L’expédition – Tome 3 – Sous les larmes sacrées de Nyabarongo : Richard Marazano & Marcelo Frusin

Titre : L’expédition – Tome 3 – Sous les larmes sacrées de Nyabarongo

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (29/09/2017)

Résumé :
Peu après la conquête de l’Égypte, une centurie romaine découvre une embarcation à la dérive. À bord, le cadavre d’un homme noir portant des documents dans une langue inconnue, ainsi que des bijoux en métaux rares et pierres précieuses.

L’ouvrage magnifique de ces derniers évoque l’existence d’une civilisation riche et puissante.

Le centurion Caïus Bracca ne pouvant pas monter d’expédition officielle, il organise la désertion de dix hommes et les envoie, sous les ordres de Marcus Livius, à la recherche de cette civilisation inconnue de Rome.

Seuls trois d’entre eux parviendront effectivement aux portes de ce royaume fabuleux, et Marcus Livius sera le seul à en revenir pour raconter leur incroyable aventure.

Critique :
Ayant découvert la série sur le tard, j’ai pu lire les trois premiers albums sorti sans devoir attendre des années entre deux. Ici, il a fallu attendre 3 ans entre le tome 2 et le 3 et j’ai envie de dire : tout ça pour ça ?

Marcus se réveille après avoir reçu une flèche empoisonnée dans le tome 2 et là, il apprend que ça fait deux ans qu’il est dans le coma…

Heu, après 2 ans allongé sur un lit sans bouger, on ne devrait pas avoir les muscles atrophiés ou du moins, fort faibles ?

Faut croire que non car Marcus a l’air de se lever après une bonne nuit de sommeil…

Bon, notre Marcus a les muscles qui fonctionnent toujours et le cerveau aussi puisque monsieur se verrait bien calife au côté de la belle reine Noire ébène.

♫ J’me voyais déjà en haut de l’affiche, en dix fois plus gros mon nom d’étalait ♪ Si, si, je peux chanter car notre bonhomme se voit déjà en Alexandre le Grand, avec un Empire aussi grand que celui qui chevauchait Bucéphale. Tiens, tant qu’on y est, on jouerait bien à se faire plus gros que l’empire Romain.

Autant lui que ces hommes ont la folie des grandeurs (sans avoir l’humour de Don Salustre) et se voient tous écraser les autres et dominer les sauvages puisque de toute façon, l’Homme Blanc doit dominer tous les autres.

Sauf que, le peuple qu’ils ont découvert plus bas que l’Éthiopie actuelle n’a pas eu besoin d’eux pour être prospère (youpla boum).

Pour moi, rien de neuf sous le soleil, hormis un homme qui voulait être roi, des soldats qui rêvaient de grands domaines et de tout le monde se prosternant à leurs pieds.

S’ils avaient été plus malins et moins imbus de leur petite personne, ils auraient fait alliance avec le peuple de sauvages (comme ils disent, décidément, je rends hommage à Aznavour, moi), mais non, ils ne vont pas s’abaisser à ça !

Les auteurs continuent de déverser leur fiel sur le colonialisme et les empires, et pour cela, ils ont raison, mais j’aurais aimé que cet album donne moins l’impression qu’on tourne en rond.

Je verrai bien si on avance dans le tome 4 !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

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De Capes et de Crocs – Intégrale 6 – Actes XI – XII : Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou

Titre : De Capes et de Crocs – Intégrale 6 – Actes XI – XII

Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Jean-Luc Masbou

Édition : Delcourt (22/11/2017)

Résumé :
« Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? » Le fidèle lapin. Eusèbe, autrefois condamné à perpétuité, révèle enfin son passé.

En ces temps de misère et de violence, où de cruels mousquetaires terrorisent les gardes du cardinal et où saltimbanques et spadassins battent l’estrade et croisent le fer, la vie d’un homme ne vaut pas cher.

Alors celle d’un lapin…

Critique :
Mais que diable allait-il faire dans cette galère, le lapin Eusèbe ??

Vous le saurez enfin en lisant cette intégrale qui reprend les tomes 11 ( Vingt mois avant) et 12 (Si ce n’est toi…) de la saga « De cape et de crocs » !

Un des running gag de cette saga était que chaque fois que Eusèbe voulait expliquer comment il avait fini aux galères, un évènement l’empêchait de raconter ses mésaventures.

A tel point que je pensais que ce n’était qu’une plaisanterie des auteurs car imaginer qu’un aussi gentil et naïf lapin (le plus minouche de toute la bédé) ait pu commettre un crime atroce ou un vol horrible pour mériter les galères ??

— QUI A DONNÉ DE LA PAILLE À CE LAPIN ?!
— C’est moi, père
— Pourquoi m’as-tu désobéi ?!
— Parce qu’il est trop mignon !
— TROP MIGNON ?! C’est ma foi vrai…

Et bien non, ce n’était pas une fanfaronnade, Eusèbe s’est bien retrouvé dans la galère après qu’il soit monté à Paris. Cette intégrale vous racontera tout et je vous jure que vous n’êtes pas à l’abri de quelques surprises de taille. Comme quoi, la taille ne fait pas tout.

— Le chemin de Paris ? Malheureux ! N’entendez-vous point ce qu’en disent les colporteurs ? Cette ville est un repaire de brigands ! Elle n’est peuplée que de détrousseurs ! De coupe-jarrets ! De chiffonniers prêts à vous écorcher tout vif pour vendre votre peau au plus offrant ! Les denrées y sont chères et les mœurs dissolues ! Il y a trop de monde ! Trop de bruit ! Petit lapin, je vous en conjure… N’allez pas à Paris !

Suivre Eusèbe passant de personnage secondaire à principal, sans retrouver nos amis Don Lope et Armand est assez difficile car nous n’avons pas eu pour habitude de voir notre lapin naïf aux avants-postes de la narration et de l’aventure.

Les puristes pourraient trouver lourd son côté gentillet et le fait qu’il ne voie jamais la part sombre dans les autres ou qu’il leur pardonne trop facilement, en tout cas, de mon côté, ayant toujours eu un faible pour l’immaculé lapinou, j’étais à la fête.

Débarquer dans un Paris à l’époque des Mousquetaires de Dumas, arpenter les ruelles sales, me faufiler dans la Cour des Miracles, trembler pour mon blanc lapin sans raison, puisque le récit se passant « 20 moins avant » (et non « 20 ans après » comme chez Dumas), je savais que mon white rabbit allait s’en sortir.

Tout ce qui faisait le sel de la saga se retrouve de nouveau dans les pages, que ce soit les dessins superbes ainsi que les multiples références à d’autres œuvres, et là, ce sera au lecteur de retrouver leurs origines, ainsi que de débusquer les poésies, pamphlets, sonnets satiriques ou juste profiter des belles tirades littéraires.

— Vous seriez donc, Horace oryctolague, un de ces auteurs satiriques qui manient l’épistolaire comme on manie les pistolets ?
— Je n’entends point ce que vous dites, mais cela sonne comme de l’esprit.

