V pour Vendetta – Intégrale : Alan Moore & David Lloyd

Titre : V pour Vendetta – Intégrale

Scénariste : Alan Moore
Dessinateur : David Lloyd

Édition : Delcourt (25/01/1999)

Résumé :
Londres, fin du XXe siècle : plus personne n’ose résister au « Système ». L’œil et l’oreille espionnent, le nez enquête, la bouche désinforme et la main fait régner l’ordre et la terreur.

L’Angleterre a pris les couleurs du fascisme. La culture a été effacée. Pourtant quelqu’un ou quelque chose rôde dans les ruelles sombres.

Il est vêtu comme un comédien, masqué d’un éternel sourire, cite Shakespeare, sauve les innocents, pose des bombes et préserve ce qu’il reste de la culture dans son musée des ombres. Un anarchiste s’est glissé au cœur du système.

Ni comédien ni tragédien, ni bouffon ni fou, ni fanatique ni terroriste, ou peut-être tout cela à la fois, il n’a pour nom qu’une initiale : V. V pour Vendetta. V pour Vengeance.

À moins que ça ne soit pas aussi simple que ça…

Critique :
Comment parler de cette intégrale que j’ai lu en plusieurs jours, tant elle est foisonnante de détails, de dialogues ciselés et dont l’atmosphère était lourde ?

Une uchronie sombre, dure, travaillée, violente, dérangeante, superbe…

Le festival des adjectifs et des superlatifs vient de s’ouvrir ! Qui dit mieux ?

Watchmen était déjà une œuvre aux personnages fouillés et à l’histoire complexe, mais avec celui-ci, on a encore franchi une limite dans le « oufti putain que c’est bon ».

Fin 20ème siècle, années 90. L’Angleterre sous une dictature implacable, qui fait peur et qui a tout de ce qu’auraient été notre vie si les nazis avaient gagné, camps d’internements compris.

Restrictions totale des libertés (le mot « liberté » existe-t-il encore ??), surveillance audio, vidéo (on va éviter de se promener à poil chez soi), contrôle de l’information, culte de la personnalité, arrestations arbitraires avec internement de certaines catégories de personnes dans des camps de concentration, anéantissement de la culture, des livres, du cinéma,… Les gens ne savent même plus ce qui a existé avant.

Si je n’ai pas vraiment accroché aux dessins (qui, je dois l’avouer, collent parfaitement avec l’histoire), le scénario, lui, est de toute beauté dans son réalisme car ce que les auteurs décrivent pourrait très bien nous arriver. Ça nous pend peut-être même déjà au nez.

Pour le lecteur habitué aux mangas, la surprise sera de taille car pas d’onomatopées (aucune !!) glissées ça et là pour bruiter l’action, pas de ballons de pensées non plus, et exit les pavés narratifs aussi, le tout ayant déstabilisé l’amatrice de bédé que je suis.

Entre nous, on s’y habitue vite, le talent des auteurs résidant dans le dessins et la narration qui arrivent à se passer de ses trois artifices, sublimant l’action et la narration, pour nous proposer un monument de la littérature dessinée.

Les personnages sont plus que criants de vérité, et V, celui qui s’insurge, celui qui est seul à se dresser contre l’oppresseur et la tyrannie, le seul à donner de la voix à la multitude silencieuse, il est humain, mystérieux, intrigant, passionnant, possède de l’humour et de la dérision.

Il a des valeurs morales, est prêt à tout pour faire tomber cette dictature abjecte et possède aussi des désirs de vengeance. Mon chouchou dans l’Histoire.

Son personnage s’est fortement inspiré de Guy Fawkes, le terroriste catholique qui est à l’origine de la Conspiration des Poudres qui eu lieu en 1605. Il faisait partie de ceux qui avaient planifié l’assassinat du roi Jacques Ier et de faire péter la Chambre des lords.

Quant au scénario, il y a du 1984 d’Orwell, mélangé à du Fahrenheit 451 de Bradbury avec une touche de Dumas et de son célèbre Edmond Dantès mué en un comte de Monte-Cristo vengeur, s’attaquant à ceux qui furent à l’origine de son emprisonnement.

V pour Vendetta est un joyaux noir, taillé à la juste mesure, éclairé de sombritude (oxymore additionné d’un néologisme, je sais) qui dénonce les régimes autoritaires et tout le cortège de privations qui va avec tout en mettant en garde le lecteur : sois vigilant, mec, ça pourrait revenir sans que tu le sentes venir !

Une putain d’excellente uchronie dessinée !

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

 

Bienvenue à Oakland : Eric Miles Williamson

Titre : Bienvenue à Oakland

Auteur : Eric Miles Williamson
Édition : Points – Roman Noir (2012)

Résumé :
T-Bird Murphy est un homme révolté qui rejette la société et vit dans un garage isolé du Missouri. Violent, raciste et marginalisé, il revendique la déchéance comme nouvelle forme de liberté et tire sa force de la musique et de la littérature, apprises en secret.

Critique :
Bienvenue à Oakland ? Mon cul, oui ! Pas vraiment la destination rêvée pour les vacances et une fois la lecture entamée, on est vachement heureuse de ne pas être originaire de là.

