Les Tuniques Bleues – Tome 37 – Duel dans la Manche : Raoul Cauvin et Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 37 – Duel dans la Manche

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1995)

Résumé :
Le général Mac Clellan est un piètre stratège : il a réussi à lancer une attaque… contre son propre camp ! De mauvaise foi, il exige que deux responsables soient désignés parmi les soldats.

Et devinez quels sont les deux malchanceux choisis : le sergent Chesterfield et le caporal Blutch, bien entendu ! Dégradés, ils sont forcés de quitter leur unité pour embarquer sur le Kearsarge, un navire de guerre.

Qui a dit qu’on se la coulait douce dans l’armée de mer ?

Critique :
♫ Dans le port d’Amsterdam ♪ Y a Chesterfiel qui boude, À cause d’un baroud ♫ Qui a tué des troupes ♪ Dans le brouillard, les uniformes on loupe ♪

♪ C’est eux qui ont servi ♪ De boucs émissaires ♪ Au général pas ravi ♪ Dans cette sale guerre ♪

Dans le port d’Amsterdam ♪ Y a des marins qui meurent ♪ Pleins de bière et de drames ♪ Aux premières lueurs (1)

Il y a 25 ans, sortait ce 37ème album des Tuniques Bleues… Je ne me souvenais plus que cela faisait aussi longtemps que ces dernières étaient devenues creuses niveau scénario…

Ah, elles sont loin ces belles années où le duo sergent Chesterfield et le caporal Blutch, emmené par le tandem Cauvin/Lambil, me mettaient en joie.

Là, j’ai l’impression d’être passée d’un service entrée, plat, dessert, café et pousse-café à un croûton de pain sec qui m’a laissé avec la dent creuse. C’est vide et on a rempli cet album avec ce qu’on pouvait, en remplissant de faits qui n’ont rien à voir avec un duel dans la Manche.

Chesterfield et Blutch se retrouvent sur un bateau de la marine Nordiste et puisque tout le monde veut savoir pourquoi le sergent Chesterfield fait la gueule, Blutch explique qu’à cause d’une bourde d’un nouveau général (qui a coûté des vies nordistes), ce furent eux qui ont été désigné responsables de cette connerie monumentale.

Ce n’est pas la première fois que le scénariste nous parle des gradés plus crétins que leurs pieds, mais j’ai eu l’impression que c’était juste pour meubler un peu.

De plus, que personne ne remette ce gradé à sa place alors qu’il est le seul responsable de cette bourde et qu’on fasse nommer Chesterfield et Blutch comme responsables, je trouve cela fort de café.

Anybref, après quelques cases vides de texte où nos deux militaires explorent la ville d’Amsterdam, on a un gag assez amusant avec le vendeur de maatjes et ce n’est qu’à la page 25 qu’on largue les amarres pour aller tenter de couler un bateau Confédérés qui s’amuse à couler tous les nôtres (le CSS Alabama).

Je précise que l’album ne fait que 46 pages et non 62 comme certaines bédés au bon vieux temps. Quelques passages de plus où Chesterfield et Blutch se tapent dessus et voici enfin le combat naval qui commence à la page… 30 !

Nous avons dépassé depuis longtemps la mi-album et je n’ai rien eu à me mettre sous la dent alors que je m’attendais avoir droit à un combat naval digne de ce nom, vu le titre.

Ben pas vraiment puisqu’à la page 37 tout était plié dans ce combat naval de l’USS Kearsarge (le nôtre) contre ce bateau Confédéré blindé d’acier (le CSS Alabama)…

Un fait réel, d’accord (il s’est déroulé au large de Cherbourg en juin 1864), mais purée, le lecteur a tout de même droit à un peu plus, non ??

7 pages en tout et pour tout pour un duel dans la Manche, et il faut encore retirer les cases avec nos deux amis aux fers, puis libérés, puis qui vont se cacher… Seules les pages 35 et 36 possèdent des plans un peu plus large sur le combat…

Ensuite ? On meuble de nouveau, les combats sont terminés, on rentre au port pour réparer et en renvoie nos deux amis en Amérique pour continuer cette guerre de Sécession qui reprend de plus belle avec un nouveau gradé qui, on le sent bien, va refaire les mêmes conneries que le précédent.

Pour moi, cet album est creux et j’ai cette horrible sensation qu’après l’album 27 (Bull Run), on n’a plus rien eu de génial, comme dans les premiers albums (exception faite de l’excellent album N°33).

Heureusement que je l’ai acheté en seconde main…

(1) Mes plus plates excuses à Jacques Brel pour l’emprunt et le détournement de sa belle chanson « Amsterdam ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°16.

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L’Empathie : Antoine Renand

Titre : L’Empathie

Auteur : Antoine Renand
Édition : Robert Laffont -La bête noire (17/01/2019)

Résumé :
Vous ne dormirez plus jamais la fenêtre ouverte.

« Il resta plus d’une heure debout, immobile, face au lit du couple. Il toisait la jeune femme qui dormait nue, sa hanche découverte. Puis il examina l’homme à ses côtés. Sa grande idée lui vint ici, comme une évidence ; comme les pièces d’un puzzle qu’il avait sous les yeux depuis des années et qu’il parvenait enfin à assembler. On en parlerait. Une apothéose. » Cet homme, c’est Alpha.

Un bloc de haine incandescent qui peu à peu découvre le sens de sa vie : violer et torturer, selon un mode opératoire inédit.

Face à lui, Anthony Rauch et Marion Mesny, capitaines au sein du 2e district de police judiciaire, la « brigade du viol ».

