La faucheuse – Tome 1 : Neal Shusterman

Titre : La faucheuse – Tome 1

Auteur : Neal Shusterman
Édition : Robert Laffont (16/02/2017)
Édition Originale : Arc of the Scythe – Book 1 – Scythe (2016)
Traducteur : Éditions Robert Laffont, S.A., Paris, 2017

Résumé :
Les commandements du Faucheur : Tu tueras. Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation. Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue. Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté. « MidAmérique, milieu du 3e millénaire.

Dans un monde où la maladie a été éradiquée, on ne peut plus guère mourir qu’en étant tué aléatoirement (« glané ») par un faucheur professionnel.

Citra et Rowan sont deux adolescents qui ont été sélectionnés pour devenir apprentis-Faucheurs ; et, bien qu’ils aient cette vocation en horreur, ils vont devoir apprendre l’art de tuer et comprendre en quoi cette mission est bel et bien une nécessité.

Critique :
Imaginez un monde où plus personne ne meurt… Les maladies n’existent plus, les crimes non plus.

Et si par le plus grand des malheurs, vous passiez sous les roues d’un trente tonnes, des ambudrones (les robots ambulanciers) vous enverront de suite en résurrection !

Comptez 4 jours si l’accident était grave.

Ben comment on va mourir, alors ?? Tout simplement grâce aux Faucheurs qui, sans l’aide d’une faux, vous glaneront et vous enverront, pour de bon, six pieds sous terre.

Aucune arme ou manière n’est prohibée pour vous glaner (tuer). On leur demande juste de respecter des quotas, de ne pas cibler des groupes particuliers, d’avoir de l’empathie et de ne pas vous faire souffrir.

Vous voulez savoir ? C’était jubilatoire cette lecture où la Mort n’existe plus, où des êtres supérieurs doivent la donner et où les gens, alors qu’ils ont accès au Thunderhead (sorte de Wiki puissance 1.000 avec une A.I), préfèrent regarder des hologrammes de chats. Tiens, on dirait notre société !

Les personnages sont bien traités, travaillés, ambigus, même si certains méchants sont vraiment des méchants et que rien ne pourra plaider en leur faveur.

Malgré ce petit manichéisme, j’ai apprécié que nos deux ados soient des jeunes pleins de perspicacités, de ruses, sachant jouer avec les règles et les retourner dans la figure de certains. Ils m’ont été sympathique tout de suite.

L’auteur nous dépeint une société qui a tout de la société parfaite : plus de guerres, plus de chômage, plus de maladies graves, l’immortalité (quasi) et pourtant, on dirait que sous le vernis de la perfection se dissimule quelques imperfections.

En effet, comment arriver à jouir pleinement de la vie quand la mort est quasi inexistante et que vous pouvez rajeunir si vous en avez marre de vos soixante ans ?

De plus, comment être sûr que certains Faucheurs ne prennent pas leur pied en donnant la mort et n’abusent pas de leurs prérogatives, façon petit tyran ?

Pas de temps mort dans ce roman qui ne conviendra peut-être pas au plus jeunes car certaines scènes de massacres sont assez violentes, du suspense, du mystère, de la compétition, un suicide suspect et une société de faucheurs gangrénée par l’envie de pouvoir de certains.

Un roman difficile à lâcher, une véritable tuerie au niveau du scénario que de ses personnages, ainsi que dans la structure et l’élaboration de son récit avec le poil à gratter qui parsème la description de la nouvelle société.

Un final super qui vous laisse devant deux choix : poursuivre l’aventure avec le tome 2 ou vous arrêter là.

Moi je continue, en espérant que le deuxième tome soit aussi brillant que le premier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°31 – Les Hommes Dansants – lire un livre appartenant au genre « Jeunesse »).

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Jake : Bryan Reardon

Titre : Jake

Auteur : Bryan Reardon
Édition : Gallimard (08/02/2018)
Édition Originale : Finding Jake (2015)
Traducteur : Flavia Robin

Résumé :
Simon Connolly est l’heureux père de deux enfants, Jake et Laney. Certes, la situation de cet homme au foyer est pour le moins originale et Simon n’est pas toujours très à l’aise dans ce rôle. Mais, cahin caha, la famille coule des jours paisibles ?

Jusqu’au jour où Doug Martin-Klein, un gamin associable dont Jake est le seul copain, tire sur plusieurs adolescents avant de se donner la mort. Les survivants et les blessés sont peu à peu évacués mais Jake est introuvable.

Et très vite soupçonné d’être le complice de Doug. Commence alors pour Simon une véritable descente aux enfers. Comment une chose pareille a-t-elle pu arriver ?

Comment a-t-il pu ne rien entrevoir du drame qui se profilait ? Jake est-il coupable ? Où est-il passé ?

Critique :
Une fusillade dans un lycée américain fait 13 morts et bien plus de parents ou de familles déchirées, en colère. anéanties, traumatisées…

Les médias se déchaînent, les gens aussi, on écoute un président peroxydé dire n’importe quoi, tapant sur les jeux vidéos, sur les parents du tueur, sans que jamais personne ne se demande ce que ressentent les parents de l’ado qui vient de commettre ces assassinats.

Et tout le monde balance sur le dos de ces gens-là, les jugeant sans savoir, déversant des tonnes de commentaires haineux sur les réseaux sociaux, sans jamais penser à ce que peuvent ressentir ces hommes et femmes qui ne sont pas toujours des mauvais parents, comme on voudrait nous le faire croire.

Ici, nous allons entrer dans le quotidien de Simon Connoly, de son épouse Rachel et de ses deux enfants, Jake et Laney.

