Money Shot : Christa Faust

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Titre : Money Shot

Auteur : Christa Faust
Édition : Gallmeister (2016)

Résumé :
Je m’appelle Gina Moretti, mais vous me connaissez probablement mieux sous le nom d’Angel Dare. Vous en faites pas, je n’en parlerai à personne.

J’ai tourné mon premier film X à l’âge de vingt ans, même si à l’époque, j’avais menti devant la caméra et prétendu en avoir dix-huit.

Mais contrairement à bon nombre de filles avec lesquelles j’ai bossé, j’ai été assez maligne pour raccrocher.

Le problème, c’est qu’à l’instar d’un catcheur ou d’un voleur de bijoux, je me suis laissé tenter par un retour. Je n’avais aucune idée que j’allais finir coincée dans un coffre de bagnole.

a0885339850_16Critique :
Après les origines de la pédérastie, après les expressions du langage courant qui sont en fait toutes tendancieuses, après les dangers de la branlette, me voici dans le porno !

Enfin, en compagnie d’une ex-star du porno que ces messieurs connaissent bien : Angel Dare. Reconvertie depuis en directrice de société, mais toujours dans le milieu du porno, bien entendu.

Les pros du porno eux peuvent regarder sans ciller six mecs debout en cercle en train de se polir la colonne.

Dans le porno un jour, dans le porno toujours… Sacré Angel Dare, va… Ces messieurs qui me lisent s’en souviennent encore, de sa filmographie !

Anybref ! Me voici donc en compagnie d’une ex-star du porno, on commençait pénard notre journée au bureau, je pensais lui demander quelques « trucs » et voilà qu’il nous est arrivé des bricoles, le genre d’emmerdes graves !

Notre journée s’est terminée dans le coffre d’une Honda Civic, et je vous le dis, c’est pas confortable ce genre de coffre ! Mais avant de se retrouver dans le coffre de la Honda Civic, on a morflé, je vous dit que ça !

Certes, l’ex-femme du porno, parfois rude, reste toujours courtoise, mais la vérité m’oblige à vous le dire : certains ont commencé à les lui briser… MENUES !

Alors voilà notre Angel qui s’en va en guerre… Elle a la haine, elle est vénère. Mais comment faire quand on seule face à tous et que l’on n’a pas la puissance de feu d’un croiseur ni des flingues de concours ?

Et bien, on commence par le début de la vengeance et comme disait l’autre, c’est jamais bon de laisser dormir les créances, et surtout de permettre au petit personnel de rêver.

Sauf qu’ici on s’attaque à du lourd et à du gros personnel… Et on n’a même pas une canon scié !

Si vous êtes puritain et que les mots « sexe, bite, s’astiquer le manche, se branler, baiser, chatte, forniquer… » vous font tomber en pâmoison tant ils vous écorchent vos oreilles de grenouille de bénitier, je vous en prie, passez votre chemin en vitesse, vous risqueriez d’attraper mal à votre vertu ou d’enfin vous dévergonder un peu…

Il devait y avoir cinq mecs occupés à besogner les différents points de son anatomie, pendant que six ou sept autres se tenaient en retrait, s’astiquant le manche en attendant de prendre la relève. Un truc marrant quand on bosse dans le porno, c’est la vitesse à laquelle on s’habitue à voir des mecs se branler […]. Beaucoup de types imaginent que ce doit être hyper excitant d’assister à un tournage de porno. Un conseil : à moins que vous aimiez vraiment regarder des mecs se branler, passez votre chemin.

Une écriture simple, pas celle d’un grand roman, avec une narratrice – Angel Dare – bourrée d’humour, qui nous fait partager ses pensées et ses souvenirs… On avale ce roman noir sensuel d’une traite, vidant tout d’un coup, jouant à la gorge profonde, tant il est bon à lire. Il coule dans la gorge d’Annie… (Pardon, je me laisse aller, là !).

— Le seul moment où Honey Westlake se tait, c’est quand elle a une bite dans la bouche.

Il y a de la verge dans les répliques… Oups, décidément ! Je voulais dire qu’il y avait de la verve dans les répliques, dans la narration, dans les aventures pas si tranquilles de notre Angel Dare qui s’est faite piéger comme une bleue, tout ça pour une bite. Ok, c’était une belle grosse bite… Propriété d’un beau mec, en plus, ce qui ne gâche rien… Mais c’était un fils de sa mère, le mec…

D’accord, ce ne sera pas LE roman noir de l’année, le scénario est basique et si la victime n’était pas une ancienne star du porno, le roman serait assurément moins drôle et moins intéressant. Tout le sel est dans son personnage principal et dans ce qu’elle nous raconte sur le milieu peu reluisant du monde du porno.

