Champignac – Tome 1 – Enigma : Béka & David Etien

Titre : Champignac – Tome 1 – Enigma

Scénariste : Béka
Dessinateur : David Etien

Édition : Dupuis (04/01/2019)

Résumé :
Berlin, 1938. Des ingénieurs allemands présentent à Hitler Enigma, une machine à crypter des messages au code inviolable. Ni plus ni moins qu’une invention qui devrait permettre aux nazis de gagner la guerre…

Juin 1940. L’Allemagne a attaqué la France et la Belgique, qui ont capitulé. Au château de Champignac, le comte, un jeune scientifique spécialiste des champignons, reçoit une étrange missive cryptée.

Un défi excitant pour Pacôme (Hégésippe Adélard Ladislas), qui ne tarde pas à en découvrir la clé. Surprise : le message vient de son vieil ami Black qui lui demande de le rejoindre à Londres pour une mission de la plus haute importance.

Alors que le château est réquisitionné par l’armée allemande, Champignac arrive à fuir et à traverser la Manche.

À Londres, un nouveau message l’envoie dans le petit village de Bletchley où, aidé du professeur Black, d’Alan Turing et de Miss Mac Kenzie, il va s’attaquer au décryptage de la machine Enigma.

Une aventure passionnante qui mettra ses facultés intellectuelles à rude épreuve mais qui lui permettra également de croiser Churchill, de découvrir l’amour (non, pas avec Churchill) et de changer le cours de la guerre.

Critique :
Les séries apocryphes de Spirou sont légions, le personnage ayant souvent changé de père au cours de son histoire, même si cette dernière retiendra toujours Franquin car il l’avait porté à son pinacle.

Dans les albums, mon personnage préféré à toujours été le comte de Champignac, cette grande asperge de professeur un peu fou, jouant avec les champignons pour en tirer des produits les plus originaux et farfelus.

Lorsque j’ai vu dans l’hebdo Spirou qu’on allait mettre en scène Champignac jeune, je ne me suis plus sentie en joie.

Au départ, je n’avais pas pris attention au nom du dessinateur et au bout de quelques cases, j’ai trouvé que les personnages avaient un air de ceux de la série des « Quatre de Baker Street », notamment dans le visage d’un soldat allemand qui ressemblait à celui de Black Tom de Kilburn.

Bon sang, mais c’est bien sûr… C’est David Etien qui est aux dessins de Champignac et son nom n’avait pas tilté dans ma mémoire ! Son trait que je connais bien dans la série des Quatre de Baker Street se retrouve dans les dessins de cet album et j’ai même croisé une copie du chat Watson…

Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas, comte de Champignac a donc été jeune, sans cheveux blancs,son cerveau étant déjà aussi farfelu et c’est dans sa jeunesse qu’il a commencé à tirer des substances étranges tirées de ses précieux champignons.

Mais en plus de cela, il a participé aux travaux sur la machine à décrypter les messages codé par Enigma, aux côtés d’un certain Allan Turing, il a aussi assisté à la sortie du bain d’un Winston Churchill, a fait du bateau avec Ian Flemming et a même connu les joies de la danse avec la jolie Miss Mac Kenzie.

— Je n’ose rien faire de peur d’infléchir l’accroissement de la fonction mathématique qui décrit mon bonheur !
— C’est la plus belle chose qu’on m’ait jamais dite, Pacôme !

Si le film « Imitation Game » ne m’avait pas tout expliqué sur le cryptage d’Enigma, l’album s’en est chargée et je me suis couchée moins bête au soir.

On pourrait reprocher que ces explications cassent le rythme de l’aventure, mais il était absolument indispensable que l’on en parle, afin de comprendre la complexité et l’impossibilité de casser ces codes qui changeaient tous les jours.

Avec de l’humour et de la fraicheur, les deux auteurs nous proposent une revisite de l’Histoire sans pour autant la changer totalement, puisqu’ils ne font qu’ajouter des personnages de fiction dans la réalité afin de nous la servir avec moins de raideur.

— Où avez-vous appris à conduire, Blair ?
— Toute seule et en cachette, comme pour la lecture ! J’empruntais la voiture de mon père chaque fois que je le pouvais !
— Je vois ! Comme tous les autodidactes, vous avez développé un style très personnel !

