Marshal Bass – Tome 2 – Meurtres en famille : Darko Macan & Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 2 – Meurtres en famille

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt Néopolis (04/10/2017)

Résumé :
Pour sa deuxième enquête, notre héros est confronté à une famille pratiquant le meurtre… en famille ! Bébés momifiés, course à pied dans des étendues arides et moult coups de feu dans cette aventure haute en couleur !

La vie dans le western était impitoyable pour beaucoup, à tel point que le meurtre y était considéré comme un business comme un autre.

Sur la piste d’un tueur en série, Marshal Bass y est alors confronté et se met en tête qu’il faut éradiquer le crime.

Cependant ce qui aurait dû être un cas plutôt simple va très mal tourner. Car quoi de pire que de tomber amoureux de la fille des assassins…

Critique :
Quoi de plus merveilleux que le travail en famille ? Papa, maman et les deux enfants, garçon et fille, travaillent de concert et de conserve.

La vie est bourrée d’ironie et comme elle a envie de se marrer de temps en temps, elle place un tueur en série sur le chemin de notre sympathique famille qui se coupe en quatre pour… assassiner des gens et les détrousser !

Si vous aimez La Petite Maison Dans La Prairie, passez votre chemin, c’est L’Auberge Rouge version far-west.

Une fois de plus, nous sommes plongés dans un western qui ne fait pas dans la dentelle car il explore la noirceur des Hommes (et des Femmes). Et pas que celle des assassins détrousseurs.

Même notre Marshal River Bass monte en puissance dans ce tome puisqu’il retire sa veste de bon père de famille qui a accepté ce boulot de marshal pour nourrir ses gosses…

Ah, notre personnage principal n’est pas aussi bon qu’on a essayé de nous faire croire, et c’est tant mieux. De plus, Bass aussi envie de se taper la jeune fille qu’il pourchasse pour meurtres, qui elle-même était désirée par son frère… Ça devient cochon, là !

Mais bon, les chats ne font pas des chiens et là, seuls ceux qui ont lu l’album comprendront mon insinuation. On patauge dans le glauque. Yes !

Je ne suis toujours pas fan des dessins des visages, mais les décors sont magnifiques, grandeurs nature, plein de couleurs et comme dans le premier tome, la double page vaut le coup d’œil poussé afin de remarquer tous les petits détails.

Le scénario est grinçant, ironique, noir, violent et le croque-mort va avoir du boulot. J’espère qu’il fait des prix de groupe…

Pour les enfants, privilégiez les aventures de Lucky Luke et pour les adultes à qui on ne la fait plus, présentez-leur les deux premiers tomes du Marshal River Bass. C’est violent, en effet, mais moins que le premier tome de la série Bouncer (Jodorowsky).

Heureusement qu’il y a un peu d’humour, ce qui fait diminuer la tension artérielle après quelques scènes macabres et violentes.

Les albums du Marshal River Bass ont du punch, de bons scénarios, de la violence, des flingues, des morts violentes, des lynchages, bref, ce qui fait que l’Ouest est l’Ouest et pas un monde de Bisounours.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°64] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Marshal Bass – Tome 1 – Black & White : Darko Macan & Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 1 – Black & White

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey
Coloriste : Desko

Édition : Delcourt Néopolis (07/06/2017)

Résumé :
Arizona, 1875. Un gang d’esclaves affranchis, dirigé par un mystérieux Milord, terrorise tout un état.

River Bass, premier afro-américain de l’US Marshal Service, est le seul à pouvoir l’infiltrer. Il a accepté l’étoile pour le respect et l’égalité, mais il ne sera confronté qu’à la cruauté du monde.

Bass sera démasqué par le gang infiltré et son combat pour la justice s’arrête là. Commence alors celui pour sa vie…

Critique :
Le western est revenu à la mode, tant mieux pour ceux et celles qui adorent ça, dont moi…

Depuis sa sortie, je lorgnais sur cette nouvelle série et puis, je suis passée à autre chose parce que je ne peux pas tout acheter en neuf. Là, ayant pu les acheter en seconde main et je ne me suis pas privée.

Le pitch est pour le moins original puisqu’il met en scène un U.S Marshall Noir, à une époque où les Noirs n’avaient aucun droits et étaient toujours susceptibles de se faire pendre à toute branche d’arbre.

Sa mission, s’il l’accepte ? Infiltrer un gang de Noirs qui braquent les banques et tuent.

Quand on met en scène un tel personnage, il faut tout de même lui donner un peu d’épaisseur et faire en sorte que le lecteur en sache un peu plus sur ce nouveau personnage.

Là, on ne peut pas dire que les auteurs nous ait donné du grain à moudre et on termine l’album en sachant peu de choses sur River Bass, sinon qu’il est marié, a une sacrée marmaille et aime faire l’amour à sa femme. Ah oui, j’oubliais, il tire vite et bien aussi.

À mon humble avis (même si on ne me demande pas), cette histoire aurait mérité de s’étaler sur deux albums afin de lui donner plus de corps, plus de profondeur et ne pas se retrouver avec un récit qui se termine en bain de sang et de manière un peu trop simple, trop facile.

