Lonesome – Tome 1 – La piste du prêcheur : Yves Swolfs

Titre : Lonesome – Tome 1 – La piste du prêcheur

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : Le Lombard (Janvier 2018)

Résumé :
Janvier 1861, quelque part au Kansas. Un cavalier, malgré le froid et la neige, s’approche d’une batisse où il sait qu’il pourra avoir à manger et se réchauffer.

Trois hommes l’ont vu arriver, ils prennent position pour mieux le surprendre.

Mais il les abat sans sourciller, il réussit néanmoins à soutirer au dernier, avant son dernier souffle, la direction qu’a prise le Précheur qui s’est rendu à Holton.

Critique :
UN NOUVEAU DURANGO !! me suis-je écriée en voyant la couverture sur une tête de gondole d’une grande enseigne.

Il devrait se couper les cheveux, il serait plus beau, mon Durango, me suis-je dis en plus, in petto.

Puis bardaf, l’embardée en lisant le titre : putain, c’est pas un Durango ! Pourtant, il lui ressemble comme deux gouttes d’eau.

Mince alors, un Canada Dry : ça a la couleur et le style de Durango, mais ce n’en est pas un. Et comme j’ai un gros faible pour les histoires et les dessins de Swolfs, ni une, ni deux, je le fourre sous mon bras. Le grand blond de Lonesome, pas l’auteur !

Verdict ? On sent que c’est du Swolfs, c’est son trait, ce sont ses paysages sous la neige (somptueux, rien à redire), ce sont ses têtes à lui et on reconnaît certains traits caractéristiques du dessinateur car des personnages ont des traits de familles avec ceux des autres séries.

Niveau scénario, on pourrait croire au départ que l’on ne s’écarte pas de l’habituel : un cavalier seul, taciturne, poursuit des salopards de tueurs sanguinaires dans la poudreuse, il sait se servir de ses armes, fait des cartons à faire pâlir de jalousie Lucky Luke (sauf que Luke ne tue pas les gens) et on apprend ensuite que les salopards de tueurs sont à la solde d’un riche homme de la ville voisine.

Oui mais, y’a pas que ça ! Ici, on atteint une profondeur dans la recherche scénaristique en ce sens que l’on va plus loin que les mercenaires à la solde du maire ou gros éleveur richissime du coin.

Plus haut, je dirais même, puisque les ramifications sont autrement plus malsaines et ne se limitent pas à la ville ou à la région.

Nous sommes à quelques années de la Guerre de Sécession, au moment où le Kansas et le Missouri sont mis à feu et à sang par des bandes de fanatiques qui sont soit pour l’abolitionnisme, soit pour l’esclavagisme (les Jayhawkers et les Border Ruffians) mais tous les deux pour le pillage et le boxon.

— Pour Marcus, le prêcheur est un dangereux illuminé appartenant à une ligue qui n’a rien de religieux, dont le but est d’attiser par tous les moyens la haine entre les populations du Kansas et du Missouri afin de provoquer des incidents assez sérieux pour déclencher une guerre ouverte sur la frontière.

Si vis pacem, para bellum… Si tu veux la paix, prépare la guerre, mais dans notre cas, on devrait plutôt dire « Si tu veux la guerre, prépare le bordel et les exactions et fait en sorte que l’on accuse le voisin ».

Parce que si la guerre ne nous rapporte rien, à nous, petites gens, elle rempli les poches des marchands d’armes, des banquiers et autres hyènes qui se repaissent sur les cadavres.

— Mon père nous racontait souvent sa guerre contre les mexicains, au Texas… Il en était revenu avec une jambe en moins et un goût immodéré pour la gnôle, monsieur Harper. Depuis, je me suis juré de ne jamais porter un uniforme ou de me retrouver sur un champ de bataille, à descendre des types que je ne connais pas, ou pire, à me faire couper en deux par un boulet envoyé par d’autres avec qui je n’aurais jamais aucun compte à régler… Tout ça au nom des intérêts d’une poignée de pontes trop bien nourris qui décident d’envoyer à la boucherie des gamins pas encore sortis des jupes de leur mère.

