Moriarty – Le chien des d’Urberville : Kim Newman

Titre : Moriarty – Le chien des d’Urberville

Auteur : Kim Newman
Édition : Bragelonne (2015) / Livre de Poche (2017)
Édition Originale : Professor Moriarty – The Hound of the D’Urbervilles (2011)
Traducteur : Leslie Damant-Jeandel

Résumé :
Imaginez les jumeaux maléfiques de Sherlock Holmes et du docteur Watson, et vous obtiendrez le redoutable duo formé par le professeur James Moriarty, serpent rusé d’une intelligence remarquable, aussi cruel qu’imprévisible, et le colonel Moran, violent et libertin.

Ensemble, ils règnent sur Londres en maîtres du crime, défiant police et hors-la-loi.

Quelle que soit leur mission, du meurtre au cambriolage de haut vol, Moriarty et Moran accueillent un flot de visiteurs malfaisants, dont une certaine Irène Adler…

Critique :
Vous prenez la rencontre mythique entre Holmes et Watson, par l’entremise de Stamford, mais en version « Moriarty/Moran » et vous comprendrez que ce que vous tenez entre vos mains est inhabituel.

Vous lirez « Une étude en rouge », avec une partie des protagonistes du roman, l’histoire sera différente, avec des similitudes, mais adaptée pour le duo maléfique.

Irene Adler n’est plus La Femme, mais La Salope et le chien des Baskerville est rouge sang, et c’est devenu celui des d’Urberville…

Là j’en entends déjà qui grognent que reprendre les histoires déjà écrites, connues et juste la mettre à la sauce Moriarty/Moran, c’est facile.

Et bien non, ce n’est pas vraiment ainsi que cela se déroule car l’auteur a tout de même pris la peine de modifier les scénarios et même carrément toute l’histoire, comme dans celle qui concerne des Martiens et qui ne parlera qu’en filigrane de John Clay et de la succursale Coburg de la Banque de la City…

En lisant les carnets du colonel Moran, on se rend compte de plusieurs choses : il a de l’humour, est un utilisateur de femmes, un fanfaron (au lit et on ne peut vérifier ses dires) et en plus d’être une fine gâchette, c’est un aventurier.

Moriarty est bien présent, avec sa toile criminelle, son rire qui tue les pigeons aux alentours, son dodelinement de tête tel un cobra et son ego démesuré.

Évidemment, lorsqu’on suit des histoires présentées par des méchants, ils considèrent les gentils comme des crétins, des petits lapinous juste bon à tirer à la sortie du terrier.

Anybref, tout allait bien dans le meilleur des mondes pour moi, les références aux enquêtes de Holmes étaient présents, mais détournées et bien détournées.

Hélas, parce qu’il y en a un, à un moment donné, le bel édifice s’est écroulé, les histoires qui étaient amusantes, bien présentées ont commencé à devenir laborieuses pour les 3 dernières et c’est avec la lenteur d’un escargot que je les ai terminées, sautant allègrement des paragraphes entiers pour terminer le livre.

Quelle disparité de niveau entre les premières histoires et les 3 dernières ! Entre celles bourrées d’humour, de petites phrases humoristiques ou cyniques du colonel Moran, on passe à des histoires poussives dont on à l’impression qu’on les a tirées en longueur pour remplir le roman.

Le pire fut pour la dernière histoire qui concerne le dernier problème où on a l’impression que l’auteur s’est cassé le cul pour nous offrir une aventure soporifique, chiante, lourde et loin de ce que l’on aurait pu espérer en la suivant du point de vue de Moriarty et du Colonel Moran.

Le début était prometteur et l’auteur n’a pas su conclure avec panache puisqu’il a débandé à la moitié de l’ouvrage ce qui est plus rageant que le contraire (commencer mou et finir en beauté) car j’avais l’espoir de le terminer avec bien plus d’étoiles dans les yeux et dans sa cotation.

PS : c’est le coeur gros que je dis au revoir au Mois Anglais édition 2020 car ceci était ma dernière fiche. Merci aux organisatrices qui peuvent maintenant aller se reposer, je vais entrer en hibernation ! mdr

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°290, Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°22] et le Challenge Pavévasion – Saison 2 chez Mez Brizées [Lecture N°05 – 704 pages en version LP].

La frontière sud : José Luis Muñoz

Titre : La frontière sud

Auteur : José Luis Muñoz
Édition : Actes Sud Actes noirs (02/09/2015)
Édition Originale : La frontera sur (2010)
Traduction : Alexandra Carrasco

Résumé :
Mike Demon (déjà aperçu dans Babylone Vegas) est vendeur d’assurances. Il mène une existence de bon Américain moyen tout en s’offrant des escapades amoureuses ou sexuelles lors de ses tournées.

À Tijuana, il promet à la prostituée sublime dont il est tombé follement amoureux de lui faire passer la frontière.

C’est sans compter Fred Vargas, un flic mexicain violent et véreux, qui fait chanter les bons pères de famille yankee venus s’encanailler de l’autre côté de la frontière…

Une double intrigue menée de main de maître pour un western noir sursaturé de violence et de sexe.

Critique :
Ce roman noir, c’est le film Pretty Woman en version glauque, poisseuse, sombre, violente, à la western, le tout assaisonné de poudre blanche, sursaturé de sperme à gogo et de sexe.

