[SÉRIES] La forêt – La série qui ♫ promenons-nous dans les bois, tant que le tueur n’y est pas ♪

La Forêt est une mini-série policière française en 6 épisodes créée par Delinda Jacobs, réalisée par Julius Berg et diffusée, en Belgique, sur La Une du 30 mai au 14 juin 2017 et en France, sur France 3 depuis le 21 novembre 2017.

QUOI ??? Cette série est passée sur une chaîne belge et je l’ai loupée ?? Ok, la téloche et moi, on n’est guère copines depuis quelques années.

Synopsis : 
Quand Jennifer disparaît dans les bois aux alentours du tranquille village de Montfaucon, Océane et Maya, ses deux meilleures amies, semblent d’abord persuadées qu’elle va revenir.

Mais rapidement, les éléments découverts laissent penser qu’il est arrivé quelque chose de grave. Manifestement, Océane et Maya n’ont pas tout dit à propos de la disparition de leur amie. Que savent-elle, qu’elles n’osent pas raconter aux enquêteurs ?

Que penser des indices cryptiques retrouvés dans le cadre des investigations ? Que cache la forêt ?

Pour le lieutenant Musso et le capitaine Decker, le jeu de piste ne fait que commencer…

Distribution : 

  • Suzanne Clément : Virginie Musso
  • Samuel Labarthe : Gaspard Decker
  • Alexia Barlier : Ève Mendel
  • Frédéric Diefenthal : Vincent Musso
  • Patrick Ridremont :  Thierry Rouget
  • Nicolas Marié : Gilles Lopez
  • Martha Canga Antonio : Maya Musso
  • François Neycken : Julien
  • Gilles Vandeweerd : Philippe
  • Mélusine Loveniers : Lola Decker
  • Christian Crahay : Abraham Mendel

Ce que j’en ai pensé : 
♫ Promènes-toi dans les bois, tant que le tueur n’y est pas ♪ Si le tueur y était, il te zigouillerait ♫

Voilà une série que j’ai complètement loupée lors de son passage sur la chaîne Belge de la RTBF et dont j’ai appris l’existence par ma copinaute Anne-Ju la Tordue.

Putain, sa mère, voilà une série qui te tient par la barbichette avec un suspense à couper au couteau et une envie de savoir QUI est le coupable.

Ou comment aller au lit à minuit passé alors que le lendemain, on doit se lever à 6h…

Depuis quelques années, je ne suis plus du tout « séries françaises », hormis quelques unes qui tiennent la route (Capitaine Marleau) et jamais de ma vie je ne vous avouerai que j’ai bouffé avec délices des Julie Lescaut ou des commissaire Navarro !!

Oups ! Revenons à nos moutons, ou à notre forêt des Ardennes françaises qui fleure bon l’endroit où tu n’as pas envie de te balader la nuit.

Par quelques uns de ses côtés, la série m’a fait penser à « Broadcurch », la série anglaise : un nouveau chef qui arrive dans une équipe de gendarmes d’un village ; un village où tout le monde se connait ; tout le monde a ses petits secrets ; la mort d’une ado (un enfant dans la série anglaise).

La comparaison s’arrête là car dans Broadchurch, les petits secrets inavouables des gens étaient plus travaillés et plus pires.

Malgré tout, les personnages de cette série sont tous cohérents, la gendarmette est torturée par la disparition, par le meurtre, les copines de la disparue savent des choses qu’elles ne disent pas, la prof de français est elle aussi tourmentée, et Samuel Labarthe fait du Swan Laurence, mais le rôle de flic lui va comme un gant et il est moins hautain à la fin qu’au début.

Un personnage qui m’a énervé au départ, c’est Virginie Musso, la gendarmette qui ne se préoccupe pas trop lorsqu’on signale que Jennifer a disparu, mais qui frôle l’hystérie lorsque se sera sa fille Maya qui fera le coup du crayon : se tailler ! Ou disparaître, on ne sait pas trop…

Ensuite, elle va nous faire quelques beaux pétages de plombs et je pense que dans la réalité, son supérieur l’aurait renvoyé à la casa pour éviter qu’elle ne fasse tout foirer en sautant sur tout le monde ainsi.

Ma préférée, c’était Ève Mendel, la prof de français, humaine comme prof… Le genre qu’on aurait aimé avoir en classe. Elle, c’est une véritable petite Sherlock Holmes car elle va remonter la piste, enquêter, fouiner, chercher, prendre des risques, pour résoudre l’affaire.

Je me triturée les méninges pour tenter de découvrir qui était le coupable, j’ai suspecté tout le monde, si ça n’avait tenu qu’à moi, j’aurais arrêté tout le monde… Pitoyable détective que j’ai été sur ce coup là…

Et je ne me plaindrais pas parce que le plaisir à été total dans l’épisode 6.

Une bonne série remplie de mystères, de suspense, de non-dits, de gens qui se regardent de travers (parce que c’est ainsi dans les petits villages où tout le monde connait tout le monde), des secrets inavouables enfouis, des petits couteaux plantés dans le dos, des rumeurs, qui, comme le sexe d’un homme, enflent de bouche en bouche (oups).

6 épisodes addictifs, 6 épisodes bien fichus, 6 épisodes qu’on dévore.

Quoi ? Vous n’êtes pas encore devant votre écran pour visionner la série ? Mdr

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Bilan Livresque Mensuel – Novembre 2017

Quoi de neuf, docteur, pour le Bilan Livresque du Mois de Novembre ? Les feuilles ont bien tombées ? Oui, les feuilles sont bien tombées et la PAL s’est allégée de 9 romans, 11 bédés et 4 comics (plus deux relectures de petits romans).

Ok, la PAL bandes dessinées n’existe pas, ou peu… Avec mon anniversaire, j’ai 8 bédés de plus à lire. Autant dire une paille.

J’ai commencé le mois par un polar noir dont on m’avait dit le plus grand bien lors de cette rentrée littéraire de septembre 2017. Nulle part sur la terre de Michael Farris Smith (ICI) est un roman noir comme je les aime, avec des personnages brisés, éclatés. Un roman noir avec des émotions fortes, puissantes, celles qui vous tordent le coeur et les tripes, un roman qui vous laisse sans voix.

Toute la blogo en parlait, sauf moi qui ne l’avait pas encore lu ! Comment aie-je osé laisser trainer le dernier Norek, moi ?? Entre deux mondes (ICI) est un roman puissant, émotionnant, où le scénario est rempli d’humanisme et de profondeur et avec des nouveaux personnages qui évitent l’écueil du manichéisme et dont les policiers ont tout des pauvres types désabusés qui ne prennent pas plaisir à faire la chasse aux migrants. Magnifique, à lire.

Après ce genre de lecture, place à la détente avec mes 3 jeunes amis : Sherlock, Lupin et moi – Tome 3 – L’énigme de la rose écarlate par Irene Adler (ICI). Ceci est un un roman jeunesse qui se lit avec plaisir, des personnages que l’on se plait à revoir et en le refermant, on songe déjà à ce que leur prochaine aventures va nous réserver !

Lorsque j’étais plus jeune, j’en ai fait assez bien, de Puzzle (ICI), mais je n’avais pas encore tenté celui de Franck Thilliez [LC avec Bianca]. Un huis clos que j’ai dévoré d’une seule traite, même si je me doutais de ce qui se passait, un huis clos qui nous met les nerfs à vifs dans cet hôpital psychiatrique à l’abandon avec des conditions météo à faire frémir.

