Mauvais garçon : Michaël Morpurgo

Titre : Mauvais garçon

Auteur : Michaël Morpurgo
Édition : Folio Junior (2015)
Édition Originale : Not Bad For A Bad Lad
Traduction : Diane Ménard

Résumé :
« Mauvais garçon ! » On l’a toujours appelé comme ça. Petit, il faisait les quatre cents coups. En grandissant, il est devenu un vrai voyou et a été placé en maison de redressement où on lui mène à son tour la vie dure.

Un jour, M. Alfie, un vieil homme qui s’occupe de chevaux, lui offre une seconde chance et lui confie Dombey, un cheval maltraité et farouche.

Critique :
Mais pourquoi est-ce si court, ce récit ? Parce qu’il y avait matière à développer plus profondément les personnages et ce qu’il leur arrive.

Un grand-père raconte à son petit fils ses jeunes années d’errance, de voyou, d’enfant incompris, né sans père, dans une famille nombreuse, juste avant la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Si notre héros sans nom devient un mauvais garçon, c’est aussi à cause de ces profs qui n’ont pas fait d’effort avec lui, de ce directeur, prompt à juger, qui ne lui a jamais donné l’occasion de montrer ses talents ou de lui donner des responsabilités, comme le fit sa prof de musique…

Ajoutons ensuite les renvois successifs et les mauvaises fréquentations et on obtient un sale gosse envoyé en maison de correction.

Au travers son récit, l’auteur nous parle des maisons de corrections dans l’Angleterre des années 50, des lieux de perdition où la sévérité est loi mais ou l’entraide est absente. Il nous parle de ces êtres humains qui ont plus facile de punir, de corriger des gamins en perdition, au lieu de les aider, de tendre la main et de leur donner une autre chance.

Pourtant, lorsque monsieur Alfie tend la main à notre mauvais garçon et lui propose de l’aider avec les chevaux, notre sale gosse change car enfin, quelqu’un lui a dit qu’il n’était pas si mauvais que ça pour un mauvais garçon.

Hélas, ce livre ne fait qu’une centaine de pages et c’est là qu’on voit qu’il est destiné à un jeune public car l’auteur brosse un portrait épuré de notre sale gosse, n’approfondit pas le travail qu’il réalise avec les chevaux, sa relation privilégiée avec Dombey, ce cheval qui n’a plus confiance et pire, il nous plante même là sans que nous sachions ce qu’il arrive à monsieur Alfie !

La fin est précipitée aussi, elle est belle, pleine de douceur et d’émotions, de morale et de happy end, mais, une fois de plus, cela aurait mérité plus de traitement en profondeur de la part de l’auteur.

Il faudrait deux versions de ce chouette petit roman plein de tristesse et de tendresse : la version abrégée pour les gosses et la version longue pour les adultes qui n’aiment pas terminer une lecture avec un goût de trop peu.

Malgré ma sensation de faim non rassasiée, ce roman jeunesse est un bon roman d’apprentissage qui nous prouve que l’on peut sauver de la délinquance des jeunes en leur tendant la main au bon moment et en leur donnant une seconde chance, confiance en soi.

À noter que en fin de roman, l’auteur nous livre des documents sur la délinquance juvénile et ensuite nous parle des chevaux de la race Suffolk Punch, la plus ancienne race de chevaux de trait connue, quasi éteinte.

Contrairement aux Shire ou Clydesdale, ces chevaux n’ont que peu de fanons aux jambes (ces poils rigides situés au-dessus du sabot et derrière le pied dans lesquels la boue vient se foutre).

Le Suffolk Punch est plus ramassé et plus massif que les autres races de traits lourds britanniques, comme le Clydesdale et le Shire. Leurs robes est toujours alezane (bizarrement, Dombey est un pie).

Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°13].

Chez les Gauchos : Hugo Backhouse

Titre : Chez les Gauchos

Auteur : Hugo Backhouse
Édition : Marabout Junior (1954)
Édition Originale : Among the Gauchos (1950)
Traduction : Henry Daussy

Résumé :
L’existence aventureuse libre des « cow-boys » de la Pampa, vécue par un jeune homme de 18 ans.

Sur son cheval, dont l’étendue dépend pas, le Gaucho est le type même de l’homme libre, le symbole vivant de « l’aventure » dans le plein sens du mot.
De sa vigilance dépend le sort des milliers de têtes de bétail. À lui de les protéger contre la sécheresse qui tarit mares et abreuvoirs, contre l’incendie qui ravage le pacage, contre les voleurs de bestiaux et les condors.

À l’âge de 18 ans, Hugo Boackhouse quitte son Angleterre natale est difficile de se faire Gaucho. Il apprend à monter, adresser le cheval sauvage et à manier le lasso. Mais quelle initiation !

Peu à peu, il conquiert ses grades, bravant chaque jour la mort, échappant aux cornes des taureaux et aux sabots des chevaux.

