Les irréguliers de Baker Street [SÉRIES] – Saison 1 (2020) – Par Dame Ida, envoyée spéciale victorienne

Synopsis :
Bienvenue dans le Londres du XIXe siècle, où les Irréguliers, un gang de jeunes marginaux, élucident des crimes surnaturels pour le compte du Dr Watson et de son mystérieux associé, Sherlock Holmes.

L’avis de Dame Ida : Bon… Ces irréguliers là n’ont rien à voir avec les 4 tout en s’en inspirant… Mais s’ils sont 4 c’est deux filles et deux garçons…. Dont une asiatique et un black.

On est bien dans cette manie actuelle de la parité et l’inclusivité des personnes racisées. Comme dans les Chroniques de Bridgerton où on te collait des zaristos racisés alors que ça ne correspond pas à la réalité de l’époque. Certes dans l’Est End, on pouvait avoir des personnes « non blanches »…

Mais… Tout de même… cette relecture de plus en plus fréquente de la représentation raciale qui altère la réalité historique m’irrite profondément. Je suis contre le racisme, et contre la faim dans le monde comme Miss France…

Mais pas trop d’accord pour qu’on nous fasse croire que les personnes racisées avaient tel ou tel statut qu’elles n’avaient certainement pas dans la réalité de l’époque de référence.

Je ne cautionne pas l’esclavagisme et la ségrégation, et aucune discrimination mais je ne cautionne pas non une réécriture faussée de l’histoire qui justement les efface sous prétexte d’égalitarisme et de visibilité des minorités.

Car en effaçant les réalités douloureuses de l’histoire, on efface aussi la réalité des souffrances que ces horreurs ont causé. Si on continue comme ça on va finir par voir des chevaliers musulmans autour de la table ronde et des juifs dans l’armée nazie !

N’oublions pas le rôle de la télévision et du cinéma sur l’éducation des foules. Beaucoup de jeunes qui n’écoutent que distraitement leurs cours d’histoire-géo et s’empressent de les oublier après le contrôle… découvrent l’histoire à travers ce que les films et les séries en présentent.

Ces films « en costumes », situées dans une époque clairement datée de l’histoire mais présentant un tissu social qui n’avait rien à voir avec celui de l’époque en question contribue à une opération de désinformation de la population et à entretenir celle-ci dans une méconnaissance de son histoire.

Or, comme disait l’autre (qui n’était pas psychanalyste mais un psychanalyste n’aurait pas dit mieux!)… Ignorer son histoire nous expose au risque de la répéter. Et nous présenter une histoire qui occulte les clivages raciaux et sociaux du passé au nom de la volonté louable d’offrir une visibilité des minorités, ne peut qu’entraîner une confusion dans les esprits des personnes les moins favorisées dans leur capacités à accéder aux réalités de la culture et de l’histoire.

Même Watson est black ou au moins métis!!! Je n’aurais rien eu contre si ça avait été dans une adaptation du XXe ou XXIe siècle… Mais pas pendant l’ère victorienne où les femmes des meilleurs milieux ne pouvaient même pas entrer à l’université.

Croyez vous qu’il y aurait eu des personnes de couleur assez riches pour faire des études à cette époque, et qu’on les ait autorisées à entrer à Oxford ou Cambridge dans une société de classe aux frontières hermétiques ???

Passons sur Mrs Hudson qui, ici, n’est pas la sympathique proprio du 221B mais une marchande de sommeil qui possède carrément tout le quartier et n’hésiterait pas à expulser ses mauvais payeurs.

Et évidemment, cerise sur le pompon, Baker Street  (à l’ouest de Londres et pas si loin que ça de Buckingham) est à un jet de pierre de la cathédrale St Paul et des fenêtres du 221B on voit les bouges ressemblant à ceux de l’est end !

Et à 38mn du début on a aperçu juste les pieds d’un Holmes allongé sur un divan avec bien évidemment une pipe à opium à ses pieds… Watson et Holmes (qui reste invisible) surpris en pleine scène de ménage (je vois gros comme une maison qu’au fil de la série on va jouer avec l’ambiguïté et laisser entendre qu’ils sont amants)…

Et une altesse royale, fils de la Victoria fait le mur pour aller copiner avec une fille de la bande… Ben voyons ! C’est vrai que les crasseuses en guenilles (et en pantalon !!! des filles en pantalons qui ne cachent pas leurs cheveux… normal à l’époque) c’est tout ce qu’il faut pour séduire un prince pressé de s’encanailler !

Bref, les puristes en seront pour leurs frais. Et c’est dommage parce que c’est pas si mal au niveau de l’histoire qui inclut des éléments fantastiques. ça aurait pu le faire.

Cette série aurait pu se trouver son propre style.. si elle n’avait pas accumulé tant de travers.

Bref cette série peut se regarder avec plaisir si on n’a pas lu les 4 de Baker Street… Et si on ne connaît rien à la géographie londonienne… si on ne tient pas trop au respect du canon notamment concernant les personnages de Holmes, Watson et Mrs Hudson !!!

Et si on n’est pas allergique avec la mode sévissant actuellement dans les séries consistant à nier les réalités historiques des clivages raciaux et sociaux de l’époque où l’on situe l’action pour sacrifier à une volonté de visibilité des minorités racisées, certes compréhensible mais historiquement trompeuse.

Ne négligeons pas l’impact des fictions grand public sur la culture générale des masses qu’on peut ici plonger dans la confusion sous prétexte de les rendre plus tolérantes et ouvertes aux diversités.

