Blueberry – Tome 22 – Le bout de la Piste : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 22 – Le bout de la Piste

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Éditions : Novedi (1986) / Dupuis (1992) / Dargaud (2003)

Résumé :
Blueberry contacte le géneral Dodge pour qu’il plaide sa cause auprès du président Grant. Il a avec lui toutes les preuves de son innocence dans l’affaire du trésor des confédérés, mais il refuse de se livrer et de laisser faire la justice.

Il lui faut retrouver les véritables conspirateurs qui ont essayé de tuer Grant et sa piste remonte à Kelly, le directeur du penitencier où Blueberry était détenu.

Le Bout de la piste est le vingt-deuxième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario), Jean Giraud (dessin) et Janet Gale (couleurs).

Publié pour la première fois en 1986, c’est le dernier album du cycle de La Réhabilitation de Blueberry (deux tomes).

Critique :
Blueberry, comme le lecteur, arrive au bout de la piste d’un récit commencé 9 albums plus tôt dans « Chihuahua Pearl » (tome 13).

Ça fait long la tentative de réhabilitation, même si, depuis le tome 13, Blueberry a vécu des aventures pour 1.000 vies.

Il devait aussi se blanchir de deux actes d’accusation graves : le vol du trésor des Confédérés et la tentative d’assassinat du président Grant.

Si l’album précédent (La dernière carte) n’était pas au top au niveau du scénario et des couleurs, celui-ci renoue avec les grandes heures de Blueberry et les auteurs nous offrent un festival d’action, de suspense et de complot pour terminer ce cycle ainsi que clore toutes les anciennes affaires qui pendaient au cul de notre lieutenant.

Cela avait beau être ma 36ème relecture, il n’en reste pas moins que j’ai eu de belles surprises car j’avais oublié le nom du comploteur en chef et de celui qui le secondait, comme quoi, perdre la mémoire, ça a du bon aussi, on redécouvre l’histoire avec des yeux neufs.

Petit coup de blues car ce tome signe aussi la fin des aventures de Blueberry pour moi puisque les albums suivants ne font pas partie de mes préférés.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°84] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 21 – La dernière carte : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 21 – La dernière carte

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Éditions : Hachette (1983) / Dupuis (1992) / Dargaud (2003)

Résumé :
Blueberry, Red Neck et MacClure sont à Chihuahua parce que, selon Blueberry, c’est le seul endroit où il ait une chance de retrouver Vigo.

Ce dernier aurait en effet en sa possession un document concernant le vol du trésor de guerre sudiste. Ce qui innocenterait Blueberry.

Publié pour la première fois en 1983, c’est le premier album du cycle de La Réhabilitation de Blueberry (deux tomes).

Critique :
Cela fait quelques albums que Blueberry ne porte plus l’uniforme des Tuniques Bleues et qu’il court partout dans le but de prouver son innocence dans plusieurs sales affaires qui lui pendent au cul (Hors-la-loi).

Déjà qu’on l’accuse de tentative d’assassinat sur le président Grant, mais en plus, il y a toujours la vieille affaire du trésor de guerre des Confédérés qui a disparu alors qu’il devait le ramener.

Il est plus que temps qu’on le réhabilite, le Blueberry et qu’on lui offre une médaille !

Cet album est moins bon que les précédents, pour plusieurs choses : les couleurs sont horribles, criardes, pas agréable pour les yeux. Certains encrages sont trop légers, comme si on avait oublié de repasser un coup dessus et le scénario est mal équilibré.

Alors que ça traîne un peu en longueur au départ, le final est précipité. Entre les deux, c’est le remake de la grande évasion, sans moto et sans plan foireux de la 7ème compagnie. Bien que le coup des matelas n’était pas si mal trouvé… (mdr)

Le Mexique change de dirigeants comme de chemise et les coups d’état sont nombreux. Aujourd’hui, Vigo est gouverneur de l’État de Chichuahua, mais demain ? Ou dans une heure ? En tout cas, le hasard fait toujours bien les choses et c’est tant mieux pour que nous puissions continuer de lire les aventures de Blueberry.

Je déplorerai aussi que le bandit de l’album, El Tigre, soit aussi fin que le papier d’une cigarette, l’auteur n’ayant pas pris la peine de lui donner de l’épaisseur. Mais comme je le disais, on démarre lentement, comme un vieux diesel et ensuite on fonce pour boucler l’album qui est un 46 planches.

Pour une fois, voilà un album qui n’arrive pas à la cheville des autres, aussi bien au niveau des dessins, que du scénario et que des couleurs. Carton plein dans la demi-teinte, comme si les auteurs avaient eu d’autres occupations et que Blueberry en avait pâti.

Malgré tout, ça reste un album que j’ai pris plaisir à relire, mais il manque de professionnalisme et c’est bien dommage.

