Hercule Poirot (BD) – Tome 1 – Le crime de l’Orient-Express : Chaiko, Benjamin Von Eckartsberg et Agatha Christie

Titre : Hercule Poirot (BD) – Tome 1 – Le crime de l’Orient-Express

Scénaristes : Benjamin Von Eckartsberg et Agatha Christie
Dessinateur : Chaiko

Édition : Paquet (29/11/2017)

Résumé :
Le Crime de l’Orient-Express est, avec Dix petits nègres, l’un des romans d’Agatha Christie ayant connu le plus grand succès. Il a été traduit en plus de trente langues. Hiver 1937.

Juste après minuit, une congère force l’Orient-Express à s’arrêter en pleine voie. Le luxueux train est étonnamment plein pour cette période de l’année, mais, au petit matin, on dénombre un passager de moins…

Un magnat américain est mort d’une dizaine de coups de couteau, la porte de son compartiment verrouillée de l’intérieur. Hercule Poirot mène l’enquête dans le train coupé du monde…

Critique :
Adapter des romans en bédés, ce n’est pas toujours évident car il faut sabrer dans le récit, quitte à faire l’impasse sur des choses importantes ou sur la manière dont le détective comprend le schéma du crime à résoudre.

Il m’est souvent arrivé d’être frustrée car cela va trop vite dans une bédé, surtout si on connait le roman original parce qu’on l’a gardé en mémoire (et relu plusieurs fois).

Une chose m’a fâché dans le début du roman lorsque l’on montre un évènement tragique qui pourrait mettre les lecteurs sur la piste du potentiel coupable, alors que le plaisir, dans un Agatha Christie, est de se faire surprendre.

Le deuxième chose qui m’a un peu déplu, ce sont les dessins des visages des protagonistes, surtout celui de Hercule Poirot qui, pour moi, n’est pas conforme à l’original. Mais ceci est une histoire de goût.

Le scénariste a réussi à intégrer à sa bédé tous les éléments importants du roman original, même si, avec 64 pages, il faut aller à l’essentiel et ne pas ergoter sur des détails ou sur notre cher Hercule Poirot qui fait marcher ses petites cellules grises durant des pages et des pages.

Au final, l’album se révèle être bon, même si je ne suis pas fan des dessins à cause des visages assez grossiers. On pouvait mieux faire, je trouve. Les couleurs sont dans le sombre et elles vont bien à ce huis clos dans la poudreuse.

Une bédé pour se remettre en mémoire un des romans les plus célèbres de la Reine du Crime, ou pour le découvrir si on n’a pas envie de se plonger dans un roman (mais ce serait un tort de ne pas lire le roman original).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°198], Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°24] et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 64 pages.

Nuit sans lune au Waziristan : Saqib Mausoof

Titre : Nuit sans lune au Waziristan

Auteur : Saqib Mausoof
Édition : De l’aube Noire (02/03/2017)
Édition Originale : The Warehouse (2016)
Traduction : Benoîte Dauvergne

Résumé :
Lorsqu’un entrepôt est réduit en cendres au Waziristan (entre le Pakistan et l’Afghanistan), l’inspecteur d’assurances Cash est envoyé sur place pour examiner les dégâts.

Il arrive à Tank, une ville provinciale frappée par la pauvreté, et découvre un projet de détournement de fonds qui met ses patrons et la police secrète pakistanaise dans une situation délicate.

Alors qu’il s’efforce de trouver un compromis entre deux idéologies opposées, Cash est hanté par le souvenir de sa femme décédée et par les devoirs qui lui incombent en tant que père d’une adolescente particulièrement douée.

La corruption du monde dans lequel il évolue et les soupçons unanimes finissent par triompher de lui : Cash est persécuté, menacé et finalement kidnappé par des talibans, qui réclament une rançon…

Critique :
Une nuit sans lune au Waziristan est le contraire du clair de lune à Maubeuge !

Rien à voir avec la lune, juste que c’est plus tranquille de se balader à Maubeuge qu’au Waziristan.

Ah, contrairement à la célèbre région du Boukistan, qui n’existe pas, le Waziristan Waziristan (situé entre le Pakistan et l’Afghanistan), lui, existe bel et bien.

Mais je n’ai absolument pas envie d’aller y faire tamponner mon passeport après avoir lu ce roman qui est parti dans une direction à laquelle je ne m’attendais pas.

