Les prisonniers de la liberté :‬ Luca Di Fulvio [LC avec Bianca]

Titre : Les prisonniers de la liberté

Auteur : Luca Di Fulvio
Éditions : Slatkine & Cie (2019) / Pocket (2021) – 780 pages
Édition Originale : La figlia della libertà (2018)
Traduction : Elsa Damien

Résumé :
1913, un paquebot quitte l’Europe. À son bord, trois jeunes en quête d’une seconde chance.

Rosetta, jeune femme indépendante et rebelle, fuit son village italien. À la mort de ses parents, harcelée et violentée par la pègre, ayant perdu son honneur, elle n’a eu d’autre choix que d’abandonner la ferme familiale.

Rocco, fier et fougueux jeune homme, laisse derrière lui sa Sicile natale. Il cherche à échapper à la Mafia locale, à laquelle il a refusé de se soumettre.

Raquel, petite juive russe, a vu toute sa famille décimée dans un pogrom. Elle n’emporte avec elle que le souvenir de l’amour que lui portaient ses parents.
Le nouveau monde les réunira.

Après New York, Luca Di Fulvio nous emmène à Buenos Aires. Un parcours semé d’embuches, où amitié, amour et trahisons s’entremêlent…

Critique :
Les voyages en compagnie de Luca Di Fulvio se ressemblent tous un peu. C’est le troisième que je lis et sa trame est semblable aux deux autres. C’est la marque de fabrique de l’auteur qui ne se renouvèle guère.

Une fois de plus, il nous propose des personnages qui ne vivent pas dans le monde des Bisounours et à qui il va arriver tout un tas de saloperies de misères les plus crasses.

Coincés dans le fleuve tumultueux de la vie qui ne fait pas de cadeau, ils vont aller de Charybde en Scylla, leur père narratif ne les épargnant guère, rajoutant même des pelletés de sales coups à tous ceux qu’ils ont déjà pris dans la gueule.

On est dans un roman noir, le contexte social était important et bien mis en valeur, que ce soit en Sicile avec la mafia qui ne vous laisse guère le choix, ou dans les ghettos Juifs du côté de la Russie, Pologne ou en Argentine où l’extrême misère est de nouveau la proie des puissants. L’exploitation des miséreux fait la richesse des forts.

Le monde de Rosetta, Rocco ou Rachel n’est que violence, extorsion, abus de pouvoir, vols, viols, harcèlement, mafia et pogroms pour les Juifs que l’on accuse de tous les maux (empoisonnement de l’eau, mauvaises récoltes…) et surtout d’avoir assassiné le Christ, qui, si mes souvenirs sont bons, était Juif lui aussi… Comprenne qui pourra, moi je ne cherche plus à comprendre l’imbécilité de certains et leur illogisme.

Dans ce monde pourri, les femmes sont toutes des putes (dixit la majorité hommes), surtout si elles tentent de leur tenir tête et les hommes sont tous des harceleurs, des violeurs, des gros cochons qui ne pensent qu’avec leur bite et qui considèrent les femmes comme juste bonne à baiser, de force ou en les payant.

Heureusement, tous les hommes ne sont pas comme ça ! Non pas parce que les femmes ne sont pas leur tasse de thé, juste parce qu’ils ont de l’éducation et du respect pour les autres, même s’ils ne seraient pas vraiment d’accord pour nous donner l’égalité.

Anybref, comme vous pouvez le constater, nous face à des vies de misère où tous les coups sont permis pour briser des êtres humains et les mettre plus bas que terre. Les femmes et les filles étant celles qui ont la vie la plus infernale puisque le seul métier qu’on leur propose est de faire la pute dans cette ville de Buenos Aires.

Comme à Ken Follet, je reprocherai toujours à Di Fulvio son manichéisme dans ses personnages.

Les méchants n’ont rien pour les racheter et sont pourris jusqu’au bout des ongles (ou de leur bite), hormis quelques uns, mais dès le départ, on se doutait qu’ils n’étaient pas si méchants que ça.

Si dans la vie réelle, certains humains sont des salopards finis, d’autres ont des portraits plus nuancés, des fêlures, un passé qui explique cela et j’apprécie toujours lorsqu’ils les portraits sont en nuance, dans la littérature.

Les palmes d’or des perversions allant à Amos le maquereau, au baron de La Bite Molle et à la princesse du Clito En Biais. Ces deux derniers, sorte de Valmont et Merteuil de ce récit, n’ont vraiment absolument rien pour équilibrer leurs portraits et l’auteur en rajoutera même, des fois que l’on aurait des doutes…

Même si le baron sicilien de La Bite Molle possède moins d’élégance dans la perversion que n’en avait Valmont, que c’est une sorte de potentat local qui se croit tout permis, qui devient bête dans son obsession et qui finira par perdre toute crédibilité dans une scène avec un coupe-papier.

Fallait pas en rajouter, la coupe était déjà pleine pour ce personnage. Trop est l’ennemi du bien. Cela a desservi ce méchant baron sicilien.

Je me plains souvent des auteurs qui bâclent leurs grandes scènes finales en deux coups de cuillère à pot alors qu’on se trouve dans un pavé.

Ce ne fut pas le cas ici, Di Fulvio a pris son temps pour régler tous les problèmes, pour terminer la grande bataille finale, mais à un moment, il est retombé dans ses travers et en a rajouté, ce qui a nuit à l’ensemble car ça devenait trop long. Un peu de péripéties, ça va, trop, bonjour les dégâts.

Avec 150 pages de misères en moins, l’auteur aurait pu offrir à ses lecteurs un roman bourré d’émotions, d’action, d’aventure, sans que cela ne nuise à l’ensemble.

On pourrait penser, en m’entendant bougonner et étaler les défauts du roman, que je n’ai pas apprécié cette lecture. Que du contraire !

En fait, comme Tano, le cordonnier grincheux, je ronchonne entre mes dents pour ne pas que l’on sache que ce récit m’a bouleversé et apporté des tonnes d’émotions, me mettant le cœur en vrac, une fois de plus.

Les personnages gentils m’ont fait vibrer, j’aurais aimé les serrer dans mes bras, les aider, j’ai souffert avec eux, j’ai hurlé à l’injustice comme eux, sans que l’on nous écoute et je les ai vu souffrir sans pouvoir rien faire pour les sortir de là.

Ce roman, après toutes ces souffrances, donne de l’espoir et fait un bien fou au moral, même si dans la réalité, ce genre de fin n’arrive jamais, sauf sans les Disney. Mais merde, de temps en temps, ça fait chaud au cœur de voir triompher le Bien et non le Mal.

