Secrets d’Histoire du 02 novembre 2017 – Agatha Christie

[Par dame Ida, toujours non rémunérée, bien que bossant régulièrement pour cette esclavagiste qu’elle la Belette Cannibal Lecteur]

Stéphane BERN nous a bien gâtés avec ce numéro spécial de Secrets d’Histoire consacré à Agatha Christie, née Miller, le 15 septembre 1890 à Torquay, d’un père américain et d’une mère anglaise.

L’émission commence par le mystère de la disparition de la romancière en 1926.

Trompée par son époux, le Colonel Archibald Christie, qui lui demande de lui accorder un divorce discret pour épouser sa jeune maîtresse.

Agatha mettra en scène sa disparition, semant quelques indices tel un petit Poucet, dans l’espoir sans doute, que son époux se lance à sa recherche…

C’est dans l’hôtel d’une station thermale de Yorkshire qu’il la retrouvera, inscrite sous le nom de la maîtresse de son époux…

Agatha prétendra jusqu’à la fin de sa vie avoir souffert d’amnésie au point d’accepter de consulter des spécialistes recommandés par son époux.

Si certains en doutent, quelques psys n’excluent pas nécessairement cette possibilité, imaginant l’éventuelle amnésie défensive de type hystérique, consécutive à la demande traumatique du divorce que lui avait adressée don époux.

Enfant surdouée, scolarisée à domicile par sa mère, elle apprendra seule à lire à l’âge de trois ans.

C’est dans une bonne famille bourgeoise qu’elle grandit, découvrant la littérature policière avec Arsène Lupin et Sherlock Holmes, et le Mystère de la Chambre Jaune de Gaston Leroux.

Grande amoureuse de la France qu’elle découvrit à l’âge de six ans, marquée par des cauchemars mettant en scène un assassin, initiée au spiritisme très jeune puisque c’était très à la mode au début du Xxème siècle, elle perd hélas son père très aimé à l’âge de 11 ans…

Ce qui en plus des conséquences financières difficiles pour sa famille, la précipitera dans l’écriture dans un carnet offert par le défunt, publiant ainsi son premier poème dans le journal local.

Incitée par sa mère à écrire de la littérature sentimentale par sa mère, dans la lignée d’une Jane Austin, elle s’exécute, se rêvant davantage artiste lyrique.

Agatha retourne à Paris, découvre Sarah Bernardt, fréquente l’opéra Garnier où elle prend des cours de chant et de piano, finissant par comprendre non seulement qu’elle n’a pas les capacités vocales nécessaires, et se trouve trop timide pour s’exprimer en public.

Comme toute jeune femme de sa condition, elle sera poussée au mariage par sa mère qui pour lui faire rencontrer un époux, la promène en Égypte, où elle se révèle être une fêtarde, et s’amuse à faire tourner ses soupirants en bourrique avant de retourner dans son Devon natal, tout en continuant à mener sa vie mondaine, acceptant de danser plus des deux fois réglementaires avec un certain Archibald Christie qui s’apprête à entre dans l’armée de l’air.

La réputation de séducteur du jeune homme ne tranquillise pas la mère d’Agatha…

Mère qui refusera la demande en mariage adressée et acceptera de simples fiançailles en attendant que le jeune hommes ait des revenus suffisants. La première guerre mondiale précipitera le mouvement.

Le couple se mariera et tandis que monsieur retourne au front, Agatha devient infirmière et se trouve confrontée à l’horreur des blessures de guerre…

Elle découvre alors le pouvoir des plantes et poisons, ce qui commence à faire germer dans son esprit quelques idées de romans. En fait, la moitié des victimes de ses romans y succomberont.

L’arrivée des réfugiés Belges à Torquay où elle officie lui fera rencontrer un curieux monsieur au crâne d’œuf, et à la moustache cirée, toujours bien mis.

Ainsi naîtra Hercule Poirot dont la première aventure, « The mysterious affair at Styles » ou « La mystérieuse affaire de Styles » sera publiée en 1920 qui ne lui rapportera que 25 livres de droits !

En 1922 son époux se trouvant embarqué dans un tour du monde par son employeur, elle laisse sa petite fille pour suivre son époux en expédition… vomitive, la jeune femme souffrant beaucoup du mal de mer.

Australie, Afrique du Sud, Hawaï, États-Unis… Et elle découvre même les joies du surf avant de rentrer en Angleterre où elle signe son premier contrat pour cinq romans pour faire bouillir la marmite puisque son époux gagne mal sa vie… tout en reprochant à sa femme de trop travailler.

