Erectus : Xavier Müller [LC avec Bianca]

Titre : Erectus

Auteur : Xavier Müller
Édition : XO (08/11/2018)

Résumé :
Et soudain l’humanité se mit à régresser À Richards Bay, en Afrique du Sud, c’est le choc. Un homme s’est métamorphosé. Il arbore des mâchoires proéminentes, est couvert de poils, ne parle plus.

Bientôt, à New York, Paris, Genève, des Homo erectus apparaissent en meutes, déboussolés, imprévisibles, semant la panique dans la population.

De quel virus s’agit-il ? Que se cache-t-il derrière cette terrifiante épidémie ? Une scientifique française, Anna Meunier, se lance dans une course contre la montre pour comprendre et freiner cette régression de l’humanité.

Partout, la question se pose, vertigineuse : les erectus sont-ils encore des hommes ?

Faut-il les considérer comme des ancêtres à protéger ou des bêtes sauvages à éliminer ?

Critique :
Désolée, mais Erectus n’est pas le titre du dernier roman de Rocco Siffredi dans lequel il nous raconterait ses mémoires et ses tournages.

Cet homme de lettres vous dirait sans doute qu’il n’a rien à voir avec un homo, même erectus.

Enfin, je pense, je n’ai pas étudié la filmographie de cet homme en long et en large et s’il a fait des films joyeux, je ne suis pas au courant et je m’en fiche, il fait ce qu’il veut.

Le film « Alerte », datant de 1995, m’avait fichu les chocottes et depuis, les films parlant de contagions ou de pandémie, je les fuis, pire que les discours politiques.

Et me voici à lire un livre parlant de virus, de pandémie, de contagion, d’un truc encore plus terrible que Ebola et la Peste réunis, une saloperie qui te fait régresser au stade des tes lointains ancêtres, les Homos Erectus.

T’es encore loin de l’Homo Habilis ou de Sapiens Sapiens ! T’es que Erectus, tu viens juste de te dresser sur tes guiboles… Pas folichon.

Ceci est un Thriller scientifique médical addictif… Et pour ça, il n’existe pas de vaccin non plus, et je n’en voudrais pas car j’adore être prise en otage par un livre et ne plus savoir le lâcher, ou du moins, difficilement, parce qu’il le faut bien.

Littéralement, je l’ai dévoré, en une seule journée de lecture, impossible de le lâcher, pire qu’un chien avec son os.

Le scénario est plausible puisque les espèces ont déjà connu des régression, ou plutôt, des réversions, comme on dit. Des choses inactives dans leur ADN poubelle avait été réactivé et ces espèces sont revenues à un état antérieur à leur évolution.

La seule chose qui soit de la SF, c’est le côté virus, mais malgré tout, ça fout la pétoche. Pas tellement pour celui qui régresse, mais pour sa famille qui se retrouve face à une personne qu’elle ne reconnait plus, ni physiquement, ni mentalement.

Là où tu as des sueurs froides, parce que ÇA ce n’est pas de la SF, c’est quand certains veulent anéantir les humains qui ont régressé en Erectus, les tuer, les éradiquer, les supprimer, les anéantir ou les parquer dans des… camps !

Et là, on sent la sueur froide couler le long de notre échine car tout le monde est concerné par cette régression ou est susceptible d’avoir un membre de sa famille qui repart vers le passé et se change en Homo Erectus…

Ce thriller médical n’est pas qu’un roman bourré d’action, d’adrénaline, de jolies paléontologue, de beaux gosses de l’OMS ou d’animaux qui régressent à un état antérieur, il pose aussi un questionnement et les réponses sont d’un réalismes qui me fait recroqueviller les orteils au bout de mes pantoufles confortables car des Humains qu’on laisse crever ou qu’on défouraille tels des lapins, ce n’est pas de la SF, ce n’est pas un passé, c’est un présent.

Mais tant que nous ne sommes pas concernés personnellement, nous continuerons de nous sentir droit dans nos bottes (ou pantoufles) puisque ce n’est pas nous qui avons migré ou régressé en Erectus.

Un thriller addictif mais pas que… Un thriller réaliste et qui pose des comportements humains que l’on aimerait voir régresser car ils n’apportent rien de bon à nos sociétés sois-disant civilisées.

Une LC que j’ai faite avec Bianca et là, nous sommes raccord sur nos impression de lecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°XX.

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Le loup en slip – Tome 02 – Le loup en slip se les gèle méchamment : Wilfrid Lupano, Paul Cauuet & Mayana Itoïz

Titre : Le loup en slip – Tome 2 – Le loup en slip se les gèle méchamment

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateurs : Paul Cauuet & Mayana Itoïz

Édition : Dargaud (10/11/2017)

Résumé :
Le loup en slip est de retour et pourrait bien redevenir le méchant de l’histoire L’hiver arrive, il neige, il fait froid. Grognon, le loup répète sans cesse « qu’on se les gèle » !

Mais que peut-il donc bien se geler, lui qui est toujours en slip ?

Les habitants de la forêt vont vite devoir le découvrir s’ils ne veulent pas que leur compagnon redevienne le grand méchant loup qui les terrorisait autrefois !

Critique :
L’hiver est là mais pas de panique, les animaux de la forêt sont bien organisés et tout est prévu pour qu’on puisse acheter du pain, des fromages pour faire des raclettes, skier, prendre des bains chauds et tout ce qui aide à supporter l’hiver rigoureux.

