Jake : Bryan Reardon

Titre : Jake

Auteur : Bryan Reardon
Édition : Gallimard (08/02/2018)
Édition Originale : Finding Jake (2015)
Traducteur : Flavia Robin

Résumé :
Simon Connolly est l’heureux père de deux enfants, Jake et Laney. Certes, la situation de cet homme au foyer est pour le moins originale et Simon n’est pas toujours très à l’aise dans ce rôle. Mais, cahin caha, la famille coule des jours paisibles ?

Jusqu’au jour où Doug Martin-Klein, un gamin associable dont Jake est le seul copain, tire sur plusieurs adolescents avant de se donner la mort. Les survivants et les blessés sont peu à peu évacués mais Jake est introuvable.

Et très vite soupçonné d’être le complice de Doug. Commence alors pour Simon une véritable descente aux enfers. Comment une chose pareille a-t-elle pu arriver ?

Comment a-t-il pu ne rien entrevoir du drame qui se profilait ? Jake est-il coupable ? Où est-il passé ?

Critique :
Une fusillade dans un lycée américain fait 13 morts et bien plus de parents ou de familles déchirées, en colère. anéanties, traumatisées…

Les médias se déchaînent, les gens aussi, on écoute un président peroxydé dire n’importe quoi, tapant sur les jeux vidéos, sur les parents du tueur, sans que jamais personne ne se demande ce que ressentent les parents de l’ado qui vient de commettre ces assassinats.

Et tout le monde balance sur le dos de ces gens-là, les jugeant sans savoir, déversant des tonnes de commentaires haineux sur les réseaux sociaux, sans jamais penser à ce que peuvent ressentir ces hommes et femmes qui ne sont pas toujours des mauvais parents, comme on voudrait nous le faire croire.

Ici, nous allons entrer dans le quotidien de Simon Connoly, de son épouse Rachel et de ses deux enfants, Jake et Laney.

Alternant les chapitres « avant » et « après », l’auteur nous fait vivre avec brio les moments de vie de Jake : sa naissance, son enfance, son côté un peu réservé, son père qui joue les mères au foyer pendant que maman bosse, sa vie avec sa petite soeur et les moments angoissants que vont vivre cette famille lorsqu’on accusera leur enfant d’être un des co-auteurs de la tuerie.

Ce roman est un concentré d’émotions brutes, pures, magiques, magnifiques. Sans voyeurisme aucun, sans parti pris, l’auteur nous fait vivre de plein fouet ce que des parents vont ressentir lors de l’emballement, du déferlement médiatique qui va leur tomber dessus, sans que personne ne se soit posé les bonnes questions de l’innocence ou de la culpabilité de leur fils.

Les pages se tournent toute seules tant on a envie de savoir ce qui est arrivé à Jake et ce qui va arriver à sa famille, au bord de l’éclatement, au bord de la nausée de s’entendre juger par des gens qui ne les connaissent pas, ou peu, ces sois-disant amis qui, le jour où vous êtes dans la tourmente, viennent tirer à boulets rouges sur vous.

Un roman noir assez court où l’on s’attache aux personnages principaux car ils sont réalistes, humains, avec leurs failles, leurs défauts, leurs personnalité propre, dont celle d’un père et d’un fils un peu réservé, ce qui fait dire qu’ils sont différents.

Un roman noir qui vous prend aux tripes, qui ne vous lâche pas, profond, humain, juste, réaliste, et un concentré d’émotions pures dans les dernières pages, celles qui donnent des crasses dans les yeux parce que soudainement, ils se mettent à pleurer tout seuls.

Un roman noir qui m’a ému, qui m’a fait réfléchir à tout ces imbéciles qui vilipendent d’autres personnes sans savoir, se mêlant de ce qui ne les regarde pas, les faisait parler alors qu’ils ne savent rien, que ce soit pour des tueries ou pour des testaments.

Ce roman noir qui alterne les phases de bonheur et celles plus angoissantes de « Jakoutai » fini d’emblée dans mes coups de coeur marquants de l’année 2018.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Magic time : Doug Marlette

Titre : Magic time

Auteur : Doug Marlette
Édition : Le Cherche midi (07/01/2016) / 10-18 (06/04/2017)

Résumé :
Quand Histoire et destinées individuelles se croisent…

1965. Alors que le mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King s’étend dans tous les États-Unis, le pays a les yeux fixés sur Troy, une petite localité du Mississippi.

Quatre jeunes activistes y ont péri dans l’incendie d’une église. Deux membres du Ku Klux Klan sont arrêtés et condamnés à perpétuité.

1990. L’un des condamnés libère sa conscience en désignant le vrai responsable du crime. Un nouveau procès se prépare donc à Troy.

De retour dans sa ville natale, Carter Ransom, ancien sympathisant dans la lutte pour les droits civiques et journaliste au New York Examiner, est aux avant-postes.

Son premier amour, Sarah Solomon, faisait partie des victimes et son père, le tout-puissant juge Mitchell Ransom, avait conduit le premier procès. Carter veut faire toute la lumière sur cette période qui l’a marqué à jamais.

Et c’est dans le passé qu’il va devoir fouiller pour mettre au jour une vérité aussi terrible qu’inattendue.

Doug Marlette retrace ici toute une époque, trouble, pleine de non-dits, de soupçons et de positions ambiguës, mais aussi de courage, de droiture et de passion. Celle de la lutte pour les droits civiques.

Avec une intrigue haletante et des personnages d’une rare humanité, Doug Marlette signe un chef-d’œuvre, à classer entre les romans de John Grisham et de Tom Wolfe.

Critique :
En remontant le Mississippi… En remontant le temps… Le temps où une partie de l’Amérique se complaisait et se vautrait avec délices dans le ségrégationnisme.

« Bah, on ne faisait que suivre la mouvance », vous diraient-ils pour se défendre, un peu comme ceux qui dirent un jour qu’ils n’avaient fait qu’exécuter les ordres.

Autour de lui, il était admis que personne n’était « responsable » des souffrances des Noirs du Mississippi, à part les Noirs eux-mêmes, que la ségrégation faisait partie de l’ordre naturel de choses et qu’il était inutile de tenter d’y remédier.

Bienvenue dans le Sud profond, celui qui accroche encore des drapeau confédérés à ses murs, celui qui ne reconnait pas les droits des Noirs, celui prétend que seule la race Blanche est supérieure.

Jimbo prit joyeusement la place du New-Yorkais et fit remarquer à Bernhardt que l’emblème offensant en question n’était pas le drapeau sudiste à proprement parler, mais le drapeau de bataille des confédérés. « Vous ne reconnaîtriez pas le drapeau sudiste même si on vous torchait le cul avec. Personne n’en serait capable, cela dit. »

Les histoires de race semblent toujours camoufler des histoires d’argent.

Bienvenue en 1965 : alors que le mouvement pour les droits civiques commence à s’étendre dans tous les États-Unis, une partie des états Sudistes luttent encore et toujours contre la Loi qui donne des droits aux Noirs. Le Ku Klux Klan brûle des croix, exècre les Juifs, les communistes ou font disparaître des militants des droits civiques

— […] Mais peut-être que le Klan était le seul environnement social où il se sentait réellement supérieur. Je suis sûr que ton père était persuadé qu’il défendait tout ce pour quoi il avait travaillé dur. Son foyer, sa famille. C’est la duplicité du Sud dans toute sa splendeur : on agit en suivant nos plus bas instincts et on se convainc que ce sont les plus nobles.

