Indian creek – Un hiver au coeur des Rocheuses : Pete Fromm

Titre : Indian Creek – Un hiver au coeur des Rocheuses 

Auteur : Pete Fromm
Éditions : Gallmeister Nature writing (2016) / Gallmeister Totem (2010/2017)
Édition Originale : Indian Creek Chronicles (1993)
Traduction : Denis Lagae-Devoldère

Résumé :
Pete Fromm s’apprête à vivre un long hiver, seul, au coeur des montagnes Rocheuses. L’auteur livre dans ce récit son témoignage, véritable hymne aux grands espaces sauvages de l’Idaho.

« Indian Creek » est un captivant récit d’aventures et d’apprentissage, un Walden des temps modernes. Ce classique contemporain a établi Pete Fromm comme une des grandes voix de l’Ouest.

Critique :
Quelle idée folle a eu le jeune Pete Fromm, étudiant, d’aller passer 7 mois dans les montagnes Rocheuses, durant l’hiver, pour surveiller des œufs de saumons ?

Faut oser ! Ou alors, faut être un peu fou sur les bords car même si Pete avait fait du camping et lu des récits de trappeurs ou autres aventuriers, ça ne fait pas de vous un homme des bois.

N’écoutant que sa folie et son envie de passer 7 mois en solitaire, notre jeune homme va plaquer ses études à l’université de Missoula et partir, totalement à l’aventure et découvrir petit à petit la dure vie dans les montagnes Rocheuses.

Nous sommes en 1978, dans cette partie de l’Idaho, le mercure peut descendre à -40° et la neige recouvre tout… Niveau confinement, ça pose son homme ! Surtout qu’il n’y a pas de supermarché dans le coin et que les provisions apportées devront être complétées avec autre chose, comme le produit de la chasse…

C’est un fameux récit initiatique que Pete Fromm nous raconte. Ici, la Nature est sauvage, rude, ne fait pas de cadeau et si vous n’avez pas coupé assez de bois ou bien mis à l’abri vos provisions, la Mort vous attend à l’entrée de votre tente.

Vous êtes seul, juste avec un chien et des œufs de saumons à surveiller une fois par jour, afin que la glace soit brisée là où ils grandissent. Non, vous n’avez pas emporté des masses de livres, juste quelques uns, des récits de trappeurs, de chasseurs…

La Nature est grandiose, j’ai vibré avec l’auteur qui, finalement, ne sera pas toujours aussi seul qu’il le voudrait… C’est toujours pareil, lorsque vous être tranquilles, vous râlez quand un chasseur ou autre vient vous rendre visite, mais si vous vous cassiez la jambe, vous aimeriez que tout le staff déboule chez vous !

Bon sang, nous, on se casse la gueule en glissant sur un bête rocher et on fini à l’hosto et notre Pete, lui, il affronte des tas de dangers, la Nature Sauvage, manque plusieurs fois de passer par le petit trou de la serrure et, chance de pendu/cocu, il ne se cassera rien alors qu’il était dans un milieu extrême, à des températures extrêmes, loin de toute civilisation, là où les mecs du 112 ne pourrait même pas te retrouver si tu les appelais avec ton smartphone hyper connecté !

J’ai dévoré le récit de Pete Fromm, j’ai dégusté ses descriptions de la Nature sous la neige, ses angoisses, ses questionnements, son amour pour la solitude, pour cette Nature sauvage. Comme nous durant le confinement, il a rêvé d’aller faire un tour en ville, de revoir du monde et, quand il a pu y aller, il était tout content de rentrer dans sa tente perdue au milieu de tout. Comme nous, comme moi…

Ce récit, c’est magnifique, grandiose, superbe. Son histoire nous fait vibrer, en entre en osmose avec l’auteur, on imagine ce qu’il a vécu même si avec le soleil qui brille dehors, on ressent moins la morsure du vent glacial.

Ce roman, c’est aussi une ode à la Nature, cette Nature merveilleuse que l’Homme fout en l’air. Pete Fromm se désole aussi du tourisme de masse qui pollue les endroits les plus reculés. Ce qu’il a vécu, il l’a fait avec innocence et la folie de sa jeunesse, mais il l’a vécu dans ses tripes, ce que les suivants ne feront pas.

La solitude dans la Nature et dans le froid, ça a du bon… Même si tu dois dégeler tes pancakes sous tes aisselles…

PS : et pour une saucisse, on la met où pour la dégeler ???

Le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 10 – Général « tête jaune » : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 10 – Général « tête jaune »

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1971)

Résumé :
Malgré la promesse de Blueberry faite à Sitting Bull, le général Allister dit « Tête Jaune » compte bel et bien mener campagne contre les Sioux et les Cheyennes dans l’hiver des Collines Noires.

Publié en 1971, c’est le dernier du cycle du cheval de fer (quatre tomes)

Critique :
Higway to hell…

En référence à la chanson de AC/DC et au « GO TO HELL ! » expédié par le général Allister à Blueberry qui lui répondra, avec cynisme : « Nous y sommes déjà, sir ».

S’ils n’étaient pas sur une autoroute (anachronisme) c’était vraiment le chemin pour l’enfer que le 7ème de cavalerie a emprunté.

Cet album, je déteste le relire. Attention, n’allez pas croire que Charlier ait loupé son scénario, que du contraire, il est très bon, c’est juste que cet album est terrible…

Dans le tome précédent, Blueberry avait obtenu un armistice avec les Sioux, donnant sa parole (et le général Dodge aussi) pour que de vraies négociations aient lieu, promettant que les camps d’hiver ne seraient pas attaqué par les Longs-Couteaux alors que les guerriers étaient à la chasse.

Le général Allister, mourant d’envie de s’illustrer quelque part et n’ayant pas eu l’occasion durant la guerre de Sécession, décide d’aller « casser du sioux » afin repousser définitivement la menace.

