Capitaine Albator – Dimension voyage – Tome 5 : Leiji Matsumoto et Kouiti Shimaboshi

Titre : Capitaine Albator – Dimension voyage – Tome 5

Scénariste : Leiji Matsumoto
Dessinateur : Kouiti Shimaboshi

Édition : Kana Shônen (2017)
Édition Originale : Captain Harlock – Jagen Kôkai, book 5 (2016)

Résumé :
Albator arrive sur Vénus, la base de première ligne des Sylvidres, où il va devoir affronter la reine Sylvidra !

Pendant ce temps, Tadashi Daiba, qui s’est rendu sur Terre pour percer le mystère des Sylvidres, va se retrouver face à un arbre géant qui semble exister depuis la nuit des temps…

Critique :
Les Hommes viennent de Mars et les Sylvidres de Vénus…

Le face-à-face entre Jojibel, la reine des Sylvidres et Albator est repli d’action, de tension, de suspense et de mystère.

Que veut-elle dire par « les graines que nous avons semées » ? Est-ce que ça signifie ce que je crois ?

Si oui, que les amateurs de la théorie du créationnisme passent leur chemin car la théorie émise par ce cinquième tome ne va pas leur plaire.

Ce qui suit ne devrait pas plaire aux Humains non plus puisque Tadashi Daiba découvre que les Sylvidres avaient mis leurs pieds sur Terre bien avant l’Homme. Mais alors, elles ne sont pas les envahisseuses, si elles étaient là avant nous ??

Si le tome 4 avait des airs foutraque, le tome 5 est bien agencé et apporte des réponses sous forme de théories même si on a l’impression de ne pas avoir beaucoup avancé depuis le premier tome, malgré tout, ça bouge doucement.

Le graphisme est toujours excellent, l’Albator du manga étant plus stylisé que l’Albator de la série animée.

Un tome 5 bien meilleur que le précédent, moins foutraque, avec de l’action, des révélations et un cliffhanger pour nous donner encore plus envie de lire le suivant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°25].

Capitaine Albator Dimension Voyage – Tome 4 : Leiji Matsumoto et Kouiti Shimaboshi

Titre : Capitaine Albator Dimension Voyage – Tome 4

Scénariste : Leiji Matsumoto
Dessinateur : Kouiti Shimaboshi

Édition : Kana Shônen (2017)
Édition originale : Captain Harlock – Jagen Kôkai, book 4 (2016)

Résumé :
Afin d’en apprendre plus sur les mystérieuses Sylvidres, Daiba se rend sur Terre et va être confronté à une bien choquante révélation !

Pendant ce temps, la menace du gouvernement terrien se rapproche dangereusement de Mayu, la fille de Tochirô.

Quant à Albator, il met le cap sur Vénus où se trouve la base de première ligne des Sylvidres.

Critique :
Ce tome de transition fait intervenir bien des personnages qu’il n’est pas toujours aisé de différencier, vu que les visages sont similaires, tout en finesses dans les traits.

Alors que pour d’autres visages, ceux de la foule par exemple, c’est tout à l’opposé puisqu’ils sont ronds.

Tadashi Daiba, quant à lui, cherche à percer les secrets des Sylvidres et se rend compte qu’elles étaient déjà sur Terre depuis très longtemps.

La tension monte partout, autant sur Terre entre les entres humains et androïdes que dans l’espace entre les Sylvidres et Albator.

Les envahisseuses sont perturbées par ce qu’elles lisent dans les pensées des membres de l’équipage de l’Arcadia et Albator, lui, met le cap sur Vénus.

C’est assez confus, on part dans tous les sens et cette relecture m’a permis de me remettre les événements dans la mémoire avant d’entamer la lecture des tomes suivants.

Ce tome 4 n’est pas mon préféré car il donne un sentiment de confusion vu qu’il part dans plusieurs directions.

Par contre, il nous permet d’en apprendre plus sur les Sylvidres (sauf pour les fans de la série animée qui savent déjà de quelle matière elles sont faites) et sur d’autres personnages qui faisaient partie de l’univers d’Albator.

Je m’en vais relire le tome 5 avant de poursuivre la découverte des autres tomes que je n’avais pas encore acquis.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°23].