Alternant les chapitres « avant » et « après », l’auteur nous fait vivre avec brio les moments de vie de Jake : sa naissance, son enfance, son côté un peu réservé, son père qui joue les mères au foyer pendant que maman bosse, sa vie avec sa petite soeur et les moments angoissants que vont vivre cette famille lorsqu’on accusera leur enfant d’être un des co-auteurs de la tuerie.

Ce roman est un concentré d’émotions brutes, pures, magiques, magnifiques. Sans voyeurisme aucun, sans parti pris, l’auteur nous fait vivre de plein fouet ce que des parents vont ressentir lors de l’emballement, du déferlement médiatique qui va leur tomber dessus, sans que personne ne se soit posé les bonnes questions de l’innocence ou de la culpabilité de leur fils.

Les pages se tournent toute seules tant on a envie de savoir ce qui est arrivé à Jake et ce qui va arriver à sa famille, au bord de l’éclatement, au bord de la nausée de s’entendre juger par des gens qui ne les connaissent pas, ou peu, ces sois-disant amis qui, le jour où vous êtes dans la tourmente, viennent tirer à boulets rouges sur vous.

Un roman noir assez court où l’on s’attache aux personnages principaux car ils sont réalistes, humains, avec leurs failles, leurs défauts, leurs personnalité propre, dont celle d’un père et d’un fils un peu réservé, ce qui fait dire qu’ils sont différents.

Un roman noir qui vous prend aux tripes, qui ne vous lâche pas, profond, humain, juste, réaliste, et un concentré d’émotions pures dans les dernières pages, celles qui donnent des crasses dans les yeux parce que soudainement, ils se mettent à pleurer tout seuls.

Un roman noir qui m’a ému, qui m’a fait réfléchir à tout ces imbéciles qui vilipendent d’autres personnes sans savoir, se mêlant de ce qui ne les regarde pas, les faisait parler alors qu’ils ne savent rien, que ce soit pour des tueries ou pour des testaments.

Ce roman noir qui alterne les phases de bonheur et celles plus angoissantes de « Jakoutai » fini d’emblée dans mes coups de coeur marquants de l’année 2018.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Retour à Duncan’s Creek : Nicolas Zeimet

Titre : Retour à Duncan’s Creek

Auteur : Nicolas Zeimet
Édition : Jigal Editions (08/09/2017)

Résumé :
Après un appel de Sam Baldwin, son amie d’enfance, Jake Dickinson se voit contraint de retourner à Duncan’s Creek, le petit village de l’Utah où ils ont grandi.

C’est là que vit Ben McCombs, leur vieux copain qu’ils n’ont pas revu depuis plus de vingt ans. Les trois adolescents, alors unis par une amitié indéfectible, se sont séparés dans des circonstances dramatiques au début des années quatre-vingt-dix.

Depuis, ils ont enterré le passé et tenté de se reconstruire. Mais de Los Angeles aux montagnes de l’Utah, à travers les étendues brûlantes de l’Ouest américain, leurs retrouvailles risquent de faire basculer l’équilibre fragile de leurs vies.

Ce voyage fera ressurgir les haines et les unions sacrées, et les amènera à jeter une lumière nouvelle sur le terrible secret qui les lie. Ils n’auront alors plus d’autre choix que de déterrer les vieux cadavres, quitte à renouer avec la part d’ombre qui les habite… et à se confronter à leurs propres démons.

Critique :
Le pari était osé, risqué, même : faire une suite de « Seuls les vautours », roman noir époustouflant où l’auteur avait su insuffler des véritables senteurs des années 80 dignes d’un King.

La suite me faisait un peu peur, mais mes petits copains blogueurs ont su calmer mes angoisses en me certifiant que la suite était une belle suite et qu’il fallait que je la lise.

Les salauds avaient raison : la suite est d’un haut niveau et j’ai retrouvé une partie de la palette des émotions que j’avais ressentie lors de la lecture de « Seuls les vautours ». Pas tout à fait les mêmes émotions, mais j’en ai eu pour mes sous, je vous assure.

Déjà que l’auteur a réussi à me donner l’équivalent d’un coup de poing dans le plexus dans ses premières pages, lorsque Jack s’arrête au milieu de nulle part avec Sam. Là, il m’a coupé la chique.

Une partie du plaisir de lecture réside dans la construction du récit qui alterne les « aujourd’hui » avec les « hier », les deux pouvant se confondre dans le récit, se compléter, se mélanger harmonieusement.

De plus, l’auteur a réalisé un petit puzzle qui fait que l’on ne découvre l’histoire qu’au fur et à mesure de sa lecture, nous réservant grâce à cette construction des petites surprises, des sursauts, nous déroulant une histoire à l’envers.

Rassurez-vous, pas besoin de carte ou de GPS pour retrouver son chemin, il est bien balisé et si on possède un cerveau normal, on aura le film qui se déroulera dans notre tête.

En parlant de film… La chose la plus remarquable, dans ce roman noir, en plus des personnages bien détaillés, vivants, réalistes, c’est le fait que dans ses descriptions, l’auteur m’ait fait vivre les scènes d’amitié, de rigolade, ou de drame comme si j’y étais et je peux vous dire que j’ai eu l’impression de me trouver dans le corridor lorsque le drame est arrivé.

Ceci est un roman noir bien construit, profond, avec une écriture qui n’a rien de neuneu ou de simpliste, les descriptions sont détaillées, mais sans qu’elles ne submergent le récit et n’étouffent les personnages, qui eux, sont tels qu’auraient pu être trois jeunes enfants devenant ados, se faisant des promesses qu’ils ne tiendront jamais d’amitié à vie.

