Trilogie d’une Nuit d’Hiver – 01 – L’ours et le rossignol : Katherine Arden [LC avec Bianca]

Titre : Trilogie d’une Nuit d’Hiver – 01 – L’ours et le rossignol

Auteur : Katherine Arden
Édition : Denoël – Lunes d’encre (2019) / Folio SF (2020)
Édition Originale : Winternight, book 1: The Bear and the Nightingale (2017)
Traduction : Jacques Collin

Résumé :
Au plus froid de l’hiver, Vassia adore par-dessus tout écouter, avec ses frères et sa sœur, les contes de Dounia, la vieille servante.

Et plus particulièrement celui de Gel, ou Morozko, le démon aux yeux bleus, le roi de l’hiver. Mais, pour Vassia, ces histoires sont bien plus que cela.

En effet, elle est la seule de la fratrie à voir les esprits protecteurs de la maison, à entendre l’appel insistant des sombres forces nichées au plus profond de la forêt.

Ce qui n’est pas du goût de la nouvelle femme de son père, dévote acharnée, bien décidée à éradiquer de son foyer les superstitions ancestrales.

Critique :
Winter is coming… L’hiver vient.

Et en Rus’, quand l’hiver vient, c’est du costaud : on se gèle les miches, on ne mange plus à sa faim, on maigrit, la neige est haute, elle recouvre tout et le gel vous mord les chairs à tel point que vous pourriez perdre des membres.

M’attendant à lire de la fantasy, j’ai été surprise en constant que l’univers resterait dans le registre du fantastique, lui-même puisant son inspiration dans le folklore et la mythologie slave.

Pas de soucis ! J’ai adoré découvrir ce moyen-âge Rus’ (la Russie n’existait pas encore en tant que pays) et me plonger dans la vie d’une famille, 200 ans avant Ivan Le Terrible.

Dans les années 1300, la femme n’avait pas de droits, si ce n’est de se marier et de pondre des chiées de gosses, si possible des garçons vigoureux, merci bien. L’autre option, c’est le couvent… Sympa.

Vassia, elle, adore porter les habits d’un de ses frères, grimper aux arbres et parler aux esprits protecteurs de la maison, sorte d’Elfes de maison qui la protège, si on leur laisse des offrandes. Et pour que le domovoï me reprise mes chaussettes, je lui laisserai tout le pain sec qu’il désire ! Idem pour le vazila (l’esprit des chevaux).

La Russie m’a toujours fascinée, tout en m’effrayant. Ressentir son Histoire, son folklore, son climat, sa Nature, ses habitants au travers de la littérature, c’est ce qu’on a inventé de mieux pour éviter tout risque de se faire tuer par un guerrier du Khan de la Horde d’Or (empire turco-mongol gouverné par une dynastie issue de Djötchi, fils aîné de Gengis Khan), de crever de froid dans une forêt en plein hiver, de finir au couvent ou mariée avec une chiée de gosses à mes basques !

Ce roman fantastique ne brillera pas par son rythme endiablé, que du contraire. Il se passe peu de choses durant des centaines de pages, ou alors, juste des petits évènements et pourtant, jamais je n’ai ressenti de l’ennui durant ma lecture. Il est des romans guère plus épais qui m’ont semblé plus longs et qui furent lus en plus de jours (suivez mon regard sur ma chronique des enquêtes de Irene Adler et Holmes).

Découvrir le folklore et les contes Rus’ m’a passionné, les personnages m’ont emportés, surtout la jeune Vassa, jeune fille qui aimerait être libre et que tout le monde regarde de travers en la traitant de sorcière parce qu’elle veut vivre différemment des autres… Ajoutons à cela le poids de la religion et la place importante que va prendre Konstantin, le prêtre local en les faisant tourner le dos à leurs anciennes croyances.

Tous les personnages, même Anna, la belle-mère bigote, sont bien traités, ont de l’épaisseur et évitent le côté manichéen que l’on retrouve souvent d’autres romans. Oui, on aimerait baffer Anna, mais on peut aussi comprendre ses peurs, elle qui n’a pas accepté ce qu’elle était.

Anna est terriblement humaine et comme les autres, son désir le plus cher est de protéger la fille qu’elle a eu. À elle non plus, on ne lui a pas demandé son avis, lorsqu’on l’a mariée de force, elle qui voulait entrer au couvent.

Ce que j’ai apprécié aussi, dans ce roman fantastique, c’est qu’il n’y a pas de chevalier sans peur, de super homme fort. Il y aura des hommes courageux, de ceux qui donneraient leur vie pour leur famille, mais rien de surhumain. Des frères et des pères, tout simplement, qui craignent pour les leurs, même s’ils ne le disent pas.

L’ambiguïté du personnage de Morozko était un régal aussi, difficile de savoir avec certitude de quel côté de la Force il se trouvait. Le combat final n’est pas bâclé, il prend le temps de monter en puissance, les forces en opposition ont eu quelques escarmouches, Vassia résistant comme elle peut, à la mesure de ses moyens.

L’énorme avantage de cette trilogie est que le premier tome peut se suffire à lui-même. Il y a une véritable fin et nous pourrions en rester là. Ce que je ne ferai pas, car j’ai bien envie de découvrir ce qu’il va advenir de la petite Vassia et quel périple l’attend.

Un roman fantastique, touchant, rempli de folklore russe, de froids hivers où l’on se gèle les fesses, l’estomac vide et de personnages avec qui l’ont aurait envie de vivre cette aventure. Pas de naïveté et pas de mièvrerie, car elles n’avaient rien à faire dans ces contrées septentrionales où le vie était dure et rude.

Une belle découverte que j’ai faite grâce à la proposition de LC de Bianca, qui, une fois encore, est sur la même longueur d’onde que moi.