Tout le monde est content, donc ?

Ben non, notre ami le loup est ronchon, grognon et répète à qui veut qu’on se les gèle ! Qu’on se les gèles grave, même…

Oui, mais on se gèle quoi, au fait ?? Voilà la grande énigme de ce deuxième album.

Puis des animaux disparaissent… Disparitions brusques alors que le loup en slip est ronchon et de mauvais poils ??

Les alarmistes s’agitent : on vous l’avait bien dit que le loup était un prédateur !!! Allez hop, on ressort la panoplie des brigades anti-loup et autres trucs pour se défendre !

Toujours dans la même veine que le premier, ce deuxième album m’a ravi parce que durant toute l’histoire, je me suis demandé ce que le loup pouvait se geler puisqu’il porte un slip tout beau tout chaud.

D’ailleurs, les animaux aussi se sont posé la question et les plus téméraires ont demandé à notre loup mais n’ont pas eu la réponse escomptée.

Si le premier tome portait sur la peur de l’autre et la stigmatisation des minorités, celui-ci parlera d’égoïsme, de société de consommation, d’hypocrisie, de loisirs à gogo et le tacle aux autres animaux sera sévère. La gifle à notre société aussi puisque ces animaux agissent comme nous, bien souvent sans s’en rendre compte.

Sans lourdeur, sans exagérer, les auteurs nous démontrent une fois de plus les travers de notre société grâce aux animaux de la forêt et si le final n’est pas un véritable happy end car impossible à réaliser, c’était tout de même un : « Tout ne fut pas parfait, mais ce fut mieux que quand c’était pire ».

Une jolie fable au message sévère, certes, mais la fable ne se veut pas moralisatrice non plus, cela ne ferait pas changer les comportements. Disons que c’est une sacrée piqûre de rappel.

Encore un excellent album !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Sauvage : Jamey Bradbury

Titre : Sauvage

Auteur : Jamey Bradbury
Édition : Gallmeister Americana (07/03/2019)
Édition Originale : The wild inside (2018)
Traducteur : Jacques Mailhos

Résumé :
À dix-sept ans, Tracy Petrikoff possède un don inné pour la chasse et les pièges. Elle vit à l’écart du reste du monde et sillonne avec ses chiens de traîneau les immensités sauvages de l’Alaska.

Immuablement, elle respecte les trois règles que sa mère, trop tôt disparue, lui a dictées : « ne jamais perdre la maison de vue », « ne jamais rentrer avec les mains sales » et surtout « ne jamais faire saigner un humain ».

Jusqu’au jour où, attaquée en pleine forêt, Tracy reprend connaissance, couverte de sang, persuadée d’avoir tué son agresseur.

Elle s’interdit de l’avouer à son père, et ce lourd secret la hante jour et nuit.

Une ambiance de doute et d’angoisse s’installe dans la famille, tandis que Tracy prend peu à peu conscience de ses propres facultés hors du commun.

Flirtant avec le fantastique, ce troublant roman d’initiation nous plonge dans l’intimité d’une jeune fille singulière qui s’interroge sur sa nature profonde.

Critique :
Ray Bradbury nous entrainait dans les brasiers enflammant les livres (Fahrenheit 451) et Jamey Bradbury, elle, nous emmènera dans les blanches et froides étendues de l’Alaska.

Mettez vos moufles, sortez vos grosses chaussettes et n’oubliez pas votre cache-nez (et cache-tout-ce-que-vous-voulez) afin de ne pas prendre froid, car c’est un véritable apprentissage de la vie au grand air froid que vous allez faire.

Depuis toute petite, Tracy ne s’est jamais sentie bien qu’en courant dans la forêt ou en attelant des chiens de traineau. Son père est un musher et elle ne rêve que de suivre les traces de ses patins de traineau et de concourir à la Iditarod trail, une course pour musher longue et dure.

Ce roman, dans le style nature-writing, dégage une atmosphère bien particulière : un mélange de poudreuse, de jeune fille rebelle et des relents de fantastique car si Tony Chu (le détective cannibale) était un cybopathe (capable de retracer psychiquement la nature, l’origine, l’histoire, et même les émotions, de tout ce qu’il mangeait), Tracy, elle, c’est un autre don qu’elle possède…

La référence à Stephen King n’est pas usurpée, l’élément fantastique est bien là, c’est trash quand on y pense bien, mais le tout est très bien incorporé à l’histoire et passe sans aucun soucis, ajoutant même une autre dimension au récit.

Je peux même affirmer que sans cet élément, le roman n’aurait pas été aussi bien et nous serions parti sur une description des conditions de course avec des chiens de traineau (attention, j’aurais bien aimé en vivre une de l’intérieur, avec Tracy).

Tracy… Quelle jeune fille énigmatique, qui ne se livre que peu souvent, qui ne vit que pour la forêt, ses chasses, les animaux qu’elle trappe.

Petit à petit, l’auteur, de sa plus belle plume, déroule son récit en y incorporant tout doucement cet élément, en nous donnant des indices sans jamais trop forcer sur le trait et c’est avec un effroi certain que nous le comprenons dans son entièreté, non sans ressentir une dose de fascination au dégoût ou de dégoût à cette fascination (au choix).

D’ailleurs, une scène m’a tellement glacé les sangs que même si elle avait eu lieu sous le soleil des Caraïbes, j’aurais été transpercée par le froid. J’en suis restée avec la bouche ouverte et dans l’incapacité de poursuivre ma lecture durant quelques moments tant elle m’avait coupé les jambes.