Blueberry est enrôlé de force et forcé d’assister à la chronique d’un massacre annoncé, des deux côtés.

Steelfingers avait décroché la palme du méchant le plus machiavélique, sadique du la saga, mais Allister décrochera celle du plus entêté, du plus menteur, du plus enragé, de la plus mauvaise fois et de celui qui manque, finalement, de cou…rage (restons polie).

Le général Allister, qui a un peu des airs de Custer, on aurait envie de lui faire subir le supplice des fourmis rouges, de le pendre, de l’écarteler, de le guillotiner, de le brûler, de le découper en morceaux et de les jeter aux quatre vents après l’avoir fait piétiner par un troupeau de bisons en furie.

Ce général de MesDeux rêve d’honneur mais s’attaque, en traître, à un camp rempli de femmes, d’enfants, de vieillards et de quelques guerriers. Facile… Mais les Indiens sont cent fois plus brillants que lui.

Allister est un salopard qui n’hésite pas à sacrifier ses propres soldats, sans leur dire, bien entendu, leur demandant de tenir la passe et en ne respectant pas sa parole de venir les secourir. Un salopard, je me tue à vous le dire !

Et je râlerai toujours car, à la fin de l’album, il n’est même pas puni, pas de justice pour lui et ce fils de sa mère n’a même pas de conscience, pas de cœur non plus et encore moins de cou… rage (restons polie, restons polie, c’est un sans couilles).

Les dessins illustrent bien les combats, la difficulté de chevaucher dans la neige, les paysages magnifiques des Black Hills qui nous entourent et que nous ne savourons pas tant le récit est haletant, bourré de suspense, de violences, de combats, des ruses de Blueberry pour tenter de sauver le régiment qui, sans lui, aurait péri en entier.

Cet album est glaçant jusqu’à la moelle car ce genre d’individu a existé. Non pas Allister en tant que tel, mais des militaires comme lui, entêté jusqu’au boutisme, prêt à faire mourir tout le monde pour s’en sortir lui, prêt à entraîner son régiment dans sa folie, à la poursuite de ses chimères, tel un capitaine Achab pourchassant Moby Dick sans aucun discernement et n’écoutant pas la voix de la raison qui est celle de Blueberry.

Un tel personnage est intemporel et tous les pays peuvent se targuer d’en avoir eu un à la tête d’un groupe armé, tuant des gens désarmés.

Une fois de plus, encore un album relevé pour le duo Charlier/Giraud, les deux maestros aux commandes de cette série qui ne vieillit pas, qui est intemporelle, elle aussi, car les sujets traités sont toujours d’actualité : génocides, guerres, spoliations, racisme, magouilles, gaspillage des ressources naturelles, recherche du pouvoir, recherche des honneurs à n’importe quel prix, mensonges, traîtrises et j’en oublie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°63] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blake et Mortimer – Tome 21 – Le Serment des Cinq Lords : Yves Sente & André Juillard

Titre : Blake et Mortimer – Tome 21 – Le Serment des Cinq Lords

Scénariste : Yves Sente
Dessinateur : André Juillard

Édition : Blake et Mortimer (01/11/2012)

Résumé :
Cette nouvelle aventure de Blake et Mortimer conduit nos deux héros à Oxford.

L’Ashmolean Museum et sa célèbre collection archéologique est le théâtre de vols inexpliqués auxquels sont liés une série de meurtres tout aussi mystérieux.

Tels les héros d’Agatha Christie, Blake et Mortimer mènent l’enquête.

Yves Sente et André Juillard nous offrent une aventure dans la plus pure tradition des romans policiers britanniques.

Critique :
Se glisser dans les pantoufles d’un autre n’est jamais aisé car on a beau copier son trait, reprendre ses personnages, les connaître sur le bout des doigts, on n’est jamais dans la tête du père (ou mère) littéraire.

Pourtant, même si j’ai déjà vu mieux dans les dessinateurs qui ont repris la mise en image de nos deux compères, au moins, le scénario n’est pas bâclé et l’enquête est tout ce qu’il y a de plus terre à terre, sans élément fantastique, de SF ni d’Olrik (enfin des vacances).

Une enquête que n’aurait pas renié la Reine du Crime tant les atmosphères présentes dans ces pages sentent celles de ses romans.

Blake et Mortimer n’utiliseront jamais de smartphones et leur environnement restera à jamais figé dans les années 50, avec un petit air vieillot qui leur va comme un gant car c’est leur identité propre.

L’enquête est remplie de mystère car le lecteur a du mal à voir le rapport entre le vol de la valise d’un certain Thomas Edward Lawrence (en 1919) et les vols, 35 ans plus tard, à l’Ashmolean Museum, de pièces qui ne sont pas les plus rares, ni les plus chères.

Ajoutons une touche de mystère avec des silhouettes toutes vêtues de blanc, leur donnant des airs des fantômes, des lords qui meurent d’accidents qui n’en sont pas, un secret qu’ils sont les seuls à connaître et un Mortimer qui joue aux naïfs tandis qu’un Blake lui demande de se taire alors qu’il commençait à lui donnait un info importante.

Le scénariste nous sème des indices un peu partout, à nous de les prendre en compte ou pas, de les considérer comme importants ou comme étant de faux indices placés là pour faire accuser un autre…

J’avais capté assez vite qui était responsable des vols et il fallait être un anglais un peu trop confiant pour ne pas se rendre compte que cette personne jouait double jeu. Malgré tout, je n’avais pas tout trouvé et une partie des faits étaient inconnus de moi et sans l’intervention de Blake, je n’aurais jamais trouvé le pourquoi du comment.

Dans la neige froide et glacée, nos deux amis vont tenter de résoudre cette énigme et de trouver le ou les coupable(s) des crimes immondes, des vols bizarres et d’enfin savoir quel est ce foutu serment des 5 lords !