Mike Demon est comme le Belzébuth de la « Salsa du démon » (Grand Orchestre du Splendid) : il est en rut !

Qu’on lui enfonce du bromure en suppositoire dans le fion, ça lui fera les pieds, tiens !

Ce n’est pas de la bigoterie mais de l’énervement car bon sang, aucune leçon ne lui sert et il retombe toujours dans sa folie sexuelle avec n’importe quel trou féminin (le tout sans trop de respect, c’est du sexe bestial).

Ne chercher pas une morale dans ces pages, il n’y en a pas. Mike ne tirera aucune leçon de ses mésaventures, pire, il s’enfoncera dans le vice encore plus avant de basculer dans une autre catégorie, sans même ressentir du remord ou de la culpabilité.

Pour Mike, le sexe des femmes se nomme l’enfer parce que Satan l’habite (je vous offre le jeu de mot). Son épouse est moins portée sur la chose que lui et donc, monsieur la fourre dans tous les trous féminins qui ne sont pas ceux de son épouse.

De l’autre côté de la frontière, à Tijuana, il y a Carmela, la soeur de Ruben, drogué branleur et tueur à gage à ses heures. Une scène de ce roman m’a donné envie de vomir car on dépasse en glauquitude la relation Cersei/Jaime. Oui, c’est possible.

Malheureusement, il y a trop de passages à vide dans ce roman, trop de longueurs afin de présenter les personnages et de les placer dans leurs décors, leur boulot, leur vie.

La partie consacrée à l’autre côté de la frontière, à Tijuana, est hyper violente, sordide, donnant des sueurs froides avec les exécutions, les viols, la misère, la prostitution (pas toujours de son plein gré), les crimes, la drogue, les chantages, enlèvements et j’en oublie sans doute.

Fred Vargas est encore plus immonde que Mike. Non, je ne parle pas de l’auteure Fred Vargas mais de son homonyme, un flic mexicain violent et véreux qui adore faire chanter les américains friqués qui viennent avec Popaul visiter les petites femmes de Tijuana, dans tous les sens du terme. Et ça ne chante pas à The Voice !

Impossible pour moi de m’attacher à un personnage, si ce n’est cette pauvre Carmela qui est mal tombée avec son frangin libidineux et Mike Demon qui est un beau parleur, mais rien de plus.

Les ambiances sont poisseuses de sperme car ça baise à tous les étages, ça y pue la sueur, le sang, les morts, la corruption… L’auteur nous a mis la tête dedans et le goût restera coincé dans les narines, même à la fin de la lecture.

Malheureusement, trop de longs passages ennuyeux (ceci n’est que mon avis) que j’ai survolé tant je n’accrochais pas à ce roman noir, ce western survolté où la violence et le sexe se côtoient ad nauseum.

Pour la prostituée drôle, amusante et le loverboy sexy qui tient ses promesses avec un beau happy end sur une musique magique, choisissez Pretty Woman, une valeur sûre !

Une fois de plus, je dirai : au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°227 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 15].

 

 

Mala vida : Marc Fernandez

Titre :Mala vida

Auteur : Marc Fernandez
Édition : Préludes (2015) / Le Livre de Poche (08/03/2017)

Résumé :
De nos jours en Espagne. La droite dure vient de remporter les élections après douze ans de pouvoir socialiste. Une majorité absolue pour les nostalgiques de Franco, dans un pays à la mémoire courte.

Au milieu de ce renversement, une série de meurtre est perpétrée, de Madrid à Barcelone en passant par Valence.

Les victimes : un homme politique, un notaire, un médecin, un banquier et une religieuse. Rien se semble apparemment relier ces crimes.

Sur fond de crise économique, mais aussi de retour à un certain ordre moral, un journaliste radio spécialisé en affaires criminelles, Diego Martin, tente de garder la tête hors de l’eau malgré la purge médiatique.

Lorsqu’il s’intéresse au premier meurtre, il ne se doute pas que son enquête va le mener bien plus loins qu’un simple fait divers, au plus près d’un scandale national qui perdure depuis des années, celui dit des « bébés volés » de la dictature franquiste.

Quand un spécialiste du polar mêle petite et grande histoire sur fond de vendetta, le résultat détonne et secoue.

Marc Fernandez signe ici un récit sombre et haletant qui nous dévoile les secrets les plus honteux de l’ère Franco, dont les stigmates sont encore visibles aujourd’hui. Un premier roman noir qui se lit comme un règlement de comptes avec la côté le plus obscur de l’Espagne.

Critique :
Si je devais qualifier ce roman en peu de mot, je dirais qu’il est glaçant et addictif.

L’Espagne se réveille avec la gueule de bois car la Droite Dure a gagné les élections et remis la Gauche Molle dans les cordes.

L’AMP est au pouvoir et ici, ça ne signifie pas Agence et Messagerie de la Presse.

On entre dans une ère sombre car les nostalgiques de Franco sont toujours là et prêt à faire revivre les grandes heures du caudillo.

Les peuples ont toujours la mémoire courte ou alors, ils ne retiennent jamais que le « bon » côté de la chose, comme cette dame d’origine espagnole qui me dit, un jour, qu’au moins, sous Franco, personne n’aurait osé te voler ta bouteille de lait sur ton perron.