Dénoncer les clivages en démontrant leur cruauté et leur arbitraire me semblerait tout aussi efficace et plus proche de la réalité.

Ce sont évidemment là des conditions que je ne remplis pas et j’avoue que ça pèse lourdement dans mon appréciation alors que la série a pourtant de bons côtés et ses points d’originalité qui permet de ne pas trop y voir un plagiat de notre bédé préférée.

PS : Cannibal Lecteur est un peu moins chaude pour regarder cette série qui n’est historiquement pas réaliste. L’élément fantastique ne me dérange pas, mais restons dans les réalités historiques au moins…

Ce que la presse en pense : pas que du bien…

Un journaliste du Hollywood Reporter qualifie de “création calibrée pour l’algorithme Netflix : une série apparemment produite ou acquise non pas tant parce qu’elle est fondée sur un concept fort, mais parce qu’à l’évidence on peut la faire entrer dans toutes les catégories de la plateforme”. (Le courrier International)

Une série en huit longs chapitres, plongeant dans un Londres victorien fantasmé grâce à des intrigues fantastiques aussi nombreuses que bancales.

À part son nom très évocateur, repris effrontément au canon holmésien, certainement dans l’unique but d’attirer quelques clics rémunérateurs, il n’y a que de maigres points d’accroche qui rapprochent réellement les enquêtes des Irréguliers de Baker Street à celle de Sherlock et de son cher Watson.

En fait, outre les noms de deux fameux lurons enquêteurs, de Mycroft (évacué de l’intrigue aussi rapidement qu’il y avait été intégré) et du 221 B Baker Street, il ne reste à peu près rien de l’œuvre bien connue d’Arthur Conan Doyle.

De la vivacité d’esprit agaçante du célèbre détective, ne subsiste plus qu’un esprit fumeux, endormi par les vapeurs des drogues ingurgitées à longueur de journée pour oublier son amour perdu, disparu dans un portail interdimensionel lors d’une enquête foireuse, son auto-flagellation légendaire née d’avoir abandonné ses filles (adoptive et naturelle), ainsi qu’une queue de cheval, dans les flashbacks, une tête rasée et quelques tatouages dignes des meilleurs punks à chien.

Après moult teasing étouffe-chrétien, on en viendrait presque à regretter les premiers épisodes, certes dénués de Sherlock, mais n’abîmant pas son image au point d’en faire ce chien rampant sans cervelle. […]

Le résultat, ce sont malheureusement des dialogues d’une pauvreté à pleureur, des interactions et physiques entre les personnages incompréhensibles de fausseté et des interprétations qui ne font pas dans la demi-mesure. Difficile de ne pas décrocher de la série dans ces conditions.

Les Irréguliers de Baker Street est un pur produit Netflix : une série qui manque de logique, de vision, d’originalité et de talent, qui met à mal un des personnages les plus connus de la pop culture et qui restera en mémoire pour la laideur de certains choix. (Écran Large)

La Mystérieuse Affaire de Styles : Agatha Christie [LC avec Bianca]

9782702449370_1_75Titre : La Mystérieuse Affaire de Styles

Auteur : Agatha Christie
Éditions : Le Masque / Livre de Poche
Édition Originale : The Mysterious Affair at Styles (1920)
Traducteur : Marc Logé (ou Thierry Arson)

Résumé : Pendant la Première Guerre mondiale, Arthur Hastings, rapatrié en Angleterre, est invité dans la demeure de Styles Court (ou Styles en version abrégée) par son ami John Cavendish, qui lui apprend que sa mère s’est remariée avec un homme beaucoup plus jeune, le mystérieux Alfred Inglethorp.

À Styles, tout le monde a l’air de le détester. Sauf évidemment Mrs Inglethorp.

Plus tard, Emily Inglethorp est empoisonnée et les soupçons pèsent sur Alfred Inglethorp. Hercule Poirot, ancien Inspecteur de Police Belge, qui est aussi au village de Styles Saint-Mary, est invité par Hastings à résoudre cette affaire.

Apparemment, Poirot pense qu’ Alfred Inglethorp n’est pas l’assassin et il essaye de le disculper. Mais Poirot a-t-il une idée derrière la tête?…

la_mysterieuse_affaire_de_stylesCritique :

Alors que je suis capable de me souvenir des coupables dans certains romans d’Hercule Poirot, ici, c’était le trou noir complet, j’avais tout oublié !

Pire, dans mes souvenirs, je pensais que la personne à qui l’on faisait boire le bouillon de 11h, était un vieil homme et que l’astuce était l’utilisation d’un… Hop, hop, hop, je ne vous dirai plus rien parce que je ne vais pas divulgâcher et pire, si ça se trouve, j’ai fait un bouillon avec plusieurs romans.

Lorsque Bianca m’a proposé cette LC, je n’ai pas hésité longtemps et j’ai dit « Voui » (Rabbi Jacob, sors de ma tête). Mon seul problème était que je m’étais remis cette enquête en mémoire en regardant son adaptation télé avec le magnifique David Suchet et celle des « Petits meurtres d’Agatha Christie » et que donc, j’allais avoir zéro suspense…

Loupé, j’ai eu du suspense, j’ai hésité, j’ai pensé que ma mémoire me jouait des tours, une fois de plus, que j’avais zappé un morceau dans la série avec David Suchet ou que la version française avait peut-être plus de liberté que je ne le pensais…

Merde alors, c’est bien le talent d’Agatha Christie que de jouer avec ses lecteurs, que de s’amuser avec des illusions, des insinuations, les codes du polar, nos pensées, notre compréhension ou notre propension à ne pas voir ce qui crève pourtant les yeux.

