Batman – The Dark Knight Returns : Frank Miller et Klaus Janson

Titre : Batman – The Dark Knight Returns

Scénariste : Frank Miller
Dessinateur : Klaus Janson

Édition : Urban Comics (2022)

Résumé :
Des années après avoir pris une retraite forcée, Bruce Wayne est devenu un quinquagénaire aigri et porté sur l’alcool. Mais la plongée de Gotham City dans le crime et le désespoir va le pousser à redevenir le justicier Batman. Traqué par la police et le gouvernement, le Chevalier Noir va mener sa dernière horde sauvage.

Critique :
Puisque la collection « Le meilleur de Batman », proposant les 10 meilleurs albums, permet de découvrir, à petit prix, l’univers de la chauve-souris, je ne me suis pas privée de m’offrir celui-ci.

Bardaf, mauvaise pioche pour ma pomme. Déjà, les dessins ne m’ont pas emballés du tout, pire, je les ai détesté (certains sont laids), ainsi que les couleurs pastelles.

Mais bon, le scénario était le plus important, n’est-ce pas ? Oui, mais entre lui et moi, cela n’a pas matché non plus.

Dans cet album, on découvre un Bruce Wayne qui a vieilli, aigri, rouillé, alcoolo, se lamentant et n’ayant plus enfilé le costume depuis 10 ans. À ce niveau-là, le home pour petits vieux n’est plus très loin (on dit EPAHD chez vous ou « demi biscuit et crève la dalle » pour ceux qui y sont).

Ah ça, pour admirer le côté obscur de Batman, on est servi ! Dark Vador en ferait une crise de jalousie ! Notre justicier est à la fois juge, juré, procureur et bourreau des vilains méchants de Gotham, ce qui hérisse le poil de certains bien pensants.

D’accord, ce faire justice soi-même n’est pas bien, c’est la porte ouverte aux erreurs, mais dans le cas de Batman, il corrige les méchants qui viennent de braquer une banque ou les mutants qui font monter les taux de criminalité de la ville.

Puisque les flics sont impuissants, moi, je ne suis pas contre un justicier qui fasse leur job (oui, je sais, ce n’est pas bien !). La mise en scène de talk-show où les gens débattent sur le justicier masqué donne une bonne impression de la pensée de l’Amérique au sujet des justiciers.

Pas si rouillé que ça, le Batman, tout compte fait, malgré une inactivité de 10 ans. Par contre, le scénario ne m’a pas emballé non plus et j’ai lu ce comics sans plaisir aucun. Et je vous jure qu’il y avait de la lecture, le scénariste n’a pas été avare de paroles.

Sans doute était-ce un récit trop emblématique pour que je le lise aussi vite, alors que j’ai commencé à découvrir, il y a peu, non seulement les comics, mais surtout Batman.

Tant pis pour moi, j’aurai essayé au moins, mais entre cet album de Batman et moi, la rencontre n’a jamais eu lieu et je vais m’empresser de le ranger dans ma biblio. Un jour, peut-être, plus tard, je saurai l’apprécier (ou pas).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°43] et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Autre couverture chez Delcourt (Batman – Dark Knight – Édition intégrale)

 

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Horseback – 01 – 1861 : Hasteda et Nikho

Titre : Horseback 01 – 1861

Scénariste : Hasteda
Dessinateur : Nikho

Édition : Ankama – Label 619 (11/09/2020)

Résumé :
États unifiés d’Amérique, 1861. Après le Texas et l’Oklahoma, c’est le Kansas qui devient le 34e État de l’Union. Après une décennie de Guerres indiennes, l’assassinat d’Abraham Lincoln, la réélection houleuse du Président Richard L. Clarks et sa politique d’expansion agressive, le spectre d’un conflit fratricide n’a jamais été aussi présent.

L’opposition naturelle entre les États Nordistes et Sudistes semble s’être déplacée. C’est l’Union entière qui s’apprête à envahir les territoires de l’Ouest.

Dans le tumulte ambiant, une société de convoyage tire avantage des difficultés de liaison entre les deux blocs. Non loin de Topeka, la capitale du Kansas, la Randall Delivery s’est installée dans le fort abandonné de Hill Haven. Redford J. Randall, son propriétaire, ancien chasseur de primes renommé mais retraité, va accepter un contrat qui risque de changer le destin du pays tout entier.

C’est toute son équipe qui se retrouve empêtrée dans une sordide affaire de génocide indien…

Critique :
Le western, c’est mon péché mignon, alors, lorsque je tombe sur une bédé du genre, avec une couverture agressive et un titre accrocheur, moi, j’ai du mal à résister.

Première nouvelle, lorsque j’ouvre la bédé, c’est que nous sommes dans une uchronie : la guerre de sécession a été évitée, quant aux Indiens, ils ont fait front commun (syndical?) et se retrouvent en guerre contre les colons.

Première impression : putain, les dessins, beurk ! Ok, je simplifie à outrance, mais sérieusement, WTF ? Les traits des visages sont grossiers, fort peu détaillés, et dans certains cases où l’action sera omniprésente, j’aurai même du mal à reconnaître les personnages, à savoir qui se fait tirer dessus, qui s’est fait descendre de l’équipe de Randall.

Leq chevaux sont moches, les harnachements ne ressemblent à rien, que ce soit pour les chevaux montés ou les attelés (là, on dépasse toutes les bêtises du monde, aucun cheval ne saura tirer un chariot harnaché de la sorte).

Les couleurs, c’est encore pire, elles sont moches, tirent sur tous les tons, sont criardes et pas vraiment un plaisir visuel.

