La nuit qui ne finit pas : Agatha Christie

Titre : La nuit qui ne finit pas

Auteur : Agatha Christie
Édition : Livre de Poche / Le Masque
Édition Originale : Endless Night (1967)
Traduction : Claire Durivaux / Jocelyne Warolin

Résumé :
Le  » Champ du gitan « …
Michael avait tout de suite aimé la beauté sauvage de cette propriété. C’était décidé : sur les ruines de l’ancien manoir, il construirait sa maison. Une maison de rêve, bien entendu. Et il s’y retirerait, loin de tout, avec Ellie.

Mais le « Champ du gitan » avait mauvaise réputation et la lande était maudite. On racontait que les Romanichels y avaient jeté un mauvais sort, que d’étranges accidents s’y produisaient…

Pourtant, Michael n’était pas superstitieux, lui. Les menaces de la vieille bohémienne ne lui faisaient pas peur. Personne ne croit plus ces choses-là, de nos jours…

Critique :
M’étant toujours concentrée sur les Hercule Poirot, il y a moult romans de la Reine du Crime que je ne connais pas.

Celui-ci, je l’avais trouvé dans une boîte aux livres, lors de mes vacances en Ardèche (2019) et je l’ai donc naturellement sorti un an plus tard, espérant sans doute y retrouver un parfum des vacances que nous n’aurons pas en 2020.

Atmosphère, atmosphère… Une atmosphère des plus étranges flotte dans ce roman car on commence entre la rencontre d’un jeune homme pauvre et d’une jeune fille riche.

Pas de meurtre, pas de kidnapping mais une histoire d’amour ! Heu, on s’est trompé d’auteur, là ? C’est du Barbara Cartland déguisé ?

Non, non, pas de panique, on se doute bien qu’il y a une couille dans le pâté, mais on ne sait pas trop où elle va se trouver, si les soupçons que l’on a sont véridiques ou juste dû au fait que l’on ait un esprit tordu, même s’il ne sera jamais aussi tordu que celui de cette chère Agatha Christie.

Le côté angoissant du roman est rendu par ce fameux champ du gitan sur lequel pèse une malédiction. Malédiction rappelée bien des fois par une vieille gitane (sans filtre), même si Michaël, jeune homme pauvre, n’y prend pas vraiment garde, tandis que sa femme, jeune fille riche, y prend attention et a les chocottes.

La lande serait-elle maudite ? Il y a-t-il une heure où s’exaltent les puissances du mal ? Un chien maudit courant sur la lande ? Pardon, je mélange Agatha Christie avec Conan Doyle (le mélange serait intéressant à analyser, tiens…).

On se doute qu’un malheur va arriver, on sent l’odeur du sang, le crime rôde, il n’est jamais loin, mais on ne sait pas quand il va frapper et c’est ce qui rend ce roman addictif et frustrant en même temps. On veut savoir, nom de dieu.

Encore un peu, tels les Tuches hurlant « Des Frites, Des Frites, Des Frites… » on aurait envie de crier « Un crime, un crime, un crime ! ».

Quand le crime arrivera, il viendra en tapinois et là, même si j’avais compris certaines choses, je ne savais pas comment tout cela allait se terminer. Sacrée Agatha Chrsitie, tu m’étonneras toujours !

Un roman sans Hercule Poirot ou autre personnage fétiche de la reine du crime, un roman sans enquêteur, un crime qui survient tard, qui n’en a pas l’air non plus, des personnages troubles, bizarres, réalistes et une ambiance qui pèse sur les épaules du lecteur.

Les derniers chapitres sont les plus angoissants, même si tous les autres avaient préparés les lecteurs à un drame imminent tout en nous donnant l’impression d’une histoire d’amour à la Harlequin additionnée du charme bucolique de la campagne anglaise où un jeune couple fait construire la maison de ses rêves pour y vivre heureux jusqu’à la fin des temps.

