Le dernier message : Nicolas Beuglet

Titre : Le dernier message

Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : XO Thriller (17/09/2020)

Résumé :
Voulez-vous vraiment connaître la vérité ? Le dernier message pourrait vous plonger dans des abysses d’angoisse et de folie…

Île d’Iona, à l’ouest de l’Ecosse. des plaines d’herbes brunes parsemées de roches noires. Et au bout du  » Chemin des morts « , la silhouette grise du monastère.

Derrière ces murs suppliciés par le vent, un pensionnaire vient d’être retrouvé assassiné. Son corps mutilé de la plus étrange des façons. C’est l’inspectrice écossaise Grace Campbell qui est chargée de l’enquête. Après un an de mise à l’écart, elle joue sa carrière, elle le sait.

Sous une pluie battante, Grace pousse la lourde porte du monastère. Elle affronte les regards fuyants des cinq moines présents. De la victime, ils ne connaissent que le nom, Anton. Tous savent, en revanche, qu’il possédait un cabinet de travail secret aménagé dans les murs. Un cabinet constellé de formules savantes…

Que cherchait Anton ? Pourquoi l’avoir éliminé avec une telle sauvagerie ? Alors qu’elle tente encore de retrouver confiance en elle, Grace ignore que la résolution d’une des énigmes les plus vertigineuses de l’humanité repose tout entière sur ses épaules…

Critique :
On ne pourra pas accuser l’auteur de nous présenter des petits meurtres gentillets, tout propres, style polars pour tout public…

Une fois de plus, le crime est banal mais la méthode pour tuer n’est pas des plus courante car elle exige un savoir-faire, un estomac à toute épreuve et des connaissances médicales.

On ne pourra pas l’accuser non plu d’aborder des thématiques plan-plan, habituelles, banales. Au moins, avec cet auteur, on apprend tout en lisant un thriller ! D’ailleurs, le crime n’est là que pour nous amener ailleurs et là, sans bouger mon cul du fauteuil, j’ai voyagé de l’Écosse à des contrées froides et gelées ! Putain, j’avais même pas mon bonnet…

Une fois de plus, l’auteur nous propose un thriller addictif et des faits avérés, sauf pour une chose, mais nous savons que c’est possible, seule l’éthique tient encore un peu certains scientifique.

Le message délivré dans ces pages n’est pas à prendre à la légère, il est aussi avéré que nous fabriquons une légion de crétins digitaux, de jeunes au langage assez limité et de gosses ayant toujours le nez sur les écrans de papa/maman, et ce, dès leur plus jeune âge.

Nul besoin de s’enflammer avec des complots à la con comme la puce dans la barrette métallique des masques ou celle que l’on nous inenculera… inoculera dans le futur vaccin covid qui sera un suppositoire (si, si) et qui permettra de téléguider tout le monde avec la 5G (au moins, certains trouveront le fameux point G qui n’est pas uniquement au bout du mot Shopping).

Pas besoin de puces, la majorité des gens racontent leur vie, la poste en images, sur les différents réseaux sociaux. Et les salopards savent comment vous tenir ! Non, je n’ai jamais joué à Candy Crush, désolé !

Sans jamais devenir indigeste, l’auteur nous entraîne à la suite de son enquêtrice, Grace Campbell dans un enquête totalement folle, instructive et jamais je n’aurais pensé qu’un meurtre sur la petite île de Iona, dans un monastère, allait m’entraîner dans un baroud pareil ! Ni que j’allais instruire mon petit cerveau.

Alors oui, c’est un thriller ambitieux, mais… Le problème est qu’il est court et que 320 pages ne donnent pas la place nécessaire à bien développer les personnages principaux qui, pour moi, sont trop survolés, pas assez détaillés, pas assez approfondis, alors que l’auteur insiste souvent sur le fait que Grace a de l’embonpoint…

L’enquêtrice Grace a des blessures enfouies (un classique) mais nous n’en saurons pas vraiment plus. Nous ne saurons pas non plus le secret caché derrière sa porte blindée, ni pourquoi elle est si attachée à son anneau au pouce.

Alors quoi ? On en saura plus dans le prochain épisode ? De quoi pousser les lecteurs à suivre l’auteur dans une suite ? Moi je voulais les réponses dans ce tome-ci… C’est décidé, tant que je ne sais pas tout, j’arrête de respirer !

