La Nuit divisée : Wessel Ebersohn [Yudel Gordon – 2]

Titre : La Nuit divisée [Yudel Gordon – 2]

Auteur : Wessel Ebersohn
Édition : Rivages Noir (1993/2016)
Édition Originale : Divide the Night (1981)
Traducteur : Nathalie Godard

Résumé :
Weizmann, petit commerçant qui tient une épicerie, vient de tuer une jeune Noire qui, selon lui, tentait de pénétrer dans sa boutique.

Or, cette jeune Noire est la huitième personne de couleur que Weizmann abat dans des circonstances analogues.

Et selon la rumeur publique, le petit commerçant laisserait, certaines nuits, la porte de son magasin ouverte pour mieux piéger ses « victimes »…

Critique :
Un roman noir se déroulant en Afrique du Sud nous fait toujours entrer dans une autre ambiance qu’un autre, comme si nous pénétrions dans une autre dimension, poussant une porte que l’on aurait aimé ne jamais ouvrir.

Pourtant, je la pousse toujours dès qu’il s’agit de Wessel Ebersohn et de son détective psychologue, Yudel Gordon.

Avec ce roman-ci, je pense que j’ai vraiment poussé une porte ultime et été le témoin d’actes dont j’aurais mieux aimé ne jamais apprendre l’existence.

N’étant pas un lapereau de l’année, je me doutais qu’elles avaient lieu, je les suspectais, l’Humain étant le champion du monde toute catégories au niveau de la cruauté et des pièges tendus aux autres.

Le premier chapitre ne nous laisse que peu de possibilités de fuite : on assiste, impuissant, à l’entrée d’une gamine Noire crevant de faim dans le piège tendu par le commerçant Johnny Weizmann : la porte de sa réserve entrouverte et la vue, pour les estomacs affamés, de paquets de biscuits.

Deux balles tirée à bout portant pour cette gamine. Pas de sanction pour l’enfant de salaud de Weizmann, si ce n’est de consulter un psychologue parce que là, ça en fait un peu de trop, de trophée de chasse humain.

Un enfant de salaud, en effet… Oui, papa Weizmann était un salaud de la pire espèce et penser que son fils, flingueur de pauvres hères, en est un aussi, c’est un pas qu’il ne faut pas franchir trop vite.

Chez l’auteur, rien n’est jamais tout à fait blanc, ni tout à fait noir et au fil du récit, on fait la part des choses, on comprend le pourquoi, même si on ne pardonne pas. Le problème est né ailleurs, les conséquences se font sentir depuis lors.

Yudel, pressentant que le commerçant va récidiver et ne le voyant plus arriver à ses séances va mener son enquête et elle ne sera pas de tout repos, l’auteur en profitant pour nous faire visiter une partie de la mentalité de l’Afrique du Sud qui ne laisse pas indemne tant la violence est banalisée et la population Noire sans droits aucun, si ce n’est de se taire et de ne rien dire. Raser les murs, aussi. Et pire encore.

Dans une société où seuls les Blancs ont le droit de s’armer, où seuls les Blancs ont des richesses, des possessions et donc, des choses à perdre lors d’une cambriolage, il est est autorisé par la loi de tirer à vue sur un cambrioleur, qu’il soit menaçant ou en fuite et si vous vous trompez de cible, pour les policiers, si la personne tuée ou touchée est Noire, et bien, on classera l’affaire.

Pousser la porte d’un roman de Ebersohn comporte toujours un risque, en plus de celui de devenir accro à ses romans, ses ambiances, son personnage atypique d’enquêteur psychologue : ici, nous ne sommes pas dans le monde des Bisounours, si dans de la SF, mais ceci est la réalité d’une société et il est un fait que le roman est glaçant.

Le lecteur prend un risque en le lisant, mais dites-vous bien que l’auteur en a pris encore plus pour l’écrire car toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire.

L’histoire se déroule en 1978… On sent, malgré tout, que le système horrible qui était en place se gangrène, qu’il n’est plus tout aussi puissant qu’avant, que le reste du Monde a porté un regard sur les émeutes de Soweto qui eurent lieu en 1976 et que l’Afrique du Sud telle qu’elle était commence à vaciller sur son piédestal.

La bête est blessée, mais avant d’agoniser, elle donne toujours des coups de crocs, de griffes et tente, malgré tout, du survivre car perdre son statut de tout puissant Homme Blanc fait peur et entraîne que la vie ne sera jamais plus comme avant.

La Nuit Divisée est un roman noir glaçant qui décrit une société pourrie de l’intérieur et un système inégalitaire qui n’a que trop duré. Tout à son enquête, Yudel Gordon nous laisse entrevoir la vie et le mode de raisonnement de certains de ses compatriotes, qu’ils soient Blancs tout puissant ou Noir et sans droits.

