L’ordre des choses : Frank Wheeler Jr.

Titre : L’ordre des choses

Auteur : Frank Wheeler Jr.
Édition : Série Noire Gallimard (14/11/2016)

Résumé :
Earl Haack Junior a été élevé pour devenir un Machiavel armé d’un flingue et portant une étoile… Son père, shérif dans une petite ville du Nebraska située sur l’autoroute de la drogue arrivant du Mexique – la fameuse Interstate 80 -, lui a très tôt enseigné sa façon particulièrement radicale et expéditive de maintenir l’ordre des choses.

Lorsqu’après un passage par les Stups de Denver (où il perd définitivement ses illusions) il revient prendre la succession de son père, il sait déjà qu’on ne vainc pas le chaos. Tout au plus, on peut tenter de faire jeu égal – un jeu sans règles ni limites.

Puisque la drogue et son commerce sont une donnée indépassable (surtout dans une société capitaliste marquée par la loi de l’offre et de la demande), la priorité principale de Haack sera donc de mettre sur pied un réseau de distribution composé de personnes qui lui sont redevables…

Son père avait raison : l’ordre passe avant tout, et il exige son tribut de sang.

Critique :
♫ Black is black ♪ comme le chantait si bien Los Bravos… et ces paroles sont parfaites pour illustrer l’atmosphère de ce roman noir qui ne se décline pas en 50 nuances de « grey » (gris) mais en 50 nuances de black (noir).

Ces 50 nuances de black allant du noir serré au noir sombre, en passant par le noir profond comme le trou d’une tombe creusée en pleine nuit dans un coin perdu du Nebraska, afin d’y enterrer une personne qui dérange l’ordre.

Conseil d’ami, ce roman noir n’est pas fait pour les personnes sensibles ou possédant un sens de la justice aigu, car ici, les gens nuisibles qui menacent l’ordre sont appelés des animaux et doivent être ou enfermé en cage ou muselé… Pour toujours ! Si vous voyez ce que je veux dire…

— On est au milieu du trou du cul de la cambrousse, frangin. Qu’est-ce qu’on fout ici ?

Certes, bien qu’étant pour une justice équitable, je ferme volontiers les yeux (dans un roman) quand on élimine les trafiquants de drogues et toute la racaille qui tourne autour comme des mouches autour d’une merde bien fraiche…

MAIS… (ben oui, il y a tout de même un « mais) le problème est que le shérif Earl Haack Jr qui élimine cette racaille de trafiquants et tout ce petit monde, est une raclure lui aussi. D’accord, il les élimine pour faire régner l’ordre dans sa ville, comme son père shérif avant lui, mais c’est aussi surtout pour mettre la main sur une partie de leur trafic.

— Devenir un caïd dans ce business, c’est comme se dessiner une cible dans le dos.

Sa philosophie est que puisqu’on ne peut lutter contre les narcos-trafiquants, autant aller dans le même sens qu’eux et se remplir les poches par la même occasion, tout en maintenant l’ordre dans la ville. D’une pierre deux coups.

Si on est intelligent et observateur, en bossant à la Brigade des stupéfiants, au niveau fédéral ou local, on apprend une chose très vite… Rien ne pourra jamais arrêter le trafic. Ceux qui acceptent cette évidence font un choix. Ils peuvent se résigner à pointer et à compter les heures avant la retraite, ou bien ils peuvent en profiter.

L’écriture est âpre, sans concession, les personnages sont plus dans les nuances de gris sombre ou de noir que d’une autre couleur, ne cherchez pas de rédemption, il n’y en aura pas, ou très peu. Même pas un personnage à sauver du lot !

Ce que les gens ne disent pas, en général, c’est qu’il est très difficile de commettre un homicide, quelles que soient les circonstances. Même en cas de légitime défense, il y a une résistance naturelle à l’acte de tuer.

Et pourquoi on a besoin de fusils de chasse ? Il n’en avait pas la moindre idée. La balistique. Il est impossible de faire des études balistiques avec des cartouches de fusil de chasse. Ça ne laisse quasiment aucun indice.

Autant j’avais ressenti de l’empathie pour le shérif Corey dans « Pottsville, 1280 habitants » de Jim Thompson, autant je n’ai ressenti aucun atomes crochus avec le shérif Earl Haack Jr, ni avec sa femme, ni avec sa troupe d’éliminateurs de premier ordre.

L’ordre dans la ville et non le chaos… Le shérif Earl applique l’adage de son père, et on peut dire qu’il l’applique avec zèle, créant pour finir du chaos en voulant mettre le l’ordre.

Un roman noir âpre, des personnages qu’on n’aimerait pas croiser ou boire un verre avec eux, une écriture au cordeau, une analyse d’une société qui tranche dans le lard, des morts à la pelle, des balles qui sifflent, tout le monde qui surveille tout le monde, une guerre larvée pour prendre le pouvoir et le contrôle du marché, bref, une OPA qui n’est pas publique et qui aura tout du RIP inscrit sur votre tombe anonyme.

Un roman noir sombre, qui possède un rythme propre à lui, assez agité sur le final, et très giclant de sang avant, un roman noir rural, sauvage, des personnages énigmatiques, dangereux comme des crotales enragés.

Un roman noir intense et violent.

— Tu sais ce qui se passera quand il tombera, n’est-ce pas ?
— La nature a horreur du vide.
— Hein ?
— Un truc que j’ai appris à l’université. Je veux dire, une fois que le chef n’est plus là, les autres vont se battre pour prendre sa place. Une putain de foutue guerre entre les parties concernées.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018),  Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

 

Petits meurtres à Mangle Street : M.R.C. Kasasian

Titre : Petits meurtres à Mangle Street

Auteur : M.R.C. Kasasian
Édition : City Editions (27/05/2015)

Résumé :
Londres 1892. Une femme est sauvagement assassinée dans le quartier pauvre de Whitechapel. Désemparée par l’inefficacité de la police, la mère de la victime engage Sidney Grice, le plus célèbre détective privé de Londres.

D’une intelligence acérée, pointilleux et exigeant, l’homme est d’une efficacité redoutable. Il pense que le « sexe faible » n’a pas sa place dans un cabinet de détective, mais il fait tout de même appel à March Middleton, une jeune femme excentrique un peu trop portée sur le gin, pour l’assister dans cette affaire.

L’irrésistible duo mène l’enquête et découvre que le mystérieux meurtre n’était que le premier d’une sinistre série.

Dans un Londres ou planent des ombres terrifiantes, le danger rôde à chaque coin de rue…

Critique :
Sidney Grice est un détective privé, oups, pardon, un détective personnel, un peu comme Sherlock Holmes, mais en version imbuvable, chiant et à tuer !

Grice est infatué, orgueilleux, de mauvaise foi, a un sale caractère, est méchant, trop sûr de lui, ne bosse que pour le fric, méprise les pauvres, méprise les femmes, ne baise pas, ne mange pas de viande, ne boit pas, ne fume pas, ne se drogue pas, et lors d’occasion spéciales, il n’est pas contre une bonne dose de café…

— Je suis parfaitement rationnel, dit mon tuteur en claquant des mains. Injuste, méchant et grossier, je vous l’accorde, mais mes capacités de raisonnement ne m’ont jamais fait défaut.