Le scénario est un peu brouillon, mais au moins, j’ai réussi à comprendre qu’il y avait une grosse embrouille dans le chargement que notre bande hétéroclite doit convoyer. Comment la bande s’est rencontrée, nous le saurons durant un interlude, le tout sous forme de texte, comme dans un roman.

Le final n’est pas si mal que ça, il y a de l’action, des magouilles, du gore, de la bonne vieille vilenie humaine et cette envie de massacrer les gens qui dérangent, qui gênent, bref, de faire un petit génocide.

Heureusement que de temps en temps, les méchants se font fracasser la gueule…

Pas une bédé qui me marquera l’esprit, hormis pour ses dessins que je n’ai pas aimé (et mes yeux encore moins) !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°37], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

The Seven Deadly Sins : Tze Chun et Artyom Trakhanov

Titre : The Seven Deadly Sins

Scénariste : Tze Chun
Dessinateur : Artyom Trakhanov

Édition : Panini Comics – Best of Fusion Comics (2021)
Édition Originale : The Seven Deadly Sins (2018)
Traduction : Laurence Belingard

Résumé :
Sept péchés mortels, une seule mission (qui est mortelle également !). Au Texas en 1857, des criminels condamnés à mort sont recrutés par un prêtre pour une mission suicide en territoire Comanche.

Ce groupe hétéroclite est emmené par un hors-la-loi au passé sanglant, dans une aventure digne des plus grands Westerns.

« Un Western classique dans son déroulé mais aux personnages originaux et à la partie graphique pleine de feu ! » – ComicStories

Après Sentient et la science-fiction, Sara et le film de guerre, voici 7 Deadly Sins qui explore l’univers Western de façon résolument moderne, avec des dessins signés Artyom Trakhanov.

Critique :
Ma première impression n’a pas été bonne en ouvrant cette bédé : les dessins étaient horribles !

Les traits sont assez carrés et les chevaux possèdent une musculature exagérée. Les couleurs étaient dans des tons criards. Bref, pas ma tasse de thé.

Si les dessins sont importants dans une bédé, le scénario l’est tout autant…

En résumé, un padre engage 7 criminels pour traverser le territoire Comanche, dans le but d’arrêter les massacres que fait Nuage Noir, suite à ce qu’on lui a fait comme merdes dans le passé. Ce voyage est pour les 8 personnes une sorte de rédemption, tous étant représenté par un péché capital.

Hélas, si pour certains, le péché est bien représenté (la luxure qui était en fait de la pédophilie et la gourmandise qui était du cannibalisme), pour d’autres, on se pose des questions.

De plus, le passé de certains personnages est plus détaillé que celui des autres, notamment celui de la femme, Malene et Jericho Marsh.

Ultra violent, ce western ne fait pas dans les concessions. La vengeance est un plat qui se savoure aussi bien froid que chaud et le sang va couler.

Le final est apocalyptique, assez rapide et s’il m’a fait plaisir, tout le reste m’a laissé un peu dubitative.

Bref, à oublier dans mon cas.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°35], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Absolution par le Meurtre – Soeur Fidelma 01 : Peter Tremayne [Par Dame Ida, Pseudo-Historienne à seize heures]

Titre : Absolution par le Meurtre – Soeur Fidelma 01

Auteur : Peter Tremayne
Édition : 10/18 Grands détectives (2004 / 2011)
Édition Originale : Absolution by Murder
Traduction : Cécile Leclère

Résumé :
En l’an de grâce 664, tandis que les membres du haut clergé débattent en l’abbaye de Streoneshalh des mérites opposés des Églises romaine et celtique, les esprits s’échauffent.

C’est dans ce climat menaçant qu’une abbesse irlandaise est retrouvée assassinée.

Amie de la victime sœur Fidelma de Kildare va mettre tout sur talent et son obstination à débusquer le coupable. Jeune femme libre et volontaire, Fidelma n’est pas une religieuse tout à fait comme les autres…

Avocate irlandaise célèbre dans tous les royaumes saxons, elle sillonne l’Europe pour résoudre les énigmes les plus obscures en compagnie du moine Eadulf.

Dans cette première enquête, leur collaboration sera mise à rude épreuve tandis que les meurtres se multiplient à l’abbaye.

L’avis de Dame Ida :
Absolution par le Meurtre est un roman policier historique dont le personnage principal deviendra un personnage récurrent repris par l’auteur.

Sœur Fidelma de Kildare, éminente juriste de son époque est en outre douée d’un véritable talent pour résoudre les énigmes ; talent qui sera mis à l’œuvre pour retrouver l’assassin de l’Abbesse Etain trouvée assassinée au moment où débute une rencontre entre les différents courants du christianisme se développant sur les îles de ce qui deviendra plus tard le Royaume Uni.

Et oui, nous sommes au VIIe siècle. Le Royaume-Uni est loin d’être unifié, que ce soit d’un point de vue politique comme du point de vue religieux.

Il est composé d’une infinité de petits royaumes de cultures différentes et où le statut de la femme varie de manière étonnante, et le catholicisme romain est encore loin d’avoir la main mise sur le pays évangélisé par Saint Colomban (ou Colombus en latin), dont la légende veut qu’il soit le premier témoin des apparitions du monstre du Loch Ness… En effet, des églises locales se réclament de l’enseignement de ce saint qui différerait de celui de Rome.

Nous découvrons que si certains moines ou ascètes ont fait le choix de suivre la recommandation de Saint Paul et de rester célibataires et chastes, il ne s’agit pas encore d’une obligation pour les religieux qui peuvent vivre en couvant mixtes, et où les prêtres et les évêques peuvent se marier. Mais évidemment…

Être évêque ou abbesse à la tête d’une riche et influente communauté reste tout de même un privilège des personnes issues de la caste aristocratique.

