La liste des sept : Mark Frost [LC avec Stelphique et Ju Lit Les Mots]

Liste des Sept - Mark Frost

Titre : La liste des sept

Auteur : Mark Frost
Édition : Pocket (1999) / 10-18 (2016)

Résumé :
Un jour de Noël 1884, à Londres, un jeune médecin nommé Arthur Conan Doyle est convoqué à une séance de spiritisme.

Il est lui-même un spécialiste de l’occulte, ayant écrit un roman sur le sujet, inspiré des écrits très mystiques de Madame Blavatsky. À la suite de cette séance, Doyle est en danger de mort, son appartement est incendié, sa voisine russe assassinée !…

Un agent très spécial de la Reine vient à son secours et lui explique que son propre frère, qui a tué père et mère, s’est ligué avec quelques personnages éminents pour placer sur le trône d’Angleterre une réincarnation du diable.

Or ces 7 conjurés sont les membres du conseil d’administration de la maison d’édition qui doit publier le roman de Doyle. Une histoire ébouriffante, pleine de violence, de visions effrayantes, de suspense, de rebondissements où l’auteur introduit le lecteur dans l’univers sombre du crime de l’Angleterre victorienne.

Petit Plus : Mystère, action, suspense, amour et amitié, ce roman, à la manière des aventures de Sherlock Holmes avec un zeste d’Umberto Eco, est un grand divertissement.

The list of seven - Mark FrostCritique :
Pour cette LC en triumvirat, on s’était laissée tenter par la proposition de Collectif Poalr. Alors, verdict ?

Je ne suis pas opposée au fait que l’on réécrive le canon holmésien dans un roman et que l’on change des points importants comme la personne qui inspira le personnage de Sherlock Holmes.

Ma foi, on peut violer le canon holmésien si c’est pour lui faire de beaux enfants (citation de Dumas mise à la sauce adéquate).

Hors, ici, j’ai l’impression que le canon holmésien s’est fait monter dessus par le Da Vinci Code, Harry Potter, Indiana Jones et James Bond. Après, d’autres lui sont passé dessus en long, en large et en travers, notamment la Malédiction de la Momie en version Walking Dead pour ne citer qu’eux.

De cette partouze livresque, il n’est sorti rien de bon.

Pour résumer, on a du sous Da Vinci Code avec ses réflexions ésotériques, ses pensées philosophiques à deux balles et un rapide procès à charge sur la religion catho qui n’a même pas droit à un avocat pour assurer sa défense (les droits de l’accusé sont bafoués).

De notre Harry Potter, il n’est resté que la locomotive de la voie 9 3/4 et les gardiens d’Azkaban en version moins éthérée.

Quand à Indiana Jones (sans fouet et sans chapeau) on a un truc qui ressemblerait aux Aventuriers du Canon Holmésien Perdu dans le Temple Maudit de la Dernière Croisade Au Service Secret de Sa Majesté.

Que ce Conan Doyle de fiction ait pris pour modèle un certain Jack Sparks pour nous inventer son Sherlock Holmes, je suis pour. Sparks en a la force de caractère, il traque les criminels et possède des fiches sur eux, a un certain sens de la déduction, sait se déguiser, se pique à la cocaïne et joue du violon (en fait, on pourrait dire que c’est l’auteur qui s’est inspiré du personnage de Holmes pour son Sparks).

Qu’il lui arrive des tas d’aventures mélangeant du Indiana Jones et du Bond, le tout servi à la sauce fantastique, ça commence à coincer grave (surtout sans vaseline)… Au Grand Complot Satanique, là, j’ai sauté du train en marche.

Aucune cohérence, des événements fantastiques qui n’ont pas l’air d’émouvoir notre Conan Doyle, même après la dévastation de son appart par une explosion ectoplasmique.

Nos personnages, poursuivis par des créatures non vivantes, découvrent un passage secret et une locomotive en état de marche sous terre, qui les ramènera à Londres, mais pas sur la voie 9 3/4… Et j’en passe des bien pires.

Niveau Graaand Méchant, il n’a pas l’étoffe d’un salopard genre Ramsay Snow-Bolton (GOT, pour les absents) mais on se doute qu’il donnera naissance au personnage littéraire de Moriarty.

Et à la fin, on croise un bébé qu’on aurait envie de jeter dans les chutes de Reichenbach mais qui à l’avantage de « clore » l’affaire car nous savons QUI il est et ce qu’il fera. Mais de cette manière, on l’absout des horreurs qu’il mettra en place au siècle suivant et là, je coince encore plus.

Anybref… On a mélangé des ingrédients fantastiques, policiers, des personnages réels (Conan Doyle et Bram Stoker) et de fictions, des tas de trucs disparates qui donnent au final une soupe indigeste qu’on avale parce qu’il faut bien étant donné que les copines de la LC boive le même vin jusqu’à la lie.

Un vrai ragoût insipide aux relents fantastiques un peu trop exagérés pour être crédibles, le tout assorti d’une sauce hollywoodienne avec des retournements de situation toutes les dix pages et des créatures des enfers tous les chapitres pour nous donner un Gros Complot Mondial ET Satanique. Bla-bla-bla…

Chez Harry Potter, ça passe, dans Indiana Jones aussi, chez James Bond pareil, mais faut dire aussi que l’écriture et les scénarios étaient plus relevés que ce qu’on tente de nous faire avaler ici.

