Retour à Little Wing : Nickolas Butler [LC avec Stelphique – Intro]

— Et alors, ma Belette, ton intro, ça vient ?
— Non, rien, que dalle, page blanche… Impasse totale pour ce titre !
— Mais enfin, comment cela se fait-il ? Toi, en panne d’inspiration ?? Impossible !
— (Levant les yeux au ciel) M’enfin, qu’est-ce que vous croyez vous ? Qu’on insère une pièce dans la fente et que je pond une chronique ??
— (Stelphique, hésitante) Heu… Oui… Tout le monde le pense.
— Et bien non les gars et les filles, désolée de vous décevoir, il y a bien une fente mais on ne glisse rien dedans et même si on y glissait un billet de 500€ (ben quoi, moi aussi je suis vénale – comme tout le monde), ça ne viendrait pas ! L’inspiration, quand elle nous déserte, elle nous déserte.
— Tu nous fais le coup du déserteur, alors, pour notre intro de LC ? Rien ne viens ??
— Si… Des paroles d’une chanson de Renaud, « Déserteur » ♫ Monsieur le président ♫ Je vous fais une bafouille ♪ Que vous lirez sûrement ♪ Si vous avez des couilles ♫ […] Monsieur le président ♫ Je suis un déserteur ♪ De ton armée de glands ♪ De ton troupeau d’branleurs ♫
— Là c’est sûr qu’on va avoir des problèmes avec cette intro qui ne vient pas… Et pas rien qu’avec le pouvoir, mais avec des messieurs en blouse blanche qui vont venir chercher ma tarée de canlette préférée !
— (Gros sanglots) Mais ça vient pas !!!
— Attends, tu as de l’or en barre comme matière, avec le résumé qui parle « l’attachement indéfectible à leur ville natale, Little Wing, et à sa communauté. Aujourd’hui, l’heure des retrouvailles a sonné… Pour ces jeunes trentenaires, c’est aussi celle des bilans, de la nostalgie, du doute… »
— OUI ! Une bande de copains, un peu comme nous avec les copinautes, ou nous, avec la LC et le WRC ! Deux (trois) filles qui ne se connaissent que via le Net mais qui s’apprécie et qui ne rêve que d’une chose : se souler aux mojitos le jour où elles se rencontreront !!
— Nous ne sommes pas obligée de nous souler, sauf si Nath nous invite dans une triperie…
— Oh putain, l’horreur ! (grimace du Cannibal). Mais attend, le résumé parle de mecs qui se connaissaient et qui ont grandi ensemble, alors que nous, pas !
— Mais si ma Belette ! Nos blogs ont commencé tout petit et ils ont grandi ensemble, pris leur envol, leur essor… Ok, c’est pas la grande affluence, mais notre ville natale, c’est Word Press et sa communauté ! Imagine nos retrouvailles…
— ♫ On s’était dit rendez-vous dans 10 ans, Même jour, même heure, même port ♪ On verra quand on aura 30 ans ♫ Devant une vitrine d’antiquité ♫ J’imagine les retrouvailles de l’amitié ♪
— Cannibal, arrête de chanter, on a encore perdu Yvan ! Tu crois que dans 10 ans on fera encore des LC ??
— J’espère bien, j’ai une PAL à faire descendre et des romans que je n’ai pas envie de lire seule, comme des King ou quelques SF… En espérant que WP existe toujours et que nous soyons toujours des lectrices assidues !
— Mais je veux !! On signe ?
— On signe et rendez-vous à Little Wing dans 10 ans !!
— Cannibal voulait dire dans quelques jours… Bon, j’ai peut-être pas mis de pièce ou de billet dans la fente, mais on y arrivée et l’accouchement fut dur !

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Le bazar des mauvais rêves : Stephen King [LC avec Stelphique]

Titre : Le bazar des mauvais rêves

Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (12/10/2016)

Résumé :
Un recueil de nouvelles auscultant les paradoxes de l’Amérique et abordant des thèmes tels que les souffrances individuelles et collectives, la vieillesse et la mort, la culpabilité, etc

Critique :
Le King reste toujours le King ! Qu’il écrive des histoires fantastique ou d’épouvante pour me faire dresser les cheveux sur la tête ou qu’il écrive « à la manière de », rien à faire, on retrouve sa patte bien à lui.

20 nouvelles, des plus courtes, des plus longues, sur tout les sujets que l’on pourrait penser car ici, les histoires ne servent pas qu’à nous faire peur ou à nous empêcher de dormir le soir.

Le King s’est fait plaisir et le plaisir transparaît dans son écriture car l’animal s’est essayé à plusieurs sortes de récits dans lesquels on n’a pas l’habitude de le voir.

De plus, moment orgasmique, le King s’adresse à nous, lecteur, au début de chaque histoire afin de nous en raconter la genèse, ce qui lui a donné l’idée de l’écrire, ou des moments de sa vie à lui qui ont fait que cette nouvelle est née.

C’est orgasmique parce que en le lisant, j’avais l’impression qu’il ne s’adressait qu’a moi seule ! Comme si lui et moi avions un petit aparté devant une bonne tasse de café (pour moi) et une autre boisson pour lui. Le pied !!

Mile 81 m’a collé la frousse, je l’avoue, car elle avait un petit air de Christine et j’en ai eu des sueurs froides. Le petit dieu vert de l’agonie m’a aussi collé des frissons sur la fin, quant à Nécro, elle m’a emportée et  je me suis surprise à rêver du même pouvoir durant un moment.

Par contre, beaucoup d’émotions avec Batman et Robin ont un accrochage que j’ai adorée, il en a été de même avec Sale Gosse qui est terriblement émouvante elle aussi, tout comme  À la dure où j’avais deviné le truc, mais malgré tout, ça m’a retourné.