Il aurait été intéressant de suivre plus longtemps Bass dans sa mission d’infiltration afin de savoir si le chef de gang avaient d’autres motivations que celle de se faire plein de fric (il aurait pu vouloir déstabiliser une ville, un réseau de banques, le pays,…).

Les dessins sont spéciaux, j’ai eu un peu de mal au départ et ensuite, je m’y suis faite. Certaines couleurs sont très belles pour les yeux et la double planche du braquage est très réaliste et bourré de détails entre le gang qui s’enfui et les braves gens qui s’interposent pour les stopper.

Quant aux dialogues, ils ne sont pas dépourvus d’humour et d’un brin de cynisme.

Un western violent, sanglant, rempli de cadavres qui n’est pas pour les amateurs de western version Petite Maison Dans La Prairie. Si vous cherchez de la tendresse et des bonnes actions, va falloir changer de saloon.

J’aurais aimé plus de profondeurs, moins de manichéisme, plus de détails sur le passé de Bass mais comme j’ai apprécié ma lecture, je vais continuer la série. Qui sait, j’en saurais peut-être plus sur le Marshall dans les tomes suivants.

Une bande dessinée inspirée d’une histoire vraie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°61] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Victime 55 : James Delargy

Titre : Victime 55

Auteur : James Delargy
Édition : HarperCollins Noir (08/01/2020)
Édition Originale : 55 (2019)
Traduction : Maxime Shelledy et Souad Degachi

Résumé :
Une petite ville perdue en Australie. Un officier de police habitué à régler des petits problèmes de vie domestique et querelles de voisinage.

Un jour de canicule débarque un homme, couvert de sang. Gabriel déclare avoir été séquestré dans une cabane par un serial-killer. Le dénommé Heath a déjà tué 54 personnes. Gabriel est sa prochaine victime.

Quand la chasse à l’homme commence, ce même jour de canicule, débarque un deuxième homme. Heath est couvert de sang. Heath déclare avoir été séquestré dans une cabane par un serial killer, un certain Gabriel. Gabriel a déjà tué 54 personnes. Heath est sa prochaine victime.

Qui est le numéro 55 ?

Critique :
— On demande le N°55 ! Qui porte le numéro 55 ? Allez, soyez pas timide… C’est l’heure de vous faire assassiner.

Wilbrook est petite ville perdue dans le trou du cul de l’Australie et qui subit, de plein fouet, la canicule qui l’emballe (oui, c’est cochon quand on décale les sons).

C’est le genre de petite ville où il ne se passe rien, les policiers ayant plus à faire avec l’ivresse, les bagarres ou les violences conjugales.

Alors, quand un type (Gabriel) arrive dans un sale état en disant qu’il a réussi à prendre la fuite de la cabane d’un serial-killer qui allait en faire sa 55ème victime, ça réveille tout le monde à la maison poulaga.

Je sens déjà que ça grince des dents dans les chaumières : le serial-killer, encore lui ! Un sujet facile, passe-partout, mais terriblement casse-gueule, car on peut vite se prendre les pieds dans le tapis qui entoure le corps assassiné.

Pour cela, l’auteur a été malin et est sorti des sentiers battus en introduisant le personnage de Heat, qui arrive peu après chez les flics en répétant le même laïus que Gabriel : il a failli être la 55è victime d’un serial-killer.

Deux victimes le même jour ? C’est Noël ? Non, pire car chacune des victime accuse l’autre d’être le tueur en série. Qui de Healt ou de Gabriel est le tueur en série ?

L’idée est bonne de proposer des victimes qui pourraient être tueurs en même temps mais là, un autre écueil apparaît : comment tenir la distance ? À un moment, on ne risque pas de tourner en rond ?

Et bien non, on ne tournera pas en rond car l’auteur a eu assez de ressources que pour occuper son lecteur en lui faisant fumer le cerveau avec cette énigme (QUI ?) et cette enquête étrange qui ne prendra pas la grand-route mais les petits sentiers, le tout porté par des personnages sympathiques ou au contraire, énervants…

C’est là que le bât a le plus blessé : l’antagonisme entre Chandler, policier en chef de Wilbrook et Mitchell, son ancien meilleur ami, qui va venir superviser l’opération de recherche « Qui est un serial Killer ? ».

J’aurais aimé un peu plus de nuances dans ces deux personnages principaux, ces deux flics qui furent un jour des potes et qui maintenant, se déchirent.

Chandler est un personnage sympathique, un gentil (trop ?) qui doit baisser la tête devant Mitch, son supérieur hiérarchique et qui lui, est tout simplement imbuvable, à tel point qu’on aurait envie de le paumer dans le bush australien après lui avoir explosé la cervelle.

Un meilleur équilibre entre le flic sympa et le sale flic n’aurait pas été du luxe. Même si c’est un premier roman pour l’auteur, équilibrer les personnalités  de ces deux policiers aurait apporté plus de nuances. Nous avons tous connu des gens imbuvables comme Mitch, mais à la fin, leurs querelles incessantes deviennent lourdes et lassantes.

Pour les ambiances de désert sous la chaleur implacable, c’est tout bon, on s’y croirait. Les grandes étendues de l’outback australien, ses coins perdus, ses dangers qui se trouvent partout sous nos pieds… Sans oublier les bas-de-plafonds qui habitent dans les fermes aux alentours. On est bien servi à ce niveau-là.