Sans révolutionner le polar, cette aventure se laisse lire avec plaisir, en prenant son temps pour regarder toutes les cases car malgré le fait que je sois moins fan de ce dessinateur (j’aimais mieux ceux de Ted Benoît), les décors foisonnent de détails et les paysages anglais, que ce soient ceux de la ville ou de la campagne, sont toujours un plaisir pour les yeux.

On ne révolutionne rien, mais dans les explications de Blake, à la fin, on se prend tout de même une douche froide avec un événement survenue durant sa jeunesse. La boucle est bouclée.

Un bon album qui est plus à réserver au nostalgiques de l’univers de Blake et Mortimer qui aiment lorsque l’action va à son aise, même si je soupçonne une injection d’EPO dans le dernier quart de l’aventure afin de clore cet album en 64 pages et non en 80…

Je ne l’avais jamais lu mais ce Mois Anglais était l’occasion idéale pour ressortir quelques albums de cette série et par la même occasion, d’en découvrir un jamais lu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°269 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Blake et Mortimer – Tome 13 – L’affaire Francis Blake : Jean Van Hamme, Ted Benoît et Edgar P. Jacobs

Titre : Blake et Mortimer – Tome 13 – L’affaire Francis Blake

Scénariste : Jean Van Hamme
Dessinateur : Ted Benoît

Édition : Blake et Mortimer (1996)

Résumé :
Francis Blake, le chef du MI5 est-il devenu un traître à sa patrie? Le fait est qu’un espion étranger a infiltré les Services Secrets britanniques. Blake démasqué, commence une véritable chasse à l’homme où le Capitaine est devenu l’ennemi public numéro 1.

Mortimer, de son côté ne peut admettre cette trahison, et tente de garder sa confiance envers son vieil ami.

Le savant se rend à un congrès en Écosse où il se rend compte une nouvelle fois qu’il ne fait pas se fier aux apparences…

Critique :
La première fois que j’avais vu la couverture de l’album, j’étais tombée des nues.

Quoi ? Francis Blake en train de boire un verre avec Olrik, le Grand Méchant qui revient toujours ?

Olrik, ce Joe Dalton (en version sérieuse) qui rate toujours son coup, lui qui aimerait devenir Calife à la place du Calife et qui pourrait clore chacune de ses aventures par un « Caramba, encore raté ! »… Et Blake qui boit avec…

Edgard P. Jacobs n’était déjà plus, mais d’autres ont pu reprendre sa série mythique et que l’on aime ou pas, certains albums de l’après ne sont pas si mal que ça, en voici la preuve.

Je marmonnais dans ma barbe que « La Marque Jaune » était truffée de lourdeur, de dialogues énormes et de Méchant qui explique tout, nous tartinant sa vie sur des phylactères et des phylactères ? Ici, ce n’est pas le cas.

Jean Van Hamme n’est pas un scénariste à la petite semaine, il est le père de Largo Winch, de XIII, de Lady S, de Thorgal, pour ne citer que les plus connus et son fils, Thomas, est plaisant à regarder (il présente des émissions sur la chaîne Belge de RTL).

Donc, mon cher compatriote, au lieu de s’enliser dans des parlotes inutiles, il fait avancer son récit à un bon rythme et évite le côté fantastique ou science-fiction pour nous offrir un mélange entre de l’espionnage et une enquête qui nous fera voyager dans l’Angleterre pour finir par sauter par-dessus le mur d’Adrien, avant de plonger d’une falaise.

Pourquoi toutes ces péripéties ? Mais enfin, vous ne le saviez pas ? On accuse le capitaine Francis Blake d’être un agent double ! Et il avoue sa forfaiture en s’enfuyant avec l’espion que le MI5 venait d’arrêter.

Cet Anglais, vraiment, oser tromper sa patrie, son pays, sa reine ! Un étranger, les Anglais auraient compris, mais pas un des leur. Tout fou le camp, ma bonne dame.

Les personnages sont conformes aux originaux, même si je n’ai pas pris la peine de relire tous les véritables albums pour corroborer les faits…

La preuve en est que lorsqu’on annonce à Blake que son copain Mortimer est mort, noyé, après avoir sauté dans la mer, à plus de 60 mètres de hauteur, notre Blake insulte Olrik d’un « Misérable », montrant par là toute sa flegme et son éducation anglaise, là où un autre aurait utilisé des « sale enculé de ta mère de fils de pute de ta race que je vais te niquer ».

Blake et Mortimer sont un peu coincés sur les bords, ce sont des gentlemans et même lorsqu’on tire vers des bandits qui veulent notre peau, on vise à côté pour ne pas les tuer… Dans les éditions anciennes, j’aurais compris, la censure était là, mais dans les années 90, elle sévissait toujours et ailleurs que chez Dupuis ?

Oui, j’aurais aimé un Francis Blake éructant des insultes aussi colorées que celles du capitaine Haddock, mais un bon anglais ne s’abaisse pas à si bas. Dommage, ça donnerait un peu plus de réalisme et d’épaisseur à nos deux hommes.

Une enquête qui ne manque pas de rythme, où l’on voyage beaucoup en Angleterre, Mortimer donnera même des coups de pédale, la présence d’une « cousine » de Blake qui n’a pas froid aux miches (pour une fois qu’on a un personnage féminin qui n’est pas une bonniche), des agents doubles, des traîtres, du suspense et un scénariste qui a joué aussi avec ses lecteurs, ajoutant du peps dans certaines scènes.

Pour se coucher moins bête au soir : Sur le dos de la première édition figurait le nom d’Edgard P. Jacob sans le « d’après » qui a été rajouté par la suite à la demande des héritiers qui craignaient une confusion des lecteurs qui auraient pu penser que c’était un inédit d’E.P. Jacobs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°256 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Les enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes – T01 – Les revenants de Whitechapel : George Mann

Titre : Les enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes – T01 – Les revenants de Whitechapel

Auteur : George Mann
Édition : Eclipse Fantastique (2011)
Édition Originale : The Affinity Bridge (2008)
Traduction : Pierre-Paul Durastanti

Résumé :
Bienvenue dans un Londres victorien, étrange et dangereux. Chaque jour, de nouvelles découvertes technologiques viennent améliorer la vie des Londoniens : des dirigeables sillonnent le ciel alors que des automates sont à leur service.