La Dune m’a emballée, elle aussi, et le final m’a fait me décrocher ma mâchoire parce que je ne m’attendais pas à ça du tout ! Excellent ! Une mort avait tout d’un récit de Elmore Leonard et j’ai adoré le fait que le King s’essaie à l’exercice d’écrire à la manière de…

Une qui est terrible aussi, c’est Ur, avec la Kindle de couleur rose ! Depuis, je regarde ma Kobo d’un autre œil, même si elle ne vient pas de la même boite et est de couleur noire. On n’est jamais trop prudente !

Je ne les citerai pas toutes, il n’y en a qu’une que j’ai zappée, c’est Église d’ossements, sinon, j’ai pris mon pied avec les récits du King, récits qui se veulent différents et qui explorent aussi bien les gens qui tirent le diable par la queue que les problèmes d’alcoolisme, de la morale, de la vie après la mort, de l’apocalypse, du base-ball (magnifique Billy Barrage) et bien d’autres.

La plume du King, que ce soit celle des années 2000 ou celle antérieure, qu’il écrive selon son genre ou tente de rendre hommage au style des autres, cela reste malgré tout sa patte bien à lui et ses talents de conteur sont toujours aussi en forme.

En peu de pages, il arrive à donner vie à différents personnages et à nous donner un morceau de leur vie, même si, à la fin, le lecteur est toujours frustré que cela se termine.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Pourquoi je l’ai choisi :
*Chut, c’est un secret….Ma binomette fait de mauvais rêves en lisant le King, alors la gentille fée que je suis, aime bien lui tenir la main, surtout que dans un Bazar, on a tôt fait de se perdre…*Oui, on adore se faire des LC Kingiesques !!!!!

Synopsis :
«J’ai écrit ces nouvelles rien que pour vous.
Mais attention ! Les meilleures ont des dents…»
Stephen King

Un homme qui revit sans cesse sa vie (et ses erreurs), un journaliste qui provoque la mort de ceux dont il prépare la nécrologie, une voiture qui dévore les badauds… 20 nouvelles pour la plupart inédites, précédées chacune d’une introduction du maître sur les coulisses de leur écriture.

Ce que j’ai ressenti : …Des cauchemars, à dévorer des yeux…
J’aime beaucoup l’incipit de ce synopsis, et finalement, ce qui rend cette lecture si intime avec cet auteur grandiose, ce sont toutes ses introductions qu’il nous livre juste avant, ces petits plaisirs de lecture délicieuses et qui accompagnent merveilleusement nos pires peurs…

En effet, on apprend que le King était stressé de venir au Grand Rex devant ses fans, pendant que nous , nous trépignions d’impatience, de cette venue exceptionnelle à Paris…*ah ♫souvenir, ♫souvenirs♫*

Des jolis clins d’œil, des infos inédites, des instants partagés, cela rend cette ballade dans ce Bazar plus immersive dans l’imaginaire de cet écrivain génialissime !

Si je ne devais me rappeler que d’une seule, je choisirai Ur… J’aimerai bien justement trouvé ce Kindle rose et lire tous les inédits réels et fictifs de Stephen King justement !!!! Je pense que c’est le plus joli pouvoir qu’il est donné à un objet, et cette nouvelle m’a, non seulement plu, mais donné envie de découvrir Hemingway…  Et sincèrement si je l’avais eu, moi je me serai contentée de garder jalousement ce secret, et de partager mes lectures d’un autre monde, avec ma binomette chérie (mais qu’elle est chou, ma Stelphique ! ©Cannibal)

Qui a dit qu’au Bazar des Mauvais Rêves, on ne pouvais pas rêver tout court ???!!!

Stephen King nous régale toujours de mettre en scène Objet ou Personnages exceptionnels, pour toujours repousser plus loin les limites de nos peurs.

Que ce soit la voiture dévoreuse de Mile 81, Une Dune de sable devin , ou les enfants de Sale Gosse ou de Billy Barrage, son imagination nous emmène toujours plus loin.

D’un rien, il refait un monde rempli d’ombres et de prédateurs à l’image de À la dure et Une mort ou Un Bus est un autre monde.

Tout est fait pour qu’on ne voie plus le quotidien comme il se doit, mais comme il pourrait devenir (Premium Harmony, Morale, Après vie, Nécro, Le tonnerre en été).

Il est aussi un fin connaisseur de la nature humaine et de ses travers, et nous donne tout en douceur des reflets de notre société malade (Batman et Robin ont un accrochage, Feux d’artifice imbibés, Hermann Wook est toujours en vie, Tommy, Le petit dieu vert de l’agonie).

Bref, vous l’aurez compris, c’est un grand panache de bonnes nouvelles et de jolis moments de lecture…

Et là, je suis juste agréablement surprise de savoir que le King écrit de la poésie ! (Église d’ossements) !!Il est donc parfait cet auteur à mes yeux !!! Je vous l’avais bien dit !!!!

Maintenant allez zou, piochez votre nouvelle préférée avant que des dents ne se referment sur vous…

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

Le bazar des mauvais rêves : Stephen King [LC – Impressions de lecture 2/2]

Exercice périlleux que de donner ses impressions de lecture sur des nouvelles !! Si j’avais dans l’idée de les présenter de manière traditionnelle et de couper les nouvelles en deux parties, Stelphique a eu une idée folle : donner nos impressions en DEUX mots pour chaque nouvelle.

