[SÉRIE] Sherlock – Saison 4 – Épisode 2 – The Lying Detective

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The Lying Detective est le deuxième épisode de la quatrième saison de la série télévisée Sherlock diffusé pour la première fois sur BBC One et BBC One HD le 8 janvier 2017.

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Synopsis :
Plusieurs semaines ont passé depuis [événement du premier épisode – No spolier]… Sherlock vit cloîtré dans son appartement et a replongé dans la drogue.

Malgré son état, le détective accepte la visite d’une femme qui se présente comme la fille de Culverton Smith, millionnaire philanthrope, dont elle aurait découvert le plus sombre secret. Sherlock pense alors avoir à faire à son ennemi le plus dangereux jusque-là.

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Ce que j’en ai pensé (chronique sans paraben, sans huile de palme et sans spolier !) : Toujours sous le coup du précédent épisode, je suis entrée dans celui-ci avec la tête ailleurs, pas à ce que je faisais et de ce fait, j’ai loupé le jeu de mot de l’épisode et n’ai pas fait le rapprochement avec l’aventure canonique !

Sachant que les producteurs ont de plus en plus de mal à réunir les différents acteurs, certains murmurent que cette saison 4 serait probablement la dernière, et c’est sans doute pour cela que nous avions déjà un cliffhanger à la fin du premier épisode.

Nous retrouvons donc Sherlock seul dans son appartement après sa brouille avec John et sa réconciliation avec les drogues en tout genre.

Arrive une cliente qui lui parle d’un homme : Culverton Smith, son père, qui un jour, après leur avoir fait prendre du sérum « oubli », leur a expliqué qu’il allait tuer quelqu’un, qu’il voulait tuer quelqu’un.

Des petits clins d’oeil drôles, notamment avec Sherlock qui déambule dans Londres avec sa cliente, donnant l’air d’être éméché, suivi via les caméras de surveillance par son frère et qui, dans ses pérégrinations, arrive à lui tracer le mot « Fuck off ».

C’est un épisode étrange, où l’on ressent un mal être à voir Sherlock se foutre en l’air de la sorte, à poursuivre assidument le fameux Culverton Smith qu’il accuse d’être un tueur en série.

Niveau personnage malfaisant, le Culverton est un salaud de belle envergue, il suffit de l’entendre parler à son personnel « Cela fait longtemps que vous travaillez ici ? 10 ans ? *petit sourire en coin* Si vous voulez continuer…. » (dans ces eaux là).

Oui, celui qui a le rôle du méchant présumé (on ne le sait pas avec certitude, Sherlock étant dans ses délires) a la gueule de l’emploi.

Voyez par vous-même… Si ça c’est pas une belle gueule de méchant ou de type pas net, qu’est-ce qu’il vous faut de plus ??

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Sherlock est égal à lui-même niveau déductions, il sait toujours vous niquer les mots de passe des smartphone et se faire passer pour ce qu’il n’est pas.

Durant tout l’épisode, on ne sait pas trop qui manipule qui ni pourquoi (si j’avais fait le rapprochement avec l’aventure canonique, j’aurais compris, mais souvenez-vous, j’avais la tête encore perdue dans le premier épisode coup de poing).

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Le mystère plane toujours quand à un éventuel retour de Moriarty et ma crainte était qu’il soit fondé.

Ça bouge et ça castagne assez bien dans cet épisode, Sherlock se prendra quelques mandales et en donnera lui même, n’hésitant pas à se mettre en danger pour résoudre cette affaire qui le hante, qui le fait sombrer petit à petit dans les délires, sans que l’on sache s’il est dans le vrai ou pas.

Le final de cet épisode est à la hauteur de la nouvelle canonique, différent, mais dans la même veine, ce qui est normal pour un toxico (mdr).

Un épisode différents de tous ceux que nous avons vu, avec de la profondeur dans l’amitié que se porte nos deux hommes (pas du gay-friendly, merci !), avec de la tristesse, avec un John qui ne sait plus à quel saint se vouer et qui s’effondrera sur celui de Sherlock (il pleure sur son sein).

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Là, les fans de yaoi ont dû en mouiller leurs culottes, moi, j’ai inondé la mienne en entendant le son émit par le smartphone de Sherlock lorsqu’il reçu un SMS (texto) d’une personne que j’apprécie énormément.

Et j’ai adoré les sous-entendus !!!!

Le méchant était une fois de plus réussi, et là, je ne pourrai jamais rien leur reprocher car ils ont toujours su trouver les acteurs qu’il fallait et ces derniers ont toujours joué leur rôle à la perfection, que ce soit en version dingue et allumé, ou en type zen qui n’hésite pas à pisser dans la cheminée du 221b, ou du gentil nounours qui, quand il parle, vous glace les sangs.

Un épisode qui se termine une fois de plus sur un cliffhanger horrible qui donne envie de voir le dernier épisode de la saison 4 de suite.

Mais malgré tout ça, je trouve que la saison 4 est un poil de cul en-dessous de la saison 3 et une touffe de poil de cul de mammouth en-dessous de l’excellente première saison et de la deuxième, qui restent, à mon humble avis, les deux meilleures.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge British Mysteries chez My Lou Book et le Mois du polar 2017 chez Sharon.

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Equateur : Antonin Varenne

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Titre : Equateur

Auteur : Antonin Varenne
Édition : Albin Michel (01/03/2017)

Résumé :
USA. 1871. Pete Ferguson est un homme en fuite. Il a déserté l’armée durant la guerre de Sécession, est recherché pour meurtre dans l’Oregon, pour vol et incendie dans le Nebraska.

Sous le nom de Billy Webb, il est embauché par des chasseurs de bisons qu’il quitte après un différend sanglant. Il croise alors la route de Comancheros qu’il suit jusqu’au Mexique, d’où il s embarque pour le Guatemala…

Quoi qu’il fasse, où qu’il aille, Pete attire les problèmes et fait les mauvais choix. La violence qui l’habite l’éloigne toujours plus de ceux qu’il aime : son frère Oliver, resté au ranch Fitzpatrick avec Aileen, Alexandra et Arthur Bowman.

C est une femme qui changera son destin, une Indienne Xinca chassée de sa terre natale.