Au Waziristan, il fait dangereux de s’y promener, les Talibans sont là, la corruption aussi et les agents d’assurance ne sont pas les bienvenus puisque dans ces pays musulmans, faire assurer ses biens et toucher une indemnisation est très mal vu.

Si on pense au départ que le personnage principal, Sayyid Qais Ali Qureshi (dit Cash), se trouve face à une mission pépère, on est vite remis sur le droit chemin par l’auteur qui nous expliquera combien il est difficile d’exercer le métier d’agent d’assurance au Pakistan et combien la région du Waziristan est foutrement dangereuse.

Rien n’est simple dans ces pays pétris de traditions où l’appartenance à une tribu est plus importante qu’au pays, presque, où l’on paye encore le prix du sang, où la religion est LA chose la plus importante (même si tout le monde s’arrange avec sa propre conscience et interprètent ce qu’ils veulent bien) et où il est bien difficile de vivre en harmonie avec son époque puisque c’est en opposition perpétuelle avec la religion et les traditions éculées.

Alors que je pensais lire un livre sur un agent d’assurance qui a bien du mal à faire accepter une grosse indemnité à un homme dont l’entrepôt à explosé, j’ai pris un cours accéléré sur les mœurs au Pakistan, sur les Talibans, sur les conflits dans cette région, sur les Américains qui y sont toujours.

Très vite j’ai compris que je n’avais pas ouvert un roman policier simpliste, mais un polar où rien n’est simple, où rien n’est tout noir ou tout blanc, où il faut marcher perpétuellement sur une corde raide et où prendre la défense d’une pute peut vous amener à des situations totalement surréalistes, folles, dangereuses.

Ce roman noir, très noir, c’est mieux qu’une immersion en programme Erasmus (en moins dangereux) car on découvre tout un pan d’une société que nous ne connaissons pas, ou très mal. Gardez à l’esprit que vous ne fréquenterez pas que du beau linge mais aussi des crapules finies, même si elles sont riches.

Voilà un polar que l’on devrait faire lire à ceux et celles qui pensent toujours que la littérature policière c’est de la littérature de gare ou que tous les polars sont des whodunit (colonel Moutarde, dans la biblio, avec le chandelier) simpliste où il faut découvrir qui a tué Untel.

La littérature policière, c’est plus que ça, ce n’est plus ça et je suis contente que les éditions de L’aube Noire publient des auteurs d’ailleurs, des auteurs aux nationalités peu lues dans nos pays, des romans où le dépaysement est assuré et où l’on ne cherche pas à nous montrer les plus beaux coins vus d’un drone… Parce que au Waziristan, les drones, ça fout la trouille et maintenant, je sais pourquoi.

À ne pas lire si vous souhaitez juste un polar divertissant, amusant, drôle, léger… Ici, c’est du lourd, du sombre, de l’épais et chez les Talibans, il ne fait pas bon y être prisonnier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°182]et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°08].

La disparue de Noël : Rachel Abbott [LC Bianca]

Titre : La disparue de Noël

Auteur : Rachel Abbott
Édition : Belfond Le cercle (02/11/2017)
Édition Originale : Stranger Child (2015)
Traduction : Muriel Levet

Résumé :
En Angleterre, de nos jours. Emma le sait, il est des passés qui ne s’oublient pas. Mariée à David, directeur de banque traumatisé par la mort de sa première épouse et l’inexplicable disparition de sa fille Natasha la veille de Noël, six ans plus tôt, la jeune femme a appris à vivre avec les drames.

Mais l’arrivée d’Ollie, leur fils de dix-huit mois, semble avoir redonné le sourire à David et renforcé leur couple. La promesse de jours meilleurs semble enfin possible…

Mais le monde d’Emma se fissure lorsqu’une jeune fille apparaît un jour dans sa cuisine. Natasha.

Alors que David est en joie, Emma, elle, s’interroge : où était-elle toutes ces années ? Comment l’intégrer dans leur vie de famille idéale ?

Et pourquoi ce sentiment que l’adolescente pourrait représenter une menace pour elle et pour son bébé ? Que cache la disparue de Noël ?

Critique :
Ce thriller traînait dans ma biblio depuis longtemps mais je ne l’avais jamais encodé dans mes biblios le ligne car je n’étais pas très chaude pour le lire.

On me l’avait donné et le pitch me semblait déjà-vu mainte et mainte fois que pour être intéressant ou novateur.

