Astérix – Tome 22 – La grande traversée : René Goscinny & Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 22 – La grande traversée

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1975)

Résumé :
Dans le village, c’est l’effervescence. La préparation de la potion magique requiert une certaine quantité de poisson « raisonnablement » frais, et celui-ci vient à manquer.

Plutôt que d’attendre un arrivage de Lutèce qui semble bien compromis, Astérix et Obélix s’embarquent sur un petit bateau de pêche et découvrent les difficultés de l’apprentissage d’un nouveau métier.

Pris dans une terrible tempête, ils accostent sur une terre lointaine peuplée d’étranges mercenaires romains à plumes. Dans quel pays ont-ils donc bien pu accoster ?

Critique :
Mettez vos livres d’Histoire au feu et les profs au milieu, oubliez Colomb, oubliez Amerigo, oubliez les Vikings car ceux qui ont découvert l’Amérique, c’est Astérix et Obélix !

Avec un drakkar Vikings sur leurs talons, certes, mais à la photo finish, les Gaulois furent les premiers à mettre leurs pieds sur cette île qui a tout de celle de Manhattan.

Mais avant de poser les pieds sur une Terre Inconnue bien avant l’émission de Frédéric Lopez, nos Gaulois vont commencer leur aventure par une bonne bagarre au sujet du poisson qui n’est pas très frais.

Incroyable mais vrai, incroyable mais pas frais, Ordralfabétix fait venir son poisson de Lutèce (oui, madame, de Lutèce) alors qu’il a la mer adossée au village ! Pécher du poisson, non mais ça va pas la tête ??

Mon seul bémol sera pour l’excuse un peu bidon qui est le déclencheur de toute cette aventure rocambolesque : il faut du poisson relativement frais à Panoramix pour préparer la poisson magique, pardon, la potion magique et nos deux amis sont donc chargé d’aller en pécher un peu en mer.

Si vous allez pécher avec Astérix et que ce dernier vous demande de jeter le filet, attachez-le d’abord, ne faites pas comme Obélix… Sans poissons à pécher, sans nourriture à avaler, on est heureux de tomber sur les pirates et, pour une fois, on ne leur coulera pas leur bateau.

Bourrés de clins d’oeil, cet album n’est pas le plus fin en calembours, ni le meilleur au niveau des romains, puisqu’ils sont absents, mais voir nos deux Gaulois sur les terres Américaines sans que eux ne le sachent (ils n’auraient pas pu) a un côté amusant.

Loin des magnifiques « Astérix chez les Bretons » ou « Astérix en Hispanie » qui possédaient un scénario et un humour haut-de-gamme, cet album est tout de même plaisant à relire et il sert bien pour commencer le Mois Américain puisque les deux précités avaient, eux aussi, été utilisés en ouverture des Mois Anglais et Espagnols.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°23 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

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Handsome Harry – Confessions d’un gangster : James Carlos Blake

Titre : Handsome Harry – Confessions d’un gangster 

Auteur : James Carlos Blake
Édition : Gallmeister Americana (03/01/2019)
Édition Originale : Handsome Harry : or the Gangster’s True Confessions (2004)
Traducteur : Emmanuel Pailler

Résumé :
Dans la bande de John Dillinger, il y a Red, Charley, Russell et moi, “Handsome Harry” Pierpont. S’il y avait eu un chef, ça aurait été moi, même John le dit.

Mais John aime avoir sa photo dans les journaux et faire le malin devant les dames, alors on ne se souvient que de lui. Il est le plus cool d’entre nous, je vous le garantis, sur un boulot comme sous les balles.

Nous prenons l’argent là où il se trouve : dans les banques. Sans nous vanter, en matière de casse, nous sommes les meilleurs. Un chauffeur, trois ou quatre gars motivés, une voiture de remplacement, et le tour est joué.

Les journaux disent que nous sommes dangereux, l’Ennemi public n°1 : n’exagérons rien. On ne veut de mal à personne, on aime juste les belles voitures, les jolies filles et les fêtes entre copains.

On sait bien que ça ne va pas durer, que les flics nous attraperont un jour ou l’autre. En attendant, on profite de la vie.

Critique :
John Dillinger… Tout de suite on voit la jolie petite gueule de Johnny Deep dans le film « Public Ennemies »… Sexy baby !

Et bien, oubliez-le car ici, ce n’est pas le grand Dillinger qui est mis sous les feux des projecteurs mais « Handsome Harry » Pierpont et croyez-moi, après cette lecture, vous vous direz qu’il n’a pas eu les honneurs qu’il méritait !

Ce n’est pas très moral de dire ça en parlant de gangsters, de pilleurs de banque, de braqueurs de drugstores, armés et dangereux.

Oui, John aurait appuyé sur la détente. Moi aussi. C’est une question d’autorité mais aussi de respect de soi. Si vous voulez proférer des menaces en l’air, soyez instituteur, pasteur, rédacteur. Pas braqueur.

Ça ne rigolait pas avec eux et ils ont laissé des corps froids sur leur passage. Mais les flics aussi parce que dans le genre « je ne sais pas bien tirer », les flics étaient les champions et se sont même tués entre eux… C’est ballot, ça !

L’autre type s’enfuit et les flics ouvrirent le feu. Le gars réussit à partir, mais dans la fusillade, un flic de l’Indiana fut tué par un autre, d’une balle dans l’œil. Ç’avait dû être un sacré spectacle pour le voisinage.

John téléphona à Matt Leach pour lui dire qu’on avait bien rigolé avec ses cascades de film comique dans l’Illinois, mais est-ce qu’on lui avait déjà dit que la police était censée tirer sur les méchants, pas sur les autres flics ? Peut-être que le Père Noël lui apporterait un manuel du parfait tireur et des règles du parfait petit policier.

L’auteur, à la manière dont il nous met en scène les membres de la bande, arrive à dégager de l’empathie, de la sympathie pour ces braqueurs qui purgent de lourdes peines de prisons et qui, tels les Dalton, cherchent un moyen de s’évader.

Harry Pierpont est le narrateur de cette histoire dont nous aurons déjà le compte-rendu du final dès le départ. De toute façon, pour qui connait un peu l’Histoire des gangsters américains et celle de Dillinger, pas de surprise. Tout le monde sait comment ça se termina.

C’est vraiment drôle (à la fois comique et bizarre) qu’ils se donnent autant de mal pour garder en vie quelqu’un, juste pour pouvoir le faire griller. Même s’ils doivent me porter jusqu’à la chaise.

Les braqueurs de banque, dans les années 30, avaient la cote auprès du public, je parle bien entendu des petites gens, de l’Amérique d’en-bas, de celle qui fut durement touchée par la Dépression et qui n’était pas contre le fait qu’on vole des voleurs qui les avaient volés.

Les criminels, c’est aussi bien des types comme moi que les propriétaires des banques, des assurances et de la Bourse, des usines, des mines de charbon et des champs pétroliers, les propriétaires de cette foutue Loi. Une fois, j’ai dit à John qu’être hors-la-loi, c’était le seul moyen de conserver le respect de soi, et il a répondu, Ouais, c’est la triste vérité.

Lorsque les gens voient la Loi se ranger du côté de ceux qui leur pourrissent la vie, c’est naturel qu’ils soutiennent les hors-la-loi.