Pour la sauver, il fera échouer une tentative de coup d’état. Ensemble, ils iront jusqu’à l’équateur dont Pete a fait son graal et où il pense que les forces régissant ce monde s’inverseront enfin.

equateur-antonin-varenneCritique :
♫ Je n’suis bien avec personne car j’suis Pete Ferguson ♪ Et j’m’attire des misères ♫ Dès que je ne suis plus solitaire ♪ En moi j’ai d’la violence, à ma vie j’cherche un sens ♪

♫ Je talonne mon stalion, Et voici qu’il galope ventre-à-terre ♫ J’irai pas au Paradis, mon enfer est sur terre ♫

♫ Et si je meurs demain, C’est que tel était mon destin ♪ Je tiens bien moins à la vie qu’à mon superbe bourrin ♪ (1)

Lorsque j’avais tourné la dernière page de « Trois mille chevaux vapeurs », j’avais pesté sur le mot « Fin » apposé à la dernière page car j’aurais encore bien repris 200 pages de plus des aventures du bourru ex-sergent Arthur Bowman.

L’auteur a dû entendre mes doléances car voici qu’il vient de m’écrire 340 pages des aventures de Pete Ferguson, un des gamins déserteurs que Bowman avait caché dans son ranch.

Si Bowman avait un caractère ronchon, bourru, et une belle descente, on peut dire qu’il n’arrive pas à la cheville de Pete, ce garçon qui a dû grandir trop vite tout en évitant les coups de son paternel, qui a vu sa mère mourir trop jeune et à dû protéger son petit frère. Depuis, il a la haine sur tout, même sur son cheval, parfois !

Sérieusement, il y a eu des pages dans le roman où j’aurais bien baffé Pete, toujours en rogne sur tout le monde, sur le système, sur le pays, sur ses habitants… Tout !

C’est un personnage torturé, qui a la haine et qui pense qu’en allant jusqu’en Équateur, sa rédemption sera accomplie, croyant, à tort, que les forces régissant ce monde s’inverseront enfin puisqu’en Équateur, les pyramides tiennent sur leur pointe et que tout est inversé.

Par contre, Pete ferait le bonheur de Pôle Emploi vu ses compétences ! Visez un peu tout ce qu’il peut mettre sur son C.V : déserteur, incendiaire, chasseur-pisteur et dépeceur de bisons, marin, mercenaire, orpailleur et buveur. La classe, non ?

Ben non… Quoique que Pete fasse, ça se termine en eau de boudin, dans la violence, celle qui lui colle au corps, aux basques, à la peau, celle héritée de son père auquel il ne veut pas ressembler et qui, pour finir, est devenu lui.

Pourtant, on s’y attache au Pete ! Il a de la violence en lui, mais il y a aussi de la fragilité, un besoin de rédemption, du désespoir, le besoin d’accomplir une quête.

Ce roman commence comme un western, peu de temps après la fin de la guerre de sécession, avec une chasse au bisons, où l’on tue des bêtes uniquement pour leur fourrure, laissant pourrir les carcasses ensuite sur la plaine. Une gabegie, un gaspillage honteux…

Et puis, on passe au Mexique, on côtoie des Comancheros, on franchi le Rio Grande et on s’enfonce toujours plus bas, jusqu’en Guyane Française, on passe au Brésil, pour remonter ensuite aux États-Unis, bouclant le périple par où on l’avait commencé.

340 pages magnifiques, des portraits hauts en couleurs, une description de la vie de l’époque sans fioritures, telle qu’elle était, avec des gens qui se foutaient pas mal de la préservation des espèces et de la survie des Indiens. Des coureurs des plaines qui survivaient avec le peu qu’ils gagnaient en vendant les peaux de bisons…

On y croise toute une foule de personnages, des bons, des sympas, des abjects, des salauds, des marins d’eau douce ou de mer, des poètes, des révolutionnaires, des indiens Xinca chassés de leurs terres natales (un concept typiquement humain de voler les terres des autres), des bagnards de Cayenne,…

Quel voyage mes amis ! Pourtant, j’ai eu aussi de la nostalgie lorsque je suis arrivée à la dernière page, comme avec Arthur Bowman, j’aurais encore bien parcouru une fois de  plus le continent en compagnie de Pete Ferguson et de ses démons.

Merci à l’auteur de m’avoir écrit ce fabuleux roman et merci à Masse-Critique de Babelio de m’avoir permis de le lire en avant-première.

(1) Parodie de la chanson « Massey Ferguson » de Jean-Marie Bigard, elle-même parodiée sur « Harely Davidson » de B.B

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Mois du polar Février 2017 chez Sharon et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (340 pages – 200 lues = 140).

Étoile 4

Les Vieux Fourneaux – Tomes 1 – 2 – 3 : Wilfrid Lupano & Paul Cauuet

Titre : Les Vieux Fourneaux – Tomes 1 – 2 – 3

  • Tome 1 – Ceux qui restent (2014)
  • Tome 2 – Bonny and Pierrot (2014)
  • Tome 3 – Celui qui part (2015)

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Paul Cauuet

Édition : Dargaud

Résumé :
Les Vieux Fourneaux raconte les aventures de trois septuagénaires, amis depuis leur plus tendre enfance: Antoine, Emile et Pierrot. Chacun a suivi sa route, chacun a fait ses choix, chacun a fondé (ou pas) une famille.

Séquelles, souvenirs, fragments de vies (presque) passées. Il reste pourtant à ces trois-là de belles choses à vivre, et une solide amitié chevillée au corps.

Les Vieux Fourneaux, à travers dʼincessants va-et-vient entre les années cinquante et les années 2010, raconte sur un mode tragi-comique notre époque, ses bouleversements sociaux, politiques et culturels, ses périodes de crise.

vieux-fourneaux-autre_232992Critique :
Après quelques romans noirs sur les truands, la prohibition ou la Grande Dépression, il me faut de quoi me remonter le moral… Après avoir vu les infos aussi !

— Quand on fait fortune en fabriquant des anti-dépresseurs , forcément , un monde de merde , ça fait rêver.

Pour cela, j’ai un bon plan : « Les vieux fourneaux » de Wilfrid Lupano, celui-là même qui m’avait déjà bien fait rire avec « L’ Homme qui n’aimait pas les armes à feu ».

Vieillir tue ! On ne nous le dit pas assez… Et vieillir con, aussi.

— Tu comptes faire chier le monde encore longtemps ?
— Le plus longtemps possible, oui. Qu’est ce que tu veux faire d’autre ? À nos âges, il n’y a plus guère que le système qu’on peut encore besogner. Du coup, ma libido s’est reportée sur la subversion. C’est ça ou moisir du bulbe.

Mais il ne sera pas dit que nos trois p’tits vieux ont l’intention de vieillir con, surtout pas Pierrot qui, avec son collectif « Ni yeux, ni maîtres » est déjà un sacré militant et un fouteur de bordel aux congrès de l’UMP ou autre parti politique français.