Et malgré cela, je n’ai toujours pas réussi à être fâchée avec Tracy : à cause de son don (ou de sa malédiction, toujours au choix), elle avait fait une erreur terrible et malgré le froid qui m’a saisit, malgré mes mains tremblantes, je l’ai trouvée touchante jusqu’au bout, cette jeune fille dure comme le bois.

Un récit dur, âpre, magnifique, servi par une plume alerte qui sait bien décrire les émotions ou l’implacabilité, la rudesse de l’Alaska et la solidité des gens qui y vivent.

Des personnages magnifiques, qui me hanteront longtemps, un père veuf qui a fait tout ce qu’il pouvait mais qui n’avait pas compris sa fille puisque les non-dits sont aussi puissant qu’un blizzard, dans cette famille.

Un récit qui aurait encore pu continuer plus longtemps et une envie folle d’aller arpenter les bois de l’Alaska avec un traineau tiré par des chiens.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Le loup en slip – Tome 01 : Wilfrid Lupano, Mayana Itoïz & Paul Cauuet

Titre : Le loup en slip – Tome 1

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Mayana Itoïz & Paul Cauuet

Édition : Dargaud (04/11/2016)

Résumé :
Le loup terrorise la forêt et ses habitants qui vivent continuellement dans la peur de se faire croquer les fesses. Jusqu’au jour où le loup descend dans la forêt…

Méconnaissable !

Le loup ne fait plus peur du tout, il n’a plus le regard fou ni les poils dressés ! Mais comment vivre sans la peur, quand la peur est devenue l’unique moteur ?

Critique :
Qui a dit que le loup en slip c’était QUE pour les tits n’enfants ? Qu’il ou elle se dénonce de suite où se sera privé de goûter durant toute la semaine.

Namého !

Que les étroits d’esprit passent leur chemin car ce livre risquerait de leur ouvrir les yeux et ça leur ferait mal.

Lecture à deux niveaux, les enfants n’y verront que des animaux de la forêt qui ont peur du loup et qui se protègent par tous les moyens possible et inimaginable : clôtures anti-loup, cours de self-défense, brigade de blaireaux armés contre le loup, dessins explicatifs pour monter aux autres tous les horribles attributs de ce méchant prédateur (regard fou, poils dressés, crocs menaçants,…).

Les adultes ayant un cerveau comprendront que la peur fait recette et qu’on a jamais eu autant d’agents de gardiennage, de flics et de militaires en rue (et ailleurs) depuis certains funestes événements… Le malheur des uns fait le business des autres et ça vaut pour tout.

Un loup, ça fout la pétoche, surtout que celui-là est réputé pour hurler la nuit et se promener avec des yeux fous, donc, on se protège de l’Autre qui est si différent de nous…

Mais comment peut-on continuer de vivre et de faire son business lorsqu’on se rend compte que depuis que le loup porte un slip, il a plus chaud ses fesses et est donc de bonne humeur ?

D’ailleurs, il n’a jamais mangé personne, la peur des animaux de la forêt était une connerie. Qui a dit une arnaque ? Presque… Tout à fait, même.

Mais comment continuer de faire son beurre quand on se rend compte que le moteur de toute la forêt, ce qui la fait avancer et vivre, ce prédateur horrible, est en fait un loup gentil ? Bon sang, les médias nous auraient-elles enfumé ?

Sur qui va-t-on dégoiser si ce loup est un type sympa, juste un peu loufoque avec son slip rouge à bandes blanches ? Ou est-ce un slip blanc à bandes rouges ?

Vous savez comme moi que lorsque les personnes qu’on aime critiquer se révèlent être inoffensives (ou innocentes), ça perturbe tout le monde. Les gens sont déçus et désappointés si leurs boucs émissaires préférés ne le sont plus.

Un album qui se lit trop vite, des animaux aux comportements terriblement humain et une double lecture que les enfants comprendront plus tard.

Pour eux, le coup des fesses du loup recouvertes par un slip les feront rire, ils apprécieront les dessins et l’atmosphère de mystère et de peur qui se dégage des premières pages.

Les adultes retrouveront tout ce qui fait notre vie actuelle : stigmatisation des minorités, racisme, rejet de l’autre, peur de l’autre, les médias quand elles font du mauvais boulot, la sécurité à tout prix, même au prix de la liberté…

Excellent, drôle, décalé, tellement contemporain, mais trop court !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

De Cape et de Crocs – Intégrale 6 – Actes XI – XII : Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou

Titre : De Cape et de Crocs – Intégrale 6 – Actes XI – XII

Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Jean-Luc Masbou

Édition : Delcourt (22/11/2017)

Résumé :
« Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? » Le fidèle lapin. Eusèbe, autrefois condamné à perpétuité, révèle enfin son passé.

En ces temps de misère et de violence, où de cruels mousquetaires terrorisent les gardes du cardinal et où saltimbanques et spadassins battent l’estrade et croisent le fer, la vie d’un homme ne vaut pas cher.

Alors celle d’un lapin…

Critique :
Mais que diable allait-il faire dans cette galère, le lapin Eusèbe ??

Vous le saurez enfin en lisant cette intégrale qui reprend les tomes 11 ( Vingt mois avant) et 12 (Si ce n’est toi…) de la saga « De cape et de crocs » !