En effet, son portrait n’est pas flatteur ! Niveau diplomatie, il est encore pire que Agatha Raisin, c’est vous dire ! Et pourtant, Agatha est LÀ référence en la matière de manque de diplomatie et de gros sabots dans le plat…

— J’aimerais que vous ayez un accident digne de votre nom, monsieur Grave. Venez, mademoiselle Middleton.

Certes, Agatha ne se privera pas de vous lancer un « Allez vous faire foutre » bien sentit, tandis que lui, en parfait gentleman, vous balancera une vacherie sans juron puisque « Bon Dieu » est déjà une injure pour lui.

— Si le fait d’assassiner la langue était considéré comme un délit, vous seriez en train de casser des cailloux en ce moment, rétorqua Grice.

— Lorsque Dieu a créé les idiots, il a mis les plus idiots de tous en uniforme et leur a donné des casques pour que les pensées n’entrent pas dans leur tête, déclara Sidney Grice.

Tiens, je me demande ce que ça donnerait si on accouplait Sidney Grice et cette bonne vieille Agatha Raisin… Heu… Quoiqu’il en sorte, ne m’en mettez pas un de côté !!

— Cela doit être extrêmement gratifiant de contribuer à rendre la justice, commentai-je.
Sidney Grice souffla.
— Il est plus satisfaisant de voir les délinquants punis, mais j’aime être sûr que les innocents ne risquent rien. Bien entendu, plus vous vous élevez dans la société, plus cela est important. On peut se permettre quelques petites erreurs avec des prostituées, par exemple, mais vous devez être absolument sûr de votre fait avant de faire pendre un évêque.

Ah pardon, j’oubliais ! Bien sûr que Sidney a un vice, c’est le thé, sans lait car il ne boit pas les sécrétions mammaires des ovins… C’est lui qui le dit ainsi…

Vice énorme car il devient à moitié paniqué s’il n’y a pas une officine servant du thé dans un rayon de 100m ! Pire qu’un Preshaun dans la série « Ekhö monde miroir« .

— Plus intolérable que vous ne le sachiez, expliqua Grice. Son procès a attiré une telle foule que je n’ai pas pu me faire servir une seule tasse de thé pendant deux jours consécutifs et que mon premier flacon à rétention de chaleur fut réduit en miettes dans la panique générale.
— Monsieur Grice était au bord des larmes, précisa l’inspecteur Pound.

— Savez-vous, March, ce que je trouve le plus terrifiant à propos de ce quartier ? Il n’y a pas de salon de thé à moins de cent mètres à la ronde.

Un type imbuvable, ce Sidney, mais bizarrement, on adore son caractère ronchon, ses répliques cinglantes, ses idées bien arrêtée sur la petitesse du cerveau féminin (partagée par une majorité des hommes), notamment sur celui de sa pupille, March Middleton, arrivée depuis peu chez son parrain et tuteur après le décès de son père.

La pauvre ?? Non, non, March ne se laissera pas march-er (mdr) sur les pieds et le duo va faire des étincelles, pour notre plus grand bonheur.

— J’ai une meilleure idée, dis-je. Comme je suis la plus légère, dans la mesure où je ne possède pas un cerveau masculin qui risquerait de peser exagérément, je vais passer devant.

Ajoutons à ce duo atypiques un inspecteur Pound qui n’a pas lui non plus sa langue en poche en matière de préjugés sur les femmes, sur les pauvres, sur tout le monde…

— Ma chère mademoiselle, il vous faut cependant comprendre que les humeurs imprévisibles du cœur féminin ne sauraient rivaliser avec la logique imparable et la perspicacité pénétrante du cerveau masculin.

— Je me demande parfois si je ne travaille pas dans un institut pour les déficients mentaux. Mais ne vous avisez pas de raconter à monsieur Grice que j’ai dit ça !

Avec un style jubilatoire dans les dialogues, avec des répliques qui fusent, avec March, un personnage féminin qui ne se laisse pas faire, qui fume et qui boit, je vous assure que l’on passe un excellent moment de lecture car entre Sidney Grice et March Middleton, ça grince niveau vacheries envoyées tout de go.

— Je vous ai déconseillé la lecture des ouvrages de philosophie, dit Sidney Grice en souriant. Ils vous farcissent la tête d’idées et, chez l’individu de sexe féminin, les idées risquent trop aisément de conduire au déséquilibre mental. Ce n’est pas là mon opinion mais les conclusions d’années de recherches scientifiques menées par les médecins de l’Hôpital royal de Bedlam pour les aliénés. 

— Dînez-vous habituellement seul ? demandai-je.
— Non, répondit Grice, je dîne avec un livre. Mon favori est « Brève étude des vers parasites d’Afrique ». Il comporte de superbes illustrations en couleurs.
— Cela ne vous empêche-t-il pas de savourer votre repas ?
— Pour quelle raison ? Je n’ai pas l’intention de les manger.

De plus, nous avons aussi des petites allusions à un célèbre détective et à son créateur et je n’ai pas pu m’empêcher de glousser en comprenant QUEL médecin soignait le poignet de March.

Mais là, j’émet une protestation sur une incohérence, un anachronisme : nous sommes en 1892 et ce personnage célèbre dans la littérature policière, dont fait allusion son père littéraire, fut publié en décembre 1887…

Sherlock Holmes fit ses premiers pas dans « A Study in Scarlet », publiée dans le Beeton’s Christmas Annual. Histoire qui avait été refusée en mars-avril 1886 !

Donc, Arthur Conan Doyle ne peut pas s’être inspiré de Sidney Grice pour son Sherlock Holmes puisqu’en 1892, il avait déjà publié deux romans avec Holmes (« The Sign of Four » le fut en février 1890). Là, l’auteur a fait une faute en voulant rendre hommage à Doyle et son Holmes !

— Vous écrivez ? demandai-je.
Il haussa modestement les épaules.
— J’essaie et je dois dire que votre œuvre m’a laissé penser qu’un ancien médecin militaire pouvait composer un bon personnage dans l’histoire que je suis en train d’écrire.
— De quel genre de récit s’agit-il ?
Il coupa le bandage et déchira l’extrémité en deux.
— Je ne saurais dire, fit-il en nouant les deux pans, mais votre tuteur constitue un sujet fascinant.

L’enquête est remplie de questionnement sur la culpabilité ou non du coupable, sur la raison des autres meurtres, le tout est rempli de non-dit et de zones d’ombres, bien que j’avais compris bien avant Grice un fait important ! Mais à force de ne pas faire attention aux émotions, on ne voit pas ce qui est flagrant…

L’auteur, durant son roman jouissif, ne se prive pas pour nous expliquer où se trouvait la place de la femme, à cette époque, c’est-à-dire entre l’enfant mineur et le chien, ou plutôt derrière ses casseroles, je dirais.

