L’Évangile du bourreau : Arkadi & Gueorgui Vaïner

Titre : L’Évangile du bourreau

Auteur : Arkadi & Gueorgui Vaïner
Édition : Gallimard (2005) 

Résumé :
Pavel Egorovitch Khvatkine, « honnête » professeur de droit, croyait bien avoir échappé à son passé d’ancien membre très influent des sections spéciales du KGB à la toute fin du règne de Staline.

Or, lors d’une soirée bien arrosée, surgit un homme se prétendant « gardien des fourneaux de l’enfer » et venu lui demander des comptes sur sa carrière passée…

Pavel, autrefois haut responsable des sections spéciales du KGB dans les années 1940, a été au coeur du système stalinien, en particulier de la répression sanglante contre les intellectuels juifs et du fameux “complot des blouses blanches”.

On a longtemps affirmé que le roman policier n’existait pratiquement pas dans l’ex-URSS.

Écrite à la fin des années 1970 par les frères Vaïner, mais publiée seulement après la chute de l’URSS, cette plongée terrifiante dans l’univers totalitaire soviétique pourrait bien être la remarquable exception qui confirme la règle.

Longtemps tenu secret, « L’Évangile du bourreau » est une peinture sidérante du système répressif soviétique sous Staline, a fait sensation lors de sa première publication en ex-URSS.

Sa langue faite de russe classique et d’argot des bas-fonds comme son étonnante galerie de bourreaux parfaitement intégrée dans un suspense romanesque font de ce livre un thriller inoubliable.

Biographie des auteurs :
Russes d’origine juive et juristes de formation, les frères Arkadi et Gueorgui Vaïner font partie des plus célèbres auteurs de romans noirs de leur pays.

Critique : 
Que voilà une critique difficile à écrire… D’un côté, nous avons un roman d’un noir profond, une descente horrifiante dans la Russie du camarade Staline, un pan peu reluisant de ce grand pays, la description d’un système qui fait froid dans le dos et de l’autre, il y a moi qui suis passée à côté du livre !

La profusion de personnages aux noms plus complexes que Dupond-Durand m’ont aidé à me paumer, sans compter que les souvenirs de Pavel Egorovitch Khvatkine viennent s’imbriquer dans le présent, rendant parfois le tout très confus.

Bien que je ne me sois pas forcée à lire les 770 pages, j’ai souvent décroché durant ma lecture.

Et j’enrage de n’avoir pas su m’immerger dans ce roman très sombre parce que je voulais vraiment le découvrir, ayant un faible pour la Russie (pas pour ses dirigeants) et voulant en apprendre plus sur son Histoire sombre.

« La veille encore, Lioutostanski s’esclaffait comme un vampire rassasié. Son bonheur était complet, sans nuages, car l’heure approchait où se réaliserait enfin le rêve de toute sa vie : l’extermination des juifs. Et il tirait un orgueil légitime d’avoir apporté son obole, et pas des moindres, à l’organisation de ce nouvel Armageddon. Seulement, Lioutostanski ignorait qu’il n’était pas du pouvoir des hommes de fixer les limites de l’existence et de décider de l’heure du trépas. Il ne pouvait pas savoir que le Saint Patron s’éteindrait le lendemain, et encore moins ce que cela aurait comme conséquence pour les juifs ou pour lui-même. « 

Attention, les auteurs ne sont pas fautif, je vous rassure de suite. Leurs personnages sont travaillés, très profonds, ni tout blanc, ni tout noir et les auteurs ont été assez intelligents que pour éviter de faire porter le chapeau à l’un ou à l’autre. Ils sont russes avant tout et bien que de religion juive, ils ne font que décrire un système sans le juger. Le lecteur est assez grand pour le faire lui-même.

Niveau méchant, Khvatkine est au dessus du lot ! Un beau salopard, pas vraiment un méchant, non. S’il torturait ou tuait du temps de Staline, c’était parce que c’était les ordres… C’était ainsi et il ne se posait pas de question. Aucun remord, aucun sentiment de culpabilité. Bref, un salaud qui s’ignore et l’utilisation du « je » renforce ce sentiment ignoble, nous donne envie de vomir… Beaucoup plus terrifiant que si c’était à la troisième personne.