Sans une proposition de LC, il aurait continué de prendre les poussières et aurait fini dans une boîte à livre.

Pourtant, il y a de bon dans ce thriller qui manie habillement les mystères car l’auteure, au lieu de suivre le grand boulevard devant elle a préféré prendre un chemin de campagne avant de s’engager dans les champs.

Alors oui, rien que pour cela, le thriller valait la peine d’être sorti des étagères. Le problème viendra d’ailleurs…

Quatrième enquête de l’inspecteur Tom Douglas, le lecteur qui prendra la série en cours sans rien savoir n’aura pas de soucis pour comprendre car l’auteure nous raconte brièvement la vie de son personnage principal, mais de mon côté, j’ai eu bien du mal à m’attacher à cet inspecteur.

Si au départ j’ai eu envie de foutre des baffes à Natasha, la gamine qui a disparu à Noël il y a 6 ans, j’ai encore eu plus envie de botter les fesses de David, son père, qui ressemble plus à une amibe desséchée qu’à un homme.

David est un personnage mou, fade, se laissant porter par les événements, trouvant moult excuses à sa fille qui se comporte comme une merdeuse, lui obéit quand elle demande à ce qu’on ne prévienne pas les flics, promet à sa fille qu’il va la protéger des méchants kidnappeurs… Heu ?? T’es pas Iron Man, David !

Bref, un personnage qui aurait mérité d’être plus étoffé au lieu d’un mec sans couilles qui pense qu’en mettant sa tête dans le sable, tout ira mieux demain et qui a autant d’esprit d’initiative qu’une merde déposée sur un trottoir.

Sa seconde femme, Emma, par contre, est plus étoffée, plus travaillée et est un personnage intéressant, mais qui ne me marquera pas à vie. Natasha, la gamine, a plus d’étoffe aussi que son père, mais il m’a manqué les émotions durant cette lecture.

Le thriller est bien construit, mélangeant l’affaire de la disparue revenue avec des faits du passé personnel de l’enquêteur et le tout ajoute une touche de mystère et de suspense que l’auteure dose correctement et malgré les 460 pages, je n’ai pas vraiment vu le temps passer alors que je me demandais comment on allait pouvoir tenir la distance avec un pitch qui semblait aussi léger qu’une feuille de cigarette.

Ou l’auteure n’a pas su bien cacher ses pistes ou alors, j’étais particulièrement éclairée, mais pas de surprises pour moi, ni de coups de pieds au cul, car j’ai tout vu venir de loin et j’avais misé juste.

C’est donc mitigée que je pianote ma chronique de lecture : j’ai apprécié certains points, notamment le fait que ce thriller soit bien construit et ne suive pas le chemin tracé devant lui mais emprunte d’autres voies.

Par contre, pour les personnages, c’est une catastrophe nationale car je ne me suis attachée à quasi personne, hormis Emma et Natasha (mais qui ne marqueront pas ma mémoire)…

En ce qui concerne les émotions ressenties, elles n’étaient pas vraiment au rendez-vous alors que certains moments du roman auraient pu être riche en tension et en bouleversements mais ne le furent pas, la faute à des dialogues creux et sans âmes.

À vous de vous faire votre avis si vous le lisez où à nous dire ce que vous en avez retiré… Si vous ne le faites pas, ma foi, vous le louperez rien…

Cette LC loupée, réalisée avec ma copinaute Bianca (qui n’a pas aimé la lecture) le fut surtout à sa demande : elle participe à des challenge consistant à lire des romans se déroulant durant la période de Noël en décembre, alors que moi, j’aurais tendance à les lire en juin, sous le soleil.

Si, tout comme moi, vous n’êtes pas très chauds pour romans étiquetés « Noël », sachez que seul le premier chapitre se déroule durant cette période !

Ce titre est un peu usurpé (ou raccoleur) et moi, j’ai échappé, une fois de plus, à une vraie lecture de Noël en décembre ! Mhouhahahaha. Je sens que pour décembre 2021, Bianca m’attendra au pied du sapin et que je n’y couperai plus… PTDR

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°150].