Bordel de Dieu, je me suis laissée prendre une fois de plus ! Malgré mes ricanements en début de lecture, parce que je savais QUI était coupable, à un moment, j’ai douté de moi, de mes souvenirs et j’ai changé mon fusil d’épaule, visant un autre personnage.

Hercule Poirot ne serait pas content de moi ! Sherlock Holmes non plus… Parce que la Reine du Crime n’est pas la reine pour rien. Pour ma défense, je dirai que même Poirot a failli se faire avoir ! Bon, lui est retombé sur ses pattes de suite, là où moi je nageais en pleine purée de pois.

Anybref, si vous avez envie de vous faire entuber par autre chose que le gouvernement, quel qu’il soit, faites-vous entuber par la Reine du Crime, ça fait du bien au moral et met de bonne humeur.

Tout est sous vos yeux, mais c’est à vous de voir ! Avec elle, on ne sortira pas un personnage inconnu d’un chapeau, comme certains auteurs m’ont déjà fait le coup. Non, avec Agatha Christie, c’est cash, à vous de savoir lire et à vous de savoir observer ! Parce que bien souvent, nous voyons, mais nous n’observons pas !

Un roman policier qui se lit presque d’une traite, qui nous parle entre autre, de la société anglaise, de son racisme, de ses préjugés, de ses mœurs, de ces distinctions de classe et, last but not least, met en scène pour la première fois le détective Belge expatrié pour cause de Première Guerre Mondiale, Hercule Poirot !

Un plaisir de le relire avec Bianca, pour qui c’était sa première lecture. Comme moi, elle a adoré. Son avis est à lire ici !

Étoile 4

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°224], Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°09].

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Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°2XX], Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°XX].

Les Quatre de Baker Street – Tome 09 – Le Dresseur de Canaris : Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand et David Etien

Titre : Les Quatre de Baker Street – Tome 09 – Le Dresseur de Canaris

Scénariste : Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand
Dessinateur : David Etien

Édition : Vents d’Ouest (17/03/2021) 

Résumé : Dangers, mystères et émotions! Londres, 1895. Alors que Charlie s’apprête à faire ses débuts sur la scène du Merry Minstrel, sa grande amie la chanteuse Polly Perkins est victime d’une terrible agression qui la laisse dans le coma…

Ce drame survient suite à une violente altercation entre l’artiste et Edgar Wilson, célèbre impresario de l’East End, alias le « dresseur de canaris ».

Persuadée que ce douteux personnage est responsable de la tentative d’assassinat, Charlie décide d’infiltrer sa troupe de music-hall. Il lui faudra toute l’aide de ses amis, le fin limier Billy et le casse-cou Black Tom (sans oublier le chat Watson!), pour élucider cette ténébreuse affaire… Incontournable série jeunesse, le neuvième tome des Quatre de Baker Street plonge dans une nouvelle aventure en plein cœur du show-business londonien.

Un récit toujours aussi juste qui trouve son équilibre entre la fraîcheur de dialogues ciselés, une intrigue fascinante, un rythme implacable et une atmosphère pleine de tension.

Screenshot_2021-03-18 le dresseur de canaris bedethèque – Recherche GoogleCritique :

Chouette, voici le retour de mes francs-tireurs préférés de Baker Street pour une nouvelle enquête pleine de péripéties et de danger dans les ruelles sordides de l’East End.

On retrouve notre trio dans le cabaret Minstrel où Charlie pousse la chansonnette. Tout semble aller bien, il tombe déjà des cordes dehors, Charlotte ne pourrait donc faire pire.

Mais le danger ne viendra pas de son bel organe mais de Edgar Wilson, producteur de show-biz qui a une gueule qui n’inspire pas confiance.

Nos jeunes vont devoir mener l’enquête quasi seuls puisque Holmes résout un problème au Vatican. Mais nos jeunes amis sont débrouillards, depuis les années qu’ils bossent pour Holmes, ils savent ce qu’ils doivent faire et comment espionner le producteur pourri qui se targue de dresser les canaris, autrement dit, les chanteuses.

De l’action, de l’amitié, du suspense, du mystère, une enquête et du danger, voilà ce que nous avons au menu de ce 9ème album, qui, comme les précédents, est de très bonne facture, autant par ses dessins que par son scénario qui ne laisse pas vraiment une minute de repos, sans pour autant cavaler dans tous les sens.

Les auteurs maîtrisent leur série et leurs personnages et c’est toujours un plaisir de fin gourmet que de les retrouver tous les 4, le chat Watson ayant toujours son rôle à jouer. Même Holmes jouera un petit rôle à la fin…

Les décors de l’East End sont toujours soignés, les moeurs aussi, même si les auteurs restent sobres. Malgré le fait que nous soyons dans une bédé jeunesse, ils ne prennent pas leurs lecteurs pour des crétins et ne cachent pas la misère sociale qui régnait dans ces quartiers à l’époque.

Les adultes peuvent aussi lire cette saga sans soucis car elle est pour les lecteurs de 7 à 77 ans, sans aucun soucis.

Si vous n’avez pas encore découvert cette super série, il est toujours temps de régler cette erreur et d’aller les acheter chez votre dealer de livres le plus proche parce que la littérature, quelle qu’elle soit, est indispensable pour moi (et pour tout ceux qui aiment lire).

