Misery : Stephen King

Titre : Misery

Auteur : Stephen King
Édition : J’ai Lu (1995) / Livre de Poche (2002-2013)
Édition Originale : Misery (1987)
Traducteur : William Olivier Desmond

Résumé :
Misery Chastain est morte. Paul Sheldon l’a tuée avec plaisir. Tout cela est bien normal, puisque Misery Chastain est sa créature, le personnage principal de ses romans.

Elle lui a rapporté beaucoup d’argent, mais l’a aussi étouffé : sa mort l’a enfin libéré. Maintenant, il peut écrire un nouveau livre.

Un accident de voiture le laisse paralysé aux mains d’Annie Wilkes, l’infirmière qui le soigne chez elle. Une infirmière parfaite qui adore ses livres mais ne lui pardonne pas d’avoir fait mourir Misery Chastain.

Alors, cloué dans sa chaise roulante, Paul Sheldon fait revivre Misery. Il n’a pas le choix…

Critique :
Paul Sheldon est un écrivain qui, après avoir décidé de tuer son héroïne « Misery » est victime d’un accident de voiture, dans un coin perdu… comme par hasard !

La femme qui le sauve et qui, soit dit en passant, est très compétente dans le rôle de l’infirmière (mais pas « infirmière cochonne » désolée) est frappa-dingue.

Totalement addict et in love du personnage de Sheldon, elle lui en veut (le mot est faible) d’avoir fait passer de vie littéraire à trépas son héroïne.

Alors, le mettant devant le fait accompli (et devant une machine à écrire), elle le force à ressusciter son personnage.

Et de manière plausible, s’il vous plaît ! Sheldon apprendra à ses dépends qu’on ne plaisante pas avec madame l’infirmière frappa-dingue.

Huis clos infernal, dantesque, exceptionnel entre ces deux là : la victime et sa tortionnaire, entrecoupés des passages où Sheldon fait revivre son personnage, contrastant farouchement avec le style sombre, violent, oppressant de Stephen King puisque « Misery » fait partie de la littérature à l’eau de rose.

On peut difficilement reposer le livre, par contre, on serre les dents lorsque madame Infirmière Barbare s’amuse à faire mal à l’écrivain. On ne risque pas de l’entendre hurler, ils sont dans un trou perdu.

En tout cas, les sévices de font pas dans la dentelle.

Une plongée dans l’univers de King d’où vous ressortirez secoué, ébranlé, comme je le fus il y a très, très longtemps.

 

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Nana : Émile Zola – Dans la collection « Les Vieilleries de Dame Ida » [Fiche de lecture non académique]

Titre : Nana – Les Rougon-Macquart – Tome 9

Auteur : Émile Zola
Édition : Le Livre de Poche (31/08/2003)

Résumé :
Zola brûlait d’écrire Nana.

« Je crois que ce sera bien raide. Je veux tout dire, et il y a des choses bien grosses. Vous serez content de la façon paternelle et bourgeoise dont je vais peindre les bonnes filles de joie. »

En fait de joie, l’actrice, Nana, dévore les hommes, croque les héritages et plonge les familles dans le désespoir.

Belle et prodigue, elle mène une danse diabolique dans le Paris des lettres, de la finance et du plaisir. En se détruisant elle-même, elle donne le coup de grâce à une société condamnée, détestée par Zola.

Neuvième volume de la série des Rougon-Macquart, Nana est le plus enivrant d’érotisme et de passion déchaînée.

« Nana tourne au mythe, sans cesser d’être réelle. Cette création est babylonienne. » Flaubert

Le résumé de Dame Ida :
Vous vous souvenez de la Gervaise Macquart de l’Assomoir ? Nan ? L’avez pas lu ? Et ben c’est pas grave puisque c’est de sa fille qu’on va parler aujourd’hui.

Ben oui, le Zola il est comme ça… Quand il commence à écrire, c’est pour vous déployer toute l’histoire d’un arbre généalogique de cassos… Les Rougon-Macquart…

Bref, la Gervaise elle a eu un mioche avec le père Coupeau et comme c’était une pisseuse, ils l’ont appelée Anna, qui est vite devenue Nana, la p’tite nana bien connue des messieurs puisqu’en cloque à 16 ans, elle a eu un p’tit garçon qu’elle a refilé à une nourrice et elle est partie battre le bitume à Paris et se faire entretenir par des messieurs un peu plus fortunés pour l’élever.

Petit commentaire à ma façon au passage… On bosse toutes pour élever nos mioches… Et on est pas obligé de faire le plus vieux métier du monde pour autant… d’autant qu’à l’époque de Nana… à 16 ans, il y a bien longtemps que les jeunes étaient partis bosser quand les parents n’étaient pas pétés de thunes, puisque c’était la seule condition pour aller à l’école.

Ceci étant dit revenons-en à nos moutons, ou plutôt à notre Nana qui tond les vieux boucs comme des moutons.

Ben ouais, parce qu’elle n’est tout de même pas vilaine la Nana. Au point que bien qu’elle chante aussi faux qu’une meule rouillée, on lui propose un rôle dans une opérette.

Et pas n’importe lequel : le rôle de Vénus ! Et comme il est prévu qu’elle se pavane sur scène pratiquement nue, le public composé majoritairement de mecs applaudit aux éclats, oubliant que sa voix vous scie les tympans et les fait saigner… et que leurs femmes fuient la salle épouvantées !

Elle se maque avec un des comédiens de la troupe, et elle aurait pu mener une vie de ménagère parfaite si ce salaud ne l’avait pas battue comme du plâtre et fait porter les cornes.

Alors elle se barre (enfin, c’est surtout qu’il la fout dehors pour la remplacer par sa nouvelle pouffiasse), se lie avec une certaine Satin, amatrice de tarte aux poils et périprostipute professionnelle de son état.

Il ne faut rien de plus que cette mauvaise influence pour que Nana et reprenne le tapin avec sa nouvelle maîtresse.

Marion Game & Véronique Genest (1981)

Après avoir bouffé tous ses ronds, elle accepte de devenir la cocotte du Comte Muffat, c’est-à-dire de signer un contrat d’exclusivité pour ne prodiguer qu’à lui ses services sexuels en échange d’un toit, et d’une somme assez rondelette pour vivre très décemment, et se changer quinze fois par jour avec des robes hors de prix que même feu Karl Lagerfeld n’aurait pas osé imaginer.

Ben oui, à cette époque, un mec qui avait réussi dans la vie, il n’avait pas encore de Rolex ou de grosse berline hors de prix pour exhiber son statut ! Il devait avoir une cocotte, belle, bien entretenue, pour la montrer à son bras en ville lors de ses sorties entre potes…

Sur quoi tu louches ??

Ben ouais, quand il sortait avec sa dame, ou allait avec elle à la messe… la cocotte restait au placard. Faut pas pousser non plus.

