‭Les détectives du Yorkshire – 08 – Rendez-vous avec le diable : Julia Chapman ‬[LC avec Bianca]

Titre : ‭Les détectives du Yorkshire – 08 – Rendez-vous avec le diable

Auteur : Julia Chapman
Édition : Robert Laffont – La bête noire (24/11/2022)
Édition Originale : The Dales Detective Series, book 8: Date with Evil (2022)
Traduction : Dominique Haas et Stéphanie Leignie

Résumé :
Dans le huitième roman des détectives du Yorkshire, Samson et Delilah sont sur le point de découvrir que toutes leurs nouvelles affaires pourraient être connectées à un réseau maléfique qui semble entourer Bruncliffe.

Résoudront ils leurs affaires avant que le danger ne vienne frapper directement à leur porte ?

Critique :
On peut dire que j’attendais cette lecture avec l’impatience d’un gosse un soir de Noël. Est-ce que me petits souliers ont été bien remplis ? Oh que oui ! Pour une fois, pas d’écart entre le plaisir ressenti durant l’attente et celui durant la lecture.

Les détectives du Yorkshire, ce sont des cosy mysteries qui ont un point commun avec Columbo : les lecteurs en savent toujours plus que les protagonistes !

Depuis le 1er tome, nous savons qui est le salopard d’enfoiré de sa mère, le criminel, le trafiquant, le type dont il faut se méfier… Et nous sommes les seuls à le savoir. Ce que nous ne savons pas, c’est quand et comment ils le découvriront.

Comme pour beaucoup de sales affaires qui se sont passées à Bruncliffe ou dans ses environs et que notre duo d’enquêteurs n’ont pas résolues, pensant à tort, qu’il s’agissait d’un suicide, d’un accident…

Non, ça ne diminue pas le suspense, d’en savoir plus que les protagonistes, que du contraire, ça frustre encore plus. Combien de fois n’ai-je pas hurlé à Samson ou à Delilah, que le criminel leur faisait de belles courbettes, qu’il était face à eux ? Que ce n’était pas un suicide, mais un crime ? Mauvais pour la tension, cette série !

Dans chacun des romans, on a une affaire plus importante et d’autres, qui semblent banales, comme la disparition de choux, le vol d’œufs, de linge, de bisous manquant sur une carte postale… Bref, des petits faits dont on pense, à tort, qu’ils sont insignifiants. C’est une erreur !

Tels des petits ruisseaux se regroupant pour former un ruisseau, puis un fleuve, avant de rejoindre une mer ou un océan, toutes ces petits choses simples, ces détails, se rejoignent afin de former un tout, s’imbriquant dans l’immense toile d’araignée que l’autrice a tissé dans ses romans.

Tel un mécanisme d’horlogerie, tous les rouages tournent et les plus petits ont aussi leur importance, parce que sans eux, les plus grands tourneraient mal. Il serait amusant de les relire tous, l’un à la suite de l’autre, pour les revoir dans leur ensemble et se rendre compte que tout était bien huilé, bien préparé, bien pensé.

Chaque personnage aura son utilité, même la colporteuse de ragots, même un ne faisant pas partie des principaux, aura, un jour, son moment de gloire et je suis contente que dans celui-ci, l’autrice ait mis sous les lumières, George, le frère de Ida Capstick et que cette dernière ait pris de l’importance au fil des tomes.

Dans cette série, les personnages ne sont pas trop manichéens, même si, Samson, Delilah et bien d’autres, sont des gentils, des gens avec lesquels ont auraient envie d’aller boire une pinte, au pub du coin. Des gens normaux, des gens d’un village où la vie privée est un vain mot.

Oui, ils sont devenus des amis, même les plus bourrus, même les plus bourrins, ne sont pas des méchants, juste des gens des collines, un peu frustres, qui ne s’embarrassent pas du superflu, de diplomatie, d’hypocrisie. Cachant leurs sentiments sous des grognements.

Ce 8ème tome était, une fois de plus, une réussite à bien des égards : du rythme, de l’action, des moments plus calmes, au départ, le temps que tout le monde reprenne ses esprits après leur dernière enquête et ne commencent à mettre un peu d’ordre dans les affaires que les gens leurs ont confié.

Le suspense monte crescendo et sur le final, il est haletant, on court partout, on a peur, même si on se doute que tout se terminera bien… Du moins, on l’espère. Et puis, ce qui m’a fait plaisir, c’est que ce tome 8 clôture toutes les affaires, que tous les mystères levés dans les romans précédents, trouvent ici leur conclusion définitive.

Maintenant que les protagonistes du romans en savent autant que nous (mais sans avoir eu recours au narrateur omniscient, eux), j’espère que la série ne s’arrêtera pas là et que nous pourrons encore suivre leur pérégrinations durant quelques tomes… Juste pour le plaisir.

Ma première lecture de l’année est une réussite, tout comme notre première LC de 2023. Là, Bianca et moi, sommes sur la même longueur d’ondes. La preuve sur son billet !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°109] et le Challenge British Mysteries 2023 chez Lou et Hilde – De janvier à mars (N°1).

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Un chant de Noël – Une histoire de fantômes : José Luis Munuera

Titre : Un chant de Noël – Une histoire de fantômes

Scénariste : José Luis Munuera (d’après le roman de Charles Dickens)
Dessinateur : José Luis Munuera

Édition : Dargaud (10/11/2022)

Résumé :
Londres, 1843.
Tous les habitants, les mieux lotis comme les plus démunis, s’apprêtent à fêter Noël.

Tous, à l’exception de Scrooge. Aux yeux de cette riche commerçante, insensible au malheur des autres comme à l’atmosphère de liesse qui baigne la cité, seuls le travail et l’argent ont de l’importance.

On la dit radine, égoïste et mesquine. Elle préfère considérer qu’elle a l’esprit pratique.

Et tandis que les festivités illuminent la ville et le coeur de ses habitants, Scrooge rumine sa misanthropie…

Une nuit, des esprits viennent lui rendre visite. Ils l’emmènent avec eux, à la rencontre de la jeune fille qu’elle était, quelques années plus tôt, lorsque la cupidité n’avait pas encore rongé son coeur. Mais aussi à la découverte de celle qu’elle aurait pu devenir si elle avait choisi la voie de la bonté…

Critique :
Ebenezer Scrooge est une femme ! Et quelle femme ! Capitaliste, sèche, froide, insensible, mesquine, radine, jolie, bien habillée, cynique, voilà le portrait de son pendant féminin : Elizabeth Scrooge.

Si je ne suis pas fan des récits ou romans ayant pour thème Noël, j’ai toujours adoré les ambiances miséreuses dans le roman de Charles Dickens (Un chant de Noël) ou à sa version animée, avec Picsou dans le rôle de Scrooge.

Là, au moins, nous étions avec les sans-dents, les miséreux, ceux qui n’ont pas d’argent pour fêter Noël, pour manger à leur faim, pour se chauffer… Ceux qui auraient voulu fêter dignement Noël, mais qui n’en avait pas les moyens. Les derniers de cordée, ceux qui n’ont rien trouvé en traversant la route. Comme il en existe toujours…

J’avais donc hâte de découvrir la version féminisée de Munuera. Mes premières impression sont bonnes, notamment avec les dessins, que j’apprécie. Le style de Munuera est reconnaissable, je le connais bien. Quant au personnage d’Elizabeth Scrooge, elle est magnifique de cynisme, d’égoïsme et ses réparties sont cinglantes.