PS : Pour une fois, je ne suis pas en retard sur la sortie et s’il m’a fallu du temps pour rédiger ma chronique, c’est à cause de ces enfoirés de lutins de Word Press qui m’obligent à passer à une nouvelle méthode d’édition de chroniques qui est soi-disant plus rapide que l’ancienne, mais entre nous, c’est mon cul et je mets un temps de fou à faire une bête chronique.

Je n’ai plus accès à la partie HTML comme avant, qui me permettait de mettre en page mes chroniques comme je le désirais (et celle de Dame Ida aussi). J’étais maître à bord et tout se déroulait super.

Maintenant, quand je lui demande du HTML, môssieur WP me signale qu’il n’arrive pas à récupérer le bloc, l’enculé de sa race ! Oui, je suis en colère, avec leurs changements à la con, j’en suis arrivée en deux jours à craindre le moment où je vais devoir monter mon article car c’est la prise de tête garantie maintenant !

Étoile 4

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°221B], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°07] et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages.

La Brodeuse de Winchester : Tracy Chevalier [LC avec Bianca]

Titre : La Brodeuse de Winchester

Auteur : Tracy Chevalier
Édition : La Table ronde Quai voltaire (25/06/2020)
Édition Originale : A Single Thread (2019)
Traduction : Anouk Neuhoff

Résumé :
1932. Violet Speedwell est l’une de ces millions de femmes anglaises restées célibataires depuis que la Première Guerre mondiale a décimé toute une génération de fiancés potentiels.

Méprisées dans les journaux, tolérées par les familles malgré une condescendance exaspérée, elles vivent à une époque où les attentes de la société quant à l’avenir des femmes sont des plus rigides.

Des attentes que Violet est sur le point de faire voler en éclats. En quittant Southampton et sa mère acariâtre pour s’installer à Winchester, où elle continue de travailler comme dactylo pour une compagnie d’assurances, elle espérait trouver de nouveaux amis, une nouvelle vie.

En s’arrêtant dans la cathédrale un jour qu’elle est partie acheter un ruban de machine à écrire, elle découvre un cercle de brodeuses occupées à confectionner des coussins et agenouilloirs.

Violet, qui n’était pas particulièrement douée pour la couture, y trouvera l’amitié, le soutien et la créativité capables de rivaliser avec le dédain et les préjugés.

En toile de fond, la montée du fascisme sur le continent : Hitler arrive au pouvoir en Allemagne…

Dans ce monde encore hostile aux femmes, Violet n’a d’autre choix que de s’affirmer. Son histoire s’inspire de celle de Louisa Pesel, la fondatrice du cercle des Brodeuses de la cathédrale de Winchester.

Critique :
La brodeuse de Winchester est un écheveau qui entremêle plusieurs points de croix et dont le dessin final est de montrer un portrait de la femme anglaise en 1932.

À cause de la Grande Boucherie de 14/18 et de tous ces hommes tombés dans les tranchées (et ailleurs), il y a un excédent de 2 millions de femmes célibataires en Angleterre.

Condamnées à rester vieilles filles suite aux décès de leurs fiancés ou à cause de la pénurie de mâles, elles sont sujettes aux railleries de la population en général et même des autres femmes mariées, à cause de leur statut de célibataires.

Pourtant, elles ne sont pas coupables, ce n’est même pas un choix qu’elles ont fait délibérément, juste une offre d’hommes qui est plus petite que la demande faite par les femmes.

Mais comme toujours, la société se pose en juge intransigeant et les regarde de haut, sans savoir que dans moins de 8 ans, on repartira au front contre les mêmes.

Comme toujours, il est plus facile de fustiger ce qui se trouve sous nos yeux que les vrais coupables de la boucherie que fut la Première Guerre Mondiale… Comme à cette époque, le seul statut de la femme accepté, c’est celui de son mariage et pas son travail, les femmes excédentaires (terrible adjectif) sont mal vues.

De ce point de vue là, c’est un beau portrait des droits des femmes que ce livre nous brode (façon de parler, bien entendu). Les femmes ont peu de droits, hormis celui de fermer sa gueule et de retourner en cuisine.

Heureusement qu’il y avait ces passages sur la place de la femme dans la société anglaise en 1932 (filles-mère et homosexualité féminine comprise), parce que sinon, je ne me serais endormie sur mon ouvrage tant le récit est lent et qu’il ne se passe pas vraiment grand-chose…

C’était ma première fois avec cette auteure et j’ai appris ensuite que ses romans étaient tous sur le même rythme. J’avais lu les multiples coups de cœur des copinautes de la blogo et ce roman me faisait vraiment envie, mais hélas, je vais une fois de plus ramer à contre-courant, ce qui me fait enrager car je préfère ressentir des émotions fortes plutôt que l’ennui durant une lecture.

Une partie du problème est venu du personnage principal, Violet, dont j’ai eu souvent envie de secouer ou de lui crier d’envoyer balader sa mère acariâtre, castratrice, et chiante au possible à force de se lamenter sur tout comme si elle était la seule à souffrir, à avoir de la peine.

Mes préférences sont allée à l’excellente Louisa Pesel, personnage ayant réellement existé, qui à elle seule porte une partie du roman car même moi j’aurais eu envie d’aller broder sous son patronage et à Gilda, l’amie que Violet va se faire à la broderie.

Si je suis passée à côté d’une partie de cette lecture, le fait n’est pas imputable au récit car jamais l’auteure ne sombre dans le neuneu ou le gnangnan à la guimauve. Elle reste profondément réaliste et certains dialogues où les hommes se font rabattre le claquet de manière courtoise mais ferme sont des bonbons qui explosent dans la bouche et nous font sourire.