La petite ville de Troy n’y fait pas exception et après la saga « Lanfeust de Troy » et celle de « Carter de Mars », voici le mélange des deux : « Carter de Troy », journaliste de son état, qui a vécu les événements de 1965, qui a participé aux mouvements des droits civiques et qui a perdu une personne chère dans l’incendie de l’église de Shiloh.

Plus qu’un retour vers le passé, c’est un retour mouvementé que va effectuer Carter lorsque l’on va ouvrir un procès après qu’un des condamnés pyromane ait dit qu’il connaissait le véritable instigateur de l’incendie. Quand l’un se met à table, se sont les autres qui ont l’indigestion.

Un procès qui ne va pas aller sans mal pour certaines personnes qui pourraient découvrir le passé peu glorieux de leurs géniteurs ou mettre la main sur des secrets pas agréables à découvrir. Personne n’est tout à fait blanc, ici.

Si vous voulez découvrir la mentalité du Sud des États-Unis, ce livre vous ouvrira des portes dont vous ne soupçonniez pas l’existence, car, au travers d’une histoire romancée, c’est tout un pan de l’Histoire sombre des States que ce livre aborde.

C’était la religion officielle de l’État : on était ségrégationniste dans le Mississippi comme on était catholique en Italie.

— Une ville comme Troy n’est pas si différente de la Vienne de Freud, après tout : les familles envahissantes, la culpabilité, le refoulement, l’alcoolisme, les symptômes psychosomatiques…

L’Histoire nous est contée par Carter, passant habilement du présent (1990) au passé (1965), l’auteur, au travers des souvenirs de son narrateur, ou des autres personnages, nous plonge la tête la première dans une eau boueuse et tumultueuse.

Carter lui adressa un sourire tolérant. Il lui aurait fallu lire tout Faulkner si elle avait voulu avoir ne serait-ce qu’une vague idée de la manière dont les choses se passaient dans les familles comme la sienne et celle de Grayson.

Ici, rien n’est blanc et rien n’est vraiment noir. Tout est gris et même les habitants les plus modérés ne sont pas exempts de fautes puisqu’ils ont laissés faire.

Des femmes et des enfants attaqués par des hommes armés à cheval ? Impossible. Pas en Amérique.

Même Carter n’est pas un militant zélé, lui qui s’est retrouvé mêlé à tout ça un peu par hasard et parce qu’il voulait devenir journaliste…

Pour les militants, les Blancs du Sud se divisaient en deux catégories : le plouc raciste et la bonne âme sentimentale. Le copain de Sarah n’appartenant à aucune des deux, ils ne savaient que penser de lui.

— Allons, nous sommes tous le produit de notre milieu.
— Mais toi, tu as eu une véritable prise de conscience. Moi, j’étais horrible. Une sale raciste, souffla-t-elle avec un regard suppliant.
— Tu parles d’une prise de conscience ! Je n’étais qu’un gamin amoureux.

Et puis, l’amour fait parfois des miracles, transformant un petit Blanc en militant, même si ce n’était pas le plus brillant et que lui aussi avait quelques idées préconçues.

Carter n’avait jamais vu une pauvreté aussi crue, même dans le quartier noir de Troy, « Nègreville », comme on disait, dont il avait toujours imputé l’aspect délabré à ses habitants, sans y avoir jamais vraiment réfléchi.

— Oui, monsieur, comme vous le constatez, ma mère vous est dévouée, à vous et à votre famille. Et vous avez toujours été généreux avec nous, là n’est pas la question. Mais pendant toutes ces années où elle a travaillé pour vous, cuisiné pour vous, nettoyé pour vous, où elle s’est occupée de vos enfants alors que nous étions seuls à la maison, pas une fois vous ne l’avez invitée à s’asseoir avec vous à la table qu’elle mettait chaque jour que Dieu a fait !

La plume peut se révéler mordante à certains moments, plus nostalgique à d’autres, notamment lorsque Carter se remémore sa jeunesse, humoristique lorsqu’il est avec ses amis de toujours ou terriblement caustique avec l’État du Mississippi et certains de ses habitants.

— Souviens-toi que tu écris pour le Mississippien moyen. Et le Mississippien moyen est en dessous de la moyenne.

— Nous avons rencontré une opposition partout où nous nous sommes installés.
— Comme le Troisième Reich, intervint Jimbo avec sa délicatesse habituelle. Enfin, je suppose qu’ils n’ont pas vraiment rencontré d’opposition en Autriche et en Finlande… Ah oui, et en France.

Pendant le déjeuner, Jimbo avait fait à Carter un topo sur l’étonnant parcours du shérif, lui expliquant comment le sympathisant du Klan qui appliquait les règles ségrégationnistes avec brutalité était devenu un juste défenseur de la loi. Encore une de ces sagas rédemptrices défiant toute prévision dont le Sud avait le secret. Il apparaissait par ailleurs que sa personnalité despotique dissimulait un sens aigu du bien et du mal et une foi profonde, dont il faisait désormais profiter le comité de gestion de l’Église méthodiste, où il siégeait au côté du Dr Renfro.

Mon seul bémol sera pour les quelques longueurs que possède ce roman de 800 pages (dans sa version grand format). 100 pages de moins auraient rendu la lecture plus fluide à certains moments.

Un grand roman sur le racisme crasse de certains, sur leurs préjugés, sur des gens qui ont dû se battre pour faire respecter leurs droits élémentaires, ceux que le Congrès venait de leur donner et que certains États je voulaient pas faire respecter.

— Le Congrès, l’interrompit Mitchell en secouant la tête. On n’institue pas la moralité par décret. De plus, tu es accusé d’avoir troublé l’ordre public et d’avoir violé une propriété privée. Tu es aussi coupable que ces… que cette vermine qui t’a frappé !
— L’ordre dont vous parlez doit être troublé ! C’est un ordre corrompu, une paix fausse et hypocrite basée sur les mensonges et les contre-vérités de la ségrégation, sur l’inégalité et l’injustice.

— Avec tout le respect que je vous dois, monsieur Ransom, la discrimination n’a rien d’une bêtise pour tous ceux d’entre nous qui la subissent…

Un grand roman sur des mentalités qui ne changeront jamais tout à fait, hélas… Un roman qui plonge dans le passé pour mieux éclairer le présent. Un roman dont le procès qui s’ouvre dans ses pages va catalyser tous les souvenirs de ces périodes agitées.

Un roman qui m’a remué les tripes.

— Alors, si je comprends bien, les pauvres Blancs qui souffrent, comme Hullender, ils ont une excuse, mais les gens de couleur doivent porter leur croix en silence ?
— Elijah a enfreint la loi, Carter. Et toi, Lige, tu as le droit de ne pas être d’accord avec certaines règles et d’essayer de les faire changer, mais cela reste la législation en vigueur dans ce pays.

Finissons cette chronique sur quelques citations plus coquines ou pleine d’humour :

— Freud a bien dit aussi : « Parfois, un cigare est simplement un cigare. »
— C’est vrai, mais le problème avec toi, c’est qu’un cigare est toujours un cigare.

