Blacksad – Tome 3 – Âme rouge : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 3 – Âme rouge

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2005)

Résumé :
John Blacksad s’ennuie dans son nouveau rôle de garde du corps d’un parvenu flambeur. Heureusement, on peut toujours compter sur le destin qui vous met dans les pattes de vieilles connaissances pour vous sortir du ronronnement du quotidien et de nouvelles rencontres pour éviter de vous empâter.

En cette période de guerre froide, certains ont tendance à voir rouge et l’atome a des odeurs de soufre.

Critique :
Le nucléaire est-il une bonne affaire ? Pour nous éclairer, c’est pas si mal (hormis les déchets et les dangers des centrales qui fuitent).

Ici, on parle plus du nucléaire en tant qu’arme absolue à envoyer sur la gueule des ennemis afin qu’ils se taisent pour toujours et à jamais.

Blacksad, qui s’emmerdait à jouer le garde du corps pour un milliardaire, va mettre, une fois de plus, ses coussinets dans une affaire puante, le tout sur fond de traque aux communistes.

Comme pour les deux premiers, les dessins sont léchés (normal avec des chats et des chiens), les couleurs chaudes, vivantes, qui mettent en valeur l’excellent travail du dessinateur Guarnido.

La Guerre Froide n’est pas une guerre qui aurait lieu en Antarctique, c’est encore pire car elle a opposé deux grandes puissances et à fait frémir la Terre entière.

C’est sur ce sujet que les auteurs vont se baser pour ce troisième opus de John Blacksad, en y ajoutant la chasse aux sorcières et les fameuses listes où se trouvaient inscrits des noms d’écrivains, de cinéastes, scénaristes… Le maccarthysme était une saloperie de maladie.

Le ton est toujours un peu ironique, cynique et en 56 pages, les auteurs arrivent à tout caser sans que l’on ait l’impression d’avoir été grugés ou que tout ait été scénarisé en accéléré.

Comme toujours, personne n’est tout blanc ou tout noir, certains ont des péchés horribles sur le dos et ont tenté de se racheter, de faire le bien… Faut-il leur en vouloir de leurs erreurs passées ? Les bonnes actions rachètent-elles les fautes impardonnables ? Ces erreurs, d’autres personne n’auraient-elles pas pu les faire, elles aussi ?

Ces questions, vous y répondrez vous même, en âme et conscience (ou vous n’y répondrez pas car il n’est pas facile de se prononcer définitivement) après avoir lu ce troisième album de Blacksad qui, sans atteindre l’excellence des deux premiers, n’en reste pas moins un excellent album.

En tout cas, des certitudes, je n’en ai pas, je cherche toujours la bonne réponse. Ma seul certitude c’est qu’il est plus que conseillé de lire Blacksad.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°03], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°72].

L’île du docteur Moreau (BD) : Dobbs, Fabrizio Fiorentino et H. G. Wells

Titre : L’île du docteur Moreau (BD)

Scénaristes : Dobbs et H. G. Wells
Dessinateur : Fabrizio Fiorentino

Édition : Glénat (2017)

Résumé :
Unique survivant d’un naufrage, Edward Prendick est secouru par Montgomery, l’assistant d’un certain Docteur Moreau.

Depuis une dizaine d’années, sur leur île isolée du monde, les deux scientifiques se livrent à de terribles expériences, greffant et modifiant génétiquement des animaux pour les rendre doués de conscience et de parole.

Sur place, les « Hommes-bêtes » obéissent à un ensemble de règles bien précises, la Loi, leur interdisant tout comportement primitif, et vénèrent Moreau tel un dieu. Mais Prendick découvrira bien vite que les pulsions animales de ces créatures sont loin d’être oubliées…

Interrogeant les questions de l’identité et de la dignité animale, le troublant et visionnaire L’Île du Docteur Moreau n’a rien perdu de sa pertinence. Retrouvez ce classique de la science-fiction aujourd’hui en BD !

Critique :
Chaque année, le Mois Anglais me permet de découvrir des classiques et Wells en fait partie intégrante.

Ne connaissant la réputation de la terrible île du docteur Moreau que par ouï-dire, j’ai posé le pied sur cette plage qui n’avait rien d’ensoleillé, coquillages et crustacés…

La première chose qui frappe dans cette adaptation, c’est la qualité des dessins, des couleurs. Là, on est dans le haut du panier. Ils sont réalistes et précis.

L’histoire est connue de tout le monde, sans doute mal ou pas dans les détails. Sachez juste que Prendick, un beau blond, est l’unique survivant d’un naufrage. Il est recueilli par Montgomery et à cause du capitaine du navire qui le foutra à l’eau, Montgomery sera contraint de le faire venir sur l’ile de ce fameux docteur Moreau.