Oui mais, l’auteure n’a jamais dit quand arriverait la fin des temps et chez elle, ça peut arriver plus vite qu’une diarrhée un jour de gastro.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°243 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

 

La Dernière énigme – Miss Marple 13 : Agatha Christie

Titre : La Dernière énigme – Miss Marple 13

Auteur : Agatha Christie
Édition : Librairie des Champs-Elysées Le club des masques (1977)
Édition Originale : Sleeping Murder : Miss Marple’s Last Case (1976)
Traduction : Jean-André Rey

Résumé :
Lorsque Gwenda avait vu la villa, elle n’avait pas hésité une seconde. C’était exactement ce qu’elle cherchait. Démodée peut-être, mais charmante… Gwenda s’y était sentie chez elle dès le premier instant.

Pour un peu, cette maison aurait pu être celle de son enfance : chaque pièce évoquait en elle des souvenirs confus…

Son imagination lui jouait des tours, bien sûr. Comment pouvait-elle reconnaître cet endroit puisqu’elle n’avait jamais mis les pieds en Angleterre auparavant ? Pourtant, tout lui était familier…

Pourquoi s’était-elle sentie glacée de terreur en regardant dans le hall, du haut de l’escalier ? Pourquoi ? La villa était-elle hantée ? Ou bien Gwenda devenait-elle folle ?

Critique :
On fait parfois de belles trouvailles dans les boîtes à livres de son lieu de villégiature. Il m’aura fallu 1 an pour les sortir de ma PAL, comme quoi…

Sans le savoir, je suis tombée sur la dernière enquête de Miss Marple. Entre nous, miss Marple n’a jamais eu mes faveurs, je lui ai toujours préféré Hercule Poirot.

Ce qui est un tort, je sais, Miss Marple n’est pas de la merde niveau enquêtrice !

Nous voici face à une enquête qui a des relents de fantastique, de surnaturel, dans le sens où Gwenda, la nouvelle propriétaire d’une villa, a la sensation qu’elle y est déjà venue, qu’elle connait la maison.

Hors, elle a toujours vécu en Nouvelle-Zélande, la terre des Hobbit, d’Aragorn de Sauron ! Oups, mes excuses, je mélange !

Ceci n’est pas une enquête pour ceux ou celles qui rêvent d’action et d’enquêteurs courant dans tous les sens, le nez collé au sol, l’annuaire de téléphone à portée de main pour faire parler les témoins récalcitrants…

Non, miss Marple, qui arrivera sur le tard, adore tricoter, boire du thé et écouter les potins de toutes les vieilles dames du coin et qui, sans en avoir l’air, manœuvre sa barque pour que les bobonnes lui disent ce qu’elle voudrait savoir, sans avoir l’air de leur tirer les vers hors du nez. Diabolique, la buveuse de thé qui tricote !

Pour le sang frais, on repassera aussi. D’ailleurs, dès le départ, on ne sait pas ce qui va nous tomber dessus, même si on se doute que ce sera un cold case cher à Lilly Rush dans la série éponyme.

Mais ici, que s’est-il passé, nom d’une pipe ? Un meurtre ? Une disparition ? Une personne qui s’est faite la malle ? Une mort naturelle ? Le passé est obscur et, tel un voile opaque, refuse de se déchirer dans la mémoire de Gwenda.

Pourtant, cette jeune femme a tout de même des souvenirs de faits qui se sont produits lorsqu’lle avait 3 ans. Je ne sais pas pour vous, mais j’ai encore quelques souvenirs de mes 5 ans, mais je ne puis garantir qu’ils soient le fait de souvenirs réels ou fabriqué dans ma mémoire après qu’on me les ait tant de fois raconté.

Voilà un roman de la reine du crime qui change des habituels car il y a une montée de l’angoisse, sans pour autant égaler Hitchock, des sombres histoires que Gwenda va déterrer au fur et à mesure et, comme l’avait prévenue Miss Marple, il n’est pas toujours bon de fouiller dans le passé. C’est même foutrement dangereux !