Les alternances entre le présent (avec l’enquête) et le passé (les débuts de Chandler et Mitch en tant que policiers) bétonnent l’addiction au roman et malgré l’heure qui tournait et le fait qu’il fallait se lever le lendemain, j’ai poursuivi ma lecture car je voulais savoir laquelle de mes théories la plus farfelue était la bonne. Yes, j’en avais une qui était à moitié bonne.

L’identité du coupable, je l’avais trouvée. Par contre, son mobile m’a semblé un peu léger, ou du moins, déjà-vu trop de fois. Pourtant, l’auteur avait de l’idée car j’ai été bluffée avec la numérotation des victimes. Bien vu.

Le final, bourré du suspense, est capable de faire monter la tension à un moine bouddhiste zen en pleine méditation. Et après le chapitre 55, le tout dernier, celui qui met fin à l’histoire, il faut trouver le sommeil alors que ça tourne toujours dans la tête…

Un thriller qui aurait pu se louper avec le coup du serial-killer mais qui a eu la bonne idée de jouer sur le concept de deux victimes qui s’accusent l’une l’autre d’être le tueur, sans que l’on arrive à en démarquer une plus que l’autre, tout en partant dans une direction autre que celle attendue.

Au moins, on n’a pas l’impression de manger un plat réchauffé et trop souvent cuisiné, même si les ingrédients sont des grands classiques. Faudra juste penser à nuancer tous les personnages dans le roman suivant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lectures N°04].

Blackwing – Tome 2 – Le Cri du corbeau : Ed McDonald

Titre : Blackwing – Tome 2 – Le Cri du corbeau

Auteur : Ed McDonald
Édition : Bragelonne Fantasy (2019)
Édition Originale : Ravencry (2018)
Traduction : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Quatre années se sont écoulées depuis que la Machine de Nall a repoussé les Rois des profondeurs à l’autre bout de la Désolation, mais alors qu’ils font pleuvoir le feu du ciel, des forces plus sombres encore conspirent contre la république.

C’est dans ce contexte troublé qu’un nouveau pouvoir émerge : un fantôme dans la lumière, qu’on surnomme la Dame lumineuse, et qui se manifeste sous forme de visions. Le culte qui la vénère prend de plus en plus d’ampleur.

Lorsque le caveau ésotérique de Corbac est profané, un objet d’une puissance terrible y est dérobé, et Galharrow et ses Ailes noires sont chargés de découvrir lequel des ennemis de Valengrad s’en est emparé.

Pour sauver la cité, Galharrow, Nenn et Tnota devront s’aventurer dans le lieu le plus retors et le plus dangereux qu’ils ont jamais visité : le cœur même de la Désolation.

Critique :
La dark fantasy et le western font-ils bon ménage ? Oui, assurément, sauf si l’auteur aurait la mauvaise idée de faire foirer l’attelage.

Pas de panique, ici, le mélange est réussi et c’est un vrai plaisir de refaire une incursion dans la fantasy après autant d’année sans y mettre les pieds.

D’ailleurs, c’était avec le premier tome de Blackwing que j’avais remis le pied dans l’étrier fantasy et l’univers développé m’avait tellement plu que je n’avais pas eu envie de tout foutre en l’air avec un autre titre de fantasy.

Le seconde tome est souvent un exercice difficile car tout le monde vous attend au tournant, cherchant la faute, l’erreur, le manque de profondeur scénaristique ou l’excès de confiance qui fait parfois trébucher les auteurs.

Le plus grand péril est de nous refaire un remake du tome 1. L’autre écueil à franchir est celui de la surprise qui n’est plus au rendez-vous puisque nous avons découvert l’univers fantasy western. Faut être équilibriste de talent pour continuer de passionner ses lecteurs et l’auteur a parfaitement réalisé son marché sur la corde raide, sans chuter ou finir pendu.

Nous sommes 4 ans après les faits et Ryhalt Galharrow est toujours le chef des Ailes Noires. Ses amis Nenn et Tnota sont toujours là, ils sont toujours bourrus et bourrins, dur à cuire et attachants.

Même Ryhalt et ses vagues à l’âme, son entêtement, son blues, est un devenu un ami avec lequel on aimerait aller boire une pinte de mauvais alcool. Avec de bons personnages travaillés, la moitié du job est déjà fait. Le méchant est réussi aussi. What’else ?

Dans le tome 1, Ryhalt faisait le boulot parce qu’il n’avait pas le choix, maintenant, on sent qu’il a envie de défendre la cité de Valengrad, que le sacrifice d’Ezabeth ne doit pas rester vain et là, on a des tas de choses qui grouillent, qui rampent, qui attendent leur heure, bref, on s’est reposé durant 4 ans et on a baissé la garde…

Le scénario est copieux entre des zombies, des capuchons jaune qui vénèrent la Dame de Lumière (secte religieuse ?), un Blitz comme Londres en subit un durant les deux guerres, des magouilles, des taxes abusées sa mère, le pouvoir en place qui n’écoute pas ses sujets qui grognent, la révolte qui arrive, les trahisons, le vol d’une relique appartenant aux Rois des profondeurs et un l’envie pour certains d’être calife à la place de tous les califes. Je n’ai rien oublié ?