Autrement dit, je devait faire dans le court, le très court et éviter de faire ma bavarde, comme habituellement… J’vous jure, ma binômette Stelphique me lance de ses défis, parfois ! Et moi, dès qu’on parle de challenge, je lève la tête et je frétille de la queue…

 

Le bazar des mauvais rêves : Stephen King [LC avec Stelphique – Intro]

— Belette, si je te dis « Bazar », tu me réponds quoi ?
— Bordel ? Celui que je fous dans mon bureau… Mes piles de livres qui trainent…
— Non, moins terre à terre. On oublie le « brol » comme vous dites à Bruxelles.
— Quand j’étais gosse, je croyais que le Grand Jojo disait « bazar » dans sa chanson « Jules César », mais en fait c’était « falzar »… Ça aurait pu marcher… Dire que durant des lustres j’ai cru que le mec il mettait pas de bazar pour qu’on voit ses belles jambes
— Mais de quoi tu parles ??
— Allez, je vous la chante ! ♫ Jules César ♪ On l’appelait Jules César ♫ Il mettait pas d’falzar ♪ Pour qu’on voie ses belles jambes ♫ Ses jolies jambes ♪ Ses jambes de Superstar ♪
— Oh mon dieu… La Belette Cannibal a encore pété un plomb… Yvan, reviens, je vais la faire arrêter de chanter ! Bon, je vais dire « Bazar » et « King » et je chante pas du Elvis, s’il te plait !
— Oh non, pas « Bazaar » de Stephen King ! J’ai jamais osé le lire. J’ai une peur panique de cette boutique dont l’enseigne est aussi originale qu’alléchante : le bazar des rêves !
— Ok, je te pardonne sur cette erreur… Mais moi je te parlais de son recueils de nouvelles, Le Bazar des mauvais rêves !! Regarde ta liste de nos LC et tu le trouveras noté à « mars ».
— Oups, j’ai encore foiré, on dirait ! Mais grâce à moi, des milliers de gens connaissent le Grand Jojo et son répertoire de chansons, certes, peu profondes, mais terriblement entrainantes !!

Les chemins de Damas : Pierre Bordage [LC avec Stelphique]

La Trilogie des prophéties - Les Chemins de Damas

Titre : Les chemins de Damas

Auteur : Pierre Bordage
Édition : Le Livre De Poche (2007)

Résumé :
Après la grande guerre contre les nations musulmanes, l’Europe est dominée par les mouvements évangéliques venus des Etats-Unis.

Délocalisations, prolifération des milices et des bandes, misère et corruption généralisées : le vieux continent s’enfonce dans la crise.

Divorcée, Jemma vit dans une résidence protégée au cœur de Paris. Un jour, sa fille disparaît, comme des milliers d’autres enfants avant elle.

Désemparée, la jeune femme part à sa recherche aux côtés de l’énigmatique Luc, vers ce Moyen-Orient diabolisé, impénétrable…

trilogie-des-propheties-t3-les-chemins-de-damas-t3-bordage-pierre-lpCritique :
Et c’est repartit pour un roman où toute la Terre est dévastée ! Toute ? Oui, toute, personne n’a aperçu l’ombre d’un village gaulois qui résisterait encore et toujours… Hélas.

Allez, disons que c’est moins grave dans la patrie de Donald Trump (j’aurais toujours du mal à le dire), mais pour y arriver, c’est Tintin et Milou avec car l’océan Atlantique est gelé, rapport au Gulf Stream en grève…

Bref, la Terre a été dévastée par une guerre imbécile (comme elles le sont souvent) qui a eu lieu entre les différentes religions. La plupart des gens, qui vivent dans la misère ou tirent le diable par la queue, s’en sortent tant bien que mal, vivant de délits, d’expédients ou se laissant glisser dans la misère la plus noire.

Il lui arrivait de plus en plus souvent d’envier les hommes fauchés par la mitraille sous ses yeux, leur étrange sérénité dans la mort, eux dont les traits se tordaient d’épouvante quelques secondes avant l’assaut. Leur vie s’était brisée à l’âge de dix-huit ou vingt ans, mais ils ne subissaient plus la tragique imbécillité humaine, ils flottaient, libres, aériens, au-dessus du cul-de-basse-fosse où les hommes, sous le vernis civilisateur, s’abandonnaient à leurs instincts les plus vils. […] C’était pire depuis que les partis évangéliques avaient conquis l’Europe, de l’amour plein la bouche et de la merde plein le cœur.

Ce troisième roman est différent des deux autres de par le fait que la Guerre est terminée, que les pays tentent, tant bien que mal, de se reconstruire, que les populations sont dans la merde, et ceux qui ont encore de la chance d’avoir un job vivent quasi retranché dans des quartiers ou des cités protégés.

La guerre avait opéré une sélection des espèces à rebours : les meilleurs avaient péri sur le Front, il ne restait plus que les médiocres, les planqués et les crétins.

Il est différent aussi car il y a une multitude de personnages qui vont croiser notre route, rendant par là un attachement à l’un où l’autre plus difficile, même si, dans l’absolu, nous suivrons plus le périple de Jemma, dont sa fille a disparu mystérieusement et de Luc, venu l’aider. Eux, on risque grandement de s’y attacher, même si j’avais parfois envie de baffer Jemma.

Les autres personnages ne seront que de passage pour nous montrer la vie telle qu’elle est maintenant à Paris où ailleurs : pas rose, morose avec des personnes engluées dans des nouvelles croyances frisant le fanatisme. Ces personnes passeront dans le roman et nous ne saurons pas toujours ce qu’elles sont advenues.

La force du récit se trouve, une fois de plus, dans le réalisme. Lorsque les mots percutent notre esprit, les images arrivent en bloc – souvenirs de films ou de reportages – et de suite, le récit devient plus oppressant car on sait, au fond de nous, que ce genre d’horreur nous pend sans doute au nez…

Avantage aussi, c’est que l’auteur ne sombre pas dans le grand n’importe quoi, il reste cohérent dans ses personnages et dans le message qu’il tente de nous faire passer, message qui n’est jamais que la vérité dans toute sa nudité.