Y a rien de plus beau que la volonté de vivre lorsqu’on baigne dans le désespoir absolu. L’espoir c’est pour les connards. Il n’y a que les grandes âmes pour comprendre la beauté du désespoir.

Qu’est-ce qui à Oakland ? Des gens qui travaillent pour gagner leur vie, des bosseurs manuels, des trimeurs, des esclaves, genre damnés de la terre, des gens qui se salissent dans leur boulot et qui ne seront jamais propres, même après s’être lavé les mains à la javel  ou à l’essence de térébenthine.

Il y a, dans ces pages, un monde souterrain, une faune d’humains qui vivent d’une autre manière que nous, des gens qui ont les mains abîmées à force de les avoir plongées dans le cambouis ou de les avoir récurées au solvant.

Ce livre ne raconte pas comment j’ai surmonté l’adversité ou lutté contre mon environnement, parce que j’aime et que j’ai toujours aimé mon milieu – sauf la fois où j’ai fait le snob en épousant une fille des quartiers résidentiels.

Ce livre parle de gens qui travaillent pour gagner leur vie, les gens qui se salissent et ne seront jamais propres, les gens qui se lavent les mains à la térébenthine, au solvant ou à l’eau de javel …quand ils pèlent comme un serpent qui mue, dessous il reste encore de la graisse, de l’huile et de la crasse, imprégnées jusqu’à l’os. Pour toi, ce sont des personnages, pour moi c’est la famille, ceux avec qui j’ai grandi.

Bienvenue chez le peuple de l’abîme version américaine. T-Bird, le narrateur, n’a pas eu besoin de se déguiser pour découvrir la vie de ces miséreux alcoolos, drogués, paumés, cocus de première, non, il y est né, il y a grandi et même après s’en être sorti, il y est revenu, parce que c’est ici son Home Sweet Home, même si avait rêvé d’aller chez les Autres, ceux qui avaient du fric et qui  l’étalaient.

Ils me foutaient la gerbe, parce que leur monde était à une telle distance du mien, tellement barré dans les étoiles, que c’est tout juste si j’avais droit, de temps à autre, à une petite culotte en soie en dentelle qui ne sortait pas du centre commercial du coin. Mais je voulais une adresse, un numéro de téléphone, une vie normale et sans surprise. Je voulais une télévision que je pourrais regarder tous les soirs de la semaine, un lit et des rideaux. Je voulais être heureux, aussi heureux qu’eux. Aussi heureux qu’eux.

Âmes sensibles ou puritaines, abstenez-vous d’ouvrir ce roman et de le lire car le narrateur ne fait pas dans la dentelle, c’est cru, violent, sans édulcorant, brut de décoffrage. Nous explorons le monde d’en bas…

Ce dont on a besoin, c’est d’une littérature imparfaite, d’une littérature qui ne tente pas de donner de l’ordre au chaos de l’existence, mais qui, au lieu de cela, essaie de représenter ce chaos en se servant du chaos, une littérature qui hurle à l’anarchie, apporte de l’anarchie, qui encourage, nourrit et relève la folie qu’est véritablement l’existence quand nos parents ne nous ont pas légué de compte épargne, quand on n’a pas d’assurance retraite, quand les jugements de divorce rétament le pauvre couillon qui n’avait pas de quoi se payer une bonne équipe d’avocats, une littérature qui dévoile la vie de ceux qui se font écrabouiller et détruire, ceux qui sont vraiment désespérés et, par conséquent, vraiment vivants, en harmonie avec le monde, les nerfs à vif et à deux doigts de péter un câble, comme ces transformateurs électriques sur lesquels on pisse dans la nuit noire d’Oakland.

Avis aux puritains : si vous voulez tout de même le lire, vous me ferez le compte de tout les gros mots tels que enculés, putains, bites, loches, baiser, merde, nègres, négros, et j’en passe !

Oui, le style est cru, violent, les paroles haineuses, la plume n’y va pas par quatre chemins, elle a la rage et le narrateur digresse souvent dans son récit, nous expliquant des tas de choses tout en nous causant d’autre chose et j’ai parfois perdu le fil du départ. Mais on s’habitue vite et le récit devient addictif.

Dans ces pages, on ne fréquente pas le beau monde, ni le haut du panier, on est dans une sorte de ghetto blanc, chez ce qu’on appelle des White trash, ou déchets blancs, on boit dans un bar miteux, on croise des gens peu fréquentables, mais uni par une profonde amitié et par le fait qu’ils vivent dans le même quartier.

L’Amérique décrite ici n’a rien à voir avec ce que l’on voit dans les séries clinquantes, nous ne sommes pas à Beverly Hills mais à Oakland avec les paumés de la vie, avec les gens qui, quoiqu’ils fassent, ne sortiront jamais de là et trimeront jusqu’à leur mort, qu’elle survienne dans leur lit, par un gang ou par un accident de travail.

Le père Camozzi était un expert en mariages. J’avais joué dans des mariages mexicains qui avaient tourné en guerre des gangs; une fois, je l’avais vu ouvrir le crâne de six gars avec une matraque qu’il cachait sous sa soutane.

