Sucre noir : Miguel Bonnefoy

Titre : Sucre noir

Auteur : Miguel Bonnefoy
Édition : Rivages (16/08/2017)

Résumé :
Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent.

Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons.

Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie.

Mais, sur cette terre sauvage, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.

Critique :
♫ Du rhum, des femmes, et des pirates, nom de dieu ♪ …

Oui, j’ai un peu changé les paroles parce que dans cette aventure, il n’y a pas de bières !

Mais nom de dieu, il y a du rhum et ça va couler à flot. D’ailleurs, je ne verrai plus les tonneaux de rhum de la même manière…

Ça peut devenir intéressant pour planquer des corps, ces grosses barriques de rhum. Vérifiez votre bouteille de rhum avant de préparer les mojitos.

Ça commence un peu comme dans le film sur un arbre perché, sauf qu’ici, nous avons un galion bourré de pirates, de pièces anciennes, de pierres précieuse et de pétites or (pépito ? De Bellin !) dans les contreforts du navire et ce trésor, des tas de gens le cherchent encore 300 ans plus tard ! Gardez le cap, les gars !

Si vous chercher le souffle de la grande aventure du style de la saga « Pirates des Caraïbes », vous feriez mieux de virer de bord, Hissez haut Santiano ♫ et d’aller voir si ailleurs les vents ne sont pas meilleurs.

Par contre, si vous avez envie d’une bouffée d’air frais dans cette canicule qui nous emballe (pas de mauvais jeux de mots, je vous surveille), de lire autre chose, de louvoyer entre le conte et le roman, entre la fiction et la réalité, entre l’Histoire et l’histoire, ma foi, souquez ferme, matelots, parce que ce petit navire est fait pour vous emmener voguer en eaux tranquilles.

Tout le monde cherche un trésor dans la vie, certains au sens propre, d’autres au figuré parce que les trésors ne sont pas toujours en pièces sonnantes et trébuchantes, mais parfois là où on ne l’attendait pas, là où on ne le cherchait pas.

Méfions-nous aussi de ce qui brille, car tout ce qui brille n’est pas or et tout trésor trouvé n’est pas f’or-midable car tout lasse, tout passe et tout casse.

Nos personnages – Serena, Severo le chasseur de trésors, Eva Fuentes – vont trouver la richesse sans pour autant déterrer le coffre de Picsou, ou du Capitaine Morgan. Des destins différents qui vont se rejoindre, se croiser, se combiner, réussir ou foirer.

Pas de trépidations folles dans ce roman, pas de vagues hautes, pas de tsunami, mais des petites vérités cachées, telles des pépites qu’il faut dénicher.

Ici, on ne souque pas ferme, on avance à un train de sénateur, mais bizarrement, si au départ j’ai eu un coup de mou me demandant si je n’allait pas laisser tomber le livre, je me suis surprise, un peu plus tard, d’être passée de la page 30 à la 130 sans avoir senti une puissante bourrasque me pousser mais plutôt un doux zéphyr.

Un parenthèse agréable dans mes lectures, une brise légère sur ma littérature, une incursion dans le rhum, les pirates, les trésors et les rêves de certaines personnes qui, bien que se réalisant, ne sont pas toujours synonymes de bonheur assuré.

Une petite pépite (o?) qui se grignote avec plaisir le temps de quelques heures d’évasion, le tout avec un verre de mojito à la main, parce que dans ses pages, vous allez en voir défiler, du rhum, des femmes ♫

Quelqu’un veut un mojito au rhum noir ??? C’est meilleur qu’avec du blanc…

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Nu couché sur fond vert : Jacques Bablon

Titre : Nu couché sur fond vert

Auteur : Jacques Bablon
Édition : Jigal Polar (15/02/2017)

Résumé :
Margot et Romain. Deux flics d’une même brigade. Ont en commun l’habitude de sortir du cadre autorisé pour régler à leur manière les affaires criminelles qui leur tiennent à cœur.

Margot veut retrouver l’assassin du père de Romain, tué par balle, il y a vingt-cinq ans. Une famille au destin tragique… Romain ne lui a rien demandé. Mais Margot ne supporte pas que des tueurs cavalent librement dans la nature.

Romain, lui, traque les auteurs du carambolage meurtrier qui a coûté la vie à l’inspecteur Ivo, son coéquipier. Leurs armes ? Acharnement et patience sans bornes pour Margot…

Beretta et fusil à lunette pour Romain ! Une plongée dévastatrice où le hasard n’a pas sa place…

Critique :
Après l’excellent « Trait bleu » qui ouvrait le bal de la saga des couleurs, je viens, une fois de plus, de confirmer que le vert n’a jamais été ma couleur préférée…

Qu’est-ce qui a foiré dans le récit ? Les personnages, tout d’abord, avec lequel je n’ai ressenti aucune empathie, aucune sympathie car ils m’ont semblé trop stéréotypés.