Un roman noir percutant et pour l’instant, le meilleur de la saga.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

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Coin perdu pour mourir : Wessel Ebersohn [Yudel Gordon – 1]

Titre : Coin perdu pour mourir

Auteur : Wessel Ebersohn
Édition : Payot et Rivages (02/09/1994)
Édition Originale : A lonely place to die (1979)
Traducteur : Nathalie Godard

Résumé :
Le fils d’un politicien important meurt après avoir mangé des champignons vénéneux. Un domestique noir, qui a manifestement perdu la raison, est inculpé.

Mais Yudel Gordon, le psychiatre de la prison, refuse cette version des évènements. Pour prouver l’innocence du simple d’esprit, il se rend dans une ville reculée de province afin d’interroger des parents et des amis de la victime, ainsi que la presse locale. Il doit alors faire face à un milieu hostile, effrayant, meurtrier.

Longtemps interdit en Afrique du Sud, Coin perdu pour mourir a pour héros Yudel Gordon, un psychiatre attaché à l’autorité judiciaire, découvert dans « La nuit divisée » et retrouvé dans « Le cercle fermé ».

Critique :
Tous les champignons sont comestibles, certains une fois seulement (© Coluche).

Et c’est ce qui est arrivé à petit patron Marthinus : tout le monde au repas à mangé des champignons et lui seul est mort empoissonné.

Si le coupable est tout trouvé, Yudel Gordon, le psychiatre de la prison, trouve que le profil ne correspond pas, car Muskiet n’a pas l’eau et le gaz à tous les étages, de plus, c’est un impulsif, pas un type qui prémédite un crime avec du poison.

Alors, notre psychiatre va enfourcher sa tenue de détective et se rendre à Middelspruit. Si vous voulez savoir où elle se trouve, c’est en Afrique du Sud, le pays de l’Apartheid.

— Le jour avant que petit patron Marthinus est mort je vois Muskiet au kraal du bétail. Muskiet, son visage est gros comme si on l’a tapé. “Muskiet, qu’est-ce qui se passe ?” je dis. Muskiet me dit : “Anna, il m’a frappé encore. Le vieux patron Marthinus il me frappe jamais. Je veux pas que ce maudit crétin me frappe. Je le tue. Il croit que Muskiet est l’idiot. Je le tue.”

Yudel est Blanc et Muskiet Lesoro est Noir, c’était un kaffir. La victime était le fils de Marthinus Pretorius, l’employeur de Muskiet, un Afrikaner. Yudel est juif aussi… Je pense que tout est dit.

À la lecture de ce livre, je peux comprendre qu’il ait été interdit en Afrique du Sud (publié en 1979) car il démontre le côté patriarcal de cette société où on écoute la voix de l’ordre établi et où, comme à l’armée, les inférieurs aiment faire sentir aux plus inférieurs qu’eux, leur petite supériorité.

Quand on vivait, comme eux, dans une société patriarcale, quand on y avait grandi, on écoutait la voix de l’ordre établi, on emboîtait le pas au membre du Parlement, au dignitaire de l’Église, à son officier supérieur ou au premier venu installé une marche plus haut sur l’échelle sociale. On ne remettait jamais en question le point de vue de ceux du dessus, et on n’oubliait jamais sa place dans la hiérarchie. On ne laissait jamais non plus ceux d’en dessous oublier la leur.

— Ne t’inquiète pas, ils savent reconnaître l’autorité quand ils la voient. Comme tu me l’as toujours fait remarquer, on vit dans une société patriarcale.

Dans ce genre de roman noir, le crime n’est qu’un prétexte pour nous décrire le mode de fonctionnement de la société, pour nous expliquer les hiérarchies, pour nous démontrer que la corruption gangrène le tout et que la loi de l’Homme Blanc est plus forte que celle du pauvre Homme Noir.

C’était un phénomène fâcheux, qui voulait que les crimes commis par les gens de votre bord soient toujours moins odieux que ceux des autres. En poussant le raisonnement à l’extrême, on arrivait à dire que les gens de son propre groupe n’avaient jamais tort. Freek semblait vouloir justifier cette mini-vague de terreur. Qu’on n’ait arrêté personne ne paraissait pas le troubler. Si les choses se calmaient, on oublierait et tout irait bien. Les catholiques auraient peut-être dû bâtir leur monastère ailleurs, là où ils étaient les bienvenus.

Que la loi des flics est celle qui prévaut et que si Yudel tente d’y échapper, il risque de se faire tirer les bretelles, et méchamment en plus.