Dans un Paris transformé en terrain de chasse, ces trois guerriers détruits par leur passé se guettent et se poursuivent. Aucun ne sortira vraiment vainqueur, car pour gagner il faudrait rouvrir ses plaies et livrer ses secrets.

Un premier roman qui vous laissera hagard et sans voix par sa puissance et son humanité.

Critique :
J’aime quand les bandeaux-titres disent la vérité et ne vantent pas ce qui n’est pas.

En effet, on a beau avoir un système velux, on a tout de même peur de les laisser ouvert la nuit, même en position sécurité.

Oui, cette histoire fout la trouille et le lecteur n’en sort pas tout à fait indemne. Oui, ce roman est un page-turner assez addictif.

Oui j’ai aimé découvrir le passé des différents protagonistes au fur et à mesure, à attendre pour savoir. C’est le genre de procédé qui vous scotche les mains sur le livre.

Mais… Oui, vous l’aviez vu venir, ce « mais »… Comme on dit chez nous « Trop is te veel » ou, pour traduire en bon français « Trop c’est trop ».

Trop de violence annihile la violence, on ne la ressent plus, elle ne nous fait plus rien et bardaf, l’embardée, j’ai pris des distances avec le roman et, de ce fait, avec les victimes et les différents protagonistes.

La violence dans un roman ou un film ne me dérange pas lorsqu’elle est justifiée (si tant on peut justifier de la violence, mais on se comprend), ici, j’avais plus l’impression qu’elle était là pour donner un côté voyeurisme au viol sordide qui se déroulait sous mes yeux.

Oui, il se déroulait sous mes yeux car l’écriture de l’auteur est très cinématographique, ce qu’il écrit, on le voit. Mon cerveau a fermé ses portes et mis la clé sous le paillasson devant tant d’horreur.

Au niveau des personnages, j’ai éprouvé peu de sympathie aussi car trop caricaturaux, trop torturés, une fois de plus. Je leur donnerai tous leurs points pour leur prise en charge des victimes de viols, car ils étaient humains (des tas de victimes rêveraient de flics tels que eux).

Pour le reste, on est dans la caricature entre un flic gras, avec un secret, riche comme Crésus à la mère avocate castratrice  et sa collègue qui a, elle aussi, un passé très lourd.

En ce qui concerne le méchant, le fameux Alpha, il a tout d’un super-héros, genre Spiderman (le balancement entre les immeubles en moins), invincible et ça ne le rend pas crédible du tout. Tiens, bardaf, lui aussi a souffert dans sa petite enfance (mais moins que sa frangine). Décidément…

Bref, j’en étais à me demander s’il y avait, dans ce roman, un personnage qui n’avait pas vécu un viol dans sa petite enfance (ouf, il y en avait). Désolée, mais autant de pauvres gosses violés au mètre carré, ça frôle l’exagération. Une concentration pareille, c’est lourd dans un roman (et dans la vraie vie, se serait atroce).

Une fois de plus, je suis passée à côté d’un thriller que toute la blogo a saluée, que tous mes copinautes de Babelio ou de blogs ont encensés, parlant de la maîtrise de l’auteur, alors que c’est son premier roman et moi, ben non…

C’est ennuyeux, à la fin, de passer à côté de ce que les autres apprécient et mettent en avant. Ça m’arrive aussi avec des films dont la planète entière a hurlé au génie, au film magnifique (Lalaland, par exemple) et quand je suis devant, je me demande pourquoi ça bloque, qu’est-ce que les autres ont ressenti et que je ne ressens pas, qu’est-ce que je ne vois pas et que eux ont vu ?

Tant pis pour moi, tant mieux pour les autres. Ce ne devait pas être le bon jour pour lire ce roman, ou alors, il n’était pas fait pour moi. Je ne vais pas en faire une maladie et passer à une autre lecture, ce n’est pas ce qui manque chez moi.

Comme quoi, je suis de temps à contre-courant des chroniques et des ressentis de la blogo. Cherchez pas docteur.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°13.

Le petit dictionnaire de Sherlock Holmes : Marc Lemonier

Titre : Le petit dictionnaire de Sherlock Holmes

Auteur : Marc Lemonier
Édition : City Edition (16/11/2011)

Résumé :
Sherlock Holmes est immortel. Plus d’un siècle après sa dernière aventure officielle, il occupe toujours une place de premier ordre au royaume des détectives. Films, pastiches, suites, livres, séries télévisées : Holmes est partout…

Dans ce petit dico, l’auteur part sur les traces de l’œuvre de Conan Doyle, de sa genèse jusqu’à nos jours. Lieux, personnages, objets fétiches, enquêtes, moments clés de sa vie : vous serez incollable sur le dandy détective.

Comment a-t-il rencontré le fameux docteur Watson ? Qui étaient ses parents ? Comment a-t-il disparu en combattant le professeur Moriarty ?

Et au fait, savez-vous que Holmes n’a jamais prononcé le mot « Élémentaire » ?

Critique :
Lorsque je suis tombée sur ce bouquin, je me suis dit que cela serait amusant de le posséder et de faire grossir mes étagères Sherlock Holmes.

Bien souvent, je cherche dans ma mémoire le réalisateur d’un film ou un détail d’une aventure et rien ne surgit (oui, Alzheimer fait des ravages).

Si, à ce moment là, vous n’avez aucun ordinateur allumé, c’est assez embêtant.

Un dictionnaire résoudrait parfaitement ce problème.

Ne vous attendez pas à de grandes révélations en le lisant. Une grande partie de l’ouvrage se trouve sur le site de la SSHF.