Depuis le temps qu’il trainait sur mes étagères, lui !! La promesse de l’Ouest de Robert Lautner (ICI) était voisin du puzzle depuis trop longtemps, je l’ai donc enfin sorti en rangeant le Thilliez. Bienvenue en 1837 dans l’Ouest, le vrai, celui qui ne fait pas de cadeau, celui des révolvers à un coup, celui où le révolver de monsieur Colt pourrait changer la donne. Un roman qui raconte une aventure formidable, réaliste, un grand voyage qui se déroulera d’Est en Ouest et repartira dans l’autre sens avant d’avoir pu explorer toutes ces terres sauvages qu’étaient celles au delà de la Frontière.

La spoliation des œuvres d’art par les Nazis ? On en parle dans Inavouable (ICI), le dernier thriller de Zygmunt Miłoszewski ! On pourrait se croire dans une grosse production hollywoodienne et pourtant, l’auteur a soigné son histoire, faisant en sorte que si fiction il y a, elle se glisse adroitement dans la réalité et ne vire pas non plus à du non-sens, même si, les personnages sympathiques qui constitue ce quatuor a tout de même beaucoup de chance en survivant à tout ceux qui sont lancés sur les traces. Au final, une brique qui se lit toute seule, au coin du feu, avec un sourire béat devant les répliques qui fusent, les pensées remplies d’humour cynique.

De temps en temps, je relis des apocryphes holmésiens pour le plaisir d’étoffer un peu mes vieilles chroniques du début. Et comme L’affaire des vierges de glace de Sophie Bellocq-Poulonis (ICI) n’est pas trop épais et qu’il était bien foutu, j’en ai profité pour le relire « en attendant ». Le livre se lit de manière très agréable, les personnages sont fidèles au canon holmésien, Watson est fort présent et on se plaît à suivre leur enquête d’autant plus qu’elle ne s’étirera pas en longueur puisque nous avons 108 pages (écrites en petits caractères). Plus de pages ne m’aurais pas déplu et une résolution de l’affaire moins précipitée aussi car j’ai trouvé les aveux du suspect un peu trop spontanés, trop faciles à extorquer..

Petite madeleine de Proust avec la relecture du Perroquet qui bégayait d’Alfred Hitchcock (ICI). Une lecture jeunesse qui peut se lire de 10 à 100 ans sans problèmes car nos trois jeunes détectives n’ont pas fini de nous faire bouger nos petites cellules grises !

Feuillets de cuivre de Fabien Clavel [LC avec Bianca] (ICI) est un roman qui possède à la fois l’ADN d’un roman policier, un soupçon de SF, un zeste de fantasy, une pincée de fantastique, le tout saupoudré de steampunk. Avec une première partie composée de nouvelles « policières » et une seconde avec le petit côté fantastique et le tout donne, au final, un bon moment de lecture, une lecture rafraichissante, me sortant de mes pantoufles littéraires habituelles.

Alors j’avoue que j’ai été un peu désarçonnée lorsque j’entamai ma lecture du roman Les harmoniques – Beau Danube Blues de Marcus Malte [Défi CannibElphique] (ICI) mais ça n’a pas duré car la petite histoire va s’inscrire dans la Grande… Rien n’est simple, rien n’est facile, rien n’est acquis, surtout pas la vérité que l’on va nous dévoiler au fur et à mesure que nous tournerons les pages. L’écriture de Marcus Malte est toujours aussi poétique, lyrique et cela donne, au final, un roman bourré d’émotions, une lecture magnifique, dense, belle, émotive, qui ne m’a pas laissée de marbre. J’en ai eu des frissons partout.

Magic Time de Doug Marlette (ICI) nous entraine dans le Sud en 1965, lorsque le mouvement pour les droits civiques s’étendait dans tout le pays. Mais aussi dans les années 1990 avec le passé qui va ressurgir dans la petite ville de Troy où Carter Ransom se repose. Un roman qui met en avant une époque trouble et nous montre, une fois de plus, le passé peu reluisant des États-Unis.

Retrouvez les couvertures de toutes mes lectures sur Pinterest (Irene Adler)

Bilan Livresque Mensuel Novembre : 9 romans + 2 relectures

  1. Nulle part sur la terre : Michael Farris Smith
  2. Entre deux mondes : Olivier Norek
  3. Sherlock, Lupin et moi – Tome 3 – L’énigme de la rose écarlate : Irene Adler
  4. Puzzle : Franck Thilliez [LC avec Bianca]
  5. La promesse de l’Ouest : Robert Lautner
  6. Inavouable : Zygmunt Miłoszewski
  7. Feuillets de cuivre : Fabien Clavel [LC avec Bianca]
  8. Les harmoniques – Beau Danube Blues : Marcus Malte [Défi CannibElphique]
  9. Magic Time : Doug Marlette
  10. Le perroquet qui bégayait : Alfred Hitchcock [RELECTURE]
  11. L’affaire des vierges de glace : Sophie Bellocq-Poulonis [RELECTURE]

Bilan Livresque Mensuel Novembre : 12 bédés et 4 comics

  1. Ekhö Monde miroir – Tome 7 – Swinging London : Christophe Arleston & Alessandro Barbucci
  2. Les Tuniques Bleues – Tome 23 – Les cousins d’en face : Cauvin & Lambil
  3. Les Tuniques Bleues – Tome 27 – Bull Run : Cauvin & Lambil
  4. Les Tuniques Bleues – Tome 26 – L’or du Québec : Cauvin & Lambil
  5. Les Naufragés d’Ythaq – T1 – Terra incognita : Arleston & Floch
  6. Les Naufragés d’Ythaq – T2 – Ophyde la géminée
  7. Les Naufragés d’Ythaq – T3 – Le Soupir des étoiles
  8. Les Naufragés d’Ythaq – T4 – L’ombre de Khengis
  9. Les Naufragés d’Ythaq – T5 – L’ultime arcane
  10. Les Naufragés d’Ythaq – T6 – La révolte des pions
  11. Nains – Tome 6 – Jorun de la forge : Jarry & Goux
  12. Le casse – La grande escroquerie – Londres 1977 : Duval & Quet
  13. American Vampire – T8 – La 7ème lignée : Snyder & Albuquerque
  14. Scalped – Tome 8 – Le prix du salut : Aaron & Guéra
  15. Scalped – Tome 9 – À couteaux tirés : Aaron & Guéra
  16. Scalped – Tome 10 – Au bout de la piste : Aaron & Guéra

Transfert d’anciennes critiques de mon site à mon blog : 

 

Les harmoniques – Beau Danube Blues : Marcus Malte [Défi CannibElphique]

Titre : Les harmoniques – Beau Danube Blues

Auteur : Marcus Malte
Édition : Gallimard (2013)

Résumé :
Une voiture quitte les rives de l’océan pour Paris à travers la nuit et des nappes de jazz qui s’échappent d’un autoradio.

A son bord, deux hommes. Mister est un pianiste de jazz. Un black amoureux de Trane et de Lady Day. Bob, son complice, son frère de coeur, est un ancien prof de philo reconverti en chauffeur de taxi. Encore plus que Monk ou Getz, lui vénère les classiques grecs et Schopenhauer.

Les deux hommes foncent vers la capitale mus par l’obsession de Mister : Vera, une jeune femme qu’il a récemment rencontrée, vient d’être retrouvée morte, brûlée vive.

Les coupables ont été arrêtés sur le champ, mais Mister ne croit pas à la version officielle. Il décide de mener sa propre enquête. Ses questions et sa curiosité vont les amener à lever le voile sur une histoire qu’il aurait mieux valu garder secrète, et à côtoyer une faune peu recommandable.