— Qu’ils soient vêtus de pourpre ou d’azur,je ne vois ici que d’importuns manieurs d’épée, prêts à s’entre-tuer pour un de leurs points d’honneur ridicules ! Vous êtes le passé. Vous êtes le désordre. Je vous ferai connaitre la loi du nouveau temps !

Anybref, on ne s’embête pas dans cette intégrale qui clôt cette saga que j’avais découverte grâce au mensuel Lanfeust Mag, qui tirera sa révérence en février 2019 et dont je vais aussi devoir faire mon deuil.

Le seul bémol viendra qu’Eusèbe s’en sort un peu mieux dans les personnages secondaires que dans les principaux, mais ceci est un détail car j’ai vraiment pris du plaisir dans ces mésaventures.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Jusqu’à la bête : Timothée Demeillers

Titre : Jusqu’à la bête

Auteur : Timothée Demeillers
Édition : Asphalte Noir (31/08/2017)

Résumé :
Erwan est ouvrier dans un abattoir près d’Angers. Il travaille aux frigos de ressuage, dans un froid mordant, au rythme des carcasses qui s’entrechoquent sur les rails.

Une vie à la chaîne parmi tant d’autres, vouées à alimenter la grande distribution en barquettes et brochettes. Répétition des tâches, des gestes et des discussions, cadence qui ne cesse d’accélérer…

Pour échapper à son quotidien, Erwan songe à sa jeunesse, passée dans un lotissement en périphérie de la ville, à son histoire d’amour avec Laëtitia, saisonnière à l’abattoir, mais aussi à ses angoisses, ravivées par ses souvenirs. Et qui le conduiront à commettre l’irréparable.

Jusqu’à la bête est le récit d’un basculement, mais également un roman engagé faisant résonner des voix qu’on entend peu en littérature.

Critique :
De tous les personnages que j’ai croisé dans mes lectures, j’ai rarement eu droit à un qui bosse dans un abattoir aux environs d’Angers. On peut même dire que c’est assez rare dans la littérature.

Erwan bosse à la chaîne, baigne dans le sang des bovins qui arrivent dans son frigo et son boulot est répétitif, sans embellie aucune pour cet jeune homme qui a quitté l’école trop tôt que pour lui donner accès à d’autres professions plus lucratives et moins abrutissantes.

Bosser dans un abattoir, au milieu de toutes ces carcasses de viande, de leurs tripailles, de leur sang, fait que lorsque vous rentrez chez vous, malgré la douche, malgré le savon, vous ne sentez pas la rose printanière. Cette odeur est engoncée dans vos narines et elle vous poursuit partout.

Erwan va nous conter sa vie, une partie de son enfance, son boulot abrutissant, ses chefs narquois, sa recherche de l’amour et sa déchéance car dès le départ, nous savons qu’il est en prison, mais sans savoir le délit ou le crime qu’il a commis.

Non, ce roman noir n’est pas un manifeste vegan ou végétarien, loin de là, ce serait réducteur de l’accuser de cela. Il est un fait que durant sa lecture, on grincera des dents en découvrant le travail dans les abattoirs et on ne regardera plus la barquette de viande dans un hypermarché de la même manière et sans avoir une pensée pour tous les Erwan qui ont trimé pour que nous l’ayons au rayon froid.

Lors de ma lecture,j’ai repensé à une de mes connaissances qui est devenue végétarienne et qui avait un jour, fait une charge assez virulente sur les employés d’un abattoir, les accusant d’être des assassins.

Lorsque je lui avais souligné que s’ils faisaient ce métier, c’était plus de manière alimentaire, parce qu’ils n’avaient sans doute pas le choix d’un autre métier et que les cadences devaient être infernales, elle n’avait rien voulu entendre. Trop jeune elle était, avec une vision du Monde en noir et blanc, sans nuances aucune.

Si ce roman ne fera pas de moi une végétarienne, il pousse tout de même à la réflexion de savoir qui est responsable de toute cette merde dans les abattoirs.

Est-ce de la faute des ouvriers qui sont sans cœur, ou est-ce la faute des directions qui veulent toujours pousser plus fort la chaine pour arriver à des rendements de malade, quitte a pousser ses travailleurs jusqu’à ce qu’ils tombent ?

Ou tout simplement est-ce la faute à la société de con-sommation qui consomme toujours plus, qui consomme mal, qui ne vit que par la consommation de masse, voulant toujours plus alors qu’elle n’en a pas un besoin vital ?

Un peu de tout ça, bien que je classe les ouvriers des abattoirs en fin de liste car j’ai l’impression qu’ils ne sont que les symptômes résultant de notre société malade et de cette course au profit puisque la réserve de bras est inépuisable. L’un tombe ? Il y en a d’autres qui attendent sa place.

Ce roman noir est sanglant, non pas à cause d’un crime, mais à cause de cette société qui consomme trop et qui se fiche de savoir si d’autres trinquent derrière pour arriver à produire cette masse ou si les éleveurs vendent à un bon prix leurs bêtes vivantes (et là, je vous assure que non, ils ne gagnent pas assez, les intermédiaires s’en foutent plein les poches, mais pas les agriculteurs).

Un roman social dérangeant, qui gratte là où ça fait mal, qui pique, nous offrant un personnage principal dont le portrait tourmenté est plus que réussi, qui suscite l’empathie et on le plaint car sa déscolarisation a fait qu’il n’a pas eu de nombreuses possibilités d’embauches, la crise n’ayant pas arrangé le reste non plus.

Un roman social noir troublant… Horrible… Beau et puissant. Une écriture qui n’a pas puisée son encre dans les bas morceaux de la bête, mais dans son arrière-train, là où se trouvent les plus nobles quartiers de barbaque.

Un roman social qui laisse un goût amer en bouche, un goût de sang.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Game of Thrones décrypté : Antoine Lucciardi

Titre : Game of Thrones décrypté

Auteur : Antoine Lucciardi
Édition : City (12/04/2017)

Résumé :
Comment sont nées les Sept Couronnes ? Pourquoi Sansa est-elle « la clé du Nord » ?

Comment la guerre des Deux Roses et la France médiévale ont-elles inspiré Game of Thrones ? Pourquoi faut-il redouter l’Hiver qui arrive ?

Saviez-vous que Shakespeare et L’Odyssée d’Homère sont deux grandes références pour George R.R. Martin ? Et quelles sont les différences entre la série et les livres ?

Autant de questions et bien d’autres encore auxquelles ce guide de Game of Thrones répond en détail. Il révèle aussi le sens caché de certaines thématiques présentes dans la saga.

Sans oublier de retracer la genèse de cette œuvre fascinante, avec un guide détaillé des personnages, des lieux et des événements.

Un livre indispensable pour tout savoir sur le phénomène Game of Thrones et son créateur.

Critique :
Après la lecture assez costaude de « La Note Américaine », il me fallait un roman plus doux, plus calme et quoi de mieux, pour terminer l’année 2018 en beauté que de lire le guide de cette série que j’adore : Game Of Thrones.