C’était les mœurs de l’époque d’ailleurs Stéphane Bern avait sorti un Secrets d’Histoire exprès sur les « Grandes Horizontales », c’est-à-dire sur les périprostiputes de luxe de l’époque qui amassaient des fortunes en diamants en ruinant ces vieux dégueux pleins de sous qui étaient obligés de payer pour s’envoyer en l’air vu qu’avec leurs légitimes, tout se faisait habillé, dans le noir entre un ave et deux paters, dans la position du missionnaire…

Et si Monsieur pouvait se dépêcher c’était pas plus mal parce que ces dames qu’ils avaient épousées pour leur dot, en bonnes catholiques, n’aimaient pas ça du tout.

Anybref, la voilà entretenue par le Comte Muffat, qui en public fait croire qu’il est un parangon de vertu (Hou là ! Comme je cause bien tout à coup ! Faut pas que je me relâche !), devient le petit toutou à sa Nana, qui prend des amants à la pelle (et les sous de ses amants… rien est gratuit… attention !) et renoue avec son béguin lesbien qu’est la Satin.

L’un d’entre eux, un certain Comte en banque… heu non… de Vandeuvres, appelle une pouliche Nana et la fait courir à l’hippodrome en son honneur, et la bestiole gagne.

Sauf qu’il est accusé de tricherie, se suicide en mettant le feu à son écurie, un de ses amants est arrêté pour détournements de fonds pour payer ses passes chez Nana, le très jeune frère de celui-ci que Nana a dépucelé au passage, se suicide, transi d’amuuuuur pour elle…

Et son Comte Muffat finit lui aussi totalement sur la paille après qu’elle lui ait fait financer un lit spectaculaire tout en bronze doré, aussi orné que l’autel d’une cathédrale dans laquelle on célèbrerait de drôles de messes païennes !

Ben attends ! À gagner sa vie couchée, autant le faire confortablement en pétant dans la soie, la Satin et le velours !

Pour la petite histoire sachez qu’une courtisane ayant réellement existé à cette époque, une certaine Valtesse de la Bigne, s’était fait faire un tel lit que l’on peut aller admirer au musée des arts décoratifs de Paris aujourd’hui…

Car la Nana de Zola, c’est une sorte de cocktail réunissant le parcours de plusieurs cocottes de la fin du second empire : Valtesse de la Bigne, Delphine de Lizy, Cora Pearl, Hortense Schneider, Anna Deslions…

Et la figure du comte Muffat est l’archétype du pigeon, qui prend pour tous les autres volatiles de son espèces qui sont allés claquer la dot de leur femme, l’assurance vie des enfants, leur plan d’études, la paye de leurs employés et leurs arriérés d’impôts chez ces dames de petite vertu…

Tout ça pour dire que partout où Nana passe, les mecs et les fortunes trépassent ! Que de scandales ! Voici, Gala, Coins de rue – Images Immondes en auraient fait leurs choux gras.

Comme Nana dépense sans compter, elle aussi finit endettée, et elle doit vendre tous ses trucs aux enchères, même son baisodrome de compétition de lit et se retirer à la campagne ou, la morale sera sauve : elle trépasse à dix-huit ans à peine, emportée par la variole, totalement défigurée, et ruinée.

C’est bien fait ! Elle n’allait tout de même pas emporter au paradis son lit et toute la thune qu’elle avait piquée en couchant avec des vieucs ! Non mais !

MON HUMBLE AVIS :
Si vous ne devez lire qu’un seul Zola dans votre vie, lisez celui-là.

Le thème est léger, la prose parfois acide et délicieuse (j’adooooore la première phrase du chapitre deux « Et Nana devint une femme chic, marquise des hauts-trottoirs, rentière de la bêtise et de la luxure des mâles » – je cite de mémoire… y a p’t’être des erreurs…), et Zola révèle, que dis-je, dénonce les mœurs hypocrites des grands bourgeois de cette époque, qui étaient censés être fourrés à la messe tous les dimanche, se voulaient conservateurs, attachés à l’ordre de leur établi (oui, je sais… c’est pas tout à fait comme ça que ça s’écrit!) etc… et qui entre copains jouaient à qui se taperait la périprotipute la plus chère de Paris !

Un pur délice !

J’ai kiffé grave la race de ma mémère, et je vous recommande ce bouquin de toute urgence…

En plus il est pas très épais et écrit assez gros, même s’il y a pas d’images (c’est dommage d’ailleurs… mais sur internet on pourra trouver tout ce qu’on veut en matière d’illustrations…) !

 

Harry Potter – Tome 2 – Harry Potter et la chambre des secrets ‭:‬ J.K. Rowling [LC avec Bianca]

Titre : Harry Potter et la chambre des secrets [Harry Potter – Tome 2]

Auteur : J.K. Rowling
Édition : Folio Junior (2001) / Gallimard Jeunesse (07/02/2019)
Édition Originale : Harry Potter, book 2 : Harry Potter and the Chamber of Secrets (1998)
Traducteur : Jean-François Ménard

Résumé :
Une rentrée fracassante en voiture volante, une étrange malédiction qui s’abat sur les élèves, cette deuxième année à l’école des sorciers ne s’annonce pas de tout repos !

Entre les cours de potion magique, les matches de Quidditch et les combats de mauvais sorts, Harry trouvera-t-il le temps de percer le mystère de la Chambre des Secrets ? Un livre magique pour sorciers confirmés.

Critique :
Retour aux sources puisque j’avais commencé à lire la saga Harry Potter avec le tome 2 puisque j’allais aller voir le tome 1 au cinéma avec ma petite sœur.

Pour info, je ne VOULAIS PAS lire ces romans, les pensant pour les enfants ou dénués de choses intéressantes, mais, ayant terminé mon livre et n’ayant rien d’autre à lire pour mon retour en train, ma frangine me l’avait déposé sur la table avec cet ordre : LIS-LE !

Sale gosse, va ! Même plus le respect de son aînée !

Bon, pour la petite histoire, une fois que j’avais mis le pied à Poudlard et participé aux aventures de la chambre secrète, je sautillais partout en criant « Je veux le tome 3, je veux le tome 3 » et comme tous les autres addict de la saga, je me ruais sur le tome suivant (mais jamais à minuit !).

Cette relecture fut  une excellente idée car ma mémoire avait oublié certaines choses, comme l’arrivée de Dobby, l’elfe de maison (un esclave) qui prévient Harry d’un grand danger et qui, en voulant à tout prix le protéger, met sa vie en danger.

Et puis, le nouveau professeur de défense contre les forces du mal est le très charismatique écrivain Gilderoy Lockhart, adulé par son lectorat féminin, 5 fois gagnant du plus beau sourire, mais hyper ridicule et terriblement incompétent. Un régal. Presque aussi drôle que les jumeaux Weasley.