On ne le répètera jamais assez : science sans conscience n’est que rune de l’âme ! La créature du docteur Frankenstein en était déjà un bel exemple, mais ici, on a franchit un autre palier et voulant jouer à Dieu et les créatures hybrides du docteur pourraient se retourner contre lui.

Ce qui choque dans cet album, ce sont les expérimentations du docteur et ses créatures, dont on ne sait trop si elles sont plus bêtes que humaines ou le contraire.

L’animalité reste en elles, comme elle se trouve cachée en nous, quelque part, surgissant souvent dans les moments les plus extrêmes de nos existences (guerres, agressions ou achat de PQ avant un confinement).

Si l’histoire ne dira pas comment ces expériences ont pu avoir lieu, on a tout de même un aperçu de la salle d’opération de ce docteur fou et ça ne donne pas envie d’aller y faire un tour.

Prendick n’est pas un personnage lisse, s’il critique les autres de ne pas traiter les hommes/bêtes correctement, il n’hésitera pas, plus tard, à leur tirer dessus, la peur prenant le dessus sur son humanité.

Une belle adaptation qui me donne envie de plonger dans le roman original (que je possède, en plus) afin de voir ce qui a été passé à la trappe pour faire tenir le tout en 56 pages. En tout cas, les ambiances horribles sont bien présentes dans la bédé et elles donnent des frissons durant la lecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°311], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°64], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°00] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

La ferme des animaux : George Orwell

Titre : La ferme des animaux

Auteur : George Orwell
Édition : Livre de Poche Jeunesse (2021)
Édition Originale : Animal farm (1945)
Traduction : Stéphane Labbe

Résumé :
Un beau jour, dans une ferme anglaise, les animaux décident de prendre le contrôle et chassent leur propriétaire.

Les cochons dirigent la ferme comme une mini société et bientôt des lois sont établies proscrivant de près ou de loin tout ce qui pourrait ressembler ou faire agir les animaux comme des humains.

De fil en aiguille, ce microcosme évolue jusqu’à ce qu’on puisse lire parmi les commandements : « Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d’autres. »

Le parallèle avec l’URSS est inévitable quand on lit cette fable animalière. À travers cette société, c’est une véritable critique du totalitarisme d’état que développe Orwell.

Critique :
Cette fable animale, qui pourrait sembler simpliste, ne l’est pas du tout.

Un enfant la prendrait au premier degré, pour ce qu’elle est : des animaux se sont révoltés, ont chassé le fermier, pris possession de la ferme et veulent bosser pour leur propre compte.

L’enfer étant pavé de bonnes intentions, si au départ, tout est bien, après quelques temps, ça part en couille puisque les cochons s’arrogent le pouvoir, mais les autres animaux ne s’en rendent pas compte (ou ne veulent pas s’en rendre compte).

L’adulte, lui, lira entre les lignes et y verra (le cas de le dire, puisque l’on parle de cochons) une fable animalière dénonçant le communisme à la Staline ou tout autre régime totalitaire.

Au départ, les intentions sont bonnes puis une certaine élite se dégage, s’arroge des droits (sans les devoirs qui vont avec), des passe-droits, des rations supplémentaires, donne des ordres, considère les autres comme des esclaves, réécrit l’histoire et puisque l’on a réchauffé l’eau doucement, puisque l’on avait un police violente, personne n’a rien senti, personne n’a osé l’ouvrir et ceux qui l’ont ouvert sont morts.

C’est aussi une fable qui parle de toutes les révolutions qui furent confisquées ensuite par certaines personnes qui n’ont eu de cesse, ensuite, de se comporter comme les tyrans qu’ils dénonçaient autrefois et qu’ils avaient renversés, arrivant même à se comporter d’une plus vile manière qu’eux.

J’y ai aussi lu une dénonciation du capitalisme avec la force ouvrière qui est exploitée par une élite intellectuelle et qui malgré qu’elle bosse plus, reçoit de moins en moins de ration alimentaire, tandis que ceux qui ne produisent rien bouffent à s’en faire péter la panse (oui, c’est dit sans les pincettes). Travailler plus pour gagner moins !

Puisque les animaux bossent pour eux (qu’ils croient), ils sont prêt à tous les sacrifices, oubliant que ce ne seront pas eux qui tireront les bénéfices de leur force de travail et qu’au final, ils sont esclaves de quelqu’un, sauf que ce n’est plus du fermier (qui les faisait bosser moins, même si c’était pour son bénef à lui) mais des cochons.

La descente aux enfers commencera doucement pour nos animaux, sans qu’ils ne s’en rendent vraiment compte au départ puisque tout leur est expliqué simplement : c’est pour leur bien ! Et on avale, pardon, et ils avalent. Et puis, ceux qui n’avalent pas n’auront plus jamais l’occasion de remettre en question les ordres du cochon Napoléon, le chef.