Pour elle, les pauvres sont responsables de leur état, ils devraient faire moins de gosses et travailler. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que la plupart travailler, mais ne gagnent pas assez pour faire vivre leur famille, tel Cratchit, son employé qui a 6 enfants.

Quelle est l’utilité de changer le vieux Scrooge en une jolie jeune femme ? Mais ça change tout, notamment en raison de la place des femmes dans la société anglaise des années 1830/1840. On le comprendra bien en voyant l’enfance d’Elizabeth, lorsqu’elle sera accompagnée de l’esprit des Noël passés.

Pour sortir du chemin tout tracé, elle a dû travailler plus dur, plus fort, avoir ce don avec les chiffres et ne rien laisser passer, alors qu’un homme, lui, aurait eu bien plus facile, juste parce qu’il a un truc qui pendouille entre les jambes.

Les femmes, elles, se devaient d’être des mères, des épouses dévouées, de prendre soin de leur mari, ou de leur père. Une femme soumise, rien de plus. Elle s’est battue et le résultat est cette personnalité aigrie. Elle avait le choix entre être une sainte ou une sorcière.

L’auteur fustige aussi la société anglaise, capitaliste, l’exploitation de l’Homme par l’Homme : quelque uns, super riches, sont responsables d’une multitude d’autres. Le pouvoir est détenu par les riches industriels et ils font la pluie et le beau temps, cherchant à engranger toujours plus de profit.

Scrooge aussi ne cherche qu’à augmenter sa fortune, mais ce n’est ni pour le bien d’autrui, ni pour son bien-être à elle.

La revisite de ce conte de Noël était une riche idée et elle est plus que réussie, parce que notre Elizabeth est bien plus cynique, plus têtue que le Scrooge masculin de Dickens. Elle n’a pas peur de dire qu’elle n’est pas responsable de la mort du petit Tiny Tim et d’accuser le Dieu auquel les gens croient.

Je ne spolierai pas la fin, qui n’est pas celle du roman, on ne change pas une telle personne aussi vite… ou alors juste un peu ?

Que l’on ne s’y trompe pas, dans cette magnifique histoire, il n’y a pas que les graphismes qui soient réussis !

Le scénario de Munuera est très bien trouvé et il a le mérite de nous faire réfléchir sur nous même, qui ne sommes guère différents de cette Elizabeth, qui porte des œillères et qui ne se préoccupe que d’elle-même, comme nous le faisons souvent.

Cet album dépasse le roman original, nous apportant un autre enseignement que celui de Dickens, où son Scrooge devenait un homme bon, en une seule nuit. La version de Munuera est plus réaliste, plus crédible, plus dans l’air du temps et son message n’est pas si misanthrope que cela.

Brillant !

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 80 pages).

‭Petits meurtres à Endgame : A. K. Benedict ‬[LC avec Bianca]

Titre : Petits meurtres à Endgame

Auteur : A. K. Benedict
Édition : Charleston (18/10/2022)
Édition Originale : The Christmas Murder Game (2021)
Traduction : Laura Bourgeois

Résumé :
Lily Armitage espérait ne jamais devoir retourner à Endgame, le domaine familial où sa mère est décédée vingt et un ans plus tôt. Mais lorsque sa tante l’invite au traditionnel jeu de piste de Noël, la curiosité est plus forte qu’elle.

Car cette année, l’enjeu est de taille : non seulement le gagnant héritera du domaine, mais les indices révéleront enfin la vérité sur la mort de sa mère.

Alors que le réveillon de Noël approche, la tension monte entre les cousins. Tous ont leurs raisons de vouloir gagner, et certains n’ont pas l’intention de jouer franc-jeu. Et quand une tempête de neige les force à rester confinés dans le manoir, les retrouvailles familiales prennent une tournure funeste…

Bien décidée à connaître le fin mot de l’histoire, Lily comprend vite que le domaine renferme de sombres secrets, et qu’elle risque sa vie dans ce jeu dangereux…

Cosy mystery, fêtes de Noël et grand manoir : un jeu de piste haletant au cœur d’une famille aux secrets bien gardés.

Critique :
Des meurtres pour Noël, un huis clos, de la neige, un manoir familial dans le Yorkshire, un jeux de piste, des énigmes, comme une sorte de Cluedo grandeur nature ça te dit ?

Purée, bien sûr que je veux lire ce cosy mystery anglais ! Est-ce qu’on demande à un chien s’il veut un os ? Bien sur que non. C’est pourquoi j’ai accepté de suite la proposition de Lecture Commune avec ma copinaute Bianca.

Ce fut une bonne pioche, même si ce cosy mystery souffre de quelques défauts dont je vous parlerai plus loin.

Munie d’une veste chaude, de plusieurs paires de chaussettes épaisses, de plaid et d’un thermos de thé chaud, je me suis aventurée dans cet ancien manoir reconvertit en hôtel pour séminaires. La propriétaire des lieux, décédée, a tout de même tenu à ce que l’on réunisse ses enfants, neveux et nièces, pour un dernier jeux de pistes dont le gros lot est l’acte de propriété du manoir…

Les points forts de ce cosy sont ses énigmes, bien pensées, bien traduites aussi (important, on le comprendra au fil de sa lecture) et qui font appel à la sagacité de la famille Armitage pour décrypter les anagrammes ou autres jeux de mots.

À ce petit jeu là, je suis nulle, tandis que Lily, elle, est un véritable Sherlock Holmes en puissance. Hélas, elle n’a pas son aura, ni sa personnalité, elle est même super fade, la Lily ! Avant de retourner au manoir familial, elle aurait dû aller s’acheter un bon kilo de réparties et au moins 500 grammes d’agressivité, afin de résister au sarcasmes de sa cousine Sara, qui elle, a trop d’aigreur en elle…

Si les énigmes sont bien faites, si le final est génial, si la double enquête est bien menée, si le suspense est présent, les mystères aussi, si les décorations de Noël, dans le manoir, sont grandioses, les personnages, par contre, manquaient de décorum, de boules (oui, les mecs en manquaient !!) et de consistance. Lily est trop molle, Sara trop agressive et personne ne la remet jamais en place, ou alors, avec mollesse.

Ils m’ont fait penser à ces dirigeants qui condamnent fermement un dictateur, mais ne bougent pas d’un millimètre, sauf à froncer les sourcils, ce qui ne fait peur à personne, bien entendu. Bref, les portraits sont déséquilibrés, pas assez travaillés, et pourtant, cela ne m’a pas vraiment posé de problème durant ma lecture. Dommage pour ce manichéisme. Le travail aurait pu être plus approfondi pour eux.

Autre chose que j’ai remarqué et qui manquait un peu de réalisme, c’est qu’après le premier cadavre, personne ne semble vouloir enquêter, virer parano ou raser les murs en claquant des dents… Pourtant, il est impossible que ce soit un accident ou un suicide, à moins d’être contorsionniste.

Heu, avec la neige, les routes sont coupées, ils n’ont pas de téléphones, ils ont un cadavre sur les bras, l’assassin ne peut être que parmi eux (un proche, donc !) et personne ne semble avoir envie de courir comme un poulet sans tête ???