Parce que pour ceux qui ne le sauraient pas encore, les banquiers ne sont pas des honnêtes gens, loin de là, ce sont des voleurs eux aussi, juste qu’ils sont bien habillés et qu’ils ne nous mettent pas un flingue sur la tempe pour prendre notre fric, ils sont bien plus subtils que ça. Mais nombre d’entre eux avaient magouillé leurs comptes et un braquage permettait de tout remettre à jour.

Voyons voir, repris-je. Il détourne je ne sais pas combien dans une banque, puis il fait braquer la banque pour cacher ses magouilles, et après il prend un tiers de ce qui reste à la banque ? Et après, ajouta Pearl, il se remet à détourner du fric dans la même banque, lorsqu’elle a récupéré l’assurance. Sympa comme boulot, si on en trouve un comme ça.

Alors oui, l’auteur a réussi à me faire apprécier des gangsters, à souhaiter qu’ils s’échappent de prison et j’ai croisé les doigts pour qu’ils n’y retournent pas, mais contre la Vérité Historique, je ne peux rien et nous n’étions pas dans une dystopie.

Ses personnages sont bien campés, réussis, et on a tout de suite de la sympathie pour Handsome Harry, on a envie de saluer son intelligence, moins sa violence quand il abat de sang-froid, mais en tout cas, on en apprend un peu plus sur la bande de Dillinger, même si personne ne sait toute la vérité puisque les faits divergent et les témoins ne sont pas fidèles.

À dix contre un, aucun des types qui ont écrit sur la bite de John ne l’a jamais vue. Eh bien moi si, et à son maximum, je dis bien. Mary aussi – elle était avec moi à ce moment-là, et j’en parlerai le moment venu. Disons que l’engin de John était, comme le disait Mary, impressionnant. Pourtant – sans vouloir gonfler mes mérites, ha-ha, je dois dire que John ne m’arrivait pas à la cheville.

La seule chose que je n’ai pas trop aimé c’est la manière dont sont présentés les dialogues que l’auteur a englobé dans le texte narratif. Au début, ça passe, mais à la fin, ça devenait lourd et donnait au texte l’impression qu’il avait été écrit par un débutant alors que nous sommes tout de même face à James Carlos Blake.

Bon Dieu, dit John, qui t’a appris à sauter à la corde quand t’étais petite ? Les filles du bordel de Mabel ?
Je me disais bien que je t’y avais déjà vu, répliqua Billie. T’étais toujours là pour les soirées à un dollar, hein ?

Hormis ce petit bémol, tout le reste passe comme dans du beurre, on découvre les fake news de l’époque avec des journalistes prêts à raconter n’importe quoi pour vendre leurs feuilles de choux, on parle de politiciens véreux, des gardiens de prison corruptibles, des balances, de l’amitié, de la fraternité et on vit les poursuites à du 100 à l’heure parce que dans les années 30, ce n’étaient pas les bolides de Fast and Furious mais elles avaient encore des marche-pieds pratiques pour mettre les otages.

Les journaux, eux, continuaient à vendre de la peur. Mais comme toujours, certaines lettres de lecteurs montraient clairement que tout le monde n’en voulait pas à notre scalp. Plein de bons citoyens ne nous trouvaient pas pires que certains politiques, et sans doute bien moins nuisibles que la plupart des banquiers.

J’ajoutai que si Dieu avait créé des êtres plus stupides que des flics et des journalistes, je ne les avais pas encore rencontrés.

Si vous voulez faire un tour dans l’univers carcéral des États-Unis des années 30, vous prendre un peu de la grande Dépression dans la gueule, voir la prohibition se terminer et boire à sa santé, braquer des banques, vous décoiffer la permanente en roulant à 100 à l’heure dans les rues de Chicago (ou dans une autre ville), prendre du bon temps en Floride, baiser avec des mauvais garçons ou vous évader de manière brillante, ma foi, ce livre est fait pour vous.

Si vous avez tendance à être pour la Loi et de son côté, ou banquier, vous risquez de grincer des dents lors de la lecture, surtout devant les réponses de Handsome Harry devant les juges.

Je répondis que je ne le niais pas, mais que j’avais l’honnêteté de commettre mes vols l’arme à la main, et le courage de prendre des risques en cas d’opposition. Au moins, je n’étais pas comme ces présidents de banque menteurs, trompeurs et hypocrites, qui trafiquaient leurs comptes pour dépouiller les veuves et les fermiers de leur propriété et leurs économies. Cette réplique-là fit rugir de rire le public, et le juge tapa du marteau comme un menuisier pressé.

Dommage pour les dialogues insérés dans le texte, sans cela, j’aurais mieux aimé la présentation du texte et je l’aurais trouvé moins laborieux, moins lourd à certains moments.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°18.

Je n’ai jamais recouru aux termes vulgaires à la légère – la grossièreté gratuite est un signe de paresse mentale –, pourtant c’était difficile à formuler autrement : si un type essaye de m’enculer… eh bien, je l’encule.

Cormoran Strike – Tome 4 – Blanc Mortel : Robert Galbraith [Par Dame Ida, pigiste occasionnelle mais non rémunérée en homard ou en tailleurs]

Titre : Cormoran Strike – Tome 4 – Blanc Mortel

Auteur : Robert Galbraith
Édition : Grasset (10/04/2019)
Édition Originale : Cormoran Strike, book 4: Lethal White (2018)
Traducteur : Florianne Vidal

Présentation Babelio :
Lorsque Billy, un jeune homme perturbé, vient demander l’aide du détective privé Cormoran Strike pour enquêter sur un crime dont il pense avoir été témoin durant son enfance, Strike est perplexe.

Billy, de toute évidence, est psychologiquement instable et ne parvient pas à se souvenir de nombreux éléments concrets. Il semble néanmoins sincère et son histoire crédible. Mais avant que Strike n’ait le temps de l’interroger, Billy, paniqué, parvient à s’enfuir.

Afin de percer le mystère de l’histoire racontée par Billy, Strike et Robin Ellacott autrefois son assistante et désormais sa partenaire à l’agence s’engagent sur un chemin sinueux à travers les bas-fonds de Londres jusqu’à un sanctuaire secret au cœur du Parlement, puis dans un magnifique mais sinistre manoir de la campagne anglaise.

Alors que l’enquête s’avère labyrinthique, la vie de Strike est également loin d’être rectiligne : sa nouvelle notoriété en tant que détective l’empêche désormais d’opérer en sous-main, comme à son habitude.

De plus, sa relation avec son ancienne assistante devient plus périlleuse que jamais Robin lui est certes indispensable professionnellement, mais leur relation personnelle se complique de jour en jour…

Blanc mortel nous propose à la fois un mystère captivant et un nouvel épisode haletant de l’histoire de Cormoran Strike et Robin Ellacott. Le livre le plus romanesque de Robert Galbraith.

Résumé :
On avait laissé Robin et Cormoran le jour du mariage de celle-ci avec son fiancé Mattew, juste après la résolution très médiatisée de l’affaire précédente. Et bien c’est précisément là qu’on les retrouve au début de ce nouveau volume des enquêtes de Cormoran Strike.

Un Cormoran Strike à la trogne bien amochée d’ailleurs, ce qui détonnera quelque peu lors du pince fesse très mondain voulu par les deux familles…

Et il n’est pas seul à avoir trinqué. Cette affaire a mis Robin en danger et réveillé chez elle les traumatismes du passé qui ne manqueront pas de lui compliquer la tâche pour la nouvelle enquête qu’on vient leur confier.