Mais sous le vernis du progrès se cachent de sombres événements.

Sir Maurice Newbury et sa charmante assistante Miss Veronica Hobbes doivent enquêter sur le crash d’un dirigeable et la disparition de son pilote automate, tout en investiguant sur les apparitions mystérieuses d’un policier fantôme à Whitechapel…

Critique :
Londres… Mais un Londres steampunk avec des dirigeables, des automates, des machines à vapeur et une bonne dose de fantastique avec des revenants (morts-vivants), un spectre de policier et des automates qui agissent bizarrement.

Le steampunk et moi, on n’est guère habitué ensemble mais ici, entre le roman et moi, ça a matché directement.

Je dirais même plus, ce roman aurait pu avoir lieu avec un Sherlock Holmes car il n’aurait pas dépareillé dans cette où son sens de la déduction et sa science du crime auraient fait mouche.

Sir Maurice Newbury, qui a une addiction au laudanum, travaille dans un musée comme anthropologue et il bénéficie de l’assistance de la charmante Miss Veronica Hobbes.

Mais ceci n’est qu’une couverture car en réalité, il est agent de sa Très Gracieuse Majesté Victoria, ou, pour faire plus court, un agent de la Couronne (et pas dentaire).

Notre duo est bien assorti, sympathique, n’ont pas froid aux yeux et s’y ajoute un inspecteur de Scotland Yard, Bainbridge, qui aurait mérité un peu plus de traitement car il se révélera un atout important dans l’enquête et je l’avais sous-estimé un peu, ce qui est dommageable car il n’a rien d’une cinquième roue du fiacre.

De l’action, du rythme, du suspense, du mystère, des revenants qui puent de la gueule et qui font plus de dégâts dans Whitechapel que ne le fit Jack The Ripper, un spectre de policier qui s’en prend à des habitants du coin et un accident de dirigeable, hautement suspect, puisque l’automate qui le conduisait a disparu.

Non, impossible de s’emmerder dans ce récit qui pulse et qui comporte des tas de petites affaires dans l’affaire, notamment quelques détails sur la vie privée de nos deux enquêteurs, sans que cela prenne le pas sur l’histoire ou ne la dénature. Ici, tout est important, tout se rattache ensemble.

Les descriptions de la ville de Londres sont très bien faites, sans longueurs excessives,  la séparation des classes aussi, les dialogues sont enlevés, pas neuneu et les actions des personnages sont fort visuelles, comme pour un scénario.

L’avantage, c’est que l’on visualise bien les cascades que notre pauvre Sir Maurice Newbury va devoir réaliser, déjà qu’il a encaissé quelques sales coups dans cette enquête.

Le côté prégnant des machines à vapeur, automates, dirigeables sont parfaitement bien intégrés aux décors, à la ville de Londres, à tel point qu’on les croirait réels, comme s’il était normal de circuler dans un fiacre à vapeur, sans besoin de chevaux pour le tirer.

Même la reine Victoria, dans un état jamais vu, passe très bien dans sa version steampunk.

Sans en faire trop, l’auteur incorpore quelques réflexions dans son récit, qui valent toujours pour notre époque, et se permet aussi de jouer avec ses lecteurs jusqu’au bout.

Voilà un roman policier steampunk comme j’aimerais en lire plus souvent car il est difficile à lâcher une fois que l’on a commencé sa lecture, les enquêtes sont complexes, différentes, les personnages intéressants, sympathiques.

Il est juste dommageable que les aventures suivantes n’aient pas été traduites en français car j’aurais bien aimé arpenter ce Londres steampunk avec Sir Maurice Newbury et  Miss Veronica Hobbes afin de voir ce que l’avenir allait leur réserver.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°250 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Basil et Victoria – Tome 1 – Sâti : Edith Grattery et Yann

Titre : Basil et Victoria – Tome 1 – Sâti

Scénariste : Yann
Dessinateur : Edith Grattery

Édition : Les Humanoïdes Associés (1990/2003)

Résumé :
Dans un Londres à la Dickens, deux orphelins dépenaillés maraudent à la recherche du bon coup qui va leur permettre de survivre un jour de plus.

Il y a tout d’abord Basil, qui chasse le rat en compagnie de son fidèle Cromwell. Rêveur patenté, c’est un grand amateur de pintes de bigorneaux.

Et puis il y a Victoria, grande raconteuse d’histoires qui jure qu’enfant, elle fut volée à la cour par un odieux gitan.

Si Basil et Victoria ont de multiples sujets de dispute, à commencer par les autres filles qui tournent dans le secteur, leur amitié les conduira surtout à vivre des aventures qui les mèneront jusqu’au bout du monde.

Critique :
Grâce au Mois Anglais, je fais des découvertes que jamais je n’aurais faites si je n’avais pas poussé mes recherches sur le thème « bédés se déroulant en Angleterre ».

Pourtant, j’ai failli refermer cet album après l’avoir ouvert, tant les dessins ne me plaisaient pas. Mais puisque le vin était tiré… Et puis, qui sait, je pouvais avoir une belle surprise.

Disons-le de suite, les coloris monochromes ne sont pas ma tasse de thé.

Tant qu’ils restaient dans les tons sépias, beiges, marrons, ça allait, mais nom de Zeus, lorsque l’on colorie plusieurs pages dans des tons sombres oscillant sur le bleu nuit, on ne voit plus grand-chose ! Idem pour un incendie avec des cases dans les tons rouges…

Dommage que les dessins et les coloris aient nuit à l’album car il y a du bon dans ce scénario qui n’est clairement pas pour les enfants !