Un des running gag de cette saga était que chaque fois que Eusèbe voulait expliquer comment il avait fini aux galères, un évènement l’empêchait de raconter ses mésaventures.

A tel point que je pensais que ce n’était qu’une plaisanterie des auteurs car imaginer qu’un aussi gentil et naïf lapin (le plus minouche de toute la bédé) ait pu commettre un crime atroce ou un vol horrible pour mériter les galères ??

— QUI A DONNÉ DE LA PAILLE À CE LAPIN ?!
— C’est moi, père
— Pourquoi m’as-tu désobéi ?!
— Parce qu’il est trop mignon !
— TROP MIGNON ?! C’est ma foi vrai…

Et bien non, ce n’était pas une fanfaronnade, Eusèbe s’est bien retrouvé dans la galère après qu’il soit monté à Paris. Cette intégrale vous racontera tout et je vous jure que vous n’êtes pas à l’abri de quelques surprises de taille. Comme quoi, la taille ne fait pas tout.

— Le chemin de Paris ? Malheureux ! N’entendez-vous point ce qu’en disent les colporteurs ? Cette ville est un repaire de brigands ! Elle n’est peuplée que de détrousseurs ! De coupe-jarrets ! De chiffonniers prêts à vous écorcher tout vif pour vendre votre peau au plus offrant ! Les denrées y sont chères et les mœurs dissolues ! Il y a trop de monde ! Trop de bruit ! Petit lapin, je vous en conjure… N’allez pas à Paris !

Suivre Eusèbe passant de personnage secondaire à principal, sans retrouver nos amis Don Lope et Armand est assez difficile car nous n’avons pas eu pour habitude de voir notre lapin naïf aux avants-postes de la narration et de l’aventure.

Les puristes pourraient trouver lourd son côté gentillet et le fait qu’il ne voie jamais la part sombre dans les autres ou qu’il leur pardonne trop facilement, en tout cas, de mon côté, ayant toujours eu un faible pour l’immaculé lapinou, j’étais à la fête.

Débarquer dans un Paris à l’époque des Mousquetaires de Dumas, arpenter les ruelles sales, me faufiler dans la Cour des Miracles, trembler pour mon blanc lapin sans raison, puisque le récit se passant « 20 moins avant » (et non « 20 ans après » comme chez Dumas), je savais que mon white rabbit allait s’en sortir.

Tout ce qui faisait le sel de la saga se retrouve de nouveau dans les pages, que ce soit les dessins superbes ainsi que les multiples références à d’autres œuvres, et là, ce sera au lecteur de retrouver leurs origines, ainsi que de débusquer les poésies, pamphlets, sonnets satiriques ou juste profiter des belles tirades littéraires.

— Vous seriez donc, Horace oryctolague, un de ces auteurs satiriques qui manient l’épistolaire comme on manie les pistolets ?
— Je n’entends point ce que vous dites, mais cela sonne comme de l’esprit.

— Qu’ils soient vêtus de pourpre ou d’azur,je ne vois ici que d’importuns manieurs d’épée, prêts à s’entre-tuer pour un de leurs points d’honneur ridicules ! Vous êtes le passé. Vous êtes le désordre. Je vous ferai connaitre la loi du nouveau temps !

Anybref, on ne s’embête pas dans cette intégrale qui clôt cette saga que j’avais découverte grâce au mensuel Lanfeust Mag, qui tirera sa révérence en février 2019 et dont je vais aussi devoir faire mon deuil.

Le seul bémol viendra qu’Eusèbe s’en sort un peu mieux dans les personnages secondaires que dans les principaux, mais ceci est un détail car j’ai vraiment pris du plaisir dans ces mésaventures.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Lectio Letalis : Laurent Philipparie

Titre : Lectio Letalis

Auteur : Laurent Philipparie
Édition : Belfond (17/01/2019)

Résumé :
Oserez-vous tourner les premières pages du LECTIO LETALIS ?

Paris. Un assistant d’édition tout juste embauché se tranche les veines à la lecture du premier manuscrit qui lui est confié. C’est la troisième fois, en quelques semaines, que le même scénario-suicide se produit dans cette maison d’édition.

Bordeaux. Le lieutenant Gabriel Barrias, ancien indic devenu flic, enquête sur l’assassinat atypique d’un psychiatre massacré par un rapace, dans son cabinet, en pleine consultation.

Deux affaires éloignées en tout point, et pourtant. Un nom apparaît des deux côtés. Celui d’Anna Jeanson, qui fut, dix ans plus tôt, l’unique survivante d’un suicide collectif survenu dans une secte dressant des animaux à tuer.

Un livre et des oiseaux qui tuent, personne ne pourrait y croire. Mais sous la plume de Laurent Philipparie, capitaine de police, tout est si vrai que c’en est effrayant.

Critique :
Un livre qui tue ? Comme le grimoire interdit dans « Le nom de la rose » où en fait, c’était… Ah ben non, je ne vais pas vous divulguer comment le livre tuait de ce roman d’Umberto Eco !

Dans quel autre cas un livre pourrait-il nous pousser au suicide ? J’ai bien des pistes, mais pour cela, il faudrait que je balance des noms d’auteurs ou des titres de livres, et là, je serai muette comme une carpe.

La seule chose que je peux divulguer, c’est que je remercie NetGalley pour l’envoi de ce livre que la curiosité m’avait fait cocher dans leur catalogue.