Un thriller ambitieux, qui ne surfe pas sur les enquêtes auxquelles nous sommes habitués, même s’il commence naturellement par du classique, avant de s’en éloigner et de nous entraîner dans un vaste univers fait de science et de secrets.

Si les personnages manquaient de profondeur, le sujet, lui, n’en manquait pas ! Dommage que le thriller soit si court, on a l’impression que tout va trop vite, ce qui, dans un roman ambitieux comme celui-ci, est un tort.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°134].

Moriarty – Le chien des d’Urberville : Kim Newman

Titre : Moriarty – Le chien des d’Urberville

Auteur : Kim Newman
Édition : Bragelonne (2015) / Livre de Poche (2017)
Édition Originale : Professor Moriarty – The Hound of the D’Urbervilles (2011)
Traducteur : Leslie Damant-Jeandel

Résumé :
Imaginez les jumeaux maléfiques de Sherlock Holmes et du docteur Watson, et vous obtiendrez le redoutable duo formé par le professeur James Moriarty, serpent rusé d’une intelligence remarquable, aussi cruel qu’imprévisible, et le colonel Moran, violent et libertin.

Ensemble, ils règnent sur Londres en maîtres du crime, défiant police et hors-la-loi.

Quelle que soit leur mission, du meurtre au cambriolage de haut vol, Moriarty et Moran accueillent un flot de visiteurs malfaisants, dont une certaine Irène Adler…

Critique :
Vous prenez la rencontre mythique entre Holmes et Watson, par l’entremise de Stamford, mais en version « Moriarty/Moran » et vous comprendrez que ce que vous tenez entre vos mains est inhabituel.

Vous lirez « Une étude en rouge », avec une partie des protagonistes du roman, l’histoire sera différente, avec des similitudes, mais adaptée pour le duo maléfique.

Irene Adler n’est plus La Femme, mais La Salope et le chien des Baskerville est rouge sang, et c’est devenu celui des d’Urberville…

Là j’en entends déjà qui grognent que reprendre les histoires déjà écrites, connues et juste la mettre à la sauce Moriarty/Moran, c’est facile.

Et bien non, ce n’est pas vraiment ainsi que cela se déroule car l’auteur a tout de même pris la peine de modifier les scénarios et même carrément toute l’histoire, comme dans celle qui concerne des Martiens et qui ne parlera qu’en filigrane de John Clay et de la succursale Coburg de la Banque de la City…

En lisant les carnets du colonel Moran, on se rend compte de plusieurs choses : il a de l’humour, est un utilisateur de femmes, un fanfaron (au lit et on ne peut vérifier ses dires) et en plus d’être une fine gâchette, c’est un aventurier.

Moriarty est bien présent, avec sa toile criminelle, son rire qui tue les pigeons aux alentours, son dodelinement de tête tel un cobra et son ego démesuré.

Évidemment, lorsqu’on suit des histoires présentées par des méchants, ils considèrent les gentils comme des crétins, des petits lapinous juste bon à tirer à la sortie du terrier.

Anybref, tout allait bien dans le meilleur des mondes pour moi, les références aux enquêtes de Holmes étaient présents, mais détournées et bien détournées.

Hélas, parce qu’il y en a un, à un moment donné, le bel édifice s’est écroulé, les histoires qui étaient amusantes, bien présentées ont commencé à devenir laborieuses pour les 3 dernières et c’est avec la lenteur d’un escargot que je les ai terminées, sautant allègrement des paragraphes entiers pour terminer le livre.

Quelle disparité de niveau entre les premières histoires et les 3 dernières ! Entre celles bourrées d’humour, de petites phrases humoristiques ou cyniques du colonel Moran, on passe à des histoires poussives dont on à l’impression qu’on les a tirées en longueur pour remplir le roman.

Le pire fut pour la dernière histoire qui concerne le dernier problème où on a l’impression que l’auteur s’est cassé le cul pour nous offrir une aventure soporifique, chiante, lourde et loin de ce que l’on aurait pu espérer en la suivant du point de vue de Moriarty et du Colonel Moran.

Le début était prometteur et l’auteur n’a pas su conclure avec panache puisqu’il a débandé à la moitié de l’ouvrage ce qui est plus rageant que le contraire (commencer mou et finir en beauté) car j’avais l’espoir de le terminer avec bien plus d’étoiles dans les yeux et dans sa cotation.