Robin part dans une lune de miel calamiteuse avec son nouveau mari nombriliste et narcissique qui aura la maladresse d’effacer les textos envoyés par Cormoran pour la réembaucher…

Ah oui… disons que leur collaboration avait un peu souffert juste avant la résolution de leur dernière affaire…

Petite trahison de Mattew que Robin ne lui pardonnera pas facilement et qui mettra un second ver dans le fruit… Et au fil des pages… d’autres vers aussi gros que des pythons viendront se joindre au festin… Mais je ne vais pas tout vous raconter non plus…

D’ailleurs la vie privée de Strike n’est pas plus glorieuse… Il s’est bien trouvé une jeune femme plutôt sympa mais… il a un peu de mal à s’en rendre compte, trop abîmé par les montagnes russes que lui a fait vivre l’aristocratique Charlotte pendant seize ans…

Et v’là que l’ombre de cette pétasse névrosée va venir taper à nouveau l’incruste dans cette affaire qui va encore conduire notre Cormoran devenu LE détective privé à la mode de Londres, dans le grand monde britanniques.

Oui… Billy le schizo a fait irruption au bureau pour leur blablater une histoire décousue de meurtre d’enfants avant de se sauver, mais ça n’est pas pour cela qu’un ministre de sa Gracieuse Majesté vient carrément appeler Strike à l’aide pour régler l’odieuse affaire de chantage (les affaires de chantage sont toujours odieuses) dans laquelle il se trouve empêtré.

Oh… Et figurez-vous qu’il semblerait y avoir des connexions avec l’affaire de Billy ! Quel curieux hasard !

Et voilà Robin propulsée en immersion dans les corridors du Parlement sous couverture… A coller des micros (pratique parfaitement illégale au demeurant!), afin d’oublier sa lune de miel calamiteuse et son couple qui bat de l’aile !

Critique :
Y a un truc qui commence à me lasser dans les romans et les films policiers aujourd’hui… C’est le coup des deux affaires qui a priori n’ont rien à voir l’une avec l’autre et qui d’une façon miraculeuse se trouvent connectées…

Le pire c’est quand elles ont une solution commune… ça tombe bien au moment où j’écris je ne sais pas encore la fin, donc je ne peux pas vous en dire trop…

Oui j’écris souvent mes billets lorsque j’en suis au 8/10e du livre… Une habitude pour éviter de trop spoiler malgré moi…

Bref… JK Rolling… Là… vous me décevez ! C’est un gros poncif du genre… Je sais que vous aimez jouer avec ça, mais là ce coup des deux affaires en une ça me lasse… mais ça me lasse…

Et puis… Je m’étais déjà un peu énervée après Robin la fois précédente : qu’est-ce qu’elle s’emmerde avec ce mec (Mattew) qui vit en orbite géostationnaire autour de son nombril et qui voudrait contrôler sa vie et la voir rentrer dans les petites cases que son esprit étriqué lui assigne !

Flûte quoi ! Voilà trois livres qu’elle s’en plaint de ce mec… et malgré tout elle l’épouse ! Comme l’autre qui nous chantait « J’y crois encooooooore… »…

Pffff ! Elle, si futée et courageuse en matière d’enquête, concernant sa vie privée elle joue sa courge décérébrée en se laissant porter passivement  par les événements avec ce plouc…

Bon… OK… la quatrième enquête va amorcer un virage décisif (quoi que vu le temps qu’il lui faut… je ne sais pas si il sera aussi décisif et si elle se montrera plus dégourdie après!)… Il lui aura fallu le temps tout de même !

Ce décalage entre sa vivacité intellectuelle et le temps qu’elle prend pour se bouger face à ce crétin est un scandale ! Epicétou…

Et puis… Depuis le premier livre on voit Cormoran et Robin se tourner autour… Se rapprocher… prendre leurs distances… Une valse-hésitation sur laquelle on chanterait volontiers « Si tu avances quand je recule… comment veux-tu comment veux-tu que je t’enCENSURE ? »…

C’est comme Agatha et James (enfin je ne leur souhaite pas que ça soit tout à fait pareil!)… On sait qu’ils vont finir dans le même lit un jour !

Le temps qu’ils prennent pour ça est superflu au XXIe siècle !!! Merde quoi ! Personne ne leur a dit ? On aurait l’impression de lire le script des « feux de l’amour » s’il n’y avait pas d’enquête !

Au ciné la première scène de sexe entre les personnages principaux est en moyenne à la 42e minutes il paraît… Et ben là… ça se fait attendre.

Anybref vous l’avez compris, les atermoiements de tous ces gens en matière de vie privée me fatiguent un peu au bout du quatrième tome car ça devient un peu répétitif malgré les mariages des uns, les ruptures des autres, ou les nouvelles aventures qui se dessinent.

Dans le fond des émotions, et ressentis c’est toujours pareil et personne n’agit en fonction de ce qu’il ressent !

Pfff… Soit les anglais sont franchement compliqués en matières de cœur (je dirais carrément très névrosés puisqu’il faut toujours se trouver des empêchements pour vivre ce qu’on voudrait spontanément vivre)…

Soit JK Rolling devrait laisser tomber ce registre là… Après Harry Potter et le policier je lui déconseille franchement de s’essayer aux romans à l’eau de rose !

Voilà ! J’ai vomi mon fiel !

Maintenant je peux parler de ce qui m’a vraiment plu ! Parce que cette enquête une fois de plus nous fait découvrir de nouveaux univers du monde londonien. Les parlementaires… La politique… Les petites magouilles…

Et puis d’obscures histoires de familles recomposées dignes du feuilleton de la succession de Johnny !

Avec toujours ces coups de griffes acérés dont JK Rolling est coutumière à l’égard de la société de caste made in England où les gens ne doivent surtout pas se mélanger, et où ils doivent juste se toiser en affichant leur mépris respectif les uns envers les autres…

Et là nous allons aussi découvrir une meute assez intéressante d’activistes de l’ultra gauche britanniques (oui, oui… ça existe!).

Et puis Robin et Strike… même s’ils sont étrangement con-cons en matière de vie amoureuse… et bien ils savent aussi me rester sympathiques et attachants et je les retrouve toujours comme des amis de longue date à chaque fois que je parcours les pages nous narrant leurs aventures.

D’ailleurs… les autres personnages sont aussi bien campés, hauts en couleurs… et même quand on ne les aime pas, il faut bien reconnaître que l’auteure sait faire ce qu’il faut pour les rendre bien vivants et authentiques.

L’intrigue ? Quoi l’intrigue ? Ah oui… c’est un polar à la base… Ne l’oublions pas ! Et bien elle est excellente ! Habituellement, je commence à avoir un peu d’expérience et vois souvent le vilain venir de loin avec ses gros sabots…

Et bien là… J’ai renoncé à le chercher tant il y a de pistes possibles et de sous intrigues qui se croisent et s’entremêlent.

Un sacré casse-tête. On voit Cormoran chauffer des neurones tandis que Robin s’éparpille dans sa quête aux indices endossant plusieurs personnages différents… C’est franchement prenant.

En résumé : un avis en demi-teinte.

On retrouve nos personnages avec le même plaisir, s’affairer sur une enquête complexe et passionnante, même si hélas le caractère un peu répétitif de leurs vies privées respectives finit par être un peu lassant… mais… l’amorce de quelques changements s’annonce et laisse espérer un tome 5 un peu plus original. Je l’attends de pied ferme !