« Toutes ces caves de torture étaient un mythe, du perlimpinpin moyenâgeux, dont nous n’avions absolument pas besoin, puisque la Prison intérieure centrale du MGB de l’URSS, qui occupait l’immeuble de cinq étages de l’ex-hôtel, ex-compagnie de cargos Caucase et Mercure, dans la cour du 2, rue Loubianka, et reliée au bâtiment principal par un passage, permettait d’assurer le cycle complet de la sécurité nationale, depuis le travail préparatoire des agents jusqu’à l’arrestation du figurant, depuis le début de l’instruction jusqu’aux aveux complets de l’inculpé, depuis le procès par la Commission spéciale auprès du ministre, la COS, jusqu’à l’exécution du condamné, le tout sans mettre le nez dehors une seule fois. Tout se passait dans un lieu unique! Le rêve du technocrate, le but inaccessible du technicien: une production sans déchets, en circuit fermé, un intestin qui se digère lui-même ».

Les souvenirs de cette époque lui reviennent depuis qu’il a croisé un homme se prétendant être le machiniste de la chaudière de la troisième compagnie des enfers. Notre Pavel Khvatkine est donc un salaud, un manipulateur et n’aurait pas hésité à vous tuer s’il avait reçu l’ordre ou si vous dérangiez ses plans. Bref, un salaud réussi.

Niveau Histoire, les auteurs mélangent de véritables personnages avec des fictifs, rendant le tout cohérent et le final est superbe. La seule manière de clore un récit pareil.

Malgré tout ces points positifs, j’ai souvent perdu mon entrain en suivant le fil de ses pensées, assez décousue, parfois, de Pavel. Pas lorsqu’il parlait de ses exactions, là, j’ouvrais grand mes yeux devant toute cette horreur. Je décrochais surtout lorsqu’il parlait des événements du présent, hormis sur la fin, parce que Pavel m’a prouvé, une dernière fois, qu’il était le meilleur dans son niveau de salaud.

Dommage… Mais tout n’est pas perdu puisque j’en ai appris un peu plus sur cette période remplie d’un tas d’illogismes (accuser un juif d’avoir été un espion infiltré par les nazis… heu ??).

En tout cas, ce n’est pas parce que je suis passée à côté de la moitié du roman que je vais virer les frères Vaïner de ma bibliothèque ou vouer ce roman aux gémonies. Que du contraire, il ira sur les étagères du haut, à côté des autres tout grand.

Il avait vraiment tout pour me plaire, ce roman plus noir que le trou du cul d’un vieux mineur occupé à creuser une galerie, au fond d’une mine, à minuit, par une nuit sans lune (©Frédéric Dard, avec un léger changement car ce n’était pas un mineur). J’ai loupé le train, et ça me désole parce que la coupable, c’est uniquement moi. D’où l’absence de cotation.

Un jour, je reprendrai de roman très sombre, avec l’esprit branché sur la bonne longueur d’ondes !

 « Il arrive souvent que la Boutique désire donner quelque nouvelle à notre brave population : une rumeur fausse mais séduisante, officielle mais incertaine. Dans le reste du monde il y a les journaux pour cela ».

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et le Challenge « Myself II » par Près de la Plume… Au coin du feu.

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Les Raisins de la colère : John Steinbeck

Titre : Les Raisins de la colère

Auteur : John Steinbeck
Édition : Gallimard/Folio

Résumé :
L’histoire débute au moment où Tom Joad sort de prison. Tandis qu’il retourne chez lui, il rencontre un ancien prédicateur, Jim Casy, avec qui il partage des souvenirs d’enfance.

Les deux personnages font la route ensemble. Alors qu’ils arrivent à la ferme familiale, ils s’aperçoivent que celle-ci a été désertée. Déconcertés et un peu perdus, Tom et Jim décident d’aller chez l’Oncle John où ils retrouvent les autres membres de la famille Joad. Ces derniers sont en train de charger un camion Hudson avec ce qui leur reste de biens.

Les cultures ont été anéanties par le Dust Bowl (tempête de sable) et la famille n’a par conséquent pas pu honorer ses dettes. Chassés de chez eux, ils espèrent que la situation s’arrangera en Californie grâce à des feuillets leur proposant du travail et qui sont distribués un peu partout dans leur état : ils pensent que, là-bas, ils auront à manger et gagneront assez d’argent pour vivre.

