Les enquêtes du Louvre – 01 – Enquête étrusque au Louvre : Carole Declercq [LC avec Bianca]

Titre : Les enquêtes du Louvre – 01 – Enquête étrusque au Louvre

Auteur : Carole Declercq
Édition : City (04/11/2020)

Résumé :
Fougueuse et indépendante, Anna Stein vient d’ouvrir un cabinet d’expertise d’art à Paris, mais sa jeunesse et son sale caractère font grincer bien des dents.

Alors, quand le milliardaire François Borelli lui demande d’inventorier sa collection, c’est enfin la reconnaissance qu’elle attendait.

Mais quelques jours plus tard, Borelli est retrouvé mort. Malade, il avait certes déjà un pied dans la tombe, mais ne l’y aurait-on pas un peu précipité ? Lorsque d’autres cadavres s’invitent dans l’entourage du collectionneur, Anna est obligée de mener l’enquête.

Aidée par un extravagant lord anglais, courtisée par un policier italien et poursuivie par son ancien amoureux, la jeune femme ne sait plus où donner de la tête. Pourtant, elle doit garder les idées claires.

Car dans les eaux troubles du trafic d’art, à vouloir déterrer d’inavouables secrets, elle risque d’être la prochaine victime…

Critique :
YES ! À peine les musées réouverts que j’avais déjà mon billet Thalys pour aller au musée du Louvre à Paris !

Bon, c’est au travers de la fiction que je suis entrée au Louvre sans faire la queue mais je m’en fiche parce que ça a fait du bien.

Pour les fans de meurtres, je risque de doucher vos attentes puisqu’il faudra attendre un peu moins de la moitié du roman (il en fait 280) pour avoir un cadavre et encore, mort naturelle. Et avant le mort naturel ? Ben rien, nada… Pas d’enlèvements, pas de disparitions, pas de courses-poursuites.

Non, non, ne partez pas parce que même en prenant son temps durant plus d’une centaine de pages pour poser sa panoplie de personnages, à la limite de la caricature (mais ils étaient drôles) et planter ses décors, l’auteure ne m’a jamais donné envie de m’endormir ou d’aller voir ailleurs pour des trépidations.

Ne connaissant rien au monde de l’art et des musées, j’ai apprécié d’en apprendre un peu plus, sans que cela devienne indigeste ou lourd, sans que cela vire au cours magistral. À la fin du roman, je ne sais toujours pas grand-chose, mais c’était toujours plus qu’au départ. Je soulignerai aussi que ça ne vire jamais au Da Vinci Code et autres romans dérivés.

Comme je le soulignais plus hauts, les personnages sont assez typés, on est à deux doigts de la caricature mais le ton du roman étant léger (sans être débilitant), les différents protagonistes allaient bien à l’atmosphère générale du récit sans pour autant virer à la série bas-de-gamme produite par une chaîne de télé fort connue pour que l’on s’abrutisse le soir et que l’on offre notre temps de cerveau disponible à Qui-Vous-Savez.

Si l’enquête n’a rien de transcendantal, rien d’exceptionnel, rien qui vous trouera le cul, le ton général fut une bouffée d’air frais pour moi qui avait lu mon lot de romans noirs, sombres et bourrés de morts, de dictature et autre.

C’est bien simple, je l’ai dévoré sur une petite journée, ayant bien du mal à le reposer tant je m’amusais comme une petite folle avec les personnages, dont Anna, son oncle Albert et Thomas Alexander, un lord anglais devenu libraire à Paris et fan de San-Antonio.

Anybref, sans révolutionner la littérature policière, sans avoir des cadavres à toutes les pages, en utilisant la violence avec parcimonie, l’auteure a réussi un agréable petit cosy-mystery à la française en nous faisant entrer dans le monde de l’art et des musées, le tout avec une plume légère, humoristique, sans pour autant être gnangnante ou simpliste.

Roman policier addictif, qui n’essaie pas d’en faire plus pour s’imposer, qui prend son temps sans pour autant que le lecteur ne s’emmerde. Un roman policier qui fait du bien au moral, qui apporte un rayon de soleil dans une journée grise et vous requinque d’un coup après des lectures assez dures.

Un tout grand merci à Bianca de m’avoir proposée cette LC qui est réussie parce que sans elle, jamais je n’aurais coché ce roman et cela aurait été une erreur. De son côté, c’est plus mitigé, elle aurait aimé que le meurtre arrive plus vite et en apprendre plus sur les étrusques. Comme quoi, deux avis différents ! N’oubliez pas d’aller lire le sien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°260].

Murena – Tome 11 – Lemuria : Jean Dufaux et Theo

Titre : Murena – Tome 11 – Lemuria

Scénariste : Jean Dufaux
Dessinateur : Theo

Édition : Dargaud (27/11/2020)

Résumé :
A Rome, au lendemain du grand incendie de juillet 64, l’empereur Néron est en proie au doute. Lucius Murena, son ami, a disparu. Celui-ci aurait-il participé à un complot contre lui, comme certains le prétendent ?