Lui, Romain, orphelin dont on va découvrir une partie de son enfance est un flic assez froid et Margot, sa même pas coéquipière accumule les problèmes d’une femme flic avec des enfants qu’elle ne comprend plus et un mari qui va tremper son biscuit dans une autre tasse de café.

Là où le bât a vraiment blessé, c’est dans leurs comportements à chacun. Romain va traquer les auteurs de l’accident de voiture qu’ils ont eu, son coéquipier Ivo et lui.

Problème, Romain et Ivo ne s’entendaient pas du tout et on essaye de me faire croire que Romain va assassiner les commanditaires et les hommes de main de cet accident ?? Qu’il le fasse pour lui, passe encore, mais pour un type dont il se fichait pas mal…

Sans compter la violence de la vengeance, le côté pas discret et nous sommes en France, cette fois-ci, pas dans le trou du cul de l’Amérique.

Margot, elle, ne va rien trouver de mieux que de chercher l’assassin qui tua le père de Romain lorsque celui-ci n’avait que 6 ans et dont il se contrefout royalement. Ils ne sont pas coéquipiers, pas copains, au départ, et Margot, qui a une vie bien remplie et trois gamines, va s’amuser à ça ? Ok, d’accord.

Quant au mobile du meurtre du père de Romain, je l’ai trouvé très léger, l’assassinat lui-même manquant de réalisme car qui laisserait un témoin de la scène ? À ce moment là, un cadavre de plus ou de moins, qu’est-ce que ça change ? La personne a vu votre tronche et vous la laissez repartir ? Moi pas…

Certes, pas de temps morts dans ce roman, ça pulse comme une salve de kalachnikov, mais justement, ça pulse un peu trop et ça défouraille pire qu’au temps de la prohibition ! Le final est bourré d’adrénaline, mais justement, il y en a trop et une fois de plus, est exagéré par rapport aux faits.

Anybref, même si j’ai lu le roman avec plaisir, tous ces petites pierres d’achoppements m’ont fait trébucher et empêché de prendre vraiment mon pied littéraire, alors que dans Trait Bleu, j’avais adoré les ambiances, les personnages, le scénario.

Ici, il a manqué un poil de réalisme dans les actes, mobiles, un chouïa de sel « empathie » dans les personnages principaux et la main avait été trop forte avec les épices car à force de dézinguer dans tous les sens, on a les yeux qui piquent à cause de l’abus de poudre.

Cela ne m’empêchera pas de lire les deux autres couleurs « Rouge écarlate » et « Jaune souffre ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Ils ne sont pas sur fond vert, pas toujours nus non plus, mais juste pour le plaisir des yeux (ou de la comparaison avec Monsieur)… J’ai vu des toutes petites (avec des mecs musclés, ça fait cloche) et j’ai vu aussi des trucs très gros qui doivent donner l’impression d’accoucher à chaque fois que monsieur se retire…

Le brouillard tombe sur Deptford : Ann Granger [Lizzie Martin & Ben Ross – Tome 6]

Titre : Le brouillard tombe sur Deptford [Lizzie Martin 6]

Auteur : Ann Granger
Édition : 10/18 (04/05/2017)
Édition Originale : The Dead Woman of Deptford (2016)
Traducteur : Jean-Baptiste Dupin

Résumé :
Londres, époque victorienne. Par une froide nuit de novembre, le docker Harry Parker trébuche sur un cadavre dans une ruelle de Deptford. Que venait faire Mme Clifford, si chic, si bien vêtue, dans cette partie peu fréquentable de la ville ?

Chargé de l’enquête par Scotland Yard, l’inspecteur Ben Ross ne trouve aucun témoin.

De son côté, sa femme Lizzie tente d’étouffer un scandale : Edgar Wellings, un ami de la famille, souffre d’addiction au jeu.

Mais le pire reste à venir : Wellings semble être le dernier à avoir vu Mme Clifford vivante… Et que penser de son excellente raison de la tuer ?

Critique :
♫ J’étais tranquille j’étais pénard, j’me promenais dans la ruelle, quand tout à coup mon panard, a trébuché sur une morte pas belle ♪

Le docker Harry Parker a buté sur le cadavre d’une femme dans une ruelle pas très claire et en fichant le camp, il est rentré dans la bedaine d’un cogne qui passait par là.

Nouvelle enquête pour l’inspecteur Ben Ross qui est bien embêté car il impossible de mettre une identité sur cette femme.

Petit à petit, à l’aide de sa femme, il va commencer à en savoir un peu plus, mais malgré tout, l’enquête est dans une impasse, les policiers ont des tas d’indices et, telles des diseuses de bonne aventure, ils les lancent en l’air pour voir où ils retombent.

Ce qu’ils leur faudrait, ce sont des preuves et ils n’en ont pas !

