood : Pierre Veys et Giancarlo Caracuzzo

Titre : Hercule Potiron – Tome 2 – Hollywood

Scénariste : Pierre Veys
Dessinateur : Giancarlo Caracuzzo

Édition : Delcourt (2009)

Résumé :
Nous retrouvons le célèbre détective Hercule Potiron à Hollywood. La Metro Goldfish Mayer lui a proposé un pont d’or pour qu’il interprète son propre rôle à l’écran.

Révolté par l’indigence des scénarios qu’on lui réserve, il décide d’écrire lui-même les meilleures intrigues criminelles que son puissant cerveau puisse imaginer, ce qui aura pour conséquence de plonger les Etats-Unis d’Amérique dans le chaos…

Critique :
Autant où le premier album m’avait enchanté, autant le second ne m’a pas fait le même effet…

Si dans le premier, la parodie était drôle, fine, grinçante et très bien fichue, autant où j’ai eu l’impression que dans cet album, le scénario tournait un peu en rond sans trop savoir où aller.

« Silence, ça tourne ! » C’est que l’on crie à Poirot qui est à la MGM pour  interpréter son propre rôle à l’écran, bien entendu, imbu de lui-même comme il est, cela ne se passe pas comme tout le monde le voudrait.

Durant toute une partie de l’album, je me demandais même si nous allions avoir une enquête car j’assistais juste à des scènes de tournages du film consacré à Poirot dont notre détective avait réécrit les scénarios.

Il faut arriver quasi à la fin de l’album pour voir le double fond et à ce point de vue là, il était vachement bien trouvé et il m’a fait rire.

Mais avant d’arriver à ce petit caviar, il faut se farcir une très longue mise en place totalement dénuée de suspens, puisque Poirot tourne son propre rôle, tout en se moquant de Nasting et l’inspecteur Spratt.

Si le final est excellent, le développement est assez long et pas toujours des plus palpitant à lire, ni des plus drôle, contrairement au premier tome.

Je ressors mitigée de cette lecture, qui manquait un peu de pep’s. Par contre, les cases illustrant les studios de tournage de la MGM étaient super.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°47] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Les Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes – 02 – L’empoisonneur de Brook Street : Michel Bourdoncle [Par Dame Ida]

Titre : Les Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes – 02 – L’empoisonneur de Brook Street

Auteur : Michel Bourdoncle
Édition : Librinova (12/07/2021)

Résumé :
Londres, automne 1894

La troublante Violet Handcock vient solliciter l’aide de Sherlock Holmes. L’ombre d’un danger sournois plane au-dessus de l’officine de pharmacien de son père. Las, le lendemain, le vieil homme est retrouvé mort dans son laboratoire fermé de l’intérieur.

Dès lors, le détective de Baker Street n’aura de cesse de mettre ses extraordinaires facultés d’observation et de déduction au service de l’énigme de ce meurtre en chambre close, pour démasquer un assassin machiavélique et pour innocenter un homme injustement accusé par Scotland Yard.

Holmes sera aidé dans sa tâche par son fidèle ami Watson, que la gent féminine laisse moins indifférent que jamais, et par une madame Hudson rajeunie et à la personnalité nouvelle des plus surprenantes.

Mon Avis :
Attention : critique saturée de spoilers. Le roman n’étant pas très gros… quand on pointe l’inutile et qu’on le retire… il ne reste plus que l’essentiel… et on parle très vite des grosses ficelles grossières du scénario.

Donc… si vous collectionnez les pastiches comme Dame Belette, lisez le livre d’abord et on discutera ensuite de nos impressions dans les commentaires.

– Si l’introduction et l’intrigue sont au départ sympathiques on ne peut pas dire que le mystère soit bien compliqué à résoudre : nous avons le choix entre deux suspects : la solution est cousue de fil blanc et se devine rapidement même si on ne sait pas encore comment Holmes va arriver au résultat prévisible.

– La solution est en outre dévoilée au 3/4 du livre. On se demande pendant plusieurs dizaines de pages réparties sur quelques chapitres ce qu’on peut encore en attendre… on ne sait jamais… un rebondissement de dernière minute…

Et ben non… telle sœur Anne je ne vis rien venir. Rien de rien ! T’as juste perdu ton temps. Aucun intérêt. C’est l’épilogue le plus long (plusieurs chapitres) et le plus brouillon (car partant dans tous les sens) que je n’ai jamais lu !

L’auteur voulait juste prolonger le plaisir qu’il avait à écrire (à moins qu’il ne soit payé à la page?) sur ses personnages préférés. Si le lecteur s’emmerde ce n’est pas son problème.

– Cela doit être de l’auto édition à en croire le nombre de coquilles. Quelques fautes d’accords complexes sont tolérables mais une odeur « d’amende amère » qui aurait davantage convenu à un mauvais stationnement qu’à un empoisonnement au cyanure (qui sent l’AMANDE amère!) là ça devient comique… et que dire de Madame Hudson nommée Madame Watson à deux reprises dans la même page !!! Heureusement qu’on nous avait dit que Mary Morstan-Watson était déjà morte!

– Le Lestrade de ce roman n’est pas canonique… Ses rapports avec Holmes sont ici haineux et désastreux! Rien de ça dans le canon où les deux hommes sont toujours restés courtois l’un avec l’autre ! On le fait passer pour un sadique brutal, une caricature de ripoux à deux neurones… C’est pas vraiment sympa… Et c’est d’un manichéen ! Lestrade c’est le méchant pourri (on a pas pu ressusciter Moriarty alors on prend ce qu’on a sous la main!) et Holmes c’est le Gentil!

– Watson de son côté se prend pour un don Juan ayant besoin de se rassurer sur la longueur de sa quéquette  et son impudeur en la matière n’a rien de très victorien… en outre il passe juste pour un crétin prétentieux qui se croit très malin. C’est pénible à la longue.