Néron l’a cru, mais ne sait plus quoi penser. L’absence de Lucius le ronge, comme si son propre passé avait disparu, lui aussi. Lucius est entre les mains d’une femme, Lemuria, qui l’a drogué afin de faire de lui l’objet de son plaisir.

Lucius décide de la fuir, car il doit retrouver sa liberté pour se retrouver lui-même. Mais sa mémoire est incertaine. Seul Pétrone peut l’aider à renouer avec celui qu’il était. Pendant ce temps, dans les cercles du pouvoir, des proches de l’empereur fomentent une cabale.

Devenu l’homme le plus recherché de la ville, Lucius rencontre une femme étrange, surnommée  » l’Hydre « . Elle détient un terrible secret.
Un secret qu’elle ne peut partager qu’avec Néron lui-même…

Trois ans après Le Banquet, le retour très attendu d’une série devenue culte et servie par le trait classique de Theo Caneschi, digne successeur de Philippe Delaby.

Critique :
3 ans que je n’avais pas eu de nouvelles de Lucius Murena, de l’empereur Néron… Ça fait long.

Le nouveau dessinateur est toujours excellent, il a réussi à se fondre dans les chaussures de Philippe Delaby, décédé malheureusement.

Son trait s’affirme et je trouve même Néron plus sexy que dans le tome 9, dessiné encore par Delaby. Quant aux couleurs, elles sont lumineuses.

Que se passe-t-il maintenant ?Lucius, drogué, a perdu la mémoire et est devenu le jouet sexuel de Lemuria.

Chez les Romains, les hommes peuvent devenir des sex-toys, la notion de péché n’existe pas. Entre nous, Lucius donne envie de le transformer en esclave sexuel (évitez de me dénoncer sur #ElleAussi, merci).

Réjouissez-vous, mesdames, dans la bédé Murena, il n’est pas rare de tomber sur des beaux mecs avec la tcholle à l’air et Lucius sortant de l’eau en tenue d’Adam est aussi réjouissant pour les yeux féminins que Ursula Andress l’était pour les mecs, lorsqu’elle sortait de l’eau, dans son maillot (James Bond – Dr No).

Je me suis plongée dans ce nouvel album sans aller relire les précédents, et force est de constater que je m’y suis coulée avec facilité, comme si je les avais quitté le mois dernier.

Par contre, ça ne bouge pas beaucoup… On est toujours sur le schéma amour/haine entre les deux anciens copains Néron et Lucius et à la fin, ça risque de devenir redondant. Néron, grand parano, n’arrive jamais à faire confiance à son ami Lucius et le voit dans chaque complot, alors que le mec qui tire les ficelles reste invisible, même sous ses yeux.

Néron, qui ne se mouche pas du coude non plus. Ce gaillard nous rappelle qu’il est d’essence divine… Ah oui, mec, rien que ça… Et les chevilles, Néron, ça va ? Bon, on a beau être d’essence divine, il reste tout de même un type qui ne sait plus trop à qui il peut faire confiance et ça complote grave dans son dos.

Un nouvel album qui ne fait pas avancer le Schmilblick, pas beaucoup d’action pure et dure, mais des tensions (et pas que dans les slips ou sous les jupettes des Romains) latentes qui risquent d’exploser à un moment donné. Mais quand ? Nul ne le sait.

L’album est magnifiquement dessiné, les couleurs sont superbes, colorées, lumineuses, c’est un plaisir de retrouver les personnages chers à mon coeur, mais bon, ça n’avance pas beaucoup… Par contre, c’est un plaisir de revoir Lucius Murena.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°154].

50 nuances de grecs – Tome 1 – Encyclopédie des mythes et des mythologies : Jul et Charles Pépin

Titre : 50 nuances de grecs – Tome 1 – Encyclopédie des mythes et des mythologies

Scénariste : Charles Pépin
Dessinateur : Jul

Édition : Dargaud Empreinte(s) (17/11/2017)

Résumé :
« 50 Nuances de Grecs » remet en scène les plus grands mythes de l’Antiquité grecque dans les situations les plus actuelles…

Hercule à Acropôle-Emploi, Zeus chez son avocate pour négocier les pensions alimentaires, Icare lançant une compagnie aérienne low-cost ou le dieu Pan mis en examen pour ses liens avec un proxénète surnommé « Dionysos-la-Saumure »… : Retrouvez l’Olympe au grand complet, à travers notre héritage commun.

Avec leur oeil malicieux et leur art du détournement, Jul et Pépin revisitent ce patrimoine mythologique, dans une encyclopédie drôle et savante, où défilent tous les travers de notre société !

Critique :
Apprendre en s’amusant, en rigolant, c’est toujours plus intéressant que devant des manuels lourds et chiants.

Surtout que les auteurs n’hésitent pas à mélanger les choses de notre monde avec celle de la mythologie, comme par exemple Thésée dans le labyrinthe qui suit les indications d’un GPS pour trouver la sortie ou des faits d’actualités.

Chaque dieux, demi-dieux, mythes, légendes, a droit à une page ou deux en bédés et ensuite, une page de texte explicatif sur sa personnalité, sa légende, son rôle, son pedigree.