— Mais nous sommes comme ces diseuses de bonne aventure orientales qu’on trouve dans les foires, monsieur. Nous lançons nos indices en l’air, comme elles leurs galets ou leurs bâtonnets d’ivoire, et nous regardons comment ils retombent. […] En revanche, ce que nous n’avons pas, Mr Ross, c’est une preuve tangible, capable de convaincre un juge. Beaucoup d’hypothèses jetées en l’air comme des bâtonnets d’ivoire… dans lesquelles nous ne lisons que ce que nous souhaitons.

Cette sixième aventure du couple Lizzie Martin / Ben Ross ne souffre pas de temps mort, il se lit avec avidité et on prend toujours plaisir à suivre Lizzie dans ses petites enquêtes sur le côté, aidant son mari du mieux qu’elle peut, au grand dam du Superintendant Dunn.

Il est un fait qu’une enquête avec au centre un prêteur sur gages, usurier, ça sent le déjà-lu dans une autre série de roman mettant aussi un couple flic/épouse en scène, et il s’agit bien entendu du duo Thomas et Charlotte Pitt.

Mais comme je dis toujours, depuis que la littérature policière existe, des enquêtes sur la mort d’un usurier, ça doit courir les rues ! Vu que les deux duos sont différents dans leur manières d’être, je ne saurais dire si plagiat il y a, inspiration, sans doute, ou alors, coïncidence.

Beaucoup de mystères dans cette nouvelle enquête, notamment à cause du fait qu’il y a un seul suspect et qu’il ne fait pas vraiment criminel sanguinaire mais plus enfant gâté qui ne pense qu’à son nombril et au fait que sa sœur sera toujours là pour lui sauver les miches.

De plus, j’avais beau me creuser les méninges, je n’en voyais pas d’autres car ces personnes là n’avaient pas de mobile valable pour tuer la prêteuse sur gages. Je ramais, et pourtant, j’aurais dû lire mieux les indices et j’aurais compris. Pour la peine, Holmes me donnera une fessée…

Ce que j’apprécie le plus, dans cette saga, ce sont les personnages principaux, tout d’abord, les secondaires qui ne sont pas laissé au hasard et les incursions dans le monde moins clinquant de la société de Londres, là où une partie des personnages secondaires prennent toute leur importance.

Dans ces pages, j’en ai croisé quelques que j’aurais baffé avec plaisir, qu’ils soient de la haute comme le jeune Wellings et tante Parry ou de basse extraction comme Britannia Scroggs qui, mise en image, me donnait l’impression d’une caqueteuse râleuse juste bonne à causer haut et fort.

Un très bon moment de lecture, une résolution que je n’ai pas vu venir, des incursions dans le monde d’en bas, le Londres des abysses (mais pas encore au fond des abysses), la haute société qui prend sont petit-déjeuner au lit, fait sa correspondance au lit et ne doit s’en extirper que vers les midi…

Toujours instructif, cette série, comme l’est aussi celle avec le couple Pitt. Une peinture de la société victorienne qui joue sur deux tableaux, entre deux monde diamétralement opposé, deux mondes qui se rejoignent plus souvent qu’on ne pourrait le penser.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Far West Gitano : Ramon Erra

Titre : Far West Gitano

Auteur : Ramon Erra
Édition : Asphalte (06/04/2017)
Édition Originale : Far West Gitano (2014)
Traducteur : Juliette Lemerle

Résumé :
Sur les routes entre la France et l’Espagne, aux côtés d’une famille gitane pas comme les autres. Ram a passé sa jeunesse sur les routes.

Mais depuis son mariage, il vit à Perpignan, sédentarisé, avec sa femme, ses enfants et son chien.

Quand sa fille adolescente lui annonce qu’elle est enceinte, il décide sur un coup de tête de tout quitter et d’embarquer sa tribu à bord d’un camion bâché, direction Saragosse, où une faiseuse d’ange peut les aider.

Passé l’enthousiasme initial pour ces vacances improvisées, la famille va vite déchanter : comment renouer avec une vie nomade quand on a pratiquement toujours vécu en appartement ?

L’apprentissage de l’itinérance ne sera pas de tout repos pour cette famille haut en couleur, entre déconvenues, disparitions, arnaques et embûches.

L’Usage du Monde version gitane.à

Critique :
♫ Tu vuò fa l’gitano ! gitano ! gitano ! ♪ Mais tu t’es sédentarisé ♫ Tu vuò fa l’gitano ! gitano ! gitano ! Parce que ta fille s’est faite engrosser et que tu veux la faire avorter ♫

Je ne sais pas ce que j’ai fait à ma PAL, ces derniers temps, mais elle a décidé de me faire sortir le contraire des pépites de lecture !

Pourtant, ce livre, comme les autres, je l’ai choisi, je l’ai traqué, je l’ai fait entrer dans mon immense pile à lire avec tous les honneurs dû à son rang et quel retour en aie-je tiré ?