Orwell va droit au but et s’inspire aussi des animaux pour leur donner leur caractère propre et habituel : les moutons bêlent ce qu’on leur dit de bêler, les chiens sont agressifs, les chevaux forts, l’âne intelligent… Chacun est parfaitement à sa place dans son rôle et il ne faut pas franchir des fossés pour assimiler les animaux à des humains, vu leur comportement.

Orwell frappe sous la ceinture, ça fait mal, ce petit livre. Il en ressort qu’en fait, tout le monde peut devenir un libérateur, il suffit juste d’être un bon orateur et la foule de moutons suivra !

Mais une fois le premier tyran éliminé, il faut avoir le pieds sur terre pour ne pas virer dictateur soi-même. Pas besoin de franchir des fossés non plus, la frontière est mince et si facilement franchie… Trop facilement…

Ensuite, le reste vient tout seul, un pas après l’autre, une règle après l’autre, une restriction après l’autre.

Une fable intelligente qui démontre que le totalitarisme n’est jamais loin, qu’il se trouve sous nos yeux, partout et pas que dans les états dictatoriaux, les républiques bananières…

Le totalitarisme ne se trouve pas que dans le passé et que ce salopard peut revenir au galop sans que l’on ne s’en rende compte ou alors, trop tard.

La liberté n’est pas un du, ce n’est pas non plus un droit, c’est un devoir. Mais il n’est pas toujours facile de voir le totalitarisme se mettre en place et encore moins de se rebeller contre des autorités toutes puissantes qui peuvent vous broyer comme on écrase une noisette avec l’outil adéquat.

Et puis, il est souvent plus facile de faire semblant de rien, de se raconter des histoires, de laisser couler, de baisser les bras. Parce que s’opposer de manière intelligente, c’est épuisant, dangereux et bien souvent, on est seul.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°60], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°18] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Blacksad – Tome 2 – Arctic-Nation : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 2 – Arctic-Nation

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2003)

Résumé :
Oldsmill, le maître de la ville, est un tigre blanc.
Karup, le chef de la police, un ours blanc.
Huk, l’âme damnée de Karup, un renard blanc.

Avec les autres animaux à pelage immaculé, ils forment la société WASP (W pour White, AS pour Anglo-Saxon, P pour Protestant).

Tous les autres habitants, de la pie noire au renard brun-roux en passant par le chat tacheté et la biche châtain, ne sont que racaille.

Et si la police n’est pas capable de maintenir l’ordre des blancs, les gros bras d’Arctic-Nation, le parti raciste, cagoulés et vêtus de robes blanches, s’en chargent sans états d’âme. Ils ont les cordes et les croix enflammées qu’il faut.

Dans cette ambiance pas câline, câline, Blacksad, le chat détective privé, enquête sur la disparition d’une enfant de couleur. La mère de Kyle, Dinah, travaillait comme femme de ménage chez le même Karup et, selon quelques bonnes âmes, serait au mieux avec le fils Oldsmill.

Un vrai nœud de vipères dans lequel Blacksad plonge les pattes et joue au justicier prompt à griffer si nécessaire… Son seul appui est Weekly, le reporter d’un magazine à scandale, un fouille-merde qui sera utile à John.

Et ça vaut mieux. Coups bas et coups tordus vont pleuvoir comme à Gravelotte…

Critique :
Le premier tome de Blacksad sentait bon le polar hard-boiled à l’ancienne (nous sommes dans les années 50) et avait tout d’une grande bédé.

Le tome 2 grimpe encore plus haut et crève le plafond et explose la cotation.

Hard-boiled, il l’est toujours, mais en lieu et place d’une enquête « classique », on met les pieds dans l’auge puante (et j’insulte les cochons) du ségrégationnisme, du racisme, des encagoulés du KKK et des bas de plafond des WASP (le banc anglo saxon et protestant).

Bienvenue dans le quartier de The Line, bienvenue chez la racaille des Claws, bienvenue aussi chez les suprémacistes d’Artic Nation, ceux qui viennent du froid et qui sont plus Blancs que Blancs que même les poudres à lessiver Dash/Dixan vont leur coller un procès tellement qu’ils sont Blancs.

Si au départ on pense à une enquête classique sur la disparition d’une jeune gamine Noire, restez sur vos gardes car il n’en sera rien et le scénariste sait non seulement monter une histoire qui tient la route mais en plus, il sait comment nous trouer le cul à la fin de son album. J’adore me faire entuber de la sorte.

Le dessinateur Juanjo Guarnido me donne envie d’acheter des ex-libris de Blacksad tant ses dessins sont sublimes, magnifaïïïïks, géniaux (et faudra aussi que j’achète un dico car les superlatifs comment à manquer).

