Dossiers secrets – Jack L’Éventreur : National Geographic (2009)

À la fin du XIXe siècle, Jack l’éventreur fait trembler la population de Londres en assassinant sauvagement cinq femmes.

Le meurtrier le plus célèbre de l’histoire criminelle n’a jamais été arrêté, et son cas demeure une énigme.

Au regard des nouvelles technologies en matière d’analyse de scènes de crime, « Dossiers secrets » évoque les coupables potentiels.

Ce que j’en ai pensé :
Non mais allo quoi ?? Comment est-ce possible de débiter autant de théories aussi loufoques ou si peu étayées en si peu de temps ??

Bon, avant de ruer dans les brancards, je vais tout de même rendre à César ce qui à César et à Dame Ida ce qui est à elle, c’est-à-dire le lien vers la vidéo qu’elle m’a gentiment transmit, me demandant si j’avais vu ce reportage.

Oui, moi aussi, tout comme Varys dans GOT, j’ai des petits moineaux qui me donnent les bons tuyaux.

Allez, balançons les choses qui m’ont parues saugrenues, exagérées, pas fidèles, loufoques, ou toutes les autres approximations ou changement de cap qu’il y a dans ce court reportage.

« De 1888 à 1891, il y  eu 11 meurtres similaires, toutes des prostituées »

Déjà, là, je me suis dit qu’ils prenaient tout de même leur tournant fort large car nous ne sommes pas sûr du nombre de victimes de Jack The Ripper, on accepte généralement les 5 canoniques (certains rejettent Mary Jane Kelly et d’autres ajoutent Martha Tabram), et eux, on y va franco, on ratisse large et on les colle toutes sur le dos de Jack.

Et puis, boum, sans prévenir, ils se lancent alors sur les 5 attribuées généralement à Jack et on ne nous causera plus des autres meurtres… Ils voulaient sans doute accentuer le nombre de morts violentes durant ces années-là… Mais alors, les gars, faut être un poil plus précis sur ce que vous dites, le téléspectateur lambda, lui, il gobe tout.

Les images du reportage sont tirées de films, de reconstitutions (on passe les mêmes images plusieurs fois) et d’interventions de profiler dont je me suis demandée où ce qu’ils avaient eux leurs diplômes vu les raccourcis qu’ils ont pris.

Les suspects de l’époque ont leurs noms qui défilent, et ensuite, on entre dans le vif du sujet avec les gus qui vont faire chauffer leurs neurones pour nous proposer LA solution véritable et vraie et unique que t’as jamais entendu mais qu’ils sont tous sûr d’avoir raison, sur la tête de leurs mères !

Asseyez-vous parce que voyez-vous, puisque le premier corps fut retrouvé sur Buck’s row, non loin de l’hôpital de Londres et que cet hosto soignait les personnes atteintes de syphilis…

Il se pourrait, d’après les experts du profilage, que Jack ait été dans cet hôpital pour faire soigner son biscuit qu’il avait été tremper dans la tasse de café infectée d’une prostituée et que, restez assis, frustré qu’on ne sache pas lui soigner le grand chauve à col roulé, il se soit vengé sur des prostituées qui, toutes, sont passées par un lieu important pour lui (dixit les experts).

Les prostituées, toujours au bon endroit au bon moment ! On va en faire un slogan publicitaire.

Mais si, allez, faut les croire, ces experts parce que le tueur a prélevé l’utérus de certaines de ses victimes et que c’est le symbole de la féminité, crédieu ! Ben non, ce n’est pas le nichons ou la mini-jupe ! Sorry.

Autre théorie qu’ils balancent allégrement, c’est le fait que les lettres reçues soient toutes de journalistes ! Ok, on suppose que 99% furent écrites par des fous, des zinzins, des comiques, des journalistes, et j’en passe, mais ils ferment la porte au fait qu’il pourrait y avoir une infime proportion pourrait être réellement du tueur. Qui peut le jurer avec certitude ? Personne…

Restez assis et buvez un truc fort parce que là, on va entrer dans le porte nawak d’une magnificence jamais atteinte, selon moi, hormis la théorie maçonnique et royale de Knight (il avait fumé la moquette aussi, lui) :

Lors du double meurtre Stride/Eddowes (30/09/1888), le premier avait eu lieu à Dutfield’s Yard, à côté d’un bâtiment où se tenait une réunion sur le socialisme et le judaïsme (vous la sentez venir, là ?), dans le « International Working Men’s Educational Club » et leur théorie est que Jack, présent à cette réunion soit ressorti furieux en se disant que la société le maltraitait car il était juif et puisque Stride passait par là, bardaf il la tue !

Énorme coïncidence d’avoir une prostituée pour passer ses nerfs après une réunion, non ? Là, j’avais la furieuse sensation que nos profileurs se chatouillaient pour se faire rire ou qu’ils avaient fait le pari de celui qui sortirait la théorie, l’hypothèse, la solution la plus capillotractée !

Après quelques rappels d’indices effacés (on ne sait pas avec certitude que le graffiti de Goulston Street « The Juwes [sic] are the men that will not be blamed for nothing » soit un indice ou pas) ou trouvés, le portrait de l’assassin se profile et je vous passerai les détails mais on en arrive à un boucher juif syphilitique atteint de dégénérescence mentale qui habitait le quartier : Jacob Levy !

Marié deux enfants (et la chtouille), certificat de décès (mort en 1891) qui atteste qu’il avait le grand-duc malade et une dégénérescence dans le ciboulot (il entendait des voix qui lui disaient de faire des choses répréhensibles, un des symptômes de la syphilis).

On ajoute à cela qu’après avoir tué, il pouvait aller se laver et cacher ses trophées dans la boucherie où il travaillait et que, en tant que boucher, personne se serait posé de questions de le voir avec du sang sur un tablier.

Un témoin, Joseph Levy, un des 3 hommes qui ont vu l’assassin d’Eddowes (retrouvée à Mitre Square) et il avait dit que l’assassin faisait 10cm de plus que sa victime et, tenez-vous bien à la table, Jacob Levy mesurait 1,62cm et Eddowes 1,52cm ! Bon sang, mais c’est bien sûr !

Ajoutons à cela que le témoin Levy donnait l’impression d’en savoir plus mais ne voulait pas le dire… Pas de doute, il avait reconnu son voisin de quartier et ne l’a pas dénoncé. Comment n’y avait-on jamais pensé ??

Je signale que les autres témoins n’avaient pas parlé d’une différence de 10cm entre l’assassin et la victime, ils avaient parlé d’une différence de taille, mais plus grande. Mais comment savoir quelle différence exacte de taille il y avait entre l’homme qui se trouvait face à Eddowes et elle ?

Anybref, Jacob correspond à la description des profileurs et rempli les critères de ces mêmes profileurs qui ont enquêté sur les meurtres de 1888. Ils sont certains de leur coupable, certains qu’il a commis les 4 meurtres et pour eux, tout converge dans cette directions.

Catherine Eddowes fut la dernière victime de Jacob Levy parce qu’il avait du mal à organiser et mener à terme ses attaques. C’est un ouvrier juif, boucher, il sait se servir d’un couteau et à des connaissances anatomiques, ayant contracté la syphilis auprès des prostituées (on suppose) et donc, cela lui donne un motif sérieux pour s’attaquer à des prostituées !

Affaire classée !

Mais, mais, mais alors ? Et Mary Jane Kelly, alors ??? Et bien là, ils soulèvent enfin une hypothèse plausible : et si Mary Jane Kelly n’avait pas été tuée par Jack mais par un autre ?

Le modus operandi a changé, pour elle, passant de lieux ouverts en vase clos, passant de rapidité à je prends mon temps et arrivant 6 semaines après le doublé Stride/Eddowes.

Les vêtements de MJK étaient bien pliés sur sa chaise. L’assassin qu’elle a fait rentrer chez elle lui a-t-il laissé le temps de les mettre comme il faut ou alors cet homme était-il un simple client et, une fois au lit, seule et à poil, a-t-elle ouvert sa porte à son futur assassin parce qu’elle le connaissait et que ce type l’a tuée en faisant porter le chapeau à Jack ? Mystère !

Hormis pour cette dernière question soulevée, j’ai trouvé que le reportage était vachement orienté vers le boucher juif malade de la zétète et ayant une dent contre les femmes de petites vertu.

Là où on sort du contexte, c’est quand on balance un nom sans avoir aucune preuve, rien que des suppositions, un peu à la manière de Cornwell qui avait pensé à son peintre et qui a orienté son enquête afin de trouver des preuves pour étayer sa théorie.