Trois instruments tiennent une place importante dans sa vie : sa guitare, son lasso et son couteau. Ne s’en sépare jamais.

Le voici enfin un véritable Gaucho, un de ces hommes courageux qui ne cherchent ni ne provoquent l’aventure mais qui la vivent.

Critique :
Voilà une belle manière de faire le saut entre le Mois Espagnol/Sud-Américain et le Mois Anglais !

Un roman parlant de la vie des gauchos argentins, écrit par un Anglais. Si ça c’est pas de la chance d’avoir mis la main sur ce vieux roman, dans une brocante.

Après ♫ Englishman in New York ♪ voici venu « Englishman in Pampa ». Le voyage d’un anglais qui, à 18 ans, à quitté sa province, bien décidé à empoigner la vie…

Chez les gauchos, on chevauche toute la journée, du matin au soir, même la nuit s’il le faut, pour récupérer des bêtes égarées, ou les rassembler pour les tondre, pour l’hiver, pour les vendre…

La vie y est rude, dure, autant pour les hommes que pour les bêtes et les chevaux doivent être les plus robustes possibles, les plus rapides, les plus endurants. Mon royaume pour un Criollo !

Ce roman est assez dense, malgré ces 157 pages et les petites histoires se succèdent, un peu à la manière de nouvelles, puisque l’auteur nous raconte ses souvenirs, ses aventures, des anecdotes, sur lui, sur sa vie de gaucho, sur ses collègues, sur son métier de régisseur, sur les animaux qui peuplent la pampa…

Difficile de s’ennuyer avec une vie pareille ! Difficile de s’ennuyer aussi dans un tel récit d’aventure, de chevauchées fantastiques et de chutes où les cavaliers, véritables hommes de cheval, retombent toujours sur leurs pieds (moi pas).

Ce ne sera pas le roman de l’année, mais il était dépaysant, bourré d’aventures, de chevaux, d’hommes fiers, maniant le couteau pour défendre leur honneur, sautant à cheval comme des Indiens, maniant le lasso comme des cow-boys, arpentant la pampa désertique ou s’enfonçant des des forêts peuplées d’arbustes piquants.

Une vie de fou, une vie qui ne fait pas de cadeau, mais un bel apprentissage de la vie, de l’amitié, du travail au grand air. Et des tas d’histoires à raconter au coin du feu, une fois de retour en Angleterre !

Un roman d’aventure avec un grand A. Ma foi, c’est déjà pas mal.

Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9), le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture N°20 – Fin] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°09].

Spirou et Fantasio – Tome 7 – Le Dictateur et le champignon : André Franquin

Titre : Spirou et Fantasio – Tome 7 – Le Dictateur et le champignon

Scénaristes : André Franquin & Maurice Rosy
Dessinateur : André Franquin

Édition : Dupuis (1956)

Résumé :
Le Marsupilami serait bien mieux en Palombie. Spirou décide de l’y renvoyer. Arrivé sur place, il constate que Zantafio y a installé une dictature.

Critique :
— Ouvrez vos atlas, bande de cancre, et trouvez-moi la Palombie dessus ! Mais si, ça existe la Palombie ! Non, bande de moules, elle n’est pas voisine du royaume de Syldavie ! La Syldavie est dans les Balkans, nom de Zeus, Marty. Comme vous séchez, je vous donne un premier indice : Amérique du Sud !

Lorsque j’étais gamine et que je relisais cet album (j’ai commencé jeune), je riais toujours des facéties du Marsupilami avec la bonbonne de Métomol, faisant fondre tous les métaux dans la petite ville de Champignac.

Hurlant de rire devant les bêtises du même Marsupilami lors de leur traversée vers la Palombie, pour aller le relâcher dans la forêt vierge et je repartais de plus belle avec la seconde partie du voyage, en avion…

Fantasio avec son caractère soupe au lait est un bon client pour faire démarrer les gags, lui qui s’emporte toujours, entraînant Spirou dans les bagarres, malgré lui.

Je riais des discours alambiqués du maire et de toutes les situations cocasses, dont celle faites par le dictateur qui, après un attentat à la bombe, demandais au directeur de la sécurité de faire emprisonner des tas de gens, dont le directeur de la sécurité même !

C’est une aventure avez du rythme, de l’action, et des gags. Publié avant dans l’hebdo Spirou, les dessinateurs/scénaristes se devaient de terminer les pages avec un brin de suspense pour que le lecteur revienne la semaine suivante.

Donc, on ne s’emmerde pas et on sourit beaucoup, même si les sourires sont jaunes, car depuis, j’ai bien grandi et je sais maintenant que les dictatures ne sont pas des trucs drôles comme celle de Palombie…

En poussant la réflexion à son paroxysme, il est clair que les gags de Franquin dénoncent les régimes autoritaires avec les ambitions folles du chef suprême, ses discours où toute la ville se doit d’assister, d’applaudir, de crier « viva Zantas », où la liberté de la presse n’existe pas, où les gens sont pauvres et sous la coupe d’un taré qui ne rêve que d’attaquer le pays voisin, quitte à mettre en scène des problèmes à la frontière.