Sans oublier l’autre personnage principal, intéressant lui aussi, Malloy, l’ancien flic froid et violent qui va aider notre amie dans sa quête et l’assister de toute sa science des filatures et des déguisements à gogo.

Et puis, n’allez pas croire qu’on ne fait que sourire durant la lecture, nous sommes dans un roman noir et il y a aussi une critique sociale sur l’univers impitoyable du porno, de la prostitution et des réseaux qui vendent des pauvres filles de l’Est (ou d’ailleurs) qui pensaient venir aux États-Unis pour faire des ménages ou être jeune fille au pair…

Drôle, amusant, noir, sensuel, sexuel, violent à certains moments, amusant (oui, ça revient régulièrement), émouvant, sans pour autant obtenir le Goncourt, mais de toute façon, on s’en branle, heu, on s’en moque puisque le but n’est pas là !

Messieurs, Angel Dare n’était pas QUE bonne à tourner dans des pornos ! Pensez-y lorsque vous regarderez ces films, une main dans le slip (ou dans le boxer, le caleçon, ou dans ce que vous voulez) !

Pour votre info, tous ces trucs qu’on fait dans les films, c’est uniquement parce que ça rend bien, pas parce que ça nous fait du bien. Quiconque a déjà testé la position de la cavalière inversée avec trois partenaires simultanés vous le confirmera, et je ne parle pas seulement des filles.

[…] cet air lobotomisé que les hommes affichent quand ils ont la main dans le caleçon.

Cette femme avait des couilles au cul et certains mecs lui doivent quelques bourres-pifs ou plus, si énervements plus grand… D’ailleurs, elle les a toujours, ces couilles au cul car quoi qu’il arrive, elle garde la tête haute, notre amie qui m’a fait passer un excellent moment de lecture.

Comme nombre de mecs qui ont la chance (ou la malchance) d’être dotés d’une bite aux dimensions monstrueuses, Vic avait parfois du mal à avoir la trique. Il n’atteignait jamais une dureté optimale et il en plaisantait toujours en disant que si c’était un jour le cas, son cerveau manquerait de sang et qu’il tomberait dans les pommes. Toujours est-il qu’en se l’empoignant fermement à la base, il arrivait à injecter suffisamment de sang dans les vingt-trois centimètres restants pour remplir son objectif.

PS : officiellement, ça ne mérite pas un 4 Sherlock, l’écriture est simple, habituelle, mais c’est tellement drôle, amusant et toussa toussa dans les réflexions d’Angel Dare que je lui mets un 4/5 !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook.

CHALLENGE - Gallmeister 10 ans

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And Then There Were none – La Série kill them all !

And Then There Were None est une mini-série britannique en trois épisodes de 55 minutes diffusée du 26 au 28 décembre 2015 sur la chaine BBC One. Elle est adaptée par Sarah Phelps (en) du célèbre roman Dix petits nègres écrit par Agatha Christie.

La série est produite à l’occasion du 125e anniversaire de la naissance d’Agatha Christie.

1. Synopsis :
En 1939, l’Europe est au bord de la guerre. Dix personnes qui ne se connaissent pas (huit invités et deux domestiques) se retrouvent sur « Soldier Island » (l’Île du Soldat), une île le long de la côte du Devon en Angleterre.

Isolés du continent, leur hôte, un certain U. N. Owen, mystérieusement absent les voilà qu’ils se retrouvent tour à tour accusés de crime. Après que deux personnes trouvent la mort, les autres comprennent qu’un meurtrier est parmi eux.

2. Acteurs principaux :

  • Douglas Booth : Anthony Marston (épisode 1)
  • Charles Dance : Juge Lawrence Wargrave
  • Maeve Dermody : Vera Claythorne
  • Burn Gorman : Detective Sergeant William Blore
  • Anna Maxwell Martin : Ethel Rogers (épisode 1)
  • Sam Neill : Général John MacArthur (épisodes 1-2)
  • Miranda Richardson : Emily Brent (épisodes 1-2)
  • Toby Stephens : Dr Edward Armstrong
  • Noah Taylor : Thomas Rogers (épisodes 1-2)
  • Aidan Turner : Philip Lombard

Ce que j’en ai pensé :
Voilà une série qui « that kills all » !!

C’est sur le blog de Fanny que j’en avais entendu parler et  cette mini-série produite par la BBC m’avait intriguée et éveillé ma curiosité.

Les Dix Petits Nègres ayant été un roman que j’avais dévoré lorsque j’étais plus jeune, au point que je ne voulais plus le lâcher…

Ayant acquis la série de trois épisodes, j’ai profité de mon après-midi de congé jeudi 07 janvier pour visionner la série, bien au chaud sous le plaid, car dehors il pleuvait comme vache qui pisse.