– Holmes reste holmesien…si on oublie que le voila amoureux! Et oui un Holmes asexuel ça dérange encore quelques uns qui s’obstinent à lui imaginer une vie sexuelle…

Du temps de Victoria on n’avait pas de vie sexuelle (si on en avait une c’était tabou-caché et on ne parlait de rien et on écrivait pas sur le sujet!). On se mariait et des enfants venaient au monde.

Aujourd’hui les auteurs ou lecteurs de pastiches se fichent de savoir si les enfants vont arriver ou s’ils ont pilules, capotes ou stérilet ! Ils faut juste qu’ils niquent parce que c’est ça l’amouuuur ! C’est si bô la passion!!!! Peu importe si ça ne se faisait pas comme ça à l’époque! On dira qu’ils sont modernes et le tour est joué !

Or, un pastiche doit être écrit dans le respect rigoureux des mœurs de l’époque !!! On ne rajoute pas de modernité de mœurs, car ça n’aurait pas été publiable !

– On réintroduit Irene Adler… Ben oui quoi ! Elle est trop fascinante pour n’apparaître que dans Scandale en Bohème ! Et puis si Holmes doit s’intéresser à une femme ça ne être qu’elle !

Ok pourquoi pas… mais Watson la croiserait au quotidien sans comprendre que quelque chose cloche puisqu’elle emprunterait les traits d’une personne qui lui est familière depuis des années… Et il ne se rend pas compte du subterfuge ! Les lunettes n’existaient pas à l’époque ? Si pourtant ! OK il est supposé être très con et Irene est supposée être une pro du déguisement comme Holmes… mais tout de même… C’est tellement énorme que ce n’est crédible pour deux sous.

– En plus la présence d’Irene n’apporte rien au roman si ce n’est que d’y ajouter des chapitres entiers sans utilité puisqu’elle ne participe pas du tout à l’enquête. Contrairement à ce qu’annonce le bandeau du livre !!! Publicité mensongère !!! Elle n’est qu’un personnage secondaire dans une vie parallèle ! Pourtant la couverture nous laissait croire qu’elle enquêtait ! Quelle arnaque !

– Et l’auteur nous raconte deux, voire trois fois comment elle s’est réintroduite dans la vie de Holmes. Bref à chacune de ses incursions dans le roman. Des fois que le lecteur ait la maladie d’Alzheimer ! A moins que ce soit l’auteur qui ait des problèmes de mémoire et ne se relise jamais ???

Franchement à la deuxième répétition j’ai cru que l’auteur me prenait pour une conne. Et je n’aime pas ça… Mais alors pas du tout !!! Déjà que ses multiples rappels d’anciennes affaires du canon étaient limites et sans intérêt pour une holmésienne amatrice… car que l’auteur du roman ne se leurre pas : la majorité des lecteurs de pastiches connaissent le canon et trouvent souvent ces rappels aussi inutiles qu’artificiels.

Au mieux faudrait-il faire de simples notes explicatives de bas de page pour ceux qui ne sont pas familiers du canon plutôt que des parenthèses d’un à plusieurs paragraphes qui brisent la progression du développement.

– Je passe aussi sur le côté Harlequin le Champion de l’Amour de ces chapitres introduisant Irene ! Ça pue la guimauve à un point que ça n’en est pas crédible si on reste fixé sur le Holmes du canon et sur les mœurs de l’époque qui incitaient à plus de retenue dans l’évocation des sentiments personnels.

– Cerise sur le pompon : le poison utilisé pour tuer la victime… on évoquera l’odeur « d’amende amère » typique du cyanure mais sans jamais nommer ce poison… en oubliant vite que seul le cyanure a cette odeur et on optera pour l’arsenic à la fin… en le disant inodore… Déjà une contradiction de plus…

Et ce n’est pas un poison à effet rapide !!!! On ne tombe pas foudroyé d’un coup avec l’arsenic. Si elle en avait pris, la victime serait morte lentement et douloureusement et serait nécessairement sortie de sa chambre close pour chercher du secours !

L’auteur aime à montrer qu’il a fait un grooooos travail de recherche sur le canon ou sur l’histoire de l’ère victorienne « genre je suis membre de la SSHF » etc. mais quand on empoisonne ses victimes on se renseigne un minimum sur les effets des poisons borde l!

Tout le monde n’est pas ancienne infirmière de guerre comme Agatha Christie mais quand même !!! Il y a un minimum syndical à assurer ! On se forme ! On s’informe ! On regarde les Experts à Miami ou des Hercule Poirot par exemple !!! Ou on peut lire Madame Bovary qui se suicide à l’arsenic si on veut des références plus smart !!!

Ça commence par des troubles digestifs très pénibles et le système neurologique n’est détruit que dans un second temps. Ça peut durer entre quelques heures et plusieurs jours ! Parfois les gens en réchappent même en fonction de la dose et de leur vigueur !

– Et quand on dit que Irene était contralto dans la première présentation de son parcours… on ne parle pas d’elle ensuite comme d’une soprano quand on se sent obligé de re-raconter et re-re-raconter sa vie !!!!

Une soprano c’est pas une contralto ! Aaaaarrrrg ! Le registre de contralto est bien plus grave et a une dimension androgyne permettant de chanter les rôles masculins des opéras baroques ! C’est le registre qui est effectivement attribué à Irene par Conan Doyle car ce qui distingue Irene aux yeux de Holmes ce sont justement ses qualités supposément masculines et ses ambiguïtés.

À cette époque, justement, on était en pleine transition dans l’importance des registres lyriques et une nouvelle hiérarchie se dessinait : les sopranos ne s’étaient pas encore tout à fait imposées comme archétypes des premiers rôles mais le succès des contraltos était déjà sur le déclin (d’où le retrait probable d’Irene des scènes). Bref…

Écrire c’est pas juste aligner des mots qu’on recopie sans savoir ce qu’ils veulent dire ! Écrire suppose de s’être approprié le moindre mot que l’on offre au lecteur. Quand on sait ce qu’est une soprano et ce qu’est une contralto… et bien on ne fait pas l’erreur ! Au contraire ! On a bien en tête que l’ambiguïté de ce registre participe au charme particulier d’Irene !