— Des non-voyants anarchistes ! « Ni yeux ni maître », qu’on s’appelle ! On fait du terrorisme situationnel. C’est bidonnant. On s’incruste dans les réceptions, les soirées branchées, les cocktails, les réunions politiques, et pis on fout le boxon. Que des handicapés et des vieux méchants comme des teignes ! Le cauchemar des services d’ordre. S’ils nous touchent, on porte plainte, on demande des dommages et intérêts, ça arrondit les fins de mois.

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Ces trois tomes, je les ai cherché longtemps, une fois que je les ai eu enfin en main à la bibli, je ne les ai plus lâché et je me suis plongée dans les tribulations de ces trois septuagénaires, ces trois amis d’enfance- Pierrot, Mimile et Antoine – qui se retrouvent à l’occasion de l’enterrement de Lucette, l’épouse d’Antoine.

L’occasion de se remémorer des bons souvenirs entre amis !

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Le style est avant tout drôle, caustique, sarcastique, ironique et qui pique juste là où il faut, dénonçant notre société de consommation, les gros industriels qui se foutent de tout – la Nature, l’Humain – la connerie humaine et notre génération qui a tout foutu en l’air et qui continue, droit dans le mur…

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— Vous êtes inconséquents, rétrogrades, bigots, vous votez à droite, vous avez sacrifié la planète, affamé le tiers-monde ! En quatre-vingts ans, vous avez fait disparaître la quasi-totalité des espèces vivantes, vous avez épuisé les ressources, bouffé tous les poissons ! Il y a cinquante milliards de poulet élevés en batterie chaque année dans le monde, et les gens crèvent de faim ! Historiquement, vous… VOUS ÊTES LA PIRE GÉNÉRATION DE L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ ! Et un malheur n’arrivant jamais seul, vous vivez HYPER vieux !

Un pied dans le présent et des retours en arrière pour nous expliquer un peu le passé de ces drôles de zigs qui n’ont pas toujours été droit dans leurs bottes…

J’ai adoré les actions folles réalisées par tout un groupe de vieux qui sont bien déterminés, avant de partir pour le terminus de Saint-Pierre, de dénoncer certains faits ici-bas, le tout avec un style bien à eu, avec des hackeurs, des aveugles et un des leur qui peut se transformer en Human Bomb et péter sur commande. Effet garantit au prochain meeting des Républicains !

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Ça grince des dents, mais cela reste avant tout une comédie, on est en plein dans la lutte des classes, dans le choc des générations, dans le social, les syndicats, la chute de notre société et des activistes en déambulateur.

Les dialogues sont à déguster dans modération, à relire plus lentement pour les savourer une fois de plus, tout en se marrant allégrement.

— J’aurais préféré le tuer à coups de pied, mais avec mon arthrite…

— Qu’est-ce que tu viens faire ici ? T’es sur une propriété privée !
— M’emmerde pas, c’est pour les bêtes que je suis là.
— Fous-moi le camp, je te dis ! Mes bêtes elles préfèrent crever que de voir ta tronche !
— Ben, puisque t’as l’air d’être le chef du troupeau, t’as qu’à leur montrer l’exemple !

Niveau dessins, faut les savourer aussi, surtout les mimiques de nos gars… Le diable se cache dans les détails, c’est bien connu.

Une saga politiquement incorrecte, des vieux qui n’ont rien à perdre, rien à foutre de ce que l’on pense d’eux, ils n’ont pas peur de se faire arrêter par des flics, de conduire comme des manches, ou de se taper un road-movie jusqu’en Toscane pour laver un affront…

— Dis, tu vas klaxonner et faire des appels de phare tout le long comme ça ?
— Oui, j’ai remarqué que les gens sont plus attentifs quand je fais ça.

— Pfffiou ! Dis donc, parler à des flics, ça reste quand même le dernier grand vertige intellectuel. À nos âges on devrait être dispensés.

Le tout en demandant à Sophie, la petite-fille préférée d’Antoine, de les conduire jusque là, alors qu’elle est enceinte jusqu’au dents !

— Il faut faire des enfants, c’est merveilleux, les enfants…
— Un beau petit qui va avoir une belle vie.
— Ou pas.
— Comment ça, ou pas ?
— Je sais pas, vous le trouvez si merveilleux, vous le monde ? C’est bien les vieux, ça.
— Ben… Sophie…
— Quoi, c’est vrai ! Vous autres, les vieux, vous êtes toujours là à vous extasier devant les enfants ! « Et qu’il est mignon, et gnagnagna ! » Vous feriez mieux de vous excuser, ouais ! Regardez autour de vous ! Vous nous laissez un monde tout pourri, vous avez tout salopé, et ensuite vous venez souhaiter bon courage aux locataires suivants ! Vous manquez pas d’air !

Et puis, de temps en temps, c’est eux qui s’en prennent plein la tronche par Sophie qui déterrera un vieux secret peu reluisant sur nos petits vieux préférés.

— J’ai déjà eu honte, dans ma vie, comme ça, en amateur, mais depuis deux jours, j’ai vraiment l’impression d’être passé professionnel.

— Des fois, j’ai envie de vous frapper, les vieux, quand je vois votre bilan. Faut pas vous étonner s’il y a plus de respect pour les anciens, hein…

Je m’en vais militer pour un 4ème tome, moi !

—  Mais lâchez-moi !
—  Michel, amène le taser.
—  NAZIIIS !
—  N’en fais pas trop, va ! T’as pas la tenue adéquate.*
—  Y a pas de tenue pour s’indigner !
[* déguisé en abeille]

Pierrot : « Tu sais ce que je crois ?
Antoine : Non…
Pierrot : Je pense que le monde ne nous mérite pas ! A nous deux, c’est bien simple, on fait trembler les puissants, et on relance l’économie ! Et encore, on n’est pas chauds, il est même pas onze heures !
Antoine : Et Mimile n’est même pas là ! »

Étoile 4,5

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Une poire pour la soif : James Ross

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Titre : Une poire pour la soif

Auteur : James Ross
Édition : Gallimard – Folio (1999)
Édition originale : They don’t dance much (1940)

Résumé :
En 1940, à la parution de ce chef-d’œuvre maudit, Raymond Chandler fut le seul à reconnaître une pépite dans « ce récit sordide et complètement corrompu », mais parfaitement crédible, « d’une petite ville de Caroline du Nord ».

