Les croix en feu : Pierre Pelot

Titre : Les croix en feu – Les croix de feu

Auteur : Pierre Pelot
Édition : L’Atalante (2008) / Marabout Junior (1966)

Résumé :
1865. États-Unis d’Amérique.

Après guerre de Sécession, Scébanja revient sur les terres où il est né esclave afin d’acheter une ferme et de vivre comme l’homme libre qu’il croit être enfin devenu. C’est compter sans la haine des Blancs.

Appauvris par la guerre qui les a dépossédés d’une main-d’œuvre gratuite, ils voient d’un très mauvais œil leurs esclaves d’antan s’émanciper. Le Ku Klux Klan entre en action…

Critique :
♪Sweet Home Alabama ♫Where the skies are so blue ♪Sweet home Alabama ♪ Lord I’m comin’ home to you ♫

Il fut un temps où l’Alabama n’était un sweet home que pour l’Homme Blanc…

Alabama… Cet état du Sud, ségrégationniste, va se faire égratigner sévèrement le cuir par ce court roman.

C’est surtout ses habitants qui seront pointés du doigt. Habitants racistes et certains cumulent mêmes les tares de racistes ET d’assassins.

Si le nom du Ku-Klux-Klan n’était pas aussi tristement célèbre, le nom pourrait prêter à rire ou servir d’échauffement linguistique tel le chasseur sachant chasser sans son chien.

Hélas, il n’en est rien. En plus de semer la terreur dans un Sud ayant perdu la Guerre de Sécession, il plante des croix de feu et tue des pauvres gens dont le seul tort était d’être né Noirs et d’avoir voulu vivre paisiblement au milieu de Blancs qui ne le souhaitaient pas.

Des anciens esclaves, Noirs de surcroit, qui pourraient avoir les mêmes droits qu’eux, ces Blancs qui se croient au-dessus de tout, c’était tout simplement impensable pour les gens bien pensant du Sud profond comme l’Alabama.

Alors, quand un habitant du Sud vend une partie de ses terres, il est impensable que des Noirs l’achètent ! Et se ce genre de folie furieuse arrivait, le Klan serait là pour y mettre bon ordre.

Avec un court roman de 155 pages à peine, Pierre Pelot parvint à insuffler toute l’haleine fétide du vieux Sud, celui qui ne digère toujours pas sa défaite et le fait que les esclaves Noirs aient été affranchis.

Sans cette main-d’œuvre plus que bon marché, les riches planteurs ne s’en sortent plus et doivent vendre leurs terres. Scébanja, ancien esclave en fuite qui avait bossé sur ces terres, a bien l’intention d’acheter une parcelle et de la cultiver avec son ancien ami, un Blanc.

Scébanja est un personnage doux rêveur, naïf, un peu simplet, sans doute, parce qu’il est impossible d’être aussi naïf en ce temps-là en ayant vécu ce qu’il a vécu. Mais il est un peu comme Lenny de « Des souris et des hommes » et il ne rêve que d’une belle maison et de maïs plus haut qu’un homme.

Dave, son ami Blanc, est un pauvre type qui a dilapidé son maigre héritage au jeu.

Une chose m’a interpellé, en plus du racisme crasse et de la bêtise humaine : ils sont tous comme des fous pour acheter des lots de terre à prix d’or alors que le contrat les oblige a être les métayer du vendeur et de lui céder les 3/4 de leur récolte.

Comment peut-on rentabiliser une terre achetée 300 ou 2.000$ (alors qu’elle n’en vaut que 10 tout au plus) lorsqu’on doit, en prime, céder les 3/4 de sa récolte ?? Bon sang, rien n’a changé de nos jours, j’ai entendu des agriculteurs acheter à prix d’or des terres qui ne seront pas rentables avant 70 ans au prix où se vendent les céréales. Passons…

L’atmosphère est tendue, malgré la joie innocente et enfantine de Scébanja et la tension montera au fur et à mesure des pages, atteignant son apogée avec la descente du Klan sur un lot acheté par des Noirs et revenant ensuite pour nos deux amis.

En peu de pages, Pierre Pelot en dit beaucoup, nous immerge dans ce Sud profondément raciste qui est prêt à prendre des vies pour garder ses droits, parce que les Blancs ont peur de ces Noirs qui pourraient avoir les mêmes droits qu’eux.

Un western noir qui ne rate pas sa cible, qui la touche en plein bide et fait mal là où il passe. La Bête agonisera peut-être, mais l’Hydre de Lerne, sans cesse, a des têtes qui repoussent quand on en coupe une…

Un western noir très court mais très intense.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

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Le vent de la plaine : Alan Le May

Titre : Le vent de la plaine

Auteur : Alan Le May
Édition : Actes Sud (06/06/2018)
Édition Originale : The Unforgiven (1987)
Traducteur : Fabienne Duvigneau

Résumé :
Dans ce western puissant et violent, Alan Le May nous raconte l’histoire des Zachary, une famille de ranchers du Texas.

En 1874, alors que les habitants de la région et les Indiens s’affrontent pour les terres, un vieil ennemi des Zachary répand la rumeur selon laquelle leur fille ne serait pas leur enfant biologique, mais une Kiowa volée à sa tribu.

Bientôt, les Zachary sont rejetés par leur propre communauté et doivent se préparer à une âpre bataille contre les Kiowa, venus réclamer leur enfant…

Grâce à sa connaissance de la culture indienne, l’auteur nous immerge dans une situation extrême tout en évitant les clichés.

Un western noir et haletant porté à l’écran en 1960 par John Huston. Dans les rôles principaux : Burt Lancaster et Audrey Hepburn.

Critique :
L’être humain est un grand connard, un imbécile, un médisant, un colporteur de ragots et un grand crédule.

En ces temps reculés, je peux encore pardonner, ou comprendre le fait que leur pouvoir de réflexion volait plus bas que le derrière d’un cochon, leur crédulité, leur bigoterie (mais plus à notre époque).

Anybref, ce western noir nous plonge dans l’imbécilité faite Homme ou comment un type qui a perdu la raison, suite à la mort de son fils après enlèvement par les Kiowas, va faire croire à des imbéciles que leur voisin sont de mèche avec les indiens : la preuve, ils ne se font jamais attaquer parce que leur fille est d’origine Kiowas.

“Les Kiowas ne les ont jamais touchés, et ne les toucheront jamais ! Ils s’en sont tirés indemnes quand ils ont vendu mon garçon. Ils ont même pris une petite négresse rouge en échange, pour sceller le pacte. Allez donc voir par vous-mêmes ! Une squaw toute jeune encore qui grandit avec le nom des Zachary !”