Note de Dame Ida : En réalité l’obligation du célibat dans le clergé ne se mettra en place qu’entre le XIe et le XIIe siècle… Pour des questions économiques : le Vatican ne voulant pas entretenir les veuves et orphelins laissés par les prêtres, et au passage, rester le seul héritier de ce qu’ils laissaient. Et le mariage ne deviendra un sacrement de l’Eglise Catholique au XIIe siècle également !

Anybref, ce roman comportait un grand nombre d’ingrédients pour me faire kiffer grave la race de ma mémère :

De l’histoire et qui plus est de l’histoire religieuse (on ne se remet pas comme ça d’avoir été première en catéchisme en étant petite), des meurtres, une enquête… Un peu d’amour… Un contexte faisant évidemment penser, peut-être un peu trop, au fabuleux roman d’Umberto Ecco, le « Nom de la Rose »…

Ou aux enquêtes d’un autre moine anglais, Frère Athelstan, célèbre sur ce blog… Et qui pourrait être son grand frère spirituel pour ne pas dire son inspirateur (il est apparu en 1991 et elle en 2004), bien qu’il ait vécu cinq siècles plus tard.

Mais la magie n’a pas opéré sur moi malgré mes attentes.

Pourquoi ? Ah… Oui bonne question… Il faut que je me la pose, que j’analyse et que j’argumente.

Le haut moyen âge anglais est une période que je ne connaissais pas du tout. Aussi, bien que curieuse, je me suis retrouvée totalement perdue car sans références. Je devais compter intégralement sur l’auteur pour me guider. Pourquoi pas ? Après tout je ne demandais qu’à apprendre !

Mais voilà… Le roman est plutôt court. Beaucoup trop court en comparaison à son ambition de nous faire découvrir la face cachée de la lune. D’autant que le haut moyen âge anglais est une période éminemment complexe sur le plan religieux et politique, le pays étant divisé en de multiples petits royaumes plus ou moins antagonistes en fonction des périodes et ayant chacun leurs mœurs et où le paganisme cohabite encore avec le christianisme.

Entre les Saxons, les Pictes, les Irlandais, les celtes, les habitants des « Angles », et j’en oublie… Cela fait énormément d’informations à enregistrer et à intégrer.

Or quand elles tombent toutes en même temps comme une avalanche dès les premières dizaines pages (mention spéciale pour le passage où Fidelma se fait présenter TOUS les personnages forts nombreux présents pour le débat théologique qui s’annonce), un cerveau moyen est vite saturé.

L’auteur semble oublier ici, dans sa hâte de nous en dire le plus possible en un minimum de temps, que le lecteur n’est pas nécessairement historien et n’aborde pas son roman comme un livre de référence historique.

Et oui, le lecteur moyen qui ouvre un roman est d’abord là pour se distraire, même s’il n’est pas allergique quant à la perspective d’apprendre des choses.

Tout est question de dosage et d’équilibre dans un roman historique, et là pour un roman de moins de deux cents pages, allier action et une période aussi complexe de l’histoire relevait de la gageure.

Outre l’avalanche de données historiques, celles-ci étaient souvent amenées avec maladresse. Quand on rajoute tout un tas d’explications historiques dans les dialogues, ça peut rapidement avoir un aspect très artificiel soulignant que ledit dialogue n’a pas pour fonction de faire progresser l’action, mais de déployer les éléments culturels de contexte.

C’est un défaut que je repère assez souvent dans les premières pages de certains romans où les premiers dialogues sont là pour planter le décor, mais cherchent à en dire trop pour que cela puisse garder l’aspect d’un vrai dialogue naturel.

Cette maladresse est sans conteste liée à la petite taille du roman, et à certains moments les explications académiques qui nous sont exposées viennent briser le rythme de l’action et créer des longueurs m’amenant à me demander quelle place il restera à la résolution de l’intrigue.

Toutes ces informations auraient nécessité d’être davantage délayées dans l’action, de manière subtile pour ne pas assommer le lecteur. Mais pour ce faire, il aurait alors fallu que le roman soit plus long. Je doute que le « Nom de la Rose » ait été aussi plaisant à lire s’il avait été plus court.

En outre, que de personnages ! Ils sont fort nombreux ! Et si on ajoute toutes les informations historiques, religieuses, aux nombre de personnages à mémoriser là, c’est vraiment trop pour une mémoire déjà saturée.

D’autant que tous ces personnages ont des noms au sonorités barbares, exotiques ou originales, bien éloignées de nos habitudes, ce qui rend la mémorisation encore plus compliquée. Parfois j’étais complètement perdue et j’avais l’impression de lire un ouvrage de fantasy de l’ère hyperboréenne !

Et je passe sur les liens d’alliances, d’inimitiés ou familiaux complexes (les familles recomposées n’ont pas attendu le XXe siècle pour apparaître en Occident !!!) entre tous ces personnages qui sont évidemment à assimiler si l’on veut pouvoir comprendre les éventuels mobiles du meurtrier.

Effectivement, un meurtre a toujours un mobile… et débusquer tous les motifs pour lesquels on aurait pu vouloir la mort des victimes, et les liens possibles entre ces mobiles, c’est une nécessité incontournable de l’enquête.

Aussi le lecteur doit alors essayer de tous enregistrer… ou y renoncer et donc… renoncer à participer à l’enquête en essayant de devancer la sagacité de l’héroïne. Il est pourtant là le plaisir de la plupart des lecteurs de polars, non ?