Une fois de plus, je n’ai pas vu venir la personne coupable mais mon palpitant a augmenté ses battements sur le final.

Moi qui n’était pas fan de Miss Marple, moi qui évitais les romans avec elle, voilà qu’en commençant par la fin de ses enquêtes, je deviens intéressée par ses aventures de tricoteuse.

Attention, le détective moustachu Belge reste mon chouchou chez la reine du crime !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°236 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Les Enquêtes d’Agatha Raisin – Tome 21 – Trouble fête : M.C Beaton [Par Dame Ida, Agatheuse Confinée]

Titre : Les Enquêtes d’Agatha Raisin – Tome 21 – Trouble fête

Auteur : M.C Beaton
Édition : Albin Michel (26/02/2020)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 21: And the Busy Body (2010)
Traduction :

Intro Babelio :
Le Noël qui s’annonce dans le village de Carsely sent le sapin… John Sunday, membre de la Commission de santé et de sécurité, menace de mettre fin aux traditions si chères aux habitants.

L’arbre de Noël sur le toit de l’église ? Un danger public. Les décorations accrochées aux réverbères? Inutiles. Les jouets réalisés par une villageoise ? Nocifs pour les enfants.

Foutaises ! protestent les membres de la Société des dames du village : il faut mettre ce trouble-fête hors d’état de nuire !

Qu’à cela ne tienne : son corps est retrouvé, lardé, tel un gigot, à coups de couteau de cuisine. Agatha n’a pas une minute à perdre pour trouver le coupable… et sauver la fête.

Mon avis :
Il semble de Mrs BEATON aimait particulièrement les fêtes de Noël… Au moins autant qu’Agatha les déteste. Certes, cela revient tous les ans, mais tout de même…

Anybref, Agatha s’exile en Corse pour éviter ces fêtes qui lui rappellent à quel point elle seule…

Mais la saison touristique étant creuse, les restaurants étant fermés, et sa hanche arthritique étant trop mise à l’épreuve par les petits sentiers abrupts de l’île de Beauté, Agatha revient à Carsely, surprise de voir son village privé des décorations et illuminations de saison.

Évidemment, quand Agatha ne comprend pas ce qui se passe dans le village, elle va très vite voir son amie, Mrs Blowsby, l’épouse du pasteur local.

Elle apprend donc qu’un certain John Sunday, agent zélé de la commission de santé de sécurité a décidé de contrarier autant de gens que possible, en jouissant de son petit pouvoir.

Le pouvoir de nuisance de ce monsieur est tel, qu’une réunion est organisée dans un village voisin, réunissant les victimes mécontentes de Sunday afin de voir comment mettre un terme à ses persécutions administratives.

Or, le voilà qui frappe au carreau, couvert de sang avant de s’effondrer.

La première suspecte, la nouvelle châtelaine du crû, nouvelle riche en diable et très imbue d’elle même, embauche Agatha pour essayer de lui faire prouver son innocence avant de finir elle-même pas mourir dans de curieuses circonstances après avoir prétendu savoir qui était le coupable…

Le fils de celle-ci vient embaucher Agatha qui se remet de l’opération de sa hanche trop longtemps reportée, en lui demandant de retrouver l’assassin de sa mère…

Agatha mène donc ses deux enquêtes de fronts, faisant face au décès d’une de ses employées, à la tentative de meurtre de son ami Roy Silver, puis d’un de ses détective, ainsi qu’à une campagne de diffamation qui ne restera pas impunie…

Ce qui est bien avec Agatha, c’est qu’on ne s’ennuie pas. Et je l’aime toujours autant notre Agatha, même si la voilà encore repartie dans ses cogitations amoureuses que j’avais trouvées un peu lassantes à la longue.

Mais, je ne dis trop rien pour ce volume car cela ne nuit en rien à l’intrigue à tiroirs et rebondissements multiples, qui conduiront notre héroïne jusqu’en Amérique !

Une intrigue qui s’étalera sur plus d’une année nous faisant passer d’un Noël au suivant.