Alors si je me désole de ne plus avoir de nouveau Durango, si je me désole que Légende soit au point mort après un départ tonitruant, je me réjouis de cette nouvelle série western, qui, malgré le fait qu’elle mette de nouveau en avant un grand blond aux yeux bleus et aux pétoires qui visent juste, a tout d’un récit profond et qui explore une autre face sombre des États-Unis.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

 

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Nains – Tome 7 – Derdhr du Talion : Nicolas Jarry & Stéphane Créty

Titre : Nains – Tome 7 – Derdhr du Talion

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Stéphane Créty

Édition : Soleil (19/04/2017)

Résumé :
Quinze années se sont écoulées depuis l’incendie qui a ravagé Fort Druz. L’ordre du Talion n’a pas été détruit. Le pouvoir a seulement changé de mains, passant de celles des archivistes à celles des seigneurs de la banque de Pierre.

Pourchassé par les maîtres assassins de la loge Noire, Ordo a renoncé à sa vengeance… Jusqu’au jour où la belle et mystérieuse Derdhr, l’un des plus puissants seigneurs de la banque de Pierre, vient le trouver pour lui proposer de terminer ce qu’il a commencé…

Critique :
Game of thrones chez Goldman Sachs…

Imaginez un monde régit par une seule banque, une banque qui aurait la puissance de toutes les grandes banques de notre monde à nous.

Vous êtes une femme ambitieuse, vous faites déjà partie d’un ordre puissant, mais vous voudriez encore plus : siéger sur un des sièges de la Banque de Pierre.

Calife à la place du calife !

Game of Thrones a sa Banque de Fer, les Nains ont la Banque de Pierre et elle est associée au très puissant Ordre du Talion.

Depuis l’incendie de la forteresse de Fort Draz par Ordo a bouleversé l’ordre des choses et les espions ne sont plus au pouvoir, c’est au tour des banquiers d’avoir leur moment de pouvoir et en plus, ils ont l’argent. Bref, ces banquiers dirigent le monde des Hums (humains) et des Nains. *rires sardoniques des banquiers*

Cet album se déroule 15 ans après le final de Ordo du Talion et nous le retrouvons un peu vieilli, sur la construction d’un barrage, lorsqu’il se fait engager par Derdhr, une jolie bavette (naine) qui n’est rien de moins que la 2ème fortune du monde !

Si chez les Nains qui peuvent vivre 200 ans, 15 ans, c’est une paille, quand on doit sans cesse se cacher des assassins de la Loge Noire et vivre sous de fausses identités, on prend un coup de vieux. C’est le cas de mon cher Ordo.

Mon maître assassin préféré a toujours une dent contre son père, qui lui, n’est ni plus ni moins la première fortune du monde Nain !

Alors, quand la numéro deux veut la place du number one, vous comprenez que ça va intriguer à tous les étages et que tous les coups bas sont permis, sans que l’on sache de prime abord qui manipule qui, qui joue avec les couilles de qui, qui va trahir qui et qui va gagner ce combat rempli de manigances et de manipulations en tout genre…

Qui a dit « Ce sont les banquiers qui gagnent toujours » ? En effet, Don Salustre disait que les pauvres, c’étaient fait pour être très pauvre et les riches, c’étaient fait pour être très riches.

Ce tome fait une fois de plus la part belle à des somptueux dessins dans des tons sombres, foisonnants de détails, de petites choses à admirer une fois le phylactère lu.

Niveau scénario, c’est une leçon d’Histoire du monde que le scénariste nous livre là, transposant les affaires des Hommes dans le monde des Nains. Ici, les banquiers sont courts sur patte et plus teigneux que les nôtres, mais ils veulent toujours la même chose : le pouvoir et l’argent.

Et comme le disait si bien Littlefingers (Petyr Baelish) : Knowledge is power (le savoir, c’est le pouvoir). Ce qui fera dire à Cercei que « Power is power » (le pouvoir c’est le pouvoir), autrement dit, moi j’ai un flingue chargé, et toi, tu creuses ! 

Un album aux couleurs bleues sombres, un album où l’on ne doit faire confiance à personne, et où celui qui tranche une tête, pourrait très bien avoir la sienne qui tombe aussi dans les secondes qui suivent, parce que « Quand on joue aux jeux des trônes, soit on gagne, soit on perd », mais ici, on peut gagner et perdre de suite.

