Les Chroniques de St Mary’s‭ – ‬04‭ ‬-‭ ‬Une trace dans le temps : Jodi Taylor

Titre : Les chroniques de St Mary’s‭ – ‬04‭ ‬-‭ ‬Une trace dans le temps

Auteur : Jodi Taylor
Édition : HC (2019)
Édition Originale : The Chronicles of St Mary’s, book 04: A Trail Through Time (2014)
Traduction : Cindy Colin Kapen

Résumé :
Dans ce quatrième tome, l’institut va devoir se battre pour survivre.

Max et Leon se sont retrouvés et espèrent bien mener une vie paisible… mais ils n’arrivent même pas jusqu’à l’heure du déjeuner. Du XVIIe siècle à l’Égypte ancienne, de Pompéi à Southwark, ils se lancent sur la ligne du temps, jouant un jeu de cache-cache périlleux. Mais ils finissent par retourner à St Mary où de grands dangers les attendent.

Jodi Taylor transporte le lecteur dans l’Histoire avec toujours autant d’humour, alors que la dernière bataille de St Mary est pratiquement désespérée.

Débordé, en infériorité numérique et avec son bâtiment sur le point de s’écrouler, comment l’institut pourra-t-il survivre ?

Critique :
Si je vous dis « Tourte aux cailles », les cuistots en chef me diront qu’il faut bien doser les équilibres, parleront de la pâte qui doit être légère, du goût de la viande, de la sauce, ou autres conceptions purement culinaire.

Les végans purs et durs hurleront, tandis que les polissons du fond de la classe, les amateurs de contrepèteries, hurleront de rire.

L’humour, c’est ce que j’apprécie aussi dans la saga des Chroniques de St Mary’s.

L’élément fantastique, les voyages dans le temps possible, l’Histoire que l’on découvre sur place, les personnages hauts en couleurs auxquels on s’attache très vite, l’écriture de l’autrice, le suspense, l’action, les aventures… Sont autant d’éléments qui, réunis ensemble avec intelligence, m’ont fait de suite apprécier cette saga.

Nous avions quitté Max (Madeleine Maxwell) lors de la bataille d’Azincourt, en très très mauvaise posture et je me demandais bien ce que ce quatrième allait me réserver. Je n’ai pas été déçue, bien que déstabilisée !

Les voyages temporels qui existent, c’est une chose à laquelle j’adhère totalement, mais l’existence d’univers parallèles dans lesquels existent plusieurs St Mary’s, c’est déstabilisant. Intelligent, peut-être, mais il est temps de maîtriser son histoire pour ne pas en perdre le fil rouge.

Pari gagné, l’autrice a su renouveler ses aventures, tout en gardant ce qui en fait aussi tout le sel : les voyages temporels.

Puisque Max et Leon sont poursuivis par la police du temps (vous n’avez pas envie de les croiser), ils vont souvent faire des sauts temporels, ce qui nous permettra de voyager dans l’Histoire et dans le temps, sans passeport.

C’est toujours intéressant et bien documenté, sans jamais devenir lourd. Hélas, lorsque l’on est poursuivit, on n’a pas vraiment le temps de faire du tourisme temporel et j’ai eu la sensation de n’avoir pas eu assez de mon marché sur la Tamise gelée, du couronnement d’Akhenaton (le pharaon, pas le chanteur) et des derniers instants de Pompéi.

Le personnage de Max est toujours la même, toujours aussi entêtée, ne sachant jamais se taire, bref, c’est une femme avec de la poigne, un cerveau, une langue acérée et c’est ainsi que je l’apprécie. Ses réflexions sont toujours enrobée d’humour ou de cynisme et je pouffe souvent de rire durant ma lecture.

Une fois de plus, on ne s’embête pas dans les aventures de Max et de l’institut St Mary’s, qui, quelque soit son incarnation, reste toujours égal à lui-même.

Si j’avais trouvé que Max avait eu tort de réagir aussi excessivement, suite à ce que Leon avait fait lors de leur voyage à Troie (dans le tome 3), je l’ai mieux compris dans ce quatrième tome et maintenant, je l’accepte. Max a aussi révisé ses jugements.

Ce quatrième tome pourrait donner à penser qu’il n’est qu’un tome de transition, ou que l’autrice allonge son histoire afin de faire plus de romans, pourtant, il ne me semble pas que ce soit le cas. Il a parfaitement sa place dans la lignée des autres, même s’il est différent et que les choix de max et Leon auront une importance capitale pour la suite des romans.

Bien que certains rebondissements ne soient là que pour faire frémir les lecteurs/trices (morts de certains personnages, qui reviennent ensuite dans d’autres incarnations), la série garde tout de même sa ligne directrice et réussi à renouveler son récit avec d’autres univers parallèles et cette fameuse police du temps.

En espérant tout de même que dans les prochains tomes, on reste un peu plus longtemps sur place, durant les missions Historique, que je voyage un peu…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°227] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Cochrane vs Cthulhu : Gilberto Villarroel [Dame Ida, Servante des Grands Anciens]

Titre : Cochrane vs Cthulhu

Auteur : Gilberto Villarroel 🇨🇱
Édition : Aux Forges de Vulcain (2020) / Pocket (18/02/2021)
Édition Originale : Cochrane vs. Cthulhu (2016)
Traduction : Jacques Fuentealba

Résumé Babelio :
Le marin le plus audacieux de tous les temps affronte le plus grand ennemi de l’humanité !

Bien des années avant d’être le libérateur du Chili, du Pérou, du Brésil et de la Grèce, Lord Thomas Cochrane fut un héros des guerres napoléoniennes. En 1809, au large de l’île d’Aix, sur la côte occidentale française, il fit couler presque la moitié de la flotte de l’Empereur.

En 1815, Napoléon achève la construction de Fort Boyard et Lord Cochrane revient dans la baie pour détruire ce bastion. Mais il se trouve confronté à une menace surnaturelle, Cthulhu, un dieu endormi qui émerge alors du fond des océans pour revendiquer le contrôle de la Terre !