Un roman noir que j’ai dévoré, regrettant ensuite d’arriver à la fin car la palette d’émotions m’avait fait passer par tous les stades, le dernier étant la tristesse de quitter mes amis, devenus adultes.

Ce roman, c’est une traversée de plusieurs états des États-Unis, un road trip pour un retour en arrière, sorte de retour vers le passé, une plongée dans un abîme de sentiments, de souvenirs qui ne laissera pas son personnage principal indemne.

Un roman noir puissant, même si un cran en-deçà de son précédent « Seuls les vautours » qui lui, était exceptionnel.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Passé parfait – Les quatre saisons 1 : Leonardo Padura

Titre : Passé parfait – Inspecteur Mario Conde 1 [Les quatre saisons 1]

Auteur : Leonardo Padura
Édition : Points (07/05/2008)
Édition Originale : Pasado perfecto (1991)
Traducteur : Caroline Lepage

Résumé :
La Havane. Hiver 1989. Le lieutenant Mario Conde est chargé d’enquêter sur la mystérieuse disparition du directeur d’une grande entreprise.

Rafael Morin était étudiant avec Mario Conde, il était beau, brillant, et il a épousé Tamara, le grand amour de Mario.

Le lieutenant Conde s’engage dans une double recherche sur son passé et sur le disparu.

Dans ce premier roman de la tétralogie Les Quatre Saisons, Leonardo Padura présente ses personnages : le Vieux, commissaire et grand fumeur de cigares, Carlos El Flaco, l’ami d’enfance, vétéran des guerres d’Angola cloué dans son fauteuil roulant, Josefina la cuisinière qui crée des banquets avec rien, et tout le petit monde d’un quartier populaire de La Havane autour de Mario Conde, le flic amateur de rhum et de littérature, le représentant de la génération « cachée », celle dont la lucidité mesure cruellement les échecs des utopies.

Critique :
Cuba… La Havane, le paradis du cigare (les mauvaises langues diront que Bill Clinton aimait qu’on lui fume le Havane). Cuba, pays de Fidel Castro et pays sous embargo.

Découvrir les enquêtes de l’inspecteur Mario Conde faisait aussi partie de mes petits challenges personnels car j’aime varier mes plaisirs policier et voyager afin de découvrir des endroits moins connus.

La grosse question sera : est-ce que je reviendrai à La Havane ?

Pas sûr… Autant Mario Conde aime la littérature, le rhum et la bonne cuisine, tout comme moi, je ne pense pas que je referai une virée avec lui, ou alors, juste pour lui donner une seconde chance parce que mes impressions après cette lecture sont mitigées.

♫ Quatre consonnes et trois voyelles c’est le prénom de Raphaël, ♪ Je le murmure à mon oreille et chaque lettre m’émerveille, ♫ 

Sorry, mais lorsqu’on entend les gens parler de Rafael, on pense à la chanson de Carla Bruni tant ce type pue le premier de la classe, le mec à qui tout réussi, le mec intelligent, gentil, formidable, en tant que collègue ou mari…

Par contre, du côté de Mario Conde, il est super jaloux de lui, il l’a envié et a rêvé de lui péter sa petite gueule d’amour. On pourrait le suspecter d’être partial sur cette enquête.

Là où le bât a blessé, c’est que l’enquête sur la disparition de Rafael Morin, ancien de l’école de Conde, est assez poussive, lente, et m’a donné l’envie de sauter des pages au lieu d’aller m’accouder au bar et de m’envoyer de whisky Ballentine avec l’inspecteur atypique et Tamara, la somptueuse l’épouse du Rafael, celle pour qui Conde se branle encore le manche tout en pensant à sa poitrine et au reste.

Au départ, j’ai apprécié tous les retours en arrière dans la vie de Mario Conde, suivre ses souvenirs d’école, de sa vie d’enfant, d’ado, ses débuts dans la police, l’embargo du pays, suivre sa vie après le boulot, ses amis, la bouffe chez la maman de son meilleur ami, mais au bout d’un moment, j’ai eu l’impression que l’enquête tournait en rond et que ça n’avançait pas, et donc, j’ai un peu perdu le fil et sauté des pages.

Une enquête, qui, dans son final, sera fort classique, si pas banale, tant ce problème là est vieux comme le monde.

Alors, je ne sais pas si je reviendrai à La Havane (♫ Dans un grand Boeing bleu de mer ♫) pour boire un verre de rhum avec Mario Conde, l’inspecteur un peu fracassé, car des policier cassé, la littérature en regorge et ma PAL aussi.

Peut-être lui laisserai-je une seconde chance, juste pour voir La Havane au printemps après l’avoir découverte en hiver.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

Troupe 52 : Nick Cutter [LC avec Stelphique]

 

Troupe 52 - Nick CUTTER (2)

Titre : Troupe 52

Auteur : Nick Cutter, pseudo de Craig Davidson
Édition : Denoël (14/11/2016)

Résumé :
Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe.

Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar.

L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu.

Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

À mi-chemin entre « Sa Majesté des mouches » et « 28 jours plus tard », ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Critique [Stelphique en bas] :
Ceci sera sûrement ma dernière chronique car c’est sûr, j’ai été infestée… Je sens déjà la faim gronder en moi et je dois me retenir afin de ne pas mordre dans mon clavier pour le bouffer.

— J’AI FAIM !! TRÈÈÈS FAIM !!

Nous étions tranquilles sur la petite île de Falstaff Island, nous 5, les scouts de la Troupe 52, et notre chef, Tim Riggs, un adulte cool et médecin.

On se racontait des histoires qui font peur, on se chambrait, enfin, on chambrait surtout Newton, le petit gros de la bande, le geek, l’intello. On emmerde un peu moins Sheilley, car il est un peu bizarre, il fait peur.

