[Série] Le Serpent de l’Essex [Par Dame Ida qui s’était égarée par là]

Série en 6 épisodes de 50 minutes écrite par Anna Symon et réalisée par Clio Barnard

Sortie en Mai 2022 sur Apple TV

Synopsis Wikipedia :
Cora Seaborne, jeune veuve férue de paléontologie, quitte Londres en compagnie de son fils Francis et de sa nourrice Martha pour s’installer à Aldwinter, dans l’Essex, où elle se lie avec le pasteur William Ransome et sa famille.

Elle s’intéresse à la rumeur qui met tout le lieu en émoi : le Serpent de l’Essex, monstre marin aux allures de dragon apparu deux siècles plus tôt, aurait-il ressurgi de l’estuaire du Blackwater ?

L’avis de Dame Ida :
Qu’est-ce que je suis allée me perdre dans cette série ? Un weekend chez une copine qui m’a laissée accès à son abonnement AppelTV… Un coup de flemme sur la lecture… Et me voici à piocher dans les dernières séries sorties…

Le Serpent de l’Essex… Une sorte d’histoire de monstre du Loch Ness à l’époque victorienne, sauf que c’est dans l’Essex…

Je ne sais même pas où c’est… Sauf que c’est une région marécageuse de bord de mer, que les villageois pensent hantée par un serpent marin.

Je pensais que je partais sur une série fantastique et en réalité, c’était une série sentimentale, l’histoire du serpent ne servant que de prétexte à la rencontre de deux personnages que rien ne destine l’un à l’autre et qui vont se rencontrer d’une manière improbable.

Cora Seaborne a été mariée jeune à un inconnu londonien fortuné qui avait besoin d’un ventre pour ses enfants, et qui se révélera un époux sadique et pervers. Celui-ci aura tout de même le bon goût de mourir prématurément, laissant sa veuve jusque là cloîtrée enfin libre.

Le médecin du mari, chirurgien ambitieux et dont l’éthique des priorités me questionne quelque peu se montrera très entreprenant avec la veuve qui semble pourtant quant à elle presque vivre en couple avec une dénommée Martha…

Martha… Comment définir le rôle de cette femme ? Gouvernante ? Dame de compagnie ? Nurse ?

Je ne saurais vous dire puisqu’elle a des relations tendres mais respectables avec sa patronne dont elle s’occupe avec dévouement, sans oublier de s’occuper consciencieusement du jeune fils de celle-ci.

Ce jeune garçon est étrange lui aussi. Asperger ? Pourquoi pas… Il a l’air plutôt futé mais question émotions, nous dirons qu’il peine à en exprimer… A moins que les jeunes gentlemen britanniques soient élevés pour ressembler à des sujet présentant cette personnalité particulière également ? En effet, le victorien londonien éduqué n’est pas censé exprimer ses émotions, non ? Est-il seulement supposé en avoir ?

Anybref ! En rentrant des obsèques, Cora lit dans le journal cette affaire de serpent marin hantant les côtes marécageuses de l’Essex et part avec armes et bagages sur place pour voir de quoi il s’agit sous les protestations énergique de son soupirant médecin qui vit lui-même dans une troublante relation d’intimité avec un autre confrère qui quant à lui drague Martha.

Car oui, Cora est passionnée de paléontologie (l’étude des fossiles), et se veut femme moderne revendiquant son droit d’accéder au savoir et à la science. Bien avant que l’on imagine que Nessie pourrait être un dinosaure oublié, Cora s’accroche à son hypothèse que le serpent pourrait être lui aussi le survivant d’une espèce oubliée.

Ce n’est pas Martha qui essaiera d’inciter sa patronne de rester à sa place de veuve éplorée qu’elle n’est pas, et son petit garçon bizarre n’a rien contre cette aventure une fois digéré la perte de ses repères quotidiens.

Arrivé dans le petit village où la bébête fait parler d’elle ce singulier trio va le lier d’amitié avec le pasteur Ransome et sympathique petite famille composée de son épouse, et de leurs deux enfants.

Ce couple est particulier : Ransome est incarné par l’acteur qui s’est fait connaître par le rôle de Loki (super héros pas trop sympa de la firme Marvel), et sa femme n’est autre que l’interprète de la Vélane Fleur de Lacour (Harry Potter et la Coupe de Feu).

Bien évidemment ça va se compliquer car Cora et Will Ransome vont se trouver bien des affinités… Et Mrs Ransome se doute bien du rapprochement de ces deux là, mais… Elle laisse faire car… elle aime son mari et doit se débrouiller de son triste secret.

Mais… une londonienne libre et instruite dans un petit village où l’on pratique encore des rites magiques, où l’on s’accroche aux superstitions, et où le vicaire (autre pasteur adjoint au pasteur responsable de la paroisse) est presque aussi fêlé qu’un inquisiteur, ça n’est pas sans provoquer quelques remous.

Et puis le docteur transi d’amour pour Cora ne veut pas lâcher l’affaire… Tandis que Martha qui donne dans le socialisme (Ciel ! Une domestique socialiste ! Quelle angoisse!) fait des allers-retours entre Londres et l’Essex pour soutenir ses causes personnelles.

Le serpent autant vous le dire tout de suite, on ne le verra pas… Ou du moins on ne verra rien avant la fin de la série qui puisse expliquer l’émoi du village.

De fait si la dimension fantastique plane comme une ombre tout au long de la série, c’est surtout le drame sentimental qui se noue entre les divers personnages qui s’imposera au premier plan.

Et bien évidemment ce n’est pas franchement ce qui m’avait attirée au départ. Barbara Cartland et moi… ça fait deux, voire plus.

J’ai bien vu au cours du second épisode ce qui allait devenir la trame principale de la série, et que la bébête n’allait plus être qu’une question secondaire… Ce que le troisième épisode m’a confirmé.

Et pourtant ! Pourtant j’étais prise au jeu.

Parce que l’évolution des personnages et des relations entre les personnages étaient d’une grande délicatesse. Parce que c’était particulièrement bien joué. Chacun des acteurs rendant son personnage attachant, soulignant ses singularités et ses ambivalences sans jamais en faire une caricature, sauf en ce qui concerne le vicaire intégriste… Mais ce genre de personnages existe aussi. La preuve : j’en ai épousé un! Oups! ne lui répétez pas hein… soyez sympas !

Je regretterai toutefois quelques anachronismes qui ont pu me déranger :

Les abat-jours sur certains plafonds (certes l’éclairage au gaz commence à se développer mais plutôt sur des appliques murales que sur des plafonniers) me surprendront…

Certaines montres bracelets portées par des hommes seront étonnantes… Dans l’absolu la montre bracelet existait depuis Napoléon Ier mais était fort peu répandue… A l’époque la montre des messieurs est rangée dans le gilet au bout d’une chaîne.

L’école du village accueillant les enfants des plus humbles m’étonnera aussi. Elle aurait été obligatoire en France à la toute fin du XIXe, mais pas en Angleterre pour des enfants de cet âge… Les enfants étaient mis au travail très jeunes.

C’est franchement dommage car une série de qualité fait attention à ce genre de détails tout de même. Ces erreurs donnent un petit côté bâclé à la série, comme si on n’avait pas pris le temps de vérifier que tout était dans les clous, tant on était pressé de la mettre en vente…

D’ailleurs certaines robes de Cora seront trop originales pour être crédibles (Des robes en tricot ? Pour une bourgeoise citadine victorienne ?). Je passe sur le plan où elle se ballade carrément en pantalon…

Et puis libre ou pas… une femme même veuve ne peut pas se balader sans chaperon… ou entamer la conversation directement avec un homme sans qu’un tiers ne les présente…

Je pinaille, je pinaille… Mais si on veut situer une histoire dans une époque déterminée il faut en respecter les mœurs, non ?

Malgré tout j’ai souri et j’ai été émue en regardant cette série par laquelle je me suis laissée happer avec plaisir à ma grande surprise, puisque je m’attendais à tout à fait autre chose et qu’en général je n’aime pas franchement les surprises ni les histoires d’amuuuuuur.

DOWNTON ABBEY – Le Film (2) : S.Curtis & J.Felows – Carnival Films [Par Dame Ida, Chroniqueuse demi-mondaine]

Synopsis Allociné :
1928. Les Crawley et leurs domestiques assistent tous au mariage de Tom Branson et de Lucy Smith, fille de Lady Bagshaw. Lord Grantham explique à ses proches que le notaire de famille se rendra prochainement à Downton, à la demande de la Douairière, et qu’il compte sur leur présence à tous.