L’avis de Dame Ida (ne pas lire « La Vie de Dame Ida »… quoique… cela ne m’empêchera pas de vous la raconter ! Elle est passionnante ma vie ! Y a que mes enfants que ça emmerde ! Si, si ! Je vous jure!) :
Quand je me promène sur la plage en regardant là où mer et ciel se confondent, et surtout quand les nuages au loin sont sombres, je m’amuse toujours à me faire peur en imaginant Cthulhu poindre à l’horizon…

Car… Comment dire… Depuis que j’ai vu le rêve de la femme du pêcheur d’Hokusai (Nan ! C’est pas un manga!), fameuse estampe érotique japonaise, je m’affole dès que je vois un bout de tentacule (parce que ça rime avec « je t’… »

Nan… je peux pas l’écrire … désolée). Imaginez mon état devant l’étal du poissonnier… Et ce crétin qui croit que c’est lui qui me fait de l’effet !

De fait, je suis devenue une fan incontestée du Grand Cthulhu , créature extra-terrestre à tête de poulpe plus que géant, quasi-divine et quasi immortelle sortie de l’esprit extrêmement perturbé de H.P. Lovecraft.

L’est-y pas jojo ?

Or donc, dès que je vois son nom ou un bout de ventouse sur une couverture… et ben j’achète.

Cochrane ? L’autre nom sur la couverture ? C’est qui ça ? Connais pas… Qu’est-ce que j’en sais moi ! Je vous en pose des questions ? Ah ! Qu’est-ce que je disais !

OK… Si j’avais été davantage anglophile et que je m’étais intéressé à davantage qu’à l’afternoon tea chez la duchesse de Betford, à Sherlock Holmes, à Downton Abbey et à Bridgerton, j’aurais dû savoir que ce fut un grand marin Britannique du début du XIXe siècle, qui s’est particulièrement illustré pendant les guerres napoléoniennes et en Amérique du Sud dont l’auteur est originaire (C’est un Chilien marié à une française et qui vit à Paris). 

Mais le Cochrane était dans le camp anglais… Ben oui… C’est même un Lord. Alors quand le résumé Babélio vous les présente comme un héros… c’est juste parce que l’auteur Chilien a trouvé plus sympa un anglois qui a permis à l’Amérique du Sud de se libérer de la tutelle Européenne. 

Il a dû apprécier le fait que Cochrane ait défait la flotte française en lançant contre elle des navires enflammés, provoquant pagaille et naufrages dans les rangs des petits bateaux de l’Empereur. Malin le gars… Même si je trouve ce genre de stratégie assez peu conventionnelle, soit dit en passant.

Heureusement que je suis pas chauvine au point de refermer un bouquin prenant parti pour un ennemi héréditaire de mon pays ! Faut dire que le Napoléon je ne l’ai jamais trouvé très sympa non plus…

Donc, le Lord Cochrane a VRAIMENT existé. Ce qui signifie que l’auteur s’est offert ici quelques libertés avec l’histoire. Et visiblement il n’en serait pas resté que là car il fait vivre à ce héros aventureux de la perfide Albion, bien d’autres aventures racontées dans d’autres livres et qui ne figurent manifestement pas dans sa notice biographique Wikipedia (j’ai vérifié). 

Anybref, le Sieur Cochrane se pointe à Fort Boyard et s’y fait serrer par les militaires français… Il essaie de s’en échapper mais pas de bol, des renforts arrivent avec à leur tête un certain Durand, adjoint de l’ignoble Foucher, chef de la police secrète de l’Empereur… Adjoint assez ignoble également, qui porte sur sa tête toute la fourberie qui l’habite. Le français ne sera pas épargné.

Mais que sont donc ces écritures étranges et immémoriales que l’on retrouve dans les fondations du fort et pour lesquelles on est parti chercher les frères Champollion (je ne vous ferai pas l’insulte de vous rappeler qui ils étaient enfin… qui était le Jean-François Champollion qui avait ridiculisé les englishes en déchiffrant les hiéroglyphes avant eux, ce sont ils se sont vengés en nous fauchant la pierre de Rosette ! Nan Belette ! La pierre de Rosette ne sert pas à couper le saucisson à l’apéro!) ?

Et pourquoi n’a-t-on retrouvé que le bras du grand soldat Petit et pas le reste de son corps?

Évidemment, si on est en mer et que Cthulhu figure sur la couverture, et que vous êtes au moins aussi intelligentes que moi, vous vous doutez bien qu’on n’est pas simplement confrontés à un banal récit de guerre sur fond d’histoire.

Alors qu’en ai-je pensé ?

Et ben j’ai kiffé grave la race de ma mémère ! Même si le Père Fouras, Passe-Partout et les lions ne sont pas dans ce Fort Boyard-là.

Autant quand je n’aime pas un livre, ou un film, je suis intarissable en critiques… Autant là… j’ai envie de vous en dire le moins possible pour vous inciter à le lire.

C’est rythmé, très bien écrit, avec des personnages consistants… Et c’est très bien documenté. L’histoire réelle se marie bien à la vision romancée de l’auteur. La construction est comme je l’aime : c’est à dire que l’auteur introduit les éléments fantastiques au compte-gouttes mine de rien, sans se précipiter, nous conduisant progressivement des faits historiques, au roman avant d’arrivé en plein délire apocalyptique lovecraftien cthulesque. 

Deux petits bémols cependant :

1 – L’auteur est bien briefé sur le mythe de Cthulhu mais prend tout de même une liberté assez conséquente sur la façon dont il géolocalise R’lye où le dieu extraterrestre est supposé comater depuis… pffff… Au moins tout ça ! Bref ça me chiffonnera un peu mais je serai compréhensive car il n’aurait pas pu situer l’action au fort Boyard autrement.

2 – Comme l’action se déroule sur fond de guerre et donc entre militaires, la dimension belliciste prendra le pas sur la dimension fantastique qui a plus ma faveur. Ben oui quoi… Je suis une faible femme et les histoires de mecs en uniformes qui aiment bien montrer qui tire le plus loin, le mieux, le plus fort… Qui est le plus brave, le plus courageux, le plus couillu… J’avoue qu’au bout d’un moment je me lasse un peu de tous ces mâles en uniformes. Il n’aurait pas fallu que le roman soit plus long.

Heureusement que Cthulhu est là. Affreux. Terrible. Puissant. Redoutable… Tremblez pauvres mortels ! Vous ne réchapperez pas à son courroux ni à son appétit pauvres présomptueux ! 