50 nuances de grecs – Tome 1 – Encyclopédie des mythes et des mythologies : Jul et Charles Pépin

Titre : 50 nuances de grecs – Tome 1 – Encyclopédie des mythes et des mythologies

Scénariste : Charles Pépin
Dessinateur : Jul

Édition : Dargaud Empreinte(s) (17/11/2017)

Résumé :
« 50 Nuances de Grecs » remet en scène les plus grands mythes de l’Antiquité grecque dans les situations les plus actuelles…

Hercule à Acropôle-Emploi, Zeus chez son avocate pour négocier les pensions alimentaires, Icare lançant une compagnie aérienne low-cost ou le dieu Pan mis en examen pour ses liens avec un proxénète surnommé « Dionysos-la-Saumure »… : Retrouvez l’Olympe au grand complet, à travers notre héritage commun.

Avec leur oeil malicieux et leur art du détournement, Jul et Pépin revisitent ce patrimoine mythologique, dans une encyclopédie drôle et savante, où défilent tous les travers de notre société !

Critique :
Apprendre en s’amusant, en rigolant, c’est toujours plus intéressant que devant des manuels lourds et chiants.

Surtout que les auteurs n’hésitent pas à mélanger les choses de notre monde avec celle de la mythologie, comme par exemple Thésée dans le labyrinthe qui suit les indications d’un GPS pour trouver la sortie ou des faits d’actualités.

Chaque dieux, demi-dieux, mythes, légendes, a droit à une page ou deux en bédés et ensuite, une page de texte explicatif sur sa personnalité, sa légende, son rôle, son pedigree.

Bref, ça fait au moins 50 nuances de divinités Grecques, qui, comme vous le savez, n’hésitaient pas à s’entremêler entre elles et à se faire des enfants dans le dos, sans oublier que dans ce petit monde, un trou était un trou. Oui, c’est dit crûment, mais c’est ainsi : grande tolérance niveau partenaire de sexe.

Que les parents outrés se rassurent, la bédé reste tout public, même si les explications claires et concises sur chaque portrait est parfois dans sa vérité toute nue : Oedipe et sa mère, par exemple.

Le ton de Charles Pépin est facile à suivre et on ne s’embrouille pas de trop dans « qui est le père de qui » car dans les divinités grecques, c’est aussi touffu que dans les anciennes séries telles que Santa-Barbara ou Amour, Gloire et Beauté, niveau « qui a couché avec qui » (et qui couche…).

Les dessins de Jul sont agréables, bourré de petits détails humoristiques, les cases sont sans bordures et pourvues de peu de décors, mais ça marche dans ce genre d’album.

Un bon moment de lecture, pour se cultiver et rire un bon coup, ce qui fait du bien mais n’est pas remboursé par la sécurité sociale.

Marshal Bass – Tome 2 – Meurtres en famille : Darko Macan & Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 2 – Meurtres en famille

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt Néopolis (04/10/2017)

Résumé :
Pour sa deuxième enquête, notre héros est confronté à une famille pratiquant le meurtre… en famille ! Bébés momifiés, course à pied dans des étendues arides et moult coups de feu dans cette aventure haute en couleur !

La vie dans le western était impitoyable pour beaucoup, à tel point que le meurtre y était considéré comme un business comme un autre.

Sur la piste d’un tueur en série, Marshal Bass y est alors confronté et se met en tête qu’il faut éradiquer le crime.

Cependant ce qui aurait dû être un cas plutôt simple va très mal tourner. Car quoi de pire que de tomber amoureux de la fille des assassins…

Critique :
Quoi de plus merveilleux que le travail en famille ? Papa, maman et les deux enfants, garçon et fille, travaillent de concert et de conserve.

La vie est bourrée d’ironie et comme elle a envie de se marrer de temps en temps, elle place un tueur en série sur le chemin de notre sympathique famille qui se coupe en quatre pour… assassiner des gens et les détrousser !

Si vous aimez La Petite Maison Dans La Prairie, passez votre chemin, c’est L’Auberge Rouge version far-west.

Une fois de plus, nous sommes plongés dans un western qui ne fait pas dans la dentelle car il explore la noirceur des Hommes (et des Femmes). Et pas que celle des assassins détrousseurs.

Même notre Marshal River Bass monte en puissance dans ce tome puisqu’il retire sa veste de bon père de famille qui a accepté ce boulot de marshal pour nourrir ses gosses…

Ah, notre personnage principal n’est pas aussi bon qu’on a essayé de nous faire croire, et c’est tant mieux. De plus, Bass aussi envie de se taper la jeune fille qu’il pourchasse pour meurtres, qui elle-même était désirée par son frère… Ça devient cochon, là !