Bref, ça fait au moins 50 nuances de divinités Grecques, qui, comme vous le savez, n’hésitaient pas à s’entremêler entre elles et à se faire des enfants dans le dos, sans oublier que dans ce petit monde, un trou était un trou. Oui, c’est dit crûment, mais c’est ainsi : grande tolérance niveau partenaire de sexe.

Que les parents outrés se rassurent, la bédé reste tout public, même si les explications claires et concises sur chaque portrait est parfois dans sa vérité toute nue : Oedipe et sa mère, par exemple.

Le ton de Charles Pépin est facile à suivre et on ne s’embrouille pas de trop dans « qui est le père de qui » car dans les divinités grecques, c’est aussi touffu que dans les anciennes séries telles que Santa-Barbara ou Amour, Gloire et Beauté, niveau « qui a couché avec qui » (et qui couche…).

Les dessins de Jul sont agréables, bourré de petits détails humoristiques, les cases sont sans bordures et pourvues de peu de décors, mais ça marche dans ce genre d’album.

Un bon moment de lecture, pour se cultiver et rire un bon coup, ce qui fait du bien mais n’est pas remboursé par la sécurité sociale.

Astérix – Tome 01 – Astérix le gaulois : René Goscinny et Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 01 – Astérix le gaulois

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1961)

Résumé :
Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains … Toute ? Non! Un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Dans un petit village d’ Armorique, Astérix va s’adonner à son sport favori: la Chasse. Pendant ce temps, les romains, tente de résoudre le mystère de la puissance des gaulois.

C’est ainsi que le légionnaire Caligula Minus est désigné volontaire pour se déguiser en gaulois, et découvre ainsi le secret de la puissance du village, la potion magique, qui donne une force surhumain à quiconque la boit.

Pour se débarrasser des Gaulois, le centurion Caius Bonus fait capturer le druide, pour apprendre le secret de la potion magique, et ainsi prendre par la même occasion la place de César.

Afin d’en apprendre plus sur ceux que l’on appelle « les irréductibles Gaulois », Ces derniers envoient Caligula Minus enquêter au sein du village d’Astérix…

Critique :
Comparé aux albums suivants, ce premier tome n’est guère brillant mais malgré tout, les ingrédients de la potion magique sont bien présents.

La marmite est sur le feu et il suffira ensuite à Goscinny d’ajouter un peu de sel, quelques fraises et de touiller le tout pour nous servir des merveilles d’humour et de jeux de mots.

Les dessins ne sont pas encore figés, nos personnages sont fort pointus et Obélix n’a qu’un petit rôle, même si on comprend déjà qu’il est le gourmand de l’histoire et le grognon parce qu’il n’a pas droit à de la potion magique.

— Je me sens un peu faible, Panoramix !…
— Non, Obélix !… Tu n’auras pas de potion magique ! Je t’ai dit mille fois que tu étais tombé dedans étant petit !

Pas encore de bagarres, de « Il est frais mon poisson », de « Non tu ne chanteras pas », de pirates à couler, de lancer de menhirs ou de jeu de mots délicieux. Par contre, quelques petites références à l’Histoire puisque si l’on chasse les Germains, ces derniers nous promettent que « Addentzion ! On refiendra »…

Le scénario est simple : on envoie un espion chez les Gaulois pour découvrir leur secret, on kidnappe ensuite le druide Panoramix, on le torture horriblement avec une plume qui chatouille la plante des pieds, Astérix vient lui prêter main-forte et à eux d’eux, ils coupent les cheveux des romains en quatre et jouent avec leurs pieds, le tout à leur barbe.

— Mais enfin, druide, ce n’est pas du jeu ! Nous te torturons depuis des heures et ça ne te fait rien !
— Si ! ça me fait passer le temps !

Les romains sont présentés comme des envahisseurs pas très intelligents, dont les centurions ne rêvent que d’être César à la place de César grâce à la potion magique. Ce qui donnera naissance à un joli jeu de mot de la part de César a sujet de ce qu’il faut lui rendre.

Veux-tu rendre à César ce qui m’appartient !?

Peu d’action, peu de jeux de mots, peu de personnages connus dans les Gaulois, comme nous en auront dans les albums suivants et quand nous les croisons, ça reste des petites interventions car ce premier tome met surtout en avant Astérix et Panoramix.

Pas le meilleur mais quand on sait ce qui va suivre, on en rit déjà !

Troie – Tome 2 – Le Bouclier du Tonnerre : David Gemmell

Titre : Troie – Tome 2 – Le Bouclier du Tonnerre

Auteur : David Gemmell
Édition : Bragelonne (2008) / Milady (2016)
Édition Originale : Troy, book 2: Shield of Thunder (2006)
Traduction : Rosalie Guillaume

Résumé :
La guerre menace.

Tous les rois de la Grande Verte se rassemblent, chacun dissimulant de sinistres plans de conquête et de pillage.

Dans ce maelström de traîtrise, trois voyageurs vont faire osciller la balance: Piria, une prêtresse fugitive cachant un terrible secret; Calliadès, un guerrier aux idéaux élevés et à l’épée redoutable; et son meilleur ami, Banoclès, qui se taillera une légende dans les combats à venir.

