Jerry Spring – Tome 03 – Lune d’argent : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 03 – Lune d’argent

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1956)

Résumé :
En mauvaise posture Jerry… six ans plus tôt, une gamine a été enlevée lors d’un raid des Kiowas.

A la demande de son grand-père, Jerry parcourt le territoire de cette nation dans le but de retrouver celle qui avait pour nom Daphné Elliott.

Pas de chance Jerry, car, déguisé en colporteur il est tombé sur un parti de guerriers qui, en plus de lui voler sa marchandises, veulent également lui faire la peau.

Entravé au sol il ne doit son salut qu’à l’intervention inopinée de Pancho.

En fuite tous deux, pourchassés par la meute rouge, ils se dirigent vers le territoire des Dakotas car Jerry n’a pas oublié sa mission.

Critique :
Les Jerry Spring ont souvent un ton assez moralisateur et celui-ci ne fait pas exception à la règle.

Normal, cette série était destinée à la jeunesse et il fallait que tout soit propre et que tout se termine bien, sinon, panpan cucul la censure !

Et panpan cucul Monsieur Dupuis aussi car les aventures de Jerry Spring étaient destinées aussi aux jeunes lecteurs de l’hebdo Spirou.

Mais je ne vais pas bouder mon plaisir, Jerry Spring a enchanté mes lectures jeunesses (piqués dans la biblio de papa) et si j’ai toute la collection, c’est que, dans le fond, j’apprécie la série.

Elle vieillit mal, par contre. Ce qui passait lorsque j’avais 12 ans et même 15, passe moins bien une fois la trentaine dépassée. Le côté naïve romantique est loin, je travaille, j’ai voté mainte et mainte fois et je me suis fait les dents sur ma déclaration d’impôts.

Anybref, je ne suis plus une oie blanche qui est contente que tout se termine bien et surtout, aussi facilement !

Putain, sa mère, comment Jerry et Pancho ont niqué les Dakotas ! Pfouit, ni vu, ni connu, j’t’embrouille ! Et évidemment, ils ne sont pas fait rattraper par les guerriers Rouges dont un devait être plus vénère que ses frères puisqu’on lui soustrayait sa fiancée, Lune d’Argent, cette jeune fille Blanche enlevée il y a 6 ans par les Indiens.

Daphne Eliott pour son richissime oncle bienveillant. Hé oui, tout le monde n’a pas les moyens de retrouver les siens enlevés par les Indiens… Ni Jerry Spring sous la main. Ni une jeune fille qui, après avoir passé 6 ans chez les Indiens, semble se réadapter tout de suite à la vie des Blancs… Heu… Pas réaliste.

Une autre chose qui me chagrine, c’est que, pourvu de grosses cases, cet album ne fait pas l’éloge de la ligne claire : les traits sont épais, peu détaillés et les paysages ne sont corrects que lorsque notre dessinateur ne nous propose pas des gros plans sur les personnages. Même au niveau des couleurs, j’ai déjà vu mieux.

Avec juste trois bandes par page, on dirait que l’auteur/dessinateur n’a rien trouvé d’autre comme solution pour remplir un album de 46 pages.

Jijé, tu ne m’entends plus, mais bon sang, tu aurais pu étoffer un peu ton histoire, lui donner un peu plus de profondeur et ne pas résoudre tout par des deus ex machina.

On tourne en rond au départ et puis, miracle, on tombe sur la jeune fille enlevée qui, toujours un miracle, parle encore l’anglais !

Miracle de nouveau, on arrive à la soustraire aux Indiens et elle fait même preuve d’intelligence en faisant en sorte de nous donner une nuit et un peu plus avant que ses Frères Rouges ne s’inquiètent de son non-retour.

Pourtant, il y a du bon, sans cette série et notamment le fait que les Indiens ne soient pas présentés comme des êtres assoiffés de guerre, de pillage, de viols mais soient des êtres Humains comme les autres, avec leurs défauts, leurs qualités, leurs prises de conscience et leur évolution dans l’histoire, comme le fit Tête Folle, le fils de chef chez les Kiowas.

Pas le meilleur album de Jerry Spring, un scénario qui semble être étiré pour faire 46 pages alors qu’on a un final précipité et une sacrée ellipse entre le moment où Jerry qui Pancho en canoë et le moment où il le retrouve, à la plantation du riche type. Allez, en quelques lignes on explique tout et hop, terminé, merci, au revoir.

On pouvait faire mieux, bien mieux… Mais c’est trop tard.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°54, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

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Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante : Morris & René Goscinny


Titre : Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1977)

Résumé :
Dans les années 1850, communiquer aux Etats Unis reste souvent un vain mot. Le temps important mis par le courrier à circuler d’Est en Ouest (ou réciproquement) est de nature à décourager les plus enragés. Même les messagers du Pony Express se lassent.

Heureusement, le gouvernement américain d’Abraham Lincoln s’en mêle.

Il est décidé d’en finir et de relier Carson City (à l’Ouest) avec Omaha (à l’Est), par le moyen d’une ligne télégraphique, surnommée par les indiens « le fil qui chante » en raison du bruit de ce fil par temps venteux.

Lucky Luke, tout juste débarqué du Pony Express, décide d’intégrer l’équipe reliant Carson City à Salt Lake City, ville de jonction avec la seconde mission, devant elle rejoindre Omaha à Salt Lake City.

Un pari est pris entre les 2 équipes, de 100 000 dollars au premier arrivant.
Ce pari attire les convoitises.

Heureusement Lucky Luke est là pour déjouer les pièges et démasquer les traîtres.

Critique :
Qui n’a jamais connu des problèmes de réseaux ? Qui n’a jamais juré et voué aux gémonies son wi-fi qui crachotait, l’empêchant de ce fait d’avoir une bonne connexion ?

Tout le monde a vécu ça, surtout au début de l’ère Internet et lorsque l’on abandonna les câbles pour le sans fil qui ne chantait plus, c’était souvent avec des coupures.

Alors, imaginez ce que pouvait être le calvaire des gens qui désiraient envoyer un petit mot d’amour à leur douce amie restée de l’autre côté des États-Unis…

Morris et Goscinny l’illustrent d’une très belle manière, drôle, amusante, cynique, détaillée comme il faut pour que l’on comprenne bien que la missive mit du temps à arriver à la belle restée à New-York.

Inimaginable à notre époque où il suffit de textoter ou d’envoyer un mail pour que, dans les secondes qui suivent, le destinataire le reçoive… Dommage qu’à note époque nous n’avions plus un Lucky Luke pour aider dans l’installation des câbles dans l’océan ou ailleurs.

Quand on y pense bien, Lucky Luke, il a tout fait pour l’avancée de l’Amérique : il posé des rails sur la prairie, a fait les guerres indiennes, a posé le fil du télégraphe, s’est occupé du pétrole, a aidé les convois de pionniers sur les pistes dangereuses, a construit un pont sur le Mississippi (qu’il avait remonté avant), a fait la ruée vers l’Ouest, est allé dans les Black Hills… Quel mec, ce Lucky Luke !