— Vous ferez ce que je vous dirai de faire. Et n’essayez pas de me faire passer pour un abruti.
— Pas la peine, sergent, vous vous en sortez très bien tout seul.
— Ne jouez pas au con, cria le sergent, ou je vous embarque, putain ! J’en ai rien à foutre que vous travailliez pour le Bureau des prisons. Pour moi c’est de la merde.
— Si vous savez qui je suis, pourquoi m’avoir demandé mon nom ? Et ne vous vantez pas, sergent, vous n’allez pas m’arrêter. 
Face à l’aplomb de Yudel, qui laissait supposer des appuis en haut lieu, l’assurance et la fureur du sergent commençaient à s’évanouir.

De tous les côtés on lui mettra des bâtons dans les roues et il lui faudra beaucoup de pugnacité pour mener cette enquête à bien. J’avais capté avant lui, mais cela n’a rien enlevé de mon plaisir, puisque j’étais prises dans les rets de cette société horrible qu’est celle de l’apartheid.

Entre autres, il y avait le fait indéniable que les lois du pays et l’efficacité sans relâche des forces de police veillaient à ce qu’aucun Noir ne dépasse les limites. S’il le faisait, on lui démontrait aussitôt son erreur et il l’oubliait rarement.

Ici, les Blancs, les Afrikaners, refusent la moindre avancée des droits civiques pour la population Noire. Des droits ? Et puis quoi encore ? Ici, tuer un Afrikaner est un crime, tuer un Noir ne l’est pas. Quant à tuer un psychiatre Juif, ce ne serait pas grand mal non plus, juste un simple homicide.

Tuer un Afrikaner était un crime. Tuer un Juif, rien de plus qu’un vulgaire homicide. Mais N’Kosana était noir. Le tuer ne correspondait à aucun crime défini.

L’auteur balance du lourd, trempe sa plume dans l’acide et rajoute une couche en nous parlant du Boere Nasie, cette organisation visiblement engendrée par un besoin névrotique de pouvoir, ou par la peur de le perdre, car une fois qu’on a le pouvoir et le dessus sur les autres, on aimerait pas qu’il nous chipe des doigts et se retrouver sous la botte de ceux que l’on nommait « inférieur » avant.

Ils m’ont fait penser à ces américains qui ont voté pour Trump parce qu’ils ont peur de ces étrangers qui réussissent mieux qu’eux ou les enfants, que ce soit à l’école ou dans la vie professionnelle.

Ce roman a beau dater de 1979, je l’ai trouvé très juste dans son analyse qui s’applique toujours à notre époque, même si, depuis, l’Afrique du Sud a eu un président Noir et les États-Unis aussi.

La fonction du Ku Klux Klan dans le sud des États-Unis était implicite, dans le mécanisme étatique de l’Afrique du Sud. Les Blancs rétrogrades ne s’étaient jamais sentis menacés au point de former une telle organisation. Ils se reposaient sur la certitude que le pouvoir et l’autorité se dressaient entre eux et les hordes noires.

Yudel savait qu’il n’y avait pas plus borné qu’un fanatique qui croyait sincèrement en sa cause – et pour cette raison, pas plus dangereux.

Un roman noir fort, puissant, qui décrit avec précision le système en vigueur en Afrique du Sud, surtout dans les petites villes où l’apartheid était encore plus prononcé, où les Noirs partaient bosser très tôt le matin, rentraient tard le soir, éreintés à force de courber l’échine, et où ils n’avaient pas le droit de se trouver au-delà d’une certaine heure dans les quartiers des Blancs.

[…] la certitude que tout ce qui était noir aurait déblayé les rues de Middelspruit pour Phontomol avant le couvre-feu de neuf heures.

Un schéma sud-africain classique. Pas une ville qui n’ait sa banlieue noire. Sans elle, où le magasin trouverait-il son livreur, le dépôt de charbon son ouvrier, ou Mrs van Schalkwyck sa bonne ?

Un auteur et un roman noir à découvrir, ne fut-ce que pour frémir et s’enrichir afin de ne jamais reproduire cela.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°19 Figure jaune- Livre à couverture dominante jaune) et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

Sweet sixteen : Annelise Heurtier

Titre : Sweet sixteen

Auteur : Annelise Heurtier
Édition : Casterman (2014)

Résumé :
RENTRÉE 1957.
Le plus prestigieux lycée de l’Arkansas ouvre pour la première fois ses portes à des étudiants noirs.
Ils sont neuf à tenter l’aventure.
Ils sont deux mille cinq cents, prêts à tout pour les en empêcher.

Cette histoire est inspirée de faits réels.

Critique :
1954 après J-C. La Cour Suprême des États-Unis vote la déségrégation et permet aux étudiants Noirs d’aller étudier dans les écoles de Blancs.