Séduits par cette publicité, la famille Joad décide d’investir tout ce qui lui reste dans ce voyage. Bien que ce projet enfreigne les termes de sa liberté conditionnelle, Tom décide de partir avec sa famille. L’ancien pasteur J. Casy se joint également à la famille.

Les Joad empruntent la Route 66 pour aller vers l’ouest.

Dans des camps de fortune dressés au bord de la route ils entendent l’histoire d’autres familles, dont certaines reviennent de Californie.

La famille Joad ne veut pas admettre que les promesses auxquelles elle croit ne seront pas tenues. Juste avant la limite d’état, Noah (l’aîné des fils Joad) quitte la famille pour rester vivre au bord du Colorado et la grand-mère de la famille meurt pendant la traversée du désert.

En arrivant en Californie, Connie (le mari de Rose of Sharon, la fille, qui est enceinte) quitte la famille. Le reste de la famille, dirigé par Man, n’a d’autre choix que de poursuivre sa route.

A leur arrivée, ils s’aperçoivent qu’ils ne gagneront jamais beaucoup d’argent car il y a trop de travailleurs et les propriétaires importants de la région ne les respectent pas tandis que les plus petits font faillite. Ils profitent du grand nombre d’émigrants pour baisser les salaires et les familles émigrantes vivent dans des camps de fortune provisoires appelés Hooverville.

Les travailleurs étant exploités, des individus essayent de les faire adhérer à des syndicats ; Jim Casy, qui a fait de la prison pour couvrir Tom car il avait agressé un shérif, est l’un d’entre eux.

Critique : 
Un roman qui, malgré ses quelques longueurs, m’a pris aux tripes… Un roman porteur d’un message sur le capitalisme qui, non content d’exploiter l’homme, fait en sorte que toutes les richesses ne soient détenue que par quelques mains (la racaille en col blanc).

« Lorsque la propriété est accumulée dans un trop petit nombre de mains, elle est enlevée. Lorsqu’une majorité a faim et froid, elle prendra par la force ce dont elle a besoin. la répression n’a pour effet que d’affermir la volonté de lutte de ceux contre qui elle s’exerce et de cimenter leur solidarité ».

 

L’industrialisation a beau être pointée du doigt dans ce roman (les tracteurs), ce n’est pas elle qui est citée à comparaître sur le banc des accusés : la machine n’est pas responsable du mal qu’elle fait.

Non, mais l’auteur dénonce la mauvaise utilisation et le fait que les banquiers – eux, une fois de plus – aient entraînés les plus pauvres à payer leurs erreurs (♫ non, non, rien n’a changé ♪).

« La banque ce n’est pas la même chose que les hommes. Il se trouve que chaque homme dans une banque hait ce que la banque fait, et cependant la banque le fait. La banque est plus que les hommes, je vous le dis. C’est LE MONSTRE. C’est les hommes qui l’ont créé, mais ils sont incapables de le diriger ».

Oklahoma, fin des années 20… 1929 pour être plus précise. Les cultures ont été anéanties par le Dust Bowl (tempête de sable) et les agriculteurs qui avaient emprunté de l’argent aux banques après une récolte merdique, se retrouvent à ne plus savoir honorer leurs dettes puisque aucune de leurs récoltes ne fut vraiment bonne.

Et que font les banquiers lorsque vous ne savez pas payer vos dettes ? Ils vous saisissent vos biens, vos terres et vous saisissent à la gorge. Ils ont expulsé les fermiers sans aucun état d’âme (et nous savons que cela continue de nos jours)…

Le passage où les tracteurs charruent les terres des pauvres gens, massacrant au passage leurs maisons de bois est émouvant. C’est toute leur vie qu’on met à bas, leurs terres que l’on massacre, leurs terres que l’on va épuiser en plantant du coton.

À non, c’est vrai, ce ne sont plus leurs terres, ce sont celles de la banque, de la société, de on-ne-sait-pas-trop-qui, mais le responsable n’est pas « humain » en tout cas. Il est bien plus facile de dire que c’est la Société Machin.

