Julius Winsome : Gerard Donovan

Titre : Julius Winsome

Auteur : Gerard Donovan
Édition : Points (2010)

Résumé :
Julius Winsome, quinquagénaire, vit solitaire dans un chalet au coeur de la forêt du Maine. Fils et petit-fils d’anciens combattants qui lui ont transmis leur horreur de la violence, Julius ne chasse pas, contrairement aux hommes virils de la région.

Il préfère chérir ce que son père aimant lui a légué : les milliers de livres qui tapissent son chalet et le Lee-Enfield, ce fusil rapporté par son grand-père anglais des tranchées de la Première Guerre mondiale.

Son unique compagnon est son chien Hobbes. La mort de ce dernier, abattu par un chasseur, déclenche chez cet homme doux une fureur meurtrière. Les balles crépitent alors dans la forêt enneigée.

Petit Plus : Écrit dans un style puissant et poétique, ce récit d’amour, de vengeance et de mort est à l’image du paysage, âpre, froid, cinglant. C’est aussi un hymne à la nature et à ses créatures sauvages.

Critique :
C’est toujours la même question : qu’aurais-je fais, moi, à sa place, si j’avais retrouvé mon chien adoré, tué d’un coup de fusil tiré à bout portant ?

J’aurais hurlé, j’aurais maudit le responsable sur 7 générations, j’aurais pleuré toutes les larmes de mon corps et rêvé de vengeance où le sang du responsable aurait maculé la terre et sa cervelle aussi.

Mais entre le penser et le faire, il y a un pas que Julius Winsome a franchi, lui, pétant un câble comme jamais à la mort de son chien, son seul compagnon dans ce coin perdu et reculé du Maine, cher à Stephen King.

Sa vengeance est un pur moment de folie, d’illogisme et de perte de self-contrôle. Enfin, illogique de mon point de vue (images du monde).

Certes, je ne porte pas les chasseurs dans mon cœur, mais de là à les descendre au petit bonheur la chance et puis de leur demander, alors qu’ils baignent dans leur sang, s’ils ont tué mon chien, c’est tout de même un putain de sacré pétage de plombs !

Si Julius Winsome avait été bas de plafond, j’aurais compris, mais nous avons ici affaire à un érudit, à un homme qui possède 3282 romans dans son chalet, hérités de son père. Julius lit des grand auteurs (dont Shakespeare) et si son père et son grand-père ont participé à la Seconde et à la Première Guerre Mondiale, ils étaient tous les deux des gens pacifiques qui ne tiraient pas à la carabine car ils savaient les dégâts que cela faisait.

La maison avait été construite autour d’une aire de silence… Mon père était un grand lecteur, et de longs rayonnages s’étendaient à partir du poêle à bois sur les murs de la salle de séjour jusqu’à la cuisine, ainsi qu’à droite et à gauche jusqu’aux deux chambres à coucher, bibliothèques de quatre étagères contenant tous les livres acquis ou lus par mon père, ce qui revenait au même, car il lisait vraiment tout. J’étais donc entouré de trois mille deux cent quatre-vingt-deux-livres, reliés en cuir, premières éditions ou livres de poche, tous en bon état, rangés par ordre alphabétique et répertoriés sur des listes écrites au stylo.

Anybref, ce roman est âpre, c’est le récit d’une vengeance folle, le tout sur fond de neige immaculée qui va vite virer au rouge écarlate et à la folie pure, Julius utilisant la carabine Lee-Enfield rapportée par son papy anglais de la Première Guerre mondiale et qui avait appartenu à un sniper.

Durant tout le récit, assez court, Julius nous fera partager ses souvenirs, ses pensées, sa vie simple et solitaire dans un chalet reculé dans les bois, où durant l’hiver, il n’avait rien d’autre à faire que de lire des livres.

Si je devais en une phrase résumer ma vie jusque-là, je dirais qu’à un certain moment j’ai vécu dans un chalet durant cinquante et un ans.

J’ai aimé l’écriture, les descriptions, qu’elles soient des personnages ou des paysages, mais j’ai été un peu gênée aux entournures avec le comportement digne d’un fou furieux développé par Julius alors que ce dernier était un pacifiste, pas un chasseur et un anti-militariste convaincu, même s’il savait se servir de la carabine.

Un fou furieux implacable, calme, tranquille, qui dézingue sans le moindre remords…

Qu’il ait envie de descendre celui qui a tué de sang-froid et gratuitement son ami à quatre pattes, je suis d’accord, on aurait envie de faire de même, mais là, sa croisade sanglante n’avait pas de sens puisqu’il n’a pas pris la peine de faire une enquête un peu plus poussée afin de trouver le coupable.

Le pire, c’est que si je trouve son comportement aberrant et digne d’une folie pure, je n’arrive même pas à lui en vouloir tant il avait l’air innocent de ces actes.

Un roman à réserver aux lecteurs qui aiment les vengeances folles accomplies par une sorte de Rambo (celui du film) possédant un cerveau et un niveau culturel important.

Vrai, je l’avais traité comme un bébé, et d’aucuns trouvent ça anormal de traiter un animal comme un être humain, alors que tant de malheureux crèvent de faim. Commençons par nourrir ceux qui n’ont rien à se mettre sous la dent ! Sans doute ces gens-là nourrissent-ils ces affamés dès qu’ils en ont l’occasion, je n’en ai aucune idée. Grand bien leur fasse ! Libre à eux de faire ce qu’ils veulent dans leur monde, du moment qu’ils ne pénètrent pas dans le mien.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Le bazar des mauvais rêves : Stephen King [LC avec Stelphique]

Titre : Le bazar des mauvais rêves

Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (12/10/2016)

Résumé :
Un recueil de nouvelles auscultant les paradoxes de l’Amérique et abordant des thèmes tels que les souffrances individuelles et collectives, la vieillesse et la mort, la culpabilité, etc

Critique :
Le King reste toujours le King ! Qu’il écrive des histoires fantastique ou d’épouvante pour me faire dresser les cheveux sur la tête ou qu’il écrive « à la manière de », rien à faire, on retrouve sa patte bien à lui.