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°02 – Dame Ida).

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La Révolte du Sonora : Pierre Pelot

Titre : La Révolte du Sonora

Auteur : Pierre Pelot
Édition : G.P. Editions Olympic (01/01/1972)

Résumé :
Mexique 1906. La dictature de Diaz est plus dure que jamais. L’armée régulière, les mercenaires de la Garde blanche traquent impitoyablement les rebelles et notamment les Indiens Yaquis du Sonora, les refoulant toujours plus loin dans les montagnes arides, au profit des grands propriétaires terriens. Cette fois pourtant, le peuple Yaqui de la tribu de Caseo ne reculera plus.

Caseo le vieux demeure sur cette terre sèche qui est sa vie. Il demeure pour lutter. Il sera rejoint par Sando, son fils aîné que l’on surnomme Yaqui Hombre et dont la tête est mise à prix.

Un fossé s’est creusé entre le père et le fils, celui-là reprochant à celui-ci ses méthodes de combat. Et pourtant les deux hommes réapprendront à se respecter mutuellement, unis dans le même combat…

Critique :
Pierre Pelot est un auteur prolifique et de temps en temps, j’ouvre un de ces vieux livres qui fleure bon le vieux papier, les vieilles éditions et qu’on ne déniche plus que dans les brocantes, les vides greniers, les bouquinistes…

Celui-ci était parfait pour le Mois Espagnol (Lusophone), puisqu’il se déroule au Mexique, plus précisément au Sonora, durant la révolte qui eut lieu sous la dictature de Porfirio Diaz.

Elle éclatera le 18 novembre 1910.

L’auteur ne donnera pas de précision sur la dictature, sur toutes les exactions commises. Il aurait fallu plusieurs romans pour raconter tout.

L’auteur dresse un bref résumé en début d’ouvrage, afin que les lecteurs sachent ce qu’il s’est passé et comment était divisé la population mexicaine : les grands propriétaires, la fausse noblesse (les riches, les premiers de cordée), le clergé (riche de sa puissance) et en-dessous, les peones, les paisanos (les paysans, les pauvres travailleurs) mexicains, dont le train de vie n’avait rien à envier à celui des serfs européens du Moyen Age. Et tout, tout, tout en dessous, les indiens.

En 1910, huit cent quarante haciendados environ se partageaient la superficie totale de la terre mexicaine, vivant dans l’opulence sur la sueur versée de plusieurs millions de peones et d’ouvriers.

Une foule énorme, qui tout à coup voulait vivre, qui n’en pouvait plus de colère rentrée, ravalée depuis des années. Un peuple d’esclaves qui ne voulait plus avoir faim, qui voulait être libre et se dressait derrière le boutefeu de la révolution : Francisco I. Madero.

Il expliquera aussi les raison qui poussèrent le peuple au mécontentement. Ce qui fait qu’en commençant cette lecture, je n’étais pas totalement inculte. Pierre Pelot raconte donc une petite histoire dans la Grande, celle d’une tribu Yaqui, qui subissait la domination de Diaz sans savoir pourquoi, sans comprendre.

Qui se faisait refouler sans cesse plus loin, qui avait perdu ses terres dans la plaine, au profit des colons et était allée dans la montagne, avant que les riches veulent encore plus et décident de prendre la montagne aussi, et de les chasser, en passant, ou les exterminer, tiens, encore mieux (ceci n’est pas pensée, mais celle des riches puissants, ceux qui me suivent depuis un certain temps l’auront compris).

Un jour, ils ont dressé le poing dans le ciel. Ils se sont levés, un fusil dans la main, une fouche, une pioche… Aux armes, Yaquis Indiens (♫). Et comme Sando, devenu un desperado, est de retour près de son père, Caseo, il décide d’aider les siens à résister au soldats.

Oui, c’est une simple histoire. Une histoire ordinaire comme il y en a tant eu. Comme il y en a encore, comme il y en aura encore. On défend sa terre, car à un moment donné, quand on est acculé, qu’on a plus de repli possible, on se redresse et on montre les dents. Fuir n’est plus possible, résister va être difficile, ils risquent tous de mourir, face à des soldats aguerris et mieux équipé.

Le récit avait tout pour me plaire, mais je suis passé un peu à côté de l’affrontement sans paroles entre le père et son fils. L’un aurait aimé qu’il reste, le fils aimerait qu’on soit fier de ce qu’il a fait, de ses combats. Ils sont fiers l’un de l’autre, mais trop fiers que pour l’avouer.

Il manque aussi au récit des émotions et du corps. On ne s’y embête pas, mais l’écriture, un peu trop simple, m’a empêché de vibrer avec ces pauvres gens prêts à tout pour défendre leurs terres (alors que nom de Dieu, c’est le genre de chose qui devrait m’enflammer parce que je suis ainsi : j’aime ma terre et je prendrai le fusil aussi).

Une lecture en demi-teinte. Malgré tout, je garderai les bons côtés de l’histoire : le père et le fils qui ne se comprennent pas et le don de soi pour sauver les siens.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°111] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°08).

Goldorak (BD) : Xavier Dorison, Denis Bajram, Brice Cossu et Alexis Sentenac

Titre : Goldorak (BD)

Scénaristes : Xavier Dorison & Denis Bajram
Dessinateurs : Brice Cossu, Denis Bajram & Alexis Sentenac

Édition : Kana (15/10/2021)

Résumé :
La guerre entre les forces de Véga et Goldorak est un lointain souvenir. Actarus et sa soeur sont repartis sur Euphor tandis qu’Alcor et Vénusia tentent de mener une vie normale.

Mais, des confins de l’espace, surgit le plus puissant des golgoths : l’Hydragon.

Alors que le monstre de l’ultime Division Ruine écrase les armées terriennes, les exigences des derniers représentants de Véga sidèrent la planète : sous peine d’annihilation totale, tous les habitants du Japon ont sept jours pour quitter leur pays et laisser les envahisseurs coloniser l’archipel.

Face à cet ultimatum, il ne reste qu’un dernier espoir… Goldorak.