Composition virtuose, arpèges narratifs complexes et subtils, envolées lyriques… ce roman éblouissant de Marcus Malte avance, style en avant, sur la corde raide.

Entre l’ombre et la lumière, la violence et la mélancolie, Les harmoniques est un incroyable roman noir – clair-obscur plutôt.

Une mélopée déchirante qui mêle le politique, la passion, la révolte et le sexe. Comme tous les grands standards du blues.

Critique :
On m’avait dit le plus grand bien de ce livre, notamment Domi, la moitié d’Yvan. Collectif Polar aussi. Bref, des gens à qui je fais confiance niveau littérature !

Alors j’avoue que j’ai été un peu désarçonnée lorsque j’entamai ma lecture et que je me retrouvai face à un meurtre à résoudre…

Heu ? Un simple meurtre à résoudre ? Un banal cas de Whodunit ? Un grand black qui cherche à en savoir plus sur l’assassinat violent d’une gentille fille qui venait s’accouder sur son piano ?

Ça commence ainsi, par un truc banal (si un assassinat par le feu peut être considéré comme banal) : le meurtre de la gentille Vera à qui on a fait le coup de Jeanne d’Arc.

Les flics ont même été super rapides et compétents sur le coup puisque trois jours plus tard (non, elle n’est pas ressuscitée comme l’autre) ils ont arrêté les coupables.

Mais Mister, le grand Black pianiste n’y croit pas du tout et aidé de Bob, son pote chauffeur d’un vieux taxi, il va mener l’enquête.

Oui, on commence avec un truc simple, mais j’avais oublié que nous étions avec Marcus Malte et qu’on n’allait pas se retrouver avec le Colonel Moutarde dans le vieux hangar avec l’essence et le briquet !

La petite histoire va s’inscrire dans la Grande… Rien n’est simple, rien n’est facile, rien n’est acquis, surtout pas la vérité que l’on va nous dévoiler au fur et à mesure que nous tournerons les pages.

De plus, l’écriture de Marcus Malte est toujours aussi poétique, lyrique, ses phrases m’emportent souvent très loin et croyez-moi, c’est le petit Jésus en culotte de velours, sa plume, maniant la philosophie et l’humour, même si elle ne se prive pas d’égratigner.

Oui, sa plume m’enchante, et elle chante car ce roman sent bon les airs de jazz et l’auteur a même inclus la play-list pour le cas où nous voudrions écouter les mêmes chansons que nos deux enquêteurs improbables : le grand noir et le petit blanc.

Les deux personnages que sont Mister et Bob sont des gens comme on aimerait avoir dans nos amis, surtout Bob qui est toujours là pour vous aider, lui, son vieux taxi, sa philosophie et ses cassettes audios remplies de vieux chanteurs de jazz.

Un roman qui commence de manière simple et qui devient plus dense ensuite, de par son scénario et de par l’Histoire qu’il nous conte, une que nous n’entendons pas souvent et dont nous ne savons pas grand-chose : l’ex-Yougoslavie.

Un roman bourré d’émotions, une lecture magnifique, dense, belle, émotive, qui ne m’a pas laissée de marbre. J’en ai eu des frissons partout.

Un grand merci à celles qui me l’ont conseillée et à ma binômette de LC qui me l’a fait sortir de mes étagères surchargées !

— Qu’est-ce qu’il raconte, le centenaire ? siffla le barman.
— Lui, il dit que ours craindre le morsure de la belette, intervint Milosav.
— La belette ?… La belette !… La belette…
Renato testa le mot sur tous les modes, comme un acteur cherchant le ton juste.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur]  sur le forum de Livraddict (N° 48-  Son dernier coup d’archet – Livre où la musique tient une place importante).

Pourquoi je l’ai choisi :

Avec l’énorme coup de cœur pour Le Garçon du même auteur, j’ai voulu découvrir ses précédents romans… Et, bon, j’adore toujours autant déstabiliser le planning de ma binômette, et lui proposer des « oldies » en Lecture Commune…

Synopsis :

Vera est morte assassinée. Brûlée vive. Mister, le pianiste, l’aimait, comme elle aimait sa musique. Il veut comprendre : qui l’a tuée ? Pourquoi ? Avec son ami Bob, chauffeur de taxi philosophe et polyglotte, il cherche, tâtonne, interroge et remonte peu à peu le fil de la jeune vie de Vera, jusqu’aux rives lointaines du Danube, jusqu’aux charniers des Balkans… Rythmée par les grands standards du jazz, l’enquête des deux hommes fera ressurgir les notes cachées de ces crimes dont personne ne veut parler. Plus qu’un roman, c’est une ballade qui se joue ici. Un long blues nostalgique et envoûtant en même temps qu’un poignant chant d’amour et de rage. 

Ce que j’ai ressenti:…Comme le doux son d’un coup de CŒUR….

« Où se niche le génie? Où se niche la sagesse? Où se niche le merveilleux? »

Jazzy, ou comment la musique envahit l’espace d’écriture, fait des Harmoniques derrière le contexte d’un conflit européen, se retrouve entre les lignes d’une poésie noire envolée dans les esquisses d’un corbeau, se mêle au lent ronronnement d’un moteur lancé sur l’asphalte, se perd dans les arpèges d’une passion platonique…

Tu l’entends ce Jazz qui se nourrit de nostalgie, de violence et de beauté ?  Marcus Malte nous ballade sur des notes obscures, réveille des douleurs dissimulées et sublime son polar de lyrisme philosophique.

« Ensuite pour se persuader que l’humanité n’a pas engendré que des porcs et bouchers et ogres barbares, mais aussi quelques fées ou enchanteurs dotés du pouvoir de transformer le bruit en son, les cris en notes, les rafales en arpèges, les plaintes en mélodies, les sanglots longs en violons- la vie en harmonie. Pour continuer à croire qu’il existe autre chose, autre part. »

Cette enquête atypique menée par deux personnages « Black and White » dans une guimbarde jaune est un moment de lecture intense entre humour et drame.

Le temps d’une playlist enivrante et de quelques jolies références littéraires, on se plaît à démêler une affaire sombre de meurtre impuni, d’une victime qui aurait pu disparaître de la surface de la terre sans bruit, mais la  passion de Vera pour la musique et l’adoration d’un homme  en voyant ses yeux, aura suffit à lui rendre un peu de son identité et mettre en lumière le temps de 400 pages, les accents slaves.

« Nul autre don que le don de soi. »

Plus que tout, j’adore l’écriture de cet auteur ! Je la trouve expressive, sensorielle, magnifique… Elle s’embrase avec panache jusqu’au bouquet final… Encore une fois, je suis totalement conquise…

Au delà de son intrigue menée admirablement jusqu’à la dernière note, on sent une volonté dans le style : la force des mots, le plaisir de rendre hommage à la musique et à l’Art. L’intensité qu’il met dans ses descriptions rend cette lecture bouleversante.

Comme un air de musique, elle tourne dans ta tête, cette poésie, et tu lis et relis les passages, te délectant de tant de beauté d’écriture et tu t’envoles vers des courants de pensées essentielles…

Marcus Malte, en grand géant, orchestre son histoire avec passion,  jouant des basses violentes des canons, d’un tempo plaintif d’un saxophone en mal d’amour, de l’harmonie d’une amitié infaillible…

Flambant Coup de Cœur.