20 nouvelles, des plus courtes, des plus longues, sur tout les sujets que l’on pourrait penser car ici, les histoires ne servent pas qu’à nous faire peur ou à nous empêcher de dormir le soir.

Le King s’est fait plaisir et le plaisir transparaît dans son écriture car l’animal s’est essayé à plusieurs sortes de récits dans lesquels on n’a pas l’habitude de le voir.

De plus, moment orgasmique, le King s’adresse à nous, lecteur, au début de chaque histoire afin de nous en raconter la genèse, ce qui lui a donné l’idée de l’écrire, ou des moments de sa vie à lui qui ont fait que cette nouvelle est née.

C’est orgasmique parce que en le lisant, j’avais l’impression qu’il ne s’adressait qu’a moi seule ! Comme si lui et moi avions un petit aparté devant une bonne tasse de café (pour moi) et une autre boisson pour lui. Le pied !!

Mile 81 m’a collé la frousse, je l’avoue, car elle avait un petit air de Christine et j’en ai eu des sueurs froides. Le petit dieu vert de l’agonie m’a aussi collé des frissons sur la fin, quant à Nécro, elle m’a emportée et  je me suis surprise à rêver du même pouvoir durant un moment.

Par contre, beaucoup d’émotions avec Batman et Robin ont un accrochage que j’ai adorée, il en a été de même avec Sale Gosse qui est terriblement émouvante elle aussi, tout comme  À la dure où j’avais deviné le truc, mais malgré tout, ça m’a retourné.

La Dune m’a emballée, elle aussi, et le final m’a fait me décrocher ma mâchoire parce que je ne m’attendais pas à ça du tout ! Excellent ! Une mort avait tout d’un récit de Elmore Leonard et j’ai adoré le fait que le King s’essaie à l’exercice d’écrire à la manière de…

Une qui est terrible aussi, c’est Ur, avec la Kindle de couleur rose ! Depuis, je regarde ma Kobo d’un autre œil, même si elle ne vient pas de la même boite et est de couleur noire. On n’est jamais trop prudente !

Je ne les citerai pas toutes, il n’y en a qu’une que j’ai zappée, c’est Église d’ossements, sinon, j’ai pris mon pied avec les récits du King, récits qui se veulent différents et qui explorent aussi bien les gens qui tirent le diable par la queue que les problèmes d’alcoolisme, de la morale, de la vie après la mort, de l’apocalypse, du base-ball (magnifique Billy Barrage) et bien d’autres.

La plume du King, que ce soit celle des années 2000 ou celle antérieure, qu’il écrive selon son genre ou tente de rendre hommage au style des autres, cela reste malgré tout sa patte bien à lui et ses talents de conteur sont toujours aussi en forme.

En peu de pages, il arrive à donner vie à différents personnages et à nous donner un morceau de leur vie, même si, à la fin, le lecteur est toujours frustré que cela se termine.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Pourquoi je l’ai choisi :
*Chut, c’est un secret….Ma binomette fait de mauvais rêves en lisant le King, alors la gentille fée que je suis, aime bien lui tenir la main, surtout que dans un Bazar, on a tôt fait de se perdre…*Oui, on adore se faire des LC Kingiesques !!!!!

Synopsis :
«J’ai écrit ces nouvelles rien que pour vous.
Mais attention ! Les meilleures ont des dents…»
Stephen King

Un homme qui revit sans cesse sa vie (et ses erreurs), un journaliste qui provoque la mort de ceux dont il prépare la nécrologie, une voiture qui dévore les badauds… 20 nouvelles pour la plupart inédites, précédées chacune d’une introduction du maître sur les coulisses de leur écriture.

Ce que j’ai ressenti : …Des cauchemars, à dévorer des yeux…
J’aime beaucoup l’incipit de ce synopsis, et finalement, ce qui rend cette lecture si intime avec cet auteur grandiose, ce sont toutes ses introductions qu’il nous livre juste avant, ces petits plaisirs de lecture délicieuses et qui accompagnent merveilleusement nos pires peurs…

En effet, on apprend que le King était stressé de venir au Grand Rex devant ses fans, pendant que nous , nous trépignions d’impatience, de cette venue exceptionnelle à Paris…*ah ♫souvenir, ♫souvenirs♫*

Des jolis clins d’œil, des infos inédites, des instants partagés, cela rend cette ballade dans ce Bazar plus immersive dans l’imaginaire de cet écrivain génialissime !

Si je ne devais me rappeler que d’une seule, je choisirai Ur… J’aimerai bien justement trouvé ce Kindle rose et lire tous les inédits réels et fictifs de Stephen King justement !!!! Je pense que c’est le plus joli pouvoir qu’il est donné à un objet, et cette nouvelle m’a, non seulement plu, mais donné envie de découvrir Hemingway…  Et sincèrement si je l’avais eu, moi je me serai contentée de garder jalousement ce secret, et de partager mes lectures d’un autre monde, avec ma binomette chérie (mais qu’elle est chou, ma Stelphique ! ©Cannibal)

Qui a dit qu’au Bazar des Mauvais Rêves, on ne pouvais pas rêver tout court ???!!!