Un roman noir qui malmène son lecteur, qui ne lui laisse que peu de fois respirer, qui insulte le lecteur bobo qui jouit de tout le confort.

Un roman dont l’auteur a trempé sa plume dans de la rage pure, dans le vitriol, mais sans jamais sombrer dans le manichéisme, le pathos ou dans la violence gratuite avec des descriptions insoutenables.

Bienvenue dans le monde des gens qui bossent pour ne pas crever de faim, pour essayer de payer leurs factures, d’avoir un toit sur leur tête ou au moins une caravane, bienvenue dans un monde où la femme n’en sort pas grandie (nos consœurs qui frayent dans ces pages sont de vraies salopes), où l’on boit pour oublier que l’on trime du matin au soir et qu’on change de boulot plus souvent que de calebard !

Quand on descend une salope dans son genre, surtout une salope d’ex, la caution va pas chercher plus loin que dans les deux mille. Les juges comprennent ce qu’un homme est obligé de faire parfois.

Noir c’est noir, il ne reste même plus l’espoir, pourtant, je me suis immergée dans cette noirceur avec facilité et j’ai même ri avec le bon tour  joué à Fat Daddy  ou avec certains personnages totalement déjanté.

Une lecture à réserver aux amateurs du genre, ou à ceux qui veulent que leur lecture leur foute un coup de pied dans le cul !

Et toi, qui est en pleine crise existentielle, j’ai un petit conseil à te donner : trouve-toi un putain de boulot. Les pauvres vont pas chez le psy. Ils vont bosser.

Personne ne savait que je lisais tous ces bouquins. C’est pas le genre de truc qui s’avoue, dans mon quartier. Si tu racontes qu’au lieu de mater le match des Raiders ou de picoler de la bière tu lis des bouquins, merde, tout le monde va penser que t’es une tarlouze, plus personne ne t’adressera plus jamais la parole et, ce qui est clair, c’est que plus personne ne te fera plus jamais confiance, pas avec cette tête remplie de gentilles petites conneries artistiques de coco, cette tête dans les nuages qui regarde tout le monde de haut. Si tu lis des bouquins, eh ben, tu le gardes pour toi.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Les Vieux Fourneaux – Tomes 1 – 2 – 3 : Wilfrid Lupano & Paul Cauuet

Titre : Les Vieux Fourneaux – Tomes 1 – 2 – 3

  • Tome 1 – Ceux qui restent (2014)
  • Tome 2 – Bonny and Pierrot (2014)
  • Tome 3 – Celui qui part (2015)

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Paul Cauuet

Édition : Dargaud

Résumé :
Les Vieux Fourneaux raconte les aventures de trois septuagénaires, amis depuis leur plus tendre enfance: Antoine, Emile et Pierrot. Chacun a suivi sa route, chacun a fait ses choix, chacun a fondé (ou pas) une famille.

Séquelles, souvenirs, fragments de vies (presque) passées. Il reste pourtant à ces trois-là de belles choses à vivre, et une solide amitié chevillée au corps.

Les Vieux Fourneaux, à travers dʼincessants va-et-vient entre les années cinquante et les années 2010, raconte sur un mode tragi-comique notre époque, ses bouleversements sociaux, politiques et culturels, ses périodes de crise.

vieux-fourneaux-autre_232992Critique :
Après quelques romans noirs sur les truands, la prohibition ou la Grande Dépression, il me faut de quoi me remonter le moral… Après avoir vu les infos aussi !

— Quand on fait fortune en fabriquant des anti-dépresseurs , forcément , un monde de merde , ça fait rêver.

Pour cela, j’ai un bon plan : « Les vieux fourneaux » de Wilfrid Lupano, celui-là même qui m’avait déjà bien fait rire avec « L’ Homme qui n’aimait pas les armes à feu ».

Vieillir tue ! On ne nous le dit pas assez… Et vieillir con, aussi.

— Tu comptes faire chier le monde encore longtemps ?
— Le plus longtemps possible, oui. Qu’est ce que tu veux faire d’autre ? À nos âges, il n’y a plus guère que le système qu’on peut encore besogner. Du coup, ma libido s’est reportée sur la subversion. C’est ça ou moisir du bulbe.

Mais il ne sera pas dit que nos trois p’tits vieux ont l’intention de vieillir con, surtout pas Pierrot qui, avec son collectif « Ni yeux, ni maîtres » est déjà un sacré militant et un fouteur de bordel aux congrès de l’UMP ou autre parti politique français.

— Des non-voyants anarchistes ! « Ni yeux ni maître », qu’on s’appelle ! On fait du terrorisme situationnel. C’est bidonnant. On s’incruste dans les réceptions, les soirées branchées, les cocktails, les réunions politiques, et pis on fout le boxon. Que des handicapés et des vieux méchants comme des teignes ! Le cauchemar des services d’ordre. S’ils nous touchent, on porte plainte, on demande des dommages et intérêts, ça arrondit les fins de mois.