C’est une formidable aventure humaine, c’est une histoire de destins brisés, de vies qui auraient dû prendre fin, mais ils se sont accrochés à la vie et Rosetta, comme dans la chanson de J-J.G, a changé la vie des autres.

Alors basta pour les défauts rédhibitoires que son un certain manichéisme, les misères à rallonges et les trames qui sont semblables dans tous ses romans ! Les histoires de l’auteur sont belles à lire et ça me fait passer sur ces gros défauts qui mettraient par terre les romans d’autres auteurs (oui, pas bien, je sais).

Par contre, ces multiples défauts (manichéisme, trame la même) et cette surenchère de violence (parfois gratuite) ont fait en sorte que ma copinaute Bianca n’a pas du tout apprécié sa lecture. 780 pages de malheurs, ça faisait beaucoup… Sa préférence restera pour « Le gang des rêves » (et moi aussi). Suivez le lien !

Lu dans son édition Pocket de 780 pages.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°48] et Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées.

 

Black Panther – Tome 1 – L’empire intergalactique du Wakanda (Partie 1) : Ta-Nehisi Coates, Daniel Acuña et Jen Bartel

Titre : Black Panther – Tome 1 – L’empire intergalactique du Wakanda (Partie 1)

Scénariste : Ta-Nehisi Coates
Dessinateurs : Daniel Acuña et Jen Bartel

Édition : Panini – 100% Marvel (2019)

Résumé :
Dans un futur lointain, le Wakanda s’étend jusqu’aux confins de l’espace. L’impitoyable dirigeant de cet Empire intergalactique revêt le manteau de la Panthère Boire et réduit en esclavage des planètes entières.

Seul un héros pourra faire triompher la rébellion. S’agira-t-il de T’Challa ?

(Contient les épisodes US Black Panther (2018) #1-6)

Critique :
Une fois de plus, je ne connaissais l’univers de Black Panther uniquement via les films de Marvel, mais j’avais apprécié le personnage, l’acteur (snif) et l’univers.

Ici, on change tout à fait d’univers puisque nous ne nous trouvons pas au Wakanda mais dans l’espace infini.

T’Challa est un esclave et a tout oublié de qui il était, sa mémoire ayant été effacée.

Il y a fort, fort longtemps, un petit détachement du Wakanda a établi une colonie au fin fond du fond de l’univers.

Oubliant eux aussi qui ils étaient, ils sont passé de l’auto-défense à l’attaque des autres et de ce fait, sont devenu un empire galactique englobant 5 galaxies. Leur extension de connait pas la crise.

C’est une découverte totale pour moi. Mes premières impressions ont été bonnes puisque j’ai apprécié les dessins et les couleurs, même si le dessinateur Acuña amalgame ses traits des contour et les couleurs.

C’est à l’aveuglette que j’ai plongé dans ce nouvel univers où le Wakanda possède un empire galactique et où le beau T’Challa est un prisonnier de l’empire, en train de creuser dans les mines de Vibranium (pas de charbon, je vous rassure).

Si j’ai bien compris, c’est un changement radical afin de relancer la série.

Cet album est rythmé, avec moult scènes de batailles entre les soldats Impériaux et ceux des Marrons qui font partie des forces de la rébellion. Oui, ça fait un peu Star Wars, tout ça !

En ce qui concerne l’action, on est servi et bien servi. On ne révolutionnera rien dans ces scènes qui restent d’un classique absolu, mais elles sont bien représentées, ont de la fluidité dans les mouvements des différents protagonistes et elles sont crédibles.

Anybref, j’ai été agréablement surprise par cette découverte qui m’a changé de ce que je connaissais de Black Panther et du Wakanda.

Pour le coup, j’aurais peut-être dû commencer par du conventionnel plutôt que par un album qui relance la série avec du tout nouveau, mais bon, j’ai quand même réussi à comprendre et j’ai envie de savoir la suite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°46].

La Venin – Tome 1 – Déluge de feu : Laurent Astier

Titre : La Venin – Tome 1 – Déluge de feu

Scénariste : Laurent Astier
Dessinateur : Laurent Astier

Édition : Rue de Sèvres (09/01/2019)

Résumé :
Colorado, Juillet 1900.

Emily débarque à Silver Creek, petite ville minière en pleine expansion. Mais la jeune femme est-elle vraiment venue se marier comme elle le prétend ?

Rien n’est moins sûr, car dans l’Ouest encore sauvage où les passions se déchaînent et les vengeances sont légion, les apparences sont parfois trompeuses… Et la poudre dicte toujours sa loi !

Surtout lorsque votre passé est plus lourd que la valise que vous traînez.

Critique :
Dans ce western, Patrick Juvet ne pourra pas chanter ♫ Où sont les femmes ♪ puisque c’est une femme qui tient le haut de l’affiche et qu’elle n’est pas la seule.

Avec des prostituées, une bonne sœur et l’épouse d’un médecin, les femmes ne sont pas en minorités et certaines ont quelque chose dans les tripes.

L’histoire commence dans le passé, lorsque Emily est une jeune fille un peu trop curieuse et désobéissante.

Si la curiosité tue les chats, la sienne attisera les envies de certains messieurs. Attention, je ne la déclare pas coupable. Son seul tort fut de ne pas obéir, le tort de certains hommes est de réfléchir avec leur bite qui leur donne un pouvoir certain.

Cette bédé western est assez difficile à chroniquer car je suis en phase avec des avis contraires dans ma tête. D’un côté, j’ai apprécié que l’on mette une femme à l’honneur dans un western, qu’elle ne soit pas une faible femme, mais une qui en a sous la robe.

Les planches sont de couleurs vives, dans des tons ocres, jaunes ou sombres. Les dessins sont agréables pour les yeux, hormis encore un problème de proportion entre la tête d’un cheval et le reste de son corps.

Le côté historique est bien rendu aussi, grâce aux décors, aux couleurs et aux références qui parsèment cette aventure explosive.

L’action est bien présente et il est difficile de s’embêter, les phylactères sont bien remplis, il y a de quoi lire et l’auteur a joué sur les flash-back pour nous parler de l’enfance d’Emily, même si à la fin de ce premier tome, on ait l’impression de ne pas tout comprendre de sa motivation vengeresse.

Même si, en réfléchissant un peu, il me semble voir le pourquoi. Nous en saurons sans doute plus dans les deux prochains tomes (je l’espère). Les multiples références aux grands westerns, qu’ils soit cinématographiques, historiques ou littéraires sont aussi très plaisant à découvrir.