Le dico peut, toute fois, se révéler utile en cas de plantage de PC ou de flemme de l’allumer pour vérifier un détail (attention, pas un détail trop petit, juste une indication). Il se lit plaisamment installé dans le canapé, tasse de thé à la main.

L’auteur nous cite souvent des passages entiers du canon, comprenant dialogues ou descriptions. Lorsqu’il nous donne le titre de l’aventure canonique, en dessous, il note le titre en V.O, sa date de publication, l’endroit où elle fut publiée ainsi que son abréviation officielle en bas du texte.

Lemonier nous parle aussi de quelques films sur Holmes, dont les deux derniers de Ritchie, la série Sherlock de la BBC, celle de la Granada, des villes citées dans le canon, des personnages (quelques uns, les plus importants), de quelques acteurs qui ont interprétés Holmes à l’écran, des untold stories,…

Mais sans trop entrer dans les détails. le strict minimum.

Toutefois, il y a des erreurs et quelques oublis importants à mes yeux :

Page 22 : « L’aventure de Wisteria Lodge » (WIST) où l’auteur du dico oublie un détail monumental. Cette histoire commence en effet par Watson qui nous écrit ceci : « Dans mes notes je retrouve la date : fin mars 1892. le temps était froid, et gris, le vent soufflait. Holmes avait reçu un télégramme et il avait griffonné la réponse. » 1892 ? Holmes étant disparu aux chutes le 4 mai 1891. L’erreur canonique aurait dû être soulignée dans le dico, je trouve.

P 43 : parlant de Jeremy Brett qui incarna le détective, il a cette phrase étrange « Il ne lui manque que la haute stature ». Sachant que Brett mesurait 1,88 m et que Holmes en faisait 1,80 m, je me demande ce que Lemonier a voulu dire par-là. N’aurait-il pas vérifié les tailles de ces deux hommes ? Ou alors, il n’aime pas Brett et trouve qu’il n’interprétait pas brillamment Holmes…

P 48-49 : Les titres des recueils (Adventures, Memoirs, Return) sont en gras, les nouvelles qui les composent en italique, notées l’une à la suite de l’autre. Avant de passer au titre du recueil suivant, il y a un espace. Les nouvelles auraient gagnées en clarté à être mise l’une en dessous de l’autre, mais bon.

Par contre, le correcteur n’a pas vu que « His last bow » n’était pas en gras et se trouvait directement sous les titres composant « The return », sans l’espace de séparation requis. Pareil pour « The casebook ». Cela donne un gros plaquage sur la fin.

P 56 : « Quand il s’ennuie un peu, le détective se shoote avec une solution à 7% de cocaïne ! » C’est noté texto ainsi. Punaise, dit ainsi, on dirait un camé de la pire espèce.

P 67 : C’est « LA cycliste solitaire » ou « LE cycliste solitaire » ? Pourtant, il me semblait avoir lu que, d’après des notes manuscrites de Conan Doyle, il visait bien l’homme qui suivait mademoiselle Violet Smith et que c’était « Le » et pas « La ». Une histoire de sexe, encore une fois. L’inconvénient de la langue anglaise, c’est le « the » qui ne vise personne en particulier (The Adventure of the Solitary Cyclist).

Page 73 : « inspecteur « Greyson »?? Dans le canon, c’est l’inspecteur GREGSON !! La faute. Carton rouge.

Page 82 : Dans « L’Employé de l’agent de change », la Franco-Midland est rebaptisée « Les Quincailliers de la Franco-Midland » et serait donc ainsi (en ces termes) présente dans le Canon. Ce qui ferait du président un plagiaire de Conan Doyle si cet intitulé se trouvait bien dans le Canon. Hors, c’est lui qui l’a inventé de toute part pour le site de la SSHF.

Page 94 : on apprend que la série Granada est interrompue par le décès de Brett. Il n’en est rien. Jeremy Brett était pourtant encore bien vivant quand il embrassa publiquement le président à la fin de la soirée télévisée organisée en 1994 pour marquer la fin de la série…

P 165 : erreur lamentable dans le titre en V.O des « Propriétaires de Reigate » qui devient « The Red-Headed League » au lieu de « The Reigate Squires ». L’abréviation REIG et la date de publication sont les bonnes.

P 207 : Il parle de Lady Eudoria Vernet Holmes, mère d’Enola, de Sherlock et de Mycroft. Cette femme est un personnage fictif des livres de Nancy Springer. Lemonier nous signale ensuite qu’elle a été enlevée. Erreur ! Elle a disparu, oui, personne ne sait où ni pourquoi, mais très vite ils comprennent qu’elle a disparu de son plein gré. Désolé, mais on  ne mélange pas les faits canoniques avec les apocryphes.

P 210 : le violon de Holmes. L’auteur nous signale qu’il l’a acheté son Stradivarius pour une bouchée de pain à un brocanteur. Était-ce si compliqué de donner plus de détails ? Comme quoi il valait au moins 500 guinées et qu’il l’avait payé 55 shillings à un brocanteur juif de Tottenham Court Road (The Adventure of the Cardboard Box).

P 210 : le violon, toujours. Lemonier nous parle de Holmes cherchant à découvrir la note qui ferait immobiliser les mouches. Cette expérience est celle de Holmes/Robert Downey Jr dans le film de Ritchie, mais ce n’est pas précisé. Pour l’histoire des mouches et de l’expérience avec le violon, cela provient d’un film avec Rathbone (« Les aventures de Sherlock Holmes ») auquel Ritchie rendait hommage dans son premier opus…

Bref, un peu trop d’erreur pour un dictionnaire !! Un peu trop d’approximations et de mélange entre la fiction et le canon.