Stephen King nous régale toujours de mettre en scène Objet ou Personnages exceptionnels, pour toujours repousser plus loin les limites de nos peurs.

Que ce soit la voiture dévoreuse de Mile 81, Une Dune de sable devin , ou les enfants de Sale Gosse ou de Billy Barrage, son imagination nous emmène toujours plus loin.

D’un rien, il refait un monde rempli d’ombres et de prédateurs à l’image de À la dure et Une mort ou Un Bus est un autre monde.

Tout est fait pour qu’on ne voie plus le quotidien comme il se doit, mais comme il pourrait devenir (Premium Harmony, Morale, Après vie, Nécro, Le tonnerre en été).

Il est aussi un fin connaisseur de la nature humaine et de ses travers, et nous donne tout en douceur des reflets de notre société malade (Batman et Robin ont un accrochage, Feux d’artifice imbibés, Hermann Wook est toujours en vie, Tommy, Le petit dieu vert de l’agonie).

Bref, vous l’aurez compris, c’est un grand panache de bonnes nouvelles et de jolis moments de lecture…

Et là, je suis juste agréablement surprise de savoir que le King écrit de la poésie ! (Église d’ossements) !!Il est donc parfait cet auteur à mes yeux !!! Je vous l’avais bien dit !!!!

Maintenant allez zou, piochez votre nouvelle préférée avant que des dents ne se referment sur vous…

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

Le bazar des mauvais rêves : Stephen King [LC – Impressions de lecture 2/2]

Exercice périlleux que de donner ses impressions de lecture sur des nouvelles !! Si j’avais dans l’idée de les présenter de manière traditionnelle et de couper les nouvelles en deux parties, Stelphique a eu une idée folle : donner nos impressions en DEUX mots pour chaque nouvelle.

Autrement dit, je devait faire dans le court, le très court et éviter de faire ma bavarde, comme habituellement… J’vous jure, ma binômette Stelphique me lance de ses défis, parfois ! Et moi, dès qu’on parle de challenge, je lève la tête et je frétille de la queue…

 

Il y a un robot dans le jardin : Deborah Install

Titre : Il y a un robot dans le jardin

Auteur : Deborah Install
Édition : Super 8 éditions (12/01/2017)

Résumé :
Dans un monde où acquérir un androïde fonctionnel est devenu tout à fait possible, Ben est peut-être en train de laisser passer le train de sa vie. Vivant sur l’héritage de ses parents, il regarde, impuissant, sa femme avocate s’éloigner de lui. Loser ?

Mais, un matin, Ben trouve un robot dans son jardin. Un adorable petit machin de ferraille qui, assis dans l’herbe, contemplant des chevaux, éprouve toutes les peines du monde à expliquer ce qu’il fabrique ici. « Débarrasse-nous de ce truc ! » exige sa femme en substance.

Contre toute attente, Ben s’embarque alors avec Tang dans une quête à travers tout le pays afin de ramener le robot à son propriétaire. Tendre et malicieux, drôle et manipulateur, Tang apprend vite. Et si, sous le vernis écaillé de l’intelligence artificielle, se cachait un vrai cœur ? Et si, au bout du chemin, Ben trouvait bien plus que ce qu’il pensait chercher ?

Critique :
Un peu de douceur dans ce monde de brute, ça ne fait pas de mal. Que du contraire. Et cette lecture, sous ses faux airs de littérature SF Feel-Good est un concentré d’énergie positive et se révèle être un récit plus profond que ce que l’on pourrait penser de prime abord.

À une époque où tout le monde possède son androïde dernier cri, se retrouver avec un robot « vintage » dans son jardin ne ferait plaisir à personne.

À personne, vous êtes sûrs ? Parce que Ben, le loser de service, lui, est intrigué par ce petit bout de ferraille d’un mètre trente.

Le robot était assis sous le saule, les jambes étendues devant lui et le dos tourné à notre fenêtre. Des gouttelettes causées par la rosée d’automne parsemaient son corps métallique, ce qui donnait un curieux mélange, entre estampe japonaise et tas de ferraille.

Si, si, Ben est un loser de première catégorie ! Sans-emploi, vivant de l’héritage laissé par ses parents, laissant à sa femme avocate le soin de sortir les poubelles, de préparer à manger et pire, il peut passer toute sa journée en pyjama peignoir. Moi, à la place d’Amy, son épouse, je lui aurais arraché les yeux !

Une publicité chez nous disait à propos du Lotto « Six croix qui peuvent changer une vie » et bien, pour ce roman, on pourrait dire « Ce petit robot peut changer ta vie » car à la fin du roman, notre Ben pourrait, la main sur le coeur, dire « J’ai changé »…

Comment ne pas s’attacher à Tang, ce robot qui donne l’impression d’avoir été fabriqué à la va-vite, avec sa tête carrée posée sur un corps carré et ses petites réflexions, ces « pourquoi » posé sans cesse, comme un enfant, ces bouderies, ses petits mensonges…

Mais enfin, êtes-vous en train de vous dire, ce n’est qu’un tas de ferraille, ça ne pense pas, ça n’a pas de sentiments !!

Détrompez-vous, gens de peu de foi et de coeur ! Notre Tang, vu la première fois, donnerait l’impression de n’être que de la ferraille, mais moi, je l’ai trouvé plus vivant que certains humains, plus touchant, plus amusant, plus émouvant.