Le créateur de Twin Peaks a voulu mélanger les genres et trop d’imagination tue l’imagination et surtout le roman.

Si j’ai un meuble à caler…

Étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, Le « Challenge US » chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge British Mysteries chez My Lou Book, RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « A year in England«  chez Titine.

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Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
Nous avions vu l’article chez Collectif Polar, qui en vantait les mérites, et au vu de ses impressions et son synopsis, j’étais vraiment tentée, mais là, petite proposition de LC de la part de Ju, qui veut faire un plan à 3, et Belette d’accepter…

Voilà comment on se retrouve sur cette lecture, après beaucoup de MP en coulisses, et d’organisations journalières en LC Trinominale….*Ouais je sais, il existe même pas ce mot !!!! Mais Est-ce important ?*

Synopsis :
Qui veut la peau d’Arthur Conan Doyle ? En quelques jours son appartement est dévasté par une explosion ectoplasmique, sa voisine est assassinée et lui-même manque de se faire dévorer par une espèce de gargouille gothique ! Voilà qui dépasse l’entendement du brave Claude Leboux, un inspecteur de Scotland Yard peu habitué à combattre les puissances des ténèbres. Pour Jack Sparks, en revanche, tout ceci est très clair, élémentaire même…

Mais peut-on faire confiance à un individu qui sort d’un asile d’aliénés, consomme de la cocaïne et affirme recevoir ses ordres de la reine Victoria ?

Mystère, action, suspense, amour et amitié, ce roman, à la manière des aventures de Sherlock Holmes avec un zeste d’Umberto Eco, est un grand divertissement.

Les personnages :
Je ne pourrais tous les nommer, tellement il y en a une pelletée…. Tous oubliés d’ailleurs, à la fermeture de ce livre….

Ce que j’ai ressenti:….Un ennui, mais un Ennui d’une force……
Je tenais à dire que ce genre de livres c’est vraiment mon petit plaisir, habituellement… Tout ce qui touche à l’ésotérisme, au fantastique, la Magie, c’est vraiment un petit péché mignon que j’aime à lire à l’occasion avec plaisir….

Mais là, je ne sais pas ce qu’il s’est passé ou pas passé d’ailleurs, je suis restée à coté, mais, TOUT le long… Je me disais « Allez force toi un peu, tes collègues l’ont déjà fini » (ah oui, parce que dans le genre escargot, je les ai fait attendre, peuchère :()….

Et comme on ne dévoile pas nos impressions « en cours » pour ne pas s’influencer, je croyais qu’elles étaient à fond, vu la vitesse à laquelle elles l’ont lu….. (pfff, je me marre maintenant…).

« Il vaut mieux passer pour un imbécile en se taisant que de dissiper le doute en ouvrant la bouche. »

On va dire que tant que ce n’était que Doyle, et sa vie réinventée, ça allait….. Mais c’est dans la suite des évènements que j’ai décroché… Trop de rebondissements et de situations non vraisemblables…

Trop de personnages qui viennent se greffer, (et je crois que j’ai failli vomir en voyant arriver le Bram Stoker)…. Trop, c’est trop…. Faut arrêter au bout d’un moment…

Déjà qu’il faut ingérer le coté fantastique, la touche d’époque et les agissements malsains, en plus on nous colle de la philosophie à deux francs, qui sorties de leur contexte pourraient être intéressantes, mais là, comme elles interviennent, ça va pas…. Enfin, c’est trop pour moi….

« Nous n’avons pas conscience que nos idées, nos sentiments ne sont pas réellement les nôtres, sinon comment pourrions nous jour après jour répéter des simulacres, nous plier à des rites qui nous stérilise au lieu de nous vivifier? »

J’ai mis une plombe à le finir, je me suis vraiment forcée car je suis en LC, mais sinon sans cet impératif, dès les premières pages je l’aurai laissé tomber…

J’ai bien conscience que ce livre pourrait plaire à certains lecteurs, mais moi, je suis complètement passée à coté. C’est le genre de livres qu’on aime ou qu’on déteste, le mieux c’est que chacun s’en fasse son propre avis…

« Il est plus facile d’éviter le premier pas sur le chemin de la ruine que de résister aux milliers d’autres qui suivent inéluctablement. »

fee clochette fachee

Ju lit les motsAvis de Ju Lit Les Mots : J’ai repéré ce bouquin, sur le blog de Collectif Polar qui en parlait tellement bien que j’ai immédiatement eu envie de le lire et comme Stelphique en avait envie et que chez le Cannibal lecteur le bouquin prenait la poussière, j’ai émis une drôle d’idée !

A force de voir le plaisir (haha) livresque qu’elles prenaient à faire leur lecture commune, je me suis dis que moi aussi j’avais envie de goûter à ce plaisir !