Basil, le copain de Victoria, sans doute guère plus de 10 ans, a toujours un morceau de cigarette aux lèvres et ne le lâche jamais car il est présent à toutes les cases. Nos deux mômes, qui vivent dans les bas-fonds de Londres, sont en couple, divorcent souvent, se disputent et rien ne leur est épargné. Ou presque…

Si vous vouliez une visite des quartiers mal famés sous la reine Victoria, vous allez être servi ! Si vous chercher des personnages bien campés, vous en aurez et ne croyez pas que la petite Victoria soit une jeune fille frêle. Les culottes, c’est elle qui est les porte, n’a pas d’empathie, même pour son chien, qu’elle fera combattre contre une nuée de rats afin d’obtenir de l’argent pour sauver son grand frère de la pendaison…

Basil est le gentil du couple, celui qui a des émotions, celui qui veut sauver Sâti, la jeune Hindoue qui a disparu. Cela donnera même un grand moment entre Watson et Victoria, cette chasse à la gamine perdue.

Non, clairement, ce n’est pas pour les enfants ! On est dans une bande dessinée qui a tout d’un roman noir tant le côté social est présent, tant la misère des plus pauvres qui essaient de survivre comme ils peuvent, côtoie la richesse et la décadence des riches qui vont aux pendaisons comme on irait à un spectacle.

Le rythme est soutenu, les dialogues assez cru, mais ils font mouche et appellent un chat un chat.

Non seulement la bédé est une critique acide de la société victorienne, où, au moment de son jubilé, Victoria régnait sur un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais et où l’Angleterre, à son apogée, avait des milliers de gens qui crevaient de faim, de froid, de misère…

Mais en plus, les auteurs ne se privent pas non plus pour nous parler d’une tradition de la société Hindoue, pourtant interdite depuis plus d’un siècle, mais qui a toujours cours puisque la femme n’a aucun droit ou nous faire assister à une pendaison, à des combats entre chiens et rats…

Une découverte en demi-teinte : si j’ai aimé le scénario qui ne s’embarrasse pas du politiquement correct, si j’ai retrouvé dans ces pages ce que j’avais lu dans « Les bas-fonds de Londres » de Chesney, si j’ai aimé les personnages de deux gamins, si j’ai aimé le portrait cynique de la société victorienne, je n’ai pas aimé les dessins sous forme de crayonnés et j’ai détesté les coloriages monochromes.

Malgré tout, j’aimerais lire la suite des albums pour voir ce qui va arriver à nos deux gosses et au chien Cromwell qui est un très grand chasseur de rats.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°249, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°12] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Alix – Tome 33 – Britannia : Mathieu Bréda, Marc Jailloux et Jacques Martin

Titre : Alix – Tome 33 – Britannia

Scénariste : Mathieu Bréda
Dessinateur : Marc Jailloux

Édition : Casterman (14/05/2014)

Résumé :
Alix et Enak rejoignent le proconsul Jules César à Port Itius dans l’extrême nord de la Gaule, où ils découvrent un gigantesque camp militaire ainsi qu’une armada de bateaux armés, tout prêt à appareiller.

Sept légions et des centaines de navires s’apprêtent à traverser la Mare Britanicum (la Manche) pour débarquer en force sur l’île de Britannia toute proche.

César entend ainsi parachever ses succès militaires et sa campagne de pacification en Gaule en soumettant les peuples britons, qui, par solidarité entre « cousins » celtiques, continuent à apporter leur soutien aux chefs rebelles gaulois.

César tient à ce qu’Alix et Enak l’accompagnent. Ils auront pour compagnon Mancios, un jeune prince de Britannia dépossédé de ses terres par un puissant chef de guerre, et qui s’est offert de guider l’expédition des forces romaines dans l’île en échange d’un soutien pour reconquérir son trône perdu.

Mais il y a aussi parmi les alliés Britons du général romain un certain Viridoros, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’inspire guère confiance à Alix…

Critique :
Le Mois Anglais (Juin 2020) est toujours l’occasion pour découvrir de nouvelles choses ou pour revenir aux classiques.

Alix, je connais, je possède d’ailleurs une vingtaine d’albums de son père littéraire, Jacques Martin.

Après, j’ai arrêté et je suis passée à autre chose car je trouvais le personnage d’Alix trop lisse, trop gentil garçon et ce qui faisait mon plaisir de lecture lorsque j’étais jeune, passait moins bien une fois que j’eu passé les 30 ans.

Mon préféré a toujours été Enak qui, dans cet album, est en retrait et c’est bien dommage qu’on lui ai donné un aussi petit rôle.

Le dessinateur Marc Jailloux a beau avoir copié la ligne claire de Jacques Martin, j’ai eu l’impression que certaines scènes étaient moins foisonnantes de détails par rapport à l’oeuvre originale, comme s’il avait fait l’impasse sur les décors.

Le scénario est conventionnel : un prince dont on a assassiné toute la famille afin de ravir son trône, revient avec César et les légions romaines pour récupérer son trône.

Attends, stop… César qui vient aider un breton à récupérer sa couronne ? Je rêve ?C’est le César d’Astérix ? Sorry, mais on ne me la fait pas à moi. L’occasion fait la larron, oui ! Alix, réveille-toi s’il te plait.

C’est le problème avec les personnages trop lisses et trop gentils, c’est qu’ils ne voient jamais la couille dans le potage.

Aucune nation ne vient aider une autre gratuitement, mon petit Alixounet. Sois moins niais aussi. César est un despote, un tyran, un dictateur, un mec assoiffé de conquêtes et pour lui, des prisonniers, c’est de la marchandise, pas des êtres humains.