Bref, j’ai adoré ce roman policier décalé, à l’humour so british, aux personnages bien campés, attachants, rempli d’humour sarcastiques et l’enquête était excellente, et assez sordide. Tout ce que j’aime.

Vivement la suite !!!

— Vous n’avez jamais entendu parler des microbes ? demandai-je.
Parker sourit.
— Oui ! Ben, j’ai aussi entendu parler des fées, mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui en avait vu une.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon,  le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Selfies : Jussi Adler-Olsen

Titre : Selfies

Auteur : Jussi Adler-Olsen
Édition : Albin Michel (29/03/2017)

Résumé :
En raison de ses échecs répétés, l’existence du département V est menacée.

Rose doit montrer que le service vaut encore quelque chose, mais elle se retrouve internée, en proie aux fantômes d’un passé violent.

D’un autre côté, de nombreux crimes ont lieu à Copenhague.

Carl, Assad et Gordon devront empêcher les nouveaux crimes en préparation.

Critique :
Jamais je n’ai encore réussi à lire un roman de cet auteur à mon aise, en m’immergeant doucement dans son récit, en dégustant lentement ses phrases…

Non, depuis le début, je me jette sur ses romans comme un cannibale affamé sur un morceau de viande humaine !

Je VEUX savoir ce qu’il va arriver, alors je dévore le roman à une vitesse folle et ensuite, tel un junkie en manque, je traine mon ennui durant quelques jours, triste à l’idée d’avoir quitté si vite mes copains du Département V.

Une fois de plus c’est ce qu’il s’est produit et me voilà avec le coeur en berne jusqu’au prochain, le tome 8.

Pourtant, on ne peut pas dire que l’écriture de Jussi Adler-Olsen soit exceptionnelle. Nous sommes loin d’un prix d’écriture, pas de tournures de phrases savantes, rien de compliqué pour l’esprit et à la fin, tout est toujours très clair dans la résolution du ou des meurtres.

Alors pourquoi tant d’amour pour ses romans mettant en scène le fameux Département V ?

Sans doute parce que l’auteur a créé une équipe atypique, avec un commissaire Carl Mørk qui préfère mettre ses pieds sur le bureau que de bosser (moins maintenant) et avec un aidant au passé mystérieux et trouble, qui nous cause toujours de ses chameaux, j’ai nomme Assad le Syrien.

Ajoutons à cela une Rose qui est souvent perturbée et à laquelle on s’attache immanquablement et un grand échalas du nom de Gordon, que l’on déteste d’entrée de jeu avant qu’il ne nous révèle tout son potentiel caché.

La force de ses romans tient dans ses personnages qui, au fil des romans, sont devenus des amis que l’on apprécie de retrouver, des personnages dont les secrets nous sont dévoilés peu à peu, et qui, bien souvent, rajoutent du mystère en levant les coins du voile.

De plus, il y a de souvent des notes d’humour dans les dialogues, dans les expressions erronées d’Assad, ses proverbes avec ses chers chameaux, dans les métaphore utilisée pour illustrer les pensées des personnages. On se bidonne pas, mais on a souvent un pouffement de rire qui nous échappe.

Mogens hocha lentement la tête, avec l’air d’un homme qu’on a fait débander au moment où il allait jouir.

Le type avait dû faire un stage au gouvernement pour apprendre l’art de se débarrasser des bâtons merdeux !

Les enquêtes sont souvent complexes, aux multiples ramifications, et celle-ci ne fait pas exception. De plus, l’auteur plonge souvent dans le passé trouble et pas très reluisant de son pays, le Danemark, nous montrant que oui, il y a quelque chose de pourri au royaume.

Pourtant, j’ai ressenti moins d’émotions fortes dans celui-ci, contrairement à « Dossier 64 » ou à « L’effet papillon » (« Miséricorde » était rempli d’émotions aussi, tout comme « Profanation ») car le sujet de traité s’y prêtait moins (si je puis dire), mais j’avoue que mon petit cœur a tremblé à bien des moments pour un personnage en ballotage et suite aux révélations sur son passé qui fut loin d’être paisible et heureux…

Le sujet traité ici est un fait bien connu de nos sociétés : les centres d’aides sociales. Rien de reluisant dans ces lieux inhumains et personne n’aurait envie d’aller y faire la file pour mendier de l’argent. Le sujet est fort.

Le nom de « Centre d’action sociale » avait déjà cet effet sur elle alors qu’il était relativement neutre. Des noms comme « Chambre des supplices », « Comptoir de mendicité » ou « Guichet des humiliations » auraient été plus justes. Mais dans la fonction publique, on n’appelait pas les choses par leur vrai nom.

Mais au lieu de se concentrer sur des gens qui crèvent vraiment de misère et qui galèrent pour s’en sortir, l’auteur nous présente une belle brochette de pétasses bimbos qui préfèrent, non pas l’amour en mer, mais se la couler douce en vivant sur le dos de la société plutôt que de bosser.

Ça change toute la donne, non ?? Elles, on aurait vraiment envie de leur coller des grandes paires de claques, mais pas de les plaindre.

Pas de temps mort, j’ai avalé ce roman en une soirée et une partie de mon samedi, c’est vous dire combien il m’a captivé.

On se serait cru dans un vieux film avec Sherlock Holmes et le docteur Watson.

— Ce garçon est un rêve éveillé. Il est divin. Tellement soigné et sexy et incroyablement imaginatif au lit. Fort et endurant, dominateur comme un étalon. Tu verrais comment… »
Carl le stoppa net, levant les paumes vers Morten en un geste de défense. « Merci, épargne-moi la suite. Je crois que je peux me faire une idée. »

J’ai été soufflée en voyant comment nos pétasses bimbos voulaient régler leurs problèmes d’argent et comment une autre personne voulait remédier aux problèmes de ses pétasses prétentieuses qui n’en foutent pas une. My god, encore une belle brochette de personnages réussis.

Alors, je ne sais pas si le petit oiseau va sortir durant le selfie, mais souriez tout de même, on ne sait jamais… Bien que parfois, entre ces pages, on ait tendance à rire jaune.

Vivement le prochain tome !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le Challenge Nordique Édition Scandinavie chez Chroniques Littéraires.

La Vallée des ombres : Xavier-Marie Bonnot

Titre : La Vallée des ombres

Auteur : Xavier-Marie Bonnot
Édition : Belfond (03/11/2016)

Résumé :
René Vasseur est une machine, un être au cuir épais qui a fait la guerre, qui a changé de nom. René Vasseur est un légionnaire. Après vingt ans d’absence, la haine au coeur, il revient dans son village natal, au fond d’une vallée industrielle dévastée par la crise.

Peu à peu, surgissent les ombres du passé : la femme qu’il a aimée, l’ennemi d’enfance devenu flic, l’ami qui a basculé dans le grand banditisme, son père, ancien patron de la CGT locale, tyrannique et désabusé… Et le drame qui a bouleversé sa vie : la mort de son frère, Rémy, dix-huit ans, assassiné lors des grèves de décembre de 1986.