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Ces trois tomes, je les ai cherché longtemps, une fois que je les ai eu enfin en main à la bibli, je ne les ai plus lâché et je me suis plongée dans les tribulations de ces trois septuagénaires, ces trois amis d’enfance- Pierrot, Mimile et Antoine – qui se retrouvent à l’occasion de l’enterrement de Lucette, l’épouse d’Antoine.

L’occasion de se remémorer des bons souvenirs entre amis !

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Le style est avant tout drôle, caustique, sarcastique, ironique et qui pique juste là où il faut, dénonçant notre société de consommation, les gros industriels qui se foutent de tout – la Nature, l’Humain – la connerie humaine et notre génération qui a tout foutu en l’air et qui continue, droit dans le mur…

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— Vous êtes inconséquents, rétrogrades, bigots, vous votez à droite, vous avez sacrifié la planète, affamé le tiers-monde ! En quatre-vingts ans, vous avez fait disparaître la quasi-totalité des espèces vivantes, vous avez épuisé les ressources, bouffé tous les poissons ! Il y a cinquante milliards de poulet élevés en batterie chaque année dans le monde, et les gens crèvent de faim ! Historiquement, vous… VOUS ÊTES LA PIRE GÉNÉRATION DE L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ ! Et un malheur n’arrivant jamais seul, vous vivez HYPER vieux !

Un pied dans le présent et des retours en arrière pour nous expliquer un peu le passé de ces drôles de zigs qui n’ont pas toujours été droit dans leurs bottes…

J’ai adoré les actions folles réalisées par tout un groupe de vieux qui sont bien déterminés, avant de partir pour le terminus de Saint-Pierre, de dénoncer certains faits ici-bas, le tout avec un style bien à eu, avec des hackeurs, des aveugles et un des leur qui peut se transformer en Human Bomb et péter sur commande. Effet garantit au prochain meeting des Républicains !

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Ça grince des dents, mais cela reste avant tout une comédie, on est en plein dans la lutte des classes, dans le choc des générations, dans le social, les syndicats, la chute de notre société et des activistes en déambulateur.

Les dialogues sont à déguster dans modération, à relire plus lentement pour les savourer une fois de plus, tout en se marrant allégrement.

— J’aurais préféré le tuer à coups de pied, mais avec mon arthrite…

— Qu’est-ce que tu viens faire ici ? T’es sur une propriété privée !
— M’emmerde pas, c’est pour les bêtes que je suis là.
— Fous-moi le camp, je te dis ! Mes bêtes elles préfèrent crever que de voir ta tronche !
— Ben, puisque t’as l’air d’être le chef du troupeau, t’as qu’à leur montrer l’exemple !

Niveau dessins, faut les savourer aussi, surtout les mimiques de nos gars… Le diable se cache dans les détails, c’est bien connu.

Une saga politiquement incorrecte, des vieux qui n’ont rien à perdre, rien à foutre de ce que l’on pense d’eux, ils n’ont pas peur de se faire arrêter par des flics, de conduire comme des manches, ou de se taper un road-movie jusqu’en Toscane pour laver un affront…

— Dis, tu vas klaxonner et faire des appels de phare tout le long comme ça ?
— Oui, j’ai remarqué que les gens sont plus attentifs quand je fais ça.

— Pfffiou ! Dis donc, parler à des flics, ça reste quand même le dernier grand vertige intellectuel. À nos âges on devrait être dispensés.

Le tout en demandant à Sophie, la petite-fille préférée d’Antoine, de les conduire jusque là, alors qu’elle est enceinte jusqu’au dents !

— Il faut faire des enfants, c’est merveilleux, les enfants…
— Un beau petit qui va avoir une belle vie.
— Ou pas.
— Comment ça, ou pas ?
— Je sais pas, vous le trouvez si merveilleux, vous le monde ? C’est bien les vieux, ça.
— Ben… Sophie…
— Quoi, c’est vrai ! Vous autres, les vieux, vous êtes toujours là à vous extasier devant les enfants ! « Et qu’il est mignon, et gnagnagna ! » Vous feriez mieux de vous excuser, ouais ! Regardez autour de vous ! Vous nous laissez un monde tout pourri, vous avez tout salopé, et ensuite vous venez souhaiter bon courage aux locataires suivants ! Vous manquez pas d’air !

Et puis, de temps en temps, c’est eux qui s’en prennent plein la tronche par Sophie qui déterrera un vieux secret peu reluisant sur nos petits vieux préférés.

— J’ai déjà eu honte, dans ma vie, comme ça, en amateur, mais depuis deux jours, j’ai vraiment l’impression d’être passé professionnel.

— Des fois, j’ai envie de vous frapper, les vieux, quand je vois votre bilan. Faut pas vous étonner s’il y a plus de respect pour les anciens, hein…

Je m’en vais militer pour un 4ème tome, moi !