*********  Avis   *********

Malgré un début prometteur, au bout de 60 pages j’ai vraiment commencé à m’ennuyer ferme, mais je me disais « Na » c’est juste une mauvaise impression ça va décoller…

Trop d’imagination tue l’imagination. Tout est dans l’excès…

« N’oubliez pas ceci : quand le chemin vous semblera impraticable, quand vos espoirs seront anéantis, quand la mort elle*même paraîtra imminente, vous n’aurez d’autre solution que de raser la montagne. C’est ainsi, et ainsi seulement, que vous pénétrerez dans le nouveau pays… »

Au départ je pensais lire un roman d’aventure de Sherlock Holmes, je me suis retrouvée dans un mélange entre l’exagération du film Alice aux pays des Merveilles et les aventures de Harry Potter ! Bref, trop de rebondissements qui n’apportent rien, qui brouillent les pistes et embrouillent le lecteur…

Un rebondissement, toutes les  trois pages avec des meurtres, des morts vivants, un complot contre la royauté, des adorateurs d’une créature des Ténèbres, qui ne demande qu’à revenir dans le monde des vivants… On entre là dans une fiction complètement tarabiscotée (yes j’ai réussi à placer ce mot ).

« Un complot exige le secret; or la nature humaine étant ce qu’elle est, plus de gens s’en mêlent, moins le secret est préservé. »

Euhhh y a même une locomotive, en parfait état de marche ??? !!!! Grâce à laquelle les personnages se déplacent aussi facilement que si les voitures modernes existaient ! Et j’exagère à peine …

Désolée Geneviève, mais je me suis noyée dans un océan d’incompréhension ! Trop tiré par les cheveux pour moi…

 » L’enseignement spiritualiste est de la foutaise. Nous devons assumer dans ce monde la personnalité que nous possédons en naissant… »

J’ai bien failli laisser tomber ma lecture à plusieurs reprises, avec cette sensation que plusieurs écrivains s’étaient glissés dans la peau de l’unique auteur de ce roman, une surenchère d’évènements jalonnent la route de ces apprentis aventuriers qui ne savent même pas où ils vont.

Bizarrement, la toute fin amène une « certaine cohérence » à l’ensemble… dommage que ce livre soit aussi fouillis.

« Le génie du mal rôde dans ce monde et j’avais vécu sous son ombre. »

Dommage que cette fin « cohérente » donne une justification à une horreur historique qui pourrait en choquer plus d’un puisqu’on « donne » à cet homme une « excuse » pour les crimes de masse qu’il fera commettre au nom de son idéologie !

« Alors même que nous nous congratulons de notre raffinement, la misère et la souffrance accablent les hommes à un jet de pierre de ces fenêtres. Comment ne pas s’interroger ? Nos réussites comptent-elles pour rien si tant d’hommes ne peuvent encore en bénéficier ? Quelle valeur accorder à notre passage dans cette vie ? Quel héritage – si héritage il y a – notre époque lèguera-t-elle aux générations futures ? »

Bon j’ai pris mon pied avec avec cette lecture commune et bien rigolé aussi.

 

 

La nuit de l’Éventreur : Robert Bloch

Titre : La nuit de l’éventreur                           big_4

Auteur : Robert Bloch
Édition : Clancier-Guénaud (1988)

Résumé :
Londres, 6 août 1888…

Cent ans avant que Norman Bates, Hannibal Lecter et leurs collègues ne défraient la chronique, le premier et toujours le plus célèbre des « serial killers » assassine d’horrible façon une jeune prostituée, puis une autre, puis une troisième… Jack l’Éventreur entre dans la légende.

On ignore toujours son identité. Et pourquoi, soudain, ses crimes ont cessé…

Critique : 
Lorsque l’on me présente un tel menu, je ne puis que saliver d’avance…

« Dans cette œuvre de fiction, certaines libertés ont été prises à l’égard de certains personnages ayant réellement existé, mais les détails concernant les activités de Jack l’Éventreur proviennent directement des archives de l’époque ».

Whitechapel, 1888, c’était pas le père Nowel qui déambulait dans les rues, distribuant des cadeaux aux péripap… aux puéripa… aux putes !

— Y en a des milliers par ici, ivres-mortes et rongées par la maladie, propageant l’infection chaque fois qu’elles écartent les jambes.

— Des prostituées comme celles-ci retroussent leurs jupes n’importe où… dans des ruelles, des cours, ou debout contre un mur. Rien n’est trop vil pour leurs goûts, aucun acte trop perverti pour qu’elles ne l’accomplissent. Et tout cela pour une pièce de six pence, afin de s’offrir un lit, pour une nuit, dans un garni sordide.

Non, dans le genre distribution, c’était plutôt celle des coups de couteaux à gogo et l’éparpillement de votre capital vie dans sa version « je dissèque à tout vents ».

Ne nous y trompons pas, ceci est un roman, une fiction basée sur des faits « réels », bien que nous ne sachions pas tout et que nous ne soyons sûrs de rien.

L’histoire racontée est telle qu’elle aurait pu se passer lors de ces journées « corps ouverts ».

Malgré le côté fictionnel, pour celui qui veut en apprendre un peu plus sur les crimes de 1888 et sur la vie miséreuse dans certains quartiers de Londres, cet ouvrage fera parfaitement l’affaire étant donné qu’il sera moins indigeste qu’une étude brute de dépeçage, pardon, de décoffrage.

Sous le voile de fumée noir recouvrant la ville, la lueur des becs de gaz vacillait et flamboyait, tandis que les âmes perdues s’éloignaient lentement dans les rues ténébreuses de l’Inferno. Des démons demeuraient ici… des terrassiers ivres entrant en titubant dans des assommoirs, des déchards tapis devant des taules sordides, des rupins nippés façon bourgeois rôdant dans les ruelles, à la recherche d’accrocheuses.