Moi, dans une situation pareille, j’aurais la chair de poule, les chocottes, l’esprit en mode parano et je serrerais tellement les fesses que, même avec des fayots à bouffer à tous les repas, rien ne sortirait ! Au moindre bruit suspect la nuit, par contre, ce serait crise cardiaque ou traces de freinage assurées ! Et bien, cette peur de l’autre, cette suspicion, on ne peut pas dire qu’elle a vraiment lieu. Non, on continue le game. Ils ont dû garder leurs émotions pour eux, sans doute…

Malgré mes quelques bémols, la lecture de ce Cluedo m’a enchanté, je n’ai pas vu le temps passer et mes petites cellules grises ont tourné à plein régime pour tenter de trouver les pièces visées dans les petits poèmes, de résoudre les énigmes, de trouver qui avait tué Mariana, 20 ans plus tôt (ou si c’était bel et bien un suicide), qui a tué une partie des participants de ce jeu de piste de Noël (bingo, j’avais compris), ainsi que les titres des romans policiers préférés de l’autrice, caché dans le récit (3 trouvés, c’est peu).

Pour apprécier pleinement cette lecture, il faut se laisser porter par les événements, ne pas être trop regardant sur le réalisme qu’une famille qui n’enquête pas sur les meurtres qui ont lieu en leur sein, qui ne deviennent pas parano, mais continuent le jeu.

Un huis-clos où l’autrice à mis en place tout ce qu’il fallait pour les garder enfermés ensemble, sans possibilité de fuir (à moins de vouloir se choper une hypothermie sévère), avec un assassin parmi eux, sans que l’on sache qui va être le prochain ou la prochaine, le tout avec envies de meurtre, pour les lecteurs, envers la peste de Sara.

Une lecture sans prise de tête, agréable, fun, qui fait du bien. Si le début est un peu plus long à se mettre en place, une fois les jeux commencé, il est difficile de lâcher ce cosy mystery avant la solution finale.

Là, c’est une LC réussie avec Bianca, ça tombe bien, c’était notre dernière de l’année. J’espère que celles prévues en janvier serons des réussites aussi, parce que nous avons prévu des auteurs et ses sagas que nous avons appréciées.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°105].

‭Loveday & Ryder – 06 – ‬Couronnement fatal à Middle Fenton ‭: ‬Faith Martin [LC avec Bianca]

Titre : Loveday & Ryder – 06 – ‬Couronnement fatal à Middle Fenton

Auteur : Faith Martin
Édition : Harper Collins (02/11/2022)
Édition Originale : A Fatal Affair (2021)
Traduction : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Printemps 1962. Alors que le paisible village de Middle Fenton s’apprête à célébrer le 1er mai, une jeune femme est retrouvée étranglée et ligotée au mât à rubans. Une semaine plus tard, son petit ami est découvert pendu dans une grange.

Le jeune homme se serait donné la mort après avoir tué sa fiancée – c’est du moins ce qu’en déduit la police, mais cette conclusion est loin de faire l’unanimité.

La policière Trudy Loveday et son complice, le coroner Clement Ryder, ont tôt fait de comprendre qu’un meurtrier court encore dans la nature. Mais le tueur a déjà prouvé qu’il était prêt à éliminer toute personne qui chercherait à le confondre…

Auront-ils le temps de démasquer l’assassin avant qu’il ne frappe à nouveau ?

Critique :
Grâce à la policière Trudy Loveday et le coroner Clement Ryder, je pourrai me vanter d’avoir fait Oxford ! Certes, pas les études dans l’école prestigieuse, mais ça, ça restera entre vous et moi.

Alors, quoi de neuf, docteur Ryder ? Oh, le meurtre, par étranglement, de la reine de mai, dans le petit village de Middle Fenton et puis le suicide par pendaison de son petit copain.

Une pendaison, c’est chelou, non ? Notre ancien chirurgien, devenu coroner, va devoir se pencher sur ce suicide, à la demande du père, commissaire de police, qui ne croit pas que son fils se soit donné la mort.

Enquêtant discrètement, pour une fois, notre jeune policière, Trudy Loveday, va devoir épauler Ryder (surnommé le vieux vautour) sans son uniforme de policière, puisque c’est en loucedé qu’ils procèdent et sans pouvoir enquêter sur l’étranglement de la jolie jeune fille.

Comme toujours, on ne perd pas de temps, le meurtre a déjà eu lieu, la pendaison aussi et le roman commence avec notre coroner qui interroge les différentes parties, dans le tribunal.

Ensuite, direction le petit village où toutes les commères papotent, afin de faire la lumière sur cette sombre affaire. Ce sont deux jeunes gens qui sont décédés, tout de même, pas une vieille tante acariâtre avec magot !

L’auteur prend son temps, sans pour autant faire traîner les choses inutilement. Nous sommes dans les années 60, la majorité des femmes restent à la maison, devant leurs fourneaux, et l’auteur sait y faire pour nous plonger dans ces ambiances sixties et dans cet esprit de clocher qui est souvent l’apanage des petits villages où tout le monde se connaît.

Le duo Loveday et Ryder marche toujours très bien, pas d’amour à l’horizon, ce qui est parfait, mais plus une relation mentor/stagiaire ou presque père/fille. Le coroner respecte la jeune policière, lui apprend à conduire et connait bien sa valeur, là où ses collègues pensent encore qu’elle est juste bonne à classer des dossiers et à servir le thé.

Lire ces cosy mystery, c’est aussi un moment de détente où l’on ne se prend pas la tête, sauf à chercher le ou les coupables et où l’on prend plaisir à retrouver le duo improbable, mais qui fonctionne à la perfection.

Les suspects sont nombreux et cette fois-ci, je me suis plantée sur toute la ligne ! Ah, j’avais un nom pour l’assassin et je me suis fourrée le doigt dans l’œil ! Pour ma défense, nos enquêteurs pataugeaient aussi et sans une aide inopinée, ils seraient toujours en train de fureter sans rien trouver.

Hé oui, pour résoudre les enquêtes, il faut parfois une dose de chance… Et de la tchatche !

Anybref, une fois de plus, c’est un très bon polar, sans prétention aucune, si ce n’est de divertir avec des assassinats…

Cette LC avec Bianca est réussie, tout comme moi, elle a apprécié arpenter le petit village de Middle Fenton et se dire que les commères devaient parler dans le dos, se racontant les rumeurs et les potins, elles qui savent tout, là où les hommes ne voient rien…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°80].

Les Enquêtes de Lady Hardcastle – 03 – La mort au tournant : T. E. Kinsey [LC avec Bianca]

Titre : Les Enquêtes de Lady Hardcastle – 03 – La mort au tournant

Auteur : T. E. Kinsey
Édition : City – Policier (01/09/2021)
Édition Originale : Death Around the Bend (2017)
Traduction : Karine Xaragai

Résumé :
Septembre 1909. Lady Hardcastle et sa femme de chambre, Florence, sont invitées au domaine de Lord Riddlethorpe pour une semaine de courses automobiles et de fêtes.

Des vacances tout à fait charmantes… Jusqu’au moment où l’un des pilotes meurt dans un accident lors de la toute première course.

Simple accident ? C’est ce que pense la police locale qui n’a aucune envie de se décarcasser à chercher la petite bête !