Ses expériences sexuelles se limitaient au pelotage dans les drive-in avec ces adorables allumeuses du Sud, qui semblaient toutes diplômées d’une même école dont la devise aurait été « tout sauf la pénétration ».

— Oh oui. Et l’eau est toujours aussi froide.
— J’en ai la quéquette qui se recroqueville rien que d’y penser, lança Jimbo qui enfilait un large caleçon de bain jaune vif.
— Comment tu fais la différence ? répliqua Lonnie.
— Elle ressemble à une bite de raton laveur. En plus petit, s’esclaffa Carter.

— Est-ce que vous savez combien d’avocats seraient prêts à donner leur couille gauche pour ce genre de publicité ?
— Jusqu’à nouvel ordre, vous n’avez pas de couille gauche.
— Je sais. C’était une citation du procureur général, qui m’a fortement incitée à participer.

— Inconvenant, répéta Sydney d’un ton appréciateur. Voilà un mot qui semble appartenir à une autre époque et à un autre lieu, comme les guêtres, les tabatières ou la dignité.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Mycroft Holmes et le guide de l’Apocalypse : Kareem Abdul-Jabbar, Raymond Obstfeld & Joshua Cassara

Titre : Mycroft Holmes et le guide de l’Apocalypse

Scénaristes : Kareem Abdul-Jabbar & Raymond Obstfeld
Dessinateur : Joshua Cassara

Édition : Hachette (06/09/2017)

Résumé :
Londres 1874. Un attentat épouvantable est commis à l’aide d’une technologie inconnue. Il occasionne plus de 200 morts au British Muséum. Le très fringant Mycroft Holmes s’évertue à ridiculiser son professeur et à s’attirer les foudres de ses condisciples de l’Université de Cambridge.

La toute première aventure du brillant et mystérieux Mycroft Holmes.

Sur les ordres de la reine Victoria, Mycroft doit mettre hors d’état de nuire un psychopathe qui menace les fondements de la civilisation britannique…

Critique :
Vous connaissiez Sherlock, le cadet et brillant détective, mais vous connaissiez un peu moins son frère, encore plus brillant que lui.

Vous aviez de Mycroft, l’ainé des Holmes, soit la vision d’un homme débonnaire comme dans la série Granada, ou celle d’un homme froid, appuyé sur son parapluie, dans la série de la BBC.

Ici, vous allez être dépaysé car vous serez face à un perpétuel étudiant de l’Université de Cambridge qui s’amuse à se foutre de la gueule de son prof de philosophie, qui gribouille en classe et qui saute la femme de son prof, en sus !

Peu canonique, le Mycroft de ce comics, de même que son jeune frère, Sherlock, qui est présent mais bien moins que son illustre aîné : normal quand une série se nomme Mycroft Holmes, me direz-vous. Vous êtes brillants…

Leur Mycroft est à baffer tant il est insolent et imbu de lui même et de son talent de déduction, au point de tout calculer lorsqu’il convoque son petit frère, notamment le fait qu’il le surprendra au lit avec la femme de son prof.

Imbu, fat, arrogant, à baffer, je vous dis, mais j’étais tellement plongée dans cette histoire que je me suis rendue compte que j’arrivais à ma gare de destination et que je n’avais rien vu (ok, le changement d’heure avait rendu mon paysage tout noir, mais pas que lui).

Niveau lecture, on en a pour ses sous, on y passe du temps, on découvre les dessins, qui plairont, ou pas, moi, ma seule critique sera pour les parties des joues un peu trop soulignées et pour une reine Victoria un peu trop jeune (alors qu’elle devrait avoir 55 ans) et sexy.

Attention, cette bédé ou ce comics ne révolutionnera pas le genre, mais fera passer un excellent moment à son lecteur/lectrice pour peu que celui-ci aime le fantastique mâtiné de quelques gouttes de steampunk avec quelques morceaux des Mystères de l’Ouest.

Ici, rien n’est sérieux, tout est fait pour s’amuser, rien n’est comme on pourrait le croire et les surprises sont au rendez-vous.

C’est barré, c’est couillu, ça ressemble à un James Bond version western puisque nous poursuivrons la suite de l’enquête sur les terres de l’Oncle Sam et que nous croiserons des terribles desperados (pas les cousins Dalton) et que l’aventure sera au rendez-vous avec un grand A.

Du rythme, de l’action, des gadgets tueurs, des grands méchants vraiment méchants chevronnés, des pays prêts à tout pour posséder l’arme ultime, et un Mycroft dans le style roi fainéant pour résoudre tout ça.

Pas de regret de lecture, un bon moment de passé, une gare que j’ai failli rater et une plongée vertigineuse dans des aventures sentant bon le Bond aux services secrets de sa Majesté la Queen Victoria, le tout avec plus de brio et d’humour que le film avec le non regretté George Lazenby.

3,9/5

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

De cauchemar et de feu : Nicolas Lebel [Critique – Défi CannibElfique]

Titre : De cauchemar et de feu

Auteur : Nicolas Lebel
Édition : Marabout (03/05/2017)

Résumé :
Paris, jeudi 24 mars 2016 : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.

À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules : IRA. Le capitaine Mehrlicht fait la grimace.

Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.

Critique :
Qui a dit que la lecture n’élevait pas l’esprit ? Et bien, j’invite tous ceux-là à ouvrir un roman de Nicolas Lebel afin de comprendre qu’il existe des lectures qui volent plus haut que certaines !

Mais pas sûr que ces gens-là comprendront… Ou alors, ça leur donnera mal à leurs petites pensées étriquées…

Lire un roman de Nicolas Lebel leur collera une migraine de puissance 10 sur l’échelle de Richter. Moi, j’adore et il ne me donne pas mal au crâne avec ses réflexions.

Son commissaire Mehrlicht n’est pas ce que l’on peut appeler un dieu grec (private joke) niveau physique. Il en est même l’opposé, lui qui ressemble à une grenouille qui se serait faite écrasée pas un camion, puis dessécher au soleil et enfin, mâchouillée ensuite par un renard…

Pourtant, c’est toujours un plaisir de retrouver ma petite grenouille fumeuse de Gitane et adepte de bons mots, ainsi que ses deux lieutenants, Latour, la jolie rousse et Dossantos, le bodybuildé adepte de séries et qui connait, pas cœur, le code pénal.

En découvrant un assassiné dans les chiottes d’un pub tenu par un irlandais à Paris, avec deux balles dans chacun des genoux, notre capitaine à la gueule chiffonnée ne pensait pas mettre les pieds dans un bordel pareil et suivre un tueur fou à la trace, suivant les cadavres, ses curieux dessins et ses inscriptions, écrites dans un sabir inconnu de notre flic de choc.

Non, « Na dean maggadh fum » n’est pas une future inscription sur les paquets de clopes. C’est du gaélique et si le conflit irlandais était loin dans votre mémoire, après lecture de ces pages hautement addictives, vous pourrez aller devant Julien Lepers et répondre à ses questions pour un champion tout en fredonnant « Ah ça IRA, ça IRA ».