American Vampire Legacy – Tome 2 – Le réveil du monstre : Scott Snyder et Dustin Nguyen

Titre : American Vampire Legacy – Tome 2 – Le réveil du monstre

Scénariste : Scott Snyder
Dessinateur : Dustin Nguyen

Édition : Urban Comics Vertigo Classiques (2013)
Édition Originale : American Vampire, book 5 : Lord of Nightmares

Résumé :
1954. De retour aux États-Unis, Felicia Book tient la promesse qu’elle avait fait à son ami et coéquipier, l’agent McCogan, en élevant son fils Gus, alors délivré de la contamination vampirique.

C’était sans compter l’organisation des « Vassaux de Vénus » qui bientôt lui demande de se rendre d’urgence à Londres où leur coffre sécurisé et inviolé depuis 1888 a été ouvert.

Le plus dangereux vampire de tous les temps est de retour, prêt à reprendre le pouvoir sur son armée.

Critique :
Rien de tel que de revenir aux origines des vampires pour rendre un deuxième tome attractif.

Nous sommes en 1954 et les nazis vampires ne sont plus une menace depuis longtemps. N’espérez pas vous la couler douce, une menace encore plus grande arrive à grands pas.

Nous quittons provisoirement les États-Unis pour aller prendre l’air à Londres et à Paris.

Pas de virée shopping, faut juste cavaler, se prendre des coups, saigner et tenter de faire en sorte que le premier des carpatiques reste dans son sarcophage et ne monte pas sur son trône d’où il pourrait contrôler tous les vampires…

Changement de dessinateur, on passe dans des cases qui ressembles à des aquarelles délavées. Les tons délavés ou lumineux collaient bien aux ambiances et si le changement de dessins m’a un peu déstabilisée au départ, je m’y suis habituée assez vite.

Les créateurs de la série American Vampire avaient eu la bonne idée de revisiter le mythe du vampire, notamment en dotant la souche américaine de pouvoirs que la souche carpatique ne possédait pas et en scindant les vampires en races. On a plus de choix.

Toujours de l’action, du sang, de la violence, des combats et une course-poursuite pour éviter que le roi des carpatiques (pas besoin de vous donner son nom, vous le connaissez) ne se réveille plus qu’il ne l’est déjà.

Si l’histoire ne révolutionne pas le genre, elle est tout de même un cran au-dessus du premier tome mais n’apporte pas les surprises de la série mère (American Vampire). On est dans du classique, même si la mise en scène est bien faite et qu’on ne s’embête pas une seule seconde.

Conventionnel mais bien foutu. Classique mais efficace. Ou quand le mythe rejoint les nouveautés pour donner quelque chose de punchy qui fait passer un excellent moment, même si des pages de plus auraient permis de ne pas finir se conclure si rapidement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°20].

Astérix – Tome 01 – Astérix le gaulois : René Goscinny et Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 01 – Astérix le gaulois

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1961)

Résumé :
Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains … Toute ? Non! Un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Dans un petit village d’ Armorique, Astérix va s’adonner à son sport favori: la Chasse. Pendant ce temps, les romains, tente de résoudre le mystère de la puissance des gaulois.

C’est ainsi que le légionnaire Caligula Minus est désigné volontaire pour se déguiser en gaulois, et découvre ainsi le secret de la puissance du village, la potion magique, qui donne une force surhumain à quiconque la boit.

Pour se débarrasser des Gaulois, le centurion Caius Bonus fait capturer le druide, pour apprendre le secret de la potion magique, et ainsi prendre par la même occasion la place de César.

Afin d’en apprendre plus sur ceux que l’on appelle « les irréductibles Gaulois », Ces derniers envoient Caligula Minus enquêter au sein du village d’Astérix…

Critique :
Comparé aux albums suivants, ce premier tome n’est guère brillant mais malgré tout, les ingrédients de la potion magique sont bien présents.

La marmite est sur le feu et il suffira ensuite à Goscinny d’ajouter un peu de sel, quelques fraises et de touiller le tout pour nous servir des merveilles d’humour et de jeux de mots.

Les dessins ne sont pas encore figés, nos personnages sont fort pointus et Obélix n’a qu’un petit rôle, même si on comprend déjà qu’il est le gourmand de l’histoire et le grognon parce qu’il n’a pas droit à de la potion magique.

— Je me sens un peu faible, Panoramix !…
— Non, Obélix !… Tu n’auras pas de potion magique ! Je t’ai dit mille fois que tu étais tombé dedans étant petit !