Mais bon, les chats ne font pas des chiens et là, seuls ceux qui ont lu l’album comprendront mon insinuation. On patauge dans le glauque. Yes !

Je ne suis toujours pas fan des dessins des visages, mais les décors sont magnifiques, grandeurs nature, plein de couleurs et comme dans le premier tome, la double page vaut le coup d’œil poussé afin de remarquer tous les petits détails.

Le scénario est grinçant, ironique, noir, violent et le croque-mort va avoir du boulot. J’espère qu’il fait des prix de groupe…

Pour les enfants, privilégiez les aventures de Lucky Luke et pour les adultes à qui on ne la fait plus, présentez-leur les deux premiers tomes du Marshal River Bass. C’est violent, en effet, mais moins que le premier tome de la série Bouncer (Jodorowsky).

Heureusement qu’il y a un peu d’humour, ce qui fait diminuer la tension artérielle après quelques scènes macabres et violentes.

Les albums du Marshal River Bass ont du punch, de bons scénarios, de la violence, des flingues, des morts violentes, des lynchages, bref, ce qui fait que l’Ouest est l’Ouest et pas un monde de Bisounours.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°64] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Marshal Bass – Tome 1 – Black & White : Darko Macan & Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 1 – Black & White

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey
Coloriste : Desko

Édition : Delcourt Néopolis (07/06/2017)

Résumé :
Arizona, 1875. Un gang d’esclaves affranchis, dirigé par un mystérieux Milord, terrorise tout un état.

River Bass, premier afro-américain de l’US Marshal Service, est le seul à pouvoir l’infiltrer. Il a accepté l’étoile pour le respect et l’égalité, mais il ne sera confronté qu’à la cruauté du monde.

Bass sera démasqué par le gang infiltré et son combat pour la justice s’arrête là. Commence alors celui pour sa vie…

Critique :
Le western est revenu à la mode, tant mieux pour ceux et celles qui adorent ça, dont moi…

Depuis sa sortie, je lorgnais sur cette nouvelle série et puis, je suis passée à autre chose parce que je ne peux pas tout acheter en neuf. Là, ayant pu les acheter en seconde main et je ne me suis pas privée.

Le pitch est pour le moins original puisqu’il met en scène un U.S Marshall Noir, à une époque où les Noirs n’avaient aucun droits et étaient toujours susceptibles de se faire pendre à toute branche d’arbre.

Sa mission, s’il l’accepte ? Infiltrer un gang de Noirs qui braquent les banques et tuent.

Quand on met en scène un tel personnage, il faut tout de même lui donner un peu d’épaisseur et faire en sorte que le lecteur en sache un peu plus sur ce nouveau personnage.

Là, on ne peut pas dire que les auteurs nous ait donné du grain à moudre et on termine l’album en sachant peu de choses sur River Bass, sinon qu’il est marié, a une sacrée marmaille et aime faire l’amour à sa femme. Ah oui, j’oubliais, il tire vite et bien aussi.

À mon humble avis (même si on ne me demande pas), cette histoire aurait mérité de s’étaler sur deux albums afin de lui donner plus de corps, plus de profondeur et ne pas se retrouver avec un récit qui se termine en bain de sang et de manière un peu trop simple, trop facile.

Il aurait été intéressant de suivre plus longtemps Bass dans sa mission d’infiltration afin de savoir si le chef de gang avaient d’autres motivations que celle de se faire plein de fric (il aurait pu vouloir déstabiliser une ville, un réseau de banques, le pays,…).

Les dessins sont spéciaux, j’ai eu un peu de mal au départ et ensuite, je m’y suis faite. Certaines couleurs sont très belles pour les yeux et la double planche du braquage est très réaliste et bourré de détails entre le gang qui s’enfui et les braves gens qui s’interposent pour les stopper.

Quant aux dialogues, ils ne sont pas dépourvus d’humour et d’un brin de cynisme.

Un western violent, sanglant, rempli de cadavres qui n’est pas pour les amateurs de western version Petite Maison Dans La Prairie. Si vous cherchez de la tendresse et des bonnes actions, va falloir changer de saloon.

J’aurais aimé plus de profondeurs, moins de manichéisme, plus de détails sur le passé de Bass mais comme j’ai apprécié ma lecture, je vais continuer la série. Qui sait, j’en saurais peut-être plus sur le Marshall dans les tomes suivants.