Le rire n’avait que faire dans les rues de Whitechapel avec ses maisons de rapport surpeuplées, ses cours malpropres empestant la sueur et les eaux d’égout. Au lieu de rires, on entendait l’écho sans fin de sanglots et de jurons, les voix de la pauvreté et de la souffrance.

L’écriture coule comme le sang fraichement versé, pas de temps mort bêtement perdu entre les meurtres 3-4 et le dernier de Mary Jane.  On suit l’inspecteur Abberline dans son enquête et l’on s’attache à des personnages secondaires, tels le Dr Mark Robinson et Eva.

Tous les personnages ayant existé sont dans les pages, suspects comme policiers, vous partagerez leurs pensées, mais pas assez pour deviner s’ils pourraient être les coupables ou pas.

On y croisera Conan Doyle, Oscar Wilde, Joseph Merrick et un chef de police – Charles Warren – totalement incompétent qui vous fera mieux comprendre pourquoi Jack court toujours.

Toutes les erreurs, conneries, bourdes et autres inconstances durant l’enquête sont reproduites dans les pages : lavage de scènes de crimes, lavage des corps, effacement d’une phrase sur un mur, le coroner qui veut clore l’affaire, les chiens qui n’ont pas suivi de piste, les faux témoignages, les lettres anonymes et signées.

Tiens, même les rapports d’autopsie sont là, mais décrit à chaud, devant le corps encore chaud des victimes. Âmes ou estomacs sensibles, vous sauterez quelques paragraphes.

Elle était allongée sur le dos, ses deux bras écartés, la jambe gauche tendue et la droite repliée au genou. Son visage levé vers le ciel était un masque d’horreur pour Halloween ; une partie du nez avait été tranchée, le lobe de son oreille droite quasiment sectionné, et les deux paupières inférieures étaient entaillées. Ses joues, sa mâchoire et ses lèvres étaient tailladées ; la gorge en dessous béait, formant une cavité écarlate, d’une oreille à l’autre.

Si le monde a frémi de peur durant quelques mois face à ces crimes atroces, l’auteur, de par ses introductions en tête de chapitres, nous remet les choses bien à leur place : Jack, ce n’est rien comparé à ce que certains êtres humains ont fait à leur semblables.

« Les têtes de chapitre sont là pour nous faire souvenir que, bien qu’étant horribles, les crimes de Jack l’Éventreur pâlissent en comparaison des exploits beaucoup plus terrifiants qui ont été continuellement commis au nom du patriotisme, de la religion et des lois de la nation. »

Le plus étrange, c’est que cette série de crimes n’a pas eu que du négatif. Ils ont attirés l’œil du reste de la ville sur ces taudis qu’étaient Whitechapel et on a même doté les rues d’éclairage public suite à ces meurtres. Ironique, n’est-il pas ?

J’y avançais la suggestion que, à la longue, ces crimes se révéleraient peut-être d’un grand profit. Tout au moins, ils auront servi à attirer l’attention du grand public sur la misère et la pauvreté de l’East End, et accélérer ainsi les réformes sociales.

Un roman fictionnel excellent pour celui ou celle qui voudrait découvrir – ou approfondir – les crimes de 1888. Norman Bates fait pâle figure face à tonton Jack The Ripper…

Et puis, parfois, on est passé à un doigt de LA réplique culte de la Cité de la Peur, voyez plutôt :

— Que diriez-vous de deux doigts de porto ?
— Non merci, je me sens tout à fait bien.
— À votre guise.

— Prenez place, inspecteur. Puis-je vous offrir deux doigts de sherry ?

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

Bryanston Mews : Anne Perry [Charlotte et Thomas Pitt 28]

Titre : Bryanston Mews                                                                   big_3

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2013)

Résumé :
En cet été 1896, Londres n’a d’yeux que pour le procès du Dr Jameson ; procès engagé suite à son raid meurtrier mais vain pour reprendre le contrôle du Transvaal, une région d’Afrique du Sud disputée aux Boers.

Une partie de la noblesse qui a investi dans cette aventure réalise alors qu’elle risque de perdre sa fortune.

Mais Pitt, et plus encore Narraway, son ancien supérieur à la tête de la Spécial Branch, sont davantage préoccupés par le viol et le meurtre de Mrs. Quixwood, la femme d’un riche banquier.

D’autant qu’il semble que ce viol ne soit pas un cas isolé…

Dans la touffeur de l’été, l’horreur s’invite aux soirées d’ambassadeurs, menaçant les femmes de joies comme les nobles.

Critique : 
Habituée depuis quelques tomes à des récits tournée vers la politique, je pensais me délecter avec de la magouille politique basée sur l’Afrique du Sud et la future guerre des Boers.

Oh, surprise, nous penchons plus vers une enquête criminelle que sur la politique. Pas que cela m’eusse dérangé, mais j’aurais aimé que l’on me parle un peu plus du Transvaal (qui n’est pas une marque de bière belge).

L’auteure, habituée à nous soumettre un problème de société n’a pas dérogé dans ce 28ème tome des aventures de Thomas Pitt et Charlotte.

Le fait de la société victorienne mis sous les projecteurs fut le viol et tout ses aspects : l’horreur de l’acte, le traumatisme, la peur, la honte, la condamnation de la femme par la bonne société, le chagrin des parents, le beau mariage que leur fille ne fera plus et le fait que le coupable se gaussera que la demoiselle (ou la dame) ne demandait que ça.