Critique :
♫ Goldorak, go ♪ Retrolaser en action ♪ Goldorak, go ♪Va accomplir ta mission ♪ Dans l’infini ♪ Des galaxies ♪ ♫ Poursuis ta lutte infernale♪ Du bien contre le mal ♫

Goldorak, je ne le nierai pas, c’est une partie de mon enfance. Alors, le découvrir en bédé, ce fut à la fois une crainte

Dans mes souvenirs lointains, les méchants de Vega voulaient coloniser la Terre et les Gentils de la Terre, aidé par Actarus et Goldorak, les en empêchaient.

Présenté ainsi, ça fait très scénario binaire, dichotomique. Ou était-ce moi qui l’était, à l’âge de 10 ans ?

En tout cas, cette bédé évite le côté binaire des Bons contre les Méchants et dans cette histoire, tout le monde a des nuances de gris. Personne n’est parfait, personne n’est tout à fait méchant, personne n’est tout à fait bon. Chacun trimballe son vécu, ses blessures, ses attentes, ses déceptions.

Les habitants de Vega n’ont plus de planète, ils en cherchent une autre. Ce sont des migrants, des naufragés, juste que contrairement à ceux qui s’échappent de leur pays, eux ont la puissance de feu de milliers de croiseurs et des super flingues de concours. Sans compter un nouveau golgoth : l’Hydragon.

Face à eux, la population du Japon ne fait pas le poids. Avec le nouveau Golgoth, les habitants risquent de se retrouver éparpillé par petits bouts, façon puzzle. L’Hydragon ne correctionne plus : il dynamite, il disperse, il ventile…

Non, non, rassurez-vous, cet album n’est pas composé uniquement de scènes de baston, il y a de la profondeur dans les différents personnages, ainsi que dans son scénario qui évite l’écueil habituel des Bons contre Méchants.

Nous sommes dans un monde où il est plus facile de haïr l’Autre que de l’accepter, plus facile de juger que de comprendre (ou pardonner) et certains démagogues et autres populistes jettent du pétrole sur le feu, s’amusant à diviser pour régner, à monter tout le monde contre tout le monde, dans cet album, c’est plutôt un message de paix qui est délivré. Un message pour la compréhension entre peuples. Contre le mépris des autres.

Le scénario aux petits oignons est servi par des graphismes magnifiques et des couleurs superbes. C’est un bien bel objet que l’on tient entre ses mains. Si Actarus barbu a des petits airs d’Undertaker, une fois rasé, on retrouve celui qui a enchanté nos après-midi, accompagné de tous les personnages du dessin animé, en moins caricaturaux. Ce n’est pas plus mal, nous n’avons plus 10 ans…

Les auteurs ont réussi le subtil équilibre en l’action pure, les combats, les souvenirs, les émotions, l’humour, les moqueries envers certains films hollywoodiens, les retournements de situation, le suspense, le tout sans dénaturer l’univers de Goldorak et en lui donnant une nouvelle vie, sans bâcler le scénario ou le rendre neuneu.

Il y a un véritable travail derrière cet album, tant au niveau des graphismes que du scénario. Sa lecture fut un véritable coup de cœur. Un Goldorak 2021 qui mérite d’être lu tant il est innovant mais respectueux.

Le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (Asie).

Astérix – Tome 39 – Astérix et le Griffon : Jean-Yves Ferri et Didier Conrad

Titre : Astérix – Tome 39 – Astérix et le Griffon

Scénariste : Jean-Yves Ferri
Dessinateur : Didier Conrad

Édition : Éditions Albert René (21/10/2021)

Résumé :
Accompagnés de Panoramix, le plus célèbre des druides gaulois, ils s’apprêtent à partir pour un long et mystérieux voyage en quête d’une créature étrange et terrifiante.

« Mais quelle est donc cette créature ? » Didier Conrad a fait parvenir un dessin aux Éditions Albert René. Un dessin étrange et mystérieux… Celui-ci montre nos deux héros – créés il y a plus de 60 ans par les géniaux René Goscinny et Albert Uderzo – grimpant le long d’un grand tronc d’arbre pour tenter de récupérer Idéfix qui semble vouloir leur échapper…

Ce tronc est bien singulier car il est sculpté à l’effigie d’une créature énigmatique, dotée de crocs impressionnants et d’un terrible bec de rapace…

…Idolâtrée ou crainte par les peuples de l’Antiquité, cette créature, c’est… le Griffon…

Critique :
Comment reconnaît-on un bon album d’Astérix et Obélix ?

Au sourire béat qui s’affiche sur notre tronche lorsqu’on en sort un de sa biblio pour le relire pour la 392ème fois ?

Au rire qui nous secoue devant un bon jeux de mots ?

Aux répliques que l’on sort, encore et toujours ? Farpaitement !

Qu’en sera-t-il de ce nouvel album ? Je ne peux encore rien vous dire, je ne l’ai lu qu’une seule fois et si je n’ai pas trop été déçue, faut pas s’attendre non plus à une révolution ou à égaler les albums du maître Goscinny.

Les dessins sont parfaits, ils sont dans la lignée de ceux qu’Uderzo nous donnait dans les anciens albums. Le bât blesse toujours avec les scénaristes : pas facile d’égaler les meilleurs, surtout qu’ils seront jugés à l’aune de ce que les Grands ont fait avant eux.

Oublions la belle époque de Goscinny, ce temps est fini, il nous reste à relire les anciens albums et à nous éclater la rate avec les jeux de mots intemporels.

Mais où vont nos mais Gaulois dans ce nouvel album ? Très très loin à l’Est ! Carrément dans le territoire des Sarmates. Ici, les femmes se battent et les hommes restent à la maison à éduquer les enfants. Puis les emmerdes vont commencer pour eux avec l’arrivée des romains. Pour Obélix, c’est l’amusement, l’arrivée des guerriers que l’on peut baffer !

Si ce nouvel album est mieux que certains précédents, ce ne sera pas l’éclate totale tant j’ai eu l’impression que les auteurs n’avaient pas été au bout de leur idées, survolant le tout sans jamais approfondir.

Pourtant, il y avait matière à aller creuser plus profond afin de donner un peu plus d’épaisseur à cette histoire qui semble souvent hésiter et ne pas savoir quelle direction prendre.

Manquant de dynamisme, la fin arrive un peu comme un cheveu dans la soupe, sans conclure l’album d’une manière claire. Par contre, j’ai aimé l’idée du griffon et de voir ce qu’il était en vrai.