Le divorce est consommé en 1928, et Agatha reprend la route des voyages : direction Bagdad via Istanbul par l’Orient Express !

En 1930 elle rencontre, Max, un jeune archéologue… de treize ans de moins qu’elle et qui lui fera le coup de la panne en plein désert pour mieux la séduire. Elle l’épouse discrètement le 11 septembre 1930 à Édimbourg.

Elle gardera son nom d’auteur en public, mais sera en privé Madame Mallowan, et accompagnera son époux encore pendant vingt ans sur les fouilles entre deux romans.

Agatha ne sera hélas pas la mère du siècle selon nos critères, mais sera en cela très conforme aux femmes de son milieux.

Mère et fille se rapprocheront l’une de l’autre pendant la seconde guerre mondiale, les voyages archéologiques devenant plus compliqués.

La suite du documentaire nous apprend ce qu’il faut savoir sur la chronologie de son succès littéraire, qui fera d’elle l’auteur le plus rentable de la collection « Le Masque » qui édite ses romans en France.

Agatha créera la société Agatha Christie Limited qui gérera ses droits, et dont elle installera le siège en Irlande qui ne taxe pas les droits d’auteurs des écrivains.

Menant une vie relativement simple comparativement à sa fortune, elle sacrifiera toutefois à sa passion pour les maisons et la décoration. Elle en possédera jusqu’à onze en même temps.

PS du Cannibal Lecteur : Je vous illustre le fait de posséder 11 maison par un extrait d’une scène coupée de « La grande vadrouille » où Stanislas Lefort (De Funès) demande à Augustin (Bourvil) ce qu’il gagne en tant que peintre. Ensuite, il lui parle de ses nombreuses maisons qu’il ne peut pas occuper toutes en même temps. Une conversation très philosophique je trouve.

En 1947, Agatha Christie se verra confiée le cadeau d’anniversaire de la Reine Mary qui souhaitait une pièce écrite par elle, pour la radio.

Cette pièce, « The Mousetrap » (la souricière) jouira d’un grand succès au point de tenir l’affiche pendant dix années consécutives.

La pièce est actuellement toujours jouée à Londres au point d’en être devenu un monument.

Attention : si vous voulez vous y rendre, n’oubliez pas de donner un pourboire au chauffeur du taxi qui pourrait vous révéler le nom du coupable pour se venger.

Anoblie par Elizabeth II, c’est à l’âge de 85 qu’elle nous quitte le 12 janvier 1976.

C’est sur cette magnifique citation de Molière que l’émission se conclue : « La plus grande ambition des femmes est d’inspirer l’amour ».

Ce serait vous mentir que de vous dire que je ne me suis pas régalée devant cette émission.

J’en ai même oublié de me faire une tasse de lapsang souchong, c’est tout dire !!!

Un fabuleux voyage à travers le monde et le temps, sur les traces de la romancière que l’émission saura nous rendre attachante.

Pour celles qui l’ont raté, le Replay sera disponible une semaine après la première diffusion, et je gage qu’on ne tardera pas à retrouver la vidéo sur Youpub et autres sites de streaming.

PS du Cannibal Lecteur : c’est déjà sur YouTup !

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Agatha, es-tu là ? : Nicolas Perge & François Rivière

Titre : Agatha, es-tu là ?

Auteur : Nicolas Perge & François Rivière
Édition : Le Masque (28/12/2016)

Résumé :
Le 3 décembre 1926, Agatha Christie disparaît mystérieusement.

« Ni vivante… ni morte…  » Ces quelques mots d’un ami médium résonnent fortement dans l’esprit d’un Conan Doyle fatigué.

Le vieil auteur de Sherlock Holmes s’est juré de tout mettre en œuvre pour retrouver sa jeune consœur, volatilisée alors que la gloire commençait à poindre avec son dernier roman, « Le Meurtre de Roger Ackroyd ». Enlèvement ? Assassinat ? Fugue ?

Conan Doyle veut comprendre, savoir pourquoi … Mais y a-t-il un pourquoi ?

Réfugiée dans l’hôtel d’une ville thermale du Yorkshire sous une fausse identité, Agatha Christie cherche un peu de paix. Elle ignore que les chiens se sont déjà lancés sur ses pas…

Critique :
Agatha, où es-tu ? Agatha, que fais-tu ? Agatha, pourquoi le camp es-tu foutue ?