Il ne me reste plus qu’un seul tome à relire du cycle de la Réhabilitation de Blueberry et je pourrai dormir sur mes deux oreilles quand mon lieutenant préféré aura réussi à blanchir sa réputation, à défaut de domestiquer sa chevelure ou son caractère de cochon.

Oui, c’est ma 36.000ème relecture mais malgré tout, je vibre toujours pour lui et je m’inquiète aussi… C’est ce qui prouve le talent du scénariste Jean-Michel Charlier car les relectures n’entament jamais le suspense et mes angoisses.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°82] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 20 – La tribu fantôme : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 20 – La tribu fantôme

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Éditions : Hachette (1982) / Dupuis Repérages (1992) / Dargaud (2003)

Résumé :
Blueberry a réussi à s’évader avec la complicité de Mc Clure, Red Neck, Chihuahua Pearl et des Navajos, dont Vittorio, leur chef, et Chini, la fille de Cochise.

C’est envers ces derniers que Blueberry a une dette: en effet, Cochise et les anciens végètent toujours dans la réserve que leur ont laissé les soldats Américains, et les rigueurs de l’hiver approchent.

Sortir de la réserve n’est pas un problème, mais survivre clandestinement pour rallier la frontière Mexicaine tout en échappant à l’armée des États-Unis, voilà le nouveau challenge que va relever le Lieutenant Blueberry, et la tribu de Cochise va sembler se volatiliser dans la nature, ce qui lui vaudra bien le nom de « Tribu Fantôme »…

Publié pour la première fois en 1982, c’est le dernier album du cycle de « Blueberry fugitif » (trois tomes).

Critique :
Voilà un album que j’apprécie particulièrement car ici, les Indiens vont tenir la dragée haute aux militaires Blancs qui vont les chercher comme dans une partie géante de cache-cache.

Après les massacres gratuits dans « Tête jaune » ou la mise en réserve, qui a tout d’un mouroir, des Navajos, dans l’album précédent, on rétablit un semblant d’équilibre qui fait du bien au moral.

Vittorio n’est pas un égoïste, son peuple crève dans cette putain de réserve qui est torride en été et polaire en l’hiver, ce qui cause moult décès et des famines chez les Navajos, qui, pour la plupart, sont des femmes, des enfants et des vieillards.

L’Homme Blanc serait fichu le camp, laissant son peuple se démerder, pas chez les Indiens. La mentalité n’est pas la même et on le ressent une fois de plus dans cet album dont les couleurs sont dans des tons sables.

Mais pour libérer et évacuer les siens qui sont sous les yeux des Longs Couteaux, va falloir plus que ruser et c’est là que Blueberry va faire la différence, lui qui connait tous les codes, les us et coutumes des Blancs, ainsi que leur manière de réfléchir.

Cet album est bourré de suspense car dans cette partie de cache-cache géante, la défaite signifie la mort pour les Navajos. Même la fuite sera synonyme de mort pour certains des plus âgés qui ne pourront fuir et qui se sacrifieront pour que les autres survivent.

Blueberry est un stratège hors pair et avec l’aide de ses deux bras gauches que sont  Mc Clure et Red Neck, il va réussir à brouiller les pistes et à niquer les Tuniques Bleues de manière brillante.

Un vingtième album qui, comme d’habitude, a un excellent scénario, du suspense, du mystère, une chasse à l’Homme Rouge qui va réunir bien des hommes prêt à tout pour les anéantir, oubliant que les Indiens ont le sens du sacrifice pour sauver les leurs, de la ruse et Blueberry !

Maintenant que Blueberry a encore accompli une mission impossible, il serait temps de penser à sa réhabilitation chez les Tuniques Bleues…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°77] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 19 – La longue marche : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 19 – La longue marche

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Fleurus (1980) / Hachette (1982) / Dupuis (1992) / Dargaud (2003-2013)

Résumé :
Le lieutenant Blueberry est emprisonné à Fort Bowie (Arizona). Une escorte s’apprête à l’emmener à la plus proche station de chemin de fer. Il doit en effet être jugé à Durango pour vol, évasion, haute trahison et tentative d’assassinat sur la personne du président des États-Unis.

Mais c’est peut être sans compter sur Red Neck et Mac Clure, fidèles amis de Blueberry, qui vont tout tenter pour le faire évader.

D’autres alliés avancent aussi dans l’ombre : Chini, la jolie fille de Cochise, et un groupe de Navajos emmenés par Vittorio.

Dix-neuvième album de la série de bande dessinée Blueberry, publié pour la première fois en 1980, c’est le deuxième album du cycle de Blueberry fugitif (trois tomes). Le titre est une allusion à la longue marche des Navajos survenue en 1864.