Toute l’Amérique se soumet ? Non, les états du Sud résistent encore et toujours à ce jugement.

Entre une décision de justice et la réalité, il y avait un monde à traverser.

Arkansas, 1957 : le prestigieux Lycée Central de Little Rock doit ouvrir ses portes à neuf étudiants noirs… et c’est là que les Romains s’empoignèrent.

En Amérique, les Sweet Sixteen symbolisent le passage à l’âge adulte. 16 ans, c’est un cap, mais pour certains étudiants, ce ne sera pas sweet du tout.

Qu’il en a fallu du courage et une grosse paires de cojones à ces 9 étudiantes et étudiants Noirs pour effectuer leur rentrée scolaire dans un bahut composé de plus de 2500 Blancs qui n’étaient pas du tout disposés à leur faciliter la vie. Pire, même…

Une foule incroyable était massée devant l’école. Les trottoirs étaient noirs de Blancs.

Ils n’en voulaient pas, de ces « Nègres », comme ils disaient, ces étudiants dont le crâne avait été bourré de préjugés et de théories à la con par leurs parents, leurs grands-parents et tous leurs ancêtres esclavagistes.

Molly avait beau avoir grandi dans ce quotidien là, elle était tout à fait consciente de l’iniquité de la situation. La vie des Noirs semblait être faite d’un ingénieux assemblage d’injustices courantes, ne visant qu’à une chose : les maintenir à leur place, c’est-à-dire sous les semelles des Blancs.

Dans ce court roman d’un peu plus de 200 pages, il y a du concentré d’imbécilité humaine, des préjugés raciaux, des conneries à l’état pur dites ou pensées par les Blancs et je vous avoue que voir des gens civilisés (sois-disant) se comporter comme des enfoirés de première, et bien, ça fait mal à la gueule.

Mal ma gueule parce que ce sont les Noirs qui sont désignés comme des non-civilisés par des gens qui se comportent pire que des singes (les Blancs). Honte pour eux, les Blancs. Même le président Eisenhower devra intervenir…

Le Président Eisenhower en personne était intervenu dans l’affaire. Dès le lendemain, mille soldats de la 101è division aéroportée seraient parachutés à Little rock, pour permettre à Molly et à ses huit camarades de suivre les cours en toute sécurité. La 101è division. Des hommes qui faisaient la guerre dans le monde entier.

Voir ces honnêtes (tu parles) mères de famille blanches grimper aux grillages de l’école, les cheveux décoiffés, les jupes déchirées par l’exercice, la rage déformant leurs traits… tout ça pour quoi ?? Pour agresse Molly, noire, une des deux narratrices du roman. Pitoyable…

L’autre narratrice est Grace, une jeune fille blanche, de « bonne famille », c’est-à-dire que ses parents ne sont pas trop enchanté de l’arrivée des étudiants noirs. L’autre est Molly, étudiante noire, qui fait partie des Neuf. Molly est inspirée d’une des véritables étudiantes.

J’ai aimé avoir l’avis de Grace qui se trouve être plus modérée que les autres Blancs, bien qu’elle ne se frotte pas pour autant aux étudiants de couleurs, de peur de perdre sa popularité. Pour le reste, elle ne brutalise personne, elle est d’avis de ne pas faire attention à eux et puis c’est tout. Pourtant, elle n’est pas faite de bois et c’est bien une des rares qui réfléchisse et qui comprenne.

Molly, elle, elle va en baver durant son année scolaire… j’ai aimé sa fraicheur, ses peurs, ses faiblesses, son cran. Elle sait qu’elle et les autres sont des pionniers et que plus tard, d’autres en profiteront, il faut juste ouvrir la voie.

L’intégration était suspendue ? Peut-être que cela valait mieux, après tout. Sa vie redeviendrait comme avant. Injuste, mais normale et rassurante. Avec des écoles minable, mais sans menaces de mort au téléphone.

Tout le roman se lit sous tension, on a peur pour eux parce qu’un Blanc peut tuer un Noir sans que cela entraine des sanctions. C’est comme s’il avait écrasé une mouche. Le Blanc peut insulter le Noir, mais le pauvre ne peut pas répondre. Facile, non ?

Lire ces événements aux travers le récit d’un personnage inspiré d’un vrai donne plus de corps au récit, plus de punch, plus de peine et de cœur serré. Nous sommes en 1957, mais c’est dans le Deep South qu’on est tombé et ça pue encore le racisme de la guerre de Sécession.