Unique à plus d’un titre – il sera le seul jamais écrit par son auteur – ce roman de la Dépression est peut-être le plus brutal et le plus cynique jamais écrit à cette époque; un univers de violence, de luxure et de cupidité où tout le monde triche, en croque, en veut.

James Ross, né en 1911 en Caroline du Nord aux Etats-Unis et mort en 1990, est l’homme d’un seul livre. Une poire pour la soif, paru en 1940, se trouve à mi-chemin, entre Jim Thompson et Fantasia chez les ploucs de Charles Williams. Un grand classique.

they-dont-dance-much-james-rossCritique :
C’est ce qui s’appelle regarder l’Amérique profonde par le petit bout de la lorgnette. tel un témoin privilégié qui pourrait assister à la corruption qui gangrène et ronge Corinth, une petite ville de la Caroline du Nord, peu après la Grande Dépression.

Ici, les gens bien vont à la messe le dimanche et s’ils veulent s’encanailler avec de la « gniole » ou de la fesse, ils sont priés de le faire avec discrétion.

Jack McDonald est un paumé de chez paumé ! Son coton ne donnera rien cette année non plus, faut payer les impôts, l’enterrement de sa mère qui a eu lieu il y a au moins 6 mois.

Cerné par les dettes, avec juste pour horizon la boisson qu’il écluse à la verticale, notre Jack ne voit pas ce qu’il l’empêcherait de bosser dans le futur roadhouse que Smut Milligan veut ouvrir pour tenter lui aussi de s’en sortir.

Depuis, quand je raconte aux gens qu’un soir j’ai fait tout Corinth avec un dollar en poche et que j’ai pas été foutu de trouver une goutte de gniole, ils disent tous que c’est des menteries ; que ça pourrait jamais se produire à Corinth, une chose pareille.

Quésako un roadhouse ? C’est un truc qui n’existe qu’en Amérique… Une sorte de bar-restaurant, station-service, hôtel (de passe), dancing, tripot clandestin où l’on joue et où l’on boit de l’alcool du gouvernement (on a payé les taxes dessus) ou distillé par Catfish, un homme de main de Smut Milligan.

Attention, pas de putes dans les cabanons loués par Smut aux gens qui voudraient faire la chose sans que cela se sache et ailleurs que sur les sièges arrières d’une bagnole. Smut, il a une conscience – ceux qui ont lu le roman doivent rigoler – et donc, pas de putes ou de maquereaux.

— Mais les gens d’ici louent bien une cabine pour deux heures, des fois.
— C’est différent.
— Ah bon ?
— Ouais. Les gens d’ici qui font ça c’est des gens comme il faut. Les filles, pour la plupart c’est des filles qui font partie de la chorale de l’église, et qui font ça aussi. Les gars viennent des meilleurs familles. Mais si je devais laisser des putes venir ici ce serait différent.

Il est bien dommage que James Ross n’ait réussi à faire publier que ce roman là car il y a dedans un potentiel énorme ! Raymond Chandler ne s’était pas trompé en parlant de pépite car c’en est une que j’ai tenu entre mes mains. Une pépite noire.

Dans un style bien à lui, James Ross nous décrit avec brio cette petite ville de Caroline du Nord, un peu beaucoup raciste, sexiste, cette société phallocrate dont les notables ou ceux qui ont une situation doivent sauver la face et se cacher pour boire de la gnôle ou fricoter avec des filles (ou se faire sauter par des mecs, si vous êtes une fille).

Jack est notre narrateur et il ne s’embarrasse de phrases pompeuses pour nous conter sa drôle de mésaventure, donc, pour ceux qui aiment le phrasé haut-de-gamme, ça risque de pas le faire. N’oubliez pas non plus que nous sommes dans les années 30 et qu’à cette époque là, la population afro-américaine se nommait elle même « négro »parce que tout le monde les nommait ainsi (je ne cautionne pas, je précise, c’est tout).

Entre nous, je ne sais pas s’il y a parmi toute cette galerie de personnage un à sauver, un qui vaudrait la peine que l’on se penche sur lui pour le sortir de cette vie de merde. Ici aussi la politique gangrène le tout et le politicien du coin est aussi pourri que tout les autres, même plus pourri puisqu’il se comporte comme un mafioso… mafiosi puisqu’il est seul.

Quand à notre Jack, il va se retrouver impliqué dans une affaire dont il ne se doutait pas une seule seconde qu’elle prendrait un tour aussi horrible, et restera en spectateur impuissant de la folie furieuse de Smut qui voudrait du fric et qui est jaloux de ceux qui en possèdent.

Un excellent roman noir de chez noir, sans une once de crème ou de sucre, même pas un grain de stévia pour adoucir l’affaire et un final d’un cynisme à aller se pendre au premier arbre qui passe.

Une réalité qui fait froid dans le dos, une description au cordeau d’une société de notables pour qui le qu’en-dira-t-on est plus important que tout, une plongée dans une société de minables (pour les autres) où boire est plus important que tout, où dépenser le peu de fric gagné à la sueur de son front est quasi une institution et où la cupidité des uns entrainera la chute de plusieurs.

Sûr que dans le roadhouse de Smut on ne dansait pas beaucoup (illusion au titre en V.O), qu’on buvait raide, qu’on jouait gros, qu’on crachait sa chique de tabac dans les crachoirs ou au sol et qu’il s’y est passé des vertes et des pas mûres, le tout sous le regard effaré du lecteur.

« Mais tout le monde dans la région savait ce qui se passait dans un roadhouse. Pratiquement tout ce que j’ai écrit comme fiction est basé sur des gens que j’ai connus. »

Ne rentrez pas dans ce roman noir pour y commander un café, mais demandez plutôt à Badeye, Sam ou Jack de vous servir une pinte de raide et méfiez-vous des dés truqués et des cartes biseautées de Smut qui, entre nous, est une véritable enflure de première.

Et surtout, surtout, montrez pas que vous êtes un paumé avec du flouze plein votre portefeuille !

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Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Mois du polar 2017 chez Sharon et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (342 pages).

Fables – Tome 22 – Et ils vécurent heureux : Bill Willingham & Mark Buckingham

 

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Titre : Fables – Tome 22 – Et ils vécurent heureux 

(EDIT : Tome 24 dans  l’ancienne collection !!)

Scénariste : Bill Willingham
Dessinateur : Mark Buckingham

Édition : Urban Comics Éditions (20/11/2015)

Résumé :
Si Blanche Neige connu un jour l’harmonie au sein de sa famille, force est de constater que cette époque est depuis bien longtemps révolue.