Niveau marketing, l’auteur et les éditions Belfond ont bien fait leur job car ils nous proposent un titre des plus aguicheur tant il paraît bourré de mystère ou tiré d’une formule magique de Harry Potter et la couverture est plus que réussie. On le veut !

Verdict ? Mitigée. Je ne ferai pas de la critique complaisante, ce n’est pas le genre de la maison, donc, autant le dire de suite, j’ai eu l’impression de tourner en rond dans les premières parties, celles qui mettent tout en place, celles qui devraient distiller le mystère et le suspense.

Disons-le clairement, un certain côté fantastique a failli me faire tourner les talons tant il semblait peu crédible et mal abordé. Pourtant, j’aime le fantastique.

Là où je me suis embourbée aussi, c’est dans le style d’écriture de l’auteur qui était un peu trop imagé à mon goût, qui paraissait fort simpliste et j’ai eu cette sensation que je n’avançais pas dans l’histoire tant tout paraissait obscur et mal mis en scène, avec bien trop de répétitions sur les souffrances de certains personnages principaux, leurs haines, leurs obsessions.

À l’entrée du virage, le roadster manqua de perdre l’équilibre. Gabriel n’était plus en état de piloter. Sur le chemin du retour, la haine avait refait surface, sourde, incontrôlable…

D’habitude, trop obnubilé par ses démons, Gabriel ne s’associait jamais à la liesse collective ; il se contentait d’y puiser l’énergie de poursuivre son propre combat.

Mettre un seul neurone dans cette affaire risquait de l’emporter vers ses vieux démons.

Ses cheveux maintenant noués en queue-de-cheval dégageaient sa figure d’ange.

Les mèches de cheveux collées à sa peau dessinaient de fines arabesques.

Ses cheveux ruisselaient sur ses épaules.

Dommage que tout cela ait été amené de manière si malhabile. Là où le bât blesse de nouveau, c’est que, une fois de plus, le lecteur se trouve face à des flics torturés, au passé très lourd ou au caractère très entier qui donnent plus l’impression d’être des caricatures d’eux-mêmes que des personnages réalistes.

Pourtant, l’auteur est policier, il doit savoir de quoi il parle… Si ce genre de flics existent en vrai, je ne voudrais pas vivre dans leur tête. Et si un ancien SDF peut devenir policier, tant mieux pour sa réhabilitation, mais j’ai un peu coincé là-dessus.

Les parties suivantes sont plus intéressantes (après le chapitre 15), ça bouge, l’adrénaline monte, on entre mieux dans le vif du sujet et l’écriture me paraissait moins fade.

Même si on retrouve encore un peu trop de mots bateau tels que « démon(s) » pour qualifier le méchant de l’histoire, qui lui, est foiré tout à fait car il a encore moins de relief que les autres personnages, il débarque tel un cheveu dans la soupe et son portrait est tellement peu réaliste qu’il en deviendrait risible.

Albert Modéas descendit au compartiment machines. Ses pas claquaient dans l’escalier métallique comme les sabots d’un démon.

— Mes frères ! Nous avons passé ces dix dernières années à le chercher ! J’ai invoqué les démons, offert de nombreuses vies en sacrifice pour qu’il nous revienne !

— Il parle de morts et d’un démon dans la salle des machines. Ils le logeraient depuis deux jours.

Les Apprentis, c’était ainsi qu’ils s’appelaient, lui avaient révélé l’existence d’une force fabuleuse. Celle qui gouverne le monde. Un pouvoir capable de contrôler tous les pouvoirs.

Anybref, même si mon esprit cartésien a bloqué pour quelques trucs fantastiques mal abordés, j’ai tout de même ressenti le suspense dans le final, l’adrénaline a monté dans les derniers chapitres, mais je n’ai pas ressenti ce que je cherche dans un thriller : cette poussée qui vous donne envie de rester éveillée toute la nuit ou cette force qui vous empêche de poser le livre sur la table, cette puissance qui vous sort totalement de votre vie réelle pour vous emporter ailleurs.

Une lecture en demi-teinte, je m’attendais à mieux, la faute sans doute à une écriture un peu trop imagée, des répétitions sur les démons intérieurs ou extérieurs des personnages à ne plus en finir, des obsessions sur une ancienne affaire dont on ne saura pas plus, un Méchant mal travaillé, mal servi et des personnages pour lesquels je n’ai pas eu de grande empathie car pas assez explicités, sans reliefs, aux portraits trop lisses, trop habituels.

Pourtant, il y avait matière à faire un super thriller avec un pitch plus rare qu’est celui du livre tueur. L’idée était originale car différente de celle du roman de Umberto Eco et j’aime assez ce contexte du livre qui vous tue.

Les passages sur les sectes sont bien traités, même si je ne comprendrai jamais rien à cet endoctrinement et alors que nous avons des passages très simplistes, nous en avons d’autres avec de beaux moments d’écriture, avec des réflexions vraies, puissantes, le tout cohabitant comme si deux personnes avaient co-écrit le texte ou comme si l’écriture manquait encore de maturité car l’auteur se cherche et n’a pas encore défini son style à lui.

« Peut mieux faire car a du potentiel mais ne le développe pas correctement », comme pourrait écrire un prof sous un travail rendu par un élève prometteur mais qui doit s’améliorer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Cheval de guerre : Michael Morpurgo

Titre : Cheval de guerre

Auteur : Michael Morpurgo
Édition : Gallimard Jeunesse (2012)
Édition Originale : War Horse
Traducteur : André Dupuis

Résumé :
Une très belle histoire d’amitié, de sagesse et d’humanité. Joey le cheval de ferme, devenu cheval de guerre, en 1914, nous raconte son histoire, avec simplicité.

