Le garçon en pyjama rayé : John Boyne

Titre : Le garçon en pyjama rayé

Auteur : John Boyne
Édition : Folio Junior (2006) / Gallimard (2009)
Édition Originale : The Boy in the Striped Pajamas (2006)
Traducteur : Catherine Gibert

Résumé :
Vous ne trouverez pas ici le résumé de ce livre car il est important de le découvrir sans savoir de quoi il parle. On dira simplement qu’il s’agit de l’histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l’autre côté d’une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister.

Critique :
Nous qui savons, comment aurions-nous perçu les horreurs des camps de concentration de la Seconde Guerre Mondiale si nous avions été des enfants ?

Sûrement pas de la même manière que nous les percevons alors que nous sommes des adultes et que nous avons « vu » les images.

Donc, transposons-nous dans la peau d’un gamin de 9 ans qui voit déambuler, de la fenêtre de sa chambre, des gens qui portent des pyjamas.

C’est cool de passer toute sa journée en pyjama en plus, il y a plein d’autre enfants, de l’autre côté des barbelés et Bruno, il s’embête dans sa nouvelle maison de Hoche Vite… Ah, mon pauvre Bruno, si tu savais…

Voilà un petit livre qui percute et qui tord autant les tripes que si tout était expliqué noir sur blanc.

Aux travers des yeux d’un enfant, le petit Bruno, nous allons percevoir ce que ses yeux de gamin voient au loin, derrière les barbelés.

Au travers de son innocente et de son nombrilisme (il a 9 ans), nous allons comprendre de quoi il s’agit et nos connaissances nous permettrons de traduire le tout avec une facilité déconcertante, mais elle fait encore plus mal car nous sommes face-à-face avec un gamin qui ne comprend pas parce qu’on ne lui a rien expliqué.

Le récit s’inscrit bien dans ce qu’un enfant de cet âge pourrait penser, écrire, dire… Bruno est un petit garçon qui ne s’exprime pas avec des phrases savantes qui ne correspondent pas à son âge. Cette candeur ajoute une dimension tragique au récit qu’il nous fait puisque nous, nous savons.

Pas de violence, mais malgré tout, elle est là, cachée dans le récit de Bruno, alors que lui ne pense que nous conter les banalités de son quotidien. Il a 9 ans et perçoit le monde au travers du prisme de son âge et jamais il ne se rendra compte de ce que Schmuel lui raconte, à mots couverts.

Je n’en dirai pas plus, j’en ai déjà trop dit, parce que ce petit livre, il faut l’ouvrir vierge de tout résumé, de toute chronique, de toute informations.

C’est fort, c’est beau, c’est triste, c’est une toute petite histoire dans l’Histoire mais qui à elle seule résume bien des choses et ne déforme pas la réalité de ces horreurs que des Hommes peuvent faire subir à d’autres, sans même que ça leur pèse, leur coûte, leur remue la conscience…

J’ai refermé ce livre avec un sourire triste tant ce récit était bien écrit, bien pensé, tragique et merveilleux à la fois.

L’adulte que je suis a « compris » depuis longtemps, mais si vous le faites lire à un enfant qui ne « sait pas encore », soyez à ses côtés pour lui expliquer car vu avec leurs yeux d’enfants, ils pourraient, eux aussi, ne pas comprendre, comme le petit Bruno et passer à côté de tout.

Ce roman est une porte d’entrée pour commencer à leur parler ce que certains peuvent faire à leurs semblables et surtout, que ce qui ne devait plus jamais arriver s’est reproduit, encore et encore… Sous nos yeux et nous regardons toujours ailleurs…

 

Hell Blade – Tome 5 : Je-tae Yoo [MANGA]

Heel Blade - T5 - Je-Tae Yoo

Titre : Hell Blade – Tome 5

Scénariste : Je-tae Yoo
Dessinateur : Je-tae Yoo

Édition : Ki-Oon (2011)

Résumé :
La bataille fait rage dans le manoir de sir Roger. Alors que Victor livre un combat acharné contre les créatures envoyées par le maître des lieux, Holmes se débarrasse du monstrueux Hyde en un clin d’œil ! Mais qui est-il donc vraiment ?