Une envie folle de m’endormir sur ces pages…

Bon, pas durant tout le livre, il y a quand même des passages intéressants, notamment avec les passages qui concerne les us et coutumes des gitans et la perception que le monde a d’eux.

Pour le reste, je me suis ennuyée, j’ai baillé, j’ai soupiré, j’ai fermé les yeux, rejoignant Morphée durant quelques minutes.

Le récit est assez chaotique dans sa mise en page, les dialogues sont insérés dans le texte même, les guillemets sont utilisés avec radinerie.

L’écriture, elle, ressemble à un texte que l’on aurait écrit au kilomètre, au fur et à mesure que les souvenirs arrivaient à l’esprit, comme dans un agenda et j’ai trouvé ça très indigeste à lire.

Asphalte a l’art de nous proposer des auteurs moins connus, ou moins mis à l’honneur, j’ai eu de belles lectures avec cette maison d’éditions, mais aussi des déconvenues. C’est la vie.

Maintenant, il ne me reste plus qu’à tronçonner tous les pieds des meubles de la maison afin de recycler toutes ces livres non appréciés en cales meubles.

♪ Un peu renard, un peu loup ♫ Il sort le jour ou bien la nuit ♪ Ce qu´on dit de lui il s´en fout ♫ Le Gitan, le Gitan, que tu ne connais pas ! ♪

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

La faucheuse – Tome 1 : Neal Shusterman

Titre : La faucheuse – Tome 1

Auteur : Neal Shusterman
Édition : Robert Laffont (16/02/2017)
Édition Originale : Arc of the Scythe – Book 1 – Scythe (2016)
Traducteur : Éditions Robert Laffont, S.A., Paris, 2017

Résumé :
Les commandements du Faucheur : Tu tueras. Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation. Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue. Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté. « MidAmérique, milieu du 3e millénaire.

Dans un monde où la maladie a été éradiquée, on ne peut plus guère mourir qu’en étant tué aléatoirement (« glané ») par un faucheur professionnel.

Citra et Rowan sont deux adolescents qui ont été sélectionnés pour devenir apprentis-Faucheurs ; et, bien qu’ils aient cette vocation en horreur, ils vont devoir apprendre l’art de tuer et comprendre en quoi cette mission est bel et bien une nécessité.

Critique :
Imaginez un monde où plus personne ne meurt… Les maladies n’existent plus, les crimes non plus.

Et si par le plus grand des malheurs, vous passiez sous les roues d’un trente tonnes, des ambudrones (les robots ambulanciers) vous enverront de suite en résurrection !

Comptez 4 jours si l’accident était grave.

Ben comment on va mourir, alors ?? Tout simplement grâce aux Faucheurs qui, sans l’aide d’une faux, vous glaneront et vous enverront, pour de bon, six pieds sous terre.

Aucune arme ou manière n’est prohibée pour vous glaner (tuer). On leur demande juste de respecter des quotas, de ne pas cibler des groupes particuliers, d’avoir de l’empathie et de ne pas vous faire souffrir.

Vous voulez savoir ? C’était jubilatoire cette lecture où la Mort n’existe plus, où des êtres supérieurs doivent la donner et où les gens, alors qu’ils ont accès au Thunderhead (sorte de Wiki puissance 1.000 avec une A.I), préfèrent regarder des hologrammes de chats. Tiens, on dirait notre société !

Les personnages sont bien traités, travaillés, ambigus, même si certains méchants sont vraiment des méchants et que rien ne pourra plaider en leur faveur.

Malgré ce petit manichéisme, j’ai apprécié que nos deux ados soient des jeunes pleins de perspicacités, de ruses, sachant jouer avec les règles et les retourner dans la figure de certains. Ils m’ont été sympathique tout de suite.

L’auteur nous dépeint une société qui a tout de la société parfaite : plus de guerres, plus de chômage, plus de maladies graves, l’immortalité (quasi) et pourtant, on dirait que sous le vernis de la perfection se dissimule quelques imperfections.

En effet, comment arriver à jouir pleinement de la vie quand la mort est quasi inexistante et que vous pouvez rajeunir si vous en avez marre de vos soixante ans ?

De plus, comment être sûr que certains Faucheurs ne prennent pas leur pied en donnant la mort et n’abusent pas de leurs prérogatives, façon petit tyran ?

Pas de temps mort dans ce roman qui ne conviendra peut-être pas au plus jeunes car certaines scènes de massacres sont assez violentes, du suspense, du mystère, de la compétition, un suicide suspect et une société de faucheurs gangrénée par l’envie de pouvoir de certains.

Un roman difficile à lâcher, une véritable tuerie au niveau du scénario que de ses personnages, ainsi que dans la structure et l’élaboration de son récit avec le poil à gratter qui parsème la description de la nouvelle société.

Un final super qui vous laisse devant deux choix : poursuivre l’aventure avec le tome 2 ou vous arrêter là.