— Pacôme! Attendez ! Vous ne pouvez pas aller à Londres en robe de chambre !
— C’est une remarque pertinente, Nicolette…

Les personnages de Champignac et de Miss Mac Kenzie sont bien campés, bourré d’humour et de folie douce, quand au scénario, il est fouillé sans devenir insipide ou incompréhensible pour des néophytes de machines de cryptage que nous sommes.

De plus, croiser d’autres personnages emblématiques de Champignac, tel que le pharmacien Dupilon, l’employé Duplumier et le maire et son langage alambiqué, a ajouté une note de plaisir à l’ensemble déjà fort réussi.

— C’est ensemble, unis coude à coude d’une main de fer que nous volerons d’un pied ferme vers la victoire finale !

Anybref, tout ce savant mélange donne un récit qui se lit avec plaisir, le sourire aux lèvres et l’envie de briller devant les autres en leur expliquant le concept de la machine Enigma : simple et brillant.

Franchement, je n’espère qu’une seule chose, c’est que cette série continue et soit de la même qualité que ce premier album.

— Vous ne vous arrêtez jamais, sir ?
— Malheureusement, si ! Je ne parviens pas à m’empêcher de dormir trois heures par nuit et une heure après le déjeuner…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Sherlock Holmes – Tome 4 – Le Secret de l’île d’Uffa : Croquet & Bonte

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Titre : Sherlock Holmes – Tome 4 – Le Secret de l’île d’Uffa

Scénariste : Jean-Pierre Croquet
Dessinateur : Benoît Bonte

Édition : Soleil Productions n° 4 (2001)

Résumé :
La découverte fortuite d’un bréviaire oublié dans un train entraîne Sherlock Holmes et le docteur Watson dans une île de la mer d’Irlande, sur la piste d’un mystérieux trésor.

De Covent Garden, où l’on tente d’assassiner une cantatrice, en passant par les services des incunables du British Museum, les cadavres s’accumulent, tandis que sur l’île plane l’ombre maudite des templiers…

ESO - devise templierCritique :
L’île d’Uffa c’est cette fameuse Untold Story mentionnée par Watson mais jamais racontée par Conan Doyle… Chouette, m’étais-je dit.

Loupé !!

Comme pour les autres albums de la collection, je n’aime toujours pas les dessins de Holmes. Il est assez épais de corps, son menton pointu ne me plaît pas du tout et sa coupe de cheveux non plus.

Son coiffeur n’est pas celui de votre préz…

Bon, le dessinateur se rattrape en tout cas avec les autres dessins qui concernent les paysages, les autres personnages et les atmosphères. Pas de couleurs criardes comme dans la collection des « Bdétectives » mais des tons corrects et réalistes.

Un petit plus que j’ai oublié de vous signaler dans mes autres critiques : la page de garde ressemble curieusement à l’illustration d’une photo tirée de la Granada, avec Jeremy Brett et David Burke, dans la rue.

Mais passons à l’histoire proprement dite : notre pauvre détective s’ennuie, est ironique avec Watson, lui signalant qu’il lui délaye sa solution à 7%. Heureusement, il va avoir une affaire à se mettre sous la dent.

Comme toujours, les allusions canoniques sont nombreuses et vous vous amuserez à les relever toutes si vous êtes holmésien dans l’âme.

L’intrusion de certaines exclamations anglaises dans les dialogues français est sans doute là pour donner un caractère « so british » et renforcer le discours, mais on aurait pu s’en passer sans problème.

Notre Lestrade ne ressemble en rien à un rat, le dessinateur lui donnant une bonne figure ronde. Il a dû trop forcer sur le Nestlé pour avoir le visage aussi rond. J’ai relevé quatre affiches pour la marque, sur deux pages.

Quand une cantatrice fera appel à Holmes au sujet d’un prince de Ruritanie (cherchez pas, ça n’existe pas, c’est un pays imaginaire créé par Anthony Hope dans son roman « Le Prisonnier de Zenda ») avec lequel elle a une romance, vous sentirez comme un parfum de scandale en Bohème.

Non, ce n’est pas Irène Adler et il n’y aura pas de photo hautement compromettante dans une position inadéquate ! Mais cette histoire entraînera notre détective loin de Londres, sur l’île d’Uffa, située en mer d’Irlande.