D’accord, niveau douceur et bienveillance, on repassera puisque nous avons, en gros : des meurtres, une tentative d’infanticide, de l’inceste, de la pédophilie, des viols, des démembrements, des magouilles pour être le seul sur le trône de fer, des guerres, des parricides, des fratricides, une émasculation et j’en passe.

Hé oui, n’allez pas croire que tout est rose Bisounours dans ce guide puisqu’il commence par nous rappeler tous les personnages importants et secondaires dans cette saga géantissime.

Gaffe donc, si vous n’avez pas encore tout vu, vous pourriez vous faire divulgâcher des passages importants ! Ici, l’auteur vous parlera des 6 premières saisons mais pas au-delà. Je vais donc devoir annoter les biographies de certains pour les mettre à jour puisque j’ai vu la saison 7.

Ce guide présente donc, en première partie, les différents personnages, avant de passer à une partie de l’Histoire qui inspira l’auteur pour créer sa saga. Là, j’ai un peu décroché, surtout dans les guerres de trônes anglaises qui sont bien plus complexes encore que la série ou les romans.

Ses inspirations viennent de ce qui a existé en IRL (l’Histoire avec un grand H) et ce qu’il a ingurgité dans la littérature (Schakespeare, Druond, Homère…), le régurgitant ensuite à sa sauce dans ses romans, pour notre plus grand plaisir.

Puis, les créateurs de la saga arrivèrent, nous procurant encore plus de plaisir !

Plus basé sur la série que sur les livres, ce guide est avant tout pour les afficionados de la saga télé. Si vous voulez en savoir plus sur les romans, faudra vous trouver un autre bouquin explicatif.

Pour moi, ce fut l’occasion de remettre à jour mon trombinoscope, de me rappeler certaines choses, d’en comprendre d’autre et d’apprendre les différences entre la série et les romans originaux (je n’ai lu que la première intégrale).

Véritable petite enquête, ce guide se dévore facilement et assez vite (mon Bilan Livresque Annuel étant terminé, je ne l’ai pas inclus dedans et il comptera pour 2019) car on veut toujours en savoir plus et connaître les derniers mystères que l’on n’aurait pas encore compris.

Même les anecdotes, les polémiques, les coulisses de la série, les anecdotes, qui a dû devenir gauchère, qui ne poursuivra pas sa carrière dans le cinéma, qui a refusé un rôle, qui est végétarien dans la vie et carnivore dans le rôle qu’il interprète, ce qui fait qu’on a dpu réaliser d’adresse pour faire croire qu’il mangeait de la viande, qui était enceinte dans la saison 1 et dont les caméramans ne devaient pas filmer en pied…

Mes bémols iront au fait que les images des personnages étaient en noir et blanc, un peu de couleur aurait fait moins cheap et j’aurais apprécié que l’auteur insère des images pour tous les personnages car si on se souvient bien des plus importants, on a tendance à oublier la trogne des anciens.

Autre bémol, pas de carte du monde de GOT et là, je remercie Google de m’en avoir proposées.

Anybref, j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce guide de 408 pages (l’édition de 2017 est plus complète que celle de 2015 qui n’en comporte que 287 – soyez attentif lors de votre achat) et puisque cette lectrue m’a donné envie de revoir la saga télévisée, j’ai donc remis le DVD dans la platine afin de revoir la saison 1 et les autres viendront ensuite.

Verdict de la saison télé ? Zéro surprises, bien entendu, puisque je l’ai déjà vue, mais je fais maintenant plus attention à des petits détails qui m’avaient échappés lors du premier visionnage et puisque je connais le destin de certains, je ne suis bien plus attentive à leur parcours et à ce qui se dit.

Un guide très bien fait, qui explore assez bien des domaines différents, qui explique les différentes inspirations de l’auteur et qui est, vous l’aurez compris, réservé aux fans…

Une enquête minutieuse, qui ne se prend pas pour ce qu’elle n’est pas car évidemment, elle n’est pas complète. Le site wiki ou La Garde de Nuit vous apprendra tout ce que vous voulez savoir sur les romans !

Allez, rien que pour vous : les 20 différences les plus importantes entre la série et les livres GOT.

Elfes – Tome 20 – Noirs d’écailles : Marc Hadrien & Dimat

Titre : Elfes – Tome 20 – Noirs d’écailles

Scénariste : Marc Hadrien (pseudo de Christophe Arleston)
Dessinateur : Dimat (Daniela di Matteo)

Édition : Soleil Productions – Heroic fantasy (29/11/2017)

Résumé :
Toujours en fuite, Gaw’yn et Dyfeline se sont réfugiés à Akrähyng, la cité où l’on élève les dragons. Loin de mener une existence apaisée, tous deux sont en proie avec leurs démons…

Gaw’yn doit absolument se procurer de la fleur de Thnen, seul remède à ses pulsions sanguinaires d’Ar’thnen et Dyfeline, rongée par le remords d’avoir tué alors qu’elle était goule, ne peut se résoudre à se pardonner.

Loin de la citadelle des elfes Noirs, ils pensent avoir réchappé à leurs assassins et sont embauchés comme valets de cages, aux élevages de dragons.

Déterminé à gagner sa vie honnêtement, le couple ne se doute pas que depuis Slurce des messages sont envoyés aux elfes Noirs des quatre coins des Terres d’Arran pour retrouver leur trace.

Critique :
Non je ne viens pas de lire cette bédé avec un an de retard puisque je l’avais lue en avant-première dans le « Lanfeust Magazine ».

En créant cette fiche critique et en faisant une recherche sur le scénariste (dont j’avais déjà vu le nom sur d’autres bédés), j’ai appris qu’en fait, Marc Hadrien n’était autre que Christophe Arleston, le scénariste prolifique des éditions Soleil.

Ce tome 20 met en scène un des Elfes  que je préfère, Gaw’yn, appartenant au peuple des Elfes Noirs, les maîtres assassins vivant dans la citadelle de Slurce.

Gaw’yn possède une sacrée paire de couilles puisqu’après avoir été envoyé en mission « élimination » par ses maîtres, monsieur est tombé amoureux d’une humaine et est fichu le camp avec, entraînant à ses guêtres toute une flopée de tueurs de son ordre.

La Phalange Obscure n’a guère besoin d’ordres. Chacun sait ce qu’il a à faire. Et aucun témoin n’a jamais survécu pour dire que les Elfes Noirs sont des assassins.

Alors que le tome 15 mettait en scène les goules zombies très amitieuses, très collantes, très puantes et très envahissantes, celui-ci revient sur la fuite des amoureux et les moyens qu’ils devront mettre en oeuvre pour gagner de l’argent puisque madame ne veut plus que son Noir Elfe tue, vole, pille et autres joyeusetés de son ordre.

Heureusement, Gaw’yn reste un Elfe Noir et même contraint de nettoyer les merdes des dragons, il est toujours à la recherche des petits secrets des autres afin de pouvoir s’en sortir et fuir de cet endroit. Il est malin, notre Gaw’yn et il a été bien formé.