Anybref, cet album a une saveur douce-amère puisqu’il est le dernier scénarisé par Goscinny… De facture très classique (trop ?) il fait pourtant mouche car il réuni tous les ingrédients typique d’un Lucky Luke : une chose à accomplir, peu de temps, bien des dangers à affronter et un traître parmi eux qui va saboter pour les ralentir.

Oui, c’est du déjà-vu, c’est du classique, je vous le disais, les auteurs ont réuni tout ce qu’ils avaient déjà utilisés, tout ce qui marche et l’ont réuni dans cet album.

Pourtant, je l’ai apprécié, même si son humour n’est pas relevé, comme si Goscinny faisait dodo ou que Morris lui avait, une fois de plus, interdit de sortir ses jeux de mots.

Il est, certes, dommage que cet album ne soit pas plus brillant, mais malgré tout, il se lit avec plaisir et si on fait attention à tous les petits détails (oiseaux, animaux), on a le sourire durant notre lecture avec quelques running gags qui ne sombrent pas dans le lourd car pas répétitifs ad nauseam et puis, on a beau faire du recyclage de scénario en changeant quelques détails, ça fonctionne toujours, même si cet album est moins drôle que « La caravane », « La diligence » ou « Des rails sur la prairie ».

Un bon album car après, on a mangé notre pain noir et puis, c’est le dernier scénarisé par Goscinny. Après, plus rien ne fut jamais pareil, ni les Lucky Luke (hormis Le Daily Star qui est L’Exception), ni les Astérix.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°48, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Jerry Spring – Tome 07 – Le ranch de la malchance : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 07 – Le ranch de la malchance

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1959 / 1985)

Résumé :
Trois histoires dans cet album :
1. LE RANCH DE LA MALCHANCE : Jerry et Pancho sauvent la passagère d’une diligence attaquée par des bandits.

L’un de ces derniers, blessé, est abattu par un de ses acolytes. La jeune dame –Jane Ellis- arrive de Boston pour reprendre le ranch de son oncle décédé.

La propriété semble fortement intéresser un voisin : Tom Halley.

2. ENQUÊTE À SAN JUAN : Un vieux bâtiment, la nuit, où Jerry a décidé de prendre du repos. Du repos ?..

Il parvient à sauver un homme qui va être lynché par quelques cow-boys qui l’accusent d’un meurtre. L’homme s’enfuit. Le lendemain, Jerry rencontre le shérif des lieux et le met au courant.

3. LE TESTAMENT DE L’ONCLE TOM : Jerry et Pancho découvrent le cadavre d’un indien Navajo. Ce dernier, curieusement loin de son territoire, a été abattu dans le dos. Un morceau d’un pli est retrouvé. Cet indice amène nos amis à Yaqui-Town, chez un certain Mansfield.

Critique :
Jerry Spring est un vieux pote de chevauchée, toute petite déjà, je rêvais de posséder un cheval comme le sien : vif, rapide, intelligent, obéissant, bref, un cheval de cirque au service de son maître.

C’est dans les anciens Spirou de mon père que j’ai découvert cet autre redresseur de torts de l’Ouest qui ne fera jamais d’ombre à Lucky Luke car ici, on a moins d’humour (l’humour est différent).

Niveaux dessins, ceux de Jijé sont plus réalistes que ceux de Morris et pas de gros nez dans cette série, mais bien souvent des personnages aux traits qui se ressemblent, comme ici un régisseur de ranch et le conducteur de la diligence.

Je vous le dis de suite, ce n’est pas le meilleur de la série ! La première investigation va très vite, trop vite même et aurait mérité plus que 16 pages de traitement car « la rapidité nuit à l’efficacité » (vous la ressortirez pour ce que vous voulez, cette citation offerte avec cette chronique).

La seconde aventure a plus d’une enquête, mais elle sera, elle aussi, assez rapide, Jerry Spring ayant sans doute regardé « Il était une fois dans l’Ouest » et compris pourquoi Reiner voulait tant acheter les ranchs des environs, à n’importe quel prix, mais celui de la mort pour qui refusait.

Quant à la dernière, qui met en scène Pancho pour une piste à remonter, elle est tellement courte qu’on se demande s’il ne manque pas des pages ! Limite si on ne nous livre pas l’explication finale en vitesse, parce qu’on va se trouver à court de cases et que on est dans un album de 46 pages.

Franchement, Jerry Spring a beau être bourré de bons sentiments (les gentils triomphent des méchants), se terminer toujours bien pour nos héros (même si Pancho, dans les autres albums, est toujours victime du racisme envers les mexicains), là, on est face à des scénarios faiblards de chez faiblards.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°47, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

La piste des ombres – Tome 1 – Pierres brûlantes : Tiburce Oger

Titre : La piste des ombres – Tome 1 – Pierres brûlantes

Scénariste : Tiburce Oger
Dessinateur : Tiburce Oger

Édition : Vents d’ouest (2000)

Résumé :
Texas, 1866. Cette nuit-là, le vieux Zachary Cloverleaf et ses cow-boys, incapables de contenir la folie du bétail, assistent impuissants à un terrifiant spectacle : leur troupeau de mille longhorns englouti en un instant par une montagne…

Quelques années auparavant, Cloverleaf, alors capitaine des Texas Rangers, recueillait le jeune Natanaël Dumont, unique survivant du massacre de sa famille lors de la révolte des Comanches Kwahadis.

En s’enfuyant, l’enfant était tombé dans un puits fraîchement creusé. Il y trouva trois pierres étranges qu’il garda précieusement en souvenir de cette nuit tragique.

Il ignorait que ces pierres renfermaient l’esprit des « Gahe », puissantes divinités selon les légendes indiennes.

Et malheur sur le monde si celui qui possède les pierres sacrées n’a pas le cœur en paix… Prenez garde aux « Gahe »… Prenez garde aux « Pierres Brûlantes »…

Critique :
Lorsque l’on range ses bibliothèques parce qu’on vient d’en ajouter trois nouvelles (vides), on tombe souvent sur des trésors oubliés et cette bédé en fait partie.

Moi qui m’enorgueillissais de ne pas avoir de PAL en bédé et bien, c’était faux car cet album croupissait dans mes étagères depuis des années et des années (plus de 10 ans) et je ne le savais même pas !

Je préconise donc des nettoyages de printemps pour toutes vos biblios au moins 2 fois pas an…

Un western aux relents fantastiques… Fallait oser et fallait le réussir, ce qui est toujours plus difficile, un exercice aussi périlleux que de chevaucher un bronco pour la première fois : le cassage de gueule n’est jamais loin.

Ici, tout est bien maîtrisé et aucune ruade n’est à redouter.

