Les Chevaliers d’Héliopolis – Tome 4 – Citrinitas, l’oeuvre au jaune : Alejandro Jodorowsky et Jérémy

Titre : Les Chevaliers d’Héliopolis – Tome 4 – Citrinitas, l’oeuvre au jaune

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : Jérémy

Édition : Glénat (15/01/2020)

Résumé :
Il ne deviendra jamais le roi de France. L’Alchimie lui réserve un plus grand destin. 1888.

Au refuge des Chevaliers d’Héliopolis, Asiamar, âgé de cent-dix ans, se prépare à accomplir le dernier rituel de son initiation : Citrinitas, l’œuvre au jaune, qui lui permettra de retrouver sa jeunesse et de vivre mille ans.

Il est désormais temps pour lui de connaître également le secret des Chevaliers gardé par leur maître.

Car celui-ci a besoin de la puissance de tous ses disciples pour sauver l’humanité.

Mais avant cela, il charge Asiamar d’une mission : affronter la dernière grande menace de leur ordre. Un mutant tueur de femmes qui sévit dans les nuits embrumées de Londres, la capitale du monde moderne : Jack l’Éventreur !

Critique :
Soyons sympa, les dessins de Jérémy sont toujours aussi beaux à regarder, les couleurs sont chatoyantes et j’ai passé un bon moment de lecture sans me prendre la tête.

Les débuts étaient prometteurs : Londres, 1888…

Si en voyant ça, j’ai imité le cri du loup de Tex Avery, ensuite, j’ai eu l’impression que tout partait en capilotade, pour ne pas dire en couilles (je resterai polie, hein).

Autant je ne connais pas bien l’Histoire de vos p’tits Louis numérotés (je ne vois donc pas toutes les libertés prises par l’auteur), autant sur Jack The Ripper je suis plus cultivée (vous m’excuserez) et donc, voir les prostituées assassinées dans des coins reculés de parcs, ça m’a fait crier à l’hérésie.

De son côté, Asiamar notre chevalier hermaphrodite passe au dernier niveau, celui du jaune et Fuxi, le maître des chevaliers lui explique l’origine de leur groupe. Petit mot à ceux qui ont lu le tome 4 : vous ne trouvez pas qu’il a des petits airs du personnage Petit-Coeur dans Dragon Ball, le Fuxi ??

Petite crise mais Asiamar gère assez vite sa déception et est ensuite envoyé affronter l’assassin qui terrorise tout Londres… La rencontre à lieu et boum… Mais qui a enclenché le turbo dans cet album ??

Le soucis c’est que tout va trop vite, bien trop vite ! On tombe amoureux des deux côtés rien qu’en un regard et viens-y que je te donne mon âme, mon sang, mon coeur, mon cul (ok, là je ne dirai rien sur la vitesse) et que tout se fasse dans un déchirement qui ferait passer Roméo et Juliette pour des couillons au niveau des promesses.

Comme si ça ne suffisait pas, comme le scénariste déjanté qu’est Jodorowsky doit tout caser en un seul album, on accélère là où on aurait dû prendre son temps et on atermoie durant des cases et des cases sur Asiamar qui aimheu la femme qu’il a croisé car c’est son âmheu, son coeur, sa vie… Bref, fû d’amûr il est.

Et vas-y que ça galope encore plus vite pour terminer avant le mot fin… On aime aussi vite qu’on pardonne et qu’on arrête d’haïr. Le trop lent côtoie le trop rapide, le trop expliqué, trop détaillé côtoie l’expéditif.

Alors oui, à la fin, on sait que tout est résolu, on a fait le tour de la question, le lecteur ne restera pas sur sa faim à la fin, mais ce fut expédié à la vitesse d’une météorite poussée par des réacteurs super-puissant.

Nous avons une morale à la fin, elle nous fait honneur, mais bon, je la trouve un peu surfaite, limite bancale. Heureusement, les personnages sont super intelligents et le principal concerné, Fuxi, a compris. La lumière fut dans son cerveau super prodigieux alors que n’importe qui aurait pu lui expliquer facilement…

Ce quatrième tome aurait dû être exécuté en deux, cela aurait permis à l’auteur d’aller plus doucement, de ne pas résoudre tous les problèmes rapidement, facilement, de faire aller son scénario à la vitesse de l’éclair et de donner l’impression qu’on termine vite avant de passer à autre chose.