Chassés de chez eux, ils penseront comme tous les immigrants que leur situation s’arrangera ailleurs – en Californie, ici – puisque des feuillets leur promettent monts et merveilles, notamment du travail à foison. Ces pauvres gens pensent que, là-bas, ils auront à manger et gagneront assez d’argent pour vivre. Pauvres fous… (pas en tant qu’insulte, mais en tant que visionnaire de leur futures emmerdes).

La famille Joad, c’est elle que nous allons suivre sur leur chemin d’exil  depuis l’Oklahoma jusqu’en Californie, sur la mythique route 66 qui ne sera pas une partie de plaisir, mais s’apparentera plus à une descente aux Enfers.

Les voitures des émigrants surgissaient en rampant des chemins de traverse, regagnaient l’autostrade et reprenaient la grande voie des migrations, la route de l’Ouest. A l’aube, elles détalaient, pareilles à des punaises ; dès la tombée du jour, surprises par l’obscurité, elles se rassemblaient et venaient grouiller autour d’un abri ou d’un point d’eau.

De fait, nous n’avons jamais vu d’immigrants voyager en Rolls. Ici, ce sera un vieux « camion ». De nos jours, ce sont des containers, des embarcations de fortune…

Mais comme Moïse, la terre promise, certains ne la verront jamais, et les autres, ils ne feront que l’avoir rêvée parce qu’on leur a vendu de belles images. Non content de les spolier de leurs terres, on les spolie de leurs rêves d’avoir une vie meilleure.

Ne laisse pas s’envoler trop tes espérances, pour n’avoir pas à ramper comme un ver de terre.

Ce livre comporte des passages assez long et j’ai parfois eu dur de continuer le voyage, mais comme les Joad, je me suis accrochée afin de lire ce chef-d’œuvre de Steinbeck, ce pamphlet qui n’épargne pas les banques et qui nous raconte ce que fut la grande dépression de 1929 au travers du voyage d’une famille.

Il vous prend aux tripes parce que vous vous retrouvez à abandonner ce que fut votre vie, vos affaires, vos amis, vous voyagez sur une route qui a tout du fleuve Styx (celui des Enfers), parce que vous vous retrouvez dans des camps de fortune dressés sur les bords des routes, parce que les promesses de travail vantées par les put**** de prospectus ne sont pas tenues, entrainant les familles déjà démunies à crever de faim parce que sans emploi et sans nourriture.

Et tout retour en arrière est impossible, c’est marche en avant ou crève en faisant marche arrière.

Si vous qui possédez les choses dont les autres manquent, si vous pouviez comprendre cela, vous pourriez peut-être échapper à votre destin. Si vous pouviez séparer les causes des effets, si vous pouviez savoir que Paine, Marx, Jefferson, Lénine furent des effets, non des causes, vous pourriez survivre. Mais cela vous ne pouvez pas le savoir. Car le fait de posséder vous congèle pour toujours en « Je » et vous sépare toujours du « Nous ».

La famille Joad, qui ne sera pas au bout de ses peines, va devoir se disloquer, elle crèvera de faim aussi, subira comme d’autres l’injustice et l’exploitation, elle devra faire face à des conditions de survie inhumaines, elle connaîtra le rejet, la discrimination, la mort, la prison,…

« Les grandes compagnies ne savaient pas que le fil est mince qui sépare la faim de la colère. Au lieu d’augmenter les salaires, elles employaient l’argent à faire l’acquisition de grenades à gaz, de revolvers, à embaucher des surveillants et des marchands, à faire établir des listes noires, à entraîner leurs troupes improvisées. Sur les grand-routes, les gens erraient comme des fourmis à le recherche de travail, de pain. Et la colère fermentait.

Comme le dit la devise de mon pays, « L’Union Fait La Force » et c’est uni que tout ces opprimés arriveront à s’en sortir. La solidarité étant souvent très forte entre eux (dans le livre).

– On en apprend tous les jours, dit t-elle, mais il y a une chose que je sais bien, à force . Quand on est dans le besoin, ou qu’on a des ennuis – ou de la misère – c’est aux pauvres gens qu’il faut s’adresser. C’ est eux qui viendrons en aide – EUX SEULS.

Autre paradoxe soulevé par le récit et qui me fait penser à ce que nous vivons toujours : les habitants de Californie ne veulent pas les immigrés mais ils en ont besoin pour le travail… « Travaille et puis casse-toi, pauv’con ».