Ephram, faut pas le chercher, il sait se servir de ses poings, son père est taulard, même. Son meilleur ami est Max, il le protège, ils sont ensemble depuis leur bas âge.

Kent, c’est le meneur, le fils du shérif, celui qui pique tout à tout le monde et que personne n’ose remettre à sa place. Celui qui tutoie les profs, le moniteur, celui qui n’obéit pas.

Ceci est donc ma dernière…

Tout est allé très vite après l’arrivée d’un type très malade, très maigre aussi, genre le type qui sort d’un camp de concentration après 10 ans de privations. Il foutait plus la trouille que toutes nos histoires « à faire peur » réunies.

Le pire est arrivé lorsqu’il est mort et que ce qu’il avait en lui est sorti… Argh, quelle horreur, jamais vu ça de ma life, le moniteur médecin non plus.

Je sens tout ça grouiller en moi, me déchirer, monter le long de ma colonne… arriver au cerveau… pas de bol pour eux, j’en ai pas ! Mhouhahahaha… *voix qui s’étrangle* Argh, tiens, si, j’avais bien un cerveau et ils l’ont bouffé.

Si vous voulez frissonner de peur, allez-y, plongez sur le roman et dévorez-le ! Mes amis ont beau être des gamins de 14 ans, chacun a sa petite personnalité et vous ne serez pas déçu de ce que vous lirez car nous n’avons rien à avoir avec les gentils gamins du Club Des Cinq.

Niveau suspense et tension, vous ne serez pas volé sur la marchandise, je vous garanti que votre médecin vous prescrira ensuite des pilules pour faire baisser la tension qui aura monté tout au long du récit.

Et puisque nous ne pouvons que vous conter l’horreur qui s’est produite sur l’île, notre auteur a eu la brillante idée de chiper une idée au King lui-même (Stephen, pas Elvis), celle qu’il avait utilisée dans la narration de Carrie, celle qui ♫ allumait le feu ♫ et dont on racontait une partie des exploits aux travers d’articles de journaux.

Dans notre histoire horrible, vous saurez tout grâce aux extraits de journaux, grâce aux témoignages de miliaires, de médecins, de scientifiques…

Et si vous voulez savoir si je vais m’en sortir et continuer d’écrire des bafouilles, vous devrez d’abord lire Troupe 52, car un scout, quoi qu’il arrive, est toujours prêt !

Prêt à servir, prêt à mourir…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°47 – Détective agonisant – une personne gravement malade meurt dans les premières pages).

Pourquoi je l’ai choisi [Par Stelphique] : 

Ce livre je l’avais repéré avant même sa sortie (vive les teasing de Denoel <3) et puis, on avait envie de se retrouver avec un livre bien effrayant avec ma binôme, histoire de renouer avec nos préférences livresques…

Et puis, quoi de mieux que de se retrouver avec un livre recommandé par le grand, le King de l’horreur, notre cher Stephen King ? Très heureuse d’avoir bousiller nos prévisions de planning en faisait entrer celui ci !

Merci à ma binomette adorée de toujours m’attendre, de toujours dire oui à nos folies, de se laisser séduire par toutes ses tentations de lectures ! Ceci est ♫

Une déclaration, Ma déclaration♫ d’amitié à une femme adorable : Belette, Cannibale de lecture (merci ma poulette, réciprocité de la déclaration © Cannibal).

Synopsis : 

Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe.

Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

À mi-chemin entre Sa Majesté des mouches et 28 jours plus tard, ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Ce que j’ai ressenti : 

Ai-je tort de croire qu’il s’agit de l’endroit idéal pour un brin de diablerie ?

Si l’on se rappelait ces soirées de camping entre amis, à se filer la frousse avec les histoires les plus effrayantes à se raconter auprès du feu, parions que cette histoire aurait eu une place de choix dans nos tremblements nocturnes.

Lire Troupe 52, avec ma binôme, au fin fond de nos lits, sous la couette, nous a filé quelques sueurs froides et quelques nausées, mais elle a été un super moment de lecture!

Ce petit groupe dynamique et motivé va bien vite déchanter de leur virée du week-end ! Les devises Scouts vont voler en éclats tout comme les liens d’amitié qui les unissent, ne laissant en bouche qu’un arrière gout amer et une féroce envie de dévorer la vie à pleine dents !

Cauchemardesque à souhait et monstrueusement grouillante, la folle frénésie qui nous prend de lire ses pages est bien à l’image de cette intrigue: effrayante et affamée ! Un page-turner hallucinant, dont on bouffe les lignes, jusqu’au point ultime de fin.

« C’est la nature de tout être vivant. On s’accroche à la vie jusqu’à ce qu’elle nous soit arrachée. Même s’il en reste que des lambeaux, on s’accroche tout de même. »

J’ai été agréablement surprise que l’horreur se tienne tout du long, qu’elle soit sourde et à la fois criante, froide et implacable, juste ce qu’il faut d’écœurante , admirablement ténue.