Avec l’arrivée d’un nouvel ennemi, le voile va enfin se lever sur le passé du célèbre détective et de son fidèle acolyte…

hell_blade_image2Critique :
Ben voilà, je m’en doutais ! Le tome 5 se clôture sur une fin semi-ouverte et sur un sujet dont j’aurais aimé en savoir plus !

Pourtant, il était bien marqué, en toute lettre, « épisode final » pour cet épisode et le mot FIN s’étale en grand à la fin du tome 5.

Pas de doute possible, on aura plus rien d’autre ensuite ! Bon, si c’était pour faire ça, autant ne pas introduire un nouveau mystère. Ou alors, il comptait faire un spin-off avec les autres personnages et ne l’a jamais fait.

J’enrage car je n’aurais la fin des mystères et des révélations introduites dans les derniers chapitres de ce tome 5.

Salaud ! Surtout quand on introduit un Arsène Lupin aux dreadlocks qui semble connaître Holmes depuis la 3ème Croisade ! Oui, vous avez bien lu !

Comme je vous l’avais expliqué, la personne de Holmes dans ce manhwa était trouble, celle de Watson l’était encore plus.

L’auteur nous explique ce qu’ils sont et introduit une double révélation sur Holmes… Il remonte le temps, et puis, boum, ça se termine ainsi !

Non seulement on ne saura pas ce qu’il s’est passé ensuite à Jérusalem, entre Saladin et les vampires et loups-garous, mais en plus, on se connaîtra jamais l’issue de l’enlèvement de Holmes par Lupin !

Ni comment un vampire (Holmes) a pu faire équipe avec un loup-garou (Watson) et mener la danse !

— Heu… Victor… Désolé de t’interrompre, mais… J’ai vraiment besoin d’un coup de main, là !
— QUOI ? Tu plaisantes, j’espère ? Tu es parfaitement capable de t’en occuper seul !
— Tu connais mon problème… Impossible d’utiliser mes pouvoirs sans la permission de Holmes !

Quant à la quête que Jack accomplissait, elle est terminée, mais nous ne saurons rien de plus sur les autres, ceux du bureau d’investigation de l’église anglicane, rien sur les flics qui enquêtaient sur les meurtres sauvages, rien sur la création de « Jack » Victor, rien sur le comment du pourquoi Excalibur se retrouve dans la danse,…

Paf, on tue tous les méchants et merci, au revoir, à la prochaine !

Je reprocherai à ce manhwa d’avoir eu un pitch intéressant, un début prometteur et une suite en dents de scie, avec trop de combats et pas assez de textes et surtout, pas assez d’explications claires mais encore plus de mystère !

Comme toujours, on commence sur de bonnes bases, sur les chapeaux de roues aussi et puis, ça part en couille !

— Décidément, je ne comprendrai jamais les humains… Votre lâcheté ne connait aucune limite ! C’est à se demander pourquoi Holmes continue à vous fréquenter… Enfin, même s’il n’approuve pas ce genre de méthode, je vais régler ça à ma manière.

Étoile 2,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Hell Blade – Tome 4 : Je-tae Yoo [MANGA]

Heel Blade - T4 - Je-Tae Yoo

Titre : Hell Blade – Tome 4

Scénariste : Je-tae Yoo
Dessinateur : Je-tae Yoo

Édition : Ki-Oon (2011)

Résumé :
Sir Roger Wise continue ses ignobles expériences, prêt à tout pour ramener sa femme à la vie. Mais pour cela, il lui faut s’emparer du fameux “mécanisme” de Jack l’Éventreur…

Afin de l’obtenir et de prendre sa revanche sur le chasseur de démons, qui s’est enfui avant la fin de leur dernier duel, Hyde tente de l’attirer au manoir en prenant le petit Jimmy en otage !