Pas encore de bagarres, de « Il est frais mon poisson », de « Non tu ne chanteras pas », de pirates à couler, de lancer de menhirs ou de jeu de mots délicieux. Par contre, quelques petites références à l’Histoire puisque si l’on chasse les Germains, ces derniers nous promettent que « Addentzion ! On refiendra »…

Le scénario est simple : on envoie un espion chez les Gaulois pour découvrir leur secret, on kidnappe ensuite le druide Panoramix, on le torture horriblement avec une plume qui chatouille la plante des pieds, Astérix vient lui prêter main-forte et à eux d’eux, ils coupent les cheveux des romains en quatre et jouent avec leurs pieds, le tout à leur barbe.

— Mais enfin, druide, ce n’est pas du jeu ! Nous te torturons depuis des heures et ça ne te fait rien !
— Si ! ça me fait passer le temps !

Les romains sont présentés comme des envahisseurs pas très intelligents, dont les centurions ne rêvent que d’être César à la place de César grâce à la potion magique. Ce qui donnera naissance à un joli jeu de mot de la part de César a sujet de ce qu’il faut lui rendre.

Veux-tu rendre à César ce qui m’appartient !?

Peu d’action, peu de jeux de mots, peu de personnages connus dans les Gaulois, comme nous en auront dans les albums suivants et quand nous les croisons, ça reste des petites interventions car ce premier tome met surtout en avant Astérix et Panoramix.

Pas le meilleur mais quand on sait ce qui va suivre, on en rit déjà !

American Vampire Legacy – Tome 01 – Sélection naturelle : Scott Snyder et Sean Murphy

Titre : American Vampire Legacy – Tome 01 – Sélection naturelle

Scénariste : Scott Snyder
Dessinateur : Sean Murphy

Édition : Urban Comics – Vertigo Classiques (04/2012)
Édition Originale : American Vampire, book 3 : Survival of the Fittest

Résumé :
En 1941, Cash McCoogan et Felicia Book, membres de l’organisation anti-vampires des « Vassaux de Vénus », bravent le danger et traversent les lignes ennemies dans une Roumanie occupée par les nazis, afin de trouver un remède contre le vampirisme découvert par un savant.

Mais le chercheur est entre les mains des prédateurs nocturnes ralliés au IIIe Reich…

Critique :
Les vampires, je les préfère en qualité A.O.C, c’est-à-dire que j’évite les ersatz de buveurs de sang.

Ce spin-off de la série « American Vampire » ne joue pas dans le jeu des gentils vampires buveurs de thé, mais dans ceux qui ont des canines qui rayent le plancher et qui boivent du sang à même votre gorge.

Les auteurs ont repris le mythe des vampires mais l’ont mis à leur sauce, intelligemment, qui plus est. Si vous voulez tout savoir, lisez la série mère, American Vampire.

Les Vassaux de Vénus sont des chasseurs de vampires et leur prochaine mission, s’ils l’acceptent, sera d’aller enquêter en Roumanie, au milieu des nazis pour tenter d’extrader un savant qui pense avoir trouvé un remède au vampirisme.

Je ne vous cacherai pas que je ne suis pas fan de certains dessins, surtout du visage de l’agent Cash McCoogan qui serait plus agréable à regarder sans les gribouillages noirs sur son visage.

Le scénario est de bonne facture, avec des agents infiltrés disparus et des nazis devenus vampires afin d’être la race supérieure sans contestation possible. Le premier qui discute sera sans doute mordu et servira de repas à ces atrophiés du cerveau mais super développés niveau canines.

On a de l’action et des cascades (à ne pas refaire chez vous), de la science, la Seconde Guerre Mondiale et un remède au vampirisme, le tout avec un côté ésotérique dans la recherche du savant sur les anciens vampires.

Pour le moment, ma préférence va à la série-mère, American Vampire, qui avait réussi l’équilibre parfait avec un vampire (Skinner Sweet) que l’on adorait tout en le craignant. Lui, il m’a profondément mordu !

Ici, c’est classique et rien ne ressort vraiment pour me donner un orgasme littéraire mais c’est de bonne facture et on aurait tort de s’en priver si on aime les vampires véritables, qui puent, qui sucent le sang, qui sont sans sentimentalisme aucun, sans émotions. Bref, du vampire 100% pur jus (ou pur sang).

Si en plus on a lu et apprécié American Vampire, ce spin-off est parfait pour passer une chouette soirée en compagnie de buveurs de sang, même si ceux-ci sont infréquentables, vu leur appartenance au nazisme.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°18].

