Héloïse, ouille ! : Jean Teulé

Titre : Héloïse, ouille !

Auteur : Jean Teulé
Édition : Julliard (05/03/2015)

Intro (par Ida) :
C’est avec sa prose enlevée, piquante et poétique que Jean Teulé, écrivain qui aime à revisiter l’histoire à travers certaines de ses grandes figures romanesques, nous livre ici sa vision du couple mythique formé par la belle Héloïse et le docte Abélard.

Couple mythique… qui a bel et bien existé cela étant, et qui est passé à la postérité grâce à la correspondance quelque peu salée qu’il a laissé derrière lui, laissant supposer que l’amour courtois dont ils seraient les précurseurs, n’a absolument rien de platonique.

Ce qui n’a visiblement pas échappé à Jean Teulé !

Résumé (par Ida) :
Nièce d’un Chanoine dont l’histoire dit qu’il avait ses entrées à la cour de France, Héloïse est une belle jeune femme d’une exceptionnelle érudition.

Son oncle décide de parfaire son éducation en la confiant au Maître à penser de l’époque, celui aux cours desquels on se presse dans les universités, Jean Abélard.

Bien que sortant du couvent d’Argenteuil, Dame Héloïse est une femme libre qui a déjà vu le loup et sa meute… Et pas qu’un peu.

Ce qu’Abélard découvrira rapidement en croyant l’avoir initiée à d’autres savoir nettement moins académiques.

Et bien oui, que voulez-vous ! Un homme dans la force de l’âge et une jeune femme d’une beauté exceptionnelle enfermés dans une pièce toute la sainte journée… N’était-il pas un brin naïf et imprudent l’Oncle Chanoine ?

Alors… et bien ça fornique dans tous les sens…

Jusqu’au jour où le pot aux roses sera découvert et où les amours du couple se trouveront alors quelque peu contrariées…

Je n’en dirai pas davantage, vous laissant découvrir ce roman qui a sa manière toute particulière tente de nous rendre compte du mythe et de ses vérités.

Critique (encore Ida – MDR :
Si vous n’avez pas aimé 50 nuance de Grey, probablement n’aimerez vous pas ce livre-là !

Certes Teulé sait écrire et rendre poétique ce qui sous la plume d’un autre sombrerait dans la trivialité.

Certes, Teulé a ce talent qui lui permet de retranscrire dans la langue de notre époque, la langue magnifique des autres époques qu’il nous fait visiter et dans lesquelles il nous guide avec délice…

Mais… Teulé… et bien… il aime le cul ! Il aime la bite ! Le sexe et le stupre ! Et si vous ne l’avez pas compris en tournant la dernière page de ce livre… et bien c’est que vous n’avez rien compris de la délectation complaisante avec laquelle il nous décrit longuement les ébats des deux amants.

Certes, Héloïse et Abélard, précurseurs de l’amour courtois de par leur correspondance passée à la postérité sont devenus ensuite le couple iconique des amoureux contrariés qui ont à leur suite alimenté la littérature !

Certes, il convient de ne pas confondre amour courtois et amour platonique (sa mère !)… Mais tout de même !

S’attendait-on à trouver là un kamasutra médiéval ???

Au bout d’un moment c’est assez répétitif sur le fond et ça fatigue ! D’ailleurs je dois avouer que dans certains de ses autres romans, son recours trop systématique aux passages érotiques m’avait d’autant plus lassée qu’il n’apportait rien à l’affaire…

Là, le sujet s’y prêtait certes davantage… Et Teulé s’est lâché. Mais trop c’est trop !

D’ailleurs retirez les passages ayant trait à la gaudriole de ce texte, que le livre s’en trouverait considérablement aminci !

Voilà un livre que je ne laisserai pour rien au monde traîner dans mon salon de peur que ma belle-mère ne fasse une attaque en tentant de le lire, ou que mes ados ne me le piquent pour ricaner avec leurs copains sur ce que leur mère lit !

Bref… Un livre à ne pas laisser entre toutes les mains !

PS : Oui, Ida rédige quelques articles pour mon blog, mais je ne la paie toujours pas, ni en argent, ni en nature, ni en thé, ni en bouffe, ni en rien ! Juste mes respect et mes salutations distinguées !

Petits meurtres à Mangle Street : M.R.C. Kasasian

Titre : Petits meurtres à Mangle Street

Auteur : M.R.C. Kasasian
Édition : City Editions (27/05/2015)

Résumé :
Londres 1892. Une femme est sauvagement assassinée dans le quartier pauvre de Whitechapel. Désemparée par l’inefficacité de la police, la mère de la victime engage Sidney Grice, le plus célèbre détective privé de Londres.

D’une intelligence acérée, pointilleux et exigeant, l’homme est d’une efficacité redoutable. Il pense que le « sexe faible » n’a pas sa place dans un cabinet de détective, mais il fait tout de même appel à March Middleton, une jeune femme excentrique un peu trop portée sur le gin, pour l’assister dans cette affaire.

L’irrésistible duo mène l’enquête et découvre que le mystérieux meurtre n’était que le premier d’une sinistre série.

Dans un Londres ou planent des ombres terrifiantes, le danger rôde à chaque coin de rue…

Critique :
Sidney Grice est un détective privé, oups, pardon, un détective personnel, un peu comme Sherlock Holmes, mais en version imbuvable, chiant et à tuer !

Grice est infatué, orgueilleux, de mauvaise foi, a un sale caractère, est méchant, trop sûr de lui, ne bosse que pour le fric, méprise les pauvres, méprise les femmes, ne baise pas, ne mange pas de viande, ne boit pas, ne fume pas, ne se drogue pas, et lors d’occasion spéciales, il n’est pas contre une bonne dose de café…

— Je suis parfaitement rationnel, dit mon tuteur en claquant des mains. Injuste, méchant et grossier, je vous l’accorde, mais mes capacités de raisonnement ne m’ont jamais fait défaut.

En effet, son portrait n’est pas flatteur ! Niveau diplomatie, il est encore pire que Agatha Raisin, c’est vous dire ! Et pourtant, Agatha est LÀ référence en la matière de manque de diplomatie et de gros sabots dans le plat…

— J’aimerais que vous ayez un accident digne de votre nom, monsieur Grave. Venez, mademoiselle Middleton.