Mary, la mère de l’enfant, se retrouve plongée au cœur de la tourmente… Parviendra-t-elle à en sortir indemne ?

hell 16Critique :
Et nous voilà reparti pour des combats à gogo où parfois, je ne savais même plus qui tapait sur qui, tant certains dessins étaient surchargés d’onomatopées et de flash dignes d’un Kaméaméa de Sangoku (Dragon Ball Z pour les incultes).

Il reste des tas de questions en suspens  dont je n’ai toujours pas de réponses et il ne reste plus qu’un tome, là !

Mystère en plus avec Holmes qui semble avouer dans un dialogue qu’il ne serait pas d’origine humaine et sa force le démontre.

— Je ne m’habituerai jamais à la cruauté des humains. [Holmes]
— Vous êtes qui ?
— Ne t’en fais pas, on n’est pas des méchants… Ce qui ne signifie pas pour autant qu’on est des gentils ! Allez, viens… On va t’emmener dans un lieu sûr.

Watson, lui, il casse les chaînes avec ses dents… Et s’en prend encore dans la gueule sans aucune raison.

Impression horrible qu’on fait du surplace, là ! Plus d’enquêteurs de la police, juste celui du bureau d’investigation de l’église anglicane, Ian Heinrich, qui a tout du bizarre lui aussi et qui aime torturer les gens.

Et puis, toute cette pléthore de monstres aux gigantesques mandibules telle des mantes religieuses, on ne s’y retrouve plus dans les cases et on ne sait parfois plus qui dit quoi, qui fait quoi.

Bon, le tome n’est pas à jeter, mais pour un auteur qui nous disait que le tome 4 serait encore meilleur que le 3, il nous annonce dans le 4 que son PC a pris la foudre, qu’il a tout fait pour que le tome sorte dans les temps mais que le résultat n’est pas franchement terrible. Ben je confirme !

Tome en demi-teinte, toujours des tas de mystères et un Sir Roger qui fait beaucoup de dégâts juste pour s’emparer du système que Jack porte sur son dos et qui lui permet de se régénérer.

On verra si le tome 5 est à la hauteur du reste et si la série se clôt avec des explications correctes !

En tout cas, ce n’est toujours pas pour les enfants car beaucoup de violences.

— Tu as eu tort de me défier… Petit détective de mes deux !! Tu vas regretter d’être né !
— Permets-moi d’en douter [Holmes].
— Vite, Holmes ! Ça commence à presser ! [Watson]
— Raaaah !! Espèce de sale lâcheur !!!

Étoile 2,5

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Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Hell Blade – Tome 3 : Je-tae Yoo [MANGA]

Heel Blade - T3 - Je-Tae Yoo

Titre : Hell Blade – Tome 3

Scénariste : Je-tae Yoo
Dessinateur : Je-tae Yoo

Édition : Ki-Oon (2011)

Résumé :
Jack l’Éventreur n’est pas ce qu’il semble être… Celui que tous prennent pour un tueur sanguinaire est en réalité un chasseur de démons à la solde des Illuminati !

Mais voilà notre combattant de l’ombre obligé d’affronter la pire des abominations : Hyde, l’homme de main de Sir Roger Wise, qui s’est injecté le sang d’un hôte pour se transformer en une créature à la force colossale…

Un ballet gore et énigmatique, véritable réinterprétation du mythe de Jack l’Éventreur…

Heel blade 1e9f600ebad718f19bc588681389a63f._SX640_QL80_TTD_Critique :
Voilà, on apprend enfin qui est celui que la presse a surnommé Jack The Ripper et on connaît même son véritable prénom qui, en fait, est le même que son créateur.

Certes, ce personnage de littérature n’est pas de 1888, il est même paru en 1818 et sans en dire plus, je pense que vous aurez compris de qui je parle.

Ah, on ajoute aussi une touche d’illumination avec les fameux Illuminati dont le chef, Big, semble diriger Jack. Ils ont d’ailleurs la même boucle de ceinture.