Le Mois Américain arrive…

Charlie et la chocolaterie : Roald Dahl

Titre : Charlie et la chocolaterie

Auteur : Roald Dahl
Illustrations : Quentin Blake
Édition : Folio Junior (1967/1987/2000/2005/2016)
Édition Originale : Charlie and the Chocolate Factory (1964)
Traduction : Élisabeth Gaspar

Résumé :
Charlie est un petit garçon qui vit avec son papa et sa maman, mais aussi avec ses quatre grands-parents. Tout ce monde est entassé dans deux pièces seulement car la famille de Charlie est très pauvre.

Lorsque son papa perd son travail, la situation devient dramatique, ils meurent presque de faim.

Mais dans la ville où ils demeurent, il y a une mystérieuse chocolaterie : nul n’y entre ni n’en sort jamais. Son propriétaire, Mr Wonka, lance un grand concours : les cinq gagnants pourront visiter l’usine et gagner des sucreries pour toute leur vie.

Mais les enfants mal élevés doivent se méfier : ils seront punis par où ils auront péché.

Critique :
Pour ceux et celles qui aiment le chocolat et les bonbons, la chocolaterie de Willy Wonka est LE pays merveilleux, le pays joyeux des enfants heureux, des enfants gentils, oui c’est le paradis ♫

J’adore vous coller des ritournelles dans la tête pour toute la journée… C’est mon côté diabolique.

Charlie et la chocolaterie est un conte que vous pouvez lire aux plus petits, ça leur fera savoir qu’il existe des différences de classes sociales et que les sales mômes sont toujours punis.

C’est de la morale à deux balles, mais bizarrement, ça passe comme un carré de chocolat qui fond dans la bouche et ça vous laisse la même sensation : ça fait du bien.

Personne ne va nier que voir une sale gamine pourrie gâtée qui veut tout et qui obtient tout, être punie par ses désirs, ça ne donne pas un sourire géant. Oui, personne n’aime les sales gosses mal élevés, désobéissants, impolis, bavards, qui ne respectent rien… Hormis leurs propres parents qui leur trouveront toujours des excuses.

Après avoir passé un peu de temps avec notre Charlie, un enfant issu d’une famille pauvre, très pauvre, où les 4 grands-parents ne quittent jamais le lit (bonjour les escarres), il nous met en présence des 4 enfants qui viennent de gagner le ticket magique, le Golden Ticket : ce sont 4 enfants qui ne manquent de rien, qui ont le superflu et dont les parents leur passent les 4 volontés.

La dichotomie entre eux (riches et sales mômes) et Charlie (gentil gamin pauvre) est un vrai gouffre, l’auteur pousse la caricature à fond, sans nuancer les portraits des sales gosses de sorte que, vous avez envie de les noyer vous-même dans la rivière au chocolat.

Malheureusement, ils sont plus réalistes que Charlie que j’ai trouvé trop lisse, trop sage, trop gentil, trop « pas réaliste » pour son âge.

Mais en poussant ces différents portraits à fond, l’auteur peut tacler l’éducation des enfants qui partait déjà en couille dans ces années-là (et qui continue de plus belle), de ces parents qui pensent que tout laisser faire à un gosse, c’est lui montrer qu’on l’aime, ce qui est faux. L’aimer, c’est l’éduquer !

Roal Dahl vise aussi les parents qui à force de vouloir être potes avec leurs moutards, ne les éduquent plus et acceptent tous leurs caprices de petits Dieux, de peur de brimer ces pauvres choux ou juste pour avoir la paix.

Il ne faut pas trop se fixer sur cette fracture peu réaliste sinon on passera à côté de la magie de ce roman.

Moi qui ne connaissais pas du tout cet auteur (shame on me), je viens de le découvrir en force et ces 3 lectures furent rafraîchissantes, légères, amusantes, tout en ayant une morale.

PS : j’avais sélectionné ce roman jeunesse pour le Mois Anglais de Juin 2020. Pas de bol, l’auteur n’est pas anglais mais britannique (ça change tout) et en plus, en lisant la critique d’un Babéliote, il parlait de l’Amérique… Merde, sérieusement ? Après lui avoir posé la question, il me signala qu’on y parlait de « dollar ». C’était foutu pour le Mois Anglais alors ? Oui, totalement foutu, même si l’auteur ne nomme pas de pays, on y parle de dollar et je ne pense pas que ce soit la monnaie de l’Angleterre !