Quand tout cela vous tombe sur la tronche en quelques dizaines de pages c’est tout de même beaucoup et une telle densité n’est pas forcément très heureuse.

Moi, ça m’a réduite d’emblée à une position passive et de renoncement à tout comprendre ou à essayer de mener l’enquête aux côtés de Fidelma. Je l’ai suivie passivement… En spectatrice peu certaine de comprendre ce qu’elle lisait. C’est une posture qui m’a été assez peu agréable, peu stimulante. Et comme j’ai tendance à m’endormir facilement quand je lis, j’avoue avoir régulièrement piqué du nez.

Par ailleurs, je suis parfois assez perplexe avec certaines approximations utilisées par les auteurs ou les traducteurs quand les romans sur fond historique.

La vulgarisation auprès du grand public encourage assez ce phénomène qui m’avait heurtée il y a quelques années quand dans un livre de Christian Jacq sur l’époque pharaonique j’ai lu qu’il faisait « prendre leur douche » à ses personnages là où un bain ou une toilette aurait été plus compréhensibles, ou faisait intervenir une « gynécologue » là où un médecin ou une sage-femme aurait été moins anachroniques.

Là, je ne sais trop quoi penser de la fonction « d’avocate » attribuée à Sœur Fidelma. Le mot « lawyer » en anglais peut se traduire de différentes manières, et dans le cas présent, le terme de « juriste » m’eut paru plus indiqué car le mot « avocat » peut nous renvoyer à des représentations très différentes de ce à quoi peut correspondre le parcours de Fidelma dans son contexte historique particulier.

La profession d’avocat ne s’est développée sous la forme que nous lui connaissons en France qu’aux alentours du XIIIe siècle… Peut-être existaient ils ailleurs avant ? Mais certainement pas tout à fait comme nous les voyons aujourd’hui.

Et quand on nous parlera du « divorce » d’un roi chrétien, on pourra être interloqués si nous restons sur l’idée que l’Eglise ne reconnaît pas le divorce. Le terme de « répudiation » (séparation demandée par le mari, et validé par les autorités) n’aurait-il pas été plus judicieux que le divorce (prononcé par une autorité tierce, extérieure au couple) ?

Alors oui, quand on sait qu’alors le mariage n’était pas encore un sacrement chrétien à l’époque, mais un simple arrangement financier entre familles, peut être comprend-on mieux… Mais ça n’est pas expliqué.

En fait tout au long du roman j’aurais l’impression que l’auteur soit va trop loin dans ses explications (trop lourdes ou maladroites au moment où il les donne), ou alors qu’il n’en donne pas assez pour que je puisse comprendre clairement de quoi il parle.

Sans oublier les mots moyenâgeux en langues anciennes locales, liés aux fonctions ou statuts parfois non expliqué, ou insuffisamment expliqués…

Je ne saurai trop à qui attribuer ces approximations (à l’auteur ? à la traductrice ?), mais quoi qu’il en soit, le résultat est que j’imagine que d’autres approximations ont pu m’échapper étant donné que je ne connais rien à cette époque particulière, et que je peux avoir été induite en erreur dans les subtilités de ce qui me sera expliqué sur le contexte historique.

De fait, je ne suis pas sûre de ce que je croirai avoir appris de ma lecture et n’en serait pas franchement satisfaite pour l’édification de ma culture générale. Et ça c’est un peu décevant.

L’intrigue est honorable mais n’a pu que souffrir dans son développement des défauts inhérents au trop faible nombre de pages et au déséquilibre entre son traitement et la présentation du contexte historique.

En outre, je me demande même si l’héroïne est si sympathique que cela. Elle est parfois un brin pète-sec et limite imbue d’elle-même face à certains personnages à qui elle va reprocher la même chose.

Comme elle a beaucoup investi le champ du savoir, la question de savoir qui a le plus grand savoir va revenir sur le tapis à chaque rencontre décisive et j’ai trouvé ça limite pénible. Je sais que c’est dur d’être reconnue en tant que femme de tête et encore plus à cette époque…

Mais les concours de quéquettes qui m’ennuient déjà quand ils opposent des hommes, me navrent carrément quand ils impliquent aussi des femmes qui acceptent de s’approprier les défauts des hommes. Mais l’auteur étant un homme, il a peut-être oublié que les femmes et qui plus est quand elles sont instruites, évitent de se vautrer dans leurs travers ?

Bon elle n’a pas que des mauvais côtés évidemment, mais en même temps l’auteur la rend tellement surhumaine que forcément ça n’en est pas totalement crédible parce que… je me sens jalouse.

Ce livre est la première aventure de Sœur Fidelma. Peut-être ne s’agit-il que d’un tour de chauffe et que l’auteur a pu poursuivre son œuvre en s’appesantissant moins sur le contexte ou du moins en équilibrant mieux l’intégration des éléments historiques au développement de l’intrigue ?

Anybref, avant de mettre ma note, je rappelle que celle-ci n’est jamais représentative que du plaisir que j’ai pu prendre (ou pas) à lire un livre, ce qui signifie que quelqu’un d’autre pourrait tout à fait avoir envie de donner une autre note que la mienne en fonction du plaisir qu’il ou elle aura pu y trouver.

Ne vous arrêtez pas à mon avis si le sujet peut vous intéresser. Au contraire, lisez le livre et venez me dire en quoi vous seriez d’accord ou non avec moi.

Mais moi vous l’aurez bien compris… je n’ai pas eu ici le plaisir escompté en me lançant dans cette lecture.