Ensemble, ils voyagent jusqu’à la fabuleuse cité de Troie, où les ténèbres viendront bientôt éclipser pour des siècles les triomphes et les tragédie des mortels ordinaires.

Car l’époque glorieuse de l’âge du bronze n’est pas taillée pour les hommes, mais pour les héros !

Critique :
Cela faisait des lustres que je n’avais plus lu un Gemmel et que le tome deux de Troie attendait sagement dans ma biblio (10 ans, au bas mot).

N’allais-je pas me noyer dans la Grande Verte en reprenant le récit après un aussi long hiatus ?

Et bien non, je suis rentrée dans le récit facilement, même si j’avais oublié que le tome 1 finissait en apothéose.

Tiens, doit-on appeler cette saga de la fantasy, alors qu’elle n’en est pas ?

Nous sommes clairement dans du roman Historique qui revisite la Guerre de Troie… Mais puisque la guerre de Troie est une légende, alors, c’est de la fantasy ?

C’est de la « Fantasy historique », nous répondrons les experts, même si l’histoire de Troie est une grosse mythe. Oui, je féminise le mot parce qu’ainsi, on peut jouer avec sa phonétique (et repenser à une sale blague bien drôle).

À l’analyse, c’est un peu ça : l’histoire de celui qui a la plus grosse… galère. Des enfants me lisent peut-être, restons sobre.

Ce sont des jeux de roi, qui jouent à la guerre des trônes à grands coups de « Je t’humilie, tu grognes, je te pousse à bout, je joue avec toi, je recommence une humiliation devant les autres rois et boum, tu tombes dans mon piège ». Ou alors, c’est toi, Priam, qui est tombé dans le jeu d’Ulysse, le roi laid.

Au jeu des trônes, on gagne ou on perd mais personne ne sait s’il n’est pas tombé sur plus fourbe que lui-même.

En lisant du Gemmel, on est sûre de ne pas s’ennuyer mais hélas, Gemmel a toujours cuisiné les mêmes ingrédients et ses récits ont souvent la même construction. Je râle souvent sur ce point et pourtant, j’adore cet auteur et ses romans.

Si le récit commence en douceur (façon de parler, hein) avec Ulysse voguant sur sa Penelope (rien de grivois, il a donné le nom de son épouse à sa galère. Un signe ? Pour certains, l’affaire Penelope fut une galère), transportant des cochons livrés par une certaine Circée et nous racontant des histoires le soir, au coin du feu.

♫ Tiens bon la vague et tiens bon le vent… Hissez haut ! Santiano ! ♪

Des nouveaux personnages se mettent en place, on retrouve d’autres, déjà connus de par la légende et on vogue à grands coups de rames sur la Méditerranée, sentant déjà que ça finira en bain de sang, avec des combats, des batailles, des guerres de rois.

Sans vouloir être méchante, Gemmel est facile à lire et en deux jours, j’ai dévoré ce pavé de plus de 600 pages (version Milady) sans vraiment en relever la tête tant j’étais captivée par les récits, les bagarres, les tractations politico-militaires dans le fond, les fourberies (pas celles de Scapin) des uns pour éliminer les autres.

L’auteur a usé les mêmes ficelles pour bon nombre de ses romans dont celle de faire passer un personnage pour mort alors qu’il lutte contre la mort et puis, pouf, il revient à nous. Bon, sans son affaiblissement, il n’aurait sans doute pas pu semer une graine dans un ventre…

Les personnages peuvent nous faire rire (Banoclès), vomir (Pelée le pédophile incestueux), rêver (Achille, Herctor, Helycon) mais ils ne nous laissent jamais indifférent.

Si peu d’entre eux évolueront dans le récit, Ulysse, lui, passera de type sympa à abject en entrant dans le jeu des rois et en pillant les villes pour le compte d’Agamemnon. Les rois sont des monstres et transforment tous les autres en monstres aussi, tout ça pour le pouvoir.

Ne vous attendez pas à relire la légende de Troie car Gemmel et tous ses personnages s’amusent à lui tordre le cou, la rendant moins fantastique, plus terre-à-terre, sans intervention des Dieux, demis-Dieux, quart-Dieux. Les Hommes croient en eux, mais ils ne pointent jamais le bout de leur nez.

L’équilibre du récit est atteint car l’auteur alterne les moments détendus, plus tendus, l’humour, les choses graves, les batailles, le repos avant la reprise, fait monter la tension avant de nous montrer autre chose, nous frustrant au passage.

C’est de la fantasy historique dynamique, épique (et colégram), rythmée sans temps mort qui revisite la Guerre de Troie avec brio car on a souvent l’impression d’y être et d’entendre les rames plonger dans la Grande Verte pendant que le vent fait jouer nos cheveux. Non Céline Dion, tu ne chantera pas !

Mais pourquoi ai-je attendu aussi longtemps pour le le tome 2, moi ? Maintenant, faudrait pas que je laisse le tome 3 prendre encore la poussière durant 10 ans…

David Gemmel, ça faisait longtemps que je ne t’avais plus lu, mais j’ai eu l’impression de retrouver des vieux potes et un conteur qui m’a fait vivre des tas d’aventures de fantasy. Ce fut un plaisir de revenir vers toi. Dommage que tu nous ai quitté (2006).