Mais quand Lady Hardcastle découvre que la voiture a été sabotée, elle prend les choses en main et décide de mener l’enquête. Et entre les domestiques du domaine et les invités, il y a une belle brochette de suspects…

Même dans le calme de la campagne, une seule chose est certaine : la mort peut vous faucher au tournant sans prévenir…

Critique :
Le vilain adage dit « Femme au volant, mort au tournant », mais celui qui est mort dans le tournant, c’est un homme et un pilote de course, en plus ! Les femmes sont innocentes…

Lady Hardcastle était toute contente de partir passer quelques jours à la campagne, chez un ami de son frangin, en compagnie de Armstrong (pas le coureur cycliste), sa dame de compagnie et femme à tout faire. Quelle expédition ! Quel nombre impressionnants de malles a-t-il fallu prendre, vu qu’elle devait se changer trois fois par jour.

Comme toujours, dans ce cosy mystery, on commence doucement, on prend le temps de se plonger dans l’époque, dans les histoires de nos personnages principaux, qui prennent le train, qui discutent ensemble, se vannant gentiment, n’hésitant pas à se lancer quelques piques amusantes.

Il n’est pas conseillé de lire cette saga si l’on veut du trépidant, par contre, si le but est de passer un bon moment de lecture, sans se prendre la tête, tout en découvrant la vie en Angleterre dans les années 1900 (1908/1909), notamment les mœurs des riches et la vie dans les campagnes, alors, c’est parfait.

Le duo Lady Hardcastle et Armstrong (pas le chanteur) marche toujours du tonnerre et leur enquête autour de la mort durant la course du pilote, va leur causer quelques petits soucis. Difficile de trouver un coupable, ou alors, il faut suspecter le plus probant d’entre eux. Puis, tout va aller plus vite, on a un autre cadavre, un empoisonnement et une tentative de meurtre…

Dire que Lady Hardcastle et Armstrong (pas le type qui a marché sur la lune) voulaient passer des petites vacances tranquilles pénardes. Impossible, dès que vous aimer enquêter, les meurtriers et les cadavres vous collent aux basques. Hercule Poirot, Columbo et bien d’autres, le savent.

Voilà un cosy mystery qui prend le temps de vivre, de nous faire vivre, de nous amuser, de nous distraire, avec des personnages truculents, qui savent causer, répondre et mener l’enquête sans en avoir l’air. Les réparties font mouches et j’ai souri très souvent durant ma lecture.

Cette fois-ci, j’ai compris bien avant notre duo d’enquêtrices : un détail m’a fait lever la tête, j’ai réfléchi et j’étais sur la bonne piste bien avant elles. Mieux, j’avais déduit l’identité du coupable. Bien vu sur toute la ligne. Cela ne m’a pas ôté le plaisir, que du contraire !

Qu’est-ce que j’ai gagné en trouvant le coupable ? Le droit de lire le suivant !

Un cosy mystery qui ne se prend pas la tête, qui détend, qui apaise et qui n’est pas dénué d’intelligence non plus, puisque nos deux femmes ne sont pas des imbéciles et qu’en plus, elles essaient de vivre en avance sur leur temps.

Pour cette LC, Bianca et moi sommes du même avis ! Son avis est ici.

#Challenge Halloween 2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°64] et Le Challenge Halloween 2022 chez Lou & Hilde (Du 26 septembre au 31 octobre) – Pauses cosy Halloween.

 

Les voyages de Sherlock Holmes : Martine Ruzé-Moëns

Titre : Les voyages de Sherlock Holmes

Auteur : Martine Ruzé-Moëns
Édition : du Net – LEN (19/01/2019)

Résumé :
Sherlock Holmes nous emmène en voyages à travers l’Europe. Les énigmes se succèdent et les mystères s’épaississent. Mais grâce à lui, les solutions finissent toujours par jaillir.

Son amie française, Mathilde d’Alencourt, les fait revivre pour nous, en dévoilant des extraits de son journal intime.

– Quatre de ces aventures, revues et agrémentées d’illustrations anciennes, sont des rééditions : « Mary mon amie », « Dinard », « Stavanger » et « Fulworth ».

– Trois récits originaux vont nous plonger dans l’atmosphère de la Champagne, de Paris et de Bruxelles à la Belle Époque :
– Le mystère du photographe : mort suspecte, cambriolages et disparitions au sein d’un charmant village champenois.
– Paris : il n’est jamais bon de remuer le passé !
– James Ensor : une mémorable rencontre avec le peintre belge et ses pittoresques amis bruxellois.

Les nouvelles « Mary, mon amie » et « Dinard » ont été récompensées par le Grand Prix du roman policier aux Journées littéraires de Dinard.

Critique :
Ne jamais ranger dans sa biblio un pastiche holmésien, après, on a tendance à oublier de lire ! C’est ce qui est arrivé avec celui-ci… J’étais persuadée de l’avoir lu, mais Babelio et Livraddict étaient formels : non lu !

En relisant le résumé, je me suis rendue compte que sur les 7 nouvelles de ce pastiche, 4 avaient été publiées initialement dans le recueil « Les vacances de Sherlock Holmes« , lu en 2012 (publié aux éditions Mycroft’s brother).

Zut et flûte, ça sentait mauvais le double emploi, même s’il y en avait 3 nouvelles. Certes, pour celles et ceux qui n’auraient pas eu la possibilité de lire les vacances de Sherlock Holmes, c’était une riche idée de les adjoindre, mais moi, ça me faisait un peu ronchonner…

Décidant au départ de ne lire que les trois qui étaient nouvelles, j’ai vite changé d’avis en tentant de me remémorer ce qu’il se passait dans « Mary mon amie » (j’avais souvenir du mariage de Watson et d’une affaire, mais laquelle ?) et dans « Dinard », ma préférée de toutes… Heu ? Une poêle en fonte et un lit breton, pour le reste, que dalle ! On applaudit bien fort ma mémoire (bon, après 10 ans…).

Allez hop, c’est l’occasion ou jamais, j’ai donc lu tout : les anciennes republiées et les nouvelles. Verdict ? Un plaisir de les relire (rhô, j’en avais oublié des choses) et un plaisir de découvrir les nouvelles.

Holmes est comme un poisson dans l’eau dans le format littéraire des nouvelles, ses enquêtes ne doivent pas tirer en longueur et une fois de plus, pas de problème de taille : ni trop longues, ni trop courtes. Je parle bien de la taille des nouvelles !

Le Holmes de l’autrice est différent de celui de Conan Doyle, ce qui est normal, tout le monde qui lui donne vie change des détails. Ici, il est un peu plus humain, lui-même expliquant que Conan Doyle, qui a publié les récits de Watson, a fait de lui un être misogyne et froid. Ou quand la créature s’affranchi de son créateur et le critique ouvertement. J’adore.

Les enquêtes de Sherlock Holmes sont correctes, agréables à suivre, certaines plus simples que d’autres, mais jamais simplistes. L’écriture de l’autrice nous plonge dans l’époque, sans pour autant en faire des tonnes et virer au roman historique.

Sherlock Holmes reste le principal sujet, le héros de ce recueil et la présence de Mathilde d’Alencourt est rafraîchissante. Un personnage réussi, je trouve. Le duo formé avec le détective n’est pas déséquilibré, ni guimauve, c’est une bonne équipe, même si elle n’a pas la moustache de Watson, sa carrure, sa boiterie et son vieux révolver d’ordonnance, elle n’en reste pas moins importante.