L’esprit des morts : Andrew Taylor

Titre : L’esprit des morts

Auteur : Andrew Taylor
Édition : Cherche Midi (09/06/2016)
Édition Originale : The american boy (2013)
Traducteur : Françoise Smith

Résumé :
Londres, 1819. Thomas Shield devient le professeur particulier d’un jeune Américain, Edgar Poe, et de son meilleur ami, Charles Frant, dont la mère, une femme séduisante et malheureuse, l’attire irrésistiblement.

Lorsqu’un homme est retrouvé mort et que tous les indices convergent vers la famille Frant, Thomas est emporté dans une spirale dont les conséquences risquent d’être lourdes pour lui.

Il décide alors de trouver le coupable mais le piège se referme au fur et à mesure qu’il cherche à s’en échapper. Quel est donc le lien entre ces macabres événements et le jeune Edgar Poe ? Thomas devra traverser bien des épreuves avant que la vérité soit enfin dévoilée…

Mêlant avec brio fiction et réalité, ce roman à l’intrigue haletante nous plonge dans l’atmosphère de l’Angleterre du XIXe siècle, où Edgar Allan Poe passa quatre années de son adolescence : l’agitation des rues londoniennes, les taudis de St Giles et Seven Dials, l’hypocrisie d’une bourgeoisie avide de pouvoir…

Un décor parfait pour un meurtre, des secrets de famille et une galerie de personnages loin d’être aussi respectables qu’ils voudraient le faire croire.

Critique :
La théorie de la relativité te dit que 15 minutes à attendre dans une administration passeront toujours moins vite qu’une heure à boire un verre avec des amis.

De fait, un pavé de 600 pages bourré d’action passera toujours plus vite qu’un court roman chiant de 100 pages.

Mais qu’en est-il de la longueur d’un pavé de 649 pages dans lequel on se fait chier comme un rat mort durant grosso modo les 50 premiers chapitres ??

Un calvaire ? Une horreur ? Une folie à lire ? Du masochisme ? Le tout à la fois, sans doute.

Certes, j’exagère un chouia en disant que je me suis faite chier car, rendons à César ce qui est à lui, les descriptions du Londres de 1819, la distinction nette entre les classes sociales, le racisme ambiant, le mépris pour les sans dents et les saloperies qui se passaient dans les public et private school sont très bien décrites.

Il en est de même pour le fait qu’on suspectera toujours plus vite un indigent ou un de l’Angleterre d’en bas qu’une personne bien née ou fortunée. Même dans les sans-grades, il y avait des grades et un valet de pied pourra se permettre de regarder un précepteur de haut si ce dernier tombe en disgrâce.

Rien que pour cela, le roman mériterait 5 étoiles. La recherche a dû être importante et le tout est amené de manière subtile. Les descriptions de quartiers miséreux est un vrai bonheur aussi.

Le problème est qu’entre le chapitre premier et le  chapitre 54, bon sang, il se passe peu de choses, c’est lent, laborieux et c’est avec un bonheur évident que l’on accueille la mort d’un personnage, pensant, erronément, que ça va bouger un peu plus.

Mais ça n’a pas bougé plus, hélas et plus d’une fois j’ai failli reposer le roman et l’oublier. J’ai persévéré, ça en valait un peu la peine pour les 30 derniers chapitres, mais sans que ce soit non plus un truc de fou.

Dommage car le roman avait tout pour me plaire, du potentiel, une écriture qui rendait justice à l’Angleterre de 1820, des personnages intéressants et une foulitude de petits détails sur la vie de cette époque-là.

Là, on va l’oublier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°4 et Le pavé de l’été chez Sur Mes Brizées (Juillet 2019-Septembre 2019).

Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C’est ça la relativité.

Clues – Tome 4 – À la croisée des chemins : Mara

Titre : Clues – Tome 4 – À la croisée des chemins

Scénariste : Mara
Dessinateur : Mara

Édition : Akileos (01/10/2015)

Résumé :
Suite à l’attentat qui a semble-t-il coûté la vie à Hawkins, Lord Wellington a pris le contrôle du Parlement, tandis que Londres est à présent sous la coupe des Red Arrows et de Pitts.

Mais une résistance, dont l’un des chefs n’est autre qu’Emily, s’est organisée et tente par tous les moyens de confondre Lord Wellington et de contrecarrer les ambitions de Pitts.

Dernier tome de la série « Clues », cet album est celui des ultimes révélations, celui dans lequel Emily découvrira peut-être qui a tué sa mère et qui est son père…

Critique :
— Emily, je suis ton père ! [Voix caverneuse et respiration forte]

Si elle ne savait pas encore QUI avait tué sa mère et QUI était son père, nous, lecteurs, avions déjà découvert la main qui avait tenu l’arme à feu qui mit fin aux jours de sa mother et pour l’identité du père, en faisant un peu marcher ses méninges, le lecteur lambda pouvait le déduire aisément.

Restait à savoir si mes déductions étaient bonnes ! Mais je ne vous dirai rien…

Dans des tons pastels réalisés sans doute à l’aide d’aquarelle, ce dernier album dénote parmi les trois précédents car les couleurs ne sont pas aussi profondes qu’avant mais délavées.

De ce côté là, j’ai moins aimé. Je trouve que cela a nuit à la qualité de l’album et si pour certains plans les délavés allaient comme un gant, pour les intérieurs et les personnages, le rendu n’était pas agréable pour l’œil.

Les dessins, eux, sont un peu différent. Trois ans ont passé entre les deux derniers albums, l’auteure a dû changer quelque peu sa manière de dessiner et de colorier.