PS : le fait d’avoir vu le film « Troie » m’a aidé à mettre des visages sur certains personnages. Ainsi, lorsque Achille et Hector se battent à mains nues dans un combat de lutte, j’avais sous mes yeux le sexy musclé Brad Pitt et le beau Eric Bana. Miam !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°279, Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9) et le Challenge Pavévasion – Saison 1 (17 mars – 15 avril ?) chez Mez Brizées [Lecture N°04 – 674 pages en version Milady Poche].

Alix – Tome 33 – Britannia : Mathieu Bréda, Marc Jailloux et Jacques Martin

Titre : Alix – Tome 33 – Britannia

Scénariste : Mathieu Bréda
Dessinateur : Marc Jailloux

Édition : Casterman (14/05/2014)

Résumé :
Alix et Enak rejoignent le proconsul Jules César à Port Itius dans l’extrême nord de la Gaule, où ils découvrent un gigantesque camp militaire ainsi qu’une armada de bateaux armés, tout prêt à appareiller.

Sept légions et des centaines de navires s’apprêtent à traverser la Mare Britanicum (la Manche) pour débarquer en force sur l’île de Britannia toute proche.

César entend ainsi parachever ses succès militaires et sa campagne de pacification en Gaule en soumettant les peuples britons, qui, par solidarité entre « cousins » celtiques, continuent à apporter leur soutien aux chefs rebelles gaulois.

César tient à ce qu’Alix et Enak l’accompagnent. Ils auront pour compagnon Mancios, un jeune prince de Britannia dépossédé de ses terres par un puissant chef de guerre, et qui s’est offert de guider l’expédition des forces romaines dans l’île en échange d’un soutien pour reconquérir son trône perdu.

Mais il y a aussi parmi les alliés Britons du général romain un certain Viridoros, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’inspire guère confiance à Alix…

Critique :
Le Mois Anglais (Juin 2020) est toujours l’occasion pour découvrir de nouvelles choses ou pour revenir aux classiques.

Alix, je connais, je possède d’ailleurs une vingtaine d’albums de son père littéraire, Jacques Martin.

Après, j’ai arrêté et je suis passée à autre chose car je trouvais le personnage d’Alix trop lisse, trop gentil garçon et ce qui faisait mon plaisir de lecture lorsque j’étais jeune, passait moins bien une fois que j’eu passé les 30 ans.

Mon préféré a toujours été Enak qui, dans cet album, est en retrait et c’est bien dommage qu’on lui ai donné un aussi petit rôle.

Le dessinateur Marc Jailloux a beau avoir copié la ligne claire de Jacques Martin, j’ai eu l’impression que certaines scènes étaient moins foisonnantes de détails par rapport à l’oeuvre originale, comme s’il avait fait l’impasse sur les décors.

Le scénario est conventionnel : un prince dont on a assassiné toute la famille afin de ravir son trône, revient avec César et les légions romaines pour récupérer son trône.

Attends, stop… César qui vient aider un breton à récupérer sa couronne ? Je rêve ?C’est le César d’Astérix ? Sorry, mais on ne me la fait pas à moi. L’occasion fait la larron, oui ! Alix, réveille-toi s’il te plait.

C’est le problème avec les personnages trop lisses et trop gentils, c’est qu’ils ne voient jamais la couille dans le potage.

Aucune nation ne vient aider une autre gratuitement, mon petit Alixounet. Sois moins niais aussi. César est un despote, un tyran, un dictateur, un mec assoiffé de conquêtes et pour lui, des prisonniers, c’est de la marchandise, pas des êtres humains.

Alix est un gentil, que voulez-vous… Moi, méfiante, j’avais repéré d’avance le vilain pas beau de votre expédition (c’était difficile de le rater), compris que César devait avoir une autre idée derrière la tête et senti le piège se refermer. Alix, j’aurais dû être à tes côtés, par Bélénos ! Ou par Jupiter… Non, pas Jupiter (mdr).

Moins drôle que l’excursion d’Astérix chez les Bretons, l’épopée d’Alix et des légions de César chez les Britons (oui, avec un « i ») pourrait tourner à la Bérézina ou pire, en Waterloo, car si les romains sont de vrais guerriers et qu’en face, ils n’ont pas de magique potion, ce sont aussi des combattants redoutables. Ne jamais sous-estimer l’ennemi sous prétexte que pour vous ce sont des sauvages, des barbares.

Usant de quelques ficelles facilitant la résolution de ce bourbier Breton, le scénariste aurait dû avoir plus de pages afin de pousser un peu plus son histoire, lui donner plus de coffre, plus de profondeur et éviter les ellipses finales. Là, tout semble précipité sur la fin.

Analysé à froid, cet album n’est pas non plus une catastrophe, malgré ses défauts, car il résume bien tous les problèmes auxquels les grands con-quérants durent faire face en allant poser le pied chez les autres, afin de leur ravir deux trois bricoles : logistique qui ne suit pas, météo de merde, trahisons, sentiment de perdre pied malgré toute son armée, vision réduite à la réussite.

