Là où naissent les ombres : Colin Winnette

Titre : Là où naissent les ombres

Auteur : Colin Winnette
Édition : Denoël (22/04/2016)

Résumé :
Plongez dans l’essence même de l’Amérique profonde et violente, celle des âmes perdues.Brooke et Sugar se disent frères et sont chasseurs de primes.

Partout où ils passent, ils sèment effroi et désolation. Contraints de quitter la ville après une tuerie particulièrement violente, ils se réfugient dans les bois.

Un matin, à leur réveil, ils trouvent à leurs côtés un mystérieux garçon amnésique. Ils l’appellent Bird et en font leur mascotte. Lors d’une expédition punitive dans un village, les deux frères sont capturés par la police locale et mis en prison.

Brooke parvient à s’enfuir, mais Sugar, sorte de bête humaine, sale et effrayante, reste derrière les barreaux.Là où naissent les ombres est un western acide et désespéré auquel seuls une veuve, un orphelin et un nourrisson apportent une touche d’humanité.

Critique :
Nombreux étaient ceux qui en disaient du bien, de ce roman qui révolutionnait le western… Sur Babelio ou sur les blogs des potes ! J’avais donc fortement envie de me frotter à ce roman que l’on déconseillait aux âmes sensibles car c’était un roman à l’aura très noire.

N’étant pas une personne sensible de ce point de vue là, adorant les romans à l’aura sombre, je me suis engagée dans l’histoire avec un sourire affiché sur ma figure.

Waw, deux chasseurs de primes qui allaient passer de chasseurs à proies ! Un western d’une noirceur absolue qui devait me prendre aux tripes dès les premières pages…

Je n’attendais que ça, moi ! J’aurais bien hurlé « Oh oui, vas-y, prends-moi par les tripes, grand fou ! » tant j’avais envie de me faire tripoter la bidoche par ce western que l’on disait sombre et noir avec des sombres héros…

Ben j’ai vite déchanté ! Non pas que mon cœur se soit révélé soudainement sensible ou qu’un sort ait fait de moi une fleur bleue…

Que nenni ! Mais je n’ai pas réussi à entre dans ce roman, les dialogues m’ont fait soupirer d’ennui, les personnages aussi (j’aimais mieux les frères Sisters) et les situations m’ont fait bailler à m’en décrocher la mâchoire.

Bref, j’ai abandonné le récit vers la  page 60 tant j’en avais ma claque et malgré les sauts de lignes ou de page, je n’ai jamais réussi à trouver un intérêt pour le récit.

Certes, les personnages ne sont aucunement attachants, mais ce n’est pas ça qui me rebute, loin de là. Ils étaient bourrés de secrets, ce n’en était que mieux… Une écriture froide n’est pas toujours un signe qu’elle va me déplaire…

Faut croire qu’ici, ça l’était dans ce roman-ci où je n’ai accroché à rien et où tout m’a ennuyé.

Ça m’arrive rarement, mais de temps en temps, sur certaines lectures, je coince… Et ça me fait râler !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Jack The Ripper – 3. Mais que fait la police ?

« Mais que fait la police ? » me direz-vous. Ben la volaille, elle s’en fou un peu, voyez-vous. Comme je vous l’expliquais, si le meurtre avait eu lieu dans les beaux quartiers chics, les roussins se seraient remué le cul directement, mais là, nous sommes dans les bas-fond de l’East-End.

Ok, les meurtres de prostituées n’étaient pas rares à Whitechapel, pour ne pas dire « monnaie courante », mais les mutilations brutales qui furent accomplies sortaient foutrement de l’ordinaire.

Scotland Yard confia la responsabilité à l’inspecteur Frederick George Abberline (45 ans). 25 ans de métier dans la police et une grande connaissance du quartier de Whitechapel.

Gros problème… Il n’y avait aucun témoin du crime, aucune arme du crime et aucun indice. Que dalle !

Personne n’avait rien vu, rien entendu ! Aucun véhicule ou « étranger » n’avait été vu fuyant la scène du crime. On soupçonna un moment trois équarrisseurs de chevaux qui travaillaient non loin, mais il fut rapidement prouvé qu’ils n’y étaient pour rien.

La théorie d’un dément fut la plus plausible dès le départ, vu la grande violence du meutre.

Il fut demandé au préfet de Police, Sir Charles Warren, d’offrir une récompense pour la découverte de l’identité du criminel. Mais le ministre de l’Intérieur, Henry Matthews, supérieur de Warren, loin de se douter – à ce moment-là – de l’ampleur du futur problème, refusa net. Il faisait confiance à la Police pour appréhender le tueur…

Tandis que la police cherchait – en vain – l’assassin de Nichols, une rumeur commença à courir au sujet d’un homme dénommé « Tablier de Cuir », qui avait volé plusieurs prostituées sous la menace d’un couteau.

Le journal « The Star » affirma que cet homme était un fourreur juif d’environ 40 ans, portant un chapeau noir et une petite moustache.

Pour les Anglais, tout ce qui étaient « nouveaux venus » (immigrés), étrangers ou Juifs étaient évidemment les premiers visés par les rumeurs, car « aucun Anglais n’est capable d’un acte aussi barbare« …

Jack The Ripper – 1. Petite histoire de l’East End

Jack l’Éventreur (en anglais, Jack the Ripper) est un tueur en série qui vécut à Londres à la fin du XIXe siècle, dont l’identité n’a jamais pu être établie.

Il assassina au moins cinq prostituées du quartier pauvre de Whitechapel, à Londres en 1888.

Pour une raison inconnue, j’ai toujours été fasciné par l’histoire de Jack l’Éventreur.

La grosse part de mystère qui l’entoure y est sans doute pour quelque chose. Son identité n’ayant jamais été dévoilée, la porte est ouverte à nombre infini de suppositions.

De plus, il est le « premier » serial killer… bon, pas le tout premier, premier, mais celui dont on a le plus parlé en tout cas !

Sans oublier que cette affaire se déroula en Angleterre, durant l’époque victorienne qui m’est chère et qui, tout en voulant se donner une apparence de stricte moralité, laissait se dégrader des quartiers entiers et crever dans la misère la plus noire toute une partie de sa populace…

Londres… 1888 fut l’année de la terreur que fit régner celui qu’on considère comme le premier serial-killer des temps modernes. Durant deux mois, 5 prostituées furent tuées de manière assez violente par un inconnu dont on ne sait pas grand-chose, hormis qu’il a disparu vers la mi-novembre sans laisser de trace…

Il les a égorgées et mutilées avec une violence rare, et s’est réellement déchaîné sur sa dernière victime, qu’il a mise en charpie.

♫ Son nom, il le signe à la pointe de son couteau… ♪

Oups, je me trompe de générique !

Son nom ? Jack l’Éventreur…

Malgré le long travail de la police, il n’a jamais été arrêté. Les théories les plus folles courent encore sur son identité, et passionnent des centaines de « Ripperologues ».

D’innombrables livres et films ont été produits à son sujet, offrant chacun « la » solution de l’énigme… qui ne sera sans doute jamais connue.

Sûr et certain que si l’Éventreur avait commis ses crimes plus tard, on l’aurait sans doute appréhendé, mais en 1888, la science criminelle est balbutiante, imprécise, impuissante…

On est loin des techniques modernes de nos jours ou des séries policières qui vous sortent des résultats ADN plus vite que la machine de Georges ne vous verse un café.

Les empreintes digitales ne sont pas utilisées et certains pensent que l’image du tueur est fixé dans la rétine du mort. Oui, oui, ils étaient sérieux ceux qui disaient que sous le coup de la violence, la rétine imprimait les dernières images tel le film sensible d’une pellicule photographique.

D’ailleurs, le docteur Auguste Gabriel Maxime, médecin français, recommandait de photographier l’œil dégagé de son orbite et débarrassé son cristallin.

En 1901, Jack aurait eu du mal à s’en sortir s’il avait laissé l’empreinte d’un de ses doigts parce que le premier département d’études des empreintes digitales s’est installé à Scotland Yard cette année là.

Mais commençons par le commencement…

La population de Londres était déjà de 5 million d’habitants à cette époque là.

Londres connait un essor industriel et la ville s’est considérablement agrandie, le tout au détriment des quartiers pauvres, tel l’East End et Whitechapel où croupit dans la misère, l’alcool et la prostitution ce que Jack London appellera « Le peuple de l’abîme » (il tirera de cet enfer un reportage qui fera date, d’ailleurs).

Whitechapel, c’est la pauvreté crasse, profonde. Des maisons dont les murs s’écroulent, des taudis où tout le monde s’entasse.

Il y a 900 000 personnes qui vivent dans des taudis infâmes… C’est de l’ordre de 30 à 40.000 personnes au km2.

La mortalité infantile est sévère dans ces quartiers, 55% des enfants ne dépassent pas l’âge de cinq ans.

Les femmes étaient souvent exploitées, mal payées et obligées de faire des heures supplémentaires. Beaucoup de femmes (seules ou avec des enfants), pour subvenir à leurs besoins ou tout simplement survivre, sont obligées de vendre leur corps pour la modique somme de 2 pences.

À l’époque, un pain coûtait 4 pences. Oui, messieurs, c’est comme si maintenant, aller chez les putes ne coutait pas plus cher qu’1€ !

Je dois aussi vous signaler que j’ai entendu un autre tarif avec un qui parlait de l’expression utilisée pour ces passes « Les trembleurs de genoux à 6 pences »… En tout cas, elles auraient gagné bien plus d’argent dans les maisons de passe de l’Ouest !

Anybref… Ces quelques sous récoltés permettaient surtout de gagner en une nuit l’équivalent d’une semaine de salaire d’une simple ouvrière et de s’en sortir.

Les prostituées travaillaient directement dans la rue, sombraient très souvent dans l’alcoolisme et ne devaient qu’à la chance d’éviter les maladies vénériennes (la syphilis, notamment).

Malgré de nombreux efforts de renouvellement urbain et l’amélioration des conditions de vie entraînées par l’immigration juive, Whitechapel était toujours un quartier pauvre et criminel.

Dans la misère des habitations surpeuplées, dans les ruelles sombres et étroites, le meurtrier de Whitechapel avait trouvé l’endroit parfait pour tuer car les putes sont des proies faciles. Du fait de leur métier, elles se laissent facilement approcher.

Une prostipute avait 18 fois plus de chance d’être victime d’un homicide…

Elles n’ont pas de logement et même si certaines s’offrent parfois un lit, la majorité exerce sur les trottoirs. Des proies faciles, donc.

À suivre…