Le grand voyage qu’il va accomplir avec Ben, loser de son état, va être le plus grand voyage jamais réalisé par un loser anglais et leurs péripéties pourraient donner lieu à un roman… Suis-je bête, ils viennent de l’écrire puisque je viens de le lire d’une traite.

Oh, ce n’était sans doute pas le prochain Goncourt, certains pourraient dire que c’est trop too much, trop de bons sentiments, trop gentillet, et pourtant, moi je ne l’ai pas vu de la sorte, y voyant plus un récit sur la différence, sur l’acceptation de l’autre, sur des populations qui voient dans les androïdes ou les robots des simples machines et d’autres des êtres doués de raison, d’empathie, des êtres qu’il faut traiter avec respect.

J’ai vu aussi le légume Ben devenir un autre homme, changer, évoluer, apprendre à se démerder seul, commencer à apprécier Tang, à lui apprendre des choses, tandis que Tang évoluait lui aussi de son côté, même si parfois on avait l’impression d’être face à un enfant souffrant d’autisme ou face à un enfant capricieux.

Oui,  j’ai aimé leur voyage, leurs différentes rencontres, leurs relations, leur amitié.

Un roman qui fait du bien et qui se trouve être plus profond qu’on pourrait le croire. Une lecture rafraichissante et une bouffée d’oxygène bienvenue.

A ce stade, je dois avouer que je n’aurais jamais imaginer traverser les États-Unis a volant d’une Dodge Charger, en compagnie d’un robot vintage et d’un teckel radioactif. Mais la vie est pleine de surprises qu’il vaut mieux ne pas contester.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),  « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017) et le Challenge British Mysteries chez My Lou Book.

Dompteur d’Anges : Claire Favan

Titre : Dompteur d’Anges

Auteur : Claire Favan
Édition : Robert Laffont – La Bête Noire (16/02/2017)

Résumé :
On ne choisit pas sa famille.
Encore moins celle de son ravisseur…

Condamné pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là même censés assurer l’ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu’il est reconnu innocent et libéré, ce n’est plus le même homme.

Il n’a désormais plus qu’une seule idée en tête : se venger de cette société qu’il hait par-dessus tout.

Critique :
Jamais de la vie je n’irai demander une dédicace à Claire Favan dans un salon du livre ! J’aurais bien trop peur de me faire enlever, torturer, martyriser, embrigader, décapiter, écarteler, éviscérer ou pire, si affinités !

Non mais ho, je me méfie d’elle, moi, après avoir lu quelques uns de ses romans mettant en scène des espèces de psychopathes qui, de près, ressemble à des gens comme elle et moi.

D’ailleurs, si ça se trouve, madame Favan écrit depuis une prison de haute sécurité, dans le quartier des pervers psychopathe où tout le monde porte une muselière. Tiens, c’était peut-être elle qui buvait son repas à côté de moi à la cantine, hier midi…

Le gentil Max Ender avait tout pour avoir une petite vie tranquille et peinarde, lui qui n’était pas spécialement pourvu d’un cerveau éveillé mais qui savait manier ses dix doigts pour bricoler tout et n’importe quoi.

Hélas, une condamnation injuste et un comportement vachard de la part des matons va en faire une bête féroce à sa sortie de prison, lavé du crime pour lequel on l’avait injustement embastillé.

[…] c’est que s’ils ont fait emprisonner un innocent, c’est un être assoiffé de vengeance et ivre de haine envers la société qu’ils contribuent à libérer.

Max, Max… Mais putain, on n’a pas idée d’une vengeance aussi horrible ! C’est abusé, ce que tu as fait, mon petit Max et là, je ne suis plus d’accord avec toi. Quelques soient les sévices qu’on t’a infligé, à tort, tu n’avais pas à aller aussi loin.

« Qu’est-ce que vous auriez fait à la place de Max, vous ? » Et bien moi, je me serais vengée toute seule comme une grande, ou alors, j’aurais engagé des tueurs à gages, des petites frappes, mais jamais je n’aurais corrompu des gamins comme Max l’a fait, déléguant ainsi sa vengeance et semant le chaos et la destruction sur son passage, certaines morts étant purement gratuites.

La construction de l’histoire fait un peu penser à un Columbo : le lecteur sait beaucoup plus de choses que les flics et l’agent du FBI mais il ne sait pas comment l’agent Caldwell va remonter la piste de Max Ender et de ses tueurs ou tout simplement s’il va y arriver…

Ni comment une certaine personne va s’en sortir alors qu’elle est engluée dans une toile d’araignée de mensonges, de dissimulations et qu’a chaque moment elle peut se faire découvrir… Là, j’ai eu des palpitations.

Le défaut de ce roman sera sans contexte son résumé qui en dit trop sur l’histoire et à cause de lui, durant toute la première moitié du roman, je me suis demandée qui allait trahir ! Un autre moment qui m’a déplu, c’est les dialogues durant jeu de séduction et pendant une partie de jambe en l’air entre deux personnages.

Ce n’est pas un exercice facile que d’écrire une scène de séduction ou de sexe, et rare sont celles qui sonnent « justes » et pas trop mielleuses, mais je ne vais pas pinailler là-dessus, vu que tout le reste est aux petits oignons.

Entre nous, j’ai adoré les petits clins d’œil de madame Favan à l’égard de certains de ses collègues écrivains, notamment Olivier Norek et Nicolas Lebel qui se retrouvent à jouer dans une série télé; ou avec un officier du FBI du nom de Jacques Sausser (Jacques Saussey, qui l’a aidé pour le roman) et un certain Daniel Mehrlicht et un Victor Coste en voyage de flics retraités (personnages de Nicolas Lebel et d’Oliver Norek) !