L’univers développé par l’auteur est un mélange habile entre du western et de la dark fantasy, ce qui change des romans traditionnels à tendance médiévale et lui donne un nouveau souffle : oui, c’est possible de créer un univers à partir d’une Désolation, sorte de désert rempli de saloperies qui vous boufferont, le tout né après une apocalypse dantesque afin de mettre au dodo les Rois des Profondeurs.

Oui, c’est sombre… Oui, c’est violent et même gore. La dark fantasy, ce n’est pas chevaucher des licornes roses bonbons.

Vaut peut-être mieux éviter de lire ce genre de littérature si vous êtes dépressifs car ici, tout n’est que tristesse, désolation, morts violentes, tragique, drame… Ajoutez tous les adjectifs que vous voulez du moment qu’ils sont synonymes de drame. Même Ryhalt se refuse au bonheur car il estime qu’il ne le mérite pas (parfois, on a envie de lui coller des baffes).

Une lecture dépaysante, chahutée parce que dans ce monde, rien n’est tranquille, c’est sombre, rythmé, couillu, alcoolisé et épique.

Ed McDonald n’est pas tombé dans les pièges de la facilité ou du remake de son premier tome, il a su poursuivre son univers et pousser ses personnages encore plus loin, il a continué à développer son monde post-apo western dark fantasy sans se vautrer dans la facilité. Son scénario est élaboré et si tout semble être disparate au départ, tout finira pas se lier, telle une sauce épaisse et goûteuse qui décape le palais.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°260, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°16] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Sacrées sorcières : Roald Dahl

Titre : Sacrées sorcières

Auteur : Roald Dahl
Édition : Folio Junior (1997/2011/2013/2016)
Édition Originale : The Witches
Traduction : Marie-Raymond Farré

Résumé :
Ce livre n’est pas un conte de fées, mais une histoire de vraies sorcières. Vous n’y trouverez ni stupides chapeaux noirs, ni balais volants.

La vérité est beaucoup plus épouvantable. Les vraies sorcières sont habillées de façon ordinaire. En fait, elles ressemblent à n’importe qui.

Il faut savoir qu’une sorcière peut très bien être votre voisine ou la meilleure amie de votre mère et si on ajoute à cela qu’elle passe son temps à dresser les plans les plus démoniaques pour attirer les enfants dans ses filets, il y a de quoi se méfier et vous comprenez pourquoi ce livre vous est indispensable !

Critique :
Une fois de plus, c’est à cause de La Grande Librairie que j’ai eu envie de découvrir cette lecture jeunesse, suite à la venue sur le plateau de Pénélope Bagieu qui présentait ce livre qu’elle avait mis en bande dessinée.

N’étant pas hermétique à la littérature jeunesse et apprenant que Roald Dahl était un maître dans ce domaine là, je me suis dis « pourquoi pas ».

Mais que j’ai eu raison ! Mille fois raison, même, de lire ce livre jeunesse bourré d’humour, de tendresse, d’aventure, d’action, de frisson et d’un style d’écriture qui donne envie de lire (même si chez moi, il n’a jamais trop fallu me pousser à lire mais plutôt me freiner).

Quelle riche idée que d’avoir ôté aux sorcières leurs balais, leurs chapeaux pointus et leurs nez crochus et d’en avoir fait des gens comme vous et moi, presque… Presque ?

Oui, ici, les sorcières n’ont rien à voir avec la sympathique Hermione Granger, même si, de prime abord, on ne les distingue pas. Ne vous inquiétez pas, mamy va vous expliquer comment on peut les reconnaître car ces furieuses femmes pourraient être votre voisine, votre cheffe de bureau, la représentante qui sonne à votre porte.

Le jeune héros, sans nom, commence mal dans la vie puisqu’il perd ses parents et part vivre chez sa grand-mère en Norvège, avant de revenir en Angleterre pour les vacances.

Les moments de complicité entre la grand-mère et l’enfant sont très touchants et notre jeune ami est un garçon débrouillard, bien dans sa tête, intrépide et avec une bonne dose d’intelligence et de maturité.

Sous le couvert de son aventure, l’auteur aborde des sujets assez tabous face à des enfants : la mort et les parents indignes. Sans oublier le fait qu’il ne faut pas faire confiance aux adultes que l’on ne connait pas.

Le tout est jubilatoire ! Ça se lit vite, trop vite et une fois la dernière page tournée, on se retrouve orphelin(ne) des personnages alors qu’on aurait adoré continuer à vivre des aventures avec eux.

Une très belle découverte, comme quoi, malgré les tonnes de livres lus, on a la certitude qu’il nous en reste encore des tonnes d’autres généralissimes à lire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°255, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°15] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

M.O.R.I.A.R.T.Y – T02 – Empire mécanique (2/2) : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau et Stevan Subic

Titre : M.O.R.I.A.R.T.Y – T02 – Empire mécanique (deuxième partie)

Scénaristes : Fred Duval et Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Stevan Subic

Édition : Delcourt – Néopolis (05/06/2019)

Résumé :
Londres, 1899. Le professeur Moriarty lance une attaque sans précédent à l’aide des Hyde Men.

