Bernard Prince – Tome 7 – La fournaise des damnés : Hermann & Greg

Titre : Bernard Prince – Tome 7 – La fournaise des damnés

Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann

Édition : Le Lombard (1974) / Le Lombard (1999)

Résumé :
Un appel au rassemblement d’urgence de bateaux de petit tonnage déroute le Cormoran et son fameux équipage.

En effet, plus de cinq cents personnes sont prisonnières d’un feu gigantesque qui les accule inexorablement vers les falaises de Caranoé.

Alors que s’organise l’opération de sauvetage, Bernard Prince s’aperçoit que le brasier risque de séparer les sinistrés et que certains vont se retrouver coincés sur une partie de la côte appelée « les dents de Neptune ».

Avec l’accord du responsable de l’opération, Prince décide d’atteindre ces rescapés en traversant le feu pour les avertir que du secours mené par Jordan va arriver à cet endroit craint par tous les marins.

Critique :
♫ Allumer le feu ♪ Allumer le feu ♪ Et faire danser les diables et les dieux Allumer le feu ♪  Allumer le feu ♫ Et voir grandir la flamme dans vos yeux ♫ Allumer le feu…

Cette aventure a beau être « tout est bien qui finit bien », elle fait partie de mes préférées.

Cherchez pas à comprendre mais la traversée d’une île en feu, par Bernard Jordan, afin d’aller prévenir les rescapés qui auraient été se réfugier à l’autre pointe de l’île, que des bateaux vont arriver les chercher, et ce, malgré les récits, vaut toutes les aventures du monde.

Déjà, fallait y penser, aux rescapés qui allaient prendre la direction opposée de l’île et se retrouver devant une mer déchainée, sans aucun secours, puisque tous les bateaux appelés sont de l’autre côté…

En plus, fallait oser traverser l’ile pour les prévenir, au risque de se faire bouffer par le feu pendant que son équipage risquait de s’empaler sur les récifs du requin.

Alternant deux aventures, les auteurs nous montrent Prince avançant dans la fournaise de l’enfer, suant à cause de l’incendie qui vient de passer tandis que son second, Barney Jordan est en train, lui, d’avancer sur une mer démontée.

Si l’un rêve d’eau, l’autre aimerait en avoir moins parce que l’eau, ça mouille… Hé, faut pas croire que le périple de l’un sera moins compliqué ou dangereux que celui de l’autre, des deux côtés on risque sa peau, le suspense est au summum, on tremble pour eux, même si on se doute que tout se finira bien.

Le petit plus dans cette aventure, c’est Boule de Poils, un petit ourson qui va accompagner Bernard Prince durant sa traversée, sa père ayant péri et qui a une bouille toute mignonne et dont on aurait envie de lui faire un gros câlin, nous aussi.

À l’ourson, pas à Bernard Prince, le gros câlin… Quoique… Bon, peut-être pas tout de suite, laissons-lui le temps de prendre une douche et de se savonner bien fort, parce que là, il doit sentir le cochon brûlé et la cendre à des kilomètres à la ronde.

Oui, une fois de plus, Bernard Prince et Barney Jordan nous démontrent qu’ils sont sévèrement burnés ou vachement givré, mais eux, jamais ils ne resteront les bras croisés quand des vies humaines sont en jeu.

Les dessins nous donnent vraiment la sensation de nous trouver dans l’antichambre de l’enfer et ça donne soif, toute cette cendre, toute cette chaleur, toute cette eau glacée dans laquelle des marins barbotent… Vite, un bon gros, Djinn sait où Prince cache le sucre…

Un tome bourré de suspense, d’aventures, de palpitations cardiaques, d’humour, car ils ne sont pas avares en mauvais jeu de mots et en roulements de mécaniques, nos gus, lançant des imprécations à tout va.

Pour ceux et celles qui aiment l’Aventure et qui n’ont pas peur de se brûler les petits petons ou qui n’ont rien contre le fait d’avoir le feu au cul…

Jetez-vous à l’eau, vous ne le regretterez pas.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Bernard Prince – Tome 6 – La loi de l’ouragan : Greg & Hermann

Titre : Bernard Prince – Tome 6 – La loi de l’ouragan

Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann

Édition : Le Lombard (1973) / Le Lombard (1998)

Résumé :
Par une tiède soirée, le Cormoran aborde le rivage enchanteur de Tago-Tago, l’île aux mille parfums. Dans un bar, en pleine bagarre, Jordan rencontre El Lobo qui vient d’acquérir aux cartes, une pêcherie de perles.

Bernard Prince, Jordan, Djinn décident de l’accompagner.