Nicolas Lebel a cette fois-ci choisi de nous entraîner dans le passé, dans les années 60-70, dans une Irlande séparée, dans une Irlande déchirée, dans une Irlande du Nord en proie à l’envahisseur protestant qui n’est pas un tendre et qui a tout d’un criminel en puissance. La résistance s’organise et elle ne fera pas dans la dentelle non plus.

Alternant les sauts dans le passé et dans le temps, passant de l’Irlande d’hier au Paris d’aujourd’hui, l’auteur, avec sa verve habituelle, nous en donne pour nos sous niveau tension et les réflexions profondes de ses personnages sont aussi douces à l’esprit qu’un cappuccino crémeux l’est pour la gorge en souffrance.

Ça glisse tout seul dans ton cerveau non formaté par les médias et tu te dis qu’il y a encore des personnes qui ont un cerveau et qui savent mettre en page leurs pensées, leurs vérités, la réalité.

Du capitaine Mehrlicht pur jus, sans filtre, sans additifs, sans édulcorant et autres saloperies. Et du capitaine Mehrlicht, tu peux en fumer tant que tu veux, c’est bon pour la santé mentale ! Sauf si t’as pas de cerveau…

Maintenant, je me demande ce que le prochain opus nous réserve parce que notre « rebel » Lebel vient encore de placer la barre très haute avec une enquête qui était très bien menée, travaillée, addictive, intrigante, intéressante et qui, contrairement à ce que je pensais, n’était pas aussi simpliste que je le pensais  !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Pourquoi je l’ai choisi (Par Stelphique) :

Nous étions impatientes de nous retrouver ma binomette et moi, pour une nouvelle LC spécial Lebel ! Vous le savez, on s’est lancé dans cette saga à deux depuis le tout premier Merlicht, alors on ne change pas une habitude comme ça… Le number 4 sort, on se jette dessus en duo!!!!

Synopsis :

Paris, jeudi 24 mars 2016 : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.  À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules : IRA.

Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.

Dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage, et revient aujourd’hui rallumer les feux de la discorde à travers la capitale.

Ce que j’ai ressenti :… Un feu de légende, dans un cauchemar réel…

Depuis, que j’ai découvert Monsieur Lebel, je ne peux plus me passer de ses répliques bien senties et de son personnage atypique le capitaine Merlicht !

Toujours le plaisir de me plonger dans ses enquêtes qui fleurent bon les références littéraires et le goût du savoir-vivre! Je suis fan de cet auteur mais…

Dans cet opus, j’ai moins retrouvé toutes les belles envolées de bons mots, j’ai cherché toute la magie qui fait que j’adore lire ses enquêtes, il m’a manqué la petite pétillance qui fait toute la différence…

— Laisse tomber, ce sont des tièdes. Je vomis les tièdes. Juste un trio de quiches ! Des quiches tièdes.

Pour autant, l’auteur nous donne une enquête flamboyante, avec un travail de recherche précis et une mise en lumière d’un conflit brûlant ! C’était très instructif !

En plus, j’ai trouvé cela super intéressant de voir que le terrorisme peut avoir d’autres parallèles, influences et noms,  mais reste toujours  que le fanatisme religieux fait des ravages explosifs dans les esprits, et surtout, qui fait tomber bien des vies…

« Le bon combat est celui qui est engagé au nom de nos rêves. »

Nicolas Lebel nous donne un ressenti de l’intérieur d’une cellule terroriste, il nous dévoile un jeune homme simple qui bascule…

J’ai trouvé cela, très intéressant, puisque ce n’est pas un concept nébuleux d’une simple tuerie, mais tout un engrenage qui conduit à la catastrophe…

Une approche donc plus intime, et un personnage qu’on voit lentement se perdre dans un éclair blanc…

J’ai adoré aussi que la réalité se mélange au folklore, qu’on est, non seulement une approche politique et sociale de l’Irlande mais aussi, une légende imprégnée et furieuse, propre à ses terres…

Le Far Darrig est une créature de cauchemar et de feu.

L’équipe devra jouer avec les timing et les contrecoups pour garder un minimum de cohésion.

En tout cas, je suis impatiente de lire la prochaine enquête, car il semblerait que l’osmose de groupe en est pris un coup, donc cette fin laisse présager quelques évolutions de personnages qui seront sans doute intéressant à découvrir…

Pour autant, avec ma binomette, on reste plus unies que jamais, et le prochain Lebel sera sans doute lu en LC, parce que l’amitié, il n’y a que cela de vrai ! (Je plussoie ! © Cannibal)

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Lien vers la chronique de Stelphique

La voix secrète : Michaël Mention

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Titre : La voix secrète

Auteur : Michaël Mention
Édition : 10-18 (01/01/2017)

Résumé :
Durant l’hiver 1835, sous le règne de Louis-Philippe. Dans un Paris rongé par la misère et les attentats, la police enquête sur un tueur d’enfants, issus des quartiers miséreux. Tous les indices orientent Allard, chef de la Sûreté, et son adjoint vers Lacenaire, le célèbre poète assassin.

Incarcéré à la Conciergerie, celui-ci passe ses journées à recevoir des visiteurs et rédiger ses Mémoires.

Un autre crime se produit, révélant davantage de similitudes avec ceux commis jadis par Lacenaire. Allard décide de le solliciter, au grand dam de son adjoint, dans l’espoir de résoudre au plus vite cette enquête tortueuse.

Entre le policier et l’assassin s’instaure une relation ambiguë, faite de respect et de manipulation. Cette collaboration les entraîne dans les coulisses d’un Paris mystérieux et malsain.

voix-secrete-la-michael-mention-la-fantascopeCritique :
La force de Michaël Mention c’est qu’il change de genre à chaque roman, qu’il surprend ses lecteurs, arrivant là où on ne l’attend pas.

Michaël Mention peut aussi se targuer de m’avoir entrainé en Angleterre, dans les traces de l’Éventreur du Yorkshire, de m’avoir fait vibrer en me retranscrivant un match de foot, de m’avoir fait hurler de joie en saquant certains médias et de m’avoir fait claquer des dents, en Australie, par 50C° à l’ombre.

Là, il m’a fait soupirer d’aise de ne pas avoir vécu à Paris en 1835 ! Celui-là, on aurait pas trop envie de le visiter…

Pour la peine, en lisant comment les ouvriers étaient traités, combien d’heures ils prestaient et quelles misérables sommes ils gagnaient, je me sens riche, protégée et je bénis les avancées des syndicats ! sans oublier qu’à cette époque là, les gosses travaillaient aussi. Enfin, les miséreux.

Lacenaire le mercenaire ! Je ne connaissais pas ses faits et gestes, mais j’en sais un peu plus sur le lascar en ayant suivi une enquête sur ce qu’on appellerait maintenant un Copycat, sauf que le copieur, c’est des enfants qu’il tue, et pas de manière « propre » (si tant est qu’il peut exister une manière propre de tuer des gosses).

Le style d’écriture de Mention est bien là, c’est le sien, on ne s’y trompe pas. Là aussi il a dû bosser sa copie parce que tout est réaliste dans ce Paris de 1835, en hiver. Manquerait plus que le son et l’odorama et on frôlerait la perfection.