D’un autre côté, à force de multiplier les clins d’œil, ça devient foutraque, lourd, surtout que cela semble parfois un peu forcé, comme ajouté là pour faire bien, afin d’atteindre un quota de références obligées. Ce n’est que mon impression, elle est peut-être faussée.

Dans cette bédé, on a matière à lire, il y a beaucoup d’action, mais là aussi, trop c’est trop et on a aussi l’impression que l’auteur voulait produire un album survolté, sans vraiment réfléchir au réalisme de toute cette aventure un peu folle où Emily change d’identité comme de chemise.

Malgré mes bémols, je ne serai pas trop sévère sur la cotation car j’ai apprécié le personnage d’Emily et que j’ai passé un bon moment de lecture détente, addictive, remplie de suspense, de mystères, d’action et d’aventures avec un grand A.

Sans être tout à fait conquise, je demande à lire la suite. Ceci est le premier coup de semonce, celui qui doit marquer les lecteurs dans le but de les harponner pour la suite. Le premier coup n’est pas toujours parfait…

En espérant que la suite soit meilleure ou, au pire, de même niveau que ce premier tome.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°34] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 66 pages).

La renaissance des héros Marvel – Tome 4 – Captain America : John Ney Rieber et John Cassaday

Titre : La renaissance des héros Marvel – Tome 4 – Captain America

Scénaristes : John Ney Rieber et Ed Brubaker
Dessinateurs : John Cassaday et Ed McGuinness

Édition : Panini Comics Panini Family (2019)

Résumé :
Captain America est le pilier de l’univers Marvel, celui vers qui se tournent les autres héros en cas se doute. Mais que se passe-t-il lorsque la Sentinelle de la Liberté se met à douter ?

Découvrez-le dans deux récits cultes mettant en scène Steve Rogers qui, après avoir affronté des terroristes, devra en découdre avec le Soldat de l’Hiver.

Critique :
Poursuivant ma découverte des super-héros en version comics, je suis tombée sur cette édition avec Captain America.

Les dessins me plaisaient bien, les couleurs aussi, alors, dans mon panier !

Une chose est sûre, pas de regrets. Après avoir lu avec attention les pages d’introduction, après avoir noté ce que cette édition nous conseillait de lire afin de découvrir Captain America, je me suis plongée dans les 2 histoires se trouvant dans ce recueil.

La première parlait de terrorisme et se déroulait post 11 septembre 2001. La seconde était consacrée à Crâne Rouge et à la disparition de Bucky, le compagnon d’arme de Captain durant la Seconde Guerre Mondiale.

Le Captain n’est pas un personnage si lisse que ça, il a ses défauts, il sait faire preuve de violences, même s’il est contre la torture et qu’il essaie de ne pas faire plus de mal qu’il n’en faut. Ce qui est difficile lorsque l’on combat dans un conflit mondial ou contre des terroristes, les dégâts collatéraux sont souvent inhérents à l’action.

Dans ce comics, la violence n’est pas présente à toutes les pages, sans pour autant que le récit vire à celui des Bisounours, mais les auteurs n’ont pas fait dans la surenchère.

Pas de sang (ou si peu), pas de tripes à l’air, bref, c’est propre, même si c’est tout de même sous-entendu (le boum de a personne qui a marché sur une mine).

Sans être une connaisseuse du Cap, rien qu’en ayant vu les films, je ne suis déjà plus vierge de son univers et pas besoin d’avoir révisé pour comprendre ces deux récits qui ont le mérite d’être clairs, nets et précis.

Mon seul bémol sera pour le fait que les quelques phrases prononcées par les soldats allemands ne sont pas traduites et pour le bruitage des mitraillettes : « budda budda » ou « krak ». Bon, les bruiteurs étaient en grève, sans aucun doute… Cela ne nuit pas à la qualité du récit, cela m’a juste fait sourire dans un moment qui ne s’y prêtait guère.

Deux histoires du Cap qui m’ont entraînées dans son univers, avec peu de temps morts (même si nous avons des moments plus calmes), les mystères bien présents, une enquête afin de savoir qui se cache derrière certaines éliminations de Grands Méchants et l’ombre de Bucky qui plane sur les pages (ben oui, j’ai vu les films).

Une bien chouette découverte !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°27].

Le Prince de la nuit – Tome 9 – Arkanéa : Yves Swolfs et Thimothée Montaigne

Titre : Le Prince de la nuit – Tome 9 – Arkanéa

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Thimothée Montaigne

Édition : Glénat (06/11/2019)

Résumé :
Les liens du sang sont éternels…

Kergan s’est désormais trouvé une nouvelle compagne en la personne d’Anna, qu’il a récemment transformée malgré les réticences d’Arkanéa.

Mais alors qu’il croyait s’être émancipé de sa propre créatrice, celle-ci est capturée par Arthémius, conseiller religieux du prince Vladimir, et soumise à de cruelles tortures au sein d’un monastère.

Car l’homme d’Église fait montre d’une ferveur redoutable pour mieux connaître la nature et l’origine des vampires.

Au nom de son dieu unique, il s’autorise à devenir plus maléfique encore que les créatures qu’il prétend combattre.

Partageant la souffrance d’Arkanéa, Kergan prend alors conscience de la puissance du pacte qui les unit. Les liens du sang sont éternels…

Critique :
Kergan a pris son envol, il s’émancipe, il veut s’affranchir de sa meneuse, de sa créatrice et faire d’Anna sa nouvelle compagne.

Comme Arkanéa n’est pas chaude pour un plan à trois, vu que ce sera encore plus difficile de se nourrir et d’échapper aux Humains, il lui fait le coup du crayon : il se taille !

Le Raspoutine de service, grand protecteur de la Foi, réussi à capturer Arkanéa et à lui faire livrer ses petits secrets vampiriques. Et comme Kergan est lié à elle, il va ressentir chacune de ses souffrances.

La religion tient une place importante dans ce neuvième album, surtout lors des discussions entre l’espèce de Raspoutine, qui se sent plus chrétien que le Christ lui-même, qui se sait investi d’une mission divine avec l’accord de Dieu (qui une fois encore, n’a sans doute rien demandé).

Frère Arthémius considère comme blasphème les croyances de certains qui ont pour dieux les éléments de la Nature, comme ce fut le cas pour Arkanéa, avant de devenir vampire et comme c’est toujours le cas pour ceux qui résistent encore à la conception d’un dieu unique.

Kergan commence à montrer le vampire qu’il deviendra, lorsque nous le recentrerons plus tard, dans les premiers albums car, tel les humains qui adoptent un animal de compagnie, il fera ensuite comme beaucoup en abandonnant Anna à son triste sort dans les bois.

