Le sang ne suffit pas : Alex Taylor

Titre : Le sang ne suffit pas

Auteur : Alex Taylor
Édition : Gallmeister Americana (28/05/2020)
Édition Originale : Blood speeds the traveler
Traduction : Anatole Pons-Reumaux

Résumé :
1748. Dans les montagnes enneigées de l’Ouest de la Virginie, un voyageur affamé arrive près d’une cabane isolée. Reathel erre depuis des mois, flanqué d’un dogue féroce.

Mais l’entrée lui est refusée par un colon hostile qu’il n’hésite pas à tuer. Il découvre alors à l’intérieur une jeune femme, Della, sur le point d’accoucher. L’enfant naît dans cette solitude glaciale.

Pourtant, le froid, la faim et l’ourse qui rôde dans les parages ne sont pas les seuls dangers pour la mère et le nouveau-né.

Car ce dernier a été promis à la tribu Shawnee : c’est le prix à payer pour que Blacktooth, leur chef, laisse les Blancs du village environnant en paix.

Alors que les Shawnees se font de plus en plus impatients, le village envoie deux frères à la poursuite de Della, désormais prête à tout pour sauver son bébé.

Critique :
Mais pourquoi est-ce que je lis des romans qui se déroulent dans le froid quand dehors il fait gris, sombre et humide au lieu de les garder pour un jour de canicule ?

Sans doute parce que le sensations ne seront pas les mêmes et que le roman perdra une partie de sa force évocatrice.

Il y a des romans qui commencent leur récit pépère, de manière pantouflarde, sorte de vieux diesel essoufflé qui nous laisse le temps de prendre la température du roman et de prendre nos aises… Avec le dernier de Alex Taylor, on saute directement à poil dans la neige !

Enfin, c’est la sensation que j’ai eue car l’auteur ne chipote pas et te dépose directement au cœur du problème et donc, des emmerdes.

Des emmerdes de l’ordre de celles qui volent en escadrille très très « groupir » ! Tu pensais être tiré d’affaire des emmerdes que d’autres arrivent par paquet de 10 avec les poches d’hémoglobine pour bien saloper la neige blanche qui n’est pas immaculée (par surprise).

Ceci n’est pas un roman feel good, pour ceux ou celles qui en douteraient encore malgré le résumé. Nous sommes en 1748, dans les Cumberland Mountains, en Virginie, à l’Ouest, et la vie des premiers colons n’est pas de tout repos.

On crève de faim, de froid, de maladie, dans un accouchement et la proximité des Shawnee rajoute une couche au stress ambiant puisque, tous les ans, il faut leur donner un nouveau-né… Si vous ne le faites pas, ils n’iront pas se plaindre au syndicat du coin mais vous extermineront purement et simplement. Bref, de quoi se faire des ulcères à l’estomac dès le réveil.

Ce roman noir est violent, extrêmement violent et certaines scènes m’ont soulevées le coeur (vu ce que certains mangent, évitez de grignoter durant votre lecture), révulsées mais sans que jamais cela ne soit surjoué ou surfait. On était dans le réalisme le plus total, même si c’est glauque. Rappelons que nous sommes en 1748, dans le trou du cul du trou du cul de l’anus de la Virginie !

L’auteur joue avec les émotions des lecteurs, leur oppose le froid glacial avec des entrailles fumantes, la mort avec la vie et niveau descriptions, il fait fort car j’avais envie de me tapir sous un plaid bien chaud (ce que j’ai fait ensuite, il n’y avait pas de raison de s’en priver).

Ce qu’il aura manqué au récit, ce n’est pas de l’action, ce n’est pas non plus de la tension, mais c’était de l’empathie avec certains personnages : je ne me suis attachée à personne de particulier, ce qui m’a fait passer un peu à côté du roman (une fois de plus, oui, la malédiction recommence). Un chouia, guère plus.

Malgré ce manque d’empathie avec les personnages, j’ai aimé le voyage éprouvant que ce roman m’a fait vivre, j’ai aimé les différents points de vue, d’observer les vies difficiles des colons, la folie du chef Shawnee, Black Tooth, et le final grandiose que l’auteur nous offre.

Amateurs de Bisounours ou de café au lait bourré de sucre, passez votre chemin car ce roman est à réserver pour les amateurs de café noir ultra serré.

Le récit est sombre, violent, les dialogues percutants comme des carabines et certaines choses vous mettrons le cœur au bord des lèvres. Heureusement que je ne mange pas quand je lis des romans noirs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°112] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°33].