Bref en résumé : une bonne idée de départ très maltraitée et qui donnera de l’urticaire à un/e holmesien/ne amateur/trice.

Comme disait Mistinguette une fois arrivée au bas de l’escalier en chantant et en montrant ses jambes : « l’ai-je bien descendu » ?

[Série] ABC contre Poirot (2018) : Sarah Phelps

ABC contre Poirot (The ABC Murders) est une mini-série télévisée britannique de quatre épisodes, écrite par Sarah Phelps et réalisée par Alex Gabassi, diffusée du 26 au 28 décembre 2018 sur BBC One, en trois épisodes. Il s’agit d’une adaptation du roman du même nom d’Agatha Christie publié en 1936.

Synopsis :
En 1933, à Londres, le célèbre détective belge Hercule Poirot est vieillissant et coule une retraite paisible. C’était sans compter sur Alexander Bonaparte Cust, qui arrive à Londres et s’installe dans une pension glauque.

Avec sa machine à écrire, il tape des lettres, signées d’un mystérieux ABC, qu’il envoie à Hercule Poirot. Dans ces lettres, ABC explique à demi-mot son jeu macabre : assassiner, dans l’ordre alphabétique, des personnes dont le nom et le prénom commencent par la même lettre que la ville où le meurtre a lieu.

Le détective décide d’enquêter mais se heurte à l’inspecteur Crome. Sur chaque scène de crime, Poirot retrouve un indicateur des chemins de fer ouvert à la lettre correspondante et taché de sang.

Peu à peu, Poirot commence à faire le lien entre lui, ces villes et les personnes assassinées…

Personnages principaux :

  • John Malkovich : Hercule Poirot
  • Rupert Grint : Inspecteur Crome
  • Andrew Buchan : Franklin Clarke
  • Eamon Farren : Alexander Bonaparte Cust
  • Jack Farthing : Donald Fraser
  • Gregor Fisher : Dexter Dooley
  • Tara Fitzgerald : Lady Hermione Clarke
  • Henry Goodman : Sidney Prynne
  • Shirley Henderson : Rose Marbury
  • Bronwyn James : Megan Barnard
  • Freya Mavor : Thora Grey
  • Kevin McNally : inspecteur Japp

Ce que j’en ai pensé :
A.B.C contre Poirot, je commence à connaître puisque j’ai vu son adaptation pour « Les petits meurtres d’Agatha Christie » et que j’ai lu, en juin, son adaptation en bédé.

Là, je découvrais, au cours d’un zapping, une nouvelle adaptation du roman en mini-série avec John Malkovich dans le rôle de Poirot.

Évacuons de suite ce qui m’a profondément gêné : John Malkovich n’est pas un Poirot crédible du tout !

Il n’est pas obnubilé par ses petites cellules grises, ne porte pas sa moustache ridicule mais une barbichette, ne semble pas avoir une haute opinion de lui-même, n’a pas vraiment l’allure d’un dandy et on dirait que son orgueil est parti en vacances sans le prévenir…

J’adore John Malkovich, mais pas dans le rôle du détective belge ! Il a foiré le personnage, selon moi, mais ceci n’est que mon avis, vous le savez bien.

C’est un Poirot vieux (en 1933 ???) qui se trouve face à nous. Son succès n’est plus là, c’est un has been. Exit aussi l’inspecteur Japp, pensionné heureux qui bine ses salades, avant de d’aller les manger par la racine…

Par contre, son remplaçant, c’est Ron Weasley ! Heu, pardon, Rupert Grint… Je le préférais en gamin dans Harry Potter, ici, dans son rôle de l’inspecteur Crome, remplaçant de l’inspecteur Jaap, il joue le rôle d’un homme imbu de sa personne, qui ne réfléchit pas toujours avec discernement et considère Poirot comme un vieux chieur.

Ron, ta copine Hermione t’aurait conseiller d’aller faire un tour à la bibliothèque ! Là, tu verras que Poirot n’est pas un imbécile ! D’ailleurs, il y a une lady Hermione dans l’épisode…

Maintenant que j’ai évacué le mal, tirons la chasse et passons à ce que j’ai apprécié dans cette mini-série : les décors et les ambiances 1933…

Qui dit 1933, dit merde brune qui commence à sentir mauvais du côté de l’Allemagne et ça remonte jusqu’à la perfide Albion, qui en a marre des immigrés et qui aimerait qu’on les remballe chez eux (une éternelle rengaine), Hercule Poirot y compris, lui qui n’a pas fait la guerre quand son pays a été envahi (son pays qui est aussi le mien… ♫).

Pas besoin de vous faire de dessins, les imbécilités faites en paroles ou en actes ne changent pas selon les époques, on charge à fond l’étranger, on le rend coupable de tous ses maux et on se dit qu’une fois entre nous, on sera mieux.

Erreur fatale, mais tout le monde ne l’a pas encore compris… L’hypocrisie est dans le camp des Anglais, eux qui ont eu un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais et dont les habitants des colonies auraient sans doute apprécié qu’ils foutassent le camp de chez eux.

Anybref, c’est dans cette ambiance « brexit » que se trouve l’Angleterre quand le tueur ABC se met à trucider en suivant l’alphabet.

En fouillant un peu sur le Net, j’ai appris que la réalisatrice n’avait jamais lu les romans d’Agatha Christie et qu’elle était donc partie totalement vierge en ce qui concernait ce personnage. Au lieu de reproduire à l’identique ce qui avait déjà été fait 100 fois, elle a préféré mettre Hercule Poirot au centre de l’épisode et lui écrire un passé.