Tout ça, je ne le voyais pas quand n’étais gosse. Je ne comprenais pas non plus que les mimiques exécutées par le dictateur Zantas lors de son discours avaient été copiées sur celle de Chaplin dans le film « Le dictateur », elles mêmes copiées du triste sire moustachu…

Comme quoi, sous couvert de l’humour, des gags amusant, Franquin dénonçait le régime des dictatures et moi, enfant, je ne le comprenais pas vraiment… Il a fallu que je grandisse pour redécouvrir une partie des albums avec un autre œil.

Oui, je ris toujours, mais dans le fond, quand je referme l’album, j’ai un petit serrement au cœur, les tripes qui se nouent et les mains un peu moites.

Un bel album où Spirou et Fantasio auront fort à faire pour empêcher l’invasion du pays voisin, jouer les agents doubles, faire preuve de duplicité afin d’être convaincant dans leurs rôles de colonels de l’armée et devront affronter cette même armée avec la dernière invention de Champignac, le tout sans faire de victimes !

Le Métomol, une super invention !

Avec tout ça, on en oublierait presque de déposer le Marsupilami dans la forêt vierge, tout content de retrouver son environnement, sous les yeux tristes de Spip qui voit son copain de jeu s’en aller.

Ça m’arrachait une larme, gamine, mais la dernière case me remontait toujours le moral.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°229, le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 17] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°07].

 

Ratatouille – La Bd du Film : Walt Disney

Titre : Ratatouille – La Bd du Film

Scénariste : Indéterminé
Dessinateur : Indéterminé

Édition : Paperview Europe Ltd (2011)

Résumé :
Rémy est un rat très spécial. Doté d’un palais et d’un sens olfactif exceptionnels, c’est un expert en dégustation et le meilleur chef.

Séparé de son clan par accident, il aboutit au hasard de son voyage dans la cuisine d’un restaurant de première classe. Le rat errant décide alors de profiter de la présence d’un pauvre commis de cuisine, Linguini, pour tenter sa chance comme cuisinier …

Ainsi commence une aventure qui changera le cours de sa vie pour toujours !

Critique :
Après un roman/enquête expliquant comment le gang Mara Salvatrucha 13 a été créé, j’avais dit en boutade, à la fin de ma chronique, que je me lirais bien Ratatouille.

Vu la noirceur du récit, je voulais lire ensuite du léger, du très léger.

Je ne veux pas sous-entendre par-là que l’histoire est légère comme un ticket de métro car non étoffée. Loin de là.

Je veux juste dire que c’est reposant de lire un récit avec un méchant qui perd à la fin et une belle histoire d’amitié entre un humain et un rat.

Les souris, ça marche toujours, chez Disney, que ce soit Mickey ou Basil.

Les rats, c’est tout de suite moins mignons… Sauf Ratatouille qui est mignon, choupinou et en plus, bon cuisinier ! De plus, il croit encore en l’Humain. La preuve, il va aider Linguini, piètre cuisinier, qui a commencé comme marmiton chez Gusteau, le célèbre restaurateur qui vient de décéder. What’else ?

Problème dans la bédé : c’est très court, on va à l’essentiel et donc, ça va trop vite dans le développement. Au bout de deux soupes, des ris de veau et une lettre écrite par sa mère, Linguini accède au poste de directeur avant de se retrouver seul car son équipe est partie en apprenant qui étaient aux commandes des plats.

Linguini, tu pensais vraiment qu’ils allaient accepter qu’un rat cuisine ? Ces animaux ont beau être très propre, on les considère comme très sales puisqu’ils mangent les déchets.

Une fois de plus, pas de vrais grands méchants dans cette histoire, juste Skinner, le boss de Linguini, qui voudrait rester calife à la place du calife. Linguini, lui, est assez fade dans la version bande dessinée. Si je l’avais découvert dans la version bédé, je n’aurais pas aimé le personnage.

Remy, lui, il s’en sort avec les honneurs, même si, lui aussi, à un moment donné, est un peu trop dans l’ombre pour cause de format limité.

Il vaut mieux, pour se faire plaisir, regardé le dessin animé plutôt que de lire la bande dessinée car le format court oblige à des coupures drastiques de scènes qui étaient importantes dans le film. Ici, certains scènes sont réduites à leur plus simple expression.

Bon, où-je rangé le DVD, moi ?

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°05].

Crack, chien patagon : Georges Catelin

Titre : Crack, chien patagon

Auteur : Georges Catelin
Édition : G.P. Rouge et Or Souveraine (1959)

Résumé :
Des quatre chiots de Néna, la chienne de Pédro Gomez, un seul survécut. Frisé du museau jusqu’au bout des pattes, son petit ventre ballonné traînant par terre, il ressemblait à un jouet d’enfant.