Critique :
J’avais relu « Nez-Cassé » il y a deux ans et je n’avais pas eu le temps de continuer le cycle « Blueberry fugitif », ce qui était une grave erreur de ma part puisqu’il est excellent (mais bon, je l’ai déjà relu au moins 36 fois).

Pour ne pas changer, Blueberry est dans une merde pas possible. Là, on l’accuse d’avoir tenté d’assassiner le président, rien que ça.

Jamais de sa vie Blueberry ne sera pris au sérieux quand il clame son innocence. Et jamais il n’aura une aventure pépère sans coups fourrés qui le mettent à mal vis-à-vis de la hiérarchie.

Cet album, qui n’a pas été édité chez Dargaud (je ne sais pas pourquoi) possède une fois de plus un scénario béton, avec de l’action, du suspense, le retour des Navajos chez qui Blueberry s’était réfugié dans le tome précédent et une évasion de dingue, orchestrée par ses deux compères Red Neck et Mac Clure.

Et quand ces deux là montent un plan d’évasion, c’est vachement plus réfléchi que les plans foireux d’évasion dans « La 7ème compagnie ». Ici, au moins, aucun con ne fera sauter de ponts…

Autant les personnages Blancs ne savent pas reconnaître leurs erreurs dans les Blueberry, autant l’Homme Rouge sait battre sa coulpe et admettre que Blueberry avait raison.

— La ruine de mon peuple a enfin ouvert les yeux de Vittorio, aveuglé par la soif de gloire ! Seul le plan de Tsi-Na-Pah était sage ! En le refusant, moi Vittorio ai provoqué la mort inutile de beaucoup de braves… J’ai dit !

Les dessins de Giraud sont toujours fidèles à eux-mêmes et les cases débordent de détails, de plans larges, de visages en gros plan. Les décors sont toujours majestueux et on ressent bien tout le poids des paysages naturels des États-Unis.

Blueberry est toujours un grand stratège, il pense comme un Blanc, ce qui aide bien les Indiens qui eux ne penseraient pas à certains détails. Notre lieutenant est un joueur de poker, le bluff, il connait, et certains vont en faire l’amère démonstration.

Ce dix-neuvième tome se recentre sur les Indiens, comme le précédent et les met en avant d’une manière intelligence, réaliste. On est loin des emplumés un peu crétins de Lucky Luke ou d’autres bédés, films, séries. Les auteurs ont rendu à César ce qui était à César et aux Indiens ce qui étaient à eux.

C’est aussi l’occasion de dénoncer le système des réserves qui parquaient les Indiens dans des coins hostiles, où on se les gèle en hiver (on ne leur donne pas assez de couvertures) et où on se liquéfie en été, sous le soleil infernal. Le tout sans recevoir assez de nourriture…

Et l’Homme Blanc, les militaires, estiment que le Rouge doit se taire car c’est déjà bien qu’on lui donne ces terres arides. Bref, belle mentalité que nous avons là.

Comme toujours, Blueberry ne m’a jamais déçu, ni au niveau du personnage, ni au niveau du scénario, des décors, des personnages secondaires… Tout est bien pensé, pesé, c’est taillé au millimètre et, last but not least, nous recroisons la route de certaines personnalités marquantes du cycle.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°66] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

Blueberry – Tome 10 – Général « tête jaune » : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 10 – Général « tête jaune »

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1971)

Résumé :
Malgré la promesse de Blueberry faite à Sitting Bull, le général Allister dit « Tête Jaune » compte bel et bien mener campagne contre les Sioux et les Cheyennes dans l’hiver des Collines Noires.

Publié en 1971, c’est le dernier du cycle du cheval de fer (quatre tomes)

Critique :
Higway to hell…

En référence à la chanson de AC/DC et au « GO TO HELL ! » expédié par le général Allister à Blueberry qui lui répondra, avec cynisme : « Nous y sommes déjà, sir ».

S’ils n’étaient pas sur une autoroute (anachronisme) c’était vraiment le chemin pour l’enfer que le 7ème de cavalerie a emprunté.

Cet album, je déteste le relire. Attention, n’allez pas croire que Charlier ait loupé son scénario, que du contraire, il est très bon, c’est juste que cet album est terrible…

Dans le tome précédent, Blueberry avait obtenu un armistice avec les Sioux, donnant sa parole (et le général Dodge aussi) pour que de vraies négociations aient lieu, promettant que les camps d’hiver ne seraient pas attaqué par les Longs-Couteaux alors que les guerriers étaient à la chasse.

Le général Allister, mourant d’envie de s’illustrer quelque part et n’ayant pas eu l’occasion durant la guerre de Sécession, décide d’aller « casser du sioux » afin repousser définitivement la menace.

Blueberry est enrôlé de force et forcé d’assister à la chronique d’un massacre annoncé, des deux côtés.