Les morts apprécieront, les disparus encore plus, quand aux torturés, ça leur fera une belle jambe de savoir qu’on n’aurait jamais osé leur piquer leur bouteille de lait. Quand je vous dis que certains ont la mémoire courte (et les idées encore plus rabotées).

Un qui n’a pas la mémoire courte, ni sa langue en poche, c’est Diego Martín, journaliste à Radio Uno qui aime piquer là où il faut, profitant de son émission pour égratigner le pouvoir en place et parler des injustices commises. Il a des cojones et préfère enquêter longuement afin d’être sûr de son info que de sauter directement dessus, comme le font les médias de nos jours.

Ceci est un roman policier noir et politique où le nom de l’assassin est connu directement. Pas besoin de chercher si c’est le colonel Moutarde ou le professeur Olive qui a assassiné l’élu de Droite, on a directement son prénom et ensuite, on fait le lien entre l’assassin et un personnage qui entre en scène.

Il nous manque juste le mobile, mais puisque les assassinés ont tout de la crapule, personne ne les pleurera. Quant au mobile, sans avoir fait des hautes études en science criminelle, on le trouvera assez vite, en déduisant sans se faire mal aux neurones.

En fait, dans ce roman, ce n’est pas vraiment l’identité de l’assassin qui nous importe mais l’autre enquête, celle sur les bébés volés et vendus à d’autres parents, des braves gens qui n’avaient rien de Rouge ou d’opposants au régime…

Choquant et révoltant de se dire que des êtres humains (??) ont trouvé cette idée brillante et que ce ne fut pas quelques bébés qui furent volés mais des milliers, la loi d’amnistie faite après le décès de Franco ayant enterré ces dossiers brûlants et rendu le sujet hautement tabou.

Et moi qui pensais qu’il n’y avait eu ce genre de pratiques horribles qu’en Argentine… Djézus, je dois encore avoir un fond de petite fille naïve, il était plus que temps de me coller deux baffes et de m’expliquer violemment que ces horreurs avaient eu lieu aussi en Espagne, sous Franco et après Franco… Froid dans le dos, je vous dis.

Un journaliste qui a des cojones, un procureur qui en a aussi et Ana, une ancienne prostituée transsexuelle devenue détective privée (qui a en a eu avant). Un trio couillu, qui marche bien ensemble, sorte de groupe d’incorruptibles, dont Ana est le personnage le plus attachant.

Le roman est captivant, difficile à lâcher, tout en étant glaçant. L’auteur nous livre une enquête bien ficelée, prenante, historique, bien documentée

Mon seul petit bémol sera pour la personne qui assassine, pas super crédible dans son rôle (personnage trop parfait), mais comme je vous l’ai dit, la résolution des crimes est accessoire, elle ne sert qu’à lancer Le sujet puisque ce sera une passerelle entre les affaires de meurtres et les enfants volés.

Le comportement du journaliste, Diego Martín, m’a surprise à la fin. Que l’identité de l’assassin lui fasse un coup, je peux comprendre, mais c’est lui qui avait lancé cette théorie, les flics étant toujours dans le noir total. Par contre, qu’il nous la joue boudeur, choqué, horrifié, là, je tique un peu, même si se faire justice sois-même est interdit et dangereux, sa réaction est anormale. Mais bon…

Un voyage glaçant sur les flots houleux des quartiers madrilènes, dans une Espagne qui a mis la barre sur Tribord dure (droite), avec les nostalgiques de Franco qui hissent les voiles pendant que ceux qui sont à voile et à vapeur serrent les fesses, dans cette galère où tout ce qui n’est pas « espagnol catho pur » est jeté par-dessus bord.

Et puisqu’un jour, un capitaine a décidé qu’il fallait amnistier tous les coupables qui ont profité de la dictature, afin de repartir sur le bon pied, il est clair que sortir une affaire aussi explosive des cales poussiéreuses de l’Histoire, ça risque d’amener des mutineries.

Un super roman policier, plus que noir que policier, glaçant. Une leçon d’Histoire afin de ne pas oublier (ou d’apprendre), le tout porté par des personnages sommes toute un peu stéréotypés (sorte de Chevaliers Blancs) mais attachants.

♫ Tu me estas dando mala vida
yo pronto me voy a escapar ♪

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°224 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 12].

Tu mourras moins bête – Tome 4 – Professeur Moustache étale sa science ! : Marion Montaigne

Titre : Tu mourras moins bête – Tome 4 – Professeur Moustache étale sa science !

Scénariste : Marion Montaigne
Dessinateur : Marion Montaigne

Édition : Delcourt (09/09/2015)

Résumé :
Des sujets aussi variés que l’espace, la pâtée pour chien ou la vitesse de chute de Gandalf ! Mais aussi, des notes made in prof Moustache sur les absurdités cinématographiques ou bibliques.

À quoi ressemblerait Interstellar si c’était un film réaliste ? Peut-on survivre comme Jonas, dans un estomac géant ?

Pourquoi Dark Vador est-il si méchant ?! Réponses dans ce tome 4 explosif !