Moi je continue, en espérant que le deuxième tome soit aussi brillant que le premier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°31 – Les Hommes Dansants – lire un livre appartenant au genre « Jeunesse »).

Retour à Duncan’s Creek : Nicolas Zeimet

Titre : Retour à Duncan’s Creek

Auteur : Nicolas Zeimet
Édition : Jigal Editions (08/09/2017)

Résumé :
Après un appel de Sam Baldwin, son amie d’enfance, Jake Dickinson se voit contraint de retourner à Duncan’s Creek, le petit village de l’Utah où ils ont grandi.

C’est là que vit Ben McCombs, leur vieux copain qu’ils n’ont pas revu depuis plus de vingt ans. Les trois adolescents, alors unis par une amitié indéfectible, se sont séparés dans des circonstances dramatiques au début des années quatre-vingt-dix.

Depuis, ils ont enterré le passé et tenté de se reconstruire. Mais de Los Angeles aux montagnes de l’Utah, à travers les étendues brûlantes de l’Ouest américain, leurs retrouvailles risquent de faire basculer l’équilibre fragile de leurs vies.

Ce voyage fera ressurgir les haines et les unions sacrées, et les amènera à jeter une lumière nouvelle sur le terrible secret qui les lie. Ils n’auront alors plus d’autre choix que de déterrer les vieux cadavres, quitte à renouer avec la part d’ombre qui les habite… et à se confronter à leurs propres démons.

Critique :
Le pari était osé, risqué, même : faire une suite de « Seuls les vautours », roman noir époustouflant où l’auteur avait su insuffler des véritables senteurs des années 80 dignes d’un King.

La suite me faisait un peu peur, mais mes petits copains blogueurs ont su calmer mes angoisses en me certifiant que la suite était une belle suite et qu’il fallait que je la lise.

Les salauds avaient raison : la suite est d’un haut niveau et j’ai retrouvé une partie de la palette des émotions que j’avais ressentie lors de la lecture de « Seuls les vautours ». Pas tout à fait les mêmes émotions, mais j’en ai eu pour mes sous, je vous assure.

Déjà que l’auteur a réussi à me donner l’équivalent d’un coup de poing dans le plexus dans ses premières pages, lorsque Jack s’arrête au milieu de nulle part avec Sam. Là, il m’a coupé la chique.

Une partie du plaisir de lecture réside dans la construction du récit qui alterne les « aujourd’hui » avec les « hier », les deux pouvant se confondre dans le récit, se compléter, se mélanger harmonieusement.

De plus, l’auteur a réalisé un petit puzzle qui fait que l’on ne découvre l’histoire qu’au fur et à mesure de sa lecture, nous réservant grâce à cette construction des petites surprises, des sursauts, nous déroulant une histoire à l’envers.

Rassurez-vous, pas besoin de carte ou de GPS pour retrouver son chemin, il est bien balisé et si on possède un cerveau normal, on aura le film qui se déroulera dans notre tête.

En parlant de film… La chose la plus remarquable, dans ce roman noir, en plus des personnages bien détaillés, vivants, réalistes, c’est le fait que dans ses descriptions, l’auteur m’ait fait vivre les scènes d’amitié, de rigolade, ou de drame comme si j’y étais et je peux vous dire que j’ai eu l’impression de me trouver dans le corridor lorsque le drame est arrivé.

Ceci est un roman noir bien construit, profond, avec une écriture qui n’a rien de neuneu ou de simpliste, les descriptions sont détaillées, mais sans qu’elles ne submergent le récit et n’étouffent les personnages, qui eux, sont tels qu’auraient pu être trois jeunes enfants devenant ados, se faisant des promesses qu’ils ne tiendront jamais d’amitié à vie.

Un roman noir que j’ai dévoré, regrettant ensuite d’arriver à la fin car la palette d’émotions m’avait fait passer par tous les stades, le dernier étant la tristesse de quitter mes amis, devenus adultes.

Ce roman, c’est une traversée de plusieurs états des États-Unis, un road trip pour un retour en arrière, sorte de retour vers le passé, une plongée dans un abîme de sentiments, de souvenirs qui ne laissera pas son personnage principal indemne.

Un roman noir puissant, même si un cran en-deçà de son précédent « Seuls les vautours » qui lui, était exceptionnel.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

La loge noire : Jean-Pierre Croquet

Titre : La loge noire

Auteur : Jean-Pierre Croquet
Édition : L’Archipel (22/02/2017)

Résumé :
Angleterre, mai 1914. Alors que des menaces de guerre planent sur l’Europe, l’inspecteur Adey enquête sur une série de meurtres étranges, qui ne sont pas sans rappeler ceux de « l’automne de la terreur », où un certain Jack l’Éventreur sévissait dans les quartiers pauvres de Whitechapel.