Un partage en deux tomes ne m’aurait pas donné l’impression que les auteurs faisaient un tome supplémentaire afin de se faire du fric sur le dos des lecteurs (comme certains le firent sans honte).

Une saga en dents de scie, avec des hauts et des bas et une conclusion un peu trop rapide à mon goût. Maintenant, si on fait abstraction de tout ça, on passe en moment de lecture détente sans se prendre la tête…

À vous de voir ce que vous désirez lorsque vous ouvrez une bédé au moment X. Là, je voulais autre chose….

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°111].

West legends – Tome 2 – Billy the Kid, the Lincoln County war : Christophe Bec, Emanuela Negrin & Lucio Leoni

Titre : West legends – Tome 2 – Billy the Kid, the Lincoln County war

Scénariste : Christophe Bec
Dessinateurs : Emanuela Negrin & Lucio Leoni

Édition : Soleil (18/03/2020)

Résumé :
Eté 1878. La rue principale de Lincoln est devenue la plus dangereuse de tout le pays.

Deux factions s’opposent pour obtenir le monopole du commerce : Murphy & Dolan et Tunstall associé à McSween, lesquels ont créé une milice appelée les Regulators, qui compte dans ses rangs Billy the Kid, guidé par l’envie de venger son mentor.

L’affrontement entre les deux camps est inéluctable.

Critique :
Si on m’avait demandé, au pied levé, de brosser le portrait de William Bonney, dit le Kid, c’est avec un grand sourire que je vous aurais dit que c’était un sale gamin amateur de bonbons rouges qu’il chipait chez l’épicier et que la fessée que Lucky Luke lui donna un jour était méritée.

Recalée à l’examen que j’aurais été…

C’est tout le problème de certaines bandes dessinées de notre enfance : elles ne reflétaient en rien la réalité (mais je ne voudrais pas que l’on colle un bandeau dessus afin d’avertir les futurs lecteurs de la fausseté des informations qu’il lira dedans).

Comme je savais en définitive que dalle sur la vie du Kid, cet album aura au moins eu le mérite de m’envoyer au lit moins bête !

Vous connaissiez la guerre de Lincoln ? Non, pas celle de Sécession, celle du comté de Lincoln où le Kid prit part et d’où il tira une partie de sa légende.

Présenté en 8 tableaux qui, de prime abord, pourraient sembler ne pas être lié, la vie du Kid n’a rien d’un morceau d’humour, est faite de violences et de morts. Était-il un tueur impitoyable comme la légende le dit ou bien justement, ce n’est qu’une légende et Billy tua-t-il en état de légitime défense ou afin de venger la mort de son patron, Tunstall ?

Si l’histoire racontée dans l’album reste vague sur les scores de notre jeune tireur et ne porte pas de jugement, elle présente le Kid comme une sorte de chevalier d’honneur prêt à tout afin de venger son patron lâchement assassiné.

La vengeance avec lui se savoure encore chaude, au pire tiède… Le tout étant servi de manière saignante.

Ce récit est mis en valeur par d’excellents dessins qui donnent à ces pages toute la sauvagerie de l’Ouest, sa magnificence (des paysages) et sa vie rude.

Un deuxième album qui aurait sans doute eu une narration plus fluide si on était entré dans le sujet de manière chronologique (ou alors, on aurait pu utiliser des petits flash-back durant l’affrontement de Lincoln County) mais une fois l’étonnement passé, on rentre dans le vif du sujet et l’action est là pour nous tenir en haleine.

Moins bon que Wyatt Earp mais nous sommes dans le correct et au moins, maintenant, je ne dirai plus que le Kid était un voleur de bonbons rouges chez l’épicier du coin.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°109].

 

Joseph Laflamme – Tome 3 – Maria : Hervé Gagnon [LC avec Bianca]

Titre : Joseph Laflamme – Tome 3 – Maria

Auteur : Hervé Gagnon
Édition : 10/18 (2020)

Résumé :
Montréal, janvier 1836. Un livre bouleverse la ville : il relate de sordides histoires de fornication entre les Hospitalières de l’Hôtel-Dieu et les Sulpiciens, évoquant au passage profanation, assassinats et débauche.

La bonne société montréalaise est en émoi, et l’évêque de Montréal doit défendre la réputation de son diocèse.

Montréal, septembre 1892. Un charnier d’enfants est découvert fortuitement, rue Le Royer.

Puis, le corps mutilé d’un banquier est retrouvé à Griffintown et deux fillettes portant de terribles traces d’abus sexuels sont repêchées dans le fleuve, près de la rue de la Commune.