Burton & Swinburne – T01 – L’Étrange affaire de Spring Heeled Jack : Mark Hodder

Titre : Burton & Swinburne – T01 – L’Étrange affaire de Spring Heeled Jack

Auteur : Mark Hodder
Édition : Bragelonne Steampunk (2013)
Édition Originale : Burton & Swinburne, book 1: The Strange Affair of Spring Heeled Jack (2010)
Traduction :

Résumé :
Londres,1861

Sir Richard Francis Burton
Un grand explorateur et un érudit de talent. Sa réputation a été salie et sa carrière ruinée. Il est dans de sales draps.

Algernon Charles Swinburne
Un jeune poète prometteur et avide de sensations fortes, disciple du marquis de Sade. Le cognac causera sa perte. C’est le cadet de ses soucis.

Les deux hommes sont au cœur d’un empire déchiré par les conflits. D’extraordinaires machines envahissent un monde soumis à des lois des plus répressives. Tandis que certains défendent une société fondée sur le génie créateur, d’autres repoussent les limites de la conscience en ayant recours aux drogues, à la magie et à l’anarchie.

Lorsque des loups-garous terrorisent l’East End londonien et que des jeunes filles deviennent la proie d’une effroyable créature nommée Spring Heeled Jack, le duo n’a plus d’autre choix que d’agir. Au plus vite.

Tous deux se trouvent confrontés à l’un des événements les plus décisifs de cette époque. Mais la pire de leurs découvertes pourrait bien provoquer la fin du monde tel qu’ils le connaissent…

Quand une poignée d’hommes change l’Histoire, l’Histoire change tous les autres.

Critique :
Ça, c’est du steampunk digne de ce nom ! Moi qui me plaignais de ne pas avoir eu mon compte avec « Cuits à point », voilà que ce roman m’en offre à toutes les pages.

Des machines volantes, des fiacres à vapeur, des chevaux démesurés, un smog noir comme de la suie, des lévriers qui portent le courrier, des perroquets qui délivrent des messages vocaux (ils ajoutent aussi des insultes allant de bouffon à va enfiler une chèvre)…

Ce Londres n’est pas ordinaire car il est sous la coupe des Technologistes, des Libertins, des Débauchés et des Eugénistes.

Les Technologistes vous inventent des tas d’appareils aussi fous les uns que les autres (la chaise volante, des vélos vapeurs) et les Eugénistes jouent à science sans conscience en créant des monstruosités mi-animale, mi-homme ou en changeant la nature des animaux (les perroquets qui délivrent des messages). Je me contenterai du Chat Spoussière qui semble être une invention magnifique.

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La première partie du récit (et la troisième) est consacrée au récit de Sir Richard Francis Burton et de l’enquête complètement folle (et super dangereuse) qu’il va mener seul, traquant Spring Helled Jack, avant de s’adjoindre les services de Algernon Swinburne, disciple du marquis de Sade (fessez-le, il adore ça. Fouettez-lui les fesses et il sera aux anges) et totalement barré.

Les duos, ça marche ou ça foire et dans ce cas-ci, ça marche du tonnerre de dieu. D’ailleurs, j’ai regretté que l’on n’ait pas droit à plus de Swinburne car ce personnage est décalé, drôle, fou, déjanté.

Le grand inconnu observa Burton.
— Nom de nom ! vous revenez de la guerre ? Vous êtes tombé dans un escalier ?
— En effet, intervint Swinburne en croisant les jambes. Dans l’escalier d’un bordel.
— Dieu du ciel !
— Ils l’ont jeté dehors, poursuivit le poète. Ils ont prétendu qu’il avait des goûts trop exotiques.
— Ér… Érotiques ? bafouilla l’homme.
— Non. Exotiques. Je suis certain que vous connaissez la signification de ce mot.
Swinburne fit un bruit qui évoquait le sifflement d’une canne dans l’air.
— Euh… bien sûr. Bien sûr que je le connais.
Burton esquissa un sourire féroce. On aurait dit le diable en personne.
— Algy, espèce d’idiot ! souffla-t-il.
L’inconnu se racla la gorge une, deux puis trois fois avant de reprendre la parole.
— Éro… je veux dire exotique, hein ? Ça alors ! Ben, dites donc ! Taïaut !
— Connaissez-vous le Kama Sutra de Vatsyayana17 ? lui demanda Swinburne.
— Le… euh… Ka… Kama…
— C’est un ouvrage qui vous guide à travers l’art de faire l’amour. Ce monsieur vient d’en entreprendre la traduction à partir de l’original écrit en sanscrit.
— La… la… l’art de f…
L’homme déglutit avec un bruit de gorge.