Voir autant de conneries humaines, ça ne vous fait pas vous sentir bien. Savoir que l’on ferma ensuite le Lycée durant plus d’une année scolaire, empêchant ainsi TOUS les étudiants d’y entrer, je trouve ça du gâchis. Un manque de logique grave que d’empêcher 2500 élèves de faire leur rentrée juste pour ne pas que quelques uns (les Noirs) rentrent eux aussi.

Mais ce qui me donne encore plus de sueurs froides, c’est lorsque je me demande comment nous réagirions, nous, si demain, on faisant entrer dans nos écoles certains enfants… vous savez, ceux des gens qui nous font resserrer instinctivement les bras sur nos sacs à main lorsqu’ils arpentent les métros, ceux que Daniel Guichart mettaient à l’honneur dans une chanson ♫ Il ne sait pas d´où il vient ♫ Mais il sait toujours où il va, Il a des milliers de cousins ♪

Comment réagirions-nous si… ? Et là, j’ai peur de la réponse, peur de voir des gens se comporter aussi mal que dans ce roman.

Parce qu’une foule, c’est bête ! Une foule en colère, ça ne réfléchit pas. Parce que les préjugés et la démagogie ont encore de beaux jours devant eux et que certains aiment jeter de l’huile sur le feu.

La stupidité était la chose la mieux partagée au monde.

Un grand roman fort, brutal, servi par une plume que l’on sent au service de la littérature jeunesse, mais qui n’écorchera pas les yeux d’un lecteur adulte.

Un roman qui fait réfléchir sur les comportements totalement fous de certains humains qui auraient juste mérité le titre de tarés profonds et dangereux. Non, pas taré, ce serait encore trop gentil.

Heureusement qu’il reste l’espoir dans ces pages, même si les actualités me font douter parfois…

Peut-être que finalement Maxene Tate avait raison. Peut-être que tout cela ne faisait que commencer. Peut-être que le jour viendrait où les Noirs pourraient assister aux mêmes spectacles que les Blancs. Peut-être que les piscines leur seraient ouvertes toute la semaine, et pas seulement la veille du nettoyage. Qu’un chanteur noir aurait le droit de faire swinguer une femme blanche sans être boycotté. Qu’il serait permis de se marier en mélangeant les couleurs.
– Et peut-être même qu’un jour il y aura un président noir à la Maison-Blanche ! s’enflamma-t-elle devant son miroir.

« Le Mois Américain » chez Titine.

CHALLENGE - Mois Américain Septembre 2014

Les Soldats de l’aube : Deon Meyer

Titre : Les Soldats de l’aube                                                    big_4

Auteur : Deon Meyer
Édition : Éditions du Seuil (2004)

Résumé :
Zatopec, dit « Zet », van Heerden fut un brillant officier de police de la brigade des vols et homicides du Cap, en Afrique du Sud. Pour l’heure, il s’applique à traîner, de bar en bar, une culpabilité dévorante et une violence à fleur de peau.

C’est donc presque malgré lui qu’il est amené à enquêter, pour le compte de l’avocate Hope Beneke, sur le meurtre de Johannes Jacobus Smit, tué d’une balle de M16 dans la nuque après avoir été torturé à la lampe à souder. Wilna, l’épouse de la victime, rapidement mise hors de cause, les pistes sont minces pour orienter les investigations de Zet.

Prêt à renoncer, il découvre par hasard que le coffre de la victime contenait des dollars US, et que Smit cachait des secrets risquant de mettre en péril de hautes instances qui n’ont guère envie de faire la lumière sur des affaires empoisonnées aux relents de racisme d’avant apartheid.

Critique : 
Un homme assassiné dans sa maison, un testament volé et une veuve qui, n’étant pas mariée au défunt, va devoir faire une croix sur les pèpètes.

Voilà un début aussi trépidant qu’un épisode de l’inspecteur Derrick.

Son avocate qui demande à van Heerden, ancien flic de faire la lumière sur ce papier volé…Passionnant comme un Derrick, toujours.

Là, je m’étais dit qu’au lieu de m’attarder en Afrique du Sud, j’aurais mieux fait de décoller pour l’Europe ou de me taper un roman noir américain. Et j’aurais eu tort de quitter l’Afrique du Sud ! Bien fait de prolonger le voyage, même.

Certes, ça commence un peu lentement, mais une fois accroché, la surprise est de taille !

L’écriture ? Un plaisir ! La narration ? Alternance de récit à la troisième personne (pour les faits présents) et certains chapitres à la première personne parce que Zatopek (Zet) van Heerden va nous raconter une partie de sa vie afin d’expier ses fautes passées.

Van Heerden… Un personnage trouble, troublé, torturé, aigri, mais sans sombrer dans la caricature habituelle. Voyez-vous même : Zet a le caractère d’un Dr House croisé avec un pit-bull qui aurait une épine dans le coussinet, le tout avec des relents d’un Mike Tyson. Monsieur est mélomane aussi.