Après avoir affronté et triomphé de nombreux adversaires, c’est aujourd’hui au sein même de leur communauté que les fables doivent choisir leur camp.

Blanche et sa soeur Rose sont sur le point d’engager une guerre sans précédent dont le Royaume risque de ne pas se relever.

fables-tome-24-plancheCritique :
Avec pareil titre, j’avais lieu d’espérer que nos Fables en avaient fini avec les jours sombres et qu’ils allaient tous aller à la Costa Del Sol, siroter des mojitos et mettre leurs doigts de pieds en éventail…

C’est vrai, quoi ! L’Adversaire est défait, vaincu, les Royaumes ont retrouvés leur liberté, ont aurait déjà pu penser qu’ils allaient tous se la couler douce…

Que nenni ! Le scénariste, crapuleux, leur a sorti un Mister Dark bien sombre, un Méchant bien typé qui allait les empêcher de piquer une sieste au bord de la piscine.

Bon, on le remballe d’où il vient et ensuite on peut commencer à aller pilonner des citrons verts pour les mojitos ? Non, on ne peut pas… L’ex-mari de Blanche-Neige est revenu et a foutu le bordel. Et pas que lui…

Maintenant, c’est pire et c’est rappé pour les cocktails au bord de la piscine car le danger vient de l’intérieur et c’est pas aujourd’hui qu’on pourra se la couler douce dans cette série.

Je vous avais déjà parlé des personnages, bien travaillés et susceptible d’évoluer, de mourir, de passer de pleutre ou chiant à courageux et intéressant, d’avoir un grand rôle à jouer alors qu’on ne le pensait pas, et surtout, de passer de sympa à salope perfide.

Pourtant, ce tome est l’avant-dernier de la série et dans le suivant, la messe sera dite et je pourrai reprendre une vie normale, si tant est que cela est possible après avoir découvert une série aussi excellente que celle-là !

Originalité de l’album, chaque chapitre se termine par une histoire courte intitulée « la dernière histoire de… » et nous avons trois intrigues qui se mettent en branle dans cet avant-dernier opus : Brandish qui la joue salaud, comme d’habitude, un monstre qui rôde dans les rues de New-York et la découverte, bouche bée, de l’héritage maudit de Rose Rouge et de sa soeur, Blanche-Neige.

Je tremble à l’idée d’entamer le dernier chapitre, celui qui parlera sans doute de la lutte finale, de la lutte filiale (et pas Fillon) car ici, personne n’est payée à rien foutre et à pas être là, même si je pense que certains aimeraient se trouver à des lieues de l’affrontement final.

Quant au reste, la mise en scénario des personnages des Fables est toujours au top, réaliste et les auteurs nous offrent aussi des tas de clins d’œil à d’autres contes, comme un oiseau tournant autour d’une jeune fille qui n’est pas celle coincée avec des nains lubriques, un criquet qui n’est pas avec son Pinocchio et une sorte d’ogre s’apprêtant à découper un enfant sans défense.

Je tremble d’impatience de lire le dernier et je tremble de peur à l’idée de qui les auteurs pourraient encore nous dézinguer, car à l’instar de G.R.R Martin, ils n’hésitent pas à renvoyer aux pays du sommeil définitif certains Fables adorés.

Il va sans dire qu’ils me manqueront tous et que j’aurai du mal à me remettre de la fin de cette série qui m’a enchanté du début jusqu’à maintenant…

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Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Mois du polar 2017 chez Sharon et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (200 pages).

 

Aux urnes, les ploucs ! : Charles Williams

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Titre : Aux urnes, les ploucs !

Auteur : Charles Williams
Édition : Folio Policier (2001)
Édition Originale : Uncle Sagamore and his girls (1959) – Série noire N°602 (1960)

Résumé :
Tabac à chiquer, whisky de contrebande et superbes créatures vêtues de probité candide et de nylon.

C’est l’oncle Sagamore qui régale. C’est sa campagne électorale. Ceux qui aiment les boissons fortes et les faibles femmes voteront pour lui !

aux-urnes-les-ploucs-charles-williams-serie-noireCritique :
Qui a dit que la banlieue était morose ? Certains se sont pris en main et n’ont pour destin que de foutre le bordel, de faire tourner en bourrique les flics, ne jamais rien faire pour rien, de gagner de l’argent sans en faire trop et si possible, en arnaquant les autres, de raconter des bobards et de distiller de l’alcool.

Distiller de l’alcool ? Oui, ne cherchez pas à avoir du réseau pour you tuber une vidéo de l’affaire ou instagrammer, snapchater une photo de Sagamore Noonan, nous sommes  à Blossom, un bled paumé et au bon vieux temps de la prohibition !

Franchement, je pense que si les Pères Fondateurs des États-Unis avaient connu Sagamore, ils auraient restreint toutes les libertés individuelles !

— Même si, toute sa vie, Noonan, il n’a rien fait d’autre que de se fich’ du monde, la justice veut pas le savoir. Les auteurs de la Constitution ont voulu garantir la liberté des individus, et on peut pas leur en vouloir puisque, de leur temps, il n’y avait pas Sagamore Noonan. Donc, je l’ai pas arrêté pour la bonne raison qu’il n’existe pas de preuve valable de son délit.

Sagamore, c’est un homme que l’on aimerait avoir pour oncle, pour ami, pour frère, car avec lui, on ne s’emmerde jamais quand il s’agit de jouer des tours pendables aux policiers ou au nouveau pompiste qui tenterait de nous arnaquer avec des vieux pneus vendus pour des neufs.

Sagamore, c’est le Napoléon – non du crime – mais de l’arnaque ! Attention, pas des arnaques minables, non, de l’arnaque haut-de-gamme, m’sieurs, dames ! Des arnaques drôles où ceux qui voulaient l’arroser se font inonder… Joues pas au plus malin avec lui.

Le genre que quand tu en es le témoins privilégié, tu s’assieds avec des pop-corn pour ne rien rater de l’affaire tant elle est exécuté avec maestria, le tout avec des airs de je-ne-suis-pas-très-malin qui attire ceux qui se croient plus intelligents que lui, comme des mouches sur un pot de miel.

L’oncle Sagamore, si tu cherches à le baiser, il te la foutra bien profond avant même que tu ne sentes ton pantalon descendre !

Et niveau distillerie clandestine, ce bootlegger te ferait un demi litre de whisky en plein milieu du désert avec 3 raisins secs et un gobelet de fer blanc, et le tout avant même que tu ne réalises que les raisins et le gobelet était à toi !

