Dr Watson – Tome 2 – Le grand hiatus (Partie 2) : Stéphane Betbeder & Darko Perovic

Titre : Dr Watson – Tome 2 – Le grand hiatus (Partie 2)

Scénariste : Stéphane Betbeder
Dessinateur : Darko Perovic

Édition : Soleil 1800 (11/10/2017)

Résumé :
Après la disparition de Sherlock Holmes dans les chutes de Reichenbach, le docteur Watson part à sa recherche.

Son enquête le mène de son Angleterre natale en Afghanistan où il s’était battu pour la couronne d’Angleterre onze ans auparavant. Ce retour en terre d’Orient réveille les cicatrices du passé.

Est-il manipulé ? Revivre ce traumatisme de guerre, est-ce la condition de la libération de Holmes ?

Critique :
Vous qui entrez cette bédé, oubliez toutes vos connaissances  holmésiennes !

Le premier tome du Grand Hiatus avait du potentiel, mais je n’avais pas aimé le fait que l’on représente Watson comme un homme âgé, alors qu’en 1891, il devait avoir dans les 41 ans (au plus).

Mon grognement s’était accentué avec le fait qu’on le fasse tout quitter, même sa femme en cloque, pour se mettre à la recherche de Holmes qu’il pensait toujours vivant et retenu prisonnier par Moriarty.

Allez Watson, fait ton deuil, il reviendra dans 3 ans tout fringuant !

Anybref, ma rencontre avec le premier tome ne s’était pas bien déroulée, doux euphémisme.

Puisque l’occasion de lire le tome 2 sans débourser un euro s’est profilé dans mon horizon littéraire, j’en ai profité pour faire taire la curiosité éveillée lors du premier tome et voir si Watson allait revenir à la raison et surtout, mettre fin à l’horrible cliffhanger du tome 1 qui laissait Watson dans une sale situation.

On reprend donc dans le trou où Watson était tombé.

Passé et présent s’entremêlent habillement dans ce second tome à tel point que nous aurons même l’impression que Watson fait un retour dans le temps puisque 11 ans après (1891), il recroise Murray, son ordonnance qui lui avait sauvé la vie à la bataille de Maiwand et ce dernier lui rejoue le même scénario en lui sauvant la vie.

Attendez, là, on rembobine tout ! Nous sommes en 1891 pas en 1880 ! Si nous étions à la seconde guerre anglo-afghane (1879/1880), comme les images du passé de Watson nous le montraient, nous aurions un Watson jeune et pas un vieux croulant !

Petit aparté, je n’ai toujours pas compris comment en 11 ans, le Docteur Watson avait pu vieillir aussi vite et donner l’impression d’être un Sean Connery de 60 ans.

Comment diable Watson pourrait-il revivre cet épisode en 1891 ? Qui a utilisé la De Lorean de Doc sans lui demander la permission ??

Sous des airs de fantastique, cette histoire qui mêle le présent et le passé est intrigante, dérangeante, surtout lorsque nous rencontrons le Murray en question, en 1880, avec un Watson jeune et que le Murray a tout d’un Holmes, niveau déductions.

La partie jeunesse de Watson est intéressante, elle nous éclaire un peu sur cette guerre qu’un Empire mena à un pays qui ne se soumettra jamais, même si l’Empire contre-attaqua encore et encore.

Les dessins sont agréables et les couleurs chaudes, surtout lorsque nous sommes en Afghanistan car une fois de retour à Londres, ce n’est que grisaille.

Si j’avais eu des doutes à la lecture du premier tome, le second les a levés. Par contre, je pense que les non initiés au canon holmésien prendront plus de plaisir à la lecture car ils sont vierges de tout.

Nous, lecteurs qui le connaissons par coeur, on est toujours pris au dépourvu par certains changements, par certaines interprétations, car notre mémoire est fidèle aux récits canoniques et elle a du mal à découvrir une autre histoire.