— Ne t’inquiète pas, l’or, ça se trouve…
— Non Gaw’yn. Ça ne se trouve pas, ça se gagne.

Quand on ne veut pas de témoin, c’est qu’il y a des informations qu’on ne souhaite pas partager. Et un elfe formé à Slurce sait que l’information, c’est primordial.

On a une fois de plus de l’action, des personnages récurrents, une histoire avec un fond (et pas que des cascades ou des combats), ainsi que des rappels flagrants à notre société capitaliste et à la lutte des classes. On est dans la fantasy, certes, mais ces sujets sont universels et commun à tous les mondes.

Les personnages qui gravitent dans ces pages aux dessins magnifiques sont bien esquissés. Le dessinateur des tomes 5 et 10, Ma Yi avait cédé sa place à Popescu pour le tome 15 et là, je trouve que ceux de Daniela di Matteo (Dimat) n’ont rien à envier à ceux de ses prédécesseurs, même si j’avais un faible pour l’univers dessiné par Ma Yi qui était plus sombre.

Ma seule peur était que le personnage de Dyfeline ne nous la joue un peu trop « femme amoureuse » et que notre bel Elfe Noir ne finisse guimauve à force de tant d’amûr. C’est une tueur, nom de dieu ! Ouf, mes craintes étaient infondées, mon Gaw’yn est toujours impitoyable.

Pourtant, j’aurai un bémol… Alors que dans le tome 15, qui mettait en scène Gaw’yn et sa douce, nous avions terminé sur un happy end inattendu et quasi inespéré, vu la tournure qu’avaient pris les événements, maintenant, alors que le pire danger est passé, bardaf, l’embardée et un final zéro happy end.

En attendant, notre Black Elfe est en train de succomber au côté Obscur de la Force et je sens que dans le tome 25, ça va chier des barres et niquer fort sa race quand Gaw’yn va débarquer à Slurce…

Encore un chouette tome, même si en deçà du 5 qui était une véritable claque dans cet univers des Noirs.

Allez, vivement la suite !

Une promesse faite au nom de Slurce est la seule qu’un Elfe Noir tient toujours.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Mais qui êtes-vous M. DB Cooper ? Le premier hold-up aérien de l’histoire : Jon Marcello

Titre : DMais qui êtes-vous Mr D.B Cooper ? Le premier hold-up aérien de l’histoire

Auteur : Jon Marcello
Édition : Independently published (2018)

Résumé :
D. B. Cooper, en 1971, réussit le premier braquage aérien de l’histoire des Etats-Unis et probablement du monde. De plus, Cooper a réussi le crime parfait, car derrière ce pseudo, le vrai coupable et la cagnotte courent toujours.

Jon Marcello, sur la base des renseignements à disposition sur D. B. Cooper a écrit un roman mettant en scène les motivations, la préparation et la réalisation d’un des casses les plus fameux de l’histoire de la criminalité.

Fait exceptionnel, le FBI, devant l’impossibilité de boucler l’enquête a fini par s’associer, pour les aider, avec des civils passionnés par cette affaire.

D. B. Cooper est aux USA une figure de légende, des passionnés fêtent le Cooper’s day.

Un crime parfait, un mode opératoire inédit, le magot toujours dans la nature, une trame passionnante pour un roman.

Critique :
Loin du battage médiatique de la rentrée littéraire de septembre 2018, je vais vous parler d’un roman tout récemment publié, qui sortira – hélas – sans tambours ni trompettes car noyé dans la masse des têtes de gondole à Venise…

Pourtant, il mériterait aussi de recevoir les acclamations de la foule en délire car, pour un premier roman, le style est affûté, drôle et bien plaisant à lire.

De plus, ce roman qui se présente en deux parties est court et se lit sur une après-midi pluvieuse, d’une seule traite, avec un petit sourire aux lèvres et le coeur tambourinant.

La plume de Jon Marcello, je la connais bien, je pourrais même dire que je l’ai souvent lue et qu’elle a toujours réussi à me chatouiller (en tout bien tout honneur, bien entendu), à me faire rire ou à m’émouvoir. Jean-Louis, si tu nous lis… (private joke)

De plus, il m’a fait l’insigne honneur de me nommer « préfaceuse » de son roman ! Non, le mot n’existe pas encore, mais Robert Larousse m’a promis de l’ajouter en fin d’année.

Exercice toujours périlleux que de critiquer le roman d’un gars que l’on « connaît », que l’on préface, avec qui on a fait une grande croisière sur le Pacific Princess et qui, en se tortillant, vous fait fait sa demande de préface pour son nouveau bouquin sur Dan Cooper (réécriture de la première partie et ajout de la seconde).

Avant ce roman, pour moi, Dan Cooper, c’était un pilote canadien, un héros de bande dessinée sous le scénario et la plume de Albert Weinberg. Point barre.

Un homme, en 1971, pris le pseudo de Dan Cooper pour braquer un Boeing 727, à cette époque bénie où l’on montait dans des avions comme on prend un ascenseur : pas de fouille des bagages, pas de papiers d’identité, bourbon servi dans l’avion… Le bonheur, quoi.

L’auteur s’est donc piqué au jeu de donner une identité et un passé à ce cambrioleur magnifique, cet Arsène Lupin qui déroba 200.000$ et qui court toujours puisque personne ne sut jamais qui il était.

Dans quelle société vivons-nous ? pensa Silver. Une civilisation qui ne soigne que les riches, les pauvres ont seulement le droit de souffrir et de mourir en silence. La sélection naturelle est toujours en marche.

Sans exagérer, sans en faire des tonnes, l’auteur nous plante le décor de sa vie, avec humour, avec toute sa verve (oups) et ses érections matinales (celle de Silver/Cooper, par celles de l’auteur – enfin, j’espère).

[…] une forte érection gênait ses mouvements. Jamais de caleçon pour dormir et contenir ce qu’il appelait la fierté de sa journée. Dormir nu était une habitude qu’il avait conservée. Il appréciait, au petit matin, sentir sa puissance de mâle s’épanouir.

C’est frais, envolé, ça se lit tout seul et on se prend au jeu de Silver/Cooper qui monte son plan de manière minutieuse, sérieuse, sans rien laisser au hasard, mentant aussi sa femme afin qu’elle ne se rende compte de rien.

Un parachutiste expérimenté peut sauter à 150 nœuds (env. 275 km/h). (Je ne sais pas vous, mais les renvois en bas de page, ou pire en fin de livre, m’ont toujours ennuyé. Alors, pour une fois je peux les voir où je veux… bise) Retour à l’action…

Voilà donc un court roman qui non seulement a fait que je me suis couchée moins bête au soir mais qui, en plus, m’a diverti à tel point que je ne l’ai pas lâché, même pour aller me faire un café (dans sa première partie) ! Après, il me fallait du café pour calmer mon rythme de lecture effréné.

Pourtant, le suspense était illusoire puisque la préface de l’auteur nous expliquait en peu de mot que le casse avait été réussi. Malgré tout, j’ai dévoré cette première partie comme une affamée.