Sur place, la pêcherie est loin d’être aussi rentable que prévu car elle est menacée par une murène géante, empêchant les plongeurs de pêcher les perles…

Critique :
♫ Comme un ouragan, la tempête en moi, a balayé le passé. ♫ Allumer ma vie, c’est un incendie, qu’on ne peut plus arrêter. ♪

Mes excuses à tout ceux et celles qui vont chantonner ces paroles hautement intellectuelles durant toute une partie de la journée.

Dans une aventure de Spirou et Fantasio, la murène dont on parlait était en fait le surnom d’un bandit, un voleur (Le repaire de la murène, tome 9), mais ici, dans Bernard Prince, nous sommes face à une grosse bêbête pas commode du tout.

Elle attaque les plongeurs, elle les dévore… Oui, quand murène fâchée, elle toujours faire ainsi.

Une fois de plus, on a le souffle de la grande aventure, celle avec un grand A, le tout mâtiné d’exotisme.

Un vieil ami à Barney Jordan a gagné au jeu un tiers d’une exploitation d’huitre perlière, mais à cause du gros serpent de mer pas commode, les perles, on les enfile car impossible de plonger, sauf à vouloir jouer à Jonas dans le ventre de la murène, puisqu’on n’a pas de baleine.

L’inconvénient, ou l’avantage, dans les albums de Bernard Prince, c’est que les gentils gagnent toujours, ne se font pas tuer et que bien souvent les méchants sont punis, par la justice ou par la grande faucheuse, qui, comme ici, fera intervenir son bras armé qu’est la nature en déclenchant un ouragan qui va dicter sa loi.

Je ne spolie rien, tout est dans le titre…

On comprend bien les motivations du méchant, elles sont claires, elles sont habituelles (de toute façon, il n’y en a pas 36.000) et on comprend encore mieux la manière de réfléchir des autochtones qui, avec de l’alcool et de beaux discours, deviennent aussi enragé qu’une murène affamée.

Avec Prince, au moins, on ne sort pas les flingues pour tirer sur la foule en délire, pas de balle en caoutchouc ou autre matière lancée à bout portant, juste la bonne vieille technique de la pèche au moules et hop, tout rentre dans l’ordre.

Alors oui, c’est assez simpliste, c’est bourré de bons sentiments, comme Bernard Prince qui plonge pour sauver de la noyade le mec qui lui tirait dessus avant (moi, pour ma part, hein… *sifflote*) et qui va leur filer un coup de main pour mater la bestiole.

Et oui, même si le dessin de Bernard en maillot ne nous rend pas rêveuse et qu’il ne lui rend sans doute pas justice sur ce qu’il a dedans, je peux vous assurer qu’il en a des grosses pour oser aller affronter la bête dans son antre. Bon, l’eau devait être froide, aussi, et ça a dû rétrécir… Je ne vous apprend rien, messieurs.

Sur cette tirade un peu limite, un peu coquine, très en-dessous de la ceinture, je vous rend l’antenne, tout en vous conseillant, si un jour vous tombez sur la saga de Bernard Prince, de la découvrir et d’être indulgent avec, car elle correspond à ce qui se faisait dans les années 70 (60+10) en matière de bédé jeunesse où le Bien devait triompher du Mal en toute occasion.

Malgré tout, elle reste assez en avant sur son temps dans le politiquement pas toujours correct puisque nous avons un jeune garçon qui voyage en mer avec deux hommes, sans aller à l’école et un marin d’eau salée qui carbure à l’alcool et ne dit jamais non à une bonne bagarre.

Bref, Bernard Prince, c’est de l’Aventure, de la détente, les beaux dessins d’Hermann (cocorico, c’est un belge) et mon seul bémol pour cet album concernera sa fin un peu abrupte ou en quelques cases on résout tout le problème et où un ouragan avait déjà tout résolu aussi…

♪ Comme un ouragan,
qui passait sur moi,
l’amour a tout emporté.
Dévastée nos vies,
des rêves en furie,
qu’on ne peut plus arrêter. ♫

Juste par pur sadisme…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

 

Bernard Prince – Tome 01 – Le général Satan : Hermann & Greg

Titre : Bernard Prince – Tome 01 – Le général Satan

Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann

Édition : Dargaud (1969) / Le Lombard (1999)

Résumé :
Cet album inaugurant les aventures de Bernard Prince, se divise en 2 histoires.

Dans la première, « Les Pirates de Lokanga », Prince, accompagné de Djinn, accepte d’acheminer la cargaison d’un avion accidenté dans la jungle africaine.

Cette mission lui donne l’occasion de rencontrer Barney Jordan. La nature de la cargaison demeure mystérieuse mais suscite bien des convoitises.