Hélas, il manquait de goût, d’épices, de profondeur et en plus, on devine trop facilement les traîtrises et tout se déroule un peu trop rapidement sur la fin. Bon, si on connait l’Histoire ou si on demande à Wiki en quelle année Rome pris la Bretagne, on aura de suite la fin de l’album.

Allez, pleure pas Alix, je suis sévère avec toi mais tu le mérites à être si niaiseux ! Faudra que je voie ce que tu es devenu en Senator, tiens…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°248 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

 

 

Astérix– Tome 18 – Astérix chez les Helvètes : René Goscinny et Albert Uderzo

Titre : Astérix– Tome 18 – Astérix chez les Helvètes

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1970/2014)

Résumé :
Gracchus Garovirus, gouverneur de Condate (Rennes), s’enrichit sur le dos de Rome : il garde pour lui la quasi totalité des impôts collectés dans sa province et organise aux frais de l’Empereur des orgies mémorables.

Aussi, lorsque le questeur Claudius Malosinus vient examiner ses comptes au nom de César, il s’empresse de l’empoisonner.

Pour se sortir de ce mauvais pas, Malosinus fait appel à Panoramix et ses recettes miracles. Toujours prêt à secourir un malade, même romain, le druide a cependant besoin d’une fleur des montagnes très rare, l’étoile d’argent (Edelweiss). Une nouvelle mission s’engage pour Astérix et Obélix, jusqu’au pays des coucous, des banques et du fromage fondu !

Critique :
— Alors, Obélix, l’Helvétie c’est comment ?
— Plat !

Oui, si vous posez la question à Obélix, c’est ce qu’il vous répondra et il n’aura pas tort puisqu’il a loupé toute la partie de l’escalade dans la montagne et la redescente  sportive qu’Astérix fit.

Pas de chance, Obélix avait bu un plein chaudron d’hydromel et a fait une grosse sieste au moment où on allait grimper la montagne.

Cet album fait partie des mes préférés (ils sont nombreux) car j’avais adoré le personnage du questeur Claudius Malosinus et les petites finauderies de Panoramix pour protéger son patient romain des envies mortifères de Gracchus Garovirus, sorte de Balkany romain amateur d’orgies.

— Mon cuisinier, justement, a préparé du boudin d’ours et des cous farcis de girafe… Je crois qu’il reste aussi des tripes de sanglier frites dans de la graisse d’ urus.
— Avec du miel ?!

Une fois de plus, les clichés sont de sorties pour leur voyage chez nos amis Helvètes, sans pour autant être méchants puisque le but est de nous faire rire avec la manière dont nous voyons les autres.

Ainsi donc, nous aurons l’inviolabilité des coffres Suisse, pardon, Helvètes, leur manie de la propreté, leur exactitude, le fromage et un petit côté « on ne s’en fait pas », « tranquille ».

[Zurix] — Mais où vous cacher ?
[Petisuix] — J’avais pensé à l’un de tes coffres dans la cave…
[Zurix] — Il faudrait ouvrir un compte.
[Astérix] — Pour nous cacher dans un coffre ?
[Zurix] — Ce que vous mettez dans le coffre ne me concerne pas. La discrétion est totale ; pour moi, vous ne serez que deux numéros anonymes. Vous prenez un coffre chacun ou un compte à deux signatures ?

[Petisuix] — Bonjour, Zurix. Je viens chercher les Gaulois.
[Zurix] —Emmène-les loin d’ici ! Ils m’ont déshonorés ! Ils m’ont obligé à mentir au sujet de l’inviolabilité de mon établissement ! J’en ai ras la marmite à fondue des Gaulois !
[Petisuix] — Du calme, Zurix. Moi, ils m’ont obligé à salir mon auberge.
[Zurix] — Ce sont des choses comme ça qui poussent à la neutralité.

— Leur manie de la propreté !… Une orgie, ça doit être sale !… Cessez de frotter, par Jupiter !

On pourra citer comme thèmes importants le fait de soigner tout le monde, même un Romain, que l’on soit Gaulois ou Helvète, ainsi que le fait de ne pas dénoncer nos deux Gaulois, même au prix de la propreté de son auberge, sans oublier la corruption et les élus qui se servent dans la caisse.

— Vous…vous me tapez dessus et vous me soignez ensuite ?
— C’est une vocation : nous secourons tous les belligérants quelle que soit leur nationalité… 

De l’humour, comme toujours, au programme, du fin, du très fin qui se mange sans faim, comme le coup du demi-chef et le gimmik récurent avec le pont détruit que les Romains ont reconstruit et qu’il faudrait prévenir les gens avec une pancarte afin qu’ils ne traversent plus à la nage.

On voit bien que nous sommes en Suisse, ce tome (qui n’est pas de Savoie) est riche, bourré de pépites, d’humour en or brut et de rythme aussi trépidant que des banquiers au salon du billet vert.