– On est bien dans un pays libre, tout de même.

– Eh bien tâchez d’en trouver, de la liberté. Comme dit l’autre, ta liberté dépend du fric que t’as pour la payer.

Bref, un livre à lire, les personnages sont attachants, ce qui est écrit est une partie de l’histoire, malgré quelques longueurs, ça vaut la peine de l’ouvrir, de plus, le style d’écriture est implacable. Dire que depuis, rien n’a changé.

Craignez le temps où l’Humanité refusera de souffrir, de mourir pour une idée, car cette seule qualité est le fondement de l’homme même, et cette qualité seule est l’homme, distinct dans tout l’univers.

L’auteur a reçu pour cette œuvre le prix Pulitzer en 1940.

Lu dans le cadre des Challenges « Romans Cultes » de Métaphore, de « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel, du « Pavé de l’été » chez Sur Mes Brizées, pour Le « Challenge US » chez Noctembule et pour Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle.

Dix petits nègres : Agatha Christie

Titre : Dix petits nègres

Auteur : Agatha Christie
Édition : Le Masque (1939) / Livre de Poche (2004) / …

Résumé :
Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l’île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent.

Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités.

Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l’élimination minutieuse de dix petits nègres.

Après le premier repas, une voix mystérieuse s’élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes.

Un des convives s’étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît.

Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte.

Le coupable se cache-t-il dans l’île, parmi les convives ?

Petit plus : Une poignée de personnages admirablement campés, une ambiance tendue, un suspense à couper le souffle et une fin complètement inattendue…

La reine du crime nous livre ici un classique de la littérature policière !

Critique :

Peut-on être fan de romans policiers et ne pas lire la reine du crime, j’ai nommé : Agatha Christie ? Difficile…

De toute façon, on ne peut pas lire Agatha Christie sans passer par « Dix petits nègres ».

Il ne fut pas mon premier livre de cette auteur, mais une fois que j’ai entamé celui-là, j’ai eu du mal à m’en détacher, au point que, lorsque ma mère avait crié « à table » je m’étais dirigée à la cuisine et continuant de lire, comptant bien lire en mangeant (un de mes vices).

Ce dont il ne fut pas question ! Non, je ne lirais pas à table, non je ne sauterais pas le repas non plus. La mort dans l’âme, j’avais posé le livre et dévoré mon assiette pour le reprendre plus vite.

Il fait partie des livres dont j’ai eu le plus difficile de me détacher.

D’ailleurs, plus de 20 ans après, je me souviens toujours du coupable et du pourquoi.

Histoire haletante, suspense, frissons, questions, aussi, sur le pourquoi tous ces gens sont réunis et sur ce qu’ils ont fait.

Oui, ils sont tous coupables d’une chose où l’autre, on du sang sur les mains, de manière directe ou indirecte…

Par exemple, les Rogers n’ont pas assassiné Jennifer Brady, dans le sens qu’ils ne lui ont pas donné un coup de couteau. Ils se sont contentés de ne pas agir pour la sauver.

L’absence de Poirot avait failli me dissuader d’acheter ce roman, mais je m’étais dit que « oh, après tout, on verra bien ». J’avais tout à fait raison !

L’ambiance du livre est lourde, le climat paranoïaque, le huis clos pesant entre les protagonistes, le compte à rebours est implacable et il décompte les gens qui restent sur l’île, le suspense est présent de bout en bout, et ce, jusqu’au bout.

Ne croyez pas que tout est fini dans les dernières lignes tant que vous n’avez pas vu le mot « fin ».

Et le dénouement était à la hauteur de mes espérances, même au-delà puisqu’il me fit l’effet d’un uppercut dans la mâchoire, n’ayant rien vu venir.

Bref, la reine du crime a frappé un grand coup avec ce roman devenu culte.

Et que dire des liens entre les dix phrases qui étaient inscrites sur le tableau et les meurtres qui ont suivi ? du grand art, tout simplement.

C’est vraiment un excellent livre à lire et je trouve que c’est le meilleur de tous les livres d’Agatha Christie.

Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » chez Kabaret Kulturel et « Les 100 livres à lire au moins une fois » de Bianca.

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