Au même moment, un courtier du nom de Mark Bowen se rend à Londres pour acquérir la Kabbala denudata, un incunable essentiel de la tradition occulte.

Il est mandaté par Aleister Crowley, membre de la société secrète Golden Dawn, qui traîne une réputation de mage noir… et milite dans les mouvements séparatistes celtisants.

Mais lorsque Bowen arrive à la librairie de Geoffrey Bloom, dans le quartier mal famé de Soho, il découvre celui-ci égorgé. Et l’ouvrage convoité a disparu !

Coupable idéal, Bowen devient un homme traqué. Pour prouver son innocence, il devra retrouver l’assassin et découvrir quel secret cache la Kabbala denudata que convoite la mystérieuse Loge noire…

Critique :
Londres, mai 1914. Un serial-killer sévit dans les ruelles de ma ville préférée, rappelant un peu les sordides crimes de jack The Ripper, le tout sur fond de société secrète, de franc-maçonnerie et de tensions entre les pays.

Le genre de came que je ne pouvais pas laisser passer !

Et bien, entre nous, nous sommes loin de l’excellence came produite par Heisenberg ! On n’est même plus bas que de celle produite au départ par Jesse Pinkman.

Un peu comme si on avait utilisé de la pseudoéphédrine au lieu de la méthylamine pour la préparer et qu’on avait monté un peu trop haut dans les températures car le produit final est insipide, n’a pas la belle couleur bleue qu’il aurait dû avoir et ne m’a pas fait planer une seule seconde.

Pire, je n’ai même ressenti aucune émotion lors de la mort de personnages qui ne le méritaient pas et dont une scène aurait dû m’arracher des larmes au minimum.

C’est assez touffu, confus, brouillon, les personnages sont insipides, les Méchants sont loupés, ne fichant même pas la trouille, malgré leur folie, quand aux personnages principaux, on ne s’y attache pas une seule seconde, ce qui fait que s’ils avaient tous bu le bouillon de onze heure, ça ne m’en aurait même pas secoué une.

Quant à l’écriture, elle ne brillait pas par son originalité et je l’ai trouvée très plate et simpliste.

Anybref, une came qui n’avait pas la qualité que je pensais, qui ne m’a pas fait planer du tout, qui m’a fait bailler et qui ne restera pas longtemps dans mes étagères mais finira en don.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver),Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book etLe Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°58 – Le Marchand de Couleurs Retiré des Affaires – lire un livre dont le titre comporte le nom d’une couleur ).

L’homme aux deux ombres : Steven Price

Titre : L’homme aux deux ombres

Auteur : Steven Price
Édition : Denoël (9 Novembre 2017)
Édition Originale : By Gaslight
Traducteur : Pierre Ménard

Résumé :
Londres, 1885. Une tête de femme est repêchée dans les eaux sombres de la Tamise.

En charge de l’enquête, le grand détective William Pinkerton se lance sur la piste du célèbre Edward Shade, mais ce dernier lui file sans cesse entre les doigts.

Pinkerton s’engouffre alors dans les bas-fonds londoniens : réverbères dans la brume, fumeries d’opium, égouts tortueux, séances de spiritisme.

Il y découvre un monde d’espions, de maîtres chanteurs, d’adeptes de sectes, de voleurs à la petite semaine et de tueurs sans pitié.

Grandiose, profondément évocateur, L’Homme aux deux ombres dresse le portrait saisissant de personnages au bord de l’abîme.

Plongé dans un univers de secrets et de faux-semblants, le lecteur découvre l’histoire du lien improbable entre William Pinkerton, détective de légende, et Edward Shade, l’homme le plus mystérieux de la capitale victorienne.

Critique :
Si vous avez envie de savoir à quoi pouvait bien ressembler Londres en 1885 et si le souffle de la grande aventure vous tente, faut pas hésiter et plonger la tête la première dans cette grosse brique !

Non seulement ce roman vous promènera dans une partie des bas-fonds londoniens, mais, en plus, il vous emmènera en Afrique du Sud pour un vol de diamant et aux États-Unis durant la guerre de Sécession.

Le tout grâce à deux personnages principaux dont je vais vous parler un peu.

Le premier, ce sera William Pinkerton… Oui, c’est bien le fils de l’autre, Allan, le fondateur de l’agence de détectives américaines.

William est à Londres et « Le fils de » suivait Charlotte Reckitt, une femme sensée le mener sur la piste de l’insaisissable Edward Shade, quand celle-ci est retrouvée découpée en morceaux et jetée dans la Tamise.

D’un autre côté, nous avons fait aussi connaissance avec Adam Foole et sa fine équipe composée d’un ancien taulard et une gamine aux doigts de fées. Adam est l’ancien amant de Charlotte Reckitt et qui voudrait bien savoir ce qui est arrivée à son ex copine pour finir en puzzle grandeur nature.