Ce qui nous est raconté en aparté par un vieil indien, sous forme de souvenirs s’apparentant plus à des légendes qu’à la réalité s’avère être en fait la réalité, qui a été rejointe par la légende et nous en apprendrons un peu plus sur ces fameuses Pierres Brûlantes.

Pas de manichéisme dans les personnages, tout le monde a son rôle à jouer et il y a du réalisme dans leurs portraits, leurs caractères. Tous les Sudistes ne sont pas des esclavagistes, tous les Nordistes ne sont pas des preux chevaliers œuvrant pour le Bien de tous, on a des Indiens assassins, des victimes, et il en est de même chez les Blancs.

Tout est nuancé mais sombre, à l’instar des cases de cette bédé où j’ai eu un peu de mal avec les dessins au départ, avant de me laisser emporter par eux ensuite.

Un western qui flirte avec le fantastique, qui valse avec lui, nous entraînant dans une course-poursuite désespérée afin d’arrêter deux jeunes gens, traqués, avec du sang sur les mains et des pierres qu’il ne faut pas utiliser avec la haine chevillée au corps.

Damned, je n’ai pas l’album suivant ! Faudra que je le note sur ma Wish car je compte bien lire les trois albums de la saga.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°42, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Pieds nus sur la terre sacrée : Teresa Carolyn McLuhan & Edward S. Curtis

Titre : Pieds nus sur la terre sacrée

Auteurs : Teresa Carolyn McLuhan & Edward S. Curtis
Éditions : Denoël (2011) / Folio Sagesses (2014-2015)
Édition Originale : ouch the Earth : a Self-Portrait of Indian Existence (1974)
Traducteur : Michel Barthélémy

Résumé :
Pieds nus sur la terre sacrée rassemble des textes appartenant au patrimoine oral ou écrit des Indiens d’Amérique du Nord.

Cette sélection se propose d’apporter des éclaircissements sur l’histoire des Indiens et de montrer la pérennité de leur civilisation.

Le ton de ces écrits, classés par ordre chronologique, est tour à tour celui de la sagesse, du lyrisme, de l’éloquence ou de l’émotion profonde.

Portrait de la nature et de la destinée indiennes, ils sont avant tout la preuve de la renaissance d’une civilisation authentiquement indienne.

Cette anthologie tend à mettre en relief les traits caractéristiques de cette civilisation où les considérations politiques et historiques s’estompent au profit d’une harmonie de l’homme et de la nature, dans laquelle la terre devient une création sacrée.

Voilà un domaine de l’expérience indienne qui peut entrer dans notre héritage commun.

Critique :
Homme Blanc a la langue fourchue comme celle du serpent.

Sa langue dit une chose et son cœur en pense une autre.

Sa parole ne vaut rien, sa signature non plus. Ses traités, il ne les respecte jamais.

Son avidité est sans limites, sans bornes, toujours les autres doivent reculer devant lui.

Même la Nature, même les animaux, même nous, les Premiers Hommes qui étaient là bien avant son arrivée.

L’Homme Blanc se révolte lorsqu’on veut lui faire adhérer à une religion qu’il ne veut pas, mais il impose la sienne à tous, parle de son Livre que son Dieu lui a transmit, mais jamais deux Hommes Blancs ne disent la même chose sur leur religion. Mais ils voudraient que nous laissions la nôtre pour la sienne…

Nous ne nous querellons jamais à propos de religion parce que c’est un sujet qui concerne chaque homme devant le Grand Esprit. Frère, nous ne voulons pas détruire ta religion, ni te la voler ; nous voulons seulement jouir de la nôtre.

Frère, on nous a dit que tu avais prêché parmi les hommes blancs aux alentours. Ces gens sont nos voisins : nous les connaissons. Nous attendrons un peu et verrons les effets que tes prédictions ont eus sur eux. Si nous trouvons qu’ils deviennent meilleurs, plus honnêtes et moins disposés à tromper les Indiens, nous reconsidérerons ce que tu nous as dit.

L’Homme Blanc a fait des révolutions lorsque les riches ne lui laissaient rien à manger, mais il fait la même chose lorsqu’il est arrivé sur les Terres des autres, tuant les Bisons et gaspillant l’animal en ne prenant que sa langue ou sa fourrure.

Puis il a voulu imposer l’élevage à nous, les Hommes Rouges, alors que nous étions des chasseurs et non des éleveurs.

Tremblant et ne sachant pas se défendre ou se nourrir lorsqu’il est arrivé, l’Homme Blanc était content que l’Homme Rouge lui donne de quoi remplir son estomac.

Pleurnichant, il supplia qu’on lui accorde un petit lopin de terre afin de poser son tapis et d’y vivre tranquillement, mais ensuite, il ne cessa de vouloir plus et ce qu’il aurait pu avoir par amitié, il le prit de force. Et nous traita ensuite de voleur…

Pourquoi prendre par force ce que vous pouvez avoir tranquillement par l’amitié ? Pourquoi nous anéantir alors que nous vous fournissons votre nourriture ? Que pouvez-vous obtenir par la guerre ?

Où sont les guerriers aujourd’hui ? Qui les a exterminés ? Où sont nos terres ? Qui les pille ? Quel homme blanc peut dire que je lui ai volé sa terre ou un seul de ses sous ? Pourtant, ils disent que je suis un voleur.

Nous chassant de la terre de nos Pères et des Pères de nos Pères, l’Homme Blanc n’avait jamais qu’un seul ordre à la bouche : « Cassez-vous, pov’cons » et, tels ses politiciens aux cœurs fourbes et à la langue fourchue, toujours ils nous firent des promesses qu’ils ne tinrent jamais.

La versatilité de vos déclarations est telle que celui qui a planté un piquet et tracé une ligne autour de nous, et a affirmé que cette ligne ne serait jamais dépassée, fut le premier à dire qu’il ne pouvait la garantir, et il arracha le piquet et effaça toute trace de ligne.

Les Lois de l’Homme Blanc sont faites pour être respectées, qu’ils disaient. Mais en fait, leurs lois sont faites par des Hommes Riches, pour être appliquées aux Hommes Pauvres car le Riche sait toujours s’y soustraire. Mais l’Homme Rouge, lui, il doit s’y plier et s’il tue un Blanc, le châtiment sera terrible, alors que l’inverse n’est pas vrai.

Ce peuple [l’Homme Blanc] a fait des lois que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour eux seuls et ils se barricadent contre leurs voisins ; ils la défigurent avec leurs constructions et leurs rebuts. Cette nation est comme un torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage.

Nous demandons que la même loi soit appliquée pareillement à tous les hommes. Si un Indien viole la loi, punissez-le par la loi. Si un homme blanc viole la loi, punissez-le aussi.

L’Homme Blanc est un fléau pour nous, les Indiens. Il nous a toujours méprisé, considéré comme des Sauvages, nous a empêché de vivre comme nous avions toujours vécu (alors que nous étions chez nous), nous a spolié nos terres, nous a pris nos droits, a fait de nous des esclaves alors que nous étions, avant son arrivée, des Hommes Libres.