Ces monstres, nés du sérum maléfique créé par le docteur Jekyll, dévastent les beaux quartiers, affrontent l’armée et parviennent à entrer dans le palais royal.

Mycroft et le jeune Winston Churchill se lancent dans la bataille tandis qu’Holmes, prisonnier de son plus farouche ennemi et sous la garde de la cruelle Li Mei, doit faire preuve de la plus grande imagination pour s’évader.

Critique :
1899… Londres est attaquée, Londres est envahie.

La reine Victoria a donc 80 ans et dans les cases, je la vois courir comme une jeune fille… Comme quoi, la peur, ça donne des ailes !

Moriarty a de grands projets, dont celui d’anéantir Londres et l’Angleterre en lançant des Hyde Men sur mon cher Big Ben (entre autre).

Holmes disparaît et seuls les lecteurs sauront où il se trouve…

Beaucoup d’action, de rythme, d’aventures dans ce second tome mais ça va tellement dans tous les sens qu’il faut s’accrocher.

Voir un Sherlock Holmes avec des automates, des chars d’assaut et tout ce qui fait le charme du steampunk, est toujours un peu difficile pour moi.

Autant je me suis habituée à un Sherlock version années 2000, autant j’ai du mal avec la version victorienne de Holmes dans un monde de machines à vapeur steampunk. Mais bon, j’y arrive avec le temps.

Deux questions se posent pour moi, à l’issue de cet album : comment cela se fesse-t-il que Mycroft, pourtant plus doué pour l’observation que Sherlock, n’ait pas remarqué ce qui avait sous les yeux alors que moi, j’avais déjà compris que cette personne était un automate ??? On a la vue qui baisse, Mycroft ?

Pourquoi cette série se nomme-t-elle « Moriarty » alors que ce dernier est peu présent ?

Les dessins sont toujours peu avenants pour les visages, toujours striés de noir et on les distingue mal.

Le premier album était le meilleur, à mon sens, ici, on retombe une fois de plus dans un Méchant qui veut dominer une ville, un pays, le monde (biffez la mention inutile)… c’est lassant et Sherlock Holmes n’est pas non plus un Indiana Jones ou un Belmondo qui grimpe partout, fait des cascades…

L’univers du fantastique peut se marier avec Holmes, mais il faut bien choisir son scénario afin de ne pas le noyer dans une profusions d’événements et par la même occasion, perdre le lecteur en même temps.

À noter que la fin laisse la possibilité d’une suite. Pas sûre que je serai au rendez-vous…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°252 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

M.O.R.I.A.R.T.Y – T01 – Empire mécanique (1/2) : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau et Stevan Subic


Titre : M.O.R.I.A.R.T.Y – T01 – Empire mécanique (première partie)

Scénaristes : Fred Duval et Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Stevan Subic

Édition : Delcourt – Néopolis (2018)

Résumé :
1899, Londres. Le calme brumeux d’une fumerie d’opium s’évapore à l’arrivée d’un homme en furie. Serait-ce le docteur Jekyll ?

Pendant ce temps, dans le quartier de Mayfield, un inconnu plume de manière radicale les joueurs de poker, à tel point que Sherlock Holmes est dépêché pour examiner ce champion et analyser sa tactique trop parfaite pour être honnête.

Les événements semblent liés : qui tient les deux fils ?

Critique :
J’avais découvert cette bédé dans le défunt « Lanfeust Mag » (mensuel) et j’avais envie de la lire d’un seul coup, sans attendre 1 mois entre chaque parution.

Tiens, j’avais oublié que les dessins des visages étaient aussi moches !

Nom de Zeus, la couverture était épurée, mystérieuse, avec Holmes et Watson bien esquissés et, une fois la bédé ouverte, là j’ai manqué de défaillir.

Watson ressemble à un vieillard et le dessinateur a pourvu tous les visages de stries ou de petites taches noires qu’on se demande bien à quoi elles servent, si ce n’est à enlaidir tout le monde. Holmes, par contre, donne l’impression d’avoir 15 ans de moins que Watson, ce qui n’est pas juste.

Même les yeux sont assombris avec des traits noirs, ce qui ne laisse jamais voir leur couleur.

Vous prenez une grande casserole et dedans, vous incorporez un Holmes, un Watson, un Winston Churchill, un Mycroft Holmes, un Docteur Jekyll et son Mister Hyde/Hulk (pour la  force, pas pour la couleur verte), Moriarty (mort sous les yeux de Holmes, pourtant), Baskerville, le bourbier de Grimpen, le chien maudit. Vous touillez le tout, en n’oubliant pas d’assaisonner et de surveiller la température de cuisson sous peine que le plat soit trop cuit et immangeable…

Ici, on est à la limite… À force de vouloir donner trop de goût, on sature le plat en saveurs différentes et le consommateur ne sait plus trop ce qu’il déguste… Ah oui, c’était un Holmes sauce steampunk enroulé dans du fantastique.