Nous avons beau avoir passé le 20ème siècle et posséder tout sous la main afin de vérifier les infos qu’on nous donne à ruminer, les gens ne possèdent plus (ou pas) d’esprit critique et gobent tout, tel des ânes mangeant leur foin et répétant ce qu’ils ont entendu ou ce qu’on leur a laissé entendre.

— Ceux qui vantent les mérites de la mort sont toujours les derniers à partir, vous avez remarqué ?

Les gens ont toujours tendance à suivre la masse et à crier haro sur le baudet, cherchant plus volontiers des boucs émissaires que les véritables coupables, cherchant plus à apaiser, vite fait bien fait, leurs colères et leurs douleurs que de tenter de comprendre comment cela a pu se produire et QUI nous a manipulé pour tenter de nous emmener là où on voulait que l’on aille. Cherchons à qui profite le crime…

Plus la population serait inquiète, plus elle accepterait les solutions radicales imposées par les extrémistes religieux, le retour à un ordre moral strict, l’abandon de la liberté individuelle, la fin de l’utopie démocratique.

— Les extrémistes que vous, les Européens, appeliez les terroristes islamiques se sont servis de l’islam pour impliquer l’ensemble des populations musulmanes, mais leur but principal était de virer les régimes mis en place par les Occidentaux. La seule façon d’unir le monde arabe et, plus largement le monde musulman, c’était de les agréger autour de la religion et, donc, de faire monter un peu partout dans le monde, le sentiment islamophobe, de séparer l’humanité en deux camps ennemis, de stimuler le vieux réflexe grégaire.

— Il faut toujours chercher à qui profite le crime, n’est-ce pas, et le crime, ici, a fait plus de cinquante millions de morts. Deux puissances ont volé en éclats, l’Europe et la grande nation musulmane en cours de formation, trois, si on classe l’ONU dans la catégorie des puissances. Les bénéficiaires de l’opération : les États-Unis, et j’inclus ici Israël, que je considère comme un État américain, la Chine, qui poursuit tranquillement sa croissance et dont les États-Unis sont devenus les fournisseurs et les clients principaux, l’Inde, qui vient de rompre son autarcie pour signer les accords commerciaux du Trident.

Dans ce roman, la critique de notre société est cruelle, mais véridique. Celle des politiques/politiciens aussi. Ça cogne juste là où il faut, en plein dans le plexus, les médias ne seront pas épargnées non plus, tout comme nos Sociétés bien pensantes qui croient que c’est chez les autres qu’on ne respecte pas l’autre moitié de l’humanité (la femme) ou que c’est l’autre, le barbare…

— Ne croyez pas tout ce que les médias vous chantent, ne confondez pas fanatisme religieux et tactique insurrectionnelle […] Les extrémistes se sont emparés de l’islam parce qu’ils avaient besoin d’une bannière fédératrice, incontestable, mais il s’agissait d’une action politique, d’une lutte d’influence, d’une course au pouvoir. Ils cherchaient avant tout à se débarrasser des dynasties mises en place par les Occidentaux pour ménager les intérêts occidentaux.

Elles la mettaient au défi, elle, la femme européenne, la femme libre, de passer dans l’autre pièce et de rapporter la semence d’un homme sans attirer l’attention des autres. Elles lui signifiaient qu’elles, les femmes condamnées au silence et au secret, faisaient ce qu’elles voulaient des mâles vaniteux et bornés, qu’elles pouvaient aller avec n’importe lequel d’entre eux sans que leur mari ou leur père ne s’en aperçoivent. Les hommes imposaient aux femmes la virginité, la fidélité, la soumission, croyant ainsi garantir leur paternité, marquer leur territoire génétique, mais elles étaient les maîtresses absolues des corps et des plaisirs, elles les trompaient et les bafouaient quand bon leur semblait, c’était leur revanche, la vengeance des ombres.

C’est un récit assez violent, cru, sans concession, réaliste, écrit avec une plume acérée, une plume qui écrit, noir sur blanc, des vérités jamais belles à entendre. On ne sort jamais tout à fait indemne de ces romans aux relents trop réalistes qui nous dresse les poils sur les bras (et partout ailleurs) tant il fiche les chocottes.

La vision cyclique, la perspective historique auraient dû nous enseigner l’humilité, mais l’homme est pétri d’orgueil, il s’estime l’égal de Dieu, il veut immortels les monuments érigés à sa gloire et les frontières de ses empires, il espère dompter la matière et suspendre le temps, il oublie qu’il est aussi éphémère qu’un insecte ou une fleur, un grain de poussière qui retournera à la poussière.

L’auteur ne tire pas à boulets rouges sur les religions, mais sur ceux qui les utilisent à mauvais escient, pour leur besoins personnels, pour des fins politiques, toujours pour leurs profits à eux, jamais pour aider les autres, le tout sous les regards de la masse qui n’a rien compris et hurle sur des textes au lieu de se révolter sur les mauvais utilisateurs.

Mon Dieu, avaient-ils donc oublié que Jésus prônait l’humilité, le renoncement, l’abolition du jugement et l’amour du prochain ? Que le mal qu’on faisait au plus petit de ses frères, c’était au Christ lui-même qu’on le faisait ?

— Christ juger. Christ revenir et décider.
— Si c’est à lui de décider, pourquoi le faites-vous à sa place ?

— […] Dans une église stupide où l’on parle sans cesse du Christ mais où on n’aime pas le Christ !