Pourtant, celle-ci n’est pas mal foutue et elle s’éloigne du canon tout en le respectant, un peu à la manière d’un « Solution à 7% » de Meyer devenue « Sherlock Holmes attaque l’Orient Express » lorsque mise en film.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

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La Quête de Wynne : Gwyn Aaron

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Titre : La Quête de Wynne

Auteur : Gwyn Aaron
Édition : Gallmeister (2015)

Résumé :
De son grand-père, Russell a hérité son habileté hors normes à dresser les chevaux et son sens du devoir. Envoyé sur le front irakien, il se précipite au secours d’un cheval pris au cœur d’un échange de tirs.

Bientôt, les images de ce sauvetage héroïque font le tour du monde, parvenant jusqu’au capitaine Wynne.

Ce charismatique et étrange leader d’une unité affectée à une zone montagneuse de l’Afghanistan demande à Russell de dresser pour lui une quinzaine de chevaux sauvages qui permettront à ses hommes d’accomplir une mystérieuse mission sur ce terrain hostile.

Mais cette expédition secrète les mènera bientôt au-delà de toutes limites.

La Quête de Wynne est un formidable roman d’aventures aux allures de western moderne. Ce livre qui se lit d’une traite vous entraînera au cœur d’un monde aussi sauvage que les hommes qui l’habitent.

why-horses-e1435501421898-600x510Critique : 
Elijah Russel est un ranger américain qui se trouve en Irak à faire une guerre sur laquelle je ne me prononcerai pas.

Il sauve un jeune cheval, on le filme, la vidéo fait le buzz sur You Tube et voilà notre Russel propulsé en Afghanistan en tant que dresseur de chevaux pour que le capitaine Wynne puisse remplir une mission dans les montagnes.

Russel a grandi dans un ranch, il sait comment débourrer un jeune cheval en douceur et jamais il ne le fera dans la violence. Les chevaux et lui, c’est tout un pan de sa vie.

Si le 4ème vante que ce livre se lit d’une traite, moi, je conseillerais tout de même des pauses car le roman est dense, lent et profond, sans pour autant que l’écriture de l’auteur soit remplie d’envolées lyriques. Non, elle est simple mais efficace.

Lorsque je parle de la lenteur du roman, je ne sous-entends pas que le récit soit ennuyant, c’est juste qu’il s’écoule à son aise, mélangeant des scènes de débourrages de jeunes chevaux, des souvenirs d’enfance de Russel, des scènes de la vie quotidienne du camp et des récits de guerres, passés ou présents.

De nombreux personnages se croisent, tous avec leurs caractères, leurs histoires, leurs secrets, leurs blessures. Certains étant plus mis sous les projecteurs que d’autres.

En fait, il n’y a pas que le capitaine qui ait une quête à accomplir, Russel en a une aussi : sa recherche de lui-même. Ayant perdu ses parents jeune, il a été élevé par ses grands-parents et, comme son père avant, il est devenu soldat sans trop savoir pourquoi, comme d’autres.

Si le personnage de Russel laisse peu de surprises, celui du capitaine Wynne est complexe et nous ne saurons pas toujours ce qu’il pense, ce qu’il cherche, ce qu’il veut exactement.

Quand aux récits de guerres racontés dans ces pages, jamais l’auteur ne porte un jugement, malgré tout, on sent bien dans quel bourbier les américains ont posés les pieds en Irak et en Afghanistan. Certains passages sont plus éprouvants que d’autres.

Ce roman n’est pas un western mais un eastern et les soldats américains en Afghanistan ont tout des cow-boys ne sachant pas monter à cheval.

Et même si vous n’aimez pas les chevaux et les récits de combats vous pourriez très bien apprécier le roman qui pourrait se classer dans le western, l’eastern, la guerre, l’aventure et une enquête afin de savoir qui est Wynne.

Mélangeant habillement des scènes avec des chevaux, de la vie quotidienne d’un camp, les questions et les aspirations des soldats, leur peurs, les récits de combats violents, les exactions commises par les Talibans et cette mission secrète que le capitaine Wynne doit accomplir, on a pas vraiment le temps de poser le pied à terre pour se reposer.

Sans être un récit qui se dévore, il se mange tout seul, mais faut mastiquer pour bien digérer le tout. Ce n’est pas du fast-food littéraire, ici.

Un roman que j’ai savouré en prenant mon temps.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook.

CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur

CHALLENGE - Gallmeister 10 ans