C’est donc une lecture réussie, autant pour les 3 nouvelles enquêtes que pour la relecture des 4 anciennes, qui avaient déjà un très bon niveau. Pas de twist de dingue à la Agatha Christie, mais pas de lapin sorti d’un chapeau non plus.

Les explications sont logiques, faciles à comprendre et pas capillotractées. Et ça, c’est important. J’apprécie que l’on soit dans des enquêtes normales, comme Holmes en a résolu dans sa longue vie de détective.

Un bémol ? Oui, 248 pages trop vite lues, trop vite dévorées… Il m’en faudrait toujours plus, comme une droguée de Holmes que je suis. Ma foi, heureusement que je l’avais oublié, ce recueil fut comme un bon morceau de chocolat retrouvé au fond d’une armoire et qui a gardé toute sa puissance de goût, fondant contre le palais et procurant une petite extase bienvenue.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°63].

 

Les vieux cahiers de Sherlock Holmes : Martine Ruzé-Moens

Titre : Les vieux cahiers de Sherlock Holmes

Auteur : Martine Ruzé-Moens
Édition : du Net LEN (26/01/2021)

Résumé :
En 1945, après le décès de sa mère Mathilde et de son beau-père Sherlock Holmes, Harry d’Alencourt découvre, par hasard, de vieux cahiers dans leur demeure de Fulworth.

Le détective y a lui-même consigné le récit de quelques-unes de ses enquêtes, les plus insolites. Les ayant lus d’une traite, Harry ressent aussitôt le besoin de les faire publier.

Pour le plus grand plaisir des passionnés d’aventures holmésiennes, ces dix enquêtes inédites ont été rassemblées dans ce livre.

Critique :
Sherlock Holmes est un de mes péchés mignons, l’autrice de cet apocryphe n’est pas une découverte pour moi, cela fait un petit temps que je vais à la pêche, tentant de trouver tous ses pastiches.

Et la pêche fut bonne, dans tous les sens du termes.

Comme je l’ai souvent dit et répété, le format des nouvelles va comme un gant aux enquêtes de Holmes.

Le truc de la malle que l’on retrouve chez un banquier, dans un grenier est vieux comme le monde…

L’autrice le met un peu à jour avec Harry, le fils adoptif de Mathilde, qui, dans la biblio de Holmes, retrouve des vieux carnets où sont racontées des enquêtes qu’il n’a jamais lues, que personne n’a jamais lues !

Nom d’une pipe en bruyère, moi aussi j’ai envie de m’installer devant un bon feu de bois (au diable les 19°) afin de lire ces petites merveilles. C’est ce que j’ai fait, je me suis installée confortablement et j’ai lu avec les yeux pétillants ces enquêtes méconnues de Holmes.

Dix enquêtes… Toutes les 10 différentes, bien que la première, avec une héritière et un château hanté m’ait replongée dans ma dernière lecture (Sherlock Holmes et l’héritière de Lettox Castle de Pascal Malosse). Semblables toutes les deux, même si les coupables n’étaient pas tout à fait les mêmes, bien que leurs motifs fussent la copie conforme (mais dans ces affaires, c’est toujours le même mobile).

Comme je le disais, les 10 nouvelles sont différents les unes des autres, certaines enquêtes de Holmes étant plus simples que d’autres.

Pas de folie dans les résolutions, nous ne trouverons pas de beau-père machiavélique et son serpent tueur, pas de beau-père se déguisant en fiancé pour tromper la belle-fille, pas de photo à récupérer, par de type caché dans une pièce et faisant croire à sa disparition…

Toutes ces nouvelles sont correctes, agréables à suivre, bien pensées et elles sont aussi le reflet de ce que Holmes aurait pu avoir à résoudre comme petits mystères dans la vie courante. Tout le monde n’est pas un meurtrier retors, même si certains avaient imaginé un super plan pour s’évader.

Dans ces nouvelles, l’on croisera aussi la route de certains personnages canoniques, tel l’éleveuse d’oies de l’escarboucle bleue (mais pas qu’elle) ou madame Cubitt des hommes dansants. C’est habillement mélangé avec de nouvelles enquêtes et c’est toujours plaisant de retrouver de vieilles connaissances.

Dans le lot des personnages canoniques, il y aura aussi des personnages réels, tels Zola, Oscar Wilde et Robert Ross. Apporteront-ils quelque chose ? Pour Zola, c’est moins flagrant que pour Wilde et son ami Ross. En plus d’un mystère, ils permettront à Holmes et Watson d’avoir une discussion intéressante sur le procès de Wilde et de l’opinion publique qui s’était retournée contre lui.

L’écriture de madame Ruzé-Moens est sans fioritures, agréable à suivre, avec les mots qu’il faut pour nous plonger aussi dans une époque révolue. Pas de langage moderne pour l’époque victorienne !

Si dans un précédent tome, je me plaignais de ne pas voir assez son personnage, Mathidle d’Alencourt, dans celui-ci, je grognerai que je n’ai pas vu assez de Watson.

Oui, il est marié, il travaille dans son cabinet médical et il ne peut pas planter ses patients comme ça, ce n’est pas correct, mais j’aime Watson, il est un peu comme moi, il ne voit rien et sort de l’obscurité seulement lorsque Holmes explique la résolution.

Ceci étant dit, je n’ai rien à reprocher à ce recueil de petites enquêtes. Certes, rien d’exceptionnel, mais je m’en fous royalement parce que merde, j’étais bien dedans, j’ai pris du plaisir à le lire et à suivre son Holmes, moins froid que l’original, mais que j’apprécie tel quel.

Attention tout de même à ne pas le commencer au soir… Je m’étais jurée de lire une nouvelle et puis d’aller au lit et vous savez comment ça va « Encore un chapitre », puis on ne sait plus s’arrêter.

C’est un bâillement à m’en décrocher la mâchoire qui m’a fait comprendre qu’il était temps d’aller me pieuter. Le chat, endormi sur mes genoux, l’a bien compris aussi et il en est descendu pour aller se pieuter sur un de ses coussins.

Un très bon apocryphe holmésien, à lire sans se prendre la tête, juste pour le plaisir, comme le chantait Herbert Léonard, que l’on soit raide dingue de Holmes ou juste de petites nouvelles policières.

Attention que ces romans ne sont pas toujours facile à trouver en librairie. Il faut souvent les commander, chez votre dealer habituel ou bien il faudra enrichir un peu plus le Bezos…

Il m’en reste encore trois à lire de cette autrice… Chouette !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°XX].

Sherlock, Lupin & moi – 14 – À la recherche de la princesse Anastasia : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – 14 – À la recherche de la princesse Anastasia

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse (31/08/2022)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & io : In cerca di Anastasia (2016)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
Sherlock, Lupin et Irene sont de retour. Un trio d’enquêteurs plus uni que jamais ! Après des années d’exil à New York, Irene est de retour à Londres dans l’espoir de renouer avec ses vieux amis Sherlock et Lupin. Elle a besoin de leur aide : sa fille adoptive, Mila, est en danger…

Mêlée malgré elle à l’affaire de la disparition de la princesse Anastasia Romanov, elle est menacée de mort !