Mais on se passera des puanteurs de la ville, de ses abattoirs, de ses Halles, l’auteur nous plongeant déjà assez comme ça dans le réalisme !

Bien entendu, l’auteur mêle ici la réalité à la fiction, mais avec un tel brio qu’on ne sait plus où est la fiction, tant on se sent immergé dans l’Histoire avec un grand H. À tel point qu’on penserait bien que le récit fictionnel se retrouvera dans Wiki tant il est criant de réalisme.

Un roman historique noir, une plongée directe dans la misère des rues de Paris, une plongée dans ses lieux non fréquentables, du moins en haut-de-forme, une immersion dans ses lieux où trimait des pauvres gens, des esclaves, une fracture immense entre les riches et les pauvres, entre ceux qui ne demandait que le nécessaire à ceux qui possédaient le superflu…

Un roman où l’enquête sur leurs meurtres sordides frôle la politique, jamais loin, n’ayant pas envie que des émeutes éclatent, voulant à tout prix se protéger du scandale, ne voulant pas perdre ses privilèges.

Un roman où tout n’est pas toujours ce que l’on pense et où le lecteur pourrait se perdre en sympathisant avec Lacenaire qui n’est pas le pire, dans cette histoire (ni dans l’Histoire) ou en ne voulant voir que ce qu’on veut lui faire voir.

Une fois de plus Michaël est reçu avec Mention en nous proposant un polar noir historique loin de ses sentiers habituels, mais toujours avec sa plume unique et ses petites piques qui font mouche.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Pinkerton – Tome 4 – Dossier Allan Pinkerton 1884 : Rémi Guérin & Damour

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Titre : Pinkerton – Tome 4 – Dossier Allan Pinkerton 1884

Scénariste : Rémi Guérin
Dessinateur : Damour
Édition : Glénat (2016)

Résumé :
1884. Gravement malade, Allan Pinkerton sent que la fin est proche et entreprend la rédaction de ses mémoires. Il y raconte son enfance dans les rues de Glasgow, la migration de sa famille au Canada puis à Dundee, Illinois, où il fondera la Pinkerton National Detective Agency.

La « méthode Pinkerton » se met alors en place : recrutement de durs à cuire, réseau d’indicateurs, récolte d’indices et de témoignages, utilisation quasi systématique de la violence. Méthode qui fera ses preuves lors d’affaires devenues légendaires : les Dalton, Jesse James, les Molly Maguires, le Wild Bunch…

À travers son récit, Pinkerton nous fait surtout découvrir l’origine de cet esprit de vengeance et d’injustice qui l’a habité toute sa vie.Ce dernier album de Pinkerton, qui retrace les grands moments de la vie du célèbre détective, nous permet de découvrir l’homme qui se cache derrière la légende…

20160613105433_t4Critique :
Glasgow 1828, dans un quartier ouvrier… Le jeune Allan n’a que 9 ans lorsque son père, policier, est tué et c’est à lui maintenant de subvenir aux besoins et il va travailler dans une tonnellerie.

C’est bien plus tard, alors que menant les ouvriers à la grève afin d’obtenir le droit de vote, il sera contraint de s’exiler aux États-Unis car la police le recherche. Il n’a que 22-23 ans…

Cet album nous montre un Allan Pinkerton aux dernières heures de sa vie, il est alité, vieux, et il a couché sur papier toute sa vie, de ses débuts à Glasgow en tant qu’ouvrier, en passant par Dundee (Illinois) où il travaille pour  lui et Chicago où il commencera à recruter ses futurs détectives de manière assez… limite !

Allan Pinkerton n’est pas un tendre, ce qu’il veut, il l’obtient et peu importe les moyens puisque la fin les justifie !

J’aurais aimé plus de développements lorsque les auteurs évoquent des anciennes affaires ou plus de clarté sur certaines actions plus qu’illégales comme lorsqu’il recruta ses hommes dans le clan des Irlandais.

Lorsque l’on dit que Pinkerton n’hésitait pas à semer des cadavres pour servir la justice, c’est la vérité et je frémis toujours en lisant ce que cet homme, qui se disait du côté de la Justice, fit pour la servir. Souvent hors des limites de cette même justice…

D’ailleurs, notre ami, lorsqu’il était jeune, menait ses collègues ouvriers à la grève pour obtenir le droit de vote, mais sur le territoire américain, il n’hésita pas à faire arrêter, juger et pendre les Molly Maguires ou à envoyer ses hommes pour casser des grèves.

C’est le portrait d’un homme qui ne regrette rien que les auteurs nous présentent de manière un peu brouillonne, je dois dire, car avec tout ces retours dans le passé, on s’y perd si jamais on n’est pas attentif à 100%.

Étoile 3

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - The magnificent seven

Pinkerton – Tome 2 – Dossier Abraham Lincoln -1861 : Rémi Guérin & Damour

Pinkerton Dossier Abraham Lincoln -1861

Titre : Pinkerton – Tome 2 – Dossier Abraham Lincoln -1861

Scénariste : Rémi Guérin
Dessinateur : Damour

Édition : Glénat (2014)

Résumé :
Allan Pinkerton et son agence éponyme sont craints de tous les criminels des États-Unis. Et pour cause : lui et ses hommes n’hésitent pas à se rendre aussi redoutables que les lascars qu’ils traquent, quitte à faire verser le sang et à semer les cadavres derrière eux pour faire appliquer la justice.

C’est justement au cours de l’un de ses interrogatoires musclés que Pinkerton est rencardé sur un coup impensable : l’attentat du président Lincoln !

Tous les hommes de l’agence sont alors envoyés arpenter le pays à la recherche de la moindre information… Un seul mot d’ordre pour empêcher ce crime odieux : aucune limite.

Pinkerton-T.I-3Critique : 
« We never sleep » telle est la devise de l’agence de détective Pinkerton et il est un fait qu’ils ne dorment jamais tout à fait, les Pinkerton.

Basé sur un fait réel nommé « Complot de Baltimore » et qui visait le futur président Lincoln, le scénariste nous montre une piste autre que celle retenue par l’Histoire, celle qui est de toute façon écrite par les vainqueur.

Mais avant de parler de Lincoln, fraichement élu mais ne siégeant pas encore, revenons au début de l’album.

1861, quelque part dans l’Illinois, un train se fait attaquer par des bandits d’une autre trempe que les frères Dalton de notre bon vieux Lucky Luke.

Rien qu’avec cette attaque déjouée, nous avons déjà un aperçu des méthodes peu conventionnelles d’Allan Pinkerton, le chef de cette agence de détectives.

Certes, Sherlock Holmes aurait pu jouer aussi finement que lui, mais il aurait livré les bandits à Scotland Yard et pas au fossoyeur du coin.

Anybref… Quelques heures plus tard, à Gibson City, toujours dans l’Illinois (on y est, on y reste), Allan Pinkerton va encore nous démontrer sa roublardise crasse.

Certes, Nolan était un criminel et le meurtrier de Sammy Winters, ami d’Allan Pinkerton, il méritait la mort, mais on comprend que Pinkerton est prêt à utiliser tout les stratagèmes pour arriver à ses fins, quitte à se mettre au niveau des bandits qu’il pourchasse.