L’écriture est agréable et le roman possède des personnages intéressants, dont un  principal, Silver/Dan Cooper qui est réaliste, attachant, intelligent et qui avait pensé à tout sauf à l’après hold-up : comment dépenser l’argent du butin quand les billets ont été marqués ?

Là, il lui faudra descendre dans les bas-fonds new-yorkais et la seconde partie du roman fera la part belle à l’après-casse et à cette recherche de comment blanchir cet argent sale.

À l’instar d’Heisenberg dans « Breaking bad », il est plus facile de fabriquer de la meth ou de réclamer une rançon de 200.000$ que de blanchir son argent.

Là aussi, niveau suspense, j’ai été servie et mon petit coeur a battu tant l’auteur a bien réussi à gérer et à distiller avec harmonie cette angoisse du lecteur qui voit Silver/Cooper tenter le tout pour le tout afin de blanchir l’argent de son vol audacieux.

Certes, ce roman ne sera pas le prochain Goncourt, ni le roman de l’année, mais pour un premier roman dont l’auteur a été poussé par ses petits camarades de galère à prendre la plume, je trouve que ce n’est déjà pas si mal !

On a édité des daubes, on en a vendu des tonnes (hélas) alors que son roman, qui est plus que correct, mériterait plus de lumière car il en vaut la peine. Un essai réussi pour lui.

Disponible sur Amazon ou au bar à mojitos du coin.

PS : L’auteur m’a promis, en tant que préfaceuse de cette œuvre, que je recevrais 200.000$ à chaque commande de son roman. Donc, lâchez-vous !

3,80/5 Sherlock

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

La servante écarlate : Margaret Atwood

Titre : La servante écarlate

Auteur : Margaret Atwood
Édition : Robert Laffont Pavillons poche (2017-2015) / J’ai Lu (2005)
Édition Originale : The Handmaid’s Tale (1985)
Traducteur : Sylviane Rué

Résumé :
Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l’Ordre a été restauré. L’État, avec le soutien de sa milice d’Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d’un Évangile revisité.

Dans cette société régie par l’oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues.

L’une d’elle raconte son quotidien de douleur, d’angoisse et de soumission.

Son seul refuge, ce sont les souvenirs d’une vie révolue, d’un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom.

Une œuvre d’une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

Critique :
♫ Imagine all the people, ♪ Living life in peace… ♪ (John Lennon – Imagine)

Et c’est là que l’aiguille a rayé définitivement le disque car dans cette dystopie, le Imagine de Lennon serait plus qu’un rêve, ce serait un péché.

Imaginez un monde où certaines femmes n’auraient pour unique fonction que celle de reproductrice (les servantes écarlates), un peu comme dans un élevage de chevaux où on mettrai les meilleures juments à la disposition d’étalons…

Mais ici, c’est nous, les femmes, qui occupons cette fonction dévolue en temps normal à des animaux d’élevage.

Attention, il est interdit de séduire l’homme ou de copuler en dehors des moments d’ovulation. L’épouse de votre commandant vous tiendra fermement pendant que monsieur vous la mettra dedans afin de vous ensemencer. Le tout sans sentiments, sans jouissance aucune, sans bruit, sans se toucher… Pire que des bêtes !

Vos droits ? Vous n’en avez pas, vous n’en avez plus. Vous n’avez plus d’argent, plus de comptes en banque, l’interdiction d’exercer un métier, sauf si vous êtres une Martha, qui sont les bonnes à tout faire ou une Tante, qui sont les espèces de formatrices au centre et qui feront de vous de parfaite petites femmes formatées jusqu’au bout des ongles…

Prête à assurer les fonctions de reproductrices puisque les autres ne savent plus…

Dans l’hypothèse où vous seriez un rebut de femme, on vous enverra aux Colonies où vous crèverez à petit feu à force de barboter dans des déchets toxiques. Là bas, il y aura aussi les invertits, les traitres, les pervertis, les contestataires… tout ce qui n’est pas net pour la nouvelle société, ce qui ne rentre pas dans le moule.

La Religion est omniprésente, mais on a vachement interprété les Évangiles pour les faire coller à la dictature que l’on a instaurée. Ne faites pas un pas sur le côté où il vous en cuira. La corde vous attend… Haut et court vous serez pendu(e).

Fermez votre gueule, avancez les yeux baissé dans ce monde formaté à l’extrême et tâchez de produire des beaux bébés bien formés parce que, à cause de la pollution et de l’utilisation massive de produits chimiques (Bayer-Monsanto, si vous me lisez…), la fertilité est plus basse encore que celle qui régnerait dans un couvent de sœurs stériles déflorées par des moines grabataires castrés.

Le bandeau-titre annonce que ce livre a fait trembler l’Amérique de Trump, pourtant, Trumpette fait plus peur que ce roman, à mon avis.

Attention, je ne suis  pas en train de dire qu’on ne frissonne pas en lisant l’histoire que nous raconte Defred, servante écarlate de son état (jument reproductrice), nous détaillant son quotidien et ce qui s’est passé avant, quand tout a changé et que personne n’a bougé.

Oui, le récit fait froid dans le dos parce qu’il n’est pas aussi SF qu’on voudrait le croire, il a même des relents contemporains quand on voit comment certains montent au créneau pour nous faire perdre nos maigres droits, à nous les femmes, au nom d’une religion qu’ils ne comprennent pas toujours ou qu’ils adaptent selon leur humeur ou selon leurs désidératas.

Le récit alterne les moments présents et les moments dans le passé, quand le changement à eu lieu et quand les gens étaient satisfaits de certaines décisions car elles leur agréaient et ne les concernaient pas directement.

Après vint le désenchantement pour certains et certaines tandis que d’autres proliféraient sur le terreau de la privation de libertés et se rengorgeaient d’avoir des postes importants.

Un roman qui décrit un monde qui fait froid dans le dos, où l’amour est banni, la bagatelle aussi, la jouissance de même, le café ainsi que l’alcool, les revues porno, le maquillage, les beaux habits, les enseignes lumineuses, le droit à la parole, à la liberté… et où l’on vit dans un univers aseptisé qui ne me donne qu’une seule envie : aller me pendre.

Un roman où il est difficile d’entrer en empathie avec les différents personnages et où la lecture se déroule avec des angoisses. J’ai essayé de prendre de la hauteur afin de ne pas trop flipper et le fait de ne m’être attachée à aucun personnage, hormis un peu Defred, a fait en sorte que je n’en suis pas ressortie trop traumatisée.

Une dystopie que je conseille, même si elle m’a fait moins mal aux tripes que « Fahrenheit 451″ dans lequel j’étais entrée violemment.

Lisez et surveillez bien qu’un jour, on ne recommence pas à brûler des livres ou à éliminer la culture… Et ce jour là, ne regardons pas à côté.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°1 – Une Étude en Rouge – lire un livre dont la couverture est à dominante rouge).