Aidé de son frère Sam, dit Pop, le tout sous les yeux candides et innocents du narrateur, Billy, 8 ans, le fils de Sam (c’est lui qui l’appelle Pop), ces deux là n’en ratent pas une et mériteraient le grand prix de la comédie, ainsi que recevoir tous les César et Oscar du coin.

J’avais déjà pouffé de rire dans leurs aventures précédentes, « Fantasia chez les ploucs » et même si maintenant je connais la musique et les tours pendables de Sagamore, je me suis de nouveau laissée prendre au jeu de comprendre comment il arrivait à distiller de l’alcool sous les yeux de centaine de personnes, du shérif, du pompiste baisé par Sagamore (et qui se venge en se présentant à l’élection pour le poste du shérif) alors qu’il ne sort pas une goutte de son installation dans laquelle il dit vouloir faire de la térébenthine.

— Quant à savoir ce qu’il fait, vous m’en demandez trop… C’est comme l’histoire du médecin qui a inventé un traitement pour une maladie qui n’existe pas. Qui sait ? Il cherche peut-être à inventer une infraction inédite à la loi et il espère que le délit en question portera son nom ; ou alors, il essaie de rendre délictueuse une chose qui ne l’est pas et de faire voter une nouvelle loi, sur cette simple présomption que, même si son activité ne paraît pas répréhensible, elle est forcément contraire aux intérêts de la société et de l’humanité en général, du moment qu’elle est exercée par Sagamore Noonan.

Sagamore n’en rate jamais une de se faire du fric, de jouer des tours pendables et là, personne ne comprend ce qu’il fabrique avec son frère puisqu’il perd de l’argent et qu’il ne sort pas une goutte de térébenthine (ni d’alcool) de son alambique !

Tout le monde sait qu’il est en train de distiller de l’alcool mais personne ne comprend comment il y arrive et le pauvre shérif ne comprend plus un mot dans cette pantomime que Sagamore Noonan joue avec son frère Sam.

Même moi je n’avais pas trouvé la solution ! Sagamore reste le plus fort pour blouser les gens et nous faire rire, sourire, nous taper sur les cuisses, le tout sous le regard furax du shérif (et de ses adjoints) qui sent sa place foutre le camp.

La plume de Charles Williams fait une fois de plus mouche, ses personnages sont hauts en couleurs et inimitables, imbattables, leur gouaille et leur verve n’appartiennent qu’à eux et c’est toujours un plaisir de lire pareil roman noir à l’humour si bien distillé.

Aaaah, si seulement il existait encore d’autres romans avec mes ploucs préférés qui ne sont pas si ploucs que ça, que du contraire !

— Allez, on y va, dit Miss Malone. Qu’est-ce qu’on attend ?
— Minute, fait Murph. J’ai envie de voir ça.
— Quoi ?
— La souris qui va bouffer le matou.

Un roman noir feel-good qui a tout d’un grand. Un excellent Charles Williams, une fois de plus.

Étoile 4

 Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (250 pages).

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Ne mourez jamais seul : Donald Goines

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Titre : Ne mourez jamais seul

Auteur : Donald Goines
Édition : Gallimard (25/11/1998)
Édition originale : Never Die Alone (1974)

Résumé :
King David, surnommé King Cobra, est revenu en ville. Combien sont-ils à vouloir lui faire la peau ? Moon, dont seuls de lourds rideaux noirs auraient pu camoufler ce que disait son regard ?

Mike, qui sans avoir plus de vingt ans, sait déjà que « toutes les emmerdes du monde » ne l’empêcheront pas de buter ce fumier ? King David a du fric.

Un autre homme dans la ville en manque terriblement. Il se nomme Pawlowski. Aussi foncièrement bon que King David peut être dangereux, rien ne le prédisposait à croiser le chemin du Cobra…

never-die-aloneCritique :
Y’a des jours comme ça où certains auraient mieux fait de jamais revenir à New-York…

Ou mieux : il y en a un qui n’aurait jamais dû arnaquer un dealer, duper des femmes et surtout pas voler le chèque de l’assistance d’une femme qu’il sautait. Et encore mois l’envoyer par terre, elle et son fils qui tentait de s’interposer.

La vengeance est un plat qui se mange froid, mais comme dit le proverbe « Celui qui se venge doit creuser deux tombes, une pour sa victime et une pour lui ».

Ce Donald-ci mériterait d’être plus connu… Ce que j’apprécie chez lui, c’est sa plume acérée et le fait qu’il sait de quoi il parle, lui qui fit de la prison après avoir braqué une banque, qui fut dealer et maquereau.

Dans « Justice Blanche, misère Noire », il dénonçait, noir sur blanc, les inégalités qui régnaient entre condamnés Blancs et les condamnés Noirs (en ce qui concerne les cautions à payer).

Ici, nous entrons dans l’intimité d’un truand, un dealer, pas le plus gros, mais celui qui a le plus d’orgueil, qui croit qu’il est le plus intelligent et qui pense que tout le monde veut lui lécher les pieds.

L’action se déroule en 1973 mais pourrait très bien être contemporaine, les gens qui filment tout au smartphone en moins… King David, dit King Cobra est revenu à New-York et a décidé de rembourser – avec intérêts – les 500$ qu’il avait chouravé à Moon, le dealer local.

Si King David a horreur que l’on se foute de sa gueule et qu’on le prenne pour un minable, il aurait dû savoir que Moon était comme lui et penser que le fils de celle dont il avait volé le chèque de l’assistance voudrait se venger, maintenant qu’il bosse pour Moon.

Tout aurait pu très bien se passer, King David remboursait sa dette, et tout allait bien dans le meilleur des mondes, mais tout à foiré, dans les grandes lignes, comme un jeu de domino qui, une fois la première pièce tombée, entraine toutes les autres au sol.

Ils auraient dû tous savoir que la première chose qui foire dans un plan de bataille, c’est le plan de bataille lui-même. Ils auraient dû savoir que tout ne se passe pas toujours comme prévu et que l’arme peut se retourner contre toi…

Autant King David est un être abject – la lecture de son journal intime nous le prouvera – autant Moon est bouffi d’orgueil et pense qu’il est le roi du monde, autant Paul Pawlowski, polonais juif issu de l’Allemagne nazie est bon et droit dans ses bottes.

C’est lui qui a  ramassé King David dans le caniveau et c’est lui qui va nous lire le carnet de ce dernier dans lequel il décrit ses faits et gestes qui feront pâlir le lecteur le plus blasé.