René est-il venu venger son frère ? Pourquoi ne l’a-t-il pas secouru alors qu’il en était capable ? Pourquoi a-t-il rejoint la Légion ?

Critique :
♫ Dans la vallée, oh oh, enclavée, lalilala, dans la vallée, ho ho, des rancœurs de pierre près des tombeaux ♪

(Pardon de vous avoir remis cette chanson dans la tête).

Dans la vallée (non, on ne chante plus), des usines qui ne tournent plus à plein régime…

Dans la vallée, le chômage qui, comme la petite bête, monte, monte, monte.

De la vallée, les jeunes s’en sont exilés afin de trouver du travail… Là où leurs ancêtres (♫) bossaient comme des forçats, ceux qui ont encore un job voient leurs avantages se réduire comme peau de chagrin.

Ces avantages sociaux que les anciens avaient acquis au prix de grandes grèves, de sueur, de sang et de larmes. À cette grande époque ou le mot « syndicat » voulait encore dire quelque chose.

Et puis, comme dans tous les villages (ou les petites villes) où tout le monde se connait, on nage dans les secrets lourds et ténébreux. Tout le monde sait tout, mais tout le monde se tait, sauf que les rancœurs ou les haines sont comme des braises sous la cendre, une légère brise et le feu repart de plus belle, encore plus destructeur.

♫ Comme ces jours de peine où l’homme se traîne à la limite du règne du mal et de la haine ♪

René Vasseur a quitté la vallée (de Dana, lalilala) enclavée, laissant le village de Pierrefeu dans son dos, mais aussi son père, son meilleur ami Brahim, sa copine Samia, son frère Rémy, mort durant une grève et sa mère, qui était morte après.

Au départ, on ne saura pas pourquoi René est parti en coup de vent, mais ce jeune homme un peu frêle et toujours en butte aux coups et aux railleries des autres s’est engagé dans la Légion. Des combats, il en a fait, des batailles dégueu, il en a vu.

Là, notre homme revient au bled, il a 40 ans et à la Légion, à cet âge là, tu es pensionné. Et quand tu reviens au bled après 20 ans de silence, on ne peut pas dire qu’on va sortir les cotillons et les flonflons pour ta pomme ! Que du contraire, on te regarde comme un étranger.

La force de ce roman est dans son écriture, dans ses personnages tourmentés, forts, ni tout blancs, ni tout noirs, dans René, homme taciturne qui se souvient de son enfance, du poids de l’Histoire avec un grand-père paternel qui avait pris le maquis et qui est mort d’une balle dans la nuque, dénoncé par des gens du village, sans aucun doute.

Le père de René est aussi un homme fort, il était syndicaliste et il en a mené, des grèves, ce communiste pur et dur. Pourtant, il y a de la fragilité dans cet homme qui a perdu son père alors qu’il n’était qu’un petit garçon et qui a senti peser sur ses épaules le poids de la Légion d’honneur de son père, reçue à titre posthume.

Et puis, il y a des flics ripoux, des salauds qui ne sont forts que planqué derrière leur uniforme ou derrière les autres, parce que une fois seul, ils se chient dessus.

Sans oublier les vieilles rancœurs qu’on a laissé couver, telle des braises sous la cendre, et des vengeances que l’on voudrait accomplir envers ceux qui ont tabassé votre frère, le laissant mort sur le béton.

Un roman rural noir, mais pas trop rural, un roman rempli de flash-back, une histoire qui ne se dévoile que petit à petit, des souvenirs trop grands pour être gardés en soi, une histoire d’amitié, de haine, de vengeance que l’on voudrait accomplir mais dont on sait qu’elle nous laissera des séquelles.

Ça se lit tout seul, ça se dévore, ça se déguste comme un mojito bien frais sur une terrasse (ou du petit-lait pour ceux qui n’aiment pas boire), et ça donne des frissons durant la lecture car certains rebondissements sont des véritables chocs.

Une fois de plus, je viens de sonder l’âme noire des Hommes et croyez-moi, c’était pas beau à voir, mais tellement beau à lire.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017).

Touchez pas au grisbi ! : Albert Simonin

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Titre : Touchez pas au grisbi !

Auteur : Albert Simonin
Édition :  Gallimard (12/06/2014)
Édition originale : Nouvelle Revue française (1953) – Série noire N°148 (1953)

Résumé :
Max-le-Menteur pensait se classer parmi les hommes de poids du milieu des malfrats parisiens. Il ne lui manquait pas grand chose. Mais l’assassinat de Fredo vient tout remettre en cause.

Qui a tué ce chef de bande ? Riton, son ennemi héréditaire, et meilleur ami de Max ? En son absence, c’est ce que tout le monde croit. Et pour les lieutenants de Fredo, la vengeance va être simple : tuer Max.

Entre la police qui cherche Riton et les tueurs fous à ses trousses, Max n’aura pas une minute à lui.

Critique :
L’est déjà con, le Frédo, de dire à voix haute qu’il va filer un coup d’surin à Riton, le chef de la bande rivale…

Lorsqu’on est un petit caïd, vouloir fourrer un cador, c’est le genre d’acte qu’il vaut mieux ne pas claironner sur tous les toits, et encore moins dans un rade !

La vie étant une sacré loterie, notre Frédo a tiré les mauvais numéro et c’est lui qui avale son acte de naissance, d’un coup de lame de rasoir, du genre de celle qui te coupe la gorge…

Principal suspect, je vous le donne en mille : Riton, bien entendu ! Ou du moins, si ce n’est pas lui, c’est sa bande ! Haro sur la bande à Riton, don Max-Le-Menteur fait partie.

Si l’argot vous donne de la chair de poule et des envies folle de lire la Princesse de Clèves de Mme de La Fayette (je n’ai rien contre ce roman, contrairement à certains politiciens), passez votre tour, vous finiriez avec de l’eczéma tant les mots argotiques sont courant dans ce roman.

Le glossaire mis en fin de roman fut très souvent sollicité par mézigue, mais problème c’est que ça vous casse le rythme de la lecture, à force d’aller voir.

Clichy, Notre-Dame de Lorette, place Pigalle, tel est notre ghetto et c’est pas du gâteau !

Dans ce roman, mesdames, nous en prendrons pour notre grade, les femmes qui hantent ces lieux étant le plus souvent occupées à pratiquer le plus vieux métier du monde et pas toujours fréquentables.

Âmes pudibondes s’abstenir aussi car à cette époque, on ne prenait pas des gants et les appellations d’origine raciale non contrôlées sont présentes aussi dans ces pages. Les termes sont crus, racistes, bien entendu, mais à classer dans cette époque où ils étaient autorisés.

N’oublions pas non plus que nous sommes chez les truands, et qu’ici, les additions, on les règle avec des bastos et des pruneaux, qui ne sont pas d’Agen, vous vous en doutez.

Un polar noir argotique, dont tout le monde a entendu parler du film avec Gabin, un polar noir qui ravira les amateurs du genre mais déplaira aux autres.