Entre les petits problèmes d’adolescents et l’inertie des adultes devant ce spectacle de débâcle, j’ai été souvent au bord du vomissement, car les monstres sont d’une évidente frayeur, mais à voir se dessiner la folie pour vendre envers et contre tout, c’est peut encore plus immonde…

« La survie dépendait largement de la capacité de chacun à croire en la possibilité d’une fin heureuse. Vous étiez foutu à partir du moment où vous vous mettiez à imaginer le pire. »

Stephen King avait bien raison d’émettre des réserves pour les âmes sensibles, (je pense que je vais avoir du mal à me remettre de la scène de la tortue…) parce qu’il y a dedans un mélange d’horreur et de tenaces effets grouillants dans nos esprits, qui te tiennent toujours en alerte, toujours plus avec la faim au ventre, qui t’empêchent carrément de dormir tranquille, même à côté de tes amis…

« La seule manière de connaître réellement quelqu’un, c’est de le voir en situation de crise. Les gens s’infligent les pires sévices, Newton. Tu ne peux pas imaginer. Les amitiés, la famille, l’amour et la fraternité, tu peux balancer tout ça par la fenêtre… »

Allez, on parie que tu vas en frémir d’horreur d’aller faire une ballade sur cette île ?!!! Qu’il va se réveiller en toi, une furieuse envie de vivre et de manger les pages de ce thriller terrifiant ??!

Bon appétit et bonne découverte…

« Le silence de la nuit s’étendait au dessus de l’immensité de l’océan. Un paysage d’une tranquillité inimaginable qui instilla la peur dans le coeur de Max. La mort serait-elle ainsi: un silence liquide infini? »

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

Le diable en personne : Peter Farris

Titre : Le diable en personne

Auteur : Peter Farris
Édition : Gallmeister (17/08/2017)
Édition Originale : Ghost in the fields (2017)
Traducteur : Anatole Pons

Résumé :
En pleine forêt de Géorgie du Sud, au milieu de nulle part, Maya échappe in extremis à une sauvage tentative d’assassinat.

Dix-huit ans à peine, victime d’un vaste trafic de prostituées régi par le redoutable Mexico, elle avait eu le malheur de devenir la favorite du maire et de découvrir ainsi les sombres projets des hauts responsables de la ville.

Son destin semblait scellé mais c’était sans compter sur Leonard Moye, un type solitaire et quelque peu excentrique, qui ne tolère personne sur ses terres et prend la jeune femme sous sa protection. Une troublante amitié naît alors entre ces deux êtres rongés par la colère.

Critique :
Mais qui tiendrait le rôle du Diable, dans ce roman ? Le vieux Leonard Moe ? Mexico le maquereau ? Monsieur le maire ? Les trois à la fois ?

En tout cas, le Diable n’est sans doute pas celui qu’on pense et Mexico le maquereau aidé du maire véreux ont tous deux de quoi faire de l’ombre au véritable Satan lui-même.

Les clients dotés d’un minimum de bon sens étaient suffisamment avisés pour ne pas abîmer la marchandise de Mexico. Maya avait entendu qu’il avait déjà castré un homme à la cisaille pour bien se faire comprendre.

Que pourrait-il se passer lorsque Maya, jeune fille transformée en pute de luxe par ce mac vénal et sans pitié – qui veut qu’elles le nomment Daddy – s’enfui et rencontre Leonard, un vieux bootlegger un peu zinzin, qui vit avec ses chats et avec un mannequin à qui il parle ?

Leonard détestait la ville, aussi bien en tant qu’abstraction qu’en tant que réalité. Plutôt boire de l’eau de vaisselle croupie qu’aller là-bas. Il y avait des gens en ville.

Un mélange détonnant, celui de deux opposés qui se rencontrent, un mélange improbable, comme quand on insère du beurre dans du chocolat fondu et que les deux corps gras se repoussent car pas destiné à se rencontrer.

Pourtant, au final, les deux corps hétérogènes se mélangent parfaitement avec un peu de patience et le résultat donne un récit bien noir, bien onctueux, que l’on peut consommer sans modération, si on aime le noir, bien entendu.

Peter Farris connait bien les codes du Roman Noir, il les a révisé, mis à sa sauce, n’usant de la violence que lorsqu’elle est nécessaire et saupoudrant sa préparation d’un peu de sucre pour l’adoucir, sans pour autant en faire un truc bourré de saccharose guimauve qui ferait grincer les dents et donnerait des maux de ventre.

Ce n’est pas du Disney ! Disney, lui, aurait titré le récit « La princesse péripatéticienne et le vieux bootlegger fou », nous transformant un roman noir démoniaque en truc sirupeux, style histoire d’amûr.

Peter Farris n’étant pas fou et étant un écrivain qui sait ce qu’il doit faire de son récit (et ce qu’il ne faut pas faire), il nous balance un petit roman noir condensé, sans en rajouter, sans trop d’emphase, et sans sentimentalité à deux balles. Ouste aux histoires d’amour, l’amitié, c’est déjà très bien.

Il est assez intelligent pour savoir qu’il est souvent incompatible de faire les choses bien et de survivre pour pouvoir en être fier.

C’est du brut, c’est du noir. On a affaire à des trafiquants de chaire humaine, de drogues, d’armes. Ici, c’est pas les Bisounours qui passeraient des livres de beurre en douce.

Maya réalisa que c’étaient toujours les « normaux » qui représentaient le plus grand danger, des nantis qui régnaient sur l’univers avec cette idée perverse que tout leur était dû. Avocats et cadres, conseillers municipaux, acteurs et athlètes épris de leur reflet dans le miroir. Maya ne connaissait pas le mot sociopathe, mais elle savait que c’étaient ces types-là qui s’en sortaient le mieux dans la vie et qui portaient les secrets les plus sombres, les plus lourds.

Peter Farris a pris soin aussi de brosser les portraits de ses personnages principaux et secondaires, nous offrant leurs failles, leurs secrets, leurs douleurs, leurs ambitions, rendant plus humain le vieux un peu taré et la jolie petite pute qui sait faire des tas de trucs avec son corps, mais ne donnant rien aux salopards pour les sauver.

Prance était un vieil inspecteur libidineux avec le cœur fragile et un problème d’alcool. Il fumait deux paquets par jour et avait la déontologie d’un urinoir dans des toilettes de femmes.