Si vos ancêtres ont gagné leur liberté sur les champs du danger et de la gloire, nos ancêtres la possédaient de droit à la naissance, et nous avons dû vous la quémander comme le plus misérable des esclaves achète sa liberté…

Quand j’ai combattu pour protéger ma terre et mon foyer, on a dit que j’étais un sauvage. Quand personne ne comprenait ni n’approuvait ma façon de vivre, on a dit que j’étais fainéant. Quand je me suis efforcé de gouverner mon peuple, j’ai été dépouillé de mon autorité.

Toujours nous avons essayé d’être conciliants, nous avons respecté les traités signés, nous avons espéré être enfin tranquille, mais jamais nous ne le fûmes !

Quel traité le Blanc a-t-il respecté que l’homme rouge ait rompu ? Aucun. Quel traité l’homme blanc a-t-il jamais passé avec nous et respecté après ? Aucun.

Nous avons, comme demandé, envoyé nos fils dans les écoles de l’Homme Blanc, mais il ne nous est revenu que des lettrés ne sachant ni chasser, ni pêcher, ni se débrouiller. L’Homme Blanc nous a-t-il envoyé ses Fils pour que nous en fassions des Hommes ? Jamais.

Plusieurs de nos jeunes gens ont été jadis élevés dans les collèges des provinces du Nord ; ils furent instruits de toutes vos sciences mais, quand ils nous revinrent, ils ne savaient pas courir et ignoraient tout de la vie dans les bois… Incapables de faire des guerriers, des chasseurs, ou des conseillers, ils n’étaient absolument bons à rien.

Surtout ne faite pas lire ce recueil de nos textes au Président Blond Décoloré Et Mal Coiffé des Américains, il penserait qu’il a raison de vouloir ériger un mur à la frontière mexicaine car, prenant ce recueil à témoin, il dirait « Regardez ce qui est arrivé aux Indiens qui ont accepté les premiers arrivants et qui les ont accueillis : ils ont été envahis, assassinés, déplacés, virés, éliminés et presque remplacés ».

Groupant les textes des grands chefs Indiens, ce petit recueil est de la dynamite, un condensé d’émotions brutes qui vous touchent en plein cœur.

Rendez-moi ma liberté – liberté de voyager, liberté de m’arrêter, liberté de travailler, liberté de faire du commerce là où je le choisis, liberté de suivre la religion de mes pères, liberté de penser et d’agir pour moi-même – et j’obéirai à chaque loi ou je me soumettrai au châtiment.

Voilà un peuple qui était considéré comme « sauvage », qui ne savait ni lire, ni écrire mais qui a une analyse tellement juste, tellement vrai de ce qu’est l’Homme Blanc qu’on se dit qu’il n’est pas nécessaire d’aller à l’école pour être instruit et arriver à lire dans le cœur des Hommes.

Nous étions un peuple sans lois, mais nous étions en très bons termes avec le Grand Esprit, Créateur et Maître de toute chose. Vous présumiez que nous étions des sauvages. Vous ne compreniez pas nos prières. Vous n’essayiez pas de les comprendre. Lorsque nous chantions nos louanges au soleil, à la lune ou au vent, vous nous traitiez d’idolâtres. Sans comprendre, vous nous avez condamnés comme des âmes perdues, simplement parce que notre religion était différente de la vôtre.

Tout ce que j’ai lu était vrai, avant, pendant et maintenant : l’Homme Blanc est avide, rapace, envieux, querelleur, casseur, envahisseur et veut toujours tout au détriment de tout le reste. Il a dicté aux autres ce qu’ils devaient faire, mais n’a jamais voulu qu’on lui dicte à lui ce qu’il devait faire.

Frère, notre territoire alors était grand et le vôtre était petit. Vous êtes maintenant devenus un grand peuple, et il nous reste à peine l’espace pour étendre nos couvertures. Vous avez notre pays ; mais cela ne vous suffit pas. Vous voulez nous forcer à épouser votre religion. […] Frère, tu dis qu’il n’y a qu’une façon d’adorer et de servir le Grand Esprit. S’il n’y a qu’une religion, pourquoi le peuple blanc est-il si partagé à ce sujet ? Pourquoi n’êtes-vous pas tous d’accord, si vous pouvez tous lire le livre ?

Ces hommes [les missionnaires] savent que nous ne comprenons pas leur religion. Nous ne pouvons pas lire leur livre – ils nous racontent des histoires différentes sur ce qu’il contient ; nous pensons qu’ils font parler le livre selon leurs besoins.

Ils ne nous sont d’aucune utilité [les missionnaires]. Si les Blancs n’ont pas besoin d’eux et qu’ils ne leur sont d’aucun secours, pourquoi les envoient-ils chez les Indiens ? Si l’homme blanc a besoin d’eux et qu’ils lui sont secourables, pourquoi ne les garde-t-il pas chez lui ?

Les Poppies peuvent ressortir leur titre et chanter à tue-tête ♫ Non, non, rien n’a changé, tout, tout à continué ♪

Le recueil est court, mais il est intense. C’est du concentré de sagesse, mais aussi d’acide, c’est un tacle violent sous la ceinture mais un tacle mérité.

Si nous n’avions ni argent, ni terre, ni pays, rien dont nous puissions être volés, ces manteaux-noirs [les missionnaires] ne se soucieraient pas de notre bien dans l’au-delà. Le Grand Esprit ne nous punira pas pour ce que nous ne savons pas. Il rendra justice à ses enfants rouges. Ces manteaux-noirs parlent au Grand Esprit et demandent que nous voyions la lumière comme eux, lorsqu’eux-mêmes sont aveugles et en désaccord sur la lumière qui les guide.

Si l’homme blanc veut vivre en paix avec l’Indien, il peut vivre en paix. Il n’est pas nécessaire de se quereller. Traitez tous les hommes pareillement. Donnez-leur la même loi. Donnez-leur à tous une chance égale de vivre et de croître…

Ce roman, que l’on pourrait qualifier de Noir, puisqu’il est social, c’est aussi un condensé de la colère de tout un peuple qui a vu les siens mourir de faim, de froid, d’épuisement, alors qu’ils ne manquaient jamais de rien avant l’arrivée des Colons.

C’est âpre, tout en étant bien dit car les Indiens avaient le sens de la diplomatie et savaient tourner leur phrases pour ne pas choquer l’Homme Blanc qui a parfois des airs de vierge effarouchée lorsque l’on met la tête dans sa propre merde.

J’admets qu’il y a de bons hommes blancs, mais leur nombre est sans comparaison avec celui des mauvais qui doivent être les plus forts puisqu’ils dominent. Ils font ce qui leur plaît. Ils asservissent ceux qui ne sont pas de leur couleur, bien qu’ils aient été créés par le même Grand Esprit que nous. Ils feraient de nous des esclaves s’ils le pouvaient. Comme ils n’y parviennent pas, ils nous tuent ! Aucune foi ne peut être accordée à leur parole. Ils ne sont pas comme les Indiens qui, ennemis pendant la guerre seulement, sont amis en temps de paix. Ils diront à l’Indien : « Mon ami, mon frère ! » Ils lui prendront la main et au même instant, le détruiront.