— Ne croyez pas tout ce que les médias vous chantent, ne confondez pas fanatisme religieux et tactique insurrectionnelle […]

Comme disait l’autre « On ne nous dit pas tout » et j’ajouterai qu’on nous dit ce qu’on veut bien entendre et que la réalité est déformée par un prisme ou par cette course folle de celui qui sera le premier à poster l’info, vraie ou fausse, tout le monde s’en moque.

Malgré tout ce cynisme et celle plume trempée dans de l’acide, tout au fond de ce récit noir, j’ai entrevu une lueur d’espoir… Une belle lueur d’espoir.

Une trilogie qui vaut la peine d’être découverte et que je suis contente d’avoir lue ! Des romans différents, chacun ayant quelque chose à nous apporter.

— Je crois que l’Europe n’a plus d’avenir, reprit Flamand. Le libéralisme avait entrepris de démanteler ses structures, la guerre les a définitivement rasées. Il faudrait pour les relever une vraie volonté politique. Des visionnaires. Pas une clique de politiciens vendus aux grandes entreprises. Tant que les intérêts des capitaux l’emporteront sur les intérêts humains, l’Europe poursuivra sa descente aux enfers.

— […] L’autre nous paraît hostile parce qu’il n’appartient pas à la même race, au même peuple, à la même religion, à la même histoire, au même sexe, au même âge que nous. Nous ne le percevons qu’à travers nos filtres, chrétien, juif, musulman, hindouiste, bouddhiste, animiste, athée, homme, femme, vieux, jeune, beau, laid, nous ne lui accordons pas de vraie légitimité, l’autre nous regarde au travers de ses filtres et ne nous accorde pas de vraie légitimité. [..]

Ceux qui parlent en mon nom voient le diable dans mes œuvres et me voient dans les œuvres du diable.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), , Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (504 pages).

Pourquoi je l’ai choisi (Par Stelphique) :
On se devait de finir en binôme cette trilogie noire mais très intéressante : une lecture commune de plus qui nous aura bien remuée avec Cannibal Lecteur ! On doit être un peu cinglées sur les bords, à se faire peur, toujours plus….

Synopsis :
Après la grande guerre contre les nations musulmanes, l’Europe est dominée par les mouvements évangéliques venus des Etats-Unis. Délocalisations, prolifération des milices et des bandes, misère et corruption généralisées : le vieux continent s’enfonce dans la crise.

Divorcée, Jemma vit dans une résidence protégée au cœur de Paris. Un jour, sa fille disparaît, comme des milliers d’autres enfants avant elle. Désemparée, la jeune femme part à sa recherche aux côtés de l’énigmatique Luc, vers ce Moyen-Orient diabolisé, impénétrable…

Les Personnages :
Ils sont nombreux, parfois éphémères, mais donnent toujours des petites touches d’éclairages sur les ténèbres de ce monde d’après-guerre.

J’ai été touchée par la douleur de Jemma, même si dès fois, elle est assez énervante dans son incapacité à prendre sa vie en main, je me dis que ce n’est pas évident de trouver sa place dans cette configuration d’avenir.

Je ne saurai pas quelle serait mes propres réactions, alors je ne la blâme pas, mais je lui aurai bien tendu au moins une arme blanche à travers les pages, ça me semble le minimum… Pacifique, mais pas naïve la fée…^^

Luc garde un poil trop de mystères, on ne sait pratiquement pas ses réelles motivations. C’est peut être le plus intéressant des personnages, mais c’est dommage qu’on en sache pas plus sur lui….

Ce que j’ai ressenti:…Au bout du tunnel enténébré , la lumière, et au-delà….

L’humanité a un besoin urgent de rêveurs.

Nous finissons une trilogie qui nous parle des dangers et dérives que peuvent faire les hommes de la religion et la foi. C’était une lecture visionnaire, actuelle, et riche de pistes sur les enjeux politiques de ce monde.

On ressort rincés, plus critique sur notre société. Cet auteur arrive à mettre en fiction, dans un avenir proche, toutes les failles de notre système de lois qui régissent le capitalisme, des aspirations sombres que projettent des dizaines d’années à l’avance les puissants de ce monde, l’immense désarroi auquel les individus lambda de cette planète se retrouve confrontés.

Quand on vous disait que cette lecture fait peur, c’est parce qu’elle est trop réaliste, trop prévisible, trop effrayante…

— Je crois que l’Europe n’a plus d’avenir, reprit Flamand. Le libéralisme avait entrepris de démanteler ses structures, la guerre les a définitivement rasées. Il faudrait pour les relever une vraie volonté politique. Des visionnaires. Pas une clique de politiciens vendus aux grandes entreprises. Tant que les intérêts des capitaux l’emporteront sur les intérêts humains, l’Europe poursuivra sa descente aux enfers.

Nous, revoici, dans la chronologie du temps, quelques années après la guerre, et elle n’est pas annonciatrice de glorieuse période… Les hommes sont encore plus esclaves, plus pauvres, plus résignés, plus contrits… L’espoir n’est pas de mise, et en plus, un grand fléau frappe toutes les contrées du monde: la disparition des enfants…

Pfiou…. Envolés, sans laisser de traces…. Ça laisse perplexe, mais c’est diablement addictif, car c’est bien connu, les enfants sont l’avenir, et sans eux, et déjà que ce présent là est ténébreux, on frôle la catastrophe ultime…

La guerre avait opéré une sélection des espèces à rebours : les meilleurs avaient péri sur le Front, il ne restait plus que les médiocres, les planqués et les crétins.