Il y a de la profondeur dans ce personnage auquel on s’attache immédiatement. Un Erlendur du grand Sud, presque (sauf pour le côté Rocky).

Durant son enquête, tout en ronchonnant et en distribuant quelques coups de poings, on va découvrir son passé, ce qui est arrivé lorsqu’il était enquêteur, ainsi qu’une partie de sa jeunesse.

La mort de son père, ses masturbations, son dépucelage (ah, j’en vois qui relèvent la tête, intéressés), ses études… C’est Zet qui nous écrit sa propre histoire, non pas comme un romancier, mais plutôt comme le témoin de sa propre vie.

— Ton grand-père van Heerden a dit à ton père qu’il deviendrait aveugle à force de se masturber et ton père m’a rapporté que lorsqu’il était en pension il ouvrait très lentement les yeux le matin parce qu’il avait la trouille. Mais moi, je ne veux pas que tu écoutes ce genre d’âneries. Se masturber est normal, sain et ne fait de mal à personne. En plus que ça ne met pas les filles enceintes et n’oblige personne à quoi que ce soit. Si ça peut t’aider, vas-y.

Deux mystères dans le roman : qui a tué Jacobus Smit et forcé son coffre et que s’est-il putain bien passé ce jour maudit pour l’affecter autant ?? Comment est-il passé d’un enfant souriant à un homme aigri ? Surtout qu’il nous répète que tout le monde se trompe sur la cause de son mal-être. Rhâââ, suspense.

Pourquoi faut-il donc que quand il s’agit de porter un jugement sur la vie d’autrui, les gens se contentent d’arrondir au chiffre supérieur ? Alors que pour leurs propres vies ils sont prêts à jongler avec des milliers de chiffres, à multiplier, ajouter et soustraire jusqu’à ce que, les comptes étant bien truqués, le résultat final leur convienne ?

Ma seule petite critique sera que je n’ai pas vraiment senti (au début de ma lecture) que j’étais en Afrique du Sud : hormis les noms des personnes et les noms des journaux à forte consonance hollandaise. C’était plus prégnant dans « La tuerie d’octobre ».

C’est plus loin dans le récit, que l’on sentira alors tout le poids de l’apartheid, toujours fidèle au poste, cette haine latente entre les Blancs et les Noirs, cette haine des Boers, les programmes de développement séparés. Ce sera surtout au travers des souvenirs d’un autre personnage du livre, P’tit Mpayipheli, que nous aurons droit à quelques souvenirs sur cette période trouble.

— Il était prof au township de Mamelodi. Il parlait afrikaans mieux que moi. Il s’était fait arrêter parce qu’il marchait à pied dans un quartier blanc après minuit. Il se rendait à la gare distante de douze kilomètres. Il venait de voir un professeur de l’Université d’Afrique du Sud, sur l’invitation expresse de ce dernier. Il devait lui dire où il en était de son mémoire de maîtrise sur Breyten. On l’avait bouclé parce que qu’est-ce qu’un Noir pouvait bien faire dans un quartier blanc à une heure pareille, hein ?

Niveau personnages, Zet n’est pas le seul a être bien travaillé, les autres aussi, de l’avocate aux mercenaires, en passant par les flics, les militaires et tutti quanti. L’auteur ne les a pas laissé en rade et s’est bien penché sur eux aussi.

Ce roman  qui avait tout des airs d’un Derrick pépère se révèle donc plus profond que ce que j’avais pensé au début. Le suspense est présent, savamment dosé et le mystère ne sera dévoilé qu’à la fin des 7 jours d’enquêtes (on est en juillet 2002).

— Vous êtes bon, van Heerden, je dois le reconnaître. En quoi… six-sept jours ? vous avez réussi à faire quelque chose que toutes les forces armées de ce pays réunies ont été incapables d’accomplir en vingt-trois ans.

Personnages au poil, avec un Zet qui a les manières d’un Rick Hunter – la précision de tir en moins – la sagacité d’un Sherlock et le caractère d’un ours mal léché qui aurait gagné Master Chef, vu la manière dont il nous mitonne des bons petits plats.

On aura un passage limite « Piège de cristal » avec des balles qui siffleront à vos oreilles et là, je vous conseille de vous planquer derrière le divan parce que vous risquez gros si vous restez planté comme des imbéciles au milieu de la pièce.

Un très beau voyage en Afrique du Sud et je compte bien encore réitérer l’expérience avec l’agence de voyage Deon Meyer.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Grand prix de littérature policière 2003 et Prix Mystère de la Critique 2004).