Steelfingers avait décroché la palme du méchant le plus machiavélique, sadique du la saga, mais Allister décrochera celle du plus entêté, du plus menteur, du plus enragé, de la plus mauvaise fois et de celui qui manque, finalement, de cou…rage (restons polie).

Le général Allister, qui a un peu des airs de Custer, on aurait envie de lui faire subir le supplice des fourmis rouges, de le pendre, de l’écarteler, de le guillotiner, de le brûler, de le découper en morceaux et de les jeter aux quatre vents après l’avoir fait piétiner par un troupeau de bisons en furie.

Ce général de MesDeux rêve d’honneur mais s’attaque, en traître, à un camp rempli de femmes, d’enfants, de vieillards et de quelques guerriers. Facile… Mais les Indiens sont cent fois plus brillants que lui.

Allister est un salopard qui n’hésite pas à sacrifier ses propres soldats, sans leur dire, bien entendu, leur demandant de tenir la passe et en ne respectant pas sa parole de venir les secourir. Un salopard, je me tue à vous le dire !

Et je râlerai toujours car, à la fin de l’album, il n’est même pas puni, pas de justice pour lui et ce fils de sa mère n’a même pas de conscience, pas de cœur non plus et encore moins de cou… rage (restons polie, restons polie, c’est un sans couilles).

Les dessins illustrent bien les combats, la difficulté de chevaucher dans la neige, les paysages magnifiques des Black Hills qui nous entourent et que nous ne savourons pas tant le récit est haletant, bourré de suspense, de violences, de combats, des ruses de Blueberry pour tenter de sauver le régiment qui, sans lui, aurait péri en entier.

Cet album est glaçant jusqu’à la moelle car ce genre d’individu a existé. Non pas Allister en tant que tel, mais des militaires comme lui, entêté jusqu’au boutisme, prêt à faire mourir tout le monde pour s’en sortir lui, prêt à entraîner son régiment dans sa folie, à la poursuite de ses chimères, tel un capitaine Achab pourchassant Moby Dick sans aucun discernement et n’écoutant pas la voix de la raison qui est celle de Blueberry.

Un tel personnage est intemporel et tous les pays peuvent se targuer d’en avoir eu un à la tête d’un groupe armé, tuant des gens désarmés.

Une fois de plus, encore un album relevé pour le duo Charlier/Giraud, les deux maestros aux commandes de cette série qui ne vieillit pas, qui est intemporelle, elle aussi, car les sujets traités sont toujours d’actualité : génocides, guerres, spoliations, racisme, magouilles, gaspillage des ressources naturelles, recherche du pouvoir, recherche des honneurs à n’importe quel prix, mensonges, traîtrises et j’en oublie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°63] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 09 – La piste des Sioux : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 09 – La piste des Sioux

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1971)

Résumé :
Capturé par les indiens, Blueberry est torturé afin qu’il livre l’endroit où l’argent de l’Union Pacific a été enterré. Plus il tiendra, plus la résistance aura le temps de se préparer.

Critique :
Blueberry, c’est LE mec qui chope toutes les emmerdes possibles et inimaginables à cent kilomètres à la ronde !

La preuve une fois de plus avec cet album où il se sort d’un guêpier pour retomber dans un autre, puis un autre… La poisse est son amie.

Blueberry, c’est aussi l’Histoire de l’Ouest de manière plus réaliste que Lucky Luke ou Jerry Spring, plus violente, aussi.

Les dessins de Giraud sont toujours des petits bijoux, remplis de détails et les décors ne sont pas négligés.

Dans ce tome, Blueberry ne va pas se reposer, ses deux amis Red Neck et MacClure non plus. Que ferait notre lieutenant sans eux ? Parfois ça lui ferait moins d’ennuis…

Ce tome emprunte une voie plus positive puisque la langue droite de Blueberry et celle du Général Dodge promettent aux Indiens de ne pas aller massacrer leurs femmes et papooses lorsqu’ils seront à la chasse au bison.

Enfin, se dit-on, du happy end dans l’air avec l’arrêt des massacres d’Indiens… Et puis saloperie, on voit apparaître cet enfoiré d’enfant de pute de Général Allister, un salopard qui râle de ne pas avoir de décorations durant la guerre civile et qui pense qu’un bon Indien est un Indien mort et que la parole de Dodge, il va se torcher avec.

Steelfingers était un salopard fini et Allister peut aller lui donner la main.

Une fois de plus, un excellent tome des aventures de Blueberry mais qui annonce avec horreur le tome suivant, que je déteste, que je crains de relire car le Général Allister est un bel enfant de salaud d’assassin, une couille molle qui s’attaque au plus faibles afin de faire mousser.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°57] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 08 – L’homme au poing d’acier : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 08 – L’homme au poing d’acier

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1974)

Résumé :
Le général Dodge est certain que parmi ses proches, se terre un espion empêchant le chantier de l’Union Pacific de progresser. Il charge Blueberry de le débusquer.