La montée du nazisme est dans le toile de fond de l’ouvrage, les personnages se posent des questions sans savoir où l’arrivée d’Hitler va les mener, même si certains craignent qu’on reparte comme en 14…

Le sujet du nazisme n’est pas le plus important dans le récit qui repose avant tout sur la place de la femme en général dans la société de 1932 et sur celle des femmes célibataires sans l’avoir désiré.

Bianca a apprécié sa lecture et si vous voulez lire son avis, vous le trouverez dans le lien de son nom, ainsi vous pourrez avoir deux avis sur le même roman.

Gardez bien à l’esprit que l’écrasante majorité des chroniques sont positives envers ce roman. J’aurais aimé en faire partie aussi.

Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°06] et Le challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook.

La rumeur : Lesley Kara [LC avec Bianca]

Titre : La rumeur

Auteur : Lesley Kara
Éditions : Les Escales (23/01/2020) / 10/18 (21/01/2021)
Édition Originale : The Rumour
Traduction : Clara Gourgon

Résumé :
Nourrissez la rumeur…Puis regardez-la vous engloutir.

Parmi les habitants de la petite station balnéaire de Flinstead se cacherait, sous une fausse identité Sally McGowan, une femme coupable d’avoir poignardé un petit garçon alors qu’elle n’avait que dix ans.

C’est ce que dit la rumeur, celle que Joanna répand, sans penser à mal, simplement pour faire la conversation et s’intégrer auprès de ses nouvelles voisines.

Mais la machine s’emballe et la tranquille petite ville est gagnée par la paranoïa. Joanna ne voit qu’une solution : enquêter pour découvrir la vérité. Mais le danger est déjà si proche…

Critique :
Vous savez quel joli nom on donne à une bite, en France ? Non ? On l’appelle « la rumeur » car elle grossit de bouche en bouche…

Gaffe lorsque ça éclate… Ça éclabousse un peu partout et ça tache, la rumeur.

Une rumeur, c’est aussi des graines que l’on sème à tous vents et qui, emportées par lui, se déposent n’importe où, prenant racine ou pas, se développant ou restant au stade larvaire, avant de, qui sait, recevoir le petit coup de pouce du destin pour pousser d’un coup.

L’être humain adore les ragots et rien de plus amusant que d’écouter les rumeurs et de les colporter. Rien de mieux, devant la machine à café, devant l’école des enfants, au supermarché du coin que de commencer sa phrase par un « Vous ne devinerez jamais ce que j’ai entendu »…

Le mensonge ayant le temps de faire le tour de la Terre avant que la vérité n’ait enfilé ses chaussures, les rumeurs peuvent faire énormément de dégâts, même si elles s’avèrent fausses car ne dit-on pas qu’il n’y a pas de fumée sans feu ? Et puis, entre nous, les rumeurs sont toujours plus fun que les vérités.

Ce roman, j’ai eu du mal au commencement, les 6 premiers chapitres furent presque un calvaire tant je n’arrivais pas à entrer dans le roman, à m’attacher aux personnages, à tel point que si je n’avais pas été en LC avec Bianca, j’aurais stoppé ma lecture.

Erreur à ne pas faire ! Parce que si j’avais stoppé net, je n’aurais pas vécu des twists finaux de dingue, ni suspecté tout le monde, en ce compris le chien (oui, quand je suspecte, moi, je ne fais pas les choses à moitié, j’y vais à fond – mdr) et je ne me serais pas pris tout ça dans la gueule. Oui, il aurait été dommage de le stopper.

Pourtant, malgré qu’après le chapitre 7, on commence à entrer plus vite dans le vif du sujet et que l’histoire s’étoffe et nous retienne dans ses filets, j’ai toujours eu du mal à éprouver de la sympathie pour les différents personnages, même la principale, Joanna, qui, voulant se faire accepter des autres femmes, propage sans penser à mal une rumeur qu’elle avait entendue.

D’habitude, ceux ou celles qui propagent des rumeurs ne sont jamais punis, mais notre Joanna, elle, va regretter amèrement d’avoir fait radio langue de pute, parce que les évènements vont s’enchainer et lui montrer la toute puissance de la méchanceté humaine, associée à sa vieille complice, la connerie humaine !

La boîte de Pandore est ouverte et on ne sait jamais où les spectres du crétinisme extrême vont frapper. Sous le coup des émotions, les gens font et disent n’importe quoi et à l’époque des réseaux sociaux, on dépasse les frontière des villages, des villes, des écoles,…

À force de suspecter tout le monde et n’importe qui, à un moment, la lumière s’est faite dans mon esprit et j’ai compris… Oui, mais non, je n’avais pas encore tout compris et l’auteure en avait gardé sous la pédale pour mieux me scotcher à son roman.

Il est dommage que jamais je n’ai ressenti d’empathie pour les différents personnages et peu d’émotions. J’ai eu ma dose de mystères, de suspense, de retournements, de twists, je suis même repue, mais un soupçon d’émotion n’aurait pas été du luxe et m’aurait permis de vivre le texte au lieu de juste le lire.

Malgré tout, je suis contente d’avoir lu ce roman avec ma copinaute Bianca qui, si elle n’a jamais suspecté le chien, fut comme moi : dans le brouillard le plus épais avant que le voile ne se déchire. Dire que nous avons aimé notre lecture n’est pas une rumeur, mais la vérité.

♫ C’est quelqu’un qui m’a dit, que… ♪ (juste pour emmerder mon monde avec une ritournelle qui restera dans votre tête toute la journée).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°212], Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°38 – FIN] et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°05].