Certes, Agatha ne se privera pas de vous lancer un « Allez vous faire foutre » bien sentit, tandis que lui, en parfait gentleman, vous balancera une vacherie sans juron puisque « Bon Dieu » est déjà une injure pour lui.

— Si le fait d’assassiner la langue était considéré comme un délit, vous seriez en train de casser des cailloux en ce moment, rétorqua Grice.

— Lorsque Dieu a créé les idiots, il a mis les plus idiots de tous en uniforme et leur a donné des casques pour que les pensées n’entrent pas dans leur tête, déclara Sidney Grice.

Tiens, je me demande ce que ça donnerait si on accouplait Sidney Grice et cette bonne vieille Agatha Raisin… Heu… Quoiqu’il en sorte, ne m’en mettez pas un de côté !!

— Cela doit être extrêmement gratifiant de contribuer à rendre la justice, commentai-je.
Sidney Grice souffla.
— Il est plus satisfaisant de voir les délinquants punis, mais j’aime être sûr que les innocents ne risquent rien. Bien entendu, plus vous vous élevez dans la société, plus cela est important. On peut se permettre quelques petites erreurs avec des prostituées, par exemple, mais vous devez être absolument sûr de votre fait avant de faire pendre un évêque.

Ah pardon, j’oubliais ! Bien sûr que Sidney a un vice, c’est le thé, sans lait car il ne boit pas les sécrétions mammaires des ovins… C’est lui qui le dit ainsi…

Vice énorme car il devient à moitié paniqué s’il n’y a pas une officine servant du thé dans un rayon de 100m ! Pire qu’un Preshaun dans la série « Ekhö monde miroir« .

— Plus intolérable que vous ne le sachiez, expliqua Grice. Son procès a attiré une telle foule que je n’ai pas pu me faire servir une seule tasse de thé pendant deux jours consécutifs et que mon premier flacon à rétention de chaleur fut réduit en miettes dans la panique générale.
— Monsieur Grice était au bord des larmes, précisa l’inspecteur Pound.

— Savez-vous, March, ce que je trouve le plus terrifiant à propos de ce quartier ? Il n’y a pas de salon de thé à moins de cent mètres à la ronde.

Un type imbuvable, ce Sidney, mais bizarrement, on adore son caractère ronchon, ses répliques cinglantes, ses idées bien arrêtée sur la petitesse du cerveau féminin (partagée par une majorité des hommes), notamment sur celui de sa pupille, March Middleton, arrivée depuis peu chez son parrain et tuteur après le décès de son père.

La pauvre ?? Non, non, March ne se laissera pas march-er (mdr) sur les pieds et le duo va faire des étincelles, pour notre plus grand bonheur.

— J’ai une meilleure idée, dis-je. Comme je suis la plus légère, dans la mesure où je ne possède pas un cerveau masculin qui risquerait de peser exagérément, je vais passer devant.

Ajoutons à ce duo atypiques un inspecteur Pound qui n’a pas lui non plus sa langue en poche en matière de préjugés sur les femmes, sur les pauvres, sur tout le monde…

— Ma chère mademoiselle, il vous faut cependant comprendre que les humeurs imprévisibles du cœur féminin ne sauraient rivaliser avec la logique imparable et la perspicacité pénétrante du cerveau masculin.

— Je me demande parfois si je ne travaille pas dans un institut pour les déficients mentaux. Mais ne vous avisez pas de raconter à monsieur Grice que j’ai dit ça !

Avec un style jubilatoire dans les dialogues, avec des répliques qui fusent, avec March, un personnage féminin qui ne se laisse pas faire, qui fume et qui boit, je vous assure que l’on passe un excellent moment de lecture car entre Sidney Grice et March Middleton, ça grince niveau vacheries envoyées tout de go.

— Je vous ai déconseillé la lecture des ouvrages de philosophie, dit Sidney Grice en souriant. Ils vous farcissent la tête d’idées et, chez l’individu de sexe féminin, les idées risquent trop aisément de conduire au déséquilibre mental. Ce n’est pas là mon opinion mais les conclusions d’années de recherches scientifiques menées par les médecins de l’Hôpital royal de Bedlam pour les aliénés. 

— Dînez-vous habituellement seul ? demandai-je.
— Non, répondit Grice, je dîne avec un livre. Mon favori est « Brève étude des vers parasites d’Afrique ». Il comporte de superbes illustrations en couleurs.
— Cela ne vous empêche-t-il pas de savourer votre repas ?
— Pour quelle raison ? Je n’ai pas l’intention de les manger.

De plus, nous avons aussi des petites allusions à un célèbre détective et à son créateur et je n’ai pas pu m’empêcher de glousser en comprenant QUEL médecin soignait le poignet de March.

Mais là, j’émet une protestation sur une incohérence, un anachronisme : nous sommes en 1892 et ce personnage célèbre dans la littérature policière, dont fait allusion son père littéraire, fut publié en décembre 1887…

Sherlock Holmes fit ses premiers pas dans « A Study in Scarlet », publiée dans le Beeton’s Christmas Annual. Histoire qui avait été refusée en mars-avril 1886 !

Donc, Arthur Conan Doyle ne peut pas s’être inspiré de Sidney Grice pour son Sherlock Holmes puisqu’en 1892, il avait déjà publié deux romans avec Holmes (« The Sign of Four » le fut en février 1890). Là, l’auteur a fait une faute en voulant rendre hommage à Doyle et son Holmes !

— Vous écrivez ? demandai-je.
Il haussa modestement les épaules.
— J’essaie et je dois dire que votre œuvre m’a laissé penser qu’un ancien médecin militaire pouvait composer un bon personnage dans l’histoire que je suis en train d’écrire.
— De quel genre de récit s’agit-il ?
Il coupa le bandage et déchira l’extrémité en deux.
— Je ne saurais dire, fit-il en nouant les deux pans, mais votre tuteur constitue un sujet fascinant.

L’enquête est remplie de questionnement sur la culpabilité ou non du coupable, sur la raison des autres meurtres, le tout est rempli de non-dit et de zones d’ombres, bien que j’avais compris bien avant Grice un fait important ! Mais à force de ne pas faire attention aux émotions, on ne voit pas ce qui est flagrant…

L’auteur, durant son roman jouissif, ne se prive pas pour nous expliquer où se trouvait la place de la femme, à cette époque, c’est-à-dire entre l’enfant mineur et le chien, ou plutôt derrière ses casseroles, je dirais.