Une bande dessinée inspirée d’une histoire vraie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°61] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Capitaine Albator – Dimension voyage – Tome 5 : Leiji Matsumoto et Kouiti Shimaboshi

Titre : Capitaine Albator – Dimension voyage – Tome 5

Scénariste : Leiji Matsumoto
Dessinateur : Kouiti Shimaboshi

Édition : Kana Shônen (2017)
Édition Originale : Captain Harlock – Jagen Kôkai, book 5 (2016)

Résumé :
Albator arrive sur Vénus, la base de première ligne des Sylvidres, où il va devoir affronter la reine Sylvidra !

Pendant ce temps, Tadashi Daiba, qui s’est rendu sur Terre pour percer le mystère des Sylvidres, va se retrouver face à un arbre géant qui semble exister depuis la nuit des temps…

Critique :
Les Hommes viennent de Mars et les Sylvidres de Vénus…

Le face-à-face entre Jojibel, la reine des Sylvidres et Albator est repli d’action, de tension, de suspense et de mystère.

Que veut-elle dire par « les graines que nous avons semées » ? Est-ce que ça signifie ce que je crois ?

Si oui, que les amateurs de la théorie du créationnisme passent leur chemin car la théorie émise par ce cinquième tome ne va pas leur plaire.

Ce qui suit ne devrait pas plaire aux Humains non plus puisque Tadashi Daiba découvre que les Sylvidres avaient mis leurs pieds sur Terre bien avant l’Homme. Mais alors, elles ne sont pas les envahisseuses, si elles étaient là avant nous ??

Si le tome 4 avait des airs foutraque, le tome 5 est bien agencé et apporte des réponses sous forme de théories même si on a l’impression de ne pas avoir beaucoup avancé depuis le premier tome, malgré tout, ça bouge doucement.

Le graphisme est toujours excellent, l’Albator du manga étant plus stylisé que l’Albator de la série animée.

Un tome 5 bien meilleur que le précédent, moins foutraque, avec de l’action, des révélations et un cliffhanger pour nous donner encore plus envie de lire le suivant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°25].

Dickens & Dickens – Tome 1 – Destins croisés : Rodolphe et Griffo

Titre : Dickens & Dickens – Tome 1 – Destins croisés

Scénariste : Rodolphe
Dessinateur : Griffo

Édition : Vents d’Ouest (01/02/2017)

Résumé :
Londres, 1852. Charles Dickens, dont le talent d’écrivain résonne déjà dans toute l’Angleterre, a un problème.

La nuit, lorsqu’il se promène seul dans les rues en quête d’inspiration, une silhouette mystérieuse et insaisissable le suit à la trace. Alors qu’il arrive enfin à lui mettre la main dessus, il découvre que cet homme lui ressemble comme deux gouttes d’eau.

Comme une version maléfique de lui-même… Pire encore, il connait des fragments de la jeunesse de Dickens que celui-ci croyait inconnus de tous ! Qui est cet individu inquiétant et que peut-il bien lui vouloir ?

Critique :
Le oliver Twist de Charles Dickens m’était resté sur l’estomac (Titine, pas frapper), mais cette bédé consacrée à l’auteur fut une belle découverte que je dois à mes recherches pour le Mois Anglais (juin 2020).

Charles Dickens arpente les rues de Londres, la nuit, cherchant la matière à ses prochains romans.

N’escomptez pas parcourir les beaux quartiers, ne seront plus souvent mis face à la misère humaine que face à la richesse, hormis dans le domicile de l’auteur, of course.

Il y a du mystère puisque Charles Dickens est suivi par un sinistre inconnu dans ses pérégrinations nocturnes. Un inconnu qui n’hésite pas à tuer les deux espèces de détectives qu’il avait engagé pour faire la lumière sur cette filature.

Les dessins offrent des couleurs chaude d’ocres ou des tons vert kaki, gris, souvent en adéquation avec la scène qui se déroule sous nos yeux. Le coup de crayon est bien fait, les dessins sont réalistes et les décors n’ont pas été mis de côté, Londres est un personnage à part entière aussi.

Il y a comme une odeur de « la part des ténèbres » de Stephen King, dans cette bédé, sauf que ce n’est pas un tout à fait comme chez le King… Le suiveur ressemble comme deux gouttes d’eau à Charles Dickens et connait même un pan entier de sa vie alors que cette partie-là, il ne l’a jamais racontée à personne.