On sent aussi dans les textes que les Indiens sont forts, qu’ils ne pleurent pas, qu’ils détestent la pitié, qu’ils sont fiers.

Il nous est maintenant facile, à nous tous qui ne sommes pas Indiens, d’éprouver rage et souffrance pour eux. Les Indiens morts ou vivants n’auraient témoigné que mépris et pitié pour de tels sentiments. Il est trop facile de ressentir de la sympathie pour un peuple dont la culture a été anéantie.

Nous n’avons commis qu’un seul péché : nous étions en possession de ce que l’homme blanc convoitait.

C’est beau, c’est puissant, c’est finement analysé, c’est magnifiquement envoyé (dommage qu’on ne les ai que si peu écouté) et c’est le coeur lourd qu’on termine ce petit recueil qui est aussi un plaidoyer pour un retour à la Terre, à la Nature, le tout dans le respect de tout un chacun, Humains, animaux, ainsi que les plantes et tout le reste.

L’homme blanc, lui, retourne le sol, abat les arbres, détruit tout… Il fait exploser les rochers et les laisse épars sur le sol… Comment l’esprit de la terre pourrait-il aimer l’homme blanc ? Partout où il l’a touché, il laisse une plaie.

Nous ne pouvons vivre côte à côte. Il y a sept ans seulement nous avons signé un traité qui nous assurait que les terrains de chasse aux bisons nous seraient laissés pour toujours. Ils menacent maintenant de les reprendre. Mes frères, devons-nous nous soumettre ou devons-nous leur dire : « Tuez-moi d’abord avant de prendre possession de ma patrie ! »

J’ai demandé à certains grands chefs Blancs d’où ils tenaient le droit de dire à l’Indien qu’il resterait dans un endroit alors qu’il voit les hommes blancs aller où ils veulent. Ils ne peuvent me répondre. Ce que je demande au gouvernement, c’est d’être traité comme tous les autres hommes sont traités. Si je ne peux aller dans mon propre foyer, donnez-moi un foyer où mon peuple ne mourra pas si vite…

L’homme blanc ne prend pas les scalps. Il fait pire : il empoisonne les cœurs. Rien n’est pur pour lui. Ses compatriotes ne seront pas scalpés, mais dans quelques années, ils seront devenus comme les hommes blancs, si bien que vous ne pourrez plus leur faire confiance et qu’il faudra, comme dans les colonies des Blancs, presque autant d’officiers que d’hommes pour s’occuper d’eux et maintenir l’ordre.

Croyez bien qu’aussi misérables que nous paraissions à vos yeux, nous nous regardons néanmoins comme plus heureux que vous, en ceci que nous nous contentons du peu que nous avons… Vous serez profondément déçus si vous pensez nous persuader que votre pays est meilleur que le nôtre. Pourtant si la France est, comme vous le dites, un petit paradis terrestre, est-il sensé de le quitter ? Et pourquoi abandonner femmes, enfants, parents et amis ? Pourquoi risquer vos vies et vos biens chaque année ? Et pourquoi vous aventurer et prendre de tels risques quelle que soit la saison, affronter les orages et les tempêtes de la mer pour venir dans un pays étranger et barbare que vous considérez comme le plus pauvre et le plus malheureux de la terre ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°41, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Martiens, go home ! : Fredric Brown

Titre : Martiens, go home !

Auteur : Fredric Brown
Édition : Folio SF (2010/2016)
Édition Originale : Martians, Go Home (1955)
Traducteur : Alain Dorémieux

Résumé :
« Salut Toto ! Salut Chouquette ! », voilà les mots prononcés lors de la première rencontre entre un martien et un homme.

L’étonnement et l’émerveillement vont être cependant de courte durée. En effet, les petits hommes verts ne sont pas du tout comme nous avions pu les imaginer jusqu’à présent.

Malpolis, prétentieux, indécents, curieux à l’extrême, ils sont tout simplement insupportables. Ils prennent, de plus, un malin plaisir à révéler les secrets les mieux gardés.

Grâce au « couimage », ils sont insaisissables et se déplacent instantanément où ils veulent. Seuls les psychiatres et les pharmaciens profitent de leur arrivée.

Lorsqu’on leur demande pourquoi ils sont là, ils répondent : « Qu’est-ce que les gens vont faire dans les zoos sur ta cochonnerie de planète ? »

Que pourra bien faire un auteur de science-fiction en mal d’inspiration, un marabout africain ou un portier de Chicago face à ce fléau impitoyable.

Brown, qui excelle dans l’art du coup de théâtre et de la chute, nous propose une oeuvre absolument « loufoque » ! Un grand moment de rire et de détente pour tous.

Critique :
Ce livre est effrayant, angoissant, stressant et il m’a foutu mal à l’aise comme l’ont fait avant lui des dystopie où l’on brûlait des livres, où Big Brother voyait tout, où l’on réécrivait l’Histoire, où les femmes n’étaient que des juments reproductrices…

Et pourtant, il est drôle, amusant et j’ai ri.

C’est la le plus dangereux ! On ri, mais quand on y pense bien, si ce genre de truc arrivait, on serait dans une belle merde !

Imaginez que vous ne soyez plus à l’abri de rien, plus aucun secret, même dans le plus épais coffre-fort, n’est protégé car ces Martiens voient à travers tout…

— Oh… je vois. Jeunes mariés, sans doute ?
— D’aujourd’hui, précisa avec orgueil Dorothy.
— Parfait !… Dans ce cas, je veux bien quelque chose. J’ai entendu parler de vos dégoûtantes habitudes en matière d’accouplement. Je vais vous regarder faire.

Et, en dépit des inhibitions dues à la nécessité d’agir en silence, ce fut quand même une nuit de noces en fin de compte.
Leur satisfaction aurait été entamée (et elle le fut effectivement le lendemain) s’ils avaient su, comme on devait très vite s’en apercevoir, que les Martiens voyaient non seulement dans le noir, mais aussi à travers les couvertures. Ou même les murs. Comme avec des rayons X. Une faculté spéciale comme le couimage, valable avec tous les corps solides. Ils lurent des lettres et des livres sans les ouvrir, déchiffrèrent des documents gardés dans des coffres-forts… Leur acuité visuelle était hors ligne.

Vous baisez sous les couvertures ? Ils voient tout et se permettront même de dire que votre manière de copuler est affreuse, sale et j’en passe. Ils sont curieux et adorent rapporter les ragots, vos secrets les mieux enfouis… Bref, partout où ils passent, c’est le bordel et Big Brother peut aller se rhabiller.