On va oublier ce petit reportage qui n’était pas bon…

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Jack L’éventreur – Le journal, Le dossier, La controverse : Shirley Harrison

Titre : Jack L’éventreur – Le journal, Le dossier, La controverse

Auteur : James Maybrick / Jack the Ripper (Auteur présumé)
Auteur : Shirley Harrison (Éditeur scientifique)
Auteur : Robert Smith (Auteur de la postface, du colophon)
Éditions : JC Lattes (1193) / Le Livre de Poche (1993)
Édition Originale : The Diary of Jack the Ripper – The Discovery, the Investigation, the Authentication, the Debate (1993)
Traducteur : Jérôme Jacobs

Résumé :
Premier serial-killer connu de l’histoire du crime, Jack l’Éventreur demeure un personnage énigmatique. De la série d’assassinats, d’une barbarie rarement égalée, dont furent victimes cinq prostituées londoniennes en 1888, on n’a jamais trouvé l’auteur.

Le journal intime découvert en 1991 est-il bien l’œuvre du tueur ? Ce dernier serait-il alors James Maybrick, honorable marchand de coton de Liverpool, l’un des suspects de l’époque, lui-même assassiné par sa femme ?

On lira ici ce récit hallucinant d’une jalousie débouchant sur la démence, de ces errances dans les rues de Londres à la recherche de prostituées que le narrateur va éventrer « comme des pêches mûres ».

Une enquête rigoureuse, due à la journaliste Shirley Harrison, fait ensuite le point sur l’origine de ce document et son auteur présumé, ainsi que sur la controverse passionnée que déclencha sa découverte.

Le dossier complet d’une des plus extraordinaires affaires criminelles de tous les temps.

Critique :
Chers lecteurs et lectrices, voici le roman parfait pour vous ! Du moins, il sera parfait, dans sa version poche, pour caler un meuble bancal…

Si vous possédez la version Grande Édition, celle avec des images, je vous suggère d’aller le coincer sous la tour qui penche, à Pise.

Là, vous vous dites sûrement : mon dieu, mais quelle barbare avec ses livres, la Belette !

Je réserve ce genre de traitement uniquement aux livres qui m’ont horripilé, énervé, agacé, exaspéré, irrité…

Ceux qui vous vendent des vessies pour des lanternes, ceux qui se parent de leurs plus beaux atours alors qu’ils ne sont que des contrefaçons.

Imaginez une personne qui n’est pas au fait des événements de 1888 et qui lirait ce sois-disant « Journal de Jack L’Éventreur » : passant déjà 60 pages du livre puisque composées du récit manuscrit de James Maybrick, qui se dit être Jack The Ripper, puis, découvrant avec la traduction un récit assez chaotique, rempli de phrases qui n’ont pas toujours du sens, des mots notés ça et là, des résumés des meurtres horribles…

Puis, lisant avec des étoiles plein les yeux l’histoire de ce carnet que Tony Devereux, patron d’un pub, donna en mai 1991 à Mike Barret, en lui disant de faire pour le mieux avec ce fameux carnet.

On nous expliquera ensuite ce que Mike Barret fit comme démarches afin de recouper les faits du carnet avec la réalité, toutes les analyses du papier et de l’encre qui furent effectuées, afin de savoir si le carnet était un vrai de 1888 ou si, comme pour les carnets d’Hitler, tout ceci était un faux grossier.

Et c’est là, mesdames et messieurs, que l’on vous fait avaler des couleuvres de la taille d’un boa constrictor : tout ceci n’est que fumisterie ! La lanterne n’est qu’une vessie et ces carnets sont encore plus faux que les nibards d’Ève Vallois (Lolo Ferrari pour les intimes).

Bien entendu, je le savais avant de commencer ma lecture, ayant lu les bons ouvrages avant, ceux qui parlaient de ce canular (Mike Barret ayant ensuite avoué l’avoir écrit), mais le lecteur lambda pourrait prendre ce récit pour réel, comme avec les élucubrations de Stephen Knight dans « Jack the Ripper : The Final Solution » (1976).

Donc, après avoir lu 15 pages de guimauveries qui tendent à nous prouver que le carnet est vrai, après avoir sauté 60 pages d’écriture anglaise manuscrite, après avoir lu leur traduction et soupiré moult fois face à un récit tourmenté, désordonné et pénible à lire, après avoir lu les quelques 220 pages du dossier de Shirley Harrison qui revient sur les crimes de 1888 et qui tend à faire coller les faits à sa théorie, à l’instar de madame Cornwell, la lectrice que je suis en est ressortie avec la nausée et l’envie de caler un meuble bancal avec ce roman en version poche (non illustré).

Si James Maybrick EST Jack The Ripper, ce n’est pas de cette manière qu’on me le fera croire ! La seule chose positive que je retiendrai, c’est la remise en mémoire de l’affaire des crimes de Whitechapel (de manière édulcorée, bien entendu).

Ce roman, s’il ne finit pas sous un meuble, pourra rester dans mes livres uniquement pour grossir la collection « Jack The Ripper », mais il ne sera jamais conseillé en lecture, sauf si je souhaite faire plaisir à un(e) ami(e) masochiste.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon, le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Le Livre rouge de Jack l’éventreur : Stephane Bourgoin [Nouvelle Édition Actualisée]


Titre : Le Livre rouge de Jack l’éventreur [Nouvelle Édition Actualisée]

Auteur : Stephane Bourgoin
Édition : Points Crime (2014) – Grasset (1998 – pour l’ancienne version)

Résumé :
En 1888, cinq femmes sont massacrées par un serial killer surnommé « Jack l’Éventreur ». Ces prostituées du misérable quartier de Whitechapel, à Londres, sont mutilées, certains de leurs organes prélevés…

Ces semaines de terreur sont à l’origine d’un mythe qui dure depuis plus de 125 ans. Le tueur est-il un chirurgien de la reine ? Un boucher ? Un franc-maçon ?

Grâce à l’étude des archives secrètes de Scotland Yard et aux analyses des profilers du FBI, à la lumière des derniers développements de la police technique et scientifique et des ultimes suspects « confondus » par l’ADN, Stéphane Bourgoin dresse le portrait de l’assassin.

Critique :
Ceux qui ont de la mémoire se diront « Mais, la Belette Cannibal nous en a déjà parlé durant un Mois Anglais, de ce livre consacré au Ripper ! » et ils auront raison (juin 2014).

Non, non, non, rassurez-vous, je ne suis pas en train de vous ressortir une vielle chronique afin de voir qui suit !

Ce que je viens de lire, c’est la version augmentée et actualisée, comprenant les dernières théories farfelues de Russel Edwards de 2014 avec l’analyse ADN d’un châle qui aurait appartenu à Catherine Eddowes.

Bien entendu, selon môssieur Edwards, il a résolu l’affaire et nous a donné le nom du VÉRITABLE coupable. Et mon cul, c’est du nougat ?

Vous allez me dire « Attends, ma Belette, c’est juste ce petit truc en plus qu’il y a dans la nouvelle édition actualisée parue chez Points en 2014 ? » (vous faites des longues questions, vous).

Écoutez, j’ai relu, mais je n’avais ni le temps ni l’envie de vérifier, dans les 17 chapitres qui constituent le prologue, si des mots ou des virgules avaient changé !

Ma relecture ne m’a pas permis de « voir » si des choses avaient changé ou si des paragraphes avaient été réécrits. La seule chose dont je peux jurer, c’est que le chapitre 12 consacré aux tests ADN a été ajouté dans la version augmentée parue chez Points…

Pour le reste, les nouvelles incluses en fin d’ouvrage sont les mêmes que dans l’édition de 1998 parue chez Grasset; la bibliographie et la filmographie sont, bien entendu, augmentées, puisque 20 ans séparent ces deux ouvrages.

Ayant déjà lu les nouvelles il y a deux ans, je me suis plus consacrée à relire le prologue consacré aux crimes de 1888.

À celui ou celle qui voudrait en savoir plus sur Jack The Ripper, je conseillerai fortement de lire cet ouvrage de monsieur Bourgoin car il vous donne les faits, rien que les faits, qu’ils soient avérés ou pas, en vous expliquant bien ceux qui ne sont pas crédibles, sujet à caution (ces derniers sont nombreux) ou digne d’extrapolation.

C’est clair, c’est net et c’est précis ! Pas de doute à avoir.

Si vous désirez connaître l’identité de l’éventreur, passez votre chemin, vous ne la trouverez pas dans ces pages, mais vous aurez tous les indices connus sur l’affaire et vous n’aurez plus qu’à investiguer vous-même (bonne chance !).

Avec un peu de bol, d’ici quelques années, vous ferez une annonce télé comme quoi vous savez QUI était Jack The Ripper. Moi, de mon côté, je vous écouterai en bouffant du pop corn et en ricanant telle une hyène qui a tout vu et tout entendu dans sa vie.

Anybref, cet ouvrage ne se veut pas être une extrapolation sur l’identité du tueur de Whitechapel, puisque, malgré toute la débauche de faits, de témoignages, d’indices et tutti quanti, on ne peut pas en tirer une théorie.