L’usage de termes argotiques dont je ne connaissais pas la définition m’a énormément ralenti dans la lecture, me faisant parfois perdre le fil de la narration, des notes en bas de page eussent été plus simples et moins chiantes.

À la fin, j’en avais tellement marre d’aller voir en bout de roman, de constater que certaines définitions n’y étaient pas que  j’ai zappé, tant pis pour les mots dont je ne connaissais pas le sens.

Bon, je ne vais pas trop m’épancher dessus, ni trop l’ouvrir, ni trop vous affranchir, j’voudrais pas qu’on pense que je suis une balance alors que je suis du signe du sagittaire !

Méfions-nous des piqueurs qui se faufilent en loucdé dans les ruelles sombres… Et évitons aussi les cognes, ça vaudra mieux pour notre santé de petits truands.

Étoile 3

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (254 pages) et Le Mois du polar 2017 chez Sharon.

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Dossier tueurs en série – Tome 1 – Zodiac Killer : Fabrice David

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Titre : Dossier tueurs en série – Tome 1 – Zodiac Killer

Scénariste : Fabrice David
Dessinateur : Fino – Dan – Morrissette – Rodier

Édition : Soleil (2007)

Résumé :
Années 60-70, à Vallejo, près de San Francisco, un tueur en série commet plusieurs dizaines de meurtres. Il revendique ses crimes dans des lettres adressées à la presse.

« C’est le zodiaque qui vous parle. .. J’aime tuer les gens, c’est tellement plus excitant que la chasse. L’homme est le plus dangereux des gibiers. »

Revivez les faits tels qu’ils se sont déroulés entre 1968 et 1978.

2764Critique : 
Pour celui ou celle qui est fascinée par les tueurs en série oui qui voudrait en savoir plus sur ces personnes qu’il vaut mieux ne jamais croiser, cette collection pourrait être une aubaine.

Pourrait être, je dis bien, parce que, ma foi, je l’ai trouvée guère épaisse alors que le dossier du Zodiac est, lui, énorme.

Évidemment on me rétorquera que traiter pareille affaire sur 48 pages de bédé, ce n’est pas évident et je le conçois.

Mais, en terminant cette bédé, j’ai un goût d’inachevé en bouche et pas à cause du fait qu’on n’a jamais coincé le tueur et que l’auteur ne peut pas nous proposer un nom.

Juste parce que j’avais la sensation qu’il aurait fallu plusieurs tomes pour esquisser l’affaire correctement.

Si j’ai apprécié les dessins, j’ai trouvé les couleurs fort monocordes, dans des tons les plus souvent jaunâtres ou sombres, ce qui devient lassant pour les yeux sur la fin. J’aurais préféré des couleurs sépias pour installer une ambiance rétro.

De plus, j’ai trouvé que les voitures étaient dessinées fort écrasées, très larges, fort basses et peu réalistes, même selon les modèles de l’époque.

Si vous avez vu le film de David Fincher, cet album ne vous apprendra rien de plus et si vous ne savez rien de rien, et bien, cet opus ne fera que vous abreuver de quelques gouttes de savoir, de quoi aiguiser votre appétit et votre curiosité.

L’auteur ne fait que reprendre les faits les plus marquants de l’affaire, comme les messages codés qui furent envoyés par le tueur et décryptés par un professeur d’histoire et sa femme alors que le FBI et CIA firent choux blanc…

Malgré tout, j’ai passé un bon moment de détente et je compte tout de même me pencher sur les autres serial killer de la collection, juste pour étoffer ma culture générale et avoir des sujets de conversations gore aux prochains repas de famille.

Étoile 2,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),  le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

Sombre vallée : Thomas Willmann

Sombre Vallée - Thomas Willmann

Titre : Sombre vallée

Auteur : Thomas Willmann
Édition : Belfond (2016)

Résumé :
« C’est ainsi que l’homme et l’animal sortirent de l’étroit et sombre goulet qui, entaillant jusqu’à mi-hauteur la paroi désolée du massif montagneux, débouchait sur une immense plaine entourée d’une suite de sommets, havre insoupçonné de calme, asile de fertile solitude. C’était un endroit qui se suffisait à lui-même et ne tolérait la présence d’aucun élément extérieur. Il ne se défendait pas contre les intrus, mais se refermait aussitôt derrière eux, interdisant tout retour à un autre monde. »

Alpes bavaroises, fin XIXe siècle.

Quand l’étranger est arrivé sur sa mule un soir, les villageois se sont interrogés. Greider est-il vraiment peintre, comme il le prétend ? Ou est-il guidé par de plus sombres desseins ? Et puis un mort, un fils du clan Brenner, les fermiers qui règnent en maîtres sur la communauté. Et bientôt la mort d’un autre fils. Et d’autres encore…

Ceux qui dirigeaient jusque-là le village seraient-ils devenus des proies ? Tous les regards se tournent vers lui, Greider. L’étranger connaît-il les lourds secrets de la sombre vallée ? Et s’il était revenu pour mettre à exécution une vengeance ourdie de très longue date ?

Au cœur des montagnes bavaroises se noue un drame aux conséquences dévastatrices. Porté par une écriture puissamment évocatrice, un premier roman impressionnant, un suspense oppressant au service d’une histoire de haine et de revanche.

Mountain+darknessCritique :
« La montagne, ça vous gagne », qu’ils disaient. Tu parles ! Vu d’ici, on a envie de fuir à toutes berzingue de leur foutue montagne et surtout de leur trou du cul de village perdu dans une vallée des Alpes Bavaroises.

Ce roman porte bien son nom en français, la vallée est sombre et pas uniquement parce que nous sommes en hiver et que le soleil se couche avec les poules.

Non, ici, la sombritude (néologisme gratuit) elle est dans le cœur des gens, dans leurs âmes, dans l’acceptation de la domination d’une famille, le clan Brenner, comme si nous étions encore au Moyen-Âge ou dans en Sicile, sous la coupe de la Mafia.

Pourtant, que la montagne pourrait être belle dans cette vallée à la terre fertile s’il n’y avait pas ces foutus fils Brenner qui y font la loi. Ils sont six et bientôt, il ne seront plus que quatre, puis cinq… Une sorte de « Dix Petits Nègres » d’Agatha Christie rebaptisé « Six Fils Brenner ».

Le récit est oppressant car même si nous sommes dans une vallée, avec l’hiver qui arrive, ça devient un huis clos. L’auteur nous fait bien sentir qu’il y a un truc louche dans la venue dans ce village paumé du peintre Greider, mais au départ, on ne voit pas le lien.

C’est petit à petit aussi que l’on découvre que tout le village est sous tutelle de la famille Brenner et à un moment donné, en analysant les angoisses d’un personnage, j’ai compris jusqu’où cette main mise pouvait aller et là, ce fut l’horreur absolue lorsque l’auteur a confirmé mes pires craintes.

Les personnages sont taillés à la serpe, on n’en saura pas beaucoup sur eux, mais ce sera suffisant pour qu’on s’attache à certains, dont Greider, la veuve Gader, Luzi et Lukas tandis que les autres nous feront trembler de par leur morgue, leur froideur, leur façon d’être.