Mais avant que nos amis n’aillent s’amuser sur l’île, nous avons Mycroft qui débarque au 221b avec une usurpation de poste et une prophétie au sujet des bijoux de famille que le gentil prince n’a plus !

Bon sang, ça manquait, une prophétie ! On avait eu des malédictions, nous fallait bien le coup de la prophétie !

Ce qu’il faut récupérer, c’est une copie du rituel de Musgrave (aventure canonique). L’histoire des Templiers et les vers de Mirliton sont compris dans le prix.

« Celui qui les emblème aura, Sur le trône siègera, Mais avant tout ça, Les retrouver tu dois, Et pour cela, L’énigme tu traduiras ». [Ceci est du Belette]

Enfin, c’est un truc dans le genre… Bon, ce qui suit est le message correct :

« J’ai relu la vie des Saints, alors la haine s’abaisse, l’air monte et l’eau descend »

Allez, Holmes ressort sa macfarlane à carreaux (il ne se change jamais ?) et Watson est toujours le crétin qui ne pense qu’à manger.

Tiens, lorsque Holmes essaye de décoder le message, nous avons une référence à REDH et son fameux problème à trois pipes. Le code est un peu simpliste, une sorte de « Lève ton Q » en moins impoli.

Le final est très jamesbondien avec des « coucou, devine qui est derrière-toi ? », des répliques marrantes de Holmes, digne de l’espion au service de sa très gracieuse Majesté et des « hauts les mains » dans toutes les langues.

Passons sur les invraisemblances dignes d’un 007, quand Holmes nage et rattrape le canot. Et vu la suite, j’ai pensé que certains s’entraînaient déjà pour le débarquement de 44… Sauf que nous n’étions pas en Normandie.

Bref, de l’action et comme par hasard, le petit-fils turbulent de la reine est toujours derrière tout cela, telle la pieuvre Octopussy portant un casque à pointe.

Par contre, Mycroft va devoir potasser une autre prophétie : « Prends pas ton p’tit frère pour un con ».

Dans la dernière case, on apprendra que Holmes à peur que la cérémonie de mariage de la cantatrice ne le rende mélancolique, pensant à une autre cantatrice, la belle Irène. Holmes a un cœur, c’est déjà ça.

Malgré tous ces petits défauts, c’est le meilleur album des quatre de cette collection, mais pas assez que pour un avis positif à cent pour cent ni plus que 2 étoiles !

Étoile 2

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge British Mysteries chez My Lou Book et le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires.

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Sherlock Holmes – Tome 3 – L’ombre de Menephta : Croquet & Bonte

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Titre : Sherlock Holmes – Tome 3 – L’ombre de Menephta

Scénariste : Jean-Pierre Croquet
Dessinateur : Benoît Bonte

Édition : Soleil Productions n° 3 (2001)

Résumé :
Depuis l’arrivée à Londres du tombeau de Menephta, exhumé quelques mois auparavant dans la Vallée des Rois, les membres de l’expédition Whitefield disparaissent, frappés d’une mort étrange.

Aux dires des témoins, ce serait une momie, celle du grand prêtre lui-même dont le repos a été troublé, qui éliminerait un à un les profanateurs. A moins que cette mascarade ne serve à dissimuler le véritable motif de ces assassinats : récupérer des papyrus inestimables dont le contenu pourrait mettre en péril la paix du monde.

Du British Museum aux ruelles sordides de Whitechapel, de Cambridge au palais de Buckingham, Sherlock Holmes et Watson mènent l’enquête.

Celle-ci les conduira, par-delà les malédictions et les légendes, à percer le terrible secret du livre de Toth, un secret enfoui depuis la nuit des temps…

Critique :
La couverture avec une momie en arrière-plan de Holmes, Watson et Big Ben ne laissait planer aucun doute et les deux premières pages m’ont fait soupirer.

Serait-il possible que les albums de bande dessinée avec Holmes commencent tout simplement par un bon crime, sans qu’interviennent un vampire, une momie, un rat géant, une béquille transformée en fusil, un fakir de méchante humeur, une secte satanique, … ?