Lorsque je lis (que je dévore goulûment) Blacksad, j’ai l’impression de regarder un vieux film des années 50, un bon vieux polar à l’ancienne, avec des atmosphères à la Bogart. Les dialogues, eux, sont toujours ciselé au scalpel, rempli de cynisme et de sarcasmes. J’adore !

Surtout qu’une espèce de fouine (une belette ?) a fait son entrée aux côtés de Blacksad : le journaliste surnommé Weekly qui ne manque pas d’humour.

L’anthropomorphisme est toujours bien réalisé à tel point que l’on oublie que l’on a affaire à des animaux qui souffrent des mêmes tares que les Humains.

Blacksad, c’est sobre, soigné, c’est intelligent, c’est fin, bref, je me demande pourquoi je n’ai pas lu cette série plus tôt. Avantage, je la découvre avec encore plus de plaisir et là, elle a sa place sur les plus hautes étagères de ma biblio, là où je classe le Graal de la bédé…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°261], et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°58], le Challenge bd « Des histoires et des bulles » chez Noctembule (Avril 2021 – Avril 2022) [N°20  Une bd récompensée] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

  • 2003 : prix spécial du jury au festival de Sierre;
    • Prix Saint-Michel du meilleur album francophone pour Arctic-Nation.
  • 2004 : prix du public et Prix du dessin au Festival d’Angoulême pour Arctic-Nation ;
    • Prix Virgin du meilleur album pour Arctic Nation.
  • 2005 : Prix Harvey du meilleur album original pour Arctic-Nation;
    • prix Virgin du meilleur album pour Arctic-Nation.

Blacksad – Tome 1 – Quelque part entre les ombres : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 1 – Quelque part entre les ombre

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2000)

Résumé :
Par un moche matin couleur sépia, Blacksad, détective privé de son état – ou  »fouille-merde » selon certains – est appelé par le flic Smirnov pour reconnaître un cadavre.

Il reconnaît : c’est Natalia Wilford, une actrice avec qui il a vécu jadis la plus heureuse époque de sa vie. En bon flic, Smirnov lui conseille de garder le museau hors de cette affaire.

En bon fouille-merde, Blacksad ne suit pas ce conseil avisé : un salaud a tué une femme et, par la même occasion, ses meilleurs souvenirs. Il va payer.

Critique :
Je sais, je sais… Il m’en aura fallu du temps pour découvrir Blacksad !

Croyez-moi, j’ai honte de ne pas m’être penchée plus tôt sur cette bédé dont tout le monde avait parlé à l’époque, pour n’en dire que du bien…

C’est sur le tard que je viens de découvrir le premier tome et je me suis pris un uppercut dans la gueule pour plusieurs raisons.

La première concerne les graphismes ! Ce sont de véritables œuvres d’art, tant au niveau du coup de crayon de Juanjo Guarnido mais aussi en ce qui concerne les couleurs.

C’est bien simple, dès la première case aux tons sépia, on est subjugué et on se demande si on ne va pas rester de longues minutes à examiner la case pour apprécier le luxe de détails.

Le dessinateur a aussi réussi à rendre vivants les personnages qui ont des têtes d’animaux sur des corps humains (avec la carrure qui va avec), mais, encore plus fort, à les rendre tout à fait réaliste, poussant le vice jusqu’à leur donner la tête de l’emploi (le rat espionne, le gorille boxe, le chien commissaire).

Le chat étant curieux de nature, c’est à un élégant chat noir qu’incombe le rôle de détective privé. Oubliez votre gentil minou tout câlinou, John Blacksad n’est pas une boule de poils ronronnante !

Tout comme pour les autres personnages, ses expressions sont étudiées, soignées et parfaitement restituées.

L’enquête est classique mais ses ramifications vont plus loin que l’on aurait pu le penser au départ et elle nous fera entrer dans un monde de corruption, de violence, de meurtres gratuits… Bref, c’est glauque, poisseux et on adore ! Un détective hard-boiled comme au bon vieux temps de Dashiell Hammett et ses pairs.

Si vous n’avez pas encore découvert Blacksad, je vous conseille de vous la faire prescrire par votre libraire dealer et pas en version homéopathique mais en injection directe. L’abus de Blacksad n’est pas nuisible pour la santé (l’abus de bédés non plus).

Blacksad, une merveille graphique !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°257], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°57], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 48 pages et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Waluk – Tome 1 – La grande traversée : Emilio Ruiz et Ana Miralles

Titre : Waluk – Tome 1 – La grande traversée

Scénariste : Emilio Ruiz
Dessinateur : Ana Miralles

Édition : Dargaud (07/02/2020)

Résumé :
Abandonné par sa mère puisqu’il est suffisamment grand, le petit ourson polaire Waluk doit apprendre du jour au lendemain à vivre seul.

Malheureusement pour lui, ses premières expériences ne se passent pas très bien.