Ils vous rendent dingue à surgir n’importe quand, n’importe où car ces Martiens ont la faculté de se téléporter, enfin, non, de couimer, ce qui veut dire la même chose mais en plus perfectionné. De toute façon, nous sommes trop cons que pour comprendre.

— Est-ce que vous êtes vraiment… euh… un Martien ?
— Nom d’Argeth, mais il est stupide ! Oser encore le demander !

Cherchez pas à devenir amis avec eux, ils sont irrespectueux, farceurs, grinçants, colporteurs de ragots, arrogants, exaspérants, exécrables, grossiers, injurieux, malfaisants, nuisibles, odieux, offensants, perfides, pernicieux, pervers, railleurs et rendraient fous en peu de temps tout un régiment de mois bouddhistes zens.

Ils parlent aussi toutes les langues et en moins d’une heure ils peuvent en apprendre une nouvelle.

Oui, on ri, mais on rigole moins lorsqu’on assiste à l’effondrement de nos sociétés, à celle des Bourses, on entre dans une crise économique plus grave que celle de 1929…

L’industrie du cinéma est à l’arrêt, plus moyen de tourner un film, la radio a cessé toutes émissions, impossibles avec ces petits êtres verts qui foutent le bordel, l’armée est en chômage technique (on ne sait ni les tuer, ni les blesser) aussi et tout ceux qui vivaient autour de ses institutions ne gagnent plus un rond et c’est la récession économique puissance 1.000.

Les seules entreprises qui ne connaissent pas la crise sont les vendeurs d’alcool et les psychanalystes de tout poil.

— Normal, Chouquette, vous les Humains vous êtes bêtes, stupides et vous vous réfugiez dans l’alcool quand ça ne va plus !
— Mais tu vas fermer ta gueule, sale Martien de merde !
— Tu vois, Chouquette, on arrive à vous énerver facilement… Au fait, ceux qui te lisent savent-ils que ton code de CB est le [SPOLIER] et tes codes de PC [CENSURE] [CENSURE] [CENSURE] [CENSURE] [CENSURE]
— Mais tu vas fermer ta gueule, oui ! Pourquoi vous êtes là, au fait ?
— C’est pas tes oignons Chouquette et en plus, tu écris comme un pied. Allez, je me casse…

Tout ça à cause d’un milliard de petits merdeux verts qui sont plus infernaux que des gosses de 5 ans, vous savez, ceux qui savent faire tourner en bourrique les adultes que nous sommes.

Le final, lui, il m’a fait sourire et penser que l’auteur avait bien joué son coup.

Une chouette découverte que ce petit roman de SF désopilant !

Maintenant, j’espère que ces saloperies vertes ne viendront pas nous pourrir la vie, parce que je ne donne pas cher de l’économie Mondiale ! Et tout ça, sans même un conflit… Saletés de martiens, va !

PS : Ce livre a été écrit en 1955, publié en France en 1957, et l’action en 1964.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°37 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Le train des orphelins – Tome 1 – Jim : Philippe Charlot & Xavier Fourquemin

Titre : Le train des orphelins – Tome 1 – Jim

Scénariste : Philippe Charlot
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Bamboo (2012)

Résumé :
“La vie est une chienne et moi je ne suis bon à rien. Ne cherche pas à me revoir… Ton père”

1990, dans sa résidence huppée de New-York, Harvey n’est pas surpris par la visite de Jim.

70 ans plus tôt, les deux hommes, alors de jeunes garçons, faisaient connaissance à bord d’un train des orphelins ; un système d’adoption mis en place pour endiguer le nombre massif, sur la côte Est américaine, d’enfants sans famille issus de l’émigration européenne.

Embarqués dans un étrange voyage, Jim et son petit frère expérimenteront la fraternité, l’amitié, la confiance, l’entraide, mais feront aussi les frais de la trahison de ceux qui feraient tout, faute d’être bien nés, pour être bien adoptés…

Critique :
Après Jules et Jim, voici Jim et Joey, deux frères nés sous une mauvaise étoile, ou plutôt, avec une mère qui décède en mettant au monde leur petite soeur et un père qui a le gosier plus qu’en pente et qui ne sait plus, ne veut plus, s’occuper de ses gosses.

Le train des orphelins – Orphan Train Riders – a bel et bien existé, durant 70 ans et plus de 250.000 enfants furent transportés d’une ville à l’autre pour être proposé à l’adoption.

Moi, ça me fait froid dans le dos !

Parce que si pour certains ce fut une chance, si dans tout ces pauvres gosses livrés à eux-mêmes dans les rues de New-York, on en a eu deux qui ont fini gouverneurs, combien d’enfants furent maltraités, utilisés comme main-d’oeuvre bon marché, abusés, affamés,…

Sans oublier qu’on leur a parfois changé le prénom pour coller avec celui d’un fils mort, avec la nationalité des adoptants et qu’on leur a supprimé toutes les photos ou lettres de leurs parents, effaçant par là même, leur identité, leur passé, leurs racines.

À cheval sur deux époques, on se retrouve en 1990 avec la rencontre de deux hommes âgés qui donnent l’impression d’être des anciens du train et qu’il y a un lourd secret entre eux.

Mettant en scène une fratrie d’orphelins – Jim, Joey et ensuite leur petite soeur, Anna – voyageant dans un train sans savoir quel seront leur destin, ni dans quelle famille ils échoueront, l’album est touchant, émouvant, mais sans verser dans le larmoyant.

Les enfants ont été de suite adopté par moi car je les ai trouvé réalistes et le petit Joey m’a touchée avec ses peurs, légitimes, son amour pour son grand frère, qui le lui rend bien et sa manière de parler avec ses « Moi j’aime pas… ».

Le cynisme de certaines personnes est bien mis en avant, la cupidité aussi. De l’autre côté, certains étaient persuadés d’oeuvrer pour le bien des enfants, dont le directeur d’un orphelinat qui ne croyait pas à la théorie du mauvais sang et pensait qu’en sortant les enfants de leur milieu, on leur donnait une chance de faire mieux.

Ce premier tome met en place l’univers de ces Trains, nous présentant des enfants que nous allons suivre durant les différents tomes et le côté flash-back a titillé ma curiosité. De toute façon, même sans cela, j’aurais poursuivis ma lecture car j’ai envie d’en apprendre un peu plus sur ces horreurs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°34 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Tandis que j’agonise : William Faulkner

Titre : Tandis que j’agonise

Auteur : William Faulkner
Édition : Folio (2002)
Édition Originale : As I Lay Dying (1930)
Traducteur : Maurice-Edgar Coindreau

Résumé :
Après le décès de sa femme Addie, Anse Bundren et ses 5 enfants (Cash, Darl, Jewel, Dewey Dell et Vardaman) traversent l’État du Mississippi pour accompagner la défunte jusqu’à Jefferson, sa ville natale.

Le père, Anse, sorte de vieux têtu édenté à la chrétienté embarrassante, embarque donc ses enfants dans une tâche funèbre : aller enterrer son épouse (et leur mère) là où il l’a arbitrairement décidé, à savoir, très loin de la ferme familiale.