Sherlock Holmes et le mystère de la Chambre Jaune : Le Griot

Titre : Sherlock Holmes et le mystère de la Chambre Jaune

Auteur : Le Griot
Édition : Auto édition (08/07/2019)

Résumé :
Le célèbre locataire du 221b Baker Street à Londres, se penche sur le Mystère de la Chambre Jaune, vingt ans après les faits. Ses conclusions vont remettre en cause tout ce que l’on croyait savoir sur cette intrigue.

Le véritable rôle de Gaston Leroux, la double identité de Rouletabille, pourquoi Ballmeyer n’est pas cet agresseur pervers et violent décrit dans le roman paru en 1907 et comment Moriarty se retrouve une fois encore impliqué dans un crime de sang.

Avec le docteur Watson et Peter Rolling, un reporter américain détaché à Paris par l’Associated Press, ils vont nous dévoiler les dessous d’une histoire qui allait potentiellement changer le destin de l’Europe à la veille du premier conflit mondial.

La Chambre Jaune n’a pas révélé tous ses secrets, Sherlock Holmes entre en piste !

Critique :
Sherlock Holmes résolvant le mystère de la chambre jaune, pourquoi pas ?

Même si le mystère avait été résolu par Rouletabille et que je me souvenais toujours du final du roman de Gaston Leroux.

Mais je n’ai rien contre une réécriture de la solution finale, si l’auteur me prouve par A+B que la solution d’origine est entachée de non-sens ou d’erreurs, un peu à la manière de Pierre Bayard révise les grands enquêtes littéraires.

Oui, mais faut que ça tienne la route !  Condition essentielle pour que je valide.

Ici, je ne suis pas convaincue et j’ai même eu la désagréable sensation que Holmes ne faisait que de la figuration tant la majorité du récit est composé de Watson lui détaillant les faits qu’il vient de lire dans le journal qui revient sur cette affaire mystérieuse, 20 ans après et raconte comment le journaliste Boitabille avait résolu ce meurtre en chambre close.

Heureusement que ce roman est assez court parce que sinon, j’aurais eu l’impression de relire le roman de Gaston Leroux.  Bien entendu, si vous ne l’avez jamais lu, ces précisions sont primordiales, essentielles, même, mais j’aurais préféré avoir plus de Holmes et moins de Gaston Leroux.

Niveau action, c’est très calme, tout se passant dans le salon du 221B Baker Street, Holmes faisant preuve de son talent de déduction en résolvant ce mystère dont il estime que la solution proposée n’est pas la bonne et il va nous donner sa version à lui.

Comme je vous le disais, je resterai dubitative devant la solution proposée car Holmes fait intervenir un coupable qui ne s’y trouve pas d’origine et c’est là que le bât blesse : était-il nécessaire de l’inclure dans tout ça ? Pour moi, non, mais ceci reste une opinion personnelle (comme toujours, d’ailleurs).

À vous de vous faire votre opinion, mais en ce qui me concerne, ce fut mitigé ! Dommage.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°194], Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°20], Le Challenge A Year in England [Lecture N°04] et Le challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook.

Les détectives du Yorkshire – Tome 4 – Rendez-vous avec le poison : Julia Chapman [LC avec Bianca]

Titre : Les détectives du Yorkshire – Tome 4 – Rendez-vous avec le poison

Auteur : Julia Chapman
Édition : Robert Laffont La bête noire (25/04/2019)
Édition Originale : The Dales Detective Series, book 4: Date with Poison (2019)
Traduction : Dominique Hass & Stéphanie Leigneil

Résumé :
Il y a comme un vent de printemps qui souffle sur Bruncliffe. Mais la belle saison est loin de profiter à tout le monde…

Impliqué dans une affaire de meurtre, Samson O’Brien doit faire face aux questions pressantes de la police, et Delilah Metcalfe aux critiques virulentes de sa famille et de ses amis – qui lui reprochent sa loyauté envers le détective privé.

Et quand la vérité sur le passé de Samson éclate au grand jour, tout Bruncliffe se ligue contre lui.

Seul le vétérinaire du coin s’inquiète d’une série de morts inhabituelle au sein de sa clientèle canine. Soupçonnant un acte criminel, il sollicite les services de Samson et Delilah.

Bravant les foudres des habitants, ces deux derniers vont devoir découvrir l’origine de ce poison qui menace la communauté bruncliffienne…

Critique :
Il y a dans la vie de lecteur/lectrice, des petits plaisirs qui font du bien, des retrouvailles qui réchauffent le coeur, des détectives que l’on prend plaisir à retrouver pour une enquête dans la campagne.

Mes détectives du Yorkshire en font partie et quand bien même on reste dans le gentillet (quoique), l’auteure a tout de même pris soin de travailler ses personnages, de les étoffer et d’éviter les scénarios bancals (on dit bancaux ?) ou les répétitions de situation.

Même les deux personnages qui ont le moins de dialogues car ils sont renfermés (Ida et Troy) sont étoffés et m’ont souvent surpris. Bref, je les adore.

Laissant peu de répit à ses lecteurs et encore moins à ses deux détectives, l’auteure nous entraîne dans la campagne de Bruncliffe, nous crapahutant dans ses belles collines, dans son épais brouillard et nous mettant face aux dangers de la randonnée par purée de pois.

Pas de crime de sang dans ce quatrième tome, mais plutôt un enfoiré de pute de fils qui empoisonne les animaux de compagnie avec des saucisses piégées avec on ne sait pas encore quel poison.