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Feuillets de cuivre : Fabien Clavel [LC avec Bianca]

Titre : Feuillets de cuivre

Auteur : Fabien Clavel
Édition : Actusf (06/11/2015)

Résumé :
Paris, 1872. On retrouve dans une ruelle sombre le cadavre atrocement mutilé d’une prostituée, premier d’une longue série de meurtres aux résonances ésotériques. Enquêteur atypique, à l’âme mutilée par son passé et au corps d’obèse, l’inspecteur Ragon n’a pour seule arme contre ces crimes que sa sagacité et sa gargantuesque culture littéraire.

À la croisée des feuilletons du XIXe et des séries télévisées modernes, Feuillets de cuivre nous entraîne dans des Mystères de Paris steampunk où le mal le dispute au pervers, avec parfois l’éclaircie d’un esprit bienveillant… vite terni.

Si une bibliothèque est une âme de cuir et de papier, Feuillets de cuivre est sans aucun doute une œuvre d’encre et de sang.

Critique :
Comment cataloguer ce roman  ?

On pourrait être tenté de le classer dans les OLNI, mais ce serait réducteur car il possède à la fois l’ADN d’un roman policier, un soupçon de SF, un zeste de fantasy, une pincée de fantastique, le tout saupoudré de steampunk.

En parlant de steampunk, je m’attendais à me trouver face à sa définition, c’est-à-dire une uchronie faisant référence à l’utilisation massive des machines à vapeur au début de la révolution industrielle puis à l’époque victorienne… Il n’en fut rien !

Ce roman policier, comme je le disais, est inclassable car il aborde trop de genres différents que pour être catalogué, sans compter toutes les références à d’autres choses dont je n’aurais même pas eu connaissance sans la postface.

Patchwork… C’est plus un nom qui lui convient car il commence comme un recueil de nouvelles, avec quelques enquêtes de Ragon, jeune gardien de la paix à Paris, de forte corpulence et n’aimant pas voir les cadavres.

Après quelques enquêtes qui placent le personnage de Ragon et le font évoluer, on passera ensuite à une sorte de feuilleton, avec un Méchant qui reviendra tourmenter Ragon et nous donner du plaisir avec des mises-en-scène digne des plus grands.

Sherlock Holmes disait que le crime était commun et la logique rare, au moins, ici, notre enquêteur Ragon aura un ennemi à la porté de son esprit brillant !

D’ailleurs, je cite Holmes en oubliant de vous dire que notre Ragon possède un peu du détective de Baker Street, parle de ses petites cellules grises comme un Hercule Poirot, pose les questions justes, tel un Columbo obèse et analyse les gens tel un Mentalist.

Si j’ai été déconcertée au début par le fait de me trouver face à des petites nouvelles, genre les aventures de Sherlock Holmes, je me suis vite mise dans le bain et j’ai suivi ces enquêtes qui possèdent toutes un fil rouge, donnant dans la seconde partie, la pelote de laine entière et le dessin du pull.

Je précise qu’avant de lire, je n’avais pas relu le résumé, me laissant porter par l’histoire, sans savoir où elle allait me mener, d’où ma surprise de me trouver face à des nouvelles et pas à un roman continu. Ensuite, j’ai compris…

Une première partie plus « policière » et une seconde avec le petit côté fantastique et le tout donne, au final, un bon moment de lecture, une lecture rafraichissante, me sortant de mes pantoufles littéraires habituelles.

Une fois de plus, cette LC avec Bianca a porté sur un roman qui trainait dans ma PAL depuis longtemps et elle fut réussie !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N° 13 – Le Pouce de l’Ingénieur – lire un livre du genre « Steampunk »).

L’affaire des vierges de glace : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : L’affaire des vierges de glace

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : Oeil du Sphinx (2007)

Résumé :
Alors que l’ombre de Jack l’Éventreur s’estompe des mémoires et que tous se persuadent de sa disparition, de nouveaux cadavres de femmes apparaissent dans le quartier de Whitechapel.

Contrairement aux cinq visites connues de l’Éventreur, elles semblent ne pas appartenir à l’engeance des prostituées.

Pourtant, les blessures observées sur leur corps sont identiques à celles infligées par Jack. Serait-il de retour ? L’inspecteur Lestrade, en charge de l’enquête, ne sait que penser …

Ses supérieurs ont imposé à l’opinion publique une vérité concernant l’Eventreur loin d’être acceptable.

Seul, Sherlock Holmes – que les autorités avaient sciemment écarté de cette grande affaire victorienne – pourrait l’aider à éclaircir l’affaire en lui évitant de saborder sa carrière.

Critique :
Une histoire inédite de Sherlock Holmes non racontée par son fidèle Watson ? Comment cela se fesse-t-il ?

Pas grave, le fils du docteur Watson va dicter cette Untold Stories (non racontée dans le canon holmésien) à sa petite-fille puisque c’est lui qui hérita de la fameuse malle en fer blanc qu’on ne ressort à toutes les sauces.

Comme ils le disent tous en avant-propos, le récit que l’on va lire n’est pas une fumisterie, contrairement à tous les autres. Sherlock Holmes a bel et bien existé et le docteur Watson était son Boswell.

Le pitch ? Des meurtres qui ressemblent à ceux de l’éventreur mais ce n’est pas lui… Holmes enquête avec son fidèle Watson sur ces meurtres qui surviennent 1 an après les méfaits du Jack.

Pour une fois, nous ne partons sur une théorie de l’identité de Jack The Ripper, mais avec un copy cat, ce qui fait que l’auteur peut mêler la fiction à la réalité, les détails historiques, sa connaissance des meurtres de 1888, et nous inventer la théorie qu’elle veut pour ce copier-coller des meurtres qui frappèrent le quartier de Whitechapel.

Rassurez-vous aussi, elle ne nous ressuscite pas Jack The Ripper qui aurait eu envie de refaire un tour sur la piste sanglante des prostituées éventrées.

Je rassure aussi les esprits un peu délicats, dans cet ouvrage, pas de descriptions sanguinolentes, gore ou dans le genre à vous faire rendre votre quatre heures ! On reste dans la sobriété.

Le livre se lit de manière très agréable, les personnages sont fidèles au canon holmésien, Watson est fort présent et on se plaît à suivre leur enquête d’autant plus qu’elle ne s’étirera pas en longueur puisque nous avons 108 pages (écrites en petits caractères).

Par contre, je ne sais pas si c’était moi qui brillais plus que d’ordinaire, mais lors de ma première lecture, j’avais assez vite compris qui était le coupable dans tout cela.

Je suis d’ailleurs toujours étonnée que Watson n’ait pas tilté lui aussi et que Holmes ne parle pas de cette contradiction en nous exposant la résolution de l’affaire.

Malgré tout, je n’ai pas boudé mon plaisir et j’ai refermé le livre en quittant deux bons amis, avec un peu de regret.

Comme lors de ma première lecture, plus de pages ne m’aurais pas déplu et une résolution de l’affaire moins précipitée aussi car j’ai trouvé les aveux du suspect un peu trop spontanés, trop faciles à extorquer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Le perroquet qui bégayait : Alfred Hitchcock

Titre : Le perroquet qui bégayait

Auteur : Alfred Hitchcock
Éditions : Bibliothèque verte / Livre de poche

Petit Plus : Le Perroquet qui bégayait (titre original : The Mystery of the Stuttering Parrot) est un roman écrit par Robert Arthur et paru en 1964 aux États-Unis. Il a été publié sous la signature théorique d’Alfred Hitchcock pour des motifs publicitaires et de marketing.

Le roman est le deuxième de la série policière pour adolescents Les Trois Jeunes Détectives.

Résumé :
Un perroquet qui parle, cela n’a rien d’exceptionnel. Mais un perroquet qui bégaie, c’est vraiment… un oiseau rare !

