Harry Potter – T04 – Harry Potter et la coupe de feu ‭:‬ J.K. Rowling [LC avec Bianca]

Titre : Harry Potter – T04 – Harry Potter et la coupe de feu

Auteur : J.K. Rowling
Édition : Folio Junior (2001/2007/2011/2016/2017) / Gallimard (2000)
Édition Originale : Harry Potter, book 4: Harry Potter and the goblet of fire (2000)
Traducteur : Jean-François Ménard

Résumé :
Harry Potter a quatorze ans et entre en quatrième année au collège de Poudlard. Une grande nouvelle attend Harry, Ron et Hermione à leur arrivée : la tenue d’un tournoi de magie exceptionnel entre les plus célèbres écoles de sorcellerie.

Déjà les délégations étrangères font leur entrée. Harry se réjouit…

Trop vite. Il va se trouver plongé au cœur des événements les plus dramatiques qu’il ait jamais eu à affronter.

Dans ce quatrième tome bouleversant, drôle, fascinant, qui révèle la richesse des enjeux en cours, Harry Potter doit faire face et relever d’immenses défis.

Critique :
L’exercice de la relecture est toujours périlleux car on pourrait ne pas retrouver les excellentes sensations de l’époque et en ressortir déçu(e).

Parfois, c’est l’effet inverse qui se produit et on se surprend à prendre encore plus de plaisir lors de la relecture qu’il y a 17 ans.

Autant j’avais encore des souvenirs de lecture du tome 3, autant il ne m’en restaient plus beaucoup du tome 4 et ce fut donc une véritable redécouverte, même si, eu fil des pages, des petits souvenirs sont, tels Mathilde, revenus.

Lors de ma première lecture, j’avais trouvé Harry Potter chiant à toujours reporter à plus tard l’ouverture de son oeuf en or, à ne pas vouloir écouter la voix de la raison qu’était celle de Hermione qui lui disait de bosser un peu plus, de s’y prendre plus tôt.

Son petit égo m’avait aussi énervée, lui qui refusait l’aide des autres mais de dédaignait pas celle de ses amis.

Avec le recul, j’ai compris Harry, il n’est pas différent de nous, au final, à toujours procrastiner pour certaines tâches. Moi-même je faisais pareil avec mes matières à étudier… Là, Harry m’a plutôt envoyé de brûlantes piqûres de rappel. Shame on me de l’avoir si mal jugé à l’époque de ma première lecture.

Si mettre en récit un jeune garçon qui entre dans une école de sorcellerie n’est pas d’une créativité folle, l’univers que J.K. Rowling a développé dans ses romans est lui, d’une richesse époustouflante, incomparable tant il est réaliste, proche du nôtre, de l’Histoire, pas toujours glorieuse de l’Homme, tant ses personnages sont évolutifs, mûrissants avec l’âge et riches de profondeur (m’en fout si c’est pas correct, moi, je me comprends).

Les deux premiers tomes étaient de la littérature enfantine, on le sentait bien dans l’écriture, dans la manière d’être des personnages qui, à l’époque, avaient 11 ans, comme leurs lecteurs.

Dans le tome 3, on sentait venir le basculement et là, pour le tome 4, la littérature jeunesse est loin derrière nous, comme si l’auteure en avait eu plein le cul d’écrire pour les enfants où comme si elle avait eu envie de faire évoluer son écriture et ses récits avec l’âge de ses personnages principaux et de son lectorat.

L’univers de Harry Potter est un mélange savant de collèges Anglais huppés, où ne sont admis que les enfants de famille riche, ou du moins, d’une certaine élite. Les 4 Maisons de Poudlard sont autant de fraternités comme il en existe dans les universités, les Sangs Purs et les Sang-De-Bourbe ne sont jamais que les idées nauséabondes des partis fascistes (dont un mis au point une solution finale) ou celles des grandes écoles dans lesquelles les boursicoteurs ne sont jamais bien vus.

Voldemort qui revient au pouvoir et que certains ne veulent pas voir, croire, c’est aussi une montée d’un extrémisme que certains continuent de nier ou de regarder ailleurs, pensant ainsi que leur petit monde tranquille va le rester.

Rita Skeeter (à qui on sketerait – casser – bien la gueule) la journaliste fouille-merde n’est jamais que l’apanage de certains journaleux qui sont prêts à tout pour publier un scoop, même à inventer des faits ou à les déformer, juste pour faire le buzz.

C’est aussi une manière pour Rowling de mettre en garde ses lecteurs sur leurs manières de s’informer, sur le fait qu’il ne faut pas lire n’importe quel journal mais bien choisir ceux qui informent et pas ceux qui déforment.

C’est aussi un tacle contre les fake-news qui nous inondent de plus en plus sur la Toile et que nous ne connaissions pas encore en 2001. Rita est une productrice de fake-news et tout le monde croit ce qu’elle écrit.

Anybref, Harry Potter est une oeuvre énorme à analyser et avec les années qui ont passées, on redécouvre d’autres choses, d’autres messages, d’autre parallèles avec notre monde à nous.

Ce tome 4, c’est aussi un sacré pavé de 784 pages qui se lisent toutes seules, sans même se fatiguer, sans même voir le temps passer car ce tome regorge d’actions, d’amitié, de disputes, de petites tensions, de mystères, de suspense, de violence (dans son final) et là on se dit que non, nous ne sommes pas au pays des Bisounours et qu’un pas vient d’être franchi.

J’ai mieux apprécié cette relecture que je ne le pensais et ce tome 4 a fait un bon dans les émotions ressenties et dans mes romans préférés de la saga, sans pour autant détrôner le tome 3 qui lui est indétrônable.

Quant à ma copinaute de LC, Bianca, pour elle, c’est un coup de coeur et pour le moment, c’est son préféré.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°20, le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook et Le pavé de l’été chez Sur Mes Brizées (Juillet 2019 – Septembre 2019).

Publicités

Hot Spot : Charles Williams

Titre : Hot Spot

Auteur : Charles Williams
Édition : Gallmeister Totem N°116 (03/01/2019)
Édition Originale : The Hot Spot (1953)
Traducteur : Laura Derajinski

Résumé :
Madox, un vagabond pas vraiment recommandable, arrive dans une petite ville paumée du Texas où il se trouve un emploi de vendeur de voitures.

Mais pourquoi s’échiner ainsi, alors que la banque locale paraît si vulnérable ?

Comme si de telles idées ne suffisaient pas à risquer de lui attirer des ennuis, Madox se sent vite tiraillé entre deux femmes dont l’une est merveilleusement innocente et l’autre dangereusement torride.

Très vite, les nuages s’accumulent au-dessus de lui.

Adapté au cinéma par Dennis Hooper en 1990, avec Virginia Madsen, Jennifer Connely, Don Johnson, sous le titre « The Hot Spot ».

Critique :
Dans les romans de Charles Williams, les femmes ont toujours un rôle à jouer, que ce soit celui de la garce ou de l’innocente jeune fille.