En effet, Violet a hérité d’une villa dans le sud de la France qu’elle souhaite à son tour léguer à la fille de Lady Sybil et de Branson. Mais cette décision met celui-ci mal à l’aise.

Sans comprendre pourquoi le regretté marquis de Montmirail s’est montré aussi généreux avec sa mère, Lord Grantham reçoit un appel téléphonique intriguant : un certain M. Barber, réalisateur pour le cinéma, souhaite tourner son nouveau film muet, The Gambler, à Downton Abbey.

Si Robert estime que l’idée est grotesque, Lady Mary, de son côté, considère qu’il est difficile de refuser l’offre de la production face aux travaux de rénovation qui attend la famille.

Grantham doit bien reconnaître que c’est désormais sa fille qui est aux commandes.

Chez les domestiques, la perspective d’un tournage à Downton provoque un vif émoi. Daisy et Anna se réjouissent de voir leurs idoles de cinéma en chair et en os, mais Mme Hughes se demande comment annoncer la nouvelle à M. Carson.

Tandis que la production s’apprête à investir la propriété, la famille envisage de fuir le chaos qui s’annonce et d’en profiter pour découvrir la villa du sud de la France et rencontrer le nouveau marquis de Montmirail…

L’avis de Dame Ida :
C’est toujours avec autant de plaisir que je retrouve les acteurs et personnages récurrents de cette saga. Ils m’accompagnent maintenant depuis des années. Chacun à leur manière savent se montrer attachants et parfois horripilants. N’y-a-t-il pas deux face sur une médaille ?

On notera l’apparition de Nathalie Baye dans le rôle de la Marquise de Montmirail qui vit assez mal de perdre l’une des perles de sa collection de maisons… Et oui… Son défunt mari lègue une de leurs villas de bord de mer à La Comtesse Douairière, Lady Violette.

Nan sérieusement ! La Comtesse Douairière hérite une maison du Marquis de Montmirail ! Un descendant du « cousin Hub’ » des Visiteurs !

Sérieusement… Imaginer cette vieille dame confite en dignité et bonne manière, la quintessence du raffinement britannique victorien (ben oui elle a connu Victoria!) qui se voit léguer une villa de la part d’un descendant du gros rustre puant qui chantait ♫ Et on lui pèlera le jonc, comme au bailli du limousin qu’on a pendu avec ses tripes un beau matin ♪, la grosse marrade ! Un coup à recracher sa cup of tea par les trous de nez et à s’étouffer avec un scone avalé de travers !

D’autant que l’affaire fait jaser… Un homme qui ne fut pas son mari lui offre une magnifique villa de la cote d’usure heu… de la Côte d’Azur… Mais qu’a-t-elle fait pour mériter ça ? So shocking, isn’t it ? Voilà qui va causer quelques sueurs à quelques personnes…

Mais ce n’est pas Lady Mary pourtant habituellement coincée, qui lui jetterait la pierre, elle qui en l’absence de son mari, se fait éhontément draguer par le réalisateur de cinéma qui loue Downton Abbey pour y tourner un film ! Et oui, il faut bien rénover la toiture… Donc voici les murs séculaire du château livrés à ces gens de cinéma, de quoi faire avaler son chapeau à Carson toujours aussi guindé et confit dans la naphtaline et l’amidon !

Mais les acteurs et les actrices ne sont jamais ce qu’ils paraissent… la jeune première du cinéma muet parle comme une poissonnière, et le jeune premier semble particulièrement s’intéresser au Majordome Barrow… Mais rassurez vous (ou pas – tout dépend de vos attentes), rien d’inconvenant, rien de scandaleux. C’était plus olé-olé dans le film précédent.

Les domestiques de Downton Abbey que l’incursion du cinéma dans leur quotidien fera rêver seront mis à contribution d’une manière ou d’une autre, et certains se trouveront même de nouvelles vocations.

Et bien évidemment l’amour est toujours présent à Downton… Des couples se forment… et des demandes en mariage d’une grande discrétion nous plieront en deux.

Et comme toujours, maîtres et valets ne sont qu’une seule et grande famille où chacun se contente de sa place ans jamais déranger ce bon ordonnancement comme on les aime chez les grands Bretons.

Ce n’est pas très réaliste évidemment… C’est de la bonne guimauve bien sucrée et bien molle qui serait écœurante si on devait regarder toute une saison ressemblant à ce film.

Dans la série les relations entre ceux d’en hauts et ceux d’en bas étaient davantage développées dans leur complexité, avec leurs ambivalences… Et ceux d’en bas vivaient aussi leurs propres drames ou aventures.

Dans ce film, l’action est centrée sur les préoccupations des Crawleys et les valets ne vivent que pour leurs maîtres sans qu’à aucun moment ils ne manifestent le moindre désir propre ou le moindre recul critique sur leur condition, recul pourtant perceptible dans la série.

Mais tout ne sera pas que joie et bonheur dans ce film… Elle aura sa part de tragique. Et plus rien ne sera jamais pareil à Downton Abbey. Une nouvelle ère, nous dit le titre…

Mais le début d’une nouvelle ère signe toujours la fin de celle qui précède et qui laissera les fans de la série pleins de nostalgie.

DOWNTON ABBEY – Le Film (1) : M.Engler & J.Felows – Carnival Films [Par Dame Ida, Chroniqueuse demi-mondaine]

Synopsis Wikipedia :

Année 1927 : depuis le mariage d’Edith, devenue marquise d’Hexham, bien des choses ont changé à Downton Abbey. Alors que le comte de Grantham et son épouse ont dû réduire le nombre des domestiques et que Lady Mary se demande s’il est possible de conserver château, domaine et train de vie, toute la maisonnée apprend l’arrivée du roi George V et de la reine Mary.

Le grand chambellan du roi chamboule les lieux en amenant les domestiques du palais de Buckingham et un grand chef cuisinier. Lady Mary fait appel à Carson, l’ancien majordome. Barrow, devenu le majordome, s’en vexe et profite de son temps libre à York. Anna et M. Bates mènent la fronde et l’ensemble des domestiques mis de côté se rebellent pour reprendre leurs postes.

Lady Violet, quant à elle, tente de sauver un héritage au profit de son fils, Lord Crawley, et va découvrir un secret de famille. De son côté, Tom déjoue un complot, sauve dans le plus grand secret la vie du roi, empêche un divorce royal et retrouve enfin l’amour après toutes ces années de veuvage…

L’avis de Dame Ida :
Après 6 saisons, et après que le domaine ait survécu au naufrage du Titanic, à la première guerre mondiale, à la grippe espagnole, à une ou deux faillites, une mésalliance, une fille mère, au caractère de chien de Lady Mary et au sarcasmes vénéneux de la désopilante comtesse douairière, le Comte de Grantham a enfin réussi à caser toutes ses filles après moult aventures et la série pouvait se terminer au risque d’ennuyer son public.

Mais c’est comme avec la mort de Sherlock Holmes : Quand on le fait mourir il faut qu’il ressuscite. Le public ne pouvait se passer indéfiniment de la famille Crawley.

Alors toute l’équipe qui se pensait en retraite a dû se remettre au boulot dans le magnifique château de Highclair (construit par l’architecte qui a revu le Parlement sous la Reine Victoria), propriété de la famille des Comtes de Carnarvon (dont l’ancêtre fut le mécène de Howard Carter, découvreur de la tombe de ToutAnkAmon), et nous faire voyager dans la machine à remonter le temps pour nous amener à Downton Abbey.

C’est que le spectateur ou la spectatrice fidèle ne sera pas le seul ou la seule invité/e ! Sa Majesté le Roi Georges et la Reine Mary (grand-parents de Bébeth II) a décidé d’y séjourner quelque jours.

Et oui c’est comme ça… Les rois, on le les invite pas. Ce sont eux qui vous font l’honneur de séjourner chez vous. Évidemment, ils se fichent que ça vous coûte un bras et que votre domesticité soit déjà bien occupée par ses tâches habituelles.

Et puis… S’ils sont comme la mère de Bébeth II, vous aviez intérêt de planquer les objets, tableaux ou meubles auxquels vous teniez : il suffisait qu’elle s’extasie devant l’un d’eux pour que vous soyez implicitement obligés de lui offrir. Oublier de lui en faire cadeau eût été très mal vu. Mais bon… Elle n’est à l’époque que la future belle-fille du roi qui s’invite.