Impitoyable, qu’il sera, Pinkerton…

Le dessin est réaliste, le scénario impeccable, les couleurs assez sombres, tout comme le personnage principal qui créa cette agence de détective un peu spéciale.

Les dialogues, eux, sont percutents comme un chien de révolver tant le tout est machiavélique.

Si on ne connait pas le complot de Baltimore et cette tentative d’attentat avortée sur le président Lincoln, on sera surpris, mais si on a eu vent de quelques infos, rumeurs, on le sera moins.

Malgré tout, mes souvenirs étaient confus, flous, dataient de la période où les dinosaures existaient encore, alors oui, j’ai eu ma surprise avant de me dire « Mais oui, j’ai déjà entendu des choses là-dessus ».

Mais quel vicieux, cet Allan ! Et le pire, c’est qui ne fut pas le premier à magouiller de la sorte, ni le dernier…

Un album que j’ai pris plaisir à découvrir, avec une belle analyse sur Allan Pinkerton,  personnage historique et controversé de l’histoire des États-Unis.

J’ai commencé par le tome 2 mais je vais me faire le reste de la série assez rapidement si je sais.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur,  le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

Été rouge : Daniel Quiròs

Été rouge - Daniel Quiros

Titre : Été rouge

Auteur : Daniel Quiròs
Édition : Nouvelles éditions de l’Aube (2015)

Résumé :
Côte du Pacifique, Costa Rica. Un Éden où les pinèdes sont massacrées afin de permettre la construction de villas luxueuses pour des investisseurs étrangers… et des caïds de la drogue. Un Éden où il fait terriblement chaud, où l’alcool ne peut faire oublier le sable, la poussière et le vent.

C’est là, dans un tranquille village de pêcheurs, qu’est découvert sur la plage le cadavre d’une femme, surnommée l’Argentine.

Don Chepe, ancien guérillero qui a lutté aux côtés des sandinistes, décide de retrouver l’assassin de son amie. Une enquête qui le conduit à découvrir les liens obscurs entre passé et présent, utopie et désenchantement… et à revisiter l’histoire de son pays.

Entre torpeur et violence, ce livre nous colle à la peau.

Petit Plus : Été rouge a reçu le prix national de Littérature Aquileo J. Echeverría, la plus haute distinction littéraire du Costa Rica.

image003Critique :
Direction le Costa Rica, les p’tit gars, pour enquêter au côté de Don Chepe, ancien sandiniste et ancien de la Compagnie Nationale d’Assurances qui a décidé de se retirer dans un petit coin tranquille, Paraiso, paisible petite bourgade de pêcheurs.

Il n’entre pas grand monde dans ce bar. Il n’y a pas grand-chose à attendre d’un village de pêcheurs où vivent à peine trois cents personnes, et qu’un quelconque farceur a eu la riche idée de baptiser Paraiso (Paradis).

Don Chepe est un enquêteur du dimanche, un gars qui donne un coup de main aux policiers locaux pour résoudre des affaires de drogues, de meurtres, de vol.

Sinon, il passe son temps à siroter des bières dans le bar de Doña Eulalia, fumant ses cigarettes tout en regardant la mer, pestant sur la poussière qui lui colle à la peau moite.

La poussière. Je déteste la poussière. A cette époque de l’année, elle recouvre tout, comme une toile d’araignée omniprésente. Elle se mélange à la sueur et transforme la peau du visage en masque noirâtre.

Autre variante, il peut aussi être tranquillement à déguster dans le bar librairie de la ville voisine de Tamarindo, chez Ilana Etcheverri (surnommée l’Argentine), qui fait aussi dans le prêt de livres, ce qui occupe les looongues journées de tranquillité de notre homme.

La tranquillité s’est terminée lorsqu’on a retrouvé le corps de son amie, Ilana, une balle dans la tête et le portefeuille rempli. Ça pue le règlement de compte.

Don Chepe va enquêter et suivre le jeu de piste que Ilana a mis en place pour lui, en lui léguant des photos, une clé, une lettre.

L’enquête pourrait être accessoire, dans ce roman car la partie politique du pays est fort importante et l’auteur nous en parle au travers de son personnage atypique de Don Chepe.

Sans que cela devienne indigeste, durant sa remontée de piste au sujet du meurtre, Don Chepe se remémorera l’attentat à la bombe, commis à La Penca en 1984 et qui fit 7 morts et de nombreux blessés, dont les journalistes qui couvraient le conflit entre les sandinistes et les Contras.

Ici, bien entendu, se basant sur du vrai, le reste ne sera que fiction, notamment dans l’identité du poseur de bombe ou de ceux qui auraient pu le commanditer.

Roman assez court, mais tout est dit… L’atmosphère de chaleur moite est plantée et bien rendue, les tensions qui existent encore dans le pays sont esquissées, il nous parle aussi des autochtones qui ont du mal à s’y retrouver avec tous ces complexes hôteliers qui poussent comme des champignons le long des plages et le côté politique n’est pas indigeste, même pour ceux qui n’aiment pas. J’ai eu l’impression de me cultiver en suivant l’enquête avec Don Chepe.

Notre personnage principal oscille un peu entre flic et voyou et sans être un foudre de guerre, peut devenir dangereux quand il pète un câble car il a failli nous refaire le coup de la cuisson à la Jeanne d’Arc, à un moment donné. Le bûcher en moins, l’essence en plus.

Au final, notre enquêteur aura résolu deux affaires, une fraiche et un cold-case, tout en nous expliquant son pays, une partie de sa politique, même si nous ne savons pas encore tout du Costa Rica.

Un roman qui a le cul entre deux chaises : policier et roman noir, empruntant aux deux. Ni trop long, ni trop court, avec des personnages bien sympathiques, ni tout blanc, ni tout noir et qui nous fait découvrir un pays que nous ne connaissons que peu ou pas du tout.

Une belle découverte, je dois dire ! Et loin de l’image de la « Suisse américaine » comme le pays se dit…

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (prix national de Littérature Aquileo J. Echeverría – Costa Rica) et le Challenge « Le mois Espagnol » chez Sharon.

Mois espagnol

Extinction : Matthew Mather [LC avec Stelphique]

Titre : Extinction

Auteur : Matthew Mather [Auteur Anglais]
Édition : Fleuve Éditions (Nov 2015)

Résumé :
À la veille de Noël, à New-York, Mike Mitchell s’apprête à passer un réveillon en famille et compte sur cette période de fête pour apaiser les tensions dans son couple.

Cependant ces projets vont être anéantis par une gigantesque tempête de neige qui s’abat soudain sur Manhattan et provoque un black-out total. Internet et les réseaux de communication ne fonctionnent plus, les infrastructures s’effondrent.

Le désastre gagne progressivement tous les secteurs d’activités, paralysés par cette coupure soudaine. Rumeurs d’attentats, de cyber-attaque, thèses du complot… On accuse les Russes, les Chinois, les Iraniens. La panne généralisée alimente la psychose, renforcée par l’apparition d’une épidémie mortelle qui affole la population.

Au milieu du chaos, Mike et ses voisins se retrouvent sans eau, sans chauffage, et bientôt sans nourriture…

Dans ce tombeau à ciel ouvert qu’est devenu New York, l’ordre a laissé la place à la loi du plus fort. Alors que la trahison guette à chaque instant, Mike va devoir livrer une lutte sans merci pour sa survie et celle de sa famille.