Cela étant, en 21 volumes plus un hors série… il y en a eu quelques uns de Noëls… Solitaires souvent, festifs parfois… Et pourtant, Agatha est supposée avoir toujours le même âge, comme si Carsely était lové au creux d’une boucle temporelle…

Pas très crédible, certes, mais Agatha n’est-elle pas l’éternel féminin ?

Un cœur d’artichaut adolescent dans la poitrine d’une femme mûre et accomplie qui malgré son grain de folie peut parfois faire preuve de la gravité et de la clairvoyance du grand âge qui la menace comme nous l’indique sa hanche ?

Une fois de plus les Cotswolds sont une région du monde qui rivalise avec les pires favelas sud américaines en terme de mortalité par mort violente…

SPOILER : Nous n’aurons rien que… 10 morts dans cette enquête… 4 assassinés, 2 accidentés, 4 suicidés… et 3 assassins et deux complices ! Et je ne compte pas les deux tentatives de meurtre loupées de peu…

Quand on fait les comptes à tête reposée, j’avoue que ça fait un peu too much, mais ma fois… prise dans la lecture ça ne m’a pas gênée sur le moment… Je dois être aussi sanguinaire que l’auteure en fait…

Anybref, vous m’aurez comprise (depuis le temps que je le radote, si ça n’est pas le cas, consultez au plus vite un neurologue!), les enquêtes d’Agatha brillent plus par leur caractère divertissant et la brochette de personnages sympathiques ou au caractère bien campé qu’ils permettent de retrouver, que par leur crédibilité.

PS : puisque nous sommes le 25 avril, cela signifie que dans 8 mois, c’est Noël ! Je suis presque raccord… Et je vous ai pourri votre journée…

Les Enquêtes d’Agatha Raisin – Tome 20 – Voici venir la mariée : M.C Beaton [Par Dame Ida, Agatheuse Notoire et Bénévole]

Titre : Les Enquêtes d’Agatha Raisin – Tome 20 – Voici venir la mariée

Auteur : M.C Beaton
Édition : Albin Michel (26/02/2020)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 20: There Goes the Bride (2009)
Traduction :

Introduction Babelio :
C’est en traînant des pieds qu’Agatha Raisin se rend au mariage de son ex, James Lacey.

Elle en pince encore pour celui qui l’éclabousse avec son nouveau bonheur. Le jour des noces, coiffée de son plus beau chapeau, Agatha jubile de voir que l’autel est vide : la mariée n’est pas là !

Et pour cause, elle a été retrouvée avec une balle dans le corps avant même de pouvoir dire « oui ». Il n’en faut pas plus pour redonner à Agatha de l’espoir…avant que celui-ci ne retombe comme un pudding pas assez cuit lorsque la police décrète que la suspecte numéro un, c’est… elle !

Résumé :
Mais si ! Souvenez-vous ! Lors de sa dernière enquête, James avait osé annoncer à Agatha son prochain remariage avec Felicity Bross-Tilkington, une fabuleuse créature deux fois moins âgée qu’elle et dont il aurait lui-même pu être le père, voire le grand-père…

Souvenez-vous de cette pénible soirée de fiançailles à laquelle elle avait dû faire bonne figure malgré ses extensions capillaires qui se barraient les unes après les autres…

Et bien ça y est ! Le jour de la noce approche ! Avec Toni, sa jeune ancienne employée qui est allée monter sa propre agence de détectives pour voler de ses propres ailes, mais avec qui elle est restée amie, voici Agatha partie pour le petit bled où auront lieux la cérémonie, et les festivités.