Ce western sombre va nous démontrer comment on peut arriver dans ses situations extrêmes à cause des médisances, le tout attisé par les rancœur et une sacré dose de racisme ordinaire.

Sans compter que l’enfer étant pavé de bonnes intentions, le bordel arrivera surtout à cause de madame Zachary qui s’est enfoncée dans son mensonge, refusant de dire la vérité à Rachel, évitant d’affronter la réalité pour se préserver, elle; de par la question innocente de l’un des Zachary, ce qui a déclenché l’irruption des Kiowas et de par l’assassinat de l’un deux, alors qu’il ne portait aucune peintures de guerre, ni armes.

Ou comment se tirer une balle dans le pied tout seul comme un grand !

Les Kiowas n’étant pas des enfants de cœur, valait mieux pas qu’ils vous tombent dessus. Les gens près de la Frontière les craignaient, ne les aimaient pas, pourtant, ils ne faisaient rien pour se protéger un peu plus.

Néanmoins, les gens des comtés les plus malmenés continuaient à construire des maisons avec des murs qui laissaient passer les balles et un toit d’herbe sèche, sans postes d’observation ni meurtrières ni volets pour se barricader en cas d’attaque. Ils autorisaient leurs enfants à se promener sans surveillance et laissaient leurs femmes seules plusieurs jours pendant qu’ils partaient effectuer des missions insensées. Ils n’apprenaient pas, refusaient d’écouter, et tous les massacres du monde n’y changeraient rien.
Peut-être ne pouvait-on accuser de négligence un homme dont la famille avait été découpée en morceaux. Afin de supporter son chagrin, il lui était plus facile de présumer qu’il avait agi de son mieux, et d’inventer d’autres motifs pour expliquer les meilleurs résultats de ses voisins.

L’auteur, au travers de son récit, nous décrit la vie dure que les colons ont endurés dans ces plaines du Texas et du Kansas car là-bas, tout était hostile : de la nature à ses habitants d’origine qui vivaient essentiellement de razzias.

Les Kiowas menaient des raids depuis le Nord du Kansas jusqu’à Santa Fe ; ils pouvaient traverser le Texas en parcourant cent trente kilomètres par nuit, semer le chaos en territoire mexicain, et être de retour au nord de la Red River avant la fin de la lune. La distance ne garantissait aucune sécurité aux habitants de la frontière. Seule la vigilance les protégeait.

Même sans les Indiens, Matthilda Zachary aurait détesté la prairie. Les longs mois soumis à un vent exaspérant, la poussière omniprésente qui s’infiltrait par les murs et le toit dans le trou qui leur servait de maison, les coulées de boue chaque fois qu’il pleuvait, l’absence totale de confort, et un labeur incessant qui n’apportait jamais aucune récompense, le savon grossier que l’on fabriquait soi-même, si irritant pour la peau que la propreté se payait par des mains douloureusement gercées – tout cela, Matthilda l’aurait pardonné. Mais elle ne pardonnait pas ce qu’elle voyait comme l’infinie malfaisance de la prairie, plus vaste que ses immensités, plus puissante que ses orages.
Un incendie, un blizzard, une sécheresse, et la terre se couvrait de carcasses. Partout, des ossements innombrables se dissimulaient au cœur de la végétation. Malgré ses chants d’oiseaux, ses fleurs, et la douce ondulation de ses hautes herbes, la prairie se changeait invariablement en une horrible bête dont la gueule pouvait avaler le travail de toute une vie en une seule nuit. Elle lui avait pris son mari, et ne s’était même pas souciée de rendre son corps.

Sans parti pris, il nous livre ce qu’il se passait dans ces plaines, lorsque les Kiowas tombaient sur le râble des fermiers, et je peux vous dire que ce n’était pas triste et qu’il valait mieux ne pas être une femme.

De plus, il nous donne quelques particularités des Kiowas, là où Hollywood nous a toujours montré des indiens parlant l’anglais ou des colons baragouinant leur langue, mais sans savoir si c’était la véritable. La langue Kiowa comptait 74 voyelles ! Qui le savait ?

Mais Cassius avait réussi à maîtriser l’étrange langue kiowa, qui comptait soixante-quatorze voyelles – outre un large éventail de sons gutturaux et de claquements de langue – qu’il fallait chanter. Ben la maniait aussi, évidemment, mais lui avait dû suer sang et eau pour l’apprendre.

De plus, l’auteur prend la peine de nous décrire le physique, l’allure de tous les Kiowas qui jouent un rôle important, de Striking Eagle à Seth.

Le May décrit ce qui les différencie, leur donne une vraie existence physique et fait en sorte que le lecteur ne confonde pas l’un avec l’autre et se fasse une idée de leur visage ou leur allure générale.

Comme il le fait avec la famille Zachary, dont on sait distinguer ses membres, et même avec les autres voisins, les Rawlins ou le ténébreux personnage d’Abe Kelsey. Chacun est décrit avec minutie sans pour autant en faire des tonnes, mais avec peu de mots, il les rend réalistes et vivants.

Dans son récit, l’auteur évoquera aussi cette fameuse Frontière, qui a reculé de 160km en quelques années. Autant de terres que l’on a volées aux Kiowas et qui ont été vendues par le Sud pour payer les dettes de la guerre de Sécession, notation historique tout à fait passionnante, rarement évoquée et qui m’a passionné.

Ce western, s’il fait au départ la part belle aux larges plaines désertiques, se finira en huis-clos, dans la cabane assiégée par une tribu en colère, la tension montant crescendo, les scènes d’action entrecoupées de moments d’attentes des plus angoissants.

Un western noir où le salut ne viendra pas des autres car le peu de voisins des Zachary préfèrent les laisser se faire massacrer au lieu de leur porter secours. Après, on pourra toujours récupérer leurs terres et leurs vaches.

Un western noir à l’ambiance oppressante, dense, moite à couper au couteau, où les non dits et les secrets commencent à se faire pesant, où une mère a arrangé une réalité pour elle-même, ou des gens sont crédules au point de croire un fou, où l’Homme envie sans cesse son voisin, ses terres.

Un western noir qui ne prend pas de gants pour décrire certaines exactions commises par les indiens, ni pour critiquer le gouvernement qui reniait toujours ce qu’il signait ou promettait, ni pour dénoncer la bigoterie de certains pionniers, ce qui les rendaient égoïstes et aveugles à tout le reste.