Un passé qui m’a fait tomber de haut… On aimera ou l’on criera à l’hérésie. Il est vrai que découvrir Poirot dans cette profession-là à de quoi déstabiliser (non, Ida, il n’est pas meneuse de revue au Moulin Rouge !!!).

Mon avis restera mitigé sur cette mini-série. Autant où j’ai apprécié les ambiances des années 30 qui montraient les Anglais dans leur xénophobie galopante (comme c’était déjà le cas durant l’ère victorienne), autant où j’ai apprécié les décors qui donnaient vraiment l’impression d’avoir voyagé dans le temps, autant où j’ai aimé les petits changements apporté à l’œuvre originale qu’est le roman, je reste bloquée sur Malkovich en Poirot.

Il ne saurait égaler David Suchet (qui pourrait ?), mais j’aurais mieux aimé que l’on fasse cette mini-série sans son personnage, avec un autre enquêteur, comme dans l’adaptation française. Malkovich ne m’a pas emballée en Poirot.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°17] et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°71].

Les Dernières heures : Minette Walters [LC avec Bianca]

Titre : Les Dernières heures

Auteur : Minette Walters
Édition : Pocket (28/04/2021) – 752 pages
Édition Originale : The Last Hours (2017)
Traduction : Odile Demange

Résumé :
Mois de juin de l’an 1348 : une épidémie monstrueuse s’abat sur le Dorset et décime peu à peu les habitants. Nobles et serfs meurent par milliers dans d’atroces souffrances.

Quand la pestilence frappe Develish, Lady Anne a l’audace de nommer un esclave comme régisseur. Ensemble, ils décident de mettre le domaine en quarantaine pour le protéger.

Bientôt, les stocks de vivres s’amenuisent et des tensions montent car l’isolement s’éternise. Les villageois craignent pour leur sécurité lorsqu’un événement terrible menace le fragile équilibre.

Les gens de Develish sont en vie, mais pour combien de temps encore ? Et que decouvriront-ils quand le temps sera venu pour eux de passer les douves ?

Critique :
♫ Confinés ♪ On était tout le monde confiné ♪ À voir nos existences s’arrêter ♪  À s’emmerder en se demandant pourquoi ♪ La peste est là ♪

♫ Confinés ♪ Inutile de fuir ou de lutter ♪ C’est écrit dans notre destinée ♪ Vous ne pourrez pas y échapper ♫ C’est gravé… ♪

♪ L’avenir ♪ Malgré nous est totalement plombé ♪ Tous nos désirs de liberté inespérés ♪ Limités, terminés ♫ (*)

Angleterre, 1348… La peste vient de faire une entrée remarquée, exterminant des populations entières dans des petits villages, n’épargnant ni les riches, ni les serfs.

Les conditions d’hygiène de l’époque étaient déplorables, puisque l’on vidait les pots de chambre dans des ruisseaux, sur le seuil de sa maison, que l’on déféquait dans les champs ou que l’on se soulageait là où l’on se trouvait.

Pourtant, à Develish, on est un peu plus propre qu’ailleurs, un peu plus intelligent aussi, plus éveillés, tout ça grâce aux conseils éclairés de Lady Anne. C’est d’ailleurs d’elle que va émaner l’ordre de se retrancher sur le domaine et de n’y laisser entrer quiconque.

Ça vous dirait un p’tit confinement de derrière les fagots ? De voir comment ça se déroule, lorsqu’on ne peut sortir du domaine où l’on s’est retranché ? Et qu’en 1348, Netflix n’existait pas, l’Internet non plus, la télé encore moins, la littérature était pauvre et réservée à ceux qui savaient lire (ils sont peu nombreux), pas de tuto sur You Tube pour apprendre la zumba, la guitare sans peine ou le macramé.

En 1348, pas question de se tourner les pouces, il faut consolider les murs, creuser des latrines, surveiller les réserves de bouffe parce que le supermarché du coin n’a pas encore été inventé. Faudra aussi occuper ses serfs, une fois que le boulot sera terminé et qu’ils ne pourront, aux champs, retourner.

Je ne suis pas exempte de reproches envers ce roman historique, notamment en ce qui concerne les personnages, un peu trop tranchés à mon goût, limite des caricatures, sans aucune nuances ou alors, quand ils en ont, c’est à la grosse louche, comme Thaddeus, le bâtard qui a appris à lire, qui est intelligent, beau mec, calme, pondéré, qui ne possède pas son cerveau dans sa queue et qui, parfois, alors qu’il est paré de toutes les vertus, réagit de manière bizarre, alors qui si un autre avait fait de même, il l’aurait raillé.

Lady Anne est une sainte femme, on la canoniserait bien de son vivant : elle est intelligente, elle sait lire, est instruite, rusée, subtile, est aimée de ses serfs, leur a inculqué des idées de libertés, est à deux doigts d’inventer le socialisme (le vrai) avant l’heure, a donné des conseils sexuels aux femmes et n’hésite pas à remettre en question les dictats de l’Église.

Or nous sommes en 1348, ne l’oublions pas. L’Église a la puissance de croiseurs de combats. Les messages de lady Anne sont beaux, porteurs d’espoir, elle est humaine, réfléchie, ce qu’elle dit est vérité, mais on plonge à fond dans la caricature non réaliste vu l’époque. Elle pourrait le penser mais le dire… Oups.

A contrario, sa fille, Eleanore, est aussi bête que méchante (mais sans faire rire, comme le ferait un Joe Dalton), stupide, bornée, débile, mauvaise foi comme ce n’est pas possible de l’être (Fillon en jupons et en pire). Sans doute a t-elle trop regardé des Disney, car elle se prend pour une grande princesse, la chérie de son papounet d’amour (un débile, crétin, aviné, concupiscent, la totale) et refuse d’ouvrir les yeux quand son monde s’écroule.