Anybref, tout le monde se met en quatre. La famille Crawley et les domestiques !

Mais les domestiques vivent assez mal que Ses Majestés se soient pointées avec leur propres équipes et leur propre chef cuisinier (des fois que Mrs Patmore ne fasse que de la ragougnasse!)… Affaire de fierté, les serviteurs du comte sont bien décidés à ne pas se laisser placardiser sous leur propre toit !

Évidemment, tout ça ne suffit pas… La comtesse douairière aimerait capter l’héritage d’une cousine plus jeune qu’elle pour son pauvre fils… Branson trouve la dame de compagnie de la dite cousine fort à son goût et bien que supposément républicain, joue les héros en essayant de sauver le roi d’un complot… Tandis que Barrow s’encanaille au point de prendre de gros risques et se trouve un béguin qui lui sauve la mise.

Bref un beau concentré d’intrigues qui s’entremêlent dans de magnifiques salons aux meubles délicats , de belles images de bals, de réceptions, de jardins anglais, et des domestiques satisfaits de leur sort et dévoués à leurs maîtres.

Ah comme c’est beau une telle harmonie ! Pas de lutte des classes en perfide Albion : chacun connaît sa place et sait y rester. Sauf Branson mais… il ne l’a presque pas fait exprès et il y a prescription depuis le temps !

Bref, à Downton Abbey on est satisfaits d’être heureux d’être contents, et on nous présente une image idéalisée et harmonieuse de maîtres et de valets qui s’aiment, et de membres d’une famille élargie qui s’adorent… Tout et bien qui finit bien… Ou presque…

Regarder deux heures de Downton Abbey c’est comme manger un bonbon rose tellement sucré qu’il pourrait rendre diabétique et caraméliser le foie d’un esprit un peu critique rechignant à se laisser bercer par ce très joli tableau.

Mais… A-t-on besoin de croire aux fées pour prendre plaisir à lire la magie d’un conte ? Est-ce qu’on boycotte Harry Potter parce que ça n’est pas la réalité ? Non bien entendu… Il suffit juste de le savoir.

Quoiqu’il en soit les fans de la série retrouveront ici ce qu’ils avaient adoré épisode après épisode pendant six magnifiques saisons pleines de rebondissements et de happy ends.

Les mêmes ingrédients et surtout une brochette de personnages bien campés et parfaitement interprétés avec bien évidemment une mention spéciale pour la magnifique Maggy Smith alias la Comtesse Douairière, dont les postillons font des trous dans la moquette tant sa langue est acide.

WHITECHAPEL – Série Britannique en 4 saisons [par Dame Ida, publicitaire bénévole pour les séries qu’elle kiffe trop grave]

Produite par Carnival Films et Diffusée entre 2009 et 2013 sur ITV

Entrée en matière…

Londres, 2008, un copy-cat reproduit les crimes de Jack l’Eventreur dans le quartier de l’est end mondialement célèbre de Whitechapel…

Un jeune capitaine de police, Joseph Chandler, frais émoulu des publics schools et grandes universités, promis à une brillante carrière dans la police grâce à de hauts appuis familiaux se trouve nommé au poste de police un peu pourri de Whitechapel et plongé dans le bain sans attendre.

Évidemment, son physique de mannequin qui me rend folle, sa montre à dix milles boules, ses costumes sur mesure et ses troubles obsessionnels compulsifs qu’il parvient à cacher comme il le peut, ne plaident pas en sa faveur auprès de son équipe issue de la « working class » et qui est bien décidée à ne pas s’en laisser compter par un jeunot. Il pourra compter sur le soutien d’un historien du crime qui est forcément abonné au blog de Belette !

L’avis de Dame Ida :
Purée de sa mère qui fait du foot en talons aiguilles Loboutins et en string rose bonbon à paillettes au Stade de France en chantant la Marseillaise pendant un concert de Mylène Farmer !!!

La chaîne Arte Séries permet de voir toute la série, gratos et sans pub sur Youtube !!! C’est ici : Le retour de Jack l’éventreur | Whitechapel Episode 1 Saison 1 | MULTI | @ARTE Séries – YouTube

C’est avec un plaisir qui rendrait presque Toqué jaloux et dubitatif sur ses propres performances, que je me suis jetée sur la série avant de ne plus pouvoir la voir.

Je la recommande chaleureusement à celles et ceux qui ne l’auraient pas encore croisée et suis heureuse d’être contente d’avoir le plaisir de permettre aux autres fans de la série de la retrouver sur le net dans son intégralité.

Évidemment, seule la première saison permet de redécouvrir les détails de l’affaire de Jack l’Éventreur par le truchement de la chasse au copy-cat que ce magnifique flic blond et distingué s’efforce à réussir.

Mais les autres saisons sont aussi une occasion de redécouvrir de vieilles affaires certes moins célèbres, mais dont l’étude attentive pourra donner des pistes pour résoudre d’autres affaires actuelles.

Et puis que serait la vie d’un chef de poste de police sans les petites mesquineries de ses subordonnés, l’inertie des fonctionnaires, les rapports compliqués avec la pègre ou la presse et les magouilles de politique politicienne des supérieurs ?

On y retrouve des visages déjà croisés dans d’autres films ou séries… Des intrigues bien diaboliques, bien amenées, une atmosphère parfois anxiogène qui entretien le suspens… un style visuel bien particulier…

Et on appréciera de retrouver Londres, capitale cosmopolite, et son atmosphère so british…

Anybref, il y a deux séries policières britanniques qui m’ont marquée ces 15 dernières années (je ne parles pas du Sherlock Holmes de la Granada bien plus ancienne et des Enquêtes de Poirot qui ont commencé bien avant) : Le Sherlock de la BBC et Whitechapel d’ITV.

Or donc profitez vite d’aller voir et/ou revoir cette excellente série tant qu’elle est visible ! Vous m’en direz des nouvelles !

 

[REC] 1,2,3 et 4 [Par Dame Ida, critique très critique qui n’a décidément peur de rien]

  • De/par Paco Plaza 🇪🇸 et Jaume Balagueró 🇪🇸, Manu Diez 🇪🇸
    Avec Manuela Velasco, Ferran Terraza, Jorge Yamam, Carlos Olalla, Jonathan D. Mellor, Leticia Dolera, Diego Martín, Ismael Martínez, Paco Manzanedo, Héctor Colomé

REC 1 (2007) : Résumé Allociné

Angéla est journaliste pour une télévision locale. Accompagnée de son caméraman, elle relate le quotidien de ceux qui travaillent la nuit. Ce soir, elle est dans une caserne de pompiers. La nuit est calme, aucune urgence. Jusqu’au coup de fil d’une vieille dame qui réclame du secours. Le tandem suit les pompiers et découvre en arrivant sur place des voisins très inquiets. D’horribles cris ont été entendus dans l’appartement de la vieille dame. Angéla perçoit la tension des habitants, son reportage devrait enfin sortir de la routine… Elle n’imagine pas à quel point !

REC 2 (2009) Résumé Allociné

Les autorités viennent de perdre le contact avec les occupants de l’immeuble mis en quarantaine. Personne ne sait vraiment ce qui se passe à l’intérieur. Dehors, le chaos règne…La brigade d’intervention spéciale, équipée de plusieurs caméras et envoyée sur place pour analyser la situation, va devoir affronter une menace bien réelle…

 

 

REC 3 (2012) Résumé Allociné

C’est le plus beau jour de leur vie : Koldo et Clara se marient !
Entourés de leur famille et de tous leurs amis, ils célèbrent l’événement dans une somptueuse propriété à la campagne. Mais tandis que la soirée bat son plein, certains invités commencent à montrer les signes d’une étrange maladie. En quelques instants, une terrifiante vague de violence s’abat sur la fête et le rêve vire au cauchemar… Séparés au milieu de ce chaos, les mariés se lancent alors, au péril de leur vie, dans une quête désespérée pour se retrouver…

REC 4 (2014) Résumé Allociné

Quelques heures après les terribles événements qui ont ravagé le vieil immeuble de Barcelone. Passé le chaos initial, l’armée décide d’intervenir et envoie un groupe d’élite dans l’immeuble pour poser des détonateurs et mettre un terme à ce cauchemar. Mais quelques instants avant l’explosion, les soldats découvrent une ultime survivante : Angela Vidal… Elle est amenée dans un quartier de haute-sécurité pour être mise en quarantaine et isolée du monde afin de subir une batterie de tests médicaux. Un endroit parfait pour la renaissance du Mal… L’Apocalypse peut commencer !