Un western noir réaliste, dur, âpre, où la nature est hostile, sans pitié pour les Hommes et les bêtes, et où la vie n’était pas facile, les mauvaises années étant plus nombreuses que les bonnes.

Un excellent western noir !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

[FILMS] Deadpool II (2018) – Le film qui va essayer de ne pas tuer la Pool aux œufs d’or

Deadpool 2 est un film de super-héros américain réalisé par David Leitch, sorti en 2018. Il met en scène le personnage du même nom tiré des comics, interprété par Ryan Reynolds.

Il s’agit de la suite de Deadpool de Tim Miller, sorti en 2016.

Synopsis :
Deadpool se voit contraint de rejoindre les X-Men : après une tentative ratée de sauver un jeune mutant au pouvoir destructeur, il se retrouve dans une prison anti-mutants.

Arrive Cable, un soldat venant du futur et ayant pour cible le jeune mutant, en quête de vengeance. Deadpool décide de le combattre.

Peu convaincu par les règles des X-Men, il crée sa propre équipe, la « X-Force ». Mais cette mission lui réserve de grosses surprises, des ennemis de taille et des alliés indispensables.

Fiche technique :

  • Titre original et français : Deadpool 2
  • Réalisation : David Leitch
  • Scénario : Rhett Reese (en), Ryan Reynolds et Paul Wernick (en), d’après les comics de Rob Liefeld et Fabian Nicieza

Distribution :

  • Ryan Reynolds : Wade Wilson / Deadpool et Le Fléau (Juggernaut en VO – capture de mouvement faciales et voix)  ainsi que lui-même (scène post-générique)
  • Josh Brolin : Cable
  • Julian Dennison : Russell « Hot Stuff » Collins / Firefist
  • Zazie Beetz : Neena Thurman / Domino
  • Morena Baccarin : Vanessa Carlysle
  • Andre Tricoteux (capture de mouvement) et Stefan Kapičić (trait facial et voix) : Piotr Rasputin / Colossus
  • T. J. Miller : Weasel
  • Brianna Hildebrand : Ellie Phimister / Negasonic Teenage Warhead

Ce que j’en ai pensé :
Pas facile de faire un numéro 2 lorsque le 1er a connu du succès et a révolutionné l’univers des films Marvel en mettant en scène un de ses plus politiquement incorrect personnage.

Le premier film surprenait, amusait, je me demandais où cet énergumène de Deadpool allait n’emmener et j’étais sortie du film plus que conquise. J’avais ri, souri et j’étais totalement accro à cet héros qui n’avait rien de lisse.

Dans le deux, il ne va pas changer, il est toujours aussi drôle, irrévérencieux, le film est bourré de caméos (j’ai pas tout vu, mais Wiki m’a tout dit et je vous le dirai aussi), obsédé du cul et pas prêt à se plier aux règles des X-Men.

Mais alors là, pas du tout du tout et les X-Men n’ont pas trop envie de le voir chambouler leur équipe. Il n’y a que Colossus qui l’apprécie et essaye de le changer.

Niveau méchant, on est servi, mais pas vraiment comme on aurait pu le penser et je trouve ça chouette que les scénaristes aient pensé à nous surprendre.

Le scénario fait la part belle aux cascades, pas de bâillement devant son écran, c’est addictif, jouissif, mais j’avais plus joui à ma première fois qu’à ma seconde.

Je ne sais pas si c’est moi (qui m’fait du cinéma ♫ qui m’fait mon cinéma ♫) qui attendais trop du second opus, ou si c’est lui qui est un poil sous le premier, mais même si j’ai pris mon pied, l’orgasme cinématographique était un cran sous le précédent et nous les femmes, on ressent bien ça.

Alors oui c’est toujours aussi chouette, amusant, Deadpool me fait toujours autant marrer avec ses réflexions et ses poses, mais il m’a semblé qu’il manquait le sel du premier épisode pour que tout soit parfait.

Un bon moment cinéma passé, mais si j’ai un coup de blues, je me referai le premier jet et pas le second (oups).

Par contre, un passage du film 2 que je me referais bien, c’est la sélection de son équipe et leur atterrissage en parachute !! Je me suis marrée à fond.

Le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Clins d’œil et références (que j’avais repérés) : 

  • Deadpool mentionne à nouveau le nom de Patrick Stewart, l’interprète du Professeur Xavier âgé dans les films X-Men.
  • D’autres clins d’œil à la franchise sont présents dans le film. Il y a ainsi un Wolverine (Hugh Jackman) dans le passé, quelques X-Men voulant éviter Deadpool au manoir (le Fauve, Professeur Xavier jeune, Vif-Argent , Cyclope, Tornade et Diablo). Deadpool révèle par ailleurs le sort de Wolverine dans le film Logan (2017). Aussi, il se déplace un temps dans le fauteuil roulant du professeur, et plus tard essaie le casque du Cerebro.
  • Deadpool appelle Cable par le nom de Thanos. Josh Brolin, qui interprète ici Cable, tient le rôle de Thanos dans plusieurs films de l’univers cinématographique Marvel.
  • En voyant son bras robotique, Deadpool hurle à Cable qu’il a volé le bras du Soldat de l’hiver.
  • Deadpool lance à Domino « Shut up, black Black Widow » (« Tais-toi Black Widow noire »). Natasha Romanoff / Black Widow est incarnée par Scarlett Johansson dans Avengers.
  • Lors de l’arrivée de Cable dans le présent, deux personnes écoutent Escape (The Piña Colada Song) de Rupert Holmes, qui est une des chansons du Awesome mix de Peter Quill/Star Lord dans Les Gardiens de la Galaxie.
  • Dans la bande annonce, Deadpool déclare que Cable est un méchant tellement « dark » qu’il pourrait venir de chez DC Comics.
  • Par ailleurs dans le film, Deadpool dit qu’il y a encore un personnage dont la mère s’appelle Martha, comme Martha Kent (mère de Clark Kent) et Martha Wayne (mère de Bruce Wayne).
  • Lorsque Deadpool se bat contre Cable, ce dernier lui demande qui il est. Deadpool lui répond : « Je suis Batman ! »
  • Le générique d’introduction du film est une parodie de celui de James Bond, et plus particulièrement celui de Skyfall.
  • Pendant un combat contre Cable, il y a une référence au film Les Goonies lorsque Wade l’appelle Willy le Borgne (l’acteur Josh Brolin ayant joué Brand Walsh dans ce film).
  • Deadpool 2 fait aussi référence à Basic Instinct lorsque Deadpool est assis sur le canapé et montre son entrejambe.

Ceux que j’ai loupé : 

  • Lors de la scène d’entretien d’embauche pour X-Force on peut voir le portrait de la juge Ruth Bader Ginsburg membre de la cour suprême des États-Unis.
  • Deadpool signifie avec excitation au Fléau quand il le rencontre, à quel point il est « fan » de lui depuis tout petit. Dans ce film, les deux personnages sont campés sous le masque par le même acteur (Ryan Reynolds).
  • Il est possible de voir une affiche disant M-Day is near (« Le Jour-M est proche ») dans les couloirs de l’Institut Essex. Il s’agit d’une référence à House of M, une série de comics Marvel. Lorsque le Fantôme s’électrocute, son visage est visible. Il est incarné par Brad Pitt, qui avait un temps été évoqué pour camper Cable.
  • De plus, lorsque Deadpool, Cable, Domino et Dopinder arrivent à l’orphelinat et se battent contre Le Fléau, on peut entendre Deadpool dire : « Salut mon grand, le soleil va bientôt se coucher ! » (« Hey big guy, the sun’s getting real low ! » en version originale). Cette phrase renvoie au film Avengers : L’Ère d’Ultron lorsque à la fin de l’infiltration du château du Baron Strucker, Black Widow dit exactement la même phrase mais sur une intonation différente à Hulk afin qu’il se calme et redevienne Bruce Banner.
  • Lorsque Deadpool fait passer des entretiens pour monter une équipe, on peut voir en arrière plan un fusil avec à l’intérieur un drapeau « Bang! », en référence à l’arme du Joker.

Les Tuniques Bleues – Tome 20 – Black Face : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 20 – Black Face

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1983)

Résumé :
Derrière les lignes ennemies, il y a des Noirs, beaucoup de Noirs qui travaillent dans des plantations. Si l’on parvenait à les mener à la révolte, ils deviendraient de puissants alliés au camp des Nordistes.

Pour les convaincre de prendre les armes contre les Sudistes, il faut leur envoyer un des leurs. Escorté par le sergent Chesterfield et le caporal Blutch, un homme surnommé Black Face accepte d’aller parler aux esclaves de l’autre camp.

Mais attention, cette stratégie risque de se révéler une arme à double tranchant.

Critique :
Cet album des Tuniques Bleues m’avait terriblement intrigué lorsque je l’avais eu en main, en 1983… J’avais 8 ans, je connaissais déjà le sergent Chesterfield et le caporal Blutch, mais là, je ne comprenais pas.

Un Noir se tenait devant le duo, une arme à la main, peu amical et nos deux amis portaient l’uniforme de l’armée sudiste !

De plus, cet album avait ébranlé mes convictions : la guerre de Sécession avait eu lieu parce que le Nord voulait délivrer les Noirs maintenu en esclavage par le Sud et là, j’apprenais que ce but louable n’était pas une vérité, mais juste un bon prétexte et que les Noirs n’étaient pas libres dans le Nord…

— Cette guerre est surtout la leur voyons ! Nous luttons tous pour l’abolition de l’esclavage !
— Allons, allons mon cher ! Vous savez très bien que là n’est pas le véritable but ! Bon d’accord…il y a un peu de ça…il faut bien trouver un prétexte glorieux pour guerroyer ! Et puis ça tranquillise la conscience du peuple !
— Non…le vrai motif, c’est que certains de nos politiciens rêvent de s’approprier les richesses du sud ! Alors, les noirs, là-dedans, vous savez !

La claque ! Mes convictions naïves qui étaient les miennes à 8 ans volaient en éclat. L’être Humain était-il si vénal ? Des politiciens déclencheraient-ils une guerre parce qu’ils lorgnaient sur les riches propriétés du Sud ? Non, impossible ! Et mon esprit était revenu à la belle raison : délivrer les esclaves !

Je suis adulte depuis longtemps, j’ai grandi, appris des choses, rempli mon cerveau (du moins, je l’espère) d’autres choses que des bêtises. Exit la naïveté de mes 8 ans.

Ce que fait que depuis longtemps, à chaque fois que je relis cet album, je le vois toujours d’un autre oeil et je sais que sous le couvert de l’humour des répliques de Blutch et des situations cocasses du duo, il y a de la profondeur et une horrible leçon dans cette aventure, plus tragique qu’on ne pourrait le croire et qui n’aurait sans doute pas dû finir dans les menottes d’une gamine de 8 ans.

Non, les Noirs n’étaient pas si libres que ça dans le Nord ! Juste libre de faire ce que les Blancs leur disaient… Et le pire étaient ceux qui s’étaient engagé dans l’armée des Nordistes : juste bons à creuser des latrines et des tombes.

— Et si je me rends, que crois-tu qu’il va se passer ?
— [Blutch] Vous serrez emprisonné, puis jugé…
— Et puis ?
— Il y en a qui ont eu la vie sauve !
— Des blancs, peut-être ! Jamais des noirs, et tu le sais très bien ! A présent, fichez le camp ! Hop ! Du balai !
— Black Face, tu es fou à lier ! Vous n’avez pas la moindre chance !
— De la chance, on n’en a jamais eu ! Sauf aujourd’hui…celle de mourir libres !

— Que ce soit chez les blancs, les noirs, les rouges, les jaunes ou les verts s’il en existait…l’or et l’argent ont toujours été à la base de l’agonie de bien des consciences !…

Le scénario imaginé par le Nord pour foutre le bordel au Sud est diabolique, mais lorsqu’on envoie pareille bombe chez les autres, on ne sait jamais si au final, elle ne va pas nous exploser dans la gueule ! Et ici, ce sera le cas !

Poussant le diabolique à son paroxysme, le général va avoir une idée de génie et entre nous, dans l’Histoire, il ne devait pas être le premier et il ne sera pas le dernier, un moustachu l’a utilisée aussi. L’habit fait le moine, pour eux.

Sans manichéisme, tout le monde étant un peu gris dans cette histoire, les auteurs nous livrent un tome plus sérieux, plus noir, plus sombre, sur la guerre de Sécession, sans pour autant renier leur habitude de le traiter avec humour, tout en restant sobre puisque l’humour sera dans les dialogues entre le sergent et le caporal.

Un album fort sombre qui m’avait fait un peu peur lorsque j’étais jeune à cause de quelques scènes de pillages sur fonds de maisons incendiées.

Un album où les Nordistes ne ressortaient pas grandis… Un album qui m’expliquaient que personne n’était tout blanc ni tout noir, que personne ne lavait plus blanc qu’un autre et qu’au final, l’Homme était un salaud.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Blueberry – Tome 13 – Chihuahua Pearl : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 13 – Chihuahua Pearl

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1973)

Résumé :
Chihuahua Pearl est le treizième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin).

Publié en 1973, c’est le premier album du cycle du trésor des Confédérés (trois tomes).
Quelques années après la guerre de Sécession, le conseiller militaire du président des États-Unis « oblige » Blueberry à retrouver le trésor de Confédérés dans le but de prévenir la reconstitution d’une armée sudiste qui servirait à mener une guerre de reconquête.

Démis de ses fonctions et plus tard accusé de meurtre, Blueberry se met en route vers la ville mexicaine de Chihuahua.

Après avoir affronté des soldats mexicains, il prend contact avec une femme belle et volontaire surnommée « Chihuahua Pearl ».

Surpris alors qu’il l’embrasse, Blueberry se fait un ennemi du gouverneur de l’État en place. En plus, une bande de jayhawkers est aussi à la recherche du trésor.

Critique :
♫What can make you move, Chihuahua ♫Can you feel the groove ChihuahuaWhat can make you dance ♪ Oh Chihuahua ! ♪What can make you sing Chihuahua ♪Take it and you win Chihuahua ♫

Quand la belle et voluptueuse Chihuahua Pearl serre un cigare dans ses dents, je pense que les hommes auraient envie qu’elle s’occupe du leur, mais sans les dents…

Mais avant que notre lieutenant borderline Blueberry ne croise les lèvres pulpeuses et les courbes généreuses de la belle Chihuahua, il va lui arriver moult aventures et, une fois de plus, il aura l’impression d’être le dindon de la farce, un pion sur l’échiquier, sans qu’il sache toujours très bien qui joue avec qui.

Une chasse au trésor, ça vous dit ? Le magot que les confédérés auraient planqué lors de la capitulation n’a toujours pas été retrouvé, certains n’en avaient même pas connaissance, de l’existence de ce magot. Mais une fois que l’on sait, ça donne envie de jouer tout en laissant les règles de côté.

Mike Blueberry est envoyé pour retrouver l’homme qui a enterré le trésor, mais comme il doit faire ça dans la discrétion, on va le renvoyer à la vie civile et même ajouter des griefs à son palmarès déjà bien rempli de conneries en tout genre.

Chasse au trésor et partie de cache-cache pour éviter les soldats mexicains de Vigo, le chasseur de primes et les jayhawkers de Kimball et Finlay, tout en essayant de se faire rejoindre par le poivrot de MacClure et son autre acolyte, Red Neck.

Qui a dit qu’on allait se la couler douce ??? Va falloir faire gaffe à préserver sa peau, à éviter les mauvaises rencontres et ménager sa monture ! Les chemins pour passer au Mexique ne sont pas nombreux, ce qui ferait plaisir à Trumpette…

Un tome qui mélange adroitement les codes du western et du polar, distillant adroitement le suspense et les retournements de situation, le tout avec une pincée de manipulations, de jalousie, d’envie et de soif de l’or.

Un tome qui ne ménagera pas notre lieutenant mal rasé, mal coiffé, mal embouché, sale, puant et au caractère de cochon. Mais c’est ainsi que nous l’aimons, non ?

— Sûr ! Mais pour comprendre, faut que je vous fasse deux confidences… Primo : que tous les officiers au-dessus du grade de lieutenant sont complètement abrutis… Deuxio, que le degré d’abrutissement double à chaque nouveau galon…
— Très intéressant… Eh bien, confidence pour confidence, je suis le général MacPherson, conseiller militaire du président des États-Unis…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Sonora – Tome 1 – La vengeance : Jean-Pierre Pécau & Benoît Dellac

Titre : Sonora – Tome 1 – La vengeance

Scénariste : Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Benoît Dellac
Couleurs : Scarlett Smulkowski

Édition : Delcourt Neopolis (2017)

Résumé :
1851. Maximilien Bonnot débarque, avec d’autres aventuriers attirés par la fièvre du métal jaune, à San Juan del Sur, port de la côte pacifique, dernière étape avant San Francisco.

Voilà 3 ans que la ruée vers les champs aurifères a commencé, mais Max lui ne cherche pas d’or.

Héros torturé par son passé, et notamment par ce qu’il a vécu pendant la Révolution de 1848, il n’a plus qu’un seul but : se venger.

Critique :
La ruée vers l’or ! Un épisode important dans l’Histoire des États-Unis mais je ne l’avais jamais vu traité que de manière drôle, à la manière de Picsou ou de Lucky Luke.

Cet album avait titillé ma curiosité et vu qu’il était en seconde main pour pas cher, je ne risquais rien à l’acheter.

Dans le pire des cas, je l’aurais donné ou, avec un peu de chance, j’allais découvrir une nouvelle saga western pour mon plus grand plaisir.

Pas de déception, le plaisir fut au rendez-vous ! Bon, pas eu niveau des dessins des personnages, là, j’ai un tout petit peu moins aimé car il y a peu de plans larges, le dessinateur ayant préféré les plans serrés donnant peu de place aux décors environnants.

Dommage, j’apprécie toujours les plans plus larges mais sans doute le dessinateur (ou le scénariste) a préféré se concentrer sur les plans resserrés et les physionomies des différents visages.

L’album nous offrira tout de même quelques plans larges qui seront bien exécutés, que ce soit au niveau du trait ou celui des couleurs.

Du point de vue de l’histoire, il est simple : la vengeance ! Je ne spolie pas, tout est dans le titre. Maximilien Bonnot (sans sa bande – mdr) rêve de se venger et pour cela, il n’hésitera pas à passer du côté obscur, sans jamais vraiment franchir la ligne rouge tout à fait.

Prêt à tout pour assouvir sa soif de vengeance, mais il reste tout de même humain pour le reste. Le personnage n’est pas tout blanc ni tout noir mais oscille entre le gris clair et le gris foncé.

Sur un scénario classique, éculé, vieux comme le monde, les auteurs arrivent tout de même à nous servir un bon western, comme je les aime, avec des personnages intéressants, mystérieux, des lieux mal famés, des voleurs et des salopards, des magouilles en tout genre et la folie du métal jaune qui fait que les Hommes sont prêt à tout pour lui.

Mais il y a toujours la petite histoire insérée dans la Grande et c’est là que ça devient intéressant car en plus de vivre en partie la Ruée vers l’Or, nous aurons aussi un épisode de la révolution française de 1848…

Un western qui a potassé ses classiques mais qui nous les sert avec un autre sauce spaghetti qui ne manque pas de piquant.

J’ai hâte d’acquérir le suivant afin de voir ce que nous réserve l’histoire de vengeance de Maximilien Bonnot.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

 

Kentucky straight : Chris Offutt

Titre : Kentucky straight

Auteur : Chris Offutt
Édition : Gallmeister Totem (03/03/2018)
Édition Originale : Kentucky straight (1992)
Traducteur : Anatole Pons

Résumé :
« Personne sur ce flanc de colline n’a fini le lycée. Par ici, on juge un homme sur ce qu’il fait, pas sur ce qu’il a dans la tête. Moi, je chasse pas, je pêche pas, je travaille pas. Les voisins disent que je réfléchis trop. Ils disent que je suis comme mon père, et maman a peur que peut-être ils aient raison. »

Ce sont des histoires de mineurs et de sorciers, de joueurs et de cultivateurs de marijuana, des contes tragiques et étranges enracinés dans le réel.

Le Kentucky est vu et raconté sans le vernis de la nostalgie : une petite communauté anonyme des Appalaches, trop petite pour être qualifiée de ville, un endroit où réclamer une éducation scolaire est la marque d’une arrogance impie et chercher de l’eau avec une baguette de coudrier, une occupation normale et légitime ; où chasser n’est pas un sport mais un moyen de survie.

Critique :
Ce petit recueil de nouvelles met en scène des loosers de chez loosers, tous issu du Kentucky, qui, au vu de que je viens de lire, ne possède pas beaucoup de lettrés !

D’ailleurs, là-bas, terminer ses études et être intelligent, c’est assez mal vu. Être instruit aussi, passer ses examens, être Noir…

Un fameux ramassis de frappadingues, de zinzin de la religion, de tarés à aller pendre tant leur pouvoir de réflexion vole plus bas que le derrière d’un cochon.

Pas un à sauver, hormis quelques uns qui se démarquent de tous ces autres largués de l’existence possédant 2 neurones.

Ici est le territoire de nos fameux Hillbillies ! Et l’auteur nous propose 9 tranches de vie de ces gens qui ont un mode de vie et de pensée particulier.

Sans de chichis, sans fioritures, sans enjoliver ou présenter ses récits avec des circonstances atténuantes, l’auteur nous décrit sa région et ses gens, tels qu’ils sont, avec un réalisme qui fleure bon la fiction tant il nous semble impossible qu’il y ait encore des gens qui se comportent ainsi.

Malheureusement, avec des nouvelles, il y aura toujours un goût d’inachevé, un goût de trop peu, un goût de « J’en voudrais encore s’il vous plait » car j’aurais aimé savoir ce qui allait se passer ensuite pour certains personnages auxquels j’ai réussi à m’attacher en si peu de pages (Junior et Vaughn, surtout).

Dans ces pages, exit le rêve américain, exit les bienfaits de l’éducation nationale et de l’éducation tout court. La croissance économique les a oublié, l’Amérique aussi, même la Bonne Fée doit être en grève ou les bouder tant la misère sociale et intellectuelle est immense chez eux.

Les histoires contées pourraient même être banales tant elles sont simplissimes (une partie de poker, un camion embourbé, un examen à passer, une partie de chasse qui tourne mal, une voiture désossée…).

Ce qui en fait des histoires à faire froid dans le dos, c’est la manière dont Offutt les raconte : plantant ses décors en y incorporant ses personnages avec leur manière de vivre, de penser, de réfléchir, de vivre…

Des histoires simples, mais des histoires noires. Une réalité sociale qui fait froid dans le dos car elle n’est pas issue de la fiction ou du cerveau fécond d’un auteur, mais juste un simple reflet de la réalité.

À savourer avec un alcool fort afin de faire passer le pilule.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

[FILMS] Vertigo – Sueurs froides d’Alfred Hitchcock (1958) : Le film à regarder un jour de canicule ?

Sueurs froides, souvent désigné sous son titre original Vertigo, est un film américain réalisé par Alfred Hitchcock, sorti en 1958, mettant en scène James Stewart et Kim Novak dans un scénario inspiré du roman « D’entre les morts » de Boileau-Narcejac, ainsi que du livre « Bruges-la-Morte » de Georges Rodenbach.

S’il a rencontré un succès mitigé à sa sortie, et n’a même pas été présenté au Festival de Cannes, Vertigo est aujourd’hui classé parmi les meilleurs films de l’histoire du cinéma.

Résumé :
Scottie est sujet au vertige, ce qui lui porte préjudice dans son métier de policier. Rendu responsable de la mort d’un de ses collègues, il décide de quitter la police.

Une ancienne relation le contacte afin qu’il suive sa femme, possédée selon lui par l’esprit de son aïeule. Scottie s’éprend de la jeune femme et se trouve ballotté par des évènements qu’il ne peut contrôler.

Fiche technique :

  • Titre : Sueurs froides
  • Titre original : Vertigo
  • Réalisation : Alfred Hitchcock
  • Scénario : Alec Coppel et Samuel Taylor, d’après le roman D’entre les morts de Pierre Boileau et Thomas Narcejac

Distribution :

  • James Stewart : John Ferguson (Scottie)
  • Kim Novak : Madeleine Elster / Judy Barton (Lucie Barton dans la version française)
  • Barbara Bel Geddes : Marjorie Wood (Midge, Betty dans la version française)
  • Tom Helmore : Gavin Elster
  • Henry Jones : le coroner
  • Raymond Bailey : le docteur

Ce que j’en ai pensé :
Il y a beaucoup de mystères et de choses pas nettes dans ce film et durant son visionnage, je me suis posée des tas de questions, sans arriver à trouver la solution, ni même en approcher.

Pourtant, un indice m’avait frappé et j’avais même rappelé un certain truc à Chouchou qui lui, ne l’avait pas capté, mais je pense qu’il s’est rudement emmerdé durant le film, contrairement à moi.

John Ferguson se fait engager par un ancien pote à lui afin de surveiller Madeleine, sa femme, qui se prend de temps à autre pour la réincarnation de son arrière-grand-mère maternelle Carlotta Valdes, abandonnée par son amant et morte désespérée, au même âge qu’elle, un siècle plus tôt.

Et effectivement, lorsqu’il suit Madeleine (d’autres attendait Madeleine pour prendre le tram 33) de manière pas subtile du tout, il remarque qu’elle a un comportement des plus étranges, et d’après son ami, si on lui demande ensuite où elle est allée, elle ne le sait plus.

La femme est belle, genre beauté fatale et les beaux yeux bleus de James Stewart… oups, de John Ferguson sont braqués sur elle, prêt à la bouffer toute crue tant elle est bêêêlle la jeune épouse de son copain de classe.

Nous sommes aux États-Unis, mais c’est du Hitchcock tout craché, pur jus et niveau suspense, ça va monter, monter tout doucement et niveau mystères, on sera servi aussi à tel point qu’on se dit que cette bonne femme aurait besoin d’un exorciste pour lui sortir l’esprit de son arrière mamy de son corps, et fissa car elle va réussir à se tuer, à la fin.

Le pire de tout sera le final, qui lui durera un certain temps, là où l’on voit monter en flèche la folie de John Ferguson et que l’on entrevoit la partie immergée de l’iceberg.

Hitchcock, t’es un beau salaud parce qu’au départ, je n’ai rien vu venir !

Ce film est considéré comme un des meilleurs, je l’ai apprécié, mais il est tout de même un peu lent au départ, lorsque Ferguson suit, sans vraiment se cacher, la bêêêêlle épouse de son ami.

Pour moi « Psychose » est bien plus angoissant… mais ceci n’est que mon avis !

Le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Parfois le loup : Urban Waite

Titre : Parfois le loup

Auteur : Urban Waite
Édition : Actes Sud – Actes noirs (06/04/2016)
Édition Originale : Sometimes the wolf (2014)
Traducteur : Céline Schwaller

Résumé :
Le shérif Patrick Drake s’efforce de vivre la tête haute dans sa petite ville de montagne, mais un jour sa femme tombe malade. Il est seul à faire bouillir la marmite, alors pour faire face, il se met à avoir de mauvaises fréquentations. Bientôt, il est arrêté et condamné pour l’un des pires crimes qu’ait connu l’histoire locale.

Douze ans plus tard, Patrick entame sa conditionnelle sous l’oeil circonspect de son fils, Bobby, shérif adjoint dans l’ancien bureau de son père.

Hanté par les casseroles du paternel, et secrètement rongé par une culpabilité mal placée, Bobby n’a pas eu la vie facile non plus et son mariage s’en ressent.

Il a bien cherché à tourner la page, mais les esprits étroits des petites villes ont la mémoire longue.

Et peu de temps après sa sortie de prison, une menace terrifiante ressurgit du passé de Patrick. Cette fois, personne ne sera épargné.

De roman en roman, Urban Waite fait montre d’une rare constance. Prose lancinante, personnages forts, paysages grandioses, il suit patiemment la trace ouverte par Cormac McCarthy.

Critique :
On ne commence pas ce roman si on est en demande d’un rythme trépidant car l’auteur prend le temps de planter le décor, les personnages, ce qu’il s’est passé…

Avec peu de mots, il développe de manière sobre les relations un peu tendues entre un Bobby Drake, shérif adjoint, et son père, Patrick Drake, ancien shérif qui a trafiqué de la Blanche (la poudre, pas l’humaine).

Un père qui a passé douze ans en taule, un fils qui ne l’a que peu connu, qui a perdu sa mère jeune, dont le père a trafiqué pour payer les factures.

Un fils qui tente de se reconstruire, d’oublier les regards obliques, de panser ses blessures personnelles et qui a fait une croix sur une carrière de basketteur à cause de son père.

L’ambiance à la maison est plus tendue que la corde d’un string taille small et qui serait porté par un sumo. On sent les non dits, les silences pesants, les mots guérisseurs que l’on voudrait dire et qu’on ne dit pas, les questions que l’on a sur le bout de la langue et que l’on ne posera jamais, les soupçons qui noircissent le cœur, pourrissent les pensées.

L’auteur prend son temps afin de nous mettre dans cette ambiance tendue, dans nous plonger les pieds dans le ciment à prise non rapide, c’est un début lancinant qu’il faut déguster lentement afin de bien le digérer.

Pas besoin d’être médium extra lucide pour voir le drame arriver. On ne sait pas par qui il va arriver, ni de quoi il sera fait, mais on le sent poindre le bout de son nez tant cette chape de plomb devient de plus en plus pesante au fur et à mesure que l’on tourne les pages.

Les personnages sont tourmentés, bourrelés de remords, rongés par leur passé, leur secret, même si certains n’en donnent pas vraiment l’impression.

On sent que les décors derrière nous sont grandioses, même si nous sommes dans un patelin un peu perdu, entouré de forêts et de montagnes, le tout non loin de la frontière avec le Canada, ce qui facilité l’exportation de la drogue.

Un roman noir âpre, qui se met en place lentement pour ensuite vous coller aux doigts, à la peau.

Un roman à l’atmosphère à couper au couteau à certains moments, un roman qui utilise les silences de ses personnages pour nous faire passer leurs émotions, leurs blessures, leurs fêlures.

Un roman qui traque le loup comme d’autres traquent l’argent caché, un roman qui fait mouche, pire qu’avec une carabine longue portée munie d’un viseur.

Un roman noir qui donne envie de découvrir les autres romans de l’auteur et de reprendre une bonne goulée d’air frais de la montagne, tout en faisant gaffe de ne pas se faire truffer de plomb…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Bilan Livresque Mensuel : Août 2018

Qu’aie-je bien pu lire en Août ? Des romans intéressants, des daubes ? Un bon score ou un truc aussi rikiki que le contenu de la tête à Trumpette ?

Bof, peut mieux faire ! 8 romans lus, ce n’est pas vraiment un bon score pour ma satisfaction personnelle.

Ajoutons 6 bédés lues (je vais exploser le compteur en Septembre vu ma pile préparée), 5 films et 14 épisodes de séries visionnés (je ne compte pas les épisodes « Mongeville » que je regarde quand je n’ai rien d’autre à faire).

Ok, je me console en me disant que j’avais un pavé de presque 700 pages, mais c’était une relecture.

Ce devait être le mois de la relecture puisque que j’en ai profité aussi pour relire un roman retraduit dans sa bonne version.

Niveau plaisir, une seule lecture ne fut pas super : j’ai sorti un livre de ma Pedigree PAL (la PAL des Champions) qui n’était pas du tout aussi bon que je le pensais et ce fut une lecture en grosse demi-teinte, pour mon plus grand déplaisir.

Dommage, mais d’autres m’ont donné du plaisir puissance X et donc, je peux dire que c’est un bon bilan tout de même ! (je m’améliore !).

Le roman de Joseph Boyden, Les saisons de la solitude (ICI) se trouvait depuis longtemps sur ma Pedigree PAL (4 ans !!!) et je voulais le lire le plus vite possible (je suis pire que l’administration, moi). Nom de Zeus, j’avais terminé un autre de ses romans, « Le chemin des âmes«  en larmes, le cerveau en vrac, les tripes nouées, la gorge serrée et voilà que pour ce roman-ci, je n’ai rien ressenti, si ce n’est de l’ennui. Déprimant car j’aurais aimé retrouver les émotions ressenties dans la première partie.

Heureusement, Michaël Mention est venu à ma rescousse avec son magnifique Power (ICI) qui m’a montré l’Amérique par le petit de la lorgnette, ou plutôt, par le combat des Black Panthers dont je ne connaissais que peu de choses, en fait. Brut de décoffrage, une écriture et un style bien à lui, des personnages bien travaillés, un roman aux multiples narrateurs et des émotions à la pelle. Superbe !

Marre des romans à la Da Vinci Code ? Ne passez pas outre de Malefico [Saga Marcus et Sandra 2] de Donato Carrisi [LC avec Bianca] (ICI) en le cataloguant dans la même catégorie car il ne joue pas dans la même division et vole bien plus haut ! Ce roman reprend tous les codes des thrillers mais les sert à sa sauce, relevée, car ceci n’est pas vraiment pour les âmes sensibles. Un thriller qui m’a fait me poser des tas de questions et qui m’a tenu en haleine sans jamais perdre son souffle.

Roman choral Et que le vaste monde poursuive sa course folle (ICI) de Colum McCann [LC avec Stelphique] est un petit bijou pour celui ou celle qui aime se plonger dans l’Amérique des sans-dents, dans celle des laissés-pour-compte. J’ai adoré les passages avec le prêtre irlandais, Corrigan, rejoint à New-York par son frère Ciaran, et son implication en tant qu’Homme de Dieu pour aider les plus faibles, dont les prostituées du quartier. La plume de l’auteur m’a emporté dans les quartiers miséreux, dans les ghettos. Magnifique !

Sorti sous le titre loufoque de « Fantasia chez les ploucs », ce roman noir m’avait fait pisser de rire, alors, maintenant qu’il a été traduit correctement, je me devais de le relire sous son véritable titre Le Bikini de diamants de Charles Williams (ICI) [Sagamore Noonan – Tome 1]. Un roman narré par un enfant de 7 ans qui ne comprend rien à rien, qui possède un oncle qui a tout d’un plouc pas malin alors qu’il est un véritable génie, des situations cocasses et des sales blagues jouées aux policiers du coin. Un régal ! Un diamant brut à lire et relire.

Et si on allait voir si la misère est moins pénible au soleil ? Oui ? Direction l’île de La Réunion, alors, avec Ne lâche pas ma main (ICI) de Michel Bussi [LC avec Bianca]. Une fois de plus, Bussi m’a conquise, épaté, entrainé dans une aventure folle, mis mes nerfs à rude épreuve tant je me suis posée des questions et m’a offert un final excellent.

Comment se faire baiser en une seule leçon ? En achetant un roman qu’on a déjà lu car des petits malins ont changé ET la couverture ET le titre ET le résumé ! L’Affaire Mina Marten – Sherlock Holmes contre Conan Doyle de Bob Garcia (ICI) est en fait la réédition de « Penny Blood ». Chiant, oui, mais tant pis, je l’ai relu ! Verdict ? J’ai pris plaisir à replonger dans l’histoire, à relire la Grande Histoire de Londres insérée dans la petite en 13 récits. À éviter si vous êtes allergique à l’Histoire ou à la sombritude.

Un petit tour dans le trou du cul des Appalaches ? Parfois le loup de Urban Waite (ICI) est un roman à l’atmosphère à couper au couteau à certains moments, un roman qui utilise les silences de ses personnages pour nous faire passer leurs émotions, leurs blessures, leurs fêlures. Un vrai roman noir.

Bilan livresque Août : 8 romans lus (3 LC)

  1. Les saisons de la solitude : Joseph Boyden
  2. Power : Michaël Mention
  3. Malefico [Saga Marcus et Sandra 2] : Donato Carrisi [LC avec Bianca]
  4. Et que le vaste monde poursuive sa course folle : Colum McCann [LC avec Stelphique]
  5. Sagamore Noonan – Tome 1 – Le Bikini de diamants : Charles Williams
  6. Ne lâche pas ma main : Michel Bussi [LC avec Bianca]
  7. L’Affaire Mina Marten – Sherlock Holmes contre Conan Doyle : Bob Garcia
  8. Parfois le loup : Urban Waite

Bilan livresque Août : 6 bédés lues

  1. Les Nombrils – Tome 1 – Pour qui tu te prends ? : Delaf et Dubuc
  2. La Clé du Mystère – Tome 3 – @ss@ssin ! : Sikorski et Lapière
  3. La Clé du Mystère – Tome 5 – La Disparition : Sikorski et Lapière
  4. L’armée de l’ombre – Tome 1 – L’hiver russe : Olivier Speltens
  5. L’or sous la neige – Tome 1 – Klondike : Éric Stalner
  6. Le Banni – Tome 1 – Le Poids de nos victoires : Henscher et Tarumbana

Bilan livresque Août :  5 films

  1. Deadpool 2 de David Leitch (2018)
  2. Harry Potter et les reliques de la mort (1ère partie) de David Yates (2010)
  3. Harry Potter et les reliques de la mort (2ème partie) de David Yates (2011)
  4. Avengers – Infinity War de Anthony et Joe Russo (2018)
  5. Charlie’s Angels 2 – Les Anges se déchaînent ! de McG (2003)

Bilan livresque Août :  14 épisodes de 4 séries visionnés

  1. The Good Doctor – Saison 1 – Épisodes 1 / 2 / 3 / 4
  2. Elementary – Saison 6 – Épisodes 5 à 11 (7 épisodes)
  3. Les enquêtes de Murdoch – Saison 11 – Épisodes 1 / 2
  4. Les petits meurtres d’Agatha Christie : Drame en trois actes

Bilan Livresque Annuel 2018 : 103 livres lus (arrêté au 28 août 2018)