PS : le Bibliocosme en avait parlé en bien aussi.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°98].

La renaissance des heros Marvel – Tome 2 – Black Panther : Christopher Priest & Reginald Hudlin

Titre : La renaissance des heros Marvel – Tome 2 – Black Panther

Scénaristes : Christopher Priest & Reginald Hudlin
Dessinateurs : Collectif

Édition : Panini Comics (04/06/2019)

Résumé :
T’Challa, la Panthère Noire, règne sur le Wakanda éternel. Ororo, alias Tornade, est la X-Woman considérée comme une déesse au Kénya.

Les deux héros se connaissent depuis l’adolescence et forment l’un des couples les plus puissants de l’univers Marvel.

Critique :
Black Panther faisant partie de mes chouchous, j’ai profité de l’offre à 2,99€ pour m’offrir cette anthologie regroupant plusieurs aventures de T’Challa.

La première histoire, « Sturm und drang : une histoire d’amour et de guerre » était des plus intéressantes à lire.

Le scénario ne manquait pas de profondeur avec cette guerre qui menaçait, T’Challa qui devait jouer au diplomate (mais ne l’étais pas) et ces complots entre plusieurs puissances pour foutre le chaos.

Mon seul bémol ira pour le narrateur qui avait tendance à m’embrouiller plus qu’autre chose avec ses commentaires.

Les dessins étaient très agréables pour les yeux.

L’autre histoire importante, c’est celle du mariage entre T’Challa et Tornade, dont j’avais déjà lu une partie de l’histoire dans « Je suis Black Panther ». Ce ne fut pas un soucis de relire l’histoire, cela m’a permis de mieux l’ancrer dans ma mémoire.

Là aussi les dessins sont agréables, les couleurs vives et on n’a pas le temps de s’embêter car ce mariage n’est pas un mariage ordinaire : deux personnages super-héros qui vont convoler ensemble, deux personnages puissants, deux personnages apparentant à des groupes différents, le tout sur fond de pré-Civil War puisque Iron Man est pour le recensement et le Captain, contre. Ça fume déjà entre eux deux !

Anybref, ce recueil est à réserver aux fans de Black Panther, ou à ceux et celles qui voudraient découvrir le personnage sans vouloir se farcir les anthologies.

Pour le prix vendu en magasin (en neuf !), on n’est pas volé sur la marchandise : il y a de quoi lire durant un bon moment et occuper ses longues soirées d’hiver pendant que la pluie tombe dehors.

Cendres : Johanna Marines [LC avec Bianca]

Titre : Cendres

Auteur : Johanna Marines
Édition : Snag (04/04/2019)

Résumé :
Londres, 1888. Nathaniel et Luna vivent dans un quartier mal famé de l’East-End. Pour survivre, ils sont obligés de revendre les objets qu’ils ont volés.

Au même moment, à Westminster, Agathe accepte de devenir la domestique de la famille Henwoorth. Leur destin va basculer le jour où Nathaniel va découvrir un cadavre.

Agathe, une jeune femme plutôt naïve prête à tout pour payer les médicaments de sa mère malade. Celle-ci va être embauchée comme parurière chez les Henwoorth. Mais, rapidement, le fils ainé de la famille, Archibald, se montre étrange… Qu’attend-il vraiment d’elle ? Et si un tout autre destin l’attendait ?

Nathaniel Depford, un jeune homme de 27 ans, qui travaille comme allumeur de réverbères dans la vieille ville. Orphelin, il ne sait presque rien de ses origines. Mais, quand celle qu’il considère comme sa sœur, Luna, disparaît et que d’étranges cauchemars refont surface, son monde fragile vacille…

Réussira-t-il à retrouver Luna avec l’aide de la police ? Ou devra-t-il faire chemin seul pour comprendre les forces obscures qui tirent les ficelles en coulisse ? Et si son passé le rattrapait ?

Critique :
Londres, 1888… Une période que j’apprécie tout particulièrement. Facile, je n’y ai pas vécu.

C’est comme les bas-fonds londoniens, ils sont plus supportables lorsque l’on est assis dans son canapé, le ventre plein, un café chaud à portée de main et le chauffage qui fait son job.

Commençons par les points positifs de ce polar historique : le petit côté steampunk était bien vu. Sans en faire trop (ce que certains reprocheront), l’autrice a ajouté quelques détails du genre dans son récit : chevaux et oiseaux automates, ainsi que des prothèses.

Le steampunk n’est pas envahissant et si vous n’êtes pas accro au genre, cela passera comme une lettre à la poste. Par contre, si vous en vouliez plus, vous serez de la revue.

Londres : personnage important de l’histoire, c’est une ville encrassée par le smog que vous découvrirez, une ville sale, noire, remplie de suie des usines et, de temps en temps, un smog mortel descend sur la ville. Angoisses durant la lecture garanties.

Les bas-fonds : vous êtes plongés dedans, la misère grouille comme les rats, c’est l’horreur. L’autrice décrit bien ces maisons faites de tôles, cette misère qui touche tout le monde, y compris les plus petits. Sans oublier qu’un tueur éventreur rôde dans les ruelles.

Les personnages sont attachants (Agathe, Nathaniel et Luna la tête de mule), mais manque un chouia de profondeur, tout en étant stéréotypés. Ce n’est pas vraiment un problème, le bât blessant plus au niveau du Méchant, qui est méchant tout simplement et qui est aussi visible qu’un gilet jaune devant des phares, sur une route déserte.

Ce polar historique, je l’ai dévoré, il est addictif, l’écriture est simple, faite de répétitions pour certaines descriptions, mais bon, ça passe sans soucis.