N’ayant aucune notion de chasse, le voilà contraint de se nourrir exclusivement d’algues et d’oeufs…

Et c’est sans compter les autres ours qui ne se montrent pas des plus aimables avec lui.

Seul Esquimo, un vieil ours en piteux état, accepte de prendre Waluk sous son aile pour lui enseigner les rudiments de la survie. L’ourson apprend…

Critique :
Voilà une bédé intelligente, bourrée d’amitié, de belles choses tout en nous en montrant des moins belles, comme ce putain de réchauffement climatique qui prive, entre autre, les ours blancs de banquise et de nourriture.

Waluk, ce sont les aventures d’un jeune ours blanc que sa mère a abandonné puisqu’il était assez grand pour se débrouillez seul.

Oui, mais non, Waluk est perdu face à l’immensité de ce qui se trouve sous ses yeux et incapable de se nourrir correctement, sauf à faire des conneries et à s’en prendre une dans la gueule par un autre ours.

La rencontre avec Esquimo, un vieil ours, va lui changer sa vie (oui ♪ il changeait la vie ♫ vas-y, chante avec moi) en lui enseignant les rudiments de la chasse et en lui expliquant les changements majeurs qui se produise dans le coin, à cause d’un espèce de bipède nu qui ne possède ni griffes, ni ailes, ni rien : l’Homme.

Il est vrai que les humains, face à ce possèdent les animaux, est plus nu qu’un ver de terre, mais l’Homme est capable de foutre plus de bordel que toute la création animale réunie.

Les dessins m’ont enthousiasmé, je les ai trouvé très bien réalisés et les différentes moues prises par les ours m’ont souvent fait rire, ainsi que leurs réflexions. Les couleurs sont belles, dans des tons gris bleus qui illustrent bien le froid de la banquise.

Cette bédé, conte initiatique, a plusieurs leçons à nous apprendre, dont celle qu’il faudrait plus souvent écouter les anciens, de ceux qui nous ont précédés, ceux qui connaissent la musique mieux que nous.

Hélas, nous sommes dans des sociétés où l’on n’écoute plus les anciens et pire, lorsqu’un travailleur prend sa pension, bien souvent, il ne forme aucun jeune pour le remplacer (soit qu’il ne le veut pas, soit que le patron n’est pas intéressé par le savoir de son travailleur qui part). Stupide, car celui qui est dans la société depuis des lustres en sait bien plus que les p’tits d’jeuns qui commencent.

L’autre leçon à apprendre, c’est qu’il serait temps d’arrêter de foutre la merde partout où l’on passe, stopper avec le tourisme à la con, avec ces crétins qui veulent à tout pris aller voir la banquise qui fond et qui tirent sur les ours si d’aventures ils en croisent (scandale qui a eu lieu réellement, lors d’une croisière et d’un arrêt dur la banquise, je l’avais lu dans « Le Canard Enchaîné).

Ce premier tome de Waluk est vraiment une réussite, tant au niveau des personnages animaux, du scénario, du message se trouvant dans ces pages et des couleurs utilisées. Bref, une réussite à tout points de vue.

PS : je remercie Noctembule d’avoir parlé de cette bédé sur son blog parce que c’est ce qui m’a donné envie de l’acheter et de la lire.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°56], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 48 pages, le Challenge bd « Des histoires et des bulles » chez Noctembule (Avril 2021 – Avril 2022 – animal dans le titre) et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Sherlock Fox – Tome 1 – Le chasseur : Jean-David Morvan et Du Yu

Titre : Sherlock Fox – Tome 1 – Le chasseur

Scénariste : Jean-David Morvan
Dessinateur : Du Yu

Édition : Glénat – Tchô ! L’aventure (2014)

Résumé :
Le plus rusé des détectives ! Sherlock Fox est un renard, mais aussi un policier ! Dans la société que les animaux ont constituée, les instincts ont été remplacés par des règles de vie en communauté, afin que personne ne mange son voisin.

Mais l’enquête que Sherlock Fox doit mener va nous faire découvrir les dessous d’une société en apparence trop parfaite. Tout commence par la découverte d’ossements dans la rivière d’une forêt. Ces derniers, assez frais, semblent en effet prouver que la personne à qui ils appartenaient a bel et bien été dévorée…

Autre mystère : ce squelette ne correspond à aucune des races répertoriées ! Après enquête, Sherlock Fox découvre que ce cadavre faisait partie de la « marchandise » d’un camion, victime d’un accident peu de temps auparavant. Les questions se bousculent dans la tête de notre renard détective : qui organise la venue de ces camions ?

À qui livrent-ils leur marchandise ? Dans quel but ? Mais surtout… quelle est cette nouvelle race inconnue ?

Une nouvelle série palpitante signée Tchô! l’aventure… en grand format, scénarisée par le prolifique Jean-David Morvan et sublimement mise en image par un dessinateur chinois virtuose, Du Yu !

Critique :
♫ Le plus grand des détectives, Oui c’est lui, Sherlock Holmes le voici ♫ Il habite Baker Street ♪ Et poursuit Moriarty le méchant…

Vous voici avec la chanson du générique de la série « Meitantei Hōmuzu » ou « Meitantei Holmes » qui mettait en scène un univers où les personnages étaient des animaux.

Holmes et Watson étaient des chiens (madame Hudson aussi) et ça faisait notre bonheur sur Club Dorothée.

Je pensais retrouver cet univers avec Sherlock Fox mais il n’en fut rien car si le commissaire Ney Quitsou est surnommé Sherlock Fox en raison de son aptitude à résoudre les crimes, à enquêter sans relâche et parce qu’il est un renard.

La comparaison avec le détective de Baker Street s’arrêtera là, même si notre commissaire a tous les attributs du parfait enquêteur de terrain, qu’il utilise une loupe, examine les indices et explique le chemin de ses déductions en arrêtant le/les coupable(s).

La société dans laquelle évolue les personnages est une société animalière mais pas dans le sens où nous avons l’habitude de la voir. Ici, elle n’en a pas toujours été ainsi.

Avant, les animaux étaient des animaux, avec leurs instincts propres à leurs races, mais ils ont évolués, ils se sont organisés en société, en ville et ont banni les instincts les plus vils, comme se manger les uns les autres (zoophagie).

Clairement, c’est un album à ne pas mettre dans les mains des enfants car nos animaux ont aussi supprimé le fait de ne copuler QUE pour la reproduction. Maintenant, ils le font pour le plaisir, entre toutes les races et en pleine rue si besoin est.

De plus, l’ambiance générale de l’album est fort sombre, autant dans les couleurs que dans le scénario. Nous explorons les bas-fonds, nous remontons faire des arrestations dans la haute société, nous avons de la zoophagie (aussi taboue que le cannibalisme ou l’anthropophagie) et une société qui, sous ses airs évolués, ne l’est peut-être pas tant que ça (comme les nôtres).

Mon plus grand bémol sera pour le fait que l’enquête n’est pas résolue dans ce premier tome (qui date de 2014) et que le deuxième tome n’est jamais paru. On reste donc sur sa faim à la fin et ça, c’est quelque chose qui me désole car j’avais envie de savoir ce qu’il allait se passer ensuite, qui était coupable et de revenir dans cet univers spécial qui m’a plu.

Une bédé policière et animalière fort sombre, au scénario qui promettait bien des choses, qui ne ressemblait pas à ce que nous connaissions dans l’anthropomorphisme, mais comme le tome 2 n’est jamais paru, nous ne saurons jamais le fin mot de l’enquête et nous ne suivrons plus les enquêtes du commissaire Ney Quitsou.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°237], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 64 pages, le Challenge bd « Des histoires et des bulles » chez Noctembule (Avril 2021 – Avril 2022) – N°13 Les personnages sont des animaux et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°48].

Erectus – 02 – L’armée de Darwin : Xavier Müller [LC avec Bianca]

Titre : Erectus – 02 – L’armée de Darwin

Auteur : Xavier Müller
Édition : XO Thriller (18/02/2021)

Résumé :
Le retour du virus. Plus puissant et terrifiant que jamais…

Ils croyaient tous le cauchemar derrière eux : après avoir transformé une partie de l’humanité en hommes préhistoriques, le virus Kruger avait fini par s’éteindre.

Sept ans après, le monde tremble à nouveau. Les erectus, que l’on croyait stériles, se reproduisent dans les réserves. Chaque jour, des dizaines d’entre eux sont assassinés. d’autres disparaissent…

Qui se cache derrière ces opérations meurtrières ?

Au Kenya, Anna Meunier, une chercheuse française, tente de protéger Yann, son compagnon transformé en préhistorique. Pour elle, les erectus sont nos ancêtres, pas des bêtes sauvages…

La menace, pourtant, est là. Terrifiante. Une organisation secrète est à l’origine d’une nouvelle vague de contaminations. pire : elle se livre à des captures dans les réserves afin de récupérer les facultés extraordinaires des erectus.

Son objectif : fabriquer une nouvelle espèce humaine, aux pouvoirs décuplés, qui contrôlerait la planète. Pour le monde entier, le début d’un combat dantesque…

Critique :
Après un premier jet addictif, l’auteur remet le couvert avec un tome 2 différent mais tout aussi angoissant, bien que les peurs ne soient plus tout à fait les mêmes puisque lorsque j’avais lu le premier tome, le mot Corona n’était qu’une marque de bière pour moi.

Régresser de 2 millions d’année est plus effrayant que de rajeunir de 20 ans. Pas besoin de vous faire un dessin quand aux réactions des Sapiens : ça gueule !

Une majorité est pour le rejet total de Homo Erectus avec entreposage dans des réserves et stérilisations (même extermination pour les plus virulents). Quelques uns défendent les Erectus, voulant les intégrer dans le monde des Sapiens et évitent de les traiter de singes.

Parce que traiter de singe nos ancêtres, ce que nous fûmes il y a 2 millions d’années, c’est s’insulter soi-même. Et les considérer un peu trop vite comme des débiles profonds alors qu’ils sont plus en phase avec la Nature que nous.

Si le premier tome était hyper addictif, celui a mis un peu plus de temps dans le développement de sa première partie. L’auteur a été intelligent, il n’a pas fait une resucée de son premier tome mais est parti sur un autre terrain, sans que l’on sache vraiment comment tout allait tourner car les surprises étaient au rendez-vous et j’ai appréciée ne pas voir où j’allais arriver.

Cette première partie, si elle est plus lente, n’est pas dénuée d’intérêt puisque nous entrons à nouveau dans la gestion de pandémie, nous nous immisçons dans les alcôves des pouvoirs et le suspense est bien là avec le décompte des jours. Que va-t-il se passer ? C’était à la hauteur de mes attentes et mon rythme cardiaque a bien monté.

L’autre intelligence de l’auteur c’est d’avoir soigné ses personnages, les rendant réalistes, humains, attachants. Les Erectus n’ont pas été oublié dans l’affaire, l’auteur n’en a pas fait des animaux sans cervelle ou sans réalisme. Ils ont une présence, une épaisseur et j’ai adoré les suivre dans leur quête de liberté.

Mon bémol ira au méchant de l’histoire qui faisait un peu Méchant d’opérette à la James Bond (anciens films), celui qui veut dominer le monde, qui souffrait d’un gros défaut de manichéisme et qui n’avait rien pour équilibrer son portrait. Dommage, j’aurais aimé un peu plus de nuances puisque les autres personnages, même les Erectus, avec de la profondeur et un portrait équilibré.

Une LC réussie avec Bianca qui ne nous a pas fait régresser au stade Erectus mais fait passer un bon moment de lecture, voyager dans plein de pays et fait vivre une aventure hors du commun.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°234] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°47].

Dans la gueule de l’ours : James A. McLaughlin

Titre : Dans la gueule de l’ours

Auteur : James A. McLaughlin
Édition : Rue de l’échiquier (16/01/2020)
Édition Originale : Bearskin (2018)
Traduction : Brice Matthieussent

Résumé :
Criminel en cavale, Rice Moore trouve refuge dans une réserve des Appalaches, au fin fond de la Virginie.

Employé comme garde forestier, il cherche à se faire oublier du puissant cartel de drogues mexicain qu’il a trahi.

Mais la découverte de la carcasse d’un ours abattu vient chambouler son quotidien : s’agit-il d’un acte isolé ou d’un braconnage organisé ?

L’affaire prend une tout autre tournure quand de nouveaux ours sont retrouvés morts.

Alors que la police ouvre une enquête, Rice décide de faire équipe avec Sara Birkeland, une scientifique qui a occupé le poste de garde forestier avant lui.

Ensemble, ils mettent au point un plan pour piéger les coupables. Un plan qui risque bien d’exposer le passé de Rice.

Critique :
Une des premières choses qui m’attire vers un livre, c’est sa couverture, ce que mes yeux voient en premier, ensuite, vient le titre, la seconde chose sur laquelle mes yeux de biche se posent.

Puis j’en viens au résumé afin de savoir de quoi parle le roman qui a attiré ainsi mes yeux.

Ce roman m’aurait plus attiré pour sa couverture assez moche, la curiosité m’aurait sans doute fait retourner le livre et le résumé aurait pu me décider à l’acheter.

Ce qui a été le déclencheur, ce fut les bonnes critiques que j’ai lu à plusieurs endroits et j’ai osé l’acheter, malgré la couverture pas super.

Comme quoi, une couverture moche peut cacher un texte et une histoire magnifique, un récit qui vous emporte ailleurs, qui vous fait sentir Homme des bois, l’odeur puante en moins, heureusement pour les lecteurs.

Lorsque l’on reste toujours dans le même genre littéraire, on a tendance à voir toujours la même chose passer en boucle, mais ici, l’auteur s’est cassé le cul pour nous proposer autre chose, tout autre chose ! Un éco-thriller qui prend son temps pour se développer, sans jamais devenir endormant.

Les vésicules des ours sont recherchées par les trafiquants, les pattes des ours aussi, apparemment pour mettre dans de la soupe en Asie (perso, moi je fous un cube de bouillon dans mes soupes et c’est bon).