Mais voilà, Crack n’était pas un chien ordinaire. Né dans un chenil de Patagonie, il appartenait à la race magnifique des chiens de berger, ces auxiliaires indispensables des ovejeros, bergers cavaliers qui, à la tête de troupeaux considérables, parcourent en toutes saisons l’immense pampa du Sud-Argentin.

Dès sa naissance, nous suivons Crack à travers les déboires et les succès de son dressage, puis tout au long des folles aventures qu’il court, en compagnie des gauchos, durant sa rude vie nomade, à travers des plaines sans fin au climat rigoureux.

Intelligent, courageux, docile, Crack se signale bien vite à l’attention de son maître, dont il partagera désormais tous les dangers.

À plusieurs reprises, même, il lui sauvera la vie, avec ce courage simple qui caractérise la famille canine et qui la rend si attachante, si digne de l’amitié de l’homme.

Critique :
Comme j’avais une envie folle d’enfourcher un cheval et de partir ailleurs, j’ai choisi ce petit livre tout abîmé que j’avais trouvé dans un rayon perdu d’une bouquinerie.

Direction l’Argentine et plus spécialement la Patagonie.

Non, pas celle de Florent Pagny mais plutôt celle des grandes étendues sauvages parcourue par des moutons et des ovejeros (nom donné au berger qui, à cheval, parcourt la pampa et rassemble les troupeaux).

À cheval, donc ! On rassemble les moutons à l’aide des chiens, on dort à la belle étoile, on bosse fort, on trime dur, les hivers sont rudes, rempli de neige et les moutons restent dehors !

Non, la vie n’est pas facile dans la pampa, mais Gomez ne se plaint pas, il a ses chevaux et des chiens, dont le chiot Crack à qui il va arriver bien des aventures.

L’originalité tient dans le fait que l’histoire nous est racontée parfois du point de vue du chien, comme si le narrateur savait tout des pensées de l’animal et qu’il nous les contait.

Pour le reste, la narrateur omniscient reste la norme et j’avais l’impression qu’on me racontait une histoire avant d’aller dormir, mais de celles qui ne font pas dormir les enfants sages car le rythme est toujours maintenu et les petites histoires s’enchaînent sans que nous ayons le temps de respirer, sans pour autant virer à 24h chrono.

Il y a du rythme, des aventures, de l’action, des chevauchées à la recherche des moutons perdus, à rassembler, des chiens à dresser à coup de fouet… Oui, là, les ovejeros ne s’embarrassent pas des droits des animaux, les chevaux, les chiens sont traités à la dure, mais les hommes aussi…

Crack est un chien qui apprend de ses erreurs, de ses conneries, de sa curiosité mal placée, de son maître, des autres chiens. Je rassure tout le monde, Crack étant le héros de ces pages, il lui arrivera bien des misères mais il y survit (j’avais vérifié avant de le commencer, namhého !). Par contre, bien des animaux vont périr dans la pampa et dans son climat peu amène.

Un chouette petit livre qui pourrait plaire aux enfants comme aux adultes à la recherche d’un petit moment de détente après un roman noir et violent, comme par exemple un qui parlerait du gang Mara Salvatrucha 13…

Ça ne révolutionnera pas la littérature, loin de là, mais c’est très agréable à lire, les pages se tournent toutes seules et c’est terriblement addict car je ne voulais pas le lâcher avant de l’avoir terminé.

et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 02] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°04].

 

Le livre de la jungle – Tome 1 : Walt Disney Company (d’après Rudyard Kipling)

Titre : Le livre de la jungle – Tome 1

Auteur : Walt Disney Company (d’après Rudyard Kipling)
Édition : Hachette Bibliothèque verte (1967)
Édition Originale : The Jungle Book
Traduction : Jean Muray

Résumé :
Mowgli, un petit garçon perdu dans la jungle, est élevé par une louve. Mais un danger le guette : Shere Kahn, le tigre mangeur d’hommes, rôde…

Heureusement, Bagheera et Baloo sont là qui veillent sur lui.

Critique :
Jeune, je n’étais pas une acharnée du dessin animé, contrairement à ma petite soeur qui l’a regardé tellement de fois que la bande de la K7 en était usée.

Là, des tas de jeunes sont aller demander à Google ce qu’est une K7.

Fatalement, à force de la voir plantée devant Le Livre de la Jungle, j’ai commencé à le connaître par coeur aussi.

Malgré le fait que je ne savais plus rien des détails de l’histoire (hé, ça fait 25 ans au moins qu’elle a arrêté de le passer en boucle), en lisant le roman tiré du dessin animé, les images revenaient dans ma mémoire.

L’histoire est simple : Mowgli, élevé par les loups, doit les quitter car Shere Kahn le grand tigre veut le dévorer tout cru et comme les loups ont les chocottes du tigre mangeur d’Hommes, ils foutent Mowgli dehors, lui disant que maintenant, il est temps pour lui de repartir chez les siens, les Hommes. Sympa les gars…

Mowgli, c’est un peu l’histoire d’un enfant qui doit trouver qui il est et arrêter de s’identifier à tous les animaux qui passent ou de les croire super sympa et inoffensifs. Il doit grandir et pour ça, il faut écouter la voie de la sagesse incarnée dans la panthère Bagheera et pas celle de l’ours Baloo, infiniment plus drôle mais pas sérieuse.

Même si Kaa n’a pas dit « Aie confiance », je me suis sentie hypnotisée et j’ai ri en revoyant les images du python tombant de l’arbre. Mais pour cela, il faut encore des images du dessin animée de coincée dans le cerveau, sinon, en roman, le rendu est moins comique.

Mowgli, c’est aussi un enfant qui a appris la trahison : celle du clan des loups, d’abord, vite pressés de l’envoyer parmi les siens, puis celle de Baloo lorsqu’il lui explique, tant bien que mal, qu’il doit retourner au village et non pas vivre avec lui.

Mowgli, c’est aussi un roman/dessin animé où il n’y a pas de grand méchant machiavélique, comme le Jafar de Aladin, par exemple ou le Scar du Roi Lion, pour ne citer qu’eux.

Shere Kahn a beau être un prédateur, un mangeur d’Hommes, au final, on en parle beaucoup pour pas grand-chose puisque ce dernier apparaît tout à la fin, roule les mécaniques et puis dès qu’on lui roussi deux poils de moustache (même pas de cul), se prosterne aux pieds de Mowgli, jurant qu’on ne l’y reverra plus…

Et il s’en va, tenant sa promesse, alors qu’un vrai grand méchant, après avoir endormi la méfiance du gentil, lui aurait sauté dessus sournoisement. Ben non, Shere Kahn n’a qu’une parole. Tout ça pour ça, alors ? Ça valait bien la peine de tant faire !

La version de Disney n’est pas celle de Kipling, moins sombre, plus drôle, sans la musique dans le roman, mais elle fait du bien au moral, elle égaye la journée et offre une sacrée cure de jouvence pour par cher puisque acheté en seconde main pour des cacahuètes.

Après ces deux récréations, je vais revenir à du plus sombre, à du vrai noir de noir puisque je m’en vais étudier le comment du pourquoi le gang des Mara Salvatrucha, MS13 pour les intimes. Les affaires reprennent…

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°03].

Mages – Tome 1 – Aldoran : Jean-Luc Istin, Kyko Duarte et Nanjan

Titre : Mages – Tome 1 – Aldoran

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Kyko Duarte
Coloriages : Nanjan

Édition : Soleil (19/06/2019)

Résumé :
Tyrom, un vieil ermite, s’attache bien malgré lui à Shannon, une gamine espiègle de Castlelek. Cette cité indépendante est convoitée par le roi Gerald qui entend l’annexer à son royaume.

Alors, quand Tyrom voit un mercenaire menacer Shannon, il s’interpose.

L’instant d’après, la dépouille fumante du mercenaire git à ses pieds. Il ne comprend pas ce qu’il vient de se passer. Est-il un mage ? Et si oui ? Pourquoi a-t-il perdu la mémoire ?

Critique :
Une fois de plus, Jean-Luc Istin n’a rien inventé mais c’est la manière qu’il a de nous raconter les histoires qui nous plait, ainsi que les différents personnages qui gravitent dans ses sagas.

En voici une nouvelle que je n’avais pas eu l’occasion, le temps, de lire à sa sortie et je profite de ces congés forcés pour enfin pendre le temps (j’ai encore de quoi lire pour un confinement de 6 mois au moins).

Castlelek, une ville prospère, tranquille, indépendante où il ne se passe jamais rien.

Une gamine, Shannon, intrépide, curieuse, aventureuse, qui se lie d’amitié avec un géant (Tyrom) vivant en ermite dans les hauteurs de la ville, sorte d’ours mal léché ronchon et amnésique, qui va, comme nous, s’attacher à la petite Shannon.

Effectivement, une amitié entre un vieux ronchon et une gamine bourrée d’espièglerie, on a tous connu ça. Un roi voisin qui veut mettre la main sur la ville indépendante, leur taxer du fric pour sa protection et qui envoie, pour les faire plier, des mercenaires, c’est du connu, ça se fait encore sûrement.

Un autre roi assassiné par un mage et le coupable qui a disparu sans que l’on arrive à mettre la main dessus, c’est du tout cuit aussi. Ne manquait que la fôte à « Aldoran m’a tué » inscrit au mur, par le doigt ensanglanté du roi mourant…

Mais comme je le disais, si le scénario est basique, la manière de le conter ne l’est pas et cet album se laisse lire du début à la fin avec avidité car si l’auteur nous emmène une fois encore dans les terres d’Arran que nous connaissons bien, il nous présente un nouvel ordre, celui des Mages, que nous avions entrevu dans un album de la saga Elfes.