Critique :
Monsieur le Juge, je vous le jure, je me suis couchée moins bête et je mourrai moins bête aussi, sauf si j’ai Alzheimer et que j’oublie tout au moment de casser ma pipe.

Dommage, j’aurais eu de quoi faire rire les occupants du boulevard des allongés (©Frédéric Dard).

M’en fiche, tiens, je viens de me marrer un bon coup en découvrant pour la première fois cette bédé de vulgarisation scientifique.

Mais pas que de la science !

Le livre nous parle aussi des films et de leurs incohérences (je ne verrai plus la scène avec le Balrog de la même manière), des dinosaures et j’en passe (mon dieu, déjà Alzheimer !).

Deveniez ce qui m’a fait le plus rire ? Les pages sur les flatulences (j’ai 6 ans d’âge mental, moi) et celle sur la reproduction des dinosaures. Le scatologique et le phallique. Je n’ai pas dépassé ces stades là. Freud, si tu m’entends, reste où tu es !

Attention, je me suis bien amusée aussi avec la vie de merde de Darth Vader, avec la rentabilité des vols spatiaux, le film Interstellar, le voyage temporel, les pâtées pour chiens et Jonas dans le ventre de la baleine.

C’est bien fichu, c’est drôle, amusant, même si les dessins ne sont pas des œuvres d’art, mais ils ne m’ont pas fait pleurer les yeux.

Quand aux dialogues, je me suis bidonnée avec les petits détails, les répliques ou les pensées des autres personnages qui gravitent autour du professeur Moustache.

Une tablette de chocolat à savourer sans modération car ça ne fait pas grossir et le rire est bon pour la santé.

Une cible parfaite – La première enquête de Drongo, ex-agent du KGB : Tchinguiz Abdoullaïev

Titre : Une cible parfaite – La première enquête de Drongo, ex-agent du KGB

Auteur : Tchinguiz Abdoullaïev
Édition : De L’Aube – Noire (02/04/2015)
Édition Originale : Идеальная мишень (1999)
Traducteur : Robert Giraud

Résumé :
Une chasse à l’homme est ouverte à travers toute l’Europe, de Moscou à Paris. Chasse impitoyable, jalonnée de cadavres, où de chasseur on devient vite gibier.

Plusieurs groupes rivaux sont sur la piste d’un homme en cavale, dont les révélations pourraient compromettre de hauts responsables russes.

Les uns sont résolus à le réduire définitivement au silence, d’autres, à le récupérer pour le faire parler. Parmi ces derniers, il y a des mafieux, mais aussi les enquêteurs du Parquet russe, et ceux-ci font appel au fameux Drongo.

Cet ancien du KGB, individualiste et bon vivant, devenu détective privé, dépourvu d’illusions mais non de principes, met ses extraordinaires capacités d’observation et de déduction au service des causes justes.

Dans la chasse au fuyard, Drongo a pris le départ le dernier. Comment pourra-t-il combler son retard ?

Un excellent polar au cœur du pouvoir russe actuel.

Critique :
Puisque ces derniers temps j’ai beaucoup voyagé en littérature, la Russie m’a semblé être une bonne destination, une sorte de retour au sources car j’ai toujours eu un faible pour ce pays (en plus des États-Unis et de l’Angleterre) que j’aimerai visiter.

Ce sera dans une autre vie et en attendant, j’ai joué à James Bond sans les gadgets, à Sherlock Holmes sans la pipe et sans Watson, au double et même triple jeu.

Drongo a un cerveau qui travaille, il est capable d’analyser les situations et les gens très vite et aurait même quelques dispositions holmésiennes lorsqu’il énonce des déductions, surprenant par-là même les gens en face de lui.

La construction du roman n’est pas simple puisque nous commençons d’un côté, à Amsterdam avec Edgar, un 12 avril et que le chapitre suivant, nous repartons à Moscou, enquêter avec Drongo, mais le 3 avril, et, cerise sur le gâteau, 10 mois avant le commencement…

D’accord, cela ajoute du piment mais aussi de la confusion si vous lisez tôt le matin et que le café noir ne fait pas encore effet… On s’est déjà égaré dans des romans pour moins que ça et ces aller-retour dans l’espace-temps a de quoi dérouter.

Heureusement, on comprend assez vite de quoi il retourne et ensuite, ces voyages sur la ligne du temps ne seront plus qu’une formalité et plus de jet-lag entre les deux.

Drongo est un ex-agent du KGB qui possède un ordinateur à la place du cerveau (des PC de 1999) sans pour autant être un cyborg. Ses amours sont compliquées, il a peur d’aimer, de voir mourir la femme qu’il aime et n’est pas corruptible.

Ne lisez pas ce roman si vous voulez de l’action à toutes les pages, nous sommes dans un roman policier aux relents d’espionnage, mais oubliez ce bon vieux James Bond car ici, les meilleurs espions sont ceux dont on ne connait pas le nom et qui ne se font pas remarquer.

Pour ma part, j’ai pris plaisir à revoir Moscou, à explorer les arcanes sombres du pouvoir et des organes tels que KGB, GRU et autres initiales qui foutent la trouille. L’auteur parle de l’effondrement du bloc soviétique, lorsque l’URSS s’est disloquée et qu’il n’est resté que la Russie.