Léger vous pensez ? Non, non, pas si léger que ça ! Parce qu’il ne faut pas croire qu’on se la coule douce : une accusation d’être un dealer pour un personnage, une fugue, notre Samson est accusé de meurtre et les flics de Leeds, bande de crapuleux, ne se privent pas pour s’asseoir sur ses droits et la vérité sur son départ de Londres éclate dans la gazette locale.

Là-dessus, le village le déclare coupable et il ne fait pas bon dire qu’il est peut-être innocent, puisque pas condamné, mais tels les réseaux sociaux criant haro sur le baudet, notre pauvre homme est recouvert d’opprobre et s’ils avaient du goudron et des plumes, il finirait dedans.

Comme je vous le disais, pas de temps morts, ni pour nous, ni pour les personnages. J’ai dévoré ce roman en une seule journée tant j’étais prise dans l’histoire et que je voulais en connaître le fin mot. Si dans le précédent tome (le 3), j’avais vu venir l’affaire, ici, je me suis plantée sur toute la ligne.

Mon seul bémol sera pour le fait que le salopard des pages ne soit pas encore révélé aux autres habitants du village alors qu’il est souvent dans l’ombre, tirant les ficelles et se livrant à des trafics et à des choses pas catholiques.

Certes, dans le temps des romans, cela ne fait que 4 mois que Samson est de retour à Bruncliffe mais pour les lecteurs, cela fait 2 ans que ça dure, qu’on se doute que l’étau va finir pas se resserrer sur ce connard mais là, ça semble long pour moi (même si les publications se s’enchainent à un rythme fou).

Faudrait pas faire traîner les choses trop longtemps, comme dans la saga du Département V, où il a fallu 8 tomes avant de connaître le secret d’Assad.

Une excellente enquête policière, un bol d’air frais, de la détente, de l’humour, des situations cocasses et des personnages attachants.

Une LC réussie avec ma copinaute Bianca et si, comme tout bons détectives, vous voulez des preuves, je vous invite à aller le vérifier sur sa chronique !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°191], Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°17] et le et le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°03].

 

Sherlock, Lupin & moi – Tome 10 – Le seigneur du crime : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – Tome 10 – Le seigneur du crime

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse (13/01/2021)
Édition Originale : Il signore del crimine (2015)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
C’est le printemps ! Mauvaise nouvelle pour Sherlock Holmes, impatient de pouvoir exercer son esprit brillant avec une nouvelle enquête.

Pour jouer, Irene lui propose d’analyser une série d’inexplicables événements. C’est alors que Sherlock identifie un sinistre, subtil fil rouge qui les relie tous…

Ainsi commence une incroyable compétition avec un mystérieux génie criminel qui, dans une succession de rebondissements, mènera Sherlock, Lupin et Irene à une révélation finale éblouissante.

Critique :
Comment redonner vie à un Sherlock en proie à la stagnation de son cerveau ?

En lisant les faits divers du Times et en mettant la main sur ce qui semble une affaire pour le moins étrange : un homme a tiré à l’arc sur un cuisinier français et l’homme, une fois arrêté, ne se souvient de rien du tout.

L’avantage de ces romans c’est que l’auteur en a écrit une vingtaine et qu’Albin Michel nous les fournisse assez vite.

En 4 ans, nous avons déjà eu 10 livres ! 10 romans rafraichissants qui, jusqu’à présent, ne m’ont jamais déçus.

L’inconvénient est qu’ils se lisent trop vite… Une seule soirée est nécessaire pour le dévorer et ça laisse toujours un goût de trop peu dans la bouche tant c’est amusant, les enquêtes de notre trio.

Amusantes, leurs enquêtes, oui, mais non dénuée de danger ! Il ne s’agit jamais de retrouver le chat de la mère Michel ou de se frotter à des gentils voyous, mais souvent de résoudre des meurtres.

Le seul inconvénient que je relève à chaque lecture, c’est que Irene Adler en dit parfois trop à l’avance ! Cela nuit ensuite au suspense ou alors, ça nous met les nerfs en boule de savoir qu’entre eux, il va y avoir un drame, un accident, une dispute, des « si j’avais su »… Faut jamais annoncer aux lecteurs la couleur des choses avant qu’ils ne les voient arriver. Ceci est minime, bien entendu, mais ça gâche le suspense.

Une fois de plus, l’enquête est intéressante, possède du mystère, du suspense, des interrogations et est rondement menée. On sort un peu des sentiers battus en ce qui concerne les meurtres ou les incidents et c’est finement joué.

De plus, c’est aussi l’entrée en scène d’un futur méchant que nous connaissons bien et qui avait déjà fait une apparition fugace dans un autre tome (L’énigme de la rose écarlate, Tome 03)… Une affaire à suivre !

Sans révolutionner le monde du polar, cette saga n’en est pas moins très agréable à suivre, de par ses personnages principaux, très attachants et de par le fait qu’elle ne prend pas les jeunes lecteurs pour des neuneus sans cervelle.

Une chouette série qui peut être lue sans problème par des adultes qui ont 4 fois 10 ans (même plus) car ils y trouveront leur compte, passeront un moment de lecture agréable et détendue, ce qui, en ces moments, est toujours bonne à prendre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°184], le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°10] et le Challenge A Year in England chez Lou, Cryssilda et Plaisirs à Cultiver – 2021 [Fiche N°02].