Comme je l’avais déjà souligné, ici, les personnages ne sont pas comme on le pense : les assassins peuvent œuvrer pour une bonne cause, un inspecteur peut camoufler le crime de leur copine en meurtres de Jack et l’agent Ian Heinrich (nom destiné ?) du bureau d’investigation de l’église anglicane a lui aussi quelques petites choses à nous avouer.

— Tu es un homme de goût, ça se voit à tes chaussures. Quant à tes gants, ils dénotent une maniaquerie évidente. Le fait que tu aies toujours les manches retroussées est le signe d’une grande impulsivité, teintée de violence.

[Sherlock Holmes à Ian Heinrich du bureau d’investigation de l’église anglicane]

Comme si les Illuminatis n’étaient pas assez, nous avons aussi Perceval, un chevalier d’Avalon qui a… oh, disons que lors de ses anniversaires, le budget bougies et plus important que celui du gâteau.

Sinon, plus de roulottes, mais des fiacres, mais bon, c’est pas encore ça, hein !

Jack nous montre une part de son humanité, bien enfouie, Sherlock Holmes m’a l’air lui aussi doué d’une force prodigieuse, quand à Watson, il a un air benêt et n’a pas fini de se prendre des tartes dans la gueule de la part du détective de Baker Street.

Un roman avec plus de texte que le tome 2, ouf, mais l’auteur ouvre de nouvelles pistes, de nouveaux mystères et j’espère qu’il va nous expliquer tout ça parce que la série s’arrête au tome 5 et que nous allons vite y arriver.

Étoile 3

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CHALLENGE - Mois Anglais 2015 SH

Hell Blade – Tome 2 : Je-tae Yoo [MANGA]

Heel Blade - T2 - Je-Tae Yoo

Titre : Hell Blade – Tome 2

Scénariste : Je-tae Yoo
Dessinateur : Je-tae Yoo

Édition : Ki-oon (2011)

Résumé :
L’inspecteur Roy Johnson, de Scotland Yard, entretient en cachette une liaison avec une veuve rencontrée lors d’une enquête, Susan Reynolds. Malheureusement, cette dernière est soumise à une belle-mère à moitié folle qui la bat et tente même de la tuer !

En voulant se défendre, Susan lui porte un coup mortel… Appelé à la rescousse, Roy a une idée : faire passer cette tragédie pour un crime de Jack l’Éventreur !

Hélas, sa vie tourne au cauchemar quand, soupçonné par ses collègues, il se retrouve obligé de fuir avec Susan, qui continue à semer des cadavres sur son passage. Mais voilà qu’une nuit, Jack l’Éventreur fait son apparition et s’en prend à la jeune femme…

hell 9782355922572_pgCritique :
Le tome 2 nous donne quelques informations de plus sur les meurtres, lève un peu le voile sur le mystère, mais je trouve qu’il comporte trop de scènes de combats et pas assez de dialogues !

Sinon, je ne me plaindrais pas des dessins, ils sont en ligne claire – si je puis dire – sans être surchargés par des décors inutiles et ils ne manquent pas de fluidité.

Je ma plaignais de la trop grosse part que prend un combat dans ce tome, au détriment de textes, mais il faut dire que les combats sont bien réalisés.

Malgré tout, l’auteur soulève d’autres mystères aussi.

Qui est Sir Roger, le client qui a engagé Holmes pour retrouver sa femme ? Et que fait-il dans son labo secret entouré d’un Hyde et d’un Tesla ?

Par contre, exit l’inspecteur Roy Johnson et l’enquête sur les meurtres de Jack et ça, c’est emmerdant parce que j’aurais aimé savoir ce qu’il advenait de Jack après sa mésaventure horrible dans l’auberge. Et « mésaventure » est un mot édulcoré par rapport à ce qu’il y a vécu.

Quant à Holmes, il est toujours blondinet, Watson est doué d’une force prodigieuse, mais c’est toujours Holmes qui lui fout son poing dans la gueule, on ne sait pas trop pourquoi, sans doute à-t-il trop regardé City Hunter.