Bref, j’ai adoré ce roman policier décalé, à l’humour so british, aux personnages bien campés, attachants, rempli d’humour sarcastiques et l’enquête était excellente, et assez sordide. Tout ce que j’aime.

Vivement la suite !!!

— Vous n’avez jamais entendu parler des microbes ? demandai-je.
Parker sourit.
— Oui ! Ben, j’ai aussi entendu parler des fées, mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui en avait vu une.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon,  le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Sherlock – Le Guide de la série : Steve Tribe

Titre : Sherlock – Le Guide de la série

Auteur : Steve Tribe
Édition : Bragelonne (21/10/2015)

Résumé :
Voici l’histoire de Sherlock comme vous ne l’avez jamais lue et vue auparavant. Plongez au cœur de l’esprit des créateurs à l’origine des aventures du plus grand et du seul détective consultant au monde.

Sherlock : Le Guide de la série offre un accès sans restriction aux archives de l’équipe et des membres du casting, grâce à des interviews, des scènes coupées, des storyboards et des concept arts.

Comment les classiques d’Arthur Conan Doyle ont-ils été adaptés de manière moderne et totalement originale ? Qui sont les artistes et les concepteurs qui ont fait de ce rêve une réalité ?

De Baker Street à St Barth, de Buckingham Palace à Appledore, passez dans l’envers du décor.

Critique :
Attention, ce guide ne porte que sur les 3 premières saisons puisque, lorsqu’il a été écrit, la quatrième saison n’avait pas encore commencée.

Ce guide est une véritable mine d’or pour celui ou celle qui voudrait en savoir plus sur la série qui a révolutionné le mythe de Sherlock.

Et non, vous n’aurez pas droit aux mensurations coquines des acteurs/actices, bande d’obsédés, va !

De la genèse de l’idée de mettre Holmes dans notre siècle, en passant par chaque épisode détaillé, nous découvrirons les coulisses de la série, avec des fiches sur les acteurs, leurs rôles, leurs personnalité dans la série, des extraits de dialogues, des scènes coupées…

N’oublions pas les lieux emblématiques de tournage, les références aux écrits canonique, et elles sont nombreuses, les effets spéciaux, la musique, le maquillage, les fandoms…

Le tout avec des belles photos sur papier glacé.

Le seul bémol vient de la non-continuité des textes. C’est chiant, je trouve, que lorsque vous lisez un texte, il soit coupé par d’autres choses sur sa page. Ma curiosité et ma soif de connaissances me poussaient à lire de suite l’encart et lorsque je tournais à nouveau la page, boum, je revenais à votre texte initial et j’avais perdu le fil.

Anybref ! Voilà un guide pour les fans de la série, pour les fans de Sherlock, pour ceux qui veulent en savoir plus sur l’envers du décor et arriver à trouver toutes les références à l’œuvre de Conan Doyle.

Parce que dans la série, ça va tellement vite qu’on ne prend pas attention à tout.

Maintenant, je les verrai mieux depuis que j’ai ouvert ce guide.

What’else ?

Heu, juste que c’est trop court, comme toujours ! 😉

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Les enquêtes d’Alfred et Agatha – Tome 1 – L’affaire des oiseaux : Ana Campoy

Titre : Les enquêtes d’Alfred et Agatha – Tome 1 – L’affaire des oiseaux

Auteur : Ana Campoy (auteure espagnole)
Édition : Bayard Jeunesse (01/10/2015)

Résumé :
Si Alfred Hitchcock et Agatha Christie s’étaient rencontrés lorsqu’ils étaient enfants, quelles aventures auraient-ils pu vivre ensemble ?

Après avoir fait atterrir un avion de sa fabrication sur la perruque du poissonnier, le jeune Alfred se retrouve en prison, pour une nuit. Il y fait la connaissance d’un détenu, Victor. Le jeune homme clame son innocence et supplie Alfred d’aller demander de l’aide à Agatha Miller.

Dès sa sortie, le garçon se rend à l’adresse indiquée par Victor. Quelle n’est pas sa surprise de découvrir qu’Agatha a 10 ans, comme lui ! Et la fillette, qui a monté une agence de détectives, lui apprend que Victor, le jardinier ses riches voisins, est accusé de leur avoir volé des objets de valeur : des oiseaux en or, ornés de pierres précieuses…

Critique :
Si Alfred Hitchcock et Agatha Christie s’étaient rencontrés lorsqu’ils étaient enfants, quelles aventures auraient-ils pu vivre ensemble ?

Et bien maintenant, je sais quelles genres d’aventures ils auraient pu vivre, ces deux monstres, ces deux génies, ces maîtres du genre policier et du suspense à couper au couteau.

Vu qu’ils sont jeunes et que nous sommes dans de la littérature jeunesse, nous n’auront pas droit à une île où les convives disparaissent l’un après l’autre, ni à une scène avec un rideau de douche et une musique qui augmente le rythme cardiaque.

Sans révolutionner le genre des jeunes qui enquêtent (je suis blindée, j’ai lu toutes les aventures du Club Des Cinq en son temps), l’auteur nous propose néanmoins un roman qui plaira aux plus jeunes et qui reposera l’esprit des plus grands.

Non, ceci n’est pas le polar du siècle, ni même de l’année, encore moins du mois, ou de la journée, mais il se lit très vite, les doigts de pieds en éventail dans son fauteuil de jardin, un mojito à la main.

Le livre sera terminé que votre glace pillée n’aura pas encore entièrement fondu, c’est vous dire si ça se lit vite.

Évidemment, comme dans tout bon livre avec des jeunes qui mènent l’enquête, tout va toujours pour le mieux, même dans les pires situations, ils arrivent à résoudre des trucs que même la police n’y était pas arrivée, se sortent de toutes les pires situations, mais bon, souriez, c’est de la fiction pour les jeunes.

Par contre, il y a tout de même une incohérence avec ce qu’il se passe dans la volière, la nuit… Celui qui y pénètre se fait attaquer par les oiseaux. Hors, s’il y a une chose que je sais, c’est que la nuit, les oiseaux, ça dort !! La nuit, un oiseau, ça ne vole pas, et ça sait encore moins viser un humain pour l’agresser, sauf si la volière était remplie de rapaces nocturnes, mais ce n’était pas le cas.