L’avis de Dame Ida :

Ne me demandez pas pourquoi, mais il y a des jours où je m’emmerde dans la vie.

Toqué un peu malade (rien de grave rassurez-vous), tous les plans d’une journée de congés qui tombent à l’eau, et me voici désœuvrée… Au point de préparer des crêpes pour le goûter dès la vaisselle du déjeune terminée…

Or donc, découvrant le billet de Dame Belette sur une bédé consacrée à cette série de films, et voyant un commentaire de Lydia qui avait apprécié le premier volet (elle peut voir le second que les réalisateurs auraient voulu initialement sortir ensemble – c’est dans la droite ligne du premier volet… elle ne sera pas déçue… par le [REC] 2… pour le reste je décline toute responsabilité!), et me souvenant qu’un de mes enfants s’est offert les DVD, j’étais bonne pour un visionnage intégral.

N’ayant que ça à faire, je me suis dit que je pouvais bien me sacrifier pour la communauté. J’ai donc regardé la série jusqu’à ce que mort s’en suive.

Et j’ai été servie ! Des morts j’en ai vu beaucoup !!! Enfin… des morts pas vraiment morts puisque [REC] c’est une histoire de zombie. Mais attention c’est du zombie made in XXIe siècle ! On ne se contente pas de fuir les morts vivants qui zonent en hordes dans les rue sans savoir pourquoi !

Ici nous avons une explication : C’est un virus dont il faut contenir la contamination…

Ah oui mais pas que ! Satan est aussi dans le coup figurez-vous ! Je ne vous en dis pas plus, ci se n’est que… Faudrait savoir si on veut faire du scientifique ou du paranormal à tendance mystique d’autant qu’ici ça n’apporte absolument rien !

On aurait même pu sortir une origine extra-terrestre au mal que ça n’aurait changé que quelques lignes de dialogues sans modifier la trame du scénario.

Personnellement le mélange de genres si différents j’accroche modérément notamment quand ce n’est pas très bien articulé et inutile tout compte fait… D’autant que les éventuelles pistes de compréhension sur l’origine du Mal lorsqu’elle sont abordées, ne le sont que superficiellement juste pour donner du ressors à ce qui n’est en réalité qu’un film d’action.

Ah oui… De l’action il y en a eu. C’est que ça court tout le temps… De préférence dans tous les sens. Et en permanence… Les zombies courent après les les humains qui courent après les zombies… Faut suivre, attention. Le rythme de cette cavalcade sera soutenue en permanence… Certainement pour empêcher le spectateur de trop réfléchir à ce qu’il est venu faire dans une telle galère !

Et ça hurle aussi ! Et ça gueule même ! Avec une mention spéciale pour la journaliste du premier volet dont j’espérais le trépas (hélas elle durera sur toute la série !) rapidement, sa voix éraillée et ses hurlements hystériques pour tout et pour rien étant rapidement totalement insupportables.

Et d’autant plus que son jeu surjoué en devient ridicule. Elle nous fait des vacances pendant le troisième volet, mais revient plus en forme que jamais sur le quatrième bien décidée à vous vriller les tympans après avoir repris son souffle ! Mais à sa décharge… même si sa voix est la plus désagréable de toute, tout le monde gueule dans ce film.

Sans rire, le niveau sonore des hurlements humains est franchement pénible. Les acteurs ne jouent pas : les dialogues sont justes écrits pour être aboyés comme si tout le monde était déjà sourd (ceux qui ne le sont pas encore le seront à la fin de la série) !

Déjà que 80 % de l’action se passe dans le noir et nécessiterait presque une voix off pour malvoyants pour qu’on comprenne les images… Si on est sourd et qu’on entend plus la voix off, on est mal parti !

Il y aura quelques pauses descendant de quelques dizaines de décibels pour éviter que les DVD ne soient vendus avec des casques anti bruits de techniciens d’aéroports.

Sans déconner, je plains sincèrement les acteurs et actrices qui ont dû doubler un tel film… Ainsi que les oreilles ceux qui ont regardé la série entièrement. C’est à se demander si les réalisateurs et producteurs n’ont pas investi tous leurs gains dans les actions de sociétés construisant et commercialisant des prothèses auditives, qui seront vendues dans quelques années aux spectateurs de leurs films !

Sans rire… je conseille de couper le son et de prendre la piste « sous-titres français » dès le troisième volet.

En général, qui dit films de zombies, dit films d’horreur… Et qui dit film d’horreur, dit frissons et sursauts… Pour ma part ça aura été surtout ennui et bâillements.

Il faut bien avouer qu’il n’y a jamais aucun suspens avec les films de zombies… Et ici aucune originalité en matière d’effets spéciaux (oui c’est gore… mais bon… sans plus) ou de rebondissements théâtraux. Tout est très attendu et cousu de fil blanc. On sait toujours quand un zombie va sortir de son coin sombre pour bouffer un humain encore sain…

En plus, j’ai dû perdre quelques points de Q.I en visionnant cette série car je n’ai absolument rien compris à une fin qui m’a laissée plongée dans un abîme de perplexité : tout ça pour… ça ? Ah ? Ah ben d’accord…

C’est du niveau de la devise d’un dépressif chronique genre « la vie c’est nul et après on meurt ».

Bref entre un nœud d’intrigue faiblard ne servant que de prétexte à une course effrénée de plus de cinq heures qui m’a laissée épuisée et sourde à force d’entendre les braillements hystériques de l’actrice principale, et des zombies sans grande originalité qui vous courront après jusqu’à un final d’une platitude monumentale, j’ai bien perdu ma journée et choppé une migraine. J’aurais mieux fait de m’occuper de mon repassage.

Ma seule arme de défense pour éviter que tout ceci ne se soit transformé en désastre, et éviter à cette journée d’avoir été totalement vaine, a été de rédiger ce billet pour vous dire : fuyez cette série triple Z.

Ah j’allais oublier ! Une excellent nouvelle : a priori il n’y aura pas de [REC] 5 ! Youpeeee !

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°01) – Pour le compte de Dame Ida.

[SÉRIES] Columbo – Saison 5 – Épisode 4 : Question d’honneur

Titre original : A Matter of Honor (trad. litt. : « Question d’Honneur »)

Invités : 
Ricardo Montalban : (Luis Montoya) (VF : Jean-François Laley)
Robert Carricart : (Hector Rangel) (VF : Henry Djanik)
A Martinez : (Curro Rangel) (VF : Marc François)
Maria Grimm : (Nina Montoya)
Pedro Armendariz Jr. : (Lt. Sanchez)

Résumé :
Au Mexique, Luis Montoya est le propriétaire d’un ranch et un matador renommé pour son courage. Curro Rangel, le fils de son ami Hector, vient d’être blessé en affrontant un taureau en corrida.

Luis sait qu’à sa sortie d’hôpital, le jeune homme voudra encore affronter l’animal, et peut-être à sa perte. Le propriétaire demande alors à Hector de l’aider à tuer le taureau en duel dans l’arène.

Mais, juste avant de lâcher l’animal, Montoya tire une fléchette tranquillisante sur Hector. Le taureau libéré le charge et l’encorne.

Pendant ce temps Columbo fait du tourisme en ville. Il a un accrochage involontaire avec son véhicule. La police finit par s’en mêler et le chef de la police locale demande au lieutenant de l’aider pour élucider la mort d’Hector. Ils se rendent sur les lieux.

Divers indices poussent Columbo à explorer l’hypothèse du meurtre, mais il ne parvient pas à en comprendre le mobile.

Mon avis :  Faire la fiche d’un épisode de Columbo en plein Mois Espagnol, ça pourrait sembler bizarre, voire anachronique, puisque notre lieutenant à l’imper froissé exerce son activité à Los Angeles et que, au dernières nouvelles, la ville ne se trouve pas dans un des pays visé par un challenge lusophone.

Moi qui pensait qu’il n’était sorti que deux fois de sa ville (une fois pour aller à Londres et une autre pour une croisière), et bien, force m’a été constatée qu’il avait fait une troisième sortie et qu’il avait été promener son cigare et sa femme au Mexique !