Critique (Stelphique en bas) : 
Riche idée que d’avoir commencé le roman au moment des fêtes puisque son récit commence quelques jours avant Noël.

Cette année, Petit Papa Noël a apporté des cyber-attaques, l’arrêt du Net, des coupures totales de courant, de l’eau, la disette, le repli sur soi, la crasse, la vermine, la paranoïa, l’animalité, un huis-clos et tout un gros tas de neige !

Bref, il nous a déposé, sous le sapin, un joli black-out !

— Qui est responsable d’Internet – cet outil dont nous sommes tous dépendants, aujourd’hui ?
— J’en sais rien – le gouvernement ?
— Eh bien non, figure-toi. Tout le monde s’en sert mais personne n’en est responsable.
— Ça effectivement, c’est la recette du désastre.

Avec un style simple qui fait mouche, des personnages sympathiques auxquels ont s’accroche et avec lesquels on sympathise vite, l’auteur nous narre la vie qui s’organise, tant bien que mal, dans un immeuble new-yorkais, avec ses amitiés, ses tensions, ses coups de putes… et sa solidarité.

Nous suivons la famille de Michaël et celle de Chuck, amis dans la vie, ainsi que de leurs quelques amis de l’immeuble qui tentent, vaille que vaille, de survivre dans une ville livrée à elle-même, une ville qui ne peut compter que sur elle-même puisque le pays tout entier est touché, le reste du monde aussi…

Cela m’a frappé de m’apercevoir que, dans mon esprit, les gens qui avaient débarqué à notre étage étaient devenus des « réfugiés ».

Les habitants crevant de faim et de froid, se laissent aller à leur animalité, à leurs peurs les plus primales et à leurs hypothèses les plus farfelues quand aux responsables de ce bordel sans nom.

— Si on doit aller mettre sur la figure de quelqu’un, c’est bien à ces Arabes enturbannés. Ils n’arrêtent pas de nous chercher des poux depuis qu’ils ont pris notre ambassade en otage, en 79.
— Parce qu’on avait renversé leur gouvernement élu démocratiquement pour installer un dictateur qui faisait régner la terreur, a observé Rory. Et puis, ce ne sont pas des Arabes, mais des Perses.

Sans en faire des tonnes, sans nous noyer dans des explications techniques ou scientifiques ou verser dans la surenchère, l’auteur nous torche un chouette roman dans lequel on se plait à être, tout en redoutant le jour où cette merde de cyber-attaque arriverait chez nous pour de vrai.

— Nous répugnons à prendre quelques risques à titre individuel, nous donnons au gouvernement le droit d’envahir notre vie. Nous sommes en train de renoncer à notre liberté, par simple trouille.

Pas de temps mort, j’ai eu froid et faim en même temps qu’eux, j’ai tremblé de peur pour eux, j’ai cogité en lisant les vérités distillées au fil du récit et ce fut un calvaire de devoir abandonner le récit durant 4 jours pour cause de fêtes !

— Il y a quelques années, on a découvert la présence de codes informatiques étrangers dans les systèmes de commande des centrales électriques, un peu partout aux États-Unis. Ces machins étaient spécifiquement conçus pour mettre notre réseau électrique hors service.
— Et… ? a lancé Chuck, l’air nullement impressionné. Que s’est-il passé ?
— Rien – à ce jour. Mais le problème, tu vois, c’est ta réaction. Qui est celle de tout le monde. Alors que si les Chinois venaient fixer des explosifs sur nos tours émettrices, toute la population de ce pays hurlerait au meurtre et prendrait les armes.

— Dans ce pays, chaque fois qu’on soupçonne le gouvernement de vouloir réglementer la vente de fusils d’assaut, les gens deviennent fous et hurlent au liberticide. Ces nouvelles lois donnent au gouvernement un droit de regard sur tout ce que tu fais, sans ton consentement – et personne n’ouvre la bouche ! Qu’est-ce qui définit la liberté ? Les libertés civiles, qui elles-mêmes reposent sur le respect de la vie privée. Si on foule ce respect aux pieds, c’est la fin des libertés civiles, et donc de la liberté tout court.

Un roman qui vous distille du suspense au compte-goutte pour mieux vous faire flipper en pensant à « Et si tout ça n’était pas que de la fiction ?? » mais de l’anticipation… Moi, ça me fout la trouille encore plus !

— Je suis d’accord. Par peur du terrorisme, nous avons accepté que le gouvernement collecte des informations personnelles, surveille nos faits et gestes, mette des caméras partout.
— Mais si tu ne fais rien de mal, tu n’as rien à craindre, ai-je souligné. Moi, ça m’est égal de renoncer à un peu de liberté en échange d’une meilleure sécurité.
— C’est là que tu te plantes. Tu as toutes les raisons d’avoir peur. Où vont-elles, ces informations ?

J’vous laisse, je vais constituer des stocks de bouffe dans ma cave !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule et A year in England » chez Titine.

Pourquoi je l’ai choisi (Par Stelphique) :
On ne pouvait vraiment pas passer à coté de ce thriller de fin d’année, surtout après être passé sur les blogopotes, ici et …On a pas pu résister à a tentation avec ma binômette pour faire une LC….

Synopsis :
Alors qu’une gigantesque tempête de neige s’abat sur Manhattan, Internet s’effondre, entraînant dans sa chute les infrastructures municipales : l’électricité, l’eau courante… Le black-out est total, les vivres viennent à manquer. Dehors, c’est la loi de la jungle, entre pillages et épidémies. On accuse les Chinois, les cyberpirates. La faim, le froid, la soif guettent à chaque corner – mais l’ennemi le plus redoutable partage sans doute votre palier…

Dans la résidence de Chelsea ou, hier encore, les voisins se pressaient joyeusement autour d’un barbecue, confiance et solidarité s’érodent peu à peu. Mike Mitchell, jeune père et ingénieur aisé, sait que la menace peut surgir de partout. Aucune barricade ne peut garantir contre la trahison, l’égoïsme, la paranoïa… Sa vie, celle de sa femme et de son fils ne dépendent que de son jugement. À mesure que la communauté se disloque, l’extinction opère son effroyable sélection naturelle…

Les personnages :
Mike est un homme, un vrai, avec ses failles et un courage à toute épreuve! Il a la force de ne pas tomber dans des travers irréversibles, ce n’est certes pas un meneur, mais un personnage des plus intéressant à suivre ! Un petit coup de cœur donc pour ce personnage !

Chuck, il m’a régalée avec toutes ses « théories du complot » qu’il voit un peu partout, sa façon de protéger sa famille et ses proches.

Damon, je ne vois pourquoi un tel choix de prénom, je l’aurai plutôt appelé Angel, moi, à mon avis!!!!!Trop fort ce gamin!!!!;)

Ce que j’ai ressenti : Un thriller glaçant !!!!!

« Seul face à ce vide intersidéral, j’ai senti combien mon existence se réduisait à un point infinitésimal, flottant dans l’univers. »

Je crois qu’il est des livres qui nous marque plus que d’autres, des aventures qui nous emmène plus loin qu’au bout des pages, des thrillers qui nous effraie plus que de raison !!!! Celui ci en fait partie! Non seulement Extinction est une réussite, mais il m’a vraiment remuer les tripes et les méninges !!!