— […] seuls Daniel Mehrlicht et Victor Coste sont encore là. […] Et Mehrlicht et Coste sont deux policiers en retraite venus dans le coin pour pêcher.

Nick Lebel est penché sur le lit d’hôpital de son ex-femme qu’il aime encore désespérément malgré leurs incessantes disputes. En retrait, son coéquipier et meilleur ami, Oliver Norek, lui promet qu’il va retrouver le fumier qui a fait ça. 

Un roman que j’ai dévoré en peu de temps, entrant dans le vif du sujet directement, souffrant avec ce pauvre Max de son emprisonnement et le voyant, horrifiée, se transformer en « endoctrineur » que ne renierait pas les groupements terroristes car notre homme est comme eux : il vomit sur la société, mais il continue de vivre dedans et d’en profiter ! Elle n’est qu’un prétexte pour dresser ses jeunes recrues.

Il savait bien qu’une idée implantée et martelée indéfiniment finirait forcément par pénétrer leurs jeunes esprits, isolés et fragilisés.

— La société, c’est juste l’excuse qu’il a utilisée pour nous retourner le cerveau, comme d’autres utilisent Dieu, assène Cameron.

Pas de temps mort, des moments durs, c’est le genre de roman déconseillé aux personnes sensibles, des personnages bien campés, une écriture agréable à lire, des situations plus tendues que la ficelle d’un string et de la sueur entre les omoplates pour un personnage et le lecteur.

Niveau suspense et passages difficiles, nous sommes servis car ce n’est pas toujours gai de voir un enfant se faire battre et endoctriner, et il est encore pire de le voir changer et devenir un démon, alors qu’il avait tout d’un petit ange.

Anybref, j’ai vraiment passé un excellent moment avec le dernier roman de la terrible Claire Favan et je me suis même attachée à un personnage alors qu’il n’a rien d’un ange.

De plus, le titre était bien trouvé et la couverture aussi : une cage avec des plumes, comme si deux oiseaux s’étaient battus et on remarquera même un des barreaux de la toute petite cage qui est cassé.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Sherlock Holmes – Tome 9 – Le signe des quatre : André-Paul Duchâteau & Bruno Di Sano

Titre : Sherlock Holmes – Tome 9 – Le signe des quatre

Scénariste : André-Paul Duchâteau
Dessinateur : Bruno Di Sano

Édition : Claude Lefrancq – Bdétectives (1998)

Résumé :
Sherlock Holmes s’ennuie, il espère une enquête mais John Watson, pas encore remis de la campagne d’Afghanistan, ne veut pas user de ses forces.

« Ah, une enquête, une belle et étonnante enquête, Watson ! C’est un stimulant pour la clarification de mon esprit et tous les dangers afférents me paraissent négligeables. […] Donnez-moi une énigme, une belle énigme à résoudre ! Et je cesserai de m’ennuyer ! »

Critique :
OUI !! Enfin une bédé de cette série sur Sherlock Holmes dont le scénario est conforme à l’esprit holmésien et ne lorgne pas du côté du fantastique ou du porte nawak !

Évidemment, quand on dessine un album et qu’il faut suivre le canon holmésien, c’est plus difficile de faire ce que l’on veut…

C’est donc, dans toute cette série de 9 tomes, un des seuls (avec Le Chien des Baskerville) à ne pas présenter un scénario loufoque et ça fait du bien.

L’histoire est conforme à celle de Conan Doyle, bien que raccourcie puisque bien obligé.

Si Watson tombe amoureux de Mary Morstan, nous n’aurons pas droit à ses pensées amoureuses et à leur rapprochement durant l’enquête puisque le format bédé ne permet pas de pareils épanchements.

Niveau dessins, on a connu mieux au niveau de l’interprétation visuelle de Holmes et  de Watson puisque le détective arbore, une fois de plus, l’horrible deerstalker et la macfarlane pour se déplacer en ville et que le docteur Watson est un peu trop gras à mon goût et d’après le canon.

Au moins, dans ce tome-ci, on dirait que Holmes a moins des épaules de déménageur que dans les précédents. Il était temps !

Dommage que le reste de la collection ne soit pas dans cette veine-là et que tous les scénarios non canoniques aient viré du côté du fantastico-burlesque même pas drôle, le tout avec des explications bâclées en fin d’album.

Ici, on est dans un bon album au scénario maîtrisé puisque conforme à celui de l’auteur, Sir Arthur Conan Doyle.

Et nom de dieu, ça fait du bien !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),  « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Un cri søus la glace : Camilla Grebe

Titre : Un cri søus la glace

Auteur : Camilla Grebe
Édition : Calmann-Lévy (01/02/2017)

Résumé :
Emma, jeune Suédoise, cache un secret : Jesper, le grand patron qui dirige l’empire dans lequel elle travaille, lui a demandé sa main. Il ne veut cependant pas qu’elle ébruite la nouvelle.

Deux mois plus tard, Jesper disparait sans laisser de traces et l’on retrouve dans sa superbe maison le cadavre d’une femme, la tête tranchée, que personne ne parvient à identifier.

Peter, policier émérite, et Hanne, profileuse de talent, sont mis en tandem pour enquêter. Seul hic, ils ne se sont pas reparlés depuis leur rupture amoureuse dix ans plus tôt. Et Hanne a aussi un secret : elle vient d’apprendre que ses jours sont comptés.

Critique :
♫ Je suis malaaa-de, complètement malaa-de ♪ Comme quand mes parents se soulaient le soir et qu’ils me laissaient seule, avec mon désespoir ♪

Voilà le genre de chanson qu’aurait pu fredonner Emma, une des trois voix de ce polar venu du froid.