Ce fut un réel plaisir de retrouver Ordo après ses dernières aventures et je me demande bien ce que la suite va nous offrir avec Derdhr la manipulatrice.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Carajuru : Sébastien Vidal

Titre : Carajuru

Auteur : Sébastien Vidal
Édition : Lucien Souny (03/11/2017)

Résumé :
Lors d’une patrouille nocturne, les gendarmes Walt Brewski et David Arpontet découvrent le corps d’un homme, sans vie, une balle en pleine tête. Il s’avère que la victime est un ancien militaire devenu récemment une célébrité en faisant échec d’une manière héroïque à un braquage dans une banque.

Les premières constatations portent à penser qu’il s’agit d’un suicide, mais certains détails sèment le doute. Pour découvrir la vérité, Brewski et son équipe se plongent dans le passé de l’individu.

Ils en exhumeront de sales histoires et de pénibles secrets. Alors que de nouveaux personnages troubles apparaissent, les pires tourments de Walt ressurgissent et corrodent son moral. Quand les âmes damnées s’unissent et que les victimes se révoltent, l’atmosphère devient explosive et… mortelle.

Critique :
Non, « Carajuru » n’est pas le nouveau juron de Prunelle. Non, il n’a pas remplacé son terrible « Rogntudju » par un autre. Carajuru, c’est juste le titre de ce roman policier.

Et si vous voulez savoir ce que ça veut dire, soit vous achetez le roman et vous le lisez, soit vous demandez à Google, cet ami qui ne vous veut pas que du bien.

Bal tragique à Artiges (petit bled paumé) : un mort. Une balle au milieu du front. Suicide or not suicide ?

C’est ce que vont devoir résoudre l’équipe de gendarmes de l’adjudant, non pas Ludovic Cruchot, mais Walter Brewski.

Alors pour commencer, je vais vous dire ce qui m’a plu dans ce policier : les allusions à la chose de mai 2005. Pas mai 69 ! Mai 2005… Et l’auteur nous donnera la version de tous les protagonistes : les deux gendarmes, le clodo, la femme aux gros nibards, le libraire et les deux… [No spolier]

J’ai apprécié aussi entrer dans le monde différent des gendarmes, ces militaires qui n’en sont pas vraiment. Ça me change des flics traditionnels. La brève incursion dans la Grande Muette m’a fait plaisir aussi. Même si elle est assez brève.

Walt Brewski est un gendarme qui m’a plu, il se fout de sa carrière, ne lèche pas les bottes des supérieurs, s’investit dans son job, n’est pas un crétin fini, déteste les arrivistes et les carriéristes, ça tombe bien, moi aussi !

Ce ne sera jamais mon flic préféré, mais je ne dirais pas non à boire un kawa en sa compagnie, ou à lire sa première enquête qui porte aussi un titre bizarre ressemblant à un cri d’Indien en train de charger la cavalerie de Custer.

Là où j’ai souri de toutes mes dents, c’est lorsque nos gendarmes boivent un café avec un vieux paysan et que celui-ci leur parle du piège que l’Europe a tendu aux agriculteurs. Moment de suprême plaisir car cet homme a résumé tout le bordel en peu de mots.

— Ben, que l’Europe nous a tendu un piège et qu’on est tombé dedans. On nous a expliqué qu’il fallait produire plus pour mieux gagner notre vie. Mais pour ça il fallait passer à la vitesse supérieure : plus de terres, de la grande mécanisation, le grand jeu, quoi ! Alors, on s’est endetté pour payer le matériel nécessaire pour travailler ces surfaces immenses, mais les prix n’ont pas suivi, évidemment. Alors, maintenant, les banques tiennent les paysans par les couilles. C’est une disparition programmée de longue date, pour qu’on laisse la place à une agriculture industrielle de grande échelle, qui produira de la merde.

Bon, passons à ce qui m’a dérangé, ou du moins, ce dont on aurait pu se passer, ou ce qui aurait pu être moins présent dans le récit…

Tout d’abord, les nombreux rêves sexuels de Walt… Ok, il aime le sexe, y’a pas de honte à avoir, sa gonzesse est roulée comme une bimbo, elle aime ça aussi, ils baisent partout et plusieurs fois.

Je ne suis pas fleur bleue, ni prude, mais à un moment donné, toutes ces parties de jambes en l’air ou ces pensées grivoises qui le font bander, ça commençait à faire lourd dans les 313 pages du livre.

Puis ce qui m’a dérangé, ce sont les grandes envolées lyriques à certains moments. Je n’ai rien contre, mais ça surgissait de manière inattendue, et ça ne servait pas l’histoire, mais ceci n’est que mon petit avis.