Les trois affaires ne semblent pas liées, jusqu’à ce qu’un vieux prêtre remette à Joseph Laflamme un exemplaire du livre de 1836, en lui laissant entendre que l’histoire se répète.

Pour réussir à dénouer l’intrigue, Laflamme, l’inspecteur Marcel Arcand et le reste du groupe devront pénétrer dans un univers de corruption aux ramifications insoupçonnées et déterrer un scandale enfoui depuis un demi-siècle.

Critique :
Décidément, la société est perverse et sordide. Notre Joseph Laflamme va le découvrir une fois de plus, aux côtés de l’inspecteur Marcel Arcand, en enquêtant sur des morts horribles.

Heureusement que toutes ces affaires sordides et glauques sont contrebalancées par des petites touches d’humour ou de scènes de la vie quotidienne, ce qui allège l’ambiance sombre de ce récit.

C’est avec grand plaisir que j’ai renoué avec notre petite troupe d’enquêteurs, avec ce groupe hétéroclite que je prends plaisir à suivre depuis maintenant trois romans.

Âmes sensibles, attention, ce roman est assez glauque dans ses crimes et dans les situations décrites. J’ai quelques fois fermé les yeux et respiré un grand coup. La perversion des Humains est sans limite, comme la connerie, et dans ce récit, on pourrait y aller à grands coups de #BalanceTonPervers.

Si dans ce troisième roman nous n’avons rien de neuf sous le soleil, c’est la palette des personnages qui m’a fait passer un bon moment de lecture.

Joseph, notre journaliste, commence à diminuer la boisson, il est amoureux, sa sœur est heureuse, elle sort progressivement de la misère noire et l’inspecteur Marcel Arcand est un policier dont j’apprécie la droiture.

L’auteur prend aussi le temps de nous décrire la ville de Montréal en 1892 ainsi que sa société bien pensante d’un côté et miséreuse de l’autre. L’Angleterre victorienne n’est jamais très loin tant les mentalités coincées des Canadiens ressemblent à celle des Anglais. La misère étant internationale (sans mauvais jeu de mot), elle est cousine de celle qui régnait dans les bas-fonds de Londres.

Une enquête sans temps morts, sans pour autant que l’on coure partout, mais l’auteur a monté son histoire de sorte que le lecteur (lectrice) ne s’ennuie pas durant les moments plus calmes, les tranches de vie de notre groupe d’amis venant les meubler agréablement. Ils évoluent tous, ce qui est agréable.

Les meurtres sont sordides, ce qui va en ressortir aussi et l’Humain n’en ressort jamais grandi (du moins, certains). À la fin du roman, le culot d’un personnage m’a même donné envie de le guillotiner, mais hélas, je n’ai pas pu le faire…

Si cette enquête n’amène pas de nouveauté dans le polar, elle reste néanmoins efficace, addictive et une partie du mérite en reviens aux personnages principaux qui sont les moteurs de toute cette aventure.

Une nouvelle fois, c’est une LC réussie avec Bianca. En 3 ans de LC, nous avons eu des abandons, des déceptions (parfois nous n’étions pas en symbiose), mais dans l’ensemble, si on devait tirer un bilan, il serait positif ! Un peu de vert dans tout ce rouge dû au covid, ça fait du bien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°106].

 

Les Chevaliers d’Héliopolis – Tome 3 – Rubedo, l’oeuvre au rouge : Alejandro Jodorowsky et Jeremy

Titre : Les Chevaliers d’Héliopolis – Tome 3 – Rubedo, l’oeuvre au rouge

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : Jeremy

Édition : Glénat (06/03/2019)

Résumé :
Ils ne l’ont pas laissé devenir roi de France. L’alchimie lui réserve un plus grand destin.

Face à Napoléon, Asiamar n’a pu se résoudre à accomplir sa mission. Alors qu’il aurait pu, d’un coup d’épée, changer le cours de l’histoire, il s’est montré trop bon. Il a préféré laisser s’exprimer la part féminine de sa double identité et a donné à l’Empereur un baiser. Aujourd’hui, pour cet échec, il comparait devant les Chevaliers d’Héliopolis.

Car, pour accomplir son destin, un véritable Alchimiste doit aussi savoir se montrer cruel. Apprendre à apprivoiser cette cruauté, c’est l’essence même de Rubedo, l’œuvre au rouge et troisième épreuve alchimique.