Les Chevaliers d’Héliopolis – Tome 4 – Citrinitas, l’oeuvre au jaune : Alejandro Jodorowsky et Jérémy

Titre : Les Chevaliers d’Héliopolis – Tome 4 – Citrinitas, l’oeuvre au jaune

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : Jérémy

Édition : Glénat (15/01/2020)

Résumé :
Il ne deviendra jamais le roi de France. L’Alchimie lui réserve un plus grand destin. 1888.

Au refuge des Chevaliers d’Héliopolis, Asiamar, âgé de cent-dix ans, se prépare à accomplir le dernier rituel de son initiation : Citrinitas, l’œuvre au jaune, qui lui permettra de retrouver sa jeunesse et de vivre mille ans.

Il est désormais temps pour lui de connaître également le secret des Chevaliers gardé par leur maître.

Car celui-ci a besoin de la puissance de tous ses disciples pour sauver l’humanité.

Mais avant cela, il charge Asiamar d’une mission : affronter la dernière grande menace de leur ordre. Un mutant tueur de femmes qui sévit dans les nuits embrumées de Londres, la capitale du monde moderne : Jack l’Éventreur !

Critique :
Soyons sympa, les dessins de Jérémy sont toujours aussi beaux à regarder, les couleurs sont chatoyantes et j’ai passé un bon moment de lecture sans me prendre la tête.

Les débuts étaient prometteurs : Londres, 1888…

Si en voyant ça, j’ai imité le cri du loup de Tex Avery, ensuite, j’ai eu l’impression que tout partait en capilotade, pour ne pas dire en couilles (je resterai polie, hein).

Autant je ne connais pas bien l’Histoire de vos p’tits Louis numérotés (je ne vois donc pas toutes les libertés prises par l’auteur), autant sur Jack The Ripper je suis plus cultivée (vous m’excuserez) et donc, voir les prostituées assassinées dans des coins reculés de parcs, ça m’a fait crier à l’hérésie.

De son côté, Asiamar notre chevalier hermaphrodite passe au dernier niveau, celui du jaune et Fuxi, le maître des chevaliers lui explique l’origine de leur groupe. Petit mot à ceux qui ont lu le tome 4 : vous ne trouvez pas qu’il a des petits airs du personnage Petit-Coeur dans Dragon Ball, le Fuxi ??

Petite crise mais Asiamar gère assez vite sa déception et est ensuite envoyé affronter l’assassin qui terrorise tout Londres… La rencontre à lieu et boum… Mais qui a enclenché le turbo dans cet album ??

Le soucis c’est que tout va trop vite, bien trop vite ! On tombe amoureux des deux côtés rien qu’en un regard et viens-y que je te donne mon âme, mon sang, mon coeur, mon cul (ok, là je ne dirai rien sur la vitesse) et que tout se fasse dans un déchirement qui ferait passer Roméo et Juliette pour des couillons au niveau des promesses.

Comme si ça ne suffisait pas, comme le scénariste déjanté qu’est Jodorowsky doit tout caser en un seul album, on accélère là où on aurait dû prendre son temps et on atermoie durant des cases et des cases sur Asiamar qui aimheu la femme qu’il a croisé car c’est son âmheu, son coeur, sa vie… Bref, fû d’amûr il est.

Et vas-y que ça galope encore plus vite pour terminer avant le mot fin… On aime aussi vite qu’on pardonne et qu’on arrête d’haïr. Le trop lent côtoie le trop rapide, le trop expliqué, trop détaillé côtoie l’expéditif.

Alors oui, à la fin, on sait que tout est résolu, on a fait le tour de la question, le lecteur ne restera pas sur sa faim à la fin, mais ce fut expédié à la vitesse d’une météorite poussée par des réacteurs super-puissant.

Nous avons une morale à la fin, elle nous fait honneur, mais bon, je la trouve un peu surfaite, limite bancale. Heureusement, les personnages sont super intelligents et le principal concerné, Fuxi, a compris. La lumière fut dans son cerveau super prodigieux alors que n’importe qui aurait pu lui expliquer facilement…

Ce quatrième tome aurait dû être exécuté en deux, cela aurait permis à l’auteur d’aller plus doucement, de ne pas résoudre tous les problèmes rapidement, facilement, de faire aller son scénario à la vitesse de l’éclair et de donner l’impression qu’on termine vite avant de passer à autre chose.

