Tout le bleu du ciel : Mélissa Da Costa [LC avec Bianca]

Titre : Tout le bleu du ciel

Auteur : Mélissa Da Costa
Édition : Le Livre de Poche (2020) – 838 pages

Résumé :
Petiteannonce.fr : Émile, 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.

Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce.

Trois jours plus tard, avec le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme, qui a pour seul bagage un sac à dos, un grand chapeau noir, et aucune explication sur sa présence. Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté.

À chaque détour de ce périple naît, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

Critique :
Si l’on vous annonçait que vous n’aviez plus que pour 2 ans à vivre, que feriez-vous ? Sachant que la maladie qui vous frappe de plein fouet dans votre jeunesse est un Alzheimer précoce…

Émile à 26 ans et est condamné à mourir dans un hôpital, sa mémoire fichant le camp au fur et à mesure. Lui, ce qu’il veut, c’est voyager et mourir ailleurs qu’à l’hosto. Il achète donc un camping-car et passe une petite annonce pour avoir un compagnon de voyage. Ce sera une jeune fille : Joanne.

Lorsque je suis montée dans ce camping-car, je m’y suis sentie bien, même si l’histoire ne roulait pas vite, même si l’histoire était constituée de phrase somme toute banales. De poncifs, de gestes du quotidien.

Les personnages me plaisaient, sans m’enthousiasmer et j’avais envie de tracer la route avec eux, de chausser mes godasses de rando et d’aller avec ma tente sur le dos faire un périple avec eux deux dans les Pyrénées. Bianca, qui faisait cette LC avec moi, est descendue à la première pompe d’essence et s’est enfuie en courant…

Ce roman a des airs de feel-good book, même si l’on se doute que l’on va lire la chronique d’une dégénérescence annoncée et que cela se terminera pas le décès d’Émile, sauf si les médecins se sont mis le doigt dans l’œil. Mais ça, se serait très con.

Effectivement, il ne se passe pas grand-chose dans ce gros pavé, l’auteure prenant la peine de nous décrire les gestes du quotidien, les repas, la cuisson des pâtes, la confection des salades, les achats de matériel pour la rando…

Rassurez-vous, il n’y a pas que ça ! Ce roman possède aussi ses petits moments d’émotions, ses petites touches de tendresse, de prises de conscience, cette amitié qui grandit et même de très grands moments remplis d’émotions larmoyantes.

Les descriptions des paysages sont bien présentes et cela donne l’impression d’être dans les Pyrénées, de marcher avec eux, de ressentir la soif, la fatigue. Là, je me suis retrouvée.

L’auteure a pris la peine de doter Émile et Joanne d’un passé et si celui d’Émile nous est divulgué assez vite, il faudra passer le cap de plus de la moitié pour apprendre ce qui rend Joanne aussi mélancolique. Joanna est un personnage très touchant, elle parle peu mais elle a une présence énorme dans ces pages.

Quant à Émile, il est encore plus touchant avec ses pertes de mémoires qui le rendent totalement perdu, presque fou de ne pas savoir ce qu’il fait là, triste d’avoir oublié ce qu’il  a fait ces deux derniers jours. Alzheimer n’est pas une maladie facile pour l’entourage et comme on oublie les souvenirs les plus récents, c’est Joanne qui va trinquer…

Bizarrement, l’extrême lenteur du récit ne m’a pas dérangée (contrairement à d’autres romans), même si, au bout d’un moment, la lassitude s’est installée (j’avais tout de même dépassé le cap de la page 560). Trop long, c’est trop long (je vous offre cette pensée philosophique de haut vol).

Ce sera mon plus gros bémol pour cette lecture : 838 pages, c’est trop ! Il y avait moyen de nous expliquer le périple de nos deux compagnons de voyage avec 250 pages de moins, ce qui aurait donné plus de rythme au récit. Le début est poussif, c’est là que j’ai perdu ma copinaute de lecture…

Pourtant, le voyage était intéressant à faire car il n’était pas qu’un simple voyage au gré des envies de nos deux compagnons, non, c’était surtout un voyage à l’intérieur d’eux-mêmes, une introspection, afin de perdre tout ce qui n’était pas bon pour leur esprit, leur coeur. Une sorte de grand nettoyage de printemps dans leur tête, une vidange de tout ce qui leur broyait le cœur et leur donnait des idées noires.

Ce voyage était initiatique pour eux deux et le pari fut réussi. À nous de faire sortir les scories de nos esprits et de ne garder que le plus beau, le plus lumineux, le plus agréable de nos vies.

Lu dans sa version Livre de Poche de 838 pages.

Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées.

Peau d’Homme : Hubert et Zanzim

Titre : Peau d’Homme

Scénariste : Hubert
Dessinateur : Zanzim

Édition : Glénat 1000 feuilles (22/04/2020)

Résumé :
Dans l’Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant.

Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout.

Mais c’était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d’homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d’un jeune homme à la beauté stupéfiante.

Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d’homme, Bianca s’affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l’amour et la sexualité.

Critique :
Je ne ferai pas dans la dentelle : voilà une bédé intelligente qui traite de la condition de la femme et de l’homosexualité de manière très sensible, avec élégance et beaucoup de finesse.

Cette histoire, c’est une véritable satire sociale qui, à l’aide du fantastique, met en avant les inégalités hommes/femmes durant la Renaissance, en Italie (cela aurait pu être ailleurs).

La religion, très présente dont le prêtre fanatique accuse les femmes d’être des succubes, des démons, des filles de joie, faciles, bref, on est des putes.

Quant à ce qu’Angelo, le prêtre blond (et frère de Bianca) pense de l’homosexualité, ce n’est pas mieux, pour lui, c’est Sodome et Gommhore et il ne souhaiterait qu’une seule chose, c’est que les flammes de l’enfer (ou divines) s’abattent sur ceux qui s’ébattent.

Bianca est un personnage que j’ai adopté d’emblée. Elle a du caractère, des pensées assez libertaires pour l’époque (mais pas anachroniques) et, en passant la peau d’homme, va comprendre que l’hypocrisie est de mise dans cette société où les amours homosexuels sont tolérés tant que ça reste pour l’amusement, puisque les filles sont sous bonne garde.

Si vos amis vilipendent les homosexuels ou font des plaisanteries égrillardes sur votre future épouse, vous ne les détrompez pas, vous hurlez avec la meute de peur qu’elle ne se détourne de vous. L’amour que vous éprouvez pour un homme doit être tu.

Les auteurs mettent bien en avant ce déséquilibre entre les droits des femmes et celui des hommes qui eux,, peuvent forniquer partout, à couilles rabattues, même, tandis qu’une femme sera punie si elle prend un amant. Lui sera un séducteur qui a des besoins et elle, une trainée, une Jézabel, une prostituée.

Je ne vous en dirai pas plus, juste qu’il faut lire cette bédé car on est dans le haut du panier, le très très haut du panier.

Les sujets traités sont toujours d’actualité (féminisme, droits humains, religions, homosexualité, émancipation), les gens sont toujours intolérants (et je ne parle pas d’intolérance au lactose ou au gluten), on n’a pas encore mis au point un vaccin pour leur ouvrir un peu l’esprit à la tolérance (ou du moins pour qu’ils foutent la paix aux autres).

Pas de manichéisme dans ce récit, les auteurs nous démontrent bien que les fanatiques commencent avec les minorités avant de s’attaquer à tout le monde. Tant que l’on est pas dans l’œil du viseur, on se moque de ce qui peut arriver aux autres, mais une fois que l’on est touché, alors on crie à l’injustice…

Bianca a beaucoup de courage, aller à contre-courant est toujours dangereux, on se retrouve souvent seul(e), les risques pris sont grands et la mise au bon de la société pend toujours au nez de ceux ou celles qui ont osé s’insurger contre le manque de droits pour les femmes ou les minorités.

La crasse est toujours dans l’œil qui regarde…

Une bédé engagée, intelligente et qui n’a pas oublié la pointe d’humour pour assaisonner le tout.

Légende – Tome 8 – De mains de femmes : Swolfs, Stéphane Collignon et Ange

Titre : Légende – Tome 8 – De mains de femmes

Scénariste : Ange
Dessinateur : Stéphane Collignon

Édition : Soleil (02/12/2020)

Résumé :
Tristan de Halsbourg a disparu… et sa disparition a fait de lui une légende. Une légende qui pèse sur ceux qu’il a laissé derrière lui : sa soeur Ombeline, devenue duchesse, ainsi que son mari, Alexandre de Hauteterre mais aussi sur Judith qui s’est exilée et rejette l’idée d’un compagnon – tant est forte, dans sa mémoire, l’image de celui qu’elle aurait pu aimer.

Critique :
Choses promises, choses dues, je n’ai pas tardé à lire le tome suivant afin de savoir comment tout cela allait se terminer (ou continuer, ce qui est le cas ici).

Ombeline se réveille enfin ! Depuis le temps qu’elle se cachait derrière l’ombre de son frère, derrière sa légende, depuis le temps qu’elle n’éprouvait pour son mari aucun amour, la voici qui vient de se trouver une paire de couilles afin de sauver son royaume.

Comme quoi, certains murmurent peuvent réveiller les jeunes filles qui se pâment au moindre soucis et qui ne savent pas gérer leur duché. Là, elle y va fort. Très, très fort… Elle y laissera des plumes de vertu, mais au moins, elle a sauvé les fesses de ses concitoyens.

On avait bien redémarré dans le tome précédent et celui-ci ajoute un couche de plaisir à la saga qui avait périclité à un moment donné. Là, on renoue avec les bons scénarios, où rien n’est tout à fait noir, ni tout à fait blanc, mais plutôt rouge sanglant.

La guerre du trône fait rage au Danemark et le jeune futur roi va comprendre quel prix il faut payer pour reconquérir la place que l’usurpateur lui avait piqué. Entouré de rouge, le jeune futur roi, est blanc comme neige devant toute cette violence et ces tripes répandues.

Du côté du duché de Halsbourg, c’est aussi des morts qui se ramassent à la pelle et dans la ville voisine, on se demande s’il faut ouvrir le poulailler aux renards, même si on leur jure, la main sur le coeur, qu’il ne sera fait aucun mal aux poules.

Voilà un tome foisonnant de violences, de sang, de guerres, de stratégies, de questionnements, de politique, de trahisons, de fidélité (ou pas). On a de l’action, mais pas que, car il y a aussi toute une réflexion derrière l’histoire.

Toujours les deux récits en alternance, qui s’emboitent l’un dans l’autre sans que cela entrave la lecture. Et puis, dans ce tome, une fois de plus, les femmes sont mises à l’honneur, même si, pour arriver à quelque chose dans leur vie, il leur faut prendre les armes et combattre avec violence.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°00] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Le loup en slip – Tome 5 – Le loup en slip passe un froc : Wilfrid Lupano, Mayana Itoïz et Paul Cauuet

Titre : Le loup en slip – Tome 5 – Le loup en slip passe un froc

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Mayana Itoïz

Édition : Dargaud (06/11/2020)

Résumé :
Le Loup a le moral au fond du slip. De retour de vacances, il constate que la mode est au slip Dulou®. Partout dans la forêt, on arbore fièrement son slip qu’il aime tant. Le Loup se sent lésé : normalement, il est le seul à le porter.

Mais là, avec ces slips à rayures qui fleurissent dans la nature… il a l’impression d’avoir perdu son identité.

C’est décidé, on ne l’y prendra plus ! Le Loup se débarrasse du slip : plutôt se les geler que de porter ce slip rayé. Mais le Loup sans slip… est-il encore le Loup ? Et que devient le slip du Loup… sans Loup ?

Sous couvert de la mode du slip, Wilfrid Lupano et Mayana Itoïz abordent avec maestria les dérives de la société de consommation, le sentiment d’appartenance et le développement de la personnalité.

Une aventure jubilatoire et raisonnée, pour les petits et leurs aînés.

Critique :
Lorsqu’on repense à nos années d’école, on se souvient tous et toutes que certaines marques de vêtements étaient plus populaires que d’autres…

Ne pas être habillé en Millet®, Donaldson®, Chipie®, Chevignon® (ou autres noms célèbres bien plus modernes) nous exposait à ne pas être accepté(e), à être ringard(e), exclu(e) de tout…

Si à 12 ans t’avais pas ton pull Chevignon®, t’avais loupé ta vie ! Pour leur défense, ils faisaient de la top qualité puisque je possède encore mes pulls de cette célèbre marque (célèbre pour les quarantenaire) et que j’arrive encore à rentrer dedans (faut juste éviter de se contorsionner).

L’année scolaire suivante (ou 2 ans après), une autre marque avaient les faveurs de ce qu’on nommerait maintenant « influenceurs » et c’était repartit pour un tour : les marques d’avant devenaient ringardes, fallait acheter les nouvelles et ainsi de suite…

C’est cette société de consommation que Lupano vise dans cet album-ci. Cette société de consommation qui fait de vous des gens « in » ou des gens « out », si vous ne suivez pas la mode, que vous vous en fichez ou que vous n’avez pas les moyens.

Gardez bien à l’esprit qu’on est toujours le ringard d’un autre et que l’on peut trouver plus ringard que soi… La tristesse affichée sur votre visage, parce que les autres vous excluent, pour cause de non port d’un vêtement d’une marque spécifique, deviendra rictus de gêne si un plus ringard que vous vient vous adresser la parole…

Notre pauvre loup est donc dépité, à son retour de vacances, de constater que tout le monde porte un slip Dulou®, le même que le sien, sauf que les copies ne sont pas en laine comme le sien, qu’elles ne sont pas chaudes, ni tricotées main. C’est de la production de masse.

Les plus jeunes s’amuseront avec la légèreté du ton, avec la situation comique de toute la forêt portant des slip rouges à rayures blanches (ou le contraire ?) alors que l’adulte trouvera que la légèreté de ton n’est qu’apparente, camouflée et que le sujet est brûlant

Mon seul bémol sera pour le fait qu’on aurait pu aller plus loin et parler d’ateliers clandestins, de travailleurs sous-payés, exploités, de matière première prise en dépit de tout, notamment de la Nature…

Les 40 pages ne suffisent pas pour approfondir plus le sujet et sans doute n’était-ce pas la volonté des auteurs qui ont préférés nous montrer la vacuité des modes qui changent tellement vite que les vêtements n’ont même pas le temps de s’user et nous faire comprendre que nous avions tous et toutes l’air bêtes en portant les mêmes vêtements, sans tenir compte du reflet de notre propre personnalité.

Le loup sans son slip n’est plus le loup, ils sont complémentaires, il fait partie de lui, de sa personnalité propre, mais pas de celle des autres animaux.

Malgré mon bémol, cet album est très bien, moins corrosif que les précédents, moins cynique que ce à quoi Lupano m’a habitué. J’aurais aimé le voir plus mordant…

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 40 pages) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°70].

 

Sherlock Holmes – Enquêtes surnaturelles [La BD dont vous êtes le héros] : Boutanox et Jarvin

Titre : Sherlock Holmes – Enquêtes surnaturelles [La BD dont vous êtes le héros]

Scénariste : Jarvin
Dessinateur : Boutanox

Édition : Makaka (27/07/2020)

Résumé :
Des crimes surnaturels ont été commis à Londres. Si vous espérez les élucider, il vous faudra mettre votre intelligence et vos convictions à l’épreuve : les faits relèvent-ils de créatures infernales ou de simples mystificateurs…?

Incarnez le détective Holmes, le docteur Watson ou le chasseur de mystères, Thomas Carnacki. Gardez l’esprit clair, soyez méthodique, interrogez les témoins avec tact, fouillez les lieux, dénichez des indices et confrontez-vous aux énigmes, car le héros, c’est VOUS !

Critique :
Depuis le début, je suis fan du concept « La BD dont vous êtes le héros » que les éditions Makaka publient avec Sherlock Holmes, de manière totalement différente des romans jeux de rôles de mon adolescence.

Ici, au moins, pas besoin de dés et en plus, on a des images !

Habituellement, les dessins sont de Ced (et certains scénarios aussi). Cette fois-ci, Boutanox le remplace à la planche à dessins et ils sont tout aussi appréciables que ceux de Ced.

Dans ces trois enquêtes surnaturelles, vous devrez trouver le coupable parmi les suspects proposés, après les avoir interrogés et recueilli des indices, mais on ne vous demandera de vous déclarer sur l’existence ou non des loups-garous, des fantômes ou des momies qui se déplacent toutes seules. Le but du jeu n’est pas là.

Une fois de plus, je me suis amusée comme une petite folle, juste armée de mon crayon et d’une tasse de café fort afin de donner du carburant à mes petites cellules grises, qui auraient sans doute eu besoin d’un bon coup de WD-40 tant elles étaient rouillées !

Il est assez facile de repérer des indices dans un récit linéaire, mais lorsque l’on bouge dans tout un album, on a tendance à oublier des détails si on oublie de les noter. Sans être compliquées, dans ces énigmes, il n’est pas toujours évident de trouver le coupable du premier coup.

De plus, il faut être super attentif à tous les petits détails, notamment aux numéros qui sont parfois cachés dans les différentes cases et que l’on ne voit pas du premier coup d’œil.

Dans la première histoire avec le loup-garou, on me parlait d’un indice « carnet intime », j’avais vu ce dernier sur une commode mais n’ayant pas trouvé le chiffre renvoyant à la case de cet indice, je le pensais ailleurs. Mais non, il n’était que là… Alors, me penchant un peu plus, je distinguai en filigranes le numéro qui me permettrait d’aller lire son contenu. Bingo !

Pour une fois, je n’ai pas eu trop de mal à trouver le/les coupables de chacune des trois histoires, malgré tout, si vous n’êtes pas attentif ou que vous ne récupérez pas tous les indices, ce sera moins facile. Attention, n’allez pas croire qu’on trouve tout, les doigts dans le nez, faut tout de même mouiller le maillot en fouillant des manoirs, un parc,…

C’est toujours interactif sans avoir besoin d’une manette de jeu, c’est amusant, on peut incarner trois personnages différents, chacun ayant des dispositions qu’un autre n’a pas et il est toujours possible, plus tard, de reprendre le livre de jeu en incarnant un autre personnage ou de rejouer, si vous n’avez pas noté les réponses dans l’album mais sur une feuille volante qui s’autodétruira ensuite…

Une fois de plus, les énigmes sont intelligentes, brillantes, bien mises en scène, donnant assez d’indices si vous êtes observateur. Si, comme moi, vous avez lu beaucoup de romans policiers, vous pourrez aussi trouver quelques concordances et comprendre à qui profitait le crime.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°296], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°49], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 96 pages), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°00], et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

ABC contre Poirot (BD) : Frédéric Brémaud, Alberto Zanon et Agatha Christie

Titre : ABC contre Poirot (BD)

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Paquet – Agatha Christie (17/06/2020)

Résumé :
Alors qu’Hercule Poirot profite de sa retraite, il reçoit une lettre anonyme d’un certain ABC qui le défie en lui annonçant la date et le lieu de ses crimes.

Critique :
ABC contre Poirot faisait partie des romans que j’avais adoré, avant tout parce que la résolution était un coup de pied au cul monumental.

Malgré tout, au fil du temps, j’avais oublié la solution de cette énigme et ce fut l’adaptation télé, Les Petits Meurtres d’Agatha Christie qui me la remis en tête.

L’adaptation bédé n’allait pas me rafraîchir la mémoire, n’ayant plus oublié la résolution, mais on est fan du détective belge ou pas.

Si l’immeuble où vit Poirot, le Whitehaven Mansions, est fidèle à celui de la série télé avec notre moustachu, les dessins de Poirot, par contre… Dois-je vraiment le dire ?

Bon, ils sont plus que bof bof et ne m’ont pas enthousiasmés du tout ! On dirait un bonhomme Michelin et son élégance légendaire n’est pas bien représentée.

C’est bien simple, il ne faisait pas vraiment Poirot, quant aux sourcils du capitaine Hastings, ils étaient tellement longs qu’ils dépassaient de son visage !

Si les visages de nos deux personnages principaux ne sont pas bien exécutés, les couleurs, elles, sont bien dosées.

Le scénario est conforme au roman (même si ça remonte à très loin, ma lecture), mais en tout cas, il est touffu et ne donne pas l’impression que les auteurs ont survolé le récit initial avant de le caviarder là où il ne fallait pas. Un bon point donc pour le respect de l’histoire originale.

La résolution de l’affaire arrive après des enquêtes, des réflexions de Poirot, il prendra son temps pour expliquer le cheminement de ses petites cellules grises et une fois de plus, c’est appréciables car bon nombre de ces adaptations en bédé ont un final trop vite expédié, comme s’il n’y avait pas eu d’enquête digne de ce nom.

Si ce n’était les dessins aussi moches, cette adaptation serait repartie avec le maximum de points, mais je suis assez pointilleuse sur les dessins de Hercule Poirot (idem pour Sherlock Holmes) !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°295], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°48], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Blackwing – 03 – La chute du corbeau : Ed McDonald

Titre : Blackwing – 03 – La chute du corbeau

Auteur : Ed McDonald
Édition : Bragelonne (15/04/2020) / Bragelonne Poche (07/07/2021)
Édition Originale : Crowfall
Traduction : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Un cataclysme a frappé le Cordon, l’ultime ligne de défense séparant la civilisation des Rois des profondeurs.

Des pluies rouges accablent sans cesse la terre, de nouvelles monstruosités se nourrissent de terreur dans l’ombre et le pouvoir des Sans-Nom, les dieux qui protègent la république, demeure inutilisable.

Les capitaines des Ailes noires qui les servent sont éliminés un par un, et même les immortels ont fini par apprendre ce que mourir signifiait.

Entretemps, le pouvoir des Rois des profondeurs n’a fait que croître ; ils sont sur le point d’assener le coup final.

Critique :
Oui, je l’ai fait ! Non seulement je me suis replongée dans la fantasy avec plaisir mais en plus, j’ai terminé cette saga (je ne suis pas à jour partout, loin de là !).

Avec cette trilogie, on se situe tout de même dans le haut du panier de la fantasy. Dans le haut du panier de la dark fantasy, je dirais même, un univers que je n’ai pas encore exploré vraiment.

Mon domaine de prédilection serait plus celui de l’humour et des pitreries des héros des sagas de David Eddings ou les guerriers flamboyants des sagas de David Gemmel.

Ici, c’est un tout autre univers qui m’a été présenté, plus sombre. Le plaisir fut au rendez-vous durant mes trois lectures et j’ai particulièrement apprécié ce dernier volume qui clôture la trilogie car l’auteur n’a pas foiré son grand final (comme on l’a déjà vu ailleurs).

Depuis le départ, ses personnages sont travaillés, possèdent de la profondeur, on s’attache à eux, on serre les dents s’ils disparaissent… D’autres feront leur apparition et auront eux aussi leur rôle à jouer, même si le rôle principal reste pour Ryhalt Galharrow, le capitaine des Ailes Noires qui a bien changé dans ce dernier tome.

Les décors post-apo sont très bien décrit et personne n’aura envie d’aller passer ses vacances dans la Désolation, ces grandes étendues de terres qui ont encaissées le déferlement de la Machine (l’équivalent de plusieurs bombes atomiques), détruisant tout sur son passage et faisant muter la nature à tel point que nous avons, entre autre, des herbes qui peuvent vous déchiqueter et vous bouffer et un bestiaire totalement dingue de créatures loufoques (et dangereuses).

Pourtant, Ryhalt Galharrow a vécu dans la Désolation qui l’a transformé. Pourquoi a-t-il fait subir ça à son corps ? Se sera pour les révélations finales mais vous en apprendrez un peu plus au fil du récit, l’auteur n’attendant pas l’ultime page pour tout nous révéler.

Dans ce récit de dark fantasy, Noir c’est Noir, il n’y a plus d’espoir… Les Rois des Profondeurs se réveillent et une fois de plus, le combat sera titanesque pour survivre et déséquilibré. Les Sans-Noms tirent les ficelles et il est bien difficile de savoir qui va trahir (ou pas).

Bourré d’action sans que cela vire à Mission Impossible, de l’adrénaline, des combats, du suspense, des aventures qui ont du pep’s, sans jamais sacrifier le fond sur la forme ou l’action pure au détriment de la profondeur du scénario, Ed McDonald signe-là une belle conclusion à sa trilogie.

Sans verser dans l’excès avec des combats qui dureraient des centaines de pages, sans sacrifier le final en l’expédiant en deux coups de cuillère à pot, l’auteur a réussi l’équilibre entre les deux : ni trop, ni trop peu.

Son monde était cohérent et il a réussi à nous le faire visiter sans que le voyage devienne chiant, sans que les accompagnateurs ne deviennent lourds et bien que l’on ne saura jamais tout, ce dernier tome nous en apprend un peu plus sur les Sans-Noms.

De la Dark Fantasy sombre et violente, sans jamais que la lumière ne manque, porté par des personnages hauts en couleur, sympathiques, qui évolueront au fil de leurs aventures, de leur blessures. Une conclusion de la saga à la hauteur.

Cela fait du bien de revenir à des anciens amours (un peu délaissés) avec une trilogie de cette qualité dont le final reste dans la cohérence des tomes précédents, autrement dit, dans le tout bon.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°285], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°39], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°64], et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Le secret de Sherlock Holmes : Christophe Guillon et Christian Chevalier

Titre : Le secret de Sherlock Holmes

Auteurs : Christophe Guillon et Christian Chevalier
Édition : L’Harmattan (13/03/2020)

Résumé :
Londres 1881. Sherlock n’est pas encore le grand Holmes et le docteur Watson, médecin légiste, rentre tout juste d’Afghanistan.

Alors que ce dernier cherche un toit, l’inspecteur Lestrade fait appel à lui pour autopsier un cadavre découvert sur les bords de la Tamise.

L’enquête qui va suivre unira les destins de Sherlock Holmes et du docteur Watson et les fera entrer dans la légende.

Critique :
Si lire du théâtre n’est pas mon fort, je ne pouvais pas me priver de lire la mise en roman de cette pièce de Sherlock Holmes.

Autant où j’ai du mal à lire des dialogues avec le nom du personnage devant, autant où ici ce fut d’une facilité déconcertante.

Les actions des divers protagonistes (6) étaient bien expliquées et j’ai aimé la manière dont les auteurs ont mis en scène une scène dans le final, avec Watson qui raconte et les acteurs qui suivaient son récit.

C’est une pièce qui parle de la rencontre entre Holmes et Watson, en changeant quelques petits détails et en y ajoutant la présence d’un Lestrade.

Nous avons une enquête qui reprendra une partie du canon holmésien, notamment la pierre de Mazarin, un nom connu (Stapleton) et un inspecteur Lestrade totalement crétin. Bref, c’est une lecture fort légère.

Attention, pas légère dans le sens « peu consistante, insuffisante » (à la Harlequin) mais dans le sens que les réparties sont bourrées d’humour, de doubles sens, de jeux de mots et que le public a dû bien rire vu que moi, seule dans mon divan, j’ai gloussé très souvent.

Je soulèverai tout de même quelques incohérences : lors de leur rencontre, en 1881, nos deux hommes sont jeunes, même pas la trentaine, hors, dans cette pièce, ils sont bien plus âgés et d’après mes calculs fait à partir du « secret » de Holmes, je dirais même que si nous sommes face à un Holmes de moins de 50 ans, il ne peut logiquement pas avoir moins de 40 ans dans ce récit, ce qui à l’opposé total du canon holmésien.

Je peux comprendre que pour les besoins du scénario, Holmes ne soit plus un jeunet, mais une autre chose m’a faite tiquer : Watson qui panique quand la jeune fille se blesse, hurlant que si son père était hémophile, elle doit tout de suite faire quelques chose…

Hors je sais une chose (et Internet me l’a confirmé), c’est que l’hémophilie est très très rare chez les femmes. Elle atteint les hommes (les jeunes garçons d’abord) par le biais de leur mère qui leur transmet la maladie. Le fils du Tsar Nicolas II en était atteint et cette saloperie venait de la reine Victoria qui l’a transmise aux familles royales d’Espagne, d’Allemagne et de Russie !

Anybref, que le docteur Watson panique ainsi alors que l’on sait que les femmes en sont rarement atteinte, ça me semblait un peu disproportionné… Par contre, point de vue scénaristique, cela était nécessaire de prendre des libertés avec la médecine et cette saloperie.

Mon seul autre bémol sera pour le fait que cette adaptation de pièce de théâtre soit trop court ! Un peu plus n’aurait pas été pour me déplaire tant j’étais bien dans cette atmosphère d’humour et de cabotinage où seul le lecteur arrive à déduire le secret de Holmes alors que Watson ne capte rien du tout, malgré les indices…

En tout cas, je suis contente d’avoir réussi à mettre la main sur ce court roman jubilatoire et si d’aventures (en aventures, vas-y, chante !!) cette pièce est jouée en Belgique, je prendrai des places, assurément !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°273], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°23] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

La Survie de Molly Southbourne : Tade Thompson

Titre : La Survie de Molly Southbourne

Auteur : Tade Thompson
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (11/06/2020)
Édition Originale : The Survival of Molly Southbourne (2019)
Traduction : Jean-Daniel Brèque

Résumé :
Qui est Molly ? Une jeune femme frappée de la pire des malédictions, morte dans l’incendie de son domicile… Et pourtant là. Semblable mais différente.

Qui est cette Molly ? Certains veulent la voir disparaître. D’autres brûlent de la capturer, de percer à jour les secrets de sa nature étrange.

L’objet d’enjeux qui la dépassent, voilà ce qu’est Molly. Condamnée à fuir, à tenter de survivre. Avant de peut-être, enfin, apprendre à vivre…

Critique :
Comment arriver à faire une suite à la novella « Les Meurtres de Molly Southbourne » sans se prendre les pieds dans le tapis ou écrire un récit insipide qui ne serait qu’un prolongement fade du premier opus ?

L’auteur a été intelligent ! S’il a repris les codes de sa première novella, il en a changé l’ingrédient principal, nous montrant une copie plus que réussie.

Non, pas une copie de son texte, mais une copie d’autre chose (no spolier).

Si le premier récit était intimiste puisque nous suivions Molly dans sa vie, dans la gestion de sa malédiction, le second tome nous emporte dans la foule, dans la ville, dans le monde et notre molly va devoir apprendre à gérer sa paranoïa et sa violence.

C’est une novella qui se lit d’une traite, elle est courte mais elle est bonne, même si je lui préférerai le premier tome. Plus de personnages, plus d’action dehors, plus de psychologie et plus de rencontres qui permettront à molly de faire un travail sur elle et d’en apprendre plus sur les origines de sa malédiction.

Il y a une évolution fulgurante du personnage de molly avec la malédiction qui n’est plus et une sorte d’acceptation de son état et de ce qui en découle. Une belle rédemption de la part de molly, un fameux travail sur elle-même !

Une novella que je conseille, surtout que vous pourrez lire les deux l’une à la suite de l’autre et ne pas rester sur le cliffhanger de la première.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°266], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°15]  et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

1984 (BD) : George Orwell et Fido Nesti

Titre : 1984 (BD)

Scénariste : George Orwell
Dessinateur : Fido Nesti

Édition : Grasset (04/11/2020)

Résumé :
1984, le chef-d’œuvre de George Orwell, fait partie des plus grands textes du XXème siècle. Les lecteurs de tous âges connaissent Big Brother et Winston Smith, car plus qu’un roman politique et dystopique, 1984 a nourri notre imaginaire sans jamais perdre de son actualité.

L’atmosphère envoûtante et le dessin aux teintes fantastiques de l’illustrateur brésilien Fido Nesti, alliés à la modernité de la traduction de Josée Kamoun, nous offrent aujourd’hui une somptueuse édition de 1984, la première version graphique du texte mythique d’Orwell.

Il s’agit d’un des événements éditoriaux les plus attendus de l’année à travers le monde.

Critique :
J’avais découvert le roman en 2013 et malgré le fait que j’avais pris un uppercut dans ma gueule avec la description d’une société totalitaire poussant l’absurde jusqu’à réécrire l’Histoire ou les faits, certains passages de cette dystopie m’avaient ennuyés.

Ma cotation avait été très bonne parce que le K.O (chaos ?) était parfait et j’avais eu du mal à me relever.

L’adaptation en roman graphique était donc l’occasion de voir si j’allais encore éprouver des grands moments de solitude durant les soliloques de Winston Smith…

Une fois de plus, je suis au tapis, la gueule qui fait mal et durant ma lecture de ce roman graphique, je n’ai pas vécu l’ennui qu’une partie du roman m’avait procurée. Les sueurs froides étaient toujours au rendez-vous, par contre.

Si je n’ai pas été conquise par les dessins, les couleurs illustraient bien l’atmosphère de l’Angleterre sous ce régime totalitaire, dictatorial, stalinien…

D’ailleurs, j’ai même eu un regain de sueurs froides en revoyant les épisodes où les employés doivent réécrire l’Histoire, les faits, les journaux et gommer ce qui doit être gommer car depuis quelques temps, certains illuminés du bocal aimeraient que l’on efface certaines mots des romans, effaçant par là même l’Histoire et ses horreurs.

« Un peuple qui ne connait pas son passé, ses origines et sa culture ressemble à un arbre sans racines » (Marcus Garvey). Pire ! « Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre » (Winston Churchill, Karl Marx et plein d’autres).

Comme le disait si bien Abraham Lincoln : Le problème avec les citations sur Internet, c’est qu’il est difficile de déterminer si elles sont authentiques ou non.

Orwell s’inspire, bien entendu, des sociétés totalitaires comme furent celles du communisme sous Staline (on réécrivait la réalité, on truquait les chiffres, on montrait l’opulence mais ce n’était que du carton pâte) et du nazisme. Bref, toutes les sociétés totalitaires peuvent se retrouver dans ses pages.

Anybref, cette adaptation graphique du célèbre roman d’Orwell est excellente car les dessins sont en harmonie parfaite avec le ton de la narration de Winston Smith qui nous explique le monde dans lequel il vit, dans cette société qui contrôle tout, même l’écran qui est dans votre domicile, celui que l’on ne peut pas éteindre.

Ceux ou celles qui ne voudraient pas lire le roman peuvent se rabattre dans soucis sur cette adaptation car elle est fidèle au roman.

La présence de dessins, dans des tons gris et rouges, qui illustrent eux-mêmes ces ambiances de désespoir, de morosité, de suspicion, de mal-être, plongent encore mieux le lecteur dans ce monde horrible, lui donnant l’impression qu’il se trouve dedans, à arpenter ces rues grises d’un Londres que personne ne voudrais connaître.

Si dans la deuxième partie, on a un peu de répit, d’amour, la troisième, elle, est implacable et les tripes qui étaient déjà nouées vont se tordre encore plus devant tant d’inhumanité, de folie car ce qu’il se passe dans ces pages, ça va encore plus loin dans la négation de la mémoire que le stalinisme ou que le nazisme.

Avec Big Brother, c’est comme si vous n’aviez jamais existé, vous ne deviendrez jamais un martyr, un témoin gênant. Vous serez un rien du tout, réduit à néant, aussi bien dans le passé que dans l’avenir.

1984, c’est plus qu’une claque dans la gueule, c’est une balle dans la tête. À lire et à relire, sans oublier que Big Brother est là, à nous regarder, derrière nos écrans. Heureusement, nous n’en sommes pas encore arrivé à ce qui se déroule dans cette dystopie glaçante mais ce totalitarisme a existé (pas aussi poussé) et il n’est jamais mort car on ne peut pas tuer des idées.

— Si tu veux une image du futur, figure-toi une botte qui écrase un visage humain. Indéfiniment.

Le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021 [32ème et dernière fiche], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°12] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.