Mettons de suite les choses au point pour ceux ou celles qui ne le sauraient pas encore : non, Harry Potter ce n’est pas QUE pour les enfants et oui, c’est bien plus subtil qu’on pourrait le penser de prime abord car J.K Rowling a développé un univers merveilleux tout en faisant des parallèles avec le nôtre, dépourvu de magie, notamment avec l’horrible concept des sorciers de sang pur et ceux de sang impur que certains voudraient qu’il abreuve nos sillons.

Un terrible air de déjà-vu, ces sorciers qui se pensent supérieurs à d’autres en raison de leurs origines et surtout, de leur race. Ne manque plus que les bruit de bottes, les pogroms et les autodafés.

Pour ces derniers, paraît qu’on y est déjà puisque des prêtres polonais ont mis au bûcher les romans de Harry Potter car il y a de la magie et des amulettes. Certains ont dû boire autre chose que du vin de messe.

Anybref, Harry Potter, c’est un univers enchanté et enchanteur, sans pour autant être niais car même si certains concept seront hermétiques aux plus jeunes, ils sont tout de même assez grand que pour comprendre qu’on ne s’attaque pas à des sorciers sous prétextes qu’ils viennent de familles Moldues et non de lignées de sorciers.

Harry Potter, ce sont des personnages sympathiques pour certains et antipathiques pour d’autres, bien que mes envies de meurtres pour les personnages de Severus Rogue et Drago Malefoy puisque je sais tout pour le premier et que le second n’est jamais qu’un pauvre gamin de merde qui, ne trouvant pas sa place face à un père aussi exigeant que le sien, n’a de cesse que de prendre des amis médiocres qu’il domine et à emmerder les autres pour se sentir exister.

Harry Potter c’est aussi un univers avec de l’humour, des énigmes, des enquêtes, des mystères, du suspense, des potions magiques, des aventures bourrées de rythme, la vie de tous les jours à l’école de sorcellerie dont on aimerait encore en avoir plus mais aussi des tomes qui vont devenir de plus en plus sombre au fur et à mesure que nos héros vont grandir, avec en point d’orgue, ZE combat dantesque dans le tome 7.

Comme le disait si bien l’autre nain « J’vais vous dire, moi,… que je suis contente d’avoir eu l’idée de relire tous les Harry Potter et encore plus contente de les relire avec Bianca pour nos LC. En plus, elle adore comme moi, vous le constaterez en lisant sa chronique dont le lien est dans son nom.

Vivement le 3, c’est mon préféré, mon chouchou !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Belphegor : Dans la collection « Les Vieilleries de Dame Ida » [1/2]

Titre : Belphégor

Auteur : Arthur Bernède
Édition : Le Livre de Poche (2001/2006)
Date de publication originale : 1927

Quand on est une vieille mégère de presque cinquante ans, forcément on est censée aimer les vieilleries ! Mes ados se chargent d’ailleurs assez régulièrement de me le rappeler…

Alors pour être parfaitement raccord avec ce que je suis censée être, moi, Dame Ida, décide dorénavant de me consacrer aux antiquités littéraires, aux vieux trucs qui prennent la poussière et qui moisissent sur le dessus oublié de la bibliothèque, ou dans le bas du fond !

Pour poursuivre ma collection inaugurée avec une fiche de lecture non académique de Madame Bovary, je vous ai tiré de derrière les fagots, un vieux machin qui a étrangement traversé les époques depuis que son auteur a jeté les premières lignes de son histoire.

Et franchement… Ben on se demande bien pourquoi ! Ben ouais… le bouquin était loin d’être terrible en fait!

En effet, Arthur Bernède n’imaginait pas que ce petit romain feuilleton publié dans le Petit Parisien en 1927, serait ensuite adapté pour la radio, puis en film de cinéma muet la même année puis en série télévisée en 1965, puis à nouveau en film en 2001…

Et je vous passe la série de dessin animé, la BD, le manga et même les chansons ou groupes de métal qui ont choisi le nom de cette divinité démoniaque moabite pour titre ou nom de groupe !

En 1967, un autre film, « la Malédiction de Belphégor »,  surfant sur le succès de la série, transporte le fantôme du Louvre à l’Opéra de Toulon… mais il n’est pas resté dans les mémoires…

Pas davantage que la 27e fable du livre 12 des fables de La Fontaine pourtant antérieure à toute la bande… On nous l’a pas fait apprendre à l’école celle-là !

Ma rencontre personnelle avec Belphégor est une jolie histoire familiale puisqu’en 1965, lors de la sortie de la série télé consacrée à ce fantôme hantant les allées du Louvre, mes chers parents se préparaient à se marier et la sœur de ma Môman lui confectionnait sa magnifique robe de blanche de princesse pour le défilé haute couture dans l’allée centrale de l’église.

Entre deux séances de coutures ou d’essayage, la dite robe était pendue dans le salon sous une housse sombre, la cachant à la vue du fiancé quand il passait par là… donnant une forme fantomatique à la robe qui finit par être surnommée Belphégor, puisque c’était la série à succès du moment, et que Belphégor, tout fantôme qu’il soit, est censé être tout en noir.

Quoi ? Je vous raconte ma vie ? Ouais… Mais comme dit en substance Patachou dans le Belphégor de 2001, « les gens qui me connaissent, ils la connaissent déjà ma vie, et ça les emmerde »…

Alors je m’en prends à vous ! Après tout ? Qui sait ? Vous pourriez la trouver passionnante, non ? Et puis… les vieilles qui aiment les vieilles histoires du temps où l’imprimerie était à peine rodée et où la vie était encore en noir et blanc, c’est censé radoter, non ?

Anybref ! Revenons-en à Belphégor !

Sous ce seul nom j’ai exploré le roman feuilleton original, revu la série de 1965, puis le film de 2001.

Excusez-moi de ne pas vous parler des dessins animés, mangas ou BD… mais c’est trop moderne pour moi ! Et puis, avec ces trois « œuvres » j’ai déjà de quoi nous occuper un petit peu.

Pour des raisons de format de publication et ne pas vous épuiser trop vite, Belette et moi avons fait le choix de couper l’article original en deux parties, et aujourd’hui nous ne parlerons que du roman de Bernède.

Belphégor, roman feuilleton d’Arthur Bernède (1927) – adapté la même année en film muet et en pièce radiophonique

Ce Belphégor, le vrai, l’original, raconte l’histoire de Jacques Bellegarde un journaliste très connu du Petit Parisien, emberlificoté dans une relation compliquée avec Simone, une jeune bourgeoise déconcertante et horripilante qui gaspille son héritage en jouant à l’artiste sans grand succès, et régnant sur sa petite cour mondaine.