Et l’auteur se gardera bien de vous fournir une piste. Il vous expliquera juste pourquoi telle ou telle théorie sont fumeuses, surtout celle du complot royal sortie du chapeau malade de Joseph Sickert et racontée par Stephen Knight.

Alors, quelle édition choisir, docteur Jack The Reader ?

De mon côté, j’apprécie la Grasset car elle est en grande édition, imprimée sur papier épais qui résiste à mes surlignages au crayon ou au fluo jaune.

L’éditions de chez Points est en format poche, donc plus facile, elle est à jour, mais faudra se garder de passer du fluo jaune sur ses lignes !

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Jack l’éventreur démasqué – L’enquête définitive : Sophie Herfort

Titre : Jack l’éventreur démasqué : L’enquête définitive             big_4

Auteur : Sophie Herfort
Édition : Points (2008)

Résumé :
Ceci est une histoire vraie. En 1888, la police retrouve le corps lacéré d’une prostituée en pleine rue. Après Polly, quatre autres seront assassinées. Alors que Scotland Yard investigue, les journaux s’enflamment, les suspects se multiplient, la police n’avance pas…

Cent vingt ans après, l’enquête menée par Sophie Herfort est sans appel : Jack l’Éventreur a désormais un nom.

Critique : 
Sophie Herfort aurait-elle bel et bien répondu à cette vieille énigme qui a plus de 100 ans ? 126 ans, même.

C’est en tout cas ce qu’elle va tenter de nous démontrer… et je demandais à voir ! Voilà qui est fait.

Doit-on classer cette affaire pour autant ? Est-elle vraiment définitive ? Peut-on retourner à nos petites affaires maintenant que le voile est levé sur l’identité du tueur de Whitechapel, prénommé « Jack The Ripper » ??

Nous allons tenter de répondre à tout cela ! En tout cas, moi, j’étais curieuse de savoir ce que l’auteure allait nous proposer comme coupable et comme théorie, mobile, preuves…

Petits bémols en ce qui me concerne : j’avais regardé dernièrement deux documentaires sur l’Éventreur (merci le Net !) et l’auteure, en tant qu’invitée, avait parlé de « son » coupable, des ses motivations et parlé de quelques preuves, faits troublants… Oups, j’aurais dû lire le livre plus vite, moi.

De plus, après avoir « travaillé » en juin sur le tueur de Whitechapel dans le but de réaliser des petits articles sur les meurtres, après avoir lu des tas d’articles, regardé des documentaires, fouillé le Net et lu « Le livre rouge de Jack l’Éventreur » de Bourgoin, j’avais un peu l’overdose des faits de 1888 dont l’auteur nous sert en début de son livre !

Je vous rassure de suite, les conditions de vie de l’East End, les récits des meurtres et de l’enquête se déroule sur 85 pages très bien écrites (du mieux que l’on peut avec des faits historiques), ne laissant pas place à l’ennui, sauf si vous connaissez tout cela et que tout est encore frais dans votre mémoire. Mais même, j’ai relu avec plaisir.

Alors, son enquête ? Elle commence à la page 91, elle est clinique, précise, fouillée, travaillée. Je suis sciée.

Si Patricia Cornwell donnait l’impression dans son livre « Jack l’éventreur : Affaire classée » d’avoir réuni tous les indices qui pouvaient incriminer le peintre Sickert afin qu’ils collent à sa théorie, ici, ce n’est pas le cas.

Walter Sickert n’est pas Jack l’Éventreur ! La démonstration de Patricia Cornwell présente une faille majeure : l’enquête repose essentiellement sur une analyse de l’ADN mitochondrial recueilli sur les lettres écrites par Sickert et sur d’autres présumées de la main de l’Éventreur. Les deux concorderaient. Or, selon les experts, la probabilité qu’un élément de n’importe quel échantillon d’ADN mitochondrial puisse coïncider avec un autre échantillon serait élevé et concernerait jusqu’à dix pour cent de la population. Cornwell avait jusqu’à dix pour cent de chances que l’ADN de Sickert et de Jack soient identique, sans pour autant que les deux hommes ne fassent qu’une seule et même personne. Considérant le nombre d’individus ayant manipulé les lettres de l’Éventreur, on imagine à quel point les résultats sont contestables et faussés.

L’étude de Herfort semble plus sérieuse et bien moins onéreuse ! Son enquête semble avoir tout d’un « vraie » car elle a compulsé des tas d’ouvrages, sans oublier toutes les lettres anonymes reçues par Scotland Yard en 1888 et 1889. Du moins, toutes celles qui n’ont pas brûlées durant le Blitz de la Seconde Guerre Mondiale.

Les coïncidences entre le tueur de Whitechapel et son coupable sont étranges, troublantes, nombreuses…

Melville Macnaghten (je ne spolie rien, son nom se trouve dans la table des matières en première page du roman) est un personnage trouble et les preuves à charge sont nombreuses, les questions aussi.

Les coïncidences sont même trop nombreuses pour qu’il n’y ait pas anguille sous roche !

Malgré tout, je ne prendrai pas ce roman pour parole d’évangile car un bon enquêteur-écrivain pourrait faire de Sherlock Holmes le tueur de Whitechapel… Il suffit d’un peu de talent et de faire parler les preuves ou les faits troublants dans le sens que l’on veut.

J’avoue que l’auteure a ouvert une porte et que le tout est cohérent, bien que pour certaines choses, il puisse y avoir d’autres explications…

Je sais, je chicane, mais je n’ai pas du tout envie que l’on me prouve par A+B l’identité du tueur. Laissons planer un peu de mystère, c’est tellement plus exquis.

Au final ? On est face à une recherche précise, à un travail d’enquêtrice énorme, bien fourni, facile à lire, pas embêtant du tout, intéressant, comportant un index est bien chargé en fin de volume.

Celui qui était ignorant ne le sera plus. Celui qui en savait déjà beaucoup en apprendra un peu plus… Le prologue est déjà éclairant :

L’image d’Épinal de l’Éventreur, souvent dépeint en cape noire, chapeau haut de forme, portant cane et sac Gladstone verni, semble désormais relever du folklore. Il est vrai qu’à côté du mythe « Jack », la plupart des tueurs en série sont d’une « banalité » affligeante. Jeffrey Dahmer – le « cannibal du Milwaukee » – avait l’air d’un jeune premier, Ed Kemper – « l’ogre de Santa Cruz » – ressemblait à un bûcheron et Landru à un clerc de notaire.

Quant au préfet Sir Charles Warren, il va en prendre plein son grade ! Oui, il était incompétent…

À son arrivée à Scotland Yard, Warren [le préfet] avait entrepris de transférer les agents de l’est dans les quartiers de l’ouest et vice versa. Il ne s’y serait pas mieux pris s’il avait voulu, comme dit le Times, « que ses officiers ignorent tout de leur terrain ». L’exemple illustre parfaitement cette attitude bornée, consistant à vouloir calquer l’organisation de la police sur celle de l’armée. Warren en supporte pas l’insubordination de ses officiers. Il veut tout contrôler. Le problème est bien là. Depuis le Bloody Sunday, l’ancien militaire compte bien rester maître de la situation pour éviter que l’anarchie ne gagne.

À vous de voir si vous voulez cet homme comme coupable ou si vous préférer faire comme si ce n’était pas lui afin d’entretenir le mystère qui est bien plus attractif.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et « Ma PAL fond au soleil 2014 » chez Metaphore.

CHALLENGE - Ma PAL Fond au soleil

Jack The Ripper : Téléfilm (1988)

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Jack l’Éventreur (Jack the Ripper) est un téléfilm britanno-américain en deux parties, diffusé pour la première fois le 21 octobre 1988.

Il met en vedette Michael Caine et Jane Seymour.

Cette fiction est basée sur l’enquête de l’inspecteur Frederick Abberline sur les meurtres de Jack l’éventreur à l’automne 1888.

À l’occasion du centenaire de l’affaire, les scénaristes ont pu avoir accès aux dossier de Scotland Yard.

Ce téléfilm a été nominé trois fois aux Emmy Awards et au Golden Globes.

1. Synopsis :

À l’automne 1888, un mystérieux tueur en série terrorise l’East End de Londres en y assassinant plusieurs prostituées. Les victimes sont retrouvées égorgées et éventrées en pleine rue.

L’inspecteur Frederick Abberline est chargé de mener l’enquête avec son adjoint, le sergent George Godley (Lewis Collins).

L’investigation s’annonce difficile, aucun témoin ne semble vouloir parler, les pistes sont nombreuses et la presse extrapole les faits pour vendre ses feuilles de choux.

Guidé par un médium, Abberline se met sur la piste d’un homme aux multiples identités, comme le principal interprète de la pièce de théâtre Dr Jekyll et M. Hyde.

Mais de nouveaux éléments viennent s’ajouter à l’enquête, comme des lettres de menaces signées Jack l’Éventreur et une inscription antisémite sur un mur « The Juwes are the men That Will not be Blamed for nothing » (Les juifs sont ceux qui ne seront pas blâmés en vain).