D’un côté, la salope prête à tout pour arriver à ses fins (Dolores Harshow) et de l’autre, la brebis pure et vierge (Gloria Harper).

Et au milieu coulera un homme (et pas une rivière) nommé Harry Madox.

Un homme qui se demandera ce qu’il a pu faire au bon Dieu pour tomber dans une merde pareille, oubliant par-là même qu’il a commencé tout seul par se mettre dans la merde.

Il est plus facile, pour devenir riche, de braquer une banque que de bosser honnêtement. Personne ne devient riche en restant dans les lignes, sauf à inventer et déposer le brevet d’une chose dont personne ne pourra plus se passer (la fermeture éclair).

De Harry Madox nous ne saurons rien, ou si peu. De son passé, on se doute qu’il est un peu sombre puisqu’il débarque dans une petite ville et arrive à se faire engager comme vendeur de voiture, nous saurons qu’il a une ancienne petite amie mais rien de plus.

Ce n’était pas utile d’en savoir plus car ce qui fait le sel de ce roman, ce sont les événements qui vont découler d’un simple incendie et d’une banque vidée de son personnel, tous occupés à regarder le feu.

À partir du moment où Madox va décider de braquer cette banque, tout va partir en couilles, chaque chapitres le faisant sombrer un peu plus dans un tourbillon dont il aura bien du mal à s’en extirper car la garce et la brebis lui ajouteront des misères sur le dos, sciemment ou pas.

Oui, chez Charles Williams les femmes ont leur importance ! C’est souvent par elle qu’arrive les ennuis ou qu’ils se poursuivent (La fille des marais / Vivement dimanche !), entraînant le pauvre bougre dans un engrenage d’où il ne pourra plus s’extirper. D’ailleurs, plus il se débattra et plus il s’enfoncera.

Ce roman noir est retors, cynique, horrible. Les personnages sont à fond dans leur rôle et on a de la sympathie pour notre braqueur car s’il est un voleur, il n’a blessé personne lors de son vol.

L’auteur a soigné ses personnages, le shérif n’est pas un imbécile, c’est un vicieux, un malin et Sutton, le type abject qui a l’air d’un crétin ne l’est peut-être pas tant que ça. Quant aux femmes, elles sont fatales, que ce soit la souris ou la salope, la Vierge Marie ou la putain.

Le scénario est aux petits oignons, épicé à souhait, torride (autrement qu’avec le sexe) et la scène sous la pluie est bourrée de tension et a fait monter mon palpitant à un rythme un peu trop soutenu.

Un roman noir qui met en place un triangle amoureux mais sans la mièvrerie qui va souvent avec, un triangle amoureux où les êtres vont trinquer car Williams est sans pitié pour ses personnages et n’hésite pas à les malmener, à les laisser sans voix devant le piège à loup qui leur emprisonne la jambe.

Hot Spot a beau être un oldies de 1953, il pourrait toujours être d’actualité de nos jours car les pièges aussi retors sont monnaie courante dans l’Histoire des Hommes et ce que femme veut, Dieu peut, mais puisqu’on dit aussi qu’on n’est jamais aussi bien servi que par sois-même…

Une fois de plus, Charles Williams m’offre un petit bijou de noirceur, de cynisme, de sadisme, de diableries, de perversité, d’êtres retors, de scélératesse, de  perfidie, de perversion, de vicelardise (comment ça, le mot n’existe pas ?) et de femmes fatales pour tout ceux qui portent un futal.

À déguster sans modération, avec un glaçon, car ce café noir à atteint le point le plus chaud niveau ruses et rosseries. Il ne fait pas bon être un ange au pays de Williams car avec lui, même les anges ont leur petits secrets guère reluisants.

PS : à noter que ce bijou noir avait été précédemment publié chez la « Série Noire » sous le titre explicite de « Je t’attends au tournant » qui, pour une fois, était un bon titre bien explicite. Il va sans dire que la nouvelle édition de Gallmeister a une nouvelle traduction qui n’est pas tronquée, comme c’était le cas avant à la Série Noire (voir ICI et encore ).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°15.

 

L’Amant de lady Chatterley : D.H. Lawrence

Titre : L’Amant de lady Chatterley

Auteur : David Herbert Lawrence
Édition :
Édition Originale : Lady Chatterley’s Lover (1928)
Traducteur : Pierre Nordon

Résumé :
1918…
Un monde s’achève. La vieille Angleterre expire. C’est dans cet univers bouleversé que naissent les amours d’une aristocrate et de son garde-chasse.

La société de l’époque reconnaîtra à Lady Chatterley le droit et le « devoir » de prendre un amant qui lui donnera l’enfant qu’elle n’aura jamais de son mari.

Ce n’est pas l’adultère qui heurte cette société, mais l’insultant bonheur de deux êtres qui n’auraient jamais dû se rencontrer.

Critique :
Le poète et écrivain Philip Larkin résume à sa façon le procès et les conséquences de son verdict : On a commencé à faire l’amour en 1963, entre la fin de la « censure Chatterley » et le premier disque des Beatles.

Et bien, c’était pas folichon, le cul, chez les Anglais !

Ils Brexitaient déjà dans le lit conjugal, ces satanés Rosbeef.

Tout est histoire de savoir quand il faut se retirer (ni trop vite, ni trop tard) de ne pas laisser des factures impayées, ou des femmes insatisfaites sexuellement parce que leur Jules la joue à la Chirac (deux minutes, préliminaires comprises).

Et à ceux qui diraient que les femmes sont frigides, je leur répondrai qu’ils sont des mauvaises langues.

Je suppose, mesdames et mesdemoiselles qui lisez ma bafouille, que des amants merdiques, vous avez connu ça vous aussi. Le mec qui tire son coup et puis se vautre à côté pour ronfler, vous laissant sans jouissance, on a toutes connu ça (et les hommes qui aiment les hommes aussi, je ne suis pas sectaire).

Lady Constance Chatterley n’a pas de bol, après avoir été déniaisée dans sa jeunesse, elle a épousée Clifford Chatterley, un intellectuel avec un titre mais ce dernier a perdu l’usage de ses jambes et de tout ce qui se trouvait sous sa ceinture dans les tranchées de 14-18.

Pour la bagatelle, Constance est priée d’aller voir ailleurs – oui, elle a sa permission – et elle a même le droit de choisir un étalon reproducteur, puisque, en 1920, la banque du sperme n’avait pas encore de guichet spécial prévu pour les retraits en liquide.

À ceux qui voudraient lire de la gaudriole, du porno ou autre terme, ma foi, il perd son temps car ce qui était considéré comme pornographique en 1928 ne l’est plus en 2019.

On pourrait dire que le roman est érotique car rien n’est suggéré, on parle de phallus, de con et il parait que dans la V.O, Lawrence utilisait volontiers le mot « FUCK ». Voyez, je le note en majuscule et personne ne va s’émouvoir ou perdre connaissance. Juste ma mère qui me fera les gros yeux. Et encore, s’il elle le voit (risque zéro).