Une fois de plus, tout se tient, tout s’enchaîne, même si je voudrais avoir un jour le plan de lecture de tous les albums des différents monde afin de relire tout dans le bon ordre.

Nous avons beau être dans de la fantasy, tout ce qui s’y passe, hormis la magie, n’est jamais que la copie de nos sociétés, à une époque donnée. Rien de neuf sous le soleil sauf l’art et la manière de raconter les histoires pour captiver les lecteurs.

Je compte bien découvrir la suite de la saga Mages pour voir comment elle évolue et si elle arrive au niveau des sagas Elfes et Nains… Sans oublier les sales bêtes d’Orcs et de Gobelins qui, pour le moment, ont tout pour me plaire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°214.

Le soleil des rebelles : Luca Di Fulvio

Titre : Le soleil des rebelles

Auteur : Luca Di Fulvio
Édition : Slatkine (2018) / Pocket (2019)
Édition Originale : Il bambino che trovo il sole di notte
Traduction : Françoise Brun

Résumé :
Le jeune prince Marcus est encore un enfant lorsqu’il assiste impuissant au massacre de toute sa famille.

Marcus ne doit son salut qu’à la jeune Eloisa, fille d’Agnete, la lavandière du village qui l’accueillera sous son toit pour l’élever comme s’il était son fils.

Luca di Fulvio retrace l’ascension paradoxale d’un petit prince qui va devoir apprendre dans la douleur comment devenir un homme.

Critique :
Marcus est un jeune prince, appelé à régner (araignée, quel drôle de nom) un jour sur le petit royaume de son père.

La convoitise étant mère de bien des vices et des crimes, le voisin, attiré par l’odeur alléchée des richesses qu’il convoite, fit massacrer tout le monde afin d’annexer ce territoire au sien.

Tout le monde est tué ? Non, le jeune héritier, Marcus, a échappé au massacre et il résiste encore et toujours à la mort, caché dans le sol, sous une trappe, chez une sage-femme et on l’a renommé Mikael.

Cela ne vous fait pas penser à une histoire universelle et bien connue, même si l’oncle assassin est remplacé par un seigneur voisin ? L’histoire d’un héritier qui, à un moment donné, va comprendre qu’il doit récupérer son royaume et ne pas oublier qui il est ?

Bingo ! Le roi lion ! Quoi, vous pensiez à autre chose ? Qu’il y avait quelque chose de pourri au royaume de Saxe ?

Si l’histoire racontée est universelle, c’est le talent de conteur de l’auteur qu’il faut mettre en avant car, grâce à sa plume, il va nous transporter en l’an de grâce 1407 mieux que si vous étiez réellement. Le froid mordra votre peau, les manches des outils déchireront vos mains délicates, la pluie ruissellera sur vos épaules frêles et votre estomac connaîtra la faim.

Les injustices vous tomberont dessus pire qu’une invasion de sauterelles et puisque vous appartenez à votre seigneur et maître et que ce dernier est un sale type capricieux, sadique, méchant, assoiffé d’argent, têtu, tyrannique, il se repaîtra de votre souffrance.

Si le réalisme ne manque pas du côté des décors et de la dure vie des serfs, je mettrai un petit carton rouge pour les personnages un peu trop manichéen à mon goût. Que les gentils soient bons, ça passe encore car Di Fulvio nous a créé des personnages attachants, bourrus, mais auxquels il est difficile de ne pas adhérer.

Le bât blesse au niveau des méchants… Autant où Scar était méchant mais emblématique, autant il a manqué d’épaisseur au seigneur d’Ojsternik.

Qu’il soit sadique et tyrannique, je n’en doute pas un seul instant, à cette époque, la vie n’a aucune valeur. Mais l’auteur aurait dû mettre un peu plus de profondeur à ce personnage central pour en faire un Méchant qui marque les esprits, tels un Scar ou un Geoffrey dans Game Of Thrones.

Le grand méchant de cette histoire m’a simplement agacée (au départ, il m’avait m’horrifiée).

Un autre petit bémol sera pour la longueur… Non pas celle des pages, mais des brimades subies par les petites gens de la Raühnvahl, où Marcus/Mikael a trouvé refuge.

Certes, je ne nierai pas que ces gens étaient à la merci de leur seigneur et que si ce dernier était cruel, ils allaient en baver, mais à force qu’il leur arrive trop d’horreurs, ça perd de sa puissance, le cerveau se déconnecte et on n’attend qu’une chose, que Marcus/Mikael arrive enfin à sa vengeance pour éliminer cet enculé de méchant qui n’a même pas entièrement l’étoffe d’un grand, même si, lui au moins n’est pas un cruel trouillard, comme Geoffrey Barathéon (GOT).

Le final est prévisible, de ce côté là, pas de surprise à attendre de la part de l’auteur. Je ne dirai rien là-dessus, un peu de douceur après toutes ces brutalités, ces horreurs, ces privations, ces brimades, ces assassinats, ça fait du bien.