Les jeux de mots sont présents, ils ne sont pas mal du tout, surtout avec les Scythes, mais hélas, ils sont temporels. À voir si la génération suivante les comprendra… En tout cas, moi, j’ai tout capté ! Il faudra sans doute que je relise l’album afin de bien m’en imprégner et pouvoir les ressortir sans peine, comme ceux de Goscinny avec les Ibères ou les Numides…

Finalement, je suis le cul entre deux chaises pour ce nouvel album : il a du bon et du moins bon, notamment avec le fait que rien ne soit vraiment approfondit, que tout soit survolé, que l’histoire peine à décoller et qu’elle tourne un peu en rond.

De plus, il manque les sacro-saintes scènes tirées du village, au début de chaque album. Les running gag du « Non, tu ne chanteras pas » ou du « Il n’est pas frais mon poisson ?? », sans oublier les bagarres.

Les nouveaux auteurs font voyager Astérix, mais le must est aussi d’arriver à construire une histoire amusante et inventive sans sortir du village, comme ce fut le cas avant.

C’est donc mitigée que je ressors de cette lecture qui, à mon sens, manquait de profondeur alors qu’il y avait matière à aller plus loin. Pourtant, tout n’est pas à jeter ou mauvais dans ce dernier opus. Peut mieux faire mais ce n’est déjà pas si mal.

Pas évident non plus lorsqu’on reprend une série alors qu’elle était au faîte des scénarios brillants et des jeux de mots drôles du temps du tandem Uderzo/Goscinny.

La série de « Spirou et Fantasio » a elle aussi connu des hauts et des bas. Lorsque Rob Vel (son créateur) l’a passée à Franquin, elle avait été magnifiée. Après Franquin, on a eu des hauts et des bas… Sinon, il faut faire comme Hergé et interdire toute reprise…

Chacun trouvera ce qu’il veut dans ce nouvel album d’Astérix. Tout dépend ce que l’on cherche.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°82], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°92] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages).

Les chroniques de St Mary’s – 03 – Une seconde chance : Jodi Taylor

Titre : Les chroniques de St Mary’s – 03 – Une seconde chance

Auteur : Jodi Taylor
Édition : Hervé Chopin (14/02/2019)
Édition Originale : The Chronicles of St Mary’s, book 03: A Second Chance (2014)
Traduction : Cindy Colin Kapen

Résumé :
St Mary est de retour et rien ne va plus pour le docteur Maxwell. Une fois encore, l’institut très spécial de recherche historique St Mary, qui détient le secret du voyage dans le temps, passe d’une catastrophe à une autre.

De la rencontre avec Isaac Newton au champ de bataille sanglant d’Azincourt, rien ne se déroule comme prévu.

Mais c’est surtout à Troie, alors qu’Achille et Hector s’apprêtent à s’affronter sous ses yeux, que le destin de Max va se jouer.

Car si elle espère pouvoir percer le mystère du cheval de Troie, expliquer la destruction de cette cité mythique et toucher du doigt le destin tragique de Cassandre, elle va aussi devoir faire des choix irréversibles.

Critique :
Les sauts temporels sont toujours plus dangereux que les sauts dans des flaques d’eau ou que des sots, gardes des sceaux qui sautent dans des seaux d’eau, mais ils sont aussi bien plus instructifs et plus drôles que les autres exemples.

Si j’avais trouvé le tome 2 brouillon et foutraque avec plein de petits voyages temporels (pas assez développés à mon sens), que les résolutions arrivaient de manière un peu abrupte et que la relation entre Max (Madeleine Maxwell) et Léon partait en eau de boudin pour des petits rien, dans ce tome-ci, le récit est maitrisé.

L’humour est toujours bien présent, même lors de présentation des personnages principaux. Vous lisez les premières lignes et vous pouffez déjà de rire.

Cela équilibre un peu les drames parce que les aventures de Max et du département d’histoire ne sont jamais des parties de plaisir. On peut être blessé gravement durant un voyage dans le temps (et même à St Mary), on peut mourir, rester coincé au crétacé et finir dans l’estomac d’un dinosaure (imaginez ceux qui, plus tard, analyseront la crotte du dino après qu’il vous eût digéré : ils trouveront des éléments anachroniques dedans, telle de la viande humaine !)…

Déjà que les premières pages commencent par un épisode violent, avant de nous laisser sur un cliffhanger de dingue et de repartir en arrière pour nous expliquer ce que Max faisait en si mauvaise posture à cet endroit bien précis.

Si le premier voyage temporel de ce troisième roman est assez court (Isaac Newton), il est néanmoins assez drôle et dynamique et ne donne pas l’impression de se terminer abruptement comme celui du temps de Jack The Ripper (tome 2), même si le retour se fera, une fois de plus, en quatrième vitesse.

Ce qui sera le plus important dans ce roman, c’est le voyage temporel à Troie. Non, ils ne seront pas que trois à Troie et je ne vous dirai pas quand, mais ce n’était pas à Caen. De toute façon, le quart était passé.

Le récit d’Homère (d’alors) est-il véridique ? Nos amis vont tenter de résoudre cette énigme en partant à Troie durant 7 mois, un an avant la guerre, tentant de comparer le récit à la réalité, avant de revenir pour la guerre, à la fin, juste avant l’entrée en scène du cheval de Troie (qui avait quatre jambes).

Là, j’ai bu du petit lait ! La réécriture était intelligente, fine et j’ai dû faire abstraction du film où le beau Brad Pitt courrait en nous montrant ses belles guiboles. Rien à voir ! C’était violent et instructif à la fois. J’ai adoré avant que leur retour ne tourne en vinaigre entre Max et Léon, une fois de plus.

Le personnage de Madeleine Maxwell (Max), en plus d’être ronchon, gourmande, têtue, hyperactive, en bute avec l’autorité aura la conscience à géométrie variable. Une des règle les plus importantes est qu’il est interdit d’interférer dans l’Histoire, ce serait trop dangereux. Si Max a eu les couilles de s’interposer face à un membre qui allait prendre des libertés avec le règlement, elle aidera pourtant les premiers Hommes à traverser la mer Rouge…

L’univers de l’auteure est toujours riche en personnage marquants, hauts en couleur, déjanté, le genre de personnes qu’on ne peut laisser seul si l’on ne veut pas se retrouver avec des accidents ou catastrophes en tout genre.