—  Mais lâchez-moi !
—  Michel, amène le taser.
—  NAZIIIS !
—  N’en fais pas trop, va ! T’as pas la tenue adéquate.*
—  Y a pas de tenue pour s’indigner !
[* déguisé en abeille]

Pierrot : « Tu sais ce que je crois ?
Antoine : Non…
Pierrot : Je pense que le monde ne nous mérite pas ! A nous deux, c’est bien simple, on fait trembler les puissants, et on relance l’économie ! Et encore, on n’est pas chauds, il est même pas onze heures !
Antoine : Et Mimile n’est même pas là ! »

Étoile 4,5

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Transmetropolitan – Tome 5 – Année 5 : Warren Ellis & Darick Robertson

Titre : Transmetropolitan – Tome 5 – Année 5

Scénariste : Warren Ellis
Dessinateur : Darick Robertson

Édition : Urban Comics Editions (2015)

Résumé :
Rien ne va plus pour Spider Jerusalem. Il vient de perdre son boulot et tout ce qu’il lui restait, une infection du cerveau en phase terminale vient de lui être diagnostiquée et le Président des États-Unis en personne n’a rien d’autre à faire que de lancer une horde d’assassins à ses trousses.

Pour autant, le journaliste hors-la-loi n’en perd pas son large sourire jubilatoire.

Ses sordides assistantes viennent de mettre la main sur un indice de poids capable de prouver la corruption et les meurtres perpétrés par le chef de l’État. Spider a la Vérité pour alliée, et rien d’autre ne compte.

transmetropolitan-annee-5-3Critique :
♫ Et voilà, c’est fini ♪ ♫ Ne sois jamais amer, reste toujours sincère ♪ (1)

Dernier volume de cette saga dantesque, cette série trash qui m’a emmené là où aucune autre auparavant ne m’avais emmenée.

J’avais hâte de lire le dernier album et pas trop envie parce que je savais qu’après celui-ci, je ne lirais plus jamais les enquêtes journalistiques de Spider Jerusalem, le journaliste le plus déjanté, le plus drogué, le plus fumeur, le plus buveur, le plus vulgaire, le plus colérique, le plus misanthrope, le plus athée et le plus barré que la planète ait jamais connu.

Durant 4 albums, j’ai suivi Spider dans son travail de journaliste gonzo, dans sa recherche de la Vérité et je dois vous dire qu’on atteint les plus hauts niveaux dans le cynisme, le sadisme, la misanthropie, les drogues, les clopes, l’alcool, les insultes, le refus de l’autorité, le bafouement des règles, le tabassage, ou l’utilisation intensive d’armes prohibées dont le terrible Agitateur d’Intestins (dont les réglages de base sont diarrhée liquide et prolapsus, ainsi que divers réglages plus fantaisistes tels que « volcan intestinal » ou « horreur intestinale innommable »).

Si Spider affectionne tant cette arme, en dépit de son illégalité, c’est qu’elle est non-létale, humiliante et intraçable. Et putain, moi aussi je voudrais la même !!

Franchement, tu sais ce que c’est, le pire, dans cette saga ? C’est que c’est lui le gentil !! Oui, c’est Spider Jerusalem le gentil… Et ça, ça m’en bouchera toujours un coin.

Dernière ligne droite donc, avec un Spider malade, un Spider qui cherche ses mots mais qui, aidé de ses deux sordides assistantes, veut mettre un point (poing ?) d’honneur à faire virer le président Gary Callahan, alias Le Sourire et à dénoncer toutes ses magouilles et les meurtres qu’il a commis durant sa campagne (et après).

Le dernier tome ne nous laisse pas le temps de dormir sur nos lauriers, le président multipliant les exactions, avec l’aide des flics et après avoir muselé toutes les chaines d’infos.

Les dessins sont toujours superbes, les détails aussi (faut s’amuser à tout repérer dans les dessins de Darick Robertson) et le scénario ne se barre jamais en couilles (pas comme la santé de Spider).

Un final sous haute-tension, je vous le dis. Tous les coups sont permis et Spider Jerusalem a franchi une nouvelle étape dans sa recherche de la vérité à tout prix. Si, c’était encore possible d’aller plus loin…

L’auteur continue de mettre le doigt là où ça fait mal, c’est-à-dire sur les travers de notre société et dénonce aussi les mécanismes de récupération des multiples tragédies que le gouvernement utilise à des fins de communication positive.

Quand ce n’est pas la programmation même d’une catastrophe dans le but de la récupérer politiquement, tout en se débarrassant de certains quartiers et des pauvres gens qui y vivaient.

Les dernières pages sont consacrées à des extraits des différents articles que Spider Jerusalem a écrit pour le journal « The Word ». Des courts paragraphes de texte, le tout illustré par des pleines pages dont chacune est réalisée par un artiste différent.

Une saga dont je suis contente d’avoir découverte et qui fera partie de mes indispensables car elle m’a emmenée là où aucune autre n’avait osée le faire, le tout en restant réaliste dans les événements survenus, même si nous étions dans un Futur où j’espère ne jamais vivre.

Un gros coup de coeur général pour les 5 volumes qui compose Transmetropolitan.

Étoile 4

(1) Voilà C’est Fini – Jean-Louis Aubert

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

BILAN - Coup de coeur

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Transmetropolitan – Année Quatre – Tome 4 : Warren Ellis & Darick Robertson

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Titre : Transmetropolitan – Année Quatre – Tome 4

Scénariste : Warren Ellis
Dessinateur : Darick Robertson

Édition : Vertigo Essentiels (2015)

Résumé :
Avoir pour adversaire les deux tiers de la Ville n’est pas chose nouvelle pour le reporter hors-la-loi Spider Jerusalem. Ceci dit, avoir pour ennemi principal le président des États-Unis est une tout autre histoire, surtout lorsque celui-ci est plus enragé qu’un serpent à sonnette sous amphet’.

Le temps est donc compté pour Spider et ses loyales (et sordides) assistantes, forcés de se cacher et de mener leur guérilla journalistique via des méthodes plus discrètes. Mais le danger est aussi là où on ne l’attend pas, et Spider risque fort d’en faire les frais.

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Quelque chose cloche. Je le sens dans mon testicule gauche, celui où un franc-maçon a planté un clou.

Mais non, il ne m’est pas poussé une paire de couilles durant la nuit ! Ce n’est pas moi qui ai dit ça, mais Spider Jerusalem, bande de moules, va !

Spider Jerusalem, notre ami journaliste totalement barré… Souvenez-vous que la fois dernière, nous l’avions laissé en bien fâcheuse posture…

Notre journaliste gonzo préféré avait été censuré lors de la parution d’un de ses articles et le journal pour lequel il travaillait l’avait licencié.

Why ? Ce salopard de nouveau président, celui que l’on surnomme le Sourire, vient juste de durcir sa politique concernant les médias et il en a tout particulièrement après Spider. Le voici sans médias pour publier ses articles.

Comment le héros va-t-il réagir ?

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Rien à redire, les auteurs sont toujours aussi barré, que ce soit aux dessins ou au scénario. Spider, quant à lui, ne déroge pas à la règle et il est véritablement déchaîné (plus que d’habitude encore).

C’est toujours aussi cynique, sarcastique, trash, cinglant et on explore toujours les sujets qui dérangent avec, cette fois-ci : le contrôle des médias par le pouvoir politique, les manipulations obscures, les assassinats commandités, la prostitution infantile, la misère, les magouilles politiques…

Bien que ce soient des sujets souvent abordés dans la saga, Warren Ellis ne sombre pas dans la redite et parvient sans problème à se renouveler, le tout sans répéter les épisodes précédents.

La guerre entre Spider et le président est déclarée et il n’est pas encore né celui qui empêchera notre journaliste de publier ses articles ! Il y a des canaux sur le côté, des pirates, et notre ami fumeur, buveur, drogué et speedé va devenir une sorte de croisement entre un blogueur et un Anonymous.

La pression est sur les épaule de Spider, ses sordides assistantes sont là pour l’épauler et on en apprend un petit peu plus sur elles, surtout sur Yelena. Et puis, notre Spider sera mis quelques fois en position dangereuse… et finira presque en enfer, là où il n’y a pas de cigarettes.

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J’ai apprécié aussi ce tome 4, comme tout la série jusqu’à présent. Certes, ça cause de politique, mais les auteurs le font bien, ils frappent sous la ceinture, ils sont justes, même s’ils utilisent le mode un peu punk et trash pour le dire.

La société futuriste qu’ils décrivent n’est tout compte fait pas si éloignée que ça de la nôtre, hormis pour les mélanges entre les humain et les petits gris préférés de l’agent Mulder.

Spider vit dans  un monde égoïste, où l’on se moque de la nature, des droits des minorités, des droits des gens et où le peuple ne demande qu’une chose Panem et circenses. Pour le reste, ce sont des moutons qui ne contrôlent pas les actes des gens pour lesquels ils ont voté et qui préfèrent lire les actus people que les actus réalistes.

Je me suis retrouvée frustrée quand fut venu le moment de refermer le livre : hé, attendez les mecs, vous allez pas me laisser poireauter de la sorte avec un final pareil ?? Non, mais, je fais quoi, moi, si je ne trouve pas le tome 5 tout de suite ??

Encore un tome réussi qui me fait monter mon rythme cardiaque et si ça continue, je vais terminer chez le cardiologue, moi !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule. Participait aussi au RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires (296 pages).

BILAN LECTURE - Veux la suite t'excites pas

 

 

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Transmetropolitan – Année 3 : Ellis Warren & Darick Robertson

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Titre : Transmetropolitan – Année 3

Scénariste : Ellis Warren
Dessinateur : Darick Robertson

Édition : Urban Comics (2015)

Résumé :
La Ville, antre de perdition et de fourmillements perpétuels, s’avère pour certains un lieu de solitude intraitable.

Surtout pour un journaliste tel que Spider Jerusalem, vénéré autant qu’il peut être méprisé. Mais bien sûr, face à la récente élection du Sourire à la tête du pays, ses états d’âmes sont le cadet de ses soucis.

Dans une société décérébrée où tout peut être acheté, volé et produit en masse, la Vérité est une denrée rare. Spider est pourtant bien déterminé à la maintenir sur le marché, et ce quel qu’en soit le prix.

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Ouh, j’ai eu un peu peur au début de l’album, peur d’avoir perdu mon journaliste gonzo préféré car durant les premières pages, Spider Jerusalem nous parle de sa vision de la vie au travers de 3 décès.