Critique :
James Bond avait pour ennemi Jaws, l’homme à la mâchoire d’acier et Blueberry a Jethro Steelfingers, l’homme au poing d’acier.

Et Steelfingers est cent fois plus méchant et machiavélique que Jaws (qui fait chaton à côté).

L’histoire continue et elle monte en intensité : le camp est entouré d’Indiens sur le sentier de la guerre, tout ça à cause des exactions que Steelfingers a faites pour favoriser la compagnie de chemin de fer pour laquelle il travaille vraiment, à savoir,  la Central Pacific.

Blueberry va-t-il arriver à sauver tout le monde ou va-t-il se foutre un peu plus dans la merde ? Si on connait le personnage, on a déjà la réponse… Si Lucky Luke triomphe toujours, on sait qu’il n’en est rien dans la réalité et les auteurs n’ont jamais épargné notre lieutenant à la barbe mal rasée.

Dans cet album, tous les sales coups sous la ceinture sont permis pour faire échouer la ligne de chemin de fer de l’Union Pacific car il y a un marché à rafler et quand il s’agit de business, tous les coups de pute sont permis.

Les dessins de Giraud sont toujours superbes, foisonnants de détails sur la vie en ces temps-là et les décors sont grandeurs nature.

Le scénario n’est pas à la ramasse avec Charlier et Steelfingers continue dans les saloperies à faire pour foutre le bordel, ment comme il respire, manipule tout le monde… Au rayon des Méchants, il est tête de gondole !

Pas de temps mort, de l’action, du suspense, des emmerdes comme s’il en pleuvait pour Blueberry et ses deux acolytes, Red Neck et Jimmy MacClure (que j’adore) pendant que le camp du chemin de fer est assiégé.

Rien à redire, Blueberry, c’est de la toute bonne came western !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°54] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 07 – Le cheval de fer : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 07 – Le cheval de fer

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1986)

Résumé :
Une compagnie voulant construire une ligne de chemin de fer traversant le pays est confrontée à la menace des tribus Sioux et Cheyenne.

Critique :
Ça ne vous dit rien, cette histoire de deux compagnies de train rivales, d’un côté l’Union Pacific et de l’autre, la Central Pacific, qui se sont lancées dans un gigantesque chantier : relier l’ouest à l’Est en train !

Pour cela, il faut construire par une voie ferrée d’un côté à l’autre du pays.

Mais oui, c’est l’album 9 de Lucky Luke : Des rails sur la prairie !

Sauf que ne sommes pas chez le héros qui tire plus vite que son ombre mais chez Blueberry et que lui, sa spécialité, c’est se foutre dans les emmerdes jusqu’au cou !

L’Union Pacific est dirigée par le général Dodge (celui qui cassa la nez de Blueberry dans « Double jeu ») et il fait appel à Blueberry car le général craint les attaques que pourraient mener les Cheyennes et les Sioux car ils se préparent à entrer sur leurs territoires de chasse.

C’est un album aux dessins superbes de Giraud foisonne de détails de ce qu’était la vie en ce temps-là (1866) lors de la construction d’une voie de chemin de fer de cette ampleur : saloons, tripots, prostituées, travailleurs dépensant leur solde en alcool et haine du Peau-Rouge.

Le scénario n’est pas en reste avec Charlier qui développe une histoire aux ramifications politiques et qui n’auraient pas déplu à Machiavel puisque Jethro Steelfingers divise pour faire régner puisqu’il roule pour la concurrence, à savoir, la Central Pacific (mais personne ne le sait).

La propagande est une fois de plus aux avants postes et comme d’autres l’ont fait avant lui et après lui, les fauteurs de troubles agissent dans l’ombre pour que les Indiens croient que ce sont les hommes du rail qui ont fait fuir les troupeaux de bisons et massacré leurs femmes et papoose dans leurs camps.

La colère gronde et les hommes du chemin de fer veulent bouffer du Rouge car le racisme est lui aussi de la partie. L’Homme Blanc a la langue fourchue comme celle du serpent et ils ont beau avoir touché la plume, les Blancs ne respectent pas ensuite leurs propres traités, méprisant les Indiens et remangeant leur parole.

Plus sombre et moins drôle que la version de Morris (Lucky Luke), les auteurs ont au moins le mérite de ne pas jouer sur les clichés concernant les Indiens en les transformant en alcooliques un peu benêts.

Les dessins sont réalistes et on a de quoi s’occuper avec les dialogues ou les explications de Charlier qui prend le temps de planter son décor et de nous raconter l’Histoire.