Cormoran Strike – Tome 3 – La carrière du Mal : Robert Galbraith [Par Dame Ida]

Titre : Cormoran Strike – Tome 3 – La carrière du Mal

Auteur : Robert Galbraith
Édition : Grasset (2016) / Le Livre de Poche (2017)
Édition Originale : Cormoran Strike, book 3 : Career of evil (2015)
Traducteur : Florianne Vidal

Intro Babélio :
Lorsque Robin Ellacott reçoit ce jour-là un mystérieux colis, elle est loin de se douter de la vision d’horreur qui l’attend : la jambe tranchée d’une femme.

Son patron, le détective privé Cormoran Strike, est moins surpris qu’elle, mais tout aussi inquiet. Qui est l’expéditeur de ce paquet macabre ? Quatre noms viennent aussitôt à l’esprit de Strike, surgis de son propre passé. Quatre individus capables les uns comme les autres, il le sait, des plus violentes atrocités.

Les enquêteurs de la police en charge du dossier ne tardent pas à choisir leur suspect idéal – mais Strike, persuadé qu’ils font fausse route, décide de prendre lui-même les choses en main. Avec l’aide de Robin, il plonge dans le monde pervers et ténébreux des trois autres coupables potentiels. Mais le temps leur est compté, car de nouveaux crimes font bientôt surface, toujours plus terrifiants…

Résumé :
Où l’on retrouve nos héros, Cormoran et Robin en charge d’une nouvelle affaire.

Les affaires décollent doucement… Cormoran Strike parvient même à payer le loyer de l’appartement exigu au-dessus de son cabinet pour ne plus avoir à dormir dans un lit de camps plaqué dans son bureau. Et Robin est si efficace qu’elle a même été promue au rang d’associée, prenant une part de plus en plus active aux enquêtes de terrain, mais… sans lâcher la paperasse pour autant. Il faut bien que quelqu’un la fasse, non ? Et on ne va pas embaucher une secrétaire qu’il faudrait payer pour faire un boulot que Robin sait déjà faire comme une perle !

Mais une affaire un peu particulière leur tombe dessus. Une affaire sans client… Ou du moins sans client payant, puisqu’il semblerait fortement que ce soit le criminel lui-même qui vienne chercher Cormoran en envoyant à son cabinet un joli colis avec un membre humain !

Forcément, Strike qui est un ancien policier militaire réglo et droit dans ses bottes (même si son deuxième pied n’a pas repoussé), appelle illico ses amis de la police. On ne jette pas une jambe humaine reçue par la poste comme un bouquet de fleur d’un admirateur indésirable !

Faut qu’il soit examiné par le médecin  légiste, voire identifié, et rendu à ses proches… C’est l’usage ! Et si on arrive à trouver qui a pu commettre le crime que ça laisse imaginer, ça n’est pas plus mal pour les sujets de sa Gracieuse Majesté qui pourront dormir plus paisiblement en sachant le méchant en prison.

Le petit mot (il y a toujours un petit mot dans ces cas-là ! Vous ne laissez pas un mot, vous quand vous envoyez des fleurs ?) joint à la jambe féminine renvoie Strike à son passé et à quelques suspects potentiels… Son beau-père, qu’il soupçonne d’avoir conduit sa mère à l’overdose…

Un pédophile qu’il n’a pas réussi à faire coffrer jadis… Un autre vilain qui battait sa femme et son enfant… Et pendant ce temps, la police investigue une autre piste concernant un autre type coffré grâce à Strike.

Cette affaire va nous mener sur les pas d’un serial killer pervers et retors et dont notre chère Robin a tout à craindre.

Mon avis :
Après les deux premiers volumes des aventures de Cormoran et Robin, non-couple improbable aux personnalités aussi opposées que complémentaires, j’avais longtemps piaffé d’impatience, guettant sa sortie.

Je n’ai pas été déçue, et vous-même, si vous avez apprécié les deux premières enquêtes, vous estimerez certainement en avoir eu pour votre argent.

Rien à dire sur l’intrigue qui reste palpitante et tordue du début à la fin…

Si ce n’est qu’elle se mêle adroitement aux développements sur les parcours de Robin et de Strike.

En effet, dans ce volume, on en apprendra davantage sur le passé accidenté et douloureux de Robin et son fiancé (si, si il lui a offert une bague et le jeune couple prépare activement son mariage) qui n’en sortira pas grandi.

D’ailleurs, je serais Robin… il y a longtemps que j’aurais pris mes cliques et lui aurais fichu des claques avant de ficher le camp… Mais bon… Je ne vais pas spoiler… Z’avez qu’à lire le livre épicétou.

Cela étant c’est le seul bémol qui vient ternir mon enthousiasme. Robin qui est une fille intelligente, indépendante d’esprit, qui a une âme bien trempée pour être parvenue à se relever de ses propres blessures, m’intrigue un peu quant à son obstination peu crédible à rester avec le parfait crétin qu’elle est supposée épouser.

On en saura plus sur Strike et notamment sur son enfance auprès d’une mère junkie et loin de l’ombre d’une sorte de Johnny local.

C’est le truc que j’apprécie avec les romans avec des héros récurrents que l‘on voit évoluer au fil des tomes, et dont on voit les énigmes personnelles se résoudre également au rythme des enquêtes qu’ils mènent.

Évidemment, il y a toujours la fascinante Londres, capitale d’un empire révolu sur lequel le soleil ne se couchait jamais mais qui en a gardé le cachet…

Et il y encore et toujours le style de Robert Galbraith… Heu… de J.K Rolling. Ne croyez pas que son ton critique des mesquineries d’une certaine bourgeoisie londonienne soit devenue moins mordante…

On a le droit évidemment de ne pas aimer… Mais moi j’aime beaucoup et y suis d’autant plus sensible que comme elle j’ai connu de par mon propre parcours quelque chose de l’ordre du déclassement, c’est-à-dire de devoir côtoyer au quotidien des personnes de milieux plus privilégiés que ceux de mon milieu d’origine, et de m’attacher également à des personnes de milieux plus modestes.

Naviguer longtemps entre deux eaux vous pousse à vous rendre compte que qui que l’on soit, on n’est jamais assis que sur son derrière et de l’imposture sur laquelle les distinctions sociales se fondent et s’auto-justifient en dehors de… l’argent. Et cette imposture, on ne trouve rien de plus jouissif que de la dénoncer !

Bref, une intrigue diabolique, des héros sympathiques qui gagnent en profondeur à chaque tome, les turpitudes de Londres et un soupçon de satire sociale… Que demander d’autre ?

Des garçons bien élevés – Max Wolfe 01 : Tony Parsons

Titre : Des garçons bien élevés – Max Wolfe Tome 01

Auteur : Tony Parsons
Édition : de La martinière (22/10/2015) / Points Policier (2016)
Édition Originale : The murder bag (2014)
Traducteur : Pierre Brévignon

Résumé :
Je vous présente l’enquêteur Max Wolfe. Insomniaque. Amoureux des chiens. Drogué au café noir. Boxeur. Orphelin. Mari dévoué d’une femme disparue brutalement. Père célibataire. Défenseur des opprimés, des assassinés, et le pire cauchemar de tous les meurtriers.

Un serial killer est en cavale. Il aime trancher les gorges. Et il est très bon à ce petit jeu.

Vingt ans plus tôt, sept étudiants privilégiés d’une riche école privée, Potter’s Field, fondée par Henri VIII cinq cents ans plus tôt, deviennent amis. Aujourd’hui, ils meurent les uns après les autres, de la façon la plus violente qu’on puisse imaginer.