Cela commence avec humour, puisque notre lieutenant a fait un accrochage avec une autre voiture, que les gens en rajoutent, pensant gruger un gringo américain, la police s’en mêle et lui explique qu’il l’a reconnu, parce que, dernièrement, il avait lu un article sur son enquête durant la croisière qu’il avait faite avec sa femme.

J’ai apprécié les ambiances mexicaines de cet épisode, la présence des taureaux, même si je suis contre la corrida où l’on met à mort la bête. Ce qui m’a plu, c’est la décoration de la maison de Luis Montoya et tout le décorum de cette hacienda où l’on entraîne les champions de demain (champions qui mourront, hélas).

Et puis, notre Columbo est perdu dans cet univers. Il ne connait rien aux corridas, aux entraînements de taureaux, malgré tout, il pose des questions et repère des petits détails qui lui semblent bizarres.

Dans cet épisode, nous ne saurons pas pourquoi Luis Montoya, le propriétaire, tue son employé Hector, par l’entremise du taureau. Hector était à son service depuis des années et si le fils d’Hector a été blessé par le taureau, ce n’est pas la faute de son père, ni celle du proprio…

En fait, jusqu’au bout, le téléspectateur sera laissé dans l’ignorance, ce qui ajoutera du mystère et permettra à Columbo de jouer un tour à sa manière au riche Montoya. Ce que l’on découvre alors, c’est le pourquoi du comment il a décidé de tuer son employé et ami, Hector.

La solution, Columbo la trouvera en regardant jouer les fils du chef de la police, il comprendra un peu mieux le milieu de la tauromachie, les codes, les trucs et astuces utilisés et, de ce fait, pourra coincer le coupable.

En voilà encore un qui se lamentera que sa route ait croisée celle du lieutenant, parce que sans lui, il s’en serait sorti facilement, puisque c’était le taureau qui avait tué Hector et que personne ne savait qu’il avait envoyé une fléchette tranquillisante sur son pauvre employé.

Encore un excellent épisode de Columbo et pour une fois, un que je ne connaissais pas du tout !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°202] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°01).

Commentaires (Wiki) :

  • C’est l’un des rares épisodes où il faut attendre la toute fin pour connaître le mobile.
  • C’est le premier épisode où un animal est responsable direct d’une mise à mort – aidé en cela par une flèche tranquillisante.
  • Lorsque Columbo rencontre le chef de la police, ce dernier lui dit qu’il le connaît pour avoir lu dans le journal à propos du meurtre pendant la croisière, dans l’épisode 29 (4-4) Eaux troubles.
  • Il s’agit du troisième épisode ne se déroulant pas aux États-Unis, après l’épisode SOS Scotland Yard (saison 2) et justement Eaux troubles (saison 4).
  • Au début de l’épisode, Luis Montoya – interprété par l’acteur Ricardo Montalban – visionne ce qui est supposé être une ancienne vidéo de lui-même comme jeune matador. C’est en réalité un extrait du film « Sang et Volupté » (1943), dans lequel l’acteur joue le rôle d’un torero. Un autre épisode utilise lui aussi la technique d’un film ancien précédemment joué par le protagoniste pour étoffer son rôle : « La Dame oubliée » (saison 5).
  • C’est le second épisode dans lequel on peut rapidement lire le prénom du lieutenant (Frank) lorsqu’il présente son insigne, ici à la police locale mexicaine. Une autre occasion se présente lors de l’épisode Poids mort de la saison 1.
  • A noter que la Peugeot 403 n’est pas la seule voiture française à apparaître dans cet épisode, puisqu’on aperçoit également une Renault Estafette en arrière-plan (8 min 50 s).
  • Dans cet épisode, Columbo se documente pour les besoins de son enquête sur le monde de la tauromachie. Des termes sont employés et definis tels que muleta, ganadero, tienta, pique, mano a mano, la queue et les deux oreilles

L’île aux Trente Cercueil – Maurice Leblanc vs TF1 [Par Dame Ida, critique d’adaptations télé qui des fois sait aussi lire des livres]

Présentation de la série de TF1sur Allociné

Série de 2022 d’Elsa Marpeau et Florent Meyer avec Virginie Ledoyen et Charles Berling.

Christine vit une vie tranquille avec son mari, Raphaël jusqu’au jour où elle reçoit une mystérieuse vidéo sur son portable. On y voit des images de son accouchement à Sarek, l’île où elle a grandi. Christine découvre avec horreur que son enfant annoncé mort-né a été assassiné. Elle est désormais hantée par ces questions : qui a tué son fils, et pourquoi ?

Présentation Babelio de l’Île aux Trente Cercueils, roman de Maurice Leblanc

L’Île aux trente cercueils (1919) mêle intrigue policière, fantastique et horreur. Venue retrouver son fils après quatorze ans d’absence, Véronique d’Hergemont prend la mer jusqu’à l’île bretonne de Sarek, défendue par trente récifs redoutés des marins.

La jeune femme va apprendre à ses dépends que la malédiction attachée à cette terre n’est pas une légende. Quant à Lupin, il lui faudra arracher Véronique aux griffes de l’infâme comte Vorski. Mais saura-t-il empêcher que sa raison ne vacille ?

L’Avis de Dame Ida :
TF1 nous a gratifiés récemment d’un feuilleton à l’ancienne, qui sur six épisodes nous propulse dans un sombre drame à suspens, au cours desquels les gens meurent les uns après les autres sur une île isolée, suite au retour d’une des enfants du pays, devenue médecin, qui a de vieux compte à régler avec son propre passé torturé. Hou là là que c’est glauque !!!

Je ne spoilerai pas davantage ce feuilleton, qui malgré son titre n’a que peu de chose à voir avec l’œuvre originale de Maurice Leblanc dont il prétend être tiré.

Une première adaptation télévisuelle avait été présentée il y a quelques décennies, mais je ne saurais pas vous dire ce qu’elle vaut.

Alors oui, ce feuilleton récent se passe sur l’île imaginaire de Sarek, évoquée dans le roman original…

Alors oui, ce feuilleton reprend quelques vagues éléments du roman original…

Mais il mélange ces quelques éléments dans un shaker que le scénariste a bien secoué pour, au final, présenter une intrigue qui n’a que de très lointains rapports avec l’œuvre de Maurice Leblanc… Et de moins en moins à mesure qu’on lit le livre.

Et oui… L’île au trente cercueils c’est d’abord et avant tout une aventure d’Arsène Lupin mais il ne sera même jamais question de son ombre dans cette adaptation de TF1. Exit Arsène Lupin ! Omar Sy n’allait pas débouler sur TF1 ! Il a signé avec Netflix ! Il n’était pas disponible!

A la décharge de TF1, le roman original est assez daté et une adaptation fidèle du roman paraîtrait parfaitement ridicule aux spectateurs de notre époque.

Cela dit, un peu naïve, j’espérai trouver mieux dans le roman de Leblanc que dans ces six longs épisodes pas forcément très bien joués, pas toujours très crédibles (un médecin qui fait le bouche-à-bouche sur un sujet dont les lèvres restent closes, sans lui relever le menton ni tirer la tête vers l’arrière, ni faire de massage cardiaque… sujet dont elle ne sait même pas depuis combien d’heures il ne respire plus… et qui ressuscite ! quelle blague !), souvent cousu de fil blanc (allez savoir pourquoi dès le premier épisode je savais qui était le méchant même si je ne savais pas pourquoi ni comment !), au développement logique parfois brouillon, et faisant passer les bretons pour des caricatures d’arriérés (ça mériterait une pétition pour protester contre le dénigrement culturel d’une minorité régionale) et les curés pour des inquisiteurs psychotiques refoulés doublés d’hypocrites (mais que font les intégristes ! Ils ont déjà foutu le feu à un cinéma pour moins que ça ?).

Le problème avec ces feuilletons c’est qu’une fois qu’on est pris dans l’intrigue on veut connaître la fin… et on regarde jusqu’au bout même si on s’y ennuie assez souvent et si on trouve les acteurs et les scénaristes aussi mauvais les uns que les autres (bon, Ledoyen n’était pas si mauvaise mais difficile de s’en sortir avec un scénario, une mise en scène et des partenaires souvent médiocres). Il faut que tout le monde gagne sa vie, certes… Mais faut-il que ce soit au détriment de nos cerveaux disponibles?

Or donc, Leblanc a-t-il mieux fait que TF1 ?

Ben… Comment dire… Je suis un peu embarrassée.