Comme vous l’avez certainement déjà vu dans certains films made in US, l’usage est de faire une sorte de soirée avant la noce… Une soirée dont la vulgarité tranche quelque peu avec les airs de distinction que la nouvelle belle-famille de James Lacey se donne d’ailleurs…

Quelle idée ces strip-teaseurs nus sous leurs tabliers que les dames pourraient acheter aux enchères… Une soirée où Agatha s’ennuie ferme et où avec Toni elles ont la bonne idée de libérer les chiens de garde de la propriété histoire de bien mettre la pagaille, de gâcher la soirée et de pouvoir s’éclipser plus rapidement…

James n’avait pas l’air si enchanté de ce mariage, ayant soudainement des doutes de dernière seconde… Et Agatha a eu a bonne idée de lui conseiller de mettre une balle dans la tête de la future mariée, plaisanterie un peu stupide que les oreilles indiscrètes d’un strip-teaseur ont eu le malheur de capter…

Le malheur ? Et bien oui… Le lendemain matin, tandis qu’Agatha courre le centre-ville pour se trouver un chapeau bien comme il faut à arborer à un mariage chichiteux, accessoire qu’elle avait négligé d’emporter avec elle, la mariée se prend effectivement une balle dans la tête. Forcément Agatha se trouve une fois dans le collimateur de la police…

Et de plus en plus quand à mesure que cette enquête progresse, Agatha découvre d’autres cadavres les uns après les autres…

Mon avis :
Une intrigue plutôt sympathique à lire, quoi que parfois légèrement prévisible, qui nous baladera en Turquie, en Espagne, en France et bien évidemment dans les Cotswolds…

Agatha reste fidèle à elle-même : grincheuse, bourrue, incertaine dans sa féminité, déterminée, inconstante mais aussi pas toujours aussi avisée qu’elle le croit, et entourée d’une bonne équipe d’amis prêts à lui sauver la mise, et qu’on a bien évidemment plaisir à retrouver.

Ces derniers volumes, les fureurs libidinales d’Agatha étaient en pause relative, et c’était tant mieux parce que l’obsession agathesque pour la quête d’un mari étaient devenue quelque peu lassante. Dans ce volume, ces fureurs semblent s’être réveillées.

Ce n’est pas si grave dans l’absolu car ce qui est lassant, c’est la répétition au fil des volumes.

Toutefois, dans le cas présent j’ai trouvé assez maladroit la façon dont la regrettée auteure a prolongé le livre, au-delà de la résolution de l’énigme, dans un interminable épilogue centré sur la vie sentimentale d’Agatha, ou sur ses tergiversations sur l’avenir de son agence…

Comme je l’ai déjà dit par ailleurs, si je voulais des histoires d’amour, j’irai lire des livres de la collection Margoulin, ou des Barbara Tartland…

Autant je trouve que de parler des sentiments d’Agatha puissent se justifier dans une aventure où l’homme qu’elle a poursuivi de ses assiduités au long de je ne sais combien de volumes, épousé et qui l’a quittée, est censé se remarier…

Autant je peux comprendre que ça puisse la démanger… autant j’ai du mal avec l’idée que cette thématique finisse par être traitée au-delà de l’intrigue qui construit le livre.

Mais bon… ça n’est que mon humble avis… J’ai du mal avec les livres qui n’en finissent pas de finir… surtout quand je me doute que ça ne mènera pas à grand-chose de plus…

Quoi qu’il en soit… malgré tout, ce volume n’était pas si mal et en ces temps de confinement, il a su me divertir davantage que la télé !

Agatha Raisin enquête – Tome 2 – Remède de cheval : M.C Beaton

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 2 – Remède de cheval

Auteur : M.C Beaton (Marion Chesney)
Édition : Albin Michel (01/06/2016)

Résumé :
Après la pluie, le beau temps ! Agatha Raisin est désormais bien installée dans son cottage de Carsely en compagnie de ses deux chats.

Cerise sur le pudding, le nouveau vétérinaire du village ne semble pas insensible à ses charmes.

Quand le beau véto succombe à une injection de tranquillisant destinée à un cheval rétif, la police locale conclut à un malencontreux accident.

Mais pour Agatha, dont le flair a permis de résoudre l’affaire de La Quiche fatale, il s’agit bien d’un meurtre. A l’étonnement de tous, le séduisant colonel James Lacey partage pour une fois l’avis de son entreprenante voisine.