Max Wolfe va suivre la piste sanglante, depuis les bas-fonds de la ville de Londres jusqu’aux lumières les plus brillantes des hautes sphères du pouvoir. Il n’en sortira pas indemne. Le secret terrifiant qu’il découvre, enterré depuis maintenant deux décennies, va bientôt exploser.

Critique :
Il y avait déjà Bob l’éponge, Bob Le Bricoleur, il y avait aussi Bob Le Marrant (Friends) et voici le nouveau, Bob Le Boucher, qui ne découpe pas les côtes d’agneau plus vite que l’éclair, mais il fait le Buzz (mdr) sur les réseaux sociaux car c’est un serial killer.

Non mais sérieusement, Bob Le Boucher, ça ne fait pas sérieux du tout !

Jack The Ripper, ça claque, ça en impose, ça fout les chocottes. Même traduit en Jack l’Éventreur, ça claque toujours sa race.

L’Éventreur du Yorkshire, ça faisait canin, je vous l’accorde, mais on sentait de suite qu’on avait affaire à un gars qui laisserait sa trace dans l’Histoire, de même pour le Cannibale du Milwaukee ou L’Étrangleur de Boston.

Mais nom de dieu, Bob Le Boucher, fallait avoir envie de faire rire les gens. Pourtant, ceux qui ont croisé sa route ont arrêté de rire, Bob leur ayant fait un sourire énorme dans leur gorge. Enfin si c’est bien lui…

Première enquête aux côtés de Max Wolfe et sans vouloir crier au loup, ce type boit trop de triple expresso ! Et c’est une consommatrice de café qui vous le dit. Il en consomme plus en quelques jours que moi durant tout le Mois Anglais (et j’en avale des litres).

Dommage que, une fois de plus, on se retrouve avec un inspecteur à la vie fracassée, veuf selon mes premières déductions, avec une gamine de 5 ans et un chien, insomniaque (l’inspecteur, pas le chien), un peu borderline parfois, véritable bombe à retardement à lui tout seul, le genre de flic qui fait que c’est pour cela qu’on ne les arme pas, en Angleterre.

— Vous savez pourquoi nous ne portons pas de pistolet, inspecteur ?
Je connaissais la réponse par cœur.
– Parce que ce n’est pas nécessaire, madame. Parce que nous avons des agents spéciaux formés au maniement des armes. Parce que nos citoyens ne veulent pas d’une police armée. Et parce que, si chaque agent avait un pistolet, nos excellentes statistiques de maintien de l’ordre dégringoleraient.
– Non. La véritable raison, ce sont les salauds dans votre genre. Vous êtes une bombe à retardement, Wolfe.

Ne vous attendez pas à une enquête menée à une allure de malade, ça prend son temps mais ça se lit vite. Pas trop de surprise non plus pour le mobile car l’introduction nous laisse comprendre qu’il y aura de la vengeance là-dessous.

En tout cas, on a du mystère et cette envie d’aller de l’avant pour savoir le fin mot de tous ces assassinats et aussi savoir qui les commets. Tout en s’occupant de sa gamine, du chien, de ses leçons de boxe, notre DC Wolfe nous baladera d’un témoin à l’autre pendant qu’autour de lui, un tueur joue à « Dix petits nègres ».

– La force de tes coups n’a pas d’importance, répondit Fred. Ce qui compte, c’est la force des coups que tu es capable d’encaisser tout en continuant à te battre.

Sans trop développer, l’auteur nous présente une vieille institution, un collège de 500 ans, un collège qui forme la future élite, mais on devine qu’il y a un prix à payer et qu’il ne parle pas que des frais d’entrée.

— Ils vous cassent et, après, ils vous reconstruisent. Voilà ce qu’ils font, dans ces vieilles écoles anglaises si réputées. C’est ça que vos parents paient si cher. Ils vous démolissent morceau par morceau puis ils vous refaçonnent à leur image . Ils prennent des petits garçons craintifs et ils en font des capitaines d’industrie, des décideurs, des Premiers ministres…

Tel un danseur, l’auteur arpente son ring, sans baisser sa garde, mais en nous portant quelques petits coups, juste pour tester nos réactions avant de nous décerner l’uppercut dans le dernier round, nous laissant reprendre notre souffle après le coup sous la ceinture.

Ah c’est vache, ça ! Mais c’est comme ça qu’on l’aime, notre match de boxe : pas trafiqué, pas truqué et la possibilité d’un changement de leader jusqu’au dernier coup de gong, même si un est au sol, quasi K.O.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Harry Potter – Tome 3 – Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban : J. K. Rowling [LC avec Bianca]

Titre : Harry Potter – Tome 3 – Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban

Auteur : J. K. Rowling
Édition : Folio Junior (2001/2016)
Édition Originale : Harry Potter, book 3 : Harry Potter and the Prisoner of Azkaban (1999)
Traducteur : Jean-François Ménard

Résumé :
Sirius Black, le dangereux criminel, qui s’est échappé de la forteresse d’Azkaban, recherche Harry Potter. C’est donc sous bonne garde que l’apprenti sorcier fait sa troisième rentrée.

Au programme : des cours de divination, la fabrication d’une potion de ratatinage, le dressage des hippogriffes…

Mais Harry est-il vraiment à l’abri du danger qui le menace ?

Le troisième tome des aventures de Harry Potter vous emportera dans un tourbillon de surprises et d’émotions. Frissons et humour garantis !

Critique :
Mon livre préféré dans la saga qui repassait au jeu cruel de la relecture.

Ce n’est jamais gagné d’avance, l’exercice est périlleux, on joue avec le feu car les émotions ressenties il y a 17 ans pourraient ne plus être au rendez-vous et la relecture devenir une torture.

Ce ne fut pas le cas et heureusement car j’aurais été fort peinée de ne pas retrouver tout ce qui m’avait emballé lors de ma première lecture.

Ce que j’ai toujours apprécié, dans les 3 premiers tomes, c’est que c’est encore un peu l’insouciance : on parle encore de Vous-savez-qui mais on ne le voit pas vraiment, il est dans l’ombre, tapi, ses serviteurs essaient de le ramener par minou… heu, parmi nous, mais quéquette, ça a du mal à viendre.

Quant à ses partisans, on sait qu’ils existent mais ils ferment leur gueule, ce qui changera dès le tome 4…

Dans le tome 3, nous avons une foule de petits détails qui, de prime abord, nous semblent dérisoire, mais qui dans le fond, sont super importants car ce sont des indices que l’auteur plante devant notre nez avec l’air de ne pas y toucher ou dans le but de nous induire en erreur.

À nous de jouer les Sherlock Holmes et de voir le diable caché dans ces détails comme le Scrutoscope offert par Ron à Harry et qui s’affole dès qu’il détecte de la magie noire, sauf qu’elle n’est peut-être pas là où on le pense et ce n’est qu’une fois presque arrivé à la fin que l’on comprend comment on s’est mis tout seul le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

J.K Rowling, en plus de faire des parallèles avec notre Monde à nous, notre Histoire, nos folklores, nos légendes, sait aussi construire son récit de manière à ce que le lecteur pense une chose, tant elle est flagrante, alors que c’est tout le contraire en réalité.