Avec cette quête désespérée, on est happé dans les routes inhospitalières où chaque pas est un danger sous-jacent et l’horizon qui s’ouvre à nous, pas beaucoup plus nauséabond, que sous la bâche où se trouve ce duo de personnages, déterminés à lever le voile sur un phénomène inexplicable…

Là, encore dans ce tome, peu de place, à la lumière, si ce n’est, un peu cette fin, presque surnaturelle, pour essayer de contrer le Mal de notre temps…

L’amour n’est pas un sentiment qu’on marchande, c’est un état, une intelligence en action, la merveilleuse intelligence de l’univers.

Au sortir de cette lecture, je me dis que j’ai grandement apprécié l’univers que sait créer cet auteur, sa façon de voir sans artifices, le monde qui nous entoure… J’ai hâte de lire une autre de ses aventures, et j’espère que j’aurai encore plus de plaisir à lire, le prochain qui m’attend dans ma PAL…

Pour une première approche, je pense que ces tomes sont un peu inégaux, mais que dans l’ensemble, ça reste une lecture très instructive !

La trilogie des Prophéties porte presque trop bien son nom, et je suis bien contente que ma binôme m’est tenue la main pendant cette traversée chaotique d’un avenir possible…. (La binôme signale qu’elle avait la trouille aussi !!! – Cannibal)

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 7/10

Les chemins de Damas – Les Prophéties III : Pierre Bordage [LC – Impressions de lecture 2/2]

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 1 à 250) : Le chaos, c’est pas rigolo…
La guerre est terminée, nous sommes longtemps après le tome 2, nouveaux personnages, nouvelle trame, mais toujours, en toile de fond, cette peur qui nous colle aux basques. La peur qu’un jour pareille chose nous arrive, et c’est foutrement réaliste. Assez bien de personnages, du mal à m’attacher à certains.

Impressions de Stelphique (page 1 à 250) : Détachée d’un bloc…
Je retrouve avec plaisir l’univers et la plume de Bordage, mais beaucoup moins d’intensité que pour le tome précédent, et d’un côté ce n’est pas plus mal… Plus difficile de trouver la synergie que j’avais eu avec les personnages précédents, même si la douleur de Jemma me touche… J’ai eu comme l’impression d’un effet moins immersif, je suis restée plus en retrait de cette Europe ravagée…

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 250 à 504) : Ordo ab chao ? L’ordre naît du chaos ? Mon cul…
Mais quel chaos dans ce Monde ! Un chaos né parce que des gens ont monté des peuples, des religions, les uns contre les autres. Difficile de s’y retrouver dans tout ces destins, mais j’ai adoré ces portraits croisés, ces destins pris en main (ou pas), ces personnages différents et j’ai eu peur de voir ce monde plongé dans un chaos indescriptible. La trouille j’ai eu, le plaisir aussi.

Impressions de Stelphique (page 250 à fin) : … Reliée d’un fil…
Jusqu’au bout, j’ai tenu cette lecture, pour savoir ce qu’il advenait de ses enfants… J’avais la même obstination que Luc, à savoir de lever le mystère sur cette petite armée… Comme on se lie moins, aux personnages car ils manquent un peu de poigne sur leur destin, il ne nous reste que la ligne conductrice du roman pour rester plongé dans ses Prophéties…

Les chemins de Damas – Les Prophéties III : Pierre Bordage [LC avec Stelphique – Intro]

La Trilogie des prophéties - Les Chemins de Damas

— Tous les chemins mènent à Damas…
— Ne serait-ce pas « Tous les chemins mènent à Rome », ma chère Belette Cannibal ?
— Certes, mais puisque nous lisons le troisième volet des prophéties…
— Ooups, pour une fois, c’est toi est dans le bon !
— Je dirais même plus, chère Stelphique, que « Tous les chemins mènent en Alsace » !
— Là, je ne te suis plus…
— Il me semble que nous devons bien de nos LC au barbu alsacien, Yvan Le Terrible !
— Juste ! Tu as raison, nos chemins de LC passent souvent par l’Alsace et ce diable d’Yvan !
— Hum, maintenant je me demande, le barbu, il est d’Alsace ou de Lorraine ? J’ai un trou de mémoire là…
— Il serait encore de Normandie ou de PACA qu’on s’en fiche, non ? Tant qu’il nous donne des bons plans de LC…
— La rime, Stelphique, la rime ! « Damas – Alsace », les sons sont proches pour la rime, mais si ce rogntudju de barbu vient de Lorraine, mon intro tombe à plat ! Parce que, hormis chanter ♫ En passant par la Lorraine, avec mes sabots ♪ et là, c’est la perte de nos lecteurs assurée.
— Ah mince alors… La boulette s’il vient de Lorraine et pas d’Alsace… sinon, on pourrait demander à Yvan de déménager !
— MIEUX ! On demande à l’auteur de renommer son livre pour faire en sorte que ça rime avec Lorraine si jamais le barbu vient de là !
— Belette, tu es géniale ! Des tas d’idées de malade germent dans ton esprit fou quand tu as une migraine à te taper la tête au mur !
— Tu parles… C’est tout ce que mon esprit englué à réussi à pondre cette fois-ci.
— Le mot de la fin, peut-être, pour nos lecteurs et lectrices fidèles ??
— Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine !!!!
— Mes chers lecteurs et lectrices, c’est Stelphique la douce fée qui vous parle… Je vais la mettre au lit de suite, après une nuit de sommeil ou de sexe, elle ira mieux… Promis. Du moins, tout le monde l’espère.

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Les infâmes : Jax Miller [LC avec Stelphique]

infames-les-jax-millerTitre : Les infâmes

Auteur : Jax Miller
Édition : Ombres Noires (2015)

Résumé :
Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l’Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d’avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère.