Une fois de plus, si les dessins de Montaigne ne sont pas ceux de Swolfs auxquels j’étais habituée, j’ai apprécié son trait, même si, comme pour le précédent album, le blanc des yeux, trop présent, donne à bien des personnages des traits hallucinés.

Les personnages ne sont pas tout blancs ou tout noirs, on a des nuances, la ligne rouge est toujours proche et à force de regarder dans l’abyme, l’abyme regarde en nous aussi.

C’est un très bon scénario, que j’ai apprécié et qui nous offre des êtres vampiriques comme je les aime, sans états d’âmes, ne se nourrissant pas de sang de biches innocentes au fond des bois, mais bien de sang humain.

Ma foi, ça valait peut-être le coup d’attendre si longtemps avant de retrouver Kergan le vampire (que je ne pensais plus jamais revoir autrement qu’en relisant mes anciennes bédés) dans des récits maîtrisés, cohérents et de très bonne facture, ce tome-ci étant encore mieux que le précédent.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°XX] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages).

Le Prieuré de l’Oranger : Samantha Shannon

Titre : Le Prieuré de l’Oranger

Auteur : Samantha Shannon
Édition : de Saxus Fantasy (31/10/2019) – 958 pages
Édition Originale : The Priory of the Orange Tree (2019)
Traduction : Charlotte Lungstrass-Kapfer

Résumé :
Un monde divisé. Un reinaume sans héritière. Un ancien ennemi s’éveille. La maison Berethnet règne sur l’Inys depuis près de mille ans.

La reine Sabran IX qui rechigne à se marier doit absolument donner naissance à une héritière pour protéger son reinaume de la destruction, mais des assassins se rapprochent d’elle…

Ead Duryan est une marginale à la cour. Servante de la reine en apparence, elle appartient à une société secrète de mages.

Sa mission est de protéger Sabran à tout prix, même si l’usage d’une magie interdite s’impose pour cela.

De l’autre côté de l’Abysse, Tané s’est entraînée toute sa vie pour devenir une dragonnière et chevaucher les plus impressionnantes créatures que le monde ait connues.

Elle va cependant devoir faire un choix qui pourrait bouleverser son existence. Pendant que l’Est et l’Ouest continuent de se diviser un peu plus chaque jour, les sombres forces du chaos s’éveillent d’un long sommeil…

Bientôt, l’humanité devra s’unir si elle veut survivre à la plus grande des menaces.

Critique :
♫ La Mère, voici le temps venu, D’aller prier pour notre salut, le Sans-Nom est revenu ♪
♪ Le Saint, tu peux garder ton vin ♪ Ce soir on boira notre chagrin ♪ le Sans-Nom est revenu ♪
♫ Toi la reine Sabran, Tu peux sortir tes dents ♪ Les dragons sont revenus ♪

La première chose qui a attiré mon œil sur ce roman, c’est sa magnifique couverture ! Une œuvre d’art. La 2ème c’est que ce roman était best-seller du New-York Times puis j’ai lu la mention « Mérite d’avoir autant de succès que GOT ». Allez hop, vendu !

N’est pas Georges R.R. Martin qui veut… Si l’univers développé par l’auteurs est riche, si ses personnages sont nombreux, si les femmes sont mises en avant et si on a des intrigues de pouvoir, on est loin tout de même des intrigues étoffées de GOT, de ses personnages marquants et de ses salopards flamboyants !

Le début du roman fut assez laborieux, je ramais entre les différentes régions de l’Est et de l’Ouest, face à tous les personnages et les 300 premières pages ont été lues à la vitesse d’un escargot asthmatique, ce qui est rare chez moi, étant donné que j’ai dévoré des pavés de plus de 600 pages en deux jours à peine.

Pour que je préfère regarder une rediffusion de « Petits meurtres en famille » (que je connais) au lieu de lire ce pavé, est un signe qui ne trompe pas : je m’y ennuie ! Pour que je préfère aller repasser mon linge, moi qui déteste ça, c’est un encore plus un signe qui ne trompe pas : je m’emmerde ! L’introduction est fort longue et sans des moments un peu plus excitants, je pense que j’aurais été voir ailleurs.

Certes, il fallait présenter l’univers dans lequel nous allions évoluer, mettre tout en place, mais il y avait peut-être moyen de le faire moins long ou de mieux incorporer ces moments creux dans le récit général, au fur et à mesure. Le récit est dense, on suit plusieurs trames scénaristiques et au départ, il y a assez bien d’informations à retenir et à digérer.

À l’Est, en Seiiki, on vénère les dragons et des dragonniers chevauches des dragons d’eau, tandis que dans l’Ouest, en Yniss, on chasse et on craint les dragons.

De plus, dans l’Ouest, la religion se nomme Vertu, elle a ses règles très strictes et ceux qui la pratique aimeraient que tout le monde ait cette religion car c’est la Vérité. Ça ne se discute même pas. Dans l’Est, au contraire, on a une autre véritable Vérité et elle remet en cause les textes sacrés et les mythes que cela a créé. Ailleurs, ce sont des autres croyances…

— Ce décret a mille ans, répondit sèchement Sabran. Le Saint a écrit de sa main que toutes les autres croyances ne sont que mensonges.
— Ce n’est pas parce qu’on a toujours fait quelque chose qu’on doit absolument continuer.

Les problèmes entre les religions est un des points que j’ai apprécié dans ce roman car ils avaient des senteurs que nous connaissons bien, quand des gens très pieux considère les croyances des autres comme hérétiques, persuadés qu’ils sont meilleurs que les autres alors qu’ils n’ont aucune tolérance ou courtoisie pour autrui, bien que la tolérance et la courtoisie soient de leurs vertus.

— La piété peut transformer ceux qui ont soif de pouvoir en véritables monstres, prêts à distordre n’importe quel précepte pour justifier leurs actions, affirma Ead.

— En effet. » Elle sirota un peu de son vin. « Je suis sûre que vous apprécieriez énormément la compagnie d’une hérétique.
— Nous ne vous définissons plus de la sorte. Ainsi que je vous l’ai promis dans ma lettre, ces jours sont révolus.
— Je constate qu’il n’a fallu à la maison Berethnet qu’un petit millénaire et une crise majeure pour suivre ses propres enseignements concernant la courtoisie. 

La solidarité ne devient intéressante que lorsque l’on est le dos au mur et que l’on a besoin des autres pour vaincre l’ennemi commun. Pourtant, c’est bien connu que l’union fait la force… C’est plus facile de le prendre comme devise que de l’appliquer, bien entendu.