 

Ce qui vient après : JoAnne Tompkins

Titre : Ce qui vient après

Auteur : JoAnne Tompkins
Édition : Gallmeister (03/03/2022) – 576 pages
Édition Originale : What comes after (2021)
Traduction : Sophie Aslanides

Résumé :
Dans l’État brumeux de Washington, Isaac traverse seul le deuil de son fils adolescent, Daniel, assassiné par son meilleur ami Jonah. Ce dernier se suicide et le monde de sa mère Lorrie s’effondre à son tour.

Il n’y a aucune explication à ce drame. Isaac et Lorrie, autrefois amis, s’évitent telles des ombres séparées par leurs pertes incommensurables. Jusqu’à l’apparition soudaine d’une sans-abri de seize ans, enceinte.

Recueillie par Isaac, accompagnée par Lorrie, Evangeline devient un rai de lumière dans leur vie.

Mais une révélation éclate : la jeune fille avait croisé le chemin des garçons la semaine du meurtre. Tous trois devront confronter leurs souvenirs douloureux. Car comprendre le passé est leur seule chance de pouvoir se tourner vers l’avenir.

Critique :
Ce qui vient après la mort, c’est le deuil, mais avant de le commencer, il y a souvent des tas de questions que l’on se pose et dont personne n’a les réponses, ce qui vous plombe de l’intérieur.

Dans ce cas-ci, c’est Isaac, un père qui a perdu son fils Daniel, tué par Jonah, son meilleur ami, sans que l’on sache pourquoi, puisque quelques jours après le meurtre, ce dernier se donne la mort. La mère du meurtrier, Lorrie est la voisine d’Isaac…

Qu’est-ce qui peut venir après un tel drame ? C’est peut-être d’Evangeline, une jeune fille paumée qui a croisé la route des deux garçons, que les réponses viendront.

Si ce roman était Corse, je le qualifierait de polyphonique, mais c’est un roman, il sera donc choral puisque les différents points de vue des personnages principaux viendront nous éclairer, petit à petit, sur le drame et son origine.

Ce qui construira peu à peu les personnages principaux, nous les montrant sous d’autres éclairages, nous donnant des personnages finement décrit.

Hélas, il m’a parfois plusieurs lignes avant de comprendre quel personnage avait pris la parole, ce qui m’a déstabilisé durant plusieurs chapitres, ne sachant jamais trop qui parlait avant d’avoir confirmation d’une identité.

Si le style d’écriture est simple, sans être simpliste, j’ai trouvé, pour ma part, que le récit général était assez lourd. Oui, le processus de deuil est long et lent, je le sais pertinemment bien, mais dans le cas du roman, avec 100 pages de moins, on aurait obtenu une histoire plus ramassée, plus fluide et bien plus intéressante.

Gallmeister est une maison d’édition que j’adore, j’ai rarement des déceptions littéraires avec elle, et pourtant, de temps en temps, ça arrive. Comme si j’étais restée en surface, sans jamais vraiment entrer dans ce récit.

Un peu comme Isaac, Evangeline et Lorie qui ont évolués sous mes yeux durant 576 pages, en surface, eux aussi, comme si leur interactions étaient fausses, mal jouées. Comme si tout le récit tournait en rond, tel un chien après sa queue.

Voilà, c’est une lecture foirée dans les grandes lignes. Aucun des personnages n’est arrivé à me toucher, si ce n’est Jonah, l’assassin, justement. Et Rufus aussi, mais lui, c’est un chien.

Une fois de plus, je suis à contre-courant des autres critiques Babelio. C’est en modérant des citriques sur Livraddict que j’étais tombée sur la chroniques coup de coeur d’une blogueuse et que j’avais eu envie de le lire.

Tous les avis sont dans la littérature, ne tenez pas trop compte du mien, vous pourriez aimer ce roman, comme la majorité sur Babelio. Pour moi, ce récit manquait d’émotions, de profondeur, de dynamisme et était un peu trop sirupeux à certains moments, même si ça fait du bien dans ce monde de brutes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°14] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

Le Méridien des brumes – T02 – Saba : Antonio Parras et Erik Juszezak

Titre : Le Méridien des brumes – T02 – Saba

Scénariste : Erik Juszezak
Dessinateur : Antonio Parras

Édition : Dargaud (2007)

Résumé :
Avec la mort de l’équarrisseur, le serial killer qui sévissait depuis des mois, Londres croyait à nouveau pouvoir vivre en paix. Malheureusement, tous ces meurtres ne devaient rien à la folie mais plutôt à une terrible machination dont l’effrayant assassin n’était que l’instrument.

John Coleridge, le grand chasseur blanc, Harriet Butten, l’aliéniste et Idriss, le guide indigène vont remonter la piste qui les mènera jusqu’au trésor de la reine de Sabbat.

Critique :
Le second et dernier tome commence avec une planche en Afrique, face au massacre de tous les habitants d’un petit village et nous retrouvons Idriss, le copain de notre John Coleridge.

Le tome 1 s’était terminé sur la mise hors d’état de nuire de l’équarrisseur. Je me doutais que ce n’était pas fini puisque ma lecture m’avait appris un truc que je ne dirai pas ici (sauf si on me paie, bien entendu, alors je dirai tout).

Les dessins, je les ai trouvé moins bons que dans le premier tome. Ici, certains visages semblaient difformes et leur teint était des plus horribles (chez un médecin, on ne vous laisse plus sortir, si vous vous présentez avec une aussi vilaine teinte de peau, limite momie).

Le côté steampunk est toujours bien présent, sans que cela ne choque, puisque il s’intègre bien dans ce Londres Victorien.