Une partie du talent est là car il faut mystifier le lecteur, le mener où on veut, par le bout du nez, ou de la baguette magique (ça fait tendancieux), tout en déroulant un récit intéressant, intriguant, mystérieux, avec du suspense, des disputes, des personnages qui évoluent, qui grandissent, qui changent de caractère, qui s’affirment, qui désobéissent, qui prennent des risques.

Ce tome est aussi mon préféré à cause de deux personnages : Sirius Black et Remus Lupin. Nom de Zeus, pour une fois qu’on a un professeur de défenses contre les forces du mal qui en vaut la peine, qui a un cours intéressant, attractif, et qui ne se met pas en avant comme le précédent (Gilderoy Lockhart), ça mérite d’être souligné.

N’ayant pas aimé le film tiré du roman, je lui dois tout de même d’avoir mis en scène deux acteurs qui entraient parfaitement bien dans les rôles et depuis, tous les personnages des livres ont la tête des acteurs du film. Fainéantise quand tu nous tiens.

Anybref, l’auteur nous offrant au fil de ses tomes, plus de pages à lire et plus de noirceur, celui-ci était à la croisée des chemins : sombre mais pas trop, avec encore un peu d’innocence de nos compagnons avant l’entrée dans la terrible adolescence et les jérémiades de Harry dans le tome 4, le tout avec assez de pages pour me satisfaire tout en me laissant un goût de trop peu dans la bouche.

D’ailleurs, malgré mon emploi du temps chargé, j’ai réussi à le lire en moins de 48h, c’est-à-dire plus vite que ma copinaute de LC Bianca. Pour sa défense, Madame Pomfresh n’exerce pas dans son beau pays ! 😉 Elle me comprendra…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

 

[FILMS] Harry Potter à l’école des sorciers de Chris Columbus (2001)

Harry Potter à l’école des sorciers (Harry Potter and the Philosopher’s Stone) est un film fantastique britannico-américain réalisé par Chris Columbus, sorti en 2001.

Il est adapté du roman du même nom de J. K. Rowling et constitue le premier volet de la série de films Harry Potter. Il est suivi par Harry Potter et la Chambre des secrets.

Synopsis : Orphelin, Harry Potter a été recueilli à contrecœur par son oncle Vernon et sa tante Pétunia, aussi cruels que mesquins, qui n’hésitent pas à le faire dormir dans le placard sous l’escalier.

Constamment maltraité, il doit en outre supporter les jérémiades de son cousin Dudley, garçon cupide et archi-gâté par ses parents.

De leur côté, Vernon et Pétunia détestent leur neveu dont la présence leur rappelle sans cesse le tempérament « imprévisible » des parents du garçon et leur mort mystérieuse.

À l’approche de ses 11 ans, Harry ne s’attend à rien de particulier – ni carte, ni cadeau, ni même un goûter d’anniversaire.

Et pourtant, c’est à cette occasion qu’il découvre qu’il est le fils de deux puissants magiciens et qu’il possède lui aussi d’extraordinaires pouvoirs.

Quand on lui propose d’intégrer Poudlard, la prestigieuse école de sorcellerie, il trouve enfin le foyer et la famille qui lui ont toujours manqué… et s’engage dans l’aventure de sa vie. 

Fiche technique :

  • Titre francophone : Harry Potter à l’école des sorciers
  • Titre original : Harry Potter and the Philosopher’s Stone
  • Titre américain : Harry Potter and the Sorcerer’s Stone
  • Réalisation : Chris Columbus
  • Scénario : Steven Kloves, adapté du roman de J. K. Rowling
  • Décors : Stuart Craig

Distribution :

  • Daniel Radcliffe : Harry Potter
  • Rupert Grint : Ron Weasley
  • Emma Watson : Hermione Granger
  • Robbie Coltrane : Rubeus Hagrid, gardien des clefs et des lieux à Poudlard et garde-chasse.
  • Richard Harris : Albus Dumbledore, directeur de Poudlard.
  • Maggie Smith : Minerva McGonagall, directrice adjointe de Poudlard, directrice de la maison Gryffondor et professeur de métamorphose.
  • Alan Rickman : Severus Rogue, directeur de la maison Serpentard et professeur de potions à Poudlard.
  • Ian Hart : le professeur Quirrell, professeur de défenses contre les forces du mal à Poudlard.

Ce que j’en ai pensé : 
C’est avec le film que j’ai découvert la saga de Harry Potter.

Ma petite soeur m’en avait déjà parlé, mais c’était avec une oreille distraite que je l’avais écoutée, pensant – à tort – que c’était un truc neuneu cette saga de jeunes sorciers à l’école de magie.

Cette petite merde ne m’avait sans doute pas expliqué correctement l’affaire parce que sinon, j’aurais su de suite que ce serait une saga monumentale.

Oui, je lui fous tout sur le dos, m’en fous, elle ne connait pas le blog, donc, je peux même la nommer « petite merde » même si je ne le pense pas. Quoique… Je sors !

Imaginez un cinéma rempli, bondé, bourré et moi qui accompagnait ma sœurette et une cousine, me demandant ce que cette après-midi ciné allait nous réserver. Transposer un roman à l’écran, ou c’est génial ou c’est loupé.

À ce moment là, je venais de lire le tome 2 de la saga, j’avais accroché et il me tardait de découvrir le tome 1 (non lu) sur grand écran.

Chris Columbus allait-il nous proposer un grand moment de cinéma ou tout foirer ?

Le résultat avait été à la hauteur de mes espérances et la suite a fait que j’ai accroché comme une dingue à l’univers d’Harry Potter.

La question que je me posais était : 18 ans après (et quelques cheveux blancs disséminés dans ma belle chevelure noire), le plaisir allait-il être le même ?

Certes, j’avais revu le film à la télé quelques fois mais bon, on ne sait jamais, alors moi, j’ai testé !

Putain, j’aime toujours autant ! J’adorais leurs bouilles rondes, leurs airs innocents, le petit côté première de classe et mademoiselle je sais tout de Hermione, le côté je débarque de Harry et le sourire en coin de Ron, le roux du trio.

Par contre, niveau jeu d’acteurs, on sent bien que notre trio n’a pas d’ancienneté dans le métier et tout cela semble un peu joué de manière bateau, comme on réciterait un texte, sans trop y mettre du sien. Ça manque parfois de spontanéité. Ou ils surjouent leur rôle ou ont trois expressions faciales à leur répertoire.

Malgré tout, ce manque de spontanéité leur donne cet air innocent, de jeunes un peu gauches, qui se laissent déjà emporter par leurs émotions, et qui ne savent pas qu’une caméra les filme en permanence.

Et puis maintenant que je sais tout sur tout, je suis moins vénère sur le professeur Rogue, que je haïssais auparavant et comme lors de ma lecture du tome 1, je suis plus attentive à ses gestes, ses paroles, remarquant que tout pouvait être pris aussi d’une autre manière et que c’était Harry, Ron et nous, lecteurs, téléspectateurs, qui avions décidé qu’il était LE méchant de l’affaire.

Pour l’interprétation de Rogue, je tire mon chapeau (magique ?) à Allan Rickman (RIP) qui a une allure folle avec ses longs cheveux gras, son air hautain, ses répliques assassines et qui, à l’insu de tout le monde, donnera un coup de main à Harry lors de son match.

L’avantage des deux films de Chris Columbus, c’est qu’ils ont un côté familiaux, grand public, même si on a de la violence avec le final, notamment la fameuse partie d’échec de sorcier où quand on perd une pièce, elle est détruite.