Si Burton a tout d’un Bud Spencer pour la carrure et le maniement des poings, dans le rôle de Swinburne, je verrai bien le mignon Q de James Bond : Ben Whishaw, même si sa chevelure n’est pas rousse.

La deuxième partie du récit est de Spring Helled Jack et va apporter les éclairages nécessaires aux énigmes qui parsème la première partie.

Là, on va tout comprendre. Entrer dans les pensées de Spring Helled Jack, connaître le mobile de toutes ces agressions de jeunes filles, nous donnera de l’empathie pour ce personnage qui a sombré du côté super obscur de la Force.

Pas de manichéisme, tout le monde n’est pas tout blanc ou tout noir et nous avons une multitude de nuances dans les personnages.

N’oublions pas que la plupart des personnages de ce roman ne sont pas fictifs mais ont réellement existé (Burton, Swinburne, Oscar Wilde, John Hanning Speke, Laurence Oliphant, Richard Monckton Milnes, Isambard Kingdom Brunel, Florence Nightingale et Henry de La Poer Beresford), même si ce qui leur arrive dans ce roman est fictif.

Ce roman de steampunk fantastique et uchronique (ben oui, Victoria a régné sur l’Angleterre et n’est pas morte assassinée) est tout simplement DÉJANTÉ ! Tout en étant parfaitement maîtrisé, le scénario est bourré de rebondissements, de questionnements, de mystère, de suspense, d’aller et retour dans la ligne du temps et jamais on ne se perd.

La société victorienne qui ne l’est pas (Victoria est morte jeune, assassinée à la JFK, suivez nom d’une pipe) est décrite dans ses moindres recoins. Mention spéciale à la fumée noire qui salope tout et qu’on ne voudrait pas respirer…

Nous avons beau être à l’ère des machines à vapeur, des fauteuils volants, des loups-garous et des chats aspirateur, pour le reste, elle est telle que nous la connaissons avec son clivage entre les classes sociales, ses quartiers pauvres, son Whitechapel, ses coins mal famés, ses enfants qui bossent dur, ses pubs, les confrérie selon les métiers.

Oui, c’est un roman déjanté, fou, atypique mais tout est à sa place et si on se laisse entraîner dans ce monde de machines à vapeur, de loups-garous et autres trucs louches, je vous garantis que le plaisir littéraire sera au rendez-vous et que ces 504 pages seront vite dévorées sans que vous voyez le temps passer.

Chaque fois que nous sommes confrontés à un choix, ce qui arrive chaque minute de chaque jour, nous prenons une décision et nous en subissons les conséquences dans le futur. Mais que deviennent les choix que nous avons écartés ? Sont-ils comparables à des portes restées closes ? Mènent-ils à des avenirs parallèles ? Dans quelle mesure notre présent serait-il différent si nous pouvions, une fois seulement, revenir en arrière et ouvrir la porte A au lieu de la porte B ?
(Henry de La Poer Beresford)

— La société ne veut pas d’hommes en harmonie avec leur nature profonde, mais des citoyens modelés selon ses désirs. Des esclaves obéissants.

— Dieu du ciel ! cette affaire est vraiment trop étrange ! Que s’est-il passé dans le bois ?
— Il m’a raconté des choses sans queue ni tête. Il a dit que j’appartenais à l’époque victorienne.
— Qu’est-ce que cela signifie ?
— Je n’en ai pas la moindre idée, mais je suppose qu’il y a un lien avec le nom de notre défunte reine. Il a dit que si nous l’empêchions de faire ce qu’il à faire, tout resterait ainsi. Il a dit qu’il avait besoin de réparer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°291 et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°23]

Sacrées sorcières : Roald Dahl

Titre : Sacrées sorcières

Auteur : Roald Dahl
Édition : Folio Junior (1997/2011/2013/2016)
Édition Originale : The Witches
Traduction : Marie-Raymond Farré

Résumé :
Ce livre n’est pas un conte de fées, mais une histoire de vraies sorcières. Vous n’y trouverez ni stupides chapeaux noirs, ni balais volants.

La vérité est beaucoup plus épouvantable. Les vraies sorcières sont habillées de façon ordinaire. En fait, elles ressemblent à n’importe qui.

Il faut savoir qu’une sorcière peut très bien être votre voisine ou la meilleure amie de votre mère et si on ajoute à cela qu’elle passe son temps à dresser les plans les plus démoniaques pour attirer les enfants dans ses filets, il y a de quoi se méfier et vous comprenez pourquoi ce livre vous est indispensable !