— Bien sûr qu’elle est innocente ! coupa Charlotte. Elle a seize ans ! C’est une enfant !
— Pour l’amour du Ciel, ma chère, étiez-vous toujours innocente à seize ans ?
— Bien sûr que oui ! Je l’ai été jusque…
— Je ne mets pas en doute votre chasteté, rétorqua Vespasia d’un ton plus sec. Il me semblait que cela allait de soi. Je parle d’innocence au sens de ne pas offrir de tentation à un homme qui a plus d’appétits que de décence, et qui ne se croit pas obligé de les contrôler.

Un violeur issu de la bonne société hante ces pages et on a une furieuse envie de lui passer le petit oiseau par le fil de l’épée pour s’en faire un pendentif.

Ce que j’ai aimé – bien que parfois j’ai eu la sensation que l’enquête tournait en rond comme un chien après sa queue – ce sont les interrogations de Pitt et sa peur qu’un jour pareille horreur arrive à sa fille ou que son fils, une fois adulte, se conduise comme un rustre.

Les deux enfants de Charlotte et Thomas se posent eux aussi des questions, Jemima a 14 ans et c’est une adolescente comme toutes les ados de cet âge : une chieuse !

— Ce n’est ni la faute de ton père ni celle de ton frère que tu sois émotive et indécise. Tout le monde passe par là en grandissant. Tu te conduis comme si tu étais le centre du monde, et ce n’est pas le cas.
— Vous ne comprenez pas ! gémit sa fille, le visage défait.
— Bien sûr que non, admit Charlotte avec un sourire. Je n’ai jamais eu quatorze ans, je suis passée directement de douze à vingt. Mes deux sœurs aussi.

Tous les deux se posent des questions sur la chose et sur ce qu’est un viol.

Et oui, on a beau faire en sorte de ne pas ébruiter les détails sordides, à croire que tout le monde est sur écoute parce que la rumeur grossit de bouche en bouche (pas de pensées scabreuses, messieurs !) et tout le monde connaît tous les détails sordides.

Si Pitt est un peu un retrait dans cette affaire, Victor Narraway et Lady Vespasia ont les honneur de l’enquête sur la mort violente de madame Quixwood. Moi qui détestais Narraway avant, j’éprouve maintenant de la tendresse pour ce personnage.

Oui, l’auteur arrive à me faire aimer des personnages que j’avais détesté aux premiers abords. Comme avec Tellman, l’ancien policier de Pitt, que j’ai appris à aimer au fil des romans et qui me manque terriblement. Mais celle qui manque le plus dans les nouvelles enquêtes, c’est Gracie, la petite bonne qui s’est mariée.

La mise en avant de certains personnages m’a bien plu, ça nous change, l’enquête était corsée, même si j’avais deviné quelques trucs, le procès m’a passionné, même si l’accusation n’avait pas grand-chose et à su monter tout ça à partir de peccadilles. Non, mon problème vient du final.

Il est rempli d’adrénaline, mais un peu trop too much. Certes, les cafards, faut les écraser, mais là, ça va trop vite d’un coup et j’ai trouvé la fin trop abrupte et trop facile. Boum, c’est terminé, mais je ne suis pas satisfaite entièrement.

Cela reste un chouette roman policier et on réalise qu’en matière de viol, la victime aura toujours le mauvais rôle.

— Comment diable saurais-tu combien de viols ont lieu ? Qui va en parler ? Qui va les signaler à la police ? Crois-tu que cela ne touche que les filles dont personne ne se soucie ? Ou les femmes de mœurs légères qui le provoquent en se conduisant comme des… catins ? Ou crois-tu encore que les coupables ne sont jamais de jeunes hommes que nous connaissons ?

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, une LC chez Bianca et du Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

Les Quatre de Baker Street – T1 – L’affaire du rideau bleu : Djian, Legrand et Etien

Titre : Les Quatre de Baker Street – Tome 1 : L’affaire du rideau bleu    

Scénaristes : Jean-Blaise Djian et Legrand Olivier
Dessinateur : Etien David
Édition:  Vents d’Ouest

Résumé :
Trois détectives en herbe pour une enquête digne du maître de Baker Street ! Billy, Charlie et Black Tom sont inséparables.

Et pour cause : impossible de survivre seul dans l’East End londonien, peuplé de faux mendiants, de vrais ruffians et de franches canailles !

Heureusement, les trois amis peuvent compter sur la protection d’un certain Sherlock Holmes, pour lequel ils font parfois office d’espions des rues…

Mais lorsque la fiancée de Black Tom est kidnappée sous leurs yeux, nos héros vont devoir mettre au plus vite à profit les leçons de leur mentor pour la retrouver saine et sauve… en s’adjoignant les services d’un quatrième larron pour le moins inattendu.

Place aux Quatre de Baker Street, la plus jeune équipe de détectives de l’époque victorienne !

SH - quatre_de_bakerstreet_page4Critique :
C’est toujours avec grand plaisir que je reprends les albums des « quatre de Baker Street ».

Enfin, dans ce numéro 1, ils ne sont encore que trois…

Nous avons Black Tom l’Irlandais impulsif, Charlie, qui a un petit secret et Billy, celui qui veut ressembler à Holmes.