C’est saoulant, à la fin. Les bons vieux assassins bien de chez nous et les bons vieux crimes habituels seraient-ils en voie de disparition ? Sans doute puisqu’il faut faire sans cesse faire appel à l’élément fantastique.

Oh, je viens de repérer un cliché hitchcockien avec ces ombres chinoises projetées sur le mur, ce poignard en suspension dans les airs et la victime qui reste pétrifiée de terreur comme un lapin ébloui par les phares d’une voiture.

Hélas, ici, ça fait trop, ça fait tache car le meurtrier fait durer le plaisir avant de planter le couteau dans sa victime, transformant la scène en grotesque, style série Z. On a envie de crier : « Mais poignarde-le, qu’on en finisse ».

Dans les pages suivantes, ce sont les références canoniques. Nous découvrons Holmes qui se fait remettre la légion d’honneur pour l’arrestation de Huret, l’assassin du boulevard.

Holmes porte un beau costume, mais quand on le retrouve sur le quai d’embarquement, il porte la macfarlane, comme par hasard !

Holmes se plaint ensuite de l’affaire, car il pensait trouver en France une énigme à sa mesure. Que nenni ! Il dit à Watson qu’elle ne présentait que quelques difficultés, une affaire banale, somme toute, celle de l’assassin Huret.

Watson lui rappelle, fort à propos, que l’assassin a fait huit victimes et Holmes aura cette réponse sur laquelle je tire à boulets rouges : « La quantité importe peu. Le problème était médiocre ». C’est faire peu de cas des victimes et c’est indigne de lui.

Malgré ma grogne, je soulignerai tout de même quelques bons points, tels que le fait de passer des bas-fonds londoniens à un salon richement pourvu, le tout en quelques cases.

« Nous nous élevons dans l’échelle sociale », dira Holmes. Encore un autre bon point qui relève le niveau : les petites phrases mi-humoristiques mi-sarcastiques qu’adressera Holmes à Watson ou à Lestrade, ainsi que son étalage de sa science du baritsu, combinée de combat à la canne et rehaussée de jiu-jitsu.

Sans oublier la présence des Irréguliers.

Une mention spéciale à un trait d’humour très noir (j’aime ça, mais certains le trouveront déplacé) quand un des protagonistes anglais signalera à son camarade allemand que « seul le travail rend libre ».

Le camarade allemand trouvera la formule jolie et pensera à s’en souvenir. Humour noir, je vous le disais.

Bon, passons aux mauvais points qui sont importants et font couler le tout. Commençons en douceur avec de la vaseline :

– Les archéologues qui manipulent des papyrus plus vieux que Mathusalem comme si c’était le journal du jour. Aucunes précautions lors de la manipulation !

– Le majordome du Diogenes Club qui ose dire, à voix haute, dans le salon où personne ne peut parler, que les règles du club sont la discrétion et le silence. Voilà qui est fort « anti-canonique » et à l’encontre de la règle du club.

Au Diogenes Club, on ne peut parler QUE dans le salon des étrangers. Et les autres regardent Watson de travers parce qu’il se mouche alors que l’autre à parlé ? Heu…

– Les dessins de la bédé ne sont pas terribles : lors de plan plus profonds, les détails ne sont pas détaillés, quant aux traits de Holmes… Bof, pas terribles avec son menton pointu.

– Les Allemands sont très clichés, ne manque que l’uniforme noir et on aurait déjà de parfait petits nazis.

– Encore et toujours le petit-fils turbulent et allemand de la reine Victoria et ses petits complots à l’arme secrète (on le sort dans toutes les bédés ou films avec Sherlock Holmes). Petit soucis, dans le récit, il est dit que le kaiser Guillaume II est le cousin de la reine Victoria, hors il était le fils d’une des filles de Victoria et Albert ! Confondre un cousin et un petit-fils, oups !

J’ai relevé aussi une grosse allusion au film « La vie privée de Sherlock Holmes » avec l’attitude de la reine dans les dernières cases. Mais celle-là, c’est à ranger dans les bons points qui sont peu nombreux.

– Beaucoup trop de fantastique et je ne sais pas ce qu’un peuple perdu vient faire dans tout ça. Que les légendes restent dans l’univers fantastique ou dans les fanfictions. Les armes fabuleuses aussi, même si celle là existe bel et bien.