Voir cet effondrement de l’intérieur permet de l’éclairer un peu, même si le sujet est tellement vaste et sombre que jamais nous n’en verrons le bout. Malgré tout, certains personnages en ont la nostalgie, même s’ils savent au fond d’eux qu’y revenir serait une folie.

Ça me donne envie de lire les autres enquêtes de Drongo.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°181 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°26].

Camp de gitans : Vladimir Lortchenkov

Titre : Camp de gitans

Auteur : Vladimir Lortchenkov
Édition : Mirobole Horizons Pourpres (03/09/2015)
Édition Originale : Tabor uhodit (2010)
Traducteur :

Résumé :
Loufoque, grinçant, acide, voici le tableau d’un pays en plein chaos dans un monde à la dérive. A l’Assemblée générale des Nations Unies, un terroriste moldave prend en otages tous les grands de ce monde, d’Obama à Poutine, en passant par Merkel, Berlusconi et Sarkozy. Ses revendications stupéfient la planète.

Pendant ce temps en Moldavie, entre incurie, corruption et culte aveugle de l’Union européenne, le pays a sombré dans l’anarchie, la capitale Chisinau est envahie par des hordes d’enfants abandonnés et une étrange religion se répand : les Moldaves seraient le Peuple élu, le nouvel Israël, qui réclame une Terre promise au bord de la Méditerranée… L’ONU va devoir agir, sans quoi, adieu les otages !

Découvrez dans ce roman à l’écriture étourdissante comment les Moldaves marchandent avec Dieux, ou pourquoi le major Plechka, maton filou, oblige ses prisonniers à écouter en boucle les trésors de la poésie nationale…

Critique :
Mon voyage en Moldavie s’est mal déroulée et je n’ai jamais réussi à rentrer dans ce livre qui avait pourtant tout pour me plaire puisqu’il était loufoque.

Nous commencions pourtant bien… Nous sommes aux Nations Unies où les plus grands chefs d’Etat du monde (Obama, Berlusconi, Merkel, Sarko,…) sont pris en otage par un « terroriste » moldave.

Pas de bol, j’ai eu un décrochage assez vite avec les espèces d’élucubrations biblique d’un espèce de prophète moldave qui disait que son peuple était en fait le peuple élu. Déjà là, je zappais des pages.

L’auteur donnant de la voix à plusieurs personnage, nous avons été aussi dans un camp de détention où l’arbitraire règne en maître puis nous irons dans la capitale qui se trouve en pleine déliquescence et dans une anarchie sanglante.

Je ne sais pas si j’ai déjà lu aussi loufoque que ce roman ! On est dans la farce, dans l’énormité, dans le plus c’est gros, ben plus c’est gros… En fait, ce roman est une bouffonnerie et j’ai beau aimer ça, ici, j’ai plus que coincé.

La Moldavie est un pays pauvre, le cul entre deux chaises entre les nostalgiques de l’ex-URSS et ceux qui sont europhiles, de plus, le pays connait un exode massif. Tout le monde fout le camp.

L’auteur a donc imaginé que son pays se vide totalement, comme dans une parodie osée de certains situations bibliques. Pffff, c’était long, répétitif et j’ai sauté, sauté, sauté des pages en soupirant et l’histoire m’est totalement passée au-dessus de la tête.

Non, pas possible, nous n’étions sans doute pas fait pour nous rencontrer, le roman et moi. Ce n’est pas l’envie qui me manquait, mais le style de l’auteur est rébarbatif (pour moi) et le côté sans queue ni tête m’a tué.

Puisque, selon eux, « La Moldavie, tu l’aimes ou tu la quittes », je pense que je vais quitter ce roman qui ne m’a pas apporté l’ivresse littéraire que je voulais.

Dommage car j’aurais préféré prendre mon pied dans le récit, avoir des fous rires et en apprendre un peu plus sur la Moldavie. En apprendre autrement.

Malgré tout, sous ce style foutraque et bouffon, on sent tout de même que l’auteur hurle son amour déchirant à son pays, en voie de perdition.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°161 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°06].

Le Western : Christophe Champclaux & Linda Tahir Meriau (préface de Jean-François Giré)


Titre : Le Western

Auteurs : Christophe Champclaux & Linda Tahir Meriau (préface de Jean-François Giré)
Édition : Le Courrier du Livre (30/10/2015)

Résumé :
De la fin des années 1930 jusqu’à la fin des années 1960, le western a constitué l’un des genres cinématographiques les plus populaires à travers le monde. D’abord méprisé par la critique et les grands cinéastes, le western a acquis au fil du temps la maturité d’un genre cinématographique majeur.

Cet ouvrage retrace en texte et en images toute l’histoire du genre du début du XXe siècle jusqu’aux films et aux séries TV les plus récents, en s’attardant naturellement sur l’âge d’or des années 1950 et 1960.

Toute l’ histoire du western, de 1950 à nos jours.
Les westerns de Clint Eastwood, en accordant une importance égale à l’oeuvre de l’acteur qu’à celle du réalisateur.

Une interview inédite de Budd Boetticher, maître de l’âge d’or du Western.

Les Territoires du Western, un photo reportage exclusif sur les traces de John Ford et Sergio Leone.

De nombreuses illustrations et photographies exceptionnelles dont certaines très rares, issues de la photothèque personnelle des auteurs.