Le style d’écriture n’est pas trépidant, mais les pages se tournent toutes seules, car on veut savoir ce que Greider fout dans ce trou du cul paumé des alpes bavaroises, hormis dessiner les paysages et les maisons au fusain. Il n’y a pas que ça…

On voudrait aussi en savoir plus sur le clan qui règne telle la famille Ewing dans cet univers impitoyable et qui font montre de toute leur puissance, leur hégémonie ou de leur testostérone lorsqu’ils déambulent dans le village pour accompagner Greider chez la veuve Gader.

Comme dans le roman « Sécessions », les dialogues sont assez rares, mais ici, grâce à la plume de l’auteur, ça passe comme une lettre à la poste car certaines scènes sont puissantes, violentes, mais on en veut toujours plus car on veut savoir.

Vers la page 190, deux récits vont d’entremêler, deux récits du passé, mais qui auraient pu concerner aussi le présent (je l’ai pensé à un moment donné), deux récits violents, âpres, prenant, deux  histoires tragiques qui, dans le roman, sont séparées par un espace mais sont sœurs de par la violence sans borne qui les caractérisent.

Je quittais un récit la mort dans l’âme pour me replonger dans l’autre que j’étais contente de retrouver car je voulais connaître le fin mot et au moment où… boum, on revenait au premier, et l’auteur a ainsi joué avec le suspense et l’envie de tout savoir durant de nombreuses pages, faisant monter mon rythme cardiaque.

Niveau ambiance western, elle s’y trouve bel et bien dans ce côté d’un Clint Eastwood qui jouerait le rôle de Preacher (Pale Rider) ou à la manière d’un Henry Fonda (Mon nom est Personne) et bien entendu, dans le final, mais sans les mouches, vu la climat.

Le seul bémol sera pour quelques phrases en allemand non traduites en annexe ou en bas de page.

Un roman sombre, un nature writing mâtiné de roman noir, une histoire d’hégémonie suprême d’un homme et de ses fils sur un village, leurs pleins pouvoirs, et devant eux, un troupeau de dominés courbant l’échine et un peintre inconnu armé de ses fusains.

C’est lent, poétique, avec de la psychologie dans les personnages et dans l’analyse de ala position de Greider, à la fin, sans oublier de la rédemption. Et lorsque l’on tourne les pages, on frémit de ce qui pourrait nous attendre au détour de l’une comme au détour des forêts sombres et couvertes de neige de ce coin perdu où il ne fait pas bon y échouer.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Coupe d’Europe des Livres » chez Plume de cajou et le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires (337 pages).

coupe europe livres 2016 bis

 

Été rouge : Daniel Quiròs

Été rouge - Daniel Quiros

Titre : Été rouge

Auteur : Daniel Quiròs
Édition : Nouvelles éditions de l’Aube (2015)

Résumé :
Côte du Pacifique, Costa Rica. Un Éden où les pinèdes sont massacrées afin de permettre la construction de villas luxueuses pour des investisseurs étrangers… et des caïds de la drogue. Un Éden où il fait terriblement chaud, où l’alcool ne peut faire oublier le sable, la poussière et le vent.

C’est là, dans un tranquille village de pêcheurs, qu’est découvert sur la plage le cadavre d’une femme, surnommée l’Argentine.

Don Chepe, ancien guérillero qui a lutté aux côtés des sandinistes, décide de retrouver l’assassin de son amie. Une enquête qui le conduit à découvrir les liens obscurs entre passé et présent, utopie et désenchantement… et à revisiter l’histoire de son pays.

Entre torpeur et violence, ce livre nous colle à la peau.

Petit Plus : Été rouge a reçu le prix national de Littérature Aquileo J. Echeverría, la plus haute distinction littéraire du Costa Rica.

image003Critique :
Direction le Costa Rica, les p’tit gars, pour enquêter au côté de Don Chepe, ancien sandiniste et ancien de la Compagnie Nationale d’Assurances qui a décidé de se retirer dans un petit coin tranquille, Paraiso, paisible petite bourgade de pêcheurs.

Il n’entre pas grand monde dans ce bar. Il n’y a pas grand-chose à attendre d’un village de pêcheurs où vivent à peine trois cents personnes, et qu’un quelconque farceur a eu la riche idée de baptiser Paraiso (Paradis).

Don Chepe est un enquêteur du dimanche, un gars qui donne un coup de main aux policiers locaux pour résoudre des affaires de drogues, de meurtres, de vol.

Sinon, il passe son temps à siroter des bières dans le bar de Doña Eulalia, fumant ses cigarettes tout en regardant la mer, pestant sur la poussière qui lui colle à la peau moite.

La poussière. Je déteste la poussière. A cette époque de l’année, elle recouvre tout, comme une toile d’araignée omniprésente. Elle se mélange à la sueur et transforme la peau du visage en masque noirâtre.

Autre variante, il peut aussi être tranquillement à déguster dans le bar librairie de la ville voisine de Tamarindo, chez Ilana Etcheverri (surnommée l’Argentine), qui fait aussi dans le prêt de livres, ce qui occupe les looongues journées de tranquillité de notre homme.

La tranquillité s’est terminée lorsqu’on a retrouvé le corps de son amie, Ilana, une balle dans la tête et le portefeuille rempli. Ça pue le règlement de compte.

Don Chepe va enquêter et suivre le jeu de piste que Ilana a mis en place pour lui, en lui léguant des photos, une clé, une lettre.

L’enquête pourrait être accessoire, dans ce roman car la partie politique du pays est fort importante et l’auteur nous en parle au travers de son personnage atypique de Don Chepe.

Sans que cela devienne indigeste, durant sa remontée de piste au sujet du meurtre, Don Chepe se remémorera l’attentat à la bombe, commis à La Penca en 1984 et qui fit 7 morts et de nombreux blessés, dont les journalistes qui couvraient le conflit entre les sandinistes et les Contras.

Ici, bien entendu, se basant sur du vrai, le reste ne sera que fiction, notamment dans l’identité du poseur de bombe ou de ceux qui auraient pu le commanditer.

Roman assez court, mais tout est dit… L’atmosphère de chaleur moite est plantée et bien rendue, les tensions qui existent encore dans le pays sont esquissées, il nous parle aussi des autochtones qui ont du mal à s’y retrouver avec tous ces complexes hôteliers qui poussent comme des champignons le long des plages et le côté politique n’est pas indigeste, même pour ceux qui n’aiment pas. J’ai eu l’impression de me cultiver en suivant l’enquête avec Don Chepe.

Notre personnage principal oscille un peu entre flic et voyou et sans être un foudre de guerre, peut devenir dangereux quand il pète un câble car il a failli nous refaire le coup de la cuisson à la Jeanne d’Arc, à un moment donné. Le bûcher en moins, l’essence en plus.

Au final, notre enquêteur aura résolu deux affaires, une fraiche et un cold-case, tout en nous expliquant son pays, une partie de sa politique, même si nous ne savons pas encore tout du Costa Rica.