Une autre chose que j’ai apprécié, c’est que certains personnages ont évolués, passant de « chieurs nés » à « personnage avec ses blessures et ses faiblesses » que l’on arrivait à comprendre et puis à apprécier.

Le reste est de facture classique avec le retour d’un Grand Méchant qui se nomme le Sans Nom, une prophétie, des mensonges racontés depuis des siècles, des élus, des armes magiques pour le terrasser et une alliance entre plusieurs peuples que tout sépare, notamment les croyances…

Sauf en ce qui concerne le féminisme, bien mis en avant, puisque l’on a un reinaume gouverné par des femmes depuis des siècles et que les personnages féminins ne sont pas des créatures apeurées ou stéréotypées. Malgré tout, les femmes sont toujours ramenée à leur but primaire : pondre des enfants !

Un bon point aussi pour le fait que les amours n’étaient pas que Homme/Femme mais aussi homosexuelles (hommes ou femmes). Un petit pas qui pourrait déboucher sur un grand pas… Qui sait ?

Hélas, ce qu’il a manqué le plus, dans ce roman, ce sont les émotions provoquées par le récit et celles que l’on aime ressentir pour certains personnages. Ici, que dalle, nada. Même si j’en ai apprécié quelques uns, ils ne marqueront pas mon esprit comme d’autres le firent, même en ne parlant que du genre fantasy.

La saga de « L’épée de vérité » (Terry Goodking) n’était pas exempte de lourds défauts (dichotomie, manichéisme, violences, tortures, bienséance dans ses rapports H/F et personnages « Mary & Gary Stu »), mais elle avait de la flamboyance et m’avait apportée des émotions à foison. Ce qui a manqué cruellement dans le prieuré, alors qu’il n’avait pas les défauts de la saga de Goodking. Comme quoi…

Il est aussi un équilibre difficile à atteindre dans les finals : trop longs, on n’en voit pas le bout et quand c’est trop court, on a l’impression qu’on s’est tapé des longs préliminaires pour que se retrouver avec un bouquet final qui se termine bien trop vite. Tout ça pour ça ?? 50 pages à tout casser ? J’aurais aimé que cela durât plus longtemps.

C’est mitigée que je ressors de cette lecture dont l’équilibre du scénario n’était pas atteint. Trop de langueurs monotones au départ, des personnages agréables mais sans être marquants et un combat final qui se termine bien trop vite.

Des critiques élogieuses de ce roman se trouvent sur Babelio et je vous invite à aller les découvrir. J’aurais aimé ressentir ce que les autres lecteurs/trices ont ressenti en lisant de pavé… Hélas, j’ai pris une toute autre direction.

Lu dans sa version publiée aux éditions De Saxus et faisant 958 pages (qui furent longues).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°05], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°73], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°68] et Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées.

Helstrid : Christian Léourier [LC avec Rachel]

Titre : Helstrid

Auteur : Christian Léourier
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (21/02/2019)

Résumé :
Certains mondes ne sont pas faits pour l’humanité : Helstrid est de ceux-là. Des températures de -150 °C ; des vents de 200 km/h ; une atmosphère toxique.

Pourtant, la Compagnie tient à exploiter ses énormes ressources en minerai, appâtant les volontaires à l’exil à grand renfort de gains conséquents.

Des hommes et des femmes à l’image de Vic, qui supervise le travail de prospection et d’exploitation des machines. Un job comme un autre, finalement, et qui vaut toujours mieux que d’affronter son passé laissé sur Terre…

Jusqu’à ce que le porion soit contraint d’accompagner un convoi chargé de ravitailler un avant-poste à plusieurs centaines de kilomètres de la base principale.

Un trajet dangereux, mais les IA sont là pour veiller à la bonne marche des véhicules suréquipés et à la protection du seul humain embarqué. Dans pareilles conditions, tout ne peut que se passer au mieux…

Critique :
♫ Plaisir d’amour ne dure qu’un moment ♫ Chagrin d’amour dure toute la vie ♪

Vic, après un gros chagrin d’amour, a signé un contrat comme on s’engagerait dans la légion : 5 ans à bosser sur la planète Helstrid.

Sauf que ici, ça va durer bien plus longtemps et que lorsqu’il reviendra sur Terre, tout le monde aura pris un coup de vieux. Comment est-ce possible ? Parce que le voyage entre la Terre et Helstrid dure 25 ans !

Un huis-clos sur une autre planète, où les conditions climatiques sont dantesques, à tel point qu’on se demande si ça vaut vraiment la peine d’y envoyer des Hommes vu que les I.A sont capables de tout gérer elles-mêmes, sans faire des bévues comme l’Homme.

Dans cette novella, on aura l’opposition intelligence artificielle avec celle de l’Homme, en particulier Vic, le personnage principal, avec Anne-Marie, l’I.A qui s’occupe de faire fonctionner son camion et qui est bien plus intelligente et plus raisonnée que l’Homme dont elle est chargée de garder en vie.

Vous vous doutez bien que le voyage ne sera pas de tout repos, sinon, pas de quoi écrire une novella. Et des coups du sort, Vic va en subir une kirielle, prouvant par là que les emmerdes volent bien en escadrilles.

Vic n’est pas un personnage pour qui on aura de l’empathie, il râle tout le temps, n’arrête pas de penser à son ex-copine qui l’a planté comme un con sur Terre, ensuite, il râle sur l’I.A Anne-Marie qui se la joue psychanalyste et qui nous assure que tout ira très bien, madame la marquise parce qu’elle va trouver un autre itinéraire, no panique.

N’ayant que peu lu de la SF, je ne pourrai pas me baser sur mes lectures pour juger cette novellas de space-opera. Pour moi, tout est quasi nouveauté. Le côté huis-clos était prenant et même si je me suis doutée de la fin, j’ai tout de même mis les gaz pour vérifier mon hypothèse.

Le format court nous empêchera d’en savoir plus sur cette planète où le climat change souvent, où des secousses sismiques ont lieu ainsi que des tempêtes, ni si la Compagnie qui exploite cette planète fera des économies en s’abstenant d’y envoyer des hommes qu’elle paie bien cher pour se tourner les pouces…

Une LC faite sur proposition de Rachel, que je remercie au passage, de m’avoir fait découvrir un autre ouvrage de la collection Le Bélial’. Comme moi, elle a apprécié sa lecture, a trouvé Vic peu attachant et à adoré le final.

Les secrets de Cloudesley : Hannah Richell

Titre : Les secrets de Cloudesley

Auteur : Hannah Richell
Édition : Belfond Le cercle (03/10/2019)
Édition Originale : The peacock summer (2018)
Traduction : Julia Taylor

Résumé :
Quand un manoir de famille anglais recèle un terrible secret, celui des amours interdites entre une femme du monde et un peintre célèbre de l’après-guerre… Maggie, artiste de 25 ans, a mis les voiles pour l’Australie.