Là où les dents ont dû grincer, c’est que Lawrence frappe aussi sous la ceinture et ne se prive pas de dresser un portrait peu flatteur des classes non laborieuses, celle qui a des dents, du fric, qui est allée à l’école, qui a des biens, qui ne bosse pas, qui fait bosser les autres, anybref, celle qui a des titres de noblesses et des noms à rallonge.

Il [Mellors] avait trouvé chez les gens de la classe moyenne ou des hautes classes une dureté, une sécheresse empesée, une absence de vie réfrigérante, et qui lui faisaient éprouver combien il était différent. Il était donc revenu vers ceux de sa classe. Il y avait retrouvé ce qu’il avait oublié au cours des années: une mesquinerie et une vulgarité absolument détestables. Il avait fini par admettre à quel point les bonnes manières étaient importantes.

— Mais l’inégalité ?
— C’est le destin. Pourquoi Jupiter est-il plus gros que Neptune ? On ne peut pas changer la nature des choses.

L’Angleterre des riches propriétaires qui ont fait leur fortune sur le dos des mineurs s’en prend plein la gueule aussi.

Parlant du déclin de cette Angleterre rurale pour une industrielle, de ces manoirs, châteaux, trop chers à l’entretien, qui se font abattre l’un après l’autre, l’auteur tape une nouvelle fois sous la ceinture, alors que les parties étaient déjà douloureuses. Certains ne veulent pas voir la vérité en face.

C’est cela l’histoire. Une Angleterre en efface une autre. Les mines avaient fait la richesse des châteaux. Maintenant on les effaçait, comme on avait déjà fait pour les cottages. L’Angleterre industrielle efface l’Angleterre agricole. Une signification en efface une autre. La nouvelle Angleterre efface la vieille Angleterre. Faisant partie des classes aisées, Connie s’était accrochée aux débris de la vieille Angleterre. Il lui avait fallu des années pour comprendre que celle-ci était en voie de disparition sous la terrible pression de la hideuse Angleterre nouvelle, et que le processus se poursuivrait jusqu’à son terme.

Revenons maintenant à notre Clifford qui va autoriser sa femme Constance à aller se faire monter par un autre et se faire engrosser, aussi. Mais attention, faut qu’elle continue de l’aimer, son Clifford, faudrait pas qu’elle y prenne du plaisir.

De plus, môsieur Clifford est persuadé qu’un jour, sa machinerie recommencera à fonctionner et là, il pourra lui faire des enfants. C’est beau de rêver.

S’il vous plait, pourrait-on faire un accident de chasse pour Clifford ? Ce personnage n’a rien pour lui et j’ai eu plus souvent envie de pousser sa chaise d’infirme du haut de la colline que je n’ai eu d’empathie pour lui.

— Non, reprit Clifford, si l’on sait s’y prendre, il n’y aura plus de grèves.
— Et pourquoi ?
— Parce qu’on rendra les grèves presque impossibles.
— Mais les ouvriers vous laisseront-ils faire ?
— On ne leur demandera pas leur avis. Cela se fera sans qu’ils y prennent garde : pour leur bien, et pour sauver l’industrie.
— Pour votre bien aussi.
— Bien sûr ! Pour le bien de tous. Mais pour leur bien, encore davantage que pour la mine. Je peux vivre sans les puits. Pas eux. Sans les puits ils meurent de faim. Moi, j’ai d’autres ressources.

Sir Clifford est hautain, égoïste, tyrannique, est pour la persistance des classes sociales, des apparences et pense que c’est lui qui sacrifie son existence pour sa femme et que c’est elle l’insensible. À se demander s’il l’a aimé un jour, Pitié, offrez-lui des lunettes de chez Afflelou ou baffez-le pour qu’il ouvre enfin les yeux.

Ou mieux, payons un tueur à gages pour lui régler son compte, même si, parfois, dans ses discours, il analyse correctement la société et que l’auteur avait besoin de créer un personnage tel que lui pour délivrer son fiel sur la société et son analyse, aussi.

Il lui sacrifiait son existence et elle était insensible. Seules comptaient ses exigences. « Madame et son bon plaisir. » Maintenant l’idée d’avoir un bébé l’obsédait. Quelque chose qui serait à elle, rien qu’à elle, et pas à lui !

Mais maintenant, il pouvait sonner Mrs Bolton. Elle accourait toujours, et c’était un grand réconfort. Elle arrivait en robe de chambre, une natte de cheveux dans le dos, virginale et effacée, bien que la tresse brune fût mêlée de gris. Elle préparait du café ou de la camomille, et faisait avec lui une partie d’échecs ou de piquet. Elle possédait cette étrange aptitude qu’ont les femmes de jouer aux échecs en étant aux trois quarts endormie, et ce, de façon suffisamment convenable pour que l’on prît plaisir à la battre.

Pas de bol pour le Clifford, c’est avec le garde chasse, Oliver Mellors, que sa femme va fauter. Pire, elle va y trouver du plaisir et en tomber amoureuse. Et ça, c’est pas permis.

C’est ça, le grand scandale du roman ! Pas tellement le fait que madame aille voir à côté, puisque le petit oiseau de monsieur son époux ne siffle plus, mais c’est le fait qu’elle jouisse avec son garde-chasse, qu’elle y prenne du plaisir, qu’elle en tombe amoureuse. Et ça, la société bien pensante anglaise ne le tolérait pas.

En 2019, ce roman n’a plus rien de sulfureux, plus rien de porno, plus rien de licencieux, personne ne se choquera du garde-chasse qui tire son coup dans une chasse gardée et qui nomme son pénis « Thomas » et le sexe de sa lady, son con.

Pourtant, cet homme a de l’éducation, a lu des livres, a étudié, a fréquenté des officiers, mais les circonstances de la vie l’ont rendu amer, nihiliste et il a abandonné son beau parler pour reprendre le patois du coin.

À notre époque, on ne s’émouvra même pas de la critique de l’Angleterre de l’après-guerre, on a lu pire, on a lu plus cinglant dans le cynisme, on est allé voter, on a vu les résultats…

Donc, de nos jours, on haussera juste un sourcil là où, il y a 90 ans, on reniflait des sels pour se remettre de ses émotions tout en hurlant à la fatwa sur la tête de D.H. Lawrence avant d’enfermer son roman durant 40 ans dans les jupons de fer de Dame censure.

La lecture était plaisante mais on a tout de même beaucoup de blablas sur la fin et ça commençait à devenir un peu lourd, surtout quand la lady Chatterley nous la jouait petite fille amoureuse avec ses « dis-moi que tu me gardes. Dis que tu vas me garder, que tu ne me laisseras pas te quitter pour aller ailleurs ou avec quelqu’un d’autre. »

Une oeuvre classique sur laquelle j’aurais dû me pencher un peu plus tôt mais, voyez-vous, il n’est jamais trop tard pour bien faire et se mettre à jour dans ses lectures érotico-classiques (bon, ce n’est pas les « Les onze mille verges » non plus).

Un roman que j’ai apprécié, même si les blablas sur la fin m’ont plus fait soupirer qu’autre chose.

Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

Absolution : Anthony Shaffer

Titre : Absolution

Auteur : Anthony Shaffer
Édition : Rivages Noir (2017)
Édition Originale : Absolution (1979)
Traducteur : Jean Esch

Résumé :
Le père Goddard a placé de grands espoirs dans son élève préféré, garçon charmeur et brillant, véritable prodigue du pensionnat. Jusqu’au jour où celui-ci, afin de défier son autorité, détruisit les fondations sur lesquelles le prêtre avait bâti sa confiance, .

Commence alors une lente et tortueuse descente aux enfers pour le père Goddard, lié par le secret de la confession. Le terrifiant combat du Bien contre le Mal ne peut s’achever que par la destruction d’un des adversaires.

Car de tous les poisons qui infestent l’âme humaine, un seul ne peut recevoir l’absolution.

Critique :
Il est un fait que certains lisent du polar comme d’autres vont aux putes : un coup vite fait et aussi vite oublié.

Avec un peu de chance, ils ramèneront des morbacs ou pire, la chtouille.

C’est un peu comme ceux qui lisent des romans et qui l’oublient aussitôt terminé, l’abandonnant pour le suivant, ou juste parce que ça ne les intéressent pas de le garder.

C’était la littérature de gare. De celle qu’on oublie, comme la passe vite fait dans une ruelle.

Et puis, il y a les grands romans policiers, ceux que l’on garde précieusement, que l’on relit, dont on se souvient. C’est le but louable de la maison d’édition Rivages Noir : nous dénicher des pépites méconnues, les traduire et nous les servir. C’est eux qui le disent dans la préface.

Nous n’avons pas d’autre ambition, mais elle est grande, que de vous présenter, dans le domaine du roman policier, ce que nous considérons comme des joyaux que vous ne connaissez pas encore.

Il existe de par le monde des tas de super romans dont nous n’aurons jamais connaissance, ou alors, ils arriveront dans 100 ans, bénéficiant, tels les oeuvres des peintres et de certains compositeurs, d’un grand succès une fois leurs créateurs ayant rejoint le leur (de créateur).

Oui, ce roman noir est une pépite mais elle est glauque, malsaine, elle est dérangeante, on se demande jusqu’où est capable d’aller le jeune Benjamin, petit protégé du père Goddard (dit « Dieu »), dans sa descente aux enfers, dans sa folie, dans cette envie qu’aurait un fils aimé de voir jusqu’où il peut aller avant que son Père le bannisse, testant tout jusqu’à le faire craquer, tout en le tenant d’un autre côté grâce au secret de la confession.

Sur ce, Goddard quitta la chapelle, désorienté et épuisé.
Benjamin resta assis, un sourire froid et méprisant sur le visage. Les consonnes sifflantes et murmurées coulaient du coin de sa bouche.
— Maudit soit-il ! Maudit soit-il ! J’espère que sa chair puante et immonde brûlera en enfer pour l’éternité.

Il faisait lourd et chaud, ce mercredi 26 juin 2019 (37°) mais ce n’était pas à cause de la chaleur que mes mains étaient moites, que mon front coulait de sueur. J’aurais eu la même réaction durant l’hiver tant le récit m’a mis mal à l’aise, tant les personnages étaient criants de réalisme.

— La culpabilité est un moyen de paiement, comme l’argent. Comme l’or. Avec la culpabilité, tu peux acheter ou vendre des gens. L’homme est né libre, et partout il est enchaîné.

Dans ce collège où enseignent des pères jésuites, la place de la religion catholique est importante, elle rythme la vie des collégiens, mais la paix n’est pas dans leurs cœurs et la pitié non plus.

Entre la mise à l’écart d’un élève portant une prothèse, entre le rejet d’un jeune gitan, entre l’acharnement du père Goddard sur cet élève handicapé et son amour pour Benjamin (platonique), on a beau dire des bénédicités et des rosaires, se foutre à genoux pour prier, c’est à se demander s’ils pensent vraiment qu’il y a quelqu’un en haut qui les écoute car avec eux, c’est faire ce que je dis, pas ce que je fais.

— Vous venez de me dire que le catholicisme est universel, et rien de ce qui est humain ne saurait lui être étranger. À moins, bien évidemment, que vous refusiez de considérer ce gitan comme un être humain.
— Pour les besoins de la discipline, je suis tout à fait disposé à le considérer comme une créature inhumaine, mais je trouve que le mot gitan est un terme bien romantique pour désigner un vulgaire chapardeur.

La tension monte de plus en plus, Benjamin, comme possédé par le Mal, va aller de plus en plus loin dans ses farces, dans son mépris du père Goddard, dans sa manière qu’il a de jouer avec Arthur, l’élève à la prothèse, qui est chiant mais qui ne demande que de l’amitié, que l’atmosphère du roman devient oppressante, lourde et qu’on se demande bien jusqu’où ça va aller, tout en sachant que ça va mal se terminer.

Horrible… J’en suis restée muette, le cri qui montait dans ma gorge s’est arrêté.

Ça c’est du roman ! Glauque,dérangeant, horrible, sadique, cruel. Un véritable esprit dérangé, un véritable maître en matière de manipulations.

Goddard n’était pas d’humeur à écouter des divagations au sujet de la liturgie entre deux gorgées de lapsang souchong. (citation rien que pour Dame Ida)

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Le portrait de Dorian Gray : Oscar Wilde

Titre : Le portrait de Dorian Gray

Auteur : Oscar Wilde
Édition : Folio Classique (2014)/ Livre de Poche -Les Classiques (2016) / Gloriana (2016) / Pocket Classiques (2019)
Édition Originale : The Picture of Dorian Gray (1891)
Traducteur : Vladimir Volkoff

Résumé :
Alors qu’il rend visite à son ami peintre Basil Hallward, Lord Henry rencontre le jeune Dorian Gray.

Émerveillé par sa jeune beauté et sa naïveté, il se lie rapidement d’amitié avec lui et dit, en plaisantant, qu’une fois le portrait terminé, seul celui-ci gardera à jamais cette beauté tandis que Dorian vieillira peu à peu.

Le jeune homme déclare alors qu’il donnerait son âme pour que ce portrait vieillisse à sa place. À ces mots, tous rirent… sur le moment.

Effrayé par ce portrait si parfait, Dorian le laissera chez lui, protégé de la vue de tous, cachant honteusement le secret de son âme…

Le Portrait de Dorian Gray a été rédigé en 1890 puis complété en 1891. Ce roman fantastique est à la fois un manifeste esthétique et un récit moral.

Bien qu’Oscar Wilde y développe l’idée d’un art dégagé de toute éthique, le jeune Dorian Gray va faire face à sa conscience morale à travers son portrait qui porte à sa place les traces de sa perversité et la décadence que le temps inflige aux esprits les plus purs.

Critique :
Toutes les stars en ont rêvé, l’Oréal a essayé de le faire, Botox y est presque arrivé, mais en ce qui concerne la meilleure crème anti-vieillissement, c’est une peinture avec le portrait de Dorian Gray dessus.

Un p’tit coup de pouce du diable, sans aucun doute… Mais au moins, ça fonctionne et vous ne vous ruinerez pas en crème en tout genre ou en opération botox loupée.

Oscar Wilde, je le connais plus aux travers de ses enquêtes qu’aux travers de ses romans, c’est pour cela que j’avais, en 2012, découvert ce roman.

Punaise, quel coup de pied au cul, quelle plaisir de lecture, qu’elle plume que celle de Wilde ! Je ne pouvais pas juger sur ses autres romans, mais celui-ci avec un ton qui m’avait bien plu et qui me plait toujours autant.

Cynique, pince-sans-rire, les répliques sont cinglantes, elles fusent de toutes part, c’est savoureux, ça se déguste avec savoir mais sans sagesse car le roman ne fait pas grossir, malgré le fait qu’il est une friandise plus que gourmande.

Dorian Gray… Rhââ, il est beau, sexy, sensuel, bourré de fric, un vrai dandy qui a plus de présence qu’un fade Mister Grey, celui des 50 nuances… Même le Portrait a une présence, dans ce roman.

Par contre, niveau action, on doit plus en avoir dans les 50 nuances que dans Le Portrait car ce dernier a plus du suspense psychologique et des bons mots, des aphorismes que du roman bourré d’action.

Toute réussite nous attire un ennemi. C’est la médiocrité qui entraîne la popularité.

Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c’est d’y céder. Résistez-y, et votre âme languira, tourmentée.

De toute façon, on ne lit pas le Portrait pour le côté thriller mais pour l’écriture de Wilde qui avait dû aussi passer un contrat avec Méphistophélès pour en arriver à un tel niveau. Ça pique et tape sous la ceinture.

Aujourd’hui les gens connaissent le prix de tout et la valeur de rien.

La chose la plus banale devient délicieuse dès l’instant qu’on la dissimule.

— Les bonnes influences n’existent pas, monsieur. Toute influence est immorale. 

— L’humanité se prend beaucoup trop au sérieux ; c’est le péché originel du monde. Si les hommes des cavernes avaient su rire, l’Histoire serait bien différente. 

Le culte de la beauté et de la jeunesse éternelle, l’égo, la perversion de ce jeune mondain (par un autre homme) pour qui ce culte de la beauté et de la jeunesse vont devenir une priorité et donc, précéder sa chute.

Il n’y a que deux sortes d’êtres qui soient véritablement fascinantes : ceux qui savent absolument tout, et ceux qui ne savent absolument rien.

Le portrait de Dorian Gray a une saveur plus particulière pour moi, holmésienne du dimanche car il rappelle un dîner offert par un américain à deux auteurs anglais bien connu : Conan Doyle et Wilde.

Nos deux auteurs avaient reçu une avance d’un américain nommé Joseph Stoddart, le directeur du Lippincott’s Monthly Magazine, publié simultanément à Londres et à Philadelphie, excusez du peu.

Une avance pour quoi ? Pour écrire chacun un roman, pardi, pas pour participer à Top Chef !

Wilde, écrivit « The picture of Dorian Gray » qui allait scandaliser le Londres littéraire et mondain et Conan Doyle, lui, s’était vu réclamer, non pas un roman historique, mais une autre aventure de Sherlock Holmes ! Ce fut « Le signe des quatre ». Moi je dis qu’on devrait le sanctifier, le Stoddart en en faire un Saint-Stoddart pour que je puisse aller lui brûler un cierge !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Dracula : Bram Stoker

Titre : Dracula

Auteur : Bram Stoker
Édition : Pocket (1993 – 2011 – 2017) / J’ai Lu (2012)
Édition Originale : Dracula (1897)
Traductrice : Lucienne Molitor

Résumé :
Répondant à l’invitation du conte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux.

Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula.

Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu’éprouver une angoisse grandissante.

Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l’apesanteur…

Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d’un homme qui n’est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres…

Critique :
Dracula, ça, c’est un vrai vampire !

Fourbe, cruel, buveur de sang humain et s’il le faut, de sang animal, mais le sang de biche innocente n’est pas vraiment à son menu.

Anybref, Dracula n’a rien avoir avec les vampires vegan de Twoilet !

Dracula, je l’avais lu il y a… plus de 25 ans (1993) ! C’était il y a un siècle, une éternité (allez-y, chantez).

À cette époque lointaine, j’avais commencé à le dévorer lorsqu’une commotion cérébrale avait appuyé sur la touche « pause » de la lecture car il m’était impossible de lire plus de quelques lignes tant la douleur me vrillait le crâne.

C’est donc après 3 semaines d’arrêt lecture que j’avais pu et su le reprendre, mais j’avais cette frustration de ne pas avoir pu l’avaler d’un seul coup.

Ma vengeance est accomplie puisque j’ai pu, maintenant, le bouffer tout cru, le sucer jusqu’à la moelle et me pourlécher les canines.

L’avantage de le relire après avoir vu 36 fois le film, c’est que les personnages du livre ont pris les visages des acteurs du film.

Autant où j’avais détesté le style épistolaire des « Liaisons dangereuses » autant où dans Dracula il ne m’avait pas dérangé du tout, que le récit se déroule aux travers d’un journal intime, des lettres de Jonathan Harker ou d’articles de journaux.

Cela lui donne un réalisme bien plus grand qu’avec un narrateur omniscient ou à la première personne du singulier. Bref, ça vous fout la trouille et augmente votre tension, ainsi que votre respiration.

Et bien oui, croyez-moi ou pas, malgré toutes ces années passées, j’ai ressenti toujours des picotements dans l’estomac, des emballements du cœur et le suspense était toujours présent alors que ma mémoire se souvient encore de la plupart des événements.

Je me demande si ce n’est pas ça qui me fait flipper encore plus : le fait de savoir !

Les personnages sont toujours aussi intéressants, intrigants, attachants, surtout Mina qui à l’époque déjà m’avait marquée au fer rouge avec cet amour qui était bien plus beau que le dégoulinant d’une saga de vampires végétariens.

Attention, dans le film de Coppola (et pas Coppula), ils avaient fait du personnage de Mina un ancien amour de Dracula et la belle en était sa réincarnation, son voyage à Londres pour la retrouver était la raison !

Dans le livre, c’est le fait que Harker se soit enfui qui fait rappliquer notre suceur dare-dare pour le faire taire et puisque de toute façon il voulait y venir pour se faire de nouveaux disciples, autant profiter de l’occasion ! Et puis, Lucy passait par là, une proie facile et hop, le moustique Dracula l’a prise dans ses rets.

Le charme s’est accompli une nouvelle foi, Dracula m’a emporté, parce que oui, je l’adore, malgré le fait que c’est un vampire (ou alors, c’est pour ça, psychanalysez-moi), j’ai vibré durant tout le récit, marmonnant des inutiles « fuyez, pauvres fous » puisque le récit ne pouvait pas changer en mûrissant 26 ans de plus dans mes étagères.

Quel bonheur de relire ce grand roman de vampires, ce récit bit-litt bien plus mordant que certains à qui on a dû mettre une muselière ou limer les dents.

Ma relecture m’a tellement plu qu’elle gagne un demi Sherlock en plus !

Lucie, Lucie c’est moi je sais
Il y a des soirs comme ça où tout
S’écroule autour de vous
Sans trop savoir pourquoi toujours
Regarder devant soi
Sans jamais baisser les bras, je sais
C’est pas le remède à tout
Mais ‘faut se forcer parfois
Lucie, Lucie dépêche toi, on vit
On ne meurt qu’une fois
Et on n’a le temps de rien
Que c’est déjà la fin mais
C’est pas marqué dans les livres
Que le plus important à vivre
Est de vivre au jour le jour
Le temps c’est de l’Amour

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Harry Potter – Tome 3 – Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban : J. K. Rowling [LC avec Bianca]

Titre : Harry Potter – Tome 3 – Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban

Auteur : J. K. Rowling
Édition : Folio Junior (2001/2016)
Édition Originale : Harry Potter, book 3 : Harry Potter and the Prisoner of Azkaban (1999)
Traducteur : Jean-François Ménard

Résumé :
Sirius Black, le dangereux criminel, qui s’est échappé de la forteresse d’Azkaban, recherche Harry Potter. C’est donc sous bonne garde que l’apprenti sorcier fait sa troisième rentrée.

Au programme : des cours de divination, la fabrication d’une potion de ratatinage, le dressage des hippogriffes…

Mais Harry est-il vraiment à l’abri du danger qui le menace ?

Le troisième tome des aventures de Harry Potter vous emportera dans un tourbillon de surprises et d’émotions. Frissons et humour garantis !

Critique :
Mon livre préféré dans la saga qui repassait au jeu cruel de la relecture.

Ce n’est jamais gagné d’avance, l’exercice est périlleux, on joue avec le feu car les émotions ressenties il y a 17 ans pourraient ne plus être au rendez-vous et la relecture devenir une torture.

Ce ne fut pas le cas et heureusement car j’aurais été fort peinée de ne pas retrouver tout ce qui m’avait emballé lors de ma première lecture.

Ce que j’ai toujours apprécié, dans les 3 premiers tomes, c’est que c’est encore un peu l’insouciance : on parle encore de Vous-savez-qui mais on ne le voit pas vraiment, il est dans l’ombre, tapi, ses serviteurs essaient de le ramener par minou… heu, parmi nous, mais quéquette, ça a du mal à viendre.

Quant à ses partisans, on sait qu’ils existent mais ils ferment leur gueule, ce qui changera dès le tome 4…

Dans le tome 3, nous avons une foule de petits détails qui, de prime abord, nous semblent dérisoire, mais qui dans le fond, sont super importants car ce sont des indices que l’auteur plante devant notre nez avec l’air de ne pas y toucher ou dans le but de nous induire en erreur.

À nous de jouer les Sherlock Holmes et de voir le diable caché dans ces détails comme le Scrutoscope offert par Ron à Harry et qui s’affole dès qu’il détecte de la magie noire, sauf qu’elle n’est peut-être pas là où on le pense et ce n’est qu’une fois presque arrivé à la fin que l’on comprend comment on s’est mis tout seul le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

J.K Rowling, en plus de faire des parallèles avec notre Monde à nous, notre Histoire, nos folklores, nos légendes, sait aussi construire son récit de manière à ce que le lecteur pense une chose, tant elle est flagrante, alors que c’est tout le contraire en réalité.

Une partie du talent est là car il faut mystifier le lecteur, le mener où on veut, par le bout du nez, ou de la baguette magique (ça fait tendancieux), tout en déroulant un récit intéressant, intriguant, mystérieux, avec du suspense, des disputes, des personnages qui évoluent, qui grandissent, qui changent de caractère, qui s’affirment, qui désobéissent, qui prennent des risques.

Ce tome est aussi mon préféré à cause de deux personnages : Sirius Black et Remus Lupin. Nom de Zeus, pour une fois qu’on a un professeur de défenses contre les forces du mal qui en vaut la peine, qui a un cours intéressant, attractif, et qui ne se met pas en avant comme le précédent (Gilderoy Lockhart), ça mérite d’être souligné.

N’ayant pas aimé le film tiré du roman, je lui dois tout de même d’avoir mis en scène deux acteurs qui entraient parfaitement bien dans les rôles et depuis, tous les personnages des livres ont la tête des acteurs du film. Fainéantise quand tu nous tiens.

Anybref, l’auteur nous offrant au fil de ses tomes, plus de pages à lire et plus de noirceur, celui-ci était à la croisée des chemins : sombre mais pas trop, avec encore un peu d’innocence de nos compagnons avant l’entrée dans la terrible adolescence et les jérémiades de Harry dans le tome 4, le tout avec assez de pages pour me satisfaire tout en me laissant un goût de trop peu dans la bouche.

D’ailleurs, malgré mon emploi du temps chargé, j’ai réussi à le lire en moins de 48h, c’est-à-dire plus vite que ma copinaute de LC Bianca. Pour sa défense, Madame Pomfresh n’exerce pas dans son beau pays ! 😉 Elle me comprendra…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

 

La forme de l’eau : Guillermo Del Toro & Daniel Kraus

Titre : La forme de l’eau

Auteurs : Guillermo Del Toro & Daniel Kraus
Édition : Bragelonne Fantastique (07/03/2018)
Édition Originale : The Shape of Water (2018)
Traducteur : Isabelle Troin

Résumé :
Nous sommes en 1963, et Elisa Esposito survit tant bien que mal. Née muette, abandonnée par sa famille, elle travaille de nuit comme femme de ménage au Centre Occam de recherche aérospatiale.

Un soir, elle surprend quelque chose qu’elle n’était pas censée voir : un homme amphibie prisonnier d’une cuve, qui doit être étudié par les scientifiques pour faire avancer la course à l’espace de la Guerre Froide.

La créature est terrifiante, mais aussi magnifique – elle fascine Elisa. Utilisant la langue des signes, celle-ci établit une communication. Bientôt, la créature devient sa seule raison de vivre.

Pendant ce temps, Richard Strickland, le militaire brutal qui a capturé la créature en Amazonie, envisage de la disséquer avant que les Russes ne tentent de s’en emparer.

Elisa doit tout risquer pour sauver la créature. Avec l’aide d’une collègue qui souffre du racisme ambiant et d’un voisin malchanceux qui n’a plus rien à perdre, elle met au point un plan d’évasion. Mais Strickland ne l’entend pas de cette oreille. Et les Russes sont bel et bien sur l’affaire…

Le fantastique, la romance et l’horreur s’entremêlent dans une histoire d’amour obsédante et tragique, qui a remporté le Lion d’or du meilleur film à la Mostra de Venise en 2017.

Critique :
Une histoire d’amour entre une humaine et une créature qui a tout du monstre, ça sent le déjà vu, pour ceux qui connaissent « La belle et la bête ».

Alors serait-ce ainsi un remake que l’on nommerait « La muette et le monstre amphibie » ?

Non, c’est plus que ça, c’est mieux que ça, c’est différent de ça. On oublie la Belle du conte ou de chez Disney et on découvre une histoire d’amitié, d’amour, différente de tout ce que l’on connait.

Différente car si le scénario pourrait être du réchauffé (tout à été écrit depuis le temps) la manière de nous le présenter est différente, bien amenée, notamment grâce à quelques personnages allant des plus sympathiques ou crétiniste à la Trump.

Elisa Esposito est muette, elle est insignifiante, personne ne la voit, ne fait attention à elle, ne prend la peine d’apprendre le langage de signes, sauf Giles, le vieil homo qu’elle a pour voisin et Zelda, une collègue de travail, Noire, que tout le monde considère comme une moins que rien, vu sa couleur de peau.

Face à ces trois personnages qui ont tout d’insignifiant, de laissés-pour-compte par le reste des gens, nous avons Richard Strickland, une espèce de militaire imbu de sa personne, qui va chercher une créature dans l’Amazonie et qui n’hésitera pas à tuer les témoins ou ceux qui se mettent en travers de la route.

L’archétype de l’Américain qui se prend pour le roi du Monde, qui pense que tout lui est dû, que ce qui appartient aux autres est à lui, enfin, à l’Amérique. D’ailleurs, les autres, ce sont des animaux, ça ne souffre pas, ça ne pense pas…

Bref, le salopard dans toute sa splendeur mais sous la carapace d’enculé de première on a aussi un homme qui a souffert et qui souffre encore. Le portrait n’est pas que tout noir et on a l’impression que la rage qu’il passe sur la créature, c’est celle qu’il n’ose pas passer sur son chef, le général Hoyt, celui qui le tient par les roupettes.

Le récit prend le temps de planter son décor, de nous envoyer en Amazonie pour capturer la créature tout en nous faisant entrer dans la psyché de Strickland, dans les pensées de sa femme (Lainie), dans la vie d’Elisa Esposito et des autres personnages qui parsèment de leur présence importante les pages de ce roman (Giles, Zelda et Dmitri Hoffstetler).

N’allez pas croire que l’histoire d’amour/amitié entre la créature et Elisa ressemble à du mauvais Harlequin, Del Toro a pris le temps de développer leurs différentes rencontres et de quelle manière cela va se dérouler. C’est bien amené et on ne sombre jamais dans la mièvrerie bas de gamme.

Anybref, voilà une histoire d’amour bien foutue, bien fichue que l’on repose sur la table avec une pointe de nostalgie à l’idée de devoir remonter à la surface.

Le tout est de se laisser entraîner par les auteurs et de vibrer pour cette histoire d’amûr non conventionnelle. Si vous ne voulez pas y entrer, vous serez comme Strickland, imperméable à tout.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).

Misery : Stephen King

Titre : Misery

Auteur : Stephen King
Édition : J’ai Lu (1995) / Livre de Poche (2002-2013)
Édition Originale : Misery (1987)
Traducteur : William Olivier Desmond

Résumé :
Misery Chastain est morte. Paul Sheldon l’a tuée avec plaisir. Tout cela est bien normal, puisque Misery Chastain est sa créature, le personnage principal de ses romans.

Elle lui a rapporté beaucoup d’argent, mais l’a aussi étouffé : sa mort l’a enfin libéré. Maintenant, il peut écrire un nouveau livre.

Un accident de voiture le laisse paralysé aux mains d’Annie Wilkes, l’infirmière qui le soigne chez elle. Une infirmière parfaite qui adore ses livres mais ne lui pardonne pas d’avoir fait mourir Misery Chastain.

Alors, cloué dans sa chaise roulante, Paul Sheldon fait revivre Misery. Il n’a pas le choix…

Critique :
Paul Sheldon est un écrivain qui, après avoir décidé de tuer son héroïne « Misery » est victime d’un accident de voiture, dans un coin perdu… comme par hasard !

La femme qui le sauve et qui, soit dit en passant, est très compétente dans le rôle de l’infirmière (mais pas « infirmière cochonne » désolée) est frappa-dingue.

Totalement addict et in love du personnage de Sheldon, elle lui en veut (le mot est faible) d’avoir fait passer de vie littéraire à trépas son héroïne.

Alors, le mettant devant le fait accompli (et devant une machine à écrire), elle le force à ressusciter son personnage.

Et de manière plausible, s’il vous plaît ! Sheldon apprendra à ses dépends qu’on ne plaisante pas avec madame l’infirmière frappa-dingue.

Huis clos infernal, dantesque, exceptionnel entre ces deux là : la victime et sa tortionnaire, entrecoupés des passages où Sheldon fait revivre son personnage, contrastant farouchement avec le style sombre, violent, oppressant de Stephen King puisque « Misery » fait partie de la littérature à l’eau de rose.

On peut difficilement reposer le livre, par contre, on serre les dents lorsque madame Infirmière Barbare s’amuse à faire mal à l’écrivain. On ne risque pas de l’entendre hurler, ils sont dans un trou perdu.

En tout cas, les sévices de font pas dans la dentelle.

Une plongée dans l’univers de King d’où vous ressortirez secoué, ébranlé, comme je le fus il y a très, très longtemps.

 

Nana : Émile Zola – Dans la collection « Les Vieilleries de Dame Ida » [Fiche de lecture non académique]

Titre : Nana – Les Rougon-Macquart – Tome 9

Auteur : Émile Zola
Édition : Le Livre de Poche (31/08/2003)

Résumé :
Zola brûlait d’écrire Nana.

« Je crois que ce sera bien raide. Je veux tout dire, et il y a des choses bien grosses. Vous serez content de la façon paternelle et bourgeoise dont je vais peindre les bonnes filles de joie. »

En fait de joie, l’actrice, Nana, dévore les hommes, croque les héritages et plonge les familles dans le désespoir.

Belle et prodigue, elle mène une danse diabolique dans le Paris des lettres, de la finance et du plaisir. En se détruisant elle-même, elle donne le coup de grâce à une société condamnée, détestée par Zola.

Neuvième volume de la série des Rougon-Macquart, Nana est le plus enivrant d’érotisme et de passion déchaînée.

« Nana tourne au mythe, sans cesser d’être réelle. Cette création est babylonienne. » Flaubert

Le résumé de Dame Ida :
Vous vous souvenez de la Gervaise Macquart de l’Assomoir ? Nan ? L’avez pas lu ? Et ben c’est pas grave puisque c’est de sa fille qu’on va parler aujourd’hui.

Ben oui, le Zola il est comme ça… Quand il commence à écrire, c’est pour vous déployer toute l’histoire d’un arbre généalogique de cassos… Les Rougon-Macquart…

Bref, la Gervaise elle a eu un mioche avec le père Coupeau et comme c’était une pisseuse, ils l’ont appelée Anna, qui est vite devenue Nana, la p’tite nana bien connue des messieurs puisqu’en cloque à 16 ans, elle a eu un p’tit garçon qu’elle a refilé à une nourrice et elle est partie battre le bitume à Paris et se faire entretenir par des messieurs un peu plus fortunés pour l’élever.

Petit commentaire à ma façon au passage… On bosse toutes pour élever nos mioches… Et on est pas obligé de faire le plus vieux métier du monde pour autant… d’autant qu’à l’époque de Nana… à 16 ans, il y a bien longtemps que les jeunes étaient partis bosser quand les parents n’étaient pas pétés de thunes, puisque c’était la seule condition pour aller à l’école.

Ceci étant dit revenons-en à nos moutons, ou plutôt à notre Nana qui tond les vieux boucs comme des moutons.

Ben ouais, parce qu’elle n’est tout de même pas vilaine la Nana. Au point que bien qu’elle chante aussi faux qu’une meule rouillée, on lui propose un rôle dans une opérette.

Et pas n’importe lequel : le rôle de Vénus ! Et comme il est prévu qu’elle se pavane sur scène pratiquement nue, le public composé majoritairement de mecs applaudit aux éclats, oubliant que sa voix vous scie les tympans et les fait saigner… et que leurs femmes fuient la salle épouvantées !

Elle se maque avec un des comédiens de la troupe, et elle aurait pu mener une vie de ménagère parfaite si ce salaud ne l’avait pas battue comme du plâtre et fait porter les cornes.

Alors elle se barre (enfin, c’est surtout qu’il la fout dehors pour la remplacer par sa nouvelle pouffiasse), se lie avec une certaine Satin, amatrice de tarte aux poils et périprostipute professionnelle de son état.

Il ne faut rien de plus que cette mauvaise influence pour que Nana et reprenne le tapin avec sa nouvelle maîtresse.

Marion Game & Véronique Genest (1981)

Après avoir bouffé tous ses ronds, elle accepte de devenir la cocotte du Comte Muffat, c’est-à-dire de signer un contrat d’exclusivité pour ne prodiguer qu’à lui ses services sexuels en échange d’un toit, et d’une somme assez rondelette pour vivre très décemment, et se changer quinze fois par jour avec des robes hors de prix que même feu Karl Lagerfeld n’aurait pas osé imaginer.

Ben oui, à cette époque, un mec qui avait réussi dans la vie, il n’avait pas encore de Rolex ou de grosse berline hors de prix pour exhiber son statut ! Il devait avoir une cocotte, belle, bien entretenue, pour la montrer à son bras en ville lors de ses sorties entre potes…

Sur quoi tu louches ??

Ben ouais, quand il sortait avec sa dame, ou allait avec elle à la messe… la cocotte restait au placard. Faut pas pousser non plus.

C’était les mœurs de l’époque d’ailleurs Stéphane Bern avait sorti un Secrets d’Histoire exprès sur les « Grandes Horizontales », c’est-à-dire sur les périprostiputes de luxe de l’époque qui amassaient des fortunes en diamants en ruinant ces vieux dégueux pleins de sous qui étaient obligés de payer pour s’envoyer en l’air vu qu’avec leurs légitimes, tout se faisait habillé, dans le noir entre un ave et deux paters, dans la position du missionnaire…

Et si Monsieur pouvait se dépêcher c’était pas plus mal parce que ces dames qu’ils avaient épousées pour leur dot, en bonnes catholiques, n’aimaient pas ça du tout.

Anybref, la voilà entretenue par le Comte Muffat, qui en public fait croire qu’il est un parangon de vertu (Hou là ! Comme je cause bien tout à coup ! Faut pas que je me relâche !), devient le petit toutou à sa Nana, qui prend des amants à la pelle (et les sous de ses amants… rien est gratuit… attention !) et renoue avec son béguin lesbien qu’est la Satin.

L’un d’entre eux, un certain Comte en banque… heu non… de Vandeuvres, appelle une pouliche Nana et la fait courir à l’hippodrome en son honneur, et la bestiole gagne.

Sauf qu’il est accusé de tricherie, se suicide en mettant le feu à son écurie, un de ses amants est arrêté pour détournements de fonds pour payer ses passes chez Nana, le très jeune frère de celui-ci que Nana a dépucelé au passage, se suicide, transi d’amuuuuur pour elle…

Et son Comte Muffat finit lui aussi totalement sur la paille après qu’elle lui ait fait financer un lit spectaculaire tout en bronze doré, aussi orné que l’autel d’une cathédrale dans laquelle on célèbrerait de drôles de messes païennes !

Ben attends ! À gagner sa vie couchée, autant le faire confortablement en pétant dans la soie, la Satin et le velours !

Pour la petite histoire sachez qu’une courtisane ayant réellement existé à cette époque, une certaine Valtesse de la Bigne, s’était fait faire un tel lit que l’on peut aller admirer au musée des arts décoratifs de Paris aujourd’hui…

Car la Nana de Zola, c’est une sorte de cocktail réunissant le parcours de plusieurs cocottes de la fin du second empire : Valtesse de la Bigne, Delphine de Lizy, Cora Pearl, Hortense Schneider, Anna Deslions…

Et la figure du comte Muffat est l’archétype du pigeon, qui prend pour tous les autres volatiles de son espèces qui sont allés claquer la dot de leur femme, l’assurance vie des enfants, leur plan d’études, la paye de leurs employés et leurs arriérés d’impôts chez ces dames de petite vertu…

Tout ça pour dire que partout où Nana passe, les mecs et les fortunes trépassent ! Que de scandales ! Voici, Gala, Coins de rue – Images Immondes en auraient fait leurs choux gras.

Comme Nana dépense sans compter, elle aussi finit endettée, et elle doit vendre tous ses trucs aux enchères, même son baisodrome de compétition de lit et se retirer à la campagne ou, la morale sera sauve : elle trépasse à dix-huit ans à peine, emportée par la variole, totalement défigurée, et ruinée.

C’est bien fait ! Elle n’allait tout de même pas emporter au paradis son lit et toute la thune qu’elle avait piquée en couchant avec des vieucs ! Non mais !

MON HUMBLE AVIS :
Si vous ne devez lire qu’un seul Zola dans votre vie, lisez celui-là.

Le thème est léger, la prose parfois acide et délicieuse (j’adooooore la première phrase du chapitre deux « Et Nana devint une femme chic, marquise des hauts-trottoirs, rentière de la bêtise et de la luxure des mâles » – je cite de mémoire… y a p’t’être des erreurs…), et Zola révèle, que dis-je, dénonce les mœurs hypocrites des grands bourgeois de cette époque, qui étaient censés être fourrés à la messe tous les dimanche, se voulaient conservateurs, attachés à l’ordre de leur établi (oui, je sais… c’est pas tout à fait comme ça que ça s’écrit!) etc… et qui entre copains jouaient à qui se taperait la périprotipute la plus chère de Paris !

Un pur délice !

J’ai kiffé grave la race de ma mémère, et je vous recommande ce bouquin de toute urgence…

En plus il est pas très épais et écrit assez gros, même s’il y a pas d’images (c’est dommage d’ailleurs… mais sur internet on pourra trouver tout ce qu’on veut en matière d’illustrations…) !