Critique :
Une fois de plus, c’est à cause de La Grande Librairie que j’ai eu envie de découvrir cette lecture jeunesse, suite à la venue sur le plateau de Pénélope Bagieu qui présentait ce livre qu’elle avait mis en bande dessinée.

N’étant pas hermétique à la littérature jeunesse et apprenant que Roald Dahl était un maître dans ce domaine là, je me suis dis « pourquoi pas ».

Mais que j’ai eu raison ! Mille fois raison, même, de lire ce livre jeunesse bourré d’humour, de tendresse, d’aventure, d’action, de frisson et d’un style d’écriture qui donne envie de lire (même si chez moi, il n’a jamais trop fallu me pousser à lire mais plutôt me freiner).

Quelle riche idée que d’avoir ôté aux sorcières leurs balais, leurs chapeaux pointus et leurs nez crochus et d’en avoir fait des gens comme vous et moi, presque… Presque ?

Oui, ici, les sorcières n’ont rien à voir avec la sympathique Hermione Granger, même si, de prime abord, on ne les distingue pas. Ne vous inquiétez pas, mamy va vous expliquer comment on peut les reconnaître car ces furieuses femmes pourraient être votre voisine, votre cheffe de bureau, la représentante qui sonne à votre porte.

Le jeune héros, sans nom, commence mal dans la vie puisqu’il perd ses parents et part vivre chez sa grand-mère en Norvège, avant de revenir en Angleterre pour les vacances.

Les moments de complicité entre la grand-mère et l’enfant sont très touchants et notre jeune ami est un garçon débrouillard, bien dans sa tête, intrépide et avec une bonne dose d’intelligence et de maturité.

Sous le couvert de son aventure, l’auteur aborde des sujets assez tabous face à des enfants : la mort et les parents indignes. Sans oublier le fait qu’il ne faut pas faire confiance aux adultes que l’on ne connait pas.

Le tout est jubilatoire ! Ça se lit vite, trop vite et une fois la dernière page tournée, on se retrouve orphelin(ne) des personnages alors qu’on aurait adoré continuer à vivre des aventures avec eux.

Une très belle découverte, comme quoi, malgré les tonnes de livres lus, on a la certitude qu’il nous en reste encore des tonnes d’autres généralissimes à lire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°255, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°15] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Chez les Gauchos : Hugo Backhouse

Titre : Chez les Gauchos

Auteur : Hugo Backhouse
Édition : Marabout Junior (1954)
Édition Originale : Among the Gauchos (1950)
Traduction : Henry Daussy

Résumé :
L’existence aventureuse libre des « cow-boys » de la Pampa, vécue par un jeune homme de 18 ans.

Sur son cheval, dont l’étendue dépend pas, le Gaucho est le type même de l’homme libre, le symbole vivant de « l’aventure » dans le plein sens du mot.
De sa vigilance dépend le sort des milliers de têtes de bétail. À lui de les protéger contre la sécheresse qui tarit mares et abreuvoirs, contre l’incendie qui ravage le pacage, contre les voleurs de bestiaux et les condors.

À l’âge de 18 ans, Hugo Boackhouse quitte son Angleterre natale est difficile de se faire Gaucho. Il apprend à monter, adresser le cheval sauvage et à manier le lasso. Mais quelle initiation !

Peu à peu, il conquiert ses grades, bravant chaque jour la mort, échappant aux cornes des taureaux et aux sabots des chevaux.

Trois instruments tiennent une place importante dans sa vie : sa guitare, son lasso et son couteau. Ne s’en sépare jamais.

Le voici enfin un véritable Gaucho, un de ces hommes courageux qui ne cherchent ni ne provoquent l’aventure mais qui la vivent.

Critique :
Voilà une belle manière de faire le saut entre le Mois Espagnol/Sud-Américain et le Mois Anglais !

Un roman parlant de la vie des gauchos argentins, écrit par un Anglais. Si ça c’est pas de la chance d’avoir mis la main sur ce vieux roman, dans une brocante.

Après ♫ Englishman in New York ♪ voici venu « Englishman in Pampa ». Le voyage d’un anglais qui, à 18 ans, à quitté sa province, bien décidé à empoigner la vie…

Chez les gauchos, on chevauche toute la journée, du matin au soir, même la nuit s’il le faut, pour récupérer des bêtes égarées, ou les rassembler pour les tondre, pour l’hiver, pour les vendre…

La vie y est rude, dure, autant pour les hommes que pour les bêtes et les chevaux doivent être les plus robustes possibles, les plus rapides, les plus endurants. Mon royaume pour un Criollo !