On pourrait la comprendre, les certitudes et les illusions qui s’envolent, ça fait mal. Devoir ouvrir les yeux sur son avenir, qui part en couilles, demande du courage, s’inventer un monde imaginaire et accuser les autres de tous les maux peut aider à passer des caps difficiles.

Le problème est que rien ne vient atténuer son portrait et qu’elle s’enfoncera de plus en plus dans ses mensonges, dans sa réalité tronquée, alternée, dans sa haine, son mépris des autres, ses contradictions, à tel point qu’être aussi stupide n’est pas réaliste (un peroxydé blond a fait de même et c’était trèèèès lourd) car c’est le grand écart entre les deux personnages et là, trop is te veel (trop c’est trop).

On a juste envie de balancer la fille dans les douves et ensuite, après repêchage, de la foutre dans les latrines remplies et de déféquer dessus. Il y a des baffes qui se perdent, parfois.

Autant la mère est parée de toutes les vertus (un Christ au féminin) autant sa fille est parée de toutes les tares de la terre et de tous ses défauts (sauf qu’elle est bêêêlle et qu’elle le sait).

Le rythme du roman n’est pas trépidant non plus, il prend le temps de se mettre en place, sans pour autant en profiter pour éclairer le lecteur sur le côté historique (ou si peu). Nous sommes en 1348, il y a la peste, la guerre de Cent Ans, l’auteure aurait pu ancrer un peu plus son récit dans l’Histoire, nous apporter des détails, mais là, c’est assez pauvre.

Si on prenait la tension du récit, on serait dans la chute de tension totale. Votre palpitant ne risque pas grand-chose durant votre lecture.

Le récit n’offrira guère de péripéties aux lecteurs, hormis quand certains iront nous la jouer « En balade », bien que ça ressemble plus à une escapade du Club des Cinq, version enfants gâtés et pleurnichards (pendant une épidémie de peste, d’accord), qu’autre chose. Quelques moments plus intenses que d’autres, mais pas de quoi vous donner de la tachycardie. Le suspense était parti en vacances, sans aucun doute.

Puisque j’en suis à rhabiller le roman pour l’hiver, j’ajouterai qu’il manquait d’émotions, n’ayant pas réussi à me faire vibrer avec son histoire de confinement (qui se passe presque mieux que celui imposé par nos gouvernants), d’épidémie de peste, ni avec ses différents personnages trop parés de toutes les vertus, opposés à d’autres parés de tous les défauts du monde. Ils étaient trop lisses, sans aspérités, sans rien pour équilibrer les portraits.

Avec Ken Follet ou Kate Moss, ça passe, mais ici, ça coince un peu aux emmanchures.

Pourtant, malgré cette volée de bois vert que je viens de lancer sur ce roman (qui en plus possède une suite, argh !!!), je l’ai avalé en deux jours, sans sauter de pages (juste quelques lignes quand je me faisais chier).

Non pas par pur masochisme, n’exagérons pas, c’est juste que je voulais savoir comment tout cela allait se terminer (j’en suis pour mes frais, la suite au prochain épisode), si, à un moment donné, la peste de Eleanore allait ouvrir les yeux et arrêter de répandre ses bubons fielleux sur tout le monde. Et parce que, malgré ma critique sévère, je ne me suis pas trop emmerdée en lisant ce roman… Paradoxe, quand tu nous tiens.

Un roman historique qui aurait pu être un roman noir, mais qui a loupé le coche, qui aurait pu apporter un peu plus de détails sur la vie dans l’Angleterre de 1348 et qui est passé à côté de sa mission, où la Guerre de Cent Ans n’est nullement mentionnée, un roman où les personnages auraient pu être plus équilibrés, moins fades, moins caricaturés à l’extrême, mais qui a failli à ce principe là aussi.

Un roman mettant en scène la peste noire sans que cette dernière soir l’héroïne du récit, où le confinement de toute une population dans l’enceinte du château semble plus facile que ce que nous avons vécu en mars 2020 (avec nos technologies pour nous divertir)…

Sans oublier un manque flagrant de rythme, d’émotions, l’impossibilité pour le récit de vraiment prendre son envol afin d’emporter son lecteur. Le plat avait l’air super mais au final, il manquait de corps (oups) et l’équilibre des goûts n’était pas là. Dommage.

Bianca, ma copinaute de LC, a pensé la même chose que moi de cette lecture (voyez sa chronique). Nous sommes déçues de concert. La pauvre a mis plus de temps que moi à en venir à bout. Ma motivation était que, une fois celui-ci terminé, j’allais pouvoir retourner à mon « Gengis Khan – Tome 03 » qui lui était addictif à fond.

(*) Parodie de la chanson « Destinée » de Guy Marchand (merci à lui, encore une fois, car je lui emprunte souvent sa chanson).

Lu l’édition Pocket faisant 725 pages.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°305], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°58], Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine et Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées.

Golden dogs – Tome 4 – Quatre : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden dogs – Tome 4 – Quatre

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
Aaaaah, j’allais enfin savoir, tout savoir sur la personne des Golden Dogs qui avait trahi les siens et piqué le pognon. Toutes les pistes étant ouvertes, cela pouvait être deux personnages différents qui avaient fait chacun une saloperie.

Alors que d’autres n’auraient plus eu confiance dans les membres du groupe, nos Dogs avaient remonté leur bande dans le tome 3 et ici, nous devions avoir la conclusion de ce fameux casse dont on nous avait parlé.

Le début est tonitruant, on revient à la flamboyance de nos Golden Dogs du début, c’est brillant, très brillant, même. Magnifique ! On apprend aussi le nom du personnage qui les a donné au juge, ce n’est pas vraiment un aveu, c’est dit du bout des lèvres.

Mais attend un peu, là ? Que ce personnage trahisse à ce moment-là, c’est compréhensible, cela sert le plan pour le casse et aide à faire tomber un ennemi dans le panneau, pour moi, ce n’est pas une trahison comme celle des premiers tomes. Était-ce la même personne aussi ?