Alix est un gentil, que voulez-vous… Moi, méfiante, j’avais repéré d’avance le vilain pas beau de votre expédition (c’était difficile de le rater), compris que César devait avoir une autre idée derrière la tête et senti le piège se refermer. Alix, j’aurais dû être à tes côtés, par Bélénos ! Ou par Jupiter… Non, pas Jupiter (mdr).

Moins drôle que l’excursion d’Astérix chez les Bretons, l’épopée d’Alix et des légions de César chez les Britons (oui, avec un « i ») pourrait tourner à la Bérézina ou pire, en Waterloo, car si les romains sont de vrais guerriers et qu’en face, ils n’ont pas de magique potion, ce sont aussi des combattants redoutables. Ne jamais sous-estimer l’ennemi sous prétexte que pour vous ce sont des sauvages, des barbares.

Usant de quelques ficelles facilitant la résolution de ce bourbier Breton, le scénariste aurait dû avoir plus de pages afin de pousser un peu plus son histoire, lui donner plus de coffre, plus de profondeur et éviter les ellipses finales. Là, tout semble précipité sur la fin.

Analysé à froid, cet album n’est pas non plus une catastrophe, malgré ses défauts, car il résume bien tous les problèmes auxquels les grands con-quérants durent faire face en allant poser le pied chez les autres, afin de leur ravir deux trois bricoles : logistique qui ne suit pas, météo de merde, trahisons, sentiment de perdre pied malgré toute son armée, vision réduite à la réussite.

Hélas, il manquait de goût, d’épices, de profondeur et en plus, on devine trop facilement les traîtrises et tout se déroule un peu trop rapidement sur la fin. Bon, si on connait l’Histoire ou si on demande à Wiki en quelle année Rome pris la Bretagne, on aura de suite la fin de l’album.

Allez, pleure pas Alix, je suis sévère avec toi mais tu le mérites à être si niaiseux ! Faudra que je voie ce que tu es devenu en Senator, tiens…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°248 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

 

 

Les chroniques de St Mary’s – Tome 2 – D’écho en échos : Jodi Taylor

Titre : Les chroniques de St Mary’s – Tome 2 – D’écho en échos

Auteur : Jodi Taylor
Édition : HC (22/10/2018)
Édition V.O : The Chronicles of St Mary’s, book 02 : A Symphony of Echoes (2013)
Traduction : Cindy Colin Kapen

Résumé :
Les visites dans le passé reprennent à l’institut de recherche historique de St Mary. Maxwell et ses excentriques confrères historiens partent pour de nouvelles aventures à travers le temps.

Promue directrice du département d’Histoire, Maxwell va contrer, à l’aide de son équipe, les plans de leurs ennemis qu’ils croyaient neutralisés. C’est l’Histoire tout entière qui est menacée par ces fantômes du passé.

Au bord du burn out, l’historienne utilise ses dernières forces pour maintenir l’équilibre dans l’Histoire et dans sa vie privée.

Non sans rudesse, elle doit faire face à l’attaque de Jack l’Éventreur, à un St Mary du futur quelque peu différent, un séjour improvisé à Ninive, ou encore à la mort étrange d’Élisabeth Ière d’Angleterre.

Critique :
Ouiiiii, moi aussi si j’étais une Historienne de St Mary et que c’était mon dernier saut, j’aurais choisi Londres en 1888, Whitechapel, sur les traces de Jack…

Ok, j’aurais sans doute laissé des traces de freinage dans ma culotte lorsque j’aurais eu le tueur à mes basques…

Cours, Maxwell, cours !

Les voyages dans le temps, c’est dangereux, quand on y pense bien… On peut même revenir avec des saloperies de l’époque que l’on vient de quitter avec précipitation…

Les chroniques de St Mary’s, c’est frais, c’est déjanté, bourré de petites touches d’humour, de sexe, d’aventures folles, de voyages dans le temps, de paradoxes temporels et de courses à pied, poursuivis par tout ce que peut compter l’Histoire comme prédateurs, soldats, assassins, guerriers, vélociraptor…

J’ai posé mon manchon sur la console, lissé mes vêtements et tapoté mes cheveux pour les remettre en place. Les historiens ne rentrent jamais débraillés. Parfois ils rentrent morts, mais même dans ces cas- là, nous faisons toujours en sorte d’ être présentables.

Maxwell (Max) est une historienne et, pour une fois, on est face à un personnage féminin qui n’est pas voluptueuse mais qui a de la cellulite, des capitons, quelques kilos en trop… Ajoutons un caractère bien trempé, c’est une tête brûlée et si vous tenez à votre bagnole, vaut mieux pas la chercher sur un domaine horizontal.

Lorsque l’on voyage dans le temps, il faut éviter de créer des paradoxes temporels, c’est bien connu. En voulant rétablir une situation qui part en couilles, vous pourriez faire pire que mieux…

C’est un peu ce qu’il s’est passé dans ce roman : un paradoxe s’est créé et une fois de plus, je vais devoir faire le grand écart entre mon ressenti de lecture et le roman en lui-même. Ça va encore me donner des crampes pour la notation, ce grand écart…

Si j’ai aimé ma lecture ? Bien sûr ! J’adore Max, ses compagnons de voyage, les personnel de St Mary, la manière d’écrire de l’auteur, parsemant son récit de petites notes qui font sourire. C’était bien déjanté, les réparties étaient drôles, cinglantes et j’ai souri de nombreuse fois sans voir le temps passer.

Les voyages temporels sont toujours intéressants, bourrés de suspense et d’aventures folles mais… On a l’impression que tout le récit est un peu brouillon, foutraque, comme si on avait voulu développer plein de chouettes idées mais qu’on n’avait pas été jusqu’au bout des choses.

Le voyage en 1888 au temps de Jack ? Génial, mais trop vite terminé et sans vraiment rien apprendre sur l’époque. De plus, pour l’identité du tueur, pas sûr que ce soit bien ça…

Mais bon, l’épisode Jack n’était sans doute là que pour propulser le lecteur directement dans la marmite d’adrénaline avec les morceaux de suspense flottant dedans, de lui faire peur et d’envoyer plein de personnages du roman à l’infirmerie.