Abberline et Godley se rendent compte que les meurtres de Whitechapel cachent quelque chose de bien plus sordide…

2. Fiche technique :

  • Titre : Jack l’éventreur
  • Titre original : Jack The Ripper
  • Réalisation : David Wickes
  • Scénario : Derek Marlowe et David Wickes
  • Production: David Wickes
  • Montage : Keith Palmer
  • Photographie : Alan Hume
  • Musique : John Cameron
  • Décors : John Blezard
  • Son : Chris Munro
  • Sociétés de production : Euston Films, Lorimar Television et Thames Television
  • Pays :  Royaume-Uni États-Unis
  • Date de sortie : 21 octobre 1988
  • Durée : 182 minutes
  • Format : Couleur
  • Langue : Anglais

3. Distribution :

  • Michael Caine : Inspecteur Frederick Abberline
  • Armand Assante : Richard Mansfield
  • Ray McAnally : William Gull
  • Lewis Collins : Sergent George Godley
  • Ken Bones : Robert James Lees
  • Jane Seymour : Emma Prentiss
  • Susan George : Katie Eddowes
  • Lysette Anthony : Mary Jane Kelly
  • Michael Gothard : George Lusk
  • Edward Judd : Tom Arnold
  • Hugh Fraser : Charles Warren
  • John Laurimore : Inspecteur John Spratling
  • Peter Armitage : sergent Kirby
  • Gary Love : Derek
  • Gary Shail : Billy White
  • Richard Morant : docteur Theodore Acland
  • Michael Hughes : Docteur Llewellyn
  • Harry Andrews : Coroner Wynne Baxter
  • Jonathan Moore : Benjamin Bates
  • George Sweeney : John Netley
  • Angela Crowe : Liz Stride
  • T.P. McKenna : O’Connor
  • Kelly Cryer : Annette
  • Sheridan Forbes : Millie
  • Roger Ashton Griffiths : Rodman
  • Ann Castle : Lady Gull

Michael Caine en inspecteur Abberline

4. Ce que j’en pense :

Avant même la musique du générique,  il est dit, en début de téléfilm, qu’ils ont eu accès aux archives de Scotland Yard, que l’histoire est basée sur des faits réels et qu’ils ont travaillé avec des criminologues… On va voir, alors !

Je serai directe : il y a du pour et du contre…

Niveau « pour », je parlerai de la reconstitution du Londres de 1888, des petites ruelles sombres de Whitechapel qui, pour l’époque où fut tourné le film, n’est déjà pas si mal (Ripper Street a de plus belles reconstitutions, mais nous ne sommes pas en 2014).

Michael Caine, ancien Sherlock Holmes, s’en sort bien avec son rôle de l’inspecteur Aberline et son adjoint Georges a tout d’un Watson, moustache comprise.

Tous les personnages sont là, les historiques, et rien à redire sur eux à ce niveau (il y aura des critiques pour certaines, mais plus bas).

Niveau « presse » de 1888, les scénaristes ont choisi le fameux journal « The Star », journal radical, et ont mis en avant le journaliste Bates (dont certains disent qu’il serait l’auteur d’une ou plusieurs missives envoyées aux policiers et signée « Jack The Ripper »).

Si au départ les journalistes ont eu le mérite de décrire les conditions de vie épouvantables des quartiers de l’East End, ensuite, ça ressemblera plus à le d’acharnement sur la police et sur Sir Charles Warren qu’autre chose…

Cette « dualité » est présente aussi dans le téléfilm, ainsi que les raison qui ont fait que Warren n’était plus en odeur de sainteté pour la populace.

La musique grandiloquente du générique fait plus penser à un film avec « Sissi » ou à la musique avant un discours de la reine d’Angleterre à Noël qu’à celle d’un téléfilm consacré au tueur de Whitechapel, mais bon, c’est secondaire.

Le rythme n’est pas trépidant mais l’histoire se déroule sans que l’on baille pour autant.

Les meurtres ont lieu comme de bien entendu, les flics pataugent, ils interrogent, distribuent des tracts, ne savent plus à quels saints se vouer, et ils ont la crainte que tout Whitechapel ne s’embrase.

Sa piétine, on réclame la démission de Warren et les gens ont peur. Tout ça, c’est correct.

Oui mais, il est où le bât qui blesse ?? On y arrive…

Put*** ! Les incohérences historiques !

Détail qui a tout de même son importance : le corps de Mary Ann Nichols avait été lavé avant son autopsie ! Ici, ils ont oublié de le faire.

Notre détective Abberline qui s’exclame, en parlant des prostituées occasionnelles de Whitechapel que « ce sont des filles à 4 shillings ».

Heu, je ne sais si c’est dû au zèle des traducteurs, mais ces pauvres filles étaient loin de gagner cette somme dans la rue. Une passe coutait dans les 2 pences, j’ai parfois entendu 6 pences.

Le shilling étant shilling est une pièce en argent valant 12 pence (1/20 de livre). En 6 « passes », elles avaient 1 shilling. Il en fallait 24 pour obtenir les fameux 4 shillings. Ça devait les tirailler en bas, si elles avaient fait 24 passes ! Bref…

J’avoue que j’ai tiqué lorsque le complot royal avec le duc de Clarence fut évoqué, mais j’ai passé outre puisqu’à l’époque, les gens avaient dit tout et n’importe quoi, dont des protections en haut lieu…

Vous me direz qu’en 1888, c’était un peu normal, la populace n’était pas aussi instruite que nous. Certes, mais accuser le pouvoir royal est habituel dans ce genre d’affaire : je me souviens des théories toutes aussi folles lors de nos sordides affaires de pédophilie en 1996. Le monde change, mais pas tant que ça.

Que les scénaristes, pour les besoin de leur histoire, jouent avec la réalité et décident de faire comme si les victimes se connaissaient avant, passe encore, c’est de bonne guerre.

Mais qu’ils vêtent les prostituées comme des dames, là, je m’insurge !

Les prostituées (et toutes les autres habitantes de Whitechapel) vivaient misérablement. Toutes leurs possessions, c’est-à-dire peu de choses, se trouvaient sur elle.

J’ai lu les rapport de la police sur le contenue des poches des victimes et croyez-moi, ce qu’elles possédaient était très chiche… Elles n’auraient jamais eu les moyens d’être si bien habillées.

Mauvais point aussi pour les dents de ces femmes qui étaient une véritable vitrine pour le dentifrice Pepsodent Whitening Blancheur Extra.

Bon sang, les gars, il leur manquaient des dents, d’autres étaient toutes noires… Pareil pour les gens de l’East End : tout ceux que l’on croise ont des dents à mettre les dentistes au chômage direct. Ils auraient pu faire attention et nous copier les dents sur Jacquouille.

Autre grosse erreur : lors de la découverte du cadavre de Liz Stride. Il est dit qu’elle a été mutilé comme les autres femmes. FAUX, elle n’a eu QUE la gorge tranchée. On pense que l’assassin a pris peur lors de l’arrivée d’un passant.

William Gull, médecin de la reine et tête de liste dans les complots : il est censé avoir plus de 70 ans et souffre d’une paralysie de tout le côté gauche suite à un infarctus…

Dans le téléfilm, il est un fringuant homme d’une soixantaine d’années et il va bien.

Autre point qui me fait tiquer : d’après les scénaristes, les meurtres auraient eu lieu dans un fiacre…

Parlons-en de la voiture ! Une magnifique voiture, avec les armoiries de la reine, tiré par deux magnifiques frisons, cocher tellement masqué que ça attire encore plus l’attention !

À chaque sortie de cette fameuse voiture, on a droit à une musique angoissante de circonstance et des bruits de respiration qui ferait penser à un Dark Vador souffrant d’asthme.

Les prostituées tuées dans une voiture, ainsi le tueur a le temps de les dépecer et personne ne verra rien et aucun flic n’osera arrêter une voiture avec les armes royales…

Vous avez fumé quoi, messieurs les scénaristes ?

Impossible, si on réfléchit deux secondes : un fiacre aurait attiré l’attention, beaucoup trop ! Surtout dans ces quartiers. À Mitre Square, ce aurait manqué de discrétion et n’oublions pas que personne n’avait rien vu ni rien entendu !

De plus, impossible de bien découper ou de mutiler le corps à cause des cahots de la voiture et de plus, il a été prouvé que les victimes n’avaient pas été transportées, mais tuées sur place.

Je vous passerai le petit effet qui fait comme si le sang s’échappait de l’arrière du fiacre… Grotesque !

Pourtant, je vous rappelle qu’il est dit en début de téléfilm qu’ils ont eu accès aux archives de Scotland Yard, que l’histoire est basée sur des faits réels et qu’ils ont travaillé avec des criminologues…

Autre horreur : Sir William Gull n’a jamais examiné le rein qui a été envoyé par courrier à George Lusk. C’est le docteur Thomas Openshaw qui a eu cette tâche.