Puisque l’époque s’y prête, à partir du moment où le collègue de John Coleridge, Idriss, africain de son état, va arriver à Londres, le racisme et les préjugés vont être de sortie.

Quand on ne demande pas à John si son domestique comprend notre langue, c’est un aubergiste qui dit que la clientèle à peur de leur cannibale, qu’il en a vu à une exposition, mais que ces derniers étaient en cage… Ne hurlez pas, il n’y a pas si longtemps de ça, en France, en 1994, il y avait encore un zoo humain.

Au moins, Idriss pour utiliser les préjugés des gens pour arriver à ses fins, ce qui est intelligent.

Il restait plusieurs mystères à éclaircir dans cet album et notre aliéniste, miss Harriet Butten, va nous les résumer : comment l’équarrisseur a-t-il pu établir un lien entre John et Mary (une victime, ancienne fiancée de John) ; qu’est-ce que cette pauvre fille a pu raconter sous la torture pour que le tueur modifie ses exigences et pourquoi provoquer un duel avec John au travers de la personne qu’était l’équarrisseur ??

Et j’oubliais : pourquoi l’époux de Mary a-t-il caché que son épouse avait été torturée d’une aussi horrible manière ?

L’album possède quelques belles réparties, un peu en décalage, notamment lorsque John parle à Miss Harriet et que Mr Drury, le conseiller de la reine, une sorte de punk, se fait agresser et se défait des types assez facilement, sans que les deux autres ne s’en aperçoivent.

Par contre, ce tome m’a semblé un peu foutraque, avec trop d’événements qui se passaient et le tout m’a semblé brouillon, suite à ce trop plein d’informations.

À la moitié du récit, on a une sacré révélation qui nous est faite (que je n’avais pas vu venir) et ensuite, on nous parle d’un gigantesque trésor en Afrique et là, on comprend pourquoi on a tenté de faire revenir Coleridge du continent africain.

Si le premier tome laissait présager du bon, le second ne confirmera pas cette impression, que du contraire, il donnera l’impression de se vautrer par terre tant le scénario est parti dans tous les sens.

Au moins, une fois lu le second tome, on comprend les assassinats qui se sont passés en Angleterre, en Afrique, pourquoi on tuait les vieux sages des tribus, mémoires orales de l’Histoire et pourquoi il fallait que Coleridge revienne en Angleterre.

Un second tome bien en deçà du premier.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°219], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Poumon vert : Ian R. MacLeod

Titre : Poumon vert

Auteur : Ian R. MacLeod
Édition : Le Bélial’Une Heure Lumière (21/04/2017)
Édition Originale : Breathmoss (2002)
Traduction : Michelle Charrier

Résumé :
Lors de sa douzième année standard, pendant la saison des Pluies Douces habarienne, Jalila quitte les hautes plaines de Tabuthal.

Un voyage sans retour — le premier. Elle et ses trois mères s’installent à Al Janb, une ville côtière bien différente des terres hautes qui ont vu grandir la jeune fille.

Jalila doute du bien-fondé de son déménagement. Ici, tout est étrange. Il y a d’abord ces vaisseaux, qui percent le ciel tels des missiles. Et puis ces créatures d’outre-monde inquiétantes, qu’on rencontre parfois dans les rues bondées.

Et enfin, surtout, la plus étrange des choses étranges, cet homme croisé par le plus pur des hasards — oui, un… mâle. Une révélation qui ne signifie qu’une chose : Jalila va devoir grandir, et vite ; jusqu’à percer à jour le plus extraordinaire secret des Dix Mille et Un Mondes…

Critique :
De temps en temps, je sors de mes sentiers battus et je m’en vais explorer d’autres Mondes, d’autres Univers, qu’ils soient au sens premier du terme ou tout simplement littéraires.

La collection Le Bélial est géniale puisqu’elle me permet de m’encanailler dans de la SF, sans pour autant entamer des sagas sans fins ou des très longues que l’on n’a jamais le temps de finir (ou alors, on met des années à tout lire).

Puisque l’auteur était anglais, cela tombait bien avec le Mois Anglais. Après mon échec de lecture de « Sur la route d’Aldébaran », je me suis remise de suite en selle avec une autre novella de cette maison d’édition.

Bardaf, je suis retombée !

Pourquoi ? Déjà, l’auteur invente des mots, parlant d’objets qui existent sur ce monde, mais sans les expliquer. À vous de faire bosser votre imagination pour tenter de savoir ce que c’est et à quoi ça sert (tentexplo, haremlek, tariqa, hayawans, qasr,…).

Je n’ai rien contre le fait de faire bosser mes petites cellules grises, mais si je me plante dans mon interprétation de ces mots, ça la fout mal, non ?

Dommage, parce que ce monde était intéressant à explorer. Imaginez un monde uniquement peuplé de femmes, la violence abolie, où les hommes sont plus que minoritaires et qu’on suspecte toujours d’être violents.

Non pas que je sois en accord avec ces préjugés, mais j’étais curieuse de lire ce que l’auteur allait inventer, développer, mettre en lumière. La société développée a des airs orientales, certains mots ou phrase m’ont fait penser à des bien connues, pour peu que l’on ait quelques notions culturelles.

Hélas, je me suis perdue dans ce monde, dans les personnages, dont aucun ne m’a vraiment touché.

J’ai juste été intriguée par sa rencontre de Jalila (personnage principal) avec Kalal, le premier garçon qu’elle croise sur cette planète où les hommes sont archi minoritaire (même Greenpeace ne pourrait plus rien pour cette espèce en voie d’extinction).