Surtout s’il s’appelle Shakespeare et s’il forme une curieuse équipe avec cinq autres oiseaux parleurs aux noms inattendus, qui prononcent des phrases énigmatiques.

Alfred Hitchcock, le maître du suspense, a entrepris de résoudre le mystère du perroquet bègue avec l’aide des trois jeunes détectives, Hannibal Jones, Bob Andy et Peter Crentch, trois garçons pleins d’allant dont la réputation commence à grandir à Hollywood… et aussi en France où ils comptent déjà beaucoup d’amis.

Critique :
Quoi ? Depuis toutes ces années je ne vous ai jamais avoué que j’avais une grande tendresse pour ce roman jeunesse et que je le relisais souvent depuis l’époque lointaine de mes 12 ans ?

La dernière fois que je l’avais relu, c’était en octobre 2012, sur le quai de la Gare de Nord à Paris, alors que j’attendais le Thalys qui me ramènerait à Bruxelles.

C’est par le plus grand hasard que je l’avais trouvé dans une échoppe de seconde main et, comme je ne savais plus dans quel carton se trouvait mon édition, j’avais racheté le roman pour l’offrir à ma soeur et en profiter pour le lire puisque je n’avais rien à lire (horreur !) pour mon trajet.

Anybref, c’est toujours un plaisir de relire ce roman qui m’avait bien plu lorsque j’avais dû le lire pour l’école et en plus, j’avais bien réussi l’interrogation dessus, alors que certaines questions de la prof étaient vaches.

Nos trois jeunes détectives ont tout pour plaire : Hannibal Jones est le cerveau du groupe, c’est aussi le plus costaud niveau corpulence, vantard mais malin ; Peter Crentch c’est le sportif du trio, un peu froussard et Bob Andy, lui, c’est l’intellectuel du groupe, celui qui s’occupe du travail de documentation.

De plus, ô bonheur quand on est gosse et qu’on lit ce livre : leur QG est une vieille caravane planquée sous un tas de brol hétéroclites (située au coeur de la brocante du père de Hannibal) et uniquement accessible par plusieurs entrées secrètes !

Mais nom de dieu, c’est le truc rêvé pour les gosses, ça !! De plus, ce super QG est équipée d’un laboratoire et d’un téléphone. J’en ai rêvé, de ce QG…

Alfred Hitchcock leur demande de l’aide afin de retrouver le perroquet bègue d’un de ses amis et cette simple requête va les plonger dans une enquête fantastique sur fond de chasse au trésor.

Les phrase répétées par tout ces perroquets, misent bout à bout, devraient les aider à résoudre cette énigme qui semble bien compliquée !

Certes, c’est de la littérature jeunesse, ce qui fait donc que les gamins seront toujours plus fort que les bandits, qu’ils auront toujours des chouettes trucs à leur disposition pour résoudre leurs enquêtes, ce qui nous rendra jaloux à en crever, nous, les lecteurs lambdas qui ont un jour rêvé de résoudre des énigmes avec une bande de copains.

Mais je m’en fous, parce que je prends toujours autant de plaisir à relire leur aventures et à m’extasier devant un perroquet nommé Sherlock Holmes !

Les détectives avaient appris que, quelques jours plus tôt, un gros monsieur était allé de porte en porte et avait réussi à racheter deux perroquets nommés Capitaine Kidd et Sherlock Holmes, en les payant le double de leur prix. En revanche, il n’avait pas retrouvé Scarface ni Robin des Bois.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N° 22 – Rituel de Musgrave – Chasse au trésor ou énigme à résoudre).

[SÉRIES] Hatfields & McCoys – La série qui te dit « H&M comme Vendetta » (2015)

Créée par Ted Mann, Hatfields & McCoys est une mini-série américaine en 3 épisodes de la chaîne History Channel. Diffusée entre les 28 et 30 mai 2012 aux États-Unis, la série est diffusée en France à partir du 21 juillet 2013 sur Canal+.

Synopsis : Inspirée de faits réels, la série Hatfields & McCoys relate l’opposition entre deux familles : les Hatfield d’un côté, les McCoy de l’autre.

Les deux chefs de famille, William Hatfield et Randall McCoy, sont deux amis proches qui ont combattu ensemble lors de la guerre de Sécession, mais une fois rentrés sur leurs terres natales – la Virginie Occidentale pour Hatfield et le Kentucky pour McCoy – la tension monte entre les deux familles.

Alors, quand la lutte s’étend à leurs villes puis à leurs comtés respectifs, le conflit opposant les deux familles risque bien de conduire à une nouvelle guerre civile…

Hatfields & McCoys

Acteurs principaux : 

  • Kevin Costner : William Anderson « Anse le Démoniaque » Hatfield
  • Bill Paxton : Randolph « Randall » McCoy
  • Matt Barr : Johnse Hatfield
  • Joe Absolom : Selkirk McCoy
  • Tom Berenger : Jim Vance
  • Powers Boothe : Wall Hatfield

Ce que j’en ai pensé : 
Vous connaissez mon vice pour Sherlock Holmes et il ne vous est pas non plus méconnu le fait que j’ai un gros faible pour le western…

Freud aurait peut-être dit que c’était phallique tous ces révolvers, ces carabines et ces hommes chevauchant virilement leurs chevaux fougueux.

J’emmerde Freud ! J’aime les westerns, mais pas ceux de gare, j’apprécie ceux qui ont un fond, de la profondeur, du dynamisme, bref, faut que ça claque.

Et cette mini-série, y’a pas à dire, elle claque juste comme il faut !

Le scénario est vieux comme le monde : deux clans qui se disputent, un peu comme dans l’album de Lucky Luke « Les Rivaux de Painful Gulch«  où les O’Hara et les O’Timmins se tapent dessus sans se souvenir du pourquoi et du comment cela à commencé.

Sauf que dans cette mini-série avec Kevin Costner, on oublie les situations drôles, comiques, amusantes, bref, on ne va se taper le cul par terre de rire, que du contraire, c’est violent.

Deux hommes, Anse Hatfield et Randall McCoy ont fait la guerre de Sécessions, sous l’uniforme gris des Sudistes. Ils sont amis, se sont sauvés la vie.

Oui, mais voilà, Kevin Costner en a plein le cul de la guerre ! Enfin, je veux dire que Anse Hatfield en a sa claque de la boucherie et il fout le camp, ce qui ne fait pas plaisir à son pote Randall McCoy qui lui continue la guerre et fini dans un camp de prisonnier.

Lorsqu’il revient, il apprend que son frère – qui s’était engagé dans l’Union – s’est fait descendre et que le coupable est sûrement tonton Jim Vance, le tonton de Anse (Costner).

Ensuite, ça dégénère et le reste n’est plus que violence, que « je te prends ton fils, ton frère, tes fils, ta gamine, ton chien…. », bref, la vendetta dans toute sa splendeur, aucune des deux familles ne voulant se remettre en question en se disant que si ses fils sont morts, c’est aussi parce qu’ils avaient tué un frère de la famille opposée….

Vu ainsi, on aurait envie de passer son chemin en se disant que ce genre de choses est vieille comme le monde et que tout ça fait série shakespearienne, mais j’ai trouvé que les acteurs étaient juste à leur place, justes dans leurs rôles et que chacun avait des circonstances atténuantes et qu’ils pouvaient évoluer, en bien comme en pire.

De plus, leurs agissements sont réalistes, humains, ils ne savent plus à quel saint se vouer, à quel dieu, surtout que les Hatfield sont athées au possible et les McCoys foutrement culs bénis.