Un bon meurtre, avec un bon vieux mobile, et ils auraient pu faire une chouette enquête, même sur fond de malédiction à la momie égyptienne.

Là, on sombre dans le grand n’importe quoi. En plus, Holmes tombe toujours sur des hommes de sa taille et de sa corpulence quand il doit se déguiser. Un peu trop facile.

Étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge British Mysteries chez My Lou Book et le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires.

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Imitation Game [FILMS]

Titre : Imitation Game                                                                 big_4-5

Imitation Game est un film biographique américano-britannique réalisé par Morten Tyldum, sorti en 2014. Il s’agit de l’adaptation de la biographie Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence (Alan Turing: The Enigma) d’Andrew Hodges.

Le film est inspiré de la vie du célèbre mathématicien et cryptanalyste britannique Alan Turing, notamment pendant la seconde Guerre mondiale où il a travaillé à Bletchley Park.

Le titre du film est une référence à l’introduction de l’article écrit par Turing en 1950 pour présenter ses recherches sur l’intelligence artificielle et notamment ce qui est devenu par la suite le test de Turing.

Celui-ci est brièvement évoqué dans le film, mais n’est pas le sujet principal du film, qui se concentre sur son travail sur Enigma.

Réalisation : Morten Tyldum

Scénario : Graham Moore, d’après Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence (Alan Turing: The Enigma) d’Andrew Hodges

Résumé : 1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

Sortie : États-Unis : 29 août 2014 / Royaume-Uni : 14 novembre 2014 / France : 28 janvier 2015.

Distribution :

  • Benedict Cumberbatch (VF : Stéphane Roux) : Alan Turing
  • Keira Knightley (VF : Marie-Eugénie Maréchal) : Joan Clarke
  • Matthew Goode (VF : Jean-Christophe Dollé) : Hugh Alexander
  • Rory Kinnear (VF : Xavier Fagnon) : L’Inspecteur Robert Nock
  • Mark Strong (VF : Eric Herson-Macarel) : Stewart Menzies
  • Charles Dance (VF : Philippe Catoire) : Commandant Denniston
  • Allen Leech (VF : Yannick Blivet) : John Cairncross
  • Matthew Beard (VF : Hugo Brunswick) : Peter Hilton
  • Steven Waddington (VF : Loïc Houdré)  : Le Super intentant Smith
  • Tom Goodman-Hill (VF : Luc-Antoine Diquéro)  : Le Sergent Staehl
  • Tuppence Middleton : Helen

Ce que j’en ai pensé :
Bon, vous le savez, dès que l’on parle de Sherlock, je perds toute impartialité et tout mon être ne se sent plus…

Ça marche aussi avec son interprète anglais, Benedict Cumberbatch.

D’Enigma, je ne connaissais que les grandes lignes, mais je ne savais pas qui avait craqué le code, no comment…

Je savais que la pomme du géant des I-MachinBrol était peut-être en rapport avec un homme qui s’était suicidé, mais jamais je n’avais fait le rapprochement entre Allan Turing et le casseur d’Enigma.

Ce que certains critiques pensent du film, je m’en torche le popotin, parce que pour moi, ce fut un moment de grande émotion. Benedict-Sherlock est tout simplement parfait et le côté « autiste » du mathématicien ressemble assez fort à celui de Sherlock.

Monsieur Turing ne se prend pas pour de la merde, il connait sa valeur et n’a pas l’intention d’être modeste.

Son côté asocial est aussi un peu sherlockien par bien des abords. Le travail en équipe n’est pas son fort et il faudra l’intervention de la belle Keira Knightley pour lui donner un coup de pouce.

Pour les côtés historiques et les largesse prise avec l’Histoire, voyez plus bas ce que j’ai trouvé sur le Net, ici, je ne vous parlerai que de l’émotion que j’ai ressentie en suivant les souvenirs de monsieur Turing, arrêté par un flic et auquel il lui raconte sa fabuleuse histoire.

Pas de courses-poursuites, mais un récit haletant tout de même : la machine va-t-elle fonctionner, ou pas ?

Beaucoup de tensions entre les protagonistes et des acteurs au top de leur forme.