En tout cas, ça donnera sans doute des idées de films au petit Alfred !

Anybref, même si on ne révolutionne pas le genre, ça se laisse lire avec l’esprit apaisé, tranquille, ça repose la tête après des nouvelles peu réjouissantes, tristes, commises par des imbéciles, ça peut aussi vous détendre après des romans particulièrement lourds ou oppressants.

Un agréable petit moment de détente avec deux personnages attachants, que tout oppose puisque si Alfred vit dans l’East End, Agatha, elle, vit dans une belle maison de riches, mais dont la soif de résoudre des mystères va faire naître une belle amitié.

Un chouette petit roman jeunesse qui met à l’honneur deux grandes figures anglaises, qu’elles soient de la littérature ou du cinéma et dont quelques clins d’œil à leurs ouvres sont disséminés dans les pages, avec une note en fin d’ouvrage pour celui qui les aurait loupé.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge du « Mois Espagnol » chez Sharon (Mai 2017).

Block 46 : Johana Gustawsson

Titre : Block 46

Auteur : Johana Gustawsson
Édition : Bragelonne (23/10/2015)

Résumé :
Falkenberg, Suède. Le commissaire Bergström découvre le cadavre terriblement mutilé d’une femme.

Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps présentent les mêmes blessures que la victime suédoise : trachée sectionnée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras.

Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie…

En Suède, Emily retrouve une vieille connaissance : Alexis Castells, une écrivaine pleine de charme spécialisée dans les tueurs en série. Ensemble, ces deux personnalités discordantes se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu’aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944.

Critique :
Cela faisait quelques temps que ce roman traînait sur mes étagères, comme des tas d’autres, mais Yvan a su se montrer persuasif pour que je le sorte de suite de ma terrible PAL (avec des menaces, oui – MDR).

Un thriller qui mélange des scènes de crimes sorties toutes droit du cerveau dérangé d’un serial killer et des scènes tirées du camp de concentration de Buchenwald, ça ne court pas les rues.

Le mélange est osé, fallait-il encore que la sauce prenne ! Que ce mélange des deux donne une symphonie sans couacs ou fausses notes qui déchireraient les tympans.

Avant tout, je signale aux âmes sensibles qu’elles peuvent lire ma chronique, mais peut-être pas le roman… Sauf si elles veulent défaillir !

Autant j’ai aimé la justesse des récits dans le camp de concentration (l’auteur, sans édulcorer le récit, ne sombre pas dans du gore gratuit), autant j’ai aimé les scènes de crimes bien gores, elles, autant j’ai eu du mal avec les personnages féminins que sont Alexis Castells, écrivaine spécialisée dans les tueurs en série, et Emily Roy, la profileuse.

Oui, au départ, je ne les sentais pas… Aucune empathie pour elles, ni pour Emily qui avait tout d’une frofileuse dure et antipathique, ni pour Alexis qui avait le passé de Stéphane Bourgoin en version féminine (son compagnon tué par un serial killer et elle qui écrit des livres sur eux) et à laquelle je n’accrochais vraiment pas.

Ça commençait mal entre nous… Mais je ne suis pas du genre à baisser les bras pour si peu et bien m’en pris parce que j’ai appris à apprécier les personnages féminins au fur et à mesure de ma lecture  !

L’écriture est agréable, facile à lire, sans fioritures, elle coule toute seule et une fois qu’on est entré dans le roman, on n’a plus envie de le lâcher, à tel point que j’ai lu dans mon lit avant de m’endormir (chose que je fais JAMAIS), à la lampe de poche pour ne pas déranger Chouchou.

Nom de dieu, on peut dire que l’auteur a su jouer avec mes nerfs et me pondant une enquête addictive et où je me suis prise quelques coups dans le plexus. Et j’adore ça.

Comme je le disais, si les personnages féminins ne m’emballaient pas tant que ça au départ, les personnages masculins, eux, oui car je les trouvais plus réalistes, surtout le flic macho et crétin congénital. Un réussite, celui-là, du genre qu’on aurait envie d’encastrer dans le mur.

L’auteur a su jouer avec mes nerfs, le suspense, le mystère, le glauque, le sang, les cadavres et le récit d’un rescapé de Buchenwald et au final, la symphonie était réussie.

De plus, même si certains passages sont durs, éprouvants, horribles car ils ont traits à ce que l’Homme a de plus sombre en lui, jamais l’auteur ne sombrera dans le glauque gratuit. Ce qu’elle nous raconte est véridique (Buchenwald) et fait toujours aussi froid dans le dos (sauf pour les nazis nostalgiques, bien entendu).

Un thriller au mélange étonnant mais réussi, une symphonie sur l’Homme qui, dans le pire, reste incontestablement le meilleur ! Hélas…

PS : ce roman se déroulant pour moitié à Londres et pour l’autre en Suède, je couvre plusieurs challenges littéraires, ce qui double mon plaisir.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),   « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book et le Challenge Nordique Édition Scandinavie chez Chroniques Littéraires.

Les Vieux Fourneaux – Tomes 1 – 2 – 3 : Wilfrid Lupano & Paul Cauuet

Titre : Les Vieux Fourneaux – Tomes 1 – 2 – 3

  • Tome 1 – Ceux qui restent (2014)
  • Tome 2 – Bonny and Pierrot (2014)
  • Tome 3 – Celui qui part (2015)

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Paul Cauuet

Édition : Dargaud

Résumé :
Les Vieux Fourneaux raconte les aventures de trois septuagénaires, amis depuis leur plus tendre enfance: Antoine, Emile et Pierrot. Chacun a suivi sa route, chacun a fait ses choix, chacun a fondé (ou pas) une famille.

Séquelles, souvenirs, fragments de vies (presque) passées. Il reste pourtant à ces trois-là de belles choses à vivre, et une solide amitié chevillée au corps.

Les Vieux Fourneaux, à travers dʼincessants va-et-vient entre les années cinquante et les années 2010, raconte sur un mode tragi-comique notre époque, ses bouleversements sociaux, politiques et culturels, ses périodes de crise.

vieux-fourneaux-autre_232992Critique :
Après quelques romans noirs sur les truands, la prohibition ou la Grande Dépression, il me faut de quoi me remonter le moral… Après avoir vu les infos aussi !