Sinon, aucun autre moment de la vie de Jalila, qui vit avec ses trois mères, ne m’a emballé, emporté.

Pire, j’ai même une impression fugace que le tout manquait de cohérence, de liant, et je me suis grave emmerdée durant ma lecture (mais je n’ai pas sauté de pages, sauf si je me suis endormie et que je n’ai rien remarqué en reprenant ensuite la lecture de la novella).

Peu de description de la ville, du monde dans lequel ces femmes vivent… Tout est évasif (oui, je sais, 144 pages, c’est peu), je ne me suis accrochée à rien et si je suis allée jusqu’au bout de cette lecture, c’est justement parce qu’elle était courte.

La seule chose que j’ai apprécié, ce sont les petits piques de l’auteur sur ce monde non mixte, composé à 99 % de femmes. Ce n’est pas un monde meilleur qu’un mixte, que du contraire. On pense avoir aboli les vieux travers, mais chassez le naturel…

Un rendez-vous manqué de plus, ce n’est pas la fin du monde, je vais passer à autre chose et oublier ces deux novellas avec lesquelles ne n’ai pas accroché (mais je n’ai pas dis mon dernier mot, je reviendrai vers les novellas de chez Le Bélial).

#MoisAnglais2022

Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Le sixième soleil – Tome 1 – Tezcatlipoca : Laurent Moënard et Nicolas Otéro

Titre : Le sixième soleil – Tome 1 – Tezcatlipoca

Scénariste : Laurent Moënard
Dessinateur : Nicolas Otéro

Édition : Glénat – Vécu (2008)

Résumé :
Janvier 1917. Pendant que l’Europe se déchire en boucheries guerrières, le Mexique (🇲🇽) entame sa huitième année de révolution, organismes de défense des paysans, comités de soutien aux grands propriétaires terriens, milices pro ou anti-américaines : toutes les sensibilités s’expriment avec violence dans ce pays troublé.

Et c’est cet instant que choisit justement l’État-Major allemand pour débarquer dans le plus grand secret au Mexique afin de proposer à son président une alliance militaire contre la restitution des territoires annexés par les Américains.

Menés par de bas intérêts humains et politiques, les dirigeants des deux pays vont sans le savoir réveiller la lutte millénaire entre Quetzalcoatl, le dieu serpent à plumes, et son ennemi juré Tezcatlipoca…

Critique :
En 1917, en Europe, la Première Guerre Mondiale fait rage. Au même moment, un sous-marin allemand débarque 4 hommes en toute discrétion, non loin de Vera Cruz, au Mexique.

Les Allemands ne veulent pas que les américains entrent en guerre et ils magouillent en schmet pour que le Mexique se rallie à la cause allemande et attaque les États-Unis si ceux-ci font mine de vouloir s’engager dans la guerre.

La récompense ? Que le Mexique puisse annexer le Texas, le Nouveau Mexique et l’Arizona…

Pas de bol, la première chose qui foire, dans un plan de bataille, c’est le plan de bataille lui-même ! Voilà nos émissaires prisonniers d’un un groupe de révolutionnaires mexicains. Au Mexique, cela fait 8 ans que la révolution dure.

Pour les dessins, je ne deviendrai pas fan de ceux de Nicolas Otéro. Les traits des visages sont anguleux, moches et peu expressifs.

Si le scénario commence avec des faits historiques comme le Télégramme Zimmermann (*) et la révolution Mexicaine, il y a aussi un autre élément important : la mythologie aztèque. Les dieux Quetzalcóatl et Tezcatlipoca sont ennemis depuis toujours et se sont déjà battus.

Hélas, on a l’impression qu’on force le raccord entre les révolutionnaires mexicains, qui ont fait appel à la cavalerie américaine pour prendre en charge les prisonniers (contre des armes et du fric) et l’arrivée de la grande prêtresse qui voit dans un prisonnier allemand la réincarnation de Quetzalcóatl.

Tout est brutal, violent (oui, je sais, ce n’est pas l’époque des Bisounours) et arrive un peu trop précipitamment, alors que nous ne savons que peu de choses sur les différents protagonistes de l’histoire.

La mise en page de certaines cases rend le récit brouillon et confus à certains moments.

En terminant cette bédé, je me demande bien si je vais poursuivre le carnage ou abandonner pour désintérêt de la chose.

(*) Le télégramme Zimmermann est un télégramme diplomatique qui a été envoyé le 16 janvier 1917 par le ministre des Affaires étrangères de l’Empire allemand, Arthur Zimmermann, à l’ambassadeur allemand au Mexique, Heinrich von Eckardt, au plus fort de la Première Guerre mondiale. Il donnait l’instruction à l’ambassadeur de se mettre en contact avec le gouvernement mexicain pour lui proposer une alliance contre les États-Unis. Intercepté et déchiffré par le Royaume-Uni puis rendu public, son contenu a accéléré l’entrée en guerre des États-Unis.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 44 pages), et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°28).

bande dessinée, historique, western, uchronie, espionnage, croyances, religions, guerre civile, mythologie, mexicains, Mexique

Trois vautours : Henry Trujillo

Titre : Trois vautours

Auteur : Henry Trujillo 🇺🇾
Édition : Actes Sud – Actes noirs (2012)
Édition Originale : Tres buitres (2007)
Traduction : Alexandra Carrasco

Résumé :
Pour gagner de quoi quitter l’Uruguay, un jeune homme accepte de passer une voiture en contrebande en Bolivie. Là-bas, il rencontre une magnifique paumée qui lui vole son passeport.

Pour le récupérer, il devra s’enfoncer encore un peu plus dans la marginalité. Un roman noir plein de misère et d’espoir.