CHALLENGE - À tous prixCHALLENGE - Thrillers et polars 2015-2016

La Tuerie d’Octobre : Wessel Ebersohn [Yudel Gordon – 4]

Titre : La Tuerie d’Octobre [Yudel Gordon – 4]

Auteur : Wessel Ebersohn
Édition : Payot et Rivages (2014)

Résumé :
A l’âge de 15 ans, Abigail Bukula assiste au massacre de ses parents lors d’un raid perpétré par un commando de blancs contre des militants anti-apartheid.

Elle est épargnée grâce à un jeune soldat.

Des années plus tard, devenue juriste et haut fonctionnaire du nouveau gouvernement Sud-africain, Abigail revoit Leon Lourens, le soldat qui l’a sauvée. Il lui demande de l’aider car les membres de l’ancien commando ont presque tous trouvé la mort dans des circonstances mystérieuses.

La jeune femme va devoir retourner dans un passé qu’elle préfèrerait oublier, et, pour cela, elle sollicite le concours d’un homme singulier qui a travaillé sous le régime de l’apartheid : Yudel Gordon, juif, psychiatre des prisons et enquêteur à ses heures.

Les 3 autres volumes de la série, tous en collection Rivages/Noir, sont : La nuit divisée (1993), Coin perdu pour mourir (1994), Le cercle fermé (1996).

Critique : 
Après le Mali et le Kenya, j’ai décidé de poser mes valises dans l’Afrique du Sud post-apartheid.

Chouette, l’apartheid est mort ! Tout va bien, alors ? Ben non, pas vraiment. Certaines mauvaises idées de meurent jamais..

L’Afrique du Sud tourne sur trois pattes et les Township sont toujours un enfer sur terre. Même si les Blancs ont moins de pouvoir, le racisme ambiant a encore de beaux jours devant lui et si certains Noirs ont accédé à des postes, il en reste encore beaucoup qui crèvent à petits feux dans les quartiers miséreux.

Abigail Bukula est l’illustration des Noirs qui ont réussi à gravir les échelons et cette petite bonne femme a un courage monstre, une personnalité fouillée et bien des secrets cachés en elle.

C’est elle qui a survécu au raid, visant des militants anti-apartheid, il y a 20 ans, (en 1985) grâce à un soldat, Leon Lourens. De ce qui s’est passé durant le raid, nous ne le saurons que petit à petit, afin de ménager le suspense.

Si vous cherchez du trépidant, oubliez ce roman. L’enquête n’a rien d’un 24h/chrono, même si elle vous tient en haleine car l’heure tourne, on se rapproche de la date fatidique et il ne faut pas traîner en route.

En fait, l’enquête sert plus à mettre la lumière sur les dysfonctionnements de la société sud africaine et ses vieux démons de l’apartheid qui ne sont pas encore tout à fait mort.

Dans ce roman noir, tout est centré sur les personnages, fouillés, psychologiquement aboutis, dont un récurent : Yudel Gordon (que j’ai découvert ayant commencé par le dernier), juif et ancien psychiatre des prisons ayant fait carrière sous l’apartheid.

Ici, les gens qui ont fait carrière sous l’apartheid ne sont pas tous des salauds de la pire espèce, que du contraire. Les personnages sont bien plus fins et plus complexe que ça. Tourmentés, aussi, d’avoir travaillé sous l’ancien régime.

— À Maseru, j’ai été sauvée par un homme bon qui défendait une mauvaise cause, et le lendemain, j’ai été délivrée par un homme mauvais qui se battait pour une bonne cause.
— Rien n’est jamais simple dans la vie.

A contrario, les héros sous l’apartheid ne sont pas toujours des chevaliers purs et bons, certains ont même tout du psychopathe sanguinaire. Pire, certains de ces assassins ont même été récompensé en accédant à des hautes fonctions.

La situation politique du pays fournissait à certains une raison « moralement acceptable » de tuer. Et rien n’a changé sous le soleil. Puisqu’on ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs, on ne change pas un pays sans que des innocents trinquent méchamment.

De l’avis de Yudel, ce n’était qu’un opportuniste à qui la situation politique du pays fournissait une raison moralement acceptable de tuer.

Sans jamais sombrer dans la surenchère, juste avec quelques situations bien décrites ou des dialogues qui font mouches, l’auteur arrive à nous décrire une Afrique du Sud qui se cherche encore, ses fêlures, ses dysfonctionnements, sa misère dans les Township et le racisme qui est toujours présent dans l’esprit de certains.

Simon Mkhari, par exemple, avait brûlé vive une femme de soixante ans, coupable d’avoir acheté de quoi manger dans une épicerie tenue par un Blanc, contrevenant ainsi aux ordres de boycott.