Aussi, bien que de nombreuses années se soient écoulées depuis leur dernière aventure, le légendaire trio est prêt à renaître de ses cendres pour sauver Mila.

Critique :
Sincèrement, je me demandais ce que ce nouveau tome allait me réserver…

Dans le tome 12, Irene s’enfuyait pour sauver sa vie menacée, dans le 13, elle nous racontait une ancienne enquête qu’elle avait résolue avec ses deux amis, avant son départ. Et maintenant, qu’allait-elle faire ?

C’est donc avec une grande curiosité que j’ai commencé à lire ce nouvel opus. Puis, au détour d’une phrase, je n’ai plus rien compris.

Nous étions en 1940… Ce n’était pas Irene Adler qui racontait cette histoire, mais Mila (d’ailleurs, dans le nom de l’auteur, un M a été rajouté, que je n’avais pas vu au départ, la preuve que l’enseignement de Holmes n’a pas tout à fait fonctionné chez moi).

Oui, Mila, la fille adoptive d’Irene Adler sera notre narratrice, elle a 13 ans et ne comprend pas toujours tout, du haut de son jeune âge. Par contre, comme vous pouvez le comprendre, nous n’aurons pas affaire à Irene, Sherlock et Arsène jeunes, mais à des personnages de 60 ans !

Nous sommes en 1919, Irene a disparu de leur vie depuis 1872… Et depuis ce jour, ils ne l’ont plus jamais revue, si ce n’est Holmes dans l’affaire du scandale en Bohème.

Là, le sol s’est ouvert sous mes pieds, parce qu’au vu des nombreuses couvertures en italien qui se rattachaient à cette saga, je pensais que nos amis se retrouveraient peu de temps après le départ d’Irene pour l’Amérique. Ça, ce fut le tacle vache de ce roman.

Nos trois amis sont des adultes, des sexagénaires, ce qui change tout dans leurs rapports, puisque les deux hommes sont en colère contre elle, contre son départ, contre le fait qu’elle ne leur ait rien dit, comme si elle ne leur faisait pas confiance (Holmes a bien fait croire à Watson qu’il était mort, pour son bien, mais ne veut pas pardonner à Irene d’avoir fait pas tout à fait pareil).

Ma déception fut grande, au départ, de ne pas retrouver le trio d’amis, leur fougue, leur jeunesse, leur insouciance… J’ai eu peur pour rien, même adultes, le charme fonctionne toujours, bien qu’il soit différent de celui d’avant (exit le père d’Irene, Leopold et son majordome, l’adorable Nelson).

Cette histoire se lit très vite (toujours dommage que ça aille si vite), à peine ouvert que j’étais déjà à la page 60, sans m’en être rendue compte. La preuve que le charme a eu lieu et que j’étais à fond dans l’histoire.

Une fois de plus, ce fut une belle aventure, même en compagnie d’adultes qui se regardent en chien de faïence, égayée par les bons mots de l’Arsène, toujours égal à lui-même.

Sherlock est froid, distant, comme à son habitude canonique, mais l’Arsène sait aussi lire sous son visage de marbre et on sent bien que malgré les ressentiments, ces trois-là regrettent le bon temps d’avant et leur histoire d’amitié. Les émotions sont cachées, il faut lire entre les lignes.

Leur aventure est plausible, même avec l’élément princier, car l’auteur (oui, c’est un mec qui écrit les livres) ne s’est pas pris les pieds dans le tapis. Tant mieux, parce que cela aurait dommage après toutes ces aventures sans fausses notes.

Un tome totalement différent des autres, notamment à cause l’âge de nos protagonistes habituels, mais l’essence même des livres se trouvait toujours là, ainsi que leur amitié, même si pour le moment, elle prend le temps de se montrer, certains ne voulant pas avouer ce qu’ils ont sur le cœur (non, je ne parle pas d’amour).

L’écriture est simple, mais sans jamais devenir simpliste ou prendre ses jeunes lecteurs pour des débiles profonds. Rien de complexe, mais pas de nivellement par le bas non plus, ce qui fait qu’un adulte peut très bien prendre un grand plaisir à suivre les aventures de Irene Adler, Sherlock Holmes et Arsène Lupin !

PS : comment va se présenter la suite de cette série ? Vu le final, je me doute que le suivant sera consacré à la recherche de ce qu’ouvre la clé mystérieuse. Mais ensuite ? Suivrons-nous leurs aventures adultes ou bien les prochains tomes seront consacrés à leurs aventures jeunes, qu’Irene nous contera d’Amérique, faisant appel à ses souvenirs ? Mystère et boule de gomme, mais je vais suivre ça de très près !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°XX].

Les Amants de Baker Street – 01 – Le détective et le soldat blessé : Isabelle Lesteplume [par Dame Ida, Prêtresse de la Pureté du Canon et alliée de la Communauté LGBTQIA+ complètement déchirée]

Titre : Les Amants de Baker Street – 01 – Le détective et le soldat blessé

Auteur : Isabelle Lesteplume
Édition : MxM Bookmark – Mystère (24/11/2021)

Résumé :
Découvrez, au cœur du Londres victorien, les secrets bien cachés d’une romance interdite.

Londres, 1881.
Médecin militaire, John Watson vient tout juste d’être rapatrié d’Afghanistan. La guerre lui a tout pris. Sa santé, sa raison de vivre, son premier amour.

Brillant et excentrique, Sherlock Holmes est fasciné par les crimes et les énigmes, mais rongé par l’ennui et la solitude.

Par un coup du sort, les deux hommes se retrouvent à partager un appartement au 221b Baker Street. Et lorsque Scotland Yard frappe à la porte, Holmes et Watson n’hésitent pas une seule seconde à y répondre.

Aventure et mystère s’invitent dans leur quotidien. Mais alors que le danger n’est jamais loin, les démons du passé, eux, menacent de les rattraper. Leur amour sera-t-il assez fort pour y faire face ?

Critique :
Voilà quelques années que je me chagrinais d’avoir vu fleurir sur le net de multiples adaptations, dessins ou fanfictions NSFW attribuant une liaison aux deux personnages principaux de la série Sherlock…

Je rongeais mon frein, mangeais mon chapeau et pestais dans ma barbe face à l’obsession nouvelle lancée par le succès de cette série qui, d’ailleurs, surfait allègrement sur une petite vaguelette homo érotique pleine de sous-entendus…

Ben oui… Doyle n’avait jamais voulu faire de Holmes et de Watson un crypto-couple gay et s’en était expliqué…

Deux hommes en colocation chez une veuve à l’époque victorienne ? Mais c’était d’une rare banalité !

La société puritaine de l’époque ne permettait pas la mixité entre hommes et femmes dans les lieux publics. Seul un couple marié pouvait cohabiter ensemble sous le même toit…

Et les loyers londoniens, centre du monde de l’époque, étaient déjà hors de prix, contraignant les jeunes célibataires qui n’avaient pas encore fait leur trou dans la société, à louer des chambres chez des veuves dont la maison restait le seul bien dont elle pouvait tirer quelques sous pour subsister.

Et ces messieurs, qui quittaient leur mère, sans avoir encore d’épouse et pas de domestiques, auraient été bien ennuyés pour se faire à manger ou faire leur lessive ! Prendre pension chez une veuve était le bon plan absolu.