Notre Emma, comme dans la chanson de Lama, est malade de désespoir parce que son amoureux, Jesper, l’a plantée pour leur repas de fiançailles, et en plus, le salaud lui avait emprunté 100.000 couronnes la dernière fois !

Quand on est un connard prétentieux d’esclavagiste fini, on le reste ! Notre petite Emma aurait dû tenir compte du passé sulfureux de cet homme et du fait qu’il était son boss !

Non mais attends, là, Emma ! Tu lui prêtes une grosse de fric pour ne pas que le petit chou doive aller à la banque chercher du liquide pour payer des ouvriers au noir ? Non mais, allo quoi ? Tu es bête Emma !! Là, je l’aurais giflée, l’Emma !

Mais revenons à nos moutons… Entre les récits angoissants de la pauvre Emma, nous aurons ceux du policier Peter, le type qui ne sait prendre aucun engagements, qui les fuit, même, et qui, niveau responsabilité, à laissé sa place. Un flic torturé par son passé et ses erreurs, un portrait plus que réussi, mais un mec qu’on aurait envie de boxer car niveau procrastination, difficile de faire pire que lui.

N’oublions pas dans tout cela notre Hanne, une profileuse qui a bien des soucis avec sa mémoire et dans son couple à cause de son mari un peu trop égocentrique et qui aime commander et diriger la vie de sa femme.

Trois portraits différents, trois personnes pour nous raconter l’enquête sur la tête coupée retrouvée dans une maison, comme il y a dix ans déjà. Oui, il y a un coupeur de tête qui sévit dans la région de Stockholm, va falloir faire gaffe à la nôtre !

Si au départ j’ai trouvé que le roman mettait un peu de temps à décoller, au bout d’un moment, j’ai commencé à y prendre goût et à ne plus le lâcher sur la fin car l’addiction avait fait son boulot.

L’auteur ne s’est pas contentée de nous présenter une enquête mystérieuse sur une mort violente, non, elle a aussi soigné ses personnages, leur psychologie, elle les a introduits dans le contexte, nous a parlé de leurs problèmes personnels, les rendant réels et elle a ajouté un touche d’angoisse avec les mésaventures d’Emma et de son patron, Jesper Orre, directeur-esclavagiste d’une chaine de magasins de prêt-à-porter.

Sans révolutionner l’affaire, elle nous offre un polar glaçant, au sens propre comme au figuré et nous tient en haleine sur le final qui est plus que surprenant et bien réussi.

De quoi mettre des glaçons dans son mojito et de le savourer sans modération (le roman, pas l’alcool !! Autrement dit, « Mangez bougez »… et lisez !!).

Et méfiez-vous de tout…

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le Challenge Nordique Édition Scandinavie chez Chroniques Littéraires.

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès – Tome 2 – La lampe juive : Takashi Morita

Titre : Arsène Lupin contre Herlock Sholmès – Tome 2 – La lampe juive

Scénariste : Takashi Morita d’après l’oeuvre de Maurice Leblanc
Dessinateur : Takashi Morita

Édition : Kurokawa (10/12/2015)

Résumé :
Le détective Herlock Sholmes reçoit un jour de la part d’un baron une demande d’enquête pour résoudre une affaire de vol dont il a été victime.

En parallèle, Lupin va user de tous les stratagèmes pour tenir Sholmès à distance de l’enquête. Les deux cerveaux vont ainsi s’affronter dans l’affaire de la lampe juive !

Critique :
♫ C’est un truand ♪Un gentleman ♫Un bon vivant ♪ Étourdissant ♫Jamais perdant ♪ Toujours gagnant ♪
L’Arsène ♫

Arsène, ZE gentleman-cambrioleur, n’a jamais eu mes faveurs littéraires, bien que j’ai lu quelques unes de ses aventures dans mon jeune temps, après les Hercule Poirot et mon cher (Lock) Holmes.

Allez savoir pourquoi, je ne me suis jamais attachée à luiet je n’ai jamais lu l’intégralité de ses aventures.

Quant à celles où le détective anglais était présent sous le nom de Herlock Sholmès, elles ne m’avaient pas emballées plus que ça puisque l’Homme du 221b y était brocardé et moqué.

C’est donc avec des hésitations certaines que j’ai acheté ce manga puisqu’il y était de nouveau question d’un combat entre Arsène Lupin et celui que Maurice Leblanc dû rebaptiser Herlock Sholmès.

Niveau dessins, j’ai apprécié ceux du détective de Londres (hormis ses oreilles pointues comme celles des elfes) car les traits étaient plus anguleux que ceux habituellement réalisé par les mangakas.

Quant à Watson… oups, pardon, Wilson, il n’avait rien d’un gros balourd ventripotent, même si niveau intelligence, l’auteur aurait pu lui en accorder un peu plus, car dans ces pages, il n’est qu’un faire-valoir au tout petit rôle. Dommage, il mérite mieux car il était loin d’être un imbécile.

L’enquête de Holmes, oups, de Sholmès est correcte, même si notre homme fera peu de déductions en observant les gens, le tout se présentant comme un mystère authentique et la résolution n’étant pas aussi simple que l’on pourrait penser de prime abord.

Le véritable Holmes disait parfois qu’il pouvait faire plus de mal en arrêtant le véritable coupable plutôt qu’en le laissant gambader librement… Et il n’avait pas tort !

Et l’Arsène dans tout ça ? C’est un bon vivant, un marrant, un type qui a l’éclat de rire aux lèvres, qui a du respect pour son adversaire, un véritable gentleman avec les femmes, mais un voleur.