À noter que cet album est le premier d’un nouveau cycle qui en comptera 4 et que notre lieutenant Blueberry va encore cumuler les emmerdes plus vite que Jimmy MacClure ne collectionne les cuites au whisky !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°44]et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Les énigmes d’Aurel le Consul – 01 – Le suspendu de Conakry : Jean-Christophe Rufin

Titre : Les énigmes d’Aurel le Consul – 01 – Le suspendu de Conakry

Auteur : Jean-Christophe Rufin
Édition : Flammarion (2018) / Folio (2019)

Résumé :
Un riche français est retrouvé assassiné, pendu par un pied au mât de son voilier dans la marina de Conakry. Tout accuse la jeune Africaine qui vit avec lui sur le bateau. Mais Aurel se met sur la piste du meurtrier et découvre une toute autre affaire.

Avec l’aide de la soeur du défunt, débarquée de France pour reconnaître le corps, il commence à assembler les pièces du puzzle.

Et, sur les pas d’Aurel on découvre en la personne du défunt un homme complexe qui, à l’image du Lord Jim de Conrad, a vu le destin lui donner l’occasion de racheter ses faiblesses passées…

Jean-Christophe Rufin, sur un mode volontiers humoristique et avec un sens consommé du récit, nous entraîne à la suite de son étonnant enquêteur, à la découverte des coulisses du travail diplomatique et d’une Afrique inattendue, sur fond de trafic de cocaïne.

Avec Aurel Timescu, il crée une figure qui pourrait nous devenir bientôt aussi familière, dans des contextes bien différents, de celles d’Hercule Poirot ou de Jules Maigret.

Critique :
Un peu de fraîcheur, ça fait du bien, même si elle n’est que littéraire et ça ne change rien à la canicule qui sévit.

Mais la fraîcheur était aussi de mise après des lectures plus éprouvantes, plus sombres.

Toute la saveur de ce roman policier tient dans son personnage principal : Aurel Timescu.

Aurel est un Roumain qui a connu les années de Ceaușescu, qui est arrivé en France, a connu des galères avant de pouvoir entrer au Quai d’Orsay et le voilà devenu Consul de France.

Mais quel consul… Il a une dégaine qui vaut le déplacement avec son style années 30 et son pardessus alors qu’il est en Guinée et qu’il y fait chaud. Son boulot, c’est de ne rien faire, de rester dans son placard où il n’a accès ni à un PC, ni à Internet, ni même à un téléphone. Il traîne une réputation épouvantable et personne ne veut de lui.

Le problème, comme toujours, c’était l’accent. Avec sa voix qui déraillait, ses « r » roulés et ses intonations de paysan du Danube, Aurel savait qu’il était difficile de se présenter à un inconnu au téléphone sous le titre « consul de France ». Cela sentait le canular et on lui avait plusieurs fois raccroché au nez.

Pourtant, Aurel a des passions… Le vin blanc (le Tokay), le piano et les enquêtes criminelles ! Alors, quand on retrouve un Français mort et pendu au mat de son voilier, dans la marina de Conakry, Aurel profite de l’absence de l’ambassadeur pour se livrer à une enquête.

C’est à cause (ou grâce) à #La Grande Librairie que j’ai entendu parler de l’auteur et de son personnage atypique, version Columbo mais avec des casseroles au cul, sans posséder la confiance de ses supérieurs et sans les petites phrases du lieutenant.

Il est moqué, regardé de haut, pas pris au sérieux… Pourtant, si les autres personnages se foutent de lui, ne l’invitant jamais à rien, on remarque qu’Aurel mérite d’être connu, qu’il a des choses à nous apprendre et jamais son père littéraire ne se moque de lui, ne le rabaisse, ne le tourne en ridicule.

Que du contraire, l’auteur lui donne de l’épaisseur, de la profondeur et si Aurel est fantasque, maladroit et prête à rire avec son accoutrement, c’est une belle personne à l’intérieur. Un homme qui, plus jeune, a connu la dictature et le communisme.

Il avait été élevé dans un pays désorganisé où il fallait faire la queue à tout propos. Ce qui était difficile pour lui c’était de conserver dignité et volonté dans de telles ambiances. Son premier réflexe dans la foule était de retrouver la soumission et la passivité que le monde communiste exigeait de ses sujets.

La vie l’avait doté, par la force des choses, d’une résistance inépuisable face à des vexations bien plus humiliantes. La Roumanie de Ceaușescu, où il avait grandi, était à cet égard une école d’une exceptionnelle rigueur, qui armait à jamais contre la bêtise et le mépris.

On ne va pas se leurrer, nous ne sommes pas dans de la grande littérature policière, on a déjà connu mieux en matière d’intrigue, mais le récit est cohérent, amusant, rempli de fraîcheur et l’auteur ne se prive pas pour égratigner la diplomatie française, puisqu’il sait de quoi il parle.