Les voyages entre le St Mary de maintenant et celui du futur ? Une idée intéressante mais qui laisse un goût de trop peu car la résolution arrive de manière un peu abrupte. Les congés de Max et de son boss ? On termine ça en eau de boudin car Max pète un câble pour pas grand-chose… Quand Max fâchée, elle toujours faire ainsi ?

Le voyage dans les jardins suspendus de Babylone qui sont en fait à Ninive ? Oui, très bon, mais ça donne l’impression qu’on meuble afin d’ajouter des pages au roman pour ne pas que les acheteurs fassent la gueule en découvrant un ouvrage guère épais.

Heureusement qu’on a le voyage chez Marie Stuart pour équilibrer le récit qui tanguait un peu dans tous les sens sans savoir si nous allions gîter à bâbord ou à tribord…

Les historiens sont des farfelus qui aiment prendre des risques, d’accord, mais si le récit ne partait dans autant de sens, on y retrouverait plus facilement nos jeunes et cela ne nous laisserait pas cette impression de nuit noire et obscure où on tâtonne pour savoir où tout cela va nous mener.

Comme j’adore l’humour de cette série, sa fraîcheur et son côté déjanté, je serai indulgente (je suis faible) avec le côté « je pars dans tous les sens » car moi aussi, parfois, dans mes longues journées, je pars dans tous les sens, je suis foutraque, bordélique et je me disperse !

Comptez sur moi pour continuer la saga car malgré mes bémols, j’adore ! Quand je vous disais que l’on avait créé un paradoxe.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°246 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Les aventures de Tintin – Tome 07 – L’île Noire : Hergé

Titre : Les aventures de Tintin – Tome 07 – L’Île Noire

Scénariste : Hergé
Dessinateur : Hergé

Édition : Casterman (1965)

Résumé :
En se promenant dans la campagne avec son chien Milou, Tintin est blessé par de mystérieux aviateurs tombés en panne.

Ses amis les détectives Dupond et Dupont lui rendent visite à l’hôpital et se renseignent sur l’avion suspect, qui s’est finalement écrasé à Eastdown, dans le Sussex en Angleterre.

Après leur départ, Tintin décide de retrouver lui-même la piste de ses agresseurs.

Critique :
La dernière fois que j’ai lu un Tintin, c’était il y a…. Trèèèès longtemps !

Autant où j’aimais ses aventures lorsque j’étais gosse, en grandissant, j’ai commencé à trouver Tintin trop lisse alors que ce n’est jamais arrivé avec le capitaine Haddock…

Loin de ma chronique les polémiques ou des scandales qui entourent certains des albums d’Hergé ou de sa personne, je les connais mais je ne vais pas brûler mes bédés pour autant.

Je ne le fais pas pour tous, mais ici, je vais séparer l’oeuvre de l’auteur.

Si j’ai ressorti de ma biblio cet album, c’est avant tout parce que je l’ai toujours bien aimé et qu’en plus, il se déroulait en très grande partie en Angleterre.

De plus, mes albums Tintin sont des madeleines de Proust qui me rappellent mon grand-père maternel, ce pauvre homme à qui je demandais sans cesse de me lire mes bédés (à 5 ans, je ne lisais pas encore !).

Malgré les années qui avaient passées, les souvenirs de cet album étaient toujours vivaces et en tournant les premières pages, des tas de détails me sont revenus en mémoire.

Enfant, je trouvais la couverture fascinante, pleine de mystères, de promesses d’aventures et sans aucun doute, de frissons (et pas que sous le kilt de Tintin, mais ça, c’est une pensée d’adulte), d’angoisses avec ce château entouré d’oiseaux et perché sur un promontoire rocheux.

Je la trouve toujours géniale, même si les angoisses seront inexistantes en tant qu’adulte.

L’humour est présent, mais de manière grossière avec des éclaboussures, des glissades, Milou qui adore le whisky Loch Lomond, l’os que Milou ramène tout le temps, les Dupont-Dupond et leurs conneries habituelles,…

Pas de quoi se rouler au sol mais à l’âge de 5 ans, ça devait me faire pisser de rire l’eau qui sort du tuyau et arrose le pompier. Entre nous, j’ai souri devant certains gags, preuve que j’ai gardé une âme d’enfant.

Verdict ? Si la magie n’est plus la même, cet album marche toujours et rempli son rôle d’envoyer le lecteur/trice dans une aventure folle, dans une enquête qui nous fera traverser la Manche pour aller chez nos voisins anglais, qui, miracle, parlent à Tintin en français !

Milou ajoute une touche d’humour bon enfant, nous avertit même des dangers de la consommation d’alcool et sur l’addiction à laquelle il mène, sans compter l’air débile que l’on a quand on a bu.

Les méchants ne sont pas très profonds, mais ils ont la tronche de l’emploi, comme la plupart des méchants dans les bédés de cette époque. De toute façon, le Bien triomphe toujours et notre vieil écossais nous l’avait bien dit…

Le monstre présent dans le château n’était pas Nessie, bien entendu, Hergé ayant détourné une partie de la légende pour l’adapter à son album. Mais si quelqu’un pouvait m’expliquer QUI a fait le bandage du bras de la bête, ça me ferait plaisir car ça reste un mystère.

Pourrait-on aussi dire aux malfrats de ne jamais laisser traîner une liste avec tous les noms et adresses des complices, aussi ? Purée, ça ne m’étonne pas qu’ils se soient laissé démanteler par le reporter belge, bêtes comme ils étaient !

Si cette aventure, dessinée en « ligne claire », ne révolutionne pas le monde, elle diverti tout de même celui ou celle qui la lira avec son regard d’enfant, mettant de côté les incohérences ou les facilités avec lesquelles Tintin résout toute cette sombre affaire.