Ah oui, on est dans le grand monde ici… Tout le monde habite un hôtel particulier ! Même le célébrissime détective privé Chantecoq, père de la délicieuse Colette qui va finir par taper dans l’œil du Jacot…

Or donc, dans la salle des dieux barbares du Louvre, les gardiens aperçoivent nuitamment le fantôme sombre qui hante les allées et s’en prend à la statue du dieu Moabite Belphégor qu’il renverse de son socle…

On le fait fuir une première fois, mais il revient et zigouille le gardien Sabarat.

Évidemment le reporter Jacques Bellegarde qui est au fait du summum du faîte du sommet de sa gloire de grand reporter au sein du microcosme parisien décide d’éclaircir cette affaire, bien décidé à ne pas perdre son temps de croire aux fantômes, malgré les lettres signées Belphégor le dissuadant d’enquêter.

Mais voilà que des indices étranges relevant d’un coup monté vicieusement ourdi feraient croire au commissaire Ménardier chargé de résoudre l’enquête que Bellegarde serait lui-même Belphégor !

Heureusement que le jeune homme peut compter sur le soutien indéfectible du détective excentrique Chantecoq, adepte des déguisements et de la loupe à l’instar d’un certain Sherlock Holmes, et qui voit en Bellegarde un innocent accusé à tort doublé d’un fiancé potable pour sa Colette…

Ce que j’en ai pensé…
Ben… C’est une vieillerie… Donc il faut lire ce roman avec un regard ouvert et « contextuel ».

On notera l’autopromotion du journal « Le Petit Parisien » qui publie dans ses pages une enquête fictive menée par un de ses journalistes qui n’existe pas…

On se fatiguera un peu du style assez bateau du roman, plein de clichés même pour l’époque, même s’il use et abuse de l’imparfait du subjonctif pour se donner un côté littéraire.

Trouvant que celui-ci s’éternisait en longueurs et redites, ainsi qu’en passages censés être romantiques et frisant le cucul la praline, j’ai en effet vite deviné qu’il s’agissait d’un roman feuilleton publié dans un journal « populaire » et n’ai pas été étonnée de le vérifier sur Wikipedia.

Ce qui frappe d’emblée c’est qu’on est trèèèèèèès loin des adaptations qui suivront en 1965 et 2001 et qui surenchériront sur le registre du fantastique !

En outre, si certains noms reviennent entre la version de 1927 et celle de 1965 (mais absolument pas dans la version de 2001), ils sont déformés, modifiés, l’importance de certain personnages principaux ou secondaires est moindre, certains sont totalement transformés ou carrément supprimés.

La psychologie des personnages est assez sommaire, et le personnage de Chantecoq est quelque peu décevant. Il se voudrait être l’incarnation d’une sorte de Sherlock Holmes à la française, une sorte de héros quasi omniscient, implacable, sans faille… mais il manque cruellement de profondeur.

C’est en fait le personnage le plus décevant de la bande alors que justement on en aurait attendu beaucoup plus. Même le personnage de Bellegarde a des côtés assez fats… Je trouve…

On devait probablement encore être à cette époque amateur de héros à l’armure parfaite, sans tâches, restant sur leur quant à soi… ce qui les rend en réalité peu humains et peu réalistes.

Si l’on dépasse son côté un peu vieillot, et le style particulier du roman feuilleton de l’époque, on peut passer un bon moment avec ce roman dont l’intrigue est plutôt prenante et reserve un sacré rebondissement final.

Demain (ou après, mystèèèère), la suite avec :

  • « Belphégor ou le Fantôme du Louvre », feuilleton en noir et blanc (1965). Cette mini-série française était composée de quatre épisodes de 70 minutes, en noir et blanc, créée, écrite et dirigée par Claude Barma, adaptée par Jacques Armand d’après le roman d’Arthur Bernède. Elle a été diffusée pour la première fois du 6 au 27 mars 1965 sur la première chaîne de l’ORTF.
  • « Belphégor, le fantôme du Louvre » (2001) le film de Jean-Paul Salomé avec Sophie Marceau et Michel Serrault.

 

Les Trois Mousquetaires : Alexandre Dumas [LC avec Bianca]

Titre : Les Trois Mousquetaires

Auteur : Alexandre Dumas
Édition : Le Livre de Poche – Les Classiques de Poche (2017)
Édition originale : 1844

Résumé :
Le roman raconte les aventures d’un Gascon désargenté de 18 ans, d’Artagnan, monté à Paris faire carrière afin de devenir mousquetaire. Il se lie d’amitié avec Athos, Porthos et Aramis, mousquetaires du roi Louis XIII.

Ces quatre hommes vont s’opposer au premier ministre, le Cardinal de Richelieu et à ses agents, dont la belle et mystérieuse Milady de Winter, pour sauver l’honneur de la reine de France Anne d’Autriche.

Critique :
Ma culture des trois mousquetaires s’arrêtait à un dessin animé de l’époque de Club Dorothée « D’artagnan et les trois mousquetaires » où tout le monde avait des têtes d’animaux…

Plus récent (et à cause d’une petite sœur) ma connaissance s’était agrandie avec le dessin animé « Albert le cinquième mousquetaire »…

C’est vous dire si ma culture avait besoin d’un coup de torchon afin de revenir à la normale avec le roman de Dumas (ou d’un de ses ghostwriter).

Véritable roman d’aventure, de capes et d’épées et de péripéties en tout genre, ce roman a tout pour nous entraîner dans de folles cavalcades afin d’empêcher un complot d’arriver à sa fin, de sauver une belle jeune fille, de confondre une vile espionne qui mérite le titre de super salope perfide ou de faire le siège d’une ville avec l’armée du Roi, Louis XIII.

Si j’avais lu ce roman lorsque j’étais jeune, j’aurais sans doute moins remarqué les petites incohérences et le changement de caractère de certains personnages, tel d’Artagnan qui, tantôt semble être un volcan prêt à aller croiser le fer avec Rochefort et l’instant d’après semble le plus posé des hommes.

Tout comme un jour il est fou amoureux de madame Bonacieux, puis de Ketty, la femme de chambre de Milady de Winter puis de milady, elle-même, changeant sans cesse de sentiments, tel un ado en chaleur. Purée, d’Artagnan, décide-toi, mon gars !

Ou comme Felton qui se fait retourner par une milady manipulatrice, une madame Bonnacieux qui écoute aussi son baratin, à se demande comment est-ce possible de croire à de telles fadaises débitées par une inconnue…

Ben si, c’est possible, on croit bien tout ce que nous débite la télé et les réseaux sociaux et on s’en va, bille en tête ! Pour le personnage de John Felton, là, je lui décerne le titre du connard d’imbécile de crétin de sa mère d’empaffé de sa race.

Beaucoup de rebondissements, dans ces pages, on peut comprendre puisqu’à l’époque, c’était diffusé en feuilleton, il fallait donc du cliffhanger, du suspense, du mystère, des trahisons, des complots, de l’espionnage, des reines à sauver et des maris à cocufier.

Si nos quatre héros (d’Artagnan, Aramis, Porthos et Athos) accompagné de leurs quatre valets (Grimaud, Mousqueton, Bazin et Planchet) sont des personnages sympathiques et courageux, ils ne seraient rien sans des méchants de grande envergure, que ce soit la Milady de Winter, la perfide éminence grise de son éminence le cardinal de Richelieu (dont on ne sait pas trop pour qui il roule), l’énigmatique comte de Rochefort et le ténébreux comte de Wardes.

Évidemment, dans la réalité, des aventures pareilles sont quasi impossibles, mais nous sommes dans de la réalité sublimée et cela devient de la fiction et là, tout est permis, pour le plus grand plaisir du lecteur qui voit le récit et les personnages virevolter dans une danse endiablée, lui procurant quelques heures de saines distractions.

Attention, je ne dis pas que tout est inventé, les ferrets en diamants de la reine ont bel et bien disparu, le siège de La Rochelle a eu lieu, des personnages de ces pages ont réellement existé

Certains pourraient se demander ce que pareil titre fait dans un Mois du Polar, mais c’est parce que nous sommes bel et bien face à un polar, nom d’un mousquet !

On a des mystères, des enlèvements à résoudre, une reine à sortir de la merde, du suspense, de l’espionnage, des complots, des morts, des tentatives d’assassinats, une vieille affaire qui revient à la surface, un jugement, des magouilles, des assassins et des assassinés et il faut résoudre tout ça pour que le pays tourne mieux.

Que vouloir de plus ? L’auteur a pris un contexte historique et s’est introduit dedans afin de la magnifier, de le détourner, de le changer, de le malaxer pour le préparer à sa sauce, même si on se doute qu’il a eu un cuisinier pour lui couper les légumes et commencer la cuisson du bouillon, c’est Dumas qui a assaisonné le tout de sa plume magique.

Ma copinaute de LC, Bianca, a apprécié sa lecture, même si elle a trouvé le siège de La Rochelle un peu trop long et je ne peux pas lui donner tort, même si chez moi c’est passé un peu mieux.

Question à deux balles : son éminence le cardinal de Richelieu est-il le créateur des slips du même nom ?? (Éminence…)

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), et  Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°49 – La pierre de Mazarin – lire un livre se déroulant à l’époque du cardinal de Mazarin, le 17è siècle).

Golem – Le tueur de Londres : Peter Ackroyd [LC avec Bianca]

Titre : Golem – Le tueur de Londres

Auteur : Peter Ackroyd
Édition : Archipoche Suspense (03/01/2018)
Édition Originale : Dan Leno and the Limehouse Golem (1994)
Traducteur : Bernard Turle

Résumé :
Londres 1880. Un assassin insaisissable, invisible, opère dans le quartier de Limehouse.

Le peuple, la presse, la police l’ont surnommé le Golem, du nom de cette créature de la mystique juive, démon sanguinaire fait d’argile, capable de se défaire et de se reconstituer à volonté.

Le journal intime d’un certain John Cree révèle qu’il serait le mystérieux Golem, décrit ce qu’il appelle son oeuvre d’artiste, le massacre minutieux et jubilatoire de deux prostituées, d’un vieux sage et d’une famille entière.

Mais sa femme, Elizabeth Cree, une ex-chanteuse de music-hall, semble elle aussi dissimuler bien des secrets.

Le chemin de ces êtres énigmatiques croise et recroise celui de personnages historiques, l’écrivain George Gissing, Karl Marx et Dan Leno, « L’homme le plus drôle du monde », la star du théâtre populaire à cette époque.

Tous se rencontrent sans se connaître, dans la salle de lecture du British Museum ou au théâtre. Tous seront soupçonnés par la police dans sa traque du Golem.

Critique :
D’habitude, je préfère lire le roman avant de voir le film, mais dans ce cas-ci, j’ai fait le contraire et bien mal m’en pris !

Oui, j’aurais dû lire avant de voir car le roman a éclairé le film que j’avais trouvé confus et dont j’étais sortie sans trop avoir de certitude sur les événements que j’avais vus.

Comme ce fut le cas lors de la lecture de « Shutter Island » de Lehane, tout s’est éclairé lors de ma lecture et le roman m’a permis de comprendre le film (j’avais rien capté du film avec Di Carpacio).

L’histoire est un éternel recommencement… Si j’avais lu le roman avant, j’aurais eu les outils nécessaires lors du visionnage du film.

Le changement brusque de « narrateur » dans le roman ne m’a pas perturbé car, comme dans le film, nous suivons plusieurs protagonistes et si, au départ, on ne voit pas bien ce qu’ils viennent faire là, au fur et à mesure de la lecture, on distingue mieux les fils de la toile et la place de chacun.

Le film mettait en avant l’inspecteur John Kildare, alors que le roman le laisse plus dans l’ombre, mais la lecture permet de mieux se concentrer sur les différents personnages et puisqu’il n’y a pas d’effets spéciaux, on n’est pas distrait par les changements opérés par le scénariste lorsqu’il nous montre le même meurtre commis par plusieurs suspects (ceux qui ont vu le film verront bien de quoi je parle) .

L’auteur nous décrit bien le Londres d’en bas, celui des années 1860 à 1880 (même si je n’y étais pas) et son style est très cinématographique, je trouve, car lors de ma lecture, je voyais les images défiler, et je pense que cela n’avait rien à voir avec des réminiscences du film…

Beaucoup de mystères planent sur le récit, même si la scène d’ouverture ne laisse aucun doute sur l’issue fatale pour l’un des protagonistes puisque nous assistons à sa pendaison.

En tout cas, cette lecture a été addictive et je n’ai pas vu le temps passer. J’ai pris plaisir à replonger dans les cabarets, à chanter, à jouer la comédie, à suivre le meurtrier dans ses pérégrinations sanglantes et à croiser des gens connus à la salle de lecture du British Museum.

Un polar historique qui m’a permis de comprendre son adaptation cinématographique (il n’est jamais trop tard) et dont ses personnages m’ont fait parcourir quelques quartiers mal famés de Londres, ce qui ne pouvait que me ravir.

♫ Allez venez milord, vous asseoir à ma table ♪ *mode cabaret enclenché*

Par contre, pour ma binôme de LC, Bianca, ce fut la bérézina totale et elle n’a jamais réussi à accrocher au récit, abandonnant même l’affaire en cours. Comme quoi, tous les goûts sont dans les lectrices.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Dreamcatcher : Stephen King [Défi CannibElphique]

Titre : Dreamcatcher

Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (2001) / Le Livre de Poche (2003 – 2008)
Édition Originale : Dreamcatcher (2001)
Traducteur : William Olivier Desmond

Résumé :
Quatre amis se retrouvent annuellement pour une partie de chasse dans une forêt du Maine. Elle fut jadis leur terrain d’aventures, en compagnie de Duddits, l’enfant mongolien qu’ils avaient adopté comme un petit frère.

Et le théâtre, aussi, d’événements qu’ils se sont efforcés d’oublier.

Mais les mystères ressurgissent, sous la forme de présences étranges et menaçantes que l’armée a entrepris de surveiller de près.

Au point de vouloir éliminer tous ceux qui ont pu être au contact de la chose…

Critique :
♫ Pleased to meet you ♪ Hope you guess my name ♪ But what’s puzzling you ♫ Is the nature of my game ♪

Vous souvenez-vous Chevauchée des Walkyries de Wagner qui sortait plein-tubes des hauts-parleurs des hélicos dans le film Apocalypse Now ?

Repassez-vous cette scène et remplacez Wagner par les Stones avec leur magnifique « Sympathy for the devil » et remplacez les vietnamiens par des petits hommes gris !

Oui, des aliens, vous ne rêvez pas.

Aliens, qui, au lieu de sortir par votre ventre, comme dans le film, sortiront par votre trou du cul ! Là, j’en vois certain penser que des tas d’hommes politiques et banquiers ont dû sortir par le même chemin…

Mais je m’égare ! Alien en version anale, disais-je… Prévoyez les masques à gaz, les pets dans ce roman sont, paraît-il, super puant, genre pet de l’enfer. Multipliez votre plus horrible pet par 100 et vous aurez sans doute un aperçu de ce que furent ceux de certains personnages…

Le King a osé, le King a joué avec le feu (dangereux avec les pets) car dans ce roman fantastique, il mélange allégrement du X-Filles, du Alien de Ridley Scott, du Apocalypse Now de Coppola, nous avons même le fameux Kurtz, saupoudre avec du The Thing et de La Guerre des mondes, le tout assaisonné de trucs de survivalistes sans oublier les bons vieux codes du thriller et de l’épouvante.

Kurtz est intelligent, Kurtz est courageux, mais Kurtz est aussi le primate le plus barjot de la jungle. Pour dire : il répugne à Brodsky de marcher là où s’est posée l’ombre de Kurtz.

Perlmutter avait lu Au Cœur des ténèbres, avait vu Apocalypse Now et s’était souvent dit que le nom de Kurtz lui allait un peu trop bien. Il aurait parié cent dollars (une grosse somme pour un gars du spectacle aussi intermittent) que le nom du patron était Arthur Holsapple ou Dagwood Elgart, voire même Paddy Maloney. Mais Kurtz ? Peu probable. C’était presque à coup sûr par ostentation, par comédie, comme le colt-45 à crosse de nacre du général Patton.

Deux doigts de Patton, un de Raspoutine, ajoutez de l’eau, remuez et servez.

Une fois de plus, nous avons 4 amis qui se connaissent depuis l’enfance et qui sont devenus adultes, des trentenaires. Jonesy, Beaver, Henry et Pete, originaires du Maine, comme par hasard.

Le King nous les décrit, nous raconte leurs déboires et leur réunion annuelle dans un chalet en forêt pour chasser. Comme d’habitude, avec lui, on a l’impression d’être avec eux, de faire partie intégrante de leur bande.

Le récit ne se présente pas de façon linéaire mais est agrémenté de nombreux flash-back de leur enfance, de leur rencontre avec Duddits, un enfant mongolien, le tout mélangé dans le récit de ce qu’il se passe au chalet, durant leur semaine de congé et de retrouvailles, le tout agrémenté de passages avec d’autres personnages.

Effectivement, il y a quelques longueurs… Mais il y a aussi un concentré d’émotions dans leur rencontre avec Duddits à tel point que j’ai dû faire une pause dans mon récit afin de reprendre pied, tellement elle m’avait émue.

Ce pavé de 890 pages divisera sans doute les fans du King, il l’a sans doute fait, mais comme ma binômette de LC et moi arrivons après la bataille, je ne fais que supputer et déduire, n’ayant pas suivi les débats de l’époque.

Malgré les longueurs, j’ai été happée par le roman, pourtant, le coup des hommes gris aurait dû me faire fuir, moi qui ne suis pas trop pour ce genre littéraire. J’ai apprécié les personnages de la bande de Derry, j’ai vibré et hurlé avec eux, je les ai enjoints de courir plus vite, de fuir, pauvres fous…

Le King a un don et une fois de plus, il l’a mis au service de son roman, de ses lecteurs, parce que je ferai partie des gens qui l’ont apprécié car le King ne fait jamais que d’amplifier notre peur de l’Autre, qu’il soit du fin fond de l’espace, de son propre pays (Indiens), du pays voisin (♪ Mexicooooo ♫) ou d’un pays plus lointain.

Bon, d’accord, ces visiteurs-ci vous élargissent votre trou du cul de 30cm… ça donne d’excellentes raisons de les dézinguer… En plus, les créatures ressemblent à des Belettes ou à des fouines et c’est des sales bêtes, ça !

La chose ressemblait à une belette ou une fouine qui aurait eu les pattes amputées et une queue très longue, ensanglantée, qui faisait l’effet d’un cordon ombilical. 

Sur son épaule, telle quelque hideuse mascotte, se tient une sorte de belette sans pattes avec des yeux noirs énormes. Sa queue (mais c’est peut-être un tentacule) s’enroule autour du cou de l’homme.

Anybref, le King joue avec nos peurs primales, nous balance de l’épouvante et du sang à la figure, le tout sous le regard de l’armée qui ne dit pas son nom, d’une armée qui n’a pas les mains exempte de sang.

La vue de citoyens américains enfermés derrière des barbelés, apparemment, ne faisait qu’ajouter à l’inquiétude du troisième cuistot.

— Vous  devez sans  doute plaisanter », dit le gros bonhomme avant d’ajouter, d’un ton presque indulgent : « Nous sommes en Amérique, tout de même ».
— Ah bon ? Vous trouvez qu’on observe quelque chose qui ressemble à une procédure légale, vous ?

— Quel coup monté ?
— C’est une magnifique histoire, Owen.  Comme dans tous les bons mensonges, elle intègre de grands pans de vérité.

Ce roman, écrit juste après son grave accident, ne fera pas partie de mes préférés, mais j’ai pris plaisir à le lire, même si j’ai survolé des paragraphes ou des chapitres entiers car ça digressait grave.

D’ailleurs, ne disait-on pas que les psychiatres finissaient par devenir aussi cinglés que leurs patients, sinon davantage ? 

Une fois de plus, le King frappe sous la ceinture de l’Amérique et le fait bien.

— […] Ce ne sera pas la pire mission à laquelle j’aurais participé, on s’est fait huit cents personnes à Haïti en une heure… c’était en 1989, et j’en rêve encore… mais cette fois-ci, c’est pire. Et de beaucoup. Parce que tous ces pauvres diables enfermés dans la grange, l’écurie et le corral… ce sont des Américains. Des types qui roulent en Chevrolet, font leurs courses au Kmart, et ne ratent jamais un épisode d’Urgences. L’idée d’abattre des Américains, de massacrer des Américains… ça me retourne l’estomac. Je ne le ferai que parce qu’il faut le faire si l’on veut régler cette affaire, et parce que n’importe comment la plupart d’entre eux mourraient, et de manière horrible en plus. Pigé ?

Si je l’aide à faire ça, peu importe que ce soit moi qui appuie ou non sur la détente, je serai maudit, maudit comme le type qui faisait entrer les Juifs dans les douches de Bergen-Belsen.

On l’aimera ou pas, ce roman…

PS : En ce qui concerne ma binômette de LC, la fée Stelphique, pas de chronique car la pauvre n’est pas arrivée à bout de ce pavé. Non pas qu’elle ne l’a pas aimé (même si elle a trouvé des longueurs à certains moments), mais le fait de devoir poser le roman pour en lire d’autres (les impératifs des SP), parce qu’on a la crève ou parce qu’on n’a plus envie, le rend encore plus long et je peux comprendre qu’ensuite, on n’en ait plus envie du tout. Je poste donc seule et ce 7 novembre, un roman que j’ai terminé depuis le 29 septembre (j’avais posté la chronique sur mon site pour qu’il compte dans deux challenges de septembre)…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°4 – La Vallée de la Peur – lire un livre du genre « Horreur »), Le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018) et Le Challenge « Pavé de l’été 2018 » chez Sur Mes Brizées (890 pages).

 

Oliver Twist / Les Aventures d’Oliver Twist : Charles Dickens [LC avec Bianca]

Titre : Oliver Twist / Les Aventures d’Oliver Twist [Édition Intégrale]

Auteur : Charles Dickens
Édition : Le Livre de Poche- Classiques de poche (2005)
Édition Originale : Oliver Twist or the Parish Boy’s Progress (1839)
Traducteur : Alfred Girardin

Résumé :
Oliver Twist (1838) est un feuilleton criminel d’une noirceur concentrée.

Un angélique orphelin échappe aux sévices que les institutions charitables de l’Angleterre victorienne réservent aux enfants abandonnés pour tomber dans les plus fangeux cloaques des bas-fonds londoniens.

L’apprentissage précoce du vice et du crime y est de règle pour échapper à la misère et à la faim.

On n’oubliera guère, après les avoir croisés, ni l’abominable Bumble ni le ténébreux Fagin, cette saisissante préfiguration des gibiers de bagne qui hanteront Les Misérables de Victor Hugo.

Créations de l’imaginaire ? Ombres portées des terreurs et des cauchemars de l’enfance ? Peut-être.

Toujours est-il que les contemporains y virent le reflet de la réalité. « Il n’y a pas tant de différence entre ce noir tableau de l’enfance et le tableau de l’usine par Karl Marx », remarque d’ailleurs le philosophe Alain. Il faut s’en souvenir à chaque page en découvrant Les Aventures d’Oliver Twist.

Critique :
Cela faisait des années que je me disais qu’il serait temps que je lise Mes Classiques et que j’en profite, par la même occasion, pour découvrir Dickens, entre autre.

Je l’avais déjà fait avec « A Christmas Carol » que j’avais adoré.

Donc, lorsque Bianca, ma complice de LC, avait stabiloté ce titre présent dans nos biblio, je m’étais sentie toute en joie à l’idée d’enfin le lire !

Une plongée dans les bas-fonds londoniens, dans la misère noire du peuple de l’Abîme, vous qui me connaissez, vous vous doutez que je ne me sentais plus.

Je connaissais l’histoire, comme tout le monde, de plus, je l’avais découverte en version BD et cela m’avait plu. Donc, la version intégrale de plus de 700 pages ne me faisait pas peur du tout, j’avais l’intention de le dévorer à la Cannibal, c’est-à-dire en finissant la première dans un temps ridiculement petit.

Ce que je fis… Et là, je vous sens tous et toutes pendus à mes lèvres (du haut, bande de sacripants) pour savoir si j’ai apprécié ma lecture ou pas. Roulement de tambour…

Passons d’abord en revue ce que j’ai vraiment apprécié dans ce roman : les descriptions des bas-fonds, celles des baby farm, de l’assistance publique, des asiles pour indigents, et j’en passe.

Dickens connait son sujet et il n’est pas avare sur les détails, pour mon plus grand plaisir. Niveau misère noire, j’en ai eu pour mes sous, je me suis couchée moins bête et j’ai pesté contre l’illogisme d’un système qui, au lieu d’aider les gens, les enfoncent un peu plus.

Par contre, là où j’ai buté souvent, c’est devant le style de Dickens ! Phrases trop longues, ampoulées, circonlocutions, à tel point que j’ai dû relire des pans entiers de phrases parce que arrivée à la fin, avec tout ces détours, je ne savais plus de quoi on parlait au départ de la phrase.

De plus, je n’ai pas retrouvé les émotions que je m’attendais à ressentir dans un pareil contexte. M’attendant à avoir le cœur serré devant tant d’injustice et de misère noire; pensant hurler sur ceux qui, investit d’un petit pouvoir, en usent et abusent; croyant tempêter devant un système d’aide illogique; tomber de ma chaise devant des pensées et des paroles horrible, et bien, je n’ai rien ressenti !

Oh, j’ai bien un peu grogné, levé les yeux au ciel devant le mode de pensées de certains, mais on ne peut pas dire que j’ai ressenti de l’empathie pour Oliver. Personnage un peu trop lisse à mon goût, trop fade, transparent…

Quand je pense que j’ai lu des romans où certains personnages intervenaient tard dans l’intrigue et que malgré tout, je ressentais leur présence de manière tangible (Dreamcatcher, du King, avec le personnage de Duddits) et où ma rencontre avec eux fut mémorable. Ici, que dalle !

Fagin était mémorable, Finaud aussi, ils avaient de la présence, de la prestance, faisant partie de ces personnages que l’on oublie rarement, mais Oliver, lui, je pense que je ne garderai que peu de souvenirs de lui. Il ne m’a pas emballé alors qu’il aurait dû, vu le nombre d’injustices et de coup du sort qui lui sont tombés dessus durant sa vie.

Et des injustices crasses, en plus !

Peine perdue, j’ai ramé pour ma lecture, j’ai sauté des lignes, des paragraphes, j’ai soupiré, ne me réveillant que lorsque j’avais des indications sur la vie à cette époque dans les bas-fonds miséreux.

Clairement, je suis passée à côté de ce roman, de ma lecture, ce qui est le plus râlant que je m’en faisais une joie de lire ce roman, sans compter que mes collègues babéliottes lui avaient collé des 5 étoiles.

Bianca et moi sommes sur la même longueur d’onde pour cette LC en demi-teinte… 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (JOKER), Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (736 pages).

Amityville – La maison du diable : Jay Anson

Titre : Amityville – La maison du diable

Auteur : Jay Anson
Edition : France loisirs (1979)
Édition Originale : The amityville horror (1979)
Traducteur : Jacques de Roussan

Résumé :
Amityville, banlieue de New York, 13 novembre 1974. Dans une maison bourgeoise, un jeune homme, dans un accès de démence, tue à coups de fusil ses parents, ses frères et ses sœurs.

À son procès, il affirme avoir été possédé par une voix qui lui a ordonné de tuer.

Quelque temps plus tard, cette maison est mise en vente à un prix défiant toute concurrence.

La famille Lutz l’achète malgré la tragédie qui s’y est déroulée. Ils n’y resteront que vingt-huit jours.

Petit plus : Pour en savoir plus sur cette maison, voici quelques sites.

Critique :
Quand une connaissance m’avait demandé si j’avais déjà lu « Amityville, la maison du diable », qui parlait d’une maison hantée et que les faits étaient véridiques, j’avais éclaté de rire.

Encore un truc débile pour faire vendre des livres…m’entendais-je encore dire, alors que je tremblais en lisant le livre.

J’avais 16 ans à tout casser. Un peu plus, mais guère moins… Oui, ça fait un sacré bail, je vous en conviens.

Ah ça, on peut dire que c’était une connaissance qui ne me voulait pas que du bien, en me prêtant son livre.

Foutredieu, j’ai claqué des dents, vérifié que ma porte était bien fermée, sursauté au moindre craquement du parquet (parquet en bois dans les chambres, quand j’habitais chez mes parents),… La trouille, je vous le dis !

Surtout que, si ce truc est une arnaque, elle est bien faite puisque, en avant propos du livre (où en annexe, je sais plus) on vous explique que tout cela est vrai…

Stephen King fut responsable de quelques uns de mes tremblements… Mais ce qui ressemblait à la maladie de Parkinson, point de vue tremblement, c’est ce fichu livre qui me l’a donné !

J’aurais bien fait comme Joey, dans la série « Friends » qui avait mis un livre qui lui fichait la trouille dans le congélateur (« Shinning », de King)… Mais Friends n’existait pas encore… Sinon, j’aurais fait pareil !

Âmes sensibles, cardiaques, abstenez-vous de la lecture de ce livre. Sinon, je vous garantis que vous allez trembler et défaillir lors de votre lecture.

Même adulte, j’oserais plus le relire… ce qui est dommage, parce que c’était bien, l’histoire. Brrr… j’en frissonne encore.

 

Des voleurs comme nous / Tous des voleurs : Edward Anderson

Titre : Des voleurs comme nous / Tous des voleurs

Auteur : Edward Anderson
Édition : Manufacture de livre éditions (2013) / Points Roman noir (2014)
Édition Originale : Thieves like us (1937)
Traducteur : Emmanuèle de Lesseps

Résumé :
Oklahoma, 1929. Bowie et deux compagnons, condamnés pour braquages et meurtres, s’évadent d’un pénitencier. Ils ne tardent pas à se remettre à dévaliser les banques selon une technique parfaitement au point, du Texas jusqu’en Floride, tentant de survivre à la Grande Dépression qui ravage le pays.

Dans leur fuite, Bowie rencontre la belle Keechie qui, à défaut de réussir à le remettre dans le droit chemin, le suivra jusqu’au bout de sa course tragique …

Raymond Chandler disait que Tous des voleurs est une des meilleures histoires sur la pègre, « bien meilleure et infiniment plus honnête que « Des souris et des hommes » de John Steinbeck. »

Il juge ce roman comme « la meilleure histoire de truands jamais publié ». Il est « avec ses dialogues crus, rapides et percutants est un excellent roman noir ».

Critique :
Les oldies, c’est mon péché mignon… Mon petit morceau de chocolat noir, amer et fort en goût.

Les romans noirs ayant pour thème la pègre, des bootleggers, des braqueurs de banques, le tout dans une Amérique au temps de la Grande Dépression, c’est un plaisir de fin gourmet.

Je possédais ce roman noir depuis longtemps, j’en étais même arrivée à oublier son existence (j’ai de quoi, vu tous les livres possédés) et c’est grâce à mon Dealer De Lignes que j’ai fait des fouilles dans ma biblio en ligne pour me rendre compte que je l’avais.

Comme si je n’avais rien de plus urgent à lire, je me suis décidée à la déguster sur une après-midi, délaissant quelque peu mon Oliver Twist et, passant de voleurs à des autres, je me suis régalée avec cette petite friandise noire et amère.

L’auteur manie la plume avec brio et ses dialogues sont crus, percutants, sans fioritures, à la mesure des personnages principaux, trois amis, trois braqueurs de banque, récemment évadés de leur prison où ils bénéficiaient d’un régime de faveur.

Pour nos trois amis évadés (Bowie Bowers, Chicamaw et T-Doub), les politiciens, les banquiers, les assureurs, les avocats, sont des voleurs comme eux, sauf qu’eux, au lieu de manier les flingues, ils manient leur langue, et ça marche !

Passant d’une planque à une autre, toujours en cavale, en recherche d’une banque à braquer, de voitures à acheter, incendier, nos trois amis nous ferons partager leur haut fait d’armes (braquages ou meurtres), comptabilisant les banques mises à sac comme d’autres comptent leurs livres lus sur l’année et nous emmenant avec eux dans ces places fortes à dévaliser.

Le seul personnage qui va évoluer sera Bowers, qui, de cerveau de la bande et de plus dangereux, sera le plus calme avec des envies de se retirer des affaires et le moins dépensier, le plus « tête froide » alors que l’indien Chicamaw est un alcoolo agressif et T-Doub un gamin fou.

Il est malheureux qu’Anderson n’ait pas trouvé son public lorsqu’il publia son roman car il est génial du début à la fin, les dialogues sont ciselés aux petits oignons, brut de décoffrage, réalistes et l’action est distillée comme il faut, avec des temps de repos entre deux braquages et deux changements de planque.

Anderson m’a même donné l’impression, un peu comme Dickens dans son « Oliver Twist » de se faire le porte-parole des sans-grades, des laissés-pour-compte, de ceux qui n’ont pas vécu le rêve Américain et qui ont dû passer de l’autre côté de la ligne rouge afin de s’en sortir, sans pour autant devenir des stars comme John Dillinger, même si la presse en a rajouté beaucoup sur nos trois braqueurs afin de vendre ses feuilles de choux.

Un roman noir profond, serré comme un petit café, avec des personnages qu’on se surprend à apprécier, malgré leur profession peu recommandable. Un roman qui nous conte une cavale qui a tout d’une « sans issue » et qui ne pourra se terminer que tragiquement.

Une pépite à découvrir pour tous les amateurs de noir bien serré.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (240 pages).