Particularité ? Ce sont de jeunes enfants, les Irréguliers de Baker Street dans une autre version que celle de Wiggins et de sa troupe.

L’histoire se passe à Londres, en 1889 et nos trois garnements vivent dans l’East End.

Pas besoin d’avoir un Master en géographie pour savoir que l’East End, ce n’est pas le riche quartier de Belgravia…

Nos trois compères sont inséparables et, de temps en temps, travaillent pour Sherlock Holmes, menant des filatures, des surveillances…

L’avantage de commencer par le tome un (et pas de faire comme moi, le 2, le 3 et le 1), c’est qu’il permet de prendre connaissance avec nos trois compères, puis de celui qui sera le quatrième de la bande.

Là, je vous laisse la surprise, mais ne le jugez pas à son apparence, il aura son importance !

Bien sûr, nous croiserons aussi Holmes et Watson, mais ces deux piliers (de la littérature, pas de comptoir !)  ne voleront pas la vedette aux enfants. Ce ne sont pas eux les vedettes de cette série, même s’ils font une agréable apparition dans les dernières pages.

Passons au contenu de l’album, voulez-vous :

Black Tom, Irlandais impulsif et ronchon, devient un vrai benêt devant Betty, dont il est amoureux. Mais ça, il se garde bien de s’en vanter devant les deux autres.

Quand Betty se fait enlever devant lui, notre bouillonnant Irlandais se lance à sa poursuite. Pas de bol, il n’arrive pas à la sauver tout de suite, ce qui lui donnera tout le reste de l’album pour la retrouver avec ses deux amis. Et avec Tom, on fait dans l’impulsivité, dans le « je défonce tout et tant pis pour le reste », avec lui, pas question d’écouter les plans que son copain Billy met au point…

Vu que Holmes est absent, nos garnements vont devoir faire tout le travail tout seul et mettre en application les méthodes du célèbre détective.

Avec ce premier tome, c’est direct la pongée dans les quartiers glauques, dans les maisons closes (enfin, pas si closes que ça…), du proxénétisme et de tout ce que les bas-fonds peuvent comporter de peu reluisant.

Les êtres humains qui grouillent dans ces quartiers ne sont pas animés d’intentions charitables et louables avec les jolies jeunes filles. Et quand on parle de « louable »… on parle de louer les charmes, avec les revenus pour la mère Claude.

Pour une première aventure, elle est fort plaisante, très réussie et dynamique. Pas de temps morts.

Les personnages sont attachants et sympathique et vous régaleront avec de l’action, de l’humour et de l’émotion, du début à la fin. Entre Billy le féru des méthodes de Holmes, Charlie qui joue de la ruse et Black Tom le monte-en-l’air souple comme un singe, mon cœur balance.

Les décors, enfin, les dessins, nous plongent dans le Londres de 1889, lui donnant un peu plus de lumières par rapport à d’autres récits qui plongeaient dans Whitechapel, que ce soit avec Jack l’Éventreur ou pas… On sent qu’ils ont de réelles connaissances de l’époque victorienne et de la misère des quartiers.

– Old Bailey m’a appris tout un tas de trucs… avant qu’il ne devienne un clappendoggen…
– Un quoi ?
– C’est comme ça qu’on appelle les mendiants qui font semblant d’être infirmes… C’est ça, Tom ?
– Ouais ! Sauf que dans son cas c’est pas du chiqué. Comme il se faisait trop vieux et ne pouvait plus jouer les monte-en-l’air, Patch lui a fait mettre le pied dans un pressoir pour qu’il puisse encore servir comme mendiant.

Les dessins ont beau être statiques (nous ne sommes dans un dessin animé), pourtant, je vous jure que j’avais l’impression que les gamins bougeaient dans tous les sens. Le dessinateur les a rendu expressifs et cela ajoute une sacré dose dans le plaisir de la lecture.

De plus, à force de les relire, je remarque des petits détails dans le dessin : une femme qui relève ses jupes et un homme devant, sourire lubrique, qui déboutonne son pantalon…

Non content d’avoir un bon scénario, des personnages bien croqués – qu’ils soient les héros ou pas – et une excellente connaissance du Londres victorien, les auteurs ont un dessinateur de talent : visages expressifs, couleurs chaudes, sens du détail et du décor…  Belle réussite pour le premier tome !

Les scènes de bagarres sont très bien mises en scène et le quatrième compère leur filera un sacré coup de main. Enfin, pas vraiment de main, plutôt de « patte »…

« Les Quatre de Baker Street : l’affaire du rideau bleu » est donc une très belle surprise qu’il serait vraiment dommage de rater.

Je vous conseille vivement toute la collection !

Bande dessinée relue dans le cadre du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), du Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), du Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, du Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, du Challenge « Victorien » chez Arieste, du Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et de Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle. (Prix « Jeunesse Marly » 2009 / Prix « Avenir » Bulles en nord, Lyz-les-Lannoy 2009 / Prix « Adolire » 2009 / Prix « Conseil général » BD Boum, Blois 2009).

Black Butler – Tome 12 : Yana Toboso

Black Butler - Tome 12

Titre : Black Butler – Tome 12

Auteur : Yana Toboso
Édition : Kana

Résumé :
Des cadavres ressuscités mais dépourvus d’âme se mettent à attaquer les passagers du luxueux paquebot Campania!