Malgré les années, il ne prend pas une ride, il est toujours d’actualité et c’est un vrai plaisir de que de relire une fois de plus (je ne les compte plus).

Et puis, le final est excellent ! Car juste avant le banquet, on mettra les chose au poing… au point !

[Romaine] — Ah, divin Diplodocus, comme tu as des idées amusantes !
[Diplodocus] — Il le faut bien dans ce pays sévère… J’ai essayé d’organiser des jeux du cirque, mais les bêtes étaient tellement bien nourries qu’elles ne voulaient même pas goûter aux condamnés !

— Ils ont des éléphants !
— Mais non ils chantent imbécile.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°153.

Astérix – Tome 03 – Astérix et les goths : René Goscinny & Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 03 – Astérix et les goths

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1968/1979/…)

Résumé :
Panoramix se rend dans la forêt des Carnutes pour sa réunion annuelle des druides. Il gagne le prix du druide de l’année mais il se fait capturer par les Goths qui l’emmènent en Germanie pour utiliser ses pouvoirs afin d’envahir Rome et la Gaule. Astérix et Obélix doivent aller le sauver.

Critique :
J’aime réviser mes classiques, ressortir les valeurs sûres, entre deux nouveautés…

Ici, je suis en terrain connu et en terrain conquis, même si ça ne fera pas plaisir aux Goths d’entendre ça !

Maintenant, je ne lis plus mes Astérix dans l’ordre, mais si on fait les choses correctement, on pourra remarquer l’évolution des dessins et des caractères des personnages.

On le voit sur la couverture : Obélix est joyeux, prêt à aller casser du Romain et/ou du Goth tandis qu’Astérix est plus vindicatif, en colère, la main posée sur le manche de son épée.

Obélix prend de la place dans cet album et tant mieux ! Même s’il ne brille pas par son intelligence, il est drôle avec ses questions à la con et sur le fait qu’il ne comprend jamais rien. Astérix est toujours le guerrier rusé, celui qui réfléchit pour deux, celui qui pense, qui est plus sérieux que l’Astérix que nous verrons dans les albums postérieurs.

Panoramix, lui, a le triomphe modeste, mais n’avait pas peur de dire avant qu’il gagnerait le concours des druides dans la forêt des Carnutes. Et même enlevé par des Goths qui veulent de secret de la potion magique, jamais il ne se départira de son calme olympien.

Quand aux romains, ils sont fous, pas très malins, vachement crétins mais cela donne des situations cocasses, drôles et l’armée n’en sortira pas grandie !

Nos guerriers Goths, malgré leurs casques à pointes et leur dialogue en écriture gothique nous donneront, eux aussi, quelques belles tranches de rire !

Surtout que chez eux, tout le monde veut être le chef et que se sera une belle occasion de leur donner de quoi s’occuper durant quelques siècles. Pas de bol, après ils sont revenus et nous n’avions pas de potion magique.

Certes, nous n’en sommes pas encore aux excellents albums qui viendront après, mais ça présumait déjà que le futur serait plus qu’excellent car les petits tacles envers notre société étaient déjà présent et ils sont intemporels.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°118.

L’expédition – Tome 3 – Sous les larmes sacrées de Nyabarongo : Richard Marazano & Marcelo Frusin

Titre : L’expédition – Tome 3 – Sous les larmes sacrées de Nyabarongo

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (29/09/2017)

Résumé :
Peu après la conquête de l’Égypte, une centurie romaine découvre une embarcation à la dérive. À bord, le cadavre d’un homme noir portant des documents dans une langue inconnue, ainsi que des bijoux en métaux rares et pierres précieuses.

L’ouvrage magnifique de ces derniers évoque l’existence d’une civilisation riche et puissante.

Le centurion Caïus Bracca ne pouvant pas monter d’expédition officielle, il organise la désertion de dix hommes et les envoie, sous les ordres de Marcus Livius, à la recherche de cette civilisation inconnue de Rome.

Seuls trois d’entre eux parviendront effectivement aux portes de ce royaume fabuleux, et Marcus Livius sera le seul à en revenir pour raconter leur incroyable aventure.

Critique :
Ayant découvert la série sur le tard, j’ai pu lire les trois premiers albums sorti sans devoir attendre des années entre deux. Ici, il a fallu attendre 3 ans entre le tome 2 et le 3 et j’ai envie de dire : tout ça pour ça ?

Marcus se réveille après avoir reçu une flèche empoisonnée dans le tome 2 et là, il apprend que ça fait deux ans qu’il est dans le coma…

Heu, après 2 ans allongé sur un lit sans bouger, on ne devrait pas avoir les muscles atrophiés ou du moins, fort faibles ?

Faut croire que non car Marcus a l’air de se lever après une bonne nuit de sommeil…

Bon, notre Marcus a les muscles qui fonctionnent toujours et le cerveau aussi puisque monsieur se verrait bien calife au côté de la belle reine Noire ébène.

♫ J’me voyais déjà en haut de l’affiche, en dix fois plus gros mon nom d’étalait ♪ Si, si, je peux chanter car notre bonhomme se voit déjà en Alexandre le Grand, avec un Empire aussi grand que celui qui chevauchait Bucéphale. Tiens, tant qu’on y est, on jouerait bien à se faire plus gros que l’empire Romain.