L’enquête est bien menée, les personnages, à la psychologie fouillée, m’ont entrainé dans une Afrique du Sud qui a mal et l’auteur m’a subjugué avec sa plume simple, mais efficace, perfide aussi, et qui a fait mouche sans sombrer dans le grandiloquent ou le n’importe nawak.

Un roman noir « coup de poing » et un final « coup de pied dans le cul ».

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016). Première fiche !CHALLENGE - Thrillers et polars 2015-2016

Zulu : Caryl Férey

Titre : Zulu                                                                big_4

Auteur : Caryl Férey
Édition : Folio Policier

Résumé :
Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l’Inkatha, en guerre contre l’ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu’elles lui ont fait…

Aujourd’hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l’Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d’Afrique, bat tous les records.

Les choses s’enveniment lorsqu’on retrouve la fille d’un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch.

Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l’agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds…

Si l’apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l’ombre de la réconciliation nationale…

Critique :

Ma petite virée en Afrique du Sud avec l’agence de voyage Férey s’est soldée par une envie folle de ne jamais y mettre les pieds,‭ ‬comme en Nouvelle-Zélande,‭ ‬d’ailleurs.‭ ‬Grâce à lui,‭ ‬je raye des pays entiers de la carte.

Une fois de plus,‭ ‬grâce à cet auteur,‭ ‬je termine une lecture exsangue,‭ ‬essoufflée,‭ ‬dégoûtée‭ (‬pas de l’auteur‭) ‬et avec l’impression que je suis seule,‭ ‬tout le monde étant raide mort tout autour de moi…

Férey,‭ ‬c’est la lecture coup de poing ou coup de pied au cul;‭ ‬Férey,‭ ‬ce sont les cadavres disséminés un peu partout dans les pages;‭ ‬Férey,‭ ‬se sont les policiers un peu borderline dont les veines et tout le corps charrient la souffrance à l’état brut, Ali Neuman étant le parfait prototype, lui qui a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l’Inkatha, en guerre contre l’ANC, alors clandestin.

Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu’elles lui ont fait… C’est vous dire toute l’horreur !

Férey,‭ ‬c’est une entrée en matière canon,‭ ‬directement dans le bain…‭ ‬de sang.‭ ‬Violences,‭ ‬assassinats,‭ ‬tortures,‭ ‬bref,‭ ‬tout ce que l’homme peut offrir de pire,‭ ‬tout ce qu’un régime totalitaire ou des mercenaires ont à vous offrir ‭ ‬:‭ ‬la mort dans d’atroces souffrances et si vous vivez,‭ ‬c’est dans un état… infernal.

Férey,‭ ‬il nous parle des ethnies,‭ ‬des minorités,‭ ‬qu’elles soient maories ou zoulous.‭ ‬Une visite d’un pays comme vous n’en auriez jamais fait de votre vie.

Férey,‭ ‬il ne survole pas les personnages ou les lieux,‭ ‬il les pénètre et vous le suivez dans l’enfer.

Bien que j’ai une nette préférence pour‭ « ‬Haka »‬,‭ ‬j’ai passé un bon moment de lecture avec Zulu‭ (‬si on peut dire ça ainsi‭)‬. D’ailleurs, j’ai dû réviser mon Histoire de l’Afrique du Sud, sinon, j’aurais été perdue.

Quel livre,‭ ‬quelle descente en enfer.‭ ‬On a beau se dire que c’est une fiction,‭ ‬les faits ne sont pas inventés,‭ ‬les problèmes politiques, ethniques, sécuritaires,… de l’Afrique du Sud sont réels et on nous met le nez dedans.

Sueurs froides garanties…‭ « ‬Plus jamais ça ‭ ! » ‬qu’ils disaient.‭ ‬Tu parles ‭ !

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » ‬et on ne le répétera jamais assez.

Il ne me reste plus qu’à m’envoler pour l’Argentine avec lui…‭ ‬non,‭ ‬pas tout de suite,‭ ‬un peu de lecture jeunesse me fera le plus grand bien.

Si tu aimes les romans noirs très noirs‭‬,‭ ‬lis « Zulu ».‭ ‬

Si tu n’as pas peur de ce que tu pourrais découvrir sur l’être humain…‭ ‬Lis Zulu !

Si tu n’as pas peur de t’immiscer dans une Afrique du Sud post Mandala, post apartheid, post guerre des Boers, totalement corrompue et plus qu’infectée par la violence, la drogue, les meurtres, le sida, plus d’autres trucs louches… Lis Zulu !

Sinon,‭ ‬voilons-nous la face.

Critique publiée dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » organisé par Liliba.

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