Mexico avait des dossiers sur tous ses clients. Il était le John Edgar Hoover des macs. Audio. Vidéo. Suffisamment d’éléments pour tuer une carrière, briser un mariage, entacher une réputation, menacer une vie.

C’est une partie de l’Amérique un peu trash qu’il nous offre, celle des bouseux, des gens qui vivent dans le trou du cul de la Géorgie du Sud, c’est-à-dire nulle part, dans un trou perdu.

Pourtant, on dirait que ce trou perdu au milieu de nulle part attire les types sans foi ni loi comme une merde fraiche attire les mouches, comme un cadavre attire les vautours. Mais là, j’insulte les animaux…

— […] Je t’en prie. Le sexe m’ennuie. Mais j’ai constaté très tôt son pouvoir sur les gens et j’ai appris à en profiter. Les stups et la spéculation foncière rapportent plus […]

Un politique qui n’est pas agité mentalement n’accède pas au pouvoir. Ni les vrais sentiments ni les émotions n’ont leur place en politique.

Un petit roman noir brut, condensé, du chocolat noir à plus de 80% (j’ai lu des bien pire), le tout saupoudré d’une petite bougie qui symbolise l’espoir, qui, même quand « Noir c’est noir » Il n’est jamais trop tard, Il me reste l’espoir…

Elle avait vu l’anormal dans toutes ses manifestations. Comportements vicieux et dépravés, passions perverses, hommes à quatre pattes hurlant comme des chiens, avec des engins longs et fripés qui évoquaient la trompe d’un tamanoir, ou bien ratatinés comme des champignons. Certains étaient bien soignés et sentaient l’eau de Cologne, d’autres avaient l’odeur putride d’un tapis de mousse.

— C’est pas mon problème si le maire de notre bonne ville a un appétit sexuel à épuiser un bonobo.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Le perroquet qui bégayait : Alfred Hitchcock

Titre : Le perroquet qui bégayait

Auteur : Alfred Hitchcock
Éditions : Bibliothèque verte / Livre de poche

Petit Plus : Le Perroquet qui bégayait (titre original : The Mystery of the Stuttering Parrot) est un roman écrit par Robert Arthur et paru en 1964 aux États-Unis. Il a été publié sous la signature théorique d’Alfred Hitchcock pour des motifs publicitaires et de marketing.

Le roman est le deuxième de la série policière pour adolescents Les Trois Jeunes Détectives.

Résumé :
Un perroquet qui parle, cela n’a rien d’exceptionnel. Mais un perroquet qui bégaie, c’est vraiment… un oiseau rare !

Surtout s’il s’appelle Shakespeare et s’il forme une curieuse équipe avec cinq autres oiseaux parleurs aux noms inattendus, qui prononcent des phrases énigmatiques.

Alfred Hitchcock, le maître du suspense, a entrepris de résoudre le mystère du perroquet bègue avec l’aide des trois jeunes détectives, Hannibal Jones, Bob Andy et Peter Crentch, trois garçons pleins d’allant dont la réputation commence à grandir à Hollywood… et aussi en France où ils comptent déjà beaucoup d’amis.

Critique :
Quoi ? Depuis toutes ces années je ne vous ai jamais avoué que j’avais une grande tendresse pour ce roman jeunesse et que je le relisais souvent depuis l’époque lointaine de mes 12 ans ?

La dernière fois que je l’avais relu, c’était en octobre 2012, sur le quai de la Gare de Nord à Paris, alors que j’attendais le Thalys qui me ramènerait à Bruxelles.

C’est par le plus grand hasard que je l’avais trouvé dans une échoppe de seconde main et, comme je ne savais plus dans quel carton se trouvait mon édition, j’avais racheté le roman pour l’offrir à ma soeur et en profiter pour le lire puisque je n’avais rien à lire (horreur !) pour mon trajet.

Anybref, c’est toujours un plaisir de relire ce roman qui m’avait bien plu lorsque j’avais dû le lire pour l’école et en plus, j’avais bien réussi l’interrogation dessus, alors que certaines questions de la prof étaient vaches.

Nos trois jeunes détectives ont tout pour plaire : Hannibal Jones est le cerveau du groupe, c’est aussi le plus costaud niveau corpulence, vantard mais malin ; Peter Crentch c’est le sportif du trio, un peu froussard et Bob Andy, lui, c’est l’intellectuel du groupe, celui qui s’occupe du travail de documentation.

De plus, ô bonheur quand on est gosse et qu’on lit ce livre : leur QG est une vieille caravane planquée sous un tas de brol hétéroclites (située au coeur de la brocante du père de Hannibal) et uniquement accessible par plusieurs entrées secrètes !

Mais nom de dieu, c’est le truc rêvé pour les gosses, ça !! De plus, ce super QG est équipée d’un laboratoire et d’un téléphone. J’en ai rêvé, de ce QG…

Alfred Hitchcock leur demande de l’aide afin de retrouver le perroquet bègue d’un de ses amis et cette simple requête va les plonger dans une enquête fantastique sur fond de chasse au trésor.

Les phrase répétées par tout ces perroquets, misent bout à bout, devraient les aider à résoudre cette énigme qui semble bien compliquée !

Certes, c’est de la littérature jeunesse, ce qui fait donc que les gamins seront toujours plus fort que les bandits, qu’ils auront toujours des chouettes trucs à leur disposition pour résoudre leurs enquêtes, ce qui nous rendra jaloux à en crever, nous, les lecteurs lambdas qui ont un jour rêvé de résoudre des énigmes avec une bande de copains.