Le scénario est rythmé, comme toujours, Emily est devenue une bonne femme qui n’a peur de rien ni de personne, on est loin de la jeune fille craintive du départ. Elle a pris le taureau par les cornes, voulant par là même prendre les membres des Red Arrows par les couilles et leur tordre jusqu’à que ce qu’elles soient arrachées.

Autant où les trois premiers tomes restaient dans du crédible et du plausible, là, on a tout de même quelques facilités, des raccourcis pris et des changements dont nous n’aurons pas l’arc narratif. Faudra se douter qu’Emily a su y faire pour monter un groupe prêt à combattre les Red.

Le final expédié assez vite, on se retrouve un peu à côté de ses pompes de voir comment tout ça s’est vite résolu, vite terminé, et comment des gens que nous n’avons pas vu blessé ont pu mourir si vite, comme si on voulait s’en débarrasser au plus vite aussi.

Autant où les trois albums précédents étaient bien réalisés en termes de dessins, avec des scénarios cohérents, on a l’impression ici qu’on a tout fourgué dans un seul album, en vitesse, comme si la série pesait, après sept années passées à bosser dessus.

Dommage que le dernier tome soit si rapidement empaqueté et expédié…

Ça me fait penser à une réplique dans le film « Madame Doubtfire » :
— Tu vas vider ses étagères, expédier et empaqueter tous ses films. Après t’attaques ses boites, là. T’empaquètes et t’expédie. T’empaquète tout ça … et tu l’expédie. Des questions ?
— Après empaqueter ?
— T’expédie ! Au travail, gros malin.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Les Naufrageurs : Iain Lawrence

Titre : Les Naufrageurs

Auteur : Iain Lawrence
Édition : Folio Junior (1999)
Édition Originale : The Wreckers (1998)
Traducteur : Henri Robillot

Résumé :
1799… Un navire se fracasse sur les récifs le long des côtes de Cornouailles. John Spencer, le fils du capitaine et le plus jeune membre de l’équipage, survit au naufrage.

Lorsqu’il reprend connaissance, il comprend avec effroi que les hommes qui viennent à sa rencontre sont des pilleurs d’épaves…

Les habitants du village de Pendennis semblent se livrer à un mystérieux trafic…

Qui tire les ficelles ? Et à qui John pourra-t-il se fier pour libérer son père retenu prisonnier ?

Un roman d’aventures captivant dans la grande tradition de L’île au trésor et Moonfleet.

Critique :
Les comparaisons avec un autre roman, c’est souvent surfait ! Parce que croyez-moi, on est tout de même très loin de l’île au trésor ! Pas à quelques encablures, mais à au moins mille miles marin !

Hissez les voiles, matelot, nous voguons au fil de l’eau. Pour l’ambiance maritime, je ne me plaindrai pas, l’auteur plonge son lecteur dedans, toutes voiles dehors.

Prévoyez un dico Gogole à vos côtés afin de vous y retrouver entre le mât d’artimon et de misaine et sachez comment virer au lof.

Niveau aventures, je ne me suis pas embêtée non plus, ça bouge, on galope dans tous les sens, on a du mystère, des fausses pistes, une enquête, une énigme dans le fait qu’on ne sait pas qui est le chef des naufrageurs, mais le tout semble brouillon, trop vite écrit, juste de quoi faire un livre pour que les jeunes amateurs d’aventures aient leur dose sans trop se poser de questions.

Les événements s’enchainent un peu trop vite, un peu trop bien, les personnages ne sont pas assez travaillés, surtout Simon Mawgan, l’oncle de Mary qui recueille John Spencer, notre jeune naufragé.

Il s’emporte pour un rien, se calme aussi vite, à l’air parfois un peu trop détaché de tout, cachant des choses, donnant l’impression qu’il est une brute sans coeur. J’aurais aimé plus de profondeur. D’ailleurs, même la fin du roman ne m’a pas vraiment éclairé sur son comportement général, sauf pour une chose que j’avais déjà deviné.

De plus, hum, l’auteur n’est pas trop regardant dans le soucis du détail ! À un moment donné, il dit que les deux gosses montent sur leurs poneys à cru et dans une scène plus loin, il nous dit qu’ils sont « étrier contre étrier »… La selle a dû pousser sur le dos du cheval ou pour ces enfants là, monter avec une selle ou à cru, c’est la même chose !

Tout à l’air d’être un peu trop beau pour être vrai, les personnages tournant assez vite casaque, Mary racontant les confidences de John à son oncle, puis à une autre personne (on ne peut lui faire confiance, à cette gamine !) et tout allant un peu trop bien dans le final, alors que peu de temps auparavant, c’était la Bérézina totale à Waterloo.

Deus ex machina… Oui, un peu. Ça se retourne plus vite qu’un chat portant une tartine beurrée sur le dos.

Quant au commanditaire des naufrageurs, faut pas avoir fait ses études chez Holmes pour le deviner, il se voit aussi bien que le nez au milieu de la figure et les soupçons sont totalement confirmé lorsqu’il tue une personne au lieu de la mettre en joue.

Anybref, ça se lit vite, ça met du piment au voyage en train, on sent les embruns et on entend le bruit des vagues mais on oubliera ce récit tellement vite qu’il faudra se dépêcher de faire la chronique avant de l’avoir totalement zappé.

Ça se lit, sans plus ou ça se lit, à la rigueur.

Le navire prend l’eau de toute part, va falloir souquer ferme et écoper !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

 

[FILMS] Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban de Alfonso Cuarón (2004)

Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban (Harry Potter and the Prisoner of Azkaban) est un film britanno-américain réalisé par Alfonso Cuarón, sorti en 2004.