Un roman qui a le cul entre deux chaises : policier et roman noir, empruntant aux deux. Ni trop long, ni trop court, avec des personnages bien sympathiques, ni tout blanc, ni tout noir et qui nous fait découvrir un pays que nous ne connaissons que peu ou pas du tout.

Une belle découverte, je dois dire ! Et loin de l’image de la « Suisse américaine » comme le pays se dit…

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (prix national de Littérature Aquileo J. Echeverría – Costa Rica) et le Challenge « Le mois Espagnol » chez Sharon.

Mois espagnol

Capitaine Albator – Tome 1 – Dimension voyage : Leiji Matsumoto & Kouiti Shimaboshi

Titre : Capitaine Albator – Tome 1 – Dimension voyage

Scénariste : Leiji Matsumoto
Dessinateur : Kouiti Shimaboshi
Édition : Kana (2016)

Résumé :
La Terre est dirigée par des politiciens corrompus. L’humanité semble avoir baissé les bras, perdu tout courage et ambition. Alors que la menace sylvidre approche, un seul homme semble se rendre compte du danger et est prêt à se battre.

Il est pourtant considéré comme un traître et un hors-la-loi par les hommes alors qu’il est sans doute leur seul espoir. Son nom : le Capitaine Albator !

Captain-Harlock-Jigen-KokaiCritique :
La Terre est menacée par les sylvidres et les gouvernements discutent du sexe des anges ou jouent au golf…

Les politiciens sont corrompus (ceci n’est pas de la SF) et regardent tous le capitaine Albator de haut, alors qu’il est un des rares à vouloir défendre la terre.

Obligé de prendre le maquis avec son équipage, notre corsaire/pirate de l’espace compte bien foutre une raclée à ces salopes de sylvidres qui veulent vampiriser la Terre.

Vous me direz que ceci n’est rien de neuf sous le soleil et je dirai « Tout à fait, Thierry ». Ce manga reprend en fait le dessin animé qui fit nos beaux jours sur Club Dorothée, à quelques détails près (les quelques cheveux blancs que nous avons pris, aussi).

Malgré tout, Albator reste un de mes personnages préférés (avec Ken et Cobra, entre autre, mais Albator est en haut de la pile) et le revoir dans des magnifiques crayonnés tirant vers les tons gris-noir est un plaisir de fin gourmet.

N’ayant pas revu l’animé depuis des lustres, j’ai oublié comment il commençait et c’est donc avec curiosité que j’ai découvert le manga qui commence avec une attaque en règle menée par le capitaine, à bord du vaisseau Arcadia, pour passer ensuite à une journaliste qui s’intéresse au cas de notre corsaire/pirate.

Dans le manga, Albator est clairement nommé « pirate » et non « corsaire » comme dans l’animé. Fin de la parenthèse culturelle du jour.

Matsumoto est resté au scénario et il a confié le dessin à Shimaboshi qui a dépoussiéré un peu le dessin donnant un manga avec des airs des années 70 tout en lui offrant un p’tit coup djeun’s. Pas de trop… L’équipage du capitaine est toujours aussi loufoque (mais compétent). Quant au ministre de la Confédération Terrienne – entre autre – il est toujours aussi con, bête, débile et j’en passe.

Tellement aveugle, cet imbécile là, que quand le jeune Tadashi viendra lui conter les assassinats des professeurs Kusco et Daiba (son père) par une agente des Sylvidres, ce stupide petit homme le mettra en prison, obligeant ensuite le jeune garçon à prendre le maquis à bord de l’Arcadia.

Un manga avec de l’action, de l’Aventure, du mystère, des meurtres, de l’infiltration par l’ennemi, de la résistance alors que tout le monde baisse les bras et un capitaine de l’espace avec un charisme fou même si l’homme est froid, distant, taiseux et toussa toussa.

Le plaisir de me replonger dans la série, en espérant qu’elle aille à son terme !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

ImageUne-Trailer-Albator-V2

Casino Royale : Martin Campbell [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 9/52]

— Le monde entier saura que vous serez mort en me grattant les couilles [James Bond]

Casino Royale est un film américano-britanno-germano-tchèque d’espionnage réalisé par Martin Campbell.

Il est sorti le 22 novembre 2006 en France et en Belgique. C’est le 21e opus de la série des films de James Bond produite par EON Productions.

Chronologiquement, c’est la première aventure de l’espion anglais. James Bond est ici incarné par Daniel Craig, succédant ainsi à Pierce Brosnan.

C’est l’adaptation cinématographique du roman Casino Royale de Ian Fleming, publié au Royaume-Uni en avril 1953.

Le roman avait déjà été adapté dans un téléfilm du même nom avec Barry Nelson en 1954 et dans une comédie de 1967 avec David Niven.

1. Synopsis :
James Bond vient d’obtenir le statut d’agent 00 au sein du MI6.

Pour sa première mission, James Bond affronte le tout-puissant banquier privé du terrorisme international, Le Chiffre.

Pour achever de le ruiner et démanteler le plus grand réseau criminel qui soit, Bond doit le battre lors d’une partie de poker à haut risque au Casino Royale.

La très belle Vesper, attachée au Trésor, l’accompagne afin de veiller à ce que l’agent 007 prenne soin de l’argent du gouvernement britannique qui lui sert de mise, mais rien ne va se passer comme prévu.

2. Fiche technique :

  • Titre : Casino Royale (Le « e » de Royale n’est pas une faute d’orthographe : le titre original du roman de Ian Fleming est l’abréviation de Casino de Royale-les-Eaux. Cette signification est perdue dans le film, puisque le casino est situé au Monténégro.)
  • Titre de travail : James Bond 21 et Ian Fleming’s Casino Royale
  • Réalisation : Martin Campbell
  • Scénario : Neal Purvis, Robert Wade et Paul Haggis, d’après Casino Royale de Ian Fleming
  • Pays d’origine :  Royaume-Uni,  États-Unis Allemagne République Tchèque
  • Langues originales de tournage : anglais et français
  • Genre : espionnage, action, thriller
  • Budget : 72 millions USD (production), 150 millions $ (avec la publicité)
  • Durée : 138 minutes (2h18)

3. Distribution :

  • Daniel Craig : James Bond 007
  • Eva Green : Vesper Lynd
  • Mads Mikkelsen : Le Chiffre
  • Jesper Christensen : M. White
  • Judi Dench : M
  • Jeffrey Wright : Felix Leiter
  • Giancarlo Giannini : René Mathis
  • Caterina Murino : Solange
  • Simon Abkarian : Alex Dimitrios

Ce que j’en ai pensé :
Ah ben voilà la preuve que l’on peut réaliser un excellent James Bond !

Ok, j’avoue que je m’y prend avec 10 ans de retard, mais à ma décharge, j’avouerai, mesdames et messieurs des jurés, que j’avais fait la grimace en découvrant Daniel Craig pour jouer mon James Bond.

Le côté blondin ne m’avait pas plu et j’ai boudé durant de longues années (pas bien, je sais).