— Quand on fait fortune en fabriquant des anti-dépresseurs , forcément , un monde de merde , ça fait rêver.

Pour cela, j’ai un bon plan : « Les vieux fourneaux » de Wilfrid Lupano, celui-là même qui m’avait déjà bien fait rire avec « L’ Homme qui n’aimait pas les armes à feu ».

Vieillir tue ! On ne nous le dit pas assez… Et vieillir con, aussi.

— Tu comptes faire chier le monde encore longtemps ?
— Le plus longtemps possible, oui. Qu’est ce que tu veux faire d’autre ? À nos âges, il n’y a plus guère que le système qu’on peut encore besogner. Du coup, ma libido s’est reportée sur la subversion. C’est ça ou moisir du bulbe.

Mais il ne sera pas dit que nos trois p’tits vieux ont l’intention de vieillir con, surtout pas Pierrot qui, avec son collectif « Ni yeux, ni maîtres » est déjà un sacré militant et un fouteur de bordel aux congrès de l’UMP ou autre parti politique français.

— Des non-voyants anarchistes ! « Ni yeux ni maître », qu’on s’appelle ! On fait du terrorisme situationnel. C’est bidonnant. On s’incruste dans les réceptions, les soirées branchées, les cocktails, les réunions politiques, et pis on fout le boxon. Que des handicapés et des vieux méchants comme des teignes ! Le cauchemar des services d’ordre. S’ils nous touchent, on porte plainte, on demande des dommages et intérêts, ça arrondit les fins de mois.

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Ces trois tomes, je les ai cherché longtemps, une fois que je les ai eu enfin en main à la bibli, je ne les ai plus lâché et je me suis plongée dans les tribulations de ces trois septuagénaires, ces trois amis d’enfance- Pierrot, Mimile et Antoine – qui se retrouvent à l’occasion de l’enterrement de Lucette, l’épouse d’Antoine.

L’occasion de se remémorer des bons souvenirs entre amis !

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Le style est avant tout drôle, caustique, sarcastique, ironique et qui pique juste là où il faut, dénonçant notre société de consommation, les gros industriels qui se foutent de tout – la Nature, l’Humain – la connerie humaine et notre génération qui a tout foutu en l’air et qui continue, droit dans le mur…

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— Vous êtes inconséquents, rétrogrades, bigots, vous votez à droite, vous avez sacrifié la planète, affamé le tiers-monde ! En quatre-vingts ans, vous avez fait disparaître la quasi-totalité des espèces vivantes, vous avez épuisé les ressources, bouffé tous les poissons ! Il y a cinquante milliards de poulet élevés en batterie chaque année dans le monde, et les gens crèvent de faim ! Historiquement, vous… VOUS ÊTES LA PIRE GÉNÉRATION DE L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ ! Et un malheur n’arrivant jamais seul, vous vivez HYPER vieux !

Un pied dans le présent et des retours en arrière pour nous expliquer un peu le passé de ces drôles de zigs qui n’ont pas toujours été droit dans leurs bottes…

J’ai adoré les actions folles réalisées par tout un groupe de vieux qui sont bien déterminés, avant de partir pour le terminus de Saint-Pierre, de dénoncer certains faits ici-bas, le tout avec un style bien à eu, avec des hackeurs, des aveugles et un des leur qui peut se transformer en Human Bomb et péter sur commande. Effet garantit au prochain meeting des Républicains !

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Ça grince des dents, mais cela reste avant tout une comédie, on est en plein dans la lutte des classes, dans le choc des générations, dans le social, les syndicats, la chute de notre société et des activistes en déambulateur.

Les dialogues sont à déguster dans modération, à relire plus lentement pour les savourer une fois de plus, tout en se marrant allégrement.

— J’aurais préféré le tuer à coups de pied, mais avec mon arthrite…

— Qu’est-ce que tu viens faire ici ? T’es sur une propriété privée !
— M’emmerde pas, c’est pour les bêtes que je suis là.
— Fous-moi le camp, je te dis ! Mes bêtes elles préfèrent crever que de voir ta tronche !
— Ben, puisque t’as l’air d’être le chef du troupeau, t’as qu’à leur montrer l’exemple !

Niveau dessins, faut les savourer aussi, surtout les mimiques de nos gars… Le diable se cache dans les détails, c’est bien connu.

Une saga politiquement incorrecte, des vieux qui n’ont rien à perdre, rien à foutre de ce que l’on pense d’eux, ils n’ont pas peur de se faire arrêter par des flics, de conduire comme des manches, ou de se taper un road-movie jusqu’en Toscane pour laver un affront…

— Dis, tu vas klaxonner et faire des appels de phare tout le long comme ça ?
— Oui, j’ai remarqué que les gens sont plus attentifs quand je fais ça.

— Pfffiou ! Dis donc, parler à des flics, ça reste quand même le dernier grand vertige intellectuel. À nos âges on devrait être dispensés.

Le tout en demandant à Sophie, la petite-fille préférée d’Antoine, de les conduire jusque là, alors qu’elle est enceinte jusqu’au dents !

— Il faut faire des enfants, c’est merveilleux, les enfants…
— Un beau petit qui va avoir une belle vie.
— Ou pas.
— Comment ça, ou pas ?
— Je sais pas, vous le trouvez si merveilleux, vous le monde ? C’est bien les vieux, ça.
— Ben… Sophie…
— Quoi, c’est vrai ! Vous autres, les vieux, vous êtes toujours là à vous extasier devant les enfants ! « Et qu’il est mignon, et gnagnagna ! » Vous feriez mieux de vous excuser, ouais ! Regardez autour de vous ! Vous nous laissez un monde tout pourri, vous avez tout salopé, et ensuite vous venez souhaiter bon courage aux locataires suivants ! Vous manquez pas d’air !

Et puis, de temps en temps, c’est eux qui s’en prennent plein la tronche par Sophie qui déterrera un vieux secret peu reluisant sur nos petits vieux préférés.

— J’ai déjà eu honte, dans ma vie, comme ça, en amateur, mais depuis deux jours, j’ai vraiment l’impression d’être passé professionnel.

— Des fois, j’ai envie de vous frapper, les vieux, quand je vois votre bilan. Faut pas vous étonner s’il y a plus de respect pour les anciens, hein…

Je m’en vais militer pour un 4ème tome, moi !