Un DVD proposant un classique du genre, La Vallée de la vengeance (1951), réalisé par Richard Thorpe, interprété par Burt Lancaster, Robert Walker et Joanne Dru, accompagné de deux documentaires : Petite histoire du Western et John Wayne, la piste d’un géant.

Critique :
Sans être indigeste, ce beau livre se déguste avec un carnet de note à ses côtés pour noter les westerns que les auteurs vous recommandent.

Le western est-il mort ? Moribond ? Pourquoi durant tout un temps on n’en a plus vu au cinéma ?

Vous le saurez en le lisant, tiens !

De belles images tirées des westerns célèbres (ou moins) agrémentent ces pages et le texte n’est pas trop conséquent pour que vous en ayez marre.

Je dirais que les auteurs ont su trouver le juste milieu entre le poids des mots et la beauté des photos.

La petite histoire du Western se divise en deux catégories : ceux qui ont un revolver chargé et ceux qui creusent…

Oh pardon, j’ai encore Blondin dans la tête… Le livre se divise en deux parties, à ma gauche, l’histoire du western, racontée très agréablement par Christophe Champclaux et à droite, les westerns du beau Clint Eastwood (raconté par Linda Tahir Meriau).

Pour ma part, j’ai lu en suivant, passant de l’histoire du western à celle de Clint, sans que cela me pose problème.

D’ailleurs, je me suis couchée moins bête après cette lecture car j’ai appris que le livre de Céline « Voyage au bout de la nuit » faisait partie des sources discrètes du film « Le bon, la brute et le truand » puisque dedans, Louis-Ferdinand Céline traduisait son dégoût des tortures et des massacres légalisés par la guerre, comme nous le voyons dans la célèbre scène de la bataille entre les Sudistes et les Nordistes et qui fera dire à Blondon : Je crois que je n’ai jamais vu autant d’hommes crever  en même temps ».

Ce que le peuple américain ne sait pas, c’est que la campagne du Nouveau-Mexique qui eut lieu entre février et avril 1860 et menée par la général Sibley (Confédéré) et le colonel Canby (Union) avait pour objectif le contrôle des mines d’or du Texas.

L’Union était financée par les banquiers de Londres et la Confédération par la Bourse de… Paris ! Et les banquiers, ça aime qu’on les rembourse. Tout le monde se fout que ce soit le sang des hommes contre l’or des investisseurs.

Anybref, ce livre nous parle de Western et il le fait bien, sans nous en causer ad nauseam, sans nous inonder de faits inutiles ou de choses négligeables.

Écrit pour nous le faire vivre, pourvu de quelques petites anecdotes de cinéma, ce livre est une mine d’or pour celui ou celle qui aime le genre et qui voudrait aller à la rencontre de films moins connus ou qui semblent être dépassés de nos jours.

Il y a du texte, des belles images, des belles affiches et on en apprend un peu plus sur ce genre qui semble être mort alors qu’il ne l’est pas, la preuve avec des séries western de bonne qualité et qui ont marché.

Bon, va falloir que je vérifie si tous les films notés sont dans ma DVDthèque et si non, faudra que j’aille faire un tour chez un grand vendeur de films en tout genre.

Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Steamboat – Walt Longmire – Tome 10 : Craig Johnson

Titre : Steamboat – Walt Longmire – Tome 10

Auteur : Craig Johnson
Édition : Gallmeister Noire (05/11/2015)
Édition Originale : Spirit of Steamboat (2012)
Traducteur : Sophie Aslanides

Résumé :
Plongé dans la lecture du Chant de Noël de Dickens, le shérif Walt Longmire voit surgir à la porte de son bureau une jeune femme élégante, cicatrice au front et mille questions en tête à propos de son passé et de l’ancien shérif, Lucian Connally.

Mais impossible pour le vieil homme de se rappeler cette femme jusqu’à ce qu’elle prononce le nom de “Steamboat”.

Tous replongent alors dans les souvenirs du Noël 1988 : une tempête de neige apocalyptique, un accident de la route meurtrier, et un seul moyen d’intervenir, un bombardier datant de la Seconde Guerre mondiale appelé “Steamboat” et que Lucian est seul capable de piloter.

Critique :
Si j’avais su que ce court roman (ou cette longue nouvelle) se déroulait à Noël, j’aurais postposé ma lecture et me la serais gardée pour la bonne période, mais puisque je n’avais pas été lire le résumé avant et que le vin était tiré, je l’ai bu.

Désolé mais je ne vous en ai pas laissé une goutte.

On a beau être à Noël et paix aux Hommes, bla bla bla, j’ai dévoré ce roman en une matinée et il n’en est pas resté une miette non plus.

Pour une fois, on a une aventure du shérif Walt Longmire qui ne fait même pas 200 pages, mais purée, quel concentré d’adrénaline !

Adrénaline, aventure et conte de Noël car c’est un bon roman, c’est une belle histoire (oui, si vous avez envie de chanter du Fugain, c’est tout à fait normal), une histoire digne de se produire à Noël car à une autre période, elle n’aurait pas la même saveur.

Retour dans le temps pour notre Walt Longmire et son ancien patron, Lucian Connally, par une nuit de Noël de 1988 où une tempête fait tellement rage dehors qu’elle cloue tous les appareils volants au sol, en ce compris le traîneau du père Noël, sans aucun doute.