Cette colocation était historiquement suffisamment explicable et répandue pour que Doyle puisse faire cohabiter ses héros sans que ça aille jusqu’à les faire cohabiter dans le même lit. N’en va-t-il pas de même de nos enfants étudiants lorsqu’ils prennent une colocation ?

Alors… faire de la cohabitation entre deux hommes un truc louche, laissant supposer une liaison sexuelle entre eux à l’époque victorienne, ni même aujourd’hui, vu le prix des loyers en zone urbaine, n’a rien de bien raisonnable et relève surtout des fantasmes de ceux qui y pensent.

Aussi, si je n’ai absolument rien contre le mariage pour tous et toussa toussa, et que le souvenir de ce que risquaient les homosexuels, il y a encore quelques décennies, en Occident, me révolte (et je ne parle même pas de leur sort actuel en Iran, dans les Émirats du Golfe, en Russie ou encore dans certains pays d’Afrique !

En fait ça mériterait qu’on en parle davantage, mais ce n’était pas l’objet de mon billet), mais voilà… je suis toujours crispée quand un pastiche ou prétendu pastiche trahit les intentions du créateur des personnages d’une œuvre.

Que l’on publie de belles œuvres, avec des personnages plus intéressés sentimentalement ou sexuellement, par les personnes de leur propre sexe si l’on veut…

Le principe ne me dérange pas (notons qu’on a curieusement très peu, voire quasiment pas de polars dont le personnage principal est gay ou lesbien, en rapport à la représentation LGBT dans la population générale – il faudrait que les auteurs se lancent, non ?). Mais quand un pastiche prête une romance homosexuelle à des personnages qui n’étaient pas supposés l’être, dans le projet de leur créateur, ça me dérange. J’ai toujours vu là une forme de trahison, comme quand on veut faire de Dracula un playboy romantique…

Bref, les pastiches holmésiens homoérotiques ne sont franchement pas ma tasse de thé. A priori.

Car… Oui… j’ai mes aprioris.

Et comme toujours… les aprioris sont faits pour être contrariés et vous rappeler que seuls les cons et les connes ne changent jamais d’avis.

Oui, moi, Dame Ida, Grande Prêtresse de la Pureté du Canon Holmésien, qui vomissais tripes et boyaux sur toute représentation homo érotique du couple Holmes / Watson… Je me suis faite retourner comme une crêpe par ce roman.

Qu’Isabelle Lesteplume (ah bon ? son nom est un pseudo ? ) me pardonne, mais j’ai ouvert le premier volet de son triptyque simplement dans l’idée de me faire plaisir en l’étrillant dans une fiche, de me moquer d’elle, de l’humilier, de réclamer qu’elle soit mise au bûcher sur les versions papier de ses livres etc…

Et oui, les Grandes Prêtresses de la Pureté virent toujours dans l’intégrisme meurtrier, quelle que soit leur religion en fait… On devrait les zigouiller ! L’intégrisme, c’est toujours mal et conduit aux guerres civiles !

Mais je dois m’avouer vaincue : Madame Lesteplume, je n’aime a priori pas ce que vous faites, mais je dois vous admettre que vous le faites bien et que vous m’avez bluffée, même si vous étiez rudement mal partie avec moi comme lectrice !

Et oui, je dois humblement reconnaître que cette auteure réalise ici un tour de force diabolique. Son Holmes et son Watson s’aiment, mais sans qu’autre chose vienne jamais vraiment lourdement trahir la psychologie que leur créateur leur a donnée en dehors de ce « détail ».

En outre, elle ne trahit rien des enquêtes du canon qui seront évoquées avec une rare précision. Elle offre une relecture plutôt fidèle du canon, tel qu’il aurait dû s’écrire, s’il n’avait pas dû cacher l’idylle entre Holmes et Watson pour leur éviter de finir en prison.

L’auteure déploie l’histoire d’amour entre les deux hommes en gardant leurs enquêtes marquantes en toile de fond, une toile de fond tracée avec une certaine rigueur. Une étude en rouge et le Signe des Quatre seront au programme.

On y évoquera quelques “untold cases” au passage, comme autant de clins d’œil. Même les personnages secondaires seront bien traités et respectés. Mme Hudson prendra peut-être davantage de place que dans le canon, mais d’une manière tout à fait crédible et sympathique.

La culture holmésienne de l’auteure est indéniable, ainsi que ses références historiques fournies et sourcées. Tout cela donne à ce pastiche une authenticité qu’on ne retrouve généralement pas dans les fanfictions diffusées sur le net par des personnes dont la culture holmésienne se réduit à la série Sherlock.

La psychologie des deux personnages est ici cohérente avec le canon. Elle s’en éloigne sensiblement évidemment, mais seulement pour que la relation amoureuse entre les deux hommes puisse être crédible.

Évidemment, cela suppose que Holmes soit capable d’amour, et de faire un petit forçage de la surface hermétique de ses émotions… Mais même les artifices de l’auteure pour y parvenir se révéleront relativement convaincant. Même pour une sceptique comme moi.

J’ai vu les personnages de Holmes et de Watson parfois bien plus maltraités par d’autres pastiches où ils restaient hétéros. Je me souviens par exemple d’un pastiche lamentable où Watson se prenait pour un playboy et lorgnait sur tous les décolletés, ce qui me semble bien plus éloigné du Watson original que celui que j’ai croisé ici… qui reste fidèle à lui-même, même si son admiration pour son ami va au-delà de ce que le canon nous en dit.

Concernant la façon dont leur liaison se développe, l’auteur échappe à l’écueil de la pornographie. Les rapprochements physiques entre les hommes seront fréquents, certes, mais évoqués malgré tout avec une relative pudeur malgré un ou deux petits détails triviaux.

Quand les deux hommes s’étendent, l’auteure ne le fait pas. Celles et ceux qui voudraient des descriptions cliniques d’emboîtements frénétiques resteront sur leur faim. La plume de Madame Lesteplume n’est pas si leste qu’annoncée (en tout cas dans le premier volume).

Après… pour ce qu’il en est des élans romantiques et de la façon dont les deux hommes découvrent, comprennent et expriment leurs sentiments… Je dirais que nous restons malgré tout dans une écriture très « féminine ».

Je ne suis pas certaine que deux hommes pourraient se parler ainsi, voire élaborer ce qu’ils ressentent l’un pour l’autre à un tel degré de précision. Surtout un homme comme Holmes ! Mais… je fais peut-être un brin de sexisme en suggérant que les messieurs soient moins à l’aise que nous les fâmes, avec les mots, lorsqu’il s’agit de parler de ce que nous ressentons ?

C’est là, je trouve l’un des principaux écueils du genre. Les pastiches de romances entre Holmes et Watson sont souvent plus écrits à destination d’un public féminin, et par des femmes… Et si les hommes ne comprennent que rarement grand-chose à ce que nous voulons ou ressentons, je crois que nous ne sommes pas plus douées qu’eux pour deviner ce qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes de leurs propres sentiments.

Bref, ce roman est venu bousculer des préjugés et mon refus de transiger avec le canon qui m’avaient toujours toujours tenue éloignée de telles histoires, d’autant qu’elles sont souvent fort mauvaises.