Les descriptions de bataille d’Azincourt (autre voyage) étaient bien faites aussi, le lecteur a l’impression d’être sur le côté et de regarder les Anglais, moribonds, en sous effectif, faisant face aux Français, en surnombre, sûrs de leur victoire, vendant déjà la peau de l’ours avant même de l’avoir tué. L’Homme restera toujours le même, ses travers le suivant au fil des époques.

Anybref, après un tome 2 brouillon qui partait dans tous les sens sans vraiment s’accrocher à quoi que ce soit, ce tome 3 est précis comme le tir d’un arc anglais, lumineux comme les miroir d’Isaac Newton et impétueux comme un Agamemnon levant une armée pour faire le siège de Troie.

Le final est assez inattendu, imprévu et je me demande où l’auteure va nous mener dans le suivant avec ce nouvel arc narratif qui entre en ligne de compte. En tout cas, le final donne envie de lire le suivant pour savoir ce qu’il va se passer et j’espère ne pas attendre 1 an pour le faire, sinon, j’aurai tout oublié.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°294], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°47] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Le chant du bison : Antonio Pérez Henares [LC avec Bianca]

Titre : Le chant du bison

Auteur : Antonio Pérez Henares
Édition : HC (21/01/2021)
Édition Originale : La cancion del bisonte
Traduction : Anne-Carole Grillot

Résumé :
Il fut un temps où deux espèces humaines coexistaient sur terre : Homo sapiens et Néandertaliens. Que s’est-il passé pour que l’une d’elles disparaisse ?

Chat-Huant est encore jeune lorsqu’il voit arriver dans sa grotte celui que l’on surnomme l’Errant, que tout le monde craint et respecte. La solitude du petit garçon et son intelligence poussent le grand homme à l’emmener avec lui dans son long périple.

Un voyage initiatique commence alors pour le jeune Homo sapiens, qui découvre de nouvelles contrées, de nouveaux horizons, de nouveaux clans, leur art, le pouvoir des femmes… Il va aussi s’approcher de la vallée des Premiers Hommes où vivent Terre d’Ombre et les Néandertaliens.

Mais alors que les Lunes de glace deviennent de plus en plus rudes, alors que chaque nuit est une occasion de mourir, Chat-Huant et Terre d’Ombre comprennent qu’ils ne vont pas avoir d’autre choix que celui de s’affronter pour tenter de survivre.

Extraordinairement documenté, Le Chant du Bison est aussi un roman d’amour et d’aventure au temps de la dernière glaciation. Best-seller en Espagne dès sa sortie, Le Chant du Bison est particulièrement actuel, mettant en lumière les valeurs écologistes et féministes de nos ancêtres néandertaliens.

Critique :
S’il y a bien une matière qui me faisait chier à l’école, c’était celle consacrée à la préhistoire et aux hommes des cavernes… Faut dire aussi qu’on en a bouffé à chaque rentrée des classes, des hommes des cavernes !

La faute n’est pas imputable à nos lointains ancêtres mais à la manière dont les profs donnaient leurs cours, revenant sans cesse sur les mêmes sujets (et j’ai quand même tout oublié) et sur le fait que, nom d’une pipe, j’aurais préféré en apprendre plus sur mon siècle (le 20ème, merci de ne pas remonter plus loin) et sur les deux guerres mondiales que sur les hommes en fourrures qui vivaient dans des grottes.

Une fois adulte, maintenant que l’on sait plus de chose qu’il y a 35 ans (purée, on m’a appris des conneries à l’école !), le sujet est devenue bien plus passionnant ! J’ai dévoré la bédé Sapiens et je me suis jetée comme une affamée sur Le chant du bison.

Il faut saluer avant tout le travail de documentation de l’auteur, ses notes en fin de chapitres étaient remplies de détails historiques, des quelques licences que l’auteur parfois a prises avec l’Histoire. C’était très instructif car tout son récit s’appuie sur des faits avérés ou des preuves découvertes dans les grottes, essentiellement en Espagne et dans le Sud de la France.

Les chapitres sont assez courts, ce qui fait que le récit avance bien, surtout qu’il est en alternance avec les aventures de Chat-Huant, qui fait partie des Peaux Sombres (Sapiens) et de Terre d’Ombre, métis entre une Peau Sombre et un Pattes Courtes.

Les Pattes Courtes ne sont pas une manière polie de parler de personne de petite taille qui souffrent de verticalité contrariée… C’est tout simplement l’appellation d’un Néandertalien, dit aussi Premiers Hommes.

Qu’est-ce qui s’est passé entre les Sapiens et les Néandertaliens ? Pourquoi une race s’est-elle éteinte et l’autre à t-elle prospéré ? Génocide ? Extinction naturelle ? Impossibilité des Néandertaliens d’évoluer comme les Sapiens ont réussi à la faire, développant des armes de jet et racontant des histoires pour fédérer tout le monde ? Les meilleurs enquêteurs sont sur la piste : pour le moment, rien n’est exclu…

L’auteur, dans son roman, nous donne une piste, qui est tout à fait plausible car les Hommes de l’époque n’ont pas tellement changé par rapport à ce que nous sommes maintenant : lutte pour le pouvoir, magouilles et compagnie, mise à l’écart d’un bon élément s’il est susceptible de nous faire de l’ombre, peur des autres (ceux qui sont différents de nous qu’on prend toujours pour des sauvages, des barbares), très haute opinion de nous-mêmes (trop haute)…

Ce récit est une grande aventure qui nous fera voyager dans le Nord de l’Espagne et ce, jusqu’en France, dans le Sud, plus précisément à la grotte Chauvet. Là, j’était en terrain connu puisque j’ai eu la chance de visiter la réplique de cette grotte et putain de nom de dieu, c’était magnifique (mais 1h, c’est trop rapide, j’aurais aimé y flâner, mais ce n’était possible qu’en juillet/août à l’époque où le covid ne pourrissait pas notre vie).

Les personnages sont attachants, autant Chat Huant que l’Errant, que Pavot ou même Terre d’Ombre, qui cherche sa place, lui qui est un sang-mêlé. Hé oui, rien n’a changé !