Alors maintenant que je me suis réconciliée avec l’acteur, que j’ai adoré Skyfall et me suis faite chier avec 007 Spectre, il est temps que je me fasse les deux autres en commençant par le commencement : Casino Royale !

Les d’jeuns qui découvriraient la scène d’ouverture pourraient penser que leur PC il est tout cassé puisque l’on débute en noir et blanc… La première scène est l’acquisition par l’agent James Bond de son double 0, autrement dit, le permis de tuer.

Le sang a coulé car il eu ses règles… Heu, son premier macchabée !

Le premier ? Oui, c’est la genèse de James.

Attendez là, y’a pas comme une problème avec l’actrice Judi Dench (M) ?? Gros problème de continuité, puisque celle-ci avait été présentée dans GoldenEye comme la successeur du M joué par Bernard Lee et Robert Brown…

Les recherches m’ont indiquées que cet apparent problème de continuité avait été réglé en affirmant que ce film démarrait une nouvelle série d’aventures cinématographiques de James Bond et qu’il n’y avait aucune continuité à rechercher puisqu’il n’y en avait plus.

Ok, les mecs. C’est la genèse mais ça commence une nouvelle partie. Vous suivez toujours les autres ??

Scène d’intro : pas de nanas dans le générique, absence de la traditionnelle scène du canon (elle viendra plus tard, ouf), et un début qui est une course-poursuite endiablée entre James et un homme plus agile qu’un singe (et ceci n’est pas une insulte) qui va me donner le vertige à grimper sur des poutrelles et des grues.

D’ailleurs, heureusement que j’avais vu deux autres Bond avec Craig parce que sinon, j’aurais eu un arrêt cardiaque en pensant qu’il allait chuter et mourir.

Punaise, mes yeux ne savaient plus suivre. Punaise, mes genoux me faisaient mal rien que de les voir sauter dans tous les sens. Non, non, jamais je ne ferai pareilles acrobaties et sauts dans les airs.

Par contre, il y a une chose qui me fera toujours hausser les sourcils d’étonnement : comment est-ce possible de rater James Bond qui court alors qu’ils sont plein de gars à lui tirer dessus à la mitraillette ??

Des balles touchent le gars qu’il emmène avec lui comme « otage » et notre James, lui, rien, pas une balle ne le frôle, comme si c’était des Gilbert Montagné en train de lui tirer dessus en lieu et place de militaires.

Nous sommes dans le monde du cinéma, tout est donc possible ! Passons à des considérations plus sérieuses, si vous voulez bien…

Ce que j’ai apprécié ici, c’est le côté plus profond de James Bond : ce sont ses débuts, il fait des erreurs, il doit apprendre.

C’est un James Bond plus psychologique et le côté sensible de notre célèbre agent apparait (ce qui fait finalement ressortir son côté humain).

Tout au long du film, on assiste vraiment à l’éclosion du personnage de James Bond (tchip tchip, le petit poussin sort de l’œuf).

Il a un côté plus sombre aussi que son prédécesseur, Pierce Brosnan. Et une musculature plus impressionnante aussi. Rhââââ….

Un personnage qui m’a fichu les jetons, c’est le Grand Méchant, le Chiffre… Le croiser au coin d’un bois me donnerait une seule envie : courir !!

Pas besoin de lui faire sortir de grandes phrases, avec un seul regard il vous cloue plus facilement que les romains ont cloué Jésus sur la croix.

Niveau cascades, celles de l’aéroport sont spectaculaires et heureusement que je savais que James allait survivre, sinon, j’aurais eu mon cœur en état d’arrêt cardiaque une fois de plus.

Après un coup pareil, je peux comprendre que le Chiffre ait envie de massacrer le beau James.

Bien qu’il n’y a pas QUE de l’action, les moments plus calmes ne sont pas pour autant des moments propices aux bâillements.

Quelques belles réparties dans le train avec la jolie Vesper Lynd (une comptable) une partie de poker qui m’a fait suer tant les mises étaient énormes, des revers, des vodka-martini dont on n’en a rien à battre qu’elles soient à la cuillère ou au shaker.

Niveau courses-poursuites en bagnoles, les fans seront déçu puisque nous n’en avons pas et lorsque James foncera dans son Aston Martin DBS V12 ce ne sera que pour une courte durée.

Les cascadeurs ont tout de même détruit  trois Aston Martin (300 000$ pièce) et établis un record mondial avec 7 tonneaux.

Anybref (© Meloë) notre James Bond, pour sa partie de poker à 10 million de $ va donc bénéficier de l’aide de la charmante comptable Vesper Lynd (Eva Green) avec laquelle il nouera une histoire d’amour intense (♫ chabadabada ♪), ce que l’on n’avait plus vu depuis « Au service secret de sa Majesté ».

Ouf, au moins on a eu droit à un personnage féminin bien plus fouillé et le plus complexe que ceux vus auparavant, dans les autres films. Ça nous change des nanas qui n’avaient comme atouts que leurs formes opulentes (mais un rôle plus fin que du papier d’Arménie).

Bon, les dialogues, quand ils roucoulent sont sirupeux et, me retournant vers mon Chouchou, je lui dis :
— Mais pourquoi tu ne me fais jamais pareille déclaration ??
— Parce que je ne suis pas James Bond…
— Certes, mais tu possède pourtant un double zéro et un sept dans ton pantalon.

Le goujat me traita d’obsédée… mdr

Je ne spoilerai pas la fin du film, mais quand je vous disais qu’on était proche du film « Au service secret de sa majesté », je ne vous racontais pas de carabistouilles.

James doit souffrir pour devenir celui qu’il est à présent.

Une chose m’a étonnée : le fait que le principal adversaire de Bond boive son bouillon de 11h bien avant le générique final… Hé, ça, c’est original au moins et ça laisse d’autres possibilités.

Dans tous les films, quelque soit le James Bond, notre espion passe souvent un mauvais quart d’heure en frôlant l’haleine fétide de la mort, c’est connu.

Ici, on entre dans un tout autre domaine puisque, assis sur une chaise trouée, notre pauvre homme est torturé, et passe un vrai moment de souffrance.

Tous les hommes voyant cette scène auront les cuisses qui, instinctivement, se resserreront. À se demander comment après, il arrive encore à… Parce qu’après un tel traitement, « elles » devaient avoir la même couleur que celles des Schtroumpfs !

— Mon nom est Bond, James Bond » sera la dernière image du film après que notre ami ait encore été sonné, anéanti, énervé, et qu’il aura dézingué des tas de mecs pas gentils du tout.

Un film de la franchise qui sort de l’ordinaire, un James plus humain, en train de se construire, d’apprendre le métier, un homme blessé, plus sensible, plus profond.

Pas de gadgets habituels, pas de course-poursuite digne de ce nom, mais l’important n’était pas là. Il était dans un James Bond et dans sa genèse.

J’ai passé un putain de bon moment devant mon PC dont le film n’arrêtait pas de faire de la pub (Sony VAIO – Columbia appartient à Sony).

Étoile 4

« A year in England » chez Titine et le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016.

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