Mais je m’en fous, parce que je prends toujours autant de plaisir à relire leur aventures et à m’extasier devant un perroquet nommé Sherlock Holmes !

Les détectives avaient appris que, quelques jours plus tôt, un gros monsieur était allé de porte en porte et avait réussi à racheter deux perroquets nommés Capitaine Kidd et Sherlock Holmes, en les payant le double de leur prix. En revanche, il n’avait pas retrouvé Scarface ni Robin des Bois.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N° 22 – Rituel de Musgrave – Chasse au trésor ou énigme à résoudre).

L’Ami retrouvé : Fred Uhlman

Titre : L’Ami retrouvé

Auteur : Fred Uhlman
Édition : Gallimard (1983)
Date de publication originale :  Reunion (1971)

Résumé :
Âgé de seize ans, Hans Schwartz, fils unique d’un médecin juif, fréquente le lycée le plus renommé de Stuttgart.

Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l’arrivée dans sa classe d’un garçon d’une famille protestante d’illustre ascendance lui permet de réaliser son exigeant idéal de l’amitié, tel que le lui fait concevoir l’exaltation romantique qui est souvent le propre de l’adolescence.

C’est en 1932 qu’a lieu cette rencontre, qui sera de courte durée, les troubles déclenchés par la venue de Hitler ayant fini par gagner la paisible ville de Stuttgart.

Critique :
J’ai longuement hésité à le lire, me souvenant, avec effroi, du traumatisme que le livre « Mon ami Frédéric » avait causé en moi (j’étais très jeune et n’avais pas encore bien capté la noirceur de l’Humain).

C’est donc avec appréhension que j’ai ouvert cette longue nouvelle, ou ce court roman, au choix, puisque l’on se situe à cheval entre les deux genres.

Je suis ressortie de ma lecture avec les émotions moins chamboulées que je ne m’y attendais car le roman se concentre plus sur l’amitié qui est née entre Hans Schwarz (16 ans), le narrateur, fils d’un médecin juif, et Conrad von Hohenfels, un jeune aristocrate (même âge).

Nous sommes à Stuttgart, en 1932 et je ne dois pas vous rappeler qu’en ce temps là, il y avait la montée en puissance du régime nazi, mené par un moustachu qui aurait mieux fait de s’étrangler durant son enfance ou durant sa gestation…

On sent monter la peste brune, on pourrait presque entendre le bruit des bottes à clous, on entend certains discours, des slogans, des aboiements que l’on connait, mais cela reste assez ténu, c’est vraiment en arrière-plan.

Ce qui est mis en avant, c’est cette amitié improbable entre le fils d’un médecin juif et un fils issu de la haute bourgeoisie. Une amitié hors norme, impensable, contre-nature, diraient certaines mauvaises langues.

Alors oui, le livre n’est guère épais, mais il est puissant de par ce qu’il évoque, de par ce qu’il sous-entend avec peu de mots, peu de phrases, ses références à une partie sombre de l’Histoire humaine.

Les personnages sont attachants, autant Hans qui a de grands idéaux sur l’amitié, et Conrad, qui traine toute une kyrielle d’ancêtres célèbres et qui se fait traiter avec un infini respect par les autres, impressionnés qu’ils sont par son pedigree royal (canin ?).

Le pire, ou le plus touchant, c’est le père de Hans qui pense que ses compatriotes vont se réveiller et comprendre que le nazisme est une grosse pustule qu’il faut écraser et que d’ici peu de temps, la patrie de Goethe et consorts va virer cette foutaise qu’est Hitler et son nazisme.

Croyez vous vraiment que les compatriotes de Goethe et de Schiller, de Kant et de Beethoven, se laisseront prendre à cette foutaise ?

Mon père détestait le sionisme. L’idée même lui paraissait insensée. Réclamer la Palestine après 2000 ans n’avait pas pour lui plus de sens que si les Italiens revendiquaient l’Allemagne parce qu’elle avait jadis été occupée par les Romains. Cela ne pouvait mener qu’à d’incessantes effusions de sang car les Juifs auraient à lutter contre tout le monde arabe.

Un roman fort, mais avec moins d’émotions que dans « Mon ami Frédéric » qui nous expliquait les pogroms, tandis qu’ici, tout est en arrière-plan, on s’en doute parce qu’on connait ce qu’il s’est passé.

Et puis, à la dernière ligne, on se prend un V2 dans la gueule, une rafale de mitraillette dans le plexus, on chancelle, on reprend son souffle et là, bizarrement, les yeux se mouillent.

Un roman qui se dévore en peu de temps, mais qui marque l’esprit, même s’il se ne sera pas au fer rouge sur ma peau en plus (ça, c’est réservé aux romans traumatisants qui finissent au freezer).

Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (auteur anglais)  et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°5 – Un scandale en Bohême).

Les aventures de Charlotte Holmes – Tome 2 – Le dernier des Moriarty : Brittany Cavallaro

Titre : Les aventures de Charlotte Holmes – Tome 2 – Le dernier des Moriarty

Auteur : Brittany Cavallaro
Édition : Pocket Jeunesse (07/09/2017)

Résumé :
Les vacances de Noël de Jamie Watson ne s’annoncent pas de tout repos : invité dans le luxueux manoir des Holmes dans le Sussex, il se heurte à l’énigmatique comportement de Charlotte. Et quand l’oncle de celle-ci disparaît, le duo se doit de reprendre du service.

Les arrière-petits-enfants des célèbres D. Watson et Sherlock Holmes s’envolent alors pour Berlin, sur les traces d’une mystérieuse filière des faussaires… Leur contact ? Auguste, le dernier descendant des Moriarty…

Critique :
Holmes et Watson comme on ne les a jamais vu… Normal puisque ce ne sont pas les vrais mais leur descendance : ce sont les petits-petits-petits fillots des véritables Holmes et Watson de Baker Street.