C’est aussi une partie de la Guinée que nous visitons, sa société, que nous apprenons à connaître et même si le colonialisme est terminé, il y a toujours de la condescendance dans le ton employé par les français envers les guinéens.

Dupertuis aimait sincèrement l’Afrique et il entretenait de véritables amitiés avec ses collègues guinéens. On l’aurait beaucoup étonné en lui faisant remarquer qu’il parlait d’eux avec une condescendance qui n’était pas tout à fait sans évoquer la mentalité coloniale.

La plume de Ruffin est des plus agréable à suivre, elle est fluide, amusante, détaillée mais sans exagérer et mes yeux avançaient tout seuls sur le papier, dévorant le récit avec avidité tant il était rafraîchissant.

Un roman policier amusant de par son enquêteur atypique, ce consul que tout le monde prend pour un imbécile alors qu’il est loin d’en être un (faut juste apprendre à le connaître), un roman policier sérieux quand il parle de diplomatie ou de la société guinéenne, le tout étant parfaitement intégré dans le récit, sans que le ton soit moralisateur ou sentencieux.

Une vraie belle découverte, inattendue et qui m’a fait un bien fou avec pas grand-chose. Juste un enquêteur atypique, un hurluberlu qui ne paie pas de mine mais qui possède assez bien de qualités, bien camouflées.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°24].

Hamish Macbeth – Tome 1 – Qui prend la mouche : M. C. Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Bénévole & Experte en Fictions Agathesques et Macbethines]

Titre : Hamish Macbeth – Tome 1 – Qui prend la mouche

Auteur : M.C. Beaton (Marion Chesney)
Édition : Albin Michel (24/04/2019)
Édition Originale : Death of a Gossip (1985)
Traducteur : Karine Guerre

Introduction BABELIO :
Policier du petit village de Lochdubh situé au beau milieu des Highlands en Écosse, Hamish Macbeth manque totalement d’ambition professionnelle mais il peut cependant compter sur son intuition naturelle pour mener à bien ses enquêtes.

Ses qualités lui seront bien utiles quand le corps sans vie de Lady Jane Winters, langue de vipère notoire et participante au stage de pêche à la mouche du village, est retrouvé dans la rivière.

Secondé par la délicieuse Priscilla Halburton-Smythe, Hamish s’immerge en eaux troubles pour démasquer l’assassin.

Vous aimez Agatha Raisin ? Vous allez adorer Hamish Macbeth ! Comme sa grande soeur Agatha, cet Hercule Poirot à la sauce écossaise entraîne le lecteur dans des aventures totalement déjantées sorties tout droit de l’imagination de M.C Beaton.

Avec, en prime, le charme des lochs, des highlanders mystérieux et des châteaux hantés. Attention, fantômes !

 

Résumé :
Que les amateurs et amatrices de chasse aux fantômes refrènent leur enthousiasme ! Je ne vois pas, mais alors franchement pas du tout du tout, où la bande à Babélio est allée chercher des fantômes dans cette affaire.

En tout cas pour présenter ce livre-là.

Il n‘y a aucun esprit, aucun revenant, ni aucun poltergeist ici. Même pas une table qui tourne ou un oui-ja. On est en Ecosse, ça oui… On s’introduit brièvement dans un château, certes…  Il y a un cadavre, là encore c’est exact… Et donc… Il y a bien quelqu’un avec du sang sur ses mains criminelles… Évidemment…

Mais dans cette enquête rien de surnaturel.

John et Heather Cartwright, retraités écossais ont décidé d’occuper leurs vieux jours en organisant des stages de pêche au saumon dans les cours d’eau serpentant les merveilleux paysages des Highlands.

Pour celui-ci, ils accueillent comme stagiaires, Mr & Mrs Roth, un couple d’américains ayant réussi dans les affaires, Jeremy Blyth aristo-avocat londonien à la tronche de jeune premier, Alice Wilson secrétaire londonienne, le jeune Charlie Baxter, âgé de 12 ans en vacances chez sa tante, le Major Frame, militaire en retraite et pécheur expérimenté, Daphné Gore fille d’un lord pété de thunes, et Lady Jane Winters, veuve d’un parlementaire pair du royaume.

La petite bande est accueillie dans un hôtel douillet et tandis que John et Heather se démènent pour enseigner à nos touristes l’art de la pèche à la mouche, les uns et les autres font connaissance apprenant à s’apprécier pour certains… et à se détester pour les autres.

Et en matière de détestation il faut bien reconnaître que Milady de Winters (nan ? vous croyez qu’ils ont fait exprès ?) heu pardon, je veux dire Lady Jane Winters, parvient à faire l’unanimité contre elle.