 

Ekhö Monde miroir – Tome 6 – Deep South : Christophe Arleston & Alessandro Barbucci

Titre : Ekhö Monde miroir – Tome 6 – Deep South

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Alessandro Barbucci

Édition : Soleil (12/04/2017)

Résumé :
À New York, la bomba latina Soledad vient de sortir un disque pour gramophone qui lui vaut les foudres d’un groupuscule presbytérien mené par le très médiatique révérend Fox.

On ne pardonne pas à la chanteuse de militer pour le choix en matière d’avortement.

Agressée lors d’un show-case, elle se réfugie chez son agent, Fourmille Gratule.

Fourmille va accompagner Soledad et son groupe dans une tournée mouvementée qui les emmènera vers le sud jusqu’à la Nouvelle-Orléans.

Critique :
♫ En mi soledad ♪ Laisser glisser… ♪ En mi soledad ♪

Non, ici il n’est pas question d’Opispo mais de la chanteuse Soledad (comme le titre d’Opispo) qui a des soucis avec la ligue de La Foi, un espèce de groupuscule qui prône des tas de choses en contradictions avec les paroles de la chanteuse et de son mode de vie.

Ceux de La Foi veulent laver plus blanc que blanc et être plus catholique que le pape, si tant est qu’il y ait un pape sur le monde miroir d’Ekhö…

Ce tome revient sur la fusion thaumique entre Yuri et Fourmille et notre Preshaun Sigisbert de Motafiume voudrait avoir plus de détail sur cette fameuse nuit, ce que Yuri ne veut pas lui révéler, bien entendu.

On sent bien dans ce tome que Yuri voudrait avouer ses sentiments à Fourmille, mais celle-ci n’en a cure, ne voit rien venir ou préférerait l’utiliser comme un sex-toys grandeur nature ce qui fait que notre roux préféré va aller voir ailleurs sur l’herbe est plus verte, emportant avec lui ses petits oiseaux bleus gazouilleurs.

N’oubliez pas que sur le monde miroir d’Ekhö, l’électricité n’existe pas et que ce monde, miroir du nôtre, utilise les animaux (dragons et autres bêtes fantastiques) pour se déplacer ou communiquer.

Comme tout le stock d’album de Soledad a été vandalisé, Fourmille a l’idée géniale de partir en tournée avec elle et d’enregistrer on live ! Et on descend dans l’Amérique profonde, celle du Sud et des rednecks.

Les dessins sont magnifiques, les couleurs chaudes et profondes, mais je trouve qu’Arleston donne le sentiment de survoler un peu différent sujet sans vraiment l’approfondir.

Que ce soit avec les espèces d’illuminés de la foi, les groupuscules religieux, les gens qui voudraient nous faire revenir en arrière, le viol, tout est survolé en peu de temps et on passe vite à autre chose, comme si nous étions encore à l’époque de la censure et qu’il ne fallait pas trop s’attarder sur certains sujets sensibles.

Certes, nous sommes dans de la bédé humoristique, mais malgré tout, il n’y a pas de mal à shooter là où ça fait mal puisque l’on aborde certains travers de nos sociétés.

Une fois de plus, Fourmille va prendre l’âme d’un mort et devenir lui, parlant comme lui, ce qui était assez chiant à cause de tous les « fuck’n » utilisés.

Un tome aux paysages somptueux, avec des Preshaun bien présent mais un tome en deçà de ce que j’ai connu. De plus, fallait pas être grand clerc pour deviner le truc avec le révérend Fox, ça m’a sauté aux yeux tellement le truc est éculé de chez éculé.

Malgré tout, on passe un bon moment de lecture, mais je trouve que l’on joue moins avec les sauts de personnalité de Fourmille, que son enquête sur le révérend Fox est  trop rapide et que le secret de Soledad, on s’en doutait un peu.

Notre Yuri est peu présent puisqu’il s’est éloigné de Fourmille et tente, tout seul de son côté, de monter un truc avec des petits oiseaux bleus permettant de transmettre des messages : Touïte.

Un album en demi-teinte par rapport aux précédents qui avaient placé la barre très haute.

Cela ne n’empêchera pas de découvrir avec plaisir la suite des aventures thaumique de Fourmille et Yuri et de voir si Sigisbert va trouver matière à son étude…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

 

Femme de feu : Luke Short

Titre : Femme de feu

Auteur : Luke Short
Édition : Actes Sud L’Ouest, le vrai (01/11/2017)
Édition Originale : Ramrod (1943)
Traducteur : Arthur Lochmann

Résumé :
Mettant face à face deux clans qui se disputent des pâturages, Femme de feu semble de prime abord un western des plus classiques.

Mais l’héroïne est d’une modernité inattendue : au sein d’une société patriarcale, elle s’efforce d’obtenir son indépendance matérielle et amoureuse.

De fait, Connie est une femme fatale, manipulatrice et passionnée.

Elle cherche par tous les moyens à se libérer des intentions de son père mais chacun de ses actes révèle également son côté tragique, désespéré.

Critique :
Mettez de côté l’image « romans de gare » ou « pulp » que vous avez des westerns car la collection de Bertrand Tavernier ne vous propose que du bon, du lourd, du profond, à la limite d’un roman noir hard-boiled.

D’ailleurs, il y a des airs d’hard-boiled dans le fait que le lecteur soit plongé directement dans l’action, sans savoir ce qu’il s’est passé avant.

Luke Short porte bien son nom car en peu de mot, en très court, il vous présente le panel de personnages qui vont vous accompagner au fil de cette lecture des plus passionnantes.

Oubliez aussi les personnages féminins aussi limpides qu’un café raté et insipides que de l’eau de vaisselle après un banquet.

L’auteur nous présente des femmes fortes, des héroïnes qui en ont dans la culotte, qui savent ce qu’elles veulent et qui, de par leurs actions, sauveront des vies ou en propulseront d’autres dans la merde. Même l’épouse du médecin en a une solide praire dans la robe !

Les autres personnages ne se dévoileront qu’au fur et à mesure de l’histoire et au début, c’est peine perdue que de se dire qui seront les Gentils et les Méchants car tout le monde peut basculer des deux côtés, devenir meilleur, devenir de vrais salauds, se racheter, s’enfoncer, utiliser les méthodes perfides des autres… et je suis allée de surprise en surprise, changeant mon fusil d’épaule quelques fois.

— Eh bien qu’il s’en veuille ! dit froidement Connie. Pourquoi devrait-on pardonner quelqu’un sous prétexte qu’il regrette ses actes ? Je n’ai jamais compris cela et je n’y crois pas. Il faut payer pour ce que l’on a fait. S’il n’y a pas de punition, alors il n’y a rien de grave à faire quelque chose de mal, non ?
— Il arrive que l’on se punisse soi-même. C’est même dans ces cas-là que la punition est la plus dure.
— C’est possible, dit Connie sans y croire, entêtée.

Pas de manichéisme, pas de tout Blanc ou de tout Noir, nous sommes loin du western traditionnel avec la belle héroïne que le Gentil cow-boy solitaire loin de chez lui va vouloir sauver des vilaines griffes des très Méchants vilains pas beaux.