Témoin de la Grande Guerre, il va vivre l’horreur des combats auprès des Britanniques, des Allemands, ou du côté des Français.

Pour lui, les soldats, les paysans, les officiers, les vétérinaires ne sont pas des ennemis, mais des hommes, chez qui il rencontre la bonté comme la méchanceté.

Joey partage leurs souffrances et leurs peurs, et sait leur redonner de l’espoir.

Critique :
Cheval de guerre prenait les poussières depuis un certain temps : je voulais le lire, mais je n’osais pas.

Un cheval qui se retrouve dans la Grande Guerre, un jeune garçon qui aimait son cheval et qui le perd, trop dur pour mon petit coeur.

En ce qui concerne le film, c’est encore pire, je n’osais pas non plus le regarder pour ces mêmes raisons.

Maintenant que j’ai franchi le pas avec le roman, je vais me tourner vers le film, mais pas tout de suite.

Dans cette boucherie qui fut cette Grande Guerre, des hommes n’avaient pas demandé de la faire, et même ceux qui l’avaient souhaité, ont vite déchanté. Mais les animaux, eux, qu’est-ce qu’ils y comprennent aux conneries de quelques humains qui voulaient absolument en découdre ? Rien…

Le narrateur est Joey, le cheval et nous verrons sont arrivée dans la ferme du père d’Albert, son débourrage, l’amitié qui le lie au jeune garçon et son arrivée dans cette guerre atroce où les morts tombent comme des mouches sous les balles et les obus. Une cavalerie, face à des mitrailleuses, c’est du suicide !

Changeant une fois de plus de cavalier, passant des mains anglaises aux allemandes, ce cheval a bien mérité à un moment donné la croix de guerre donnée par un soldat allemand pour services rendus. Joey et Topthorn, son ami le cheval noir ont parfois eu plus de dignité et de courage que certains officiers.

Vous allez me dire qu’un récit narré par un cheval n’a aucune valeur, ce à quoi je vous répondrai que si, il a de la valeur, car le cheval, lui, il ne juge pas, il ne veut pas à tout pris prendre cette colline ou dézinguer les types dans la tranchée d’en face. Il est innocent lui, et on le transforme en bête de guerre.

Ce roman jeunesse est émouvant au possible et mes yeux se sont humidifiés car je me suis demandé ce qui se passerait si j’avais été à la place d’Albert et vu mes Louloutes à moi partir à la guerre.

Auraient-elles survécu ? Dans quel état seraient-elles revenues ? M’auraient-elles reconnues ? Senti le pantalon avec leurs naseaux soyeux comme habituellement ? Reniflé mes poches arrière dans l’espoir d’une carotte planquée là ? La plus jeune aurait-elle encore eu envie de me sortir le smartphone de la poche ?

J’ai mis du temps à sortir ce roman et je me dis que j’ai bien fait de profiter du Mois Anglais pour enfin prendre mon courage à deux mains afin de le lire. Il est sobre, profonde, bourré d’humanité, de courage, de gentillesse, mais aussi de dureté et de morts, tombés des deux côtés pour rien…

Dans ce roman, pas de manichéisme non plus : les Allemands ne sont pas présentés comme des barbares sans coeur et les Alliés des gentils soldats.

Non, ici, tout le monde patauge dans la même boue, dans la même merde, tout le monde crève sous le joug, hommes comme chevaux. Des enculés de pute de fils, il y en a des deux côté du No man’s land et des êtres humains sachant faire preuve de compassion aussi. Tous les Hommes sont les mêmes, pas de Bons d’un côté et de Méchants de l’autre.

Un très beau roman qui m’a pris à la gorge. Une vision de 14-18 différente, vue par les yeux d’un animal qui n’avait rien demandé.

PS : je me console en me disant que les chevaux ne sont plus utilisés à la guerre et qu’en cas où ça reviendrait, les soldats auraient beau faire entre une Louloute qui ne pense qu’à son ventre (et donc à manger en tout lieu) et une autre Louloute qui confond la moindre étendue d’herbe plane avec la ligne droite d’un champ de course… Sûr qu’on perdrait la guerre avec deux cas pareils !

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Les enquêtes d’Alfred et Agatha – Tome 02 – Qu’est-il arrivé à Snouty Jones ? : Ana Campoy

Titre : Les enquêtes d’Alfred et Agatha – Tome 02 – Qu’est-il arrivé à Snouty Jones ?

Auteur : Ana Campoy
Édition : Bayard Jeunesse (2016)
Édition Originale : Las aventuras de Alfred & Agatha – Tomo 2 – El chelín de plata (2011)
Traducteur : Martine Desoille

Résumé :
En récompense pour ses bonnes notes, Alfred reçoit un shilling en argent de la part de son père. Tout fier, il va chez Agatha pour le lui montrer.

Son amie en profite pour lui présenter son voisin, l’écrivain Sir Arthur Conan Doyle, auteur de romans policiers et créateur du célèbre Sherlock Holmes. Alfred est enchanté par cette rencontre.

Mais il se querelle avec Snouty Jones, la chienne à deux queues d’Agatha car elle a mordillé son précieux shilling.