Gull authentifie le rein comme appartenant à une femme de 45 ans souffrant d’alcoolisme et de la maladie de Bright (néphrite). Tout comme les divers médecins l’avaient constaté – du moins, c’est ce que plusieurs articles de presse relataient.

STOP, à cette époque, il était impossible de dire en auscultant un rein, s’il provenait d’un homme ou d’une femme. Il faut pour cela les techniques modernes. Sans compter que la consommation de Gin ne laisse pas de traces dans les reins ! Au moins, les scénaristes ont respecté les « conclusions » erronées de l’époque, mais pas le bon docteur.

Une dernière incohérence pour la route : l’inscription à la craie « The Juwes are the men That Will not be Blamed for nothing » retrouvée dans Mitre Square le 30 septembre, après le meurtre de Catherine Eddowes était bien trop neuve, alors que dans la réalité, l’inscription y était déjà bien avant le meurtre, les deux n’ayant aucun rapport, en principe.

Par contre, bien qu’ils aient commencé avec un complot royal, les scénaristes se sont ensuite dirigés vers un tout autre coupable, et je dis « merci », bien que ce coupable soit aussi réaliste que s’ils nous avaient sorti un Sherlock Holmes en tant que tueur de Whitechapel !

Pour la petite histoire, quatre fins différentes avaient été tournées afin de conserver le suspense pour le lancement du film. Un peu comme dans « L’empire contre-attaque » et la phrase célèbre de Dark Vador.

Si j’avais vu ce téléfilm AVANT de bosser en amateur sur le dossier « Éventreur », je n’aurais jamais décelé toutes les incohérences et le téléfilm serait passé comme une fleur, hormis pour le complot royal, les habits des prostituées et le nom du coupable.

Mon problème est que j’en savais plus sur les meurtres de 1888 depuis début juin qu’avant et cela m’a aidé à voir les incohérences, me faisant pester et me gâchant une partie de mon visionnage.

Mais si on fait abstraction de tout cela, les reconstitutions sont bien faites niveau « décors », les personnages agréables et le tout a une certaine cohérence dans le mobile et même le coupable, si, historiquement parlant, cette personne avait eu la capacité de les commettre.

Mais pas en fiacre, s’il vous plait ! Là, ils sont allé trop loin et ce qui se voulait « terrifiant » est devenu grotesque, un peu comme lorsque l’on nous monte un chien des Baskerville qui a tout d’un chien version « Muppet Show ».

Ils ont eu accès aux archives de Scotland Yard, c’est vrai…

L’histoire est bien basée sur des faits réels, même s’ils ont pris certaines grosses libertés avec la réalité pour nous faire du show.

Ils ont travaillé avec des criminologues…. Hem, et les criminologues ont validés leurs théories du fiacre ?

Il leur fallait sans doute un truc de plus « fort » que la banale réalité des choses…

Dommage…

Le petit crieur de journaux était doublé par ce qui me faisait penser à la voix française du jeune Sangoku (Dragon Ball) !

5. Autour du film :

Cent ans après les meurtres, les scénaristes ont pu avoir accès aux archives de Scotland Yard.

Ils découvrent ainsi que le double meurtre de la nuit du 30 septembre ont été commis en un temps très court, ce qui laisse à penser que l’assassin a utilisé un véhicule hippomobile.

Les rapports d’autopsie insistent sur la netteté des plaies, comme si le meurtrier connaissait parfaitement l’anatomie.

Les enquêteurs se mettent sur la piste d’un chirurgien et découvrent que Sir William Gull, l’un des médecins de la famille royale, est mort peu après le dernier meurtre.

Son acte de décès est signé par son gendre et confrère, ce qui est contraire à la déontologie. Sir Gull bénéficiait de plus d’une berline aux insignes royaux, lui évitant ainsi d’être stoppée par la police.

Les scénaristes en concluent que Sir Gull fut probablement celui qui se faisait appeler Jack l’Éventreur.

L’hypothèse a déjà été évoquée dans un livre de Stephen Knight, douze ans auparavant, et sera reprise dans de nombreuses fictions comme la bande dessinée « From Hell » et son adaptation cinématographique.

  • Les scènes intérieures ont été tournées aux Studios Pinewood à Iver Heath dans le Buckinghamshire.
  • Les scènes extérieures ont été tournées à Belper dans le Derbyshire.
  • Hugh Fraser porte les vêtements que l’ancien chef de Scotland Yard, Charles Warren, a réellement portés.
  • Quatre fins différentes ont été tournées afin de conserver le suspense pour le lancement du film.

6. Récompenses et Nominations :

  • Emmy Awards 1989 : Meilleurs maquillages dans une mini-série
  • Golden Globes Awards 1989 : Meilleur acteur dans une mini-série ou un téléfilm (Michael Caine)
  • Emmy Awards 1989 : Meilleur acteur de soutien dans une mini-série (Armand Assante)
  • Golden Globes Awards 1989 : Meilleure performance pour un acteur dans une minisérie ou téléfilm (Michael Caine)
  • Golden Globes 1989 : Meilleur acteur de soutien dans une mini-série ou téléfilm (Armand Assante)

 

Le livre rouge de Jack L’éventreur : Stéphane Bourgoin

Titre : Le livre rouge de Jack L’éventreur                  big_4-5

Auteur : Stéphane Bourgoin
Édition : Grasset (1998)

Résumé :
« Le Livre rouge de Jack l’Éventreur » est un livre de fond sur la vie de cet ancêtre de nos « serial killers », sur lequel tant de légendes et de mythes erronés se sont greffés.

Stéphane Bourgoin reprend l’enquête à zéro. Il reconstitue l’atmosphère misérable et sombre de l’East End londonien de 1888. Il nous fait revivre chacun de ces meurtres effroyables, comme celui de Annie Chapman et de Mary Jane Kelly…

Il examine les différentes théories, plus ou moins classiques, qui font successivement de Jack l’Éventreur un étrangleur, un magicien, un étranger, un membre de la famille royale : déjà un mythe ! Stéphane Bourgoin nous livre les archives secrètes de Scotland Yard.

Il a eu également accès aux dossiers de la FBI National Academy. Ce texte est donc un panorama complet, scientifique et fascinant, du destin de l’Éventreur.

Le récit est suivi d’un certain nombre de documents décisifs autour du personnage : des nouvelles anglaises inédites, une bibliographie et une filmographie exhaustives.

Critique : 
Ça, c’est ce qui s’appelle une sacrée étude sur Ze First Serial Killer : l’Éventreur de Whitechapel qui se fera appeller « Jack » suite à une lettre intitulée « Dear Boss » et envoyé à la Central News Agency par une personne dont on ne certifiera pas qu’elle était bien le tueur…

Pour mémoire, la lettre était écrite à l’encre rouge et signée « Yours truly Jack the Ripper ».

Ceci est une étude clinique des meurtres de 1888, aussi précise qu’un coup de scalpel car l’auteur s’en tient aux faits et rien qu’aux faits (Sherlock Holmes aurait aimé, lui aussi aime les faits) !

Pas d’extrapolation sur X ou Y qui aurait pu être le tueur puisque, malgré toute la débauche de faits, de témoignages, d’indices et tutti quanti, on ne peut pas en tirer une théorie.

Et l’auteur se gardera bien de vous fournir une piste. Il vous expliquera juste pourquoi telle ou telle théorie est fumeuse, surtout celle du complot royal sortie du chapeau malade de Stephen Knight.

La légende nourrie par la fiction a maintenant totalement occulté les faits, colportant un grand nombre de mythes qu’il est indispensable d’évacuer si nous souhaitons, un jour, connaître la vérité :
1. Il n’y a jamais eu de brouillard lors d’aucun des meurtres.
2. Les lettres signées « Jack l’Éventreur » n’ont très probablement pas été écrites par le meurtrier, mais sont l’œuvre d’un jeune journaliste.
3. Le duc de Clarence n’est pas Jack l’Éventreur (ni aucun membre de la famille royale).
4. Mary Kelly n’était pas enceinte lors de son assassinat.
5. Les dossiers de Scotland Yard n’ont pas été classés pour de mystérieuses raison jusqu’en 1992 : il est habituel d’agir ainsi dans le cas d’affaires criminelles graves en Angleterre. De fait, on peut déjà les consulter depuis de nombreuses années !

Dans ce roman, on reprend l’enquête à zéro, on entre dans les ruelles sombres et tortueuses, on se balade dans la rue la plus dangereuse de Londres : Flower and Dean Street, on se penche sur les conditions de vies déplorables des habitants de l’East End et on suit les meurtres…

Désolé pour les plus sensibles, mais l’auteur nous fait revivre chacun de ces meurtres effroyables de Mary Ann Nichols, d’Annie Chapman, d’Elizabeth Stride, de Catherine Eddowes et de Mary Jane Kelly…

Pour nous offrir un menu aussi copieux et sérieux, Stéphane Bourgoin a eu accès aux archives secrètes de Scotland Yard. Il a eu également accès aux dossiers de la FBI National Academy.