—  Mais lâchez-moi !
—  Michel, amène le taser.
—  NAZIIIS !
—  N’en fais pas trop, va ! T’as pas la tenue adéquate.*
—  Y a pas de tenue pour s’indigner !
[* déguisé en abeille]

Pierrot : « Tu sais ce que je crois ?
Antoine : Non…
Pierrot : Je pense que le monde ne nous mérite pas ! A nous deux, c’est bien simple, on fait trembler les puissants, et on relance l’économie ! Et encore, on n’est pas chauds, il est même pas onze heures !
Antoine : Et Mimile n’est même pas là ! »

Étoile 4,5

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Fables – Tome 22 – Et ils vécurent heureux : Bill Willingham & Mark Buckingham

 

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Titre : Fables – Tome 22 – Et ils vécurent heureux 

(EDIT : Tome 24 dans  l’ancienne collection !!)

Scénariste : Bill Willingham
Dessinateur : Mark Buckingham

Édition : Urban Comics Éditions (20/11/2015)

Résumé :
Si Blanche Neige connu un jour l’harmonie au sein de sa famille, force est de constater que cette époque est depuis bien longtemps révolue.

Après avoir affronté et triomphé de nombreux adversaires, c’est aujourd’hui au sein même de leur communauté que les fables doivent choisir leur camp.

Blanche et sa soeur Rose sont sur le point d’engager une guerre sans précédent dont le Royaume risque de ne pas se relever.

fables-tome-24-plancheCritique :
Avec pareil titre, j’avais lieu d’espérer que nos Fables en avaient fini avec les jours sombres et qu’ils allaient tous aller à la Costa Del Sol, siroter des mojitos et mettre leurs doigts de pieds en éventail…

C’est vrai, quoi ! L’Adversaire est défait, vaincu, les Royaumes ont retrouvés leur liberté, ont aurait déjà pu penser qu’ils allaient tous se la couler douce…

Que nenni ! Le scénariste, crapuleux, leur a sorti un Mister Dark bien sombre, un Méchant bien typé qui allait les empêcher de piquer une sieste au bord de la piscine.

Bon, on le remballe d’où il vient et ensuite on peut commencer à aller pilonner des citrons verts pour les mojitos ? Non, on ne peut pas… L’ex-mari de Blanche-Neige est revenu et a foutu le bordel. Et pas que lui…

Maintenant, c’est pire et c’est rappé pour les cocktails au bord de la piscine car le danger vient de l’intérieur et c’est pas aujourd’hui qu’on pourra se la couler douce dans cette série.

Je vous avais déjà parlé des personnages, bien travaillés et susceptible d’évoluer, de mourir, de passer de pleutre ou chiant à courageux et intéressant, d’avoir un grand rôle à jouer alors qu’on ne le pensait pas, et surtout, de passer de sympa à salope perfide.

Pourtant, ce tome est l’avant-dernier de la série et dans le suivant, la messe sera dite et je pourrai reprendre une vie normale, si tant est que cela est possible après avoir découvert une série aussi excellente que celle-là !

Originalité de l’album, chaque chapitre se termine par une histoire courte intitulée « la dernière histoire de… » et nous avons trois intrigues qui se mettent en branle dans cet avant-dernier opus : Brandish qui la joue salaud, comme d’habitude, un monstre qui rôde dans les rues de New-York et la découverte, bouche bée, de l’héritage maudit de Rose Rouge et de sa soeur, Blanche-Neige.

Je tremble à l’idée d’entamer le dernier chapitre, celui qui parlera sans doute de la lutte finale, de la lutte filiale (et pas Fillon) car ici, personne n’est payée à rien foutre et à pas être là, même si je pense que certains aimeraient se trouver à des lieues de l’affrontement final.

Quant au reste, la mise en scénario des personnages des Fables est toujours au top, réaliste et les auteurs nous offrent aussi des tas de clins d’œil à d’autres contes, comme un oiseau tournant autour d’une jeune fille qui n’est pas celle coincée avec des nains lubriques, un criquet qui n’est pas avec son Pinocchio et une sorte d’ogre s’apprêtant à découper un enfant sans défense.

Je tremble d’impatience de lire le dernier et je tremble de peur à l’idée de qui les auteurs pourraient encore nous dézinguer, car à l’instar de G.R.R Martin, ils n’hésitent pas à renvoyer aux pays du sommeil définitif certains Fables adorés.

Il va sans dire qu’ils me manqueront tous et que j’aurai du mal à me remettre de la fin de cette série qui m’a enchanté du début jusqu’à maintenant…

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Mois du polar 2017 chez Sharon et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (200 pages).

 

Les infâmes : Jax Miller [LC avec Stelphique]

infames-les-jax-millerTitre : Les infâmes

Auteur : Jax Miller
Édition : Ombres Noires (2015)

Résumé :
Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l’Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d’avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère.

En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l’énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d’années à se cacher, quitter l’anonymat c’est laisser à son bourreau l’occasion de la retrouver. Et de se venger.

SKULL - Game OverCritique :
Quand noir c’est noir et qu’il te reste même plus l’espoir, moi j’ai du mal à croire au gris de l’ennui…

Ami lecteur, si tu veux du bonheur, n’ouvre pas ce roman, il est rempli de noir, de désespoir, de violence et d’alcool pour aider à oublier le gris de la vie, de vies de merde et tout ce qui fait que la vie est vraiment pourrie pour certains.

Freedom Olivier à décroché le gros lot à la loterie merdique de la vie : de jeune fille bien qui a terminé ses études major de sa promotion, là voilà serveuse dans un bouge infâme pour motards roulant les mécaniques et éclusant l’alcool comme d’autres boivent de la flotte.

Freddom, tu t’en doutes, ce n’est pas son vrai nom. Le programme de protection des témoins lui a changé et elle a choisi celui-là, tu sauras plus tard pourquoi. Mais quand je te dis que sa vie est pourrie de misère, d’envie de suicide et d’alcool, je suis encore gentille. Sa vie est une horreur depuis de nombreuses années.

D’entrée de jeu, Freedom frappe fort puisqu’elle se présente et qu’elle t’envoie dans les gencives un uppercut maousse kosto « J’ai tué ma fille ».