Après tout faut-il comparer ce qui n’est pas comparable ? Il ne faudrait pas que nous oubliions que Leblanc était un écrivain populaire du début du XXe siècle, visant un lectorat aussi large que possible, et pas les amateurs de littératures plus académiques développant des grandes idées philosophiques par le biais de proses élaborées.

Ayant déjà lu quelques aventures de Lupin, j’ai malgré tout été très surprise. Pas en bien hélas !

Peut être parce que Lupin est absent pendant toute la première partie et qu’il s’y déploie une histoire assez typique du roman (trèèèès) populaire de l’époque, où le lecteur se trouve brutalement projeté dans une intrigue déjà commencée depuis longtemps et qu’il prend en marche.

Et puis quelle idée a eu Leblanc de vouloir mélanger tous les styles ? On a une pointe de fantastique… Du grand-guignol sanglant… Du comique… Du drame… Des bons sentiments… Du suspens… Du romantisme… et… Avec l’arrivée de Lupin, nous passerons par toute une palette d’émotions diverses allant de la comédie goguenarde au cynisme glaçant, en passant par les tirades pontifiantes de l’explication finale qui surgit ex nihilo.

Que de confusion. Ne dit-on pas que l’élégante ne doit pas porter plus de trois couleurs sur elle au risque de passer pour un perroquet bariolé si elle ose davantage ? Ne devrait-on pas fixer une limite aux genres que l’on entend mélanger dans un roman ?

Ce n’est pas tant que l’intrigue soit difficile à suivre, mais le fait d’avoir l’impression de la prendre en cours de route alors qu’elle est assez déjà rocambolesque, n’aide pas le lecteur à adhérer très vite à l’histoire qui prend une coloration artificielle et peu crédible.

La première trentaine de pages m’a presque inquiétée.

On cueille l’héroïne de l’histoire alors qu’elle reprend à son point de départ les drames de son existence. Elle les a laissés derrière elle pendant quelques années, mais on vous les résume rapidement pour ne pas dire brutalement vu son vécu chargé.

La voilà en train de suivre un jeu de piste à la limite du risible ou de l’infantile avant de tomber, « par hasard », sur un personnage, qui, évidemment, va lui faire des révélations ahurissantes, dès la vingt-cinquième page d’un livre qui n’en comporte que deux-cent-quarante-cinq (version liseuse, l’œuvre libre de droit est accessible gratuitement sur divers sites de téléchargements légaux – comme tous les Lupin !).

Et sur quoi elles portent, les révélations ahurissantes ? Et bien comme par hasard, sur les mystères qui ruinent la vie de cette héroïne depuis de longues années de souffrances, de galères, et de tristesse, résumées en vingt-cinq pages… Au moins dans la série de TF1 cela ne se dévoilait que bribe par bribe, jusqu’à la fin. Là tout est dit d’un bloc, dès le départ.

Le moins qu’on puisse dire c’est que c’est de l’écriture efficace ! On ne va pas s’ennuyer à vous raconter la vie des gens en écrivant des pavés ! Un mariage rocambolesque, un veuvage à rebondissement, et le deuil d’un enfant, une entrée dans les ordres et une reconstruction de vie clandestine « genre programme de protection des témoins »…

Pourquoi cela prendrait-il plus de vingt-cinq pages ??? Moi qui chialait ma mère parce qu’au quart d’un Cornwell, il ne s’était rien passé ! Au moins avec Leblanc on en a pour son argent ! Faut que ça pulse ! Faut pas s’endormir !

Mais qu’allait donc me réserver les 220 pages suivantes ? Une saga sur plusieurs générations ? Un résumé de la Bible ?

Non… Après ce démarrage déconcertant, on se retrouve projetés avec l’héroïne dans une intrigue haletante, pleine d’action et de rebondissements qui éviterons, certes, de s’ennuyer.

Cependant, le style de Leblanc se trouve ici très formaté par les goûts populaires du début du XXe siècle, qui peut paraître de ce fait quelque peu gnangnan, naïf, sensationnaliste, peu crédible et cousu de fil blanc aux lectrices exigeantes que nous sommes.

Je ne peux pas non plus passer sur le sentiment anti-allemand, évidemment incontournable à l’époque  (le livre est publié au sortir de la première guerre mondiale, mais son action se déroule en 1917) dans la bouche d’un bon héros français, qui imprègne certaines saillies de Lupin. Historiquement explicables, certes, elles n’en sont pas moins pénible pour la lectrice europhile d’aujourd’hui.

L’arrivée de Lupin en deuxième partie de roman, venant à la rescousse des personnages en périls mis en scène en première partie est tellement soudaine qu’il semble sortir comme un diable de sa boîte (et c’est presque ça, mais être plus explicite serait spoiler), voire comme un super héros omniscient qui a tout compris sans qu’on sache vraiment comment…

De fait, ça tombe un peu à plat puisque les procédés par lesquels il arrive à tout résoudre et qu’il révèle à la toute fin sont peu crédibles. Et que ce que nous on aime… Ce n’est pas tant le happy end que de COMPRENDRE une histoire qui ne soit pas à dormir debout.

Or plusieurs axes d’explications servis par Lupin ne tiennent pas debout pour les lecteurs de notre époque, car ils se révèlent totalement faux. C’est compliqué d’admettre une explication finale qui ne repose que sur des données erronées présentées comme vraies.

En effet, Lupin se met à avoir des prétentions d’historien et le voilà qu’il prête une liaison féminine à Louis II de Bavière, homosexuel notoire !

Dire qu’il serait mort à cause de cette liaison, alors qu’il aurait été probablement suicidé parce qu’il refusait d’abdiquer, ce qu’on attendait de lui, en raison de la pathologie mentale qui frappait toute sa famille et le conduisait à piller les caisses de l’état pour ses projets architecturaux délirants (hé ! J’ai vu le Secret d’Histoire de Stéphane Bern lui a consacré, moi !!!), ça passe assez mal aujourd’hui.

Mais certes, à sa décharge, je doute qu’en 1919, date de rédaction du livre, les véritables raisons de la mort de Louis II, ainsi que son homosexualité n’aient été rendues publiques… Mais Lupin n’est-il pas censé être mieux renseigné que tout le monde ??? En tout cas, c’est ce qu’il prétend.

Je passe sur ses ultimes révélations sur la physique et la radioactivité qui certes… fascinaient le public du début du XXe siècle qui trouvait toutes les vertus au radium… et qui a déchanté quelques années plus tard, découvrant qu’il provoquait dégénérescence et cancers.

Là encore, Leblanc, dans sa rédaction, est victime de l’ignorance de son époque, et nous sert un Lupin pontifiant qui assène son prétendu savoir devenu caduc pour le lecteur averti du XXIe siècle. Ce n’est qu’un détail qui ne prend que quelques pages dans le roman, mais il touche de près un élément important et… je trouve ça quelque peu gênant.

En outre le Gentleman cambrioleur qui se vante de n’avoir pas de sang sur les mains n’est plus si gentleman que ça quand l’ennemi est un « Boche »… Et on ne peut pas dire qu’il soit, ici, sous son jour le plus sympathique, même si l’ennemi est vraiment très méchant-vilain-diabolique.

Et puis, ça et là, quelques relents post coloniaux me déplairont. Il sera question de ressortissants d’anciennes (pas à l’époque) colonies désignés par leur nationalité, de manière générique et anonyme… Ce seront les seuls à ne pas avoir droit à un nom.

Cela ne choquait personne à l’époque, mais sans être particulièrement adepte du wokisme, cela me paraîtra regrettable et symptomatique d’une époque heureusement révolue.

Bref, ce n’est pas le Lupin le plus sympathique que j’ai lu, ni celui que je préfèrerai.

Le final a donc eu du mal à me convaincre. Mais… quand on loupe le final et que le départ est lui même hasardeux, là… ça fait un peu beaucoup.

En conclusion : Je n’irai pas jusqu’à dire que je me suis ennuyée autant avec Leblanc qu’avec TF1, mais ni le roman original, ni sa trèèèèèèès libre et trèèèèèès lointaine adaptation télévisée ne m’auront réellement passionnée.

Le téléfilm m’a paru assez cheap, et ce roman daté est plus à aborder pour sa dimension historique d’antiquité littéraire représentatif du style d’une époque tombé en désuétude que l’intervention trop tardive d’un Lupin pas forcément à son avantage, ne parvient pas à sauver.

Anybref, deux points partout, la balle au centre. Perdants exaequo !