Si oui, pourquoi ? Cela n’avait pas de sens que ce personnage trahisse les autres au début. Et puis, le vol du pognon, c’était cette même personne là aussi ? Là, je reste avec un goût de trop eu en bouche, sans compter que l’on ne sait pas vraiment pourquoi Lucrèce était logée chez cet autre personnage, sans être prisonnière. Quel était leur lien ? L’assassinat de l’épouse de celui-ci ? Vraiment ? Mystère.

Anybref, ça partait en fanfare, en feu d’artifice d’apothéose et à un moment donné, le soufflé est retombé, le récit a débandé et c’est parti en capilotade (pour rester polie et ne pas dire « parti en couilles »).

Il n’est pas facile de clore correctement une série, d’offrir un final digne de ce nom à ses lecteurs, mais là, ça sent le bâclé !

Orwood  recherchait éperdument l’esprit de sa bien-aimée morte, je n’ai rien contre, c’est son droit, mais quand il s’obstine à vouloir qu’elle fasse, tel Lazare, ressuscitant de sa tombe, je trouve que ça devient risible et cela gâche vraiment toute une partie de l’album alors qu’on aurait pu le consacrer à autre chose de plus pertinent.

C’est frustrée que je termine cette saga qui avait tout pour me plaire, qui avait bien commencé avant de perdre du poil de la bête dans le tome 2 et de remonter vaillamment dans le 3 avant de s’écraser au sol après un départ formidable de ce tome 4. Anybref, c’est bancal.

Il restera des questions sans réponses, des doutes et une fin d’album qui laisse la porte ouvert à d’autres aventures, même si cette série est terminée.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°297], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°50], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

L’or des fous – Tome 3 – Vaincre ou mourir : Jean-François Di Giorgio et Giancarlo Olivares

Titre : L’or des fous – Tome 3 – Vaincre ou mourir

Scénariste : Jean-François Di Giorgio
Dessinateur : Giancarlo Olivares

Édition : Soleil (07/09/2016)

Résumé :
Après avoir soumis dans le sang et dans l’horreur l’empire inca, Pizarro fonde Lima.

Le bâtard, analphabète, trépidant et ambitieux, se retrouve à la tête d’un territoire immense sur lequel il règne sans partage avec ses quatre frères.

Mais les rivalités et les haines auront, cependant raison, de son astre sans précédent…

Critique :
Bon, pour une fois, je vais la faire courte, très courte : dans ce dernier tome, la boucle est bouclée…

On revient aux faits qui se déroulaient dans le premier tome, à savoir l’attaque contre Pizarro et sa fuite.

Oui, la boucle est bouclée, mais sans jamais avoir réussi à m’esbaudir, à m’étonner, à me subjuguer.

Les dessins étaient très agréables, de bonne facture, les couleurs pareilles, mais le scénario manquait de corps, d’esprit, de profondeur.

Les auteurs m’ont raconté une histoire qui ne m’a jamais fait vibrer et pourtant, j’avais espoir qu’à un moment, après le premier tome, qu’ils redressent la barre et approfondissent les personnages, les situations, le scénario.

Ben non ! Bon, ben, tant pis alors…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°255], et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 46 pages et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Les irréguliers de Baker Street [SÉRIES] – Saison 1 (2020) – Par Dame Ida, envoyée spéciale victorienne

Synopsis :
Bienvenue dans le Londres du XIXe siècle, où les Irréguliers, un gang de jeunes marginaux, élucident des crimes surnaturels pour le compte du Dr Watson et de son mystérieux associé, Sherlock Holmes.

L’avis de Dame Ida : Bon… Ces irréguliers là n’ont rien à voir avec les 4 tout en s’en inspirant… Mais s’ils sont 4 c’est deux filles et deux garçons…. Dont une asiatique et un black.

On est bien dans cette manie actuelle de la parité et l’inclusivité des personnes racisées. Comme dans les Chroniques de Bridgerton où on te collait des zaristos racisés alors que ça ne correspond pas à la réalité de l’époque. Certes dans l’Est End, on pouvait avoir des personnes « non blanches »…

Mais… Tout de même… cette relecture de plus en plus fréquente de la représentation raciale qui altère la réalité historique m’irrite profondément. Je suis contre le racisme, et contre la faim dans le monde comme Miss France…

Mais pas trop d’accord pour qu’on nous fasse croire que les personnes racisées avaient tel ou tel statut qu’elles n’avaient certainement pas dans la réalité de l’époque de référence.

Je ne cautionne pas l’esclavagisme et la ségrégation, et aucune discrimination mais je ne cautionne pas non une réécriture faussée de l’histoire qui justement les efface sous prétexte d’égalitarisme et de visibilité des minorités.

Car en effaçant les réalités douloureuses de l’histoire, on efface aussi la réalité des souffrances que ces horreurs ont causé. Si on continue comme ça on va finir par voir des chevaliers musulmans autour de la table ronde et des juifs dans l’armée nazie !

N’oublions pas le rôle de la télévision et du cinéma sur l’éducation des foules. Beaucoup de jeunes qui n’écoutent que distraitement leurs cours d’histoire-géo et s’empressent de les oublier après le contrôle… découvrent l’histoire à travers ce que les films et les séries en présentent.

Ces films « en costumes », situées dans une époque clairement datée de l’histoire mais présentant un tissu social qui n’avait rien à voir avec celui de l’époque en question contribue à une opération de désinformation de la population et à entretenir celle-ci dans une méconnaissance de son histoire.

Or, comme disait l’autre (qui n’était pas psychanalyste mais un psychanalyste n’aurait pas dit mieux!)… Ignorer son histoire nous expose au risque de la répéter. Et nous présenter une histoire qui occulte les clivages raciaux et sociaux du passé au nom de la volonté louable d’offrir une visibilité des minorités, ne peut qu’entraîner une confusion dans les esprits des personnes les moins favorisées dans leur capacités à accéder aux réalités de la culture et de l’histoire.