Non, rassurez-vous, leur mission, qu’ils ont déjà acceptée, ne sera pas d’aller livrer des joujous aux enfants sages et pas sages, mais de convoyer, avec un vieil avion de la Seconde Guerre Mondiale, une jeune fille accidentée, brûlée à plus de 15%, dans un hôpital capable de la prendre en charge.

*Voix suave* Mesdames et Messieurs, veuillez accrocher vos harnais et cesser de fumer. En cas de problème, pas de masques à oxygène car la cabine n’est pas pressurisée. Enfilez bien des couches de vêtements car la température pourrait descendre à des moins 8.000 au moins (-45°) et vous geler les couilles et tout le reste.

*Voix suave* Le manque de carburant pourrait nous faire chuter dans les montagnes couvertes de neige et personne ne nous retrouverait avant le prochain printemps. Une panne hydraulique peut survenir à tout moment, le gel de la carlingue aussi et un arrêt des hélices n’est pas impossible. N’oubliez pas de laisser vos dernières volontés à la tour de contrôle.

Du rythme, de l’action, l’auteur a des heures de vol et depuis le temps, il maîtrise ses personnages et on sait qu’avec eux, rien n’est impossible, même chevaucher les nuages et la tempête, comme d’autres avant eux avaient chevauchés le fameux Steamboat, le cheval de rodéo qui donna sa silhouette aux plaques du Wyoming.

♫ Il s’appelait Steamboat, c’était un cheval noir ♪ Il était dans les rodéos et moi j’avais 10 ans ♪

Une excellente grande nouvelle ou un excellent court roman (au choix) qui aura plus de goût en période de sapins et de guirlandes clignotantes, mais qui peut se lire aussi dès qu’un coup de blues survient car il est porteur d’amitié, de courage, de bravoure, de don de soi, de grosses paires de couilles et d’émotions, mais bon, vous connaissez Lucian, l’ex-shérif, les sentiments, ça ne se montre pas !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°51 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Des garçons bien élevés – Max Wolfe 01 : Tony Parsons

Titre : Des garçons bien élevés – Max Wolfe Tome 01

Auteur : Tony Parsons
Édition : de La martinière (22/10/2015) / Points Policier (2016)
Édition Originale : The murder bag (2014)
Traducteur : Pierre Brévignon

Résumé :
Je vous présente l’enquêteur Max Wolfe. Insomniaque. Amoureux des chiens. Drogué au café noir. Boxeur. Orphelin. Mari dévoué d’une femme disparue brutalement. Père célibataire. Défenseur des opprimés, des assassinés, et le pire cauchemar de tous les meurtriers.

Un serial killer est en cavale. Il aime trancher les gorges. Et il est très bon à ce petit jeu.

Vingt ans plus tôt, sept étudiants privilégiés d’une riche école privée, Potter’s Field, fondée par Henri VIII cinq cents ans plus tôt, deviennent amis. Aujourd’hui, ils meurent les uns après les autres, de la façon la plus violente qu’on puisse imaginer.

Max Wolfe va suivre la piste sanglante, depuis les bas-fonds de la ville de Londres jusqu’aux lumières les plus brillantes des hautes sphères du pouvoir. Il n’en sortira pas indemne. Le secret terrifiant qu’il découvre, enterré depuis maintenant deux décennies, va bientôt exploser.

Critique :
Il y avait déjà Bob l’éponge, Bob Le Bricoleur, il y avait aussi Bob Le Marrant (Friends) et voici le nouveau, Bob Le Boucher, qui ne découpe pas les côtes d’agneau plus vite que l’éclair, mais il fait le Buzz (mdr) sur les réseaux sociaux car c’est un serial killer.

Non mais sérieusement, Bob Le Boucher, ça ne fait pas sérieux du tout !

Jack The Ripper, ça claque, ça en impose, ça fout les chocottes. Même traduit en Jack l’Éventreur, ça claque toujours sa race.

L’Éventreur du Yorkshire, ça faisait canin, je vous l’accorde, mais on sentait de suite qu’on avait affaire à un gars qui laisserait sa trace dans l’Histoire, de même pour le Cannibale du Milwaukee ou L’Étrangleur de Boston.

Mais nom de dieu, Bob Le Boucher, fallait avoir envie de faire rire les gens. Pourtant, ceux qui ont croisé sa route ont arrêté de rire, Bob leur ayant fait un sourire énorme dans leur gorge. Enfin si c’est bien lui…

Première enquête aux côtés de Max Wolfe et sans vouloir crier au loup, ce type boit trop de triple expresso ! Et c’est une consommatrice de café qui vous le dit. Il en consomme plus en quelques jours que moi durant tout le Mois Anglais (et j’en avale des litres).

Dommage que, une fois de plus, on se retrouve avec un inspecteur à la vie fracassée, veuf selon mes premières déductions, avec une gamine de 5 ans et un chien, insomniaque (l’inspecteur, pas le chien), un peu borderline parfois, véritable bombe à retardement à lui tout seul, le genre de flic qui fait que c’est pour cela qu’on ne les arme pas, en Angleterre.