En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l’énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d’années à se cacher, quitter l’anonymat c’est laisser à son bourreau l’occasion de la retrouver. Et de se venger.

SKULL - Game OverCritique :
Quand noir c’est noir et qu’il te reste même plus l’espoir, moi j’ai du mal à croire au gris de l’ennui…

Ami lecteur, si tu veux du bonheur, n’ouvre pas ce roman, il est rempli de noir, de désespoir, de violence et d’alcool pour aider à oublier le gris de la vie, de vies de merde et tout ce qui fait que la vie est vraiment pourrie pour certains.

Freedom Olivier à décroché le gros lot à la loterie merdique de la vie : de jeune fille bien qui a terminé ses études major de sa promotion, là voilà serveuse dans un bouge infâme pour motards roulant les mécaniques et éclusant l’alcool comme d’autres boivent de la flotte.

Freddom, tu t’en doutes, ce n’est pas son vrai nom. Le programme de protection des témoins lui a changé et elle a choisi celui-là, tu sauras plus tard pourquoi. Mais quand je te dis que sa vie est pourrie de misère, d’envie de suicide et d’alcool, je suis encore gentille. Sa vie est une horreur depuis de nombreuses années.

D’entrée de jeu, Freedom frappe fort puisqu’elle se présente et qu’elle t’envoie dans les gencives un uppercut maousse kosto « J’ai tué ma fille ».

Comment tu veux arriver à apprécier un personnage principal qui te balance ça dans les incisives ? Et bien, en vérité je te le dis, Freedom Oliver, tu vas l’apprécier, même dans ses délires de femme bourrée, même dans son côté borderline, dans tout, tu vas apprécier cette bonne femme qui a été brisée par la vie, mais surtout, par des êtres humains et des mauvais choix.

Après, pour elle, tout est parti en couille.

De toute façon, quand tu vois les personnages qui hantent ces pages, tu te dis que Freedom Oliver, c’est un ange, un agneau, comparée à certains, dont ses beaux-frères qui  n’ont de beaux et de frères que le nom. Quant à la mère de ces bâtards, l’espèce de grosse truie de 300 kg, on se surprend à avoir envie qu’elle s’étrangle avec son cubi de vin.

Que du sombre dans ces pages, que du désespoir, des vies de merde, et pourtant, dans le fond de ce putain de tunnel sans fin, tout au bout, brille une loupiote : l’espoir qui a réussi à se faufiler dans toute cette noircitude (néologisme offert en cadeau).

Un roman noir, très noir, où trainent en effet des paumés magnifiques, des flics indélicats et véreux, des dégénérés de mecs et, pire que tout ça, un dangereux fanatique religieux qui a tourné les Écritures dans son sens… À se demander si le plus pire ce n’est pas Virgil Paul, le prédicateur qui dit que Dieu lui parle.

Freedom va devoir accomplir un putain de dangereux périple pour retrouver ses enfants qui sont adultes… Ses enfants qu’elle a dû abandonner. Une véritable odyssée sans véritables héros pour l’aider..

Et toi, pauvre lecteur, tu la suivras dans son périple fou, dans son odyssée flamboyante, dans sa quête, dans son envie de rédemption, dans sa rage de mère qui ne veut que la vengeance.

Tu la suivras dans ses combats, tu prieras pour qu’elle y arrive, tu remercieras l’auteur d’avoir pensé à lui envoyer des gens pour l’aider dans sa tâche et à la fin, tu poseras le livre, secoué, laminé, mais avec cette lueur d’espoir qui brillera aux fonds de tes yeux.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Pourquoi je l’ai choisi :
Ce livre nous tentait depuis sa sortie avec ma chère binôme, mais faute de temps, et toujours plus de tentations livresques chaque jour passant, on ne lui a pas trouvé une place avant, dans notre planning….Réparation faite… 😉

Synopsis :
Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l’Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d’avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère.

En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l’énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d’années à se cacher, quitter l’anonymat c’est laisser à son bourreau l’occasion de la retrouver. Et de se venger.

Entre les paumés magnifiques, les flics indélicats, les dégénérés de sa belle-famille et de dangereux fanatiques religieux, son périple tourne à l’odyssée.

Ce que j’ai ressenti :… Une fureur contagieuse…
Freedom… Sentez un peu ce brin de liberté dans votre face… Ah, mais vous allez me dire qu’il y a un certain relent de vapeur nauséabonde, et je vous répondrai « mais à quoi tu t’attendais avec un titre pareil ??!!!!

Exit la féérie, bienvenue au Kentucky ! Une plongée spectaculaire dans les bas-fond de la nature humaine, et prends toi un bon verre pour accompagner le tout, c’est un sacré rodéo d’émotions fortes qui t’attend en ouvrant ses pages….

– Est-ce qu’il y a encore des gens normaux ?

Les infâmes : mais que de promesses tenues avec ce titre évocateur… Ils ont tous un grain, sont tous difficilement appréciables et forcement tous un peu bourrés, voire sacrement barrés…. Pas vraiment une ballade calme en ces lieux perdus de l’Oregon, ni de rencontres charmantes sont au programme…

Infamies, affamés, fin fanatique, forme fatale de folie : un bien sombre panorama de l’Amérique profonde… Jax Miller nous fait un tour d’horizon sociétal américain avec une certaine fureur, un grand talent, et une belle dose d’humour noir, et on comprend ce titre gagné pour ce premier roman dynamique et déjanté !

– Je bois pas d’eau . Les poissons baisent dedans.