Un jour, un appel de l’hôpital : Lillian, sa grand-mère chérie, celle qui l’a élevée, vient d’avoir une attaque. Aussitôt, Maggie s’envole direction l’Angleterre et la petite ville de Clouds Green dans la campagne du Buckinghamshire.

Au chevet de Lilian, elle lui promet de la ramener chez elle, au manoir de Cloudesley. Mais Maggie se rend compte que la maison de son enfance a perdu de sa superbe : la poussière a colonisé les lieux, les fuites d’eaux et les dettes s’accumulent.

Au fil des années, la fortune de feu Charles Overton, riche marchand d’art, s’est réduite comme peau de chagrin et les promoteurs immobiliers rodent tel des vautours. La jeune femme est bien décidée à remuer ciel et terre pour sauver le domaine mais la tâche s’annonce ardue.

Elle ne sait pas encore qu’entre ses vieux murs, la demeure abrite un trésor mais aussi un terrible secret.

Car soixante ans auparavant, le temps d’un été, Lillian a connu une passion dévastatrice, dangereuse, et a vu sa vie basculer…

Maggie parviendra-t-elle à sauver Cloudesley ? La révélation du secret de Lillian lui permettra-t-elle de faire la paix avec son propre passé ?

Critique :
Au vu du résumé, ce roman n’était pas fait pour moi. Sans la chronique tentatrice de ma copinaute Bianca, jamais ce roman ne serait entré dans ma PAL.

L’histoire est tristement banale : une femme, Lillian, a épousé un homme (Charles Overton) qui n’était pas celui qu’elle pensait.

L’amour est à sens unique, dans leur couple, et son époux est du genre enfant gâté qui commande et à qui on ne refuse rien. Il est sadique, machiavélique et Lillian est sa possession.

Durant un été, Lillian va vivre une histoire d’amour torride avec un peintre nommé Jack. Non, non, pas le Jack qui meurt gelé à la fin de Titanic. Que Céline Dion arrête sa chanson !! Bien que le Jack, d’après les descriptions, pourrait être aussi sexy que Di Carpaccio dans le film avec l’iceberg.

L’art d’un auteur est d’arriver à sublimer une histoire vue et revue, lue des centaines de fois, afin d’emporter son lectorat avec son récit. Pas de doute, Hannah Richell a parfaitement réussi sa mission parce que dès les premières lignes, j’ai été happée par ce récit où s’entremêle deux époques bien distinctes.

La première nous est contemporaine. Maggie, jeune fille qui a foiré une partie de sa vie, revient à Cloudesley, magnifique bâtisse qui a connu ses heures de gloire et qui maintenant est comme Lillian, sa propriétaire : décrépite, fuitant de partout et en fin de vie, même s’il leur reste encore du souffle.

L’autre histoire (années 50) est celle de Lillian, la jeune épouse non comblée du propriétaire de Cloudesley, mariée à un tyran et qui va découvrir l’amour, le vrai, celui avec un grand A, celui qui emporte tout. Vas-y Céline, chante !

Oui, le récit faisait « convenu », je me demandais comment l’auteure allait réussir à sublimer une histoire aussi banale et pourtant, elle y est arrivée les doigts dans le nez (enfin, je n’ai pas été vérifier…).

La première chose essentielle était de réussir les personnages et c’est chose faite. Pas de wonder-woman dans ces pages, juste des femmes normales, avec leurs soucis, leurs emmerdes, bref, des portraits réalistes, attachants et non stéréotypés ou caricaturés.

Rien n’est simple, rien n’est facile dans la vie et Lillian a dû afficher devant les autres un visage souriant (♫ je vais bien, tout va bien ♪) car c’est ce que les gens voulaient voir.

Ben oui, comment ne pas être heureuse en ayant épousé un homme riche, encore séduisant malgré son âge et en vivant dans une aussi belle demeure que Cloudesley ? La cage était dorée, mais personne n’a jamais réussi à le comprendre, sauf Jack qui a observé (tel un Sherlock Holmes).

Mon seul bémol sera pour la fin qui paraît un peu précipitée, qui reste ouverte et dont j’aurais aimé que l’auteure la referme, même si, dans ma tête, je ne doute pas que Maggie puisse vivre, elle aussi, une belle histoire d’amour.

Sans jamais sombrer dans la guimauve à deux balles, l’auteure réussit à emporter son lecteur dans ce récit à deux voix, mêlant adroitement les deux époques, les souvenirs et les secrets remontant à la surface.

Un très beau récit, rempli d’émotions, tout en douceur à certains moments, tout en violence à d’autres, l’un contrebalançant l’autre, le tout dans des ambiances dignes des plus grands manoirs anglais. Bref, une réussite.

Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°66],  Le challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°68].

Les aventures du fils de Sherlock Holmes racontées par le Dr. Watson : Dr Watson

Titre : Les aventures du fils de Sherlock Holmes racontées par le Dr. Watson

Auteur : Dr Watson
Édition : PRNG (2019) / De Varly (01/03/2020)
Édition Originale : The Adventures of the Son of Sherlock Holmes (1910)
Traduction :

Résumé :
Quel est le lecteur qui ne se souvienne d’avoir suivi avec un intérêt parfois passionné le récit des aventures du célèbre Sherlock Holmes ? Mais voici plus de dix ans que le génial policier a cessé d’étonner les deux mondes par ses exploits prodigieux.

Hâtons-nous de les rassurer : Sherlock Holmes n’est pas mort. Il a eu la bonne fortune d’entrer en possession d’un héritage qui en fit, presque du jour au lendemain, un des plus riches propriétaires du Royaume-Uni.

Depuis lors, son existence se passa dans son manoir, au milieu de ses vastes domaines dans le Comté de Devon, où il goûte un repos bien gagné, après tant d’années d’une existence aventureuse, où sa vie fut si souvent à la merci du moindre incident.

Il y mène l’existence du gentilhomme, partagé entre la gestion de son bien et l’éducation de ses enfants.

Son fils aîné, qui porte le nom de Sherlock, comme son père, vient d’atteindre sa vingt-sixième année . il est sorti depuis trois ans du Collège of Physicians und Surgeons avec le grade de docteur en médecine.

Très répandu dans la société élégante de New-York, où le grand renom de son père et sa fortune, et les manières affables du jeune homme lui ont valu le meilleur accueil, il va y trouver matière à d’intéressantes études et les aventures ne vont pas lui manquer.