Le lendemain, alors qu’il décide d’aller faire la paix avec la petite chienne, Hercule, le majordome des Miller, vient lui annoncer une affreuse nouvelle : Snouty Jones a disparu !Agatha est convaincue qu’elle a été enlevée….

Critique :
Je n’irai pas par quatre chemins, ces romans sont vraiment fait pour les plus jeunes et je n’y ai toujours pas trouvé matière à plaisir dans leurs enquêtes.

Pour les plus jeunes, c’est sans doute génial, amusant, mais pour une vieille habituée telle que moi, la résolution arrive un peu trop vite, trop facilement et j’en suis toujours à me demander si celui qui a enlevé Snouty Jones avait bien un cerveau parce que vu ce qu’il voulait qu’elle accomplisse, c’était du suicide !

La seule chose que j’ai apprécié, au cours de cette lecture rapide, c’était la rencontre avec Conan Doyle, voisin d’Agatha (future Christie). Alfred (futur Hitchcock) en a été subjugué.

Là, je me suis régalée et j’ai aimé la manière d’amener son futur roman d’après chute de Holmes grâce à l’enquête de nos deux futures célébrités.

Vous remarquerez sans doute la différence entre les personnages dessinés sur la couverture de l’édition espagnole et la française.

Sur l’espagnole, les deux enquêteurs en herbe ont l’air d’avoir 8/10 ans alors que sur l’autre, on dirait des ados de 16 ans. Et je ne vous parle même pas de la représentation du chien !!

Pour ce qui est de la résolution, j’avais déjà compris qui était l’auteur du kidnapping et ma foi, ce n’était pas compliqué tant il y avait peu de suspect.

Le final arrive très vite, un peu trop exagéré au niveau du méchant sans cervelle et de ce qu’il voulait que Snouty accomplisse.

Bon, je pense que je vais arrêter les frais ici.

Pour les jeunes, c’est le genre de lecture qui plaira. Moi, en tant qu’adulte, ce roman n’a pas réveillé mon âme d’enfant, là où d’autres y arrivent. Dommage.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Les enquêtes d’Alfred et Agatha – Tome 1 – L’affaire des oiseaux : Ana Campoy

Titre : Les enquêtes d’Alfred et Agatha – Tome 1 – L’affaire des oiseaux

Auteur : Ana Campoy (auteure espagnole)
Édition : Bayard Jeunesse (01/10/2015)

Résumé :
Si Alfred Hitchcock et Agatha Christie s’étaient rencontrés lorsqu’ils étaient enfants, quelles aventures auraient-ils pu vivre ensemble ?

Après avoir fait atterrir un avion de sa fabrication sur la perruque du poissonnier, le jeune Alfred se retrouve en prison, pour une nuit. Il y fait la connaissance d’un détenu, Victor. Le jeune homme clame son innocence et supplie Alfred d’aller demander de l’aide à Agatha Miller.

Dès sa sortie, le garçon se rend à l’adresse indiquée par Victor. Quelle n’est pas sa surprise de découvrir qu’Agatha a 10 ans, comme lui ! Et la fillette, qui a monté une agence de détectives, lui apprend que Victor, le jardinier ses riches voisins, est accusé de leur avoir volé des objets de valeur : des oiseaux en or, ornés de pierres précieuses…

Critique :
Si Alfred Hitchcock et Agatha Christie s’étaient rencontrés lorsqu’ils étaient enfants, quelles aventures auraient-ils pu vivre ensemble ?

Et bien maintenant, je sais quelles genres d’aventures ils auraient pu vivre, ces deux monstres, ces deux génies, ces maîtres du genre policier et du suspense à couper au couteau.

Vu qu’ils sont jeunes et que nous sommes dans de la littérature jeunesse, nous n’auront pas droit à une île où les convives disparaissent l’un après l’autre, ni à une scène avec un rideau de douche et une musique qui augmente le rythme cardiaque.

Sans révolutionner le genre des jeunes qui enquêtent (je suis blindée, j’ai lu toutes les aventures du Club Des Cinq en son temps), l’auteur nous propose néanmoins un roman qui plaira aux plus jeunes et qui reposera l’esprit des plus grands.

Non, ceci n’est pas le polar du siècle, ni même de l’année, encore moins du mois, ou de la journée, mais il se lit très vite, les doigts de pieds en éventail dans son fauteuil de jardin, un mojito à la main.

Le livre sera terminé que votre glace pillée n’aura pas encore entièrement fondu, c’est vous dire si ça se lit vite.

Évidemment, comme dans tout bon livre avec des jeunes qui mènent l’enquête, tout va toujours pour le mieux, même dans les pires situations, ils arrivent à résoudre des trucs que même la police n’y était pas arrivée, se sortent de toutes les pires situations, mais bon, souriez, c’est de la fiction pour les jeunes.

Par contre, il y a tout de même une incohérence avec ce qu’il se passe dans la volière, la nuit… Celui qui y pénètre se fait attaquer par les oiseaux. Hors, s’il y a une chose que je sais, c’est que la nuit, les oiseaux, ça dort !! La nuit, un oiseau, ça ne vole pas, et ça sait encore moins viser un humain pour l’agresser, sauf si la volière était remplie de rapaces nocturnes, mais ce n’était pas le cas.

En tout cas, ça donnera sans doute des idées de films au petit Alfred !