Ne me souvenant pas assez de l’original, je ne saurais juger de la justesse du personnage, mais il me semble plus « gamin effronté » que dans les romans de Maurice Leblanc.

Une lecture rafraichissante, agréable, avec une petite dose de mystère, de suspense, de course-poursuite, de tours pendables réalisés par le gentleman cambrioleur envers la maréchaussée et une conclusion aux antipodes de ce que j’aurais pu penser au départ.

Si il y a d’autre tomes qui mettent en scène Herlock Sholmès, je les prendrai bien volontiers, et, ma foi, je me ferai bien les autres aussi, ceux avec rien que Arsène Lupin…

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),  « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict.

Selfies : Jussi Adler-Olsen

Titre : Selfies

Auteur : Jussi Adler-Olsen
Édition : Albin Michel (29/03/2017)

Résumé :
En raison de ses échecs répétés, l’existence du département V est menacée.

Rose doit montrer que le service vaut encore quelque chose, mais elle se retrouve internée, en proie aux fantômes d’un passé violent.

D’un autre côté, de nombreux crimes ont lieu à Copenhague.

Carl, Assad et Gordon devront empêcher les nouveaux crimes en préparation.

Critique :
Jamais je n’ai encore réussi à lire un roman de cet auteur à mon aise, en m’immergeant doucement dans son récit, en dégustant lentement ses phrases…

Non, depuis le début, je me jette sur ses romans comme un cannibale affamé sur un morceau de viande humaine !

Je VEUX savoir ce qu’il va arriver, alors je dévore le roman à une vitesse folle et ensuite, tel un junkie en manque, je traine mon ennui durant quelques jours, triste à l’idée d’avoir quitté si vite mes copains du Département V.

Une fois de plus c’est ce qu’il s’est produit et me voilà avec le coeur en berne jusqu’au prochain, le tome 8.

Pourtant, on ne peut pas dire que l’écriture de Jussi Adler-Olsen soit exceptionnelle. Nous sommes loin d’un prix d’écriture, pas de tournures de phrases savantes, rien de compliqué pour l’esprit et à la fin, tout est toujours très clair dans la résolution du ou des meurtres.

Alors pourquoi tant d’amour pour ses romans mettant en scène le fameux Département V ?

Sans doute parce que l’auteur a créé une équipe atypique, avec un commissaire Carl Mørk qui préfère mettre ses pieds sur le bureau que de bosser (moins maintenant) et avec un aidant au passé mystérieux et trouble, qui nous cause toujours de ses chameaux, j’ai nomme Assad le Syrien.

Ajoutons à cela une Rose qui est souvent perturbée et à laquelle on s’attache immanquablement et un grand échalas du nom de Gordon, que l’on déteste d’entrée de jeu avant qu’il ne nous révèle tout son potentiel caché.

La force de ses romans tient dans ses personnages qui, au fil des romans, sont devenus des amis que l’on apprécie de retrouver, des personnages dont les secrets nous sont dévoilés peu à peu, et qui, bien souvent, rajoutent du mystère en levant les coins du voile.

De plus, il y a de souvent des notes d’humour dans les dialogues, dans les expressions erronées d’Assad, ses proverbes avec ses chers chameaux, dans les métaphore utilisée pour illustrer les pensées des personnages. On se bidonne pas, mais on a souvent un pouffement de rire qui nous échappe.

Mogens hocha lentement la tête, avec l’air d’un homme qu’on a fait débander au moment où il allait jouir.

Le type avait dû faire un stage au gouvernement pour apprendre l’art de se débarrasser des bâtons merdeux !

Les enquêtes sont souvent complexes, aux multiples ramifications, et celle-ci ne fait pas exception. De plus, l’auteur plonge souvent dans le passé trouble et pas très reluisant de son pays, le Danemark, nous montrant que oui, il y a quelque chose de pourri au royaume.

Pourtant, j’ai ressenti moins d’émotions fortes dans celui-ci, contrairement à « Dossier 64 » ou à « L’effet papillon » (« Miséricorde » était rempli d’émotions aussi, tout comme « Profanation ») car le sujet de traité s’y prêtait moins (si je puis dire), mais j’avoue que mon petit cœur a tremblé à bien des moments pour un personnage en ballotage et suite aux révélations sur son passé qui fut loin d’être paisible et heureux…

Le sujet traité ici est un fait bien connu de nos sociétés : les centres d’aides sociales. Rien de reluisant dans ces lieux inhumains et personne n’aurait envie d’aller y faire la file pour mendier de l’argent. Le sujet est fort.

Le nom de « Centre d’action sociale » avait déjà cet effet sur elle alors qu’il était relativement neutre. Des noms comme « Chambre des supplices », « Comptoir de mendicité » ou « Guichet des humiliations » auraient été plus justes. Mais dans la fonction publique, on n’appelait pas les choses par leur vrai nom.

Mais au lieu de se concentrer sur des gens qui crèvent vraiment de misère et qui galèrent pour s’en sortir, l’auteur nous présente une belle brochette de pétasses bimbos qui préfèrent, non pas l’amour en mer, mais se la couler douce en vivant sur le dos de la société plutôt que de bosser.

Ça change toute la donne, non ?? Elles, on aurait vraiment envie de leur coller des grandes paires de claques, mais pas de les plaindre.

Pas de temps mort, j’ai avalé ce roman en une soirée et une partie de mon samedi, c’est vous dire combien il m’a captivé.

On se serait cru dans un vieux film avec Sherlock Holmes et le docteur Watson.

— Ce garçon est un rêve éveillé. Il est divin. Tellement soigné et sexy et incroyablement imaginatif au lit. Fort et endurant, dominateur comme un étalon. Tu verrais comment… »
Carl le stoppa net, levant les paumes vers Morten en un geste de défense. « Merci, épargne-moi la suite. Je crois que je peux me faire une idée. »

J’ai été soufflée en voyant comment nos pétasses bimbos voulaient régler leurs problèmes d’argent et comment une autre personne voulait remédier aux problèmes de ses pétasses prétentieuses qui n’en foutent pas une. My god, encore une belle brochette de personnages réussis.

Alors, je ne sais pas si le petit oiseau va sortir durant le selfie, mais souriez tout de même, on ne sait jamais… Bien que parfois, entre ces pages, on ait tendance à rire jaune.

Vivement le prochain tome !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le Challenge Nordique Édition Scandinavie chez Chroniques Littéraires.

Jack l’Éventreur : Robert Desnos

Titre : Jack l’Éventreur

Auteur : Robert Desnos
Édition : L’Herne (25/05/2009)

Résumé :
« La figure de Jack l’Éventreur est absolument légendaire. Nul ne l’a jamais vu, ou plutôt les personnes qui l’ont vu n’ont jamais pu le décrire car on a retrouvé que leurs corps, horriblement mutilés.

Ceux et celles qui ont rêvé de lui, car le merveilleux se mêle à ces tragiques exploits, assurent que Jack l’Éventreur se présentait à eux sous l’aspect d’un homme extrêmement élégant, avec un ténébreux et beau visage, des mains extrêmement fines et des poignets dont la minceur n’excluait pas la robustesse. »

Critique :
Nom de dieu, mais qu’est-ce que c’est que ces élucubrations ? Elles ne sont même pas dignes de celle d’Antoine !

On pourra plaider le fait que ces lignes ont été écrites en 1928, pour le journal Paris Matinalet donc, fallait sans doute en rajouter pour les lecteurs.

Si vous voulez en savoir plus sur les meurtres de Whitechapel qui eurent lieu en 1888, ne lisez pas ce petit livre qui ne vaut absolument pas le prix demandé car 8,50€ pour 44 pages de porte nawak, ça fait mal.

Déjà, l’auteur assimile les crimes de Jack à ceux du Tueur au Torse (The Torso Killer) qui eurent lieu plus ou moins au même moment, mais le Tueur au Torse, lui, il démembrait ses victimes !

Dans ce petit machin, les victimes ne sont même pas nommées, l’endroit où eurent lieu les crimes ne sont pas cités, et puisque l’auteur prend toutes les victimes de tout le monde, on se retrouve avec une numérotation loufoque et 11 crimes à son actif, là où, canoniquement parlant, on ne lui en attribue que 5.

Le récit est fort romancé, on donne des pensées aux futures victimes qu’elles n’ont peut-être jamais eu et une allure de gentleman au tueur. Le style bien habillé, élégant, ténébreux, beau visage, mains extrêmement fines et des poignets dont la minceur n’excluait pas la robustesse.

D’accord… C’est vachement romancé. On lui attribue une bague en or et un regard avec des lueurs étranges qui inspiraient de la tendresse et du désir. Revenez les gars, j’ai pas fini !!

Mais le pire était à venir avec les approximations et les erreurs !!

  • Il nous parle de la nuit du 31 août qui était chaude, alors que j’ai lu qu’elle était froide,
  • Il est dit que les Londoniens appelaient déjà l’insaisissable meurtrier « Jack The Ripper » lors du crime du 8 septembre… Impossible, le nom Jack The Ripper apparait pour la 1ère fois dans la lettre « Dear Boss » qui était arrivée le 27 septembre !
  • Elizabeth Stride tailladée ?? Heu, les rapports disent tous qu’elle n’avait pas été éventrée ni tailladée et tout le monde a toujours pensé que le tueur avait été dérangé et n’avait pas su lui sortir tripes et boyaux comme aux autre.
  • Et je n’ai jamais lu qu’Elizabeth Stride, dite Long Liz, allait s’acheter des cachous la nuit du meurtre…
  • Allez hop, on balance à l’actif de Jack un tronc décomposé d’une femme assassinée…
  • Jessie ?? C’est qui celle-là ? Un crime sanglant en date du 9 novembre 1888 ? Je n’en vois qu’une seule, c’est Mary Jane Kelly ! L’auteur la nomme Jessie ? Ok, je vois, il nous la rebaptisée alors. Pas de noms pour les précédentes victimes, mais Mary Jane devient Jessie. Si nous n’étions pas en 1928, j’aurais pensé à une influence du King.

Quand aux dernières pages, avec l’auteur qui rencontre une personne qui connait l’identité du tueur et le pourquoi du comment il a fait ça, j’en suis encore baba devant tant de… restons courtoise… d’imagination plus que fertile !

Le grand n’importe quoi là aussi, mais bon ceci est une théorie comme une autre, et elle aurait pu passer si je n’avais pas lu tant de bêtises et d’erreurs avant.

Un roman dont les passionnés de Jack peuvent sans crainte le rayer de leur liste, un roman très fin qui coûte fort cher à la page et au mot (sans doute était-ce Penelope qui a rédigé ce petit machin) et qui n’apporte rien, si ce n’est des notes au crayon dans les marges pour « corriger » les erreurs.

Un roman bourré de fautes, un récit super romancé des crimes de Whtechapel, bref, un roman qui va me servir à caler un meuble pas trop bancal, vu qu’il n’est guère épais…

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),  « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.