PS : c’est le coeur gros que je dis au revoir au Mois Anglais édition 2020 car ceci était ma dernière fiche. Merci aux organisatrices qui peuvent maintenant aller se reposer, je vais entrer en hibernation ! mdr

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°290, Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°22] et le Challenge Pavévasion – Saison 2 chez Mez Brizées [Lecture N°05 – 704 pages en version LP].

Voyage lunaire – Tome 2 – Autour de la lune : Jules Verne [LC avec Rachel]

Titre : Voyage lunaire – Tome 2 – Autour de la lune

Auteur : Jules Verne
Édition : Le Livre de Poche Classiques (2001)
Édition Originale : 1869

Résumé :
Après trois mois d’intenses préparatifs, l’énorme boulet-wagon tiré par un gigantesque canon construit a même le sol de la Floride est enfin lancé vers la lune.

Il emmène a son bord trois hardis voyageurs : l’honorable président du Gun-Club, Impey Barbicane, le capitaine Nicholl et Michel Ardan, un français aventureux Ces trois hommes entendent bien être les premiers à poser le pied sur la lune.

Nos héros risqueront plus d’une fois leur vie. Arriveront t’ils jusqu’à l’astre de la nuit ? Et reviendront t-ils sur terre ?

Ceci est la suite du roman « De la Terre à la Lune » paru en 1865.

Critique :
Bardaf, c’est l’embardée ! Je pense qu’entre Jules Verne et moi, il n’y aura que le Tour du Monde en 80 jours et Michel Strogof pour nous rassembler car pour le reste, je suis une fois de plus passée à côté de ce roman !

Les personnages m’ont amusés au départ, leurs dialogues aussi.

L’aventure était belle et prometteuse : pensez-vous, nous allions vers la lune avant Tintin, un siècle avant Buzz Aldrin et Armstrong, le trompettiste de talent qui gagna aussi 7 Tour de France !

Mais à un moment donné, les détails techniques m’ont soûlé ! Bon sang, qu’est-ce que j’en avais marre de toutes les descriptions de chaque morceau de Lune, de ses reliefs…. Mais putain, on s’en fout !

Là, ça m’a achevé et j’ai eu envie de boire pour oublier ma déconvenue.

Si le départ était encore plaisant, ensuite, cette lecture fut laborieuse et sans ces sauts dans le récit, elle aurait pu être aussi longue que si j’avais pédalé entre la Terre et la Lune.

Alors, comme dans l’île mystérieuse, j’ai sauté, j’ai fait des bons comme j’en aurais fait sur une planète où la gravité est moins importante que sur la Terre et j’ai tracé ma route jusqu’à la fin…

Je ne me permettrai pas de me gausser pas sur invraisemblances techniques, à l’époque de sa parution, nous étions à 100 ans du premier pas sur la Lune et il faut tout de même saluer le talent visionnaire de Verne.

Bon, ce n’est pas encore avec ce roman que Rachel et moi allons nous trouver un coup de cœur livresque en commun autre que ceux que nous avons déjà. Va encore falloir creuser un peu pour en trouver d’autres.

Justement, Rachel m’a parlé d’un certain capitaine Hatteras et de ses aventures… Qui sait, ça pourrait marcher ?

Pour aller au lit moins bête : En dépit de ses invraisemblances et de ses erreurs (lancement par un canon, pesanteur présente sauf au « point neutre », etc.), le roman s’est avéré étonnamment prémonitoire par rapport à la mission Apollo 8 : l’initiative du voyage dans la Lune a bien été prise par les Américains, le départ de la mission américaine a eu lieu à Cap Canaveral, à quelques centaines de kilomètres seulement de l’endroit choisi par Verne en Floride, non pour les raisons qu’offre l’auteur, mais parce que la vitesse supérieure de rotation de la terre à cet endroit y est plus favorable.

Il y a bien eu trois astronautes à bord de la capsule et la mission a duré un peu moins d’une semaine, comme celle de Michel Ardan et ses amis.

Enfin, au retour, l’engin se retrouve dans l’océan après avoir effectué un contournement lunaire.

Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chronique Littéraire (Menu Petit Frisson – La PAL de l’enfer –  livres qui vous font sortir de votre zone de confort : classique).