Critique :
Les auteurs Uruguayens ne se battent pas dans mes étagères, Henry Trujillo étant le seul représentant de ce pays d’Amérique du Sud.

C’était donc une bonne occasion de profiter du challenge Mois Lusophone pour le sortir.

C’est un roman noir, indubitablement. La misère est présente, même si elle semble décrite de manière ténue par l’auteur.

Malgré tout, on sent bien sa présence dans les décors, les villages, les villes, les personnages, leurs actions…

Dans l’émission Top Chef, les chefs le disent tous : il faut du goût, du goût, du goût ! De l’audace, mais surtout du goût. Hélas, c’est ce qui a manqué dans ce roman noir : du goût, du peps, du sel, du rythme.

Tout est un peu lent, sans pour autant que le récit devienne intéressant. Le personnage principal manque de relief, de profondeur, est terne et il semble être le spectateur de sa propre vie.

Le tout manquant de cohérence, comme si l’auteur n’avait pas réussi à faire le lien entre ces différents chapitres, comme si personne ne savait vraiment où il allait aller. Le style est sans doute trop dépouillé.

Dommage parce que la description de la misère était bien réalisée, sans en faire de trop, sans sombrer dans le pathos. Avec quelques situations, nous avions déjà compris que nous étions chez les paumés, les miséreux, ceux qui tirent le diable par la queue.

Les décors étant en harmonie avec ces pauvres gens : perdus, arides, secs, poussiéreux.

Le final nous plongera dans une histoire glauque à faire frémir et on se dit que cela ne pouvait finir qu’ainsi pour certaines personnes.

Bon, une lecture à oublier, l’étincelle n’ayant jamais eu lieu (et pourtant, je n’ai sauté aucune pages, ce qui est paradoxal).

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°27) et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Uruguay).

Les Tourments : Rodrigo Hasbún

Titre : Les Tourments

Auteur : Rodrigo Hasbún 🇧🇴
Édition : Buchet / Chastel (03/10/2016)
Édition Originale : Los afectos (2015)
Traduction : Juliette Barbara

Résumé :
Bolivie, années 1950 : Hans Ertl, ancien cameraman de Leni Riefenstahl, a quitté l’Allemagne avec sa famille pour s’installer à La Paz.

Là, dans cette Amérique latine sauvage et mystérieuse, le patriarche hors norme se réinvente un destin d’explorateur, obsédé jusqu’à la folie par la cité inca perdue de Païtiti dans la forêt amazonienne.

Ni sa femme ni ses trois filles ne sortiront indemnes de ces aventures ; et alors que la famille se délite et que chacun tente d’émerger de ce maelstrom, les soubresauts d’une autre histoire, celle des mouvements de libération nationale qui secouent l’Amérique latine, viennent à leur tour bouleverser la destinée des Ertl.

Le texte prend corps à travers les voix des trois filles et d’un des amants de l’aînée, Monika ; s’y mêle, sur près de vingt ans, fiction, éléments biographiques et faits historiques pour livrer une fresque concise et subtilement nostalgique sur le destin d’une de ces familles marquées au fer par les errances idéologiques du XXe siècle et sur l’histoire sanglante d’un pays, la Bolivie.

Critique :
Cela devait arriver, à force de dévorer des livres, je devais bien tomber sur une déception littéraire.

Entre ce roman et moi, la magie n’a pas eu lieu, la sauce n’a pas pris, la mayonnaise n’est pas montée et même une tonne de liant pour sauce n’aurait pas suffit, tant je l’ai survolé, n’arrivant à m’accrocher au récit que peu de fois.

Hans Ertl, père de trois filles et ancien cameraman de Leni Riefenstahl (qui avait réalisé Les Dieux du stade, pour documenter les Jeux olympiques de Berlin, en 1936).

Il a quitté l’Allemagne et est allé s’installer avec sa famille en Bolivie. Explorateur après avoir été alpiniste, il entraînera deux de ses filles dans son expédition pour tenter de trouver la citée perdue Inca de Païtiti, dans la forêt amazonienne.

Dans ce roman, plusieurs voix se succéderont pour nous raconter le destin de cette famille, mais hélas, si j’ai accroché à certains passages, les autres m’ont laissés de marbre et cette lecture fut laborieuse.

Mélangeant des moments de fictions avec des moments réels, cette biographie romancée d’une famille allemande exilée en Bolivie n’a jamais réussi à me faire décoller.

Le changement de personnages y est sans doute pour quelque chose, rendant le récit un peu chaotique, sans oublier cette économie de tirets cadratins (ou de guillemets) devant les dialogues… Les dialogues se retrouvent pris dans la narration et cela pèse sur la lecture.

C’est une méthode d’écriture que je retrouve souvent chez les auteurs sud américains et cela foire mes lecture à 97% (chez certains, ça passe tout seul car les dialogues sont bien incorporés au texte). Heureusement, il y avait peu de dialogues. Ou malheureusement, parce qu’un récit avec peu de dialogues, cela appauvri le tout, je trouve (sauf exceptions).

Je n’ai jamais réussi à entrer dans le récit et j’en suis sortie sans regrets. Dommage, j’avais envie d’en apprendre un peu plus sur la vie à La Paz, sur l’exil de cette famille allemande, sur leur père qui se comporte comme un fantôme, sur ses filles, dont on ne saura que peu de choses, finalement, l’auteur ne développant même pas ce qu’a fait l’une d’elle pour se retrouver au ban de la société. L’aînée restera une énigme.

Bon, tant pis, ça devait arriver… Au suivant !

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°10) et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Bolivie).