L’univers de Holmes ne se prête pas toujours au fantastique ou au steampunk, mais bizarrement, toutes les bédés qui sortent sur le détective aiment surfer sur ces univers et peu nous offrent des enquêtes classiques, sans vampires, loups-garous, automates, voyages dans le temps…

Ici, bingo, on a des automates, des fiacres avançant sans chevaux et des machines volantes sorties de l’univers steampunk.

Malgré les dessins moches, malgré les machines et tout le tralala lié au Docteur Jekyll Hulk, il y a dans cette enquête un truc vieux comme le monde mais auquel personne ne pense jamais, moi en premier. Une fois que je l’eu devant mon nez, j’ai levé les yeux au ciel en me disant que « bon sang mais c’est bien sûr »… Bien vu.

Bon, cette relecture ne m’a pas fait changer d’avis : sans être mauvaise, sans être merdique, cette bédé prêche par ses dessins de visages très moches et sa profusion d’éléments, de personnages connus, comme si on avait voulu en mettre le plus possible pour toucher le plus grand nombre de lecteurs/trices, ou alors, afin d’arriver à faire une histoire intéressante.

Parfois, « Trop is te veel » (trop, c’est trop). La profusion nuit en tout et dans ce cas-ci, l’allusion au Moriarty n’était pas nécessaire, on peut inventer d’autres grands méchants sans pour autant ressortir le vieux professeur de son trépas.

Comme j’ai passé un bon moment de détente et d’aventures en tout genre, je ne vais pas être trop sévère avec la cote. Et puis, faut que je vérifie ce que me réserve le second album que je n’avais pas lu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°251 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Les enquêtes d’Hamish MacBeth – T04 – Qui a une taille de guêpe : M.C. Beaton [Par Dame Ida Dé-Confinée Bénévole]

Titre : Les enquêtes d’Hamish MacBeth – T04 – Qui a une taille de guêpe

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (02/10/2019)
Édition Originale : Death of a perfect wife
Traduction : Marina Boraso

Introduction Babelio :
Hamish pensait savourer les plaisirs bien mérités d’un été dans les Highlands. Mais c’était avant que la pluie s’abatte sur les lochs et que sa chère Priscilla Halburton-Smythe débarque au bras d’un nouveau fiancé.

Pour couronner le tout, Trixie Thomas, épouse modèle, vient de s’installer à Lochdubh et arrive à convaincre les dames du coin de se mettre au régime, de bannir l’alcool et d’entrer en communion avec la nature… ce qui n’est pas du tout du goût de leurs maris !

Aussi quand l’épouse modèle est empoisonnée, Hamish Macbeth n’a pas le choix : il doit renoncer au repos et reprendre du service en interrogeant voisins et amis…

Vous aimez Agatha Raisin ? Vous allez adorer Hamish Macbeth !

Comme sa grande soeur Agatha, cet Hercule Poirot à la sauce écossaise entraîne le lecteur dans des aventures totalement déjantées sorties tout droit de l’imagination de M.C Beaton.

Avec, en prime, le charme des lochs, des highlanders mystérieux et des châteaux hantés.

Attention, fantômes ! [NDLR : Ce dernier paragraphe est ajouté systématiquement à TOUS les résumés Babelio de la série… Pourtant je le dis, le répète et le confirme: IL N’Y A PAS DE FANTÔMES DANS CE ROMAN !!!]

Résumé : 
Et oui, la Priscilla elle veut un homme ambitieux… Le genre de mecs capable de faire se multiplier les livres sterlings en un claquement de doigts… Un mec qui bosse… Un mâle qui n’en veut !

Alors voilà que sa dernier béguin du moment pour un trader au nom qui claque a su une fois de plus la faire chavirer et oublier qu’entre deux bellâtres lorsqu’elle oublie ses supposées très aristocratiques origines en tant que fille du hobereau local… c’est avec ce pauvre plouc d’Hamish qu’elle aime passer du temps.

Voilà qui a le don de le faire souffrir notre pauvre Hamish… et de le mettre en boule aussi… Et si il n’y avait que Priscilla ! Mais non ! Voilà qu’un nouveau couple de chômeurs londoniens vient de s’installer dans une maison bonne à retaper du coin dans l’intention d’y ouvrir des chambres d’hôtes pour touristes. Mr and Mrs THOMAS ne passent pas inaperçus…

Même si Mr Thomas, quant à lui préférerait de loin se cacher sous le tapis pour éviter de subir les humiliations déguisées que sa femme lui inflige en permanence en se fichant de sa maladresse en permanence devant témoins…

Trixie ! Appelez là Trixie s’il vous plaît et pas de manière… Mrs Thomas telle une pieuvre ou un boa sait vous saisir tout entier dans ses rets séducteurs et obtenir de vous ce dont elle a décidé de vous dépouiller mine de rien l’air de ne pas y toucher.

Prétendant aider les villageois les uns après les autres, qui pour du ménage, qui pour de la cuisine, en échange de quelques babioles pour meubler ses chambres d’hôtes, elle a le chic pour vous défaire des trésors cachés que vous aviez oublié dans un coin sous la poussière…

Et au passage, voilà qu’elle retourne la tête de toutes ces dames qui se trouvent autant séduits que les messieurs, et se mettent à épouser les nobles causes hygiénistes qu’elle leur impose comme une Vérité Absooolue…

Et il y a bien quelques messieurs que ça crispe un peu… surtout quand ils se retrouvent harcelés par leur femme pour abandonner le tabac, et se trouvent mis au régime végétalien crudiste d’autorité !!!