Ils font des erreurs, les répare pitoyablement en faisant couler encore plus de sang, et puis, quand on les juge pour leurs actions un peu dégueulasse, on se rend compte ensuite qu’on les a jugé un peu trop vite et trop sévèrement.

Niveau habillement, on est dans les tons, les sous-vêtements longs sont crasseux au possible, les mecs ont les cheveux un peu gras, pas digne d’une pub de l’oréal, quand aux filles, on n’est pas dans la bonne société victorienne, ici, elles montent à cheval à califourchon !

Alors oui c’est violent, mais la série démontre bien le pouvoir nocif des armes, car si elles n’avaient pas été aussi présentes, un bon nombre de gens ne seraient pas morts (donc, ils seraient toujours en vie, aurait dit La Palice) car les armes à feu ne résolvent rien, quoiqu’en pense Trumpette.

Les vendette non plus, car lorsque l’on se venge, on doit creuser deux tombes : une pour son ennemi et une pour soi.

Et quand deux familles ou deux patriarches se querellent, c’est comme avec les chiens, faut pas se mettre au milieu, ni se monter la tête entre autres membres de la famille car c’est de là que naîtrons les problèmes à gogo…

Surtout lorsque l’an ajoute que les Hatfields vivent en Virginie Occidentale et que de l’autre côté de la rivière, c’est le Kentucky, l’état où vivent les McCoys. Et que chaque état à ses lois, qu’il est souverain chez lui et n’apprécie pas trop que des rangers de l’état d’en face viennent faire la loi chez eux.

Une mini-série violente, remplie de chevauchées et de tirs aux pigeons, une montée de la violence en puissance à tel point que les deux états en arriveront presque à la guerre civile.

Parce que ici, le H&M, c’est pas une chaîne de magasins de vêtements !! C’est Hatfield et McCoys et c’est tiré de faits réels, les deux familles ont réellement existé et se sont entretuées.

Moi, j’ai adoré cette série (vue en VF) et je me la referai un jour en VOSTFR (maintenant que j’ai récupéré des sous-titres, je vais peut-être arriver à les incruster dans les épisodes VO que je possède aussi).

Les aventures de Mary Russell et Sherlock Holmes – Tome 1 – Sacrifier une reine : Laurie R. King

Titre : Les aventures de Mary Russell et SHerlock Holmes – Tome 1 – Sacrifier une reine

Auteur :  Laurie R. King
Édition : Michel Lafon (2003)

Résumé :
Mary Russell et Sherlock Holmes se croisent un jour de 1915 dans les collines du Sussex.

De leur rencontre – celle d’une jeune fille surdouée et solitaire et du génial détective qui a déserté Londres et sa criminalité galopante – naît le tandem le plus improbable d’Europe, et le plus redouté.

D’affaires insolites, en missions plus délicates, effectuées sur prière de la Couronne.

Le maître et l’élève se mesurent brillamment à des adversaires implacables.

Des espions, bien sûr, à la solde de la belliqueuse Allemagne, mais il apparaît vite que le Kaiser n’est pas leur ennemi le plus menaçant. Holmes et Russell sont contraints de fuir l’Angleterre dans l’espoir de démasquer celui – ou celle – qui, dans l’ombre, a résolu de les tuer.

Critique :
Attention, amis lecteurs, ce livre est une petite arnaque pour les collectionneurs qui, comme moi, traquent les pastiches holmésiens à travers les bouquineries librairies…

Pourquoi ? Parce que tout simplement, ce n’est que la ré-édition du livre intitulé « Sherlock Holmes et l’apicultrice », mais avec un nouveau titre plus chouette, plus mystérieux, plus anarchiste (sacrifier une reine…), une couverture plus colorée, plus attirante.

Bref, ne tombez pas dans le panneau comme moi et bien d’autres…

« Oh, un nouveau livre de Laurie King, chouette »… m’entends-je encore dire avec des trémolos de plaisir dans ma voix suave. Tu parles, c’est le même que celui que je possédais déjà et que j’avais déjà lu !!

Non, je n’avais pas bu des mojitos ce jour là (et je n’étais pas en manque de kawa), mais il y avait quelques années d’écart entre les deux opus et voilà pourquoi je m’y étais laisser prendre.

Au bout de quelques pages, j’avais ressenti une sensation de « déjà lu » et pour cause…

J’ai fait la critique sous son autre appellation sur Babelio, mais pour ceux qui ont la flemme d’aller voir, je la colle juste ici en dessous :

Ouh, quel bonheur en tombant sur ce livre ! Holmes a pris sa retraite, certes, mais il croise la route d’une jeune fille qu’il prendra au départ pour un jeune homme.

Elle est jeune, intrépide, orpheline, et en a marre de sa tante. La voilà partie dans les enquêtes avec un Holmes souffrant de rhumatismes.

J’aurais aimé plus… il manque quelques petites choses pour faire de ce premier roman une œuvre réussie.

Le roman comportant plusieurs enquêtes, cela lui permet de na pas stagner dans des enquêtes trop longues. Mais, a contrario, celui donne parfois au roman une sensation de brouillon, comme si l’auteur avait groupé quelques histoires et fait en sorte de leur donner une suite.

Malgré tout, j’avais bien aimé ce roman, même si, dans l’absolu, la différence d’âge était trop forte entre Holmes et Mary Russel.

Autre point négatif : la quasi absence de Watson et lorsqu’il est présent, nous avons face à nous un Watson débile profond. Hors Watson est tout sauf un crétin, il est un homme à l’intellect normal, il est docteur, tout de même, c’est juste que Holmes surpasse tout le monde.

Dans le livre, même un poisson rouge aurait l’air plus intelligent que ce pauvre docteur Watson, décidément bien malmené dans les pastiches ou les films.

Quand je pense que j’avais envie depuis des années que les pastiches de Laurie King soient traduits, afin de découvrir un Sherlock Holmes marié (j’avais acheté en V.O « The Moor » parce que mon pauvre anglais m’avait fait comprendre qu’il était marié), et bien, je vous jure que j’ai déchanté grave sa mère en string de guerre sur l’autoroute !

Ah oui, ne me demandez pas si dans le Sussex elle lui a sucé le sexe… Mais je doute que la demoiselle fume la pipe ou le cigare…

Inavouable : Zygmunt Miłoszewski

Titre : Inavouable

Auteur : Zygmunt Miłoszewski
Édition : Fleuve Editions (14/09/2017)

Résumé :
Pendant la Seconde Guerre mondiale, une peinture est volée dans le musée de Cracovie.

De nos jours, à Varsovie, le gouvernement envoie une équipe de quatre personnes pour la récupérer.

Ils vont aux États-Unis, sur l’île Sainte-Catherine, en Suède et ailleurs. Ils découvrent des secrets dont la divulgation pourrait nuire aux grandes puissances mondiales.

Critique :
Depuis que les aventures du procureur Szacki, c’est fini, je ne croyais pas que je m’en remettrais un jour (si Hervé Vilard chante dans votre tête, c’est tout à fait normal).

Et pourtant, pourtant… (Aznavour aussi, tiens, chante dans votre tête) Je dois dire que Zygmunt Miłoszewski a réussi à me plaire avec un roman tout à fait différent des enquêtes de mon procureur Szacki chéri.

Ce que j’apprécie chez cet auteur, c’est qu’il me parle de son pays, la Pologne, sans concession, sans prendre des gants, c’est brut de décoffrage, sans prendre de gants et s’il faut critiquer le pouvoir ou les habitants, il ne s’en prive pas.