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Niveau attelage, personne ne roule en fiacre ou en cab dans ce manga ?? Les rues de Londres en sont exemptes et Sir Roger roule en roulotte, tel le gitan, le gitan, que tu ne connais pas.

Des pièces en cuir sont apparues sur la croupe des chevaux, mais c’est toujours à côté de la plaque. Un attelage à deux chevaux sans le timon central, comme il doit être, mais pire, avec des brancards !

L’auteur attelle deux chevaux comme on en attelle un seul… Et un de ces brancards est attaché bien trop en arrière. Doit avoir un problème avec les chevaux, pas possible !

Je n’espère qu’une chose, c’est que l’auteur sache où il va et qu’il ne commence pas à se disperser dans tous les sens parce qu’il est en panne d’inspiration ou qu’il a décidé de changer de direction par rapport au premier tome…

Tant que nous serons en enfer, il n’y aura qu’un seul être susceptible de nous tendre la main.

Un deuxième tome qui comporte plus de dessins que de textes… Des autres mystères qui viennent se greffer, l’enquête de Sherlock Holmes en parallèle et un Jack qui a des origines mystérieuses.

Mais je reste sur ma faim avec ce tome, ça manquait d’un peu plus d’explications et de moins de baston, parce que bon, une fois qu’on a vu Jack envoyer un montre ad patres, on a tout vu…

Étoile 2,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Black-out : John Lawton

Titre : Black-out

Auteur : John Lawton
Édition : 10-18 (2015)

Résumé :
Londres, 1944. La Luftwaffe donne son assaut final sur la capitale déjà exsangue et les Londoniens se précipitent dans les abris souterrains.

Au milieu du chaos, un bras coupé est exhumé par un groupe d’enfants jouant sur un site bombardé de l’East End.

Le sergent détective Frederick Troy, de Scotland Yard, parvient à relier cette découverte à la disparition d’un scientifique de l’Allemagne nazie.

Il met au jour une chaîne de secrets menant tout droit au haut commandement des Alliés, et pénètre les mystères d’un monde corrompu, peuplé de réfugiés apatrides et d’agents secrets.

Petit Plus : « Aussi bon que Le Carré, Lawton est un des héros méconnus du genre. » Chicago Tribune « Capture avec brio l’atmosphère de Londres en temps de guerre. » Robert Harris

Critique :
Excuse-me Sir mais j’entends plus Big Ben qui sonne, les avions bourdonnent, c’est la folie à London !

Et les allemands bombardaient, et les allemands bombardaient…

Un roman qui me colle encore au cœur et au corps (mes excuses à Voulzy pour le détournement de sa chanson !) tant je viens de vivre une époque que je n’ai pas connue mais dont l’auteur nous a brillamment rendu compte !

Encore un peu et j’allais fermer mes rideaux spécial black-out moi… et planquer du bon café en prévision de la diète qui sévit et sévira encore après la guerre à Londres.

C’est fou ce que les gosses peuvent trouver comme ossements en jouant ! Dans « La femme en vert » d’Indriðason c’était un bébé qui mâchouillait un ossement humain, ici, c’est un chien, qui, en tant que bon chienchien, dépose un bras humain au pied d’un des gosses qui regardait ses amis jouer à la marelle.

— Aucun cadavre auquel il manquerait un bras ?
— On les a tous recensés. Absolument tous. Il ne vient pas d’ici. J’en suis sûr et certain.
— Depuis un mois, on est bombardés sans arrêt. Londres est jonchée de cadavres. On pourrait construire un mur avec nos morts anglais.

Une enquête qui se révèlera pas facile pour le lieutenant Frederik Troy de Scotland Yard, qui, tout comme l’inspecteur Linley d’Elizabeth George provient d’une bonne famille.

Comme je le disait, l’ambiance « guerre » est bien décrite, bien rendue. Nous sommes en février 44 et notre inspecteur aura l’impression qu’un Jack The Ripper (pour hommes) a sillonné les rues car il y avait eu un autre cadavre l’année d’avant, une disparition ensuite et des tas de trucs louches qui vont se passer devant les yeux de Troy qui ne verra pas toujours la vérité dans les ténèbres.