Même Watson est black ou au moins métis!!! Je n’aurais rien eu contre si ça avait été dans une adaptation du XXe ou XXIe siècle… Mais pas pendant l’ère victorienne où les femmes des meilleurs milieux ne pouvaient même pas entrer à l’université.

Croyez vous qu’il y aurait eu des personnes de couleur assez riches pour faire des études à cette époque, et qu’on les ait autorisées à entrer à Oxford ou Cambridge dans une société de classe aux frontières hermétiques ???

Passons sur Mrs Hudson qui, ici, n’est pas la sympathique proprio du 221B mais une marchande de sommeil qui possède carrément tout le quartier et n’hésiterait pas à expulser ses mauvais payeurs.

Et évidemment, cerise sur le pompon, Baker Street  (à l’ouest de Londres et pas si loin que ça de Buckingham) est à un jet de pierre de la cathédrale St Paul et des fenêtres du 221B on voit les bouges ressemblant à ceux de l’est end !

Et à 38mn du début on a aperçu juste les pieds d’un Holmes allongé sur un divan avec bien évidemment une pipe à opium à ses pieds… Watson et Holmes (qui reste invisible) surpris en pleine scène de ménage (je vois gros comme une maison qu’au fil de la série on va jouer avec l’ambiguïté et laisser entendre qu’ils sont amants)…

Et une altesse royale, fils de la Victoria fait le mur pour aller copiner avec une fille de la bande… Ben voyons ! C’est vrai que les crasseuses en guenilles (et en pantalon !!! des filles en pantalons qui ne cachent pas leurs cheveux… normal à l’époque) c’est tout ce qu’il faut pour séduire un prince pressé de s’encanailler !

Bref, les puristes en seront pour leurs frais. Et c’est dommage parce que c’est pas si mal au niveau de l’histoire qui inclut des éléments fantastiques. ça aurait pu le faire.

Cette série aurait pu se trouver son propre style.. si elle n’avait pas accumulé tant de travers.

Bref cette série peut se regarder avec plaisir si on n’a pas lu les 4 de Baker Street… Et si on ne connaît rien à la géographie londonienne… si on ne tient pas trop au respect du canon notamment concernant les personnages de Holmes, Watson et Mrs Hudson !!!

Et si on n’est pas allergique avec la mode sévissant actuellement dans les séries consistant à nier les réalités historiques des clivages raciaux et sociaux de l’époque où l’on situe l’action pour sacrifier à une volonté de visibilité des minorités racisées, certes compréhensible mais historiquement trompeuse.

Ne négligeons pas l’impact des fictions grand public sur la culture générale des masses qu’on peut ici plonger dans la confusion sous prétexte de les rendre plus tolérantes et ouvertes aux diversités.

Dénoncer les clivages en démontrant leur cruauté et leur arbitraire me semblerait tout aussi efficace et plus proche de la réalité.

Ce sont évidemment là des conditions que je ne remplis pas et j’avoue que ça pèse lourdement dans mon appréciation alors que la série a pourtant de bons côtés et ses points d’originalité qui permet de ne pas trop y voir un plagiat de notre bédé préférée.

PS : Cannibal Lecteur est un peu moins chaude pour regarder cette série qui n’est historiquement pas réaliste. L’élément fantastique ne me dérange pas, mais restons dans les réalités historiques au moins…

Ce que la presse en pense : pas que du bien…

Un journaliste du Hollywood Reporter qualifie de “création calibrée pour l’algorithme Netflix : une série apparemment produite ou acquise non pas tant parce qu’elle est fondée sur un concept fort, mais parce qu’à l’évidence on peut la faire entrer dans toutes les catégories de la plateforme”. (Le courrier International)

Une série en huit longs chapitres, plongeant dans un Londres victorien fantasmé grâce à des intrigues fantastiques aussi nombreuses que bancales.

À part son nom très évocateur, repris effrontément au canon holmésien, certainement dans l’unique but d’attirer quelques clics rémunérateurs, il n’y a que de maigres points d’accroche qui rapprochent réellement les enquêtes des Irréguliers de Baker Street à celle de Sherlock et de son cher Watson.

En fait, outre les noms de deux fameux lurons enquêteurs, de Mycroft (évacué de l’intrigue aussi rapidement qu’il y avait été intégré) et du 221 B Baker Street, il ne reste à peu près rien de l’œuvre bien connue d’Arthur Conan Doyle.

De la vivacité d’esprit agaçante du célèbre détective, ne subsiste plus qu’un esprit fumeux, endormi par les vapeurs des drogues ingurgitées à longueur de journée pour oublier son amour perdu, disparu dans un portail interdimensionel lors d’une enquête foireuse, son auto-flagellation légendaire née d’avoir abandonné ses filles (adoptive et naturelle), ainsi qu’une queue de cheval, dans les flashbacks, une tête rasée et quelques tatouages dignes des meilleurs punks à chien.

Après moult teasing étouffe-chrétien, on en viendrait presque à regretter les premiers épisodes, certes dénués de Sherlock, mais n’abîmant pas son image au point d’en faire ce chien rampant sans cervelle. […]

Le résultat, ce sont malheureusement des dialogues d’une pauvreté à pleureur, des interactions et physiques entre les personnages incompréhensibles de fausseté et des interprétations qui ne font pas dans la demi-mesure. Difficile de ne pas décrocher de la série dans ces conditions.

Les Irréguliers de Baker Street est un pur produit Netflix : une série qui manque de logique, de vision, d’originalité et de talent, qui met à mal un des personnages les plus connus de la pop culture et qui restera en mémoire pour la laideur de certains choix. (Écran Large)

Sherlock Holmes et le mystère des reliques de Saint-Martin de Tours : Jean-Noël Delétang

Titre : Sherlock Holmes et le mystère des reliques de Saint-Martin de Tours

Auteur : Jean-Noël Delétang
Édition : La geste (01/10/2020)

Résumé :
Savez-vous que Sherlock Holmes a séjourné en Touraine en 1902, accompagnant son fidèle ami le docteur Watson venu régler une question d’héritage ?