Et c’est pareil du côté masculin avec des personnages qui vont évoluer selon les événements, faire des conneries, mal juger les autres, se racheter, ou rester sur leur ligne de conduite, tel le shérif, le seul qui restera égal à lui même.

Au départ, une querelle entre une fille et un père, entre cette fille et l’homme que l’on voulait qu’elle épousât et un très gros problème d’ego de tous les côtés. C’est cet ego,  ces ambitions, cette volonté d’écraser l’autre qui fera que tout partira en couille et en sang versé.

— Très bien. Pendant un moment, je vous ai plainte, Connie. Vous vous êtes battue pour vous imposer face à Ben et Frank, et personne ne pouvait vous reprocher de vous défendre. Mais vos revendications ont coûté la vie de trop nombreux hommes, et en coûteront encore d’autres. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?
— Vous ne trouvez pas ?

— Eh bien je vais vous dire comment il ne faut pas faire, Connie : on ne les laisse pas se détruire pour servir ses propres ambitions et sa cupidité.

Tout cela empesait son âme, et il pensa alors à Connie avec un profond dégoût. Au fond, elle était de la même espèce qu’Ivey. Elle était de ceux qui cherchent le pouvoir, en abusent quand ils l’ont, et qui meurent riches et avec les honneurs. L’espèce d’ironie qu’il y avait dans tout cela parlait à une certaine partie de Bill, mais dans le même temps elle suscitait en lui une répugnance et un profond dégoût pour lui-même. Pourquoi n’avait-il pas d’emblée annoncé la couleur en expliquant à Dave que Connie était une fripouille prête à profiter de lui et de tout ce qui pouvait tomber entre ses petites mains cupides ? Elle ne valait pas un cheveu de Dave, et n’en aurait d’ailleurs pas un seul.

Le  jeu en valait-il la chandelle ? À mon sens, non, mais sans cela, nous aurions eu droit à une histoire insipide ou lieu d’un café noir très serré additionné de poudre de revolver et de whisky bien tassé. Cocktail explosif et bien dosé, c’est du brutal et on ne sentait pas la pomme, ni la betterave.

Si vous aviez besoin d’une illustration de libéralisme forcené, ne vous gênez pas, prenez le roman en exemple car c’est tout à fait ça dans le fait que Frank Ivey, patron du ranch Bell, veuille à tout prix acquérir toutes les terres aux alentours, quitte pour cela à donner des coups de poignard dans le dos des autres.

Coups sous la ceinture que les autres ne se priveront de donner, eux aussi, car dans ce roman, tout le monde peut virer du côté obscur de la Force et devenir aussi noir que Ivey, le grand salaud du coin car on a soit même engagé des durs à cuire ivres de vengeance et qu’il va falloir canaliser ces chiens fous.

Lorsqu’on engage une équipe de durs à cuire parce qu’il faut se battre contre des durs à cuire, on ne peut gagner que si l’on parvient à canaliser toute cette violence avec une volonté de fer.

Et puis, si on applique le « C’est pas moi qui a commencé, m’dame, c’est Frank ! », on peut se dire que les premières répliques (tirer profit du Homestead Act) n’étaient que rendre la monnaie de sa pièce à un type qui s’était cru plus malin que vous.

C’était une absurdité depuis le début, frappée de malédiction et destinée au désastre. Il avait commis l’erreur de penser qu’il devait adopter les règles des crapules pour vaincre les crapules, de croire avec une fierté obstinée qu’il pouvait contrôler ses hommes.

Un grand western noir qui n’emprunte pas vraiment ses codes car l’auteur était déjà au-delà du western traditionnel, empruntant plus les codes des romans noirs afin de nous proposer un western pur et dur, profond, réaliste, humain, violent.

Une montée en puissance de deux ego démesurés qui sont prêt à tous les sacrifices pour écraser l’autre, pour lui faire rendre gorge, pour le faire plier, que ce soit l’homme qui n’accepte pas qu’une femme dirige un ranch et veuille le dépasser ou que ce soit une femme qui n’accepte pas que des hommes lui dictent sa vie et qui ne rêve que de devenir aussi puissante qu’eux…

Rien n’est plus personnel que l’ambition.

Et au milieu de tout ça, des autres personnages qui vont se retrouver au milieu des tirs et tenter de régler tout ça de la manière la plus sage possible, même si cela est difficile.

Un western avec des personnages bien campés, réalistes, profonds, humains, avec leurs failles, leurs erreurs, leurs actes de courage, leur ego et un lecteur qui devra se faire sa propre opinion sur qui mérite la rédemption ou pas et sur qui était le plus salaud dans tout ça. Ils étaient plusieurs et leur ambition, leur entêtement, leur a fait commettre bien des erreurs qui se sont payées cash…

— Vous n’avez pas été suivie, au moins ?
— Mais il fait nuit, comment aurais-je pu l’être ?
— Mon Dieu ! répondit Bill avec un profond dégoût.
La critique claqua comme un coup de fouet.

— Vous êtes comme un cheval, ou un chien, ou un homme, ou n’importe quelle autre femme. Une fois qu’on vous comprend, on vous trouve très bien comme vous êtes.

Et les gens blessés frappent aveuglément. Cela expliquait sa rage soudaine et obstinée : c’était sa manière à elle de réagir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

 

[FILMS] Hostiles : Le western ose-t-il se renouveler ? de Scott Cooper (2018)

Hostiles est un western américain coécrit, coproduit et réalisé par Scott Cooper, sorti en 2018.

Le tournage a lieu notamment à Santa Fe au Nouveau-Mexique et à Pagosa Springs dans le Colorado.

Synopsis :
En 1892, le capitaine Joseph J. Blocker, légende de l’armée américaine, est chargé d’une mission qu’il accepte à contrecœur.

Avec ses hommes, il doit escorter Yellow Hawk, un chef de guerre cheyenne mourant, ainsi que sa famille, pour retourner sur leurs terres tribales.

Durant le voyage entre le Nouveau-Mexique et le Montana, les militaires et les Cheyennes vont devoir faire preuve de solidarité et d’entraide, pour survivre au périple, aux Comanches et aux trappeurs hostiles qu’ils vont croiser.

Ils vont aussi croiser la route d’une veuve dont la famille a été assassinée par un raid comanche.

Distribution : 

  • Christian Bale : le capitaine Joseph J. Blocker
  • Rosamund Pike : Rosalie Quaid
  • Wes Studi : Yellow Hawk
  • Jesse Plemons : lieutenant Rudy Kidder
  • Adam Beach : Black Hawk
  • Rory Cochrane : Thomas Metz
  • Peter Mullan : lieutenant-colonel Ross McCowan
  • Scott Wilson : Cyrus Lounde
  • Paul Anderson : caporal Tommy Thomas
  • Timothée Chalamet : Philippe DesJardins
  • Ben Foster : sergent Charles Wills
  • Jonathan Majors : le caporal Henry Woodson
  • John Benjamin Hickey : capitaine Royce Tolan
  • Q’orianka Kilcher : Elk Woman
  • Tanaya Beatty : Living Woman
  • Bill Camp : Jeremiah Wilks
  • Scott Shepherd : Wesley Quaid
  • Ryan Bingham : le sergent Malloy

Ce que j’en ai pensé (FC avec Rachel) :
Nom de Zeus, ça c’est du western comme je l’aime !