Comment tu veux arriver à apprécier un personnage principal qui te balance ça dans les incisives ? Et bien, en vérité je te le dis, Freedom Oliver, tu vas l’apprécier, même dans ses délires de femme bourrée, même dans son côté borderline, dans tout, tu vas apprécier cette bonne femme qui a été brisée par la vie, mais surtout, par des êtres humains et des mauvais choix.

Après, pour elle, tout est parti en couille.

De toute façon, quand tu vois les personnages qui hantent ces pages, tu te dis que Freedom Oliver, c’est un ange, un agneau, comparée à certains, dont ses beaux-frères qui  n’ont de beaux et de frères que le nom. Quant à la mère de ces bâtards, l’espèce de grosse truie de 300 kg, on se surprend à avoir envie qu’elle s’étrangle avec son cubi de vin.

Que du sombre dans ces pages, que du désespoir, des vies de merde, et pourtant, dans le fond de ce putain de tunnel sans fin, tout au bout, brille une loupiote : l’espoir qui a réussi à se faufiler dans toute cette noircitude (néologisme offert en cadeau).

Un roman noir, très noir, où trainent en effet des paumés magnifiques, des flics indélicats et véreux, des dégénérés de mecs et, pire que tout ça, un dangereux fanatique religieux qui a tourné les Écritures dans son sens… À se demander si le plus pire ce n’est pas Virgil Paul, le prédicateur qui dit que Dieu lui parle.

Freedom va devoir accomplir un putain de dangereux périple pour retrouver ses enfants qui sont adultes… Ses enfants qu’elle a dû abandonner. Une véritable odyssée sans véritables héros pour l’aider..

Et toi, pauvre lecteur, tu la suivras dans son périple fou, dans son odyssée flamboyante, dans sa quête, dans son envie de rédemption, dans sa rage de mère qui ne veut que la vengeance.

Tu la suivras dans ses combats, tu prieras pour qu’elle y arrive, tu remercieras l’auteur d’avoir pensé à lui envoyer des gens pour l’aider dans sa tâche et à la fin, tu poseras le livre, secoué, laminé, mais avec cette lueur d’espoir qui brillera aux fonds de tes yeux.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Pourquoi je l’ai choisi :
Ce livre nous tentait depuis sa sortie avec ma chère binôme, mais faute de temps, et toujours plus de tentations livresques chaque jour passant, on ne lui a pas trouvé une place avant, dans notre planning….Réparation faite… 😉

Synopsis :
Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l’Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d’avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère.

En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l’énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d’années à se cacher, quitter l’anonymat c’est laisser à son bourreau l’occasion de la retrouver. Et de se venger.

Entre les paumés magnifiques, les flics indélicats, les dégénérés de sa belle-famille et de dangereux fanatiques religieux, son périple tourne à l’odyssée.

Ce que j’ai ressenti :… Une fureur contagieuse…
Freedom… Sentez un peu ce brin de liberté dans votre face… Ah, mais vous allez me dire qu’il y a un certain relent de vapeur nauséabonde, et je vous répondrai « mais à quoi tu t’attendais avec un titre pareil ??!!!!

Exit la féérie, bienvenue au Kentucky ! Une plongée spectaculaire dans les bas-fond de la nature humaine, et prends toi un bon verre pour accompagner le tout, c’est un sacré rodéo d’émotions fortes qui t’attend en ouvrant ses pages….

– Est-ce qu’il y a encore des gens normaux ?

Les infâmes : mais que de promesses tenues avec ce titre évocateur… Ils ont tous un grain, sont tous difficilement appréciables et forcement tous un peu bourrés, voire sacrement barrés…. Pas vraiment une ballade calme en ces lieux perdus de l’Oregon, ni de rencontres charmantes sont au programme…

Infamies, affamés, fin fanatique, forme fatale de folie : un bien sombre panorama de l’Amérique profonde… Jax Miller nous fait un tour d’horizon sociétal américain avec une certaine fureur, un grand talent, et une belle dose d’humour noir, et on comprend ce titre gagné pour ce premier roman dynamique et déjanté !

– Je bois pas d’eau . Les poissons baisent dedans.

S’il est évident qu’on ne se prend pas beaucoup d’affection de prime abord avec cette dame (cf, le prologue bien frappé ), avec le temps, j’ai été souvent fan de ses répliques, et je me suis attachée à ce bout de femme, qui décide d’avancer coûte que coûte, au mépris des lois, du danger, ou de la raison…

L’auteure ne prend pas le parti de créer une simple intrigue policière avec un enquêteur plus ou moins lisse, non, elle envoie une mère folle furieuse, complètement désaxée, et avec cet instinct presque animal de protéger sa progéniture dans un road-trip qui vous retourne à peu près chaque particule de votre corps et de votre esprit !

Et avec sa détermination, on la suit dans ses dangereuses péripéties, sur sa moto, bravant même l’univers pour retrouver sa fille, et même si le voyage est une horreur de tension et d’angoisse pour Freedom, nous, pauvres lecteurs, on se laisse prendre par ce roman d’une noirceur infamante, avec cette plume impertinente…

Un régal à lire !!!

« Tout ce que je sais, c’est qu’il faut que je reste en mouvement; que je bouge. Sinon, je sauterai. Je m’écraserai. Je mourrai. »

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

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Les infâmes : Jax Miller [LC avec Stelphique – Intro]

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— Que va-t-on lire ce mois-ci, Stelphique ?

— Figure-toi que j’avais pensé à lire « Les Infâmes », cela fait assez longtemps qu’il traine sur nos étagères, non ?

— Les Infâmes ? Un livre qui parle de personnages politiques tels Mickey Trump, Georges Doubleiou, Vlad Pout-In, Vachar Alassad, Nabot de Jardin, Flamby Pays-Bas, et j’en oublie des tas ? Ou de société horrible telle Monsanto ? Oh, j’y suis, des grands criminels ?? Le Moustachu moche et boche ou l’autre moustachu moche et russe, Napo Léon…

— Stop, Belette, arrête, tu n’auras pas assez de ta page de blog pour tous les citer… Non, non, ce livre ne parle pas de politique mais d’une mère qui, dès la première phrase du roman, te balance dans la gueule (pardon pour le vilain mot que je place dans la bouche de ma Binômette Stelphique) : « Je m’appelle Freedom Oliver et j’ai tué ma fille ».