Mais qui est ce faux Dickens ? Un faux habillement camouflé ou lui-même qui, en tombant un jour à l’eau, s’est dédoublé, une part marchant dans la droiture et la réussite tandis que l’autre a dû marcher dans le vol, les crimes et la roublardise ?

Un habile mélange de fantastique, de bas-fonds londoniens, de Janus, le dieu aux deux visages, de dédoublement de personnalité, de doppelgänger maléfique, de vol d’identité, ce premier tome est une agréable découverte et je me suis réjouie d’avoir le second sous la main afin de connaître le fin mot de l’histoire.

Mon seul bémol sera pour la narration qui est un peu erratique au départ, comme si le scénariste avait voulu insérer un maximum de références, d’anecdotes sur Dickens, ce qui ôte du rythme au récit.

Mais c’est minime et cela permet aussi aux lecteurs/trices qui ne seraient pas familiarisé avec l’auteur à en apprendre un peu plus sur lui sans aller lire sa page Wiki.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°267 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

3 minutes pour comprendre les multiples visages de Londres : Edward Denison

Titre : 3 minutes pour comprendre les multiples visages de Londres

Auteur : Edward Denison
Édition : Le courrier du livre – 3 minutes pour comprendre (2017)

Résumé :
Vous savez certainement reconnaître Big Ben, la Tour de Londres ou le palais de Buckingham, mais qui sont les architectes responsables de ces monuments emblématiques ?

Que savez-vous de Londres à l’ère romaine ou des deux cités à l’origine de cette immense métropole aux mille facettes ? Par quelles prouesses d’ingénierie Londres est-elle devenue cette ville trépidante et moderne ? Comment les Londoniens ont-ils survécu au feu, à la peste et à la guerre ?

Cet ouvrage de vulgarisation intelligente présente un regard unique sur l’une des capitales les plus excitantes au monde, où les édifices high-tech côtoient les églises baroques, tandis que l’art, la musique et le théâtre contribuent à la diversité de la ville.

En 2 pages, 300 mots et 1 image, chaque thème nous entraîne dans une visite guidée, à travers son histoire et sa vie quotidienne.

De son parlement à ses banlieues en passant par la Tamise et son célèbre métro, vous découvrirez les aspects essentiels de cette ville que têtes couronnées, punks, réfugiés et grands penseurs ont choisi, chacun à leur manière, de prendre pour foyer.

Critique :
3 minutes c’est court ? Tout est relatif… le doigt coincé dans une portière durant 3 minutes, je peux vous dire que c’est long.

Maintenant, 3 minutes, si la douche et les préliminaires sont compris, en effet, c’est super court.

Cet ouvrage vous propose même encore de faire plus court avec le concept de 30 secondes ou de 3 secondes…

Rassurez-vous, les 3 minutes ne sont pas celles nécessaires pour lire l’entièreté de l’ouvrage mais le temps pour chaque page, si vous lisez l’exposé le plus long.

Vous pouvez aussi aller au plus court avec le résumé en 3 secondes mais ce serait passer à côté de beaucoup de choses fort instructives.

Pour chaque sujets une double page :  une explication simple, claire et concise sur la première, des schémas, gravures ou des dessins sur l’autre.

Ce beau livre parcours Londres en long et en large, commençant par la période glacière, celle des grosses bêtes à poils longs, poursuivies par des hommes de Néandertal. Pensez-y lorsque vous arpenterez Oxford Street (dans un futur plus lointain, on est bien d’accord).

L’invasion des romains ? Ce livre vous en parle aussi, mais en bref, le but étant de ne pas dépasser 3 minutes de lecture par page. Si Boadicée se trouve dans le récit, par contre, on ne parle pas de nos valeureux gaulois Astérix et Obélix…

L’Histoire et la culture seront passées en revue, le Tube aussi, les squares, les cimetières, les grandes épidémies, les écoles, les fleuves… J’en oublie.

L’avantage c’est que c’est rapide, court et bien fait. En uns page, l’auteur va à l’essentiel, sans se perdre ailleurs. C’est court, c’est clair, c’est concis et ça se lit avec plaisir, d’une seule traite ou par thèmes, c’est vous qui voyez.

Une fois de plus, j’irai me coucher moins bête.

Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Bakhita : Véronique Olmi [LC avec Bianca]

Titre : Bakhita

Auteur : Véronique Olmi
Édition : Albin Michel (2017) / Livre de Poche (2019)

Résumé :
Bakhita, née au Darfour au milieu du XIXe siècle, est enlevée par des négriers à l’âge de 7 ans. Revendue sur un marché des esclaves au Soudan, elle passera de maître en maître, et sera rachetée par le consul d’Italie.

Placée chez des religieuses, elle demande à y être baptisée puis à devenir soeur.

Critique :
Lorsque j’ai ouvert ce roman, je ne savais même pas qu’il était tiré d’une histoire vraie… Shame on me. C’est en l’ajoutant sur Babelio que je m’en suis rendue compte.

Pour moi, ça a changé toute la donne et démultiplié les émotions qui étaient déjà fortes après quelques pages.

Darfour, dans les années 1870. Une petite fille de 7 ans, qui vivait tranquille dans son village, est enlevée par des hommes d’un village voisin et livrée au négriers, aux esclavagistes musulmans (les cathos n’ont pas le monopole).

Non, sa destination ne sera pas les États-Unis mais d’autres pays africains où elle sera esclave. Mais avant d’arriver à cette horrible destination, il faudra y aller à pied et le chemin est long, difficile, ardu, violent, où l’humanité est portée disparue depuis longtemps car les captifs sont traités pire que des bêtes, comme des objets.

Le récit de celle que l’on nommera Bakhita (elle a oublié son prénom d’enfant) commence lentement mais jamais la narration, au présent, ne s’essouffle car le lecteur est happé dans cet univers sombre et violent de la traite des Africains par d’autres Africains et j’ai souvent eu la gorge serrée durant ce récit.

Aucune avanies ne lui sera épargnée, ses maîtres, ses propriétaires, traitent leurs esclaves comme des non-humains, comme des jouets offerts à leur enfants et je vous passerai certains détails.

La lumière commencera à poindre lorsqu’elle rejoindra l’Italie, même si, mettant les pieds dans un pays où l’esclavage n’a pas cours, elle reste tout de même la propriété d’un couple et un jeune castrat sera offert en cadeau à un autre. Moi, là, j’en avale ma salive de travers ! Oui, on offre des humains comme on offrirait des jeunes chiots, chatons…

La suite, vous le saurez en découvrant cette biographique romancée… Bakhita est un personnage que l’on aime très vite, aussi bien enfant qu’adulte, elle est émouvante, innocente et le fait qu’elle n’ait jamais reçu d’éducation la fait réagir un peu comme un jeune enfant, sans compter qu’elle mélange plusieurs langues lorsqu’elle s’exprime.

Des émotions, j’en ai eu mon quota en lisant ce récit et j’ai même souffert de conjonctivite car j’ai eu de l’humidité dans le fond de mes yeux, sans compter la gorge nouée à de nombreux moments.

Sans jamais sombrer dans le pathos, l’auteure nous romance la vie de Bakhita d’une manière sobre, simple, mais empreinte d’un grand respect, sans rien nous cacher, mais en gardant parfois un voile pudique sur certains événements.

Bakhita, c’est une histoire profonde, forte, remplie d’émotions. Une histoire vraie, une histoire sur l’inhumanité de l’Homme mais pas que ça : dans ces pages, dans sa vie, elle a croisé aussi de belles personnes, remplie d’humanité, de compassion, de foi, et qui ont su l’aider à surmonter les horreurs de sa vie et à lui trouver une place, même si, jusqu’au bout, elle s’est toujours sentie esclave.

D’ailleurs, en Italie, dans ce pays où l’esclavage n’existait pas, il fallait une décision de justice pour que la personne soit affranchie. Cherchez l’erreur aussi.

Un roman puissant, généreux, émouvant, et un beau portrait de cette petite fille qui a tout perdu de sa vie (innocence, enfance, famille, pays, langue, souvenirs, identité,…) mais qui a su, grâce à l’aide des autres, s’en construire une autres et être un phare dans la nuit pour d’autres personnes.

Magnifique.

Une LC en décalage avec ma copinaute Bianca qui a moins accroché au récit et qui n’a pas terminé sa lecture. Exceptionnellement, je publie avant elle et sans elle car elle va le terminer à son aise et comme le Mois Anglais arrive à grand-pas, la chronique risquait de n’être publiée qu’en juillet…