Dans la seconde, « Le Général Satan », Bernard Prince et Jordan Barney sont contraints par les autorités asiatiques de ravitailler en armes et en vivres « le fort des mille nuages ».

Ce fort, qui est la clé de tout le système de sécurité côtier, est bloqué par un aventurier puissant, « le Général Satan ».

Critique :
Oui, en hiver, mon plaisir est de ressortir mes vieilles bédés, celles que j’ai déjà relues 36 fois mais que ça fait longtemps que je ne l’ai plus fait…

Puisque Bernard Prince a le même scénariste que Bruno Brazil, autant sortir les deux héros aux cheveux blancs en même temps et bouffer de l’aventure à gogo.

De l’aventure où, années 70 et journal de Tintin oblige, on a les Bons qui triomphent toujours des vilains Méchants pas beaux qui proviennent toujours de pays imaginaires mais dont les noms sont synonymes de bien réels.

Bernard Prince n’est pas un héros lisse comme un Tintin, il n’hésite pas à enfreindre les lois, à se battre, à tenir tête aux caïds du coin, même s’il rechigne à abattre des guerriers locaux (nommés « sauvages ») armés de lances et bourrés jusque la gueule de substances qui leur donne de l’ardeur au combat.

Le capitaine Haddock sera joué par un ivrogne, le capitaine Barney Jordan, un roux flamboyant au caractère volcanique, s’emportant facilement, surtout si on touche à Djinn, le jeune Hindou dont Prince est le tuteur.

Tiens, en 1969, nous avions deux hommes pour s’occuper d’un enfant, qui n’allait pas souvent à l’école et qui baroudait dans toutes les mers avec un ancien flic d’Interpol et un alcoolique notoire…

Pas sûr que dans l’hebdo Spirou, aux mains du très catholique Jean Dupuis, pareille série aurait passée…

Aux dessins, nous retrouvons aussi un habitué de ma biblio puisqu’il s’agit de Hermann qui m’avait enchanté dans la série « Comanche ».

On retrouve ses traits caractéristiques, sa patte est reconnaissable aux personnages et dans les décors aussi, sauf que dans ce premier album, Bernard Prince n’a pas encore sa jolie bouille de bô gosse… Faudra attendre un peu, les filles !

Niveau aventures exotiques, on est servi, niveau mystères et suspense, on en bouffe un max, que ce soit pour découvrir la cargaison à récupérer dans la première histoire ou comment livrer les armes à un fort sans se faire arraisonner par les pirates qui tiennent un siège devant…

Pas de soucis, tel l’aventurier solitaire, Bernard Prince s’en sortira toujours vainqueur, tel Bob Morane. On est dans de la bédé pour jeunes, ici, publiée au journal Tintin, donc…

On a beau avoir deux mecs sur un bateau avec un gamin qui ne va pas à l’école, le sang ne coule pas, même chez les morts, la rédemption de certains méchants est possible et tout se termine toujours bien pour nos trois amis car ils vivent en Théorie et là, tout fonctionne.

Cette première aventure n’est pas la meilleure, les auteurs mettent tout en place, on se cherche un peu et on n’a pas encore donné un grand rôle à Barney, le futur joyeux luron bougon du trio.

Mais tout ceci laissait présager quelque chose de bon et je peux vous assurer que certains albums volent très haut niveau scénario, humour, rebondissement, suspense, mystère et aventures de malades !

Petit Plus : Il existe d’ailleurs au sujet des origines de Djinn une incohérence : présenté par Greg en 1966 comme un orphelin de Karachi, donc Pakistanais, il est par la suite présenté comme « un enfant perdu de Calcutta », donc Indien.

Petit Plus 2 : Hermann et Greg ont d’abord publié sept récits complets, de 4 à 6 pages chacun, dans le Journal de Tintin en 19662. Ces récits mettaient en scène le héros comme inspecteur d’Interpol, jusqu’à ce qu’il hérite d’un bateau, le Cormoran ; ce changement de cap de la série, du genre policier à celui de l’aventure, aurait été dicté par des raisons éditoriales, Le Journal de Tintin ayant déjà un détective avec le personnage de Ric Hochet.

Petit Plus 3 : La série est clairement inspirée par celle de l’Epervier bleu, créée par Sirius en 1942, puisque Eric, dit l’épervier bleu, y est flanqué d’un acolyte roux dénommé Larsen et de Sheba, un enfant indien portant turban (série que j’ai lue aussi, quand j’étais gamine, chipée dans la biblio paternelle).