Evidemment, lorsque le dit médecin se trouve prêt à signer le certificat de décès de l’insupportable et aimable Trixie que l’on retrouve un beau jour raide dans sa chambre, Hamish préfère demander une autopsie… Et évidemment… C’est un crime.

Mon avis : 
Mais voilà une histoire qu’elle est bonne !

Des personnages hauts en couleur que l’auteur prend le temps de développer parallèlement à l’avancée de ses fils rouges concernant la stagnation auto entretenue de la « carrière » d’Hamish… et de la stagnation de ses relations avec Priscilla…

Un inspecteur Blair toujours aussi stupide et envieux…

Une victime qu’on est bien content de voir quitter ce monde tant elle est horripilante…

Le plaisir de suivre Hamish dans toutes les étapes de son enquêtes et de le voir agiter régulièrement les indices dans sa tête comme autant de pièces de puzzle qu’il mélangerait au shaker en espérant de les faire sortir toutes assemblées les unes aux autres dans le bon sens…

Une intrigue correcte…

Quelques jolies descriptions de la campagne écossaise qui font un peu prendre l’air quand on est confinée…

J’aurais été tentée de mettre 4 Sherlocks, mais un petit bémol m’a fait réviser mon jugement vers le bas…

Après 21 volumes d’une Agatha Raisin qui tourne en rond dans sa vie amoureuse, je vous avoue éprouver quelques appréhensions à voir MC Beaton continuer à se montrer sadique avec son nouveau héros qu’elle semble destiner à ne partager son lit qu’avec son brave chien.

Le voir s’amouracher pendant quatre livres d’une Priscilla qui semble avoir bien intériorisé le snobisme de son père, sachant que cela rend la relation impossible, ça commence à trop me rappeler l’obsession agathesque pour James Lacey et je trouve la ficelle un peu usée, pour ne pas dire un peu lassante.

D’autant qu’à chaque fois, ça contribue à rendre son personnage principal quelque peu ridicule.

Ben oui quoi… Quand j’étais ado, ça m’énervait de voir des copines blablater en boucle sur des mecs qui ne les regardaient jamais… et ça me gonflait grave sévère de voir les mecs qui m’intéressaient et que je draguais me parler d’une autre fille qui les obsédaient… alors que moi… ben j’étais là et je ne demandais que ça !

Au moins quand je les voyais fixés sur une autre fille, j’avais la fierté de ne pas insister, je les vouaient aux Gémonies et j’allais tenter ma chance ailleurs.

Non mais ! Chuis une fille pragmatique moi !

Ce lien entre nous : David Joy

Titre : Ce lien entre nous

Auteur : David Joy
Édition : Sonatine (26/03/2020)
Édition Originale : The Line That Held Us (2018)
Traduction : Fabrice Pointeau

Résumé :
Caroline du Nord. Darl Moody vit dans un mobile home sur l’ancienne propriété de sa famille. Un soir, alors qu’il braconne, il tue un homme par accident.

Le frère du défunt, connu pour sa violence et sa cruauté, a vite fait de remonter la piste jusqu’à lui. Un face à face impitoyable s’engage alors.

Critique :
Caroline du Nord, les Appalaches, une de mes destinations régulières en littérature.

La Nature est grande et belle, encore un peu, on verrait les petits papillons gambader gaiement dans ces paysages bucoliques…

On aurait même envie de chantonner ♫ promenons-nous dans les bois ♪ avant que le chasseur ne nous tire dessus…

Oublions le bucolique, nous sommes dans un roman de Davis Joy et jusqu’à présent, ce n’est pas son fond de commerce, les petits papillons.

Ses personnages traînent toujours derrière aux une vie de merde absolue, des pères alcoolos, des torgnoles reçues ou des coups de ceintures, le tout dans des cabanes qui ferait passer le moindre poulailler du fond de votre jardin pour une demeure de patron de Cac40.

Nous partons sur une histoire vieille comme le Monde : une vengeance… Darl Moody a confondu Carol Brewer avec un sanglier… Entraînant son pote Calvin avec lui dans cette merde, il lui demande un coup de main pour l’enterrer ni vu, ni connu…

Dwayne, le frangin de Carol l’a mauvaise et il va chercher les coupables de la disparition de son frère. Je vous le dis de suite, ça va chier ! Non, ça va saigner !

Des liens, il y en a partout dans ce roman : un lien fraternel entre Dwayne et son frère handicapé, Carol, qu’il a toujours protégé; un lien fraternel aussi entre Darl et Calvin, qui, sans être frère, sont potes depuis toujours. Un lien amoureux aussi, entre Calvin et Ange, sa copine. Le tout tissant une trame épaisse qui donne au roman une atmosphère sordide, noire, lourde.

Vous qui lisez ce roman, gardez-vous de porter tout jugement sur l’un ou l’autre, car, malgré les apparences, je n’ai jamais réussi à en détester l’un plus que l’autre, à en cautionner un ou à en condamner un autre. Impossible. Chacun a ses motifs pour agir ainsi et même la scène la plus horrible a ses circonstances atténuantes.