Et nos deux détectives-amateurs se lancent dans une enquête bien plus périlleuse qu’ils ne l’imaginaient…

Critique :
Lire Agatha Raisin, c’est comme manger un paquet de chips : on sait que ce n’est pas de la véritable nourriture, mais on ne peut s’empêcher de retourner dans le paquet….

Certes, la mère Agatha est moins mauvaise pour la santé que les chips, mais ce n’est pas avec ce genre de lecture que vous allez vous nourrir intellectuellement.

C’est gras, riche en calories, et j’adore, tout simplement car c’est une lecture parfaite pour les vacances, lorsqu’on est au bord de la piscine à se faire rôtir la couenne.

Agatha ne change pas vraiment, elle est toujours aussi râleuse, jalouse, mal élevée, elle dit tout haut ce que d’autres auraient le bon sens de penser tout bas et elle n’hésite pas à mettre les deux pieds dans le plat.

Pourtant, notre quinquagénaire a déjà fait des efforts depuis qu’elle s’est installée dans les Costwolds et dans un charmant petit village où je pense que je me ferais chier comme un rat mort. Un peu comme Agatha, sauf qu’elle s’adapte tout de même à cette vie de village et des réunions des dames de la paroisse.

Ça se lit vite, très vite, d’une traite, avec un petit sourire durant sa lecture en découvrant les péripéties de notre chère Agatha qui a la diplomatie d’un éléphant éternuant dans un petit magasin de porcelaine.

Et puis, la voir se comporter comme une collégienne en chaleur devant son beau et séduisant voisin, James Lacey, se faire des films en s’imaginant l’épouser, l’embrasser, ou plus, si affinités.

Pas de bol, le séduisant militaire retraité est plus tenté pour jouer au Sherlock Holmes qu’au Rocco Sifredi…

Alors oui, ce n’est pas de la grande littérature, ni pour autant de la littérature de gare parce que c’est tout de même bien fichu, les personnages sont plaisants, Agatha sort de l’ordinaire, elle a un caractère à la Angela Merkel un soir de discussion importante lors d’un sommet européen, elle ne lâche rien, elle fonce bille en tête et c’est  pour cela qu’on l’adore, sans aucun doute.

Une lecture fort plaisante qui rempli son rôle : faire passer au lecteur un moment de détente fort agréable, sans se prendre la tête, les doigts de pieds en éventail et un ou deux mojitos à portée de main.

 

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Dix petits nègres : Agatha Christie

Titre : Dix petits nègres

Auteur : Agatha Christie
Édition : Le Masque (1939) / Livre de Poche (2004) / …

Résumé :
Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l’île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent.

Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités.

Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l’élimination minutieuse de dix petits nègres.

Après le premier repas, une voix mystérieuse s’élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes.

Un des convives s’étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît.

Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte.

Le coupable se cache-t-il dans l’île, parmi les convives ?

Petit plus : Une poignée de personnages admirablement campés, une ambiance tendue, un suspense à couper le souffle et une fin complètement inattendue…

La reine du crime nous livre ici un classique de la littérature policière !

Critique :
Peut-on être fan de romans policiers et ne pas lire la reine du crime, j’ai nommé : Agatha Christie ? Difficile…

De toute façon, on ne peut pas lire Agatha Christie sans passer par « Dix petits nègres ».

Il ne fut pas mon premier livre de cette auteur, mais une fois que j’ai entamé celui-là, j’ai eu du mal à m’en détacher, au point que, lorsque ma mère avait crié « à table » je m’étais dirigée à la cuisine et continuant de lire, comptant bien lire en mangeant (un de mes vices).

Ce dont il ne fut pas question ! Non, je ne lirais pas à table, non je ne sauterais pas le repas non plus. La mort dans l’âme, j’avais posé le livre et dévoré mon assiette pour le reprendre plus vite.

Il fait partie des livres dont j’ai eu le plus difficile de me détacher.