« Celui qui veut voir ce que réserve l’avenir n’a qu’à se tourner vers le passé. »

Matthew Mather a eu le talent de créer une ambiance hors du temps, un scénario plausible, une catastrophe toute contemporaine. Mêler effondrement d’Internet et tempête de neige, vont emmener une multitude de faits et conséquences irrémédiables qui fait froid dans le dos, et ça ne sera pas uniquement à cause de la neige !!!!!

On est saisi jusqu’à la moelle, tant ses enchainements sonnent justes et sont plutôt horrible à voir… Plus qu’un roman post apocalyptique, je lui ai trouvé des airs d’avant-gardisme, je suis presque certaine que cette ère nous pend au nez si jamais on continue sur cette voie là…..

« Protéger notre liberté est un travail de chaque jour, et cela commence par la protection de nos données personnelles sur Internet – qui est, elle, de notre responsabilité. Si on suspend notre vigilance, petit à petit, on perdra toutes les libertés pour lesquelles nos ancêtres ont combattu. »

wpid-wp-1428578175280L’auteur nous apporte un roman humain, réaliste, mais aussi intellectuel. Cette lecture tridimensionnelle tient toutes ses promesses jusqu’au bout! J’ai aimé que ça ne reste pas linéaire, on a autant d’émotions, qu’un avant goût de l’apocalypse moderne, avec des théories qui emmène à diverses réflexions profondes.

L’enfer blanc de ce New York était terriblement effrayant, délicieusement paranoïaque, incontestablement violent, irrémédiablement humain avec tout ce que ça comporte d’horreurs et de valeurs qui nous caractérisent. Sur la couverture , on peut y lire: « Les situations les plus extrêmes révèlent nos pires instincts » : ouais, c’est peu de le dire!!!!

Je ne pouvais pas lâcher ce livre…. Impossible!!!J’ai été téléportée dans ce couloir au sixième étage, je vivais au milieu de ses habitants, j’étais rongée par le froid, la faim, la soif, l’angoisse…En plus, les dates coïncidaient, cela à donc rajouter à cet effet de mise en situation, même si je n’aimerai pour rien au monde connaitre un Noel pareil !!!!

Vivre au jour le jour, le calvaire de Mike, nous entraine sur la pente, très descendante , des pires scénarios, où peur et ignorance s’emmêlent, où  froid et catastrophe s’imbrique à la perfection, où l’humain se révèle bien plus animal qu’on ne le soupçonnerait sur une si courte période….

« Il faisait un froid de gueux. « 

En  bref, c’est sans surprise, mais encore secouée par tous ses rebondissements, que j’annonce encore un coup de cœur 2015 à quelques jours de cette fin d’année!!!!Heureusement que nous ne sommes pas passé à coté de cette lecture avec ma chère binômette !!!!!

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 10/10

BILAN - LC réussie - OK

Les brillants – Tome 1 : Marcus Sakey

Titre : Les brillants – Tome 1                                                       big_3-5

Auteur : Marcus Sakey
Édition : Gallimard (2015)

Résumé :
Dans le Wyoming, une petite fille perçoit en un clin d’œil les secrets les plus sombres de tout un chacun. À New York, un homme décrypte les fluctuations des marchés financiers. À Chicago, une femme maîtrise le don d’invisibilité en sachant d’instinct se placer là où personne ne regarde. On les appelle les « Brillants ».

Depuis les années 1980, 1 % de la population naît avec ces capacités aussi exceptionnelles qu’inexplicables.

Nick Cooper est l’un d’eux : agent fédéral, il a un don hors du commun pour traquer les terroristes.

Sa nouvelle cible est l’homme le plus dangereux d’Amérique, un Brillant qui fait couler le sang et tente de provoquer une guerre civile entre surdoués et normaux.

Mais pour l’arrêter, Cooper va devoir remettre en cause tout ce en quoi il croit, quitte à trahir les siens.

Critique : 
Quelqu’un m’a dit : « Ça ressemble à X-Men mais c’est différent ».

Bien, va pour une lecture Canada Dry ©, alors. J’aurai la couleur de l’alcool… Sans l’ivresse.

Bizarrement, au départ, j’ai trouvé que mon Canada Dry avait le goût de l’alcool au lieu de n’avoir que sa couleur ! Ça sentait fort le X-Men, les manipulations de tornades, les griffes et les têtes bizarres en moins.

Les Brillants sont des gens doués de certaines facultés, des petits génies capables de vous « lire », de prévoir vos actions ou celles de la Bourse. Ils ont leurs académies et des clans se forment parmi les Brillants : ceux qui veulent vivre avec les gens Normaux et les autres à part.

Sans compter les gens qui ont peur de leurs pouvoirs et certains qui l’ont utilisé à mauvais escient. Quant je vous disais que ça sentait l’alcool ! Heu, le X-Men !

Rien de transcendantal dans le début de ma lecture, donc.

Les personnages sont sympathiques, surtout Nick Cooper, un Brillant qui en chasse d’autres pour une agence gouvernementale, nous avons un Grand Méchant terroriste qui fait tout sauter, des petites touches d’adrénaline, une écriture simple qui glisse, tel un glaçon dans un verre rempli de liquide ambré.

J’étais partie pour une lecture agréable mais qui ne me laisserait pas un souvenir impérissable en me donnant un magistral coup de pied au cul.

Et puis tout à coup, alors que je naviguais à une vitesse de croisière, savourant un livre sans prise de tête, le récit a atteint un peu plus de profondeur lors d’une réflexion sur le terrorisme. Ça m’a saisi, moi qui pensait me faire une lecture pèpère.

Diantre, l’auteur a saisi une partie du problème et il n’hésite pas à le transcrire. Extrêmement et agréablement surprise je fus. Si ça pouvait en faire réfléchir certains, ça me ferait encore plus plaisir.

Tout compte fait, la lecture devenait plus intéressante ! Certes, un des coups que l’auteur nous fait est vieux comme le monde, je l’avais vu venir de loin, mais le reste de la réflexion était juste.

En fait, dans cette dystopie, il suffirait de remplacer quelques noms de personnages par des gens connus ainsi que le lieu exact de l’attentat pour qu’une vieille théorie vienne refaire surface… et vous hérisse les poils de frayeur.

J’ai tremblé deux fois durant le récit : à la fin et en pensant à cette théorie, qui, si elle était vraie, me flanquerait encore plus la pétoche. Là, je me suis prise un Ice Bucket glacé en imaginant que ce pourrait être véridique.

Entre nous, moi, j’aurais choisi une autre option que Nick Cooper avec la micro-puce… Oui, l’autre possibilité !

Ce roman, qui semblait banal au départ, donnant l’impression de faire du neuf avec du vieux et ayant été écrit juste pour nous divertir, possède, tout de même, de la profondeur dans ses pages.

Et puis, un peu d’alcool dans le Canada Dry ©, ça ne peut pas faire de mal…

Un bon moment de lecture et l’envie de voir si la suite de cette trilogie tiendra ses promesses.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et Le « Challenge US » chez Noctembule.