Profond, bourré d’émotions diverses, de rédemption, de travail sur soi, de pardon, d’acteurs qui ne jouent pas mais qui SONT leurs personnages, des paysages grandioses et une vision de l’Amérique telle qu’elle est vraiment et non pas comme on voudrait nous la montrer.

Aux antipodes des westerns spaghettis (que j’adore aussi) à la sauce Leonne, nous sommes plus dans un western à la « Danse avec les loups », ou « Unforgiven », à la « True Grit » ou au sarcastique  » Django Unchained ».

Si le genre ne fait plus recette de nos jours, de temps en temps, un réalisateur ose y revenir et, nanti d’un scénario béton et de bonnes idées, il nous produit un film qui a tout d’une perle et qui claque comme le barillet d’un révolver Smith & Wesson.

Le début à tout d’une scène à la « Petite maison dans la prairie », avec papa qui coupe du bois et maman qui apprend les adverbes à ses deux gamines pendant que leur petit frère, bébé, dors paisiblement.

Hélas, ce n’est pas la peste de Nellie Oleson qui va troubler cette harmonie mais des Comanches bien décidés à leur voler les chevaux et à massacrer tout le monde.

La scène suivante se déroule au fort où est cantonné Batman. Heu, pardon, je voulais dire le capitaine Joseph J. Blocker, interprété par Christian Bale, qui est moins sexy qu’en chevalier noir. Mais toujours aussi sombre.

La scène dans le bureau du directeur, où celui-ci lui demande d’escorter le chef indien Yellow Hawk (un Cheyennes du Nord), malade d’un cancer, vers son Montana d’origine, est magistrale car elle oppose un officier (Batman) à son officier supérieur et à un civil qui n’a pas connu les guerres indiennes et qui ne peut pas comprendre l’hostilité, la haine, du capitaine Joseph J. Blocker (Batman) envers ce qu’il nomme « les sauvages ».

On peut comprendre que lorsque vous avez récupéré les cadavres de vos hommes et qu’il n’en restait pas assez pour remplir une marmite, que vous ayez les boules à l’idée de devoir escorter l’emplumé qui vous les a zigouillé durant les 1.500km qui séparent le Nouveau-Mexique du Montana.

Surtout que pour convoyer ce grand chef, vous n’aurez pas un bataillon entier, mais quelques soldats dont une bleu-bite.

On est loin des westerns qui cataloguaient tous les indiens dans la même case, c’est-à-dire celle des Méchants, brutes, imbéciles, sauvages, et limite débiles mentaux assoiffés de sang et de scalps.

Il est évident que les Indiens, ce n’étaient pas des Bisounours chevauchant des Petits Poneys (ceux qui font des cacas papillons), mais si on se met à leur place, on aurait, nous aussi, une furieuse envie de balancer l’envahisseur Blanc dans l’océan et de retourner à nos petites affaires plus respectueuses de la Nature que celle des Blancs.

Quant aux Blancs… On a hurlé du Trumpette qui se torchait le cul avec sa parole donnée, mais en ces temps-là, tout le monde se torchait avec les traités signés et les belles promesses faites aux Natifs. Business is business. La Perfide Albion avait exporté cette maladie qui est de renier les contrats signés.

Anybref, Yellow Hawk n’est pas un enfant de coeur, et le capitaine Joseph non plus. Ils ont tout deux du sang sur les mains, que celui de militaires, d’hommes, de femmes et même d’enfants.

Pas un pour relever l’autre et pour le capitaine, lui, il a encore l’excuse de « je ne faisais qu’obéir aux ordres », appliquant la règle qui valait qu’un bon Indien était un Indien mort.

Nous sommes à l’aube de futur nouveau siècle (1892), la révolution industrielle a eu lieu et est toujours en cours, la guerre de Sécession est terminée depuis longtemps, les guerres Indiennes aussi, ainsi que la la guerre fratricide entre Cheyennes et Comanches. Pourtant, les cicatrices sont toujours bien présentes chez tout le monde.

Le réalisateur a su bien montrer toute la rage qu’il y avait dans le capitaine Joseph, toute la résignation dans Yellow Hawk, la peur et la folie dans les yeux de Rosalie Quaid et tout ce petit monde va devoir faire un sacré travail sur lui-même pour accepter l’autre, pour lui pardonner, ou du moins, pour le respecter, malgré le sang sur ses mains.

Loin d’une balade de santé ou d’une rando équestre bien organisée aux travers de paysages somptueux, notre troupe va devoir faire face à l’hostilité des Comanches (pas des enfants de coeur), à celle de chasseurs de fourrures, aux éléments, à un prisonnier à escorter en plus et à un propriétaire au Montana qui, sur ses terres, est seul souverain à bord (et les lois, il s’en tamponne).

Pour survivre, va falloir se donner la main, s’entraider, faire preuve de solidarité, mais ce n’est pas facile quand face à vous se trouve votre plus vieil ennemi et que des années de guerres et de propagandes vous ont lavé la cervelle.

Les problèmes sont toujours les mêmes et l’Amérique n’en est pas moins raciale qu’il y a 130 ans.

Tout en finesse, sans chausser de grosses bottes lourdes, le réalisateur a réussi à nous proposer des personnages réalistes, qui eux aussi l’ont joué toute en finesse, comme Christian Bale, homme rigide, froid, dur, qui, après quelques coups durs, montrera ses fêlures, ses blessures, ses émotions, brièvement, mais on le sentait bien sur le point de craquer.

Mention spéciale aussi à Rosamund Pike, qui a joué le rôle de Rosalie Quaid tout en nuance aussi, ainsi qu’à Wes Studi, campant fidèlement un Yellow Hawk au regard doux mais à la détermination sans faille.

Un western profond, avec un scénario qui n’avait rien d’un ticket de métro, des acteurs jouant tout dans la nuance, réalistes, une musique qui allait bien avec les décors grandioses et les actions, souvent violentes, de ce film.

Un western où la langue amérindienne qui a tout l’air d’être une vraie (ou qui y ressemble) et qui enterre définitivement les indiens qui parlaient tous anglais dans les anciens western de nos pères et grands-pères.

Un western noir, beau, sombre, dur, violent, bourré d’émotions, de haine, d’amitié, d’amour, de pardon, sans manichéisme aucun.

Une bien belle soirée cinéma. Ce qui ne fut pas tout à fait le cas pour ma binôme de Film Communs, Rachel, dont vous trouverez la chronique ICI !

PS : en plus, le Christian Bale chevauchait un superbe cheval que je veux bien chez moi, si on veut bien me le donner…

Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).