D’ailleurs, plus de 20 ans après, je me souviens toujours du coupable et du pourquoi.

Histoire haletante, huis clos dantesque, suspense, frissons, questions, aussi, sur le pourquoi tous ces gens sont réunis et sur ce qu’ils ont fait.

Oui, ils sont tous coupables d’une chose où l’autre, ont du sang sur les mains, de manière directe ou indirecte…

Par exemple, les Rogers n’ont pas assassiné Jennifer Brady, dans le sens qu’ils ne lui ont pas donné un coup de couteau. Ils se sont contentés de ne pas agir pour la sauver.

L’absence de Poirot avait failli me dissuader d’acheter ce roman, mais je m’étais dit que « oh, après tout, on verra bien ». J’avais tout à fait raison !

L’ambiance du livre est lourde, le climat paranoïaque, le huis clos pesant entre les protagonistes, le compte à rebours est implacable et il décompte les gens qui restent sur l’île, le suspense est présent de bout en bout, et ce, jusqu’au bout.

Ne croyez pas que tout est fini dans les dernières lignes tant que vous n’avez pas vu le mot « fin ».

Et le dénouement était à la hauteur de mes espérances, même au-delà puisqu’il me fit l’effet d’un uppercut dans la mâchoire, n’ayant rien vu venir.

Bref, la reine du crime a frappé un grand coup avec ce roman devenu culte.

Et que dire des liens entre les dix phrases qui étaient inscrites sur le tableau et les meurtres qui ont suivi ? Du grand art, tout simplement.

C’est vraiment un excellent livre à lire et je trouve que c’est le meilleur de tous les livres d’Agatha Christie.

transfert OK

L’Affaire Nicolas Le Floch : Jean-François Parot [Nicolas Le Floch 4]

Titre : L’Affaire Nicolas Le Floch

Auteur : J-F Parot
Édition: 10-18 (2004)

Résumé :
En ce mois de janvier 1774, Nicolas Le Floch, le célèbre commissaire au Châtelet, est d’humeur sombre.

Sa maîtresse, la belle et capricieuse Julie de Lastérieux, est retrouvée empoisonnée et tous les indices le désignent comme coupable.

Qui cherche à compromettre le protégé du roi et du lieutenant général Sartine ?

Pour prouver son innocence et démêler les écheveaux de cette affaire qui met directement en péril la sûreté de l’Etat, Nicolas doit se cacher.

Au service du Secret du roi, il découvrira les cruelles subtilités des complots de cour.

Avec l’aide du fidèle inspecteur Bourdeau, tandis qu’entre Londres, Versailles et Paris les factions rivales s’affrontent, il devra déjouer bien des pièges.

Après « Le Fantôme de la rue Royale », c’est avec le même plaisir que nous retrouvons l’intrépide et talentueux Nicolas Le Floch dans une aventure sur fond de fin de règne, alors que la colère du peuple commence à gronder.

Critique :

Ouh, il l’a mauvaise, le Nicolas ! Colère noire, même. Jalousie ? Oui, un peu. On lui pardonne, voir sa maîtresse minauder auprès d’une espèce d’éphèbe alors qu’elle l’avait sois disant invité pour un dîner en tête à tête… ça la fou mal. Il claque la porte.

Pour les ignorants du fond de la classe, je parle de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet (Paris – nous sommes en 1774) et pas du lutin dont la femme chante à voix basse !

Ah, mon Nico, tu n’aurais pas dû retourner chez cette pouffiasse en pensant que tu allais te réconcilier… Tu l’as bien vu, elle faisait la fête bien que tu sois parti. Et cette bouteille de vin, cet excellent Tokay, tu aurais mieux fait de l’oublier au lieu d’aller le récupérer dans la cuisine.

Gênant lorsque, à votre réveil, on vous annonce que votre maîtresse est plus raide que la Justice et plus morte que morte. Empoisonnée, la bougresse.