Ce roman est assez dense, malgré ces 157 pages et les petites histoires se succèdent, un peu à la manière de nouvelles, puisque l’auteur nous raconte ses souvenirs, ses aventures, des anecdotes, sur lui, sur sa vie de gaucho, sur ses collègues, sur son métier de régisseur, sur les animaux qui peuplent la pampa…

Difficile de s’ennuyer avec une vie pareille ! Difficile de s’ennuyer aussi dans un tel récit d’aventure, de chevauchées fantastiques et de chutes où les cavaliers, véritables hommes de cheval, retombent toujours sur leurs pieds (moi pas).

Ce ne sera pas le roman de l’année, mais il était dépaysant, bourré d’aventures, de chevaux, d’hommes fiers, maniant le couteau pour défendre leur honneur, sautant à cheval comme des Indiens, maniant le lasso comme des cow-boys, arpentant la pampa désertique ou s’enfonçant des des forêts peuplées d’arbustes piquants.

Une vie de fou, une vie qui ne fait pas de cadeau, mais un bel apprentissage de la vie, de l’amitié, du travail au grand air. Et des tas d’histoires à raconter au coin du feu, une fois de retour en Angleterre !

Un roman d’aventure avec un grand A. Ma foi, c’est déjà pas mal.

Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9), le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture N°20 – Fin] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°09].

Jungle : Miguel Bonnefoy

Titre : Jungle

Auteur : Miguel Bonnefoy
Édition : Paulsen (2016) / Rivages Poche (2017)

Résumé :
Prenez un jeune écrivain couvert de louanges, couronné de nombreux prix littéraires.

Plongez-le sans autre préparation au milieu de la jungle vénézuélienne. II devra parcourir la montagne (Auyantepuy), escalader des crêtes, s’enfoncer dans la mousse, traverser des torrents, ouvrir des sentiers à la machette…

Et s’élancer dans le Salto Angel, un rappel vertigineux de neuf cent cinquante mètres, dans le fracas de la plus haute cascade du monde.

Laissez frémir quatorze jours, et faites revenir.

Vous obtiendrez Jungle, un texte joliment ciselé par le vent, perlé par les marécages, le récit d’un jeune homme qui s’abandonne à la nature et confirme son talent pour la littérature.

Critique :
Je ne sais pas ce que j’ai ces derniers temps mais j’en suis à ma 3ème déception lecture ! L’une à la suite de l’autre…

Pourtant, ce roman parlant d’un trek de 15 jours dans la jungle vénézuélienne, au milieu d’une flore et d’une faune méconnue par nous, avec grimpette de la montagne Auyantepuy et la redescente en rappel par la gorge du Diable, la où se situe la cascade la plus haute du monde, le Kerepakupai Venà, avait tout pour me plaire.

Une fois de plus, je suis restée quasi de marbre devant les mots de l’écrivain, lisant sans lire, n’arrivant pas à me projeter dans cette jungle.

Sans doute que, comme l’auteur, j’ai compris que la littérature n’arriverait jamais à retranscrire avec les mots juste la beauté de la Nature. L’auteur ne me contredira pas, lui qui s’est renseigné dans les livres sur son périple et qui a avoué ensuite que toutes les pages de bibliothèque ne pouvaient rien devant l’architecture d’une fleur.

Avant le départ, je lus tout ce que je trouvais sur le sujet. Du vieux manuscrit jusqu’au traité de biodiversité, je m’enfermai dans des bibliothèques et des librairies, je rencontrai des archéologues et des géographes, des journalistes spécialisés dans les exploitations minières et des poètes de Ciudad Guayana. J’abattis le travail de plusieurs hommes pour dresser une monographie régionale de la Gran Sabana. Je dois confesser ici que, lorsque je posai le premier pied dans la jungle, je compris que mon effort avait été vain. Toutes les pages des bibliothèques ne peuvent rien devant l’architecture d’une fleur.

Et bien, j’ai dû souffrir du même syndrome aussi car mon petit coeur de lectrice n’a pas vibré dans cette nature luxuriante, dans ces chemins escarpés, ne s’est pas décroché lors de la descente en rapper de la cascade la plus haute du monde.

Là, il est plus que temps que j’aille voir un médecin, je dois souffrir d’un virus de lectrice blasée ou alors, le roman et moi n’étions pas fait pour nous rencontrer.

Le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 08].