Cette lecture m’a permis aussi de confirmer que Michel Moatti dans « Retour à Whitechapel » était très professionnel aussi dans les faits, même s’il les a romancé et de soupirer devant un téléfilm sur Jack, à cause de toutes les incohérences !

Le récit est suivi d’un certain nombre de documents sur le tueur  : des nouvelles anglaises inédites, une bibliographie et une filmographie exhaustives pour celui ou celle qui voudrait compléter sa collection.

Ce texte est vraiment un panorama complet et scientifique sur l’Éventreur. Médical, quasi, mais tellement intéressant !

À ne pas lire si vous n’êtes pas intéressé par ce vieux mystère de 1888…

Ce « Livre rouge de Jack l’Éventreur » est le premier de tous les ouvrages jamais écrits sur le personnage (et il y en eu plusieurs centaines) à vous proposer un panorama complet, tant d’un point de vue documentaire que sous ses aspects les plus fictifs, qu’il s’agisse de romans, de nouvelles, pièces de théâtre, cinéma, télévision.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

CHALLENGE - Ma PAL Fond au soleil

Jack The Ripper – 13. Reportages

Oups, petit oubli en fin de mon travail de présentation sur Jack l’Éventreur : les vidéos des reportages que j’avais visionné.

Pour celui ou celle, ou ceux qui voudraient « entendre » au lieu de lire, ou qui voudrait avoir moult informations en plus, je leur conseille surtout de visionner le premier reportage posté qui est plus complet et est animé par des historiens et deux auteurs, Sophie Herfort et Stéphane Bourgoin, qui ont tout deux consacré un livre à Jack.

1. « L’ombre d’un doute : Jack L’Éventreur, son vrai visage » (Reportage de France 3)

2. Dossier Shepper « Qui est vraiment Jack l’Éventreur ? » (Reportage de France 5)

Retour à Whitechapel : Michel Moatti

Titre : Retour à Whitechapel                                      big_4

Auteur : Michel Moatti
Édition : Pocket (2014)

Résumé :
Automne 1941, Amelia Pritlowe est infirmière au London Hospital et tente de survivre aux bombardements de l’armée allemande. Lorsqu’elle reçoit la lettre posthume de son père, elle n’imagine pas qu’elle va devoir affronter un cataclysme personnel tout aussi dévastateur. Sa mère n’est pas morte d’une maladie pulmonaire comme elle l’a toujours cru.

Sa mère, Mary Jane Kelly, a été la dernière victime de Jack l’Éventreur. Elle avait deux ans. Mue par une incommensurable soif de vengeance, l’infirmière va se lancer dans une traque acharnée.

Elle intègre anonymement la société savante d’experts « ripperologues », la Filebox Society, et va reprendre l’enquête depuis le début, reconstituer les dernières semaines de la vie de sa mère, suivre toutes les pistes et accepter tous les sacrifices pour retrouver celui qui reste encore aujourd’hui une énigme.

En décryptant les documents d’époque, Michel Moatti recompose l’atmosphère nocturne et angoissante de l’East End du XIXe siècle.

En redonnant vie aux victimes, en recomposant leurs personnalités sociales et affectives, il propose une solution à l’énigme posée en 1888 : qui était Jack the Ripper ?

Critique : 
Là, je m’incline devant le roman de monsieur Moatti car il a réussi à mélanger la fiction avec le réel, donnant vie au quartier de Whitechapel et à quelques unes de ses prostituées les plus célèbres !

Nous sommes en 1941 et tout l’Europe est écrasée par les bottes des Boches… Toute ? Non, une île résiste encore et toujours à l’envahisseur, mais est écrasée par les multiples bombes que le cousin Germain lui envoie. C’est le Blitz à Londres et il vaut mieux louvoyer entre les bombes.

Secouant la manche de ma grosse veste remplie de poussière due à l’effondrement d’un bâtiment, je pénétrai au London Hospital afin de faire la connaissance avec Amelia Pritlowe, une infirmière qui, comme moi, tente de survivre aux bombardements du sinistre moustachu.

C’est penchée sur son épaule que j’ai lu, avec elle, la lettre posthume qu’elle venait de recevoir de son père.

Moi, j’avais lu le résumé, donc je savais déjà que cette lettre allait être son petit Hiroshima à elle. Oui, je n’exagère pas… Cette lettre, ce sera son cataclysme personnel, tout aussi dévastateur qu’une bombe de grande puissance qui vous pèterait dans les mains.

Sa mère n’est pas morte d’une maladie pulmonaire comme elle l’a toujours cru. Que nenni !! Sa maman se prénommait Mary Jane Kelly… Ça vous remet ?? Yes, Mary Jane, la dernière victime de Jack l’Éventreur, celle sur laquelle il  s’était lâché…

Souvenirs ? Néant car elle n’avait que deux ans. Alors, Amelia va retrousser ses manches et mener l’enquête, 53 ans après.

Alors, non seulement l’auteur propose une nouvelle vision de l’identité du meurtrier qui me plaît bien, mais en plus, il a parfaitement mis en scène le tout.

On alterne les chapitres avec l’enquête d’Amélia, prête à toute, même à entrer dans un club de « ripperologues », et les chapitres qui se déroulent en 1888, dans les ruelles sombres de Whitechapel.

« Il y a alors quelque chose de pourri dans l’Empire britannique, et le tueur en série est le nettoyeur fou de sa capitale, comme s’il s’était assigné à lui-même une mission, s’attaquant à des filles de rien pour les précipiter dans le néant ».

L’incendie des docks, le 31 août, nuit de la mort de Mary Ann Nichols s’y trouve, la manifestation des ouvrières de l’usine d’allumettes « Bryan & May » qui ont eu le visage ravagé et dévoré par le phosphore, les femmes qui devaient vendre leur corps pour gagner de quoi boire un coup et dormir dans un asile qui avait tout du taudis… Tout se trouve dedans !

« Douze visages d’horreur firent face aux hommes de la police et aux mandataires des fabriques. Douze visages mangés par l’acide, décomposés par le cancer, ravagés par la maladie du phosphore. Les mâchoires de certaines apparaissaient à travers la chair nécrosée des joues, révélant l’émail jauni de dents putréfiées. D’autres n’avaient plus de lèvres, et des gencives gonflées, boursouflées, rouges comme des sections fraîches de betterave, pointaient vers l’avant, à la manière de monstrueuses figures de proue. L’une d’entre elles, qui tenait le centre du rang, avait un œil exsangue, déplacé vers le milieu du visage, empiétant sur un nez absent et sur l’orbite voisine ».

Celui qui voudrait en savoir un peu plus sur  l’atmosphère nocturne et angoissante de l’East End de 1888, et bien, il est servi !

Un magnifique travail de reconstitution, comme si on y était, le tout sans ennuyer le lecteur une seule seconde. Les pages ont défilé sur deux jours. Je l’aurais même lu plus vite si je n’avais pas eu d’autres choses sur le feu.

À cause ou grâce au tueur de Whitechapel, les 5 victimes sont passé de l’ombre à la lumière, passant du néant à la postérité pour l’éternité, devenant les prostituées les plus célèbres de l’univers…

« La sauvagerie de ses crimes, le caractère fulgurant de sa « carrière » – il n’a officiellement sévi que quelques mois, d’août à novembre 1888, laissant derrière lui cinq victimes -, l’énigme intacte de son identité font de cet être réel un mythe ».

Grâce à l’auteur, les victimes viennent de revivre une nouvelle fois : leurs personnalités, leurs vies de misère, leurs joies,leurs emmerdes, leurs personnalités sociales et affectives…

Tout est recomposé, sans pathos, sans exagération, le tout formant un roman où le voyeurisme n’est pas invité et où l’enquête que mène Amélia a quelque chose de touchant.

On a même droit à des fac-similés des documents d’enquêtes de l’auteur. Un vrai travail qu’il a accompli là.

Je ne sais pas si sa théorie est bonne, mais la proposition de solution à l’énigme posée de 1888 pourrait être plausible…

Une lecture qui m’a enchanté !

Je vous laisse, je vais me réfugier dans le métro, il pleut des bombes dans ma ville de Londres ! Voici pour vous le mot de la fin…

« L’indifférence est la caractéristique saillante de tous les tueurs en série, qu’ils agissent en solitaire ou en bande, comme lors des génocides. C’est cette indifférence à l’autre qui doit dois retenir de les admirer ».

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste, au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et« Ma PAL fond au soleil » chez metaphore.

Jack The Ripper – 12. Mode opératoire, théories, suspects… [FIN]

POLAR VIC - Jack fond rouge1. Mode opératoire ??