Il pleut, il est dehors, il n’y a pas d’action, pas d’enquête, juste Spider qui évoque la mort. Malgré tout, vu que c’est Spider, ça reste assez trash.

Ensuite, nous revenons à ce que Spider fait de mieux : prendre des notes pour ses futurs articles car le nouveau président est entré à la Maison Blanche et il a tout l’air d’être encore pire que le précédent que Spider avait surnommé « La Bête ».

Notre Spider est pareil et égal à lui-même : il cherche, il enquête, il fouille les poubelles afin d’expliquer à ses sordides assistantes (c’est ainsi qu’il les nomme) comment arriver à la Vérité grâce à son journalisme agressif.

— Monstruer. […] C’est l’art de maltraiter les gens, de les prendre en embuscade avec des questions, de les traquer avec des questions, de les acculer avec des questions et de les enterrer sous des putains de questions. […] Monstruer, au bout du compte, c’est se sentir concerné. C’est rendre à ces enflures […] la monnaie de leur pièce. Leur faire sentir ce que c’est d’être nous. […] On leur montre qu’ils ont des comptes à rendre. […] C’est ça le journalisme affectif. C’est se soucier du monde dont on parle dans nos articles. Certains disent que c’est du mauvais journalisme, que la vision du monde dans le médias.

Si le début tenait plus de la dissertation sur le sujet de la Mort, la suite est bien une enquête de Spider Jerusalem sur les magouilles des politiciens et sur certains arrangements pris par la police.

— Ils pensent, comme beaucoup de gens, que la peur suffira. Que la peur maintiendra tout le monde à sa place. Que la peur empêchera tout le monde de se concentrer sur ce qui se passe vraiment. […] Je n’ai pas peur d’eux. C’est eux qui ont peur de moi. Ils ont peur de la vérité.

Avec son récit, l’auteur nous démontre aussi que toutes les vérités ne sont pas toujours bonnes à dire et que pour une vérité divulguée, ça peut donner lieu à des dommages collatéraux importants. Et Spider en est le principal responsable car c’est à cause de sa pratique du journalisme gonzo qu’il a déclenché ça.

Malgré tout, la conscience de Spider a dû se barrer il y a longtemps car pour lui ne compte que la vérité qu’il aime crier sur tous les toits, lui qui considère les gens comme des moutons, des crétins, des imbéciles, leur reprochant de ne pas surveiller les gens qu’ils ont élus.

Dans ces albums, il n’y a pas que les textes qui sont importants, il y a aussi les images et même si Spider se ballade seul dans la ville, il faut admirer les dessins et chercher des petits détails qui font que cette série n’est pas comme les autres (voyez dans l’illustration de la couverture : la trace blanche de sperme sur son short noir).

Si le nouveau président voulait faire taire Spider, et bien, c’est raté ! Le voici encore plus incontrôlable que d’habitude, encore plus dangereux, plus fou, plus taré et bien décidé à faire éclater des vérités.

Une saga que je ne regrette pas d’avoir découverte, une plongée dans un monde futuriste mais tout compte fait, pas si éloigné du nôtre !

La vie ça craint, et après tu meurs.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires.

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Transmetropolitan – Année 2 : Ellis Warren & Darick Robertson

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Titre : Transmetropolitan – Année 2

Scénariste : Ellis Warren
Dessinateur : Darick Robertson

Édition : Urban Comics (2014)

Résumé :
Meurtres. Viols. Vols d’ADN. Le journaliste hors-la-loi Spider Jerusalem a couvert les sujets les plus infâmes que La Ville ait portés.

Mais toutes ces horreurs ne sont rien à côté de ce qu’il estime être l’expression ultime de la dégradation humaine : la politique. Malheureusement pour sa santé mentale, cette année électorale risque fort d’être le clou du spectacle.

Deux candidats, deux bêtes, à la merci d’un éditorialiste enragé.

trans-3415462-18Critique :
La politique et ses manoeuvres retorses pour se faire élire…

La mission de Spider Jerusalem ? Faire en sorte que le président sortant, qu’il a surnommé « La Bête » ne se fasse pas réélire une fois de plus.

Son adversaire ? Le candidat Callahan, dit « Le sourire ».

Ici, attention, nous avons un gros fil rouge à suivre, contrairement au premier tome qui était une sérieuse mise en bouche mais avec des chapitres différents.

Les élections approchent et tous les coups sous la ceinture sont permis, surtout si c’est Spider qui les donne.

Il est toujours aussi fou, aussi drogué, aussi foutraque, il a toujours la haine des autres et sa nouvelle assistante va en faire les frais.

Pourtant, les articles de Spider Jerusalem, même s’il sont plein de haine envers le genre humain et bourré d’insultes, n’en sont pas moins vrais et très profonds. Il a compris le Système et voudrait ouvrir les yeux de ses con-citoyens qui eux s’en foutent.

Je ne peux pas résoudre les problèmes. Je peux juste m’assurer que les gens ne fassent pas semblant de les ignorer. Faire en sorte que d’autres les résolvent. Ceux qui le peuvent.