Ce sont quelques-unes de ces aventures, racontées par le docteur Watson — qui se fait l’historiographe du fils après avoir été celui du père — que le lecteur va lire.

Il pourra se convaincre que, si Sherlock Holmes a disparu de la scène, son génie, comme son nom, va revivre dans son fils, en qui s’annoncent déjà toutes les qualités qui font les grands détectives…

Critique :
Ce roman de 200 pages comporte trois nouvelles. C’est le format qui convient le mieux aux enquêtes de Sherlock Holmes qui sont plus rapides que celle d’Hercule Poirot.

Ici, le Sherlock qui enquête est le fils du célèbre détective du 221b Baker Street.

S’il possède l’intelligence de son père, il lui manque malheureusement son charisme et sa prestance. Là, j’ai souvent eu l’impression d’être face à un gamin riche et gâté qui aurait peut-être eu besoin d’une bonne fessée de temps en temps.

Quant à ce pauvre Watson, il n’a pas le plus beau rôle car il fait figure de l’homme qui doute de tout, même de l’innocence du fils de son meilleur ami.

Sans compter que dans la première affaire, il n’a pas été très futé, notre brave docteur Watson ! J’avais compris le truc bien avant lui, il était tellement flagrant qu’il m’avait sauté à la gueule et mordu le nez.

Avant d’aller plus loin, je tiens tout de même à m’insurger contre l’édition lue qui était bourrée de coquilles en tout genre : faute de frappe, oubli de lettre, erreur d’espacements au niveau de la ponctuation (oubli d’un espace après la virgule, oubli de l’espace après le point, oubli de l’espace avant le point d’exclamation – et souvent dans les dialogues, un espace entre le mot et la virgule,…) ou présence de point final au milieu d’une phrase et j’ai même eu un S majuscule fait avec le sigle $ (dollar) et ce n’était pas un jeu de mot. Sur un clavier AZERTY, ils ne sont pas l’un près de l’autre, pourtant.

À une moyenne de 2 à 3 coquilles par pages, multiplié par 200 pages, ça en fait beaucoup. Alors oui, nous faisons tous des fautes d’inattention dans nos chroniques, j’en retrouve toujours dans les miennes, même après relecture, j’en loupe des tonnes aussi, mais le prix de cet ouvrage étant de 17€, je l’ai trouvée saumâtre !

Passons au point plus agréable maintenant que l’abcès est percé : les trois nouvelles sont bien conçues point de vue enquête et résolution. On ne cassera pas la baraque, mais elles étaient bien fichues.

Rien d’exceptionnel, des enquêtes de bonne facture, correctes, sans jamais posséder des résolutions qui déchirent puisque j’ai vu venir bien des trucs et astuces, contrairement à Watson. Hors ce dernier ne doit jamais être plus bête que le lecteur, mais à son niveau !

Se déroulant en Amérique, à New-York pour être plus précise, ces nouvelles manquaient des épices anglais traditionnels, ceux dans lesquels ont baigné Holmes et Watson, formant un duo complémentaire et équilibré.

Le fiston, bien que très intelligent et fougueux, n’atteint jamais le charisme de son père (dont on ne saura rien, même pas le nom de son épouse), semble être une pâle copie. Son immigration aux États-Unis n’apporte rien, à mon sens, aux récits des enquêtes qui auraient eu plus d’ancrage, de poids, de sel, si elles avaient été en Angleterre.

Pas tout à fait une réussite, pas tout à fait un échec, c’est le cul entre deux chaises que j’ai terminé ce recueil de nouvelles qui dataient de l’an 1910…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°313].

Les Dernières heures : Minette Walters [LC avec Bianca]

Titre : Les Dernières heures

Auteur : Minette Walters
Édition : Pocket (28/04/2021) – 752 pages
Édition Originale : The Last Hours (2017)
Traduction : Odile Demange

Résumé :
Mois de juin de l’an 1348 : une épidémie monstrueuse s’abat sur le Dorset et décime peu à peu les habitants. Nobles et serfs meurent par milliers dans d’atroces souffrances.

Quand la pestilence frappe Develish, Lady Anne a l’audace de nommer un esclave comme régisseur. Ensemble, ils décident de mettre le domaine en quarantaine pour le protéger.

Bientôt, les stocks de vivres s’amenuisent et des tensions montent car l’isolement s’éternise. Les villageois craignent pour leur sécurité lorsqu’un événement terrible menace le fragile équilibre.

Les gens de Develish sont en vie, mais pour combien de temps encore ? Et que decouvriront-ils quand le temps sera venu pour eux de passer les douves ?

Critique :
♫ Confinés ♪ On était tout le monde confiné ♪ À voir nos existences s’arrêter ♪  À s’emmerder en se demandant pourquoi ♪ La peste est là ♪

♫ Confinés ♪ Inutile de fuir ou de lutter ♪ C’est écrit dans notre destinée ♪ Vous ne pourrez pas y échapper ♫ C’est gravé… ♪

♪ L’avenir ♪ Malgré nous est totalement plombé ♪ Tous nos désirs de liberté inespérés ♪ Limités, terminés ♫ (*)

Angleterre, 1348… La peste vient de faire une entrée remarquée, exterminant des populations entières dans des petits villages, n’épargnant ni les riches, ni les serfs.

Les conditions d’hygiène de l’époque étaient déplorables, puisque l’on vidait les pots de chambre dans des ruisseaux, sur le seuil de sa maison, que l’on déféquait dans les champs ou que l’on se soulageait là où l’on se trouvait.

Pourtant, à Develish, on est un peu plus propre qu’ailleurs, un peu plus intelligent aussi, plus éveillés, tout ça grâce aux conseils éclairés de Lady Anne. C’est d’ailleurs d’elle que va émaner l’ordre de se retrancher sur le domaine et de n’y laisser entrer quiconque.

Ça vous dirait un p’tit confinement de derrière les fagots ? De voir comment ça se déroule, lorsqu’on ne peut sortir du domaine où l’on s’est retranché ? Et qu’en 1348, Netflix n’existait pas, l’Internet non plus, la télé encore moins, la littérature était pauvre et réservée à ceux qui savaient lire (ils sont peu nombreux), pas de tuto sur You Tube pour apprendre la zumba, la guitare sans peine ou le macramé.

En 1348, pas question de se tourner les pouces, il faut consolider les murs, creuser des latrines, surveiller les réserves de bouffe parce que le supermarché du coin n’a pas encore été inventé. Faudra aussi occuper ses serfs, une fois que le boulot sera terminé et qu’ils ne pourront, aux champs, retourner.