C’est cette disparition inquiétante et mystérieuse que Arthur Conan Doyle va essayer de résoudre : voilà donc le père de Sherlock Holmes sur les traces de la mère d’Hercule Poirot !

Ma foi, il aurait mieux fait d’envoyer sur la piste leurs deux rejetons, ils auraient eu vite fait de résoudre l’énigme, un en triturant ses petites cellules grises, l’autre en se couchant par terre pour relever des traces.

Il avait appris grâce à Sherlock Holmes que rien n’égale l’observation et la détection d’après les preuves.

— Seuls comptent les preuves et les indices, un peu comme pour votre grrrrand détective ! Les faits et pas les fées, sir Arthur !

— Toujours on regarde et on déduit à partir de ce qu’il y a… Mais il est plus intéressant d’analyser ce qu’il n’y a pas. Ce qui est manquant !

— C’est grâce à vous, monsieur Doyle !
— Comment cela ?
— Je suis, comme on dit, tombé dans ce genre de littérature grâce à Sherlock Holmes.

Que voilà un roman policier plaisant et où l’on côtoie du beau linge car nous croiserons la route de quelques auteurs anglais bien connu, dont le père de Peter Pan et on cite Dorothy L. Sayers.

Arthur s’empourpra en entendant que la romancière Dorothy L. Sayers, la « mère » de l’insupportable Lord Peter, était dans les parages. Il ne portait pas dans son cœur cette enragée féministe et ne sut que répondre.

Inspiré d’un fait réel qui est la disparition à un moment donné de la romancière Agatha Christie (et pas Raisin), les deux auteurs développent une enquête qui aurait pu avoir lieu puisque toutes les zones d’ombres de cette époque laisse la place à l’imagination la plus totale.

Le roman met, de plus, l’accent sur les pensées et les moeurs des gens à cette époque (1926) où l’homme a encore de grands pouvoirs, dont celui de tromper sa femme sans que cela pose problème à la société.

D’ailleurs, si son épouse n’est pas contente, elle n’a qu’à s’en accommoder !  Et ce n’était pas un homme qui disait cela….

— On en revient à ce qu’on disait. Si ton mari te trompe, tu acceptes la chose sans broncher. Après tout, tu l’as bien choisi.

Une lecture plaisante, donc, qui se lit assez vite, sans se prendre la tête sauf si on veut tenter de résoudre le pourquoi Agatha Christie a décidé de disparaître dans la nature, ce que Doyle ne sait pas encore…

L’écriture est agréable, poétique, avec de jolies phrases qui roulent dans votre bouche et dans votre tête.

Tel le chancre du syphilitique, le froid saisissant le rongeait, tiraillant sa peau meurtrie.

Les personnages sont bien campés, et quand bien même nous n’avons pas les certificats de conformité et l’appellation C.O.C (Caractère d’Origine Contrôlée), j’ai trouvé que toutes ces personnes avaient des airs de fidélité avec ce qu’ils auraient pu être dans la réalité.

Un mystère trouble, des fausses-pistes, des personnages attachants, un Conan Doyle qui imite son fils littéraire, un agréable moment de lecture et puis… heu, il manquerait pas un chapitre à la fin ??

Moi je veux bien, mais comment elle s’en est sortie, la mère Agatha, de son traquenard ?? L’autre homme lui a-t-il donné un coup de main ? Les flics sont arrivés ? Comment s’est-elle débarrassée des autres malfrats ?

Apparemment, ces moments sont laissés à l’imagination personnelle du lecteur…

Un peu expéditif à mon goût dans le final, mais dans l’ensemble, ce roman fait passer un agréable moment de lecture, sans pour autant être transcendantal et vous laisser un souvenir impérissable.

PS : j’adore la couverture avec la voiture abandonnée près de l’étang et, en reflet, la silhouette d’une dame accoudée à la voiture.

La Weaver joue à la détective ! Une Sherlock Holmes en culotte de satin.

En signe de mépris pour l’avis littéraire de James, Arthur haussa les épaules. Il s’assit dans le sofa tout proche et jeta le livre d’Agatha Christie à côté de lui.
— Ça ! Aficionado ? De la camelote pour les gares tout au plus.
— Moquez-vous ! Cette femme vous reléguera aux oubliettes, mon cher !
James se mit à rire tel un enfant. Il battit des mains comme pour amplifier la perfidie de ses déclarations.
— Au tréfonds du siècle passé ! Vous, les Collins, Gaboriau et les autres… Vous allez être les dinosaures du roman policier et cette Mme Christie ouvre la voie d’une nouvelle ère. Ah !

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.