Les dessins sont toujours aussi détaillés, avec une foultitude de petites choses qui rendent les dessins réalistes.

Les dialogues sont incisifs, on pense qu’on a gagné mais non, il faut encore poursuivre le combat car on vient de se faire baiser sur toute la lige pas cet enculé de… Pardon, fréquenter Spider Jerusalem est mauvais pour le langage…

Suivez-moi jusqu’en enfer, abrutis, allez… Suivez quiconque a le sourire, la couverture, l’image qu’il faut… Suivez quiconque dire : « Je vais m’occuper de vous, je vais prendre toutes les décisions importantes à votre place pour que vous puissiez retourner vous faire chier les uns les autres et vous foutre en l’air dans une béate ignorance… ».

C’est à coup de boulets rouges lancés au bazooka que l’auteur tire sur la politique sociale de son pays et sur ses politiciens qui sont prêts à s’allier avec le diable si ça peut les faire gagner un état important.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde.

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Transmetropolitan – Année 1 – Le come-back du siècle : Ellis Warren & Darick Robertson

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Titre : Transmetropolitan – Année 1 – Le come-back du siècle

Scénariste : Ellis Warren
Dessinateur : Darick Robertson

Édition : Urban Comics (2014)

Résumé :
Exilé depuis près de cinq ans loin du fracas de la civilisation, le journaliste Spider Jérusalem est contraint de reprendre le chemin de La Ville.

Secondé par ses deux assistantes, Channon Yarrow et Yelena Rossini, l’acide et misanthrope pamphlétaire reprend alors son combat contre les abus de pouvoir, la corruption et les injustices de cette société du 21e siècle qu’il chérit autant qu’il l’exècre.

Dans les rues étouffées par le silence médiatique, raisonne bientôt les mots amers et enivrés du plus fervent défenseur de la Vérité.

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bb-transmetropolitanCritique : 
Irrévérencieux ? Politiquement incorrect ? Jouissif ? Dingue ?

Un peu de tout ça… Voilà comment je pourrais décrire ce comics qui m’a fait l’effet d’un bonbon Kiss Cool fourré à la nitroglycérine et à l’acide.

Non, je n’exagère pas ! Ceux qui connaisse Spider Jerusalem savent que je n’exagère pas.

Spider Jerusalem est un ancien journaliste qui s’est exilé 5 ans loin du fracas d’une ville de New-York plus que futuriste. Étant obligé de revenir, il va donc reprendre son ancien métier qui était journaliste gonzo.

Quésako ? Non, Gonzo ! Et rassurez-vous, vous pouvez le nourrir après minuit.

Le journalisme gonzo, c’est un journalisme ultra-subjectif, un concept défini par Hunter S. Thompson. Pour vous éclairer, on dira que c’est une méthode d’investigation journalistique axée sur l’ultra-subjectivité : informer le plus possible le lecteur sur la nature et l’intensité des facteurs, déformant son point de vue pour recomposer une image vraisemblable de la réalité.

[…] le journalisme est un flingue. Il n’a qu’une seule balle, mais si tu vises bien, c’est suffisant. En visant bien, tu peux faire sauter un genou du monde…

Anybref, quand Spider est sur une affaire, il va jusqu’au bout car son métier est d’informer, mais aussi de gueuler sur tout le monde, d’emmerder tout le monde, de détester l’humanité toute entière, de boire, de fumer, de prendre toutes les drogues qui peuvent exister dans ce monde futuriste et il adore être détesté.

Tu as pissé sur l’économie, chié sur la loi et tu t’es torché avec la vérité. Tu mérites d’être écorché, d’être trainé dans la rue par des malades mentaux armés de planches cloutées et de servir de chiottes à des babouins en chaleur.

En fait, tous les travers qui sont dénoncés dans ce comics sont ceux de notre époque, hormis certaines choses, comme les humains qui se font télécharger (et finissent en nuage), les chats à trois yeux et deux gueules qui fument, les chiens qui parlent, les résurrection des cryogénisés ou ces concitoyens qui sont des transgenres, mi-humains, mi-aliens.

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Les dialogues sont percutants, pas de temps morts, des dessins qui offrent un panorama d’une ville de New-York qui fait peur, surchargée de panneaux publicitaires, agressifs, peuplés de personnages marginaux, trainant leur misère comme d’autres trainent leur ennui.

Le tout sur un ton irrévérencieux, ironique, sarcastique, politiquement incorrect, acide et lucide.

Spider Jerusalem n’est pas un personnage que l’on aurait envie de côtoyer, ça pas du tout ! Il est dingue, fou, rien ne l’arrête, drogué, et j’en passe et des meilleures.

Par contre, le suivre est jubilatoire et fortement conseillé car c’est un plaisir de fin gourmet.

Attention à ne pas mettre la bédé sous les yeux d’un enfant car il y a des gros mots…

— Je n’aurai de repos que quand on t’aura violé, brûlé, castré, farci de merde de chien, et qu’on aura suspendu ton cadavre au milieu de Century Square pour que les nécrophiles puissent jouer avec.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde et le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires.

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