Au final, j’ai tout de même avalé ce roman en deux jours. Une première partie le 1er janvier, après la réception, et le reste le lendemain, d’une seule traite, quasi.

Ce ne sera pas le policier de l’année 2018, l’intrigue est assez classique, tout en sortant des sentiers battus parce que le final m’a troué le cul.

Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°16 – Hêtres rouges – Arbre sur la couverture).

Frank Sinatra dans un mixeur : Matthew McBride

Titre : Frank Sinatra dans un mixeur

Auteur : Matthew McBride
Édition : Gallmeister (04/05/2015)

Résumé :
Il faut une certaine dose de courage pour braquer une banque au volant d’une camionnette de boulangerie. Ou une certaine dose de bêtise. En tout cas, ça ne passe pas inaperçu. Et quand il s’agit de remettre la main sur le butin, flics et voyous se lancent dans la course.

Pour Nick Valentine, ex-policier devenu détective privé, c’est l’occasion rêvée de se refaire. À chaque loi qu’il transgresse, à chaque bourbon qu’il descend, à chaque cachet d’Oxycontin qu’il avale, il s’approche un peu plus du jackpot.

Ou de la noyade dans le Missouri.

Critique :
Si vous êtes à la recherche d’un roman noir couillu, déjanté, barré, politiquement incorrect, avec un détective alcoolique devenant diaboliquement efficace après quelques verres d’alcool, alors, munissez-vous de plusieurs Corona, d’une boite d’Oxycontin, de croquettes pour chiens et installez-vous dans un fauteuil confortable.

Un roman noir barré, c’est le cas de le dire !

Les personnages que l’on croise dans ses pages ne sont pas vraiment fréquentables et Nick Valentine, notre détective, a tout du détective des romans noirs car, en plus de boire comme un trou, il flirte aussi dangereusement avec la ligne rouge, qu’il franchi bien souvent.

L’alcool peut être le pire ennemi d’un homme,
Mais la bible nous dit d’aimer nos ennemis. [Frank Sinatra]

Je dirais même qu’il flirte aussi avec la ligne blanche qu’il n’hésite pas à sniffer de temps en temps, quand ce ne sont pas ses médocs qu’il transforme en poudre pour qu’ils fassent plus vite effet.

Je plaçai un OxyContin 20 milligrammes au milieu d’un billet d’un dollar que je repliai serré, et je réduisis le comprimé en poudre avec le bord rond d’un Bic. Je frottai le papier entre mes doigts pour le broyer aussi fin que possible.

On pourrait croire qu’avec pareil cocktail dans les veines, Valentine serait un piètre détective privé, mais loin de là, il a du flair et son ami le commissaire fait souvent appel à lui pour résoudre certaines de leurs enquêtes complexes, comme cet homme retrouvé pendu à une poutre dans sa cave. Poutre tellement solide que Valentine aurait pu la briser avec sa bite (c’est lui qui l’a dit).

Norman Russo avait bien choisi sa journée pour se tuer. Il faisait un temps de merde et il n’y avait rien à la télé. Je ne la regardais pas tant que ça, moi-même. J’avais mieux à faire. Boire, par exemple.

— Et il attache la corde à une planche si mince que je pourrais la casser en deux avec ma bite.

Si du côté de la loi (faut le dire vite) nous avons un détective alcoolo avec la détente facile, de l’autre côté, nous avons des malfrats qui viennent de cambrioler une banque dans une camionnette de boulangerie, mais c’étaient deux branquignoles de première classe !

Par contre, Sid (dit l’Angliche) et Johnny Sans Couille, au service de leur patron, eux, ce sont des vrais méchants qui aiment jouer au puzzle avec certaines personnes qui auraient énervé sévère leur boss, ou joué avec ses pieds.

Johnny Sans Couilles était aussi inutile qu’une paire de nichons sur un poisson. Mais M. Parker l’adorait et lui avait même inventé son surnom. Johnny Sans Couilles était une merde molle, mais en fin de compte, il était marrant. À se pisser dessus de rire. Et c’est pour ça qu’il avait survécu aussi longtemps. C’était un comique.

La plume est drôle, sans être hilarante non plus, le tout dans des bonnes proportions, ce qui nous donne un sourire un peu béat face à l’histoire que nous lisons et face à ses personnages hauts en couleur, dont le plus drôle sera le chien de Nick Valentine.

Parfois les chiens valent mieux que les gens.