L’animal a eu assez facile pour s’amuser dans la grande plaine de jeu qu’était Whitechapel…

Les crimes eurent lieu pour la plupart dans des lieux publics ou semi-publics, trottoirs ou cours d’immeubles.

Pourquoi ? Parce que à l’époque, on ne faisait pas crac-crac avec une prostipute dans un bordel, comme maintenant, avec des belles vitrines. On n’allait pas non plus à l’hôtel Sofitel ou dans les appartements privés. Que nenni, tout ça a un prix que personne n’avait dans ce quartier.

Non, eux, ils faisaient ça dehors, au grand air, le vent leur rafraichissant les couilles.

À la faveur de la nuit, on tirait son coup vite fait mal fait dans une cour d’immeuble ou dans un passage privé entre deux immeubles, voire même au bout d’une impasse.

Une fois terminé, ces messieurs rentraient leur petit machin, les putes redescendaient leur robes, encaissaient l’argent (6 pences, si le mec partait pas en courant, parfois moins, on a pas vraiment un tarif établi) et « merci au revoir au plaisir, mes amitiés à madame votre rombière ».

Toute les victimes ont été égorgées, vraisemblablement par-derrière (un sodomite ?). Jack ouvrait l’abdomen de la victime, en retirait les viscères (intestins, reins, utérus), pour les disposer ensuite sur le cadavre ou les emporter.

La précision avec laquelle les victimes étaient éviscérées et le fait que les meurtres avaient lieu pendant la nuit, dans des lieux non éclairés, indiquent que le tueur avait des connaissances chirurgicales particulièrement avancées.

Du moins, c’est ce que certains disent !

 POLAR VIC - Jack signature

2. Théories loufoques & coupables potentiels, indices oubliés, littérature sur le sujet :

2.1 Les Indices passés à la trappe :
Suite au double ice-crime du 30 septembre, la police inspecta les lieux à la recherche d’indices ou de témoins.

Vers 3h du matin (j’ai pas vérifié l’heure), un inspecteur nommé Alfred Long découvrit un graffiti inscrit à la craie blanche sur un mur non loin du lieu où Catherine Eddowes avait été assassinée.

Le texte, je vous l’avais noté en haut, était : « The Juwes are the men That Will not be Blamed for nothing » (Les juifs ne seront pas blâmés pour rien).

Je vous avais expliqué aussi que, afin de ne pas éveiller de mouvements anti-sémites, l’inscription avait immédiatement notée et effacée.

Les ripperologues ont cependant relevé une curieuse corrélation entre la mauvaise orthographe du mot Juwes au lieu de Jews (juifs) et le nom de Jubelum, (apprenti d’Hiram) rencontré dans le livre saint des francs-maçons.

Il en a été déduit que Jack l’Éventreur était soit franc-maçon, soit proche des francs-maçons… Mais là, je ne me prononce pas !! J’y crois pas, de toute façon !

Le foulard rouge… Certains témoins avaient décrit un homme portant un foulard rouge. On a oublié aussi que le foulard pouvait être l’arme du crime pour l’étranglement.

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2.2 Théories et suspects potentiels :

  • Après le meutre d’Annie Chapman, les policiers avaient arrêté un boucher juif du quartier, John Pizer : un morceau de tablier de cuir aurait été retrouvé sur les lieux du crime. Il avait été toutefois établi assez vite que ce morceau de cuir n’avait aucun lien avec le crime. Pizer fut cependant incarcéré pendant deux jours, afin de permettre à la police de le disculper aux yeux de la foule qui voulait le lyncher.
  • Albert Victor, héritier de la couronne d’Angleterre et petit fils de la reine Victoria. Certains ont affirmé que le fils aîné du futur Edouard VII était le tueur. Albert Victor était homosexuel et atteint de la chaude-pisse (syphillis). On le disait fasciné par l’éviscération du gibier durant les parties de chasse et il se serait déchaîne en 1888 sur du gibier humain. Inconvénient ? L’agenda du prince lui fournit un alibi à l’heure de chaque crime.
  • Sir William Gull, le médecin et chirurgien de la reine Victoria (qui avait dans les 70 balais, eu des attaques cardiaques et avait un côté paralysé).
  • Walter Sickert, un peintre et artiste

Ces 3 derniers suspects célèbres ont même fait l’objet de livres et d’adaptations cinématographiques. C’est vous dire leur célébrité !

  • Le Docteur Neill Cream, pour avoir déclaré « Je suis Jack l’… » lors de sa pendaison en 1892, fut longtemps considéré comme le suspect numéro un. Il avait empoisonné quatre prostituées dans le sud de Londres. Il n’a jamais su achever sa phrase puisque le bourreau fit sauter le verrou de la trappe, le privant de la parole et de la vie.

Théorie loufoque puisque, après vérification, ce docteur fou purgeait une peine de prison dans l’Illinois, au États-Unis, au moment où l’Éventreur dépeçait dans les ruelles de Whitechapel.

  • Le mystérieux James Maybrick se faisait passer pour Jack l’éventreur dans son journal intime. Mais les experts ont pu déterminer que le journal ne datait pas de 1888 mais de 1981 ! En 1995, l’ouvrier Barett qui avait déclaré l’avoir trouvé sous une lame de son plancher confessera être l’auteur de ce faux carnet.
  • « L’hypothèse Pedachenko » sortie en 1923 de l’esprit du journaliste William Le Queux qui désignait le médecin russe, Alexander Pedachenko, comme le tueur de Whitechapel. Ce journaliste, qui avait sans doute fumé la moquette, disait que cet obtétricien était habité par des pulsions homicides (moi, le doute m’habite).

Selon lui, il aurait été envoyé à Londres par la police secrète stariste afin de comettre une série de meurtres dans le but de ridiculiser les policiers de la perfide Albion qui accueillait des opposants russes.

  • Francis Tumblety, un Américain… Cet étranger détestait les prostituées, possédait des connaissances médicales et possédait une collection d’organes génitaux féminins (certains collectionnent les timbres ou les papillons…). Il avait le profil, habitait en plein coeur de l’East End et a quitté Londres en décembre 1888.

Arrêté le 19 novembre 1888, Scotland Yard le soupçonnant d’être lié aux meurtres des prostituées, il fut relâché sous caution. Il s’enfuit finalement aux États-Unis ; plusieurs enquêteurs furent lancés à ses trousses, mais Tumblety parvint à disparaître mystérieusement en janvier 1889.

Par la suite, on rapporta des assassinats étrangement semblables à ceux de l’éventreur dans le Far West, ainsi que six horribles meurtres à Managua. Tumblety mourut à Saint Louis, le 28 mai 1903.

Il avait tout du suspect crédible, malgré sa grande taille (1,80m) alors que les rares témoignages de l’époque décrivait un Éventreur comme plus petit, et malgré son âge de 55 ans, âge très élevé pour un tueur en série à « orientation » sexuelle.

Aucun fait avéré ne vient cependant confirmer ou infirmer ces théories. Certains pensent même, aujourd’hui, que la piste de l’expert en anatomie n’est pas la bonne.

Cette idée d’un chirurgien comme coupable était due en grande part au témoignage du docteur Bagster Phillips lors de l’enquête qui a suivi l’assassinat de Annie Chapman, nous explique Stéphane Bourgoin dans son « Livre rouge de Jack l’Éventreur ».

D’après lui, sur cet aspect des meurtres, Phillips est contredit par certains confrères et par divers policiers puisque l’assassin avait été incapable de décapiter Annie Chapman alors qu’il en avait l’intention.

De plus, notre Éventreur avait raté son coup en tranchant la vessie, ratant ainsi son coup et l’endommageant.

Sachant aussi qu’à cette époque, de nombreuses personnes achetaient leurs bêtes vivantes pour les tuer et les dépecer elles-mêmes, il était donc assez facile d’acquérir une certaine pratique dans le maniement dudit couteau.

Comment est-on arrivé à reparler de Francis Tumblety plus de cent ans après (en 1993) ? À cause d’une lettre autographe, datée de 1923 et dûment authentifiée comme étant de la main de John George Littlechild, le chef du département secret de Scotland Yard en 1888. Lettre ressurgie en 1993… et qui a fait reparler de cet homme.

  • Melville Macnaghten : puisque dans une lettre du 19/10/1888, l’expéditeur disait que son motif était la haine et le dépit contre les autorités du Yard depuis qu’il avait été renvoyé du même Yard, l’auteur Sophie Herefort l’a suspecté et réuni ses preuves. En tout cas, cet homme n’aimait pas Warren qui l’avait fait venir des Indes en lui promettant un engagement qu’il n’a pas eu le poste… Poste qu’il obtiendra plus tard puisque c’est lui qui classa le dossier sans suite…

POLAR VIC - Jack from_hell2.3 Littérature :

La littérature s’est bien amusée, tout comme le cinéma, à tenter de résoudre les crimes.