Un partage en deux tomes ne m’aurait pas donné l’impression que les auteurs faisaient un tome supplémentaire afin de se faire du fric sur le dos des lecteurs (comme certains le firent sans honte).

Une saga en dents de scie, avec des hauts et des bas et une conclusion un peu trop rapide à mon goût. Maintenant, si on fait abstraction de tout ça, on passe en moment de lecture détente sans se prendre la tête…

À vous de voir ce que vous désirez lorsque vous ouvrez une bédé au moment X. Là, je voulais autre chose….

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°111].

Ohio : Stephen Markley

Titre : Ohio

Auteur : Stephen Markley
Édition : Albin Michel (19/08/2020)
Édition Originale : Ohio (2018)
Traduction : Charles Recoursé

Résumé :
Par un fébrile soir d’été, quatre anciens camarades de lycée désormais trentenaires se trouvent par hasard réunis à New Canaan, la petite ville de l’Ohio où ils ont grandi.

Bill Ashcraft, ancien activiste humanitaire devenu toxicomane, doit y livrer un mystérieux paquet.

Stacey Moore a accepté de rencontrer la mère de son ex-petite amie disparue et veut en profiter pour régler ses comptes avec son frère, qui n’a jamais accepté son homosexualité.

Dan Eaton s’apprête à retrouver son amour de jeunesse, mais le jeune vétéran, qui a perdu un œil en Irak, peine à se raccrocher à la vie.

Tina Ross, elle, a décidé de se venger d’un garçon qui n’a jamais cessé de hanter son esprit.

Tous incarnent cette jeunesse meurtrie et désabusée qui, depuis le drame du 11-Septembre, n’a connu que la guerre, la récession, la montée du populisme et l’échec du rêve américain. Chacune et chacun d’entre eux est déterminé à atteindre le but qu’il s’est fixé.

À la manière d’un roman noir, cette fresque sociale et politique hyperréaliste s’impose comme le grand livre de l’Amérique déboussolée et marque l’entrée en littérature de Stephen Markley.

Critique :
Les critiques étaient unanimes : ce roman était génial. J’ai donc pris mon billet pour un voyage dans une Amérique post 11 septembre 2001, bien décidée à jouir de mon voyage.

Le roman est noir, sombre, donnant la parole à 4 personnages principaux et d’autres, secondaires, représentant l’Amérique de la middle-class mais aussi à celle des laissés pour compte.

Pas de stéréotypes mais plutôt un large panel de personnages, chacun ayant ses propres réflexions et l’auteur a fait en sorte de réunir un peu toutes les pensées dans ces gens, nous donnant non pas une voix unique mais des voix.

Si je devais faire dans l’allégorie de ma lecture, je dirais que confortablement installée sur la selle d’une moto, je n’ai pas réussi à apprécier le paysage comme je le croyais.

Attention, à certains moments, je n’avais pas assez de mes yeux pour me gorger de ce que je lisais car à ce moment-là, le voyage devenait intéressant, mais le tableau d’après, je poursuivais me route en regardant droit devant moi, les yeux dans le vague.

Pas besoin de vous faire un dessin, je suis passée royalement à côté de ce roman qui avait l’ambition de sonder l’âme humaine, la condition humaine, de nous montrer l’Amérique et son mode de pensée post attentats, le tout dans le microcosme d’un lycée, dans les années terminales.

C’était finement analysé, l’auteur a exploré bien des sujets comme la religion et ses dérives, l’homophobie, la crise des subprimes, les violences sexuelles, les drogues… J’ai apprécié certains passages mais ensuite, j’avais l’impression de m’ennuyer grave. Un comble !

Pour de meilleurs avis que le mien, allez voir chez BonoChamrousse (que je salue au passage), Dealer de Lignes (gros kiss ma poule) ou JIEMDE. Moi j’ai réussi une fois de plus à aller dans le mauvais sens des autres et ça me fait chier !!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°110].

West legends – Tome 2 – Billy the Kid, the Lincoln County war : Christophe Bec, Emanuela Negrin & Lucio Leoni

Titre : West legends – Tome 2 – Billy the Kid, the Lincoln County war

Scénariste : Christophe Bec
Dessinateurs : Emanuela Negrin & Lucio Leoni

Édition : Soleil (18/03/2020)

Résumé :
Eté 1878. La rue principale de Lincoln est devenue la plus dangereuse de tout le pays.

Deux factions s’opposent pour obtenir le monopole du commerce : Murphy & Dolan et Tunstall associé à McSween, lesquels ont créé une milice appelée les Regulators, qui compte dans ses rangs Billy the Kid, guidé par l’envie de venger son mentor.

L’affrontement entre les deux camps est inéluctable.

Critique :
Si on m’avait demandé, au pied levé, de brosser le portrait de William Bonney, dit le Kid, c’est avec un grand sourire que je vous aurais dit que c’était un sale gamin amateur de bonbons rouges qu’il chipait chez l’épicier et que la fessée que Lucky Luke lui donna un jour était méritée.

Recalée à l’examen que j’aurais été…

C’est tout le problème de certaines bandes dessinées de notre enfance : elles ne reflétaient en rien la réalité (mais je ne voudrais pas que l’on colle un bandeau dessus afin d’avertir les futurs lecteurs de la fausseté des informations qu’il lira dedans).

Comme je savais en définitive que dalle sur la vie du Kid, cet album aura au moins eu le mérite de m’envoyer au lit moins bête !

Vous connaissiez la guerre de Lincoln ? Non, pas celle de Sécession, celle du comté de Lincoln où le Kid prit part et d’où il tira une partie de sa légende.

Présenté en 8 tableaux qui, de prime abord, pourraient sembler ne pas être lié, la vie du Kid n’a rien d’un morceau d’humour, est faite de violences et de morts. Était-il un tueur impitoyable comme la légende le dit ou bien justement, ce n’est qu’une légende et Billy tua-t-il en état de légitime défense ou afin de venger la mort de son patron, Tunstall ?

Si l’histoire racontée dans l’album reste vague sur les scores de notre jeune tireur et ne porte pas de jugement, elle présente le Kid comme une sorte de chevalier d’honneur prêt à tout afin de venger son patron lâchement assassiné.

La vengeance avec lui se savoure encore chaude, au pire tiède… Le tout étant servi de manière saignante.

Ce récit est mis en valeur par d’excellents dessins qui donnent à ces pages toute la sauvagerie de l’Ouest, sa magnificence (des paysages) et sa vie rude.

Un deuxième album qui aurait sans doute eu une narration plus fluide si on était entré dans le sujet de manière chronologique (ou alors, on aurait pu utiliser des petits flash-back durant l’affrontement de Lincoln County) mais une fois l’étonnement passé, on rentre dans le vif du sujet et l’action est là pour nous tenir en haleine.

Moins bon que Wyatt Earp mais nous sommes dans le correct et au moins, maintenant, je ne dirai plus que le Kid était un voleur de bonbons rouges chez l’épicier du coin.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°109].

 

Sherlock, Lupin & moi – Tome 9 – Partie de chasse mortelle : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – Tome 9 – Partie de chasse mortelle

Auteur : Irene Adler (Iacopo Bruno)
Édition : Albin Michel Jeunesse (02/09/2020)
Édition Originale : Caccia alla volpe con delitto (2015)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
Londres, hiver 1872. Irene propose à son père un séjour à la campagne afin de lui changer les idées.

Au cours d’une partie de chasse, un homme disparaît mais personne ne semble s’en inquiéter.

Irene contacte Sherlock et Lupin pour qu’ils l’aident à mener l’enquête.

Critique :
Sortez les fusils de chasse car Lord Ingletorpe a l’autorisation de faire une chasse au renard hors saison !

Attention, les fusils que je vous demande de sortir, ce n’est pas pour tirer sur le pauvre renard que l’on va poursuivre à cheval, mais sur les chasseurs…

Visez bien, il ne s’agirait pas de tuer un cheval dans l’histoire.

Il est des amis que l’on aime retrouver, même si c’est pour aller au fin fond du trou du cul de l’Angleterre juste en compagnie d’Irene, de son père et de leur domestique Horatio (qui ne porte pas de lunettes de soleil comme celui des Experts Miami).

Quand Irene prend quelques jours de détente en compagnie de son père, c’est comme quand Hercule Poirot va quelque part : un crime à lieu ! Ces gens sont des dangers publiques, ils attirent les assassins comme le miel attire les insectes.

J’aurais aimé avoir des potes comme elle : un message au sujet d’un truc louche qui semble s’être déroulé et voilà Sherlock et Lupin qui rappliquent dard-dard (jeu de mot suite à l’utilisation de miel plus haut et il n’y a pas d’autres sous-entendus).

Des suspects, on en aura des flagrants, comme toujours. Mais est-ce le personnage le plus louche qui est coupable ou pas ?

C’est toujours frais, amusant, enlevé et ça fait un bien fou au moral. L’inconvénient est que ça se lit trop vite.

Mon petit bémol concernera Sherlock qui, repartant enquêter à Londres, ne nous fera vivre ses pérégrinations et déductions que par procuration (sans mettre du vieux pain sur son balcon), lorsqu’il passera la porte pour désigner le coupable.

Zut alors, moi j’aurais bien aimé suivre mon jeune détective en herbe dans les rues de Londres… Puisque la narration est pour Irene, ce que font ses amis, nous ne le savons jamais qu’après. C’était aussi un moyen simple et efficace pour l’auteur de ne pas nous mettre trop vite la puce à l’oreille.

Les indices récoltés m’avaient permis de désigner la bonne personne mais il me manquait le mobile et sans les explications de Sherlock, je ne l’aurais pas trouvé… Seule son enquête à Londres le permettait.

Une fois de plus, c’est un chouette moment que je viens de passer en compagnie de mes vieux amis et j’ai hâte de les retrouver dans de nouvelles aventures policières.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°108].

Ce qu’il faut de nuit : Laurent Petitmangin

Titre : Ce qu’il faut de nuit

Auteur : Laurent Petitmangin
Édition : La manufacture de livres (20/08/2020)

Résumé :
C’est l’histoire d’un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent et les enfants grandissent. Ils choississent ce qui a de l’importance à leurs yeux, ceux qu’ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes.

Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses.

C’est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes.

Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d’hommes en devenir.

Critique :
À quoi ça tient le destin d’une personne ? À un fil, pas plus…

Au fait qu’on ait été là au bon moment ou au contraire, absent quand il ne fallait pas…

Qu’on ait fermé sa gueule quand on aurait dû l’ouvrir… Ou ouvert sa gueule quand on aurait dû la garder fermée.

À des bonnes ou des mauvaises rencontres… À des parents, des amis qui peuvent vous aider à reprendre pied, à changer de route et à prendre la bonne. À vous aussi qui avez envie, ou pas, de suivre leurs conseils. Car si on peut mener le cheval à l’abreuvoir, on ne peut pas le forcer à boire.

Ce roman social m’a donné l’impression d’être un curé écoutant la confession d’un homme qui a tout fait pour que ses deux gamins grandissent bien, après le décès de leur mère. Il a bossé dur, a fait du mieux qu’il pouvait avec ses maigres moyens.

Ses enfants semblaient être parti sur les bons rails, ce qui pour un type qui bosse à la SNCF est une bonne chose. Puis Fus (Frédérique) l’aîné à pris la voie qu’il ne fallait pas et est allé traîner avec des gars de la Marine… Pas la marine marchande, ni celle de l’armée, celle qui a rebaptisé son Front en Rassemblement et c’est refait une virginité.

Effectivement, vu comment le fils en parle et dédramatise la chose, on dirait presque que tout baigne, que c’est propre mais sous la propreté, il y a toujours de la crasse et on a beau emballer la merde de la haine dans un bas de soie, ça reste toujours de la merde.

Rien de bon ne pouvait en sortir d’une telle fréquentation et notre Fus a déraillé grave sa race et fini directement droit dans le mur. Même si d’autres lui ont donné des raisons de péter un câble.

Plus que la confession d’un père qui se demande à quel moment il a merdé, perdu pied, fermé sa gueule ou lieu de l’ouvrir, ce roman donne surtout l’impression d’écouter un vieil ami qui vide son sac, qui se libère d’un poids trop lourd pour ses frêles épaules et qui aimerait que tous les bons moments passés avec ses deux gosses existent toujours.

J’ai aimé sa confession, j’ai aimé l’histoire, le côté social des ouvriers besogneux, socialos, la manière dont l’auteur arrive à parler du racisme ambiant, de ses petites phrases qui semblent innocentes quand on les dit, mais qui ne sont que des pamphlets de haine douce, de lieux communs, de mauvaises pensées, ces préjugés tout faits, ces mauvaises idées que l’on a sur les Autres comme si nous étions nous mêmes exempt de défauts.

Il m’aura juste manqué les émotions que je n’ai pas ressenti alors que j’aurais dû me les prendre violemment dans la gueule.

Pour la défense de l’ouvrage, j’ai encore du mal à me remettre des émotions fortes de « Betty », sans compter que les dernières décisions prises par le Conseil National de Sécurité pour lutter contre le coronavirus m’ont foutues par terre.

Ce n’était pas le livre à lire lorsqu’on a le moral dans les chaussettes et autant d’énergie qu’un rat mort. Il mérite mieux que ça. Heureusement qu’il y a Dealer de Lignes pour ça.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°107].

Betty : Tiffany McDaniel

Titre : Betty

Auteur : Tiffany McDaniel
Édition : Gallmeister Americana (20/08/2020)
Édition Originale : Betty (2020)
Traduction : François Happe

Résumé :
“Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne.” La Petite Indienne, c’est Betty.

Née en 1954 dans une baignoire, Betty Carpenter est la sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la bonne société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee.

Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et soeurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu.

Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie alors sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années.

Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler au grand jour.

Betty raconte les mystères de l’enfance et la perte de l’innocence. A travers la voix de sa jeune narratrice, Tiffany McDaniel chante le pouvoir réparateur des mots et donne naissance à une héroïne universelle.

Critique :
Est-il possible de tenir un lecteur en haleine et en émerveillement avec une saga familiale de 700 pages, sans le perdre en route ?

Pas besoin de réfléchir, la réponse est un grand et massif OUI !

Ohio, durant les années 60-70… Les paysages décrits sont magnifiques, beaux, grandiose et le racisme y est vif, laid, imbécile, crasse, les clichés tenaces et débiles…

Pourtant, si les gens ouvraient un peu les yeux au lieu de se réfugier dans cette haine des autres, le Monde tournerait mieux.

Betty est une petite fille qui adore son papa. Sa mère est Blanche, son père est un Cherokee, ce qui fait d’elle une sang-mêlée et ce n’est pas au goût des autres car elle a la peau sombre, du moins, « sombre » pour les standards de l’époque. Et elle va bouffer des avanies à l’école…

Betty, elle est magnifique, c’est le genre de personnage attachant au possible, le genre de gamine qu’on aurait aimée avoir pour copine et son père est tout simplement hors norme, du genre qu’on aurait tendance à penser qu’il n’existe que dans les romans, et pourtant, ce roman est tiré d’une histoire vraie, celle de Betty, la mère de l’auteure…

Ce roman, c’est une ode à la vie, à l’amour, à la différence et les mots me manquent pour en parler tant il m’a remué les tripes et mis l’eau au bord des yeux (mais ça, faut pas le dire, hein).

La plume de l’auteure est une caresse pour les yeux, un délice pour l’esprit, un couteau pour le cœur, mais sans jamais sombrer dans le pathos vulgaire et racoleur.

Ce qui est décrit dans ces pages, c’est tout simplement l’Humain tel qu’il était à cette époque et comme il est toujours en 2020 : un crétin fini qui aime humilier les autres, les avilir, les écarter à cause de différences de couleurs de peau ou d’ascendance. L’Homme dans toute sa splendeur (ironie).

Dans le roman de David Vann, « Aquarium », il y avait une scène d’une rare violence psychologique qui restera gravée dans ma mémoire, comme celle dans « My absolute Darling » (de Gabriel Tallent).

On peut y ajouter celle où la mère de Betty lui raconte une histoire le jour de ses 9 ans. Oh putain… Après ça, vous avez envie de lire « Cache-cache petit faon » que vous avez offert à votre nièce !

Betty, c’est le genre de roman qui vous marque à vie, dont vous vous souviendrez toujours. Même si dans quelques années vous en avez oublié la majeur partie, il reste toujours le sentiment que ce livre était un grand livre, comme je me souviens toujours de certains titres qui ont marqué ma mémoire au fer rouge.

Betty entre dès maintenant dans le panthéon de mes grandes lectures.

PS : Comme Betty est tiré d’une histoire vraie, j’espère que tout les enfoirés de crétins et toutes les jeunes gamines imbéciles le liront et sentiront la honte leur monter aux joues. Et pour le directeur de son école, je propose un champ de tir… De paintball, je serai gentille (mais à poil !).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°104].

Buveurs de vent : Franck Bouysse

Titre : Buveurs de vent

Auteur : Franck Bouysse
Édition : Albin Michel (2020)

Résumé :
Ils sont quatre, nés au Gour Noir, cette vallée coupée du monde, perdue au milieu des montagnes. Ils sont quatre, frères et sœur, soudés par un indéfectible lien.

Marc d’abord, qui ne cesse de lire en cachette.

Matthieu, qui entend penser les arbres.

Puis Mabel, à la beauté sauvage.

Et Luc, l’enfant tragique, qui sait parler aux grenouilles, aux cerfs et aux oiseaux, et caresse le rêve d’être un jour l’un des leurs.

Tous travaillent, comme leur père, leur grand-père avant eux et la ville entière, pour le propriétaire de la centrale, des carrières et du barrage, Joyce le tyran, l’animal à sang froid…

Dans une langue somptueuse et magnétique, Franck Bouysse, l’auteur de « Né d’aucune femme », nous emporte au cœur de la légende du Gour Noir, et signe un roman aux allures de parabole sur la puissance de la nature et la promesse de l’insoumission.

Critique :
Ce roman est-il un rural noir ou un western noir ?

Sans doute un mélange des trois : c’est rural, aucun doute, c’est noir sans espoir et ce roman a des airs de western avec ce Joyce qui tient toute la vallée dans le creux de son poing, à tel point qu’on rêverait que Durango arrive pour lui faire la peau.

Ce Joyce, je l’ai détesté d’emblée, sans que jamais son portrait ne soit contrebalancé par des fêlures, même si on se doute qu’elles sont tapies dans le tréfonds de son âme. C’est ténu, c’est au lecteur à les lire entre les lignes.

Si le portrait du potentat local qui tient le barrage, la centrale électrique, la carrière et les habitants sous sa coupe ainsi que ceux de ses sbires (un nain, un géant, deux bas-de-plafond bêtes et très méchants ainsi qu’un chef de police ambitieux mais sans couilles) sont sans nuances, sans circonstances atténuantes, il n’en a pas été de même pour les autres personnages.

Le portrait des 4 enfants (Marc, Matthieu, Luc et Mabel) sont réussis, tout en douceur, en finesse, en tendresse. Mon coup de coeur est allé pour Elie, le grand-père, homme anéantit par un accident de travail et qui aime profondément ses petits-enfants.

Alors que Martin, leur père ne sait leur parler qu’en leur donnant des coups de ceintures et leur mère en leur citant les écritures, tellement elle est bigote mais a oublié le message essentiel du Nouveau Testament : le pardon ! Ils sont détestables, en effet, mais au moins, on aura un peu d’évolution.

S’il est impossible de situer l’époque du roman, il est assez facile de situer l’action dans un petit bled des montagnes où les gens sont facilement impressionnables et où garder son travail est plus important que tout, à tel point que personne ne se rebelle de cet espèce de dictateur qui possède toute la vallée.

Le récit est lent, mais j’ai aimé cette lenteur car elle m’a permise de m’imprégner des lieux, de la terre, de la nature, des personnages. Il n’est pas facile de comprendre certains actes, mais en se déplaçant sur la ligne du temps et en se mettant à leur place, il est plus aisé d’enfiler leurs bottes et d’éprouver leurs craintes, leurs haines.

Malgré tout, ce roman m’a moins touché que « Grossir le ciel » qui parlait d’un terroir dans lequel je me retrouvais beaucoup plus.

Par contre, le final, je l’ai senti venir et il m’a glacé les sangs…

PS : la scène où Joyce mange des oeufs à la coque restera gravée dans ma mémoire…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°104].

Vinland Saga – Tome 23 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 23

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition originale :Vinland Saga, book 23 (2019)
Traduction : Xavière Daumarie
Édition : Kurokawa Seinen (09/08/2020)

Résumé :
La guerre de succession des Jomsvikings s’est achevée. Thorfinn et sa troupe s’apprêtent à repartir vers Miklagard, étape indispensable pour financer leur voyage vers le Vinland.

De son côté, Sigurd, le mari de Gudrid venu jusqu’à Jomsborg pour la retrouver, s’apprête à rentrer en Islande. Gudrid a promis qu’elle rentrerait avec lui.

De son retour dépend l’honneur de Sigurd. Pourtant, après avoir été au cœur d’une guerre sanglante, Sigurd a des doutes.

Gudrid et lui doivent-ils vraiment vivre l’existence que Halfdan, le père de Sigurd, a choisie pour eux ?

Critique :
QUOI ?? C’est fini ?? Plus de Vinland Saga après ce tome ?? Merde alors, je n’ai pas vu venir le coup…

Ou alors le tome suivant sera consacré au voyage vers le Vinland ? Parce que si tout se termine ici, on ne saura jamais si Thorfinn arrivera à réaliser son havre de paix ailleurs.

Ce tome 23 commence avec Sigurd, un personnage que je n’aimais pas au début, que je trouvais trop violent, trop irréfléchi et qui, au fil des tomes, va changer et nous montrer un autre visage, celui d’un homme qui a besoin avant tout de s’affranchir de son père.

Leur combat sera rocambolesque, les combats avec des chaînes, façon chevalier Andromède, étant un peu trop irréaliste que pour être vrai, mais ce n’est pas ça le plus important dans ce combat, c’est ce qui se passe ensuite.

De son côté, Thorfinn est revenu en Islande, dans son village, retrouver sa soeur, après son voyage à Miklagard (Byzance/Constantinople/Istanbul) où il a réussi à trouver de l’argent pour financer son voyage au Vinland.

Cette partie est un peu plus calme, hormis le retour où sa sœur pique une crise et où Gudrid a peur de croiser son ancien futur beau-père.

Si c’est le dernier tome, c’est dommage, car j’aurais aimé suivre Thorfinn et les siens s’installant au Vinland car c’est tout de même le but premier.

Mais si on doit en rester là, je retiendrai que sous ses abords de manga violent comportant bien des combats de vikings, c’est en fait une oeuvre humaniste qui nous parle de paix, de l’inutilité des combats et que devenir pacifiste est plus belle cause que de devenir un grand guerrier.

Thorfinn était une boule de violence, une graine d’assassin, un garçon qui allait mal finir et il a réussi à renverser la vapeur et à changer de tout au tout. Un beau personnage et le voir grandir et s’affranchir de tout ce que Askelad lui avait appris pour tuer était la plus belle victoire qu’il pouvait prendre sur ce guerrier.

Le manga comporte une autre histoire, se déroulant au Japon et intitulée « Bientôt viendra le temps des adieux ». Le dessin de Makoto Yukimura n’est pas encore aussi aboutit mais l’histoire raconte déjà l’inutilité des guerres entre l’empereur et le shogun.

Vinland saga, je l’ai découverte pas hasard, à la biblio, mais je ne regrette pas de l’avoir suivie, surtout qu’en commençant après tout le monde, je n’ai dû attendre que pour les tomes 21/22 et 23.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°101].

Walter Appleduck – Tome 2 – Un cow-boy dans la ville : Fabcaro et Fabrice Erre

Titre : WalterAppleduck – Tome 2 – Un cow-boy dans la ville

Scénariste : Fabcaro
Dessinateur : Fabrice Erre

Édition : Dupuis (2020)

Résumé :
Son master de cow-boy en poche, Walter Appleduck regagne la ville en compagnie de Billy, l’adjoint du shérif de Dirtyoldtown. Son objectif est désormais que celui-ci s’ouvre aux valeurs modernes et humanistes.

Mais loin de son Ouest sauvage, Billy, homme rustre, macho, grossier et alcoolique, a beaucoup de mal à s’adapter.

Critique :
Walter Appleduck est un être civilisé, cultivé, poli, instruit, ouvert d’esprit et aux autres cultures.

Puisque son stage à DirtyOldTown  est terminé, il invite l’adjoint au shérif, Billy, dans la grande ville.

Billy, l’adjoint, est le négatif de Walter : il est grossier, bourru, impoli, imbuvable, raciste, con, gaffeur, macho, crétin, inculte, rustre,… n’en jetez plus !

Anybref, pour arriver à ouvrir l’adjoint du shérif aux valeurs humanistes et modernes, faut se lever très tôt le matin.

On prend les mêmes, on recommence, mais on inverse l’histoire : après le citadin qui débarquait dans la ville de l’Ouest, voici le bouseux délicat de la gâchette qui arrive en ville. Changez de trottoir !

Ce que j’apprécie dans cette bédé, c’est le ton décalé, déjanté, utilisé par les auteurs, que se soient dans les dessins ou dans les dialogues.

Lorsque l’on est attentif, on remarque des petits détails amusants dans les cases, comme ces chevaux devant un grand hôtel qui portent les insignes Rolls-Royce et Ferrari. Il y en a plein, à vous de les découvrir.

Billy est un personnage qu’on n’a pas envie de trimbaler derrière nous tant il est un crétin fini mais il est drôle et ses péripéties avec le bandit Rascal Joe sont des plus hilarantes. Le tout est à prendre au second degré, bien entendu.

C’est corrosif, sous le couvert d’humour, les auteurs taclent notre société de consommation, l’art, les restos gastronomiques, le racisme… Tout y passe à la moulinette de l’humour noir et des running gags avec Rascal Joe.

Scénario déjanté avec des dessins cartoonesques (qui va bien au ton de la bédé), cette bédé est parfaite pour rire un bon coup, pour se détendre le corps et l’esprit ou pour se changer les idées si on broie du noir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°74] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.