— Waw, rien que ça ! Putain (là c’est moi qui le dit vraiment), ça va être coton pour nous faire apprécier ce personnage !!

— Yvan a dit que « Parfois, dans la flopée de romans noirs publiés, surgit une lumière ». Attends si il le dit !

— Oui, mais il ajoute « Une lumière noire qui fait ressortir en fluorescence l’âme même des personnages. Une lumière comme un réactif qui révèle les défauts du monde (et sa beauté cachée, parfois) ». Bordel de cul (oups), comment va-t-on arriver à dire mieux que lui ???

— Difficile, mais on va essayer… Déjà, au lieu de causer, faudrait peut-être commencer à le lire !

— Lire qui ? Yvan ? Mais je le lis déjà !

— Mais non bête fille (je sais, Stelphique ne dirait jamais ça), lire le roman « Les Infâmes » !!

— Attends, je devrais pas, mais j’ai envie de lire certaines des critiques de mes potes Babeliottes ! Tiens, Eric75, un fan de Sherlock Holmes aussi, en dit « une histoire pleine de niaque et de fureur avec une grande maîtrise des parcours parallèles qui s’entrecroisent, et entraîne son lecteur dans un road trip échevelé, entre Oregon et Kentucky ». Mais il parle aussi de personnages stéréotypés et de situations prévisibles !

— Certes, mais Eric75 ajoute qu’il ne faut pas bouder son plaisir !!! Non, ne lis pas celle de Lehane-Fan, tu vas encore te bidonner comme une malade… Trop tard, ma binômette est en train de se marrer comme une dingue… Puisque c’est comme ça, moi je commence à lire le livre et à vous revoir pour les impressions de lecture et notre chronique ! Bon, Belette, tu ramènes tes fesses oui ou merde ??? (Pardon à Stelphique, je place dans sa bouche de fée des mots qu’elle ne dirait jamais, mais puisque je suis à l’écriture, tout m’est permis – Mhouhahahhaha).

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Transmetropolitan – Année Quatre – Tome 4 : Warren Ellis & Darick Robertson

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Titre : Transmetropolitan – Année Quatre – Tome 4

Scénariste : Warren Ellis
Dessinateur : Darick Robertson

Édition : Vertigo Essentiels (2015)

Résumé :
Avoir pour adversaire les deux tiers de la Ville n’est pas chose nouvelle pour le reporter hors-la-loi Spider Jerusalem. Ceci dit, avoir pour ennemi principal le président des États-Unis est une tout autre histoire, surtout lorsque celui-ci est plus enragé qu’un serpent à sonnette sous amphet’.

Le temps est donc compté pour Spider et ses loyales (et sordides) assistantes, forcés de se cacher et de mener leur guérilla journalistique via des méthodes plus discrètes. Mais le danger est aussi là où on ne l’attend pas, et Spider risque fort d’en faire les frais.

transmet04Critique : 
Quelque chose cloche. Je le sens dans mon testicule gauche, celui où un franc-maçon a planté un clou.

Mais non, il ne m’est pas poussé une paire de couilles durant la nuit ! Ce n’est pas moi qui ai dit ça, mais Spider Jerusalem, bande de moules, va !

Spider Jerusalem, notre ami journaliste totalement barré… Souvenez-vous que la fois dernière, nous l’avions laissé en bien fâcheuse posture…

Notre journaliste gonzo préféré avait été censuré lors de la parution d’un de ses articles et le journal pour lequel il travaillait l’avait licencié.

Why ? Ce salopard de nouveau président, celui que l’on surnomme le Sourire, vient juste de durcir sa politique concernant les médias et il en a tout particulièrement après Spider. Le voici sans médias pour publier ses articles.

Comment le héros va-t-il réagir ?

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Rien à redire, les auteurs sont toujours aussi barré, que ce soit aux dessins ou au scénario. Spider, quant à lui, ne déroge pas à la règle et il est véritablement déchaîné (plus que d’habitude encore).

C’est toujours aussi cynique, sarcastique, trash, cinglant et on explore toujours les sujets qui dérangent avec, cette fois-ci : le contrôle des médias par le pouvoir politique, les manipulations obscures, les assassinats commandités, la prostitution infantile, la misère, les magouilles politiques…

Bien que ce soient des sujets souvent abordés dans la saga, Warren Ellis ne sombre pas dans la redite et parvient sans problème à se renouveler, le tout sans répéter les épisodes précédents.

La guerre entre Spider et le président est déclarée et il n’est pas encore né celui qui empêchera notre journaliste de publier ses articles ! Il y a des canaux sur le côté, des pirates, et notre ami fumeur, buveur, drogué et speedé va devenir une sorte de croisement entre un blogueur et un Anonymous.

La pression est sur les épaule de Spider, ses sordides assistantes sont là pour l’épauler et on en apprend un petit peu plus sur elles, surtout sur Yelena. Et puis, notre Spider sera mis quelques fois en position dangereuse… et finira presque en enfer, là où il n’y a pas de cigarettes.

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J’ai apprécié aussi ce tome 4, comme tout la série jusqu’à présent. Certes, ça cause de politique, mais les auteurs le font bien, ils frappent sous la ceinture, ils sont justes, même s’ils utilisent le mode un peu punk et trash pour le dire.

La société futuriste qu’ils décrivent n’est tout compte fait pas si éloignée que ça de la nôtre, hormis pour les mélanges entre les humain et les petits gris préférés de l’agent Mulder.

Spider vit dans  un monde égoïste, où l’on se moque de la nature, des droits des minorités, des droits des gens et où le peuple ne demande qu’une chose Panem et circenses. Pour le reste, ce sont des moutons qui ne contrôlent pas les actes des gens pour lesquels ils ont voté et qui préfèrent lire les actus people que les actus réalistes.

Je me suis retrouvée frustrée quand fut venu le moment de refermer le livre : hé, attendez les mecs, vous allez pas me laisser poireauter de la sorte avec un final pareil ?? Non, mais, je fais quoi, moi, si je ne trouve pas le tome 5 tout de suite ??

Encore un tome réussi qui me fait monter mon rythme cardiaque et si ça continue, je vais terminer chez le cardiologue, moi !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule. Participait aussi au RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires (296 pages).

BILAN LECTURE - Veux la suite t'excites pas

 

 

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