Peut-être la plus difficile de toute. Asiamar s’en montrera-t-il capable ?

Le génial Jodorowsky s’associe au jeune prodige Jérémy pour réécrire l’histoire avec un grand H dans une grandiose fable initiatique et ésotérique.

Une fresque épique mêlant les secrets de l’alchimie aux arcanes de l’Histoire.

Critique :
Vous avez sans doute gardé en mémoire vos cours sur la campagne de Russie de Napoléon…

Si non, vous avez peut-être vu un des nombreuses adaptations télévisées…

Dans ce troisième tome, vous saurez enfin pourquoi Napoléon est parti à l’assaut de la mère Russie et tant pis si ça ne correspond pas à ce que l’école vous a appris, ne dit-on pas : les livres au feu ? (et le prof au milieu).

C’est toujours très ésotérique, fantastique, mais Jodorowsky peut encore être plus fou que ça… D’ailleurs, il reprend une théorie que Dan Brown exploitant dans son Da Vinci Code…

Maintenant, si vous êtes un maniaque de la vérité historique ou que vous n’aimez pas trop qu’on joue avec, cette série risque de vous hérisser les poils car la chronologie des faits n’est pas toujours respectée et les fait tout court non plus (et Waterloo morne plaine, elle pue ??).

Par contre, niveau dessins, nous sommes gâtés car les coups de crayon de Jérémy sont très adroits et c’est un plaisir de les regarder.

Une saga qui se lit sans trop se poser de questions puisqu’elle flirte avec l’ésotérisme et le fantastique à fond (c’est plus du flirt, d’ailleurs, c’est de la coucherie pure et simple), mais ça ne m’a pas hérissé tous les poils et j’ai passé un chouette petit moment de lecture, sans me prendre la tête, ce que je désirais avant tout.

Peut-être qu’avec le cerveau enclenché j’aurais tiqué devant les libertés prisent avec l’Histoire, mais vu qu’il est au repos, le tout est passé comme une lettre à la poste.

À vous de juger ! (de la bédé, pas de mon pauvre cerveau vermoulu et fourbu).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°105].

 

Duke– Tome 3 – Je suis une ombre : Yves H. et Hermann

Titre : Duke– Tome 3 – Je suis une ombre

Scénariste : Yves H.
Dessinateur : Hermann

Édition : Le Lombard (2019)

Résumé :
Le riche et puissant Mullins a chargé Duke d’escorter un convoi transportant 100 000 dollars. Mais le voyage est de courte durée : des bandits dirigés par le frère de Duke attaquent la diligence et s’enfuient avec le butin. La mission de Duke a changé : il doit retrouver son frère, avant que les tueurs engagés par Mullins ne s’en chargent.

Critique :
Oui, je suis indulgente avec Duke, je lui ai encore donné une chance de me prouver que je perdais pas mon temps avec lui…

Bon, ce n’est pas encore Byzance niveau des dessins, les femmes ont des mentons proéminents à la cro-magnon, les tons sont trop clairs et avec les visages, on ne sait jamais trop de quelle couleur il est.

Je ne vous parle même pas des chevaux, on dirait tous des carnes aux culs décharnés.

Pourtant, nom d’une pipe, c’est Hermann au dessin et il m’a habitué à mieux, à beaucoup mieux.

Duke doit accomplir sa promesse faite à l’enfoiré de Mullins, l’exploitant sans scrupules de la mine d’or : assurer la sécurité d’un transfert en diligence. Un transfert de 100.000$ que l’on convoie à San Fransisco.

Entre nous, Duke est plus fort pour respecter ses promesses faites au méchant de l’histoire qu’à Peg, sa prostituée à qui il avait promis la Louisiane. Duke, tu es un empaffé de première et elle aurait le droit de te couper les roudoudous et de les monter en porte-clés.

Non mais allo quoi ? Est-ce qu’on envoie 100.000$ par la diligence, avec juste Duke en escorte et deux frangins sur le toit ? En moins de temps qu’il n’en faut à Lupin pour dérober un diamant sur une table, nos grands imbéciles se font braquer et l’argent leur file sous le nez…

Questions : pourquoi les bandits ne portaient-ils pas de masques ? (non, pas ceux pour le covid, mais pour pas qu’on les reconnaisse ??) Pourquoi le frangin de Duke est devenu braqueur ? Envie de pourrir la vie de son frère qui est déjà pourave à mort ?