[SÉRIES] Les petits meurtres d’Agatha Christie – Saison 1 – Épisode 9 – Un cadavre sur l’oreiller (2011)

Résumé : Après une nuit très arrosée, le commissaire Larosière se réveille avec le cadavre d’une femme dans son lit. Il n’a aucun souvenir de ce qui a pu se passer et réalise avec horreur qu’il est désormais le suspect numéro un d’une affaire de meurtre.

D’autant plus que la jeune fille est une prostituée, qui travaillait dans une maison close où le commissaire avait ses habitudes.

Tandis que Larosière est emprisonné, Lampion se démène pour prouver l’innocence de son patron. Le commissaire réussit à s’évader et trouve refuge à l’Oiseau bleu.

C’est de là qu’il va diriger l’enquête de Lampion pour confondre le véritable meurtrier. Il n’hésite pas non plus à profiter des attentions des femmes de la maison…

Distribution :

  • Antoine Duléry : le commissaire Jean Larosière
  • Marius Colucci : l’inspecteur Émile Lampion
  • Valérie Sibilia (Pandora)
  • Juliet Lemonnier (Valentine)
  • Stéphan Wojtowicz (Deville)
  • Vernon Dobtcheff (Anatole Deschanel)
  • Bruno Slagmulder (Théodore Deschanel)
  • Mata Gabin (Esméralda)
  • Mathilde Bisson (Ninon)

Ce que j’en ai pensé :  Une fois de plus, il n’y avait rien à la téloche, pas même un bon vieux Columbo de derrière les fagots et donc, j’ai parcouru ma box pour voir ce qu’elle avait enregistré (selon mes demandes)…

Bingo, il y avait un épisode de cette série dont, mon mari et moi, n’avions plus aucun souvenir. Chouette, on allait regarder ça avec plaisir et tenter de trouver le/la coupable.

Lancement du générique et bardaf, on voit le titre du roman dont cet épisode a été adapté. Zut alors, c’est celui qui nous avons vu il n’y a même pas 15 jours… Oui, ceci est l’adaptation de « Un cadavre dans la bibliothèque » que j’avais vu, deux semaines auparavant, avec Miss Marple

Puisque nous aimons tous les deux ce duo (et les autres trios d’après), nous avons décidé de revoir cette adaptation, puisqu’elle serait différente de celle avec Miss Marple.

Les bases sont les mêmes : un cadavre dans un endroit pas vraiment adapté. Ce n’est plus la bibliothèque d’un vieux manoir, c’est dans le lit du commissaire Larosière que l’on retrouve cette jeune fille morte.

L’alcool n’est pas bon pour la santé, ni pour la mémoire et notre commissaire, qui était rentré, pété mort soul, ne sait même pas s’il n’aurait pas pu tuer cette jeune fille.

Si dans la version Miss Marple, le rythme était lent, dans celui-ci, ça bouge plus et la version est un plus coquine puisque la jeune fille assassinée bossait dans un bordel et que l’inspecteur Lampion va devoir aller y enquêter et qu’il en profitera pour quêter avec…

Si vous connaissez ses préférences, vous comprendrez que cela ajoute du croquant à l’histoire.

Le commissaire Larosière, quant à lui, emprisonné, aura bien du mal à s’habituer à la pitance pitoyable des gardés à vue et en profitera pour s’évader et se réfugier dans le bordel, puisqu’il est ami avec la mère maquerelle.

Dans les trois versions des Petits Meurtres, tout le monde est passé une fois par la case prison. Dans la première saison, ce sera juste pour le commissaire, remplacé par un autre qui passe sa vie sur les terrains de golf, à tapoter dans la baballe.

J’ai un faible pour le commissaire : il est élégant, avec sa barbe bien taillée et on aurait envie d’aller faire un tour dans les bois en sa compagnie.

L’inspecteur Lampion, lui, moins sûr de lui, est toujours son souffre-douleur (même si le commissaire l’aime bien, dans le fond), celui qui s’en prend plein la gueule, mais qui ne lâche rien. De plus, il est de la nouvelle école et apprécie les sciences, les nouvelles méthodes pour coincer des criminels…

Beaucoup de personnages, mais un seul ressort comme un coupable potentiel, celui qui avait un mobile. Pas de bol, il a un alibi en béton armé. Va donc falloir le faire sauter (impossible) ou comprendre comment cette personne aurait pu tuer la prostituée sans être sur place.

C’est retors, comme toujours et j’ai dû faire appel à mes souvenirs poussiéreux (oui, après 15 jours, avec ma pauvre cervelle, j’avais oublié des détails) de la version Miss Marple pour trouver le/la coupable.

Le fait de changer tous les détails donne une tout autre version de cet épisode, même si le mobile reste le même et que le modus operandi ne change pas. Je vous jure que j’ai mouliné du cerveau pour qu’il me repasse les détails de l’autre version.

Bref, deux versions différentes à voir selon les goûts de chacun : le côté lent de Miss Marple ou le côté années 30 plus percutant avec Larosière et Lampion. Je vous avoue que c’est cette version que je préfère, mais ma cotation sera la même.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°151] et Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°33].

[SÉRIES] Miss Marple – Saison 1 – Épisode 1 – Un cadavre dans la bibliothèque (2004)

Une jeune femme blonde est découverte étranglée dans la bibliothèque de la demeure du Colonel Arthur Bantry et de sa femme Dolly. Celle-ci fait alors appel à son amie de longue date, Miss Marple, pour tirer les choses au clair.

Distribution : 

  • Geraldine McEwan (VF : Lily Baron) : Miss Marple
  • Ian Richardson (Conway Jefferson)
  • Tara Fitzgerald (Adelaide Jefferson)
  • Jamie Theakston (Mark Gaskell)
  • Giles Oldershaw (Edwards)
  • Florence Hoath (Pamela Reeves)

Ce que j’en ai pensé :  Ma préférence à moi, c’est Hercule Poirot, mais lorsqu’il n’y a rien à la télé, Miss Marple fait parfaitement l’affaire.

J’avais enregistré cet épisode sur la box et il est venu à point nommé pour remplir une soirée télé. Mon mari a même regardé avec moi…

Un manoir, une immense bibliothèque, des livres jusqu’au plafond (et des toiles d’araignées) et, au milieu, le cadavre d’une femme.

Sérieusement, on ne range pas les cadavres dans une bibliothèque, s’il vous plait ! Ça fait désordre. Seul le colonel Moutarde peut y commettre des crimes, avec le chandelier ou toute autre arme qui lui conviendra.

Comme les propriétaires du manoir, comme les flics, Miss Marple ne comprend pas pourquoi cette femme a été tuée là. Le téléspectateur non plus. Surtout que l’épisode avait commencé durant la seconde guerre mondiale, avec une famille réunie autour d’une table, avant qu’une bombe ne leur tombe dessus…

Le rapport, on le comprendra plus tard, lorsque nous retrouverons les membres de cette famille (pas de mauvais jeux de mots), dans une station balnéaire où Miss Marple va aller continuer son enquête.

Comme toujours, avec Agatha Christie, rien n’est simple et j’avais eu beau me tordre les petites cellules grises, je n’avais absolument rien trouvé, rien vu venir et je me suis amusée à accuser tout le monde du crime.

Pourtant, il y avait des tas de petits détails qui auraient pu me mettre sur la piste, hélas, je n’ai jamais réussi à les relier entre eux. Je me doutais qu’il y avait anguille sous roche, une couille dans le pâté… Rhââ, pas moyen de trouver avant la solution finale.

Hercule Poirot restera mon chouchou chez la mère Christie, pourtant, j’ai pris du plaisir avec cette Miss Marple, ses petits sourires, ses vêtements de bobonne, ses petits airs de ne pas en avoir l’air, son sourire mutin, son air innocent et sa manière, bien à elle, d’enquêter.

Ce n’est pas une enquête trépidante, elle ne court pas partout, la Miss Marple, elle va à son aise. Ni mon mari, ni moi, n’avons baillé devant cet épisode.

Oui, j’avais lu ce roman dans ma jeunesse, vu qu’il y avait mes deux vices dans le titre (cadavre, donc meurtre et bibliothèque), mais je n’en avais gardé aucun souvenir, alors que j’ai toujours dans ma mémoire les résolutions de certains romans de la reine du crime.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°148] et Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°30].