Dans les deux premiers opus, quand nos sorciers étaient jeunes (11 – 12 ans), on sent bien que c’est pour le tout public, pour la famille complète, avec les gosses.

Certes, l’univers est sombre (un orphelin, un Méchant dont on ne doit pas prononcer le nom, des meurtres, de la brutalité dans le comportement de l’oncle et la tante de Harry,…) mais Columbus a réussi à en faire un spectacle bon enfant tout en intégrant les données de JK Rowling qui, dès le premier tome, nous signifiait que ce ne serait pas une saga Bisounours.

C’était ce genre de réalisateur qu’il fallait pour lancer la saga sur le grand écran. Après, j’ai été moins satisfaite de certains films. D’ailleurs, il me semble toujours que les deux premiers films sont plus clinquants, niveaux lumières chaudes, que les suivants.

Et puis, Columbus partait aussi avec une feuille vierge… Personne avant lui n’avait mis en scène l’univers foisonnant de Harry Potter.

Partir d’une page blanche peut être plus facile que si un autre a déjà fixé les décors, nous empêchant ensuite de changer, mais imaginez un peu si Columbus avait foiré les costumes ou les décors ? La honte totale !

Vu de notre fauteuil de cinéma ou de salon, on ne s’en rend pas bien compte, mais comment illustrer le placard sous l’escalier, l’école de Poudlard, la fameuse voie 9 3/4, la forêt interdite avec ses créatures magiques et dangereuse ou encore le Chemin de Traverse ? Et Hagrid ? Et Crocdur ? Et Cerbère ? Et l’arrivée des élèves par le lac ?

Quand au match de quiddich était une grosse interrogation aussi : comment le rendre vivant, réaliste ? Columbus était attendu au tournant…

Pas de soucis, le réalisateur a aussi réussi son coup, comme avec les lieux mythiques, et on avait l’impression d’assister au match, de se balader sur le Chemin de Traverse, d’entrer chez Gringotts et de boire un verre au Chaudron Baveur.

Heureusement que nous sommes dans une époque où les effets spéciaux sont tout de même bien mieux foutus que ceux d’il y a 30 ans !

Oui, rien à dire, les décors étaient très bien faits, même si les acteurs ont tournés devant des écrans verts, mais en tout cas, la magie des lieux était parfaitement restituée et lorsque j’ai lu les tomes suivants, mes personnages avaient la tête de ceux choisis par la production.

C’était une sacré gageure que de transposer à l’écran ce genre de roman qui foisonnent de détails et de choses magiques, car si la magie opère dans la lecture, il n’en est pas toujours de même avec le grand écran où notre imagination n’est pas au pouvoir.

Le premier tome n’était guère épais, les coupes dans le film sont moins nombreuses que pour les suivants, mais malgré tout, nous sommes tout de même face à un film qui dure 2h40, il était nécessaire – hélas – de faire quelques coupes.

Verdict final ? 18 ans après, ça se laisse toujours regarder avec plaisir, une tasse de thé à la main et un paquet de pop-corn de l’autre, afin de réaliser un grand écart Anglais Américain et se prendre pour une anglaise non raffinée ou une américaine raffinée…

Au choix !

Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Le Choix : Paul J. McAuley

Titre : Le Choix

Auteur : Paul J. McAuley
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (11/02/2016)
Édition Originale : The Choice (2011)
Traducteur : Gilles Goulet

Résumé :
Ils sont amis depuis toujours, ils ont seize ans ou presque. Damian vit et travaille avec son père, éleveur de crevettes et cogneur d’enfants.

Lucas s’occupe de sa mère, ancienne passionaria d’un mouvement écologiste radical clouée au lit par la maladie dans la caravane familiale.

Le monde est en proie à un bouleversement écologique majeur — une montée des eaux dramatique et une élévation de la température moyenne considérable.

Au cœur du Norfolk noyé sous les flots et écrasé de chaleur, la rumeur se répand : un Dragon est tombé du ciel non loin des côtes.

Damian et Lucas, sur leur petit voilier, entreprennent le périlleux voyage en quête du mystérieux artefact extraterrestre, avec en tête un espoir secret : décrocher la clé des étoiles…

Critique :
Dans ce futur peut-être pas si éloigné que ça, l’écologie en a pris la gueule, les COP n’ont servi à rien, l’Homme a continué de polluer à mort.

Après une guerre, une apocalypse, la température qui augmente, une montée des eaux et toutes les joyeusetés qui vont avec, nous devons notre non extinction à des extras-terrestres.

Dire que les grands penseurs tels Calvin et Hobbes disaient que : « Parfois je me dis que la meilleure preuve qu’il y a des êtres intelligents ailleurs que sur Terre est qu’aucun d’entre eux n’a jamais essayé de nous contacter. » Loupé !

N’étant pas face à un pavé mais plutôt face à une grosse nouvelle, toutes ces péripéties nous serons racontées vite fait et bien fait.

L’auteur nous décrit la vie au Norfolk, où survivent des gens tant bien que mal, vivotant et se nourrissant de ce que la mer leur offre, rêvant de bacon et de viande de porc.

Les adultes qui ont connu le monde d’avant rêvent de pareils mets, mais les ados, qui n’ont jamais connu que ce Monde là, pour eux, ça reste abstrait.

Le futur décrit dans ces pages n’a rien de réjouissant, il nous pendrait même au nez, si nous ne changeons pas (mais sommes nous prêt à changer ? Telle est la question), bref, il est d’un réalisme à faire peur, exception faite de la présence des Jackaroo, les « E.T téléphone maison », que l’on ne verra jamais, d’ailleurs.

C’est un dragon tombé du ciel qui va entraîner les deux amis, Damian et Lucas dans une histoire qu’ils ne soupçonnaient même pas en se mettant en route, dans le petit voilier de Lucas.

Si la balade est bucolique jusqu’à l’endroit où a chuté le dragon, cette rencontre aura des répercussions sur le reste de leur vie car il est des mauvais choix que l’on pose parce qu’on les pense bons, parce que l’on veut partir de là, ne plus rester près d’un père qui distribue les baffes comme des politiciens les tracts, quelques jours avant les élections.

Le passage à l’âge adulte n’est jamais simple, jamais facile et nos deux garçons vont y passer sans avoir eu le temps de se retourner.

Le choix de l’un ne sera pas celui de l’autre et le choix de l’autre se fera en toute fin de cette novella.

Si j’ai aimé le récit, la manière dont il est écrit, présenté, si je me suis attachée aux deux ados, je me suis retrouvée à la fin de cette histoire de manière un peu abrupte car je n’aurais pas craché sur quelques pages en plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Les premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 1 – L’ombre de la mort : Andrew Lane

Titre : Les premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 1 – L’ombre de la mort

Auteur : Andrew Lane
Édition : Flammarion (2011)
Édition Originale : Young Sherlock Holmes, book 1: Death Cloud (2010)
Traducteur : Marie Hermet

Résumé :
« Il ne faut pas se mêler de tous les combats que l’on rencontre sur son chemin, Sherlock. Choisis ceux qui te semblent importants, et laisse le reste aux autres. »

Quand Sherlock s’est retrouvé embarqué dans l’enquête, il ne pensait pas frôler la mort d’aussi près. Une course poursuite haletante s’engage alors…

Critique :
Un super opus !! Pour de la littérature « enfantine », il est superbement bien écrit, pas trop complexe, pas trop neuneu non plus. Je l’avais commandé par Internet et je ne fus pas déçue de mon choix.