Une fois de plus, le scénario est conventionnel mais additionné de petites touches qui lui aurait donné plus de prestance si elles avaient été plus nombreuses, mais nous sommes face à un pauvre cavalier solitaire, un tireur de talent, Duke (et non Lucky Luke) qui ne sait pas lutter contre sa vraie nature : c’est un tueur.

Dommage aussi que l’album s’étire parfois sur de nombreuses cases et qu’ailleurs, il prenne des raccourcis un peu trop vite expédiés.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°92] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

La jeunesse de Blueberry – Tome 21 – Le convoi des bannis : Corteggiani et Blanc-Dumont

Titre : La jeunesse de Blueberry – Tome 21 – Le convoi des bannis

Scénariste : François Corteggiani
Dessinateur : Michel Blanc-Dumont

Édition : Dargaud (2015)

Résumé :
21e album de La Jeunesse de Blueberry : une nouvelle aventure qui se déroule durant la guerre de Sécession.

Alors que Blueberry est transféré dans un pénitencier sudiste, le train qui le transporte est pris dans une embuscade.

Notre héros parvient à s’échapper et trouve refuge dans un village hors du temps et de la guerre.

Malheureusement, le feu et les larmes ne sont jamais bien loin, et la guerre de Sécession va bientôt rattraper ce hameau tranquille.

Critique :
Depuis que Giraud et Charlier ne sont plus aux commandes du spin off consacré à la jeunesse de Blueberry, soit ça part en carabistouilles (restons polie) soit ça reste dans de l’ultra classique.

Les pères de Blueberry étaient dans le classique aussi, avec des retours aux sources, mais au moins, leurs scénarios étaient plus relevés, moins conventionnels que ce que je viens de lire.

Conventionnel ne veut pas dire merdique mais j’espérais tout de même avoir autre chose que du réchauffé.

Comme je prends la fin de la série bien après tout le monde, je n’ai pas dû attendre 3 ans entre l’album consacré à la bataille de Gettysburg et sa suite.

Dans l’album précédent, notre lieutenant après s’être réfugié dans une maison pour échapper aux tirs sudistes se faisait cueillir ensuite, avec son sergent, par les Reb et les voici dans un train en tant que prisonniers.

Première question : qui est le fameux convoi des bannis ? Le wagon avec une dizaine de prisonniers nordistes ? J’ai des doutes… Alors serait-ce le convoi des pillards déguisés en Sudistes qui seraient visé par le terme de « bannis » ? Bof… Jamais l’auteur ne nous apprendra de quoi ou de où ces hommes ont été bannis ! Mais bon…

Ces derniers albums, il me semble que Blueberry tombe souvent dans des communautés ultra religieuses… Cet album n’y déroge pas et on se retrouve une fois de plus chez des culs bénis qui refusent la violence mais n’hésitent pas à vous fouetter pour expier le Mal qui est en vous. Les grands croyants sont souvent bourrés de contradictions.

En soi, cet album n’est pas mauvais, mais il est conventionnel et réchauffé : une communauté qui vit à l’écart de tout, des pillards qui arrivent, qui flinguent à tout va, le tout, sur fond de vengeance, pour ne pas changer.

Certains visages des personnages avaient tout droit l’air de sortir de « La planète des singes », l’ancien film vu leur dents qui ressortaient ou leurs airs simiesques. Hormis ces détails, les dessins de Blanc-Dumont sont bien exécutés et les coloris sont agréables pour les yeux, surtout après avoir lu « Wanted »…

Mais c’est trop du déjà-vu et Blueberry m’a habitué à autre chose que des aventures qui semblent là juste pour ajouter des albums avant de terminer enfin ce spin-off commencé par Charlier et Giraud en 1975 et qui devait faire la jonction avec le premier album de Blueberry « Fort Navajo » qui commence après la fin de la guerre de Sécession.

Où les auteurs changent leur fusil d’épaule en nous proposant du plus relevé ou alors, on arrête là et on ne continue plus le massacre.

Ma cote est sévère car j’ai eu l’habitude d’avoir de l’excellence et là, je suis très déçue…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°86] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 21 – La dernière carte : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 21 – La dernière carte

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Éditions : Hachette (1983) / Dupuis (1992) / Dargaud (2003)

Résumé :
Blueberry, Red Neck et MacClure sont à Chihuahua parce que, selon Blueberry, c’est le seul endroit où il ait une chance de retrouver Vigo.

Ce dernier aurait en effet en sa possession un document concernant le vol du trésor de guerre sudiste. Ce qui innocenterait Blueberry.