Je ne suis pas exempte de reproches envers ce roman historique, notamment en ce qui concerne les personnages, un peu trop tranchés à mon goût, limite des caricatures, sans aucune nuances ou alors, quand ils en ont, c’est à la grosse louche, comme Thaddeus, le bâtard qui a appris à lire, qui est intelligent, beau mec, calme, pondéré, qui ne possède pas son cerveau dans sa queue et qui, parfois, alors qu’il est paré de toutes les vertus, réagit de manière bizarre, alors qui si un autre avait fait de même, il l’aurait raillé.

Lady Anne est une sainte femme, on la canoniserait bien de son vivant : elle est intelligente, elle sait lire, est instruite, rusée, subtile, est aimée de ses serfs, leur a inculqué des idées de libertés, est à deux doigts d’inventer le socialisme (le vrai) avant l’heure, a donné des conseils sexuels aux femmes et n’hésite pas à remettre en question les dictats de l’Église.

Or nous sommes en 1348, ne l’oublions pas. L’Église a la puissance de croiseurs de combats. Les messages de lady Anne sont beaux, porteurs d’espoir, elle est humaine, réfléchie, ce qu’elle dit est vérité, mais on plonge à fond dans la caricature non réaliste vu l’époque. Elle pourrait le penser mais le dire… Oups.

A contrario, sa fille, Eleanore, est aussi bête que méchante (mais sans faire rire, comme le ferait un Joe Dalton), stupide, bornée, débile, mauvaise foi comme ce n’est pas possible de l’être (Fillon en jupons et en pire). Sans doute a t-elle trop regardé des Disney, car elle se prend pour une grande princesse, la chérie de son papounet d’amour (un débile, crétin, aviné, concupiscent, la totale) et refuse d’ouvrir les yeux quand son monde s’écroule.

On pourrait la comprendre, les certitudes et les illusions qui s’envolent, ça fait mal. Devoir ouvrir les yeux sur son avenir, qui part en couilles, demande du courage, s’inventer un monde imaginaire et accuser les autres de tous les maux peut aider à passer des caps difficiles.

Le problème est que rien ne vient atténuer son portrait et qu’elle s’enfoncera de plus en plus dans ses mensonges, dans sa réalité tronquée, alternée, dans sa haine, son mépris des autres, ses contradictions, à tel point qu’être aussi stupide n’est pas réaliste (un peroxydé blond a fait de même et c’était trèèèès lourd) car c’est le grand écart entre les deux personnages et là, trop is te veel (trop c’est trop).

On a juste envie de balancer la fille dans les douves et ensuite, après repêchage, de la foutre dans les latrines remplies et de déféquer dessus. Il y a des baffes qui se perdent, parfois.

Autant la mère est parée de toutes les vertus (un Christ au féminin) autant sa fille est parée de toutes les tares de la terre et de tous ses défauts (sauf qu’elle est bêêêlle et qu’elle le sait).

Le rythme du roman n’est pas trépidant non plus, il prend le temps de se mettre en place, sans pour autant en profiter pour éclairer le lecteur sur le côté historique (ou si peu). Nous sommes en 1348, il y a la peste, la guerre de Cent Ans, l’auteure aurait pu ancrer un peu plus son récit dans l’Histoire, nous apporter des détails, mais là, c’est assez pauvre.

Si on prenait la tension du récit, on serait dans la chute de tension totale. Votre palpitant ne risque pas grand-chose durant votre lecture.

Le récit n’offrira guère de péripéties aux lecteurs, hormis quand certains iront nous la jouer « En balade », bien que ça ressemble plus à une escapade du Club des Cinq, version enfants gâtés et pleurnichards (pendant une épidémie de peste, d’accord), qu’autre chose. Quelques moments plus intenses que d’autres, mais pas de quoi vous donner de la tachycardie. Le suspense était parti en vacances, sans aucun doute.

Puisque j’en suis à rhabiller le roman pour l’hiver, j’ajouterai qu’il manquait d’émotions, n’ayant pas réussi à me faire vibrer avec son histoire de confinement (qui se passe presque mieux que celui imposé par nos gouvernants), d’épidémie de peste, ni avec ses différents personnages trop parés de toutes les vertus, opposés à d’autres parés de tous les défauts du monde. Ils étaient trop lisses, sans aspérités, sans rien pour équilibrer les portraits.

Avec Ken Follet ou Kate Moss, ça passe, mais ici, ça coince un peu aux emmanchures.

Pourtant, malgré cette volée de bois vert que je viens de lancer sur ce roman (qui en plus possède une suite, argh !!!), je l’ai avalé en deux jours, sans sauter de pages (juste quelques lignes quand je me faisais chier).

Non pas par pur masochisme, n’exagérons pas, c’est juste que je voulais savoir comment tout cela allait se terminer (j’en suis pour mes frais, la suite au prochain épisode), si, à un moment donné, la peste de Eleanore allait ouvrir les yeux et arrêter de répandre ses bubons fielleux sur tout le monde. Et parce que, malgré ma critique sévère, je ne me suis pas trop emmerdée en lisant ce roman… Paradoxe, quand tu nous tiens.

Un roman historique qui aurait pu être un roman noir, mais qui a loupé le coche, qui aurait pu apporter un peu plus de détails sur la vie dans l’Angleterre de 1348 et qui est passé à côté de sa mission, où la Guerre de Cent Ans n’est nullement mentionnée, un roman où les personnages auraient pu être plus équilibrés, moins fades, moins caricaturés à l’extrême, mais qui a failli à ce principe là aussi.

Un roman mettant en scène la peste noire sans que cette dernière soir l’héroïne du récit, où le confinement de toute une population dans l’enceinte du château semble plus facile que ce que nous avons vécu en mars 2020 (avec nos technologies pour nous divertir)…

Sans oublier un manque flagrant de rythme, d’émotions, l’impossibilité pour le récit de vraiment prendre son envol afin d’emporter son lecteur. Le plat avait l’air super mais au final, il manquait de corps (oups) et l’équilibre des goûts n’était pas là. Dommage.

Bianca, ma copinaute de LC, a pensé la même chose que moi de cette lecture (voyez sa chronique). Nous sommes déçues de concert. La pauvre a mis plus de temps que moi à en venir à bout. Ma motivation était que, une fois celui-ci terminé, j’allais pouvoir retourner à mon « Gengis Khan – Tome 03 » qui lui était addictif à fond.

(*) Parodie de la chanson « Destinée » de Guy Marchand (merci à lui, encore une fois, car je lui emprunte souvent sa chanson).

Lu l’édition Pocket faisant 725 pages.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°305], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°58], Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine et Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées.