La dernière nuit à Tremore Beach : Mikel Santiago

Titre : La dernière nuit à Tremore Beach

Auteur : Mikel Santiago
Édition : Actes Sud (04/05/2016) / Babel Noir (Janvier 2018)
Édition Originale : La ultima noche en Tremore Beach (2014)
Traducteur : Delphine Valentin

Résumé :
Clenhburran : cent cinquante âmes en hiver, ses routes sinueuses entre vallons verdoyants et récifs escarpés, ses tourbières et ses fleurs sauvages.

C’est en Irlande, dans ce hameau du comté de Donegal, que le célèbre compositeur Peter Harper est venu trouver refuge dans une maison isolée sur la plage. Pour s’accommoder d’un divorce orageux et renouer avec la musique.

Au retour d’un dîner chez des amis par une nuit de tempête, il tente de dégager la branche d’un vieil orme qui lui barre le chemin, quand il est frappé par un éclair d’une rare violence.

S’ensuit une migraine chronique qu’aucun traitement ne parvient à apaiser, suivie, quelques jours plus tard, par de récurrents cauchemars sanglants où peu à peu apparaissent ses voisins et ses propres enfants, qu’il attend pour les vacances.

Ces rêves semblent l’avertir d’un danger imminent auquel personne n’est disposé à croire. Saisi d’une angoisse vertigineuse lorsqu’il constate que jour après jour des pans entiers de ses visions nocturnes s’incarnent dans la vie réelle, il doit lutter seul contre la menace qui désormais enserre les siens.

Petit Plus : Dans ces paysages irlandais aussi grandioses que inhospitaliers, c’est la part d’ombre de chaque personnage qui se dévoile, tous rattrapés par ce qu’ils sont ici venus fuir.

Un rythme vertigineux, un suspense tramé au cordeau : un début fracassant pour un auteur surnommé déjà le “Stephen King espagnol”.

Critique :
Un coup de foudre, ce n’est pas si grave que ça… C’est même plaisant.  Se prendre un éclair au chocolat, à la pâtisserie du coin, c’est gourmand.

Sauf si le coup de foudre et l’éclair sont à prendre au premier sens du terme !

Peter Harper, compositeur de musique, s’est pris pour Benjamin Franklin et nous a joué un remake de « La foudre m’a prise par derrière, la salope ».

Le pauvre Peter s’est pris un cours-jus dans tout le corps et à été mis au courant que la foudre pouvait vous traverser sans pour autant vous tuer.

Tout est bien qui fini bien, donc, et il aurait pu reprendre sa petite vie à se lamenter sur son divorce et son manque d’inspiration, le tout en arpentant les jolies plages de Clenhburran, comté de Donegal, Irlande.

La tempête était à son apogée. Si, comme le prétendent certaines mythologies, c’était un acte d’amour entre les dieux du ciel et les dieux de la terre, alors ils atteignaient le troisième acte d’une partie de jambes en l’air historique.

Pas de bol, ce coup de foudre va lui déclencher des migraines atroces et des visions plus réalistes que celles obtenues avec un casque de réalité virtuelle : sa famille massacrée, ses voisins agressés, des tueurs à sa porte…

Où est la réalité, où est la fiction lorsque l’on se paie un cauchemar en Technicolor, Dolby Surround et en 3D ? Visions prophétiques ou gros pétage de plombs de son cerveau ?

Ce truc-là était aussi réel que se coincer la queue dans la braguette de son pantalon. Ça faisait mal. Et les rêves ne font pas mal.

Un auteur espagnol qui parle aussi bien de l’Irlande et de ses paysages sauvages, on a envie de l’engager pour nous concocter un circuit touristique ! Et s’il est aussi bon en guide du routard qu’en tant qu’auteur, le voyage sera magnifique mais super mouvementé.

On s’attache très vite à Peter Harper et à ses voisins, les Kogan, de plus, ce petit écrin de nature dans le trou du cul de la verte Erin a tout pour plaire. Le genre d’endroit où on voudrait se poser pour 6 mois, le temps de se vider l’esprit en arpentant ses plages et ses falaises, un livre à la main (gaffe à pas se casser la gueule).

Ce roman ne videra en rien votre esprit mais le mettra plutôt à rude épreuve tant vous aurez envie, tout comme moi, de percer ce mystère des visions de Peter, de savoir si c’est un trip de son cerveau et qu’il doit finir avec une veste qui s’attache dans le dos ou si tout ses cauchemars vont se réaliser et donc, qu’il a tout d’un Nostradamus (en moins embrouillé).

Il aurait fallu que je fume un sacré joint, ou que je m’amuse avec un truc genre mescaline, pour percevoir tout cela avec autant de précision. C’était aussi proche que possible de la meilleure définition du réel.

Pas vraiment un roman qu’on lit pour se détendre à la plage, sous peine de se voir enseveli sous la marée montante parce qu’on aura oublié ce petit détail, tant on aura été captivé par l’histoire.

Le récit ne va pas à la vitesse d’un road-runner poursuivi par un Coyote, pas non plus au rythme d’une course contre la montre (sauf dans le final), au contraire, le récit prend le temps de planter son décor et ses personnages, de faire monter la sauce, de l’épaissir et de vous la servir petit à petit.

Autant où je peux m’emmerder dans certaines présentations, autant ici j’ai passé un excellent moment car les personnages m’ont bien plu, leurs histoires étaient intéressantes et l’intrigue aussi.

J’ai apprécié et savouré le fait que tout se mette en place assez vite tout en sauvegardant la montée du suspense.

On a beau flirter avec ce que certains nommeraient « fantastique » en ce qui concerne ces personnes qui ont des intuitions, sorte de sixième sens qui les empêche de monter dans le bus (avion, train,…) qui va avoir un accident, le récit reste réaliste et jamais on ne s’enfonce dans le grand n’importe quoi.

J’ai eu du mal à lâcher ce roman au soir, je suis allée me coucher tard et je me suis levée très tôt pour le terminer le lendemain, avant de repartir bosser. Mauvaise nuit que j’ai passée car je me suis endormie en me posant un tas de questions que mon cerveau a essayé de résoudre durant ma courte nuit.

Un thriller qui m’a fait frissonner, un suspense haletant, des mystères, de l’action, des personnages sympathiques et attachants, un scénario bien construit et un final bourré d’adrénaline.

Ah merde, le roman est déjà terminé…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

 

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Satanas : Mario Mendoza

Titre : Satanas

Auteur : Mario Mendoza
Édition : Asphalte (08/02/2018)
Édition Originale : Satanás (2002)
Traducteur : Cyril Gay

Résumé :
Bogota, années 1980. Lasse de vivre d’expédients, María décide de prendre sa revanche sur la société en dépouillant les clients des clubs chics de la ville.

Artiste à succès, Andrés découvre que ses portraits prédisent les maladies dont ses modèles vont souffrir. Prêtre dans un quartier populaire, Ernesto voit sa foi mise à rude épreuve quand son chemin croise celui d’un assassin refusant tout repentir.

Qui peut bien relier ces trois âmes tourmentées qui errent dans les rues de la capitale colombienne ?

La réponse, c’est Campo Elías, vétéran du Vietnam hanté par ses souvenirs de guerre et obsédé par le thème du double maléfique.

L’ancien soldat ne connaît qu’une seule façon de régler ses problèmes : la violence. Et il n’hésitera pas à y recourir.

Critique :
Quoi ? Satanas sans Diabolo ? Mais c’est une hérésie !

Autant commencer sa chronique par un petit trait d’humour parce que tout le reste de ce roman noir ne se prête vraiment pas à rire.

Ici, on aurait plutôt envie de chanter ♫ Oui, je suis Belzébuth, je suis un bouc, je suis en rut ♪ et encore, c’est trop festif pour aller avec ces pages sombres de chez sombres.

Nous sommes dans les années 80. Il y a quelque chose de pourri à Bogotá, capitale de la Colombie pour ceux qui se sont endormis aux cours de géographie.

Comme si un démon avait ensorcelé les gens, les poussant vers le côté obscur du la Force et du Mal. Le Démon serait-il à Bogotá ? Satan l’habite ?

En tout cas, c’est la question que se pose un prêtre, Ernesto face à tous ces gens qui se transforment en assassins ou devant cette jeune fille qui n’est pas loin de crier « baise-moi » comme dans L’Exorciste.

Destins croisés de plusieurs personnages qui, de prime abord, n’ont rien en commun : le prêtre Ernesto, le peintre Andrés qui fait des portraits prophétiques, María la pulpeuse jeune fille qui irait bien sur #balance-tous-ces-porcs et qui prendra sa revanche ensuite avant de se faire tacler bien salement et Campo Elías, un vétéran du Vietnam qui a du mal à trouver sa place dans cette société.

Rien en commun entre ces personnages… Pourtant, ces destins fracassés vont se croiser avant de se rejoindre dans un restaurant, pour une bouffe mémorable dont tout le pays se souviendra.

Ce roman, je l’ai dévoré, je me suis immergé dedans, j’ai plongée toute habillée et j’avais du mal à en sortir, tant les destins et les vies des personnages m’avaient emportées dans cette Colombie qui est loin des cartes postales.

Le final m’avait laissé groggy, mais là où j’ai eu des sueurs froides, c’est lorsque j’ai lu la postface et appris que ces événements avaient eu lieu réellement ! Là, ça te glace encore plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018),le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).Le Challenge et « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°44 – L’Aventure du Pied du Diable : lire un livre comportant des démons).

Patagonia tchou tchou : Raúl Argemi

Titre : Patagonia tchou tchou

Auteur : Raúl Argemi
Édition : Payot et Rivages (06/10/2010)
Édition Originale : Patagonia ciuf ciuf (2005)
Traducteur : Jean-François Gérault

Résumé :
Deux hommes embarquent à bord de « La Trochita », un train antédiluvien qui parcourt la Patagonie argentine à petite allure.

Haroldo, un ancien marin qui se prétend le descendant de Butch Cassidy, a entraîné son ami d’enfance Genaro, ex-conducteur de métro, dans une aventure risquée : les deux compagnons projettent de prendre en otages les passagers du train pour libérer « Beto », le frère d’Haroldo, prisonnier en transit.

En outre, ils comptent bien profiter de l’occasion pour mettre la main sur les sacs de billets qui se trouvent dans l’un des wagons.

Cependant, rien ne se passe comme prévu. Il n’y a pas grand monde dans le train — une femme enceinte et son mari, des touristes — et la prise d’otages tourne court ; le conducteur de la locomotive y voit même une diversion !

S’ensuit alors une série d’événements qui va faire de ce voyage une odyssée surréaliste….

Critique :
Lorsque l’on parle de la Patagonie, c’est souvent pour embrayer sur un chanteur français exilé dans ce pays sauvage…

Ici, je ne vais pas « chanter pour oublier mes peines », mais chanter ma chronique car ce voyage fut dépaysant à plus d’un titre et en Patagonie, les chemins de fer ne sont pas en grève, malgré les conditions de vie qui ferait défaillir plus d’un syndicaliste.

La Trochita est un train qui parcourt la Patagonie et qui relie des petits villages entre eux, qui amène la vie, qui permet aux gens perdus dans les trous du cul du pays de se revoir, de circuler, d’avoir un semblant de vie sociale.

Vous n’êtes pas sans savoir que les attaques de train ne sont pas toutes vouées à se terminer de manière aussi réussie que celle du Glasgow-Londres…

Alors, lorsque Butch Cassidy et Juan Bautista Bairoletto, deux célèbres bandits s’attaque à la Tronchita, ça ne pourrait que réussir, non ?

Heu… En fait, ces deux bandits n’existent plus et sous ces noms d’emprunts se cachent en fait Haroldo (ex-marin) et Genaro (ex-conducteur de métro), amis d’enfance, qui ont décidé de s’attaquer à la Tronchita pour accomplir leur première prise d’otage et je peux vous dire que rien ne va se passer comme ils l’avaient pensé.

— Ah ! Je ne sais pas. Mais moi je fais griller la viande ici. Et si quelqu’un se brûle, qu’il aille se faire voir ! Je ne suis pas là pour entendre des coïts en vingt langues ; je ne suis pas de…

Lotti fit un effort pour mobiliser ce qu’elle avait appris sous le soleil d’Argentine :
— Toi, tu me manges… la chatte. D’accord ?

Véritable petit bijou d’humour (sans pour autant se taper sur les cuisses), ce récit qui oscille entre le Roman Noir, celui d’Aventures et la fable que l’on raconterait à ses petits-enfants, le soir au coin du feu est tout de même bourré aussi d’ironie et de satyre sociale car le pays ne va pas en ressortir grandi, les politiciens encore moins.

Le monde est, de plus en plus, un monde unique, une boucherie généralisée où l’on vend la chair des travailleurs.

Entre un gardien de prison, un gardien de fric, des touristes allemands alter-mondialistes, sorte d’écolos en goguette, une nymphomane qui fait l’amour dans plusieurs langues, une femme sur le point de démouler le polichinelle du tiroir, une autre qui porte un short en cuir moulant, un conducteur russe et sourd, je peux vous dire que ça va partir dans tous les sens, mais sans jamais virer au surréaliste car tout est calibré et bien agencé pour nous faire passer un bon moment mais sans que l’on crie au chiqué.

On se croirait dans un Far-West au pays de la pampa et du Pagny, sauf que personne ne chantera « Terre », juste « Gare » pour faire le plein de flotte et de maté ou « goal » lors d’une partie de foot improvisée.

Fraicheur et profondeur, humour et satire, ce sont les mots que je retire de ce petit maté que j’ai dégusté jusqu’à la dernière goutte, jusqu’au final qui m’a cloué à mon fauteuil de jardin.

Nom de dieu, quel voyage en tortillard ! Et même pas un contrôleur pour me poinçonner le billet… Dommage que la Tronchita a été retirée du service par le Gouvernement, car pas assez rentable, parce que j’aurais bien refait un voyage, moi.

— Tu crois aux amours des putes ?
— Écoute-moi bien. (Bairoletto fit un pas en arrière.) Tu crois que, moi, avec cette gueule de con, je peux prendre d’assaut un train, faire l’amour en quatre langues avec une Hollandaise et séquestrer un sénateur ? Tout ça le même jour ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

 

Far West Gitano : Ramon Erra

Titre : Far West Gitano

Auteur : Ramon Erra
Édition : Asphalte (06/04/2017)
Édition Originale : Far West Gitano (2014)
Traducteur : Juliette Lemerle

Résumé :
Sur les routes entre la France et l’Espagne, aux côtés d’une famille gitane pas comme les autres. Ram a passé sa jeunesse sur les routes.

Mais depuis son mariage, il vit à Perpignan, sédentarisé, avec sa femme, ses enfants et son chien.

Quand sa fille adolescente lui annonce qu’elle est enceinte, il décide sur un coup de tête de tout quitter et d’embarquer sa tribu à bord d’un camion bâché, direction Saragosse, où une faiseuse d’ange peut les aider.

Passé l’enthousiasme initial pour ces vacances improvisées, la famille va vite déchanter : comment renouer avec une vie nomade quand on a pratiquement toujours vécu en appartement ?

L’apprentissage de l’itinérance ne sera pas de tout repos pour cette famille haut en couleur, entre déconvenues, disparitions, arnaques et embûches.

L’Usage du Monde version gitane.à

Critique :
♫ Tu vuò fa l’gitano ! gitano ! gitano ! ♪ Mais tu t’es sédentarisé ♫ Tu vuò fa l’gitano ! gitano ! gitano ! Parce que ta fille s’est faite engrosser et que tu veux la faire avorter ♫

Je ne sais pas ce que j’ai fait à ma PAL, ces derniers temps, mais elle a décidé de me faire sortir le contraire des pépites de lecture !

Pourtant, ce livre, comme les autres, je l’ai choisi, je l’ai traqué, je l’ai fait entrer dans mon immense pile à lire avec tous les honneurs dû à son rang et quel retour en aie-je tiré ?

Une envie folle de m’endormir sur ces pages…

Bon, pas durant tout le livre, il y a quand même des passages intéressants, notamment avec les passages qui concerne les us et coutumes des gitans et la perception que le monde a d’eux.

Pour le reste, je me suis ennuyée, j’ai baillé, j’ai soupiré, j’ai fermé les yeux, rejoignant Morphée durant quelques minutes.

Le récit est assez chaotique dans sa mise en page, les dialogues sont insérés dans le texte même, les guillemets sont utilisés avec radinerie.

L’écriture, elle, ressemble à un texte que l’on aurait écrit au kilomètre, au fur et à mesure que les souvenirs arrivaient à l’esprit, comme dans un agenda et j’ai trouvé ça très indigeste à lire.

Asphalte a l’art de nous proposer des auteurs moins connus, ou moins mis à l’honneur, j’ai eu de belles lectures avec cette maison d’éditions, mais aussi des déconvenues. C’est la vie.

Maintenant, il ne me reste plus qu’à tronçonner tous les pieds des meubles de la maison afin de recycler toutes ces livres non appréciés en cales meubles.

♪ Un peu renard, un peu loup ♫ Il sort le jour ou bien la nuit ♪ Ce qu´on dit de lui il s´en fout ♫ Le Gitan, le Gitan, que tu ne connais pas ! ♪

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

Avaler du sable : Antônio Xerxenesky

Titre : Avaler du sable

Auteur : Antônio Xerxenesky
Édition : Asphalte (05/02/2015)
Édition Originale : Areia nos dentes
Traducteur : Mélanie Fusaro

Résumé :
Mavrak est une petite ville du Far-West peuplée de pistoleros et de filles de joie, située au milieu d’un désert de sable brûlant. Ici, la sobriété est déraison.

Depuis toujours, deux familles, les Marlowe et les Ramirez, s’opposent en une rivalité assassine. Celle-ci se voit bientôt ranimée par le meurtre lâche d’un des fils Ramirez.

D’autant qu’un shérif est envoyé à Mavrak pour faire régner la justice dans cette zone de non-droit.

Critique :
Mesdames (et messieurs, on ne sait jamais) avant de baver sur le clavier à cause du bel animal (celui de devant ou de derrière, au choix), je vous préviens de suite que je ne vais pas critiquer un western bourré de love boys…

L’image est indépendante de l’article, pour une fois, mais vu le moment de lecture que je viens de passer, j’avais envie de me faire plaisir les yeux.

Les familles Marlowe et Ramirez sont un peu les O’Timmins et les O’Hara du coin. Ils ne savent pas se piffer et personne ne sait pourquoi. Si nous étions en Corse, nous aurions un peu le même genre de rancœur comme entre le clan de Figatellix et celui d’Ocatarinetabellatchitchix… En tout cas, c’est très grave !

Car ce que je raconte, c’est l’histoire de mes ancêtres, des tensions qui se sont progressivement amplifiées et qui ont culminé avec le retour des morts. Non. Je mens. J’écris sur une ville, la bourgade où mes ancêtres ont vécu, celle où les Ramírez et les Marlowe ont existé et ont cessé d’exister. De cet endroit, il reste peu de chose. Cherchez sur une carte ou dans un atlas : vous ne trouverez rien.

Les éditions Asphalte ont pour habitude de me sortir de mes sentiers habituels de lecture me proposant des auteurs moins connus dans nos contrées, nous proposant de l’exotisme intelligent et noir.

Si  j’ai ronchonné un peu en lisant les chapitres avec les atermoiements d’un des personnages, qui tente d’écrire un livre western sur ses ancêtres (les Ramirez) qui avaient vécu dans le trou du cul du monde au temps du Far-West, j’ai pris mon mal en patience, attendant patiemment le retour des enfants terribles qui étaient ses ancêtres.

Parce qu’en plus de larmoyer et de boire comme un trou, notre homme écrivain nous gratifie dans son texte d’onomatopées et met même en page un bug informatique qui lui ravage un super passage qu’il venait d’écrire et que nous ne connaîtrons jamais. Frustration, quand tu nous tiens.

Déjà que niveau dialogues, l’avarice régnait en maître au niveau des guillemets et des tirets cadratins… Ce qui me fait souvent bouillir intérieurement et rend le style plus brouillon.

Anybref. On remarque vite dans le récit western qu’il y a une analogie entre les relations de Juan Ramirez (l’auteur) et Martín, son fils qu’il n’a jamais compris et celles qui régnaient entre son ancêtre et Juan, un des fils de celui-ci, celui qui était parti étudier dans le Nord, qui ne buvait pas et qui tirait aussi bien qu’un type atteint de la parkinson.

T’es le pistolero le plus lent de l’Ouest ! Une espèce de limace avec un poncho ! Une tortue à éperons ! Viens plus me dire que t’es pas un pistolero. Maintenant, tu l’es. Je l’ai décidé.

Un fils qui ne savait même pas boire, ça ne pouvait pas être un homme, un vrai. Surtout dans une ville où, selon Miguel, la sobriété est déraison.

À un moment, je me suis même demandée si Juan Ramirez n’écrivait pas son western pour tenter de comprendre et d’exorciser le fait qu’il ne voyait plus son fils et qu’il avait tout raté avec lui, tout comme cet ancêtre avant lui, l’histoire étant un perpétuel recommencement.

Si j’étais doté d’un talent pour la fiction, je modifierais sans pitié les événements. Parce que Miguel, d’une certaine façon, répète tout ce que j’ai fait. Ou, plutôt, moi, plus de cent ans plus tard, je répète tous ses désastres. Je suis la preuve définitive que l’histoire est cyclique. 

Une bonne idée de scénario et j’ai de suite accepté le postulat que son histoire de western n’était peut-être qu’une invention de son esprit, qu’il se mettait en scène avec son fils, dans une autre époque, afin de comprendre où tout avait foiré…

Jusque là, tout allait donc plus ou moins bien dans le récit et l’auteur confirmait même que j’avais bien deviné.

Tu en penses ce que tu veux, lecteur, mais moi, je commence à croire que l’histoire que j’écris est celle d’un père et d’un fils. Tout le reste est faux. Ce n’est pas un western. C’est autant un western qu’Apocalypse Now est un film de guerre. 

Je commence à croire que l’histoire que j’écris est celle d’un père et d’un fils. Rien de plus.

Là où je suis tombée de ma chaise, c’est lorsque des zombies sont entrés en action dans le roman western et que tout est parti en sucette !

Heu ? Déjà que les récits de morts-vivants ne sont pas ma came, mais bon, si je lis un livre de zombies, je sais que je vais en voir débouler. Mais pas ici, bordel de merde !

Encore un livre qui va rejoindre ma pile de « À donner » !

L’univers, c’était Mavrak, et la petite ville s’extrayait de l’inertie matinale pour démarrer la journée. Par la fenêtre, rien n’échappait au regard de Miguel Ramírez. Il vit des chevaux s’abreuver. Il vit un Marlowe. Il vit son autre fils, Juan, cheveux gras volant dans son cou malgré son chapeau. Son petit-fils Sergio, au loin.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

Mon désir le plus ardent : Pete Fromm

Titre : Mon désir le plus ardent

Auteur : Pete Fromm
Édition : Gallmeister (05/04/2018)
Édition Originale : If Not for This (2014)
Traducteur : Juliane Nivelt

Résumé :
Maddy s’était juré de ne jamais sortir avec un garçon du même âge qu’elle, encore moins avec un guide de rivière. Mais voilà Dalt, et il est parfait.

À vingt ans, Maddy et Dalt s’embarquent dans une histoire d’amour qui durera toute leur vie. Mariés sur les berges de la Buffalo Fork, dans le Wyoming, devenus tous deux guides de pêche, ils vivent leur passion à cent à l’heure et fondent leur entreprise de rafting dans l’Oregon.

Mais lorsque Maddy, frappée de vertiges, apprend qu’elle est enceinte et se voit en même temps diagnostiquer une sclérose en plaques, le couple se rend compte que l’aventure ne fait que commencer.

Mon désir le plus ardent est le portrait d’un couple ancré dans le temps présent qui affronte avec courage et humour les épreuves de la vie.

Avec sa voix pleine d’énergie, tout à la fois drôle et romantique, Pete Fromm nous offre une histoire d’amour inoubliable.

Critique :
Pourquoi dire, lors de la cérémonie du mariage « Je le veux » alors que « C’est mon désir le plus ardent » est foutrement plus beau ?

Pourquoi se marier de manière conventionnelle alors qu’on peut le faire sur les berges de la Buffalo Fork (non, pas les berges du ravin !) et ensuite se faire une lune de miel sur la rivière ?

Lorsque j’ai commencé à lire ce roman, je n’avais pas lu le résumé et je me suis demandé qui était cette femme avachie sur une chaise roulante qui avait l’air d’avoir 110 ans, surtout que le chapitre suivant, je me retrouvais avec des jeunes qui venaient de s’envoyer en l’air…

Le rapport (pas le sexuel), je l’ai vite compris, mais je me suis laissée porter par les flots à la fois tumultueux et doux de cette histoire d’amour comme on en voit peu en littérature (« Nos âmes la nuit » de Kent Haruf m’avait fait le même effet).

Maddy et Dalton sont un jeune couple non conventionnel, épris de la nature sauvage et surtout des rivières que l’on descend. Maddy et Dalton, c’est le couple improbable, celui que l’on pense trop jeune pour arriver à s’en sortir, ceux que l’on dit qu’ils vont casser rapidement.

Pourtant, si Dalt a l’air un peu fantasque, un peu doux rêveur, qu’il ne veut pas toujours voir ce que Maddy essaie de lui faire comprendre, on peut dire que ce jeune homme a non seulement des couilles, mais aussi du cœur parce que peu de maris auraient fait ce que lui a fait : rester avec son épouse malade.

Pour certains, un SP, c’est génial car c’est un livre gratuit envoyé par un quelconque Service Presse d’une quelconque maison d’édition. Mais pour Maddy, SP veut dire Sclérose en Plaques, et là, on ne rigole plus.

Sans jamais sombrer dans le pathos ou le récit neuneu à la guimauve, Pete Fromm nous entraîne dans le quotidien pas facile de ce jeune couple qui tire le diable par la queue, alors que Maddy et Dalton auraient plus envie de jouer à la bêbête à deux dos…

Maddy est une battante, elle ne se laisse jamais aller, préférant s’enfermer toute seule dans sa maladie plutôt que de se lamenter devant les autres, préférant même que son mari ne prenne pas de disposition pour faire face à la dégénérescence qui ne manquera pas de se produire au fil du temps.

Un livre beau, profond, lumineux, malgré la maladie, malgré leurs soucis, sans jamais sombrer dans voyeurisme, Maddy va nous raconter son quotidien avec la SP et ses soucis avec l’assurance santé qu’elle ne possède pas…

Même dans le final bouleversant, l’auteur ne choisit jamais la solution de la facilité qui consisterait à sombrer dans le voyeurisme de bas étage juste pour faire pleurer les lecteurs.

C’est beau, c’est poignant, c’est bien écrit, c’est bourré d’espoir, d’amour, de vie pas facile et de courage.

J’ai terminé cette lecture avec le coeur en larmes et les yeux en vrac… Ou le contraire.

Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2018 [Olé]

Une fois de plus, je participe au Mois Espagnol chez Sharon, qui se déroule en Mai, juste avant le Mois Anglais… 

Alors, avant de bouffer du mouton bouilli à la menthe, je vais me faire un régime paella, tapas et tortillas.

Si je n’ai jamais mis les pieds en Espagne, je ne serais pas contre un petit voyage dans les terres andalouses pour aller à la rencontre du cheval Ibérique : le Pur Race Espagnol (juste après avoir braqué une banque pour me l’acheter).

En attendant père Noël, je vais lire espagnol et latino-américain ! Ça coûte moins cher… MDR

Tu m’l’achètes, dis ???

Mes choix pour ce mois ? Je vais piocher dans cette liste :

  1. Far West Gitano : Ramon Erra (Espagne)
  2. Monteperdido : Agustin Martinez (Espagne)
  3. Les Détectives Sauvages : Roberto Bolaño (Chili)
  4. Les hommes t’ont fait du mal : Ernesto Mallo (Argentine)
  5. Le Gros, le Français et la Souris : Raúl Argemi (Argentine)
  6. Patagonia Tchou Tchou : Raúl Argemi (Argentine)
  7. Les rues de Barcelone : Francisco González Ledesma (Espagne)
  8. Avaler du sable : Antônio Xerxenesky (Brésil)
  9. La Stratégie du pékinois : Alexis Ravelo (Espagne)
  10. Les fleurs ne saignent pas : Alexis Ravelo (Espagne)
  11. La Veille de presque tout : Victor del Arból (Espagne)
  12. La dernière nuit à Tremore Beach : Mikel Santiago (Espagne)
  13. La Ballade des misérables : Anibal Malvar (Espagne)
  14. Enquêtes d’Alfred et Agatha – 2 – Qu’est-il arrivé à Snouty Jones ? : Anna Campoy (Espagne)
  15. Le Lecteur De Cadavres : Antonio Garrido (Espagne)
  16. Satanas : Mendoza Mario (Colombie)
  17. Meurtre au comité central : Manuel Vázquez Montalbán (Espagne)
  18. Jours de combat :  Paco Ignacio Taibo II (Mexique)

Bilan Livresque Mensuel : Avril 2018

En Avril, découvre ta PAL de plein de fils ! C’est ce que j’ai fait en sortant pas moins de 14 romans de cette foutue PAL qui n’est plus gérable du tout.

Encore un roman traitant de l’univers carcéral ? On en a tant lu. Oui, mais ça ne vous tuera pas de lire Iboga de Christian Blanchard (ICI). Certes, je l’ai trouvé moins émotionnant que d’autres, pourtant ce roman est réaliste. Malgré le manque d’émotions ressenties (je suis peut-être la seule responsable), Iboga est un roman fort, profond, où l’on ressent très bien la sensation d’étouffement dans ces 10m2 que font la cellule. Un roman bourré d’humanité mais aussi d’inhumanité.

Le mythe de Médée sous la plume de David Vann ? Je veux ! Enfin, je voulais… Parce qu’avec L’obscure clarté de l’air (ICI),  je n’ai pas franchi le terrible cap de la page 30… Vu les critiques élogieuses de mes collègues Babéliottes, je me dis que je suis passée à côté d’un truc super.

Tu as aimé Dix Petits Nègres d’Agatha Christie ? Ça te dit de te faire le même style de roman mais dans l’enfer blanc du Groenland ? Alors, habilles-toi chaudement et cours vite lire Boréal de Sonja Delzongle (ICI). T’inquiètes, tu vas pas t’emmerder dans ces pages. Boréal, parce qu’il le vaut bien.

La guerre du Vietnam vue par deux vétérans… Avec Sale boulot de Larry Brown (ICI) met les pieds dans le plat, mais sans en faire trop. Un roman noir qui parle, aux travers de ces deux hommes, de la stupidité d’une guerre, des inégalités en Amérique, du problème racial, des gens d’en bas, le tout avec une glacière remplie de bières, quelques joints et un mystère.

Non, Fantazmë de Nicolas Tackian [Saga Tomar Khan 2] (ICI) n’est pas un roman de cul ! Nous ferons connaissance avec Tomar, un flic écorché, un de plus, tout en étant différent des autres. Niveau scénario, c’est rythmé, c’est couillu, c’est musclé, sanglant, violent, servi avec de la profondeur et des émotions, sans oublier le suspense, mon vieux complice et du réalisme. What’else ? La suite…

Il est un fait que me doutais bien que La colline aux esclaves de Kathleen Grissom [LC avec Bianca] (ICI) n’aurait rien à voir avec les ambiances de « La petite maison dans la prairie »… Dans ce roman, mon esprit à hurlé, mon coeur a saigné, et pourtant, j’en redemande parce qu’il se dégageait souvent de l’humanité de ces pages car lorsqu’ils étaient par terre, ces esclaves là se soutenaient comme dans une vraie famille.

Si je devais élire le roman le plus fou de ce début 2018, Sauf d’Hervé Commère (ICI) décrocherait la palme sans même lever le petit doigt. Là, il m’a troué le cul, décoiffé, et j’en passe. Tout en restant réaliste, le mec ! Waw, la claque dans ma petite gueule. On peut en ravoir ?

Un auteur qui allait me parler de l’Amérique d’en bas, des clandestins, des gens exploités, des immigrés prêts à tout pour avoir un peu de sous, moi, ça me fait dresser l’oreille. Dommage que Parmi les loups et les bandits d’Atticus Lish (ICI) qui promettait beaucoup n’ait pas trouvé sa place chez moi. Je n’ai pas joui de cette came et j’ai passé mon tour.

Un beau mais un dur voyage. Un voyage éprouvant, émouvant, un voyage qui se veut une sorte de rédemption avec Les étoiles s’éteignent à l’aube de Richard Wagamese (ICI). L’histoire d’Eldon est touchante, âpre, il lui faudra du courage pour la raconter à ce fils qu’il n’a pas voulu, à ce fils à qui il a promis des tas de choses, mais qu’une bouteille a fait tout oublier. Un très beau roman dont j’aimerais vous en dire plus mais que je ne peux pas, et que je ne saurai pas, car tout est à l’intérieur de mon cœur.

Imaginez un monde où plus personne ne meurt… Les maladies n’existent plus, les crimes non plus. Un monde idyllique alors ? Mon cul ! La faucheuse – Tome 1 de Neal Shusterman (ICI) nous balance dans un monde où l’on doit nommer des gens pour en tuer d’autres. Un roman sans temps mort, difficile à lâcher, une véritable tuerie au niveau du scénario et de ses personnages, ainsi que dans la structure et l’élaboration de son récit avec le poil à gratter qui parsème la description de la nouvelle société.

♫ Oh Jenny, si tu savais, le mal que j’ai eu à te lire…  Jenny de Fabrice Colin (ICI) était une lecture de poids dans ma PAL… Je m’y suis enlisée lamentablement et j’ai peiné pour arriver au bout. Une lecture de plus à oublier, sans pour autant mettre l’auteur de côté car j’ai envie de le découvrir sur un autre roman et là, qui sait, peut-être l’étincelle tant espérée arrivera.

Purée, le mois d’avril aura été riche en lectures « abandonnées » ! Du jamais vu en 30 malheureux jours. Fatherland de Robert Harris (ICI) n’échappera pas au massacre des lectures loupées ! Ce n’est pas avec cette dystopie-ci que je prendrai mon pied. Second et dernier essai raté avec l’auteur. On divorce. MDR

Et bien, en voilà un qui n’a pas trainé dans ma PAL : aussitôt entré, aussitôt sorti ! Méthode de gestion des stocks calamiteuse, là. Mon désir le plus ardent de Pete Fromm (ICI) est un roman bouleversant.

J’ai bien ri en lisant Ça peut pas rater de Gilles Legardinier [LC avec Bianca] (ICI), mais je n’ai pas ressenti les émotions que j’avais eue avec « Et soudain tout change ». Attention, ne jetez pas ce roman aux orties, il est excellent comme antidépresseur et vendu dans toutes les bonnes librairies, sans ordonnance. Gaffe aux crampes avec les zygomatiques, là, il y a danger !

Bilan Livresque Mensuel : 14 Romans

  1. Iboga : Christian Blanchard
  2. L’obscure clarté de l’air : David Vann
  3. Boréal : Sonja Delzongle
  4. Sale boulot : Larry Brown
  5. Fantazmë : Nicolas Tackian [Saga Tomar Khan 2]
  6. La colline aux esclaves : Kathleen Grissom [LC avec Bianca]
  7. Sauf : Hervé Commère
  8. Parmi les loups et les bandits : Atticus Lish
  9. Les étoiles s’éteignent à l’aube : Richard Wagamese
  10. La faucheuse – Tome 1 : Neal Shusterman
  11. Jenny : Fabrice Colin
  12. Fatherland : Robert Harris
  13. Ça peut pas rater : Gilles Legardinier [LC avec Bianca]
  14. Mon désir le plus ardent : Pete Fromm

Bilan Livresque Mensuel : 4 Bédés

  1. Montana – Une aventure de Tex : Gianfranco Manfredi & Giulio De Vita
  2. Tony Chu, détective cannibale – Tome 11 – La Grande bouffe : John Layman
  3. Tony Chu, détective cannibale – Tome 12 – Le Dernier repas : John Layman
  4. Astérix – Tome 15 – La zizanie : Goscinny & Uderzo

Bilan Livresque Mensuel : 2 Films et 3 Séries (12 épisodes visionnés)

  1.  The Hobbit 3 – The Battle of the Five Armies (2014)
  2. La folie des grandeurs de Gérard Oury(1971)
  3. Stranger Things – Saison 1 : Épisodes 1 à 8 (final)
  4. Capitaine Marleau – Saison 2 : Ép 1 – Sang et lumière
  5. Capitaine Marleau – Saison 2 : Ép 2 – Le Jeune homme et la mort
  6. NCIS : Nouvelle-Orléans – Saison 3 : Épisodes 14-24

 

Ça peut pas rater : Gilles Legardinier [LC avec Bianca]

Titre : Ça peut pas rater

Auteur : Gilles Legardinier
Édition : Fleuve Éditions (02/10/2014) / Presse Pocket (mars 2016)

Résumé :
Marie pensait avoir trouvé l’homme de sa vie, jusqu’à ce que son couple implose de façon brutale et scandaleuse.

Anéantie, elle prend une décision sur laquelle elle jure de ne jamais revenir : ne plus faire confiance aux mâles et surtout, ne plus rien leur passer.

Ni dans sa vie privée, ni au travail. On remet les compteurs à zéro. On renverse la vapeur. La gentille Marie est morte, noyée de chagrin. À présent, c’est la méchante Marie qui est aux commandes.

Marie est remontée comme un coucou. Marie ne croit plus à l’amour, ce mirage source de tous les malheurs des femmes.

Mais voilà, Marie a du cœur, une famille, des amies aussi tordues qu’elle et une soif de vivre qui n’a pas fini de la précipiter dans des plans impossibles.

Et si, au-delà de ses illusions perdues, il était temps pour elle de découvrir tout ce qui vaut vraiment la peine d’être vécu ?

Critique :
Alors comme ça, il vaut mieux utiliser une Charlotte plutôt qu’une Bintje si on veut foutre en l’air une bagnole en lui collant une patate dans le pod’échappement ?

Merci du bon conseil, monsieur Legardinier ! Je saurai l’appliquer avec vigueur.

Ensuite, il faudra que je vous interroge sur les laxatifs que vous préconisez et de la meilleure manière de les amalgamer dans des crèmes en tout genre… On va se faire « Top Chiasse », là, à nous deux !

Au fait, monsieur Legardinier, tu permets que je t’appelle par ton prénom ? La raison, Gilles ? Tu connais sans doute le vieux diction qui dit que « lectrice qui rit est à moitié dans … » ? Hors avec toi, je ris. Je ris beaucoup.

Pas de panique, je n’ai pas l’intention de quitter Chouchou pour Gilles Legardinier, mais puisque cet auteur m’a déjà fait rire plein de fois, et pleurer, aussi, je me sens le droit de le tutoyer et de m’adresser à lui comme si nous avions élevés les vaches ensemble.

Le forban a encore réussi à me faire pouffer de rire durant ma lecture, ce qui m’a valu des regards courroucés, étonnés, amusés, des autres usagés de la rame du métro.

Bandes d’ignares, s’ils savaient que les livres de Gilles sont des concentrés de bonne humeur, ils manifesteraient pour qu’ils soient remboursés par la sécu.

Certes, ce roman là était moins émotionnant que « Et soudain, tout change », j’ai eu parfois envie de secouer Marie, notre personnage principal, qui aime se faire des films sur les hommes, car dans son crâne, contrairement aux carrefours la nuit, il y a beaucoup de passage !

D’ailleurs, vu comment Gilles a une super connaissance de l’esprit et du fonctionnement des femmes, je le soupçonne soit d’en avoir été une (suite à un sortilège de la fée Pachié)… Parce que non, pas possible qu’un type en sache autant sur nous. Ou alors, des femmes ont cafté et lui ont raconté notre moi intérieur !

Anybref… Dire que ce chouette roman feel-good trainait dans ma PAL urgentissime depuis sa sortie en octobre 2014 et que sans l’intervention bénéfique de Bianca, il y croupirait toujours, avec les 36 autres vachement super urgent à lire au plus vite.

Servi par une brochette de personnages tous plus drôles et sympathiques les uns des autres,ce roman est une bouffée d’oxygène dans la journée car en plus de vous faire rire, l’auteur s’attaque aussi à nos sociétés dirigées par le pognon et pour verser plus de profits aux actionnaires, et ce, à n’importe quel prix humain.

Sans oublier quelques phrases dignes de figurer dans mon carnet de citations célèbres, profondes ou drôles.

On pourrait lui reprocher de faire preuve de manichéisme vis-à-vis de certains personnages, comme Hugues ou le patron de la boite, mais cela n’empêche pas le lecteur de s’amuser des situations cocasses, des pensées un peu folles de certains personnages, même si, à la fin, ça devient un peu lourd.

Voilà pourquoi il ne décrochera que 3,5 Sherlock : à cause de certaines lourdeurs et longueurs dans les pensées, actions, ou répétitions de Marie.

Attention, le score est excellent et j’ai passé un moment de lecture des plus agréables, avec des sourires, des pouffements ou carrément des éclats de rire avec des envies de me faire pipi dessus.

Alors, pour tout ça, Gilles, tu me pardonneras de t’appeler par ton prénom.

Merci pour ces bons moments…. (oups, ça ressemble à un titre de livre, ça).

PS : Bianca, ma binôme de LC a passé un bon moment de lecture elle aussi. Ça en fait des femmes comblées, tout ça…

Fatherland : Robert Harris

Titre : Fatherland

Auteur : Robert Harris
Édition : Pocket (16/03/1998)
Édition Originale : Fatherland (1992)
Traducteur : Hubert Galle

Résumé :
Berlin, 1964. Les forces de l’Axe ont gagné la guerre, la paix nazie règne sur l’Europe. L’Amérique a refusé le joug. Mais, dans quelques jours, le président Kennedy viendra conclure une alliance avec le Reich. Ce sera la fin du monde libre.

Deux meurtres viennent perturber les préparatifs. Les victimes sont d’anciens S.S. de haut rang jouissant d’une paisible retraite. Chargé de l’affaire, l’inspecteur March s’interroge.

S’agit-il d’un règlement de comptes entre dignitaires ? Pourquoi la Gestapo s’intéresse-t-elle à l’enquête ? Quelle est cette vérité indicible qui semble menacer les fondations du régime ?

Dans Berlin pavoisé, les bourreaux guettent, prêts à tout pour étouffer les dernières lueurs de la liberté.

Critique :
Purée, le mois d’avril aura été riche en lectures « abandonnées » ! Du jamais vu en 30 malheureux jours.

Ben oui, une fois de plus, voilà un roman que je voulais lire absolument et dont je n’ai pas réussi à franchir le cap.

Ok, j’ai déjà dépassé la page 30, allant même jusque la 111 (le quart), mais que ce fut long et dur !

Pas à cause du fait que les allemands aient gagné la Seconde Guerre, pas du fait que les nazis soient rois, mais à cause du rythme du livre !

Robert Harris, j’avais déjà tenté de le lire avec « Imperium » qui mettait en scène Marcus Cicéron, le brillant avocat et orateur et philosophe célèbre.

Bingo, je n’avais pas réussi à dépasser la page 40 et le roman avait fini dans les dons.

On prend les mêmes et on recommence. Je ne saurai donc jamais qui a tué ces anciens S.S. et entre nous, tant mieux ! Sauf que j’aurais aimé décerner une médaille à leur assassin, moi…

Ou, du moins, savoir dans quel complot ces meurtres bizarres s’inscrivaient et pourquoi on ne voulait pas que l’inspecteur Xavier March, de la Kripo (la Kriminalpolizei de Berlin) poursuive ses investigations.

Là où je me suis arrêtée, on mettait déjà des bâtons dans les roues de ce Sturmbannführer. À vos souhaits.

Mes incursions dans les uchronies ne sont pas toujours couronnées de succès, mais je ne baisserai pas les bras et je reviendrai au genre avec un autre auteur.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.