Tandis qu’un homme mystérieux mène l’enquête à bord, un menaçant iceberg se profile à l’horizon…

BLACK BUTLER -Tome-12Critique :
Que demander de mieux pour ma 666ème critique sur Babelio que la suite des aventures de Sebastian, mon diable de majordome préféré ? Le voilà embarqué, en compagnie de son maître, le  jeune Comte Ciel de Phantomhive, sur un bateau qui fait route vers New-York… Navire qui est rempli de cadavres en putréfaction qui reviennent à la vie… C’est ti pas beau, tout ça ?

Franchement, pouvait pas faire mieux pour un chiffre aussi mythique que le 666 ! C’est diabolique, même, d’avoir ce dernier tome sous la main juste au bon moment…

Alors, je vous préviens, si vous pensiez avoir affaire à un remake de « La croisière s’amuse », on en est loin, très loin. Nous sommes dans un shōnen quand même et le jeune comte Ciel est le chien de garde de la reine Victoria. Bref, ce n’est pas un gamin pleurnichard adepte des Bisounours.

Dans le tome précédent, nous avions appris que la société secrète Aurora proclamait à tout vents avoir rendu possible la résurrection de morts.

Voilà pourquoi le majordome de Ciel, Sebastian, s’était invité dans une réunion se tenant à bord d’un paquebot de luxe, le Campania. Ils ont un bon prétexte puisqu’ils font la traversée avec la famille de la copine de Ciel (qui ne sont pas au courant de la mission du jeune comte).

Si dans le tome 11 j’avais pouffé de rire avec le groupe hétéroclite dont les membres se reconnaissent au cri de ralliement : « Phénix » et à leur posture plus que débile, ici, fini de rire ! Les cadavres se baladent librement et ont une furieuse envie de vous dévorer tout cru.

S’ils criaient « On en a une énooorme envie », je penserais à Groquik, mais on est loin de ça… Ils veulent vraiment vous bouffer !

Des cercueils contenant des morts vivants, il y en avait à la poupe du bateau (le cul), mais Ciel et Sebastian étaient loin de se douter qu’il y en avait dix fois plus à la proue du navire (l’avant).

Barrez-vous, les cadavres sont lâchés et on ne peut en venir à bout qu’en leur brisant le crâne. Sebastian en a sali ses beaux gants blancs. Oh, c’est dégoutant, je viens de marcher dans une espèce de bouillie qui, un jour, a dû être un cerveau…

A bord du Campania, qui fait toujours route vers New-York, c’est déjà le carnage total à cause des zombies et puisqu’un malheur ne vient jamais seul, qu’est-ce que la vigie voit se profiler devant ses yeux ? Un énorme truc en provenance du Nord – du Nord, une fois de plus – et qui se nomme Iceberg…

Heu ? Attendez… Un navire énorme, trois cheminées, des différences de classes, un voyage à New-York, un iceberg non signalé ?? Tiens, ça me fait penser à un film… heu, un fait réel !

Oui, mais, le bateau gigantesque qui a coulé à cause d’un iceberg et d’une chanson de Céline Dion, emportant dans les flots glacés Léo Di Carpacchio, c’était en avril 1912 et là, nous sommes en plein règne de Victoria, peu de temps après Jack l’Eventreur… En 1889, pour être exact.

Alerte au Canada Dry© ! Ça ressemble au Titanic, mais c’est le Campania ! En tout cas, pas de favoritisme, ici, les zombies, malgré leurs yeux bandés et leur horrible puanteur, dévorent aussi bien les gens de la Première Classe que ceux de la Troisième.

Ne comptez pas sur ce tome pour mettre fin au suspense de « La croisière se fait trucider », non, non, faudra attendre le suivant.

De l’action à gogo, les deux Shingami plus dingue l’un que l’autre (dieux psychopompes, personnifications de la mort, sorte de Faucheuse) et qui veulent s’attaquer à Sebastian, tout en résolvant leur enquête du « comment des gens sans âme peuvent-ils revenir à la vie alors qu’on leur a pris leurs âmes » tout en étant obligé de les tuer une seconde fois… Mais que font les syndicats face à ces heures supp’ de travail non payé ?

Tiens, mais que font nos Shingami ? Non ? Si ! Ils se sont mis à la proue du navire et devinez à quoi ils jouent ? A la scène du « je suis le maître du monde » de Rose et Jack Dawson-Di Carpaccio. Céline ne chantait pas, ouf.

Bref, ça bouge dans tous les sens à tel point que parfois, on ne suit plus très bien en raison de toutes les onomatopées qui constellent le dessin. Avantage : l’auteur, quand il passe d’un protagoniste à un autre, signale où ils se trouvent.

Mention très bien à la famille d’Elizabeth, qui, étant chevaliers de la reine, sont prêt à sortir les sabres pour trucider les morts pas très vivants qui puent très fort. Anglais jusqu’au bout des ongles !

Mention spéciale à la séquence hot avec le beau Sebastian trempé… le pantalon aurait pu coller un peu plus pour nous dévoiler l’indévoilable. Au fait, les diables ont-ils un sexe ?

Une nouvelle fois enchantée de cette série ! Dire que je dois attendre octobre pour lire la suite !