Si les Sapiens aiment bouger, aller voir ailleurs, changer de territoire, les Néandertaliens sont plus casaniers, n’aimant pas changer de méthode quand une fonctionne très bien, n’aimant pas aller sur les territoires des autres afin de ne pas ramener la merde ensuite. On ne peut pas leur donner tort non plus…

Ce roman n’est pas à lire si vous voulez de l’action pure et dure et un récit qui avance à la vitesse d’un coureur cycliste dopé, dans une descente de montagne. C’est un récit qui prend son temps : celui de planter ses décors, de nous montrer les mœurs de nos ancêtres, de présenter ses personnages et de les approfondir.

Malgré tout, dès la première ligne avalée, j’étais immergée dans mon récit et j’avais du mal à le lâcher car c’était instructif, intéressant, bien écrit et malgré le fait que les dialogues sont courts et peu présent, je me suis attachée aux personnages et me suis gavée de cette histoire qui, si elle m’avait été présentée ainsi à l’école, m’aurais empêché de soupirer sans fin.

Une LC réalisée avec Bianca, qui avait attiré mon attention sur ce roman qu’elle venait de recevoir et j’ai dit oui tout de suite ! Aucun regret car c’était une super lecture qui m’a bien rempli mon petit cerveau. Tourner la dernière page m’a donné un petit coup au cœur car j’étais bien avec ces personnages. Pour Bianca, la lecture fut plus mitigée, trouvant le récit trop dense et contemplatif. Deux avis différents… Suivez le lien pour lire le sien.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°43].

Batman – Terre-Un – Tome 2 : Geoff Johns et Gary Frank

Titre : Batman – Terre-Un – Tome 2

Scénariste : Geoff Johns
Dessinateur : Gary Frank

Édition : Urban Comics DC Deluxe (26/02/2016)
Édition Originale : Batman: Earth One, book 2 (2015)

Résumé :
Après la mort du Maire Oswald Cobblepot et l’apparition d’un certain « Batman », une nouvelle ère s’apprête à voir le jour à Gotham City.

Jessica Dent et son frère, le procureur Harvey Dent, ont rejoint les rangs de ce justicier de l’ombre pour combattre la corruption et le dictat des criminels installés en ville depuis trop longtemps.

Mais aucun ne s’attendait à devoir affronter un nouvel adversaire, un ennemi si imprévisible que chaque mauvais pas peut d’avérer fatale.

Critique :
N’étant pas une grande connaisseuse des comics et de l’univers de Batman, je ne sais pas ce que les puristes ont pensé de ce « relaunch » (une relance), mais moi, j’ai apprécié commencer mes incursions dans l’univers de la chauve-souris sexy par ce diptyque.

Sans être une fan absolue, je connais les grandes lignes de Batman et je pense qu’il en est de même pour la majorité des gens : parents assassinés à la sortie d’un ciné, rêves de vengeance, recherche du tueur(s), des commanditaire(s) et on termine par un costard hyper sexy et l’arrivée d’un justicier masqué sans pouvoirs magiques.

Comment revisiter une vieille recette ? Comment faire du neuf ou de l’original avec un truc qui est éculé ? Non, nous ne sommes pas dans la nouvelle saison de Top Chef où l’on doit revisiter la blanquette de veau, mais bien celle de la chauve-souris !

Les ingrédients qui font de Batman ce qu’il est sont tous présents, c’est assaisonné comme il faut mais malgré qu’il ressemble à l’ancien, le nouveau plat servi est différent sans pour autant que l’on regrette la recette originale.

L’auteur y a ajouté des ingrédients secrets, comme une enquête sur un espèce de petit plaisantin qui pose des questions, tel un Sphinx et qui, si vous ne répondez pas dans les délais impartis, vous transforme en substance pour hachis parmentier ou viande pour lazagnes.

Si on additionne un scénario aux petits oignons, des origines revisitées intelligemment, des personnages un peu différent des originaux mais gagnant en maturité et en profondeur, une enquête remplie d’action, sans temps mort, un Batman qui n’est pas le mec tout puissant, qui doute, qui a des soucis avec ses gadgets, le tout mis en scène par un dessinateur qui nous joue les Michel-Ange du comics, ma foi, des relance pareilles, on peut m’en offrir tous les jours !

Lire ce comics est un régal pour les yeux tant les dessins sont réalistes, les couleurs bien utilisées, tant les expressions des visages sont changeantes et pas toujours les mêmes, comme je l’ai déjà constaté avec certains dessinateurs.

Pour ceux qui veulent se pencher sur la chauve-souris la plus sexy des comics ou pour les fans absolus, cette saga est parfaite ! Le Chevalier Noir y est plus touchant, moins puissant, il peut chuter, faire des erreurs, lui-même cherchant sans cesse à améliorer ses techniques, ses gadgets, inventant ce qui fera plus tard sa légende.

Un véritable petit bijou de comics tant au scénario qu’au dessin qui eux, sont des cadrages de cinéma, des arrêts sur images, détaillés sans être surchargés, réalistes au possible. Moi, j’en veux encore !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°208] Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°34].

Batman – Terre-Un – Tome 1 : Geoff Johns et Gary Frank

Titre : Batman – Terre-Un – Tome 1

Scénariste : Geoff Johns
Dessinateur : Gary Frank

Édition : Urban Comics DC Deluxe (2013)
Édition Originale : Batman : Earth One, book 1 (2012)
Traduction :Alex Nikolavitch

Résumé :
Batman n’est pas un héros. Juste un homme. Faillible, vulnérable et en colère. Dans une Gotham City où amis et ennemis sont indiscernables, le chemin que suit Bruce Wayne pour devenir le Chevalier Noir est plus que jamais criblé d’obstacles.

Déterminé à punir les véritables assassins de ses parents ainsi que les policiers corrompus responsables de leur remise en liberté, la soif de vengeance de Bruce Wayne nourrit sa folle croisade et personne, même Alfred, ne pourra le stopper.

Ce titre se déroule dans un univers alternatif, avec un Batman plus violent que celui de l’univers classique que nous connaissons.

Critique :
Un vengeur masqué, un sombre héros (sombrero ?) qui agit dans la noirceur de la nuit noire et obscure… Oui, c’est bien lui !