Là où ça grince dans la prothèse métallique, c’est justement avec le Méchant que l’on venir avec ses gros sabots et dont on ne saura pas pourquoi il est passé du côté super obscur de la Force. Nous n’en saurons pas plus non plus sur l’Éventreur (qui n’est pas le sujet du roman, mais puisqu’il y joue du couteau, on aurait pu aller plus loin).

Certes, dans la vie, nous n’avons jamais les explications, mais purée, dans un roman, l’autrice étant aux commandes, elle peut très bien ajouter des pages et nous expliquer le pourquoi du comment.

Lors du final, très glauque, très violent, pas happy end du tout, on a l’impression qu’on nous l’a joué à l’envers et on referme le livre avant l’horrible sensation qu’il manque quelque chose : ces foutues putains d’explications !

Déjà que l’autre enquête, avec les déterrés, se finit un peu brusquement, trop facilement… Si en plus, l’intrigue principale ne nous donne pas toutes les réponses, ça vous donne un goût s’inachevé. J’aurais aimé connaître les motivations du Méchant autre que je suis méchant, point barre. Et aussi savoir si un des personnage, de par son comportement assez sec, a voulu en fait protéger Agathe.

Maintenant, ces bémols, ce ne sont que les miens, personnels, ce que j’aurais aimé savoir…

Cela ne m’a pas empêché d’apprécier cette lecture, addictive, même en devinant très vite qui était le méchant et en comprenant ce qui se cachait sous les disparitions des jeunes filles (mais pourquoi des blondes ?)… Le final, assez violent, était par contre inattendu. J’avais espéré un mini happy end.

Une LC avec Bianca réussie ! Nous avons fait de bonnes pioches ces derniers temps. Si vous voulez lire son avis, suivez le lien !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°XX] et le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde – Dark London.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les prisonniers de la liberté :‬ Luca Di Fulvio [LC avec Bianca]

Titre : Les prisonniers de la liberté

Auteur : Luca Di Fulvio
Éditions : Slatkine & Cie (2019) / Pocket (2021) – 780 pages
Édition Originale : La figlia della libertà (2018)
Traduction : Elsa Damien

Résumé :
1913, un paquebot quitte l’Europe. À son bord, trois jeunes en quête d’une seconde chance.

Rosetta, jeune femme indépendante et rebelle, fuit son village italien. À la mort de ses parents, harcelée et violentée par la pègre, ayant perdu son honneur, elle n’a eu d’autre choix que d’abandonner la ferme familiale.

Rocco, fier et fougueux jeune homme, laisse derrière lui sa Sicile natale. Il cherche à échapper à la Mafia locale, à laquelle il a refusé de se soumettre.

Raquel, petite juive russe, a vu toute sa famille décimée dans un pogrom. Elle n’emporte avec elle que le souvenir de l’amour que lui portaient ses parents.
Le nouveau monde les réunira.

Après New York, Luca Di Fulvio nous emmène à Buenos Aires. Un parcours semé d’embuches, où amitié, amour et trahisons s’entremêlent…

Critique :
Les voyages en compagnie de Luca Di Fulvio se ressemblent tous un peu. C’est le troisième que je lis et sa trame est semblable aux deux autres. C’est la marque de fabrique de l’auteur qui ne se renouvèle guère.

Une fois de plus, il nous propose des personnages qui ne vivent pas dans le monde des Bisounours et à qui il va arriver tout un tas de saloperies de misères les plus crasses.

Coincés dans le fleuve tumultueux de la vie qui ne fait pas de cadeau, ils vont aller de Charybde en Scylla, leur père narratif ne les épargnant guère, rajoutant même des pelletés de sales coups à tous ceux qu’ils ont déjà pris dans la gueule.

On est dans un roman noir, le contexte social était important et bien mis en valeur, que ce soit en Sicile avec la mafia qui ne vous laisse guère le choix, ou dans les ghettos Juifs du côté de la Russie, Pologne ou en Argentine où l’extrême misère est de nouveau la proie des puissants. L’exploitation des miséreux fait la richesse des forts.

Le monde de Rosetta, Rocco ou Rachel n’est que violence, extorsion, abus de pouvoir, vols, viols, harcèlement, mafia et pogroms pour les Juifs que l’on accuse de tous les maux (empoisonnement de l’eau, mauvaises récoltes…) et surtout d’avoir assassiné le Christ, qui, si mes souvenirs sont bons, était Juif lui aussi… Comprenne qui pourra, moi je ne cherche plus à comprendre l’imbécilité de certains et leur illogisme.

Dans ce monde pourri, les femmes sont toutes des putes (dixit la majorité hommes), surtout si elles tentent de leur tenir tête et les hommes sont tous des harceleurs, des violeurs, des gros cochons qui ne pensent qu’avec leur bite et qui considèrent les femmes comme juste bonne à baiser, de force ou en les payant.

Heureusement, tous les hommes ne sont pas comme ça ! Non pas parce que les femmes ne sont pas leur tasse de thé, juste parce qu’ils ont de l’éducation et du respect pour les autres, même s’ils ne seraient pas vraiment d’accord pour nous donner l’égalité.

Anybref, comme vous pouvez le constater, nous face à des vies de misère où tous les coups sont permis pour briser des êtres humains et les mettre plus bas que terre. Les femmes et les filles étant celles qui ont la vie la plus infernale puisque le seul métier qu’on leur propose est de faire la pute dans cette ville de Buenos Aires.

Comme à Ken Follet, je reprocherai toujours à Di Fulvio son manichéisme dans ses personnages.

Les méchants n’ont rien pour les racheter et sont pourris jusqu’au bout des ongles (ou de leur bite), hormis quelques uns, mais dès le départ, on se doutait qu’ils n’étaient pas si méchants que ça.