Patricia Cornwell dans son livre « Jack l’éventreur, affaire classée » défend la théorie selon laquelle Walter Sickert serait l’auteur de ces cinq meurtres. Ses œuvres de peinture seraient le reflet de ses crimes.

L’auteure a dépensé 5.000.000$ pour étayer ses théories qui sont assez mal passées dans le milieu des Ripperologues. Ils lui reprochent, notament, d’avoir cherché les faits pour étayer la théorie.

Selon Holmes, on rassemble les faits et ensuite, on établit une théorie, jamais la théorie avant les faits !

De plus, Sickert ayant été incinéré, il n’y a plus d’échantillons d’ADN.

L’argument de ce livre tourne cependant autour d’un faisceau de coïncidences n’ayant pas force de preuve. Elle démontre certes que Sickert est lié à une ou plusieurs lettres écrites au nom de l’éventreur, mais elle ne parvient pas à fournir la preuve irréfutable de sa culpabilité.

Dans son « Livre rouge de Jack l’éventreur », Stéphane Bourgoin tente de décrire objectivement les faits sans chercher à établir l’identité de Jack l’éventreur.

Dans « From Hell », une bande dessinée d’Alan Moore, le coupable serait le médecin royal Sir William Gull, chirurgien de la famille royale.

Si les motivations de ce praticien demeurent aujourd’hui sujettes à controverses (les prostituées auraient été témoins d’un mariage secret – non prouvé – entre le prince Albert d’Angleterre et une jeune roturière catholique ; Gull aurait alors reçu pour mission de les éliminer afin qu’elles ne puissent exercer de chantage sur la famille royale), sa candidature apparaît d’autant plus vraisemblable que les rapports d’autopsie insistent sur la qualité des éviscérations.

Outre le fait que les meurtres furent commis de nuit, dans des lieux obscurs, un chirurgien pouvait avoir assez de connaissances anatomiques pour y procéder. Mais comme j’en parlais plus haut, la théorie du chirurgien à fait long feu ! Hormis en littérature et au cinéma.

Pire que tout : dans « L’ultime défi de Sherlock Holmes », l’auteur, Michael Dibdin, donne comme coupable… Non, je ne vous dirai rien, hormis que la solution est du domaine de l’impossible, mais bon, nous sommes dans de la pure fiction et le roman ne se veut pas une étude sur l’affaire de Whitechapel.

Dans le rayon des livres qui nous parlent de notre Éventreur préféré, il y a (liste non exhaustive !) :

  • Jack l’éventreur : Tom A. Cullen
  • Mary Jane Kelly – La dernière victime : Didier Chauvet
  • Jack l’éventreur démasqué : Sophie Herfort
  • Le livre rouge de Jack L’éventreur : Stéphane Bourgoin
  • Duel en enfer : Bob Garcia
  • 1888, Jack l’Éventreur et les fantasmes victoriens : Roland Marx
  • Jack l’éventreur, le premier sérial killer : Paul Roland
  • Retour à Whitechapel : Michel Moatti
  • Sherlock Holmes contre Jack l’éventreur : Ellery Queen
  • Les Damnées de Whitechapel : Peter Watson
  • L’affaire des vierges de glace : Sophie Bellocq-Poulonis
  • Le vrai journal de Jack L’Éventreur (d’après les notes du dr. Watson) : Bob Garcia
  • Le retour de Jack l’Éventreur : Christian Jacq (J.B Livingstone)
  • Les nombreuses morts de Jack l’Éventreur : André-François Ruaud
  • Jack l’Éventreur – Le Secret de Mary Jane K. : Philippe R. Welté

Plus de romans ICI !

Voilà, j’en ai terminé avec les articles sur Jack… Je pourrais encore en dire plus, mais alors, les articles auraient été plus long et je ne le désirais pas.

POLAR VIC - JACK Couteau

CHALLENGE - Embarquez pour Mois anglais

Jack The Ripper – 11. Une légende était née : surnom

1. La légende était née :

Il est un fait que, comparé à d’autres tueurs en série, Jack l’éventreur n’a fait que très peu de victimes.

Seulement cinq et pourtant, on en parle toujours, il fascine certaines personnes, ceux qui étudient ses crimes sont nommés « Ripperologue » et ils sont aussi acharnés que des holmésiens.

Mais pourquoi a-t-il marqué ainsi l’inconscient collectif ? Comment se fait-il que 126 ans plus tard, on en parle encore et qu’il fasse toujours rêver ??

Plusieurs raisons peuvent expliquer sa notoriété :

À l’époque des faits, déjà, ses crimes eurent un écho retentissant dans les médias. Lui, on peut dire qu’il a fait le buzz !

Si une/plusieurs lettre(s) envoyée(s) est bel et bien de lui, on pourra même ajouter qu’il y a eu une utilisation des médias par l’éventreur lui-même ! Vraiment un fait nouveau à l’époque.

Sur les centaines de lettres reçues par les journaux et la police, quelques-unes lui furent attribuées (à tort ou à raison, nul ne le sait) à l’époque et ces lettres ont vraiment contribué à propulser les méfaits du criminel à la une de l’actualité durant plusieurs mois.

Son acharnement sur ses victimes était particulièrement impressionnant : elles étaient égorgées, décapitées ou éventrées. Une violence inouïe.

Le tueur s’est joué de tout et à résisté à tout : aux éventuels témoins, aux badauds, aux voisins, aux comité de vigilance, aux policiers, aux chiens engagés pour tenter de suivre ses traces, même Abberline, pourtant talentueux, d’après ce que j’ai lu, a déclaré forfait !

Scotland Yard échec et mat par un tueur… ça la fou mal et ça aide un tueur à monter sur la plus haute marche du podium ! On a même classé l’affaire en 1892 !! Un criminel insaisissable, ça fait toujours sourire.

L’agilité de Jack l’éventreur a également contribué à sa célébrité… Ni vu, ni connu !

De plus, toute cette affaire s’est achevée sur le silence et le mystère. Comme si Jack s’était dissout, tel un cachet d’aspirine dans un verre d’eau.

Cela a aussi contribué à ce que ces meurtres entrent dans les annales et laissent une telle trace dans l’imaginaire collectif.

Les spéculations, qui n’ont jamais cessé depuis le premier jour, continuent à susciter l’intérêt.

Et on spécule plus sur son identité qu’en Bourse !

2. Son surnom «  Jack The Ripper »

— Examen surprise ! Prenez vos feuilles et répondez à la question, tous et toutes, même les deux qui dorment dans le fond de la classe !!

— D’où vient son surnom ?? Oui, les lettres !! Mais laquelle ??

« Dear Boss » bravo aux fayots du premier rang ! Mais encore ?? La « Saucy Jack », bravo !!

Mais comme je vous l’expliquais dans le paragraphe consacré aux lettre reçues par la police, la Central News Agency et le comité de vigilance, RIEN n’atteste que le surnom de « Jack The Ripper » provienne du criminel lui-même !!

Il se prénommait peut-être Théodore…

Petit rappel qui ne fait pas de mal : ce surnom qui fut retenu par l’Histoire trouvait son origine dans la fameuse lettre appelée « Dear Boss », reçue le 27 septembre 1888 par la Central News Agency (suivez, bon sang !).

Bien qu’elle n’ait jamais été authentifiée comme étant « de la main du tueur », elle était néanmoins signée « Jack The Ripper ».

Si le pseudonyme « Jack the Ripper » est resté et a acquis ses lettres de noblesse, c’est surtout dû au fait que Scotland Yard avait reproduit cette lettre dans les journaux en espérant que quelqu’un reconnaîtrait l’écriture et permettrait ainsi d’identifier l’assassin.

Personne n’a reconnu l’écriture, mais le surnom lui a collé à la peau et lui collera encore longtemps.

3. Des autres victimes possibles ??

Plusieurs autres femmes furent agressées ou assassinées pendant la période où sévit Jack l’éventreur. Certains de ces crimes lui sont parfois attribués :

  • Annie Millwood, née en 1850, victime d’une agression le 25 février 1888, entraînant son hospitalisation pour de nombreuses blessures dans les jambes et le corps. Elle quitta l’hôpital et décéda de mort naturelle, le 3 mars 1888.
  • Ada Wilson, victime d’une agression survenue le 28 mars 1888, à laquelle elle survécut.
  • Martha Tabram (née Martha White, également connue sous le nom de Emma Turner), née le 10 mai 1849 et assassinée le 7 août 1888. Son corps fut retrouvé lardé de 39 coups de couteau.

Elle est considérée par certains comme une victime possible de Jack l’éventreur, compte tenu du lieu et de la date de sa mort.

Ce cas présente toutefois un modus operandi fort différent des autres : ni égorgée ni dépecée, Martha Tabram fut seulement poignardée.

  • Elizabeth Jackson, une prostituée dont le corps fut retrouvé morcelé dans la Tamise entre le 31 mai et le 25 juin 1889.