Anybref, même si on ne révolutionne pas le genre, ça se laisse lire avec l’esprit apaisé, tranquille, ça repose la tête après des nouvelles peu réjouissantes, tristes, commises par des imbéciles, ça peut aussi vous détendre après des romans particulièrement lourds ou oppressants.

Un agréable petit moment de détente avec deux personnages attachants, que tout oppose puisque si Alfred vit dans l’East End, Agatha, elle, vit dans une belle maison de riches, mais dont la soif de résoudre des mystères va faire naître une belle amitié.

Un chouette petit roman jeunesse qui met à l’honneur deux grandes figures anglaises, qu’elles soient de la littérature ou du cinéma et dont quelques clins d’œil à leurs ouvres sont disséminés dans les pages, avec une note en fin d’ouvrage pour celui qui les aurait loupé.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge du « Mois Espagnol » chez Sharon (Mai 2017).

Watership Down : Richard Adams

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Titre : Watership Down

Auteur : Richard Adams
Édition : Monsieur Toussaint Louverture (2016)
Date de publication originale : Novembre 1972

Résumé :
C’est dans les fourrés de collines verdoyantes et idylliques que se terrent parfois les plus terrifiantes menaces. C’est là aussi que va se dérouler cette vibrante odyssée de courage, de loyauté et de survie.

Menés par le valeureux Hazel et le surprenant Fyveer, une poignée de braves choisit de fuir l’inéluctable destruction de leur foyer. Prémonitions, malices et légendes vont guider ces héros face aux mille ennemis qui les guettent, et leur permettront peut-être de franchir les épreuves qui les séparent de leur terre promise, Watership Down. Mais l’aventure s’arrêtera-t-elle vraiment là ?

waterCritique :
Mais que voilà un excellent roman d’aventure, une quête qui s’apparente à celle d’un Ulysse ou d’une Communauté de l’Anneau, sauf que dans ce cas-ci, ce sont des lapins qui en sont les héros !

Non, je vous rassure de suite, je n’ai pas fumé le kilo de basilic ou bu mon stock de bière trappiste Westvleteren !

On pourrait se demande ce qu’il y a de passionnant ou de captivant à suivre une dizaine de lapins qui ont fui leur garenne à cause de la prémonition de l’un d’eux, mais je vous jure que tous les ingrédients de la Grande Aventure sont réunis et que nos lapins sont aussi bien travaillés que si c’était des humains.

544 pages d’aventures, de péripéties, de dangers, d’amitié, et de découvertes de différentes garenne…

Et ces garennes, elles ont rudement un air de nos différentes sociétés ! Que se soit la dictature d’un tyran lapin, que se soit des lapins qui ont le ventre plein mais qui sont résignés ou des lapins de clapier, tout y est bien expliqué et différencié.

Nos héros lapins sont eux aussi bien différenciés, entre le timoré, le bagarreur, le conteur, le calme, le rigolo, le visionnaire ou celui qui devient un héros sans le vouloir, leur portrait est complet et ils sont tous attachants.

Oui, j’ai tremblé durant leur périple jusque la terre promise de Watership Down et tremblé lors de leur quête de hases pour peupler leur nouvelle garenne. Il y avait du suspense, des bagarres, des temps forts, des tensions, de la sueur au bout de mes mains.

L’auteur a aussi pris le temps aussi de développer toute une culture autour de nos lapins, leurs contes, leurs légendes, leur vision de la création du monde, leurs habitudes, leurs moeurs, leur langage particulier, dont le récit est truffé de mots inconnus dont on comprend vite le sens sans devoir aller dans le lexique…

Pour les lapins, fu inlè désigne le moment qui suit le lever de la lune.

Plusieurs d’entre eux étaient presque sfar – c’est l’état qui s’empare d’eux lorsque, paralysés par la peur ou l’épuisement, ils se figent, pétrifiés, les yeux rivés sur le vilou qui s’approche pour leur ôter la vie.

Lire les histoires de Shraavilshâ, le lapin malin de leurs légendes, fut un vrai plaisir. Assurément, le lapin Dandélion est un excellent conteur !

Shraar-Vilou-Shâ, ou Shraavilshâ – le « Prince-aux-mille-ennemis » –, est pour les lapins un héros mythique, malin, l’indécrottable défenseur des opprimés. L’ingénieux Ulysse en personne lui a peut-être même emprunté quelques-uns de ses tours, car Shraavilshâ est très vieux et jamais à court d’imagination pour tromper ses adversaires.

J’ai passé un excellent moment de lecture avec les aventures de Hazel, Fyveer, Bigwig, Dandelion, Silvère, Rubus, Pipkyn, Rahmnus, Spidwil et Akraan. Puis des autres lapins qui se joignirent à eux.

Pour les lapins, tout ce qui est inconnu est dangereux. Leur premier réflexe est de sursauter, le second, de déguerpir.

Une grande épopée où l’Homme s’en prend plein la gueule avec sa manie de tout détruire, son irrespect pour la Nature et ses animaux, une vision réaliste de la société des lapins (si vous en avez eu, vous savez que ce sont de grands couillons), des aventures lapinesques souvent violentes et cruelles, un grand voyage, une quête, de l’amitié, de la bravoure, de  l’intelligence et de la malice de lapin.

Un superbe roman ou la belette est un vilou, l’ennemi des lapins !

Étoile 4,5

« A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017) et le Challenge British Mysteries chez My Lou Book.

BILAN - Coup de coeur

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