S’il est évident qu’on ne se prend pas beaucoup d’affection de prime abord avec cette dame (cf, le prologue bien frappé ), avec le temps, j’ai été souvent fan de ses répliques, et je me suis attachée à ce bout de femme, qui décide d’avancer coûte que coûte, au mépris des lois, du danger, ou de la raison…

L’auteure ne prend pas le parti de créer une simple intrigue policière avec un enquêteur plus ou moins lisse, non, elle envoie une mère folle furieuse, complètement désaxée, et avec cet instinct presque animal de protéger sa progéniture dans un road-trip qui vous retourne à peu près chaque particule de votre corps et de votre esprit !

Et avec sa détermination, on la suit dans ses dangereuses péripéties, sur sa moto, bravant même l’univers pour retrouver sa fille, et même si le voyage est une horreur de tension et d’angoisse pour Freedom, nous, pauvres lecteurs, on se laisse prendre par ce roman d’une noirceur infamante, avec cette plume impertinente…

Un régal à lire !!!

« Tout ce que je sais, c’est qu’il faut que je reste en mouvement; que je bouge. Sinon, je sauterai. Je m’écraserai. Je mourrai. »

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

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Les infâmes : Jax Miller [LC – Impressions de lecture 2/2]

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Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 1 à 168) : Y a-t-il quelqu’un à sauver dans ces pages ??
Putain, ça commence fort ! Comment aimer un personnage telle que Freedom Oliver qui te balance d’entrée de jeu qu’elle a tué sa fille ? Des pages sombres, des personnages peu fréquentables, de l’alcool, de la misère,… Et tu es pris dans l’engrenage et tu lis, tu peux pas t’en empêcher.

Impressions de Stelphique (page 1 à 168) : Mais où suis-je tombée ?
Au Kentucky, tout est permis ! Enfin, il y a des lois bien sûr… Mais apparemment, pas pour ces personnages destroys du cerveau… Et toi, tu lis, tu t’éclates de voir un bordel monstre, et tu rigoles de tant d’impertinence…

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 169 à 336) : Mais qui a éteint la lumière ?

Les pages sont toujours aussi sombres qu’au départ, pas de lumière, pas d’espoir, noir c’est noir, black is black… Tu as les tripes serrées, nouées, la gorge sèche et bizarrement, à la fin, tu as la gorge nouée et les yeux un peu humides. Ouf, un peu de lumière dans ce noir sordide, un peu d’espoir dans cette vie de merde. C’était sombre mais beau.

Impressions de Stelphique (page 169 à 336) : Quand l’Oregon rime avec absence de raison…
J’adore l’effet survolté, et les chemins empruntés par ce road-trip… On ne sait plus qui tient vraiment les rênes de la folie ou de la normalité, et c’est bien à ça que servent les écrivains, à nous ouvrir les fenêtres des foyers pour que l’on observe ce qui se cache vraiment derrière les façades…. Ça te fait peur, des fois…

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Les infâmes : Jax Miller [LC avec Stelphique – Intro]

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— Que va-t-on lire ce mois-ci, Stelphique ?

— Figure-toi que j’avais pensé à lire « Les Infâmes », cela fait assez longtemps qu’il traine sur nos étagères, non ?

— Les Infâmes ? Un livre qui parle de personnages politiques tels Mickey Trump, Georges Doubleiou, Vlad Pout-In, Vachar Alassad, Nabot de Jardin, Flamby Pays-Bas, et j’en oublie des tas ? Ou de société horrible telle Monsanto ? Oh, j’y suis, des grands criminels ?? Le Moustachu moche et boche ou l’autre moustachu moche et russe, Napo Léon…

— Stop, Belette, arrête, tu n’auras pas assez de ta page de blog pour tous les citer… Non, non, ce livre ne parle pas de politique mais d’une mère qui, dès la première phrase du roman, te balance dans la gueule (pardon pour le vilain mot que je place dans la bouche de ma Binômette Stelphique) : « Je m’appelle Freedom Oliver et j’ai tué ma fille ».

— Waw, rien que ça ! Putain (là c’est moi qui le dit vraiment), ça va être coton pour nous faire apprécier ce personnage !!

— Yvan a dit que « Parfois, dans la flopée de romans noirs publiés, surgit une lumière ». Attends si il le dit !

— Oui, mais il ajoute « Une lumière noire qui fait ressortir en fluorescence l’âme même des personnages. Une lumière comme un réactif qui révèle les défauts du monde (et sa beauté cachée, parfois) ». Bordel de cul (oups), comment va-t-on arriver à dire mieux que lui ???

— Difficile, mais on va essayer… Déjà, au lieu de causer, faudrait peut-être commencer à le lire !

— Lire qui ? Yvan ? Mais je le lis déjà !

— Mais non bête fille (je sais, Stelphique ne dirait jamais ça), lire le roman « Les Infâmes » !!

— Attends, je devrais pas, mais j’ai envie de lire certaines des critiques de mes potes Babeliottes ! Tiens, Eric75, un fan de Sherlock Holmes aussi, en dit « une histoire pleine de niaque et de fureur avec une grande maîtrise des parcours parallèles qui s’entrecroisent, et entraîne son lecteur dans un road trip échevelé, entre Oregon et Kentucky ». Mais il parle aussi de personnages stéréotypés et de situations prévisibles !

— Certes, mais Eric75 ajoute qu’il ne faut pas bouder son plaisir !!! Non, ne lis pas celle de Lehane-Fan, tu vas encore te bidonner comme une malade… Trop tard, ma binômette est en train de se marrer comme une dingue… Puisque c’est comme ça, moi je commence à lire le livre et à vous revoir pour les impressions de lecture et notre chronique ! Bon, Belette, tu ramènes tes fesses oui ou merde ??? (Pardon à Stelphique, je place dans sa bouche de fée des mots qu’elle ne dirait jamais, mais puisque je suis à l’écriture, tout m’est permis – Mhouhahahhaha).

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