Publié pour la première fois en 1983, c’est le premier album du cycle de La Réhabilitation de Blueberry (deux tomes).

Critique :
Cela fait quelques albums que Blueberry ne porte plus l’uniforme des Tuniques Bleues et qu’il court partout dans le but de prouver son innocence dans plusieurs sales affaires qui lui pendent au cul (Hors-la-loi).

Déjà qu’on l’accuse de tentative d’assassinat sur le président Grant, mais en plus, il y a toujours la vieille affaire du trésor de guerre des Confédérés qui a disparu alors qu’il devait le ramener.

Il est plus que temps qu’on le réhabilite, le Blueberry et qu’on lui offre une médaille !

Cet album est moins bon que les précédents, pour plusieurs choses : les couleurs sont horribles, criardes, pas agréable pour les yeux. Certains encrages sont trop légers, comme si on avait oublié de repasser un coup dessus et le scénario est mal équilibré.

Alors que ça traîne un peu en longueur au départ, le final est précipité. Entre les deux, c’est le remake de la grande évasion, sans moto et sans plan foireux de la 7ème compagnie. Bien que le coup des matelas n’était pas si mal trouvé… (mdr)

Le Mexique change de dirigeants comme de chemise et les coups d’état sont nombreux. Aujourd’hui, Vigo est gouverneur de l’État de Chichuahua, mais demain ? Ou dans une heure ? En tout cas, le hasard fait toujours bien les choses et c’est tant mieux pour que nous puissions continuer de lire les aventures de Blueberry.

Je déplorerai aussi que le bandit de l’album, El Tigre, soit aussi fin que le papier d’une cigarette, l’auteur n’ayant pas pris la peine de lui donner de l’épaisseur. Mais comme je le disais, on démarre lentement, comme un vieux diesel et ensuite on fonce pour boucler l’album qui est un 46 planches.

Pour une fois, voilà un album qui n’arrive pas à la cheville des autres, aussi bien au niveau des dessins, que du scénario et que des couleurs. Carton plein dans la demi-teinte, comme si les auteurs avaient eu d’autres occupations et que Blueberry en avait pâti.

Malgré tout, ça reste un album que j’ai pris plaisir à relire, mais il manque de professionnalisme et c’est bien dommage.

Il ne me reste plus qu’un seul tome à relire du cycle de la Réhabilitation de Blueberry et je pourrai dormir sur mes deux oreilles quand mon lieutenant préféré aura réussi à blanchir sa réputation, à défaut de domestiquer sa chevelure ou son caractère de cochon.

Oui, c’est ma 36.000ème relecture mais malgré tout, je vibre toujours pour lui et je m’inquiète aussi… C’est ce qui prouve le talent du scénariste Jean-Michel Charlier car les relectures n’entament jamais le suspense et mes angoisses.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°82] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 20 – La tribu fantôme : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 20 – La tribu fantôme

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Éditions : Hachette (1982) / Dupuis Repérages (1992) / Dargaud (2003)

Résumé :
Blueberry a réussi à s’évader avec la complicité de Mc Clure, Red Neck, Chihuahua Pearl et des Navajos, dont Vittorio, leur chef, et Chini, la fille de Cochise.

C’est envers ces derniers que Blueberry a une dette: en effet, Cochise et les anciens végètent toujours dans la réserve que leur ont laissé les soldats Américains, et les rigueurs de l’hiver approchent.

Sortir de la réserve n’est pas un problème, mais survivre clandestinement pour rallier la frontière Mexicaine tout en échappant à l’armée des États-Unis, voilà le nouveau challenge que va relever le Lieutenant Blueberry, et la tribu de Cochise va sembler se volatiliser dans la nature, ce qui lui vaudra bien le nom de « Tribu Fantôme »…

Publié pour la première fois en 1982, c’est le dernier album du cycle de « Blueberry fugitif » (trois tomes).

Critique :
Voilà un album que j’apprécie particulièrement car ici, les Indiens vont tenir la dragée haute aux militaires Blancs qui vont les chercher comme dans une partie géante de cache-cache.

Après les massacres gratuits dans « Tête jaune » ou la mise en réserve, qui a tout d’un mouroir, des Navajos, dans l’album précédent, on rétablit un semblant d’équilibre qui fait du bien au moral.

Vittorio n’est pas un égoïste, son peuple crève dans cette putain de réserve qui est torride en été et polaire en l’hiver, ce qui cause moult décès et des famines chez les Navajos, qui, pour la plupart, sont des femmes, des enfants et des vieillards.