Allez, on chante ♫ Un cavalier qui surgit hors de la nuit, court vers l’aventure au galop… ♪ Son nom, il le signe à la pointe de l’épée ♪

STOP ! Erreur de générique ! Nous avons une cape sombre, un masque sur le visage, ce sont deux vengeurs masqués… par contre, je ne vais pas vous parler de Zorro mais de Batman !

De Batman, je ne connais que l’essentiel : ses parents assassinés lorsqu’il était enfant, la ville de Gotham gangrené par le crime et sa quête de justice, quelques uns de ses ennemis, dont le Joker. Mais rien de plus.

Bien entendu, j’ai vu quelques films, dont la trilogie « Dark Knight » mais je ne sais pas grand-chose de son univers, et pourtant, c’est un super-héros que j’apprécie le plus avec Iron Man et Dead Pool.

Pas de bol, il n’y avait pas de comics dans mon entourage et je les découvre sur le tard (et non sur le pot… le tôt !).

Pas de chance, je ne savais pas qu’en fait je lisait une version revisitée des origines de Batman. Entre nous, si je ne l’avais pas lu en faisant le tour des chroniques, je ne l’aurais jamais su puisque mes connaissances sur Batman sont très minces !

En fait, on prend les mêmes ingrédients mais on modifie l’assaisonnement et on triture deux ou trois trucs qui, je vous le redis encore, si je ne l’avais pas appris ailleurs, je ne l’eusse pas su ! C’est vous dire ma méconnaissance (va me falloir des cours en accéléré).

Sauf pour Alfred, j’avais remarqué que ce n’était pas le même que d’habitude puisqu’au lieu du majordome habituel, on a un ancien marine royal qui a connu le père de Bruce Wayne à l’armée. Exit Michaël Cane, donc.

L’essentiel (qui n’est pas dans Lactel), c’est que j’aie pris mon panard littéraire en découvrant ce comics avec ma chauve-souris préférée ! Putain, les dessins de ouf ! (oui, j’aime parler d’jeun’s).

Pour le dire plus sobrement, on peut dire que au niveau des graphismes, ça déchire sa race ! Dès la scène d’introduction, j’étais dans le bain et je me régalais les pupilles devant le graphisme maitrisé, les couleurs, sombres mais sans que cela n’empêche de voir les détails, notamment ceux des visages qui sont très expressifs.

Le coloriage est maîtrisé aussi et il est lui aussi un régal car il oscille entre des tons sombres et de ceux plus pastels.

Et le scénario était excellent aussi ! On plonge dans l’enfance de Batman avec des flash-back, on fait des sauts temporels entre maintenant et avant, on suis sa quête de justice, son enquête pour savoir qui est derrière l’assassinat de ses parents, on le voit commencer à lutter contre le crime organisé à Gotham et on comprend que les policiers sont pieds et poings liés : soit ils sont corrompus, soit ils ne le sont pas mais on a menacé leurs familles, donc, ils ne bougent pas.

Ce qui m’a plu aussi et ce que j’aime dans Batman, c’est qu’il n’a pas de pouvoir à proprement parler. Comme Iron Man, tout dépend de sa combinaison et dans cet album, nous sommes face à un Batman qui débute, qui se prends des beignes, des coups, qui foire, qui est encore inexpérimenté dans son costume de chauve-souris sexy.

Bref, il est d’un réalisme criant de vérité, tout comme le reste de l’album car les réactions des différents protagonistes sont elles aussi bien dans le ton réaliste. Leurs visages sont bien différenciés, pas moyen de confondre l’un avec l’autre, comme ça arrive parfois dans certaines bédés… Là aussi tout est réaliste.

Fallait avoir du talent pour réécrire une partie des origines de Batman, qui sont connues dans les grandes longueurs, en garder ce qui en fait le sel, la base, être original sans pour autant trop chambouler tout au risque que les fans se perdent (et hurlent à l’hérésie) et que les néophytes ne commencent avec des infos erronées sur le héros.

Moi, j’ai pris un réel plaisir à lire ce premier tome d’un diptyque et je vais m’empresser de lire la suite, avant de sauter sur la version Superman, juste pour voir si avec l’homme de Krypton on a réussi aussi à faire du neuf avec du vieux, à changer des détails sans tout foutre en l’air.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°200] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°27].

Blueberry – Tome 09 – La piste des Sioux : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 09 – La piste des Sioux

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1971)

Résumé :
Capturé par les indiens, Blueberry est torturé afin qu’il livre l’endroit où l’argent de l’Union Pacific a été enterré. Plus il tiendra, plus la résistance aura le temps de se préparer.

Critique :
Blueberry, c’est LE mec qui chope toutes les emmerdes possibles et inimaginables à cent kilomètres à la ronde !

La preuve une fois de plus avec cet album où il se sort d’un guêpier pour retomber dans un autre, puis un autre… La poisse est son amie.

Blueberry, c’est aussi l’Histoire de l’Ouest de manière plus réaliste que Lucky Luke ou Jerry Spring, plus violente, aussi.

Les dessins de Giraud sont toujours des petits bijoux, remplis de détails et les décors ne sont pas négligés.

Dans ce tome, Blueberry ne va pas se reposer, ses deux amis Red Neck et MacClure non plus. Que ferait notre lieutenant sans eux ? Parfois ça lui ferait moins d’ennuis…

Ce tome emprunte une voie plus positive puisque la langue droite de Blueberry et celle du Général Dodge promettent aux Indiens de ne pas aller massacrer leurs femmes et papooses lorsqu’ils seront à la chasse au bison.

Enfin, se dit-on, du happy end dans l’air avec l’arrêt des massacres d’Indiens… Et puis saloperie, on voit apparaître cet enfoiré d’enfant de pute de Général Allister, un salopard qui râle de ne pas avoir de décorations durant la guerre civile et qui pense qu’un bon Indien est un Indien mort et que la parole de Dodge, il va se torcher avec.

Steelfingers était un salopard fini et Allister peut aller lui donner la main.

Une fois de plus, un excellent tome des aventures de Blueberry mais qui annonce avec horreur le tome suivant, que je déteste, que je crains de relire car le Général Allister est un bel enfant de salaud d’assassin, une couille molle qui s’attaque au plus faibles afin de faire mousser.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°57] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.