Agatha Christie – Tome 18 – Cinq petits cochons : Agatha Christie, Miceal O’Griafa et David Charrier

Titre : Agatha Christie – Tome 18 – Cinq petits cochons

Scénariste : Miceal O’Griafa & Agatha Christie
Dessinateur : David Charrier

Édition : Emmanuel Proust Éditions (03/09/2009)

Résumé :
Un peintre riche et célèbre est retrouvé mort. Sa femme, accusée du crime, est exécutée. Affaire classée. Seize ans plus tard, Hercule Poirot accepte de reprendre l’enquête : il a son idée pour confondre les vrais assassins et faire éclater la vérité…

Critique :
Il est des romans de la reine du crime dont je n’ai jamais réussi à retenir QUI était coupable, alors que pour d’autres, seul Alzheimer arrivera à me les faire oublier.

Pour les petits cochons, pas moyen de me souvenir, alors que j’avais revu il y a quelques années l’adaptation télé avec Les Petits Meurtres.

Alors, au lieu de me refaire l’épisode avec le commissaire Larosière et l’inspecteur Lampion, j’ai décidé de rafraîchir ma mémoire avec cette bédé que j’ai trouvé par hasard (et qui fait partie d’une collection de 21 tomes, putain, je vais m’amuser !).

Lorsque l’on adapte un roman en bédé, on se doute que l’on va devoir sacrifier des détails car tout doit tenir en 46 planches. Mais ne me souvenant plus du tout du roman, je n’aurais pas pu dire ce qui a été mis sur le côté…

Mais des choses ont été passées par pertes et profits car notre cher Hercule Poirot trouve très vite l’identité de la personne coupable…

Certes, le détective d’origine Belge est intelligent, ses petites cellules grises travaillent à haut régime, mais dans la bédé, on a l’impression qu’il y arrive trop rapidement, en sautant des étapes.

De mon côté, j’étais persuadée d’avoir juste, j’ai jubilé un temps, mais le grand Hercule m’a taclé sévèrement et renvoyé à mes travaux car j’avais faux, archi faux…

Si l’on met de côté les dessins qui ne m’ont pas trop emballés (mais j’ai vu pire dans cette collection, en regardant les couvertures), j’ai apprécié le scénario, même s’il a été amputé des réflexions de notre détective par rapport au roman.

Pour l’enquête dans le passé, les couleurs étaient dans les tons sépias et ça donnait un joli air rétro à ces images et montrait bien que nous étions dans une narration au passé.

Le scénario était d’Agatha Christie, c’était, une fois de plus, bien pensé, bien envoyé, bien vache car les lecteurs ne voient rien venir.

3,5/5 pour les dessins et 4,5/5 pour le scénario original.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°175], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°38], Le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°01] et le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°01].

Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 2 – La chute de la maison Jekyll : Dobbs et Antonio Marinetti

Titre : Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 2 – La chute de la maison Jekyll

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Antonio Marinetti

Édition : Soleil 1800 (25/10/2020)

Résumé :
Après avoir échappé à la mort et s’être accaparé les biens de l’étrange société Walton, le docteur Jekyll a découvert son Saint Graal et détient désormais les comptes rendus d’expérience de feu Frankenstein.

À travers tout un périple européen, il n’a plus qu’une obsession: capturer la créature monstrueuse qu’il a croisée en Suisse et qui a failli le tuer.

Mais cette idée fixe est parasitée par la méfiance qu’il éprouve maintenant pour sa si « dévouée » gouvernante, Faustine Clerval. Une jeune femme mystérieuse qui s’est fait engager par lui dans un dessein qu’elle finira par lui avouer, de gré ou de force…

Critique :
La seconde partie est plus en action, en combats titanesques entre le docteur Jekyll, devenu Hyde et la créature du docteur Frankenstein.

Nos deux monstres sont réunis dans les mêmes cases et force est de constater qu’ils sont moches tous les deux !

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme… Preuves par A+B dans cette fin de diptyque.

Les dessins sont toujours dans des tons sépias ou noir et blanc, donnant des ambiances gothiques et sombres à l’album.

Mais bon, ce n’est pas Oui-Oui non plus…

La partie que j’ai le plus appréciée, c’est celle où Hyde va se coucher sur le divan de Freud car il expliquera sans faire d’expériences scientifiques malheureuses, la dualité de l’Homme.

Démontrant la folie des Hommes, surtout celle des scientifiques, les auteurs nous offrent une dualité dans les personnages qui est la bienvenue car dans leur jeux, il y a de l’abomination et une violence exacerbée.

Ce que je regrette, c’est que les auteurs aient fait de la créature de Frankenstein, une bête assoiffée de baston, de vengeance, tuant tout autour d’elle, sans jamais contrebalancer le portrait.

Alors que dans le roman initial, j’avais eu de l’empathie pour la créature, ici, rien du tout. Alors que j’avais gardé un excellent souvenir ému de la créature dans le roman de Mary Shelley, ici, je ne garderai que le souvenir d’une grosse brute, un Hulk gris qui aurait mérité plus de développement.

Dommage, un peu d’équilibre dans la créature aurait donné plus de corps à ce second récit mais là, j’ai l’impression que le monstre a été sacrifié sur l’autel des personnages et qu’on a oublié de lui donner un petit supplément d’âme.

À vous de voir… Malgré cette critique un peu sévère, je ne balancerai pas ce diptyque dans un recoin obscur de ma biblio car il y a du bon et en plus, cette bédé propose tout de même du nouveau et des graphismes excellents.

Un bon galop d’essai, une belle mixité dans certains personnages, un autre oublié, hélas. Je la relirai tout de même avec plaisir d’ici quelques temps.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°173].