La toile n’est pas signée, mais le diplomate y a fait attention parce qu’une seule nation au monde se complaît dans les représentations de cavalerie lasse et sale, pataugeant dans la neige, et c’est la nôtre [Pologne].

Et en Pologne, en plus, tout est parti en fumée. Les Allemands brûlaient les archives avec une grande application parce qu’ils savaient qu’ainsi, ils détruisaient la mémoire d’une nation.

Malgré tout, je découvre des pans de son pays avec toujours le même plaisir renouvelé, surtout lorsqu’il va gratter dans les pages sombres de l’Histoire, celles qui se sont déroulées entre 39-45. Et tout le monde ne fut pas droit dans ses bottes…

— Et côté USA ? demanda Anatol. Est-ce qu’il pourrait s’agir de la preuve que la guerre a profité aux Américains ?
— La guerre profite à tous les empires, c’est une loi immuable de l’Histoire. Les milieux d’affaires et les industriels trépignaient d’impatience à l’idée que les États-Unis s’engagent dans le conflit mondial. Pour eux, cela équivalait à une pluie de dollars, à des milliards en commandes gouvernementales. Une guerre mondiale engrangeait des profits pour tous, à l’exception des soldats envoyés au front et de leurs familles. Tout le monde y trouvait son compte, depuis l’économie nationale, en passant par les fabricants de chars d’assaut et les laboratoires scientifiques, jusqu’aux couturières qui cousaient les lanières des casques. Sans parler des banques, les banques gagnent toujours, et au cours d’une guerre, elles gagnent sur tous les fronts parce qu’elles financent d’ordinaire l’ensemble des belligérants. Pour les États-Unis d’Amérique, aucun investissement n’a jamais été aussi rentable que la Seconde Guerre mondiale. Bien sûr, personne ne le crie sur les toits, il vaut mieux chanter les louanges des héros tombés sous les drapeaux, mais les mécanismes qui relient la guerre, l’économie et le monde des affaires ont été décrits des millions de fois.

Anybref, le sujet n’est pas là, il se trouve plutôt dans la spoliation des œuvres d’art par les uniformes noirs à tête de morts – les nazis – qui ne se sont pas privés et ont vidés les musées et les maisons privées de tout ce qu’elles comportaient comme peintures ou autres objets d’art.

— Il ne s’agit pas seulement de l’œuvre d’art la plus importante volée à la Pologne durant la guerre, c’est tout simplement le tableau le plus important et le plus précieux jamais perdu et recherché dans le monde. Je ne crains pas de le qualifier de version masculine de la Joconde [Le Portrait de jeune homme de Raphaël]. 

La Pologne ne fut pas épargnée et voilà que son gouvernement désigne 4 personnes pour aller récupérer un Raphaël dans une maison privée aux États-Unis… « Ocean Eleven » à quatre pour jouer aux « Monument Men »…

— Quelle… misérable créature a accroché un Raphaël à côté d’une télé ? 

L’auteur, sous le couvert de l’Histoire et de faits réels, nous offre un thriller punchy, avec des personnages sympathiques, pas toujours très clean eux aussi, mais qui ont tous en comment l’Art, que ce soit un marchand, une spécialiste des œuvres volées, une voleuse ou un espion.

On pourrait se croire dans une grosse production hollywoodienne et pourtant, l’auteur a soigné son histoire, faisant en sorte que si fiction il y a, elle se glisse adroitement dans la réalité et ne vire pas non plus à du non-sens, même si, les personnages sympathiques qui constitue ce quatuor a tout de même beaucoup de chance en survivant à tout ceux qui sont lancés sur les traces.

De plus, en lisant ce thriller qui pulse sans pour autant être trop rapide, on apprend des tas de choses sur les œuvres d’art volées, sur les petites magouilles des États, et rien qu’en Art, on a de quoi briller durant les prochains repas en famille.

— Mais ils n’exposaient que les vieux maîtres ! Jamais les impressionnistes, et certainement pas Gauguin ou Van Gogh. Ces dirigeants ne les mettaient peut-être pas au même niveau de bizarrerie que les Picasso, Chagall ou Klee, mais on ne pouvait certainement pas classer ces toiles dans la peinture réaliste et académique. Officiellement, ces œuvres appartenaient à « l’art dégénéré » et aucun cacique nazi sain d’esprit ne se serait vanté d’y prendre goût. Himmler aurait débarqué aussi sec avec son obsession de la puissance germanique brute et aurait chuchoté à l’oreille du Führer que l’un de ses prétoriens était tombé amoureux des impressions et des expressions juives.

— Les nazis ne s’intéressaient vraiment qu’au réalisme ? demanda Anatol.
— Loin de là. Les Allemands savaient ce qui était bon. Officiellement, ils dénigraient l’épouvantable modernité pour lécher les bottes du grand chef. Officieusement, ils extrayaient les meilleures toiles impressionnistes des collections de Juifs français comme les pépites d’or d’un lit de rivière, le tout sous prétexte d’actions aryennes. Mais ils ne s’affichaient pas avec leurs prises.

Les fêtes de fin d’années sont proches, pensez-y… Si la conversation s’enlise, plutôt que de raconter une blague cochonne, embrayez sur la disparition de toutes ces peintures de grands maîtres.

Au final, une brique qui se lit toute seule, au coin du feu, avec un sourire béat devant les répliques qui fusent, les pensées remplies d’humour cynique.

Il s’était dit que c’était dommage pour tous ces gens si sympathiques. C’était dommage qu’ils soient nés dans ce pays qui n’avait jamais eu de bol [Pologne]. Vraiment, on avait de la peine à croire qu’ils avaient vécu ici toutes ces années en compagnie des Juifs. Les deux peuples les plus malchanceux du monde côte à côte, comme dans une putain de réserve naturelle de perdants. Si Dieu existait, son sens de l’humour manquait de finesse.

Le sage qui affirmait que le pouvoir absolu corrompt absolument avait raison. Les dirigeants américains avaient fini par croire qu’ils étaient au-dessus des lois, qu’ils étaient les maîtres de l’univers et ils se comportaient en tant que tels.

On se prend de sympathie pour les 4 personnages principaux, on tremble avec eux, on conduit pied au plancher, on tente de s’en sortir par tous les moyens, on transpire, on a froid, et on tente surtout de découvrir quel est l’horrible mystère qui se cache derrière tout ça, en toile (hahaha) de fond et qui pourrait faire des gros dégâts s’il venait à être révélé.

— Tu sais que je ne peux pas te le dire, Martin. Mais, puisque nous sommes entre vieux amis, je te dirai simplement qu’il y a des vieilleries, certaines vraiment vieilles, dont l’émergence menacerait bien plus la sécurité nationale que des bombes atomiques en vente par correspondance avec livraison gratuite à n’importe quelle adresse du globe. Tu comprends ?

Pas de baisse de régime dans le cadre de ce nouveau roman, on a perdu un procureur cynique et on se retrouve avec deux baroudeurs et deux experts qui en possèdent autant que Theodore Szacki.

Un vrai plaisir de lecture grâce à un scénario excellent et des dialogues au top. Sans compter qu’il tape toujours sous la ceinture, là où ça fait le plus mal.

Bien sûr qu’il comprenait. Des armes, c’était des morts, mais quelques cadavres supplémentaires ne faisaient pas une grande différence. Une propagande bien menée pouvait faire d’un mort le prétexte d’une guerre, ou d’un millier de morts un incident sans importance. Mais le savoir… le savoir, c’était le pouvoir.