Ce ne sera pas un coup de coeur total, mais n’allez pas non plus croire que je me sois embêtée durant ma lecture, loin de là ! Je l’ai appréciée, vraiment, mais quelques détails m’ont fait tiquer et si chez les autres, c’est passé comme une lettre à la poste, ça passera peut-être muscade chez vous aussi.

Il me reste encore deux pavés de cet auteur et je les lirai aussi car les aventures sont belles et les personnages « gentils » sont attachants, du genre de ceux qu’on aimerait croiser dans sa vie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°210 et le Challenge Pavévasion – Saison 1 (17 mars – 15 avril ?) chez Mez Brizées [Lecture N°02 – 640 pages].

Jours barbares : William Finnegan

Titre : Jours barbares

Auteur : William Finnegan
Édition : du sous-sol (16/03/2017) / Points (2018)
Édition Originale : Barbarian Days (2015)
Traduction : Frank Reichert

Résumé :
Le surf ressemble à un sport, un passe-temps. Pour ses initiés, c’est bien plus : une addiction merveilleuse, une initiation exigeante, un art de vivre.

Élevé en Californie et à Hawaï, William Finnegan a commencé le surf enfant. Après l’université, il a traqué les vagues aux quatre coins du monde, errant des îles Fidji à l’Indonésie, des plages bondées de Los Angeles aux déserts australiens, des townships de Johannesburg aux falaises de l’île de Madère.

D’un gamin aventureux, passionné de littérature, il devint un écrivain, un reporter de guerre pour le New Yorker.

À travers ses mémoires, il dépeint une vie à contre-courant, à la recherche d’une autre voie, au-delà des canons de la réussite, de l’argent et du carriérisme ; et avec une infinie pudeur se dessine le portrait d’un homme qui aura trouvé dans son rapport à l’océan une échappatoire au monde et une source constante d’émerveillement.

Ode à l’enfance, à l’amitié et à la famille, Jours Barbares formule une éthique de vie, entre le paradis et l’enfer des vagues, où l’océan apparaît toujours comme un purgatoire.

Un livre rare dont on ne ressort pas tout à fait indemne, entre Hell’s Angels de Hunter S. Thompson et Into The Wild de Jon Krakauer.

Critique :
Si tenir debout sur une planche de surf au milieu des vagues ou des tempêtes est une belle métaphore de nos vie, j’aurais dû penser à me munir d’un gilet de sauvetage car je me suis noyée à la moitié du livre.

Le surf n’est pas un sport que je pratique (déjà que je ne tiens pas super bien sur un skate) mais puisque d’autres l’avaient lu et apprécié et que ces derniers n’étaient que des surfeurs du web, je m’étais dit que moi aussi j’allais aller taquiner les vagues.

Si au départ la mer était joueuse et que j’avançais bien, à un moment, c’est comme si on avait relié une ancre à ma planche, comme si je ramais à contre-courant : plus rien n’avançait et les pages se tournaient doucement, trèèèès doucement…

Alors que je me devais d’être vigilante, je piquais du nez en plein océan !

Tant que l’auteur me parlait de sa jeunesse, à Hawaï, fin des années 50, tout allait bien et même si les termes utilisés dans le surf étaient présents en masse, j’étais tout de même captivée par ces jeunes qui étaient prêt à tout pour surfer sur les vagues, à tout moment.

Ce n’est pas la première fois que je bois la tasse avec un roman, le plus chiant est que ce roman faisait partie de ma PAL Pedigree, celle des champions, celle qui se compose de livres que je veux absolument lire, ceux qui sont les plus susceptibles de me procurer des coups de coeur.

Loupé !

L’Institut : Stephen King

Titre : L’Institut

Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (29/01/2020)
Édition Originale : The Institute (2019)
Traduction : Jean Esch

Résumé :
Au milieu de la nuit, dans une maison d’une rue calme de la banlieue de Minneapolis, des intrus assassinent en silence les parents de Luke Ellis et l’embarquent dans un SUV noir. L’opération prend moins de deux minutes.

Luke se réveillera à l’Institut, dans une chambre qui ressemble à se méprendre à la sienne, sauf qu’il n’y a pas de fenêtres. Et derrière sa porte se trouvent d’autres portes, derrière lesquelles se trouvent d’autres enfants aux talents spéciaux – télékinésie et télépathie – qui sont arrivés ici de la même manière que Luke : Kalisha, Nick, George, Iris et Avery Dixon âgé de 10 ans.

Ils sont tous dans la Moitié Avant. Luke apprend que d’autres sont passés à la Moitié Arrière, « comme les motels crasseux », déclare Kalisha. « On y entre, mais on n’en ressort pas. »

Dans la plus sinistre des institutions, la directrice Mme Sigsby et son personnel s’efforcent sans merci à extraire de ces enfants la force de leurs extraordinaires dons. Il n’y a pas de scrupules ici. Si vous faites ce qu’on vous dit vous recevez des jetons pour les distributeurs automatiques.