Autant lui que ces hommes ont la folie des grandeurs (sans avoir l’humour de Don Salustre) et se voient tous écraser les autres et dominer les sauvages puisque de toute façon, l’Homme Blanc doit dominer tous les autres.

Sauf que, le peuple qu’ils ont découvert plus bas que l’Éthiopie actuelle n’a pas eu besoin d’eux pour être prospère (youpla boum).

Pour moi, rien de neuf sous le soleil, hormis un homme qui voulait être roi, des soldats qui rêvaient de grands domaines et de tout le monde se prosternant à leurs pieds.

S’ils avaient été plus malins et moins imbus de leur petite personne, ils auraient fait alliance avec le peuple de sauvages (comme ils disent, décidément, je rends hommage à Aznavour, moi), mais non, ils ne vont pas s’abaisser à ça !

Les auteurs continuent de déverser leur fiel sur le colonialisme et les empires, et pour cela, ils ont raison, mais j’aurais aimé que cet album donne moins l’impression qu’on tourne en rond.

Je verrai bien si on avance dans le tome 4 !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

L’Expédition – Tome 2 – La révolte de Niangara : Marcelo Frusin & Richard Marazano

Titre : L’Expédition – Tome 2 – La révolte de Niangara

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (29 aout 2014)

Résumé :
L’expédition de Marcus Livius, officiellement composée de déserteurs et officieusement placée sous les ordres du centurion Caïus Bracca, touche enfin au but après une éprouvante marche au cœur de l’Afrique.

Une marche lors de laquelle les hommes ont affronté nombre de dangers incroyables, ont été les témoins de douleurs atroces et ont perdu quelques compagnons.

Les légionnaires vont enfin découvrir cette civilisation riche et puissante, peut-être plus encore que ce qu’ils pouvaient imaginer !

Critique :
Il m’a fallu un certain temps avant de mettre la main sur la suite du tome 1 « Le lion de Nubie » mais une fois que ce fut fait, trainer pour la lire, je ne fis pas !

Allez hop, on rempile dans la Légion ! Engagez-vous, qu’ils disaient…

Je me demande si nos valeureux légionnaires ne préféreraient pas se faire taper dessus par des gaulois belliqueux qui résistent encore et toujours à l’envahisseur.

Nos hommes, des mercenaires, considérés comme déserteurs par Rome, accomplissent leur mission en secret, le tout pour la grandeur de Rome et si ça foire, ben, on n’en parlera pas.

Et ça a dû foirer puisque comme dans le premier album, on retrouve notre Marcus Livius en fâcheuse posture, sommé de tout raconter dans les détails la cause de sa désertion et sur cette fameuse expédition dont Caïus Bracca l’avait chargé, car ce dernier a avalé son extrait de naissance et n’est plus là pour témoigner.

Retour au récit de l’expédition… Nos légionnaires, face à ceux qu’ils considèrent comme des sauvages ou des sous-hommes, se comportent comme les grands con…quérants qu’ils sont, toujours prêt à apporter la civilisation à grands coups de glaive, s’attendant toujours à ce que les peuples asservis se prosternent devant eux qui représentent la Gloire de Rome.

Imbus d’eux-mêmes, ces hommes ont fait crisser mes dents, mais la réalité étant ainsi, je ne vais pas me voiler la face ou jouer ma vierge effarouchée : il en a été ainsi de tout temps et je ne serais pas surprise qu’il en fut toujours ainsi.

Mais puisque nos valeureux guerriers n’en font qu’à leur tête et rêvent de découvrir des richesses, ils n’ont pas écouté leur guide autochtone, Dubaku, et les voilà esclaves d’hommes Noirs, eux qui sont Blancs avec des fortes tendances suprémacistes puisque rien n’est plus grand que Rome.

Dans des tons moins sombre que le premier tome, cet album poursuit son exploration de ce qui se trouvait bien plus bas que l’Égypte et n’avait pas encore été découvert par l’envahisseur colonisateur, celui qui aime apporter les bienfaits de sa civilisation à des gens qui ne s’en sortaient pas si mal que ça avant sa venue.

Malgré tout, l’histoire a un peu du mal à décoller et elle est sauvée par les dessins superbes, même si certains romains se ressemblent un peu trop et qu’il nous faille un tatouage pour les différencier… Toujours un excellent travail sur les psychologies des légionnaires, dont certains sont en train de changer fameusement et révèlent leurs vrais visages. Et c’est sombre !

Ajoutons à cela quelques petits complots et toujours ce stupide Homme Blanc qui n’en fait qu’à sa tête car il ne veut pas devoir quoi que ce soit à son guide Noir ou aux esclaves présents sur le site de la mine. Ce sont des Romains, fallait pas s’attendre à un autre comportement.

La touche de mystère, présente lors du récit des guerres intestines qui ravagent le pays de Dubaku, notamment avec la disparition de la reine, trouve son dénouement à la fin de cet album mais relance le suspense pour la suite que je ne vais pas manquer de lire et de chroniquer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).