PS : j’ai pouffé de rire avec le prénom d’un personnage secondaire : « Jerzy Majewski ». J’ai pensé directement au porc Jerzy de Gotlib dans un de ses calembours célèbre « Et père y colle au zoo ce porc Jerzy ».

— C’est comment dans ta taule en Pologne ? demanda-t-il. T’en as pas marre de bouffer du chou pourri ?
— Y a de jolies détenues, je suis devenue la reine des lesbiennes.
— Cool. Tu m’enverrais une photo ou deux ?
— À toi ? Mais tu as accès à tout le porno de la planète !
— Je sais, mais une connaissance, tu vois, c’est jamais pareil.
— Tu éplucherais une adresse pour moi ?
— Bien sûr. Et tu me rendras visite, un jour ?

Elle était loin d’être une sainte nitouche : une semaine plus tôt, elle avait couché avec l’un d’entre eux avant de rompre, et avant cela, elle avait sucé plus de bites qu’aucune femme à la ronde, et plus souvent que les mères du coin n’embrassaient leurs enfants pour dormir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°51 – Environnement montagneux).

Les Crimes Culinaires De Dame Ida [Par elle-même et non rémunéré]

Halloween était enfin passé et Dame Ida tentait de s’en remettre avec une tasse de lapsang souchong…

Le chat n’était pas rentré depuis la veille au soir, terrorisé sans doute par le défilé incessant de tous les enfants grimés en zombies, sorcières et squelettes qui lui avaient permis de se débarrasser de tous ses médicaments périmés, laxatifs, comprimés contre la toux à la codéine, somnifères et autres joyeusetés qu’elle avait malgré tout dissimulées dans une quantité raisonnable de bonbons tout aussi périmés.

Quitte à shooter les enfants du quartier, et à provoquer quelques fausses gastros, mieux valait rester discret.

La soirée n’avait pas été si réussie que cela…

Au premier essai sur le chat, la chaise électrique avait provoqué un court circuit qui avait plongé la rue dans le noir jusqu’à ce qu’une équipe de dépannage d’urgence du fournisseur d’électricité n’intervienne, sans définir la cause évidente de la panne.

C’était plutôt une bonne nouvelle car la popularité de la famille de Dame Ida dans le quartier s’en serait encore trouvée écornée…

L’argument que de passer Halloween à la lueur des chandelles n’aurait pas tenu de toute façon. Dame Ida perdue dans ses pensée, réalisa alors que le chat n’avait peut être pas apprécié l’essai de la chaise électrique…

Pas plus que le fait de n’être nourri que de scones ratés depuis quinze jours.

Pas eu le courage de mettre une moche photo…

En effet, c’est bien gentil d’avoir du thé acceptable pour envisager de recevoir la nonagénaire chapeautée en la priant de se déplacer depuis Pâlemoral…

La moindre des choses serait d’avoir des scones à proposer avec la cup of tea !

Or, depuis trois semaines, Dame Ida galérait comme une damnée pour essayer de tirer de son four forcément défectueux, quelque chose ressemblant un tant soit peu à des scones.

Elle avait tout essayé, même de les acheter tout faits. Les scones d’une pseudo marque qui n’avait d’anglais que le nom s’était révélés infâmes, pâteux et difficiles à digérer…

Et les recettes trouvées sur le net étaient toutes aussi nulles les unes que les autres.

Trois recettes différentes glanées sur un site très fameux de partage de recettes… Deux autres piquées sur d’autres sites similaires…

Et même LA recette ultime proposée par LE grand magasin du luxe londonien, fournisseur de toute la famille de la nonagénaire et présentée comme celle utilisée pour fabriquer les scones mis en vente dans leur salon à l’heure de l’afternoon tea…

Toutes ces recettes, avaient été catastrophiques, ne donnant que des petits machins
tous plats et durs comme des galets !

Aucun des dits scones ne parvenaient à lever.

T’as essayé avec ça ????

Peu importaient les dosages du rapport farine/levure/sucre variable d’une recette à l’autre, peu importait le type de levure (chimique ou boulangère), l’ajout ou non de bicarbonate, rien n’y faisait !

Pire encore, certaines recettes parlaient d’une température de four à 220° et d’autres à 180°, différence pourtant effarante pour quiconque a déjà un peu pâtissé…

Les scones ne levaient jamais.

Et le gingembre, t’as essayé ??? Ça donne la gaule…

Dame Ida ne put essayer la recette de la Mère Cocotte, célèbre bloggueuse vue à la télé en train de jouer les couguars auprès de Sir Iliniack qui ne trouvait plus l’actrice quinqua Sophie Marteau assez vieille pour lui…

Car en effet, pour éviter les problèmes, la Mère Cocotte renvoyait les lectrices à l’utilisation d’ingrédients providentiellement inaccessibles de notre côté de la Manche !

Non seulement il faudrait aller se fournir dans un type de farine qu’on ne vend pas chez nous, et même de lait fermenté qu’on ne trouve qu’en boutique spécialisée…

Il semblerait que le secret du levage réside dans l’association bicarbonate/acidité spécifique du lait fermenté anglais, et de la consistance unique de cette farine secrète made in UK…

Et pis ça commence à bien faire cette affaire ! Et comme dirait si élégamment Sieur Toquéfada : « Ça fait même bien chier la bite » !

Dame Ida n’allait quand même pas traverser la Manche dans un sens ou dans l’autre à chaque fois qu’une envie de pâtisserie la prendrait.

Dame Ida se dressa sur ses ergots et poussa un tonitruant « Cocorico ! ». C’est fini les scones ! C’est fini les afternoon tea ! On est en France ici, et la nonagénaire à strasses irait se faire gaver ailleurs !

Elle proposerait sa cup of tea avec des pâtisseries bien françaises, faites avec des ingrédients qu’on trouve vraiment au supermarché quand on fait ses courses, et de préférence avec les ingrédients qu’on a de façon générale dans ses placards !

Epicétou !

Elle alla s’acheter le livre des desserts de la collection providentielle « Simplissime », qui permet de faire des super plats ou gâteaux qui ont de la tenue et du goût en moins de 30mn de préparation et avec maximum six ingrédients simples à trouver.

Et puis voilà !

De toute façon, si Agatha Christie a autant écrit sur les meurtres par poisons, c’est parce que la cuisine anglaise l’avait inspirée…

Avec le niveau calorique des afternoon tea pris à 17h et associant pour une seule personne : 3 sandwichs salés aux ingrédients improbables (œufs dur/cresson, beurre de crabe, concombre/crème de gruyère…), deux scones bourratifs à la crème et à la confiture (qui gonflent dans l’estomac sous l’effet du thé ingurgité pour les faire glisser), suivis de quelques mignardises hyper glucidiques, et cela, sans dispense de dîner…

Il y a de quoi mourir d’une crise fulgurante de diabète, si on a échappé à l’empoisonnement à l’agneau bouilli sauce menthe suivi de jelly !

Bref, dans les thriller britanniques, inutiles d’aller jusqu’au bout en cas de mort par empoisonnent : le coupable, c’est le cuisinier !

Alors, ça suffit ! On arrête le massacre des scones…

Parce qu’en plus c’est même pas si terrible que ça, même quand on les réussit ! Et y a pas la recette dans « Simplissime » !

C’est donc une tasse d’Earl Grey à la main et dans ces nouvelles bonnes résolutions qui semblèrent curieusement faire descendre le niveau d’angoisse de tous les membres de sa famille, que Dame Ida feuilleta le Simplissime des cocottes faciles, espérant y trouver une recette de civet au chat… au cas où celui-ci reviendrait…