Un bien rare et recherché par des superstitieux est cher et donc, les braconniers de tout poils s’en donnent à cœur joie pour dézinguer des ours, n’hésitant pas à pénétrer dans la réserve privée de Turk Mountain où Rice Moore a trouvé un emploi de gardien et où il doit faire face à ces bas de plafonds, sorte de red-neck racistes, phallocrates, surarmés, qui castagne les plus petits, bref, le genre de types qui ont dû apprécier la prise du Capitole…

Ne lisez pas ce roman en espérant avoir du trépidant, des courses poursuites partout, comme je vous l’ai dit, l’auteur prend le temps de planter son décor, ses personnages, ses ambiances particulières…

Il y a comme une forme de poésie dans son écriture et je me suis laissée bercer par son récit, par Rice Moore, un homme au passé sombre, qui a fait de la prison et qui a un gars du cartel qui aimerait lui faire la peau.

Cruel dilemme pour Rice qui sait que s’il s’expose trop, des alarmes vont retenir chez les taupes du cartel et les mettre sur sa piste.

Un éco-thriller qui bouscule les codes habituels des thriller, qui les casse. Un récit profond, beau, poétique, une ode à la Nature, aux animaux et une dénonciation d’un trafic dont nous entendons peu parler et qui a entraîné la disparition des ours en Chine et qui est en train de liquider les ours en Amérique depuis 20 ans.

Un récit lent mais passionnant, captivant, porté par des personnages attachants, sauf en ce qui concerne les bas-de-plafond, mais bon, ils ont une excuse, ils n’ont pas de cerveau…

Un magnifique roman !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°181], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°40] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°07].

Les animaux : Christian Kiefer

Titre : Les animaux

Auteur : Christian Kiefer
Éditions : Albin Michel Terres d’Amérique (2017) / LP (2019)
Édition Originale : The Animals (2015)
Traduction : Marina Boraso

Résumé :
Niché au fin fond de l’Idaho, au coeur d’une nature sauvage, le refuge de Bill Reed recueille les animaux blessés. Ce dernier y vit parmi les rapaces, les loups, les pumas et même un ours.

Connu en ville comme le « sauveur » des bêtes, Bill est un homme à l’existence paisible, qui va bientôt épouser une vétérinaire de la région. Mais le retour inattendu d’un ami d’enfance fraîchement sorti de prison pourrait ternir sa réputation.

Rick est en effet le seul à connaître le passé de Bill dont il a partagé la jeunesse violente et délinquante.

Pour préserver sa vie, bâtie sur un mensonge, Bill est prêt à tout. Au fur et à mesure que la confrontation entre les deux hommes approche, inéluctable, l’épaisse forêt qui entoure le refuge, jadis rassurante, se fait de plus en plus menaçante…

Dans le décor des grands espaces, ce roman noir est une superbe histoire de rédemption, qui marque la naissance d’une nouvelle voix de la littérature américaine.

Critique :
Pour moi, The Animals sera toujours le groupe qui chantait « The House Of The Rising Sun » et non le titre en V.O de ce roman à côté duquel je suis passée.

Si j’avais eu plus de temps, j’aurais pris un bic et ajouté, devant les dialogues, les tirets cadratins qui s’étaient tirés en vacances avec leurs potes les guillemets.

Certains auteurs écrivent de la sorte, j’ai déjà eu la blague avec des auteurs sud-américain, mais je déteste cette manière de présenter des dialogues car on a du mal à suivre et à se situer.

Une fois de plus, le résumé est trop bavard. Il vaut mieux ne pas le lire avant de commencer. Hélas, vu qu’au bout de quelques pages je ne savais toujours pas où le récit allait m’entraîner, je suis allée le lire. Trop bavards et pas toujours justes à 100%, ces maudits résumés.

Anybref, je m’attendais à passer un super moment de lecture, vu le résumé, vu les chroniques positives des copinautes de blogs ou sur Babelio et, finalement, « bardaf, c’est l’embardée » (© Manu Thoreau).

De ce roman, j’avais apprécié les passages qui parlaient du passé des deux protagonistes, leur enfance, leur rencontre, leurs conneries, mais eux aussi sont devenus trop longs, trop confus, trop lourds.

Heureusement qu’il y avait le récit de la relation de Bill avec les animaux de son refuge.

Si le personnage de Bill est agréable à suivre, que l’on voit qu’il a fait sa rédemption et qu’il est sur le bon chemin, celui de Rick, au contraire, est exécrable au possible car il rend tout le monde responsable de ses problèmes. Il n’est pas le seul coupable, Bill a aussi des choses à se reprocher, mais au moins, il les assume.

L’écriture de l’auteur était descriptive au possible, on ressentait bien toute la force et la beauté de la Nature sauvage, celle des animaux, mais j’ai survolé tout ça de très haut et ne me suis posée que très rarement sur une branche pour savourer ce roman duquel j’attendais beaucoup.

Tant pis pour moi… Il m’en reste heureusement plein d’autres (le chiffre est indécent).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°94] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.