[SÉRIES] Les Chroniques de Sherlock (Sherlock : The Russian Chronicles)

Les Chroniques de Sherlock (titre original : Шерлок в России, Sherlock en Russie) est une série télévisée russe de 8 épisodes, créée par Nurbek Egen et diffusée depuis 2020 sur la plateforme Start.

La série est diffusée en version française depuis le 17 septembre 2021 sur la plate-forme Salto.

En Belgique, elle est disponible sur RTLplay, le site de streaming de RTL TVI. Il s’agit d’une adaptation des aventures de Sherlock Holmes ayant la particularité de se dérouler à Saint-Pétersbourg.

Synopsis : 
Après avoir commis plusieurs crimes à Londres, Jack l’Éventreur fuit à Saint-Pétersbourg.

Le détective Sherlock Holmes l’y suit, laissant en Angleterre le docteur Watson. Sur place, il est logé par un autre médecin, le docteur Kartsev, avec qui il se lie d’amitié et mène plusieurs enquêtes.

Distribution :

  • Maxime Matveïev : Sherlock Holmes
  • Vladimir Michoukov : Docteur Kartsev
  • Irina Starchenbaum : Sofia Kasatkine
  • Pavel Maïkov : Lavr Trudniy
  • Konstantin Bogomolov : Piotr Znamenski

Épisodes :

  1. Jack l’Éventreur à Saint-Pétersbourg, partie 1
  2. Jack l’Éventreur à Saint-Pétersbourg, partie 2
  3. La Vengeance du Kélé, partie 1
  4. La Vengeance du Kélé, partie 2
  5. Le Diable boiteux, partie 1
  6. Le Diable boiteux, partie 2
  7. Le Châtiment divin, partie 1
  8. Le Châtiment divin, partie 2

Ce que j’en ai pensé :
Lorsque je regardais une série à la télé, j’avais vu plusieurs fois le spot publicitaire parlant des Chroniques de Sherlock, à voir sur Salto.

Crénom, je n’ai pas Salto, moi ! Heureusement, une chaîne de télé belge a passé les épisodes.

Manque de bol, je n’ai pas su voir les deux premiers épisodes avec Jack l’Éventreur.

Ce qui fait que je n’avais pas capté que le Sherlock Holmes devant moi était bien anglais, expatrié en Russie. C’est Wiki qui s’est chargé de me le raconter : poursuivant Jack The Ripper et ayant déduit qu’il était Russe, Holmes a abandonné Watson à Londres et s’est lancé à la poursuite du serial-killer.

Tant pis, j’ai au moins eu la chance de ne pas louper les épisodes avec La Vengeance du Kélé, Le Diable boiteux et le Châtiment divin.

Ne pas être dans à Londres m’a un peu perturbé, Saint-Pétersbourg a compensé. Hélas, j’ai eu l’impression que certains décors naturels comme des bâtiments étaient un peu trop modernes pour la série. Ça ne sentait plus l’époque contemporaine (ou celle d’il y a 50 ans) que celle de 1888…

La Vengeance du Kélé a un petit côté fantastique et, a un scénario qui ressemble un peu à un roman célèbre de Conan Doyle… Ses racines viennent d’un endroit lointain et si vous cherchez un peu, cela vous aidera à trouver le roman dont on s’est inspiré, même si l’intrigue est différente (mais le mobile est vieux comme le Monde). J’ai vu venir le mobile des crimes de trèèèèès loin.

Le Sherlock Holmes russe est mignon à croquer, avec ses cheveux mi-longs, sa petite barbe de trois jours et j’aurais bien joué la scène chaude à la place de l’actrice… Oui, dans Le Diable boiteux, il y a une scène de cul ! Chaude, même si on ne verra pas le zeb de Holmes… Juste ses tatouages !

Comme je vous le disais, les deux épisodes avec la Vengeance du Kélé a un petit côté fantastique, mais comme avec le toutou des Baskerville, le fantastique sera expliqué de manière rationnelle, bien qu’il restera un soupçon de magie ou d’inexplicable.

Rien qui empêche la compréhension de l’épisode ou sa résolution. Rien d’exceptionnel non plus, juste un soupçon de truc inexplicable.

Mon problème est avec le Docteur Kartsev, sensé remplacer le docteur Watson. Je ne suis pas en phase avec lui, il lui manque le côté protecteur, rempart, garde-fou, habituellement dévolu aux Watson, en pantalons ou en jupons. Je l’ai senti un peu en retrait. Sans doute parce qu’il ne connaît pas encore bien Holmes et qu’il garde sa réserve.

Quant au Sherlock Holmes, est-il un bon Sherlock Holmes ? Oui et non… Il lui manque ce qui fait son charme pour nous et l’exaspération de Watson : ses déductions faites en observant les gens. Il déduira des faits en observant les scènes de crime, mais rarement en observant les gens.

Comme d’habitude, on lui colle des démons, des addictions (la drogue, bien entendu), un côté hautain, fonceur, sûr de lui, joueur de tours à sa manière, mais on ne le verra déguisé qu’une seule fois. Dommage.

Bon, on ne va pas se mentir, c’est pas mal comme épisodes, j’ai connu mieux, mais j’ai aussi connu pire ! Le Holmes me plait, il ne me dérange pas, c’est déjà un bon point.

Ce qui fait que, après le visionnage des deux premiers épisodes, enregistrés par ma box, j’ai enquillé avec les deux suivants (et suis allée au lit passé minuit, ce qui a ravi le chat, lové contre moi).

Le Diable boiteux commence normalement, gentiment, je dirais… Une actrice se suicide et Sophia, son amie, engage Holmes pour prouver que le suicide est un meurtre. Sherlock et Sophia ont une boentje (se prononce bountche) l’un pour l’autre. Les jeunes diront un crush. Bref, pour les Nuls du fond de la classe, ils s’aiment, mais Sherlock ne fait pas le premier pas, lui posant même un lapin, le salaud !

J’ai apprécié ces deux épisodes car on s’éloignait du précédent, où j’avais compris le fin mot de l’histoire. Ici, je me suis faite tacler violemment, pour mon plus grand plaisir.

Le personnage du professeur Bachmetiev, sorte de psychologue, chirurgien, mi-Freud et mi-Holmes pour ses déductions, hypnotiseur et aussi mécène à temps plein pour les orphelins (oui, ça fait beaucoup pour un seul homme) de son institut Pavlioucha. Quel personnage ! Il était fascinant, tout simplement.

L’enquête ne sera pas facile, Holmes va devoir se montrer plus habile que l’assassin qu’il poursuit et je vous le dis, il va ramer ! C’est ça aussi que j’apprécie dans une série qui met Holmes en scène : qu’il n’ait pas trop facile, qu’il doive se sortir les doigts du cul, qu’il soit en danger, qu’il se trompe, bref, qu’il ne soit pas qu’une machine à penser qui ne se trompe jamais.

Canoniquement parlant, Holmes a fait des erreurs, de celles qui ont coûté la vie à des clients.

Le Châtiment divin est tout aussi sombre que les précédents. L’enquête ne sera pas facile du tout et partira dans tous les sens avant que Holmes ne comprenne le fin mot de l’histoire.

En tout cas, j’ai aimé son point de départ, qui était intriguant, mais ne semblait pas digne du détective : une lavandière lui explique que les draps qu’elle fait sécher sur le toit, après les avoir lavé, se retrouvent sales le lendemain et sales !

On commence avec un truc banal et ensuite, on met le pied dans un engrenage qui va entraîner nos deux hommes dans une enquête difficile, dangereuse, d’où ils ne sortiront pas tout à fait indemnes.

On voit Holmes avoir du mal à trouver ce qui relie les victimes (si lien il y a), tâtonner, avoir recours à des méthodes peu orthodoxes pour arriver à tirer les vers hors du nez de la mère maquerelle (pas de torture, juste de l’hypnose), se planter, mettre son cœur à nu et pleurer.

Les scénaristes sont des crapuleux, ils m’ont fait peur, les salauds ! Assassins, va ! Et c’était un peu limite comme tour, juste un truc pour faire croire que… Bon, la médecine fait des miracles apparemment. Heureusement, tiens.

Comme souvent dans les séries policières que je regarde, on aurait plus tendance à plaindre les coupables que leurs victimes, pire, à souhaiter que l’on n’eût jamais attrapé le ou les coupables. Il en fut de même pour les épisodes du Kélé et du Châtiment. Ma foi, les victimes avaient mérité leur sort (certaines plus que d’autres). Oui, je sais, c’est pas bien de dire ça !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°121] et Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°03].