Il faut dire qu’elle a l’air de faire beaucoup d’efforts pour ça, voire de s’entraîner très dur tous les jours ! N’ayons pas peur des mots !  Lady Jane est une immonde peste ! Toujours généreuse de remarques acides propices à mettre les autres participants au stage mal à l’aise…

Distillant pernicieusement de fines allusions laissant supposer à chacun qu’elle n’ignore rien de leurs petits secrets gênants, elle qui ne les connaissait en principe pas quarante-huit heures avant.

Lorsque le groupe ira pécher joyeusement, soulagé de ne pas l’avoir sur le dos un après-midi, il n’étonnera personne qu’on la retrouve alors raide morte et bien refroidie sous la surface des eaux poissonneuses d’Ecosse.

Hamish Macbeth, policier local qui tient presque plus du garde champêtre qu’autre chose vu que l’activité criminelle la plus grave du secteur se résume à quelques actes de braconnage, et qui passait de temps en temps à l’hôtel ou voir les Cartwright, va donc se lancer sur la piste du criminel qui n’a fait que rendre service à l’humanité, même si le meurtre est interdit et doit être réprimé.

Bien entendu, la mort d’une lady, aussi salope soit-elle, est affaire trop grave pour la laisser à un flic local et les grands experts de Londres vont être dépêchés sur les lieux…

Mais c’est sans compter sur la sagacité d’Hamish Macbeth qui de par son caractère simple et loin de la suffisance des flics londonniens, sait se rendre bien plus accessible aux témoins et avancer sans éveiller la méfiance de l’assassin.

Ce que j’en ai pensé :
Oui, Hamish Macbeth est une créature de MC Beaton, au même titre qu’Agatha Raisin mais ils ont assez peu en commun.

Autant Agatha se donne à lire comme un livre ouvert, rien ne nous étant épargné de ses états d’âmes et préoccupations, ni de ses raisonnements policiers (souvent foireux), autant Hamish est un taiseux qui reste sur son quant à soi, faisant davantage parler les autres qu’il ne se livre lui-même.

Roux flamboyant, amateur de la nature, menant une vie simple pour ne pas dire spartiate pour soutenir financièrement ses parents et frères et sœurs, préférant porter ses habits civils sans prétention plutôt que son uniforme lustré aux genoux et aux coudes, il est carrément la parfaite antithèse d’Agatha.

Cela ne l’empêche pas de rêver d’amour quand une jeune et belle lady passe par là et lui témoigne un peu de sympathie, mais l’espoir ne l’empêche pas de garder le sens des réalités. Bref…

Rien à voir avec Agatha. Ou alors si… MC Beaton a décidé de créer ce personnage en en faisant l’exact négatif. Plus on découvre Hamish plus cela saute aux yeux.

Et de toute façon, comme MC Beaton ne peut s’empêcher manifestement de nous délayer un peu de romance à l’eau de rose pour alléger l’ambiance, elle peut le faire avec les autres personnages secondaires de son roman sans embarquer Hamish dans les travers agathesques consistant à se monter le bourrichon et à rêver mariage.

C’est bien connu, les hommes ne rêvent pas au mariage de toute façon! C’est un truc de fille… Et MC Beaton en a trouver une à qui faire traverser les affres du fantasme nuptial.

L’auteur nous gratifie ici d’une galerie de portraits plutôt bien tournés, ce qui manquait aux derniers volets d’Agatha Raisin…

Des portraits bien campés, disais-je, même s’ils manquent un peu d’originalité tant ils sont quasiment archétypaux. Quoi qu’il en soit ils sont suffisamment variés et bien amenés pour que l’on puisse l’oublier.

Anybref, Amish Macbeth n’est assez sympathique, et cette intrigue à huis clos typiquement made in Britain même si elle a lieux en Ecosse, n’est pas sans rappeler la plume d’une autre Agatha (Christie faut-il le préciser ?).

D’ailleurs le final est une allusion claire au dénouement de la grande majorité des meilleures enquêtes d’Hercule Poirot, même si Macbeth n’a pas grand-chose à voir avec lui !

On pourra juste regretter que les indices déterminants qui permettront à Macbeth de retrouver le coupable ne soient pas directement accessibles au lecteur qui de ce fait n’aura pas les clés pour trouver le coupable lui-même, ce qui peut être un peu frustrants pour celles et ceux qui lisent les polars en position d’enquêteur. Là… il faudra se laisser porter.

Or donc pour résumer j’ai passé un agréable moment de détente avec un roman qui sans être un chef d’œuvre du genre, nous fait découvrir un nouveau personnage sympathique et une intrigue plutôt bien construite malgré quelques artifices de construction nous empêchant d’enquêter avec le héros.

Robert Carlyle dans le rôle de Hamish Macbeth