Il est adapté du roman du même nom de J. K. Rowling et constitue le troisième volet de la série de films Harry Potter. Il est précédé par Harry Potter et la Chambre des secrets et suivi par Harry Potter et la Coupe de feu.

Le rôle du directeur Albus Dumbledore, interprété jusqu’alors par Richard Harris (décédé en 2002), est ici repris par Michael Gambon.

Fiche technique : 

  • Titre : Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban
  • Titre original : Harry Potter and the Prisoner of Azkaban
  • Réalisation : Alfonso Cuarón (mexicain)
  • Scénario : Steven Kloves, adapté du roman de J. K. Rowling

Distribution :

  • Daniel Radcliffe : Harry Potter
  • Emma Watson : Hermione Granger
  • Rupert Grint : Ron Weasley
  • Michael Gambon : Albus Dumbledore
  • Maggie Smith : Minerva McGonagall
  • Alan Rickman : Severus Rogue
  • Robbie Coltrane : Rubeus Hagrid
  • David Thewlis : Remus Lupin
  • Emma Thompson : Sibylle Trelawney
  • Warwick Davis : Filius Flitwick
  • David Bradley : Argus Rusard
  • Gary Oldman : Sirius Black
  • Matthew David Lewis : Neville Londubat

Ce que j’en ai pensé :
Quelle idée folle de regarder le film alors que j’allais relire le roman ?

Surtout que autant où j’adore le troisième tome, autant je déteste, mais je déteste, ce film !

Je le déteste, je le déteste, mais que je le déteste ! Au cas où ceux du fond qui dorment à côté du radiateur n’auraient pas tout compris.

Mais alors, pourquoi l’avoir regardé à nouveau, 15 ans après ?

Mon petit côté masochiste, sans doute et puis, l’envie de vérifier si mon opinion allait être la même que lorsque je l’avais vu au cinéma, en 2004.

Lorsque j’allai le voir au cinéma, j’attendais beaucoup de ce film, puisque le tome 3 était mon préféré des 5 tomes déjà parus (et lus) au moment de la sortie du film (2004).

Ça avait bien commencé pourtant… Les Détraqueurs, la prison d’Azkaban, Sirius Black (magnifique Gary Oldman) et un Remus Lupin (David Thewlis) des mieux interprétés. Oui, le choix de ces acteurs avait été une riche idée.

Enfin je mettais un visage qui me plaisait sur leurs tronches et je savais que lors de mes relectures des romans, ils auraient ce visage là.

Grand changement par rapport aux premier et deuxième films, nos trois amis ne faisaient plus « enfants » mais déjà des ados. Tout les gamins des premiers films avaient pris un sacré coup de potion magique qui faisait grandir.

Le choc avait été rude puisque Daniel Radcliffe et Rupert Grint n’avaient plus leurs visages poupins. Le pire sera pour Neville Londubat (Matthew David Lewis) qui, avec le temps, passera du boulet aux dents de lapin à un mec sexy !

Il faut savoir que le tome 3 était riche en petits détails hyper importants, dont on ne se doutait pas à l’époque et qui allaient prendre toute leur importance plus tard, notamment avec le rat de Ron, Croutard.

Hélas, si on peut se permettre de mettre profusion de détails importants dans un livre et de lui ajouter 100 pages de plus, on ne pouvait pas se le permettre dans un film, sauf à le faire en deux parties ou d’en faire un film de 5h.

Exit donc tous ces petits détails qui m’avaient plus, dans le roman et que je ne retrouvais plus dans le film. Déjà là, mon enthousiasme avait pris un coup dans les tibias.

Le coup dans les couilles, si je puis me permettre, c’est le fait que nos héros se baladent dans des tenues Moldues en lieu et place de leur uniforme de Poudlard et que ça sentait trop les ados en goguette et pas assez les étudiants de l’école de sorcellerie.

Oui, dit ainsi ça peut faire cloche, mais mon avis n’a pas changé en 15 ans, ça me gonfle toujours autant, tout comme ça me gonfle de voir des producteurs nous présenter un Sherlock Holmes en tenue de barakî de kermesse, sale, puant, mal fagoté alors qu’il n’est pas en train de bosser sous déguisement.

Ce sont des détails qui comptent, nom de Zeus !

Pour le reste, les retour dans le temps, je ne les ai jamais compris et je ne comprendrai jamais… Il faudrait peut-être que je visualise le temps comme un cercle et non comme une ligne droite continue.

Non, je n’ai pas pris de plaisir à revoir ce film, oui je suis masochiste, oui je suis folle mais au moins, j’ai prouvé que ♫ non, non, rien n’a changé ♪,  que mes films préférés restent et resteront les 2 premiers, alors que dans les romans, ce n’est pas le même classement puisque le roman est mon préféré et que ce film-ci est celui que j’ai le moins aimé.

J’attendais trop de lui… La déception fut à la hauteur de ce que j’attendais. Bardaf, ce fut l’embardée et je suis de nouveau repartie dans le fossé.

Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).

Le Gros, le Français et la Souris : Raúl Argemi

Titre : Le Gros, le Français et la Souris

Auteur : Raúl Argemi
Édition : Rivages Noir (Oct 2005)
Édition Originale : El gordo, el francés y el ratón Pérez (1996)
Traducteur : Jean-François Gérault

Résumé :
Garcia, dit le gros, rencontre par hasard un ancien compagnon de cellule surnommé le Français. Garcia est devenu réceptionniste, pion sur l’échiquier du vaste empire financier dirigé par Tony Capriano Muller, dont la malhonnêteté n’a d’égale que la vanité.