Le regardant en V.O-stfr, j’avais vraiment l’impression de me trouver au milieu du groupe et d’assister à la naissance de cette fabuleuse machine, précurseur de nos PC, en beaucoup plus gros et plus bruyant.

Je ne vous révèlerai rien de plus, sauf que ce film m’a émue, retournée, émotionnée.

CHALLENGE - Mois anglais 2015 flag

Les événements historiques :

Le film suggère que le travail à Bletchley Park a reposé sur un petit groupe de cryptologues enlisés durant les premières années de la guerre, jusqu’à la percée soudaine qui leur a permis de casser le code d’Enigma : des progrès ont été en réalité accomplis dès 1939 et des milliers de personnes travaillaient sur le projet à la fin de la guerre.

Durant toute cette période, il y eut des percées et des revers, comme lorsque les Allemands ont modifié l’utilisation des machines Enigma, et que les casseurs de code de Bletchley Park ont dû revoir leur système.

Turing, que le film fait apparaître alors complètement marginalisé, est censé écrire une lettre à Churchill pour obtenir le contrôle de l’équipe et des fonds pour la machine de décryptage : Turing a en réalité fait une démarche avec plusieurs de ses collègues, dont Hugh Alexander, à Churchill (qui avait auparavant visité Bletchley Park) ; ils cherchaient à obtenir davantage de ressources administratives pour le projet, ce que Churchill a fait immédiatement.

Dans le film, Turing baptise sa machine électromécanique « Christopher » du nom de son ami d’enfance : elle s’appelait en réalité « Victory ». Victory s’inspirait de la « Bombe » conçue en 1938 par le cryptanalyste polonais Marian Rejewski. La bomba kryptologiczna de Rejewski exploitait une faille temporaire dans les procédures d’exploitation allemandes.

Une nouvelle machine reposant sur une autre stratégie a été conçue en 1940 par Turing (avec une contribution clé du mathématicien Gordon Welchman, passé sous silence dans le film). Plus de 200 Bombes britanniques ont été construites sous la supervision d’Harold Keen de la British Tabulating Machine Company.

L’équipe Hut 8 décide dans une scène peu crédible de ne pas exploiter le décryptage du premier message, annonçant une attaque allemande sur le navire où sert le frère d’un des casseurs de codes (Peter Hilton), parce que cela révèlerait aux Allemands qu’ils ont cassé le code d’Enigma : Hilton n’avait pas de frère, et les décisions prises sur la façon et le moment d’utiliser les résultats de l’équipe l’étaient naturellement à des niveaux beaucoup plus élevés.

Le film décrit l’arrestation de Turing en 1951, suite aux soupçons d’un policier qui le croit un espion soviétique puis aux informations fournies par le cambrioleur à propos de l’ex-amant de Turing. En réalité elle a lieu en 1952. La scène de l’interview, où Turing raconte l’Imitation Game au policier est fictive.

Joan Clarke apprend dans le film le procès de Turing après coup et lui rend visite durant sa peine : il n’y a toutefois aucune trace d’une visite de Joan Clarke à cette époque, mais Turing était resté en contact avec elle après la guerre et l’avait informée de son procès à venir.

Le film montre Turing incapable de penser clairement ou de faire tout travail après la castration chimique qu’il a subi : malgré sa faiblesse physique et ses changements physiques (y compris gynécomastie) sous l’effet du traitement hormonal, Turing produisait à cette époque un travail novateur sur la morphogenèse, d’ailleurs inspiré par les modifications corporelles dues à la castration chimique.

Le film parle du suicide de Turing au bout d’un an de traitement hormonal : la cause de la mort de Turing fait en réalité débat. La période de castration chimique s’est achevée quatorze mois avant sa mort.

Une sous-intrigue d’espionnage met en cause Turing dans le film : il aurait un temps cédé au chantage de son collègue John Cairncross, ne révélant pas qu’il était un espion moyennant le silence sur son homosexualité ; or Turing et Cairncross travaillaient dans des unités différentes de Bletchley Park et rien ne dit qu’ils se soient rencontrés.

L’historien Alex Von Tunzelmann juge sévèrement cette mise en cause : « La liberté de création est une chose, calomnier la réputation d’un grand homme – tout en reprenant le préjugé hostile des années 1950, selon lequel les gays représentaient automatiquement un risque pour la sécurité – en est une autre.