Les Bundren quittent donc la ferme familiale avec le cercueil sur une charrette.

« Je lui avais dit de ne pas amener ce cheval, par respect pour sa défunte mère, parce que ça n’a pas bonne façon de le voir caracoler ainsi sur ce sacré cheval de cirque, alors qu’elle voulait que nous soyons tous avec elle dans la charrette, tous ceux de sa chair et de son sang ; mais, nous n’avions pas plus tôt dépassé le chemin de Tull que Darl s’est mis à rire. Assis sur la banquette avec Cash, avec sa mère couchée sous ses pieds, dans son cercueil, il a eu l’effronterie de rire ! »

Critique :
Comment expliquer simplement tout ce que j’ai ressenti à la lecture de ce livre, Prix Nobel de littérature en 1949, monument de la littérature Américaine, histoire ô combien noire mais qui pourrait être drôle, si l’humour noir de ce roman pouvait être considéré comme drôle.

J’apprécie l’humour noir et trash, mais là, j’ai ri jaune.

J’ai vu une famille pauvre assister au déclin de leur mère (et épouse pour le père), j’ai vu un fils aîné fabriquer un cercueil sous les yeux de sa mère agonisante qui a tout supervisé, j’ai vu deux fils louper le grand voyage de leur mère car ils étaient sur la route pour gagner encore quelques dollars.

J’ai assistée, impuissante, au voyage totalement fou d’un veuf et de ses 5 enfants, le corps de la décédée reposant dans le cercueil à l’arrière de la charrette, pour aller l’enterrer dans un autre comté, répétant à tous que c’était sa décision à elle.

Un périple qui n’était pas de tout repos, qui fut dangereux, aux multiples périls dont la montée des eaux et des ponts emportés, plus la chaleur qui amènera des odeurs pestilentielles et des charognards. Un voyage qui causera l’explosion de la famille.

Nous sommes face à un roman bourré de noirceur, qui a de l’humour, car la farce est grotesque mais noir, car rien ne prête à rire dans ces pages.

Le style de Faulkner est particulier. Déjà, il nous propose un roman choral et je pense qu’en 1930, ce n’étais pas aussi courant que maintenant. Chaque membre de la famille prendra la paroles, dans un monologue, une introspection qui lui sera particulier, puisque chaque personnage a ses tics de langage, ses manies, ses obsessions, ses mots bien à lui.

Au départ, j’ai eu un peu de mal, ayant l’impression que le récit était une cacophonie sans nom et puis, en persévérant un peu (c’était Faulkner, que diable), j’ai trouvé mon rythme de lecture et j’ai eu du mal à en sortir à la moitié du récit, mais bon, fallait bien aller au turbin.

Véritable roman de moeurs rurales, Tandis que j’agonise met en scène une famille du Sud Profond, dans le même genre qu’Erskine Caldwell, car le père Anse Bundren a la mauvaise foi chevillée au corps comme l’avait Jeeter Lester (La route au tabac), mais moins prononcée que ce dernier, bien que les références à « Dieu m’est témoin » parsèment aussi ses dialogues, mais de chrétien, Bundren n’en a que le nom.

Je l’avais bien dit à Addie que ça ne portait pas bonheur d’habiter sur une route, quand on est venu la faire par ici, et elle m’a dit, que c’était bien une réponse de femme : « Ben t’as qu’à te lever et déménager. » Mais je lui ai dit que ça ne nous porterait pas bonheur parce que le Seigneur a fait les routes pour voyager ; c’est pour ça qu’il les a couchées à plat sur la terre. Quand Il veut que les choses soient toujours en mouvement, Il les fait allongées, comme une route ou un cheval ou une charrette, mais quand Il veut que les choses restent tranquilles, Il les fait en hauteur, comme un arbre ou un homme.

Toute sa vie, Anse Bundren l’a passée à gémir, n’a jamais été un grand travailleur, ni un homme de parole et on se demande avec suspicion pourquoi diable il tient tant à respecter les dernières volontés de son épouse sur son lit de mort. C’est louche… Surtout que dès le début du roman, la principale intéressée ne pourra pas nous le confirmer, vu qu’elle a cessé de parler.

C’est un fait à remarquer qu’un homme paresseux, un homme qui n’aime pas le mouvement, s’entête toujours à aller de l’avant une fois qu’il est parti. C’est exactement comme quand il refusait de bouger. Comme si ça ne serait pas tant le mouvement qu’il déteste que le fait de partir ou de s’arrêter.

« Elle compte sur ma parole. Je la lui ai donnée »

En plus, ce crétin est parti sans pelle pour creuser une tombe ! Mais il nous rabâche sans cesse qu’il doit acheter un dentier pour arriver à manger les aliments que Dieu a fait pour lui… Je pense que de tous les personnages de la famille, il est le plus égoïste.

Pour les décors, Steinbeck a dû passer par-là car ils sont magnifiques, épurés, décrit avec peu de mots et pourtant, tout le poids de la Nature est dans ces pages, toute sa force, toute sa magnificence et toute sa perfidie.

Un portrait au vitriol d’une famille rurale, des introspections qui nous placent au plus près des pensées des personnages, une voyage semé d’embûches et une fois arrivés, les enfants n’en seront pas au bout de leur surprises, et nous non plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°31 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Pour se coucher moins bête au soir :

L’auteur prétendait avoir écrit Tandis que j’agonise en six semaines, sans changer un seul mot. Il en aura mis en fait dix : du 25 octobre, date de la première page manuscrite, au 11 décembre 1929. Le roman est rédigé entre les deux versions de Sanctuaire — la première version ayant été refusée par son éditeur. Le dactylogramme est fini le 12 janvier 1930 et le livre paraît le 6 octobre.

Le titre provient du Chant XI de L’Odyssée d’Homère quand Agamemnon déclare à Ulysse : « Je cherchai à lever les mains et les laissai retomber à terre, mourant (« As I Lay Dying »), percé du glaive ; et la chienne s’éloigna, sans avoir le cœur, quand je m’en allais chez Hadès de me fermer les yeux de ses mains et de me clore les lèvres. »

Le roman utilise la technique littéraire du courant de conscience. Les narrateurs sont multiples, les chapitres de longueur variable ; le chapitre le plus court concerne Vardaman, le benjamin, et est composé de seulement cinq mots : « Ma mère est un poisson ». Le roman, qui compte 59 chapitres et 15 narrateurs, se déroule dans le comté fictif de Yoknapatawpha dans le Mississippi.