Ailleurs, ça ne marcherait pas, mais dans les Appalaches, dans ces petits trous du cul paumés de l’Amérique, chez ces pauvres gens qui se sont battus toute leur vie pour quelques dollars, c’est presque normal. Ici, la loi ne s’applique pas !

L’action est présente, mais c’est le côté psychologique qui est le plus important et c’est pour lui que ce roman vaut la peine d’être découvert.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°212.

Cauchemar : Paul Cleave

Titre : Cauchemar

Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine (07/11/2019)
Édition Originale : Whatever it Takes (2019)
Traducteur : Fabrice Pointeau

Résumé :
Un cauchemar qui va vous tenir éveillé toute la nuit.

Acacia Pine, États-Unis. Une petite fille, Alyssa Stone a mystérieusement disparu. Noah, un des flics du village fait irruption chez le principal suspect.

Envahi par la colère, il le séquestre et le torture jusqu’à ce que l’homme lui révèle le lieu où Alyssa est captive. Noah file alors vers une vieille maison abandonnée, la ferme des Kelly, où il la retrouve enchaînée dans la cave, encore en vie.

Fin de l’histoire ? Non, début de l’histoire. Dévoiler davantage la suite des événements serait criminel.

Sachez seulement que ceux-ci se passent douze ans plus tard. Le jour où Alyssa est à nouveau portée disparue. Et que le cauchemar recommence.

Critique :
♫ Saga Acacia ♪ Faut faire gaffe à Noah ♪ Saga Acacia ♪ Faut pas chercher Noah ♪

Noah Harper est de retour à Acacia Pines, l’endroit le plus chiant du monde… Son ancienne ville qu’il avait quittée, il y a 12 ans, sur ordre du shérif de l’époque.

Alyssa Stone, la gamine qu’il avait retrouvée il y a 12 ans, a de nouveau disparu et malgré l’interdiction qu’il a de mettre les pieds dans la ville, il est revenu !

Contrairement à ce qui est promis dans le résumé, ce « cauchemar » ne m’a pas tenu éveillé toute la nuit !

J’ai même fait des pauses durant ma lecture, j’ai su m’arrêter dans le récit et je n’ai pas oublié de descendre à ma station de métro.

Ça ne veut pas dire que le p’tit dernier de l’auteur aux beaux yeux est merdique, loin de là, mais bon, j’en étais au premier tiers et le récit n’avait rien d’exceptionnel non plus.

Pourquoi ? Parce qu’Alyssa Stone qui avait été enlevée et retrouvée par Noah, flic à l’époque, a disparu de nouveau mais Drew, le nouveau shérif l’a eue au téléphone et même Noah lui a parlé au téléphone ! Elle est juste fichue le camp du bled, point final. On replie tout et on part à la pêche ??

À partir de ce moment-là, j’ai commencé à douter de  l’auteur, à me demander s’il avait encore sa santé mentale.

J’en étais quand même au premier tiers du roman et la seule chose qui me tenait éveillée en le lisant au matin, c’était mon café noir et les personnages du roman qui me plaisaient, surtout Noah et son côté cash, brutal, un peu borderline et chien fou qui mord quand on le cherche.

Le grand huit attendu n’était pas au rendez-vous. Niveau sensation, j’avais plus l’impression d’être assise dans la petite voiture, sur le manège qui tourne en rond, celui pour les gosses… Franchement, à ce moment là, je n’avais pas envie d’attraper la floche pour gagner un tour de plus.

Pourtant, nom de Zeus, des copinautes à moi en avaient dit le plus grand bien de ce nouveau roman et je fais confiance à ma Fée Stelphique et à l’Yvan d’Émotions. Seraient-ils devenus fous d’avoir apprécié ce nouveau roman de Paul Cleave ? Qu’est-ce qu’il y avait de si super dans ce roman où j’avais l’impression de tourner en rond et de ne pas avancer ??

Et puis, sans que je m’en rende compte, le manège a commencé à s’incliner et ma petite voiture ne tournait plus du tout en rond. La vitesse avait augmenté aussi et c’est avec stupeur que je me suis réveillée sur les planches du grand huit, avec double salto arrière, si pas triple salto. Accrochez vos ceintures, c’est parti mon kiki !

Purée, sans faire attention, j’avais été entraînée vers une histoire qui se mettait enfin en branle et là, j’en ai eu pour mes sous, pour ma tension, pour mon rythme cardiaque et sur le final, en effet, je n’avais pas envie d’aller faire dodo et j’aurais pu louper ma station de métro si j’avais été dedans.

Pour planter son décor, ses personnages, développer l’intrigue, il fallait que l’auteur tourne un peu en rond et nous donne cette fausse impression que rien n’avançait et qu’on pouvait aller boire un verre.

En fait, rien n’était plus faux… Mais comme Saint-Thomas, fallait que j’y mette mon doigt pour être sûr et c’est pourquoi mon début de lecture fut aussi laborieux.

Cauchemar, ça commence comme sur un manège pour enfant et ça se termine en attraction pour adulte, non cardiaques car sinon, il vous faudra un nouveau coeur. Et là, y’en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°159 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°04].