Un récit court, un récit brut, pur, de la came non coupée, des êtres abjects, un type correct, un type qui a les couilles de suivre sa conscience, un homme qui va comprendre qu’il a aidé un salaud et qu’il aurait dû le laisser croupir dans son caniveau.

Donald Goines ne fait pas dans la dentelle, pourtant, pas de violence sans raison, pas d’horreur juste pour en faire, non, juste un récit brutal que tu dévores sans plus penser à rien d’autres.

Le récit d’une vengeance qui ne tourne pas comme elle devrait et qui aura des conséquences imprévues sur tout le monde, surtout chez les truands de Moon.

Avec Donald (Goines), c’est du cash, baby, et c’est pas de la fiction… Ici, on est face à des flingueurs, et c’est pas des gentils tontons.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (184 pages) et Le Mois du polar 2017 chez Sharon.

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Touchez pas au grisbi ! : Albert Simonin

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Titre : Touchez pas au grisbi !

Auteur : Albert Simonin
Édition :  Gallimard (12/06/2014)
Édition originale : Nouvelle Revue française (1953) – Série noire N°148 (1953)

Résumé :
Max-le-Menteur pensait se classer parmi les hommes de poids du milieu des malfrats parisiens. Il ne lui manquait pas grand chose. Mais l’assassinat de Fredo vient tout remettre en cause.

Qui a tué ce chef de bande ? Riton, son ennemi héréditaire, et meilleur ami de Max ? En son absence, c’est ce que tout le monde croit. Et pour les lieutenants de Fredo, la vengeance va être simple : tuer Max.

Entre la police qui cherche Riton et les tueurs fous à ses trousses, Max n’aura pas une minute à lui.

Critique :
L’est déjà con, le Frédo, de dire à voix haute qu’il va filer un coup d’surin à Riton, le chef de la bande rivale…

Lorsqu’on est un petit caïd, vouloir fourrer un cador, c’est le genre d’acte qu’il vaut mieux ne pas claironner sur tous les toits, et encore moins dans un rade !

La vie étant une sacré loterie, notre Frédo a tiré les mauvais numéro et c’est lui qui avale son acte de naissance, d’un coup de lame de rasoir, du genre de celle qui te coupe la gorge…

Principal suspect, je vous le donne en mille : Riton, bien entendu ! Ou du moins, si ce n’est pas lui, c’est sa bande ! Haro sur la bande à Riton, don Max-Le-Menteur fait partie.

Si l’argot vous donne de la chair de poule et des envies folle de lire la Princesse de Clèves de Mme de La Fayette (je n’ai rien contre ce roman, contrairement à certains politiciens), passez votre tour, vous finiriez avec de l’eczéma tant les mots argotiques sont courant dans ce roman.

Le glossaire mis en fin de roman fut très souvent sollicité par mézigue, mais problème c’est que ça vous casse le rythme de la lecture, à force d’aller voir.

Clichy, Notre-Dame de Lorette, place Pigalle, tel est notre ghetto et c’est pas du gâteau !

Dans ce roman, mesdames, nous en prendrons pour notre grade, les femmes qui hantent ces lieux étant le plus souvent occupées à pratiquer le plus vieux métier du monde et pas toujours fréquentables.

Âmes pudibondes s’abstenir aussi car à cette époque, on ne prenait pas des gants et les appellations d’origine raciale non contrôlées sont présentes aussi dans ces pages. Les termes sont crus, racistes, bien entendu, mais à classer dans cette époque où ils étaient autorisés.

N’oublions pas non plus que nous sommes chez les truands, et qu’ici, les additions, on les règle avec des bastos et des pruneaux, qui ne sont pas d’Agen, vous vous en doutez.

Un polar noir argotique, dont tout le monde a entendu parler du film avec Gabin, un polar noir qui ravira les amateurs du genre mais déplaira aux autres.

L’usage de termes argotiques dont je ne connaissais pas la définition m’a énormément ralenti dans la lecture, me faisant parfois perdre le fil de la narration, des notes en bas de page eussent été plus simples et moins chiantes.

À la fin, j’en avais tellement marre d’aller voir en bout de roman, de constater que certaines définitions n’y étaient pas que  j’ai zappé, tant pis pour les mots dont je ne connaissais pas le sens.

Bon, je ne vais pas trop m’épancher dessus, ni trop l’ouvrir, ni trop vous affranchir, j’voudrais pas qu’on pense que je suis une balance alors que je suis du signe du sagittaire !

Méfions-nous des piqueurs qui se faufilent en loucdé dans les ruelles sombres… Et évitons aussi les cognes, ça vaudra mieux pour notre santé de petits truands.

Étoile 3

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (254 pages) et Le Mois du polar 2017 chez Sharon.

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[SÉRIE] Sherlock – Saison 4 – Épisode 1 – The Six Thatchers

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Chronique garantie sans SPOLIERS, sans paraben et sans huile de palme…

The Six Thatchers est le premier épisode de la quatrième saison de la série télévisée Sherlock diffusé pour la première fois sur BBC One et BBC One HD le 1er janvier 2017.

Trois ans après la dernière saison, un an après un épisode spécial pour Noël, le duo Cumberbatch/Freeman faisait ENFIN son retour dimanche sur les écrans britanniques.

Attente plus longue que celle du père Nowel, on est impatient de les retrouver, mais on voudrait reporter le moment où on le premier épisode va être diffusé parce qu’on sait que cela ne durera pas longtemps, trois épisodes et puis s’en va… On attend longtemps et on n’en profite pas beaucoup.

Sans compter les nombreuses parlottes des producteurs qui nous disent qu’ils ont encore des idées, qu’ils voudraient continuer, mais que c’est difficile de réunir tout ce petit monde et qu’ils ne voudraient pas faire LA saison de trop.

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Synopsis :
Avec le retour de Moriarty annoncé à travers Londres, le gouvernement britannique décide de blanchir Sherlock Holmes de la mort de Charles Augustus Magnussen.

De retour à Baker Street et alors que John et Mary Watson deviennent parents, le détective attend le prochain coup du criminel.

L’affaire étrange de la mort d’un adolescent va mener Sherlock Holmes sur la piste d’un homme traquant une série de bustes de Margaret Thatcher.

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Chronique garantie sans SPOLIERS, sans paraben et sans huile de palme… (pour les cancres du dernier rang qui n’auraient pas bien entendu).

103741Ce que j’en ai pensé : Ceux qui ont lu le Canon Holmésien connaissent « The Six Napoleon » ou « Les six Napoléons » avec ces bustes de l’Empereur qui étaient mis en pièce sans que l’on sache pourquoi.