On alterne souvent les moments moins drôle tels les bombardements où l’extrême misère dans laquelle vivotent certaines personnes, avec des touches d’humour, notamment en la personne du légiste haut-en-couleur, Ladislav Kolankiewicz,  de la culture générale avec des références littéraires, politiques, militaire,…

Du sexe aussi, parce que oui, Troy ne fait pas que travailler ses petites cellules grises, mais aussi son engin – bien qu’on reproche aux Anglais d’être coincé du cul, même si, en cette période où l’on peut mourir à tout moment, le sexe à tout-va et avec le(la) premier(ière) qui passe soit devenu sport national.

— Une pute est, par définition, une personne qui livre son corps aux plaisirs sexuels des hommes, contre rémunération. Vous ne tarderez pas à découvrir que cette activité est devenue un sport national, chez les Britanniques.

— Qu’est-ce qui se passe, mon chou ? T’as perdu ta langue ? Tu veux que j’éteigne la lumière, c’est ça ?
— Oui, c’est ça. Éteins la lumière.

Non seulement, Troy paiera de sa personne en étant moult fois blessé, mais il fournira aussi quelques millilitres de liquide séminal à deux femmes. Pourtant, c’est un grand coincé qui fait l’amour toutes lumières éteintes…

— À présent, mon petit Anglais coincé du cul, allonge-toi et pense à l’Angleterre.

Il n’avait jamais fait l’amour avec la lumière et la radio allumées – pratiques si dissolues qu’il préféra ne pas y penser.

La Luftwaffe ne nous laisse pas répit, les morts, le chef et les femmes en chaleur non plus… Heureusement que pour nous réjouir, nous avions les personnages dont j’ai ressenti de l’attachement pour eux, surtout pour Troy, son adjoint, Wildeve et le légiste.

Un mélange de polar historique, sur fond de guerre et d’espionnage, sans pour autant verser dans un roman de John Le Carré.

Dans ce roman, tout le monde en prendra pour son grade grâce à quelques petits détails piquants insérés dans le récit. Que ce soit envers les Américains, les Anglais, leurs collèges huppés, les flics pas très malins, l’homosexualité (du moins, comment elle été tolérée), les moeurs débridés des femmes en ces temps de guerre, les clichés… Y’en aura pour tout le monde !

— Je ne m’attends pas que vous compreniez, vous n’êtes qu’un policier […].

— Ah, vous les Américains… surpayés, baiseurs à tout-va et donneurs d’ordres.
— Répète un peu ?
— Nouveau mensonge pour un vieux cliché (1), marmonna Troy.
(1) Réponse des Britanniques aux GI qui leur disaient : « Vous êtes sous-payés, vous baisez pas assez et vous êtes sous les ordres d’Einsenhower. »

En tant qu’amant de Pym, Charlie bénéficiait de sa protection, ce dont un garçon de treize ans, à la blondeur d’une princesse nordique, avait bien besoin, dans un établissement scolaire où prédominait l’homosexualité.

Un enquête difficile, des preuves qui n’arrivent pas à la pelle, malgré le côté Holmes du légiste (une monographie sur les boutons de manchettes allemands, cher Ladislav ?), de l’humour, du sexe, des morts, une plume qui nous entraine au fil des pages et, hélas, quelques longueurs à un moment donné.

Pas au point de gâcher la lecture, mais il y avait moyen de passer outre, je pense. Notamment, cette enquête sur le crime du Black Swan n’était pas indispensable. Sans ces quelques longueurs, j’aurais mis un 4/5, mais là, ce sera un 3,5 et ce n’est en rien une punition, j’ai passé un super moment sous les bombes.

PS : Le sergent américaine Larissa Tosca – celle qui baise avec Troy – sommes accro aux mêmes choses :

— Pas de petit déjeuner. Pas de café. Comment il croit que je vais finir la journée, Hitler ?

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Étoile 3,5

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