Si vous ne le faites pas, la punition est brutale. À chaque nouvelle victime qui disparaît dans la Moitié Arrière, Luke devient de plus en plus désespéré à l’idée de sortir et de chercher de l’aide. Mais personne ne s’est jamais échappé de l’Institut.

Critique :
Stephen King aurait donc cuisiné deux de ses romans : ÇA (pour la bande de gamins) et Charlie (pour les pouvoirs que le Gouvernement veut s’approprier)…

Moi je demandais à voir, à tester, à découvrir. 600 pages de Stephen King, en ce moment, ça tombait on ne peut plus bien.

Le départ m’a étonné car on commence avec l’histoire de Tim auquel un brillant avenir de veilleur de nuit s’offre à lui, dans une petite ville perdue dans le trou du cul du Sud Profond…

Ben et les gosses alors ? Bon, intriguée, je continue, c’est le King, il pourrait encore me parler de l’annuaire téléphonique que je suivrais pour voir.

C’est chouette, c’est amusant, plaisant et puis on arrive à l’histoire de notre Luke, tout va bien, la vie est belle et puis pan dans ta gueule. Tu batifolais dans l’histoire du roman avec le sourire aux lèvres ? Maintenant, on ne rigole plus et tu as l’impression d’arriver dans les heures vachement sombres de l’Histoire.

Un Institut où l’on retient des enfants prisonniers, des enfants possédant des dons de télépathe et/ou de télékinésie, où l’on joue avec le bâton (électrique) ou la carotte pour récompenser (jetons pour des friandises), des enfants pucés, comme de vulgaire animaux domestiques, traités comme des cobayes, des possessions et non des humains…

Purée, bientôt un petit plaisantin va rajouter que le travail rend libre ! Niveau plombage d’ambiance, le King est champion car il te fait passer du joyeux au glauque, sans pour autant sortir des monstres de sous les lits car les monstres sont des humains qui sont persuadés qu’ils œuvrent pour sauver l’Amérique et le Monde. Un air déjà entendu…

Il y a un attachement direct avec les personnages, du moins, avec ceux qui sont du bon côté, il est peu probable que l’on ait des affinités avec madame Sigsby, Zeke, Stackhouse, ceux qui sont du côté des tortionnaires.

Malgré tout, je tiens tout de même à signaler que le King, s’il nous a donné des enfants attachants (surtout l’Avorton) a réussi à nous faire des méchants qui sortent de l’ordinaire, dont certains pourraient même nous faire douter… Non, je ne douterai pas !

À un moment, je me demandais où se trouvait l’amitié comme on retrouvait dans ÇA, où cette bande de gosses avaient réussi à m’émouvoir, car ici, je le ressentais moins. Il y avait un embryon d’amitié, on la voyait, mais pas au même point que notre bande face au clown diabolique.

Puis, à un moment donné, j’ai ressenti cette amitié, ce côté l’union fait la force, que le King a piqué sur notre devise nationale, même si nous devrions un peu plus l’appliquer car seul, on ne vainc pas. Unis oui.

Malgré tout, il aura manqué un chouia pour que cette bande de jeunes soient du niveau de celle de ÇA, mais les histoires sont différentes, même si nous sommes dans la lutte, avec des ennemis qui ne jouent pas dans la même cour de récréation…

Le clown était terriblement démoniaque, mais il est de l’ordre du fantastique tandis qu’ici, les scientifiques sans consciences et les tortionnaires sanguinaires sont le reflet de ce qui a existé, de ce qui existe encore et de ce qui existera toujours. Niveau froideur dans le dos, c’est un bloc de glace.

Anybref, le dernier livre que le King nous livre est une fois de plus au top, même s’il ne lui a manqué que peu de choses pour arriver au niveau de certains, peut-être aurait-il dû développer un peu plus cette histoire d’amitié entre les jeunes…

Même si je conçois qu’une histoire d’amitié dans un centre d’expérimentation est plus difficile à développer qu’avec des écoliers en vacances… Je pinaille, normal, c’est le King, j’ai été habituée à l’excellence.

Un roman fantastique qui sent mauvais les expérimentations de certaines nations, toutes autant qu’elles le sont (les nazis n’ont pas le monopole), qui sent la déshumanisation, mais aussi l’amitié, l’union qui fait toujours la force car seul, on n’est rien.

Un roman qui frappe les États-Unis, même si le King a déjà frappé plus fort. Un roman qui explore aussi le Sud et les liens qu’il y a entre les gens. Un roman qui nous parle de la science sans conscience, ce qui donne la ruine de l’âme car ces gens sont persuadés de faire le bien.

Un roman qui fait froid dans le dos. Mais aussi chaud au coeur. I love the King !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°205 et le Challenge Pavévasion – Saison 1 (17 mars – 15 avril ?) chez Mez Brizées [Lecture N°01 – 601 pages].