Une lecture en mode *souvenirs, souvenirs*. On ne pourra jamais m’enlever cette partie merveilleuse de mon enfance, quoi qu’on dise sur l’auteur et quoi qu’il ait fait de « pas net ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°242, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°11] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Blake et Mortimer – Tome 06 – La Marque jaune : Edgar P. Jacobs

Titre : Blake et Mortimer – Tome 06 – La Marque jaune

Scénariste : Edgar P. Jacobs
Dessinateur : Edgar P. Jacobs

Édition : Lombard (1956) / Blake et Mortimer (1987)

Résumé :
Depuis quelques temps déjà, Londres ne baigne plus dans la sérénité. Pourquoi ?
La faute en revient à un homme,  » La marque Jaune » qui menace de plus en plus la sécurité des citoyens et nargue les forces de l’état en leur indiquant quel délit il projette de faire et à quel moment.

Nous nous retrouvons donc à une heure du matin, à Big Ben sous une pluie battante…

Là, des hommes sont en train de deviser et discuter à propos de ce mystérieux individu qui a prévenu qu’il volerait la couronne royale. Quand soudain ….
Plus de lumière, le garde surveillant l’entrée, évanoui… la couronne volée !

Qu’a t-il pu se passer ? Blake est immédiatement mis sur l’affaire et en informe son ami le professeur Mortimer. Il faut dire que ce dernier est bien placé pour émettre un avis tant l’intelligence de leur adversaire semble inouïe !

Critique :
Cela faisait des années que je n’avais plus relu un Blake et Mortimer… Il est un fait que, dans ma collection de bédés, ce sont des albums que je relis le moins souvent, contrairement à des Astérix, pour ne pas le citer.

Une fois en main, l’album pèse son poids et il n’est pas avare en pages puisqu’il est composé de 96 planches !

Les dessins « ligne claire », chère aussi à Hergé, font toujours des merveilles sur mes petits yeux, les détails sont foisonnants et les différents visages remarquablement exécutés.

Si les dessins d’Edgar P. Jacobs sont détaillés, il en va de même pour son scénario et ses bulles (phylactères), qu’elles soient de dialogues ou explicatives. Et c’est lourd, très lourd !

Dans un soucis de tout vouloir nous expliquer, l’auteur multiple les grands cadres avec des textes, ce qui pourraient faire fuir (ce qui fera fuir) les lecteurs peu habitués à ce genre de narration copieuse, à cette cuisine réalisée au beurre, à la crème, aux oeufs, au louchée de sucre…

C’est savoureux, ça ne laissera pas une dent creuse, on a de quoi s’occuper pour toute une longue soirée, alanguie sur sa terrasse et on aura encore des restes pour le petit-déj du lendemain, mais quand c’est trop lourd, et bien, c’est trop lourd ! (les philosophes ont du soucis à se faire, j’arrive avec mes grandes pensées profondes).

Mes souvenirs de cet album étaient pourtant bons… Si ma mémoire est une passoire, elle garde pourtant les émotions ou sensations ressenties de mes lectures passées et mon subconscient se réjouissait, tel un jeune chiot, de cette relecture.

Sans aucun souvenirs par contre du « coupable », je n’ai pas mis longtemps à le retrouver, sa perfidie se portant sur son visage et peu de temps après, un nom a réveillé le reste et je savais qui se cachait sous le masque de l’Ombre Jaune, ce génie du crime, ce Napoléon de la cambriole (et pas Edgard de la cambriole) qui est arrivé à barboter les bijoux de la couronne gardés dans la Tour de Londres ! Bon sang, mais c’est bien sûr !

Le capitaine Francis Blake de l’Intelligence Service et de son ami le professeur Philip Mortimer sont sur l’enquête car en plus d’avoir réalisé des cambriolages spectaculaires, d’avoir mis les gardes hors d’état de nuire, la Marque Jaune a enlevé quatre personnes et si on ne trouve pas le mobile, impossible de trouver le coupable.

Le récit est dense, bourré de fantastique, de science-fiction et de bons sentiments anglais, comme nous les connaissons à travers la littérature qui fait la part belle à leurs travers, justement, dont l’un est de se considéré comme mieux élevés que les autres nations, plus calmes, plus mieux, plus anglais, quoi !

Autant où j’avais apprécié la lecture de l’album plus jeune, autant je suis plus critique en ayant pris de la bouteille car rien n’est plus frustrant et téléphoné que le Méchant qui explique tout à son prisonnier, donnant du temps aux autres pour intervenir ou au prisonnier pour renverser la situation.

On en arrive même à se dire que sans les explications du Méchant, une partie de l’enquête serait restée dans le flou.

Si le graphisme « ligne claire » de l’album est une oeuvre d’art, si les cases regorgent de détails et que les visages des personnages sont d’un beau réalisme, il y a, selon moi, trop de bla-bla, ce qui ralentit la lecture et la fait durer, durer, mais durer… Sans doute mieux qu’un gel de chez ©Durex pour retarder l’éjaculation… Désolée, mais à un moment donné, il faut quand même conclure !

Anybref, me revoici, une fois de plus, le cul entre deux chaises car, malgré les blas-blas et les tracas de nos deux compères, cette redécouverte s’est bien passée, j’ai eu de quoi nourrir mon cerveau de lettres et de phrases et si à un moment donné, j’aurais bien cravaché tout ce petit monde pour qu’il avance un peu plus vite, je me suis tue car avec cet album, on en avait pour son argent et pour des heures de lecture garantie.

Ça a sans doute mal vieilli, ce qui était la norme dans les années 50 ne l’est plus en 2020 (presque 70 ans, bigre !) et pourtant, la bédé garde tout son charme et est digne de faire partie de la biblio d’un bédéphile qui se respecte où tous les genres littéraires se côtoient.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°237 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Fresque murale que l’on peut admirer à Bruxelles