Petit Plus 4 : Des récits à suivre sont parus ensuite, et ont été publiés en albums. Le hors-série « Bernard Prince d’hier et d’aujourd’hui » regroupe les premiers récits ainsi que des histoires courtes pré-publiées dans des Tintin « hors-série » (parfois scénarisées par Hermann lui-même, d’ailleurs).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Black Butler – Tome 13 : Yana Toboso

Black Butler - Tome 13

Titre : Black Butler – Tome 13                                           big_3-5

Auteur : Yana Toboso
Éditeur : Kana (Février 2013)

Résumé :
Sur le paquebot, les choses ne vont pas en s’améliorant : tout le monde cherche à quitter le navire. Des morts vivants, ou ce qui y ressemble, parcourent en effet les couloirs. De plus, des shinigamis s’y trouvent aussi, à la poursuite de Sebastian.

Ce dernier fini par retrouver Ciel et Lizzie, mais ils sont attaqués. Lizzie dévoile alors un aspect « peu mignon » de sa personnalité à son fiancé.

Ciel, qui a échappé de justesse à la menace des cadavres en mouvement grâce aux talents à l’épée d’Elizabeth, découvre enfin le secret de la résurrection des morts.

Critique :
Le tome 12 s’était terminé avec une révélation sur le personnage de la fiancé de Ciel, Elizabeth et le moment des explications est donc venu.

– Même vous, monsieur, vous ne pouvez rien contre une femme n’est-ce pas ?

Le lecteur, impatient de retrouver les personnages qu’il avait abandonné, pose de nouveau ses pieds sur le pont du Campania qui continue son naufrage dans la mer froide et glacée… suite à la collision avec un Iceberg.

Notre naufrage ressemble toujours à s’y méprendre à celui du Titanic, en tout point, avec 23 ans d’avance (nous sommes en 1889-90) et Céline Dion qui braille, en moins. Ouf… ♫ Near, far, wherever you are ♪ Ta gueule, Céline ! Merci…

Le bateau va sombrer, y’à pas assez de canots, mais le jeune Ciel (qui fait partie des « chiens de garde » de la reine Victoria) et Sebastian, son diable de majordome, ont autre chose à faire que de monter avec les premières classes dans un canot : avant de s’enfuir, ils doivent vaincre la cargaison de morts « en mouvement » et trouver le coupable de cette abomination qui va à l’encontre de toute les règles.

« Dans ce monde, la mort est une règle qu’on ne peut absolument pas enfreindre ».

Dans leur tâche titanesque, nos deux amis seront « aidés » des deux Shinigamis bien connu (ceux qui récupèrent l’âme des morts et arrêtent leurs lanternes cinématique), qui, eux aussi, voudraient bien comprendre pourquoi ces morts ne sont pas resté « mort » et se sont mis en mouvement, attaquant les vivants. Et régler la situation une bonne fois pour toute. Le tout avec un petit dose d’humour…

– Monsieur, il m’exaspère de plus en plus… Puis-je le tuer ?

Les ingrédients habituels sont réunis pour nous mener à la fin du triptyque « Campania » (dans le tome suivant). Une fois de plus, ce tome est haut en aventure, en action, en suspense et en remue-ménage, avec, en prime, un coup de théâtre qui m’a laissé la mâchoire pantelante ! QUOI ??? C’était lui ??

J’ai adoré aussi l’explication de l’auteur sur le fait que les morts continuaient à vivre et le coup de la lanterne cinématique. C’était « originale » et « plausible ».

De plus, l’auteur, nous offrira encore un horrible moment de frayeur avec un angoissant moment de suspense (faut préparer le tome suivant, hein !) déroulant ensuite un long flash-back sur la rencontre Ciel/Sebastian, au travers de la lanterne cinématique du diable de majordome.

Un grand moment pour quelqu’un qui, comme moi, suit la série depuis le début, parce que c’est toute la partie de l’apprentissage du « diable qui se fit majordome » que nous découvrons, tandis que le jeune Ciel, traumatisé de son enlèvement, panse ses blessures tant bien que mal. Hé, hé, on en sait un peu plus.

– Dans la tristesse, la colère, la confusion et le désespoir… On prononce des paroles de malédiction…

Par contre, pas toujours facile de suivre le fil des combats entre les deux Shinigamis,  Sebastian et le troisième larron. Ces trois là ne sont pas prêts de s’entendre…

« Black Butler », pour ceux qui ne le sauraient pas encore, c’est avant tout un univers original, accrocheur et un graphisme somptueux. Un mélange détonnant d’action et d’humour, de mystère et de suspens.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, Challenge « Victorien » chez Arieste,  « Polar Historique » de Sharon (reprise du challenge de Samlor) et Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

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