L’atmosphère… Pas de doute à avoir, nous sommes bien dans une série anglaise ! Tout ici sent l’Angleterre ! Le phrasé, le thé, les petits doigts en l’air, le côté gentleman, les classes sociales séparées (une réplique « Je suis médecin, vous n’êtes que secrétaire)…

En plus, j’ai toujours trouvé cette histoire d’Agatha Christie fort sombre car ici, pas de Hercule Poirot ou tout autre enquêteur/détective pour vous donner le sentiment que le coupable sera arrêté.

Non, ici, tout le monde meurt et ceci n’est pas un spolier ! Quoiqu’il arrive, ils y passeront tous, le titre le dit bien. Et comme le disait si bien mon cher Docteur House « Tout le monde ment ».

Quel avantage alors de regarder une série dont on connait le déroulement, le nom du coupable, la fin et toussa toussa ?

La manière dont elle est adaptée, pardi ! Et voilà une très belle adaptation !

Les acteurs, déjà, tous au top. Bien choisi, casting parfait, diction parfaite (vu en V.O-STFr), sérieusement, à les voir jouer, on pourrait croire que ce n’est pas un jeu mais un truc réel, filmé par des caméras cachées un peu partout. Un Blair

Dans le rôle du Juge Lawrence Wargrave, c’était le papa de Tyrion ! Oui, le juge était ce diable de lord Tywin Lannister, celui qui est resté un jour très longtemps assis sur les chiottes… Ceux qui ont vu GOT comprendrons.

Mais je me plaindrais aux producteurs, la présence de Tyrion avec quelques répliques graveleuses ou en train de peloter quelques nichons aurait mis un peu d’ambiance festive dans cette sombritude (néologisme) !

Un autre m’a fait penser à ce brave docteur Watson, en plus énervé et moins sympa… Le Dr Edward Armstrong, joué par un certain Toby Stephens était un personnage brillant.

Son côté obscur, son alcoolisme, son agressivité, sa paranoïa sur la fin… Hummm, un plaisir ! De plus, en fouillant le Net, j’ai appris qu’il était le fils de Robert Stephens, le Sherlock Holmes de « La vie privée de S.H » de Billy Wilder.

Et puis, il y avait le beau et ténébreux Philip Lombard ainsi que le joli cœur amateur de bolides et de poudre blanche, Anthony Marston.

Philip a un corps de rêve, une plastique à damner un sein (faute exprès) et une chute de pelvis qu’on aimerait voir de plus près… Mais pourquoi cette serviette ne tombe-t-elle pas, nom de Zeus !

Nous avons aussi une pétasse bourgeoise et donneuse d’ordres en la personne de Emily Brent et ma foi, sa perte n’en fut pas une grande ! Une espèce de sainte-nitouche qui aurait dû jouir quelques fois dans la vie pour être un peu plus détendue et moins coincée.

La plus angélique semble être celle qui a été engagée par les époux Owen pour faire secrétaire : Vera Claythorne.

Quand aux deux serviteurs de la maison, les Rogers, ils sont tout aussi énigmatiques que les autres, ont eux aussi des secrets inavouables et une certaine gueule à l’emploi pour un film d’épouvante tant ils foutent la trouille.

Tous ont été accusé par un enregistrement d’avoir du sang sur les mains, mais un seul a osé avouer que oui, il avait déjà tué, tous les autres s’enfonçant dans le déni et le téléspectateur découvrira petit à petit leurs sombres secrets

Mais pas chez tous, on en gardera quelques uns pour la fin…

L’atmosphère et les acteurs ne sont pas les seuls à être au poil. La musique aussi ! Angoissante, effrayante, faisant augmenter le rythme cardiaque de la pauvre spectatrice que j’étais, tremblant de peur pour eux tout en bavant de désir devant les deux beaux mâles de l’île.

Les sonorités de la B.O m’ont fait penser que Ramin Djawadi, celui de la bande son de Game Of Thrones, était présent… mais non, ce n’était pas lui, pourtant, ces cordes, ces violoncelles, ça y ressemblait et la bande son a ajouté de la tension à l’affaire.

Certains pourraient reprocher des mots un peu vulgaires, de la drogue, de l’alcool, choses qui ne se trouvaient pas dans le roman d’Agatha, mais moi, ça ne m’a pas dérangé.

Je pense que si j’étais coincée sur une île avec un assassin, je m’enverrais de la blanche dans les narines et de l’alcool dans le gosier. Le contraire ferait plus mal.

Quand aux dialogues, ils volaient plus haut que ceux des 8 salopards… pourtant, nous étions dans un huis-clos, mais ici, la tension était sous contrôle du réalisateur et le tout monte progressivement.

En résumé : une excellente petite série, remplie de tensions, de mystères, de peur, de parano et on a beau savoir QUI a tué, on se prend au jeu.

J’ai visionné les trois l’un à la suite de l’autre tellement j’étais dans l’action.

Étoile 4