Le plus célèbre des enquêteurs se retrouve mêlé bien malgré lui à une enquête face au commissaire Courtel…

Trafic de reliques, mort suspecte du sacristain de Saint-Martin sur le chantier de la nouvelle basilique, fin tragique de Fritz l’éléphant…

Que de faits étranges et sombres qui vont mettre à rude épreuve les talents de Holmes !

Substituant pour l’occasion le vouvray au whisky et la PJ à Scotland Yard, l’auteur nous entraîne à Tours, au début du XXe siècle et rend hommage, avec ce pastiche, au prodigieux créateur que fut Sir Arthur Conan Doyle.

Critique :
Tout le monde l’a chanté sur tous les toits et sur tous les tons : à mort les 4ème de couverture qui résument tout un livre, qui déflorent l’affaire, qui sont trop bavards, qui en disent trop (les pires ceux qui promettent trop, mais ici, ce n’est pas le cas)…

Merde alors, où est le plaisir de découvrir les faits si on nous dit tout dès le départ ?

Oui, je sais, on ne devrait pas les lire avant de commencer le roman, mais bon, j’aime quand même savoir, avant d’acheter un livre, s’il va m’intéresser.

Le gros de l’affaire était défloré, je commence ma lecture avant de piler net devant un truc qui m’a fait penser que l’abus du café portait à conséquence sur la lecture : Watson, arrivant au 221b, dis, en entrant « C’est moi, Charles ! ».

CHARLES ????? Bordel de nom d’une pipe, pourquoi lui changer son prénom ? Son père littéraire lui a donné celui de John, même si sa femme, un jour, le prénomma James (Conan Doyle avait envie de donner matière à réflexion aux futurs holmésiens). Pourquoi en faire un Charles tout au long du roman ????

Un pastiche, c’est raconter une histoire à la manière de, mais de là à changer le prénom alors que notre docteur ne doit pas faire une infiltration de gang, je n’en vois pas la raison.

Plus loin, j’ai frôlé l’apoplexie avec nos deux amis qui s’interpellent par leurs prénoms… Et viens-y que je te donne du Sherlock et du… Charles (argh). Pardon, je ne m’y fait pas du tout à ce nouveau prénom !

Nous sommes en 1902, les Anglais ont peut-être décoincé le balai brosse mais nos deux personnages sont des vieux de vieille, pas des djeun’s de 20 ans et c’est limite de l’hérésie de les faire utiliser leurs prénoms au lieu des traditionnels Holmes ou Watson. Sous coup d’une émotion forte, je dirais « ok », mais là, non !

Watson a de la famille en France, bon, c’est nouveau, mais dans un pastiche, on peut ajouter des faits, des choses… Là, je ne dis rien. Que Watson connaisse le français parce qu’il a passé ses vacances à Tours, pas de soucis.

Là où le bât blesse à mort, c’est quand Holmes nous apprend que pour le français, il n’a que le niveau scolaire et que Watson va devoir l’aider… ARGH ! Et sa grand-mère française, elle pue ? Watson a toujours dit que le français de Holmes était excellent et le voici qui perd sa langue…

Ce roman policier, c’est Top Chef à Tours ! Que le commissaire Montalbano nous fasse profiter de la gastronomie sicilienne, c’est habituel, mais que dans une aventure de Holmes, on ait droit à la description des petits-dej, des dîners, des soupers (oui, je le dis à la Belge) et que pendant son enquête, Holmes pense à manger et à avoir un bon coup de fourchette, ça passe plus difficilement.

Si on ne devait garder que les pages de l’enquête, il ne nous resterait que la taille d’une nouvelle holmésienne. Mais bon, ce n’est pas avec cette enquête qu’il va se fouler les cellules grises. Même le lecteur sait déjà quels trafics se passent dans la ville de Tours et si Holmes a lu le 4ème de couverture…

Autre bizarrerie dans ce roman, c’est qu’en 1902, madame Watson soit toujours vivante alors que dans le canon holmésien, on ne parle plus d’elle après le hiatus de Holmes (1891-1894). De l’avis général, madame Watson est morte entre 1891 et 1894. Bon, c’est un choix de l’auteur, il me dérange moins que les autres, mais doit être souligné.

Mais le pire, dans ce roman, c’est que l’on se retrouve avec un Sherlock Holmes sympathique au possible ! Nous sommes loin du détective qui pouvait être imbuvable dans le canon holmésien, ou même dans la série de la BBC, même celle de la Granada. Eux ont respecté le personnage et son caractère bien à lui.

C’est un Holmes sans relief que j’ai suivi, fadasse, sans épices. Il est le reflet de ce que l’auteur a voulu faire, de tel qu’il l’imagine dans sa tête (et c’est son droit), mais le présenter de la sorte, c’est un parti pris énorme et qui ne paye pas car si le plat présenté est inhabituel, il est aussi sans saveur et trop doux pour le palais des fans du détective. Ça manquait de goût !

Son Sherlock Holmes n’est pas celui que j’apprécie depuis plus de 30 ans, qui m’a fait découvrir mon premier vrai roman policier (autre que Le Club des Cinq). Si Conan Doyla l’avait présenté ainsi, pas sûr qu’il aurait du succès.

Ici, nous sommes face à une sorte de commissaire Montalbano anglais, buvant (avec modération) et faisant bonne chère à tous les repas, bref, c’est un costume qui ne lui sied guère car il lui manque la verve du sicilien et son caractère un peu rêche.

Lisez ce roman comme un mémoire à la gastronomie tourangelle, à son architecture, à son Histoire, mais pas comme un pastiche holmésien, ni même comme une enquête qui va vous décoiffer !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°205] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°31].