Bon, éliminons d’emblée les sujets qui fâchent : je n’ai pas aimé la nouvelle coiffure de John Watson et encore moins celle de son épouse, Mary !!

Non, mais allo quoi ? Ils étaient en disputent avec leur coiffeurs, là ??

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Anybref… D’entrée de jeu, je me demandais comment ils allaient s’en tirer avec le bordel final de l’épisode 3 de la saison 3… Rappelez-vous, Charles Augustus Milverton…. Non, Charles Augustus Magnussen était mouru d’une balle dans le crâne.

Paf, ils te le résolvent correctement ! Sherlock est imbu de lui-même, hautain, il est Lui, je suis toute folle à l’idée de retrouver mon homonyme jouant  le rôle de mon personnage préféré.

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Sans oublier l’impénétrable, le froid, le très raide Mycroft Holmes, dont j’adore toujours autant le personnage.

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J’ai pris du plaisir aussi à voir ma chère Penelope (pas la femme de Fillon !) de la série « Vicious », ses trous de mémoires en moins.

Ma plus grosse crainte était le présumé retour de Moriarty et je ne voulais pas qu’ils nous la jouent à la Bobby Ewings qui revenait à la vie parce qu’il n’était pas mort, mais que ce n’était qu’un rêve…Enfin, un truc dans le genre parce que je n’ai jamais regardé Dallas de ma vie.

Je ne spolierai pas en disant qu’il ne fut pas question de couillonnades de ce genre. Ouf.

L’enquête de Sherlock sur les bustes de la Dame de Fer écrasés commence bien, on a une autre énigme dans l’énigme, Sherlock a 6 coups d’avance sur tout le monde, je me régale.

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On est dans le nerveux, les images sont toujours excellentes, les plans aussi, je suis à la limite de l’orgasme holmésien.

Contente aussi que les scénaristes nous développent un peu plus le passé de Mary, personnage ambigu depuis le début, dont je me demandais à quel râtelier elle mangeait.

J’ai adoré qu’ils développent le côté amitié entre elle et Sherlock, faisant de lui un être avec un cœur et des sentiments pour ses amis. On le voit même entretenir une conversation logique avec la jeune Watson…

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J’ai aimé leurs jeux, leurs répliques, que l’on en sache un peu plus sur la fameuse organisation AGRA et que l’épisode qui commençait avec une enquête « normale » bifurque vers du plus rythmé et aille dans un sens différent de la nouvelle.

Mais ils ont foiré une scène, une de celle importante, qui au lieu de me faire l’effet escompté a eu un impact moindre, la faute n’étant pas aux acteurs, mais au fait qu’elle arrive sans qu’il n’y ait eu une montée d’émotion et que cette scène est bâclée, comparée à d’autres qui étaient hyper bien gaulées.

Alors oui cet épisode est fort en situations importantes, en questions que l’on se pose et dont je ne comprenais pas l’importance avant d’avoir vu toute la saison, mais malgré tout, quand on le compare à une saison 1 ou une saison 2, on se dit qu’on a perdu une partie de la passion ressentie aux débuts parce que notre partenaire (producteurs-scénaristes) n’a pas tout fait pour nous faire jouir devant ce premier épisode.

Malgré tout, c’était un plaisir de retrouver Sherlock mais je pense que je me referais cet épisode et les autres d’un coup pour mieux digérer tout ce qui s’est passé.

Je ne peux rien vous dire de plus…

Étoile 3,5

« A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict,  le Challenge British Mysteries chez My Lou Book et le Mois du polar 2017 chez Sharon.

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PeaceMaker – Tome 3 : Ryoji Minagawa

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Titre : PeacrMaker – Tome 3

Auteur : Ryoji Minagawa
Édition : Glénat (18/01/2012)

Résumé :
Toujours à la recherche de son frère, Hope Emerson se retrouve pris avec ses compagnons dans le piège d’Iconoclast, la ville champ de bataille.

Parviendront-ils à sortir vivants de cet enfer où tous les coups sont permis ?

peacemaker-tome-3-tome-3Critique :
Continuerais-je cette série ou pas ? Oui, sans doute encore un tome pour voir si ça me plait toujours et si non, je l’abandonnerai sans un remords, mais avec des regrets car j’aurais aimé suivre les aventures de nos amis les flingueurs (qui ne sont pas des Tontons).

Où le bât a-t-il blessé ? Dans le fait que j’ai l’impression que ce tome n’est là que pour nous promener dans une grosse baston entre tireurs en tout genre et de nous remplir un numéro sans devoir trop se casser le cul pour le scénario et son avancée.

Nos amis, tout juste échappés de la ville Tarkus étaient en train de souffler un brin et les voici surpris et emprisonnés par Conny, une Crimson Executer des plus charognes, des plus infâmes, des plus difficile à vaincre car capable de dissimuler son « aura » aux autres, mais capable de sentir sur des autres.

Elle aurait pu les flinguer sur place, mais préfère les faire entre dans la ville d’Iconoclast, une ville en ruine, une ville qui ni plus rien d’autre qu’un vaste champ de bataille où s’affrontent et s’entretuent des duellistes, des mercenaires, des ninjas, des terroristes, des snipers, des bandits…

Celui qui survit est proclamé le vainqueur. Bien entendu, il n’y a pas de règles, hormis celle de tirer plus vite que les autres et tous les coups vaches sont permis !

Ma foi, ce genre de scènes dans une ville en ruine aurait été balaise pour un tome final, mais pas vraiment pour un tome 3 car on n’a pas l’impression d’avancer d’un poil dans leur affaire…

Les dessins de la ville en ruine sont super, nos amis vont devoir se sortir les tripes pour vaincre Conny la maîtresse des lieux, celle qui n’a jamais été battue sur son terrain de jeu et Hope va nous montrer qu’il est capable de développer un aura puissant. Oui, nous flirtons souvent avec le fantastique.

Pas de temps mort, certes, des tas de morts, of course, des combats en veux-tu en voilà, du sang, des tripes – ah ben non, ça reste propre quand même – et des duels sans la musique enivrante d’Ennio Morricone.

Niveau action, j’ai été servie, mais niveau avancée de leur enquête, je me sus sentie frustrée.

C’est pour cela que j’hésite à poursuivre cette série… Ma foi, si je trouve les suivants en seconde main, je risquerai le coup, parfois, on a un tome un peu fourre-tout et ensuite, ça repart.

Étoile 2

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois du polar 2017 chez Sharon.

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