Le Français, anarchiste habité par une inextinguible violence à l’égard de la bourgeoisie, offre au gros l’occasion de prendre une revanche sociale et de gagner beaucoup d’argent.

Avec l’aide de Pérez la souris, un ex-boxeur qui garde les séquelles de ses exploits sur le ring, ils vont organiser le kidnapping d’Isabel Capriano Muller.

Mais la séduisante épouse du « Parrain » n’est pas une victime consentante.

Dans la plus pure tradition du roman noir, le gros, le Français et la Souris puise son originalité dans une narration à la première personne, férocement drôle et décalée.

Ce premier roman de Raul Argemi, Argentin exilé en Espagne, rappelle irrésistiblement, par son style froid et caustique et la virulence de la charge sociale, l’esprit de Jean-Patrick Manchette.

Critique :
Certains disent que la branlette rend sourd, mais d’après Perez La Souris, la branlette te transforme en dégénéré et rend les os mous.

Si ces messieurs pouvaient confirmer ses dires et si la Recherche scientifique pouvait se pencher sur la question, je pense que ce serait d’utilité publique de savoir si ce genre d’activité provoque des séquelles.

Dernièrement, j’avais accompagné des kidnappeurs qui avaient tout de bras cassés en lisant « Les fleurs de saignent pas » de Ravelo.

Garcia Le Gros, Le Français anarchiste et Perez La Souris, ancien boxeur, sont eux aussi des petits truands mais un peu plus professionnels que ceux croisés précédemment.

Bien que, on se demande qui manipule qui car Isabel Capriano Muller, la kidnappée, a plus d’un tour dans son sac et dans sa culotte.

Entre Raúl Argemi et moi, c’est un bilan qui n’est pas équilibré pour ses trois romans lus. Autant je m’étais emmerdée dans « Ton avant-dernier nom de guerre » autant j’avais pris mon pied littéraire dans « Patagonia Tchou-tchou » et voilà que le soufflé est retombé avec ce roman-ci.

L’histoire commence par le fin, du moins, par un coup de pumas (les lecteurs comprendront) accomplis par nos trois truands. C’est dégueulasse, lâche et violent.

Puis, on remonte le temps avec la rencontre du Gros et des deux autres compères et de leur plan pour kidnapper la femme du magnat local.

Les personnages sont habillement croqués, ils sont bourrés de cynisme, d’humour noir, sont désappointés par cette société à deux vitesses où les riches exploitent les plus pauvres et prêts à tout pour changer la main qui leur a distribué les mauvaises cartes.

Le récit est assez lent, à certains moments, je me suis embêtée, ce qui est dommage parce que ça avait bien commencé, les premiers chapitres du récit étant tout en force et en actions violentes.

Pourtant, si « Patagonia Tchou-tchou » était drôle et bien écrit, j’ai eu l’impression qu’ici on s’enlisait dans le récit, qui pourtant fait dans les 200 pages et il m’a semblé que la kidnappée arrivait trop vite à ses fins avec ses kidnappeurs sans que l’on ait eu l’impression qu’elle prenait le temps de jouer avec eux pour les retourner à son profit.

Malgré un final sous haute tension au vu des retournements de situation, mon impression générale est restée la même : bof.

Une lecture où je me suis ennuyée et que j’ai terminée afin de savoir ce qui allait résulter de tout cela et de parvenir à faire la jonction entre les premiers chapitres qui nous laissaient entrevoir une partie du final et le final lui-même.

Patagonia Tchou-Tchou restera indétrônable !

Cette fille est tellement belle que ma main est partie toute seule et je n’ai pas pu l’arrêter : je suis allé directement faire de l’exercice pour me passer l’envie. La branlette, ça te transforme en dégénéré et ça affaiblit les os.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).

Les amis de Pancho villa : Léonard Chemineau & James Carlos Blake

Titre : Les amis de Pancho villa

Scénariste : Léonard Chemineau (d’après le roman de James Carlos Blake)
Dessinateur : Léonard Chemineau

Édition : Rivages/Casterman/Noir (14/03/2012)

Résumé :
Quoi de mieux pour narrer l’épopée de la révolution mexicaine que de se mettre dans la peau de Rodolfo Fierro, le plus fidèle et irréductible compagnon de Pancho Villa ?

À travers son récit, c’est l’histoire chaotique du Mexique au début du XXe siècle qui défile. L’odyssée grandiose et pitoyable de ces révolutionnaires à la fois idéalistes et cruels.

Entre faits et fiction, une vision très noire, d’où émergent des moments d’authentique grandeur, le dévouement et le courage d’hommes sans mesure, qui embrassent la vie et la mort avec la même fougue. Une réflexion sur le sens de l’action révolutionnaire.

Critique :
Dans des mots croisés sadiques, à la définition de « Villa célèbre », il fallait répondre « Pancho »… Oui, c’étaient des mots croisés de sadiques.

Pancho Villa, cet homme que je ne connais pas. C’était donc l’occasion d’aller me coucher moins bête, tout en fournissant une chronique de plus pour le Mois Espagnol où je n’ai guère brillé, cette année.

— La révolution, c’est comme une bicyclette, quand elle n’avance plus, elle tombe.
— Eddy Merck ?
— Non, Che Guevara !

Ah ça, pour faire la évolution, ils l’ont faite… Mais à quel prix ? Celui de la barbarie, celui où l’on tue tout ce qui ne nous plait pas, tout ce qui nous gêne, ou juste pour prouver qu’on est un homme et donc, un tue le premier type qui passe, même si c’est une connaissance.