L’Homme Blanc serait fichu le camp, laissant son peuple se démerder, pas chez les Indiens. La mentalité n’est pas la même et on le ressent une fois de plus dans cet album dont les couleurs sont dans des tons sables.

Mais pour libérer et évacuer les siens qui sont sous les yeux des Longs Couteaux, va falloir plus que ruser et c’est là que Blueberry va faire la différence, lui qui connait tous les codes, les us et coutumes des Blancs, ainsi que leur manière de réfléchir.

Cet album est bourré de suspense car dans cette partie de cache-cache géante, la défaite signifie la mort pour les Navajos. Même la fuite sera synonyme de mort pour certains des plus âgés qui ne pourront fuir et qui se sacrifieront pour que les autres survivent.

Blueberry est un stratège hors pair et avec l’aide de ses deux bras gauches que sont  Mc Clure et Red Neck, il va réussir à brouiller les pistes et à niquer les Tuniques Bleues de manière brillante.

Un vingtième album qui, comme d’habitude, a un excellent scénario, du suspense, du mystère, une chasse à l’Homme Rouge qui va réunir bien des hommes prêt à tout pour les anéantir, oubliant que les Indiens ont le sens du sacrifice pour sauver les leurs, de la ruse et Blueberry !

Maintenant que Blueberry a encore accompli une mission impossible, il serait temps de penser à sa réhabilitation chez les Tuniques Bleues…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°77] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Duke – Tome 2 – Celui qui tue : Yves H. et Hermann

Titre : Duke – Tome 2 – Celui qui tue

Scénariste : Yves H.
Dessinateur : Hermann

Édition : Le Lombard (26/01/2018)

Résumé :
Suite à la multiplication des attaques de diligences, le Marshal Sharp doit réunir un groupe d’hommes capables d’arrêter les coupables.

Ceux-ci ont pour seule piste le témoignage de l’unique survivante à ces attaques : une petite fille plongée dans le mutisme, et dont la soif de vengeance semble intarissable.

Duke est ainsi tiré de sa retraite et doit reprendre les armes aux côtés de son frère.

Critique :
Et bien voilà, on a écouté le petit peuple des lecteurs et on a ajouté une pincée d’audace dans son scénario, même si on est toujours sur une histoire classique de chez classique.

Une diligence est attaquée, tout les occupants sont assassinés. Tous ? Non, une petite fille survit encore et toujours.

Fatalement, dans son errance à travers bois, elle tombera sur le repaire des bandits avant de s’échouer dans la cabane de l’épouse de Clem, le frère de Morgan « Duke » Finch.

Il y a des ellipses assez facile, des raccourcis qu’on n’a pas vu venir (notamment la manière dont on se débarrasse de l’homme qui va vous abattre alors qu’on est désarmé et les mains liées dans le dos) et le tout va vite, trop vite.

Au moins, je ne pourrai pas ma plaindre qu’on a fait durer l’histoire juste pour faire un tome de plus, comme ça c’est déjà vu dans d’autres séries.

Les aquarelles sont plus agréables à regarder que dans le tome 1, comme quoi, la persévérance, ça paie parfois, pour les lecteurs, les personnages ont perdu leurs points de petite vérole.

Par contre, les ressemblances avec des personnages des autres séries de Hermann continue, notamment avec l’adjoint Jim qui a des airs de Red Dust. Peg, la gentille prostituée (et qui est la compagne de Duke) a toujours quelques traits de Comanche.

Au moins, dans ce deuxième tome, les femmes ne font plus tapisserie, certaines auraient même des couilles… Et de la violence en elles.

Le personnage de Duke s’étoffe un petit peu et on apprend quelques détails sur sa jeunesse, même si on devra se contenter de ce que l’auteur nous donne comme grain à moudre car il n’est pas entré dans les détails…  Une fois de plus, ça reste fort léger pour les renseignements et la profondeur des personnages.

Comparé au premier tome, celui-ci a plus de punch, même s’il reste ultra classique. Les dessins sont mieux exécutés mais on est toujours dans une pauvreté au niveau des personnages qui semblent être là sans y être, comme si leur père littéraire ne leur avait pas donné assez d’étoffe pour avoir du réalisme et de l’épaisseur.

À voir si on continue de monter de niveau avec le tome 3… En tout cas, je l’espère, parce qu’il y avait moyen de faire bien mieux dans cette série, mais il aurait fallu prendre des risques et développer plus d’audace.