Lu dans le cadre des Challenges « Thrillers et polars » de Liliba, « I Love London » de Maggie et Titine, « Le mois anglais » chez Titine. et le challenge « Victorien » chez Arieste.

1888, Jack l’Éventreur et les fantasmes victoriens : Roland Marx

Titre : 1888, Jack l’Éventreur et les fantasmes victoriens

Auteur : Roland Marx
Édition : Éditions Complexes (1987)

Résumé :
« Jack l’Éventreur » : un des plus célèbres criminels de l’histoire, d’autant plus connu peut-être que le mystère de son identité n’a jamais été percé et que les hypothèses les plus folles, y compris la mise en cause de proches parents de la reine Victoria, ont été avancées à ce sujet et continuent de se nourrir de « révélations » successives.

Cette « affaire » sert de point de départ à une enquête sur les mentalités victoriennes qui, seules, peuvent expliquer l’étrange écho provoqué par cette série de meurtres sordides.

On s’aperçoit bien vite que les Victoriens vivaient en proie à quelques grandes peurs : la maladie et la mort, le sexe, l’espace urbain qui, dans la « moderne Babylone « londonienne, recelait des bas-fonds terrifiants et des menaces aussi diffuses que redoutées.

En 1888, les grandes barrières contre le mal, la famille, la propriété, la religion, apparaissent branlantes dans un royaume gouverné par une souveraine exemplaire, mais vieillissante.

Les grandes valeurs morales, l’ordre social et politique fléchissent, la « peur du rouge » se développe, on vit sur une croûte de civilisation qu’un grand cataclysme menace d’engloutir dans les laves révolutionnaires. Les crimes de Jack réveillent ou révèlent des fantasmes inavoués ou inavouables.

Dans les brumes épaisses de novembre 1888, d’aucuns ne savent plus trop s’ils vivent l’avènement de la grande perversion sexuelle ou si les ombres fantomatiques de la Révolution sociale ne revêtent pas l’apparence du meurtre sordide comme signe annonciateur de la subversion finale.

Critique : 

Que peut-il y avoir de si fascinant dans un tueur en série, assassinant des prostituées, les découpant, les mutilant, repeignant même la chambre de Mary Kelly avec son sang ?

Parce que ses meurtres furent monstrueux ?

Il a tout de même assassiné sauvagement cinq prostituées (au minimum, plus si affinités) dans le quartier pauvre de Whitechapel, à Londres, en 1888.

Est-ce parce que son identité ne fut jamais trouvée et qu’on suspecta bien des gens, jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir ?

Une chose est sûre : il fascine depuis toujours et peu de tueur peuvent se venter d’avoir fait couler plus d’encre que de sang, d’avoir suscité autant de mystère, d’avoir eu leur nom sur des affiches de cinéma, dans des livres, d’avoir été mis à toutes les sauces et d’avoir TOUJOURS leurs noms au Panthéon des meurtriers, plus de cent ans après leurs méfaits. Tout en suscitant toujours les questions et les théories les plus folles !

Oui, je l’avoue, ce tueur me fascine. Pourtant, il a peu de meurtres à son actif, d’autres ont fait pire et bien plus de victime que lui. Mais sur Jack, il planera toujours une aura de mystère quand à son identité.

Qui était-il ? Nul le sait…

Tout le monde y passa : le petit-fils de la reine Victoria, le prince Albert Victor, duc de Clarence; le peintre Walter Sickert; John Druitt, l’avocat retrouvé noyé dans la Tamise; le chirurgien de la reine, Sir William Gull; ; George Chapman, barbier polonais; Sherlock Holmes (oui, dans un pastiche ! Mais étant un personnage de fiction – sacrilège que de l’avouer – il ne peut être tenu pour coupable),…

Pourtant, « Jack l’éventreur » ne fut sans doute pas le surnom qu’il se donna lui-même, mais pourrait provenir d’un journaliste… Une chose est sûre, le surnom provient d’une lettre envoyée à l’agence de presse London Central News Agency par une personne déclarant être le meurtrier.

Lorsque j’ai acheté ce livre, je savais que je n’aurais pas de réponse à mes questions. Ce n’est pas pour cela que j’ai acheté ce livre mais pour me plonger dans la société victorienne comme j’aime le faire…

Le début du livre est consacré – en grandes lignes – au serial-killer Number One mais il ne sert que de base pour un tout autre but : nous éclairer sur le « comment de telles choses ont pu arriver », faire la lumière sur les paramètres sociaux qui ont permis aux actions de Jack de prendre une telle proportion.

Ensuite l’auteur pourra nous parler, plus en profondeur, de la société victorienne, de ses tabous, de ses mœurs, de religion, de la place de la femme (aux fourneaux, oui),…

La première partie qui détaille les us et coutumes ainsi que la politique est agréable à lire et les pages tournent facilement.

C’est ensuite que ça à coincé et que ce fut plus laborieux, là où j’ai sauté des pages…

La seconde partie est brute de décoffrage, hyper pointue et nauséeuse quand l’auteur aborde des sujets tels que l’économique, la politique,…

A réserver pour les passionnés de l’époque !

Note : Il faut savoir aussi que si certaines rues furent éclairées, ce fut tout de même grâce aux meurtres de Jack… No comment.

Lu dans le cadre du challenge « I Love London » de Maggie et Titine, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au challenge « Victorien 2013 » chez Arieste.