770 pages qui sentent bon la grande aventure car on passera des bas-fonds à quelques salons feutrés, on se baladera dans les égouts, sur la Tamise, on jouera les monte-en l’air, aussi, sans oublier que nous voyagerons aussi dans le temps et l’espace, passant de Londres à l’Afrique du Sud et à l’Amérique en guerre.

Au travers des yeux et les souvenirs des deux personnages principaux que sont William Pinkerton et Adam Foole, on suivra cette enquête au plus près, tout en faisant de courtes incursions dans leur passé, ce qui pourrait apporter de la lumière sur leur présent et sur leur moi profond.

Les personnages sont remplis de doutes, tout un affichant un air d’hommes sûrs d’eux, ils ne sont pas manichéens, possèdent des qualités, des défauts et sont assez complexes dans leur portrait brossé. Rien n’est jamais tout à fait noir ni tout à fait blanc, chez eux.

Si les personnages ont leur importance, le décor qui les entoure en a encore plus et l’auteur a su créer une atmosphère qui colle aux doigts, une atmosphère réaliste et il faudra compter avec le personnage de la ville de Londres.

Parfois, il y avait quelques longueurs, une centaine de pages auraient rendu le rythme plus trépident, mais il aurait fallu pour cela sabrer dans tout le décor, et, ma foi, cela aurait été dommage.

Par contre, j’ai eu du mal au départ avec les dialogues car ils ne comportent ni tiret cadratin, ni guillemets. Heureusement qu’il y avait un saut de ligne, sinon, le roman aurait été indigeste.

Mon seul véritable bémol sera pour un petit manque de flamboyance dans le souffle dans la grande aventure épique : il a manqué un peu d’épices dans les personnages de l’équipe d’Adam Foole pour que je m’attache vraiment à eux.


Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) , le challenge US (2017-2018) chez Noctembule, le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Undertaker – Tome 4 – L’ombre d’Hippocrate : Xavier Dorison & Ralph Meyer

Titre : Undertaker – Tome 4 – L’ombre d’Hippocrate

Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Ralph Meyer

Édition : Dargaud (24/11/2017)

Résumé :
Gravement blessée, Rose a accepté de suivre L’Ogre de Sutter Camp, alias Jeronimus Quint, dans l’espoir qu’il la soigne.

À leurs trousses, Jonas Crow et Lin, bien décidés à sauver leur amie et à régler une fois pour toutes son compte au monstrueux chirurgien.

Mais comment arrêter un homme dont le génie maléfique lui permet de transformer chaque patient innocent en un complice mortel contre l’Undertaker ?

Critique :
Mon croque-mort préféré est de retour ! Afin de mieux faire durer le plaisir, je l’ai laissé bien en vue sur la table de mon bureau et j’ai tenu bon avant de me jeter dessus.

Il faut dire que le troisième tome nous avait laissé sur un suspense terrible et j’avais cette peur un peu bête que la conclusion de ce diptyque ne soit pas à la hauteur.

Je mérite l’excommunication pour manque de foi !

Dorison, le sadique, a soigné son album en nous servant un scénario aux petits oignons, travaillé en profondeur et toujours avec une dose d’humour.

— On veut jouer au docteur ? Prescription de l’Undertaker : calibre 12 et 45… Quatre le matin… Plus personne le soir.

Son médecin, moitié fou, moitié génie, moitié mégalo (j’ai pas eu tout mes points en calcul, je sais) est un personnage ambigu qui joue sur deux tableaux et je serais bien en peine de dire s’il aurait fallu le tuer de suite ou le laisser continuer à exercer son art de la médecine de cette manière un peu… barbare ? Inhumaine ?

— Ah Rose… Je pourrais vous dire que j’ai vu des dizaines de milliers de morts pour rien et qu’au moins les miens serviront à quelque chose. Que la science sera à mes pieds quand je réussirai ma première greffe. Mais la vérité est que quand les gens vous prennent pour un monstre, il ne vous reste qu’une seule chose à faire… Dépasser leurs attentes !

Le scénariste, dans son côté pervers, nous montre un homme qui a, certes, basculé du côté obscur de la Médecine, mais qui, de par son talent, la fait avancer aussi… Mais de quelle manière ! Il n’hésite pas à casser beaucoup d’œufs pour faire ses omelettes.

— La mère a le pouvoir de donner la vie. Le soldat de donner la mort. Le médecin est le seul a pouvoir donner les deux.
— Pas selon Hippocrate.
— J’emmerde Hippocrate.

Imaginez un type qui a le talent de déduction d’un Sherlock Holmes, ou plutôt, de son modèle, le docteur Bell, qui a le talent de médecin d’un docteur House, le cynisme compris, et à tout cela, vous ajoutez le côté inhumain, horrible, affreux, d’un docteur Mengele…

— Je sais que tout cela vous dépasse un peu… Mais voyez-vous, j’avance dans mes recherches. Ce que je trouve aujourd’hui vous sauvera demain. Bien sûr, les cris d’une femme, c’est toujours difficile à supporter. Eh bien… Dites-vous que c’est une Sudiste !