Mais là, vous l’aurez compris : je suis scotchée par ce premier opus. Je me l’étais imposé juste pour le plaisir de le descendre et… Vlan ! Je me fais avoir.

Si je n’avais pas passé un moment aussi surprenant et aussi agréable, j’en serais carrément dépitée !

Lirai-je le second ? Le troisième ? Honnêtement, je ne sais pas. L’été prochain peut-être ? Pour me détendre ?

Je suis curieuse de le faire assurément, pour voir si l’auteure parvient à poursuivre aussi bien qu’elle a commencé. Et puis l’épisode Irene Adler n’est pas évoqué ici… je suis très curieuse de savoir comment l’auteur s’en débrouillera…

Mais j’avoue avoir tout de même un peu peur de me lasser des déclarations que les deux hommes se font l’un à l’autre, ou des passages introspectifs romantiques qui émaillent les chapitres.

Comme je vous le disais… je n’y reconnais pas tant que cela la “psychologie” masculine… Car au risque de surprendre certains homophobes, les hommes qui aiment les hommes restent des hommes, même lorsqu’il s’agit de parler de leurs sentiments les uns pour les autres.

Mais la façon dont l’auteure propose sa relecture des affaires majeures du canon avec précision, tout en présentant une version où l’évolution de l’histoire du couple formé par les deux hommes vient s’imbriquer reste particulièrement habile.

L’auteure réussit cela d’une manière totalement inattendue et c’est là à mes yeux la qualité essentielle que je dois reconnaître à ce pastiche.

Préserver aussi bien le canon tout en le malmenant sur un point aussi important réclame un savant savoir faire. Et je suis carrément impressionnée.

Comment coter ce livre en Sherlocks ? Et bien, je dirais 4 pour le respect du canon, si on oublie la liaison entre les deux hommes. Mais comment l’oublier, puisqu’elle est l’argument même de la série de livres annoncée ? Je ne peux pas dire 4 d’un côté, 0 de l’autre et faire une moyenne entre les deux pour aboutir à 2/5. Ce livre mérite évidemment mieux.

Je préfère ne pas le noter, tout en reconnaissant que, dans le genre holmésien homoérotique, il tient certainement le haut du pavé.

 

 

Arthur Conan Doyle – Puis-je marier Sherlock Holmes ? : Isabelle Chevalier

Titre : Arthur Conan Doyle – Puis-je marier Sherlock Holmes ?

Auteur : Isabelle Chevalier
Édition : Lamiroy (01/03/2022)

Résumé :
Que sait-on généralement de Sherlock Holmes et de son auteur, Arthur Conan Doyle ? La résolution des énigmes par la logique, agrémentée d’un (inauthentique) « Élémentaire, mon cher Watson » [formule apocryphe.

En effet, on ne la trouve nulle part dans le canon de Conan Doyle et Sherlock Holmes ne l’a jamais prononcée dans aucune histoire originale], la tenue iconique et, pour les champions de culture générale, la tentative de l’auteur de se débarrasser de son héros.

Isabelle Chevalier nous emmène parcourir le paysage de ces grandes lignes que nous laissions se dessiner à l’horizon.

Parmi celles-ci, mon regard s’est arrêté sur l’aversion de l’auteur pour son personnage, mais surtout j’ai été frappé par le nombre considérable de personnes qui se sont passionnées pour Sherlock Holmes au point de le considérer comme une personne réelle.

Critique :
Le titre semblera racoleur pour un lecteur lambda, mais pour l’holmésien de base, il lui rappellera cette question posée par le comédien américain, Willaim Gilette, dans l’un de ses câbles à Arthur Conan Doyle :
— Puis-je marier Sherlock Holmes ?

Conan Doyle, fatigué de toute cette communication, répond à l’acteur :
—Vous pouvez tuer Holmes, ou le marier, ou tout ce que vous voulez.

J’avais été étonnée, le jour où j’avais appris que Doyle détestait son personnage de Sherlock Holmes, qui pourtant, lui apporta la richesse.

L’auteur aurait préféré être reconnu pour ses romans historiques. Comme bien d’autres personnes dans le monde qui ne sont pas satisfaites de leurs talents, de leurs dons et qui aurait aimé être mis à l’honneur pour autre chose.

Ce petit ouvrage de 36 pages ne m’a rien appris de nouveau (depuis l’avènement d’Internet et mon inscription à la SSHF, j’en sais bien plus qu’avant), mais il a au moins eu le mérite de me remettre des faits en place, des dates, des chiffres…

Oui, je sais, mais j’oublie ! Ma mémoire disjoncte et elle laisse partir des tas de détails et ensuite, c’est Tintin et Milou pour les retrouver dans mon petit grenier mémoriel en bordel. J’avais même réussi à oublier que « Une étude en rouge » avait été publiée pour la première fois dans le « Beeton’s Christmas Annual » de 1887.

Par contre, l’autrice ne parle à aucun moment du repas que firent Doyle et Oscar Wilde (en août 1889), avec l’éditeur américain Stoddart, du Lippincott’s Magazine. Ce dernier demanda aux deux auteurs d’écrire deux romans. Il laissa carte blanche à Wilde (qui écrivit « Le portrait de Dorian Gray ») et exigea de Doyle qu’il écrive une nouvelle aventure de Sherlock Holmes (Le signe des quatre qui parut en 1890).

Cette anecdote, je l’avais lue, en français, sur le site de la SSHF, mais impossible de le retrouver dans la langue de Molière, alors je vous l’inclus dans la langue d’Elisabeth II ou de Shakespeare :

In august 1889, during a dinner hosted by J. M. Stoddart, an American agent of the Lippincott’s Magazine, Conan Doyle and Oscar Wilde were hired to write two stories. Published in 1890, Wilde wrote The Picture of Dorian Gray and Conan Doyle The Sign of Four, the second adventure of the detective. The same year, the Conan Doyles stayed a few months in Vienna for Arthur to improve his medical knowledge. Back in England, they moved to London on Montague Place and the young doctor’s office opens at 2 Devonshire Place. Patients were scarce again, Conan Doyle took up the pen again.

Anybref, sans révolutionner l’affaire, ce petit opus est bien fait, puisqu’il vous donne un max d’informations sur Conan Doyle, sur sa haine de Sherlock Holmes, sur les sommes qu’il a touchées et sur son envie de le tuer.

Pour un holmésien ceinture noire (et robe de chambre gris souris), rien de neuf sous le soleil, pour une holmésienne avec des trous de mémoire, une bonne remise en selle des petits détails (avant que les oublis ne recommencent) et pour les néophytes, un peu de pages, ils en apprendront assez que pour épater la galerie au prochain repas de famille.

Notamment avec des petites anecdotes, comme cette banque (la Abbey National, installée aux numéros n°215-229) qui engagea une secrétaire pour spécialement répondre au courrier que des gens envoyaient au 221b, Baker Street. Et le musée, qui s’installa plus loin, se fit attribuer le numéro 221b et qui entama un procès avec la banque dans le but de récupérer le droit de répondre au courrier…

Holmes, c’est un personnage hors norme ! Hé, un personnage de fiction qui meurt et dont une partie de la population porte le deuil en Angleterre, c’est pas banal, avouez-le ! De plus, ce personnage de fiction est sorti de ses pages et a pris vie, puisque plein de gens pensent que Holmes a réellement vécu !

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 36 pages).