Je le dis d’emblée, je n’ai pas aimé les dessins de cette bédé, ni les couleurs, pourtant dans les tons chauds. Encore moins les personnages, mais c’est accessoire, vu les actes qu’ils commettent (pillages, vols, viols, assassinats,…).

Évidemment, le récit est cru, sans fard, sans édulcorants. La révolution passera aussi par des magouilles, par des alliances, par des traîtrises.

Moi, je me méfie toujours des personnes qui veulent délivrer des populations opprimées… Au départ, on tue des méchants, comme le fit Daenerys dans GOT et puis ensuite, à force de traquer des monstres, on court toujours le risque d’en devenir un sois-même et de tout faire pour que l’état de guerre ou de révolution continue.

C’est bien démontré dans ces pages. Et puis, lorsque le chaos règne, la loi est absente, la loi, c’est eux, c’est moi. No rules, autrement dit, pas de règles, si ce n’est celle du plus fort.

La révolution nous a donné des armes, les meilleurs chevaux, des bottes, des vêtements et des chapeaux texans. A manger et à boire autant que nous voulions. Elle nous a fait voir du pays, elle nous a donné de l’or et des femmes, partout… Mais surtout elle nous a donné la liberté.

Si c’est vraiment fini, ça va être le retour de la loi, du papier, des directeurs, des tribunaux, des prisons, de toute cette merde.

Pour cela, je dois dire que l’auteur le retranscrit bien dans ses dessins, dans les dialogues, dans les actions des révolutionnaires. Mais il faut dire aussi qu’il met en scène un roman de James Carlos Black…

Tant pis pour moi, je n’ai pas adhéré, pas aimé, mais c’est ainsi. Les dessins, c’est une histoire de goûts et de couleurs. On aime ou on n’aime pas. Il m’est déjà arrivé de détester des dessins mais d’apprécier le récit, le scénario, mais dans ce cas-ci, je suis passée à côté de tout.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).

Lune noire [Billy Lafitte – Tome 1] : Anthony Neil Smith

Titre : Lune noire [Billy Lafitte – Tome 1]

Auteur : Anthony Neil Smith
Édition : Sonatine (21/03/2019)
Édition Originale : Yellow Medicine (2008)
Traducteur : Fabrice Pointeau

Résumé :
Une vision toute particulière de la justice et de la morale a valu à Billy Lafitte d’être viré de la police du Mississippi.

Il végète aujourd’hui comme shérif adjoint dans les plaines sibériennes du Minnesota, avec l’alcool et les filles du coin pour lui tenir compagnie, les laboratoires clandestins de meth pour occuper ses journées.

Si Billy franchit toutes les lignes, on peut néanmoins lui reconnaître une chose : il a un grand cœur. Ainsi, lorsqu’une amie lui demande de tirer d’affaire son fiancé, impliqué dans une sale affaire de drogue, c’est bien volontiers qu’il accepte.

Quelques jours plus tard, Billy est arrêté par le FBI, enfermé dans une cellule au milieu de nulle part, et sommé de s’expliquer sur tous ces cadavres qui se sont soudain accumulés autour de lui.

Critique :
Si tu aimes les flic élégant et propres sur eux, style le commissaire Swan Laurence, alors tu risques de t’étrangler devant le shérif Billy Lafitte, véritable flic bad ass et borderline.

Cet homme aime rendre service et personne ne se rend compte des choses bien qu’il a accompli après l’ouragan Katarina.

Bon, il a touché de l’argent, mais tout travail mérite salaire, non ? Et puis, il aidait les pauvres gens qui seraient passés en tout dernier sur les listes d’aide.

Charité n’est pas récompensée puisque le voilà muté dans le trou du cul du Minnesota et de nouveau, en voulant aider, il se retrouve avec un tas d’emmerdes au cul. Une diarrhée d’emmerdes, carrément et une chiée de cadavres…

Billy Lafitte est un flic qui a de l’humour, cynique, une sorte de Dead Pool sans le costume (et avec moins d’humour) qui se retrouverait pris dans un engrenage dont il n’a pas le contrôle et où tout le désigne comme le seul coupable.

On a du rythme, de l’action, des cadavres sous tous les dessous de lit, des vilains méchants vraiment pas beaux et très cons, comme les flics, d’ailleurs, mais on manque cruellement d’idées novatrices et de peps qui donnerait envie de rester concentré dans l’histoire ou lieu de regarder la moindre mouche qui passe.

Si le quatrième de couverture faisait allusion à Jim Thompson et James Crumley, c’était sans doute une erreur de leur part, car nous sommes loin d’un flamboyant Nick Corey, d’un Lou Ford et même d’un Milo Milodragovitch et d’un C.W. Sughrue.

Ok, c’est un récit bien burné, avec un héros pas toujours très finaud, le genre qui défonce tout puis réfléchi ensuite, un grand stratège de mon cul, bref, le genre de gars qui a tendance à tout faire foirer et à s’entêter au-delà du raisonnable.

Assurément, un personnage qui sort des sentiers battus mais le scénario, lui, il avait des airs éculés et ne m’a pas emballé plus que ça.

Un roman noir burné, un personnage déjanté, hors-norme, des méchants limite trépanés mentaux, un scénario un peu bancal et une envie d’arriver au bout pour passer à autre chose.

On est bien en-deçà de ce que j’espérais pour ce roman au vu des bonnes critiques lues et de son pitch qui m’avait fait baver à l’avance. Comme quoi, les retours et les impressions littéraires sont personnels à chaque lecteur/trice.

Pas dit que je poursuivrai les aventures de Billy Lafitte dans le tome suivant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).