Un Méchant de l’envergure du docteur Jeronimus Quint ne court pas les rues dans la bédé (et la littérature) et j’avoue que, autant où je l’ai trouvé réussi dans son portrait de type qui fait froid dans le dos, autant j’apprécierais ne plus avoir à me poser les mêmes questions que les autres : faut-il le laisser vivre ou pas ?

Ne répondez pas à la question sans avoir lu le diptyque… même en l’ayant lu, je doute toujours un peu et mon cher Jonas Crow, mon croque-mort d’amour, a lui même hésité, parce que la solution n’est pas aussi simple qu’elle n’y paraît.

— Si vous me tuez, elle meurt. Et avec elle, tous vos petits camarades qui ne bénéficieront plus de mes talents. Avouez que ce serait dommage… Et puis, sans moi, au mieux vous perdez votre jambe. Au pire…

Une nouvelle fois, nous sommes face à un album des plus réussis, aussi bien niveau dessins (je les adore), qu’au niveau de la profondeur des personnages, qui évoluent tous, ou de la justesse des dialogues et du côté sadique machiavélique pour le Méchant.

Une série western qui n’a rien de western de gare écrit au kilomètre, mais qui est réfléchie, poussée, profonde, bien pensée et bien pesée.

— Vrai risque quand tu chasses le monstre… C’est de devenir comme lui.

Mais que nous réservent-ils pour le tome 5 ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule., Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

Nains – Tome 9 – Dröh des Errants : Nicolas Jarry & Jean-Paul Bordier

Titre : Nains – Tome 9 – Dröh des Errants

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jean-Paul Bordier

Édition : Soleil (25/10/2017)

Résumé :
Dröh, le fils d’Oösram, a parcouru le monde afin d’apprendre le métier des armes, dans l’espoir de délivrer les Errants des ordres dominants.

Mais quand il revient chez lui, sept ans plus tard, nul ne veut entendre parler de révolution. Le sang n’a que trop coulé.

Il s’engage alors sur la construction d’une route traversant le pays des Vents. Le chantier avance mais l’hostilité des tribus Orcs grandit…

Critique :
Oösram des Errants, qui m’avait apporté beaucoup d’émotions, faisait partie de cette caste de nains déchus, les parias, ceux qu’on laisse sur le côté, pour diverses raisons.

Oösram était mort en martyr, il avait mené son clan de hors-caste à la bataille, avait semé les graines de la révolution, ainsi que celles de l’espoir qu’un jour tout cela change.

♫ Il changeait la vie ♪

Dröh est son fils, dont j’avais croisé la route dans le tome 4. Le voici devenu adulte, errant par-ci par-là sur les routes, apprenant à manier les armes ailleurs, puisque son peuple le lui interdit.

Une fois de plus nous tombons sur un fils en colère, sur un fils qui aimerait avoir l’aura qui fut celle de son père, qui aimerait mener les Errants au combat afin de retrouver leur dignité.

Oui, mais, si tout le monde chez les Errants aimerait retrouver une autre place que celle des parias, tout le monde n’a pas envie de monter au front pour affronter ceux du Bouclier, les plus puissants des nains au combat. Sont pas fous non plus, ni suicidaires.

« C’est trop injuste », pourrait-il marmonner sur la route de son voyage, il pourrait encore le répéter à l’infini en construisant une route sous l’autorité des nains du Bouclier, avant de se rendre compte que son peuple des Errants n’est pas les seuls gueux, les seuls ostracisés par les Nains des autres ordres. Il y a aussi les Orcs et les Gobelins…

Racisme, propagande, rejet de l’autre, la suprématie et apprentissage de la vie sont les maîtres mots de ce neuvième tome. Les Nains n’ont rien inventé, les Allemands, déguisés en soldats polonais, avaient en leur temps attaqué un poste frontière allemand pour avoir ensuite le droit de rétorquer et d’envahir la Pologne.

Ce tome a tout d’un tome de transition, le suivant concernant les Errants avancera sans doute plus dans leur cause, car ici, on montre comment Dröh va prendre conscience de sa place dans le Monde et de la manière dont il pourrait sauver son peuple.

Attention, on n’enfile pas des perles dans ces pages, on ne se la coule pas douce, il y a beaucoup à lire, des tas de références à notre Monde à nous, des passages qui font penser à certaines scènes de films, une quête intérieure, de l’introspection, bref, vous avez de quoi nourrir votre cervelle de lecteur !

Moi, j’ai hâte de savoir quelle voie notre Drôh va prendre : celui de la Force ou celui du côté obscur ? Révolutionnaire ou prophète ? Poseur de bombes ou pacifiste ? Ou alors, un peu des deux à la fois ?

Nains, une série qui a toute d’une grande !