Frank se mit à aboyer et à m’emmerder. Je lui demandai s’il avait besoin d’aller chier.
— Aaarp.
Je pris le téléphone sans fil de mon bureau et emmenai Frank chier ses rondins dehors.

J’ai été surprise par les dialogues, car ils se présentent de temps en temps sous forme de narration et non de dialogues dans les formes de l’art. D’habitue, je n’aime pas trop ça, mais dans ce roman, ils sont passés comme un fourgon rempli de fric sur une autoroute déserte.

Big Tony dit que nous n’avions qu’une solution, que nous devions agir vite et bien. Il dit qu’une fois cette ligne franchie, on ne pourrait plus revenir en arrière. Je dis que les seules lignes qui m’intéressaient étaient les lignes tracées à la craie autour de leurs cadavres.

Niveau humour, comme je vous le disais, on ne se pissera pas dessus de rire, mais on a tout de même un joli sourire devant les métaphores, certains dialogues ou certaines des pensées de Valentine.

Une brunette qui sentait le cacao passa et me pressa l’entrejambe en toute simplicité, comme si nous étions au supermarché et que ma bite était un avocat.

Anybref, voilà un roman noir comme je les aime, c’est déjanté, c’est couillu, politiquement incorrect, l’humour y est grinçant et notre détective n’a rien d’un super héros, il boit comme un trou, se shoote, bouffe des médocs comme d’autres du chocolat, mais il a arrêté de fumer et de boire du café, parce que ce n’est pas bon pour la santé…

Jubilatoire, je vous le disais ! En plus, ça se lit d’une traite, comme Nick Valentine fait avec les alcools en tout genre. Mais attention, quand on a une descente telle que lui, faut éviter de manger ensuite.

Je n’avais qu’une règle en matière de boisson. Ne pas manger quand je buvais. Il n’y a rien de pire que de gâcher la torpeur induite par cinquante dollars de bières avec un hamburger à cinq dollars, alors je séparais toujours les deux. Comme devrait le faire tout bon ivrogne.

Il rit encore et me dit qu’ils avaient du café formidable. Le café était encore meilleur que les pains perdus. Il me demanda ce que j’en pensais.
Je dis à Ron que je détestais ça. J’avais renoncé au café depuis un certain temps ; j’apprécierais qu’il n’en reparle plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

 

Sherlock – Tome 2 – Le banquier aveugle : Jay, Mark Gattis & Steven Moffat [MANGA]

Titre : Sherlock – Tome 2 – Le banquier aveugle

Dessinateur : JAY
Scénaristes : Mark Gattis & Steven Moffat

Édition : Kurokawa

Résumé :
Sur le mur d’une salle de banque est découvert un étrange symbole peint en pleine nuit. Sherlock devine rapidement que ce message a été inscrit à l’intention d’un des employés nommé Van Coon.

Mais celui-ci est retrouvé mort dans son appartement… Cryptogrammes et meurtres en série sont au programme de ce deuxième épisode de l’adaptation de la célèbre série TV Sherlock !

Critique :
Mon amour et ma passion pour Sherlock Holmes ne faiblissant pas (après autant d’années…), je me suis ruée sur le tome 2 qui met fidèlement en scène le Sherlock de la série BBC.

Le graphisme et le scénario est fidèle au deuxième épisode de la saison 1 de Sherlock et on pourrait se dire « Mais pourquoi l’acheter en manga puisque c’est le même que l’épisode ? ».

Je vous répondrai par deux choses : la première est que chez moi, la collectionnite aiguë ne se soigne plus, et que, deuxièmement, relire l’épisode permet de mieux l’appréhender puisque l’on va à son rythme.

De plus, je me le suis remise en mémoire et je dois dire que ça ne me fait pas de tort car cet épisode était assez rapide et on n’a pas toujours le temps de prendre du recul face aux différentes informations qui sont bombardées à un rythme effréné.

Maintenant, ne nous leurrons pas, ceci est  un peu produit commercial surfant sans aucun doute sur la vague du succès de la série Sherlock ! Et moi, comme toute bonne holmésienne qui se respecte et qui est un peu zinzin sur les bords, je me suis ruée dessus et je me ruerai sur les autres.

Faut dire aussi qu’ils nous ont soigné la chose avec ce manga édité dans un plus grand format que ses collègues, avec une belle couverture soignée qui donne envie d’acheter le manga.

Une lecture qui m’a rafraichit l’esprit, qui m’a remis cette enquête en tête, et que compte bien continuer la série parce que vous le savez, chez moi, ça ne se soigne plus.

Quant à vous, faites ce que vous voulez : soit vous appréciez la série et vous voulez la découvrir sous une autre forme, soit vous ne la connaissez pas encore et les mangas sont une belle occasion pour vous de vous laisser succomber à la tentation.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

[TÉLÉFILM] Sherlock Holmes in New York – Sherlock Holmes à New York (1976)

Sherlock Holmes in New York (Sherlock Holmes à New York) est un téléfilm américain réalisé par Boris Sagal, diffusé en 1976 avec Roger Moore (acteur britannique) et Patrick Macnee (acteur britannique) dans les rôles de Holmes & Watson.

Date de sortie initiale : 18 octobre 1976
Réalisateur : Boris Sagal
Société de production : 20th Century Fox Television
Scénario : Alvin Sapinsley
Bande originale : Richard Rodney Bennett

Distribution :
Roger Moore (VF : Jean Roche) : Sherlock Holmes
Patrick Macnee (VF : Roland Ménard) : Docteur Watson
Charlotte Rampling (VF : Brigitte Morisan) : Irene Adler
John Huston (VF : Jean Martinelli) : Professeur Moriarty

Synopsis :
19 – 22 mars 1901 – Londres : Sherlock Holmes arrive chez le Professeur Moriarty, un homme redoutable à la tête du crime organisé londonien. Le détective annonce à son ennemi qu’il a infiltré son organisation criminelle et que tous ses proches collaborateurs ont été arrêtés. Moriarty menace Holmes, mais se retient de le tuer.

L’homme machiavélique annonce qu’il va perpétrer en représailles le « crime du siècle », qui se déroulera sous les yeux du détective sans que celui-ci ne parvienne à l’arrêter, ce qui l’humiliera et le discréditera aux yeux du public.

De retour au 221B Baker Street trois jours plus tard, Watson informe Holmes qu’Irène Adler, devenue chanteuse de music hall à New York, va prochainement donner un récital. Holmes reçoit anonymement par la poste des tickets pour le spectacle, et s’inquiète qu’un lien existe entre les mauvaises intentions de Moriarty et Irène Adler : il décide donc de partir à New York avec Watson.

31 mars – 2 avril 1901 – New York : arrivés de l’autre côté de l’Atlantique, Holmes et Watson se rendent au théâtre où Irène Adler doit se produire le soir même.

Holmes apprend à son grand soulagement que la jeune femme ne semble avoir reçu aucune menace, mais il parvient à comprendre que c’est bien Moriarty qui a envoyé les tickets de spectacle à Baker Street.

Holmes et Watson se rendent le soir-même à la représentation mais le directeur du théâtre informe les spectateurs qu’Irène Adler ne pourra pas se produire.

Le détective, qui apprend l’adresse de la jeune femme, part immédiatement chez elle.

Anecdotes :

  • La voix française de Roger Moore est celle aussi de Nicol Williamson qui joua le rôle de Sherlock Holmes dans « Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express ».
  • La voix française du professeur Moriarty joué par John Huston est celle de Perry Mason (Raymond Burr).

Ce que j’en ai pensé :
Chat échaudé craint l’eau froide… C’est donc avec circonspection (et non avec circoncision) que j’ai entamé le visionnage de ce téléfilm dont j’avais peu d’espoir qu’il terminasse au panthéon des films holmésiens.

Rappelez-moi de me coller des baffes pour être partie avec des préjugés et un jugement prédéfini, ce qui ne se fait pas…

Pas d’excitation non plus, mes loulous, on ne se trouve pas devant le summum des téléfilms holmésiens, mais face à quelques chose qui tient la route et qui se révèle moins pire que ce que j’avais pensé au départ.

Hormis quelques détails qui m’ont fait froncer les sourcils dans la scène de départ, pour la suite, c’était plaisant à voir et divertissant.

Commençons directement par ce qui m’a emmerdé tout au long du film :

  • La tronche de constipé du professeur Moriarty, avec ses bajoues de crapauds et sa voix digne du capitaine Mehrlicht ! Alors d’après Wiki, le doubleur est le même que pour Perry Mason, mais ce jour là, il devait avoir fumé des Gitane et des Johnson sans filtres car c’était rocailleux et horrible à souhait, comme s’il avait des glaires de coincé dans le fond de la gorge…

  • Moriarty est le Napoléon du crime, on est bien d’accord ?? Holmes est le roi du déguisement, on est toujours d’accord ? Mais de là à duper Moriarty en se déguisant en colonel Moran sans que celui-ci ne s’en rende compte, il y a un pas à ne pas franchir…
  • Moriarty cause trop ! Comme tous les méchants, il doit donner son plan, l’étaler et parler de la réalisation imminente de son crime du siècle, passé et à venir ! Rien de moins… On se demande même s’il ne va pas aller nous assassiner J.F.K ! Ah merde, non, nous sommes en 1901, 62 ans trop tôt !
  • Dans son bureau, Moriarty possède plus de pièges qu’Oncle Picsou ! Et presque les mêmes, en plus !
  • Le Watson campé par le Patrick Macnee de « Chapeaux melon et bottes de cuir » est limite débile, il ne capte rien, et n’a que peu de traits de lucidité. Durant tout son séjour à New-York, il regarde les américains comme des imbéciles sans savoir qu’il en est un lui-même, d’imbécile ! Et en prime, son boitillement le fait marcher comme un canard.

  • Nooon, Holmes ne va quand même pas se rendre à New-York en deerstalker et macfarlane ?? Ben si ! Et en plus, on lui fait fumer une pipe calebasse ! Même si l’histoire se déroule en 1901, cette pipe n’a pas encore été ramenée en Grande-Bretagne.

  • Heureusement, il ira au théâtre en smoking…

  • Je n’ai rien contre Roger Moore en Holmes, mais bon, parfois, il fait un peu trop du  James Bond, trop de Simon Templar, trop de Brett Sinclair… Trop de Moore, quoi ! mdr
  • Par contre, dans le noir, avec ses cheveux coiffés de la sorte, on dirait Benedict Cumbertbatch à certains moments…

Pour le reste, pas de remarques mesquines à faire, il y a de l’action, du mystère, deux enquêtes et Holmes est pris à la gorge, ne pouvant en résoudre une sous peine d’avoir la mort d’un enfant sur la conscience.

Et quel enfant en plus ! Non, je ne dirai pas qui est sa maman… Ni qui pourrait être son papa…

Charlotte Rampling fait une excellente Irene Adler, de la distinction, de la classe, elle et Holmes s’appelle par leurs prénoms, ce qui fait très choupi, mais à un certain moment, sa doubleuse doit avoir testé plusieurs versions du prénom de Sherlock car elle nous donne du Tcherlock, ce que je déteste et ce qui n’est pas juste.

Le jeu entre elle et Holmes est subtil, on se doute qu’il y a eu des choses entre eux, on se doute qu’il y en a toujours, ils parleront d’un voyage au Monténégro, leur deux, on imagine des choses coquines, mais on ne verra rien, dommage, mais tant mieux, dans le fond, parce qu’il y a plus dans leur non-dit que dans un long baiser qu’ils auraient pu se rouler.

Watson, hélas, est un débile mental profond, il ne voit pas ce que le téléspectateur comprend très vite, ou du mois, ce que nous soupçonnons aisément. Lui, c’est nada, on lui mettrait devant le nez qu’il ne comprendrait pas encore.

Dommage, parce que dans le film, il aura quelques moments de conducteur de lumière ou de boost pour Holmes qui se laisse abattre quand il comprend le piège de Moriarty.

Niveau bagarres, ce n’est pas le top, mais nous nous trouvons dans un vieux film, ce qui est normal, donc, que les scènes aient l’air d’être foireuses… Comme celles des courses-poursuites en fiacre…

New-York, comme la ville de Londres, n’échappera pas au nappes de brouillard, ça donne toujours une certaine ambiance, je trouve, même si elles flottent dans les airs comme des fantômes…

Au final, même si ce n’est pas le téléfilm du siècle, ça se laisse regarder avec plaisir, pour se divertir, c’est ce qu’il faut, on a deux enquêtes où Holmes devra se montrer plus malin que Moriarty, qui lui, a mis au point un plan machiavélique, qui, en cas de réussite, aurait vraiment été le crime du siècle et aurait placé le professeur sur un piédestal par rapport à Holmes.

Mais Sherlock Holmes est le plus fort ! Na.

À voir sans se prendre la tête, avec du pop-corn et un bon mojito !

On oscille donc entre :

Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine  et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).