Une fille, un garçon, ça donne des envies de faire du chabadabada, mais entre eux, personne n’y croit vu que Charlotte Holmes est le portrait craché de son lointain ancêtre et qu’elle est donc allergique aux sentiments.

Quant à Jamie Watson, il veut trop la protéger, la mettre dans de la ouate, dans son lit, rêve d’une vie de couple avec elle et en devient parfois un peu lourd.

Dans cette deuxième aventure des descendants Holmes-Watson, on retrouve ce qui a fait le succès de la première, additionnée d’un peu plus de descendance du terrible professeur Moriarty et un peu plus de loufoquerie, surtout que sur la fin, on a tout d’un final grandiloquent à la James Bond ou même pire… Un tantinet exagéré, peut-être…

Cette fois-ci, on quitte l’Amérique et direction l’Angleterre et le manoir de la famille Holmes où le jeune Watson va enfin faire connaissance avec les parents un peu zarbi de Charlotte, ensuite, il faudra attendre un peu qu’une disparition arrive pour voir nos jeunes amis se lancer dans une enquête qui a tout l’air de ne pas en être une, tant Charlotte n’est pas trop à ce qu’elle fait.

Bien entendu, le lecteur un peu malin aura compris ce qui clochait bien avant Watson et sa déduction ne pourra être que « Bon sang, mais c’est bien sûr… », ce à quoi on pourrait répondre par un hérétique « Élémentaire, mon cher Watson ».

Si le roman ne mange toujours pas de pain et ne cassera jamais trois pattes à un canard, il a tout de même réussi à me divertir sans me faire fumer le cerveau et en lui offrant même du temps libre.

Les personnages auraient pu être attachant, mais je trouve toujours que Charlotte est horripilante au possible et autant j’apprécie son ancêtre et tout ses travers, autant elle, avec les siens, ça ne colle pas entre nous deux.

Jamie Watson, lui, est plus accessible, plus « comme nous », avec ses défauts, ses qualités, ses idéaux, ses envies, ses emmerdes, son côté un peu ado à baffer…

Anybref, j’ai passé un bon moment de lecture, sans me prendre la tête, sans que mes neurones ne fument, j’ai suivi l’enquête de nos deux jeunes, qui, comme dans le canon, laisse la part du lion à Holmes et Watson en simple observateur, même si ce dernier aura tout de même un rôle à jouer.

Comme pour le premier, ça ne mange pas de pain, ça ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais en bonne collectionneuse holmésienne, je lirai le troisième pour clore la trilogie, car, avec un peu de chance, le dernier aura bonifié…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°35 – Charles August Milverton).

Une histoire des loups : Emily Fridlund

Titre : Une histoire des loups

Auteur : Emily Fridlund
Édition : Gallmeister (17/08/2017)

Résumé :
Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne.

Bientôt alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas.

L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Critique :
Comment faire la chronique d’un roman où l’on a pas réussi à rentrer dans l’histoire, que l’on a survolé en soupirant, en sautant des lignes, des paragraphes, des pages, des chapitres entiers ?

Impossible me direz-vous…

Je vais tout de même essayer : déjà au départ, j’ai eu du mal à m’attacher à Madeline, la narratrice, dont je trouvais le récit décousu, inintéressant, et dont j’ai eu envie quelques fois de lui coller une claque pour la faire réagir.

De toute façon, pas moyen de m’attacher aux autres personnages du livre, même au gamin de 4 ans, Paul, que j’aurais aimé balancer dans le lac… Rien de moins !

Pire, je n’aurais pas dû relire le premier tome de Soeur Marie-Thérèse des Batignolles (Maëster) car le petit Paul, je le voyais avec la tronche du petit Attila que l’on croise dans la bédé et je vous jure que ça ne le mettait pas en valeur !

Les loups, que je cherche encore, même si j’ai capté que c’était une métaphore et que les loups de l’histoire devaient être l’Homme qui, comme tout le sait, est un loup pour l’Homme.

Le récit m’a donné une impression de froideur, comme si l’auteur me tenait volontairement à distance de son récit, me fermant la porte d’entrée, survolant des sujets qui auraient sans doute mérité un traitement plus en profondeur.

Autant j’apprécie les romans où les époques s’alternent dans les chapitres, autant ici j’ai trouvé les allers-retours lourds, pénibles, chiants et la plupart n’étaient même pas indispensables, sans parler des circonlocutions (ou l’art de tourner autour du pot) et des faits qui étaient anecdotiques et qui n’apportaient rien à l’histoire.

J’avais eu ouïe dire que j’allais me retrouver face à roman très psychologique et je m’attendais à un suspense à couper au couteau, plus tendu que le soutif de Lolo Ferrari après s’être faite regonfler les nibards, ou à une atmosphère épaisse comme un discours d’un politicien pris les doigts dans le tiroir-caisse,  et au final, comme disait l’autre, ça a fait « Pchitt ».

Oui, l’histoire dramatique de Paul, petit garçon embarqué dans une histoire bien tordue c’est révélée être d’une banalité affligeante, ou alors, c’est la manière de la raconter qui était mauvaise et de ce fait, je n’ai pas réussi à pénétrer dans cette histoire.

Chronique d’un drame annoncé, somme toute.

Mon drame a moi c’est de finir déçue par un roman de l’écurie Gallmeister, déçue par un roman que j’avais coché (stabiloté, même !) dans cette rentrée littéraire de septembre 2017 et dont j’attendais beaucoup.

Allez, au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.