Si dans la vie réelle, certains humains sont des salopards finis, d’autres ont des portraits plus nuancés, des fêlures, un passé qui explique cela et j’apprécie toujours lorsqu’ils les portraits sont en nuance, dans la littérature.

Les palmes d’or des perversions allant à Amos le maquereau, au baron de La Bite Molle et à la princesse du Clito En Biais. Ces deux derniers, sorte de Valmont et Merteuil de ce récit, n’ont vraiment absolument rien pour équilibrer leurs portraits et l’auteur en rajoutera même, des fois que l’on aurait des doutes…

Même si le baron sicilien de La Bite Molle possède moins d’élégance dans la perversion que n’en avait Valmont, que c’est une sorte de potentat local qui se croit tout permis, qui devient bête dans son obsession et qui finira par perdre toute crédibilité dans une scène avec un coupe-papier.

Fallait pas en rajouter, la coupe était déjà pleine pour ce personnage. Trop est l’ennemi du bien. Cela a desservi ce méchant baron sicilien.

Je me plains souvent des auteurs qui bâclent leurs grandes scènes finales en deux coups de cuillère à pot alors qu’on se trouve dans un pavé.

Ce ne fut pas le cas ici, Di Fulvio a pris son temps pour régler tous les problèmes, pour terminer la grande bataille finale, mais à un moment, il est retombé dans ses travers et en a rajouté, ce qui a nuit à l’ensemble car ça devenait trop long. Un peu de péripéties, ça va, trop, bonjour les dégâts.

Avec 150 pages de misères en moins, l’auteur aurait pu offrir à ses lecteurs un roman bourré d’émotions, d’action, d’aventure, sans que cela ne nuise à l’ensemble.

On pourrait penser, en m’entendant bougonner et étaler les défauts du roman, que je n’ai pas apprécié cette lecture. Que du contraire !

En fait, comme Tano, le cordonnier grincheux, je ronchonne entre mes dents pour ne pas que l’on sache que ce récit m’a bouleversé et apporté des tonnes d’émotions, me mettant le cœur en vrac, une fois de plus.

Les personnages gentils m’ont fait vibrer, j’aurais aimé les serrer dans mes bras, les aider, j’ai souffert avec eux, j’ai hurlé à l’injustice comme eux, sans que l’on nous écoute et je les ai vu souffrir sans pouvoir rien faire pour les sortir de là.

Ce roman, après toutes ces souffrances, donne de l’espoir et fait un bien fou au moral, même si dans la réalité, ce genre de fin n’arrive jamais, sauf sans les Disney. Mais merde, de temps en temps, ça fait chaud au cœur de voir triompher le Bien et non le Mal.

C’est une formidable aventure humaine, c’est une histoire de destins brisés, de vies qui auraient dû prendre fin, mais ils se sont accrochés à la vie et Rosetta, comme dans la chanson de J-J.G, a changé la vie des autres.

Alors basta pour les défauts rédhibitoires que son un certain manichéisme, les misères à rallonges et les trames qui sont semblables dans tous ses romans ! Les histoires de l’auteur sont belles à lire et ça me fait passer sur ces gros défauts qui mettraient par terre les romans d’autres auteurs (oui, pas bien, je sais).

Par contre, ces multiples défauts (manichéisme, trame la même) et cette surenchère de violence (parfois gratuite) ont fait en sorte que ma copinaute Bianca n’a pas du tout apprécié sa lecture. 780 pages de malheurs, ça faisait beaucoup… Sa préférence restera pour « Le gang des rêves » (et moi aussi). Suivez le lien !

Lu dans son édition Pocket de 780 pages.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°48] et Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées.

 

Black Panther – Tome 1 – L’empire intergalactique du Wakanda (Partie 1) : Ta-Nehisi Coates, Daniel Acuña et Jen Bartel

Titre : Black Panther – Tome 1 – L’empire intergalactique du Wakanda (Partie 1)

Scénariste : Ta-Nehisi Coates
Dessinateurs : Daniel Acuña et Jen Bartel

Édition : Panini – 100% Marvel (2019)

Résumé :
Dans un futur lointain, le Wakanda s’étend jusqu’aux confins de l’espace. L’impitoyable dirigeant de cet Empire intergalactique revêt le manteau de la Panthère Boire et réduit en esclavage des planètes entières.

Seul un héros pourra faire triompher la rébellion. S’agira-t-il de T’Challa ?

(Contient les épisodes US Black Panther (2018) #1-6)

Critique :
Une fois de plus, je ne connaissais l’univers de Black Panther uniquement via les films de Marvel, mais j’avais apprécié le personnage, l’acteur (snif) et l’univers.

Ici, on change tout à fait d’univers puisque nous ne nous trouvons pas au Wakanda mais dans l’espace infini.

T’Challa est un esclave et a tout oublié de qui il était, sa mémoire ayant été effacée.

Il y a fort, fort longtemps, un petit détachement du Wakanda a établi une colonie au fin fond du fond de l’univers.

Oubliant eux aussi qui ils étaient, ils sont passé de l’auto-défense à l’attaque des autres et de ce fait, sont devenu un empire galactique englobant 5 galaxies. Leur extension de connait pas la crise.

C’est une découverte totale pour moi. Mes premières impressions ont été bonnes puisque j’ai apprécié les dessins et les couleurs, même si le dessinateur Acuña amalgame ses traits des contour et les couleurs.

C’est à l’aveuglette que j’ai plongé dans ce nouvel univers où le Wakanda possède un empire galactique et où le beau T’Challa est un prisonnier de l’empire, en train de creuser dans les mines de Vibranium (pas de charbon, je vous rassure).

Si j’ai bien compris, c’est un changement radical afin de relancer la série.

Cet album est rythmé, avec moult scènes de batailles entre les soldats Impériaux et ceux des Marrons qui font partie des forces de la rébellion. Oui, ça fait un peu Star Wars, tout ça !

En ce qui concerne l’action, on est servi et bien servi. On ne révolutionnera rien dans ces scènes qui restent d’un classique absolu, mais elles sont bien représentées, ont de la fluidité dans les mouvements des différents protagonistes et elles sont crédibles.

Anybref, j’ai été agréablement surprise par cette découverte qui m’a changé de ce que je connaissais de Black Panther et du Wakanda.

Pour le coup, j’aurais peut-être dû commencer par du conventionnel plutôt que par un album qui relance la série avec du tout nouveau, mais bon, j’ai quand même réussi à comprendre et j’ai envie de savoir la suite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°46].

La Venin – Tome 1 – Déluge de feu : Laurent Astier

Titre : La Venin – Tome 1 – Déluge de feu

Scénariste : Laurent Astier
Dessinateur : Laurent Astier

Édition : Rue de Sèvres (09/01/2019)

Résumé :
Colorado, Juillet 1900.

Emily débarque à Silver Creek, petite ville minière en pleine expansion. Mais la jeune femme est-elle vraiment venue se marier comme elle le prétend ?

Rien n’est moins sûr, car dans l’Ouest encore sauvage où les passions se déchaînent et les vengeances sont légion, les apparences sont parfois trompeuses… Et la poudre dicte toujours sa loi !

Surtout lorsque votre passé est plus lourd que la valise que vous traînez.

Critique :
Dans ce western, Patrick Juvet ne pourra pas chanter ♫ Où sont les femmes ♪ puisque c’est une femme qui tient le haut de l’affiche et qu’elle n’est pas la seule.

Avec des prostituées, une bonne sœur et l’épouse d’un médecin, les femmes ne sont pas en minorités et certaines ont quelque chose dans les tripes.

L’histoire commence dans le passé, lorsque Emily est une jeune fille un peu trop curieuse et désobéissante.

Si la curiosité tue les chats, la sienne attisera les envies de certains messieurs. Attention, je ne la déclare pas coupable. Son seul tort fut de ne pas obéir, le tort de certains hommes est de réfléchir avec leur bite qui leur donne un pouvoir certain.

Cette bédé western est assez difficile à chroniquer car je suis en phase avec des avis contraires dans ma tête. D’un côté, j’ai apprécié que l’on mette une femme à l’honneur dans un western, qu’elle ne soit pas une faible femme, mais une qui en a sous la robe.

Les planches sont de couleurs vives, dans des tons ocres, jaunes ou sombres. Les dessins sont agréables pour les yeux, hormis encore un problème de proportion entre la tête d’un cheval et le reste de son corps.

Le côté historique est bien rendu aussi, grâce aux décors, aux couleurs et aux références qui parsèment cette aventure explosive.

L’action est bien présente et il est difficile de s’embêter, les phylactères sont bien remplis, il y a de quoi lire et l’auteur a joué sur les flash-back pour nous parler de l’enfance d’Emily, même si à la fin de ce premier tome, on ait l’impression de ne pas tout comprendre de sa motivation vengeresse.

Même si, en réfléchissant un peu, il me semble voir le pourquoi. Nous en saurons sans doute plus dans les deux prochains tomes (je l’espère). Les multiples références aux grands westerns, qu’ils soit cinématographiques, historiques ou littéraires sont aussi très plaisant à découvrir.

D’un autre côté, à force de multiplier les clins d’œil, ça devient foutraque, lourd, surtout que cela semble parfois un peu forcé, comme ajouté là pour faire bien, afin d’atteindre un quota de références obligées. Ce n’est que mon impression, elle est peut-être faussée.

Dans cette bédé, on a matière à lire, il y a beaucoup d’action, mais là aussi, trop c’est trop et on a aussi l’impression que l’auteur voulait produire un album survolté, sans vraiment réfléchir au réalisme de toute cette aventure un peu folle où Emily change d’identité comme de chemise.

Malgré mes bémols, je ne serai pas trop sévère sur la cotation car j’ai apprécié le personnage d’Emily et que j’ai passé un bon moment de lecture détente, addictive, remplie de suspense, de mystères, d’action et d’aventures avec un grand A.

Sans être tout à fait conquise, je demande à lire la suite. Ceci est le premier coup de semonce, celui qui doit marquer les lecteurs dans le but de les harponner pour la suite. Le premier coup n’est pas toujours parfait…

En espérant que la suite soit meilleure ou, au pire, de même niveau que ce premier tome.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°34] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 66 pages).

La renaissance des héros Marvel – Tome 4 – Captain America : John Ney Rieber et John Cassaday

Titre : La renaissance des héros Marvel – Tome 4 – Captain America

Scénaristes : John Ney Rieber et Ed Brubaker
Dessinateurs : John Cassaday et Ed McGuinness

Édition : Panini Comics Panini Family (2019)

Résumé :
Captain America est le pilier de l’univers Marvel, celui vers qui se tournent les autres héros en cas se doute. Mais que se passe-t-il lorsque la Sentinelle de la Liberté se met à douter ?

Découvrez-le dans deux récits cultes mettant en scène Steve Rogers qui, après avoir affronté des terroristes, devra en découdre avec le Soldat de l’Hiver.

Critique :
Poursuivant ma découverte des super-héros en version comics, je suis tombée sur cette édition avec Captain America.

Les dessins me plaisaient bien, les couleurs aussi, alors, dans mon panier !

Une chose est sûre, pas de regrets. Après avoir lu avec attention les pages d’introduction, après avoir noté ce que cette édition nous conseillait de lire afin de découvrir Captain America, je me suis plongée dans les 2 histoires se trouvant dans ce recueil.

La première parlait de terrorisme et se déroulait post 11 septembre 2001. La seconde était consacrée à Crâne Rouge et à la disparition de Bucky, le compagnon d’arme de Captain durant la Seconde Guerre Mondiale.

Le Captain n’est pas un personnage si lisse que ça, il a ses défauts, il sait faire preuve de violences, même s’il est contre la torture et qu’il essaie de ne pas faire plus de mal qu’il n’en faut. Ce qui est difficile lorsque l’on combat dans un conflit mondial ou contre des terroristes, les dégâts collatéraux sont souvent inhérents à l’action.

Dans ce comics, la violence n’est pas présente à toutes les pages, sans pour autant que le récit vire à celui des Bisounours, mais les auteurs n’ont pas fait dans la surenchère.

Pas de sang (ou si peu), pas de tripes à l’air, bref, c’est propre, même si c’est tout de même sous-entendu (le boum de a personne qui a marché sur une mine).

Sans être une connaisseuse du Cap, rien qu’en ayant vu les films, je ne suis déjà plus vierge de son univers et pas besoin d’avoir révisé pour comprendre ces deux récits qui ont le mérite d’être clairs, nets et précis.

Mon seul bémol sera pour le fait que les quelques phrases prononcées par les soldats allemands ne sont pas traduites et pour le bruitage des mitraillettes : « budda budda » ou « krak ». Bon, les bruiteurs étaient en grève, sans aucun doute… Cela ne nuit pas à la qualité du récit, cela m’a juste fait sourire dans un moment qui ne s’y prêtait guère.

Deux histoires du Cap qui m’ont entraînées dans son univers, avec peu de temps morts (même si nous avons des moments plus calmes), les mystères bien présents, une enquête afin de savoir qui se cache derrière certaines éliminations de Grands Méchants et l’ombre de Bucky qui plane sur les pages (ben oui, j’ai vu les films).

Une bien chouette découverte !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°27].

Le Prince de la nuit – Tome 9 – Arkanéa : Yves Swolfs et Thimothée Montaigne

Titre : Le Prince de la nuit – Tome 9 – Arkanéa

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Thimothée Montaigne

Édition : Glénat (06/11/2019)

Résumé :
Les liens du sang sont éternels…

Kergan s’est désormais trouvé une nouvelle compagne en la personne d’Anna, qu’il a récemment transformée malgré les réticences d’Arkanéa.

Mais alors qu’il croyait s’être émancipé de sa propre créatrice, celle-ci est capturée par Arthémius, conseiller religieux du prince Vladimir, et soumise à de cruelles tortures au sein d’un monastère.

Car l’homme d’Église fait montre d’une ferveur redoutable pour mieux connaître la nature et l’origine des vampires.

Au nom de son dieu unique, il s’autorise à devenir plus maléfique encore que les créatures qu’il prétend combattre.

Partageant la souffrance d’Arkanéa, Kergan prend alors conscience de la puissance du pacte qui les unit. Les liens du sang sont éternels…

Critique :
Kergan a pris son envol, il s’émancipe, il veut s’affranchir de sa meneuse, de sa créatrice et faire d’Anna sa nouvelle compagne.

Comme Arkanéa n’est pas chaude pour un plan à trois, vu que ce sera encore plus difficile de se nourrir et d’échapper aux Humains, il lui fait le coup du crayon : il se taille !

Le Raspoutine de service, grand protecteur de la Foi, réussi à capturer Arkanéa et à lui faire livrer ses petits secrets vampiriques. Et comme Kergan est lié à elle, il va ressentir chacune de ses souffrances.

La religion tient une place importante dans ce neuvième album, surtout lors des discussions entre l’espèce de Raspoutine, qui se sent plus chrétien que le Christ lui-même, qui se sait investi d’une mission divine avec l’accord de Dieu (qui une fois encore, n’a sans doute rien demandé).

Frère Arthémius considère comme blasphème les croyances de certains qui ont pour dieux les éléments de la Nature, comme ce fut le cas pour Arkanéa, avant de devenir vampire et comme c’est toujours le cas pour ceux qui résistent encore à la conception d’un dieu unique.

Kergan commence à montrer le vampire qu’il deviendra, lorsque nous le recentrerons plus tard, dans les premiers albums car, tel les humains qui adoptent un animal de compagnie, il fera ensuite comme beaucoup en abandonnant Anna à son triste sort dans les bois.

Une fois de plus, si les dessins de Montaigne ne sont pas ceux de Swolfs auxquels j’étais habituée, j’ai apprécié son trait, même si, comme pour le précédent album, le blanc des yeux, trop présent, donne à bien des personnages des traits hallucinés.

Les personnages ne sont pas tout blancs ou tout noirs, on a des nuances, la ligne rouge est toujours proche et à force de regarder dans l’abyme, l’abyme regarde en nous aussi.

C’est un très bon scénario, que j’ai apprécié et qui nous offre des êtres vampiriques comme je les aime, sans états d’âmes, ne se nourrissant pas de sang de biches innocentes au fond des bois, mais bien de sang humain.

Ma foi, ça valait peut-être le coup d’attendre si longtemps avant de retrouver Kergan le vampire (que je ne pensais plus jamais revoir autrement qu’en relisant mes anciennes bédés) dans des récits maîtrisés, cohérents et de très bonne facture, ce tome-ci étant encore mieux que le précédent.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°XX] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages).

Le Prieuré de l’Oranger : Samantha Shannon

Titre : Le Prieuré de l’Oranger

Auteur : Samantha Shannon
Édition : de Saxus Fantasy (31/10/2019) – 958 pages
Édition Originale : The Priory of the Orange Tree (2019)
Traduction : Charlotte Lungstrass-Kapfer

Résumé :
Un monde divisé. Un reinaume sans héritière. Un ancien ennemi s’éveille. La maison Berethnet règne sur l’Inys depuis près de mille ans.

La reine Sabran IX qui rechigne à se marier doit absolument donner naissance à une héritière pour protéger son reinaume de la destruction, mais des assassins se rapprochent d’elle…

Ead Duryan est une marginale à la cour. Servante de la reine en apparence, elle appartient à une société secrète de mages.

Sa mission est de protéger Sabran à tout prix, même si l’usage d’une magie interdite s’impose pour cela.

De l’autre côté de l’Abysse, Tané s’est entraînée toute sa vie pour devenir une dragonnière et chevaucher les plus impressionnantes créatures que le monde ait connues.

Elle va cependant devoir faire un choix qui pourrait bouleverser son existence. Pendant que l’Est et l’Ouest continuent de se diviser un peu plus chaque jour, les sombres forces du chaos s’éveillent d’un long sommeil…

Bientôt, l’humanité devra s’unir si elle veut survivre à la plus grande des menaces.

Critique :
♫ La Mère, voici le temps venu, D’aller prier pour notre salut, le Sans-Nom est revenu ♪
♪ Le Saint, tu peux garder ton vin ♪ Ce soir on boira notre chagrin ♪ le Sans-Nom est revenu ♪
♫ Toi la reine Sabran, Tu peux sortir tes dents ♪ Les dragons sont revenus ♪

La première chose qui a attiré mon œil sur ce roman, c’est sa magnifique couverture ! Une œuvre d’art. La 2ème c’est que ce roman était best-seller du New-York Times puis j’ai lu la mention « Mérite d’avoir autant de succès que GOT ». Allez hop, vendu !

N’est pas Georges R.R. Martin qui veut… Si l’univers développé par l’auteurs est riche, si ses personnages sont nombreux, si les femmes sont mises en avant et si on a des intrigues de pouvoir, on est loin tout de même des intrigues étoffées de GOT, de ses personnages marquants et de ses salopards flamboyants !

Le début du roman fut assez laborieux, je ramais entre les différentes régions de l’Est et de l’Ouest, face à tous les personnages et les 300 premières pages ont été lues à la vitesse d’un escargot asthmatique, ce qui est rare chez moi, étant donné que j’ai dévoré des pavés de plus de 600 pages en deux jours à peine.

Pour que je préfère regarder une rediffusion de « Petits meurtres en famille » (que je connais) au lieu de lire ce pavé, est un signe qui ne trompe pas : je m’y ennuie ! Pour que je préfère aller repasser mon linge, moi qui déteste ça, c’est un encore plus un signe qui ne trompe pas : je m’emmerde ! L’introduction est fort longue et sans des moments un peu plus excitants, je pense que j’aurais été voir ailleurs.

Certes, il fallait présenter l’univers dans lequel nous allions évoluer, mettre tout en place, mais il y avait peut-être moyen de le faire moins long ou de mieux incorporer ces moments creux dans le récit général, au fur et à mesure. Le récit est dense, on suit plusieurs trames scénaristiques et au départ, il y a assez bien d’informations à retenir et à digérer.

À l’Est, en Seiiki, on vénère les dragons et des dragonniers chevauches des dragons d’eau, tandis que dans l’Ouest, en Yniss, on chasse et on craint les dragons.

De plus, dans l’Ouest, la religion se nomme Vertu, elle a ses règles très strictes et ceux qui la pratique aimeraient que tout le monde ait cette religion car c’est la Vérité. Ça ne se discute même pas. Dans l’Est, au contraire, on a une autre véritable Vérité et elle remet en cause les textes sacrés et les mythes que cela a créé. Ailleurs, ce sont des autres croyances…

— Ce décret a mille ans, répondit sèchement Sabran. Le Saint a écrit de sa main que toutes les autres croyances ne sont que mensonges.
— Ce n’est pas parce qu’on a toujours fait quelque chose qu’on doit absolument continuer.

Les problèmes entre les religions est un des points que j’ai apprécié dans ce roman car ils avaient des senteurs que nous connaissons bien, quand des gens très pieux considère les croyances des autres comme hérétiques, persuadés qu’ils sont meilleurs que les autres alors qu’ils n’ont aucune tolérance ou courtoisie pour autrui, bien que la tolérance et la courtoisie soient de leurs vertus.

— La piété peut transformer ceux qui ont soif de pouvoir en véritables monstres, prêts à distordre n’importe quel précepte pour justifier leurs actions, affirma Ead.

— En effet. » Elle sirota un peu de son vin. « Je suis sûre que vous apprécieriez énormément la compagnie d’une hérétique.
— Nous ne vous définissons plus de la sorte. Ainsi que je vous l’ai promis dans ma lettre, ces jours sont révolus.
— Je constate qu’il n’a fallu à la maison Berethnet qu’un petit millénaire et une crise majeure pour suivre ses propres enseignements concernant la courtoisie. 

La solidarité ne devient intéressante que lorsque l’on est le dos au mur et que l’on a besoin des autres pour vaincre l’ennemi commun. Pourtant, c’est bien connu que l’union fait la force… C’est plus facile de le prendre comme devise que de l’appliquer, bien entendu.

Une autre chose que j’ai apprécié, c’est que certains personnages ont évolués, passant de « chieurs nés » à « personnage avec ses blessures et ses faiblesses » que l’on arrivait à comprendre et puis à apprécier.

Le reste est de facture classique avec le retour d’un Grand Méchant qui se nomme le Sans Nom, une prophétie, des mensonges racontés depuis des siècles, des élus, des armes magiques pour le terrasser et une alliance entre plusieurs peuples que tout sépare, notamment les croyances…

Sauf en ce qui concerne le féminisme, bien mis en avant, puisque l’on a un reinaume gouverné par des femmes depuis des siècles et que les personnages féminins ne sont pas des créatures apeurées ou stéréotypées. Malgré tout, les femmes sont toujours ramenée à leur but primaire : pondre des enfants !

Un bon point aussi pour le fait que les amours n’étaient pas que Homme/Femme mais aussi homosexuelles (hommes ou femmes). Un petit pas qui pourrait déboucher sur un grand pas… Qui sait ?

Hélas, ce qu’il a manqué le plus, dans ce roman, ce sont les émotions provoquées par le récit et celles que l’on aime ressentir pour certains personnages. Ici, que dalle, nada. Même si j’en ai apprécié quelques uns, ils ne marqueront pas mon esprit comme d’autres le firent, même en ne parlant que du genre fantasy.

La saga de « L’épée de vérité » (Terry Goodking) n’était pas exempte de lourds défauts (dichotomie, manichéisme, violences, tortures, bienséance dans ses rapports H/F et personnages « Mary & Gary Stu »), mais elle avait de la flamboyance et m’avait apportée des émotions à foison. Ce qui a manqué cruellement dans le prieuré, alors qu’il n’avait pas les défauts de la saga de Goodking. Comme quoi…

Il est aussi un équilibre difficile à atteindre dans les finals : trop longs, on n’en voit pas le bout et quand c’est trop court, on a l’impression qu’on s’est tapé des longs préliminaires pour que se retrouver avec un bouquet final qui se termine bien trop vite. Tout ça pour ça ?? 50 pages à tout casser ? J’aurais aimé que cela durât plus longtemps.

C’est mitigée que je ressors de cette lecture dont l’équilibre du scénario n’était pas atteint. Trop de langueurs monotones au départ, des personnages agréables mais sans être marquants et un combat final qui se termine bien trop vite.

Des critiques élogieuses de ce roman se trouvent sur Babelio et je vous invite à aller les découvrir. J’aurais aimé ressentir ce que les autres lecteurs/trices ont ressenti en lisant de pavé… Hélas, j’ai pris une toute autre direction.

Lu dans sa version publiée aux éditions De Saxus et faisant 958 pages (qui furent longues).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°05], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°73], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°68] et Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées.

Helstrid : Christian Léourier [LC avec Rachel]

Titre : Helstrid

Auteur : Christian Léourier
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (21/02/2019)

Résumé :
Certains mondes ne sont pas faits pour l’humanité : Helstrid est de ceux-là. Des températures de -150 °C ; des vents de 200 km/h ; une atmosphère toxique.

Pourtant, la Compagnie tient à exploiter ses énormes ressources en minerai, appâtant les volontaires à l’exil à grand renfort de gains conséquents.

Des hommes et des femmes à l’image de Vic, qui supervise le travail de prospection et d’exploitation des machines. Un job comme un autre, finalement, et qui vaut toujours mieux que d’affronter son passé laissé sur Terre…

Jusqu’à ce que le porion soit contraint d’accompagner un convoi chargé de ravitailler un avant-poste à plusieurs centaines de kilomètres de la base principale.

Un trajet dangereux, mais les IA sont là pour veiller à la bonne marche des véhicules suréquipés et à la protection du seul humain embarqué. Dans pareilles conditions, tout ne peut que se passer au mieux…

Critique :
♫ Plaisir d’amour ne dure qu’un moment ♫ Chagrin d’amour dure toute la vie ♪

Vic, après un gros chagrin d’amour, a signé un contrat comme on s’engagerait dans la légion : 5 ans à bosser sur la planète Helstrid.

Sauf que ici, ça va durer bien plus longtemps et que lorsqu’il reviendra sur Terre, tout le monde aura pris un coup de vieux. Comment est-ce possible ? Parce que le voyage entre la Terre et Helstrid dure 25 ans !

Un huis-clos sur une autre planète, où les conditions climatiques sont dantesques, à tel point qu’on se demande si ça vaut vraiment la peine d’y envoyer des Hommes vu que les I.A sont capables de tout gérer elles-mêmes, sans faire des bévues comme l’Homme.

Dans cette novella, on aura l’opposition intelligence artificielle avec celle de l’Homme, en particulier Vic, le personnage principal, avec Anne-Marie, l’I.A qui s’occupe de faire fonctionner son camion et qui est bien plus intelligente et plus raisonnée que l’Homme dont elle est chargée de garder en vie.

Vous vous doutez bien que le voyage ne sera pas de tout repos, sinon, pas de quoi écrire une novella. Et des coups du sort, Vic va en subir une kirielle, prouvant par là que les emmerdes volent bien en escadrilles.

Vic n’est pas un personnage pour qui on aura de l’empathie, il râle tout le temps, n’arrête pas de penser à son ex-copine qui l’a planté comme un con sur Terre, ensuite, il râle sur l’I.A Anne-Marie qui se la joue psychanalyste et qui nous assure que tout ira très bien, madame la marquise parce qu’elle va trouver un autre itinéraire, no panique.

N’ayant que peu lu de la SF, je ne pourrai pas me baser sur mes lectures pour juger cette novellas de space-opera. Pour moi, tout est quasi nouveauté. Le côté huis-clos était prenant et même si je me suis doutée de la fin, j’ai tout de même mis les gaz pour vérifier mon hypothèse.

Le format court nous empêchera d’en savoir plus sur cette planète où le climat change souvent, où des secousses sismiques ont lieu ainsi que des tempêtes, ni si la Compagnie qui exploite cette planète fera des économies en s’abstenant d’y envoyer des hommes qu’elle paie bien cher pour se tourner les pouces…

Une LC faite sur proposition de Rachel, que je remercie au passage, de m’avoir fait découvrir un autre ouvrage de la collection Le Bélial’. Comme moi, elle a apprécié sa lecture, a trouvé Vic peu attachant et à adoré le final.