Lucky Luke – Tome 63 – Le Pont sur le Mississipi : Morris, Xavier Fauche & Jean Léturgie

Lucky Luke - Tome 63 - Le Pont sur le Mississipi - Morris, Xavier Fauche & Jean Léturgie
Titre : Lucky Luke – Tome 63 – Le Pont sur le Mississipi

Scénaristes : Xavier Fauche & Jean Léturgie
Dessinateur :
Morris

Éditions : Lucky Productions (1994) / Lucky Comics (2005)

Résumé :
Le chemin de fer, toujours le chemin de fer ! Il arrive sur les 2 rives du Mississipi, à Saint Louis et à Illinoistown.

La traversée des passagers et des marchandises s’effectue par bateau, et le tout est dirigé par les frères Cayman.

Bat Cayman est maire des 2 villes, et les commerces lui appartiennent. Le rythme des traversées dépend plus de l’argent laissé aux boutiques que d’une grille d’horaires nets.

Pour gagner du temps de trajet (on en est toujours là), la construction d’un pont de chemin de fer est décidée.

L’érection de cet ouvrage n’ira pas sans problème, heureusement Lucky Luke passe par là et va réguler les débordements. Tous, sauf ceux du Mississipi !

Critique : 
Ce cher vieux Mississippi ! Je l’avais déjà remonté en bateau mais là, on va faire un pont. C’est tout con, un pont… Ben non !

Entre nous, les frères Cayman auraient dû laisser Lucky Luke monter sur le bateau qui traverse les deux rives du Mississippi (entre Saint Louis et Illinoistown) et ne pas le faire chier, parce que quand on fait chier Lucky Luke, la riposte arrivera plus vite que tu ne le penses.

Si cet album n’a pas la saveur du magnifique « En remontant le Mississippi », puisque Goscinny nous a quitté (putain de test à l’effort !), il en a tout de même le goût et on retrouve tout ce qui fait le sel des aventures du cow-boy solitaire, c’est-à-dire sa pugnacité pour lutter contre les Méchants, qui, dans ses albums, sont souvent plus bêtes que méchants.

Nous n’échapperons pas au duo bien huilé des frères Cayman qui ont tirent toutes les ficelles de la ville (mais pas celles des Tampax© ! Oui, je sors) et qui font fric de tout bois, même sur les ventes de cercueils !

Ils règnent sur les deux villes tels deux mafioso et tout le monde leur refile des parts sur tout. Ils sont de toutes les combines et comme le chantaient si bien les Frères Rap Tout ♫ Faut qu’tu craches, faut qu’tu paies, Pas possible que t’en réchappes, Nous sommes les frères qui rappent tout ♪

Leur petite entreprise ne connait pas la crise car quand on est maire des deux villes traversées par le fleuve capricieux et qu’on est gérant des bacs de transport, le business veut que l’on fasse patienter les gens le plus longtemps possible afin qu’ils dépensent leur argent dans vos saloons, salles de jeux, pompes funèbres…

Il y a de l’humour, surtout avec l’arrivée de Ned, vu dans le tome « En remontant le Mississippi » le meilleur pilote sur le Mississippi, jamais avare d’une anecdote accompagné comme toujours de son acolyte Sam, détenteur du titre du meilleur verseur de café du Mississippi et du Missouri réunis !

— Au fait, vous ai-je raconté le jour où le Mississippi était tellement sorti de son lit que j’ai jeté l’ancre dans le jardin de la Maison Blanche ?

On a de l’action, de l’humour, une belle aventure, un bras de fer avec les frères Cayman, jamais à court de mauvaises idées pour faire capoter la construction de ce pont par l’ingénieur James Eads.

Anybref, on peut le classer dans les Lucly Luke « post-Goscinny » qui sont correct niveau scénario, même s’il ne se classera pas dans les albums de tête de cette ère-là (Le Daily Star reste le meilleur « post-Goscinny » pour le moment).

À savourer avec un bon Mojito.

PS : À souligner un petit anachronisme dans les lectures de Jolly Jumper ! Sur une planche, on voit Jolly Jumper lire Tom Sawyer, or « Les Aventures de Tom Sawyer » ont été publiées en 1876 soit deux ans après les événements relatés dans l’album. Oui, ce qui se déroule dans l’album est véridique. Morris a basé son histoire sur des faits réels et s’est librement inspiré de la construction du Pont Eads, qui relie Saint-Louis, dans le Missouri, à East Saint-Louis dans l’Illinois.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°24, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur  et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

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Astérix – Tome 22 – La grande traversée : René Goscinny & Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 22 – La grande traversée

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1975)

Résumé :
Dans le village, c’est l’effervescence. La préparation de la potion magique requiert une certaine quantité de poisson « raisonnablement » frais, et celui-ci vient à manquer.

Plutôt que d’attendre un arrivage de Lutèce qui semble bien compromis, Astérix et Obélix s’embarquent sur un petit bateau de pêche et découvrent les difficultés de l’apprentissage d’un nouveau métier.

Pris dans une terrible tempête, ils accostent sur une terre lointaine peuplée d’étranges mercenaires romains à plumes. Dans quel pays ont-ils donc bien pu accoster ?

Critique :
Mettez vos livres d’Histoire au feu et les profs au milieu, oubliez Colomb, oubliez Amerigo, oubliez les Vikings car ceux qui ont découvert l’Amérique, c’est Astérix et Obélix !

Avec un drakkar Vikings sur leurs talons, certes, mais à la photo finish, les Gaulois furent les premiers à mettre leurs pieds sur cette île qui a tout de celle de Manhattan.

Mais avant de poser les pieds sur une Terre Inconnue bien avant l’émission de Frédéric Lopez, nos Gaulois vont commencer leur aventure par une bonne bagarre au sujet du poisson qui n’est pas très frais.

Incroyable mais vrai, incroyable mais pas frais, Ordralfabétix fait venir son poisson de Lutèce (oui, madame, de Lutèce) alors qu’il a la mer adossée au village ! Pécher du poisson, non mais ça va pas la tête ??

Mon seul bémol sera pour l’excuse un peu bidon qui est le déclencheur de toute cette aventure rocambolesque : il faut du poisson relativement frais à Panoramix pour préparer la poisson magique, pardon, la potion magique et nos deux amis sont donc chargé d’aller en pécher un peu en mer.

Si vous allez pécher avec Astérix et que ce dernier vous demande de jeter le filet, attachez-le d’abord, ne faites pas comme Obélix… Sans poissons à pécher, sans nourriture à avaler, on est heureux de tomber sur les pirates et, pour une fois, on ne leur coulera pas leur bateau.

Bourrés de clins d’oeil, cet album n’est pas le plus fin en calembours, ni le meilleur au niveau des romains, puisqu’ils sont absents, mais voir nos deux Gaulois sur les terres Américaines sans que eux ne le sachent (ils n’auraient pas pu) a un côté amusant.

Loin des magnifiques « Astérix chez les Bretons » ou « Astérix en Hispanie » qui possédaient un scénario et un humour haut-de-gamme, cet album est tout de même plaisant à relire et il sert bien pour commencer le Mois Américain puisque les deux précités avaient, eux aussi, été utilisés en ouverture des Mois Anglais et Espagnols.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°23 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.