— Vous savez pourquoi nous ne portons pas de pistolet, inspecteur ?
Je connaissais la réponse par cœur.
– Parce que ce n’est pas nécessaire, madame. Parce que nous avons des agents spéciaux formés au maniement des armes. Parce que nos citoyens ne veulent pas d’une police armée. Et parce que, si chaque agent avait un pistolet, nos excellentes statistiques de maintien de l’ordre dégringoleraient.
– Non. La véritable raison, ce sont les salauds dans votre genre. Vous êtes une bombe à retardement, Wolfe.

Ne vous attendez pas à une enquête menée à une allure de malade, ça prend son temps mais ça se lit vite. Pas trop de surprise non plus pour le mobile car l’introduction nous laisse comprendre qu’il y aura de la vengeance là-dessous.

En tout cas, on a du mystère et cette envie d’aller de l’avant pour savoir le fin mot de tous ces assassinats et aussi savoir qui les commets. Tout en s’occupant de sa gamine, du chien, de ses leçons de boxe, notre DC Wolfe nous baladera d’un témoin à l’autre pendant qu’autour de lui, un tueur joue à « Dix petits nègres ».

– La force de tes coups n’a pas d’importance, répondit Fred. Ce qui compte, c’est la force des coups que tu es capable d’encaisser tout en continuant à te battre.

Sans trop développer, l’auteur nous présente une vieille institution, un collège de 500 ans, un collège qui forme la future élite, mais on devine qu’il y a un prix à payer et qu’il ne parle pas que des frais d’entrée.

— Ils vous cassent et, après, ils vous reconstruisent. Voilà ce qu’ils font, dans ces vieilles écoles anglaises si réputées. C’est ça que vos parents paient si cher. Ils vous démolissent morceau par morceau puis ils vous refaçonnent à leur image . Ils prennent des petits garçons craintifs et ils en font des capitaines d’industrie, des décideurs, des Premiers ministres…

Tel un danseur, l’auteur arpente son ring, sans baisser sa garde, mais en nous portant quelques petits coups, juste pour tester nos réactions avant de nous décerner l’uppercut dans le dernier round, nous laissant reprendre notre souffle après le coup sous la ceinture.

Ah c’est vache, ça ! Mais c’est comme ça qu’on l’aime, notre match de boxe : pas trafiqué, pas truqué et la possibilité d’un changement de leader jusqu’au dernier coup de gong, même si un est au sol, quasi K.O.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Le magicien de Whitechapel – Tome 1 – Jerrold Piccobello : André Benn

Titre : Le magicien de Whitechapel – Tome 1 – Jerrold Piccobello

Scénariste : André Benn
Dessinateur : André Benn

Édition : Dargaud (27/02/2015)

Résumé :
Londres, 1887. Jerrold Piccobello, magicien parmi les plus prestigieux du royaume britannique, se fait une nouvelle fois remballer d’une audition comme un malpropre.

Désespéré, l’homme revient sur les lieux de son enfance, là où tout a commencé et où il fera une rencontre pour le moins inattendue…

Critique :
La magie, ce n’est pas que l’affaire d’Harry Potter et consorts (ou qu’on ne sort pas).

Ici, même les Moldus peuvent être magicien. De très grands magiciens.

Hélas, d’aussi qu’on soit monté, on n’est jamais assis que sur son cul, mais la chute n’en est pas pour autant aussi douloureuse que si on avait chu de l’Empire State Bulding.

Pourtant, Jerrold Piccobello a commencé dans la bas du panier, avec une père décédée et un père qui jouait au Grec, c’est-à-dire qu’il trichait avec les dés (entre autre).

C’est après avoir été refusé pour son numéro et s’être senti devenu has been que Jerrold revient sur les terres qui l’ont vu grandir. Se remémorant sa jeunesse et tous les mauvais coups du sort, il repense aussi avec nostalgie à son mentor, Virgil Webb, Ze best magicien. Celui qui lui a tout appris.

Les dessins ne m’ont pas trop emballés, de plus, à certains moments, on a du mal à différencier Jerrold de Virgil, si on n’est pas trop attentifs.

Dommage que je n’ai pas accroché aux dessins parce que le scénario, de son côté, appelle à la curiosité, à l’envie de découvrir la jeunesse de Jerrold, les coups durs, son insouciance de jeunesse…

Son apprentissage auprès du Gérad Majax de l’époque, du Harry Houdini qui ne s’évade pas, du David Copperfield qui séduit toute les dames après leur avoir montré sa baguette magique, était bien mis en scène et je n’ai pas vu le temps passer durant ma lecture.

Malgré tout, il me manquait un truc pour me faire revenir pour le deuxième acte, pour aller chercher la suite de cette bédé dans les étagères de la biblio et ce truc qui manquait, il est arrivé en final de ce tome et là, je me suis dit que j’allais suivre cette série – au diable les dessins que je n’aime pas – afin de savoir ce qui allait se passer maintenant que notre Jerrold avait passé un contrat inhabituel.

Faudrait peut-être lui signaler qu’il devra utiliser une longue cuillère, car lorsqu’on dîne à la table de ce personnage, vaut mieux en avoir un longue (de cuillère !).

Cul entre deux chaises pour cette chronique. La curiosité est plus forte, je ne résisterai pas, faudra que je lise la suite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.