On en a ajouté un peu dans ce deuxième tome, c’est déjà ça…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°71] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 19 – La longue marche : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 19 – La longue marche

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Fleurus (1980) / Hachette (1982) / Dupuis (1992) / Dargaud (2003-2013)

Résumé :
Le lieutenant Blueberry est emprisonné à Fort Bowie (Arizona). Une escorte s’apprête à l’emmener à la plus proche station de chemin de fer. Il doit en effet être jugé à Durango pour vol, évasion, haute trahison et tentative d’assassinat sur la personne du président des États-Unis.

Mais c’est peut être sans compter sur Red Neck et Mac Clure, fidèles amis de Blueberry, qui vont tout tenter pour le faire évader.

D’autres alliés avancent aussi dans l’ombre : Chini, la jolie fille de Cochise, et un groupe de Navajos emmenés par Vittorio.

Dix-neuvième album de la série de bande dessinée Blueberry, publié pour la première fois en 1980, c’est le deuxième album du cycle de Blueberry fugitif (trois tomes). Le titre est une allusion à la longue marche des Navajos survenue en 1864.

Critique :
J’avais relu « Nez-Cassé » il y a deux ans et je n’avais pas eu le temps de continuer le cycle « Blueberry fugitif », ce qui était une grave erreur de ma part puisqu’il est excellent (mais bon, je l’ai déjà relu au moins 36 fois).

Pour ne pas changer, Blueberry est dans une merde pas possible. Là, on l’accuse d’avoir tenté d’assassiner le président, rien que ça.

Jamais de sa vie Blueberry ne sera pris au sérieux quand il clame son innocence. Et jamais il n’aura une aventure pépère sans coups fourrés qui le mettent à mal vis-à-vis de la hiérarchie.

Cet album, qui n’a pas été édité chez Dargaud (je ne sais pas pourquoi) possède une fois de plus un scénario béton, avec de l’action, du suspense, le retour des Navajos chez qui Blueberry s’était réfugié dans le tome précédent et une évasion de dingue, orchestrée par ses deux compères Red Neck et Mac Clure.

Et quand ces deux là montent un plan d’évasion, c’est vachement plus réfléchi que les plans foireux d’évasion dans « La 7ème compagnie ». Ici, au moins, aucun con ne fera sauter de ponts…

Autant les personnages Blancs ne savent pas reconnaître leurs erreurs dans les Blueberry, autant l’Homme Rouge sait battre sa coulpe et admettre que Blueberry avait raison.

— La ruine de mon peuple a enfin ouvert les yeux de Vittorio, aveuglé par la soif de gloire ! Seul le plan de Tsi-Na-Pah était sage ! En le refusant, moi Vittorio ai provoqué la mort inutile de beaucoup de braves… J’ai dit !

Les dessins de Giraud sont toujours fidèles à eux-mêmes et les cases débordent de détails, de plans larges, de visages en gros plan. Les décors sont toujours majestueux et on ressent bien tout le poids des paysages naturels des États-Unis.

Blueberry est toujours un grand stratège, il pense comme un Blanc, ce qui aide bien les Indiens qui eux ne penseraient pas à certains détails. Notre lieutenant est un joueur de poker, le bluff, il connait, et certains vont en faire l’amère démonstration.

Ce dix-neuvième tome se recentre sur les Indiens, comme le précédent et les met en avant d’une manière intelligence, réaliste. On est loin des emplumés un peu crétins de Lucky Luke ou d’autres bédés, films, séries. Les auteurs ont rendu à César ce qui était à César et aux Indiens ce qui étaient à eux.

C’est aussi l’occasion de dénoncer le système des réserves qui parquaient les Indiens dans des coins hostiles, où on se les gèle en hiver (on ne leur donne pas assez de couvertures) et où on se liquéfie en été, sous le soleil infernal. Le tout sans recevoir assez de nourriture…

Et l’Homme Blanc, les militaires, estiment que le Rouge doit se taire car c’est déjà bien qu’on lui donne ces terres arides. Bref, belle mentalité que nous avons là.

Comme toujours, Blueberry ne m’a jamais déçu, ni au niveau du personnage, ni au niveau du scénario, des décors, des personnages secondaires… Tout est bien pensé, pesé, c’est taillé au millimètre et, last but not least, nous recroisons la route de certaines personnalités marquantes du cycle.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°66] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.