Nous nous retrouvons avec Sherlock, 14 ans, et il a hâte d’aller retrouver sa maison pour les vacances scolaires.

Stupeur, c’est son frère Mycroft qui vient le chercher et lui annoncer que suite au départ de leur père à la guerre en Inde et de l’état de santé fragile de leur mère, il devra passer ses vacances chez le frère de leur père : Sherrinford Holmes. C’est peu de le dire, mais Sherlock n’est guère enchanté par l’idée.

Notre pauvre garçon se retrouve coincé entre gouvernante qui ne cache pas son animosité envers lui, un oncle qui ne parle que de religion, rédemption et d’une tante qui a l’air plus « shootée » qu’autre chose.
Sherlock sent qu’il va s’ennuyer, n’ayant même pas accès à la bibliothèque. Heureusement, il va croiser un orphelin de son âge, Matthew

Afin d’éviter que son cadet ne remplisse pas son cerveau, Mycroft fera en sorte qu’il ait un précepteur et lui adjoindra un certain monsieur Crowne.

Cet Amyus Crowe est plus intéressant qu’il ne l’aurait pensé, assez excentrique en plus. du genre un couteau planté dans la correspondance, sur le manteau de la cheminée et des cigares dans le seau à charbon. Cela ne vous rappelle rien ?

C’est lui qui va lui apprendre les bases de son futur métier (même si Sherlock ne sait pas encore que ce sera son futur métier) : l’observation, la déduction, le calcul différentiel, la logique, l’écoute, etc.

« Tu viens d’apprendre que la déduction est importante, mais qu’elle ne sert à rien sans connaissances. Ton intelligence ressemble à un métier à tisser : elle tourne à vide et ne peut rien produire sans que tu lui fournisses un fil de trame » lui dira-t-il.

De plus, il a une fille, Virginia… Et Sherlock est intrigué par la jeune fille qui, du fait qu’elle a vécu en Amérique, est assez « libre » dans ses manières. Amour ? Amitié ? En tout cas, il l’apprécie fort et elle aussi… Les premiers émois de notre futur détective…

L’affaire prendra un tournant lorsque, se promenant avec Crowe pour observer les champignons, Sherlock trouve un cadavre avec des pustules. Variole ? Peste bubonique ? Sherlock s’ennuyait ? Plus maintenant !!

De plus, au début de l’histoire, Matthew avait été le témoin d’un étrange phénomène : en passant devant une maison où un homme venait de mourir, une bien étrange fumée noire, semblant douée d’une vie propre, s’échappait de la fenêtre…

Le final du livre est assez dynamique et c’est avec regret que je l’ai terminé. Un goût de trop peu.

 

Astérix – Tome 14 – Astérix en Hispanie : René Goscinny & Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 14 – Astérix en Hispanie

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1969)

Résumé :
Rien ne saurait résister à César : après la Gaule c’est l’Hispanie qui se voit annexée à son Empire. Toute l’Hispanie ? Non ! Un petit village non loin de Munda (Montilla) résiste encore. Mais Jules César se lasse des irréductibles et enlève Pépé, le fils du chef ibère Soupalognon y Crouton.

Pépé se retrouve en Gaule, au camp de Babaorum où on se charge de lui donner une éducation romaine. Là, il croise les plus célèbres irréductibles, Astérix et Obélix, qui le libèrent et décident de le ramener chez lui, en Hispanie.

Critique :
Certains hommes auraient bien aimé avoir la Gaule, ils se contenteront de l’Espagne ! Ce n’est pas le même effet, je vous l’accorde.

Oui, si vous avez l’impression qu’une grivoiserie se cache dans ma première phrase, sachez que ce n’est pas qu’une impression !

Quand tout ne va pas bien, quand on est au bout du rouleau, les médecins devraient prescrire quelques albums d’Astérix et Obélix car c’est salutaire pour le moral et les zygomatiques.

Pour ma 368ème lecture de cet album, j’ai ri de nouveau, j’ai fait « Ah oui, c’était dans celui-ci qu’il y avait tel ou tel calembour » et j’ai beau savoir comment tout cela va se terminer, je prends toujours autant de plaisir à le relire encore et encore.

Pepe est un personnage bizarre : un sale gosse qui a du cran, un sale gosse qui a fait tourner les romains en bourriques et qui va énerver le pauvre Obélix avant qu’ils ne deviennent des amis, enfin, surtout Pepe et Idefix qui seront des copains.

L’envoi de ce petit otage dans le camp de Tartopum… Non, dans le camp de Babaorum et sa délivrance par les irréductibles Gaulois va être un bon prétexte pour nos amis d’aller faire un tour en Hispanie afin de le reconduire chez son père, le chef Soupalognon Y Crouton.

— Que ce soit nous ou les Gaulois qui gardions l’otage, ça revient au même ! La seule chose que nous ayons à faire, c’est de surveiller qu’ils ne l’emmènent pas ailleurs ! (…) Et le plus beau, c’est que ce sont les Gaulois qui vont vivre avec le petit monstre ! Ils vont comprendre !

Toute l’Espagne se retrouve caricaturée dans cet album, mais la caricature est gentille, aimable tout en étant juste et possédant des traits de notre époque personnelle mise dans celle de nos ancêtres les Gaulois (les maisons sur roues pour partir en vacances, les files à la frontière, la cuisine des espagnols qui s’améliore, les routes défoncées, les prix qui griment, la cuisine espagnole qui s’adapte à sa clientèle…).

Les auteurs avaient déjà compris ce qui faisait les lieux communs d’un pays et le reproduisaient dans leurs albums, à leur sauce, ce qui est bien plus drôle que dans la réalité.

Un scénario intelligent, bourré d’humour et de jeux de mots du tonnerre qui resteront dans les annales (« Tous les étés, les Ibères deviennent plus rudes ! » et « Il affranchit le rubicond » en parlant de César qui gracie un barbare roux), cette aventure de nos irréductibles Gaulois possède aussi ces classiques habituels tels que le banquet final, le barde qui chante faux, des romains bastonnés, les disputes dans le village et du poisson (frais ou pas, on ne se prononce pas).

De plus, apprendre l’origine de la tauromachie (magnifique, ici) ou voir Obélix danser le flamenco, ça n’a pas de prix ! Même pas les 20 sesterces pour passer la frontière de jour afin d’éviter les patrouilles romaines.

Un must de la collection ! Et si vous ne me croyez pas, je retiens ma respiration !!!

— Que fait César ?
— Il affranchit le rubicond.

— J’ai l’homme qu’il vous faut. Il est du peuple des Vaccéens. Il connaît bien la montagne. Il vous guidera.
— Je ne savais pas qu’il fallait un Vaccéen pour entrer en Hispanie.

— Pas de chance pour toi, Nonpossumus ; quand César saura que les Gaulois se sont emparés de l’otage, tu seras bon pour le cirque !
— Oui ? Et si je dis à César que tu ne m’as pas aidé à récupérer l’otage, nous ferons un numéro à deux dans le cirque !
— Tu es écœurant !
— Tant mieux ! C’est ma seule chance avec les lions !

— N’oublie pas, ô Claudius Nonpossumus, que s’il m’arrive quelque chose, ta tête répondra de la mienne !
— Et alors ?
— Et alors je vais retenir ma respiration jusqu’à ce qu’il m’arrive quelque chose.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).