Qui c’est qui est soupçonné ?? Nicolas ! Toutes les preuves convergent (un mot que j’adore) vers lui. Toutes ? Oui, toutes. Un peu louche, non ?

Nicolas sur la sellette, c’était inattendu. Sartine qui l’envoie au vert, encore plus, bien qu’il le soutienne et croit en son innocence. Quant à l’inspecteur Bourdeau, il fait en sorte de grimer Nicolas pour qu’il enquête lui-même sur son affaire.

Je m’attendais à une plus forte cabale contre Nicolas, mais elle ne prend pas beaucoup de pages sur les 393 que compte le livre.

L’enquête avance et puis, bardaf, plus haut, on leur met des bâtons dans les roues pour qu’ils arrêtent d’enquêter. Le pouvoir était aussi corrompu que celui de maintenant, pas d’Internet pour propager les rumeurs, mais malgré tout, la populace gronde de plus en plus contre son roi, le numéro XV.

Là-dessus, l’enquête est mise en veilleuse et le roman prend une autre tournure, Nicolas Le Floch se transformant en James Bond – l’Aston Martin et les gadgets en moins – et le voilà parti jouer l’espion à Londres, chevalier d’Eon et tentatives de meurtres comprises dans le prix.

A ce moment là, je ne comprenais pas très bien où l’auteur voulait en venir… La fin vous l’expliquera.

Les personnages sont fidèles, ils évoluent et on voit que les liens qui les unissent sont plus fort que lors de la première enquête. 14 ans ont passé et Le Floch a prouvé sa valeur en tant que commissaire incorruptible.

Sartine, le lieutenant général m’étonnera toujours. Derrière ses manières bourrues, on sent bien qu’il a de l’estime pour son commissaire. Il lui fera comprendre par petites touches, sans pour autant ôter sa carapace. Je l’aime bien, lui.

Le Paris de l’époque est bien rendu, le langage utilisé est d’époque, subjonctif imparfait usité (dont celui du verbe « recevoir »), tournures de phrase dont nous n’avons pas l’habitude, descriptions de recettes de cuisine, des bons mots, la vie de parisiens – avec ses petites misères – nous est décrite et on a même le droit de rentrer dans le Versailles de cette fin du XVIIIème siècle…

Tout cela vous fait voyager dans le temps plus vrai que nature.

Par contre, un passage que j’ai moins aimé, c’est la lente et looongue agonie de Louis XV, tué par la petite vérole. J’ai zappé quelques lignes et je ne lui ai pas tenu la main (risque de contagion !).

Bon, je veux bien que je suis dans un « polar historique » et que de ce fait, je sais que je vais manger de l’Histoire, mais faudrait pas oublier le côté « polar » ! Je n’ai rien contre le reste, mais l’auteur aurait pu faire agoniser le roi en moins de pages.

Ah ben tiens, l’enquête principale redémarra grâce à la mort du Roi. Surtout à cause du changement de pouvoir, parce que le roi avait Le Floch a la bonne.

Enfin, ça bouge un peu, du côté de nos policiers, ça complote, ça tend des pièges, ça fait des filatures et « fiat lux » !

Quand Nicolas explique tout, on comprend mieux…

Le livre est agréable, historiquement bien foutu, mais il souffre d’un essoufflement au moment du voyage de Nicolas à Londres et lors de la mort du roi.

Comme je vous le disait, au début de ma lecture, je pensais que Nicolas serait mit plus à mal par les accusations d’empoisonnement.

Heureusement que non, parce quand on apprend, durant notre lecture, ce que l’on faisait aux suspects et à quel genre de simulacre de procès ils avaient droit, on en frémit ! On intruisait uniquement à charge…

3 étoiles, 1 de perdue à cause des passages plus lent. Oui, je chicane, mais j’ai hâte de retrouver mon commissaire et sa nouvelle assistante féline, sans parler de son… Je sens que je ne vais pas m’embêter !

Livre participant aux Challenges « Thrillers et polars » de Liliba, « Polar Historique » de Samlor, à l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur.